CONTAMINATION
Aurélia
Fic
n° 43
Janvier
2004
Saison : Saison 7
Disclaimer : Pas à moi, pas de sous.
Genre : aventure, romance
Résumé : Sam sur une planète attrape une fièvre mortelle.
Dédicace : Hito bien sûr et Hito, j’ai nommé Hito ?
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Le 22 janvier lieu inconnu.
Il
était à genoux, les mains attachées derrière le dos, il ne disait pas un mot.
Il venait de sortir d’un long évanouissement, un brouillard qui l’avait
enveloppé durant des jours. Il avait à peine conscience qu’il s’était retrouvé
en très mauvaise posture.
Devant
lui, une femme grande et vêtue avec recherche, sa main ouverte dans laquelle la
pierre brillait de son rayon maléfique.
-Parle et tu auras la vie sauve.
Ces
mots il les avait entendu bien des fois depuis le début de leur exploration de
l’univers. Mais il ne sentait pas préparé, ce n’était pas son métier de faire
la guerre. Lui, il était archéologue. Mais au contact d’O’Neill et du SGC, il
avait du apprendre, le plus souvent à son corps défendant. Il n’aimait pas
manier les armes et s’en servait le moins souvent possible. Il préférait l’arme
de la parole. C’était un de ses grands conflits avec Jack qui aimait surtout la
manière forte. Cela leur avait sauvé la vie bien des fois. La discussion aussi
les avait tiré souvent des mauvais pas où ils se mettaient.
Maintenant
il était seul sur cette planète face à ce Goa’uld en colère qui voulait lui
faire dire tous les secrets de la terre. Heureusement pour lui, il les
ignorait. Il n’aurait plus qu’à faire bonne figure sous la torture, cela aussi
il avait l’habitude. Ce ne serait pas la première fois, mais sans doute la
dernière.
Ils
ignoraient tous où il avait été transporté, lui-même ne le savait pas. Personne
ne viendrait à son secours.
Le 3 janvier Base de Cheyenne Mountain
Sam
se leva fatiguée. Depuis quelques jours elle ne se sentait pas bien. Son
travail ne lui apportait plus la satisfaction qu’elle en retirait d’habitude.
Elle redoutait de rester enfermée dans son laboratoire, elle piétinait dans ses
travaux. A la base elle trouvait l’ambiance détestable. Les gens se
retournaient sur son passage, elle entendait des chuchotements, des
ricanements. Et puis il y avait lui, il avait osé …
Elle
se décida à voir Janet et lui dit simplement qu’elle était fatiguée.
Sa
visite à l’infirmerie n’avait rien donné. Janet lui avait trouvé la tension un
peu basse, mais rien de dramatique.
-Vous devriez lever le pied un peu Sam,
lui avait dit le docteur. Cela fait trois mois que vous enchaînez les missions,
que vous travaillez dans votre labo jusqu’à une heure avancée de la nuit. Vous
êtes tout simplement épuisée.
-Vous avez sans doute raison, mais si
je reste seule je me sens angoissée.
Janet
la regarda dans les yeux :
-Dites –moi Sam, vous avez eu un
problème avec le colonel o’Neill ?
-Non, pas du tout répondit Sam un peu
rapidement.
Janet
sourit :
-Vous êtes sûre ?
-Enfin, Janet, pourquoi
insistez-vous ? Le colonel vous a
parlé ?
-Non, dit-elle avec un fin sourire,
pourquoi ? Il aurait dû ?
Sam
était furieuse. Dès qu’elle ne se sentait pas bien, il fallait toujours qu’il y
ait quelqu’un pour ramener sur le tapis sa relation avec O’Neill, ou plutôt sa
non relation avec lui. Daniel était un expert en la matière et maintenant
Teal’c qui devenait de plus en plus humain, s’y mettait aussi.
Alors
avec Janet, c’était le bouquet.
Elle
préféra sortir de la pièce sans répondre.
Sa
vie était devenue très compliquée, son travail trop prenant, trop
dangereux, son horloge interne avançait
à une vitesse folle. Bientôt il serait trop tard pour fonder une famille. Elle avait 35 ans. Il était encore temps,
mais elle n’avait plus les moyens de gaspiller un temps précieux.
Comme
elle s’apprêtait à quitter la base au milieu de l’après midi, elle croisa le
colonel O’Neill, qui fut surpris de la voir en civil au milieu de la journée.
-Un problème Carter ?
-Oui, un gros problème, j’en ai marre
de tout et de tout le monde, je me barre.
-Eh Carter ! Attendez ! Ne partez pas comme
ça !
Mais
elle avait disparu à l’angle d’un couloir. Il renonça à la suivre.
« Qu’est
ce qu’il lui prend » pensa t-il ?
Le 15 décembre salle de
Briefing
Sam
était en pleine explication sur la planète P9H692 qu’ils devaient visiter dans
les heures qui suivent.
-Cette planète ressemble à la Terre,
tant au point de vue de la civilisation, que de la technologie. La seule grosse
différence réside dans la vie culturelle et artistique, il semble qu’il y en
ait peu ou même pas du tout. Ce qui est étrange, conclut la jeune femme.
-Cette planète appartient –elle à un
Goa’uld ? demanda Hammond en se tournant vers Daniel.
-Elle a appartenu à Asclépios à une
époque lointaine, dit Daniel, plus de mille ans. Maintenant il semble que non.
Le sol ne contient pas de naquadah, ou n’en contient plus. D’ailleurs nous
avons perdu toute trace de ce Goa’uld, on ne sait même pas s’il est toujours
vivant.
Le
général Hammond réfléchit un moment puis se tournant vers Sam :
-Major pensez-vous qu’il y ait un
intérêt quelconque à visiter plus avant cette planète ?
-Je le pense mon général. Leur
technologie étant assez proche de la notre, mais sûrement différente sur
certains points nous aurions tout intérêt à pratiquer des échanges. Cependant
il y a un hic, c’est l’absence de toute forme d’art.
-Expliquez-vous major dit Hammond.
Ce
fut Daniel qui prit la parole :
-Si vous permettez général…
Un
signe de tête de Hammond l’engagea à continuer :
-Les civilisations qui n’ont pas d’art,
sont très rares, et c’est souvent un mauvais signe, le signe d’une dictature
très répressive. L’art étant souvent une forme de contestation pacifique.
Souvent quand un dictateur arrive au pouvoir il commence à écraser la
population en lui interdisant toute forme de divertissement. La liste des
interdits est immense et en général, les œuvres d’art sont détruites, la
musique interdite, je ne parle même pas du cinéma ou du théâtre qui en général
se transforment en apologie du dictateur.
-Et vous croyez que c’est le cas sur
cette planète ? Demanda Hammond inquiet.
-C’est possible mon général dit Carter,
il faudrait aller voir sur place pour s’en assurer.
O’Neill
n’avait encore rien dit durant cet échange
et le général lui demanda son avis :
-Colonel ? Qu’en
pensez-vous ?
-Mon général, je pense qu’en étant
prudents, nous ne devrions pas avoir de problèmes.
-Bien dit le général. Vous prendrez
contact avec ce peuple. Pour ne pas avoir l’air trop hostile, vous aurez le
minimum d’armes visibles.
-Mais mon général ! dit O’Neill
d’un air indigné !
-Je n’ai pas dit désarmés, Jack, j’ai dit, pas trop d’armes visibles ! Dit Hammond
en souriant devant l’air effaré du colonel ! Un zat chacun et un revolver,
mais pas d’armes lourdes, vous laisserez votre P90 au vestiaire, colonel !
Vous partez dans une heure SG1, dit-il en conclusion.
Ils
avaient traversé le vortex sans encombre. La porte des étoiles de P9H692 était
située en pleine campagne, à l’écart de toute habitation. La porte n’était pas
gardée, et le terre-plein autour de la porte était en friche. Celle-ci ne
devait jamais servir, car il n’y avait aucune trace de pas ni de vie aux
alentours.
-Carter dans quelle direction
allons-nous ? Demanda O’Neill.
-Par ici mon colonel dit Sam en indiquant
la direction du soleil levant. Il y a une ville à environ 6 Kms.
-Allons en route les enfants dit
seulement O’Neill en prenant la tête du petit groupe.
Ils
marchèrent vite et furent bientôt en vue des premières maisons.
Il
y avait peu de monde dans les rues, et personne ne faisait attention à eux.
Chacun marchait d’un pas rapide, se concentrant sur ses pensées et la direction
à suivre.
C’était
une ville calme comme il y en a beaucoup aux USA. Une ville où circulaient des
véhicules ressemblant à des voitures. Il y avait des commerces, des bâtiments
administratifs.
-Bien dit Daniel, que fait-on ?
C’est curieux, personne ne nous remarque, pourtant notre habillement est assez
différent.
Au
même moment un véhicule s’arrêta près d’eux, et cinq hommes descendirent. Ils
s’approchèrent de SG1 l’arme au poing et les encerclèrent avant qu’ils aient eu
le temps de réagir, Et quand ils pointèrent leurs armes sur les autochtones,
ceux-ci se firent menaçants :
-Lâchez vos armes et suivez-nous
dirent-ils seulement.
Avec
un soupir O’Neill leur fit signe d’obtempérer. On leur confisqua leurs armes et
le petit groupe s’engouffra dans un des bâtiments.
Sam
se rapprocha de Jack et lui dit entre les dents :
-Je ne sens aucune présence suspecte.
Jack
se contenta de hocher la tête.
On
les conduisit dans un petit bureau et ils furent reçus par un homme grand assez âgé et vêtu d’un costume sombre.
-Veuillez excuser cet accueil un peu
rude, dit –il en préambule.
-Rude ? Dit O’Neill avec hauteur.
-J’espère continua l’homme qu’on ne
vous a pas trop bousculés, mais nous sommes obligés de faire ainsi avec tous
les étranger. Qui êtes-vous ?
-Et vous qui êtes-vous pour vous
arroger le droit de disposer de nous de cette façon ? fit O’Neill d’un ton
sec.
-Oh excusez- moi je ne me suis pas
présenté, je m’appelle Morok et je suis préposé à l’accueil des étrangers.
-Daniel dit Jack en donnant un coup de
coude à son ami.
-Je m’appelle Daniel Jackson, et voici
le major Samantha carter, le colonel Jack O’Neill et Teal’c, dit-il, nous
venons d’une contrée lointaine.
-Vous êtes des Zinoks ?
-Pardon, dit Daniel des…Zinoks ?
-Vous venez bien de la Province de
Zinoka ? Vous êtes habillés comme eux.
-Heu… dit Daniel, non, en fait nous
venons de la Terre.
-La Terre, je ne connais pas cette
Province.
-Oh c’est une province très lointaine
dit Jack empêchant Daniel d’aller plus loin dans ses explications.
-De toute façon cela n’a pas
d’importance répliqua Morok. Vous devez vous soumettre à nos lois.
-C'est-à-dire ? Demanda O’Neill
d’un air soupçonneux.
-Vous devez être désinfectés.
-Pardon ! désinfectés ! Dit O’Neill avec un air d’incompréhension sur
le visage.
-Excusez-moi monsieur dit Sam qui
n’avait pas encore participé à la discussion, vous avez dit désinfectés, auriez
vous des problèmes de maladie dans votre ville ?
Morok
soupira et se cala dans son fauteuil :
-C’est peu de le dire, Madame,
depuis que des Zinoks nous ont apporté
la « fièvre bleue » nous prenons toutes nos précautions et soumettons
tous les étrangers qui viennent à la désinfection.
-La « fièvre bleue » demanda
Daniel qu’est ce que c’est ?
Morok
était stupéfait :
-Vous n’avez pas cette maladie dans la
province de La Terre ?
-Elle porte peut être un autre nom,
Sam. Vous pouvez nous en dire un peu plus.
-C’est une fièvre, le malade étouffe,
et son visage et ses membres deviennent bleus.
-Carter ? dit O’Neill.
-La peau devient bleue par manque
d’oxygène dans le sang, mon colonel.
C’est un peu comme la maladie bleue chez nous dit-elle à Morok qui l’écoutait
attentivement. C’est une malformation du cœur qu’ont parfois les enfants à la
naissance. Leurs organes étant mal irrigués, leur peau prend une teinte
bleuâtre.
-Mais dit Daniel, pourquoi n’avons-nous
pas été désinfectés tout de suite en arrivant ? Vous-même monsieur ne
risquez vous pas d’attraper la maladie ?
-Non, je l’ai déjà eu et pour une
raison mystérieuse je n’en suis pas mort. Alors c’est toujours moi qui m’occupe
des arrivants. Maintenant assez parlé,
il faut vous désinfecter maintenant, on n’a que trop perdu de temps.
-On vous suit dit O’Neill.
On
les fit entrer dans une sorte de cabine, de petite dimension.
-Vous enlevez tous vos vêtements, ils
doivent être désinfectés aussi. Et puis mettez ceci.
Il
leur donna une sorte de peignoir blanc en tissu synthétique, et il referma la porte à clé avant qu’ils aient le
temps de répondre.
Ils
se regardèrent étonnés. Sam se sentait un peu mal à l’aise, l’idée de se
dévêtir devant ses compagnons la gênait un peu. Cela ne la troublait pas particulièrement
d’habitude, mais là, il fallait se dénuder entièrement.
O’Neill
restait planté au milieu de la pièce le peignoir à la main, Daniel toussota, et Jack finalement se retourna vers Sam, elle rougit.
Il eut une lueur dans le regard comme si cette situation l’amusait.
« Oui c’est
cela, tu trouves cela drôle, pensa Sam, attend un peu ». Elle réussit le
tour de force de se dévêtir sans rien montrer en se cachant à l’aide du
peignoir. Comme elle avait une longueur d’avance, elle se permit de se retourner
avant les autres. Elle eut juste le temps de voir disparaître la silhouette
athlétique et bronzée de son colonel derrière le mince morceau de tissu blanc.
Elle se permit un très léger sourire que ne rata pas O’Neill qui soudain se
trouva très embarrassé. Teal’c et Daniel qui
n’avaient rien remarqué de leur petit jeu avaient eux aussi revêtu le
peignoir blanc.
Korok
les fit sortir et placer debout au centre d’une petite pièce. Ils ne faisaient
pas du tout attention à eux, il en avait vu beaucoup d’autres depuis que cette
terrible maladie s’était abattue sur leur région. Il alluma la mèche d’une
sorte de bougie volumineuse qui jeta une lueur verte autour d’elle. Puis il
jeta une poudre qui se mit à répandre une fumée acre. Il sortit précipitamment de
la salle dont il referma la porte à clé. Ils se mirent à tousser, Sam étouffait
et cherchait de l’air désespérément. Les hommes de l’équipe bien qu’un peu
incommodés supportaient mieux le produit qu’elle.
Elle
finit par tomber à genoux. O’Neill tapa dans la vitre pour appeler Korok,
Celui-ci apparut et leur jeta un regard interrogatif.
O’Neill
montra Sam qui donnait des signes de faiblesse évidents. Elle était tombée et
il n’osait pas la toucher.
La
voix de Korok sortit du haut parleur
-Ne vous inquiétez pas, tout va bien,
vous aussi vous allez bientôt ressentir les mêmes troubles.
Au
même instant Daniel tomba à genoux en se tenant la gorge, bientôt suivi d’ O’
Neill, seul Teal’c continuait à respirer normalement. Il mit beaucoup plus
longtemps que les autres, mais finit lui aussi par sombrer.
Une
heure plus tard, ils étaient couchés dans un lit où ils purent récupérer.
Le
lendemain, ils trouvèrent au chevet de leur lit leurs vêtements soigneusement
pliés et repassés. Bien sûr on ne leur avait pas rendu leurs armes.
-Alors mes amis, comment
allez-vous ? demanda Korok en entrant dans la chambre.
-Nous allons bien dit O’Neill, en effet
ils étaient tous réveillés, et se vêtirent rapidement.
Sam
ne disait rien, mais depuis la veille, elle avait un peu de mal à respirer,
mais elle ne voulut pas en parler à ses amis de peur de les inquiéter.
-Si vous vous sentez d’attaque
j’aimerais vous présenter au gouverneur de notre ville. Maintenant que vous
avez été désinfectés vous pouvez aller partout, nous serons ravis de vous faire
visiter.
Ils
suivirent leur guide qui les conduisit à la maison du gouverneur. C’était une
grande bâtisse de plusieurs étages, qui comptaient de nombreuses
administrations. On les fit signer un registre en entrant, et Korok les laissa
dans une salle d’attente.
-le gouverneur va vous recevoir dans un
instant.
L’instant
se prolongea. Au bout de deux heures O’Neill commença à tourner comme un lion
en cage.
-Jack, calmez-vous, ça ne sert à rien
de vous énerver comme ça.
-Je ne suis pas énervé dit O’Neill d’un
ton abrupt.
-Qu’est ce que ce serait si vous
l’étiez, marmonna Daniel entre ses dents.
-Vous avez dit Quoi ? Daniel.
-Rien du tout.
Ce
n’est pas le moment de provoquer Jack, pensa Daniel, il a son visage des
mauvais jours, déjà la désinfection ne lui a pas plu ! Alors cette
attente !
Une
heure plus tard le bureau s’ouvrit enfin et une jeune femme fit entrer les
quatre visiteurs.
Elle
les présenta au gouverneur.
-Monsieur le gouverneur, permettez moi
de vous présentez nos visiteurs venus de la Province Terre.
-Asseyez-vous dit le gouverneur.
C’était
un homme de forte corpulence avec une large carrure, et un début de calvitie.
Il ne se leva pas pour les accueillir.
-Que me vaut l’honneur de votre
visite ? Demanda t-il.
-Nous sommes des voyageurs venus de la
Terre, commença Daniel
Il
fut interrompu aussitôt.
-Ça je le sais déjà, bien que je ne
connaisse pas cette province, mais pourquoi êtes vous venus nous rendre
visite ?
-Nous aimerions établir des liens
diplomatiques avec vous.
-Pourquoi ? Il paraissait surpris.
-Mais simplement par ce que c’est ce
que nous faisons à chacun de nos voyages. Nous cherchons à mieux connaître les
populations que nous rencontrons. Pratiquer des échanges…Daniel ne savait plus
quoi ajouter, et se tut sur un signe du colonel.
-Où se trouve la Terre ? demanda
le gouverneur.
O’Neill
commençait à s’impatienter :
-Monsieur le gouverneur s’appliqua t-il
à dire d’un ton aimable, nous allons rentrer chez nous, nous voyons bien que
nous vous dérangeons.
-Ne le prenez pas mal, monsieur, mais
depuis que nous avons la fièvre bleue nous sommes très méfiants envers les
étrangers. C’est une simple réaction de défense.
-Comment la maladie est-elle arrivée
jusqu’à vous ? demanda Daniel.
-Avant commença le gouverneur, nous
étions un peuple insouciant et très ouvert. Les étrangers étaient les bienvenus
dans notre région. Nous pratiquions de nombreux échanges avec les autres
contrées. Et puis un jour les Zinoks sont arrivés. Ils étaient pacifiques, nous
nous entendions bien avec eux, mais ils nous ont apporté la fièvre bleue.
C’était un mal insidieux, qui se développait lentement empoisonnant peu à peu
les organismes, avec de nombreux troubles. La maladie est contagieuse, et
bientôt la moitié de la population en fut atteinte, et mourut. Les autres se
protégèrent par la désinfection de toutes nos maisons, bâtiments et de tous les
objets de notre vie quotidienne.
Un
an plus tard il ne restait que quelques cas isolés. Mais notre population était
décimée et il nous fallut prendre des mesures drastiques concernant l’hygiène
et l’accueil des visiteurs étrangers. C’est pourquoi on vous a soumis hier au
processus de désinfection. Nous ne savons pas où se trouve votre province, et
peut être apportiez vous la maladie avec vous.
Le
gouverneur se tut et regarda les visiteurs d’un air plus aimable :
-Que diriez vous de visiter notre
ville ?
Ce
revirement si soudain sembla suspect à O’Neill, mais Daniel prit les devants
-C’est avec plaisir…
-Non, le coupa O’Neill, nous préférons
reprendre la route du retour, si vous le permettez.
-Naturellement, vous êtes libres de
repartir.
-Mais Jack… commença Daniel.
-Plus tard et O’Neill lui fit un geste
autoritaire, que Daniel comprit parfaitement. Il valait mieux obéir quand
O’Neill avec ce visage là.
-Par où allez vous repartir ?
Demanda le gouverneur.
-Par où nous sommes arrivés, dit
O’Neill, nous connaissons le chemin.
-C’est par ici messieurs, dit Korok qui
était resté derrière la porte.
Ils
se retrouvèrent dans la rue.
-Filons vite dit O’Neill, notre sortie
a été trop facile, et cela ne me dit rien qui vaille.
Ils
coururent vers la sortie de la ville mais personne ne sembla vouloir les
arrêter. Ils ralentirent en arrivant au shapaï.
-Je ne comprends pas pourquoi nous
sommes partis si vite, dit Sam, il me semble mon colonel qu’il n’y avait pas de
danger, et j’ai relevé des traces de…
-Quand j’aurai besoin de votre avis
Carter, je vous le demanderai dit O’Neill d’un ton sec.
Carter
ouvrit de grands yeux, elle était choquée du ton employé par son supérieur,
mais celui-ci regardait ailleurs, vers le petit nuage de poussière qui semblait
se rapprocher.
-Vite Daniel les symboles et le code
jeta t-il.
Ils
s’engouffrèrent dans le shapaï, au moment où une troupe d’hommes armés se rapprochaient
de la porte des étoiles.
-Fermez l’iris cria O’Neill en passant
le dernier le vortex.
-Que se passe t-il ? demanda
Hammond qui descendit en courant les escaliers venant de son bureau deux étages
plus haut.
-Une planète bizarre mon général dit O’
Neill.
-Tous à l’infirmerie, débriefing dès
que vous sortirez.
Après
que Sam eut expliqué à Janet la désinfection qu’ils avaient subie, celle-ci
leur fit à tous les quatre un examen respiratoire plus approfondi. Elle ne
trouva rien d’autre qu’une légère inflammation des bronches due aux produits
qu’ils avaient inhalés.
-Je pense que cela disparaîtra dans
quelques jours dit-elle à Sam avec un grand sourire. Ce n’est pas bien méchant.
-Merci Janet dit Sam en se relevant de
la table d’examen. Je suis bonne pour le service ?
-Naturellement dit Janet en la
regardant avec attention, quelque chose ne va pas Sam ?
-Si, si, tout va bien. Mais son sourire
était forcé.
-Vous êtes rentré bien vite dit
Hammond, vous deviez rester deux jours ! Que s’est-il passé ? Colonel ?
-Mon général, nous avons rencontré un
peuple qui a été décimé il y a quelques années par une étrange maladie, et
maintenant ils ont peur.
-De quelle maladie s’agit-il ?
Major ?
Sam
recommença le récit qu’elle avait fait pour Janet à l’infirmerie.
-Mon général, c’est une maladie
mortelle, ils ne savent pas la guérir.
-Quel est leur niveau médical ?
-Nous n’avons pas vu d’hôpitaux, et ils
semblaient démunis contre cette maladie
-Avez-vous relevé des traces de
Goa’ulds ? Demanda Hammond.
-Nous
n’en avons pas vu, répondit Sam mais dans le sol j’ai relevé de nombreuses
traces de naquadah. Il ne semble pas exploité.
-Du naquada dit O’Neill, pourquoi vous
n’en avez rien dit major ? demanda O’Neill
-Vous m’en avez empêché,
Monsieur !
-Disons que votre intervention tombait
au plus mauvais moment major !
-Je venais juste de m’en
apercevoir ! Monsieur !
Ils avaient prononcé ces quelques phrases à
voix basse, sans se regarder.
Hammond
les observait étonné de cet aparté.
-Vous disiez ? Major.
-Mon général, je disais que j’ai
observé des traces de naquadah juste au moment où nous apprêtions à repartir.
-Mais je croyais qu’il n’y en avait
pas ! Dit Hammond ! Et pourquoi êtes vous parti si précipitamment,
colonel ?
-Un mauvais pressentiment mon général,
je ne peux pas l’expliquer, mais j’ai eu raison, car nous avons passé la porte
de justesse. Ils nous poursuivaient.
-Débriefing terminé dit Hammond, cette
planète ne nous semble pas très intéressante, nous ne poursuivrons donc pas son
exploration.
-Si vous le permettez général Hammond
dit Daniel, mais je ne suis pas tout à fait d’accord. Nous savons que cette
planète appartenait à Asclépios, cela vaut peut être la peine de creuser un peu
plus, d’autant que les traces de naquadah relevée par Sam sont importantes. Je
pense que ce peuple nous a caché quelque chose.
Le
général avait écouté Daniel sans l’interrompre, il trouvait que son équipe
n’était pas en forme, le colonel ne faisait aucune plaisanterie et avait le
regard dans le vague, Sam était plongée dans son dossier. Le regard de Daniel
passait de l’un à l’autre de ses équipiers.
-Et vous Teal’c que pensez-vous de
cette planète, interrogea Hammond.
-Général, nous avons déjà vu des
Goa’ulds répandre des maladies sur des planètes, soit pour faire des
expériences soit pour exterminer une partie de la population , n’en garder
qu’un petit nombre pour les faire travailler dans les mines. Je pense que nous
devrions poursuivre l’exploration de cette planète, en prenant toutes les
précautions voulues.
-Je prends note de tout cela conclut
Hammond. Le débriefing est terminé, rompez.
Sam
quitta la salle de conférence aussitôt. Elle voulait réfléchir seule un moment.
O’Neill la laissa partir et ne chercha pas à la rattraper. Elle alla dans son
labo et ferma la porte à clé.
Entre
la date du 15 décembre du 3 janvier, SG1
enchaîna les missions. Hammond les avait envoyé explorer de nouvelles planètes
dont les coordonnées venaient de la liste des Anciens. Les relations entre Sam
et Jack étaient tendues. Depuis la mission sur P9H692 Sam ne se sentait pas
bien. Le colonel avait bien essayé de la faire parler, il ne comprenait pas ce
qu’elle avait, mais elle ne le savait pas elle-même et le lui fit comprendre,
un peu sèchement.
Le 3 janvier maison de Sam
Après
avoir répondu durement à son supérieur Sam quitta la base. Son mal de tête
avait empiré, ne lui laissant aucun répit. Elle rentra sa voiture au garage, et
n’ouvrit pas les volets, elle voulait être seule dans le noir.
Elle
prit un bain chaud, espérant que cela détendrait ses muscles noués et calmerait
la douleur de sa tête. Mais en vain. Elle n’avait pas faim et alla directement
se coucher. Il était 16 heures.
Allongée
dans le noir elle laissa ses pensées dériver. Comme toujours elles la
conduisaient à son supérieur hiérarchique. Elle se recroquevilla dans la
position fœtale, prit un oreiller dans ses bras et ferma les yeux.
O’Neill,
elle y pensait tout le temps, et se demandait comment ils en étaient arrivés à
cette froideur entre eux. Bien sûr il y avait cette réflexion désagréable qu’il
lui avait faite sur P9H692, mais ce n’était pas première fois. Si elle se
vexait sur le moment elle ne le faisait pas voir, et cela ne la marquait pas
aussi profondément que maintenant.
Que
s’était-il passé ? L’ambiance s’était dégradée petit à petit. De temps à
autre elle avait senti le regard inquiet de O’Neill sur elle, mais elle avait
fait celle qui ne le voyait pas. Ils ne se parlaient plus. Janet était
inquiète, elle lui avait subir test sur test, mais n’avait rien trouvé. Daniel
aussi s’en était mêlé, avec sa manière directe sans l’être vraiment, cette
façon de mettre les pieds dans le plat sans le vouloir. Il avait une façon bien
à lui de dire les choses, avec ce sourire si doux, ce regard inquiet.
Le
visage de Jack passa devant elle, elle se demanda bien ce qu’elle lui trouvait,
il pouvait être si insupportable, si dur, cruel même parfois. C’était un
militaire dans la plus grande acceptation du terme, avec son courage sans
limite, sa force, son charisme. Elle savait bien qu’il n’était pas que cela,
qu’il avait un cœur, mais il le montrait si rarement avec une telle pudeur de
se dévoiler. Pourquoi les hommes sont-ils si compliqués ? Pourquoi celui
là est-il si compliqué ? Cette façon qu’il avait de tout tourner en
dérision devenait tellement agaçante, c’était une fuite, une peur d’affronter
on ne sait quoi d’ailleurs, quelque chose de si profond au fond de lui-même
qu’il était incapable de le regarder en face. Qu’ y avait-il au fond de cet
être qu’elle n’arrivait pas à cerner. Au fond elle le connaissait peu. Que
savait –elle de lui ? Pas
grand-chose. Il ne parlait jamais de lui, mais savait très bien faire parler
les autres. Elle se doutait que sa vie n’avait pas été facile. Quelques rares
allusions à son enfance, dont il avait un jour soulevé le voile. Une enfance
très dure, un départ à l’armée à dix huit ans. Puis son mariage et la mort de
son fils qui avait fait de lui un autre homme.
Tout ce qu’ils avaient vécu ensemble les avait tous changés. Elle
connaissait les blessures qu’il avait eues, les tortures dont il avait eu plus
que sa part. Mais après elle se heurtait à un mur. Elle ne savait plus rien
sinon qu’elle avait mal, très mal et que cela ne pouvait plus continuer.
Et
puis il y avait eu ce jour où…
Elle
finit par s’endormir, demain elle prendrait une décision.
4 janvier Bureau du général
Hammond
-Vous êtes sûre, major, que c’est bien
ce que vous voulez ? Dit Hammond en
regardant Sam. Il lui trouvait très mauvaise mine, elle avait l’air fatiguée,
même épuisée. Ses yeux étaient rouges d’avoir pleuré, et de larges cernes
bordaient son regard bleu, autrefois si vif, et aujourd’hui totalement éteint.
-Oui, mon général.
-Je peux vous donner un congé pour vous
reposer et vous prendrez votre décision plus tard, proposa Hammond.
-Je préfère partir tout de suite
répondit Sam un peu sèchement.
-D’accord major, je vais prévenir SG1.
Mais vous savez ajouta –t-il vous pourrez revenir quand vous voudrez. Il y aura
toujours une place pour vous au SGC.
-Merci mon général, mais je préférerais
partir tout de suite, je ne veux pas avoir à donner des explications. Si vous
le permettez mon général.
-Ce n’est pas votre genre major, de
fuir vos responsabilités. Vous êtes sûre qu’il n’y a pas une autre raison à
votre départ, et que vous ne voulez pas me dire ?
Sam
baissa la tête, et ne répondit pas tout de suite.
Non
elle n’aurait pas le courage d’affronter SG1 maintenant. Elle le savait,
surtout O’Neill. Elle n’avait pas donné la vraie raison de son départ, elle ne
le pouvait pas.
-Mon général, je souhaiterais me
retirer maintenant dit-elle d’une voix lasse.
-Entendu major. Je vous laisse partir
et ne préviendrai SG1 que demain matin. Portez vous bien major.
-Merci mon général.
Le
petit claquement sec de la porte fit mal au général Hammond. Il acceptait les
raisons de Sam de démissionner. Trop de stress, trop de travail, l’envie de
faire autre chose, mais il savait bien que ce n’était pas la vraie raison. Et
que vais-je dire au colonel ? Pensa t-il inquiet, il ne va pas se
contenter de vagues explications.
5 janvier salle de briefing
Daniel
et Teal’c étaient arrivés à 8 heures précises.
-Sam n’est pas là ? dit Daniel
inquiet.
-En effet docteur Jackson, c’est
étrange et son labo était fermé.
A
ce moment Jack arriva dans la pièce en même temps que le général. Lui aussi
s’inquiéta de l’absence du major.
-C’est justement de cela que je voulais
vous parler dit Hammond. Le major ne viendra pas. Elle a démissionné.
-Démissionné ! Cria Jack, pourquoi
n’en ai-je pas été prévenu ? Je suis son supérieur direct !
-Calmez vous colonel, dit Hammond. Le
major m’a dit simplement que c’était une question d’ordre privé, elle n’a rien
dit de plus. Mais vu son visage j’en ai conclu qu’elle était au bord de
l’épuisement. Je n’ai pas pu la faire changer d’avis. Je suis désolé Jack.
-Où est-elle ? Demanda Jack d’une
voix dure.
-Je suppose qu’elle doit être chez
elle.
-Permission de …
-Allez-y colonel ! dit Hammond
avec un sourire.
Jack
quitta la pièce d’un pas rapide.
Il
quitta la base le plus vite possible et se dirigea à grande vitesse vers la
maison de Sam.
La
porte n’était pas fermée, il entra.
Elle
était là dans son séjour, sur un canapé, elle dormait, un bras replié sous sa
tête, des larmes perlaient encore à ses yeux. Il s’approcha sans bruit et
s’accroupit près d’elle pour se mettre à sa hauteur. Il repoussa une mèche
blonde collée par la sueur. Il profita qu’elle ait les yeux fermés pour la
détailler. Elle flottait dans ses vêtements, ses traits étaient tirés elle
avait beaucoup maigri. Il toucha son front il était brûlant.
-Sam, Sam, réveillez-vous !
Elle
ne bougeait pas. Alors il la prit dans ses bras et la porta jusqu’à sa voiture
et repartit à toute vitesse vers la base. Il descendit jusqu’au niveau 21 et la
porta lui-même jusqu’à l’infirmerie, ne laissant à personne d’autre le soin de
le faire
-Docteur ! Docteur ! hurla –t il.
Janet
accourut aussitôt, le colonel faisait un raffut du diable.
-Elle est malade, je l’ai trouvée comme
ça chez elle, dit-il à Janet.
-Mettez-là sur le lit et maintenant
laissez-nous colonel, je m’en occupe dit Janet.
Et
comme O’Neill ne bougeait pas :
-J’ai dit sortez colonel, elle est
entre bonnes mains, ajouta t–elle plus doucement.
Janet
fit un examen long et minutieux. La jeune femme était brûlante de fièvre. Elle
lui fit une prise de sang, lui posa une perfusion pour l’hydrater, et faire
baisser la fièvre.
O’Neill
attendait à la porte, il était très inquiet. Il avait bien vu Sam plonger
depuis quelque temps, mais n’avait rien pu faire pour la réconforter. Il se
sentait responsable de son état. Sa brusquerie habituelle n’avait pas arrangé
les choses, il en était conscient. C’était un peu un engrenage, un mot puis un
autre venait qu’il regrettait aussitôt mais le mal était fait.
Janet
sortit de la chambre et mit un doigt sur ses lèvres.
-Elle est endormie, et ne se réveillera
pas avant demain. Vous devriez aller vous reposer maintenant, il est tard.
-Vous êtes sûr que cela va aller
demanda t-il inquiet.
Elle
lui sourit et lui osa une main apaisante sur le bras.
-Colonel, vous avez confiance en moi,
n’est ce pas ?
-Bien sûr Docteur.
Ce
que Janet ne lui dit pas c’est que Sam avait repris connaissance et qu’elle
avait bien dit à Janet qu’elle ne voulait en aucun cas voir le colonel O’Neill.
12 janvier infirmerie
L’état
de Sam avait empiré. Elle se consumait de fièvre et ne reprenait conscience que
rarement.
Janet
avait trouvé dans son corps un organisme inconnu. Une bactérie résistante aux
antibiotiques. Le teint de Sam était plombé, elle respirait avec difficulté. On
l’avait mise dans une chambre d’isolement tant que l’on n’ avait pas identifié
le germe qui la dévorait.
-Et si c’était la fièvre bleue de la
planète P9H692 dit Daniel pendant le briefing qui réunissait les membres de SG1
et le staff médical.
-Pourquoi n’y aurait-il que Carter de
malade ? On devrait tous avoir attrapé la maladie, dit O’Neill.
-Sauf si cela était une maladie
destinée au départ à détruire les Goa’ulds dit Teal’c. Le major Carter a du
naquadah dans le sang.
-Mais Teal’c n’a rien !
-En effet je n’ai rien, mais je n’ai
pas de naquadah dans le sang dit Teal’c calmement.
-Mais dit Hammond , vous avez dit que
les habitants de cette planète étaient humains, pourquoi seraient –ils tombés
malade ?
-Leur sang est peut être différent du
nôtre dit Daniel, et il a un point commun avec le sang de Sam. Ou tout
simplement Sam était plus fragile à ce moment là. Après tout, tout le monde
n’attrape pas la grippe lors d’une épidémie.
-Tout est possible dit Janet.
Le
général Hammond réfléchit un moment :
-SG1 vous irez sur P9H692, accompagnés
d’une équipe médicale, naturellement je vous recommande la plus grande
prudence.
Docteur
Frazier existe-t-il une sorte de traitement préventif que vous pourriez donner
aux membres de l’expédition avant le départ ?
-Oui je peux prévoir un cocktail
d’antibiotiques à large spectre, c’est un traitement à faire sur plusieurs
jours.
-Docteur Frazier conclut Hammond, vous coordonnerez
les recherches. En attendant SG1, vous faites un petit tour par l’infirmerie
avant le départ.
-Si vous permettez mon général,
j’aimerais que SG1 prennent des échantillons sanguins des habitants de la
planète, et surtout celui qui a guéri de la fièvre bleu. Son sang possède peut
être des anticorps.
-Très bien, maintenant vous avez vos
ordres, dit Hammond, rompez.
A
l’infirmerie chacun reçut sa piqûre d’antibiotiques. O’Neill ne râla même pas
tellement il était préoccupé du sort de Sam. Janet leur remit des ampoules et
des seringues, il fallait trois piqûres par jour. Au bout d’une demi-heure l’équipe était
prête.
-Soyez prudents dit Hammond.
13 janvier Planète P9H692
Ils
furent accueillis comme la fois précédente, et se soumirent sans rien dire à la
désinfection. Puis ils demandèrent à parler au gouverneur.
Celui-ci
les reçut dans la même pièce que l’autre jour.
O’Neill
attaqua immédiatement l’entretien passant outre aux formules de politesse.
-Parlez-nous de cette étrange maladie,
la fièvre… je ne sais plus trop quoi.
-La fièvre bleue Jack, dit Daniel.
-Allez-y Daniel, je sens que je vais
m’énerver, dit O’Neill en soupirant.
-Pourrions-nous rencontrer un de vos
médecins spécialiste de cette maladie demanda Daniel, cela nous aiderait à
comprendre.
-Pourquoi ? Cela ne vous concerne
en rien. Vous avez été désinfectés, vous ne risquez rien, ni de l’attraper
vous-même, ni de l’emmener sur votre
planète.
-Et bien si justement cela nous regarde
dit Jack, la jeune femme qui était avec nous l’autre jour est très malade.
Notre médecin pense que c’est peut être cette fièvre bleue.
Le
gouverneur ne répondit pas tout de suite, il prit le temps de les regarder,
mais le regard dur d’O’Neill l’invita à poursuivre sans plus attendre.
-Je suis désolé, mais les médecins sont
morts eux aussi. Vous avez pu constater qu’il y a peu d’habitants sur notre
planète. La fièvre a fait des ravages.
-Cela fait combien de temps que les
premiers cas sont apparus demanda Daniel ?
-Environ mille ans.
-Mille ans ! Dirent ensemble
Daniel et Jack.
-Et au bout de mille ans l’épidémie
n’est pas encore résorbée ! C’est impossible qu’une épidémie dure aussi
longtemps.
-Malheureusement je ne peux pas vous
répondre.
-Mais vous avez bien des livres, des
écrits, qui parlent de cela.
-Non, nous n’avons plus rien. Il ne
reste qu’une pièce souterraine qui pourrait contenir quelque chose susceptible
de vous intéresser.
-On aimerait bien dit Daniel. Vous
pouvez nous conduire ?
-N’oubliez pas les échantillon de sang
Daniel lui souffla O’Neill.
-Après Jack, je crois qu’il faut
attendre un peu.
-On n’a pas le temps. Carter…
-Si vous voulez bien me suivre dit le
gouverneur, Morok va vous conduire.
Ils
n’eurent pas à aller bien loin. Quelques rues plus loin Morok les fit entrer
dans une maison de piètre apparence, elle avait l’air abandonnée. L’intérieur
n’était constitué que d’une seule pièce. Il la traversèrent dans toute sa
longueur et arrivèrent à un escalier étroit qui s’enfonçait profondément dans
le sol.
Daniel
et Jack se regardèrent.
-Allez y Daniel je me mets en arrière
garde dit Jack.
Les
quatre hommes descendirent une cinquantaine de marches environ.
Le
passage se resserrait vers le bas et ils durent avancer courbés. Ils
débouchèrent sur une immense salle éclairée par des torches. La lueur des
flammes jetait des éclats sur la pierre blonde qui apparaissait riche
d’inscriptions et de dessins.
-Wouaou ! s’exclama Daniel, en
jetant un regard circulaire autour de lui.
-Où sommes-nous demanda t-il à Morok.
-Ce sont des restes d’un temple.
-Un temple dédié à quel Dieu ?
demanda Daniel
-Je n’en sais rien, mais il ne faut pas
rester ici, nous remontons.
-Mais je n’ai eu le temps de ne rien
voir.
-Mais je vous ai fait voir le
temple !
Daniel
sourit :
-Merci beaucoup, mais quand je dis
voir, ça veut dire suffisamment longtemps pour pouvoir tout examiner et
traduire.
-C’est impossible, nous ne pouvons pas
rester là reprit Morok avec un air affolé.
-Que se passe –t il Morok, cet endroit
vous ferait-il peur ?
-Oui, nous ne devons pas rester, il n’y
a jamais personne.
-Mais il y a des torches allumées, qui
les a allumées ? Insista Daniel
-Je ne peux pas vous répondre. Il faut
remonter tout de suite.
Morok
semblait terrorisé.
Jack
s’approcha de Daniel et lui dit à l’oreille :
-Ça sent le serpent à plein nez !
Méfiance !
-Nous vous suivons Morok dit Jack tout
haut coupant court aux protestations de Daniel.
Ils
remontèrent rapidement des profondeurs de la maison et se retrouvèrent dans la
rue.
Daniel
prit Morok à part loin des oreilles de Jack.
-Nous avons un service à vous demander
Morok.
-Si je peux vous être utile.
-Vous avez eu la fièvre bleue et vous
êtes guéri n’est ce pas ?
-Oui, en effet.
-Comment vous êtes vous soigné,
avez-vous pris des médicaments ?
-Non, il n’y en a pas. Je me suis guéri
tout seul, je ne peux pas l’expliquer.
-Peut être avez-vous dans votre sang
des anticorps naturels qui vous protègent de cette maladie ? insinua
Daniel.
-Des quoi ?
-Des anticorps
-Je ne sais pas ce que c’est, dit Morok
en regardant attentivement le jeune homme et se demandant ce qu’il voulait.
-On pourrait le savoir, en prenant un
peu de votre sang.
-Pourquoi voulez vous faire ça ?
demanda –t il surpris.
-Cela pourrait nous aider à trouver un
remède contre cette maladie, c’est ainsi que nous procédons dans notre …
province.
-Si vous voulez, dit Morok sans grand
enthousiaste. Comment allez vous faire.
-Ne vous inquiétez pas cela ne vous
fera pas mal et nous ne prendrons qu’une très faible partie de votre sang. Ce
n’est pas dangereux du tout ajouta t–il en devançant Morok qui avait pâli.
Daniel
fit le prélèvement tout en douceur rassurant Morok qui n’était pas sans
inquiétude en voyant l’aiguille et la seringue.
20 janvier infirmerie
Elle
voyait des visages penchés sur elle. Des visages grimaçants qui ouvraient et
fermaient la bouche, et lui apparaissaient déformés. Les sons lui parvenaient
étouffés et n’avaient aucun sens pour elle.
Une
main venait de temps en temps prendre la sienne, une main fraîche.
Il
faisait toujours sombre, elle avançait dans un brouillard qui l’empêchait de
respirer. La fièvre la brûlait, elle entendait un sifflement qui semblait
provenir de son corps. C’était l’air qui passait laborieusement dans ses
poumons. On lui mit un masque sur le visage pour l’aider à respirer elle se
sentit un peu soulagée et sombra.
Elle
dérivait dans un monde ouaté. Un visage revenait sans arrêt à sa mémoire, un
visage viril, des yeux bruns, et des cheveux argentés. Ce visage était dur et
ne souriait pas, un pli entre les deux sourcils se creusait. Sa bouche aux
lèvres pleines formait un pli inquiet. De temps en temps un regard se posait
sur elle, une voix grave lui murmurait à l’oreille des encouragements. Un mot
revenait souvent « Sam », mais elle ne comprenait pas du tout ce que
cela voulait dire.
Puis
elle criait, elle se souvenait maintenant, il la tenait dans ses bras, il la
serrait contre lui, il la regardait en riant, se moquait d’elle, elle s’en
souvenait très bien maintenant. Elle se rappelait avoir pleuré. De longs
cheveux bruns coulaient sur son épaule, il riait, l’autre lui avait pris la
main. Ils s’embrassaient, Ils ne se cachaient même pas. Elle entendait encore
leur rire grimaçant et grinçant.
-Comment va-t-elle docteur ?
Demanda O’Neill pour la dixième fois de la journée.
-Colonel ! Répondit Janet sur un
ton de reproche affectueux, ce n’est pas la peine de me le demander toutes les
cinq minutes ! Je vous promets qu’au moindre changement je vous fais
avertir tout de suite.
-Promis ! Juré !
-Oui, je vous le promets. Et puis vous
devriez me laisser travailler ! Allez ! Oust ! Dehors mon
colonel !
Le
colonel O’Neill faisait peine à voir, il avait les traits tirés et le regard
inquiet, Janet s’inquiétait pour lui, il ne se reposait pas suffisamment, et
dès qu’il avait un moment de libre entre les missions il venait à
l’infirmerie.
Jack
sortit à pas lents de l’infirmerie. Il n’avait même pas le droit d’aller la
voir. Janet le lui avait interdit, il ne fallait pas fatiguer la malade, elle
délirait beaucoup durant les accès de fièvre qu’elle avait parfois et qui
dépassaient les 40 degrés. Il sentait bien qu’il y avait autre chose, il
connaissait bien le doc, elle était différente, elle voulait l’éloigner de
l’infirmerie, et il ne comprenait pas pourquoi. Il n’avait pas encore insisté,
mais il n’allait pas tarder à le faire ! Il n’en pouvait plus.
Au
mess il retrouva Daniel et Teal’c. Il s’assit lourdement à sa place, il n’avait
même pas faim, et ne prit qu’un dessert.
-Vous ne mangez pas Jack dit Daniel.
-Pas très faim.
-C’est Sam qui vous inquiète ?
-Naturellement, quoi d’autre ?
dit-il d’un ton rageur. Et cette doc qui ne dit rien, elle me cache quelque
chose.
Sam
se réveilla brutalement, elle gémit de douleur, son mal de tête était si
violent qu’elle en avait les larmes aux yeux.
-Janet appela –telle.
L’infirmière
de garde alla tout de suite chercher le docteur Frazier.
-Sam, vous êtes réveillée ?
-Ma tête gémit-elle.
-C’est normal que la douleur soit
forte, la maladie donne aussi des maux de tête. Je vais vous donner un calmant,
dit Janet en passant une main douce sur son front.
-Qu’est ce que j’ai ? Dit Sam avec
difficulté.
-Vous avez attrapé la fièvre bleue de
la planète P9H692.
-Pas possible… désinfectée… sur la
planète…
-Nous cherchons Sam, le labo travaille
dessus jour et nuit.
-Mourir…
-Non ! Je vous interdis bien de
penser une chose pareille, nous allons trouver, Sam, reposez-vous maintenant.
-Le colonel …
Mais
la jeune femme ne finit pas sa phrase, elle avait déjà fermé les yeux,
replongeant dans son sommeil entrecoupé de cauchemars, et de visions.
Janet
était angoissée, le labo travaillait vite et bien, mais auraient-ils le temps
de trouver le remède ? Une issue
fatale était toujours envisageable, Janet y pensait, Sam aussi. Sur la planète
les personnes infectées étaient mortes par millier, depuis l’apparition de
cette terrible fièvre. Presque toute la population avait été décimée au cours
de l’épidémie.
-Vous êtes sûr de ce que vous avez
avancez Docteur Jackson ! Cela semble incompréhensible que sur cette
planète où il n’y a aucun goa’uld depuis des centaines d’années, les habitants
aient peur de se rendre dans le temple.
-Ce ne serait pas la première fois
qu’un goa’uld reste maître d’une planète sans se montrer dit Teal’c.
-En effet général Hammond, c’est
suspect, mais c’est possible dit O’Neill. Avec ces têtes de serpents il faut
s’attendre à tout, dit-il d’un ton amer.
-Et il a raison général Hammond dit
Janet en entrant dans la salle de briefing. Excusez mon retard mon
général, mais je suis de plus en plus persuadée que cette mystérieuse fièvre
bleue est entretenue volontairement par un Goa’uld.
-Et qu’est ce qui vous fait dire cela
docteur ? Demanda Hammond.
-Tout d’abord la durée de l’épidémie, mille
ans, c’est impossible, les virus ou les bactéries ne restent pas actifs aussi
longtemps. En général il y a des périodes de dormance du germe, qui peut rester
en sommeil pendant des siècles et réapparaître soudain sans prévenir, ou du
moins sans que l’on en comprenne les causes. Ici sur cette planète le germe est
resté actif tout le temps sans interruption d’après les dires de Morok.
-En effet c’est suspect, dit Hammond.
SG1 vous allez retournez sur la planète une fois de plus et essayer d’en
apprendre davantage. Maintenant que nous savons qu’un Goa’uld est derrière tout
cela, soyez prudents.
O’Neill
soupira :
-Il va falloir encore subir cette
maudite désinfection, à chaque fois j’ai l’impression d’y laisser mes poumons.
-Je crois que vous n’avez pas le choix,
dit Janet. Et en attendant un petit tour à l’infirmerie pour les piqûres,
dit-elle en regardant O’Neill.
-Quelles piqûres ? râla
O’Neill !
-Colonel !
-Bien mon général, à vos ordres, allons
nous faire piquer !
O’Neill
espérait bien voir Sam avant son départ. Mais c’était sans compter sur la
vigilance de Janet. Il s’énerva :
-Mais enfin pourquoi m’empêche-vous de
la voir ! Vous m’avez dit ce matin qu’elle reprenait conscience par
moment. Elle va mieux ?
Janet
le regarda tristement
-Que se passe t-il ? Vous ne
m’avez pas tout dit.
-En effet, mais c’est elle qui ne veut
pas vous voir.
Jack
eut l’impression de prendre une claque en pleine figure.
-Mais pourquoi ?
-Elle ne me l’a pas dit. Je n’y peux
rien colonel, je dois respecter ses désirs.
-Doc, juste une minute !
-Désolée colonel !
O’Neill
se rapprocha de Janet comme pour l’intimider, il la dominait de sa haute
taille,
-C’est déloyal ce que vous faites mon
colonel ! Vous avez beau avoir un grade plus élevé que le mien, je reste
le chef de l’infirmerie et je peux vous mettre dehors.
Et
comme O’Neill ne bougeait pas
-Ne m’obligez pas à appeler la
sécurité.
O’Neill
se calma :
-Excusez-moi docteur !
Il
se sentait furieux et frustré, qu’avait-il fait à Sam pour qu’elle le repousse
de cette façon ? Il avait beau se creuser la tête il ne voyait pas. Il se
décida à en parler à Teal’c.
Il
le fit discrètement à l’abri du regard de Daniel.
-Teal’c !
-Oui colonel !
-Voilà… Jack hésitait un peu, la
situation était très gênante pour lui, il ne savait pas comment aborder le
sujet.
-Vous avez vu le major ce matin,
Teal’c ?
-En effet je suis passé à l’infirmerie
avant d’aller au briefing.
-Et… elle allait mieux ?
-Oui elle avait repris conscience, mais
vous devriez aller la voir O’Neill !
-Oui, bien sûr dit O’Neill en
bougonnant.
Puis
après un instant de silence un peu gêné de la part de Jack
-Elle a parlé de moi ?
Teal’c
le scruta essayant de lire sur le visage impassible du colonel ce qui pouvait
bien motiver une telle question.
-Pas du tout colonel.
-Merci Teal’c.
O’Neill
se rendit au vestiaire pour se préparer à la nouvelle visite de P9H692. Il
était d’une humeur de dogue et bouscula Daniel qui ne se préparait pas assez
vite.
-On a pas que ça à faire Daniel, allez
pressez vous !
Le
regard furieux que le colonel posa sur lui, coupa la réplique qui venait sur
ses lèvres. Ce n’était pas le moment d’asticoter Jack, il ne sortait jamais
vainqueur de ce genre de combat. Il se contenta de fermer rapidement son sac,
mettre sa veste et sortir avec le plus de dignité possible.
21 janvier planète P9H692
Ils
avaient passé une mauvaise nuit. La désinfection s’était mal passée. C’était
leur troisième et leurs poumons avaient du mal à la supporter. Ils avaient
suffoqué rapidement, et étaient tombés
évanouis sur le sol de la cabine.
Morok
avait surveillé personnellement qu’on
les traitât correctement. Ils avaient pu
faire un bon repas mais il leur avait conseillé de dormir avant de retourner
dans le temple. Daniel était agité, O’Neill en colère et Teal’c lui supportait
mieux ce traitement sans doute en raison de sa robuste constitution. Ils
parlèrent longtemps avant de sombrer dans un mauvais sommeil.
Le
lendemain O’Neill se réveilla de très mauvaise humeur. Morok faisait des difficultés
pour les conduire au temple sous la maison.
-On peut très bien y aller sans vous
dit O’Neill, on connaît le chemin.
-C’est hors de question coupa Morok et
puis je ne vois vraiment pas ce que vous cherchez dans ce temple.
O’Neill
jeta un coup d’œil pour l’encourager à parler , mais le jeune homme n’en avait
pas vraiment besoin.
-Nous recherchons des renseignements
sur la maladie qui frappe votre planète depuis si longtemps. En fait nous
demandons l’autorisation de faire des photos des écrits qui se trouvent dans la
pièce.
-Cela ne servira à rien du tout, dit
Morok d’un air maussade.
-Nous cacheriez vous quelque
chose ? demanda Teal’c.
-Pas du tout, mais en fait cet endroit
est interdit, je ne sais pas ce qui m’a pris de vous le montrer l’autre jour.
-Pourquoi est-ce interdit ? dit
Teal’c.
-C’est juste quelque chose qui se
transmet de générations en générations, on sait que c’est interdit, tout le
monde connaît l’endroit, mais on a pas le droit d’y aller.
-Mais vous nous y avez emmené l’autre
jour ! répondit Daniel.
-Oui, c’est vrai, mais vous aviez
insisté, et je le regrette déjà, dit Morok amèrement.
-Pourquoi ?
-Parce que c’est tabou, et que cela porte malheur d’en parler, et encore
plus d’enfreindre la loi.
-Avons-nous l’autorisation d’y aller
oui ou non ? insista O’Neill.
-Oui, je ne peux pas vous en empêcher,
mais soyez très prudents, je ne voudrais pas qu’il vous arrive malheur.
-Il commence à m’agacer marmonna
O’Neill dans ses dents. Puis tout haut il ajouta :
-Bon, allez venez, allons voir ce
temple le visiter de fond en comble, plus vite nous irons, plus vite nous
serons rentrés chez nous.
Morok
ne comprenait pas l’attitude d’O’Neill, il le trouvait vraiment peu aimable,
mais il leur donna tout de même l’autorisation.
Dans
le temple, rien n’avait bougé depuis leur dernière visite. Des torches étaient
allumées et accrochées le long des murs, comme si un visiteur imprévu devait
venir.
Daniel
savait bien que ce n’était pas Morok qui avait fait allumé les torches. Il s’en
ouvrit au colonel.
-Jack, c’ est quand même étonnant ces
torches toujours allumées.
-Je ne vous le fais pas dire Daniel.
Allez doucement et regardez où vous mettez les pieds.
Ils
avançaient prudemment. La salle était immense et très haute de plafond. Ils
avaient descendu au moins une cinquantaine de marches pour l’atteindre.
Le
plafond était retenu par des colonnes d’au moins quatre mètres de hauteur. A la
base étaient gravés des symboles que Daniel s’empressa de photographier.
-Des hiéroglyphes ? demanda O’Neill .
Daniel
se permit un sourire que Jack remarqua.
-Bon ça va ! j’ai dit une
bêtise ?
-Non, enfin oui… c’est du grec.
-Du grec ? il y a du Goa’uld là
dessous n’est ce pas ?
-En effet O’Neill dit Teal’c qui
s’était approché d’une colonne je vois en plus des écritures Goa’ulds, mais je
ne reconnais pas tous les symboles.
Daniel
mitraillait les colonnes de son appareil photo. Il prit aussi un film où il
embrassait toute la voûte de la salle et l’ensemble des colonnes.
Cette
salle était immense et il y avait au moins une trentaine de torchères sur les
murs, mais la lumière dispensée était faible et n’éclairait qu’à proximité, les
ombres envahissaient le reste de la salle.
-Bon allons dépêchons dit O’Neill, je
n’aime pas trop cet endroit. Vous avez bien pris toutes vos petites photos
Daniel ?
-Mais Jack s’indigna Daniel on n’a pas
tout vu !
O’Neill
soupira.
-Bon d’accord, allons jusqu’au mur du
fond.
En
fait O’Neill se sentait très mal à l’aise et il savait parfaitement pourquoi.
Sam lui manquait terriblement dans ce genre de mission. Elle savait être
efficace sans mettre sa vie en danger,
pas comme Daniel qui ne se rendait pas toujours compte.
Sam…
Son cœur se serra, elle était si loin et si malade. Elle reprenait conscience
de temps à autre, mais elle refusait de le voir et il ne comprenait pas
pourquoi. Il était furieux après lui-même il avait du dire ou faire quelque
chose qui lui avait fait mal, mais il avait beau se creuser la tête, il ne
voyait pas du tout.
Daniel
et Teal’c continuait l’exploration de l’immense salle, tandis que Jack restait
aux aguets, parcourant du regard la grande pièce où dans n’importe quel endroit
pouvait se trouver un piège.
-Jack ! appela Daniel.
Sa
voix lui parvenait étouffé.
-Daniel où êtes-vous ? Teal’c !
-Je suis là O’Neill, le jaffa se tenait
à environ à cinq mètres de lui, et il se rapprocha.
-Jack cria encore Daniel ! mais sa
voix leur parvenait encore plus assourdie.
-Vite Teal’c ! Daniel est en
danger !
Ils
suivirent le son de la voix du jeune archéologue qui appelait une troisième
fois.
-Où êtes-vous Daniel ?
-Ici cria t-il dans une salle, le mur
s’est refermé. Je suis coincé.
Ils
arrivèrent bientôt devant le mur et entendirent parfaitement la voix de Daniel.
-Il fait noir et j’ai perdu ma
lampe entendirent-ils encore.
Ils
s’affairaient près du mur et cherchèrent le passage secret qu’avait dû franchir
Daniel avant de se trouver enfermé.
Puis
un bruit sourd et caractéristique envahit le temple tandis qu’une lumière
jaillissait entre les pierres de la salle où avait disparu Daniel.
-Qu’est ce que c’est que ça dit Jack en
tapant sur le mur. Daniel ! cria t-il encore ! Teal’c ? c’était
quoi ?
-Des anneaux de transport O’Neill.
-C’est bien ce qui me semblait !
Je lui avais pourtant dit de faire attention ! Il n’écoute jamais !
Bon, il faut absolument ouvrir cette salle.
-Vous savez O’Neill il doit être loin
maintenant.
- Tout dépend où conduisent les
anneaux ! Il faut
remonter ! et vite ! il
est peut être encore là-haut.
Ils
sortirent au pas de course de la salle . Teal’c en passant avait récupéré
tout le matériel laissé par Daniel et il montèrent quatre à quatre les marches
qui menaient à la vieille maison. Mais là nulle trace d’anneaux de transport.
-Il devait y avoir un vaisseau en
orbite au dessus du temple et il a été fait prisonnier. Que faisons-nous
O’Neill ?
-D’abord je m’en vais dire deux mots à
ce Morok ! il va falloir qu’il crache le morceau.
Morok
les attendait dans la rue et fut surpris de voir un O’Neill furieux le prendre
par le bras et l’emmener de force dans le temple. Il l’obligea à descendre et
malgré ses vives protestations le conduisit jusqu’à l’endroit où avait disparu
Daniel.
-On fait comment pour ouvrir ce
mur ?
Le
regard d’O’Neill ne prêtait pas à la discussion, Morok dut le sentir car il
appuya à différents endroits sur le mur et un panneau glissa.
Jack
le regarda d’un air ahuri :
-Je croyais que vous n’étiez jamais
venu dans ce temple ! jeta t-il en le fusillant du regard.
Morok
ne répondit pas et voulut prendre la poudre d’escampette quand Teal’c le menaça
de son zat.
-Et si vous nous disiez tout ?
dit-il d’une voix calme.
Jack
avait pénétré dans la pièce qui était circulaire , au plafond on voyait
l’emplacement des anneaux.
-Et ça mène où ?
-Quoi ? dit Morok en tremblant.
-Les anneaux ? ils mènent
où ? insista O’Neill.
-Dans le vaisseau de la déesse.
-Tiens donc, vous nous aviez caché
ça ! Et comment on atteint le vaisseau de la déesse ?
-Il doit être parti maintenant, dit
Morok d’un ton uni. Vous ne pouvez plus
rien faire pour votre ami.
-C’est vraiment dommage pour vous
Morok, dit O’Neill d’une voix glaciale, car Daniel espérait trouver dans ce
temple de quoi vous sauver de la fièvre
bleue ! Maintenant c’est trop tard.
Allez venez Teal’c. On rentre chez nous.
Au fait elle s’appelle comment cette déesse ?
-Asclépios.
Dans
le vaisseau d’Asclépios Daniel fut accueilli par quatre jaffas qui le
désarmèrent aussitôt et le conduisirent au poste de pilotage où se tenait une
très belle femme brune aux longs cheveux noirs.
-Qui es-tu ? Comment as-tu oser
pénétrer dans mon temple ?
Daniel ne répondit pas, il était maintenu à genoux
par un jaffa qui pesait de toute ses forces sur sa nuque.
Sur
un signe de la reine, le jaffa le lâcha. Il releva la tête et plongea son
regard au fond des yeux de la jeune femme, un regard sombre et brûlant de haine
contenue.
Daniel
se demandait bien qui elle pouvait être, sans doute une Goa’uld venue récemment
sur la planète et qui s’était approprié
le temple d’Asclépios disparu depuis longtemps.
La
jeune femme tournait autour du jeune archéologue, elle marchait d’un pas
nerveux et semblait en proie à une colère froide.
-Quel est ton nom ?
Daniel
pensa que lui dire son nom ne prêterait
sans doute pas à conséquence et ne constituait pas en soi une trahison.
-Je m’appelle Daniel Jackson et je suis
archéologue.
-De la Taur’i !
« Aie !
pensa Daniel elle a entendu parler de moi, et ça c’est mauvais, très
mauvais ! »
-De la quoi ? dit-il en prenant
son air le plus innocent.
-De la Taur’i !
répéta la reine avec impatience et déjà elle levait sa main gauche où Daniel
aperçut la pierre brûlante qui venait de s’allumer.
-J’ai entendu parler de toi et de tes
semblables !
-Vous vous trompez, je suis originaire de
cette planète mais je viens d’une autre région.
-Menteur ! rugit-elle et le rayon
s’abattit sans pitié sur le front du jeune homme qui gémit de douleur.
Il
tomba, mais se releva avec courage.
Nier,
tout nier en bloc, ne rien révéler lui
apparaissait comme la seule chose
valable à faire. Tenir le coup malgré la torture.
Cependant
sa curiosité fut la plus forte il voulut
à tout prix savoir qui elle était.
-Je suis la déesse Asclépios
incline-toi devant celle que tu dois servir !
Il
ne put s’empêcher de répondre tellement
son étonnement était grand :
-Mais Asclépios est un homme !
Chose
incroyable , elle s’éloigna un instant
comme si les paroles de Daniel l’avait troublée, et c’est bien ce qui s’était
passé, elle était troublée, il l’aurait juré. Il décida de pousser son avantage
en la questionnant, peut être qu’elle lui donnerait malgré elle des
informations intéressantes sur sa situation, lui permettant de s’échapper.
Mais
la reine était loin de tout cela et semblait tout à coup devenue rêveuse.
-C’est vrai que je suis un dieu de sexe
masculin. Pas un homme ! Insolent ! Ses yeux se mirent à briller de
fureur. Un jour que mon hôte était mourant, je n’ai pas eu d’autre choix que de
prendre une jeune femme, finalement je suis bien dans ce corps, je ne le
regrette pas. Mais pourquoi est ce que
je te raconte ça ? dit-elle avec un
regain de fureur !
Daniel
se tassa sur lui-même mais chercha tout
de même à en savoir davantage. Il savait les Goa’ulds sensibles à la flatterie, et décida de pousser
son avantage.
-Mais pourquoi es –tu partie de cette
planète, puis revenue ?
Une
certaine douceur envahit le regard de la jeune femme la rendant plus humaine,
elle s’assit devant Daniel et commença à
parler.
-Il y a bien longtemps quelques milliers
d’années, j’étais le dieu de la médecine en Grèce et mon rôle consistait à
guérir les malades. J’opérais de nombreuses guérisons car ma science des plantes et des germes
était grande. J’ai même fait vaciller le pouvoir d’Hadès qui se plaignit de ne plus avoir assez de
visiteurs dans son royaume des morts. Mais guérir les gens devint lassant.
Personne n’écoutait mes conseils, chacun n‘en faisait qu’à sa tête. Quand je
disais à l’un de faire attention à ce qu’il mangeait il s’empressait de
s’empiffrer, et si je disais à un autre
de consommer telle ou telle plante il ne le faisait pas. Ensuite ils
venaient me voir en pleurnichant quand ils étaient malades. Au début je les guérissais quand même, mais cela me
contrariait profondément. Un jour un cataclysme eut lieu et je fus obligé de
quitter la terre, la porte des étoiles allait être condamnée et je ne voulais
pas rester dans ce pays qui ne reconnaissait pas mes talents à leur juste
valeur. J’aurais voulu que chacun s’incline devant moi et écoute religieusement
les mots qui tombaient de ma bouche. J’aurais voulu être adoré comme le
maître suprême de la vie et de la mort.
Puis ce fut la débâcle, tous, nous les dieux,
n’avions qu’une idée en tête, quitter la Terre où il n’y avait aucun
avenir digne de nous. Je suis parti la mort dans l’âme bien décidé à conquérir
une planète et même plusieurs pourquoi pas ? C’est alors que je vins sur
Veneria, la planète sont tu as osé fouler le sol sacré !
Daniel
l’écoutait sans l’interrompre. Son amour de l’histoire lui faisait écouter
celle-ci avec des oreilles d’enfant. Il oubliait un peu le terrible sort qui
était le sien, prisonnier de ce dieu au corps de femme.
Mais
elle poursuivit son récit
-A mon arrivée Veneria était une
planète peu développée, il y avait une
nombreuse population, mais aucune industrie. C’était un peuple stupide qui ne
vivait que de la chasse et de la pêche.
Aucune ambition, aucune perspective d’avenir ! Je décidais de changer tout
cela, de devenir le roi de ce peuple,
d’en faire des adorateurs d’Asclépios. Ce
ne fut pas bien difficile. J’ai commencé par les guérir pour les
amadouer. En quelques mois ils me vénéraient déjà. Mais je les trouvais trop
nombreux et inutiles. C’est à cette
époque que j’ai trouvé les mines de naquadah et que j’ai compris qu’il fallait
que je leur fasse connaître la férule,
la douleur, l’esclavage, qu’ils ne devaient vivre que pour moi seul. Leur
unique but serait de servir Asclépios.
Daniel
était troublé, qu’elle s’épanche et se
raconte ainsi. « Si elle me dit tout c’est qu’elle ne compte pas me
relâcher, je vais mourir ici » pensa t-il en frissonnant.
Asclépios
ne remarqua pas le trouble de Daniel tout à son récit.
-Je m’étais fait construire un palais,
un immense palais où je recevais les hommages de mon peuple. Je décidais alors de tenter une expérience, je
contaminais les eaux d’un puits avec un germe. C’était une bactérie.
Naturellement, ils ignoraient ce que pouvait bien être une bactérie. Celle-ci fit des ravages
parmi la population, mais ils étaient encore trop nombreux, des femmes, des
vieillards incapables de travailler dans les mines. Je décidais alors de porter
un grand coup. J’avais inventé une maladie mortelle que j’avais appelée
« fièvre bleue », car les gens devenaient tout bleus quand leur sang
était privé d’oxygène. Le coup fut terrible, les plus forts seulement
survécurent. J’avais trouvé le remède à la maladie, naturellement continua la
jeune femme, j’en faisais bénéficier ceux qui me servaient, les autres
pouvaient mourir, ils me débarrassaient d’une population inutile. C’est ainsi
que je régnais sans partage sur cette planète durant des siècles.
Daniel
ne put s’empêcher de trembler. « Et c’est de ça que Sam est en train de
mourir, cette abominable maladie engendrée par ce monstre » ! pensa
t-il amèrement. Il ne voulait plus rien entendre, car il savait que la suite de
ce récit serait au-delà du supportable. Il fit cependant un effort pour ses
amis, pour Sam, si un jour il en réchappait. Elle avait trouvé un remède, les
mots mirent un certain temps à se frayer un chemin dans l’esprit de Daniel, il
était fatigué, avait mal mais il se força d’écouter la suite.
-Puis un
jour continua t-elle un autre
dieu arriva, il s’appelait Héphaïstos, il voulut sa part du gâteau. C’était le
maître de la forge et il savait fabriquer les plus puissantes armes et les plus
belles armures. Il avait réuni une armée fantastique, beaucoup plus puissante
que la mienne qui ne suis pas un guerrier. Un jour je fus aculé dans une
maison, blessé, mourant. Je m’y cachais durant des semaines, puis arriva le
moment où mon hôte perdit toutes ses forces il fallait absolument que je change
de corps. C’est là que je pris la jeune fille qui me soignait. Mon hôte
fut donné à Héphaïstos qui crut m’avoir vaincu, et moi je demeurais caché dans
ce nouvel hôte. Quand les mines de naquadah furent épuisées, je pus enfin
sortir au grand jour, Héphaïstos avait quitté la planète. Mais je ne me fis pas
reconnaître de la population. Je préférais rester dans l’ombre car j’entendais
chuchoter que c’était moi Asclépios qui avait propagé la maladie. Je fis taire
rapidement la rumeur en continuant à empoisonner la population qui connut ainsi
plusieurs centaines d’années d’épidémie. Mon règne continua, mais j’émigrais
vers une autre planète que j’avais repérée il y a longtemps. Là je me constituais une armée de jaffas et je
devins beaucoup plus puissant.
La
jeune femme s’arrêta de parler, elle plongea dans une profonde rêverie que
Daniel mit à profit pour regarder autour de lui.
Le
vaisseau filait dans l’hyper espace. Un jaffa tenait les commandes tandis
qu’Asclépios était assis sur une sorte de trône. Daniel était toujours par
terre à ses pieds, les autres jaffas s’étaient retirés. C’était peut être le
moment de tenter quelque chose.
Un
brusque ralentissement mit fin à ses espoirs. Le vaisseau venait d’entrer dans
l’espace conventionnel, ils approchaient d’une planète.
Asclépios
sortit de sa rêverie. Elle prit Daniel par le bras, il ne pouvait rien faire
contre cette étreinte. Il était toujours surpris de la force physique des
Goa’ulds. Impossible de s’échapper.
Des
anneaux de transport les conduisirent directement dans le palais du roi. Un
groupe de jaffas armés jusqu’aux dents les accueillirent et Asclépios dit en
montrant Daniel
-Emmenez –le , qu’il ne parle à
personne. Je me chargerai moi-même de l’interrogatoire.
On
fit descendre à Daniel une trentaine de marches et il fut enfermé dans une
petite pièce humide et sombre. On l’attacha à la muraille par des anneaux de
fer situé à mi-hauteur et reliés entre
eux par une chaîne qui lui laissait tout juste la possibilité de s’asseoir.
Impossible pour lui de s’allonger, il s’adossa à la muraille et attendit.
21 janvier base de Cheyenne
Mountain.
Le
général Hammond était sans nouvelles de SG1, ils avaient plusieurs heures de
retard. Heureusement il avait laissé un peu de marge pour le maintien des
codes. Ils disposaient encore de deux heures avant que leurs codes soient
annulés.
-Ouverture non programmée de la
porte entendit-il comme les alarmes se
déclenchaient.
-C’est SG1 mon général dit le sergent
Simmons.
Avec
un certain soulagement Hammond prononça les mots magiques.
-Ouvrez l’iris.
Dans
la flaque surgit Teal’c suivi du colonel O’Neill, qui aussitôt passé, fit signe
de refermer la porte.
-Où est le docteur Jackson ? dit
Hammond inquiet.
-On suppose qu’il a été fait prisonnier
par Asclépios, général Hammond répondit le jaffa.
Hammond
resta un moment interloqué puis se reprenant :
-Débriefing immédiat, vous irez à
l’infirmerie ensuite.
Hammond
écoutait attentivement le récit des deux hommes. Il décida aussitôt de mettre
les meilleurs traducteurs sur les photos et les films faits dans le temple.
-Teal’c vous irez aider le docteur
Thomas dans cette traduction.
-Bien général Hammond.
-Vous colonel, dès que vous serez passé
à l’infirmerie , vous préparerez une mission de sauvetage du docteur Jackson.
D’après ce que vous avez dit, Asclépios possède une autre planète, il ne reste
plus qu’à en trouver les coordonnées.
-A vos ordres répondit O’Neill.
O’Neill
se précipita à l’infirmerie, non par plaisir de passer une visite médicale mais
pour avoir des nouvelles de Sam. Il n’avait rien demandé à Hammond mais il
supposait qu’elles n’étaient pas bonnes.
Janet
l’attendait à l’entrée de l’infirmerie. Elle avait un air sombre qui ne lui
disait rien qui vaille
-Docteur ?
Elle
secoua la tête :
-Il n’y a aucune amélioration colonel,
je trouve même que son état empire, ses
périodes d’inconscience sont de plus en plus longues.
-Je peux la voir ?
-Oui, allez-y ensuite vous passerez me
voir pour votre visite.
Jack pénétra dans ma chambre de Sam sur la
pointe des pieds. Il eut un choc en voyant la jeune femme. Elle avait le teint
bleuté et respirait difficilement sous un masque à oxygène. Sa main
considérablement amaigrie reposait inerte sur le lit. Il la prit dans la
sienne, elle était glacée.
-Pourquoi elle a le teint gris bleu?
demanda t-il à Janet qui était entrée.
-C’est dû à une mauvaise irrigation en
oxygène du sang. C’est pourquoi nous lui donnons de l’oxygène par le masque.
-Elle va s’en sortir ? dit-il en
la regardant droit dans les yeux,
-Je ne sais pas colonel, vraiment pas,
mais je fais tout mon possible. Le laboratoire travaille 24 heures sur 24 pour
trouver un remède. Nous avançons. C’est tout ce que je peux vous dire.
Le
colonel faisait de la peine à Janet, il avait mauvaise mine et ne semblait pas
beaucoup dormir depuis le début de la maladie de Sam.
-Venez avec moi colonel, je voudrais
vous examiner.
Il
la suivit sans rien dire et sortit tout en jetant un dernier coup d’œil à Sam
qui n’avait pas bougé.
Elle
l’avait obligé à s’allonger, elle écouta son cœur, sa tension était trop
élevée, mais elle le trouva fatigué mais en bonne santé.
-Vous devriez aller dormir un peu
colonel !
-Je voudrais retourner voir le major
dit –il.
-Ecoutez colonel, je ne voudrais pas
avoir à vous l’ordonner, mais c’est inutile de rester là, s’il y a le moindre
changement je vous ferais prévenir. Il faut garder vos forces pour le sauvetage
de Daniel.
-Oui vous avez raison, mais je voudrais
rester ici, à l’infirmerie , je serais plus près au cas où …. Il ne finit pas
sa phrase mais Janet avait compris.
-Entendu colonel, allez vous allonger
sur le lit au fond. Personne ne viendra vous déranger. A part Sam, c’est plutôt
calme en ce moment.
Jack
s’allongea et sombra aussitôt dans le
sommeil. Janet sourit en le voyant déjà si profondément endormi et
elle le recouvrit d’une couverture pour
qu’il ne prenne pas froid.
Le
docteur David Thomas était l’adjoint de Daniel. C’était un civil spécialiste des civilisations gréco-latines.
Homme de trente cinq ans environ, grand
et mince il était assez renfermé de
caractère. Au SGC depuis plus de trois ans déjà, il avait participé à de
nombreuses traductions, et le travail en laboratoire lui convenait
parfaitement. Daniel faisait souvent appel à lui dans le cas
d’artéfacts ou de tablettes venant de
temples grecs.
Il
se tenait penché sur les photographies prises par Daniel. Il n’avait pas beaucoup
de temps, le général Hammond voulait des réponses rapides.
-La vie du professeur Jackson en dépend
avait-il dit à la fin du briefing.
David
savait tout cela mais c’était une démarche contraire à celle qu’il faisait
d’habitude : prendre son temps. Un
bon archéologue ne doit jamais être pressé afin de ne pas s’embarquer sur de
fausses pistes. Là, il lui fallait faire vite et bien, et surtout ne pas se
tromper. Il mit le plus de monde possible sur les photos. Les traductions
avançaient bon train, c’était du grec ancien assez facile à traduire, mais sans
grand intérêt, un long hommage à Asclépios, décrivant ses vertus et ses faits
de gloire. Toutefois son attention fut attirée par un passage qui n’avait aucun
sens à première vue, une succession de
lettres et de chiffres. Il pensa que la solution était peut être là. Après
avoir traduit les lettres dans l’alphabet occidental il obtint ce message
sibyllin.
814N1K 136C7K
ZVXVWZX WV VG ZRIVMVE
WV EVRW HLRKVOXHZ
Il
pensa tout de suite que la première
ligne constituait sans doute les codes de deux planètes. Il fit part de ses
observations à Teal’c.
-En effet docteur Thomas, il y a une
correspondance certaine avec un code, mais je pense qu’il faut inverser les
chiffres et lire dans l’autre sens, ainsi 814N1K devient
K1N418 et 136C7K devient K7C631.
-Vous avez raison Teal’c, allons tout
de suite en parler au général Hammond.
O’Neill
arrivait à ce moment et ils se réunirent
dans la salle de contrôle où se trouvaient les ordinateurs contenant toutes les
données des planètes répertoriées, visitées ou non. Dans le registre des
anciens, il y avait encore des centaines de planètes qu’ils ne connaissaient pas. Peut être que
celles-ci s’y trouvaient.
Le
sergent Siler lança le logiciel avec les
deux présumées coordonnées, puis la puissante machine se mit à tourner. En
quelques minutes le verdict tomba « aucune corrélation ».
Hammond
soupira et se tourna vers David.
-Il faut vous remettre au travail.
-Peut être qu’il n’y a rien sur ces
photos qui puissent nous aider, dit l’archéologue d’un ton déçu.
-Daniel a tout photographié rétorqua
O’Neill, la solution est sûrement là ! Pressez-vous, dit-il durement au
jeune homme, nous n’avons pas de temps à perdre.
David
jeta un regard mauvais à O’Neill mais celui-ci s’en soucia comme d’une guigne.
Il avait d’autres soucis en tête, la maladie de Sam dont le remède se trouvait sans doute sur ces photos, et
Daniel qui avait disparu. « Le seul peut être capable de déchiffrer ce
charabia de lettres et de chiffres », pensa t-il amèrement.
En
regardant bien les lettres et les chiffres David remarqua qu’il y avait deux
mots semblables, très courts
« WV », il pensa tout de suite à un code de substitution de
lettres. On établit une grille codée et on remplace une lettre par une autre.
Il poussa un profond soupir, des codes il y en avait des milliers. Comment
trouver le bon ? Il se plongea la nuit entière dans ses livres. Il essaya
des dizaines combinaisons sans succès. Puis il trouva. Il appliqua le code et
la phrase apparut miraculeusement.
Il
était 6 heures du matin. Il savait qu’Hammond était déjà debout, de toute façon
celui-ci lui avait donné l’ordre de le réveiller à n’importe quelle heure. Le
général réunit un briefing d’urgence,
O’Neill qui ne dormait pas arriva tout de suite, et Teal’c quelques minutes
plus tard.
-J’ai trouvé mon général dit David en
préambule, c’est l’ atbash !
-La quoi ? fit O’Neill
-L’atbash. C’est un cryptogramme
utilisé par les hébreux. Quand on veut
coder un texte on suit une grille spéciale de codage. C'est-à-dire
qu’on remplace la première lettre de
l’alphabet par la dernière et deuxième par l’avant dernière et ainsi de suite.
Et on fait pareil pour les chiffres de 0 à 9.
-Il ne s’agit pas d’un texte hébreu
ici ? dit Hammond.
-Bien sûr mais l’atbash peut
s’appliquer à n’importe quel alphabet. Ce qui m’a pris du temps , c’est que les
lettres de l’alphabet grec ne correspondent pas forcément à l’alphabet
occidental, et …
-Si vous en veniez au fait, on perd du
temps là, coupa O’Neill.
David
dut prendre sur lui-même. « ce colonel est un rustre, aucune culture, il
ne s’intéresse à rien »
-Il a raison, dit Hammond donnez-nous
la traduction.
David
soupira :
-Voici le texte après conversion de l’alphabet grec en
alphabet occidental ; il projeta sur l’écran la photographie des symboles.
ZVXVWZX WV VG ZRIVMVE
WV EVRW HLRKVOXHZ
814N1K 136C7K
-En
utilisant le code atbash poursuivit-il ,
on obtient la phrase suivante :
« 479X3P te 296H9P eacudac ed te iarenev ed ueid soipelcsa”.
-Mais ça ne veut rien dire ! dit
Hammond
-Si,
il suffit de lire la phrase à l’envers dit David
Et
la phrase décodée apparut sur l’écran :
asclepios dieu de veneria et de caducea P9H692
P3X974
-Nous avons là les coordonnées des deux
planètes d’Asclépios. Le docteur Jackson se trouve sans doute sur Caducéa dont les coordonnées sont :
P3X974 conclut-il triomphalement.
-Excellent travail docteur.
-Merci général.
-Mon général, mon équipe sera prête à
partir dans quinze minutes, dit O’Neill aussitôt.
-Parfait colonel, rendez-vous à la
porte des étoiles.
22 janvier Planète Caducéa
Dans
son cachot Daniel n’avait pas dormi, les liens étaient si serrés qu’il pouvait
à peine bouger et des crampes douloureuses crispaient ses membres.
Elle
le torturait depuis plusieurs jours.
Il
était maintenant à genoux, les mains attachées derrière le dos, il ne disait
pas un mot. Il venait de sortir d’un long évanouissement, un brouillard qui
l’avait enveloppé durant des jours. Il avait à peine conscience qu’il s’était
retrouvé en très mauvaise posture. Il ne dirait rien, il ne savait rien et
avait hâte qu’elle le tue. Trois fois déjà il était passé par la case
sarcophage, il savait que son supplice pouvait durer des mois. Il eut une
pensée pour Jack qui avait souffert la même chose entre les mains de Baal.
Comment avait-il fait pour tenir ?
La mémoire lui revint un peu, il se souvenait de lui avoir rendu visite.
Mais pour lui il n’y aurait aucun recours possible. Sauf si ses amis avaient pu
traduire les mots mystérieux entrevus sur les murs du temple. Cette phrase
qu’il avait photographiée et qui contenait sûrement l’adresse de l’autre
planète d’Asclépios, celle où il était maintenant, sans doute
Sa
pensée dériva un instant, il s’enfonçait dans un monde de douleurs et de
désespoir, une bienfaisante perte de
conscience le soustrayait à présent au monde de la souffrance qui était devenu
le sien.
23 janvier planète Caducéa
L’équipe
d’O’Neill composée de Teal’c, du sergent
Léa Marvin, et de David Thomas, venait de
franchir le shapaï de Caducéa. C’était une planète chaude et désertique.
Il n’y avait pas d’ arbres et rien pour
se cacher.
Il
furent surpris de ne trouver aucun jaffa, la porte n’étant pas surveillée.
-Restons sur nos gardes, ce n’est pas
normal dit O’Neill.
Ils
coururent pendant quelques centaines de mètres jusqu’à des rochers, où ils
purent se dissimuler.
-Sergent ? des signes de vie, demanda O’Neill.
-Oui, mon colonel vers le nord à peu près à deux kilomètres.
-En route.
La
chaleur était intense et la brève course qu’ils venaient de faire les faisait
transpirer. Ils enlevèrent leurs vestes et restèrent en tee-shirt avec leur
gilet pare balle. Ils arrivèrent bientôt en vue d’un immense palais grec en
marbre blanc orné de colonnes doriques.
Ils
se dissimulèrent derrière un talus à une centaine de mètre du monument et firent le point.
-On dirait que la planète est déserte
dit David Thomas.
-Non David,il y a des signes de vie,
dans le palais et à l’extérieur dit Léa.
Il
y eut soudain un bruit violent comme une détonation puis un vaisseau mère
jaillit brusquement de l’hyper espace et
vint se positionner au dessus du palais.
Les
anneaux de transport s’activèrent, mais impossible de savoir si quelqu’un
montait ou au contraire arrivait. Le rayon unissant le palais au vaisseau
fonctionna à plusieurs reprises. Puis le vaisseau s’ éleva dans les airs
et disparut dans un grondement.
-Redoublons de prudence dit O’Neill
Chacun
savait parfaitement ce qu’il avait à faire. Ils se dispersèrent et placèrent
des charges tout autour du palais et le long du sentier qui menait à la porte.
Puis
ils entrèrent dans le temple.
Le
silence régnait dans la cellule de Daniel. Après un ultime tour dans le
sarcophage il était revenu guéri de ses dernières blessures, mais il était
atteint beaucoup plus profondément qu’il
ne le paraissait. L’épuisement le gagnait, et puis ces supplices sans
fin étaient terrifiants car il n’avait aucune échappatoire, le sarcophage le
guérissait et il était prêt pour une nouvelle séance de torture. Elle prenait
un plaisir sans fin à le faire souffrir pour lui faire avouer les secret de la Taur’i. Daniel avait toujours cru qu’Asclépios était un
dieu bon, guérisseur et compatissant. Il avait écouté son histoire, sur le
moment il n’y avait pas fait attention, mais Asclépios n’avait pas été reconnu
à sa juste valeur et en avait conçu une amertume profonde et une haine pour les
hommes. Le sarcophage avait fait le reste. Il savait pour l’avoir expérimenté
lui-même combien le sarcophage peut transformer quelqu’un, le rendre mégalo,
méprisant, égoïste, mauvais, même cruel. C’était là le lien qui unissait tous
les Goa’ulds, la soif effrénée de pouvoir, la perte de sens moral, l’orgueil,
tout cela exacerbé par la puissance et
la malignité du sarcophage. Aucune pitié à attendre de ce dieu de la médecine
destiné dans un premier temps à sauver les hommes et à les guérir.
Plongé
dans ses pensées, Daniel ne remarqua pas
tout de suite le silence qui régnait autour de lui. Il avait entendu le
vaisseau et le vrombissement des anneaux de transfert mais il n’y avait pas
fait particulièrement attention, car il y avait des mouvements de troupes tous
les jours. Mais là le silence était étonnant dans ce palais qui d’habitude
bruissait comme une ruche. La reine était-elle partie ? « C’est
maintenant mes amis qu’il faut venir, vite ! pensa t-il avec
désespoir »
Une
première détonation lui fit relever la tête, puis une deuxième et une
troisième. Il écouta le cœur battant, puis il se mit à crier, à hurler :
« je
suis ici, au secours ! au secours ! » Il y eut encore le bruit de plusieurs
détonations, maintenant il en était sûr, c’était eux, des tirs de zat
résonnaient, le bruit de corps qui tombent, puis la voix, celle de Jack
-Daniel vous êtes là ?
Il
se mit à hurler sans discontinuer, appelant ses amis pour qu’ils se guident au
son de sa voix. Des pas approchèrent de la pièce où il était enfermé.
-Eloignez-vous de la porte, Daniel.
Une
petite détonation eut raison de l’imposante serrure qui fermait sa cellule.
Daniel
était enchaîné à la muraille, c’est la première chose que vit Jack en entrant
quand la fumée se fut dissipée, puis il
remonta jusqu’au visage de son malheureux ami, et son cœur se serra, bien que
Daniel n’ait pas de blessures apparente il comprit tout de suite ce qui ‘était
passé, la torture jusqu’à la mort, puis le sarcophage.
-Daniel, bouchez vous les oreilles dit
Jack.
Puis
il tira dans les anneaux qui retenaient les chaînes à la muraille. Mais Daniel
ne tenait pas debout, alors Teal’c le prit sur son épaule tel un fétu de
paille, et c’est un étrange cortège qui courut jusqu’à la porte des étoiles,
dans un cliquetis de chaînes qu’ils n’avaient pas eu le temps de défaire.
Ils
firent exploser toutes les charges laissant derrière eux un champ de ruines, et
se jetèrent dans le vortex.
23 janvier Colorado Springs
-Mission accomplie mon général dit
O’Neill dès qu’il eut franchi la porte.
Le
général Hammond sourit, heureux de retrouver Daniel. Janet était optimiste, il
se remettrait assez vite de ses épreuves. La dépendance au sarcophage serait un
peu plus longue à guérir, mais avec le temps tout rentrerait dans l’ordre.
Elle
surprit sur elle le regard angoissé d’O’Neill. Il n’osait même plus lui
demander des nouvelles de Sam.
-Venez avec moi, colonel dit –elle.
Elle
l’emmena dans son bureau, loin des regards et des oreilles indiscrètes, elle
referma soigneusement la porte derrière elle.
-Asseyez-vous dit-elle. Comment allez-vous colonel ?
demanda t-elle en le regardant attentivement.
-Ce n’est pas de moi qu’il s’agit docteur, mais de
Carter ! Elle va plus mal ?
-Non, elle va plutôt mieux.
Il
bondit, soudainement heureux.
-Je peux la voir ?
-Restez assis colonel et écoutez-moi.
Elle
l’observa et le trouva épuisé, un pli profond barrait son front, ses lèvres
étaient serrées et son regard à la fois
dur et inquiet.
-Avec les traductions qu’ a fait
David Thomas nous avons trouvé comment
enrayer la maladie. Je lui ai fait la première injection hier matin. Sa fièvre
était tombée dans la soirée.
-Alors je peux la voir répéta –t
il ?
-Colonel qu’est ce que vous lui avez
fait ? dit Janet après un instant de lourd silence.
-Mais rien du tout ! protesta t il
vigoureusement.
Il
se posait lui-même la question depuis un moment, elle ne voulait pas le voir et
il ne comprenait pas pourquoi.
-Elle refuse de vous voir « pas
après ce qu’il a fait » m’a-t-elle dit.
O’Neill
était atterré, mais il voulait savoir.
-Ecoutez docteur, le seul moyen est de
lui demander ce qu’elle me reproche, après on verra.
-D’accord mais je vais avec vous, Sam
est encore très faible, et je ne voudrais pas qu’elle rechute parce que vous
l’avez bousculée.
-Vous me croyez capable de faire une
chose pareille ? demanda t-il d’une voix blanche.
-Vous n’êtes pas toujours très
diplomate, colonel dit-elle en souriant
Il
baissa la tête.
-Oui c’est vrai concéda t-il.
A
l’infirmerie Sam était réveillée, dès qu’elle vit O’Neill elle détourna la
tête.
Janet
fit signe à Jack de rester en retrait, elle s’approcha de la jeune femme.
-Sam, comment te sens-tu ? lui
demanda t-elle tout en l’observant. La jeune femme avait repris des couleurs,
elle était sur la voix de la guérison.
-Fatiguée, dit Sam d’une voix lasse.
-Il y a quelqu’un qui veut te voir,
Sam.
-Non Janet.
-Mais que se passe t-il ?
-C’est trop dur murmura la malade.
Janet
s’assit sur le bord du lit et lui prit la main.
-Qu’est ce qui est trop dur ?
-Je ne peux rien dire. Je ne veux pas
le voir, c’est tout.
-Mais tu ne pourras pas le fuir
indéfiniment, il est ton supérieur…
-Non, j’ai démissionné dit Sam en
regardant autour d’elle. Je ne comprends pas, pourquoi suis-je ici à
l’infirmerie ?
-C’est le colonel qui t’a ramenée. Tu
étais chez toi, tu aurais pu mourir, il t’a sauvé la vie.
-Il n’aurait pas dû…
-Tu n’a pas le droit de dire une chose pareille s’indigna Janet.
Pendant
toute cette conversation, O’Neill était resté à l’écart à quelques mètres du
lit de Sam. Il entendait les deux jeunes femmes chuchoter. Il commençait à
s’impatienter, trop de mots , trop d’hésitation. Il perdit patience.
-Docteur ! et il s’avança vers le lit.
Janet lui cachait le visage de Sam. Il la prit par
la taille l’obligea à se lever et prit
sa place sur le bord du lit. Il prit aussitôt la main de Sam, celle-ci résista,
voulut la retirer mais il la tenait fermement entre les siennes. Finalement
elle cessa de lutter sentant la chaleur qui émanait des mains de l’homme. Cela
la réchauffa, car elle se sentait glacée jusqu’aux os.
-Docteur, vous pouvez nous laisser dit
Jack.
-Ne la fatiguez pas, je reste à côté.
-Maintenant Carter, dites moi ce qui se
passe. Qu’est ce que vous me reprochez ?
La
jeune femme avait fermé les yeux, elle tourna la tête vers le mur. Une larme
coula sur sa joue. Il passa un doigt léger pour essuyer cette larme, comme une
douce caresse.
-Carter ? Sam ?
Elle
resta muette, sa main inerte dans ses grandes mains à lui, elle était comme
absente.
Elle
murmura seulement
-Trop dur…plus vous voir… jamais…
Il
reçut ces mots comme un coup de poignard en plein cœur. Mais qu’est ce qu’il
lui avait fait ?
-Carter, dites-moi au moins ce que vous
me reprochez !
-C’est votre droit monsieur, vous vivez
votre vie comme vous l’entendez, je n’ai pas le droit…
Il
commençait à s’impatienter :
-Pas le droit de quoi Carter, bon
sang ! j’y comprends rien !
Il
avait du élever la voix car Janet entra dans la chambre.
-Colonel, sortez maintenant. Regardez
dans quel état vous mettez ma malade !
-Mais enfin docteur….
-S’il vous plait colonel, sortez !
Il
se retrouva le nez contre la porte fermée. Il rageait, mit ses poings serrés
dans ses poches et alla dans ses quartiers prendre ses affaires de sport,
espérant qu’au gymnase quelqu’un pourrait être son adversaire pour un combat.
Il avait besoin de se défouler et d’évacuer toute cette tension, de se vider
l’esprit.
Il
trouva Teal’c qui s’échauffait , il lui
proposa aussitôt un combat. Teal’c vit dans le regard de son supérieur
qu’il n’aurait pas trop de toute sa force s’il voulait le vaincre.
Ils
se mirent en garde. La violence d’O’Neill lui donnait une grande force qui
surprit Teal’c, mais elle lui enlevait un peu de son objectivité et le rendait
plus vulnérable sur un combat plus long.
Il commença à prendre des coups, au menton, aux pommettes, au ventre. Ses mouvements
se ralentirent, Teal’c s’en aperçut, son but n’ était pas d’écraser O’Neill.
-Vous êtes moins vivace O’Neill,
défendez-vous dit-il en l’envoyant au tapis. D’un mouvement souple des reins le
colonel se releva et se mit en garde. Mais il avait perdu de son agressivité,
après un autre coup qui le fit chanceler, il leva la main.
-Ok Teal’c, vous avez gagné !
Puis
il se précipita dans les douches. Teal’c l’avait amoché, un large bleu sous son
œil commençait à noircir. Il laissa couler l’eau fraîche de la douche sur son
corps ruisselant de sueur. Il resta un long moment sous le jet reprenant peu à
peu ses esprits.
Sam
sanglotait sans pouvoir s’arrêter.
-Janet,
je suis trop faible, hoqueta –t’elle.
-Trop faible ? Il me semble que
vous avez une force incroyable pour surmonter une telle maladie !
-Non, devant le colonel.
-Allez-vous enfin avouer ce que vous ressentez pour lui ? demanda
Janet avec espoir. Elle soupçonnait ce qui rongeait Sam, mais elle ne l’avait
encore jamais entendu de sa bouche.
-De l’amitié Janet, une grande amitié,
c’est tout.
-Alors pourquoi ne voulez-vous plus le
voir ? Ce n’est pas logique.
-Je ne sais pas dit la jeune femme
faiblement, c’est au dessus de mes forces.
-Et si vous me racontiez tout
Sam ? demanda doucement Janet, qu’a fait le colonel O’Neill ?
-Il a une autre femme dans sa vie
murmura t-elle.
Janet n’était pas vraiment étonnée, le colonel
était bel homme et avait beaucoup de succès féminin. Beaucoup d’employées de la
base avaient des vues sur lui. En réfléchissant elle ne pensait pas que c’était
quelqu’un de la base, plutôt quelqu’un à l’extérieur.
-Vous savez qui c’est Sam ?
-Non, dit Sam, et je m’en fiche.
Janet
voulut obliger Sam à avouer ces sentiments, mais à quoi bon ? si le colonel avait une femme dans sa vie. Ce
n’était pas la peine de peiner Sam
encore davantage.
-Sam, tout à l’heure vous avez parlé de
démission, pourquoi ? vous aimez votre métier ? vous adorez être sur
le terrain, vos amis vont vous manquer.
-C’est vrai, mais je suis fatigué de
tout cela, c’est trop dur !
-Qu’est ce que est trop dur Sam, il
faut me le dire.
-Le voir avec une autre, souffla t-elle avec des larmes dans les yeux.
Je préfère partir.
Janet
ne sut pas quoi répondre à cela. Elle sentait
la souffrance de la jeune femme. Elle la prit dans ses bras comme une
enfant et la berça jusqu’à ce qu’elle se calme.
Sam
s’endormit, épuisée.
Janet
se promit de faire une enquête. Elle le devait bien à son amie. Elle savait que
la fièvre bleue pouvait donner des hallucinations, mais elle ne savait pas
jusqu’à certain quel point. Le colonel O’Neill avait-il une femme dans sa
vie ? elle allait essayer de le découvrir.
Le
soir O’Neill quitta la base, Janet sur ses talons. Il s’en était tout de
suite aperçu, il avait une grande
expérience des filatures et Janet n’était
pas vraiment discrète. Il passa par
le super marché et fit quelques achats pour la semaine, son frigo était vide,
il lui fallait faire le plein de bières.
Janet
attendait dans sa voiture à la sortie. Elle se doutait bien qu’O’Neill l’avait
vue. Mais il n’avait rien manifesté.
L’un
suivant l’autre ils arrivèrent devant chez le colonel. Janet se gara un peu
plus loin et le vit sortir de sa voiture les sacs de provision et rentrer dans
sa maison. La lumière s’alluma aussitôt dans les pièces du rez de chaussée.
Elle entra dans le jardin sur la pointe des pieds. Il faisait nuit et on ne
pouvait pas la voir de l’intérieur. Elle mit son nez à la fenêtre, un peu
honteuse de ce qu’elle faisait. Elle risquait la cour martiale à espionner
ainsi un colonel. Mais pour son amie elle était prête à prendre tous les
risques. Le colonel était seul dans sa maison, il était assis sur un fauteuil
face à la fenêtre et elle pouvait le
voir parfaitement. Il avait une bière à la main, et s’était laissé aller en
arrière contre le dossier et avait fermé
les yeux. Elle le vit boire une bière, puis deux puis trois… Comme il prenait
la quatrième elle se décida à sonner.
-Docteur, fit il d’un faux air étonné
en la voyant sur le seuil. Que puis-je faire pour vous ?
-Je peux entrer une minute ? demanda t-elle en hésitant.
Elle
n’aimait pas du tout l’air qu’il avait en ce moment, goguenard, avec une pointe de cynisme. Il la
laissa passer et la fit entrer dans son séjour.
Il
attendait debout au milieu de la pièce
sans la faire asseoir.
-Il s’agit de Sam dit-elle.
Psychologiquement elle ne va pas bien du tout.
-Je m’en suis aperçu dit-il en lui
montrant le fauteuil devant lui. Qu’est ce que je peux faire ?
Janet
décida de jouer la carte de la vérité, tant pis si Sam ne voulait plus parler
ensuite.
-Sam pense que vous avez une femme dans
votre vie.
Il
écarquilla les yeux.
-Une femme ? sérieux ?
-Oui
sérieux, dit Janet.
-Et c’est pour cela que vous me
suiviez ? dit Jack avec ironie.
Janet
se sentit rougir, et elle lui dit tout. La conversation qu’elle venait d’avoir
avec Sam et sa décision de le suivre pour l’espionner.
-Vous savez que vous risquez la cour
martial major Frazier ? dit –il d’une voix lente et froide.
Janet
rougit comme une écolière.
-Je sais, mais Sam est mon amie et
j’ai pris le risque.
-C’est tout à votre honneur dit O’
Neill. Elle a de la chance de vous avoir.
Il
ne dit rien de plus, plongé dans ses réflexions, et but une gorgée de bière.
-Colonel ? dit Janet, est ce que
vous pouvez répondre à ma question, avez-vous une femme dans votre vie ?
-Rien de sérieux, Janet, non je ne vois
pas.
-Excusez-moi d’insister mon colonel
mais est ce que Sam a pu vous voir ?
Il
fit la moue
-Je n’en sais rien du tout, mais tout
est possible.
-Vous avez des aventures ?
-Ecoutez docteur, j’ai été clair
non ?
-Dernière question Colonel , est ce que
vous aimez Sam ?
Jack
se leva brusquement pour ne pas faire voir son
trouble.
-Vous savez colonel, je vous pose la
question , mais je connais la réponse.
-Je ne vous ai rien dit du tout, gronda
t-il, maintenant laissez-moi.
Semaine du 20 mars
La
santé de Sam s’était améliorée, elle avait complètement récupéré sur le plan
physique, mais sur le plan psychologique il en était tout autrement. Elle se
sentait vite fatiguée, n’avait plus le moral et devait se bousculer pour se
lever le matin. Rien ne l’intéressait. Elle partait en mission par habitude,
mais sans enthousiasme. Le général Hammond avait refusé sa démission, il lui
avait demandé de réfléchir quelque temps et d’attendre d’être complètement
rétablie pour se décider.
Elle
avait été bien obligée d’accepter.
Ses
relations avec le colonel O’Neill étaient extrêmement tendues. Ils ne se
regardaient plus, le colonel lui donnait sèchement des ordres et semblait en
état de colère permanente. Il bousculait aussi Daniel qui ne savait plus à quel
saint des vouer et lançait des regards désespérés à Sam.
Janet
essaya bien de cuisiner Sam, mais elle se heurta à un mur. Celle-ci ne voulait
pas croire ce qu’elle lui disait, et l’attitude butée d’ O’Neill n’arrangeait
pas les choses.
A
la suite d’une mission qui avait failli rater par manque de cohésion de
l’équipe, le général Hammond se décida à porter un grand coup.
-Asseyez-vous colonel dit Hammond.
O’Neill
s’assit et attendit que le général qui l’observait se mette à parler.
-Que se passe t-il avec le major
Carter ?
-Mais rien mon général.
-Ce n’est pas ce que dit le docteur
Frazier.
-Je ne vois pas de quoi vous voulez
parler mon général, dit O’Neill en fronçant les sourcils.
-Ecoutez-moi colonel vous ne sortirez
pas de ce bureau avant de m’avoir tout dit. Le ton de Hammond était sec.
-Je ne voudrais pas vous manquer de
respect mon général, mais je ne comprends pas.
-Bon,
dit Hammond fermement , vous voulez que je vous mette les points sur les
i ! Le major Carter semble vous en vouloir beaucoup.
-Oui, mais j’ignore pourquoi.
-Finalement je ne veux pas le savoir,
mais ce que je sais c’est que SG1 ne peut pas continuer comme cela. La dernière
mission a failli être un désastre, vous pouvez m’expliquer pourquoi ?
-Un fâcheux concours de circonstances
mon général.
-Ah oui ! dit le général Hammond en colère, moi je
pense plutôt que votre équipe n’est plus soudée colonel, vos hommes ne vous
obéissent plus, ou mal !
O’Neill
ne répondit pas. Il savait bien que le général avait raison, Carter était
ingérable. Il le dit à Hammond.
-Si on retirait Carter de mon équipe et
qu’on la remplace par quelqu’un de plus compétent, cela irait beaucoup mieux.
-Il n’en est pas question, dit Hammond.
Le major Carter est la personne la plus qualifiée que nous ayons. Je pensais plutôt vous faire remplacer, VOUS,
car il me semble que le problème vienne de vous, colonel !
Il
eut la satisfaction de voir O’Neill
pâlir.
-Mon
général, je vais reprendre en main mon équipe. Cela ne se reproduira pas.
-Excellent colonel ! Rompez !
Le
colonel O’Neill sortit furieux de chez Hammond. Il rejoignit immédiatement
Teal’c et Daniel qui était au mess.
-Où est le major ? dit-il d’un ton
sec.
-Sam ? dit Daniel. Elle est dans
son labo je crois.
-Allons-y dit O’ Neill.
-Où ça ? dit Daniel.
O’Neill
ne répondit pas mais d’un geste impérieux il les invita à le suivre.
Il
ne frappa pas à la porte du labo de Sam, et entra comme chez lui. Sam était
plongée dans une expérience et il ne la voyait que de dos.
-Major ! cria t-il.
Elle
poussa un petit cri, il lui avait fait peur. Elle se troubla.
-Mon colonel ? Qu’est ce qui se
passe ?
-Il se passe que notre dernière mission
a été catastrophique et que nous devons faire le point.
Ils
s’assirent autour du bureau de Sam. Celle-ci semblait absente comme si cette
réunion ne la concernait pas.
O’Neill
commença :
-je n’ai qu’une chose à vous dire à
tous les trois, enfin surtout à vous major : j’entends que mes ordres ne
soient plus discutés, que vous obéissiez immédiatement.
Sam
ouvrit de grands yeux.
-Excusez-moi mon colonel, mais j’ai
toujours obéi à vos ordres !
-Je regrette, vous décortiquez toutes
mes décisions, vous perdez ainsi un temps précieux, c’est pour ça nous avons
failli rater notre dernière mission. Je n’ai pas besoin de vous rappeler qu’une mission ratée peut se
traduire par la mort !
-Sauf votre respect mon colonel insista
Sam avec courage, si je décortique vos ordres c’est qu’ils ne me paraissent pas
toujours fiables, à la limite dangereux !
-Major, la voix d’O’Neill était froide
comme sa colère, vous devez obéir, vous êtes militaire ! C’est votre
devoir !
Sam
sentit qu’il ne fallait pas insister, plus O’Neill parlait lentement plus il
était dans une rage terrible.
-A vos ordres monsieur !
Daniel
et Teal’c se regardaient atterrés. Daniel voulut placer un mot, il se fit
rembarrer brutalement et n’insista pas.
Ils
sortirent un par un du labo de Sam. O’Neill sortit le dernier sans un regard
vers la jeune femme. Il n’aurait pas supporté de voir son visage décomposé.
Il
savait qu’il était injuste, mais il se trouvait pris entre le marteau et
l’enclume. Il devait reprendre en main son équipe, sinon, c’était lui qui
sautait. Et puis le danger était réel sur les planètes qu’ils visitaient,
Hammond avait eu raison de le reprendre et de le rappeler à son devoir.
L’ambiance
était délétère, ils ne se parlaient plus que pour le minimum. Sam s’était
rapprochée de Daniel et de Teal’c. ils étaient ensemble le plus souvent
possible, et le colonel de son côté restait seul, ce qui dans un sens l’arrangeait bien.
Les
briefings aussi étaient tendus et Hammond ne supportait plus cette atmosphère
de guerre permanente qui régnait entre eux.
Teal’c
avait bien essayé lui aussi de rapprocher le major et le colonel, peine perdue.
Le
général Hammond décida de mettre son plan à exécution. Il y pensait déjà depuis
plusieurs semaines.
Il
réunit SG1 qui s’installa autour de la table dans le plus grand silence. Aucun
document n’avait été préparé, ce ne serait pas un briefing comme les autres.
Le
regard du général fit le tour de la table, il ne reconnaissait plus son équipe
phare, ils se tenaient les yeux baissés, ne se regardaient plus, ne
s’écoutaient plus, il était grand temps de réagir.
Il
tapa du poing sur la table.
-Colonel O’Neill, major Carter ça ne peut plus
durer !
Les
deux protagonistes relevèrent la tête en même temps, étonnés du ton si
déterminé du général.
-Tout d’abord docteur Jackson et Teal’c
je vous accorde quinze jours de congé.
-Des congés ? Mais général Hammond
…
-Inutile de discuter docteur, vos
congés prennent effet immédiatement. Voulez vous nous laisser ?
Et
quand ils furent sortis, Hammond attaqua immédiatement :
-A vous deux maintenant, dit-il en se
tournant vers Jack et Sam, Je vous envoie en mission sur P8V765.
-Tous les deux mon général ? dit
O’Neill surpris.
-Absolument.
-Et que doit-on faire ? demanda
Sam.
- Première chose vous réconcilier.
C’est absolument indispensable pour le bon fonctionnement de cette
équipe. Ce n’est pas négociable, colonel dit-il en voyant qu’O’Neill
ouvrait déjà la bouche pour protester…
le général poursuivit :
- Vous me ferez une étude climatique, des
relevés géologiques, il y a peut être du naquadah dans le sol, je veux tout
savoir sur cette planète. Comme elle n’est apparemment pas habitée, je veux
savoir pourquoi. Des questions ?
-Non , mon général, à vos ordres mon général,
dit O’Neill d’un ton neutre.
-Soyez prêt à partir dans une heure.
Ah ! pendant que j’y pense, c’est
une planète primitive et froide. Emportez des vêtements chauds !
La
planète était inhospitalière. A perte de vue des champs de neige et de glace.
Un fort blizzard soufflait embarquant des paquets de neige et rendant la
visibilité proche de zéro. Ils devaient absolument trouver un abri.
-Par là cria Sam en montrant un petit
promontoire.
Hammond
avait parlé d’une planète primitive, il n’avait pas mentionné qu’elle était aussi glaciaire. O’Neill pesta en se
buttant contre les monticules de neige,
et en dérapant sur les plaques de glace.
Carter aussi était en difficulté, mais elle essayait comme toujours de faire
bonne figure, même si elle ne comprenait pas le plan du général. Elle
s’inquiétait de beaucoup de passer quelques jours de promiscuité avec O’Neill.
Car c’est ce qui allait se passer, ils seraient tassés tous les deux dans un
toute petite tente, obligés de se parler, de s’occuper l’un de l’autre. Il fut
un temps où elle se serait réjouie de cette situation, maintenant elle la
redoutait. Rien n’était plus comme avant. Elle n’avait plus d’espoir. O’Neill
était perdu à jamais pour elle et elle ne pouvait supporter cette idée. Si
seulement elle pouvait revenir en
arrière quand tout allait bien entre eux. Elle aurait tellement aimé qu’ils
puissent encore se parler, se regarder, se toucher par mégarde le cœur battant,
rire de ses petites plaisanteries, faire tous ces petits riens qui rendaient les
journées si belles et si lumineuses.
En
perdant l’amitié d’O’Neill son soleil s’était éteint.
Ils
arrivèrent le long d’un rocher et
commencèrent à monter leur tente. C’était difficile car leurs doigts étaient engourdis par le froid. Ils étaient
obligé de crier pour se parler tellement le vent soufflait fort.
La
tente leur offrait un abri tout à fait
relatif. Elle atténuait seulement un peu la morsure du froid. O’Neill prépara une boisson
chaude, tandis que Sam tirait de son sac quelques rations lyophilisées. Cela
leur ferait un repas chaud.
Elle
tenait son quart brûlant dans ses deux mains, une douce chaleur pénétrait ses
membres engourdis, pour la première fois depuis longtemps, elle se sentit bien.
Ils se couchèrent sans un mot, le vent était tombé, et le silence envahit
l’étroit habitacle. Ils s’enfoncèrent dans leur duvet, la nuit étant tombée ils
n’avaient rien d’autre à faire que dormir. Ce n’était pas encore la paix entre
eux, mais cela y ressemblait.
Elle
se réveilla la première, il faisait grand jour et un rayon lumineux éclaira
soudainement l’intérieur de la tente. Du soleil !
Elle
souleva un peu la toile de la porte et elle dut refermer les yeux aussitôt tant
la lumière était vive et brillante.
Elle
regarda son compagnon, il dormait profondément. Elle s’assit toujours enroulée
dans son duvet, car la température était très froide à l’extérieur, et à peine
plus chaude à l’intérieur.
-Mon colonel appela –telle.
Il
fut tout de suite sur le qui vive, vieille habitude militaire.
-Major ?
-Je vais sortir faire quelques relevés
mon colonel !
-Carter vous n’irez nulle part avant
d’avoir pris une boisson chaude et mangé quelque chose, dit-il sans la
regarder.
Ils
sortirent de leur duvet et enfilèrent plusieurs épaisseurs de vêtements. Ils se
tournaient le dos, faisant rapidement comme à la sauvette.
Après
le café préparé par O’Neill , et une barre de céréale ils allèrent affronter le
froid. C’était comme des milliers d’épingles qui leur piquaient la peau, un
froid vif qui faisait geler leurs mains et les rendaient maladroits. Sam
installa tout de même des capteurs météo, juste à côté de leur tente.
-Mon colonel ! Pour que mes
relevés soient intéressants il faut que je mette des capteurs dans toute la
zone.
-Bien Carter ! Allons-y.
Ils
passèrent leur première journée à travailler ensemble. Le soleil atténuait un
peu la sensation de froid. Ils ne se parlaient pas beaucoup juste le minimum,
mais O’Neill n’aboyait plus ses ordres et Sam se sentait plus calme malgré les conditions difficiles, terrain accidenté et
climat rigoureux.
La
nuit tombait à 4 heures de l’après midi, et Sam redoutait un peu la longue
soirée qui les attendait. Aucun des deux n’avait envie de dormir, et le temps
passerait lentement, très lentement. Le mutisme d’O’Neill était très dur à
supporter pour Sam. Elle n’avait pas l’habitude de rester ainsi des heures sans
parler à ne rien faire à côté de quelqu’un qui semblait plongé dans un abîme de
réflexions.
-Mon colonel, nous devons parler.
-Je vous écoute major ! Le ton
était sec et n’engageait pas aux
confidences. Ils devaient se réconcilier, Hammond l’avait exigé mais Sam ne
savait pas par quel bout commencer, et le regard hautain d’ O’Neill n’allait
pas lui faciliter la tâche. Il pouvait être si intimidant parfois ! Elle savait qu’elle devait le faire, lui
pouvait rester des jours sans dire un seul mot, cela ne le dérangeait pas du
moins elle le croyait.
Elle
commença lentement comme si elle se parlait à elle-même, sans le regarder,
assise, ses bras entourant ses genoux.
-La fièvre bleue m’a beaucoup perturbée,
avant que je tombe réellement malade, je
me sentais très mal. Il me semblait que les gens se moquaient de moi,
qu’ils ricanaient dans mon dos. J’avais des vertiges et des hallucinations.
Janet m’a bien fait comprendre que j’avais cru voir certaines choses, que
j’avais déformé des réalités…
Elle
s’interrompit un instant pour regarder le colonel, il la regardait, ne souriait
pas , mais il ne l’interrompait pas et
semblait l’écouter. Cela l’encouragea à poursuivre.
-Ce n’est pas facile pour moi mon
colonel de vous parler, mais je voulais m’excuser de mon attitude. Je vous ai
empêché de venir me voir, mais pourtant je sentais parfois votre présence à mes
côtés, cela me faisait du bien.
-Vous n’avez pas à vous excusez Carter,
vous étiez malade, dit-il d’un ton bourru, mais pourquoi refusiez-vous de me
voir ? ajouta t-il.
-La fièvre m’avait perturbé l’esprit,
je croyais avoir vu … des choses qui n’existaient pas. Je voyais le monde
s’écrouler autour de moi, je devais me protéger, j’étais si mal, murmura t-elle
en hésitant.
O’Neill
savait très bien ce qui se passait, ce que Sam avait vu, Janet le lui avait dit, mais il savait que
Sam ne l’avouerait jamais. Et c’était tant mieux ! Il y avait des
évènements et des sentiments qu’il valait mieux garder sous silence.
Il
ne répondit pas, n’accepta pas ses excuses, elle n’attendait pas cela non plus.
Ce qu’elle voulait simplement c’est qu’il lui parle ! Mais il se taisait
obstinément.
Chacun
replongea dans ses pensées. Sam se retourna elle aurait voulu pleurer mais pas
devant lui, jamais, ne pas lui faire voir ses faiblesses. Il avait horreur des
femmes qui pleurnichent et font voir leurs émotions.
Elle
réalisait soudain qu’elle le connaissait très mal. Dans leur travail, avant,
tout se passait bien parce qu’ils étaient l’un comme l’autre de grands
professionnels, mais pourquoi d’un seul coup tout avait basculé ? parce
qu’il voyait une autre femme ? ce n’était sûrement pas la seule raison, il
y avait autre chose dans leur relation qui
clochait, cela devait être sous jacent depuis un moment, et puis cela s’était
révélé d’un coup à la faveur de sa maladie. Au fond de son cœur elle le savait
ce qui n’allait pas, sa réaction à la vue d’O’Neill, une femme pendue à son cou,
c’était de la jalousie ! ni plus ni moins. Mais elle n’était pas prête à
l’admettre. Janet disait que ce n’ était pas important, mais avait-elle
raison ? Et puis à quoi bon !
De toute façon cela ne changeait rien au fait qu’il ne pourrait jamais y avoir
quelque chose entre eux.
Les
heures passaient lentement, ils préparèrent leur repas de rations et de
bouillon chaud. Rien de bien réjouissant. Et puis l’étroitesse de leur
habitacle ne facilitait pas leurs mouvements, ils se butaient souvent et s’excusaient
maladroitement, d’un grognement.
Sam
s’énerva :
-Mon colonel, ça ne peut plus
durer !
-Carter , ça suffit, ne soyez pas
hystérique dit-il d’un ton cassant,
calmez-vous. Et elle ne put endiguer le
flot de larmes qui jaillit de ses yeux, elle avait tout fait pour dominer ses
émotions et voilà que là le barrage était rompu.
Ils
étaient assis très près l’un de l’autre, il n’avait qu’à tendre le bras pour la
toucher, ses doigts n’étaient qu’à
quelques centimètres de ses cheveux. Elle avait la tête baissée, et ne
le voyait pas. Sa main recula, il ne devait pas, non, c’ était impossible.
La
voir pleurer était toujours insupportable pour lui, c’était si rare ! Cela
ne lui arrivait que dans les cas graves, quand elle n’en pouvait plus, que la
tension était trop forte, alors là, elle se relâchait, tous les nerfs tombaient
et elle pleurait toutes les larmes de son corps. Il ne pouvait rien faire pour
l’en empêcher, impuissant face à sa détresse.
Ses
sanglots s’espacèrent, elle se moucha bruyamment et murmura un
« excusez-moi mon colonel, je ne sais pas ce qui m’a pris ».
Puis
elle ajouta :
-Je crois que je vais démissionner
finalement.
-Demandez au général Hammond un long
congé, vous ne semblez pas avoir retrouvé toutes vos forces.
Un
long congé ! son cœur se serra , il voulait se débarrasser d’elle ! Elle s’en doutait !
-Et vous me remplaceriez par qui ?
demanda t-elle d’une petite voix.
-Oh ! on trouvera,
c’est pas un problème !
Cela
confirmait toutes ses craintes. Elle était une gêne pour lui ! La douleur
l’étreignait !
Le
silence retomba dans la petite tente. Puis la fatigue la submergea, elle se
sentait si fatiguée ! Elle s’allongea et ferma les yeux.
Ils
marchaient dans le brouillard, éloignés l’un de l’autre de quelques pas seulement
et déjà ils ne se voyaient plus. Ils s’étaient encordés car le terrain était
difficile et un brusque réchauffement de l’atmosphère avait rendu leur marche
dangereuse, rendant instables les plaques de glace. Ils avançaient lentement,
la corde flottant mollement entre eux.
O’Neill marchait devant tâtant le sol du
bout du pied, chaque pas pouvait cacher un piège. Il redoublait de prudence.
Mais Sam avait insisté pour faire ses relevés qui devaient être faits tous les
jours.
Elle
entendit le cri et sentit la corde se tendre et une force irrésistible
l’entraîner vers l’avant. Elle lutta de toutes ses forces pour ne pas tomber et
se cramponna à un rocher.
-Mon colonel ! hurla t-elle où
êtes-vous. ? Mon colonel !
Son
cri s’étouffait dans le brouillard, elle
l’appelait , hurlait son nom. Il était tombé mais où ? elle ne voyait rien. Prudemment elle lâcha le rocher et fit quelques pas hésitants quand elle sentit la
glace se rompre sous ses pieds. Elle comprit , le colonel était tombé dans
l’eau glacée ! Quelques minutes
suffiraient à le tuer ! Elle recula et
tira rapidement une autre corde de son sac et planta un piton dans le
rocher elle y accrocha la corde puis
elle jeta l’extrémité de la corde dans l’eau. Elle le voyait maintenant à la faveur d’une éclaircie,
il était plongé jusqu’au cou dans l’eau
profonde et avait du mal à refaire surface et de temps à autre sa tête s’enfonçait. Elle
hurla
-Prenez la corde, bon sang, Jack ! prenez la corde !
Dans
son émotion elle l’avait appelé par son prénom, mais qui aurait pu l’entendre ?
Il
réussit à agripper la corde, elle commença à reculer sur la plaque de glace, à
plat ventre et tira de toutes ses forces. L’opération fut longue et pénible car
il fatiguait. Finalement il réussit avec son aide à remonter sur le bord.
Ses
vêtements étaient trempés, il grelottait ! il était en danger. Il était
resté trop longtemps dans cette eau glacée.
Heureusement
ils étaient proches de leur tente, le
brouillard avait disparu aussi vite qu’il était arrivé. Elle le soutint sur la
centaine de mètre qui les séparaient de la chaleur.
Il
s’effondra dès qu’ils franchirent le seuil.
Elle
mit aussitôt de l’eau à bouillir sur le petit réchaud, puis songea à ce qu’elle
devait faire, le faire boire, lui
enlever ses vêtements mouillés, le frictionner, le réchauffer. Peut être que cela suffirait ? pensa
t-elle. Elle se rappelait ses cours de survie en milieu hostile et espérait
qu’elle ne serait pas obligée d’aller plus loin.
Il
avait besoin d’elle, sa fatigue à elle avait disparu comme par miracle.
Il
claquait des dents, son visage était bleui de froid. Elle lui prit sa
température sur le front, elle avait déjà dangereusement baissé.
Il
la regardait d’un œil tranquille malgré ses tremblements.
-Il va falloir le faire Carter…trop
froid…mourir…
-Non ! vous n’allez pas mourir, je
vous l’interdis ! dit-elle en élevant la voix.
L’eau
était chaude, elle commença à lui faire boire un thé bouillant qui amena un
semblant de couleur sur son visage.
-Mes vêtements… les enlever.
Elle
s’attaqua à la veste, qui avait gelé sur
lui et formait une carapace. Elle dut couper ses vêtements aux ciseaux,
s’écorcha les doigts, mais elle ne sentit même pas la douleur. Maintenant les pulls, elle hésita devant le tee shirt et le lui
ôta. Il était torse nu, elle lui enleva ses rangers et ses deux
paires de chaussettes. Elle hésita devant la ceinture du pantalon.
-Vite… murmura t-il !
Elle
défit la ceinture et lui fit glisser son pantalon sur ses hanches. C’était la
première fois qu’elle le voyait d’aussi près et aussi nu. Sa peau était
violacée et marbrée, Mais malgré son trouble elle commença à le frotter avec
une serviette pour bien sécher la peau. Il tremblait convulsivement sans
pouvoir s’arrêter, ses dents claquaient. Son regard était fixé sur elle comme
la suppliant de la sauver. Elle le
retourna pour essuyer son dos. Elle passa ses mains sur ces cicatrices, il en
avait un nombre impressionnant. Son boxer aussi était trempé…. Elle hésitait ce
n’était pas facile pour elle.
-Tout, murmura t-il , faut tout enlever…
-Mon colonel excusez-moi, et elle fit
glisser le boxer le révélant dans toute la nudité de son corps parfait. Elle
rougit, elle pâlit, elle rougit encore , le feu au visage. Elle prit une autre
serviette et le frotta énergiquement. Quand elle voulut le rhabiller il l’en
empêcha.
-Il faut le faire Carter, vite !
Alors
sans hésiter elle sortit une couverture de survie, elle attacha les deux duvets
pour n’en faire qu’un grand, puis elle se déshabilla entièrement. Elle se
coucha à plat ventre sur lui, enveloppant leurs deux corps dans la couverture
de survie et elle rabattit sur eux le duvet.
Le
contact de la peau glacée du colonel la faisait frissonner. Elle l’enveloppa de
ses deux bras, mêla ses jambes avec les siennes. Puis glissant son visage au
niveau de son cou, elle laissa son souffle le
réchauffer. Ils restèrent plusieurs heures ainsi sans bouger. Elle
n’osait pas faire un mouvement, il s’était assoupi, ses tremblements se
calmaient.
Elle
n’avait pas dormi, son corps était ankylosé à force d’immobilité. Elle se mit
sur le côté et le toucha, sa peau était encore froide mais il ne tremblait
plus.
Il
bougea un peu.
-Mon colonel souffla t-elle , il faut
que j’aille à la porte des étoiles chercher du secours.
Leurs
regards se croisèrent.
-Non, pas maintenant Carter, c’est la
tempête dehors, murmura t-il, le blizzard…
-Il faut que j’y aille mon colonel
dit-elle d’une voix suppliante, vous êtes encore gelé.
-Non Carter, restez comme ça près de
moi, il faut attendre… trop de vent… trop froid.
Elle était sur lui, nue, le cœur battant à tout
rompre. Elle se souleva sur les bras, son regard à lui se troubla en se posant
sur sa poitrine. D’un élan de tout son être, un élan qu’elle ne pouvait
réprimer elle approcha sa bouche de la sienne, elle resta un instant juste au
dessus de ses lèvres, puis les frôla
avec les siennes, en bougeant légèrement
la tête de droite à gauche. Il se laissait faire, ses yeux étaient fermés, il
ne bougeait pas. Alors elle s’enhardit, perdant toute raison. Avec ses lèvres, elle ouvrit la bouche de l’homme
et sentant son souffle chaud elle approfondit le baiser. Fiévreuse, elle sentit soudain son
désir. Le souffle de Jack devenant alors
plus court, il répondit à son baiser
avec passion et voulut passer ses deux
bras autour d’elle, mais il n’en avait pas encore la force. Frustré, il laissa
échapper un grognement sourd. Alors elle se blottit contre lui le
serrant bien fort contre elle pour lui communiquer sa chaleur et sa force. Ils
restèrent ainsi longtemps serrés l’un contre l’autre.
-Il faudrait vous rhabiller, mon
colonel…dit-elle au bout d’un moment.
-Pas encore, trop froid, mal…
Elle
s’inquiéta :
- Où avez-vous mal mon colonel ?
-Aux pieds… mains….
Sam
se leva et passa des sous vêtements et mit
un tee shirt. Puis elle prit ses mains
dans les siennes, ses grandes mains
habituellement si chaudes et si fortes,
et elle commença à les frictionner doucement, pour faire revenir la
circulation, elle fit de même avec ses pieds, mais le sang qui recommençait à
circuler lui causait des douleurs intolérables. Elle s’arrêta et elle lui donna un peu de thé bouillant, en
prit une tasse puis elle se recoucha
tout contre lui, passa un bras sur son torse et sentit son cœur qui battait
régulièrement bien qu’un peu lentement. Il avait perdu cette immobilité si
proche de la mort et elle sentait la vie
maintenant sous ses doigts, mais tout n’ était pas encore gagné.
-Dès que le vent sera tombé , j’irai à
la porte des étoiles monsieur. Je ne peux pas vous donner tous les soins que
votre état demande.
-Vous voulez m’envoyer chez le
Doc ? dit-il légèrement.
-Oh oui ! mon colonel, et elle vous
fera plein de piqûres pour vous réchauffer.
-Aië dit-il
en souriant.
-Vous n’y échapperez pas mon colonel
dit-elle avec un rire un peu forcée.
Ce
qui lui avait paru si naturel la veille, la gênait maintenant. Mais il ne
semblait pas avoir envie qu’elle parte, il avait encore si froid … c’était lui
qui se serrait contre elle, il recherchait sa chaleur, alors elle se laissa
faire.
Elle
s’assoupit.
Quelques
heures plus tard, le vent était tombé, elle put parcourir le chemin qui les
séparait de la porte des étoiles. La mission était terminée pour eux.
Elle
avait reçu quelques soins pour des
engelures et de petites blessures aux mains, mais rien de grave.
-Comment va-t-il ? Janet dit elle en
levant les yeux vers le médecin.
-Ne bougez pas Sam dit Janet en lui
mettant un pansement sur les coupures qu’elle s’était faites aux doigts.
-Janet ?
-Il va bien, vous avez fait ce qu’il
fallait, dit-elle en jetant un regard à Sam. Celle-ci était devenue écarlate,
cela fit sourire Janet. Je suppose que cela n’a pas dû être facile ?
Un
coup d’œil noir de Sam la dissuada de continuer sur ce registre.
-Bon… dit-elle un peu embarrassée, je
vous laisse… vous pouvez le voir mais pas trop longtemps.
Il
disparaissait sous une épaisse couverture, de lui on ne voyait que le visage et
le haut des épaules. Une perfusion coulait dans ses veines, lui apportant
hydratation et nutriments. Il avait les yeux fermés, mais ne dormait pas ;
il entendit la porte et des pas menus s’approcher de son lit. C’était elle, il
avait senti son parfum léger et fleuri. Son cœur s’accéléra.
Elle
s’approcha et s’assit sur le bord du lit, le cœur battant de façon désordonnée, elle
savait qu’un jour il faudrait qu’ils reparlent de ce qui s’était passé sous la
tente.
-Merci avait-il dit
-Quoi ? perdue dans ses pensées,
elle n’avait pas entendu qu’il lui parlait.
Leurs
regards s’accrochèrent un instant, puis ils détournèrent les yeux en même
temps, la gêne s’installait entre eux. Il fallait dire ou faire quelque chose.
Sam
se lança :
-Je suis venue prendre de vos nouvelles
mon colonel. Quelle sotte ! pensa
t-elle naturellement je suis là pour ça.
La
tension était palpable quand il répondit sur le même ton,
-Je vais bien Carter.
Silence.
-Mon colonel commença Sam, je peux vous
parler ? Vous n’êtes pas trop fatigué ?
-Je vous écoute Carter.
-Eh bien, j’ai demandé un rendez-vous
avec le général Hammond, je vais lui faire part de la décision que j’ai prise
pour ma carrière.
Elle
s’arrêta un instant le dévisageant, essayant de lire sur son visage ce qu’il
pouvait ressentir. Mais il était très fort à ce petit jeu et elle n’avait
jamais rien pu découvrir quand il voulait cacher quelque chose. C’est un visage
lisse et sans émotion qu’il lui offrait à cet instant.
-Je vais rester au SGC. Je vais prendre
un congé maladie, et je reviendrais.
Se
trompait –elle ? avait-elle cru voir une lueur de soulagement dans son
regard ? Cela n’avait duré qu’une fraction de seconde, mais elle l’aurait
juré.
Elle
se permit un léger sourire :
-Si vous voulez toujours de moi mon
colonel ?
Il
la regardait avec un petit sourire en coin, qui avait le don de l’énerver au
plus haut point habituellement. Mais pas là, elle était heureuse de le
retrouver ce petit sourire, cela voulait dire que tout était possible entre eux
, une bonne entente, une certaine connivence, de l’amitié et même beaucoup plus…
Il
n’avait pas besoin de répondre, oui il voulait qu’elle reste. Alors elle se
pencha et posa un léger baiser sur sa bouche, mais quand elle voulut se relever
une main puissante la prit par la nuque la déséquilibra et l’écrasa contre son
torse. Puis il prit son visage entre ses deux mains, et approcha ses lèvres des
siennes, les taquinant dans un ballet très sensuel, puis le baiser devint plus
profond, interminable…
Maintenant
elle connaissait sa réponse, définitivement,
c’était oui, … et pour toujours.
FIN