AURELIA
Fic 6
Episode : aucun
Saison : Après la saison 6 avec Daniel et Jonas.
Genre : Drame, aventure
Résumé : Que va –t-il arriver à Sam prise dans
un tourbillon de lumière ?
CHAOS INTERIEUR
Planète P7X568
La planète n’était pas très différente de beaucoup de
mondes déjà visités. Sitôt la porte franchie ils avaient été pris dans un vent
de sable tourbillonnant et brûlant, qui les empêchait de voir au delà de trois mètres.
-Saleté
de climat râla O’Neill, c’est toujours ou trop chaud ou trop froid
Subitement la tempête
s’arrêta, et l’on put découvrir un paysage somptueux. La porte était posée en
haut d’une colline pas très haute
mais très escarpée dont le sommet était
curieusement plat. Devant eux à perte de vue s’étalait un désert de sable rouge
entrecoupé ça et là de quelques rochers pointus.
-Quelle
idée de construire une porte sur une telle hauteur ? demanda Sam
-D’après
les études que j’ai pu réaliser sur cette planète, la porte était totalement
interdite à la population et seuls les Dieux avaient le droit de l’utiliser.
C’est sans doute pour cela qu’elle est dans un endroit si peu accessible, et..
Naturellement Daniel ne
pouvait s’empêcher de se lancer dans de longues explications que les trois amis
n’écoutaient même pas.
-Enfin
vous pourriez quand même m’écouter ! Daniel ne comprenait pas et cela
n’était pas dans les habitudes de ses amis, que se passe –t-il ?
Un phénomène étrange se produisit, une ombre
envahissait les lieux alors que le soleil était toujours aussi radieux.
-Je
crois que nous allons avoir de la visite dit Sam.
Au même moment une
intense lumière jaillit devant eux, ils reculèrent d’un pas, mais ce ne fut pas
suffisant pour Sam qui se retrouva prise dans l’étrange lueur blanche, ses yeux
se remplirent d’effroi, et elle porta ses mains à son front comme en proie à
une immense souffrance, puis elle tomba sur le sol inanimée. La lumière
disparut aussitôt. Cette scène n’avait pas duré deux secondes.
O’Neill prenant Sam dans
ses bras :
-Vite Daniel le
code ! Nous rentrons !
Ils basculèrent dans
l’anneau magique et le hurlement des sirènes de la base les accueillit.
-Un
médecin tout de suite, elle est mourante. La voix de O’Neill s’étouffa sur ces
derniers mots, il n’arrivait pas à réaliser qu’il venait de se passer un drame.
Daniel lui mit une main
sur l’épaule :
-Venez
Jack, elle est entre de bonnes mains.
Sam fut tout de suite
prise en main par le personnel médical très compétent de la base. Après avoir
fait 2 arrêts cardiaques son état paraissait se stabiliser, mais elle n’avait
toujours pas repris connaissance.
O’Neill ne décolérait pas, il s’en voulait
terriblement de ce qui s’était passé. J’aurai du le prévoir pensait-il. La
retirer tout de suite de cette lumière avant qu’elle ne s’écroule. Pourquoi
ai-je manqué à ce point de réflexes ?
Il allait et venait de
l’infirmerie à ses quartiers. Janet énervée par les cents pas qu’il faisait au
pied du lit de Sam l’avait mis à la porte de l’infirmerie.
-Vous
savez colonel, elle a besoin de repos, il n’y a rien à faire qu’à attendre, et
disant ces mots elle le poussa doucement vers la sortie.
-Vous
me direz…
-Oui,
l’interrompit-elle s’il arrive quoique ce soit je vous appelle aussitôt.
La visite médicale
approfondie qu’avaient passée Teal’c, Daniel et Jack n’avait rien révélé. Ils
n’avaient pas été touchés par la lumière, mais ils auraient pu être exposés à
des radiations. Cela n’avait pas été le cas.
Janet fit passer à Sam
un scanner et un IRM cérébral qui pour le moment ne montraient rien d’anormal,
mais Jack lui ayant dit que Sam s’était tenue les tempes avant de tomber elle
restait vigilante.
Elle avait la sensation de plonger, les bruits lui arrivaient
de très loin comme étouffés, tous ses sens étaient en éveil, cependant ses
paupières étaient de plomb et elle n’arrivait pas à les ouvrir. Elle flottait
dans un bruissement perpétuel dont elle ne pouvait reconnaître aucun son. Ce
vacarme était si fort qu’elle s’enfonça avec délice dans la blancheur ouatée et
silencieuse de son coma.
L ‘ambiance était
tendue. Chacun était plongé dans ses
pensées, et O’Neill le regard vague faisait un mauvais sort à un trombone égaré
sur la table.
Après avoir regardé
longuement les participants à cette réunion, Daniel, Teal’c, O’ Neill, et
Janet, le général Hammond prit la parole.
-Avant
de revenir sur les évènements de la matinée, Docteur Frazier, donnez-nous tout
d’abord des nouvelles du major.
-Pour vous dire la vérité je suis très inquiète mon
Général, elle jeta un bref coup d’œil à O’Neill qui ne réagit pas.
-Ses
constantes sont stables, on a l’impression que
par moment elle va se réveiller, mais
elle replonge aussitôt dans l’inconscience.
Je viens de lui faire un
autre IRM, et j’ai pu constater une activité anormale de d’une partie de son
cerveau. Un peu comme une hyperactivité.
Comment expliquez-vous
cela docteur ?
-Pour
le moment je ne me l’explique pas mais cette activité correspond à au centre de
l’audition, de la vision et de la
compréhension du langage parlé. Comme si elle recevait constamment des stimulis qui
mettraient son cerveau en surcharge.
Je crois que cela l’empêche de se réveiller. Mais il faut que je fasse
des analyses complémentaires.
Le général se contenta
d’hocher la tête.
-Si
vous me le permettez mon Général, j’aimerais bien retourner près de ma patiente
dit Janet en se levant.
-Permission
accordée Docteur Frazier.
Le silence pesait de
tout son poids, les protagonistes de cette scène ne semblaient pas réagir,
tellement cela était dur à entendre.
-Elle
est fichue dit O’Neill et c’est de ma faute, entièrement de ma faute..
-Colonel
dit sévèrement le général, à quoi bon vous mettre martel en tête cela n’aidera
en rien le major. Maintenant si vous me racontiez ce qui s’est passé.
Daniel le moins touché
des quatre, où celui qui était capable de se reprendre le plus vite expliqua
sobrement les évènements très rapides sont Sam avait été la victime.
-Général,
je demande l’autorisation de retourner sur la planète pour nous livrer à de
nouvelles investigations. O’Neill conclut l’exposé de Daniel par ces mots.
-Il
n’en est pas question, tant que nous n’en saurons pas davantage, inutile que
vous alliez vous exposer inutilement au danger. Cette chose ou cette lumière
pourrait causer d’autres dégâts.
Dans sa tête tourbillonnaient des mots, des mots dont
elle n’avait aucune idée du sens, des termes médicaux que Janet devait
employer. Pourtant Janet au pied de son lit ne disait rien, elle ouvrit les
yeux lentement et dans un brouillard elle vit le visage de son amie penché sur
elle, ses lèvres ne bougeaient pas et pourtant les mots étaient là. Ces mots
explosaient dans son crâne, c’était insupportable, comme un tourbillon sans
fin, et puis des émotions aussi, une foule d’émotions qui la paralysaient,
angoisse, terreur, sentiment de perte, souffrance. Tout cela dans un maelström
multicolore et sonore insupportable. Elle voulait que cela s’arrête, la douleur
dans sa tête était infinie. Son cœur rata un battement, puis deux, et à nouveau
le gouffre noir.
-On
la perd, hurla Janet. Vite le chariot de
réanimation, et prenant les palettes,
-Chargez
à deux cents,
Le corps de Sam se souleva, le courant
électrique fit repartir son cœur qui peu à peu retrouva un rythme normal.
Quelques jours plus tard,
Sam se réveilla, mais aussitôt elle porta ses mains à ses tempes en
hurlant :
-Taisez-vous,
que ça s’arrête, pitié…
Janet aussitôt lui fit un
calmant et elle s’endormit.
-Mais
enfin qu’est ce qu’elle a, à chaque réveil c’est la même chose. Daniel était
très inquiet en prononçant ces mots.
Elle s’éveillait de plus en plus souvent, mais le chaos
était toujours là dans son crane. Dès qu’une personne
s’approchait d’elle les images, les mots revenaient lancinants comme un récit totalement décousu, une
histoire qui n’était pas la sienne, plusieurs histoires qui s’entrecoupaient
dans un méli-mélo incompréhensible et déstabilisant. Les visites l’épuisaient,
elle ne pouvait pas supporter son amie Janet qui apportait avec elle un flot
d’images de souffrance et de mort qui la terrorisait. De temps en temps elle
replongeait dans une torpeur qu’elle aurait voulu ne jamais quitter.
Les médecins à son chevet
ne comprenaient pas. Quand il y avait plusieurs personnes dans sa chambre elle
se mettait à hurler, et elle se calmait
quand elle était seule.
Un jour Janet fit sortir
les infirmières qui travaillaient près de son lit. Sam s’apaisa aussitôt. C’était incompréhensible.
Au général Hammond qui
prenait plusieurs fois par jour des nouvelles de Sam, Janet expliqua.
Voyez-vous
mon général, il semblerait que le major ne supporte plus personne, elle se met
à crier s’il y a plus de deux personnes autour d’elle. Pourtant nous sommes ses
amis. Nous ne lui voulons que du bien. Elle semble prise d’une sorte de phobie.
-Vous
pensez à une maladie mentale ?
-Je
ne sais pas mon général, je n’ai pu faire encore aucun diagnostic, tout ce que
je sais c’est qu’elle est très calme quand elle est seule. Je peux l’observer
de loin à travers la vitre.
Un nouvel IRM montra que
le cerveau de Sam fonctionnait à plus de
30 % de sa capacité ce qui était énorme.
Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait, elle écrasa
une larme d’un doigt rageur. Quand elle était seule elle se sentait bien.
Penser à ses amis la réconfortait, elle les savait très proches d’elle, et même
si leur présence lui était devenue insupportable elle savait qu’elle pouvait
compter sur eux, qu’ils ne l’abandonneraient jamais.
Les semaines passaient sans apporter beaucoup d’amélioration. Janet avait
fini par interdire toute visite. Elle même et le personnel ne pénétrait dans la
chambre qu’une personne à la fois, et le moins longtemps possible. A chaque
fois c’était une véritable torture pour Sam, la douleur dans sa tête ne
faiblissait pas.
Salle de briefing
-Ce
n’est plus possible dit Janet à la réunion qui avait lieu chaque matin, il faut
pourtant que je lui parle pour pouvoir la soigner.
Ce fut Teal’c qui trouva
la solution :
-Et
si vous utilisiez un téléphone Docteur Frazier ?
Le visage de Janet
s’éclaira :
-Mais
oui, je pourrais lui parler à distance sans que ma présence auprès d’elle la
fasse souffrir.
-Il
y a mieux encore Docteur Frazier, dit Jonas on pourrait utiliser les
téléviseurs internes de la base. Vous pourriez communiquer avec elle depuis
votre bureau et le dialogue serait plus facile.
O’ Neill se leva si
rapidement qu’il envoya valdinguer son
fauteuil jusqu’au mur du fond.
-Enfin,
on va pouvoir faire quelque chose !
Infirmerie
Pour ne pas fatiguer Sam,
Janet lui fit une injection calmante qui la fit plonger dans un sommeil sans
rêve. Pendant ce temps les techniciens s’affairaient autour de son lit
pour installer le matériel. Une heure plus tard tout était prêt.
Elle s’éveilla lentement. Autour d’elle le ronronnement
des monitors rompait le silence. Sur
l’écran elle vit le visage de Janet. Elle ferma immédiatement les yeux, mais le
vacarme ne revint pas. Elle adressa un pauvre sourire à la caméra.
-Bonjour
Sam, dit Janet, comment allez vous ce matin ?
Elle n’en dit pas plus de
peur de déclencher on ne sait quelle réaction catastrophique.
-Oh
Janet ! C’est si bon de vous parler, de vous voir sans cette horrible
douleur.
Sam éclata en sanglots.
Janet aurait bien voulu
la prendre dans ses bras pour soulager sa peine. Ce serait pour plus tard.
-Sam,
écoutez moi, c’est très important, avez-vous une idée de ce qui vous
arrive ?
Sam parla lentement en
butant sur les mots :
-C’est
très dur Janet dès qu’une personne
approche de moi, un tas de choses résonne dans ma tête et cela me donne une
terrible migraine. Tout s’embrouille, un affreux vertige me donne la nausée, et
j’ai l’impression de sombrer, comme si ma tête allait éclater.
-Essayez
de me décrire toutes ses choses que vous ressentez, et comme Sam hésitait,
-c’est
important vous savez, pour vous soigner il est indispensable que je comprenne.
-Ce
sont des mots, des phrases, des images qui ne m’appartiennent pas, on dirait
que la vie des gens qui viennent me voir pénètre dans ma tête. Par exemple
quand vous êtes près de moi, dans ce fouillis sonore et coloré je distingue des
mots, des images de maladie, je vois des corps souffrants, des cadavres. Si
c’est Daniel je revois Sha’re , Abydoss, Sarah, et
puis beaucoup d’ idéogrammes, des hiéroglyphes, des pyramides. En fait je crois
que je peux pénétrer dans l’esprit des gens, lire leurs pensées, mais surtout
leur souffrance.
J’ai compris en voyant
l’infirmière Sheppard qu’elle venait de
perdre sa mère. Pourtant personne ne me l’avait dit. Je ressens aussi les
sentiments, l’amour, la souffrance, le deuil, et puis toutes ses expériences
que nous avons vécues sur tous ces mondes que nous avons visités, les tortures
que chacun a subi, j’en ressens les effets, les douleurs. Mais tout cela n’est
pas aussi net que ce je viens de vous le dire c’est confus et surtout très
mélangé. Et puis je ressens l’angoisse
de mes amis, je peux mesurer la puissance et la force qui nous lie. Mais leur
peur est trop forte, surtout celle du colonel, la peur des autres est
terriblement angoissante.
Janet passait par toutes
les couleurs de l’arc en ciel
-Mon
Dieu, Sam vous pouvez lire nos pensées, ressentir nos émotions. Je comprends
mieux pourquoi notre présence physique vous est si pénible. Dans un premier
temps je vais continuer à vous administrer des calmants, et je crois que nous
devrions envisager des méthodes de relaxation, peut-être que Teal’c pourrait
nous aider.
-Teal’c !
C’est lui que je supporte le moins, il y a dans son esprit tellement de
souffrances, de massacres, de destruction, non Janet c’est au dessus de mes
forces, je ne pourrais pas.
-Coucou
Carter ! Le visage du colonel venait d’apparaître derrière celui de Janet,
alors on peut lire les pensées maintenant ? Il va falloir faire très
attention, pouvez-vous deviner ce que j’ai mangé ce midi ?
Sam ne put s’empêcher de
rire en voyant le visage hilare de son colonel. Quel homme merveilleux pensa
–t-elle pourtant il devait se sentir responsable de la situation dans laquelle
elle se trouvait.
-Mon
colonel, je ne ressens les pensées que lorsque les personnes sont à côté de
moi.
-Alors
rappelez moi de fermer mon esprit quand j’irai vous voir, ajouta –t-il d’un air
grave. Il ne manquerait plus
qu’elle s’aperçoive que je suis fou d’elle.
Planète P7X568
Pendant toutes ces
semaines plusieurs expéditions eurent lieu sur la planète P7X568. Les
scientifiques appelés en renfort installèrent de nombreux instruments de mesure
et ils se tenaient prêt à enregistrer
tout phénomène anormal dans un secteur de 3 mètres autour de la porte, puisque
c’était là qu’avait eu lieu l’accident. Il était inutile de laisser des hommes
en place en permanence, les instruments pouvaient rester seuls à surveiller le site puisqu’ apparemment la planète
était inhabitée. La porte était ouverte régulièrement pour relever les mesures
enregistrées. La sonde enregistra bien quelques variations atmosphériques, des différences d’intensité
électrique, mais rien de significatif pouvant expliquer un tel phénomène.
Puis un jour on eut
l’idée de creuser autour de la porte et là on découvrit de nombreux vestiges
enterrés. Une cavité s’ouvrait avec un escalier descendant au cœur de la
montagne. Daniel s’aventura le premier et ce qu’il découvrit le laissa sans
voix. Les murs de la grotte étaient littéralement couverts d’inscriptions qu’il
s’empressa d’essayer de traduire.
-Jack,
je crois que je devrais rester ici un moment. Il y a peut-être la clé de la
maladie de Sam.
-Combien
de temps 1 heure, ou deux peut-être ajouta –t-il en voyant l’air ébahi de Daniel.
-Je
dirais une journée ou deux , hésitant un peu : peut –être trois ?
A son grand étonnement le
colonel approuva :
-Prenez
le temps qu’il vous faudra, avez-vous besoin de l’aide de Jonas ?
-Oui,
il me sera très utile, il y a là des symboles goa’uld sur lesquels j’hésite un
peu.
Laissant là le docteur
Jackson et Jonas au fond de la caverne, O’Neill remonta et
appela le général
Hammond.
-Mon
général il nous faut plus de temps, nous avons découvert un souterrain menant à
une grotte immense, Daniel parle de deux ou trois jours pour traduire les
textes inscrits.
-C’est
d’accord colonel vous avez 72 heures. Bonne chance !
Pendant que Daniel et
Jonas suaient sur les hiéroglyphes O’ Neill s’éloigna de la porte et entreprit
d’inspecter les environs. C’était toujours le même paysage uniformément
rougeâtre avec du sable et des pierres, et encore du sable et des pierres.
Infirmerie
Toujours par
l’intermédiaire de la télévision Teal’c expliqua à Carter les bases de la
méditation. Comment ralentir les battements de son cœur, comment respirer,
comment faire le vide dans sa tête afin de mieux ordonner ses pensées. Si elle
ne pouvait éviter de recevoir les pensées et les sensations des autres au moins que ce soit supportable.
Planète P7X568
Daniel et Jonas ne
perdaient pas leur temps sur la planète, ils avaient traduit une phrase qui
leur paraissait importante :
« Celui qui se
tiendra dans le cercle de pierres aura la puissance et dominera
les autres … »
-Je
pense qu’il s’agit du mot « hommes » ou « êtres
vivants », ou « races »
qu’en pensez-vous Docteur Jackson ?
-Certainement
mais c’est le mot « puissance » qui ne me paraît pas exact, voyez
vous ce symbole il me semble que ce serait plutôt « connaissance »
mais de toute façon je ne vois pas où cela nous mène. Dans cette grotte il n’y a rien qui puisse
évoquer un cercle de pierre.
-Ne
serait-ce pas plutôt du shapaï dont il est question ?
C’est possible mais la
partie de la phrase « dans le cercle de pierres » me paraît très
juste. Je penserais plutôt à un cercle
dessiné sur le sol.
-Et
si nous remontions examiner le sol autour de l’anneau ?
O’Neill faisait les cent
pas au pied de la colline quand il
aperçut Jonas et Daniel sortant des entrailles de la terre. Ils étaient
recouverts de cette poussière rouge qui s’infiltrait dans les moindres recoins.
Il remonta rapidement et
en arrivant à leur hauteur il les vit le nez au raz du sol comme s’il cherchait
quelque chose.
-Vous
avez perdu votre boussole Dany Boy ?
Daniel et Jonas ne
l’entendirent même pas , ils scrutaient attentivement le sol à l’endroit où Sam avait été frappée par la
lumière. En nettoyant les tonnes de poussière accumulées depuis des siècles ils
découvrirent ce qu’ils cherchaient, un cercle de pierre dessiné sur le sol,
c’était un cercle moins parfait que celui des anneaux. Il était constitué de
petites pierres rondes profondément enfoncées dans le sable, son diamètre était
d’environ 50 cm, et au centre il y avait une dalle avec des inscriptions. Ils
se mirent tout de suite au travail mais
butèrent sur plusieurs mots. Daniel photographia la dalle et se promit de
continuer la traduction, une fois retournés à la base.
Sam s’était tenue sans le
savoir au centre du cercle de pierre .
Infirmerie
Elle respirait profondément comme Teal’c le lui avait
enseigné. Il était tout près d’elle
assis en profonde méditation au milieu des flammes de dizaines de
bougies. En état de kel’no’rim,
il envoyait à Sam des pensées de paix, de joie, de calme intérieur. Elle s’en
imprégnait et les absorbait comme une éponge, elle
s’en nourrissait, buvait à cette source de fraîcheur. Et quand Teal’c sortit de
l’état de Kel’no’rim, elle ne s’en aperçut pas. Tout
son être était en paix.
Quand elle ouvrit les yeux qu’elle vit le jaffa à ses
côtés elle eut un mouvement de recul, et
maîtrisa son chaos intérieur, d’un simple et ample mouvement respiratoire.
Cette séance marquait la fin d’un traitement qui avait
duré plusieurs semaines. Pendant ce temps SG1 avait recommencé les missions
vers d’autres planètes.
Janet déclara que Sam
pouvait recevoir des visites mais une
personne à la fois et pas trop longtemps.
Ce fut le colonel qui
commença. Aussitôt Sam fut remplie d’un immense amour dès qu’il pénétra dans la
pièce. Elle en fut éblouie, mais ne lutta pas, c’était si agréable !
-Alors
major, on se fait encore remarquer !
O’Neill avait dit cette
phrase bêtement comme pour cacher sa gêne, mais Sam ne fut pas dupe.
-N’oubliez
pas mon colonel que je peux lire dans vos pensées.
Il eut un petit rire gêné
-Et
qu’avez –vous lu demanda –t-il par défi ?
Sam rougit violemment et
ne répondit pas
Le silence embarrassé se
prolongea un peu.
Puis Sam reprit son
assurance :
-Alors
mon colonel, avez-vous trouvé quelque chose sur
P7X568 ?
La phrase de Sam fit mal
à Jack, elle sait que je l’aime et elle me dit mon colonel, cela veut
dire qu’elle ne m’ aime pas.
A peine avait-il pensé sa
phrase que Sam sourit :
-Vous
savez mon colonel il va me falloir du temps. Tout cela est très nouveau pour
moi et déstabilisant. Grâce à Teal’c j’y vois un peu plus clair, mais le
problème n’est pas résolu, je n’arrive pas à tout contrôler.
Sans rien dire Jack prit
la main de Sam dans la sienne sans dire un mot. En fait le colonel O’ Neill
était complètement dépassé par la situation, l’humour dont il se servait pour
cacher ses sentiments n’avait plus cours
maintenant, avec Sam c’était inutile. Elle avait la clairvoyance totale. Il ne
lui restait plus que le silence ou mettre ses paroles en accord avec ses
pensées. Les nouveaux pouvoirs de Sam exigeaient la vérité. Le moindre petit
mensonge pouvait être décelé. C’était un pouvoir terrifiant qu’elle possédait
sur les autres, pauvres mortels.
Salle de briefing
-Vous
savez mon général, nous avons trouvé et terminé la traduction de la phrase qui
nous paraît essentielle pour comprendre la situation. Daniel se penchait vers
ses notes :
« Celui qui se
tiendra au centre du cercle de pierre aura la clairvoyance et dominera les
autres races. » D’après la langue utilisée ce serait originaire des
« Anciens ».
-Mais
avez-vous trouvé le moyen de guérir
Sam ? si on peut employer ce mot, car ce n’est pas une maladie.
-Malheureusement
non, il me semble que ce « cadeau » soit définitif.
Qu’en pensez-vous Docteur
Frazier ?
-Cela
ne présente plus un danger immédiat maintenant que le major Carter a appris à discipliner ses pensées. A
plus long terme je ne sais pas. Cependant le dernier IRM montre que l’activité
cérébrale de Sam tend à diminuer. Les effets ne sont peut-être pas durables.
Au même moment Sam et le
colonel franchirent la porte et vinrent s’installer à leur place habituelle.
-Sam
j’étais en train d’expliquer
-je
sais coupa Sam d’un ton sec. Et elle ajouta en regardant le général.
-Mon
général je demande l’autorisation de reprendre du service, je crois que mes
nouvelles facultés seraient très utiles quand nous rencontrons des peuples
inconnus.
-Docteur ?
-Je
pense que c’est possible en commençant par des missions très courtes et si le
major prend soin de pratiquer 2 fois par jour une relaxation profonde.
Sam sourit en regardant
Teal’c :
-J’ai
un excellent professeur,
Teal’c inclina la tête en signe de
remerciement.
O’Neill prenait bien soin
de ne croiser le regard de personne. Il se sentait très gêné et pour une fois
ne voulait pas attirer l’attention.
L’exploration sur P7X568
reprit, les traductions de tous les écrits n’étaient pas terminées.
Planète P7X568
Le vent soufflait
toujours sur la planète, un vent de sable brûlant qui envahissait tout,
recouvrait le sol, et cachait les aspérités du terrain. Le cercle de pierres
était invisible et au centre les inscriptions qu’ils n’avaient pas su traduire
se dissimulaient sous une épaisse couche de sable.
« Dans le cercle de pierres n’y retourne
pas une seconde fois sans risque pour ta vie »
Elle n’eut pas eu le temps de voir le rayon lumineux
qu’elle s’écroulait…morte.
FIN