Aurélia
Fic
29
Disclaimer :
les personnages de stargate ne m’appartiennent pas.
Avertissement
de l’auteur :
La
fin de Lost City est émouvante. Qu’y aura-t-il
après ? On sait qu’O’Neill revient, mais comment sortira t-il de son
cercueil de glace ? Quelles seront
les étapes de son retour à la vie ? Nul ne le sait jusqu’à présent. C’est
pourquoi j’ai écrit cette histoire. Avant toute diffusion de la prochaine
saison, j’ai donc imaginé une suite à Lost City à ma
façon. C’est une fic courte, pas comme celles que je fais habituellement. Mais
ce que j’ai voulu dire finalement tient en peu de mots.
Résumé :
une suite à Lost City.
**
*
Elle
le regardait, des larmes plein les yeux. Elle toucha son visage.
-Jack !
Il
était déjà parti très loin de cette prison de glace qui allait se refermer sur
lui pour un temps infini.
La
mission était accomplie, il pouvait maintenant se reposer, il se sentait si
fatigué. Il laissa son cerveau
s’anéantir dans un brouillard fait de mots dont il comprenait le sens, mais qui
l’avait envahi peu à peu, lui faisant perdre la possibilité de parler sa langue
maternelle.
En une fraction de seconde il revécut ce qui
avait été toute une vie bien remplie de faits de guerre, de luttes, de
victoires mais aussi de défaites, de souffrances, cette vie si bien remplie
mais à la fois si vide d’affection et d’amour.
Il avait accompli le sacrifice final, il avait empêché
Daniel de se jeter dans la machine, il l’avait fait parce que c’était la seule
solution. Il n’avait pas le goût du martyr, mais il devait le faire, parce que
lui seul pouvait supporter suffisamment longtemps cet afflux de données dans
son esprit. Il avait conscience que probablement ce serait son dernier acte de
bravoure.
Durant
son dernier week-end, ses amis étaient venus le voir, il en avait été ému et il
l’avait caché comme d’habitude sous une carapace, et une légèreté qu’il était
loin d’éprouver.
Il entendit Sam l’appeler très loin, essayant
de le tirer, de le ramener vers la vie, mais il ne pouvait déjà plus répondre,
ses yeux étaient devenus aveugles, ses membres s’engourdissaient peu à peu, le
froid, ce froid si intense l’avait anesthésié, bientôt son cœur s’arrêterait.
Ils durent l’arracher au cercueil de glace, elle ne
voulait pas partir. Si elle avait été seule, elle serait restée avec lui, pour
toujours.
Ils
la soutenaient, avant d’arriver aux anneaux de transport elle se retourna une
dernière fois, elle ne le voyait plus tellement le chagrin emplissait son cœur.
C’est
peut-être à ce moment-là qu’elle réalisa
la place qu’il avait prise dans sa vie. Tout ce qu’elle avait connu
comme amour, Jonas, Joe, même Pete, tout avait
disparu, il ne restait plus que lui. Lui qui n’avait rien eu d’elle, que des
sourires, quelques trop rares moments en tête-à-tête, des instants de non dit,
de cœurs qui ne se livraient pas. Pourquoi n’avait-elle pas été plus
loin ? Que risquait-elle ? De
se faire rembarrer ? Et alors ?
Elle avait préféré rester dans le doute pour
entretenir l’espoir. Elle le regrettait maintenant, elle aurait eu des
souvenirs, de vrais souvenirs, au lieu de ce goût de cendres dans la bouche.
Les
anneaux les remontèrent dans le vaisseau où les attendait Brat’ac.
Quand il les vit revenir seuls, il s’approcha d’eux et dit seulement ces
mots :
-O’Neill était un grand guerrier.
Sam
ne vit rien du retour au SGC, elle était plongée dans un mutisme, dont rien ne
pouvait la tirer. Ses amis essayaient en vain de la dérider.
Dès le retour à, la base elle eut le
réflexe d’aller voir le général Hammond, mais il était parti. Il lui manquait
beaucoup. Il fallait se réhabituer à une autre personne
-Entrez !
-Je
ne vous dérange pas Madame ?
-Non,
pas du tout major, je voulais vous parler.
D’abord, qu’est-ce que je peux faire pour vous ?
-C’est
au sujet du colonel O’Neill…
Elle s’arrêta, hésitante…
-Tout
le monde dit qu’il est mort…
Elisabeth Weir la
regarda avec bonté :
-Major,
il faut vous faire une raison, perdre son supérieur direct avec qui on a
travaillé si longtemps, est très dur…
Elle la coupa :
-Vous
ne comprenez donc pas, nous étions liés, beaucoup plus que par un simple
sentiment de respect mutuel. C’était une amitié si profonde… En fait ce n’était
pas que de l’amitié…
Sa voix se brisa. Elle n’en pouvait plus.
-Oh,
excusez-moi, je ne savais pas, dit le docteur Weir.
-En
fait, il n’y a jamais rien eu entre nous, mais tout le monde le sait à la base,
nous n’avions pas le droit.
-Je
vous promets major, que le colonel aura des funérailles dignes de ce qu’il
était, il y a aura un hommage public,
nous lui devons tant, même s’il n’y a que très peu de personnes à le
savoir.
Sam secoua la tête, désespérée,
-Non,
il n’est pas mort, j’en suis sûre !
-Major,
personne ne peut survivre à ça, c’est impossible !
Sam
put lire dans le regard d’Elisabeth une sorte de pitié, elle en fut mortifiée.
-Je
ne suis pas folle madame, je suis sûre qu’une technologie extra terrestre peut
le sauver. Les Asguards …
-Major,
soyez réaliste, vous savez qu’on a essayé de contacter en vain les Asguards. Ils sont très affaiblis, je crains qu’ils ne nous
soient d’aucun secours.
-S’il
était plus près de nous…
-Comment
ça plus près ?
-On
pourrait le ramener à la base ?
-Et
le mettre au frigo ? Excusez-moi major ! Je vous parais peut-être
cruelle ! Mais je préfère ignorer ce que vous venez de dire. Et si vous
preniez quelques jours de repos ?
-Non,
merci, je préfère travailler, si vous me le permettez.
-Vous
êtes sûre ?
-Oui,
madame.
Sam alla directement dans son labo, elle ne
voulait voir personne, elle donna libre cours à son chagrin, pour la dernière
fois, elle se l’était promis. Le temps des larmes
était passé, plus jamais elle ne laisserait le chagrin l’abattre. Maintenant
était venu le temps de l’action, elle devait trouver comment le sauver. Elle se
fit une promesse, elle le sauverait.
Quand elle arriva au mess elle avait repris
des couleurs, forte de sa détermination.
Mais quand elle vit la place vide, sa
place, elle eut encore un instant de faiblesse. Elle savait qu’il y en aurait
d’autres, toute la base était remplie de sa présence. Il faudrait qu’elle se
blinde si elle voulait poursuivre sa tâche.
Elle sourit à ses amis. Eux aussi avaient
du chagrin mais ils avaient su respecter son silence. Elle leur en était
reconnaissante.
-Vous
avez faim Sam ? Dit Daniel, il y a de la gelée bleue, votre préférée
ajouta t-il.
Elle lui sourit
-Merci
Daniel, je vais en prendre.
Daniel la regarda tandis qu’elle allait se
servir, il la trouvait amaigrie, les joues creuses, mais elle semblait en
meilleure forme ce soir. Il le lui dit. Elle leur présenta des excuses :
-Je
n’ai pas été très sympa avec vous ces derniers jours, je m’en excuse.
-Non
Sam, vous ne nous devez aucune excuse. On a parfaitement compris.
-Il
me manque tellement dit-elle d’une voix tremblante.
-Il
nous manque aussi.
-Plusieurs
jours ont passé, et nous n’avons toujours aucune nouvelle des Asguards ! C’est étonnant commença t-elle !
Daniel la coupa tout de suite :
-Sam,
je crois qu’il faut vous faire une raison, il ne reviendra pas, il plongea son
regard dans le sien et fut étonné de la détermination qu’il y trouva.
-Et
bien voyez-vous Daniel je ne suis pas du tout d’accord avec vous. Je crois
qu’il faut chercher une solution par nous même. Mais ce n’est pas en restant
les bras croisés à se lamenter qu’on y arrivera.
-Vous
pensez à quoi major Carter ? Dit Teal’c calmement.
-Merci
Teal’c de votre soutien. Dit-elle en jetant un regard noir vers Daniel.
-D’accord,
dit celui-ci, en poussant un soupir, puisque vous ne changerez pas
d’avis ! A quoi pensez-vous ?
-Je
pense que nous devrions d’abord retourner en Antarctique. Nous avons peut-être
laissé des indices, on est parti si vite !
-Vous
croyez que le docteur Weir nous laissera y
aller ? Répondit Daniel. -Tout
dépend comment nous présentons la chose dit Teal’c, le docteur Weir ne peut pas refuser au major d’aller sur la tombe
d’O’Neill. Même si c’est une tombe un peu particulière.
Sam lui répondit par un sourire radieux.
-Mais
ajouta Daniel, il ne faut pas que ce soit Sam qui lui demande, je vais le
faire, ça passera mieux.
-Merci
Daniel.
Elisabeth Weir
donna son autorisation, elle comprenait les motivations des trois amis. Il y
avait beaucoup de monde à la base qui appréciait le colonel, tous avaient eu du
chagrin, en apprenant ce qui s’était passé. Chacun au fond de son cœur était
redevable à O’Neill. Sans lui tous seraient devenus des esclaves ou des hôtes.
Sam prépara son voyage très soigneusement.
Il y avait plusieurs problèmes qui n’étaient pas résolus. Comment retrouver
l’endroit exact, l’antarctique était immense, et la fissure qu’avaient creusé
les anneaux de transport était peut-être rebouchée. Il faudrait creuser dans la
glace pour se frayer un passage.
L’armée avait bien fait les choses, on
avait mis à leur disposition tous les moyens nécessaires. Un hélicoptère les
attendait à leur descente d’avion. Il serait plus maniable pour survoler la
zone des glaces.
Teal’c avait pris les commandes. Pour ce
pèlerinage ils voulaient être seuls. Jonas venu de Kelonia
s’était joint à eux. Il était loin le temps où il croyait que le colonel ne
l’appréciait pas. Il avait su se faire une place au sein de l’équipe. Et en
sauvant la Terre d’Anubis, O’Neill avait aussi sauvé Kelonia
des envahisseurs. Jonas estimait avoir une dette envers O’Neill. Il ferait
l’impossible pour le sauver avec ses amis.
C’est très ému qu’il embrassa Sam, et serra
la main de Teal’c et Daniel.
Ils approchaient de la zone, le temps était
clair, c’était l’été dans la région, et le froid moins vif. Sam surveillait
constamment les niveaux d’énergie, pour essayer de retrouver, la fissure. Ils
ne reconnaissaient rien, mais il est vrai qu’ils étaient arrivés en catastrophe
l’autre fois, et ce paysage changeait tout le temps avec les nombreuses
tempêtes de neige.
-J’ai
quelque chose hurla Sam, dans son micro. Elle montra un point près d’un
promontoire. Il y a de l’énergie. C’est là.
Teal’c
fit tourner l’hélicoptère autour de la zone. Il y avait bien une fissure mais
elle était en partie refermée. Il n’était peut-être pas trop tard.
Ils avançaient doucement, la marche sur la
neige n’était pas facile. La glace
pouvait dissimuler de nombreux pièges. Arrivés à l’endroit de la
fissure, ils prirent leur temps pour l’examiner. La source d’énergie était plus
forte maintenant qu’ils avaient rejoint le sol. C’était là.
Le cœur de Sam battait un peu plus
sourdement. Elle se rapprochait. Mais qu’espérait-elle donc ? Rien n’avait
changé, il s’éloignait toujours un peu plus, et pourtant elle portait en elle
comme une épine, une douleur lancinante qui ne la quittait jamais et un espoir fou qui ne voulait pas mourir.
Ils s‘encordèrent et descendirent dans la
faille creusée par l’énergie des anneaux. Elle avait changé cette fissure, elle
était en partie bouchée par la neige et la glace. Il fallait forer.
Pendant une journée ils creusèrent. A la
nuit tombée ils atteignirent le sol du dôme. Rien n’avait changé, le chemin
pour aller à la grande salle était le même.
Sam avançait de plus en plus lentement.
Elle avait très peur de voir se concrétiser sa douleur une fois de plus.
Arrivée devant le cercueil de verre, elle se sentit tomber. Elle cria :
-Oh
mon Dieu !
Ses amis accoururent à son cri :
-Que
se passe t-il Sam
-Regardez :
Par un mystérieux effet inconnu on aurait
dit que le corps de Jack était à l’air libre. Pourtant la glace était toujours
là, mais elle était devenue d’une telle transparence, d’une telle pureté,
qu’elle était pratiquement invisible. C’est comme si Jack était là assis parmi
eux. Son visage était reposé, ses rides qu’elle trouvait si attendrissantes
avaient disparu. Il paraissait plus jeune. Comme s’il pouvait l’entendre, Sam
lui parla.
Elle lui ouvrit son cœur comme elle
n’aurait jamais osé le faire avant. Elle lui avoua son amour, ce qu’elle
s’apprêtait à lui dire quand il l’avait coupée d’un brusque « je
sais ».
Ses amis s’étaient éloignés respectant son
intimité. Ces deux là avaient tellement de choses à se dire…
Jonas alla dans la grotte où se trouvait le
fauteuil que Jack avait actionné.
-Et
si on l’emportait pour l’étudier ? Dit-il à Daniel.
-C’est
peut-être dangereux pour Jack, on ne sait pas ce qui a fait fonctionner la
gangue de glace qui le retient. Il vaut mieux le laisser là.
Daniel prit de nombreuses photos de
l’ensemble de la grotte. Il y avait des symboles écrits sous le dôme. Il photographia également le cercueil de
glace, il y avait aussi des instructions écrites sur le côté. Peut-être
pourrait-il en faire les traductions avec Jonas et Teal’c ?
Ils repartirent sans un mot, écrasés
par le silence et la majesté des lieux.
-Quel
dommage Daniel Jackson que vous ne vous souveniez pas de votre ascension. Vous
auriez pu trouver la solution. Il y a peut-être dans ces lieux le pourquoi et
le comment de tout cela, dit Jonas avec du regret dans la voix.
Sam était silencieuse sur le chemin du
retour. Une angoisse la taraudait.
-Nous
connaissons ce lieu, Anubis le connaissait aussi, et si d’autres Goa’ulds le découvraient ?
-Vous
avez raison Sam, on ne peut pas le laisser comme ça. Mais comment le
protéger ?
-C’est
simple il faut trouver le moyen de le ramener.
-Dès
qu’on sera retourné vers la civilisation, à Scott Base, nous prendrons contact
avec le géné…avec le docteur Weir,
dit Daniel.
-Mais
je ne vois pas comment on pourra faire, il faudrait une unité de
cryogénisation.
Le silence retomba et chacun se plongea
dans ses réflexions. Ils avaient plusieurs obstacles à surmonter. Même si le
docteur Weir était d’accord. Il faudrait trouver
cette unité de cryogénisation, y transporter le corps de Jack.
Le ramener à la base.
Ils étaient tous les quatre dans le bureau
du docteur Weir. Le récit qu’ils lui firent la
toucha.
-On
ne peut pas le laisser là-bas, Sam a raison dit Daniel. Si un goa’uld
s’emparait de lui, il pourrait acquérir les connaissances des anciens. Tout ce
que nous avons voulu éviter avec Anubis serait à recommencer. Et là on serait
sûr de perdre.
-Le
colonel ne trahirait jamais dit Teal’c, avec assurance ;
Jonas tiqua
-De
son plein gré oui, bien sûr, mais rappelez-vous ce qu’Anubis m’a implanté dans
le cerveau ? Et puis comment sera le colonel à son réveil ? Sam a
raison, il ne faut qu’en aucun cas le colonel O’Neill tombe entre les mains des
Goa’ulds. Ils pourraient aussi tout simplement le
tuer.
Sam jeta un regard de gratitude à Jonas, il
venait de marquer un point important. Elle se sentait beaucoup mieux, tout le
monde maintenant pensait qu’O’Neill était vivant.
Elisabeth Weir
s’était rendu à leur plan dès le début. Il y avait en effet un grand danger.
S’il ne s’était seulement agi d’une question sentimentale comme elle l’avait cru
il y a quelques jours, le problème aurait été différent. Mais là il y avait
urgence.
-Comment
comptez vous procéder ? Dit-elle après un long silence.
-Nous
avons votre feu vert ?
-Oui
major, elle sourit devant la lueur qui reprenait vie dans le regard de Sam.
-Est-ce
que j’ai carte blanche madame ?
-Oui,
vous l’avez major.
-Je
peux faire appel aux spécialistes dont
nous avons besoin ?
-Tout
à fait.
-Merci
beaucoup, madame.
Et comme ses amis ne bougeaient pas
-Allez
oust au travail ! On a du pain sur la planche, dit-elle en riant.
Le plus difficile fut de trouver l’appareil
de cryogénisation. Il fallait obtenir des autorisations, sans bien sûr parler
du but final de l’opération. C’était tout à fait confidentiel.
L’armée fut mise à contribution et on finit
par trouver.
Quinze jours plus tard nos quatre amis et
une équipe de techniciens se retrouvèrent dans le couloir de glace. C’est avec
émotion qu’ils découvrirent O’Neill, on leur avait raconté, mais le voir était
autre chose. Il paraissait si fragile, ils avaient peur de lui faire du mal, de
rompre ce rempart de cristal qui l’enveloppait.
Quelques jours plus tard ils étaient de
retour à la base. La salle de cryogénisation ressemblait à celle qu’ils avaient
expérimentée sur le vaisseau Goa’uld quand ils étaient prisonniers d’ Hathor.
O’Neill pouvait y reposer en paix.
Le reste du matériel de la salle des
anciens pouvait être rapporté sans danger.
Tout était à l’abri maintenant au fond
de la Cheyenne Mountain, protégée par
l’iris infranchissable de sa porte des étoiles.
Dans les semaines qui suivirent ils
passèrent des journées entières sur les symboles trouvés dans la grotte.
C’était une langue difficile et ils avaient peur de faire des erreurs, ils
avançaient doucement.
Les missions continuaient mais Elisabeth Weir ne les accablait pas de travail, elle savait quel
était l’enjeu de la mission dont ils s’étaient chargés eux-mêmes :
récupérer le savoir des anciens.
Sam travaillait d’arrache pied elle ne
s’accordait que peu de repos. A sa fatigue venait s’ajouter la douleur de ne
plus trouver Janet à l’infirmerie. Cela lui rappelait l’époque où elle
cherchait désespérément comment sauver le colonel coincé sur Edora. Janet lui avait été d’un grand secours moral. Elles
se voyaient beaucoup, faisaient le point ensemble. Elle lui manquait
cruellement en cet instant.
Ils
se retrouvaient tous dans la salle du niveau 35, au plus profond de la base, là
où personne n’allait jamais, avant.
Maintenant
il y avait une surveillance constante, des techniciens, puis SG1 qui y
descendait régulièrement. Ils avaient pris l’habitude de s’y retrouver, Ils y
faisaient leur briefing quotidien entre eux. Jonas avait obtenu l’autorisation
de son gouvernement pour rester sur Terre
aider ses amis.
Cela
faisait trois mois qu’ils travaillaient à ces traductions ils avançaient un
peu, mais dès qu’ils découvraient quelque chose, la solution semblait reculer
au fur et à mesure de leur avancement. Ils étaient découragés, la technique des
anciens était tellement complexe qu’il
leur était pratiquement impossible de la saisir.
Dans
le petit bureau ils étaient assis là, en silence, des papiers étalés devant eux
avec tous ces symboles mystérieux.
-Et maintenant que fait-on ? Dit
Jonas, il est évident que tous ces trucs dit-il en montrant les photos étalées
sur la table, c’est beaucoup trop fort pour nos petites cervelles.
-Nous sommes un peu moins pressés
maintenant, il ne risque plus rien dit Daniel en montrant l’autre salle.
-Sam ? Ça va ? Dit Jonas.
La
jeune femme en effet avait posé sa tête sur son bras replié, et elle ne
bougeait pas.
-Chut dit Daniel, elle est épuisée,
elle s’est endormie.
Daniel
commençait à ranger les feuilles étalées sur la table, ils s’apprêtaient à
remonter. Sam s’était levée et comme à chaque fois elle allait près du bassin,
quelques instants.
-Vous venez, Sam, dit Daniel et il
s’approcha de la jeune femme, au même instant un rayon de téléportation
les prit dans son faisceau, et ils disparurent.
Jonas
aussitôt déclencha les alarmes et cria dans l’interphone :
-Disparition au niveau 35, le major,
Daniel et … je ne sais pas pour le colonel.
Cela fut vérifié tout de suite, le colonel avait aussi
disparu.
-Les Asguards
dit Jonas plein d’espoir en se tournant vers Teal’c
-Je l’espère Jonas Quinn
dit celui-ci avec un sourire.
Ils
faisaient très sombre sur le vaisseau. Ils se regardaient fous d’un espoir
insensé
-Les Asguards ?
-Oui dit Sam, j’ai reconnu leur rayon.
-Où est Jack ? S’inquiéta Daniel.
Il
n’était pas avec eux…
Une
porte s’ouvrit avec un chuintement
Une
petite forme grise apparut mais ce n’était pas Thor.
-Je suis Odin, major Carter, docteur
Jackson, dit-il en s’inclinant.
-Où est le colonel dirent-ils d’une
même voix.
-Soyez patients on s’occupe de lui.
-Il y a un problème ? Demanda Sam
sur le qui vive.
-En effet
cela ne se passe pas comme la première fois, quand le colonel avait reçu le
savoir des anciens. Venez.
Le
cœur battant d’une angoisse sourde ils suivirent Odin. Le trajet leur parut
infini entre les deux salles du vaisseau. Odin marchait tout doucement et ils
durent prendre sur eux-mêmes pour ne pas le bousculer.
Il
était allongé sur une sorte de table, il l’avait dévêtu et son corps était
couvert de ce qui ressemblait à des
électrodes.
-Il est vivant ? Demanda Daniel.
-A peine, nous avons du mal à le
réchauffer.
Sam
lui prit la main, elle était souple, mais glacée. Elle la garda entre les
siennes pour la réchauffer.
-Vous nous cachez quelque chose ?
Où est Thor ? Pourquoi est-il si immobile ? La voix de Sam montait
dans les aigus, elle avait du mal à se contrôler. Daniel posa une main
apaisante sur son bras.
-Prenez patience Sam, faites confiance
à Odin. Et se tournant vers celui-ci : que se passe t-il ?
Odin répondit par une autre question :
-Est-ce que le colonel O’Neill est
resté plus longtemps que la première fois dans la machine ?
-Vous parlez de la machine qui lui a
mis la connaissance des Anciens dans le cerveau ?
-Oui
-Il me semble que c’était à peu près
pareil, mais ça m’a paru très long dit Sam. Pourquoi cette question ?
-Parce qu’il me semble que le cerveau
du colonel O’Neill est beaucoup plus imprégné que la première fois. Je n’arrive
pas à retirer toutes les connaissances qu’il a accumulées.
Odin
tournait, allait et venait dans la salle du vaisseau, prenant des pierres, en
enlevant, en prenant d’autres, il avait
l’air d’hésiter.
-J’espère que vous savez ce que vous
faites, dit Daniel.
-Tout à fait mais je suis très
affaibli, notre race est en train de s’éteindre. Je n’ai plus la force…
-Mais le colonel ? Vous pouvez
vous en occuper ? Le guérir.
-Je ne peux rien faire de plus. Mais
prenez patience.
-Mais que va-t-il devenir ?
-Je vais vous renvoyer dans votre base.
-Mais… hurla Sam comme le rayon de téléportation les
prenait dans son faisceau.
Le
décor gris de l’infirmerie les entourait.
Après
le premier instant de surprise passé, les alarmes se déclenchèrent. Le médecin
de garde appela aussitôt Elisabeth Weir.
Dans
la soirée O’Neill reprit conscience. Sam n’avait pas quitté son chevet. Comme
il ouvrit les yeux elle murmura :
-Mon colonel ! Vous êtes revenu chez vous. Vous comprenez ce
que je vous dis ?
Il fit oui de la tête. Au même moment Daniel
arriva près du lit de Jack.
-Alors Jack, on se fait encore
remarquer ?
Il
sourit mais ne parlait toujours pas.
Alors
Daniel lui posa la même question qu’il lui avait posée des années auparavant
-Vous avez toujours la connaissance des
anciens ?
-Un peu dit O’Neill.
Tout
le monde était ravi d’entendre le son de sa voix, qui plus est dans sa langue
maternelle.
Il
parlait de plus en plus, employait de temps à autres des mots du langage
ancien, mais il comprenait parfaitement tout ce qu’on lui disait, cependant il
avait un air grave et n’avait pas encore retrouvé son légendaire sens de
l’humour.
Jonas
était venu le voir avant de repartir sur sa planète. Il l’avait remercié de son
aide. Ce à quoi Jonas avait répondu assez froidement, qu’il n’en avait pas fait
beaucoup mais qu’il y avait une autre personne qu’il valait mieux remercier et
que cette personne était Sam.
O’Neill
avait pris un air étonné :
-Ah ! Avait-il simplement dit,
-Vous le savez très bien avait répliqué
Jonas., et il était parti sur un dernier signe de la main.
-Contente de vous retrouver parmi nous
colonel O’Neill ! Comment vous sentez-vous ? Dit Elisabeth Weir en rentrant dans l’infirmerie.
-Bien madame, merci.
-Avez-vous retrouvé toutes vos
facultés ? Demanda t-elle un peu
abruptement.
-Oui répondit-il en souriant, le
docteur m’autorise à rentrer chez moi.
-Très bien, reposez-vous bien. J’espère
vous revoir très bientôt parmi nous.
Elle
sortit aussi vite qu’elle était entrée, elle se sentait un peu gênée. Elle
n’arrivait pas à assimiler ce qu’avait fait le colonel. Tout était encore trop
nouveau pour elle. En quelques semaines elle avait eu tellement de choses à
comprendre, elle était saturée, et n’avait pas le recul nécessaire.
Le
colonel se battait contre les Goa’ulds depuis des
années. Il était habitué si on peut dire. Elisabeth espérait n’avoir pas été
trop sèche. Dire qu’elle ne l’avait même pas remercié. Mais les mots auraient
été si plats ! Si creux ! Il n’y avait rien à dire qu’à s’incliner
chapeau bas.
Daniel
vint chercher O’Neill pour le ramener chez lui. En le voyant O’Neill sourit :
-C’est vous qui me ramenez ! Je
suis inquiet !
-Pourquoi, je conduis bien ! Dit
Daniel.
-La dernière fois que je suis monté
avec vous, vous n’aviez pas embouti la voiture de devant ?
-Vous vous souvenez de ça !
-Bien sûr, pourquoi ne m’en souviendrai-je
pas ?
Ils roulèrent en silence :
-Je voulais vous poser une question
Jack ? Qu’est-ce qui vous reste du
savoir des Anciens.
-Pas mal de choses, en fait, mais je
sens que ça s’efface doucement.
-C’est dommage !
-Pourquoi ?
-Parce que l’on aurait pu avancer dans
la connaissance de cette race, surtout maintenant que vous parlez à nouveau
normalement ! Je pense qu’on aurait pu trouver le moyen de vaincre
définitivement les Goa’ulds.
Ils
arrivaient devant chez Jack, Sam et Teal’c les attendaient. Sam avait nettoyé
la maison, et préparé le repas.
Ils
se retrouvèrent dans le salon, aux mêmes places que quelques mois auparavant
quand ils avaient été voir Jack les uns après les autres.
Ce
fut Daniel qui mit les pieds dans le plat :
-Ca ne vous rappelle rien ça ?
-En tout cas Daniel, ne prenez pas de bière,
ça ne vous réussit pas du tout dit O’Neill. L’atmosphère un peu guindée se
détendit aussitôt.
Daniel
voulait en savoir plus ce qui s’était passé et il voyait que Sam aussi le
souhaitait mais n’osait aborder de front le colonel, celui-ci prenait parfois
un air terriblement intimidant.
-Non, Jack, je ne boirai que de l’eau
toute la soirée, promis. Dites-moi, vous vous souvenez de quoi ?
-Je n’ai pas trop envie d’en parler,
répondit celui-ci.
-Je vous en prie dites-nous ?
Il
jeta un coup d’œil vers Sam et vit les yeux suppliants de celle-ci.
Il soupira :
-Bon je vois que vous n’allez pas me
lâcher ! Qu’est-ce que vous voulez savoir ?
-Vous souvenez-vous de quelque chose
quand vous aviez la connaissance des anciens.
-Oui, je me souviens de tout, sauf vers
la fin, j’ai un peu perdu connaissance après avoir fait fonctionner l’arme.
Après ? Je ne sais pas.
-Vous-vous rappelez être aller dans
cette machine, vous avez dit « dormata »
-Oui, je savais que c’était la seule
solution pour survivre, mais ne m’en demandez pas plus.
-Vous savez que c’était moins
une ?
-Quoi !
-Si Sam n’avait pas fait des pieds et
des mains pour vous ramener à la base,
vous seriez mort.
-Ramené à la base ? Dans un
frigo ?
-Oui, c’est elle qui en eu l’idée, elle
avait pensé à juste raison, que si Anubis avait trouvé la cache de
l’antarctique, d’autres Goa’uld pouvaient la trouver aussi.
-Et ?
-Et bien nous avons su quelques jours
après être de retour, qu’un vaisseau Goa’uld était apparu au-dessus de
l’antarctique et avait détruit cet avant-poste des anciens. Son vaisseau a été
reconnu, mais il n’a pas pu être intercepté. Mais on a su de qui il s’agissait.
-De qui ?
-C’était Baal.
O’Neill fit la grimace.
-Il est toujours vivant celui-là !
Après
un long silence, Daniel fit un signe à Teal’c, ils se levèrent ensemble
-Bon on va y aller,
En
disant ces mots il fusilla Sam du regard, car celle-ci était déjà debout, prête
à partir. Elle se rassit.
-On connaît le chemin, Jack, ne bougez
pas.
Teal’c
et Daniel sortirent discrètement. Ils pensaient qu’ils avaient beaucoup de
choses à dire, qu’il valait mieux les laisser seuls.
Sam
se leva et alla sur la terrasse, elle s’assit sur le banc. Elle hésitait à lui
donner la lettre qu’elle avait préparée. Elle était au fond de sa poche et
pesait comme une pierre. Il était resté dans le salon. Elle ne savait plus quoi
faire, il était différent, tellement différent ! Mais comment aurait–il pu
en être autrement. On ne vit pas une telle expérience sans changer. Elle ne
savait plus rien de lui, et le reconnaissait à peine. Elle sortit la lettre de
sa poche.
Elle
l’ouvrit et voulut la déchirer quand elle fut arrachée de ses mains. Elle
paniqua, c’était lui bien sûr, il la regardait d’un air interrogatif
-Qu’est-ce que vous lisez et qui vous
fait pleurer, major ?
Le
major était de trop.
-Donnez-moi ça, s’il vous plait, et
elle tendit la main pour saisir la lettre, mais il l’éloigna d’elle.
-Mon
colonel, je vous en prie !
-Si ça vous fait pleurer ce n’est pas
la peine que je vous la rende.
Il
n’avait pas l’air d’avoir compris. Il pensait sans doute qu’elle avait reçu de
mauvaises nouvelles. Prise d’un doute,
elle ne voulut pas le détromper.
Puis elle se rappela son attitude et ses
regrets dans la caverne, quand elle croyait qu’il était perdu. La souffrance
qui l’avait envahie à cet instant. Elle
décida de se jeter à l’eau, tant pis s’il la rejetait. Il pouvait parfois être
très dur. Mais il fallait qu’elle sache.
-C’est pour vous la lettre, mon
colonel. Elle se leva et voulut rentrer dans la maison. Une main sur son bras
l’arrêta.
-Restez un peu. Dit-il seulement. Je
dois la lire maintenant ? Ajouta t-il.
Elle
fit oui de la tête.
Elle
ne pouvait rien lire dans son regard, mais elle vit que sa main tremblait
légèrement quand il déplia la feuille.
Mon colonel, Jack,
Il
lui jeta un coup d’œil, elle paraissait perdue dans un rêve. Il poursuivit sa
lecture.
Quand je vous ai vu dans
votre cercueil de glace, j’ai ressenti un grand vide en moi, quelque chose
s’est cassé, j’ai éprouvé le sentiment d’une perte
irréparable. C’était comme une déchirure de tout mon être. Je savais, depuis
que vous avez volontairement mis la tête dans le dispositif des anciens, que
cela allait arriver. Mais jusqu’à la dernière minute j’ai voulu y croire.
J’attendais le rayon asguard, mais il ne vint pas, et
vous le saviez puisque vous nous avez fait comprendre où il faudrait vous
conduire quand tout serait fini. Ce que je voulais vous faire partager ce sont
les sentiments que j’ai éprouvés, que j’éprouve pour vous depuis sept ans que
je vous connais.
Il
tourna la tête vers elle, leurs regards s’accrochèrent, elle détourna les yeux,
incapable de soutenir son regard, il lui semblait que son cœur allait exploser.
Il y a plein de choses qui
nous rapprochent et encore plus qui nous éloignent. Ces mots que je vous écris,
vous ne vouliez pas les entendre, mais
je vous les ai dits quand même, quand nous sommes retournés dans l’antarctique.
Je vous ai parlé, vous étiez devant moi, absent, mais si présent en même temps,
mais je sais que vous ne m’avez pas entendu. C’est pourquoi, les mots que je
vous écris maintenant, c’est pour vous ouvrir mon cœur.
Je t’aime Jack O’Neill, à en mourir…
Il
replia lentement le papier, et se penchant vers elle, il essuya de ses doigts
les larmes qui coulaient de ses yeux.
-Je sais tout cela Sam… depuis
longtemps.
Elle
sentit une chaleur dans ses mains, quelque chose de doux et de merveilleux qui
s’insinuait en elle et se répandait dans toutes les parcelles de son âme. Il
possède toujours le pouvoir des anciens songea t-elle, pendant une fraction de
seconde.
Il
la prit dans ses bras et la berça doucement. Elle nicha sa tête dans le creux
de son épaule, et quand ses lèvres cherchèrent les siennes elle se sentit
emplie d’une joie qu’elle n’avait pas éprouvée depuis longtemps.
Elle
ne savait pas ce que l’avenir leur réservait, ils menaient une vie tellement
dangereuse, tout pouvait basculer en un instant.
Ils
regardaient la nuit tomber sur le jardin, ils se serraient l’un contre l’autre
en silence. Ils se parlaient avec leurs yeux, leurs cœurs… Le temps des mots
était passé…
Elle
aurait voulu retenir le temps au creux de sa main, mais il passerait
inexorablement, elle sut à cet instant que le bonheur était là, si près d’elle
et à la fois si loin. Elle décida de se poser, de tout laisser : ses
doutes, ses craintes, ses angoisses, ses souffrances et de savourer avec lui
cet instant d’éternité.