JARDIN SECRET

 

Aurélia

aurelia_21@hotmail.com

27 Août 2004

Fic 34

Disclaimer, les personnages de Stargate ne sont pas à moi …

Résumé : Sam pleure…

Genre : romance Jack /Sam

 

 

 

 

 

 

Tu es parti, et tu ne l’as jamais su.

 

Pourtant que de fois j’ai voulu te parler mais toujours ton regard brun se faisait dur comme pour m’empêcher de prononcer  des mots que j’aurai pu regretter.

Maintenant je pleure tous les soirs. Je t’appelle dans mon sommeil, tu es là dans mes rêves si vivant, tellement vivant que le matin j’ai l’impression d’être morte, avec dans la bouche ce terrible goût de cendre. Les cendres de mon amour, et de mes regrets.

 

Tu es parti et tu ne l’as jamais su.

 

Cela fait trois mois que cette terrible journée a eu lieu.

Cela avait commencé comme une mission si simple. Une belle planète à visiter. Et puis d’un coup, tout a tourné au drame.

L’attaque du vaisseau goa’uld nous a surpris à deux kilomètres de la porte. Nous avons couru, couru à perdre haleine. Tu courais plus vite que nous alors tu nous a attendu avec Teal’c, mais tu l’as obligé à traverser.

Daniel s’est sauvé juste avant moi, et comme tu me poussais dans le vortex j’ai entendu cette terrible explosion.

Nous t’avons attendu en vain, le vortex s’est refermé mais tu n’es jamais rentré.

 

Tous les jours je remplis les pages de ce petit carnet. C’est mon jardin secret, celui où je consigne tout, tout ce qui es toi, et rien d’autre. Mon labo, je ne le revois plus que comme l’endroit où tu m‘avais invitée dans ton chalet. Tu es là dans les couloirs de la base, je  croise ton ombre parfois, et je me dis que je deviens folle. Dans les briefings j’attends toujours une petite phrase, une plaisanterie, mais ta chaise est vide et mon  cœur est parti avec toi.

La vie a repris un semblant de cours, je mange, je bois, je dors, je travaille. Mon corps mange, boit, dort, travaille. Mais mon cœur pleure nuit et jour une absence, un regret de ce qui aurait pu être.

 

Tu es parti et tu ne l’as jamais su.

 

Maintenant je suis couchée dans mon lit, mon oreiller trempé de pleurs. Je serre contre mon cœur ce petit carnet où je ne parle que de toi. Je m’endors avec des regrets, je soupire, je me languis. Je veux mourir. Je veux te rejoindre.

Alors je reste couchée, pensant que je ne me réveillerai pas, et que peut être à mon éveil dans l’au-delà tu seras là pour m’accueillir.

 

Mais le matin suivant je me lève et commence une longue journée sans toi. Je n’arrive pas à faire ce deuil de ce qui n’a jamais été. Je travaille dans mon labo à des expériences, je fais ce que je dois faire, ce pour quoi je suis payée. Je pars en mission avec Daniel et Teal’c, et un autre colonel dont je ne connais même pas le nom et que je ne veux pas connaître.

 

Tu me manques.

 

Tu es parti et tu ne l’as jamais su.

 

Maintenant les alarmes retentissent, comme un millier de fois auparavant. Le général est descendu de son bureau, l’autre colonel est là aussi, Daniel et Teal’c.

Le vortex est ouvert, nous attendons, je ne sais pas pourquoi, mais je me sens défaillir, mes jambes ne  me portent plus, un brouillard m’enveloppe, je chancelle.

Tu apparais sur la rampe, et tu t’arrêtes, je te vois maintenant. C’est toi, tu as changé, tu as maigri, tu as été gravement blessé, tu marches avec difficulté.

Mais ton sourire reste le même, ton merveilleux regard brun me cherche, parmi la foule que ton retour a fait se déplacer.

Je suis là, c’est à genoux que tu me cueilles, je m’écroule dans tes bras, tu n’as pas l’air de comprendre, c’est vrai que tu es parti et que tu ne l’as jamais su.

Ton regard est interrogatif, alors je glisse dans ta main mon petit carnet, mon jardin secret qui n’est que pour toi.

Tu me lâches, tu vas vers tes amis, le brouhaha a envahi brusquement la salle d’embarquement, c’est la joie, le bonheur.

Maintenant tu es seul dans tes quartiers comme avant, la fête organisée pour ton retour est finie, le silence est retombé sur la base. Je vais me coucher le cœur plus léger.

Je t’imagine dans ta chambre, tu sors mon petit carnet et tu le lis.

 

 

Tu es revenu et maintenant tu le sais.

 

 

 

 

 

 

SES YEUX S’ÉTAIENT FERMÉS …

 

AURÉLIA

Fic 35

Dédicace : Tout d’abord dans la fic « Jardin secret », j’avais oublié de la dédicacer à ma p’tite Sarah, qui m’avait inspiré ce petite texte.

Cette deuxième mini fic elle  est pour Hito, qui m’a mise au défi décrire un petit texte ship, en quelques minutes, pendant notre conversation sur MSN. Voilà le résultat, petit texte écrit en 20 minutes chrono.

Soyez indulgents. Et bonne lecture.

 

 

 

 

 

 

Ses yeux s’étaient fermés tout seuls, elle n’avait plus la force de les tenir ouverts. Pourtant elle aurait voulu encore voir ce chaud regard brun l’envelopper, elle aurait voulu détailler la courbe de son visage, ce visage viril qu’elle aurait tant aimé caresser.

 Jamais elle ne s’était permis un tel geste qu’elle aurait trouvé déplacé.

 

Sous ses paupières lourdes, elle sentait ce regard inquiet, elle pouvait deviner ses yeux embués de larmes. Elle pouvait toujours entendre son prénom  qu’il chuchotait à voix basse, près de son oreille. Elle pouvait sentir son souffle sur sa peau tandis qu’il portait ses doigts alanguis à ses lèvres.

Tout ça elle le sentait du fond de sa fièvre. Cette fièvre qui la brûlait depuis des jours et qui la consumait.

Il n’y avait plus aucun espoir, les médecins avaient baissé les bras. Aucun médicament ne pouvait la soulager, elle s’éteignait sous le regard désespéré de Jack et de ses amis.

Il lui avait tenu la main pendant des heures. Il s’était imprégné de ce pauvre visage rougi et amaigri.

Il la revoyait vivante, si belle,  tournoyant dans le soleil, lui souriant, lui envoyant des messages par l’intermédiaire de ce regard bleu, si bleu.

Ces messages il ne les avait pas compris. Il s’en voulait. Entre eux, rien n’avait été dit, rien n’avait été fait, tout n’était que sous entendus, phrases à peine ébauchées aussitôt interrompues, petits sourires gênés, ou regards furtifs.

 

Rien, il n’y avait jamais rien eu.

 

Alors Jack, poussé par on ne sait quelle force la prit dans ses bras, la porta à travers les couloirs, ne vit ni n’entendit les gens qui l’appelaient et qui  se demandaient ce que faisait le général avec son colonel  dans les bras. Arrivé à la porte des étoiles il  demanda l’ouverture immédiate du shapaï vers une planète Tokra.

Tout le monde était pétrifié, mais son regard n’incitait pas à la désobéissance, ni même à la plus petite remarque. La porte s’ouvrit immédiatement, et  il franchit le vortex avec son fardeau si léger, léger comme une plume, léger comme une mourante.

Elle se savait contre lui, elle entendait son cœur battre à grands coups sourds  dans sa poitrine, elle sentait les légères secousses de son pas tandis qu’il franchissait l’anneau de pierre de la planète Tok’ra.

Il la serrait très fort, mais pas trop de peur de la briser, elle était si légère  si faible…

Tout alors alla très vite. Ils furent entourés aussitôt d’hommes en armes. Depuis la rupture des relations avec la Terre les Tok’ra étaient devenus très méfiants.

         -Je veux voir Selmac hurla t-il, elle se meurt.

Le tableau qui s’était figé un moment, jack avec son fardeau dans les bras et les hommes armés, commença à bouger ; Chacun prit conscience de l’urgence.

         -Selmac n’est pas là, mais pour la fille de son hôte, nous pouvons faire quelque chose.

L’homme passa alors la pierre de guérison sur la poitrine de la jeune femme. Celle –ci poussa un soupir et ouvrit les yeux.

La première chose qu’elle vit fut le visage de jack, un visage inquiet, tourmenté comme elle ne l’avait encore jamais vu.

Elle lui sourit de son regard lumineux et dit seulement

         -Je me sens bien.

Alors elle se souleva et il la prit délicatement dans ses bras, elle sentit la tension relâcher ses muscles noués. II  avait eu peur de la perdre, si peur et maintenant elle était là contre son cœur.

 

C’était sa place de toute éternité.

 

 

 

 

 

 

CERTITUDE

 

 

 

Aurélia

Fic n° 47

Dédicace : cette petite fic est pour ma chère Hito.

 

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Trois mois.

 

Trois mois que tu étais partie, que tu avais fui.

Depuis cette soirée tout allait de travers. Vous aviez  décidé de vous réunir tous les quatre comme vous le faisiez de temps à autre, histoire de passer une soirée ensemble,  de vous retrouver, de vous amuser.

Ce soir là l’ambiance était détendue, tu avais bu deux bières et tu te sentais joyeuse. Le colonel en avait bu beaucoup plus, mais chez lui ça ne se voyait jamais, sauf par un ralentissement de la parole et un regard plus intense sur toi. Il se relâchait un peu dans ses moment là. Dans ses yeux tu pouvais  lire tout ce qu’il ne disait jamais, il t’observait, calé dans son fauteuil avec un mince sourire sur le visage. Sous ce regard tu te sentais  belle, tu brillais de mille feux et rivalisais de blagues,  de jeux de mots  et de rires avec Daniel. Lui, se contentait d’écouter , et de te contempler.

 

Il faisait chaud dans la maison ,  et tu étais  sortie  sur la terrasse. C’était une belle nuit d’été, encore tiède de la touffeur du jour. Il t’avait suivie, et s’était approché de toi, lentement. Tu le  regardais venir le cœur battant, il allait se passer quelque chose ce soir, tu le sentais, à cette pulsion qui faisait courir le sang plus rapidement dans tes veines.   Il semblait différent, plus proche, beaucoup plus proche. il avait fait  les quelques pas qui vous séparaient, vous n’étiez qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, tes yeux noyés dans les siens. Lequel avait fait le premier pas ?  tu ne t’en souviens pas, mais cela n’a aucune importance,  tu t’étais retrouvée dans ses bras,  te serrant bien fort contre lui et il t’avait embrassée posant ses lèvres sur les tiennes avec douceur puis avec passion.  Tu t’étais sentie   faiblir, comme liquéfiée, c’était tellement inattendu , inespéré et si merveilleux ! Tu avais passé tes bras autour de sa nuque et avais répondu à son baiser. Ses lèvres était si douces, ton souffle se mêlait au sien… Un instant  de pur bonheur que tu attendais depuis si longtemps.

 

Puis au moment où tu t’y attendais le moins, il s’était reculé. Tu avais eu froid d’un seul coup, comme si on t’avait arraché quelque chose d’essentiel à ta survie.

Puis il avait eu ces mots stupides :

         -Excusez-moi major, je ne sais pas ce qui m’a pris.

Et avant que tu aies  pu réaliser ce qui se passait, il était déjà parti, te laissant abasourdie et le cœur en miettes.

 

Tu n’avais pas  fermé l’œil la nuit  suivante, revivant  en boucle cet instant magique et le cruel revirement de Jack. 

Le lendemain au cours de la mission vous ne vous étiez  pas parlé, Jack avait fait comme si rien ne s’était passé. C’était à croire que tu avais   rêvé. Le jour où tu avais   voulu en reparler tu t’étais fait brutalement rembarrée, et tu avais reçu l’ordre de ne plus jamais évoquer ce faux pas.

« faux pas », le mot avait résonné en toi, douloureusement, tu l’avais répété comme si tu n’ en comprenais pas le sens profond, puis tu l’avais regardé, interloquée et alors la colère te prenant comme une lame de fond tu n’avais pu te retenir et tu l’avais giflé violemment. La stupeur sur son visage t’avait un instant soulagée de ta peine. « c’est bien fait pour lui » avais-tu pensé, un instant triomphante, mais le moment suivant, détruite.

 

Alors tu avais pris la décision de partir. Hammond  avait bien tenté de te retenir, mais en vain. Tu avais quitté la base sans dire au revoir à personne, et pris un nouveau travail au Pentagone.

Daniel avait essayé de te joindre plusieurs fois, mais tu avais coupé ton portable et tu ne répondais plus à tes messages. Tu en étais bien incapable. La douleur et l’absence formaient  une petite boule glacée dans ton cœur, et cela avait pris toute la place. Tu vivais comme un automate, faisant ton travail, arrivant même à te passionner pour lui, mais tes nuits étaient longues, solitaires, douloureuses, pleine de regrets et de vide.

Tu t’étais éloignée de ton soleil, celui autour duquel tu gravitais, celui en qui tu prenais ta force, ta joie de vivre. Celui qui avait tout pouvoir sur toi, sans même le savoir. Celui qui était devenu le centre de ta vie, celui pour qui tu respirais, celui pour qui tu étais prête à mourir pour le sauver. Celui contre qui tu étais si en colère.

Pourquoi avait-il fait cela ? Il t’avait fait entrevoir durant un instant magique ce qu’aurait pu être votre vie à tous les deux : une autre vision de l’avenir, pas qu’un contact physique, mais beaucoup plus, une certitude, une plénitude.

 

Alors tes nuits n’étaient  plus que désert, solitude et  vide. Tu te demandais encore pourquoi et comment tu continuais à avancer un pas, puis un autre. Quelle force te poussait ? Quel vain espoir nourrissais-tu encore dans ton cœur ?

 

Puis il y avait eu ce coup de fil de Daniel. Tu t’étais relâchée et tu avais répondu sans trop y faire attention. Après c’était trop tard. Tu  avais écouté ses reproches, tu avais vaguement entendu que le SGC n’était plus pareil sans toi. Il avait même dit que LUI était mal depuis ton départ. Tu n’avais pas pu t’empêcher de ricaner. En l’écoutant les larmes coulaient sur tes joues, malgré toi au milieu des sarcasmes tu pleurais. Quel joie d’entendre parler de lui !  Mais jamais tu ne l’aurais avoué.

 

Trois mois avaient passé.

 

Maintenant tu le voyais, il était nonchalamment appuyé sur le capot de ta voiture. Il t’attendait. Il ne t’avait pas encore vue, et la tentation de fuir avait été très forte mais  tu étais restée plantée sur le trottoir, sans pouvoir faire un pas.

Il venait vers toi, maintenant,  tu étais paralysée, ne pouvant plus faire un geste, mais le corps et l’âme tendus vers lui, attendant qu’il se rapproche, lentement comme dans  un film au ralenti.

Il s’était arrêté,  tu l’avais regardé durement, comme pour lui demander ce qu’il faisait là. Une colère avait gonflé en toi, mais tu avais eu la force de la dominer.

         -Pardon avait-il dit.

Tu avais cru mal entendre !  le grand Jack O’Neill te demandait pardon, mais de quoi ? de t’avoir arraché le cœur ? Comment pardonner une telle chose ?  Ta souffrance était telle qu’elle t’avait aveuglée, tu n’avais pas fait un geste vers lui, tu avais attendu qu’il se rapproche encore un peu.  Mais ce que tu avais lu alors dans son regard t’avait bouleversée au plus profond de ton âme, plus besoin de mots, tu avais compris que sans toi lui aussi était mort. Tu l’avais senti en une fraction de seconde.

 

Tout avait changé à partir de là, ton soleil était revenu, mais ce serait différent, tu ne graviterais plus autour de lui comme avant sans jamais pouvoir l’atteindre, maintenant tu serais au cœur de ce soleil,  tu ne ferais qu’un avec lui, c’était une certitude  que l’éloignement vous avait appris à tous les deux.

 

Une nouvelle vie pouvait commencer.

 

FIN

 

 

 

 

Aurélia

Fic 48

 

 

 

Elle ne voulait pas mourir…

 

 

 

 

Elle ne voulait pas mourir, juste anesthésier sa douleur.

 

Elle s’était éloignée du campement. Il l’avait laissée partir. Ils s’étaient disputés,  et elle était en colère après lui,  elle le trouvait  borné parfois, et tellement têtu. Il ne comprenait  rien. Il avait ri avec ses amis, dit des stupidités.  Pourtant elle était habituée ! mais venant de sa part à lui, aujourd’hui elle l’avait mal pris !

 

Elle l’aimait en silence et depuis si longtemps que cela parfois confinait à la douleur !

Il avait osé rire, alors que son cœur était en miettes, en souffrance de ne pouvoir l’aimer qu’en secret. Un  cœur en stand by ça fait terriblement mal, parce qu’on  se sait plus où aller, tout est figé, il n’y a plus de passé, de présent ni  d’avenir.

 

Rien n’est possible, il le sait, c’est pour cela qu’il veut mettre une distance entre eux, la traiter comme une amie,  pour ne pas voir autre chose en elle.  Il ne veut pas se rapprocher d’elle, de peur de lui faire mal, de peur de se faire du mal. Elle en est consciente , mais c’est trop dur, c’est inhumain.

 

Elle s’éloigne et sent son regard sur sa nuque, non, elle se retournera pas. Elle ne cèdera pas.

 

 

Elle ne voulait pas mourir, juste anesthésier sa douleur.

 

 

Elle s’est   retrouvée   au bord de l’eau sans savoir comment. 

Elle avait enlevé ses chaussures pour sentir le contact des grains de sable sur sa peau. Les vagues lui avaient léché  les pieds. La mer l’appelait.

 

Elle avait fait un pas, puis un autre.

 

Le froid la faisait  frissonner. Elle avait maintenant de l’eau jusqu’aux genoux, puis à mi cuisses.

 

Personne n’avait l’air de se soucier d’elle. Ils se fichaient bien de ce qu’elle pouvait faire, elle les entendaient rire.

 Le vent se leva s’engouffrait dans ses cheveux. Elle offrit son visage à sa caresse et continua d’avancer. Maintenant l’ eau atteignait son  cou et elle commença à nager lentement. Ses vêtements l’alourdissaient, elle s’en débarrassa, et nagea vigoureusement,  légère  et nue comme une sirène. Elle avait tout oublié, ne pensant plus qu’au plaisir de laisser son corps flotter, débarrassé de toute pesanteur, et de toute douleur.

Elle perdit totalement la notion du temps, et dut s’assoupir un moment car elle se sentit s’enfoncer dans l’élément liquide, elle fit des efforts désespérés pour maintenir sa tête hors de l’eau. Elle n’y arriva pas et commença à sombrer, les membres engourdis, les bras si lourds, tellement lourds. La bouche pleine d’eau,  les poumons au bord de l’explosion, elle entendait vaguement dans le lointain des cris. Quelqu’un avait prononcé son nom ?  elle ne savait plus… et était sur le point de lâcher prise…

 

Mais elle ne voulait pas mourir ! Non, pas maintenant, c’était trop tôt, pas avant d’avoir vécu, pas avant d’être avec LUI. Elle voulait juste oublier un moment.

 

Il criait « Carter, » « Carter » , c’est alors qu’il vit un point dans le lointain qui s’enfonçait et refaisait surface tour à tour. Elle était en train de se noyer !

 

Il  arracha ses vêtements et se jeta à l’eau. Le contact de l’eau glacée le suffoqua un moment et son cœur fit un bond dans sa poitrine. Il ne la voyait plus.

Oh mon dieu, elle allait mourir !  comment survivre à cela ?

Il nagea de toutes ses forces et atteignit l’endroit où elle s’était enfoncée.

Il plongea, elle n’était plus loin, déjà emportée par le courant, puis il se butta contre un corps, c’était elle, elle ne bougeait plus,  il voulut l’attraper par ses vêtements et fut surpris de sentir contre sa main sa peau glacée.

 Lui-même fatiguait. Les courants étaient contraires,  sa respiration se faisait haletante, sifflante. Heureusement Teal’c les voyait maintenant, et vint à leur secours.

 

 

Elle ne voulait pas mourir, juste anesthésier sa douleur.

 

Sur la plage, elle reprenait conscience, elle suffoquait, crachait l’eau avalée, les poumons en feu. Il la frottait à faire rougir sa peau. Lui-même grelottait mais ne s’en souciait guère.

Il était paniqué, avait –elle voulu mourir ?  pour une petite dispute ?

 Non, il savait bien au fond de lui que c’était beaucoup plus grave que ça. L’angoisse lui serrait le cœur. Il avait failli la perdre ! Vivre sans elle, sans son regard sur lui, sans son sourire, ses remarques, ses explications, tout ce qui faisait qu’elle était différente des autres femmes. Tout cela il ne le pouvait pas. Il avait fallu ce plongeon dans l’océan pour qu’il en prenne conscience.

Daniel et Teal’c s’étaient éloignés, les laissant seuls sur un signe de Jack.

 

Ils étaient maintenant tous les deux devant le feu, il l’avait prise dans ses bras, elle tremblait toute, incapable de prononcer un mot. Il caressait ses cheveux avec douceur, prononçant son nom comme un leitmotiv.

Elle se laissait aller contre lui, sa tête contre sa poitrine écoutant les battements de son cœur résonner en elle. Elle était bien, le soleil se levait maintenant et éclairait la mer d’une lueur rosée.

 

 Ils étaient seuls au premier matin du monde.

 

-Dites  moi, demanda t-il un peu plus tard, vous n’avez pas voulu…

Elle fit non de la tête et se rapprochant encore elle lui offrit ses lèvres qu’il captura avec les siennes. Ils scellèrent leur amour de ce baiser très doux, sur cette plage au milieu de nulle part !

 

Non, elle  n ‘avait pas voulu mourir, juste anesthésier sa douleur.

 

Elle voulait vivre.  Surtout maintenant.

 

FIN