Aurélia

 

aurelia_49@yahoo.fr

 

Fic n° 70

 

Janvier 06

 

 

Genre : Crossover MacGyver et Stargate SG1

Epoque : Stargate la saison 8 et après, sans tenir aucun compte de la saison  9 puisque Jack n’est plus là, et moi je veux Jack. La fic se situe en janvier  2006, et Jack dirige toujours la base

Pour Mac Gyver c’est  le début de l’année 1988. (que je situe saison 2)

Avertissement : Cette fic fait suite à une Etrange Rencontre, qu’il faut absolument avoir lue.

Merci à Ally et Mondaye, Logan

 

 

 

HEURE H

 

25 HEURES

 

H moins 1

 

         -Quelle est votre décision, monsieur le président ? demanda O’ Neill.

Henry Hayes était seul dans son bureau. Il  avait expressément réclamé qu’on ne le dérangeât pas. La décision qu’il devait prendre était vitale dans un sens mais tellement  dérisoire dans l’autre !

Il s’accorda un instant de réflexion sachant que son interlocuteur au bout de fil attendait patiemment sa réponse. De toute façon cela n’avait plus aucune importance. L’échec se profilait, bientôt  tout serait dit.

Que faire ? Dire à la population toute la vérité ? qu’une espèce aliène  venue d’une porte dont personne ne connaissait l’existence avait  peut être décidé de détruire la terre ? mais qu’on n’en était pas sûr à cent pour cent ? Pourquoi maintenant  à une  heure de l’échéance ?

Une goutte de sueur tomba sur le bureau. Pourtant la pièce n’était pas chauffée plus que d ’habitude. Le président s’épongea.

Le général O’Neill toussota au bout du fil.

         -Allez-vous réussir  ? demanda simplement le président d’une voix neutre.

         -Je ne crois pas dit le général O’Neill d’une voix toute aussi dénuée d’émotion.

         -Dans ce cas pourquoi se précipiter et provoquer la panique ? Y a-t-il un moyen d’y échapper ?

         -Non, monsieur le président, aucun. Tant qu’il n’est pas arrivé, aucun.

         -Je m’accorde quelques minutes de réflexion supplémentaires dit Hayes. Je vous tiens au courant, naturellement vous aussi  de votre côté.

         -Entendu monsieur le président, je vous fais un rapport toutes les 15 minutes.

 

Voilà on y était ! L’instant tant redouté depuis que la Terre avait l’insigne honneur de connaître les Goa’ulds ! La menace était latente depuis bien des années. Quelque fois le piège avait été déjoué à temps lors des batailles contre Apophis, Soccar, ou Anubis. Mais ils savaient tous aux SGC qu’un ennemi plus puissant débarquerait un jour et leur lancerait l’ultime défi !

 Bientôt tout serait dit. Jack  eut une pensée émue pour l’homme, qui n’hésiterait  à sacrifier quelques belles années de sa vie pour sauver le futur de sa planète, en vain sans doute. Une  bien mauvaise habitude pensa t-il en se rappelant toutes les fois où ils avaient fait la même chose, n’hésitant pas une seule seconde à mettre leur vie dans la balance, pour l’ultime tentative. Cela avait toujours réussi. Mais là… Malgré tout il était heureux  pour Sam qui échapperait peut être  au désastre, et pourrait refaire sa vie.

 

 

H moins 48

         -Vous ne mangez pas Sam ?  s’inquiéta Daniel.

         -Je n’ai pas très faim,  dit la jeune femme en levant le nez de son assiette où elle tournait sa fourchette sans conviction.

Elle se leva et quitta la table sans explication.  Depuis quelques jours elle ne se sentait pas très bien. Rien n’ avait changé pourtant , mais elle avait l’impression de ne  plus rien contrôler.

Des rêves, toujours les mêmes occupaient ses nuits et les bousculaient de leur saveur amère. Des hommes, le long défilé de ceux qui étaient morts pour avoir tenté de l’aimer. Ceux que tout le monde connaissaient ici à la base, Jonas, Narim, Jo Faxon, et puis tous les autres , ceux qu’elle avait connus dans son adolescence, des visages flous devant ses yeux, lui rappelaient constamment qu’elle était une veuve noire.

A ces visages venait se superposer celui de MacGyver, le jeune homme brillant et si attachant au beau visage souriant. Celui que le général avait ramené à son époque il y avait maintenant plus d’un an. Mac et Jack le même homme à deux époques différentes. Le même et pourtant si dissemblables ! Elle les avait englobés dans son esprit, dans son amour éperdu pour le général. Les phrases de Mac étaient gravées en lettre de feu, « tu dois lui parler. Il le faut » !  Mac qui l’aimait d’un amour fou, c’était Jack dans sa jeunesse ! Jack qui l’avait aimée dès le premier regard ! comment faire fi d’un tel amour ?  Quelque chose qui transcende tout, qui doit faire taire les doute et les peurs. Mais  ces rêves qui revenaient la hanter tout le temps ?  Comment ne pas tenir compte d’un rêve ? c’était le reflet de l’âme, ce qui se cachait au plus profond de son inconscient qui revenait  à la surface, entraînant avec lui son cortège d’angoisses et d’interrogations .  

Sam s’était enfermée dans son labo, elle voulait parler à Jack mais savait qu’elle se ferait rembarrer. A chaque fois c’était la même chose, dès qu’elle ouvrait la bouche elle avait l’impression qu’il savait pertinemment ce qu’elle allait dire, et il détournait sa phrase par une remarque ou une boutade qui la déstabilisait. Mais peut être avait-il changé ?  Elle savait que les deux hommes s’étaient parlés. Mac avait dû lui dire franchement qu’il était un imbécile, et probablement Jack avait dû esquiver avec sa dextérité habituelle. Mais elle soupçonnait Mac de ne pas s’ être laissé faire. Après tout il le connaissait bien, mieux que quiconque sans doute. Mais tout ça c’était il y avait plus d’un an et rien n’avait bougé.

Et puis le rêve de cette nuit avait déclenché cette nostalgie en elle. Le revoir ! Comme elle aimerait tant le revoir ! Avec lui tout serait possible, elle le savait.

Elle s’installa devant son ordinateur et voulut reprendre sa tâche, mais le cœur n’y était pas, elle n’arrivait pas à se concentrer sur ces équations.

Son travail lui parut dérisoire. En un éclair de lucidité elle réalisa que sa vie serait  un échec tant qu’elle n’aurait pas résolu  ses problèmes  personnels. A quoi lui servait-il d’être sans doute la meilleure scientifique du pays, si elle vivait dans un désert affectif, avec auprès d’elle l’homme qu’elle aimait plus que tout, mais si loin dans sa tour d’ivoire, isolé dans son bureau du 27ème niveau ?

Seule dans son labo, elle prit une décision, et se sentit réconfortée. Elle allait quitter la base. Elle n’en pouvait plus ! Trop de souffrances à côtoyer le général. Il n’y avait même plus entre eux des petits signes d’amitié, des coups d’œil comme autrefois quand il était inquiet pour elle. Non il était la plupart du temps dans son bureau. Les briefings étaient brefs , et les débriefings encore plus ! Comme si tout cela lui pesait ! Il ne venait jamais au mess comme autrefois et s’arrêtait de moins en moins souvent la voir dans son labo.

Elle  le voyait rarement seul, sauf pour quelques entrevues de travail, mais toujours rapidement, entre deux portes.  Elle avait bien essayé de lui parler en privé mais il était toujours occupé au téléphone ou à recevoir les huiles de l’Etat Major, ou tout simplement à travailler dans son bureau la porte fermée.

Harriman lui avait dit qu’il ne voulait pas être dérangé. Elle savait ce que cela voulait dire et n’avait pas insisté.

Oui, elle quitterait la base et demanderait une affectation au Pentagone. Le seul hic : la demande devait passer par le général O’Neill et être approuvée par lui.

Forte de ses résolutions, elle écrivit sa lettre, sans donner d’autres raisons que « convenances personnelles ».

Elle fit passer la lettre par Harriman et attendit le cœur en paix. Oui, elle avait bien fait. Elle se coucha et s’endormit tout de suite. Curieusement cette nuit là ses démons familiers ne virent pas la trouver, elle ne fit aucun rêve.

 

 

H moins 40

 

Ils étaient tous là autour de la table, Daniel, Teal’c, et Sam. Par la vitre centrale on apercevait O’Neill au téléphone.

         -C’est fou dit Daniel, on dirait qu’il passe sa vie à téléphoner.

Sa remarque tomba à plat.

Sam était plongée dans le dossier de la prochaine mission et Teal’c restait silencieux comme à son habitude.

Daniel, du regard fit le tour de la table.

         -Quelque chose ne va pas ?

         -Non, répondit Teal’c, je réfléchissais.

         -Sam ?

         -Quoi ? fit la jeune femme d’un air surpris.

         -Tout va bien ?

         -Oui, oui Daniel.

Daniel soupira l’air peu convaincu. A ce moment O’Neill entra et s’assit directement dans son fauteuil,  et sans même saluer ses amis, enchaîna le début du briefing.

« Il a lu ma lettre pensa Sam et il est furieux ».

 Elle le connaissait parfaitement, ce pli sur son front un peu plus creusé, et sa voix plus grave et légèrement assourdie était le signe d’une grande colère. Pourtant il souriait, ses mains  posées sur la table devant lui, semblaient décontractées. Il avait même une pose presque nonchalante, mais pourtant Sam savait qu’il était furieux. D’une colère froide et rentrée qui n’exploserait sans doute jamais mais le rendrait particulièrement dur dans ses propos quand il s’adresserait à elle. Elle le savait et s’attendait à un après réunion  houleux.

La briefing se déroula autour de P5N789, ils devaient visiter ce monde autrefois  possession de Herru’ur, et rapporter toutes les technologies susceptibles d’être importantes pour la défense de la planète. Une mission habituelle et tout à fait banale qui ne requerrait pas l’attention de Sam.

La réunion fut bouclée en quelques minutes.

O’Neill se leva et sonna ainsi la fin du briefing.

         -Colonel ! dans mon bureau dit –il glacial en quittant la pièce.

On y était !

Sam le suivit le cœur battant à tout rompre. Comment lui expliquer ? « je pars parce que je ne peux pas vous aimer ! » Mais le général était intelligent il avait sûrement déjà tout compris .

Il ne la fit pas asseoir.

         -Colonel votre démission suivra la voie hiérarchique.

Elle était stupéfaite, il ne lui demandait même pas pourquoi, il acceptait son départ. Elle en  perdit la voix et entendit à peine ce qu’il lui disait.

Il acceptait qu’elle parte mais lui demandait de rester jusqu’à ce qu’on  lui trouve un remplaçant.

         -Colonel ! insista t-il devant son silence.

         -Oui mon général, je resterais.

         -Bien ! rompez !

 

 

 

Elle quitta le bureau  du général,  comme sonnée. Elle était abasourdie, il n’avait même pas discuté ; comme si c’était la chose la plus naturelle qui soit. La colère enfla en elle , elle accéléra le pas pour rentrer directement dans ses quartiers. Pas question que quelqu’un la voie dans cet état, la mine sombre et si proche des larmes. C’était cela qu’elle ne comprenait pas. Il ne lui avait rien demandé, aucune question. On aurait dit qu’il s’y attendait.

Au fond il doit être soulagé, pensa t-elle amèrement. Elle se rappelait d’infimes détails, des mimiques, des gestes, des paroles tout à fait explicites, un agacement. Oui O’Neill ne la supportait plus, il voulait la savoir loin de lui.

Elle avait encore quelques minutes avant le départ. Machinalement elle termina son sac. Tous ses gestes étaient automatiques, vérification du matériel, ne rien oublier, tout ranger selon un ordre bien défini, de façon à ne pas perdre de temps à chercher quelque chose dans l’urgence.

Elle boucla la lanière, mit son sac sur une épaule, prit sa veste de treillis et sortit de ses quartiers comme une automate.

Le départ ressemblait à tous les autres. Siler aux commandes de la porte. Le général derrière la vitre regardant la salle d’embarquement. Daniel et Teal’c arrivèrent juste après elle. Ils se tenaient prêts au départ pendant que les chevrons s’enclenchaient.

« Peut être ma dernière mission » songea Sam le cœur serré tout en se retournant vers son chef. Le général donna l’ordre du départ comme à l’accoutumée, par  un « soyez prudents, SG1 »

Sam monta la rampe et s’engouffra dans le vortex,  suivie de ses deux amis.

 

 

H moins 38

 

La planète était déserte de toute population humaine, seuls quelques corbeaux occupaient le terrain et remplissaient l’air de leur croassement. Ils avancèrent prudemment l’arme au poing, mais durent bientôt se rendre à l’évidence ils étaient seuls.

         -Tant mieux dit Daniel. Peut être n’aurons-nous pas de problèmes pour une fois ?

Sam sourit et donna l’ordre du départ.

         -Nous avons huit kilomètres à faire en direction du nord dit-elle. En marchant vite nous pourrions y être dans une heure 15. 

Ils partirent d’un pas rapide, en silence. Sam marchait devant, elle menait le train. Daniel essaya bien de parler, disant que c’était plus agréable de discuter en marchant, mais Sam ne répondait que par monosyllabes et il n’insista pas.

Le chemin devint vite escarpé ralentissant leur progression. Il n’y avait plus de traces visibles, rien de que du rocher, des creux et des bosses.

Au bout de deux heures le temple fut en vue.

         -Daniel dit Sam, le général O’Neill nous a demandé d’être de retour à 20 heures. Ce qui vous laisse une marge de une heure.

         -D’accord répondit Daniel qui sans attendre s’enfonça dans les ruines.

Le temple n’était pas grand et en partie démoli. Seuls quelques pans de murs tenaient encore debout par miracle. Ils s’apprêtaient à rentrer bredouille quand Daniel aperçut, cachée dans les fourrés, ce qui semblait être une porte.

         -Il nous reste un peu de temps Sam ? c’est sûrement quelque chose d’important.

La porte très basse s’ouvrit facilement sans un seul grincement.

         -Bizarre dit Teal’c on dirait que les gonds ont été huilés.

Sam avança prudemment le faisceau de sa lampe et éclaira des murs de torchis qui semblaient en assez bon état. Elle pénétra prudemment à l’intérieur. La salle était basse, c’était une sorte de caveau voûté. Sur les murs aucune inscription. Au fond un socle en pierre sur lequel était disposé une petite  statue.

Des inscriptions sur le socle firent froncer les sourcils de Tea’lc

         -Ce n’est pas du Goa’uld dit-il après une inspection rapide.

Daniel prit l’objet dans ses mains, il était lourd.

         -C’est probablement fait en  naquadah . Sam, j’aimerais ramener cet objet au SGC pour l’étudier, les symboles m’intriguent, on dirait de l’Ancien.

         -Je pense que c’est sans danger dit la jeune femme, je ne détecte aucune énergie dans cette statue. Mais il faut tout de même que je demande l’autorisation au général O’Neill.  Vous avez une idée de qui elle peut bien représenter ?

         -Oui,  dit-il.  Mais il  faut que je la compare avec les représentations des déesses pour en être sûr.

         -Une goa’uld ? demanda Teal’c, c’est contradictoire avec le texte.

         -C’est pour cela que je voudrais l’étudier. Il y a un mystère qu’il faut élucider.

         -Rentrons, ordonna Sam.

          -Jack va être content, ça faisait un bail qu’on avait rien ramené de nos missions.

         -Oh je ne suis pas sûr qu’une statue lui fasse réellement plaisir, je crois qu’il aurait préféré une arme répondit Teal’c.

         -Oui c’est vrai Teal’c, vous avez raison.

Le retour se fit plus rapidement que l’aller . A 19 h 57 , Daniel composait les symboles  de la terre et Sam le code de l’iris.

Par radio Sam contacta le général.

         -Nous voudrions rapporter un objet mon général, il n’y a aucune énergie.

         -Qu’est que c’est Carter ?

         -Une statue !

         -Oh  ! La voix de Jack trahissait une légère déception.

         -Vous voyez Daniel, le général est déçu  !

         -Vous êtes sûre que c’est sans danger, demanda  O’Neill ?

         -Absolument mon général.

         -Bien Carter, je vous fais confiance.

La voix chaude de Jack réconforta Sam et lui mit un peu de baume au cœur. On aurait dit que tout allait bien entre eux. Peut être essayait-il par sa gentillesse de l’empêcher de démissionner ?

 

SG1 traversa le vortex en toute tranquillité comme à l’accoutumée. Sam fermait la marche, c’était elle qui portait la statue dans sa main.

A peine eut-elle franchi l’horizon des évènements, que la porte fut parcourue d’une série d’éclairs bleutés, un grondement  sourd envahit la salle d’embarquement. Sam courut  jusqu’au pied de la rampe, et se précipita dans la salle de contrôle. D’instinct elle avait lâché la statue, qui roula sur le sol sans se casser.

La voix d’O’Neill rugit dans les hauts parleurs

         -Isolez la salle !

Daniel et Teal’c vinrent la rejoindre, tandis que les lourdes portes métalliques se refermaient. La lumière chuta, le système entier arrêta de fonctionner tandis que l’éclairage de secours prenait le relais.

         -Mais qu’est ce c’est que ce truc ! dit Jack en colère et en se tournant vers Sam. Je croyais que c’était sans danger !

         -Je le croyais aussi, dit Sam embarrassée.

         -Ça ne vient peut être pas de la statue,  hasarda  Daniel.

         -Etrange coïncidence  alors !

Mais Sam ne répondit  pas, elle  s’était tout de suite mise aux consoles de contrôle. La lumière revint et le système se remit en route.

         -Tout à l’air normal mon général.

         -Bien fit O’Neill, débriefing immédiatement. Enfermez cette chose dans un caisson étanche  ordonna t-il  en montrant l’objet du délit qui était resté sur le sol.

 

Quelques minutes plus tard SG1 et le général regardaient l’objet sur toutes les coutures. Sam l’avait sorti du caisson car l’objet était de nouveau sans danger.  C’était une statuette d’environ 30 centimètres de haut représentant un buste de femme. La matière était inconnue mais elle devait être solide car elle avait résisté à la chute sur la rampe métallique.

Elle passa de main en main. Daniel la  garda un moment dans les siennes pour mieux voir les symboles qui étaient inscrits.

         -Une idée de ce que c’est ?  dit O’Neill.

         -La représentation d’une déesse, Jack,   mais avec l’ aide de Teal’c je devrais pouvoir traduire  rapidement les symboles.

         -Vous avez vu Daniel , il me semble que le socle s’illumine par moment dit Sam.

         -Oh ! ça doit être juste un reflet dit O’Neill. Faites voir.

Au moment même où il prenait l’objet dans sa main, de celui-ci jaillit une intense lumière bleue. Sous l’effet de la surprise Jack lâcha l’objet qui roula sur la table  , mais la lueur ne s’était pas éteinte, au contraire, elle était de plus en plus vive et les symboles s’illuminaient et changeaient à très grande vitesse.

         -Qu’est ce que ça veut dire ?

         -J’ai l’impression que c’est comme un livre dont on tourne les pages très vite.

         -Beaucoup trop vite ricana Jack, on n’  a le temps de ne rien voir.

         -Je vais les filmer dit Daniel. On passera ensuite le film au ralenti.

         -Excellente idée Daniel. Faites-le  tout de suite.

         -Une chose m’intrigue O’Neill dit le jaffa de sa voix lente, pourquoi l’appareil s’est déclenché quand vous l’avez touché ?

         -Je ne sais pas moi ! il a du sentir que j’adorais la lecture !

Sam lui jeta un coup d’œil, elle ne put s’empêcher de sourire. Il capta son regard et elle put y lire un reste de leur ancienne complicité. Elle s’éloigna le cœur un peu moins lourd.

 

 

 

Autre lieu. Hors du temps.

 

Elle se leva fatiguée, avec un fort mal de tête. Cela lui arrivait de plus en plus souvent. En fait depuis qu’elle était revenue de la terre elle ne se sentait pas très bien.

La détention sans sarcophage dans les geôles du SGC avait fait plus de ravages qu’elle ne l’aurait pensé.  A son retour sur sa planète, les multiples séjours quelle y avait fait, l’avaient certes ramenée à la vie , mais ne lui avaient pas redonné la jeunesse perdue. Elle ne récupérait pas complètement et son miroir le lui disait tous les matins. On ne lui donnait plus vingt ans mais plutôt le double. Et de cela elle ne décolérait pas et vouait une haine farouche au général O’Neill qui avait osé venir la narguer dans sa cellule.

Naturellement elle ne remettait pas en cause les idées farfelues qui l’avaient conduites à un tel marasme. Son conseiller Zyal s’y était risqué, et il l’avait payé de sa vie. Plus personne dans son entourage ne se risquait à émettre la moindre idée sur ce qu’il aurait fallu, ou ce qu’il faudrait faire.

La haine brûlait dans le cœur de Séshât. Une envie de vengeance mortelle comme une soif inextinguible. Elle s’était déchaînée sur sa population envoyant à la mort dans les mines des centaines de gens , mais cela n’avait nullement apaisé sa colère. 

Dans son courroux elle englobait Jack et son moi du passé, le fameux MacGyver qu’elle n’avait pas vu mais qui avait été, lui  aussi capable de déjouer ses traquenards. Elle avait su que c’était lui qui avait préparé le piège ultime dans lequel elle était tombée, tellement sûre d’elle et de sa réussite.

Maintenant elle était en proie au doute.

Et pourtant la brillante mise en scène qu’elle avait concoctée  était imparable. Une sorte de leurre  pour Jack et toute la terre, dans lequel elle avait englobé MacGyver. Elle avait trouvé le moyen de le faire revenir en 2006. Tous les deux mourraient, ainsi que de nombreux terriens. Elle raserait la terre  s’il le fallait, elle emploierait toute sa force et toute sa ruse, mais elle ferait taire une bonne fois pour toutes l’insolent chef du SGC, toute sa clique et son devenir par la même occasion.

Le piège était disposé, elle était prête. Tout était en place. Rien ne pourrait les sauver.

Et pourtant elle avait peur comme jamais.

Elle s’accorda un moment de repos dans les limbes apaisants du sarcophage. Après cette régénération elle se sentirait mieux. Elle en était sûre, il le fallait.

Sa vengeance était à ce prix. Quand le couvercle s’ouvrit libérant son flot de lumière, elle se mit debout et se sentit plus forte, un sourire étira ses lèvres maquillées de rouge sang.

         -A nous deux Jack O’Neill.

 

 

H moins 25

 

         -Alors Daniel avez-vous  trouvé quelque chose questionna  Jack en entrant dans le labo du jeune archéologue une heure après le débriefing.

         -Pas encore, mais je vais vous  faire voir le film au ralenti.

Sur l’écran on pouvait voir des séries de symboles, 3 en fait qui bougeaient à un rythme différent selon la place qu’ils occupaient.

         -On dirait un compte à rebours dit O’Neill.

        

         -Non mon général, je pense que c’est beaucoup plus compliqué que cela dit Sam. Si c’était un compte à rebours simple, on ne verrait pas les chiffres bouger aussi vite . Or ce sont toujours les mêmes symboles qui reviennent.

         -Vous avez raison Sam, c’est  peut être  une phrase qui serait répétée indéfiniment ? dit Daniel.

Ils étaient assis autour de la table du bureau de Daniel et contemplaient les symboles qui défilaient sur l’image.

La statue était posée sur la table.

         -Résumons-nous réfléchit tout haut  Daniel. Nous avons une statue représentant une déesse goa’uld qui a capté toute l’énergie de la porte et fait stopper tout notre système. Ensuite Jack vous touchez cette statue et ce défilement de symboles commence. Je pense que cela a certainement rapport avec le gène des anciens que vous possédez.

Silence autour de la table.

         -Il faut absolument trouver ce que c’est Daniel. Si c’est de l’Ancien vous avez je pense assez d’éléments pour comprendre, dit Jack assez sèchement en se levant.

         -Mais avec ce défilement perpétuel cela ne va pas être facile d’isoler quelque chose de compréhensible répliqua Sam. Il va falloir beaucoup de temps mon général.

         -Faites le plus vite possible je n’aime pas du tout les objets étrangers qui font mumuse  avec l’énergie de la porte, rétorqua O’Neill froidement.

         -On va isoler toutes les séquences possibles dit Daniel avec un certain découragement dans la voix.

         -Mais qu’est ce qu’elle a d’étrange cette statue,s’enquit-il légèrement agacé, en la prenant dans sa main regardez la couleur s’est légèrement modifiée, vous ne trouvez pas ?

         -N’y touchez pas Jack ! hurla Daniel.

Mais c’était trop tard. Une ligne supplémentaire était apparue  un très court texte de quelques symboles, dont la lumière bleue brillait dans la pénombre. 

et celle du bas avait repris son défilement, mais beaucoup plus  lentement.

         -Cette fois ci c’est un compte à rebours, qui vient de s’enclencher dit Sam.

         -Une bombe s’inquiéta  O’Neill ?

         -Probablement mon général  répondit Sam avec une certaine gravité dans la voix.

         -On a combien de temps ?

         -Aucune idée Jack, on ne sait pas comment le temps était compté chez les Anciens.

         -Traduisez vite la phrase, dit O’Neill. Je vais appeler le président.

 

 

Moins d’une heure plus tard Daniel avait trouvé. Les symboles étaient bien des chiffres. Il en déduisit rapidement avec l’aide de Sam que le premier groupe correspondait à des heures, le second à des minutes et le 3ème, à des secondes vu le défilement rapide des chiffres.

         -24 -59-19 lut Sam.  Dans  moins de 25 heures cette bombe va exploser dit-elle sans émotion apparente.

         -A t-on une idée de sa puissance, colonel Carter ? demanda  Teal’c d’une voix posée.

         -Non, je ne sais pas, malheureusement ! répondit-elle avec un léger haussement d’épaules.

Les trois amis étaient assis tranquillement dans le bureau de Daniel et discutaient aussi tranquillement que devant une tasse de thé. Pourtant la situation n’avait rien de léger. Une réelle menace pesait sur le SGC et tous en étaient conscients.

         -Il faut appeler tout de suite le général, dit Sam, et je pense que la  première chose à faire maintenant c’est de traduire la phrase qui est apparue quand le général O’Neill a touché la statue,

         -En effet répondit Tea’lc mais il serait aussi intéressant de savoir qui nous envoie ce cadeau. En avez-vous une idée,  Daniel Jackson ?

Daniel ne répondit pas immédiatement, il faisait des recherches sur son ordinateur.

         -C’est bien ce qu’il me semblait dit-il, c’est Séshat, j’en ai la confirmation.   On reconnaît parfaitement sa coiffure surmontée de la rosette à 7 branches. Vous voyez dit-il en montrant sur la statue le sommet du crâne  avec les 7 branches. La seule différence ajouta t-il c’est que la rosette n’est pas surmonté d’un arc et qu’apparemment elle n’est pas vêtue d’une peau de léopard comme dans la légende. Ce sont ces détails qui m’ ont fait hésiter. Mais c’est elle j’en suis sûr.

         -Séshat ! gronda  O’Neill sur le pas de la porte. Je me doutais bien que c’était une erreur de la libérer.

         -Nous n’avions pas le choix mon général, il ne fallait pas changer l’histoire ! dit doucement Sam, les yeux au fond de ceux de son chef.

         -Ça ne la dérange pas, elle, de changer l’histoire ! dit-il en se troublant légèrement sous le regard appuyé de Sam. Mais ce fut si imperceptible que Sam se demanda si elle n’avait pas rêvé.

         -C’est tout à fait exact dit Daniel, mais  maintenant il nous faut composer avec.

Il avait mis en route son traducteur après avoir introduit dans l’ordinateur les symboles du socle de la statue. 

         -Regardez dit-il et il montra les mots qui apparurent sur l’écran.

UN    ACTIVE   DEUX  IDENTIQUE  ARRETE

         -Qu’est ce que ça veut dire ?

         -Il va me falloir un moment pour affiner la traduction, dit Daniel. Mais je peux dire que c’est le sens général des mots.

         -« UN ACTIVE DEUX  », je pense que cela veut dire qu’une personne seule peut l’activer, sans doute en 2 fois.

         -Je pense que vous faites erreur Daniel Jackson, dit Teal’c, je crois que le DEUX est rattaché aux mots « IDENTIQUE » et ARRETE ».

         -Identique à quoi ?  dit jack.

         -C’est vous qui l’avez activée O’Neill,  et vous étiez seul, vous avez le gêne des anciens,  et le DEUX, cela veut peut être dire deux personnes  identiques à vous, c'est-à-dire possédant le gène des Anciens.

         -Bien sûr c’est ça ! dit Daniel.

         -Il suffit donc que 2 personnes ayant le gène des Anciens touchent cette bombe pour que  le compte à rebours s’arrête, poursuivit Sam.

         -Il suffit d’injecter le même gène à deux personnes pour que cela marche.

         -Carter ? vous en êtes sûre ?

         -Absolument mon général !

         -Je crois que le docteur doit  en avoir encore un peu en réserve. Il en avait injecté à l’équipe qui s’est rendue sur Atlantis. 

Le docteur Tyler averti par téléphone était entrain de préparer deux doses.

         -Alors qui sont les cobayes ?  dit-il  à SG1 qui pénétrait dans son labo quelques minutes plus tard.

         -Je pense à Daniel et Carter dit O’Neill. Il faut combien de temps pour que cela agisse ?

         -Une  heure répondit le docteur.

         -Alors ne perdons pas de temps.

 

 

H moins 23.

 

Sam et Daniel étaient allongés à l’infirmerie. Ils devaient restés couchés  un moment le temps que le gène se fixe dans leur organisme.

         -Ça va Daniel ? dit-elle au jeune homme qui avait fermé les yeux.

         -Oui, très bien, je ne sens rien du tout !

         -C’est normal ! c’est juste une petite piqûre !

         -Oui fit-il déçu, mais je pensais que j’allais ressentir quelque chose de puissant et de grandiose ! Vous rendez-vous compte, nous avons dans notre organisme le gène des Anciens.

         -Il y a un an ce n’était pas envisageable !  Maintenant tous les membres de la deuxième expédition d’Atlantis le possèdent, dit Sam.

         -Oui c’est devenu quelque chose de banal ! Mais est ce aussi efficace qu’un gène naturel ?

         -On ne le sait pas encore répondit Sam. Les études que nous avons faites ne remontent pas encore assez loin.

         -Peut être que ce n’est qu’éphémère dit Daniel avec regret.

         -Il nous faut juste avoir le temps de désamorcer la bombe. N’oublions pas que le général possède ce gène de façon naturelle et qu’en cas de problème nous pouvons compter sur lui, dit Sam, pragmatique. 

         -C’est juste que de toucher le pouvoir des Anciens… vous ne pouvez pas comprendre Sam !

         -Cela a-t-il un rapport avec votre ascension ?

         -Je ne sais pas, peut être. J’avais espéré qu’avec le gène j’aurais pu me rappeler de ce que j’avais fait.

         -Ce n’est pas le cas ?

         -Non dit le jeune homme en refermant les yeux.

Sam n’ insista pas. Elle comprenait la déception de Daniel.

Soixante minutes plus tard, exactement Jack était à l’infirmerie et prenait d’assaut le bureau du médecin.

         -Alors docteur c’est terminé ?

         -Je le pense, donnez moi deux minutes pour vérifier leur état de santé.

         -Le temps presse ! vous aurez tout le temps de faire vos examens après.  Daniel, Carter ! en salle de briefing immédiatement ! ordonna t-il avant même que le médecin ait pu placer un seul mot.

         -A vos ordres mon général dit Sam.

Daniel grogna  quelque chose, mais se dépêcha aussi de rejoindre Sam qui était déjà sortie.

 

 

H moins 21

 

L’objet semblait inanimé. Seul le défilement des caractères indiquait qu’il n’avait pas renoncé. Ou plutôt qu’elle n’avait pas renoncé. Avoir choisi une statue la représentant était un affront envers le chef du SGC. Cela voulait dire « c’est moi qui vais te détruire » Aucun signe de la puissance de la bombe ne se manifestait à l’extérieur. Tout n’était que spéculation, mais O’Neill pouvait s’imaginer facilement que Séshat ne leur avait  pas envoyé un simple pétard, mais que quelque chose d’infiniment plus puissant  se cachait dans les entrailles de la statue. Il avait interdit l’usage du scanner de peur de déclencher encore quelque chose d’autre. Avec Séshat il fallait s’attendre à tout.

Après  si tout se passait bien , on ferait toutes la analyses nécessaires. Carter s’en fera un plaisir pensa O’Neill. Enfin si elle reste…

         -Daniel, Carter ? allons-y.  Comment comptez-vous procéder ?

         -Teal’c, s’il vous plait , prenez  la statuette couchez-là sur la table devant nous, dit Sam.

Teal’c fit ce qu’elle demandait.

         -Je pense que nous devons la toucher, ensemble. Si nous avons bien compris le message, nous avons un gène identique, cela devrait fonctionner.

         -Allons-y dit le général, ne perdons pas de temps !

Sam et Daniel posèrent le doigt en même temps sur le socle. Il ne se passa rien.

Ils se regardèrent le cœur battant. On sentait la tension palpable dans la pièce.

         -Recommencez dit O’Neill !

En vain. Ils tenaient maintenant la statue à pleine main, tous les deux en même temps. Le compte à rebours continuait, les secondes et les minutes filaient à la vitesse de l’éclair.

Il y eu un moment comme suspendu entre deux dimensions, un de ces instants rares où on voit le gouffre s’entrouvrir sous ses pieds et où il fallait toute sa force de caractère pour ne pas se laisser emporter par la panique.  C’est ce qu’ils éprouvaient  à l’instant malgré leur habitude du danger.

         -Bon dit Daniel  d’une voix calme en reposant la statue sur la table. Il faut que je revoie ma traduction.

         -En effet conclut O’Neill.

         -Je pense argua  Teal’c que c’est le mot « identique » qui ne convient pas.  Il faudrait voir si on ne lui trouve pas un autre sens.

         -Il faudrait peut être que ce soit le même gène, compléta  Daniel.

         -Mais nous avons le même gène !

         -Oui mais il n’est pas naturel ! On nous l’a injecté.

         -Et vous pensez que ça fait une différence ?  dit O’Neill. Je vois pas ce que vous voulez dire Daniel.

         -Je crois qu’il veut parler du même gène comme dans le cas de vrais jumeaux avança Tea’lc.

         -Oui c’est ça, c’est exactement ça, dans le cas de vrais jumeaux, tout est identique, ils ont le même ADN répondit Sam et…

Mais O’Neill l’interrompit

         -Oui, Carter, j’ai compris. Mais personne ici n’a de jumeaux !

Il se passa une main sur l’arrête du nez comme en proie à une violente migraine et c’était cela qu’il ressentait en ce moment, une douleur lancinante. Pourtant il lui fallait toute la clarté de ses idées, car la situation était grave. Un jumeau ! bon sang !

         -Petit Jack dit Daniel il a le même ADN que vous puisque c’est votre clone !

         -C’est impossible répondit  Jack il est parti faire un voyage d’étude en Australie et je ne sais même pas où il est actuellement. On a pas le temps de le chercher !  Il faut trouver une autre idée.

Il se tourna vers Sam et la regarda, elle semblait en proie à la plus grande confusion et cela le paniqua intérieurement. Si Carter n’avait plus d’idées ! Il voyait sur son visage les émotions suscitées par ses réflexions ; froncement de sourcils, regard dans le vague, lèvres serrées,  puis son visage se radoucit, elle releva la tête, son regard s’éclaira, elle avait trouvé, il en était sûr.

La tension dans sa nuque diminua avant même qu’elle ne  parle. Il savait qu’elle avait trouvé la solution, et que ce serait la bonne. 

         -Je pense avoir trouvé mon général, mais je ne suis pas sûre que ça vous plaise.

         -Dites toujours !

         -Vous n’avez pas  de jumeau mon général, mais vous êtes la  seule personne ici qui possède naturellement le gène des Anciens, donc, MacGyver le possède aussi.

         -Vous aviez raison, ça ne me plait pas du tout !

         -Je suis désolée, mais je ne vois pas d’autre issue. Vous avez été MacGyver, lui aussi possède le gène, donc c’est le même, exactement identique.

O’Neill soupira.

         -Rappelez-vous, comme il a été malade la dernière fois quand nous nous sommes trouvés en présence l’un de l’autre.

Sam hocha la tête

         -Ce n’est pas un problème, il  suffira d’emporter le médicament et de lui donner tout de suite.

         -Il est aussi difficile à localiser ! il voyage sans cesse, ça ne marchera pas , répondit Jack

         -Nous pouvons le suivre à la trace grâce aux archives de la fondation Phoenix. Je suppose qu’il y avait des rapports à la suite de toutes ces missions. On doit pouvoir trouver où il est  actuellement , enfin en 1988 à la date d’aujourd’hui !

         -Il faut faire vite Jack ! cette chose ne nous attendra pas ! insista Daniel.

         -Mais je crois que c’est justement ce que veut cette maudite goa’uld, nous mettre tous les deux ensemble pour pouvoir nous tuer !

         -Certainement, mais nous n’avons pas le choix ! dit Daniel  et nous ne connaissons pas la puissance de cette bombe ! Imaginez que dedans il y ait une parcelle de ce qu’il y avait dans l’E2PZ  qu’on a pris à Camulus ?  

         -C’est possible ça ? s’enquit-il avec un haussement de sourcils

         -Tout est possible mon général !

         -D’accord. On y va. Comment allez-vous procéder ?

         -Tout d’abord je vais consulter les archives et si on a de la chance, je pense y aller moi-même en prenant la pierre à voyager dans le temps dit Sam. Ce serait plus prudent que ce ne soit pas vous mon général.

         -Je suis d’accord. Mais le temps presse !

         -J’ai un plan mon général . je vais le plus vite possible à Los Angeles. Je ne remonte le temps, qu’une fois là bas devant les locaux de la « Fondation Phoenix » si elle existe toujours.

         -Elle existe toujours, mais elle a changé de place. Il faut que vous alliez sur Pasadena où se trouvent les anciens locaux.  dit O’Neill.

         -Je demande à voir Peter Thornton. Si MacGyver est chez lui, je le ramène aussitôt.

         -Cela va prendre beaucoup de temps ! s’exclama Daniel.

         -Oui, mais cela ne pose pas de problème, je peux programmer la pierre pour un retour juste après mon départ. Vous aurez l’impression que je suis partie moins d’une heure.

         -C’est très malin dit Daniel. Mais vous êtes sûre que ça va marcher , qu’on peut programmer la pierre de façon aussi précise ? 

         -Je n’en sais rien Daniel !  dit-elle mais on n’a pas le temps d’expérimenter. Il faut que je parte tout de suite.

         -Est-ce qu’il va se rappeler  de ce qu’il a vécu à notre époque ? demanda Teal’c.

         -Je ne pense pas répondit Sam. Je crois qu’il aura un vague souvenir comme un rêve un peu tenace.

Puis elle s’immobilisa, et pâlit  comme en proie à une idée subite et très désagréable.

         -Un problème Carter ?  questionna le général.

         -Comment a-t-elle su ?

         -Mais de quoi parlez-vous ?

         -Mais de Séshat ! comment a-t-elle su que nous irions sur cette planète et que nous trouverions la statue ?

Un silence pesant comme une pierre s’abattit dans la pièce. Ils se regardèrent, atterrés.

         -En effet O’Neill intervint  Teal’c de sa voix calme. Nous avons fait exactement ce qu’elle souhaitait nous voir faire.

         -Nous aurions pu ne pas trouver la petite porte ! dit Daniel.

         -Elle savait que nous la trouverions, elle nous connaît beaucoup mieux que nous le pensons. Daniel, vous ne lâchez jamais prise devant un site inconnu. Vous  fouillez tout jusqu’à ce que le temple ou les ruines n’aient plus de secrets pour vous. 

         -C’est vrai ce que vous dites, Sam. Mais qui l’a renseignée?

Ils se tournèrent vers Jack qui suivait leur conversation sans dire un seul mot.

         -Elle a eu accès à nos dossiers personnels et aux fichiers du SGC, dit-il.

         -Quand elle est venue au SGC l’an dernier ?

         -Non, elle n’en a pas eu le temps ! Mais peut être a-t-elle soudoyé quelqu’un pendant son incarcération.

         -Elle n’avait pas droit aux visites s’écria  Daniel !

         -Non c’est vrai , mais n’oubliez pas les gardes qui changeaient régulièrement, les infirmières, même les médecins. Cela fait beaucoup de monde ! Mon général, que fait-on ?

         -Pour le moment vous entreprenez votre voyage dans le temps, Carter, Nous pendant ce temps là, nous allons essayer  de trouver qui a pu nous trahir.

         -Je pense qu’il faut commencer à faire la liste de toutes les personnes ayant pu avoir un contact avec Séshat…

la phrase de Daniel se perdit pour Sam qui avait quitté la salle. Elle devait prendre la pierre bleue et commencer son voyage hasardeux dans le début de l’année 1988.

 

 

 

1988

 

les lueurs du soleil couchant faisaient briller de mille feux le building en verre de la Fondation Phoenix.  Sam regarda sa montre H moins 10.

Le voyage avait été long depuis Colorado Springs et maintenant qu’elle était arrivée à pied d’œuvre c’était loin d’être terminé. Ils avaient de la chance, Mac rentrait juste d’une mission en Amérique centrale, et il y avait de fortes chances pour qu’il soit chez lui.

Le garde lui demanda ses papiers, elle présenta une fausse carte au nom d’Alice Wood,  la nièce de Peter Thornton, le directeur de la Fondation et le patron de MacGyver.

Naturellement aucun moyen de savoir si le garde la connaissait ou pas. Il fallait  miser sur la chance ! Tout ce qu’elle avait pu découvrir dans les archives c’est que cette nièce était âgée de 29 ans , qu’elle était grande et blonde. Un examen peu minutieux  ne ferait pas découvrir la supercherie. 

Le garde sans même la regarder attentivement lui fit signer le registre et l’envoya au huitième étage où se trouvait le bureau du directeur.

On la fit entrer , mais le regard d’Hélène la secrétaire personnelle de Peter s’attarda un peu sur cette nièce débarquée d’on ne sait où.

         -Votre nièce est arrivée monsieur.

         -Très bien, faite là entrer entendit Sam.

Elle entra très vite dans la pièce et se jeta au cou de l’homme, et lui souffla dans l’oreille.

         -Ne dites rien,  jouez le jeu, je suis une amie de MacGyver.

         -C’est bien Hélène, laissez-nous ! dit-il à la secrétaire qui regardait Sam avec méfiance.

Peter avait bien une nièce qu’il ne voyait pas souvent d’où la stupéfaction d’Hélène sa secrétaire particulière qui était son amie, sa confidente, sa nounou à l’occasion quand il dépassait ses limites.

Sam se détacha lentement tandis qu’il  lui faisait signe de s’asseoir en face de lui.

La curiosité de Thorton fut la plus forte.

         -MacGyver a des ennuis ? Et puis pourquoi vous faire passer pour ma nièce, vous auriez pu vous présenter directement.

         -Non, c’était impossible. Laissez moi vous expliquer succinctement, le temps presse, dit-elle en jetant un coup d’oeil à sa montre. 

         -Je vous écoute, mais avant dites moi qui vous êtes ?

         -Je suis le colonel Samantha Carter de L’USAF, et je viens du futur, répondit-elle simplement.

Il acquiesça,    ouvrit la bouche comme pour poser une question, puis se ravisant  d’un geste il l’invita à poursuivre.

         -Vous souvenez-vous l’an dernier de la mission que  MacGyver a faite à la base de Cheyenne Moutain  à Colorado Springs ?

         -Ah oui, tout à fait, il part pour une journée, et ils disparaît 10 jours. Alors ça je m’en souviens !

         -Et que vous a-t-il dit à son retour ?

         -Justement une vague histoire de voyage dans le temps ! Mais j’ai cru qu’il avait pris un coup sur la tête !  Son histoire était très floue, et je n’ai jamais  pu en apprendre plus. 

         -C’est moi qui me suis occupée de lui quand il a débarqué dans notre époque.

         -Mais qu’est-il arrivé  ?

         -Monsieur Thornton, il faut que je voie Mac le plus vite possible, je n’ai pas le temps de vous expliquer. C’est une question de vie ou de mort.

Devant l’air grave de Sam il capitula, curieux d’en savoir un peu plus sur ce qui avait pu se passer l’année précédente.

 

Une demi heure plus tard ils étaient devant le loft de MacGyver.

         -Vous savez il n’est pas vraiment en forme en ce moment. Il revient d’une mission très difficile où il eu de gros ennuis.

         -Il est blessé ? s’inquiéta Sam .

         -Oui, il a été capturé par la police dans un pays d’Amérique latine, il a réussi à s’échapper, mais il n’est pas rentré indemne. Je ne sais pas ce que vous lui voulez, mais je vous recommande la prudence.

         -Je vous assure que c’est très important. C’est vital pour le sort de notre planète. Mais je suis désolée, monsieur, je ne peux pas vous en dire plus.

 

La porte était fermée, mais Peter avait la clé.

 Le loft était plongé dans une demie obscurité et le jeune homme était allongé sur son lit tout habillé. Il dormait profondément.

         -Mac ! réveille-toi ! appela Peter

Il ouvrit les yeux et s’assit, tout de suite éveillé.

         -Désolé, je me  suis endormi ! Tu aurais pu téléphoner ajouta t-il en se frottant les yeux .

         -MacGyver ! vous vous souvenez de moi ? demanda la jeune femme.

         -Non …Je devrais ?

Le jeune homme était tel qu’en son souvenir, mais il avait l’air fatigué, exténué même pensa t-elle. Il menait une vie difficile accomplissant  mission sur mission, sans se ménager et parfois il en payait le prix. 

         -Ce n’est pas grave pour le moment, dit-elle. Mais nous n’avons que  très peu de temps. Je vous expliquerai en route.

         -En route ! On va où ? s’enquit  le jeune homme étonné en regardant son patron.

Celui-ci fit une petite mimique :

         -C’est en  rapport avec la mission de l’an dernier à la base de Cheyenne Mountain. Tu t’en souviens ? dit Pete.

         -Vaguement !  fit MacGyver,  avec un geste vague,  en se levant.

Il prit un jus d’orange dans le frigo.

         -Vous en voulez ? leur proposa t-il ?

Devant leur dénégation il revint au centre de la pièce.

         -Il faut partir tout de suite s’inquiéta  Sam. Dépêchons-nous.

 

Dans la rue, elle dit au revoir à Peter Thorton  qui ajouta :

         -Vous partez à pied, je peux vous déposer quelque part ?

         -Non, inutile.

Disant ces mots, elle prit la main de Mac et dans son autre main, la pierre jaillit d’un éclat fulgurant. Elle pensa fortement à l’heure du retour, revenir dès le début du compte à rebours.  Sous les yeux ébahis de Pete ils disparurent dans une gerbe d’ étincelles.

 

 

H moins 9

 

Sam regarda son chronomètre dès que le tourbillon qui les avait entraînés se fut calmé. H moins 9

Son coeur rata un battement et une sourde angoisse lui tordit les entrailles. Elle n’avait pas réussi à revenir plus tôt. La pierre ne pouvait pas faire plus, que ce pour quoi elle était programmée. Elle permettait de voyager à une date précise. A un jour près, mais pas à une heure près.  Ce qu’elle craignait était arrivé, mais il n’y avait pas moyen de le prévoir.

 

Le paysage avait totalement changé. Une jeep les attendait pour les conduire à la base militaire. De là ils prendrait un avion mis à leur disposition pour  Colorado Springs.

MacGyver regardait autour de lui sans rien dire. Il était comme sonné. Ses yeux furetaient partout comme pour enregistrer tous les détails autour de lui.

         -Nous sommes toujours à Los Angeles ? demanda t –il.

         -Oui, Mais la Fondation Phoenix n’est plus au même endroit.  Alors ça te revient maintenant ?

         -Oui, tout à fait.  Je me souviens de tout maintenant.

         -Tu n’as pas le même regard neuf et passionné d’il y a un an,  remarqua t-elle.

Il ne répondit pas.

Dans l’avion il ne dit pas un mot. Sam était surprise. Il ne demandait pas ce qu’il faisait là.  Il ne parla à aucun moment de la base, des gens qu’il avait rencontrés, de Jack son  moi du futur.

         -Que se passe t-il, Mac. Tu vas bien ?

         -Oui ça va dit-il d‘un ton neutre.

Puis se rappelant soudain ce que lui avait dit Peter Thornton :

         -Tu as été blessé, n’est ce pas ?

         -Oui, fit-il laconique.

         -Tu as besoin de soins peut être. Dès que tout cela sera fini. On te soignera à l’infirmerie.

         -Je ne veux pas aller à l’infirmerie, dit-il sèchement.  Et si tu m’expliquais ce que tu attends de moi ?

Sam lui fit le récit des derniers évènements.

         -Et tu penses  que Jack et moi pouvons arrêter cet engin ?

         -Nous n’en sommes pas sûrs à cent pour cent , mais il y a de fortes probabilités. Vous avez le même gène, cela paraît logique.

 

Le reste du voyage se fit en silence.

 

 

H moins 4

 

Au dessus de Colorado Springs  le vent soufflait en tempête.  De nombreux trous d’air secouaient les passagers.

Sam regardait sa montre chronomètre toutes les cinq minutes. Le temps passait si vite. Et ce maudit avion qui ne se posait pas. 

         -La météo ne nous permet pas de nous poser  à  Colorado Springs, annonça la voix du pilote, l’avion va se dérouter sur Denver.

Sam n’écoutait plus. La situation était catastrophique.

         -En moins de 4 heures nous n’arriverons jamais à temps !  se plaignit la jeune femme.

Elle prit son portable et appela la base. Elle eut le général O’Neill immédiatement.

         -Mon général dit-elle …

le ligne était mauvaise.

         -Carter !

         -Mon général, j’ai récupéré Mac mais l’avion va se poser à Denver. J’ai peur que le temps soit trop court…

         -Atterrissez à Denver ! un hélicoptère vous attendra pour… .

         -Mon général !

La ligne fut coupée.

         -Qu’est ce qu’il a dit ? demanda  Mac.

         -J’ai cru comprendre qu’on   nous attendrait à Denver. Mais la liaison a été coupée avant la fin de la phrase.

         -Cet hélicoptère pourra décoller  ?

         -Espérons-le. Cela donnera peut être le temps à la tempête de se calmer. 

 

 

 

Hors du compte à rebours , planète de Séshat.

 

Tout se déroulait comme  elle l’avait souhaité. Dans un bain brûlant elle se relaxait. Depuis son retour de la terre l’an dernier, elle avait toujours froid.  Rien ne pouvait la réchauffer, un sang glacé courait dans ses veines. Seule la vengeance  lui redonnerait la chaleur  qu’elle avait perdue.

Elle se réjouissait de les tenir tous les deux en son pouvoir, ces deux imbéciles qui croyaient tout savoir, et pouvoir tout résoudre. Mais elle avait toujours une longueur d’ avance  sur eux. Au moment où ils croyaient comprendre, ils se jetaient dans un nouveau piège.

 

         -Ma reine, dit une jeune fille en se jetant aux pieds de la déesse. 

         -Qu’y a t-il Marla ?  J’espère que c’est important ! s’exaspéra la reine, agacée par l’intrusion.   

         -Un message vient d’arriver.

Un fin sourire cruel étira les lèvres de Séshat.

         -Viens, aide-moi  à m’ habiller.

 

Le message était bref.

         Elle est allée le  chercher. Ils sont en route pour la base.

Un frisson de joie la secoua toute entière. Elle tenait sa victoire, tout était prêt, le piège pouvait se refermer. La nasse était ouverte, il suffirait de la refermer au bon moment et plus rien ne pourrait les sauver.

Même au cas où ils arriveraient à temps, ce serait loin d’être fini pour eux. Qu’ils réussissent ou pas ne changerait rien à leur situation et ce qui était le plus amusant c’était qu’ils ne s’en doutaient même pas.

 

 

 

Base de  Cheyenne Mountain.

 

Sandra Lewis rangeait les instruments et les mettaient dans l’autoclave après les avoir lavés soigneusement. Les opérations étaient terminées. Deux chirurgiens avaient opéré tout l’après midi.  SG13 et SG16 étaient revenues sous le feu de l’ennemi et tous les hommes avaient été blessés. Depuis le matin la salle d’opération ne désemplissaient pas  et les deux médecins présents à la base  avaient passé la journée à opérer. Tout était calme maintenant et les blessés reposaient dans la grande salle.

Elle   était exténuée, son service se terminait dans un quart d’heure et elle avait hâte de se retrouver au mess devant un café et essayer de décompresser un peu en papotant avec ses amies.

La jeune femme  avait un caractère très ouvert et elle riait souvent. Un peu moins maintenant. Beaucoup moins. Elle s’était engagée dans un chemin difficile et elle ne pouvait songer à revenir en arrière. Elle regrettait mais c’était trop tard et elle devait aller jusqu’au bout, sinon elle signerait son arrêt de mort et celui de sa famille.

Tout avait commencé l’an dernier. Elle avait été chargée par le docteur Tyler de s’occuper de Séshât quand celle-ci avait commencé à souffrir du manque de sarcophage. Elle venait régulièrement la voir dans sa cellule pour lui administrer des calmants. Le général O’Neill n’était pas favorable à cette décision mais le colonel Carter lui avait fait comprendre que Séshât devait rester vivante. C’était indispensable au bon déroulement des évènements à venir. La déesse avait joué avec le temps, et il s’agissait de limiter au maximum les dégâts.   

La jeune femme avait été prise de pitié devant le calvaire de la reine qui voyait sa beauté se flétrir de jour en jour. Elle n’avait pas le droit de lui parler mais elle avait désobéi aux ordres et elle faisait ce qu’elle pouvait pour adoucir  ses souffrances.

Le déesse était si belle que son cœur s’en était  ému. Elle avait fait l’erreur de la croire bonne quand celle-ci la remerciait si gentiment de bien vouloir calmer sa douleur. La reine l’avait piégée en beauté. Elle lui avait demandé quelques informations tout à fait innocentes sur Carter ou O’ Neill, des choses que tout le monde connaissait. Elle n’avait pas trouvé mal de lui rapporter les petits potins les concernant. Il y avait aussi  Mac Gyver le neveu du général. La jeune fille avait trouvé étrange cet homme débarqué de nulle part et prenant part à la vie de la base. Séshât voulait savoir tout de lui. Naturellement elle ne lui avait rien dit du rôle qu’elle avait joué, du moins pas tout de suite, ni qui était réellement ce jeune homme.

Le docteur Tyler avait accepté que la jeune femme passe plus de temps avec la reine déchue et celle-ci lui avait raconté toute l’histoire. Avec la propension qu’ont les Goa’ulds à se vanter, elle ne lui avait fait grâce d’aucun détail.

Sandra avait écouté le récit le cœur  battant avec une sourde inquiétude au ventre. Qu’allait lui demander la reine ? Car elle lui demanderait forcément quelque chose.

Elle en avait trop dit et  avait raconté ce que faisait le général ou le colonel Carter. Elle avait dit tout ce qu’elle savait.

Séshat partie, il ne lui était rien arrivé. Elle avait commencé à respirer. Il ne se passerait rien. Elle avait  continué son travail  d’infirmière à la base, fréquenté ses amies, vu régulièrement sa mère et sa sœur qui vivaient à Colorado Springs.

Puis  un jour tout avait basculé, elle avait reçu la visite d’un inconnu chez elle. Il l’avait menacée d’un revolver et donné des instructions. Elle ne savait pas comment il était en contact avec la reine, mais il lui appris que celle-ci avait un plan pour attaquer la terre.

Elle devait s’arranger pour que SG1 parte en mission sur  P5N789. Là bas ils trouveraient la statue et il était évident qu’ils la rapporteraient au SGC. La bombe à l’intérieur serait activée par le passage de la porte et l’appât serait en place. Toutes les tentatives qu’ils feraient pour la désamorcer ne les plongeraient que plus profondément dans le sinistre piège préparé à leur intention.

Naturellement si la jeune fille ne collaborait pas, il arriverait malheur à sa mère et sa sœur. Elles étaient détenues quelque part dans Colorado Springs.  !

Elle fut obligée de céder.

Elle passa des heures à essayer de trouver un plan pour envoyer SG1 de façon naturelle sur cette planète. Elle se rapprocha du lieutenant  Benson Russel. Elle se trouva plusieurs fois sur son passage, le guettait  pour aller au mess avec lui. Ils firent connaissance et sympathisèrent. En  quelques jours ils devinrent des amis. Insidieusement elle posait des questions sur la porte et le jeune lieutenant  se faisait un plaisir de lui répondre et de lui montrer sur l’ordinateur tous les secrets de l’anneau des dieux. A sa demande il lui montra les coordonnées des planètes, expliqua tous les mystères des chevrons.  Un jour  elle le vit taper son code et le mémorisa. « Enfin » !  pensa t-elle. Il ne lui restait plus qu’à voir le programme des visites prévues et à le modifier quelque peu.  

P5N789 était sur cette liste, mais elle ne devait pas être explorée avant deux mois. Elle ne pouvait pas attendre jusque là, elle changea la planète de place sur la liste et la mit en deuxième position. Elle serait donc visitée la semaine suivante.

Personne ne s’aperçut de la supercherie ou du moins personne ne put remonter jusqu’à elle. Elle avait pris soin de ne pas utiliser  un poste de l’infirmerie mais un  autre du poste de garde, et d’effacer ses traces. En plus d’être infirmière,  elle était une excellente informaticienne. 

Elle ne revit pas l’homme immédiatement. Mais celui-ci l’appela un soir et lui demanda de donner régulièrement des nouvelles de la base, et d’obéir à tous les ordres qu’il lui donnerait.

Elle ne savait pas  de quelle manière il était en contact avec la reine, mais elle ne voulait pas le savoir. Sans doute était –elle  en orbite autour de la terre dans un vaisseau occulté ?

Depuis le début du compte à rebours, toutes les heures elle devait faire  son rapport.  Sandra était terrorisée. Elle savait qu’elle s’enfonçait un peu plus à chaque appel, mais elle ne pouvait rien faire d’autre. Elle risquait gros si elle était découverte. Le vie de sa famille était en cause, et sans doute aussi la sienne.

Elle continua à voir  le lieutenant Benson de temps à autre. Ils s’entendait toujours très bien, et il ne sut jamais qu’ elle l’avait utilisé.

 

 

 

H moins 30 minutes.

 

A la maison Blanche le président Hayes avait suspendu toutes ses activités. Il était au téléphone avec le général  O’Neill.

         -Ils ne sont pas encore arrivés monsieur le président. Un hélicoptère est allé les chercher à Denver où l’avion vient de se poser, dit la voix calme du général.

         -Où êtes-vous O’Neill ?

         -Je suis arrivé au silo à missiles. Je les attends.  La communication va être coupée monsieur, dès que je descendrais au fond.

         -Faites de votre mieux.

Le président reposa le combiné en se disant qu’il avait dit une platitude. Mais que dire en de pareilles circonstances ? Personne ne connaissait  la puissance de cette maudite bombe. Peut être que le souffle  serait contenue par les épais murs du silo où alors ce serait une phénoménale explosion et personne ne serait plus là pour en parler. Mais c’en était fini  probablement pour O’Neill, qui une fois de plus sacrifierait sa vie pour sauver la Terre.

 

 

H moins 3.

 

A Denver le temps était gris et les nuages bas ne gênèrent pas le pilote de l’avion qui se posa en bout de piste. L’hélicoptère était déjà là.

Sam et MacGyver coururent sur la piste et montèrent rapidement dans l’appareil qui s’éleva au dessus de la piste.

 

Sam était très nerveuse et regardait sans arrêt sa montre. Elle sentit la main de Mac sur son poignet.

         -Tout va bien se passer. Nous arriverons à l’heure, dit-il d’une voix calme.

         -Il faut presque trois heures pour rejoindre Colorado Springs si le temps se calme, dit-elle d’un ton détaché.  

         -La météo s’améliore dit le lieutenant Daxon qui pilotait l’hélicoptère.

         -Faites le plus vite possible.

         -A vos ordres mon colonel.

         -Nous avons  du temps devant nous  dit Sam en se tournant vers son compagnon de voyage,  et si tu me parlais de ton retour, l’an dernier ?

Mac soupira.

         -Il n’y a pas grand chose à dire. Je me suis retrouvé sur le parking de la base. Jack était à côté de moi, nous nous sommes séparés et j’ai repris le cours de ma vie…

         -Tu ne te rappelais plus de rien ?

         -Un peu, mais les souvenirs se sont estompés assez vite. Cela me revenait de temps en temps, sous forme de rêves surtout.

         -Tu m’avais oublié ?

         - Pas tout à fait fit-il en souriant. Il m’a juste fallu un peu de temps tout à l’heure, car je ne m’attendais pas du tout à te revoir.

L’hélicoptère très bruyant les obligeait à porter casque et micro pour se parler et cela n’incitait pas à  une conversation privée. Pourtant Sam aurait voulu tout savoir de ce qu’il avait fait durant ces quelques mois.

 

 

 

H moins 10 minutes

 

Les minutes filaient à une vitesse folle. Jack était au fond du silo à missile en liaison avec Daniel resté  à la surface. Ils se parlaient par l’interphone. Daniel attendait le coup de fil de Sam l’avertissant de leur arrivée.

Le jeune archéologue  faisait les cents pas devant la porte de l’ascenseur. Il fallait trois minutes pour descendre, dans moins de sept minutes Sam et MacGyver  devraient être sur place. Il regardait sa montre toutes les dix secondes.

         -Vite, vite.

Le téléphone sonna  à H moins 6 minutes.

         -Daniel, nous sommes juste au dessus de la zone. Nous nous posons.

Le vent soulevé par les pales arrivait jusqu’à Daniel. L’hélicoptère se posa dans un nuage de poussière.

Sam et MacGyver entreprirent alors une véritable course pour arriver dans les délais.

Il était H moins 3 minutes 30 lorsqu’ils amorcèrent la descente vers le fond du silo. Ils reprenaient bruyamment leur souffle mais ne dirent pas un mot. Juste un regard entre eux. Un instant volé au temps, une connivence qu’ils retrouvaient d’instinct. Les lèvres de Mac s’étirèrent en un léger sourire apaisant. Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, il ne restait que 30 seconde au compteur de Séshat. Ils firent les derniers pas en courant tandis que Sam refermait la lourde porte laissant seuls les deux hommes accomplir leur mission au delà de la barrière du temps.

Dès que Mac avait changé d’ époque Sam lui avait donné le stabilisateur de cellules qu’avait expérimenté sur lui le docteur Tyler. Il fallait éviter à tout prix que la rencontre entre les deux hommes  tourne au malaise pour l’un comme pour l’autre.

 

Sans un mot les deux hommes se regardèrent et touchèrent ensemble la statue.

Le compte à rebours s’arrêta à 2 secondes. Malgré lui, O’Neill soupira, la tension infernale qui l’habitait le quitta d’un coup et il se sentit épuisé.

         -C’était moins une dit –il.

         -En effet fit Mac. Et maintenant que fait-on ?

         -Retour à la base dit O’Neill et débriefing, dès notre arrivée.

 

Le  général appela aussitôt le président. En quelques mots il lui expliqua la situation puis raccrocha.

 Le silo n’était qu’à vingt minutes de la base et le retour se fit en silence. Tout le monde était épuisé par ces heures de tension insupportable, mais soulagé aussi. La menace s’était éloignée.  Pour l’heure Séshat était vaincue.