AURELIA

 

 

Fic 51

 

Saison 8 après Affinity avant Threads.

Disclaimer : pas à moi, pas de sous…

Genre : romance

Résumé : Trop court pour en faire un

Avertissement : cette fic  comporte une scène NC17.

 

 

COUP DE BLUES

 

 

 

 

 

 

 

 

 Elle avançait sur le chemin, je la voyais venir, mais ne vins pas à sa rencontre. Que venait-elle faire ici ? Elle avait toujours refusé mes invitations, si souvent refusé que je ne l’invitais même plus. Marre de  passer après son réacteur ou ses expériences si palpitantes. Il y avait des limites tout de même !

La dernière fois que l’on avait eu une conversation un peu plus privée c’était dans son labo le soir ou plutôt la nuit où je lui avais demandé son rapport. C’était ce soir là qu’elle m’avait montré la bague. Elle n’avait pas dit non. Mais j’ai su plus tard qu’elle avait dit oui. Pas par elle, mais je l’avais appris par Daniel, véritable concierge au courant de tous les potins. Je savais qu’elle était très liée à  Daniel à Teal’c, quand elle était au plus mal moralement c’était vers eux qu’elle se tournait. J’étais heureux qu’elle trouve des confidents bien que cela me fasse mal. Son éloignement me faisait mal. Et puis ce foutu boulot m’éloignait d’elle.

Il me semblait que depuis que je dirigeais le SGC, je n’étais plus sur la même planète. Croulant sous les responsabilités et les ennuis le plus souvent, j’avais beaucoup moins de temps. Je n’étais plus disponible. J’étais dans mon bureau au sommet de la hiérarchie, et les distances s’étaient accrues entre nous.

 

Elle était toujours pareille, aussi efficace au travail, c’était un chef parfait pour SG1, elle savait prendre les bonnes décisions au bon moment. Elle affichait un visage serein, un sourire permanent, mais cela ne me trompait pas. Je lisais en elle comme dans un livre ouvert. Je savais voir les ombres qui passaient dans son regard quand elle ne se savait pas observée, le frémissement de ses lèvres, la pâleur plus accentuée de son teint ou les cernes de ses yeux. Tout cela je le savais par cœur, son visage était ancré en moi, je le voyais tout le temps, le jour et la nuit dans mes rêves. 

J’avais accepté la mort dans l’âme son choix de vie. Elle était libre. Que mon cœur se déchire, elle ne devait jamais le savoir. Je m’étais fait la promesse de ne jamais intervenir. Si elle était venue vers moi, je lui aurai tendu les bras, mais elle avait choisi de s’éloigner de faire sa vie un autre.  J’avais décidé de ne pas intervenir. Et je l’ avais fait.

Alors pourquoi maintenant ? Que venait-elle faire dans cet endroit où elle n’était jamais venue ? Le seul où je pouvais à peu près  l’oublier car elle ne hantait pas ces murs de sa présence. Je pouvais rester au bord de mon lac le cœur en paix, car  elle n’appartenait pas à ce monde.

 

Elle approchait, je ne bougeais pas d’un pouce, elle me fit un geste de la main mais je ne répondis pas. Je ne souriais pas quand elle arriva à ma hauteur. Son sourire à elle se figea.

         -Je vous dérange mon général ?

         -Qu’est ce que vous voulez dis-je d’un ton plus rude que je ne l’aurais voulu.

Elle sembla un instant décontenancée par la rudesse de ma voix. Elle recula.

         -Excusez moi, je n’aurai pas du venir dit-elle.

Elle me tourna le dos et avant que j’ai pu réagir elle était repartie sur le chemin.

         -Carter !

Elle se figea, comme si le son de ma voix lui intimait de rester, et c’est ce qui se passait dans le fond de mon âme mais je n’étais pas prêt à me l’avouer.

         -Où comptez vous aller comme ça ? Il fait presque nuit.

En effet le ciel s’obscurcissait, et elle se serait perdue dans le réseau de petites routes qui sillonnaient la région.

Elle revint lentement vers moi, mais elle ne souriait plus.

         -Je ne voulais en aucun cas vous déranger mon général.

         -C’est fait dis-je brutalement,  alors entrez maintenant, ne restons pas là dehors, il commence à faire froid.

Avec la nuit un petit vent frais s’était levé et je la vis frissonner dans ses vêtements légers.

A l’intérieur il faisait aussi froid que dehors, je fis rapidement une flambée. Nous n’avions pas dit un seul mot depuis que nous avions franchi la porte, elle était restée plantée au milieu de la pièce et je sentais son regard sur ma nuque tandis que j’étais agenouillé devant le feu.

Quand je me relevais son regard se détourna rapidement.

         -Vous avez faim ? soif ?

         -Non merci, mon général.

         -Mais asseyez-vous Carter dis-je impatiemment, ne restez pas debout.

Elle prit place sur le canapé , je m’assis un peu plus loin d’elle me tournant de côté pour la regarder.

         -Vous vouliez me parler ?  lui demandais-je d’une voix radoucie

         - Oui, mais finalement je n’aurais pas du venir,  c’était une très mauvaise idée, excusez moi dit-elle la gorge serrée, pas loin des larmes.

         -Alors on en reste là, je ne veux pas vous brusquer,  je vous fais voir votre chambre.

Je lui fis signe de se lever et elle me suivit dans le couloir.

         -Là vous avez la chambre, la salle de bain est en face.

 Et je la laissais, ne voulant pas voir son visage crispé, et ses yeux agrandis par le chagrin ou par autre chose qui la faisait souffrir.

J’ouvris la porte du frigo, mais moi non plus je n’avais pas faim, seule la bière me tentait. Je pris le pack et le posais sur la table basse. J’allongeais mes jambes devant le feu, comme je le faisais souvent quand il commençait à faire frais. La première gorgée de bière me désaltéra, la canette fut bientôt vide et j’en bus bientôt une seconde puis une troisième. Avant d’ouvrir la quatrième je ricanais tout seul « O’Neill tu es bien mal parti , en être réduit à boire comme un trou alors que quelques pas plus loin, elle est là, toute seule dans son coin, à ruminer sa peine. Mais qu’est ce que tu attends pour aller la rejoindre ? »

 

Mais non, je ne bougeais toujours pas de mon fauteuil, pas le courage, et puis la prendre dans mes bras serait l’idée la plus stupide de la journée. Elle était fiancée, devait se marier dans quelques semaines. Elle aurait du être avec son « Pete ». Il n’était pas là lui pour la consoler, la prendre dans ses bras, lui faire l’amour ! Comment pouvait-il la laisser seule ? j’en frémissais de rage.

 

Mais pourquoi était-elle venue ?

 

A minuit passé je me décidais à aller me coucher. Ma chambre était juste à côté de la sienne. A travers la cloison j’entendis des sanglots. C’en était trop. Je pouvais supporter beaucoup de choses, mais pas l’entendre pleurer. « Ah si je le tenais ce Pete de malheur je lui casserais la figure ! »

Sans faire de bruit je ressortis et alla coller mon oreille à sa porte. Oui c’était bien des sanglots.  Je frappais d’un coup léger, mais elle ne m’avait pas entendu. Alors j’ouvris le battant doucement. Il ne faisait pas noir, car elle  n’avait pas tiré le rideau et la clarté de la lune éclairait la pièce d’ une lueur blanche. je m’approchais lentement, elle était roulée en boule, un mouchoir dans sa main.

         -Carter ! dis-je en me laissant attendrir.

Elle sursauta et se moucha rapidement

         -Mon général ! excusez moi bafouilla t-elle ? Je vous ai réveillé ?

         -Mais non, je ne dormais pas. Vous allez bien ? « quelle phrase idiote, mais non ! ça ne va pas bien puisqu’elle pleure ! »

Elle sanglota de plus belle.

         -Allons Carter, venez murmurai-je.

Je m’assis au bord du lit et elle vint se blottir dans mes bras. Je la sentais qui se calmait petit à petit. Je la berçais,  elle était bien sur mon épaule, et moi, je ne m’étais pas senti aussi heureux  depuis longtemps. Je l’aimais, mais je n’avais pas le droit de le lui dire. Alors je savourais ce moment d’intimité entre nous, un moment si rare et si sublime.

Elle finit par s’endormir, je le sentis à sa respiration qui devenait calme. Elle n’avait pas dit un seul mot mais je crois qu’elle avait besoin du réconfort de mes bras. Délicatement  je la fis glisser  et l’allongeais. Je mis une couverture sur elle pour qu’elle ne prenne pas froid. Je la contemplais encore un instant, et la quittai à regret.

 

 

Le lendemain il faisait grand jour quand j’ouvris les yeux. Une odeur de café me réveilla, elle était là, elle était déjà levée. Je passai rapidement sous la douche, et je n’entendis pas la porte se refermer. Quand je pénétrais dans la cuisine, il y avait un bol et la cafetière pleine qui m’attendait.

 

Sur la table un papier. Je pris la feuille le cœur battant , elle avait tracé de sa belle écriture ces simples mots :

 

« Merci d’ être toujours là pour moi. »

 

 

 

 

Partie 2

 

 

Je retournais la feuille dans mes mains comme pour y trouver un sens caché, un éclairage nouveau, quelque chose qui m’aurait échappé. Je soupirai.

Ma première idée fut de jeter ce papier qui signait la fin de mes espérances.

Mes espérances ? Franchement !  c’était d’un ridicule ! je pratiquais l’autodérision dans ces moments là, pour ne pas m’attendrir ou bêtement m’apitoyer sur mon sort.

Finalement je dépliais la petite boule de papier que j’avais dans le creux de la main, la défroissais  soigneusement, et la rangeais au fond d’un tiroir, peut être la ferais-je encadrer pour me rappeler d’être moins idiot la prochaine fois.

Que veux-tu elle t’a pris au mot !  Tu lui as  fait comprendre depuis 8 ans que tu serais toujours là pour elle !

 Puis le fatalisme fit place à la colère, mais bon sang elle ne se rendait pas compte de la cruauté de sa démarche, venir me narguer jusque chez moi, au fin fond du Minnesota.  Quel égoïsme ! Je devais consoler la demoiselle et ensuite elle repartirait se jeter dans les bras de l’autre. Comme je l’enviais celui-là, il n’avait que les bons côté de sa personne, c’est à lui qu’elle disait les mots d’amour, c’est lui qu’elle embrassait ! c’est à lui quelle faisait…

Stop ! On arrête tout là ! Inutile de te torturer O’Neill ça ne sert à rien. Et puis c’est de ta faute après tout, tu n’avais qu’à la laisser se perdre dans les petits chemins, mais non, il a fallu que tu lui ouvres ta porte ! que tu la prennes dans tes bras, c’était plus fort que toi ! Quel pauvre idiot tu fais ! Ne va pas te plaindre !

 

Je ne bus même pas le café qu’elle avait préparé. Je préférais sortir prendre l’air, marcher sur les sentiers, grimper dans les rochers, me laver les poumons et l’âme par un effort physique intense.

Je partis presque au pas de course et parcourus plusieurs kilomètres, quand je m’arrêtais, épuisé, je me sentis mieux et regagnais tranquillement mon chalet. Il me restait suffisamment de temps pour réparer ce radiateur qui ne fonctionnait plus, et puis voir le carburateur de ma voiture, et peut être même grimper sur le toit, cette gouttière qui fuyait, et puis la porte de la cuisine…

Arrivé en haut du chemin qui dominait le lac, je respirais à longues goulées un air pur qui me revigora. Le paysage était époustouflant, l’eau si claire qu’on voyait presque le fond du lac, les sapins , une végétation luxuriante et mon chalet. J’en oubliais presque mes tourments tellement j’aimais cet endroit.

 

Je me figeais à quelques mètres de la maison, elle n’était pas partie, ou peut être était-elle revenue, je ne savais pas, je n’avais pas entendu le bruit de sa voiture.  Elle m’attendait assise sur un banc. Elle ne m’avait pas vu, et avait la tête dans les mains tandis que  de longs sanglots lui secouaient les épaules.  

Je reculais, mon cœur se ferma ! J’étais dans une telle rage que je préférais ne pas rentrer, ne pas la voir, ne pas lui parler, il fallait que je me calme !  Je pris un petit sentier qui tournait autour de la maison, et m’éloignais de quelques pas. Elle devait m’attendre depuis longtemps,  j’étais parti plusieurs heures. Lasse sans doute, elle se leva et reprit le sentier qui conduisait à sa voiture.

Mon cœur cessa de battre ! Elle partait, et certainement de façon définitive. Elle ne reviendrait pas.

Je redescendis vers le chalet et la vit qui s’éloignait lentement.

Non, ! je ne pouvais pas la laisser partir !  pourtant mes pieds étaient comme ancrés dans le sol, j’étais paralysé et incapable de bouger, le cerveau totalement englué. Je la vis qui montait dans sa voiture, et je restais planté là, immobile.

Mais secoue toi donc, elle part là !

Le silence était revenu et la poussière du chemin retombait déjà quand enfin je réagis. Je  grimpais dans ma voiture, démarrai sur les chapeaux de roues. Je vis sa voiture qui s’éloignait à vive allure, je klaxonnais, elle accéléra encore !

Quelle tête de mule ! le chemin était étroit, on pouvait à peine se croiser elle, évita de justesse une voiture qui venait en face, je dus moi aussi faire un véritable slalom qui me ralentit. Elle était déjà arrivée à l’embranchement, elle ne s’arrêta pas au stop et fila comme un bolide en direction de l’autoroute. Il fallait que je la rattrape avant. Mais j’avais un avantage je connaissais parfaitement la région il y avait un petit raccourci qui m’économisa plusieurs kilomètres. Dès que je vis arriver sa voiture, je me mis en travers de la route, la circulation étant intense de l’autre côté et elle dut piler sec pour éviter l’accident. Son capot s’arrêta à quelques centimètres de ma portière. Elle descendit furieuse et arriva à ma hauteur,

         -Mon général ! dit-elle en ouvrant de grands yeux.

         -Rangez vous sur le côté et montez avec moi Carter !

Elle balbutia quelque chose qui ressemblait à une vague protestation. Je lui jetais un regard impérieux, celui du genre « on obéit ou ça va barder », elle pâlit, et finit par murmurer :

         -A vos ordres.

Puis elle gara sa voiture, la ferma et monta en silence à côté de moi.

Le trajet vers mon chalet fut plus calme, mais nous n’échangeâmes pas un seul mot. Elle s’était tassée sur son siège, enfermée dans un mutisme de mauvaise augure.

 

La nuit était presque  tombée , je n’avais rien mangé de la journée, et je mourais de faim.  Je la fis asseoir dans le canapé du salon, et j’allais directement dans la cuisine, il fallait que je réfléchisse un peu. Je me mis à préparer le repas, une omelette persillée,  avec des champignons et des pommes de terre que je mis à cuire. Occuper mes mains me calmait. C’était toujours ainsi, soit je bricolais pendant des heures ou je pêchais, une autre activité qui me vidait l’esprit, un peu comme une méditation, de laquelle je sortais souvent apaisé.

 

Je lui demandais de mettre la table, elle obéit docilement.

Quand je revins avec le repas, elle me sourit. Mon cœur s’allégea un peu. Je ne savais pas ce qui allait sortir de cette soirée, mais nous étions tous les deux au pied du mur. Nous allions devoir tout mettre à plat. Je devais la forcer à faire un choix définitif. Je n’avais pas été dupe de sa venue chez moi la veille, elle hésitait dans son choix de vie, elle voulait mon avis, mais mon accueil l’avait rebutée. C’était logique, j’avais été odieux avec elle. Je l’avais bloquée par mon attitude glaciale, mais je n’étais pas en état d’entendre ses doutes et ses souffrances. Personne ne prenaient en compte mes incertitudes à moi, personne ne s’occupait de savoir si j’avais mal ou non. Je ne savais pas ce que je représentais pour eux tous, peut être une sorte de surhomme, celui sur lequel on s’appuie, celui qui est toujours là.

Marre de jouer ce rôle ! c’était trop dur, la vie que je menais était très difficile, toujours sur le pont, écrasé de responsabilités. Le sort de ma planète suspendu quelque fois à une simple décision d’ouvrir ou non l’iris. Je voulais mettre un terme à tout ça. Et puis elle était  une épine constante dans mon cœur. Elle ne se rendait absolument pas compte de l’effet qu’elle avait sur moi.

Elle voulait tout, c’était une insatiable de la vie.  Elle voulait l’amour, l’amitié,  se passionner pour son travail, avoir une famille. Elle était capable de tout faire, de concilier tout cela. Et pourtant, elle était parfois aveuglée, doutant d’elle-même, de tout, des autres. Je savais bien que c’était pour cela qu’elle était là. Elle voulait que je lui remonte le moral, que je la remette sur les rails. Elle avait besoin de moi. BESOIN DE MOI ! Mon cœur cogna un grand coup !  Bon sang ! Mais oui c’était ça. En fait elle ne pouvait se passer de moi, puisqu’au moindre chagrin, elle venait me voir.

Mais elle me quittait aussi facilement, j’étais  celui qu’on pouvait jeter !  pensais-je amèrement.

 

Nous avons mangé en silence, elle n’avait pas d’appétit, et chipotait dans son assiette, de temps à autre elle me regardait enfourner, j’avais une faim de loup, l’effort physique  et le grand air me faisait toujours cet effet là.

         -C’était pas bon ? lui dis-je.

         -Si, merci , mais je n’ai pas très faim. 

         -Un poids sur l’estomac ? dis-je d’un ton neutre.

         -Oui, en fait c’est ça, dit-elle à voix basse.

         -Et si vous me racontiez ? Vous avez assez joué au chat et à la souris pour ce week-end non ?

Et aussi joué avec mes nerfs, mais ça je ne le lui disais pas.

         -Je suis désolée dit-elle, des larmes plein les yeux. Je ne voulais pas vous causer le moindre souci.

         -Vous plaisantez là ? Vous débarquez chez moi sans prévenir, vous prenez la fuite, finalement vous changez d’avis !

Je lui parlais durement, mais les mots étaient sortis tout seul de ma bouche.

Elle me regardait les yeux agrandis par la surprise.

         -Je ne savais pas monsieur, que cela vous dérangerait.

         -Déranger n’est pas le mot que j’emploierais Carter. Et si vous en veniez au but de votre visite.

         -Je ne sais plus où j’en suis murmura t-elle. Tout est devenu si difficile.

         -Je vous écoute.

 

Elle se leva et me demanda si j’avais une bière.

Je lui apportais une canette et j’en pris une aussi. Nous nous sommes installés, elle, dans le canapé, moi dans mon vieux fauteuil, comme la veille les pieds près du feu. Elle a bu sa bière d’un seul coup,.

         -Vous en voulez une autre ? lui ai-je demandé avec ironie.

         -Oui je veux bien.

Je suis allée prendre le pack dans le frigo, et elle en a avalé deux avant de parler. Elle avait besoin de se sentir un peu ivre pour pouvoir décoller trois mots . Je la comprenais fort bien, j’étais pareil. De mon côté je me contentais d’une seule bière, il fallait que quelqu’un garde la tête froide, car je pressentais une soirée agitée et j’étais loin de m’imaginer  à quel point.

Elle commença à parler lentement sans chercher  de la cohérence dans ses propos. Cela venait du tréfonds d’elle-même et ça sortait difficilement. Carter au fond n’était pas une femme toute simple. Elle sortait en vrac tout ce qu’elle avait sur le cœur, la mort de sa mère qu’elle n’avait pu surmonter, ses relations tendues avec son père. Tout cela je le savais, ce n’était pas nouveau pour moi, Jacob m’en avait parlé un soir sur Vorach. Je l’écoutais sans l’interrompre, je ne la regardais même pas pour qu’elle se sente plus à l’aise.

Quand elle vint à parler de ses sentiments pour un certain Jack O’Neill, je commençais à me sentir mal, et je n’ai pas pu m’empêcher d’intervenir

         -Carter ! Arrêtez de dire n’importe quoi, vous allez vous marier dans trois semaines et avec Pete Shanahan !

         -Je sais me dit-elle avec aplomb sans remarquer l’incohérence de  ses phrases.

         -Alors vous dites que vous m’aimez  et vous en épousez un autre, ne venez pas vous plaindre !

         -J’en épouse un autre parce que je ne peux pas vous avoir , vous !

 

 

Tout cela me mettait très mal à l’aise. Cela prenait une tournure qui me déstabilisait. Je sortis pour cacher mon trouble, la nuit était claire mais la fraîcheur me fit du bien. Elle me suivit  et s’assit près de moi sur le banc. Elle se rapprocha et moi, naturellement je la pris dans mes bras. Je ne pouvais m’en empêcher, j’aimais tellement respirer le parfum de ses cheveux, sentir le doux poids de sa tête sur mon épaule. Je passais une main dans ses cheveux, ils étaient doux et soyeux. Mais que se passait –il derrière ce front buté ? Qu’est ce qu’elle n’exprimait pas et voulait me faire comprendre ?  Un pas en avant, un pas en arrière. Elle disait qu’elle m’aimait, mais je ne pouvais pas la croire. Elle devait éprouver pour moi une grande admiration, une reconnaissance, une gratitude, un truc dans ce genre,  je le sentais, c’était le même regard qu’avaient parfois Daniel et Teal’c. Je ne pensais pas que ça allait plus loin, j’étais son supérieur, son mentor,  de dix ans son aîné. Elle confondait un peu tous ces sentiments et prenait ça pour de l’amour.

Elle recula et me regardant dans les yeux,

         -Vous ne me croyez pas n’est ce pas ?

         -Non, je suis désolé.

Des larmes remplirent ses yeux, cela me bouleversa, je ne pouvais supporter de la voir pleurer.

         -Pourquoi ? me dit-elle d’une toute petite voix. 

Je pris mon temps pour réfléchir, pour moi c’était clair,,je l’aimais,  mais je devais trouver les mots qui l’aiderait à trouver en elle la clairvoyance. Ne pas l’influencer. Je voulais qu’ elle vienne à moi portée par un amour puissant qu’elle éprouverait vraiment. 

         -Je ne sais pas quoi vous dire Carter, vous devez réfléchir. Tenez il y a un truc que m’avait donné un instructeur à l’armée. Quand on se trouve devant un choix difficile, on prend une feuille de papier,  et on écrit le pour et le contre de chaque partie du choix. Faites-le Carter, vous hésitez entre deux hommes, mettez tout ça noir sur blanc, vous y verrez plus clair après.

Elle me sourit comme si je lui  avais apporté la solution sur un plateau, je lui rendis son sourire.

         -Bien je vais me coucher, vous devriez aussi vous reposer. Bonne nuit. Je vous laisse la lumière.

Je rentrais dans le chalet sans même la regarder ni attendre sa réponse. Je ne savais pas ce qu’elle allait faire, mais sans doute demain elle aurait pris sa décision,.

Je me couchais et me préparais à une nuit blanche, tant l’angoisse me serrait le cœur. Je l’entendis rentrer.

 La savoir là tout près de moi, en proie aux doutes, me tint éveillé plusieurs heures. J’entendais du bruit dans la chambre et je dus prendre sur moi pour ne pas aller voir ce qu’elle faisait.

Finalement je préférais aller dehors, et marcher un peu. La nuit n’était pas sombre  et la lune éclairait mes pas. Quand je revins j’allumais dans la cuisine et je vis tout de suite le papier sur la table, mon sang ne fit qu’un tour, quelle surprise m’avait-elle encore réservé ? 

Les mains tremblantes et le cœur battant comme un tambour je pris la feuille. J’avais peur comme jamais je n’avais eu peur de toute ma vie même dans les pires dangers. La tentation de ne pas voir ce qu’elle avait écrit fut très grande à ce moment là. Si elle avait choisi l’autre, je crois que je ne m’en serait pas remis. Je reposais le papier sur la table, non je ne voulais pas savoir, c’était ma vie qui était en jeu. Il était fort probable qu’elle avait écouté la voix de la raison, celle qui conférait à Pete toutes les qualités, et qui faisait de moi un personnage inaccessible. Elle ne savait rien de moi, et cela devait l’attirer et lui faire peur en même temps. Mais elle préférerait la stabilité avec un homme « ordinaire » loin de son travail, avec qui elle pourra parler des choses banales et simples de la vie quotidienne. 

Le papier faisait une petite tâche blanche sur la table. Dedans il y avait mon avenir. Mais je ne le dépliais pas, je ne voulais pas le lire.

 

 

 

 

Partie 3

 

 

 

Le silence n’était jamais total dans le chalet, dont les solives de bois, travaillaient et craquaient. Le plancher aussi grinçait sous mes pieds. J’avais retiré mes chaussures, et avançait précautionneusement pour ne pas la réveiller.

Sous la porte de sa chambre aucune lumière, elle avait éteint et dormait.

 

J’avais conscience  que j’agissais comme un adolescent, en ne lisant pas le papier,  mais en amour je savais que je n’étais guère plus âgé. Ma vie amoureuse s’était révélée un désastre et l’amour que nous avions Sarah et moi n’avait pas survécu au déchirement de la mort de notre enfant. Quand j’avais rejoint le projet Porte des Etoiles, j’étais dans un tel marasme psychique, que je ne songeais qu’à la mort.  L’amour m’ était  tombé dessus au moment où je m’y attendais le moins. Carter avec son regard bleu si lumineux et son sourire  éclatant, entra dans mon cœur comme une tornade. Elle avait tout ravagé sur son passage, et avait figé totalement ma vie amoureuse dans une sorte de no man’s land de souffrance, de douleur et de bonheurs mêlés. Plus rien ne comptait qu’elle, mais elle ne m’avait pas ménagé les coups de poignards par son insouciance. Et pourtant je savais qu’à un moment elle m’avait aimé. Lors du sinistre test d’Anise, nous avions dû  avouer en public le lien secret et mystérieux qui nous unissait.  Si moi je n’avais pas oublié, elle,  avait dû le faire depuis longtemps, Pete Shanahan en était la preuve.

Ma vie amoureuse se résumait à quelques liaisons sans importance, Carter avait pris toute la place et de manière définitive, et elle ne le savait pas, car je ne le lui avais jamais avoué. 

Fort de ma décision de ne pas lire le papier, je me mis au lit et m’endormis immédiatement.

 

Les premiers rayons du soleil éclairèrent la chambre et cela me réveilla. Il était neuf heures. J’allais aussitôt dans la cuisine,le papier n’avait pas bougé, il était toujours là, plié en quatre, à m’attendre.

Je préparais le café, tout en lorgnant la feuille sur la table. J’ ouvre ?  j’ouvre pas ? Je me sentais comme un adolescent boutonneux à son premier rendez-vous avec toutes les angoisses que ça présuppose. Allez O’Neill ! courage ! tu sais affronter les pires Goa’ulds et là tu hésites !

En fait j’étais mort de trouille. Heureusement qu’elle n’était pas là, je me serais couvert de ridicule. Cependant il valait mieux que je lise ce maudit papier avant qu’elle ne se réveille.

Je dépliais lentement la feuille, la peur au ventre comme si c’était une bombe que je devais désamorcer. Pitoyable !

 

La page était remplie et partagée en quatre comme je le lui avais suggéré. En haut deux prénoms, Pete sur la gauche de la feuille, Jack sur la droite (tiens j’étais Jack dans ses pensées ! )

Consciencieusement elle avait écrit  « pour » et « contre » sous chacun de nos prénoms et  la page était entièrement remplie de sa petite écriture serrée.

 

Du côté « Pete » elle avait écrit  « JE L’AIME »  en gros caractères.

cela me fit mal, terriblement mal. J’ai failli jeter la feuille, mais je me suis repris.  En dessous, elle avait rajouté quelques mots :

 

 

« il est gentil, il est drôle, il fait ce qu’il peut pour me faire plaisir,  avec lui j’aurai une  vie calme, une maison, une famille, deux enfants (il les adore) , des vacances, des sorties, des amis, une vie NORMALE, j’attends les permissions avec impatience.

Puis en dessous elle avait mis les « contre » :

 

« Vie peut être trop  calme, trop réglée,  travail dangereux (policier),  Est ce que nous nous entendrons bien longtemps ?

Je ne peux pas partager avec lui mon travail , et mes amis.

 

 

De mon côté à moi, il y avait plus de texte, mais elle n’avait pas fait trop de différences entre le pour et le contre.  Je pensais qu’elle avait écrit comme ça venait.

 

 

Homme fantastique, courageux, un chef remarquable, si sûr de lui. Avec lui on est toujours en sécurité, quoiqu’il se passe.

 Mon cœur bat comme un fou dès que je le vois, je tremble intérieurement, je l’aime aussi, mais c’est différent de Pete. LUI, je l’aime depuis si longtemps ! c’est devenu une habitude, quelque chose qui me ferait mal si je ne l’avais plus. Je l’admire, j’aime son courage, sa force, sa volonté. il est tout pour moi, mais est ce de l’amour ? Pourrions-nous nous entendre ? il a ses habitudes, sa vie, il est parfois extrêmement  intimidant. Il  est beau, si magnifiquement beau que je ne me lasse jamais de le regarder. Tout me plait chez lui.  Ses yeux se font souvent très doux pour moi, son sourire charmeur, il est terriblement séduisant, drôle parfois,  sexy…

J’aime l’observer, il le sait, il le voit, mais je le fais quand même, quand il passe sa main sur sa nuque il est fatigué, quand il grimace légèrement il est contrarié, quand il hausse le sourcil il se moque,  je connais jusqu’au moindre frémissement de sa bouche, et cette lueur dans le regard, je sais qu’il tient à moi.

 

 

Je croyais qu’elle me connaissait mal ! je m’étais trompé. Cela me fit beaucoup de bien ces phrases, cela ne voulait pas dire qu’elle m’aimait mais du moins qu’elle remarquait des choses dont je n’avais pas conscience, qu’ elle ME REGARDAIT…

 

Je poursuivis ma lecture.

 

Mais arriverions-nous à nous entendre au quotidien ? Nous sommes tellement différents !  Rien que de penser qu’un jour nous ferons peut être l’amour, me met dans un état de tension presque douloureux. Et si ce n’était pas aussi beau que dans mes rêves ? je crois que j’ai peur de concrétiser ce que je ressens, de gâcher cette belle amitié !  Et puis lui de son côté il ne m’aime peut être pas ? Quand je lui ai montré  la bague que m’avait offert Pete, il n’a pas eu de réaction. C’est à ce moment là que j’ai compris qu’il serait toujours là pour moi, mais comme un ami très proche.

Et puis J’ai dit oui à Pete, enterrant mon grand rêve de façon définitive. Mais cela n’a pas été aussi simple que je l’avais pensé. C’est pour ça que je suis venue, je voulais le voir, sa présence m’est indispensable comme l’oxygène que je respire.

 

A la fin de la page elle avait écrit :

 

J’ai fait mon choix. Mais je veux me donner une dernière chance. On dit que la nuit porte conseil, je vous verrais demain.  Pardonnez moi.

 

 

L’angoisse était toujours là, bien que les mots qu’elle avait écrits soient une véritable déclaration d’amour, rien n’était joué. Elle était tout à fait capable de me dire « je t’aime » et d’aller faire sa vie avec un autre, pour d’obscures raisons connues d’elle seule.

La tension qui m’agitait était trop forte, il me fallait de l’air. Je sortis mon matériel de pêche et m’installais sur le ponton au bord du lac, et je tentais de faire le vide dans mon esprit. En général j’y arrivais immédiatement, mais là non, les mots qu’elle avait écrits tournaient dans ma tête en une folle sarabande, elle m’aimait, mais… je butais toujours sur ce « mais ».

Je la vis arriver devant moi, elle avait revêtu une robe d’été bleu vif à petites bretelles. Je ne sais pas à quoi elle voulait jouer, mais elle était diablement sexy !  Je me levais en la voyant, mon cœur s’emballant dans un rythme fou et désordonné . 

         -Mon général !

Ouille !  ça commençait très mal…vraiment très mal. je dus respirer un peu trop fort car elle s’inquiéta :

         -Vous allez bien ?

Je me fâchais presque perdant contenance, il n’y avait qu’elle pour me faire perdre mes moyens de cette façon.

         -Non carter je ne vais pas bien. Je veux savoir, tout de suite, maintenant,  votre décision ?

Son regard plongea dans le mien, je pus reprendre mon souffle, ce que je vis j’y étais habitué c’est ce que je voyais dans ses yeux tout le temps, de l’amour.

Elle s’approcha et me passa ses deux bras autour du cou. Elle posa sa tête contre ma poitrine, elle pouvait entendre mon cœur qui faisait des bonds. Elle eut un sourire triomphant. Sans dire un mot ,sa bouche s’approcha de mes lèvres je n’avais qu’à me pencher, mais je ne le fis pas, alors elle leva son visage vers moi et prit mes lèvres. C’était sa réponse et elle me convenait tout à fait. J’étais soulagé que cela se passe de cette façon. Les mots n’étaient pas mon fort, et tout ce que j’aurai pu dire,  n’aurait pas été  assez puissant  pour exprimer ce que je ressentais pour elle.

Alors je l’ai portée dans mes bras  et nous sommes rentrés dans le chalet. Je l’ai déposée délicatement dans ma chambre, sur mon lit.

 

Elle n’avait pas bougé, étendue mollement en travers de la couverture, son regard plongé dans le mien, elle attendait, la bouche entrouverte comme une invite. Alors je m’allongeais sur elle, et l’embrassait goûtant et savourant la douce soie de ses lèvres, notre premier vrai baiser.

 

Ma langue s’insinua dans sa bouche, je la dévorais sans aucune retenue, huit ans de frustration et de désir exacerbé, s’exhalaient dans ce baiser brûlant qui me mettait le feu aux reins . Mais je me dominais et pris mon temps. Il fallait que ce moment de notre première union soit parfait.

Elle avait glissé ses mains sous ma chemise et moi de mon côté je soulevais doucement sa robe légère dévoilant des cuisses longues et fuselées. La perfection, !  la beauté ! Je les effleurais avec lenteur  sentant sous mes doigts les frissons que mes caresses provoquaient. Ses doigts fins se glissèrent sous mes vêtements, elle atteignit mon intimité, je frissonnais sous le frôlement, mais c’était beaucoup trop tôt. Il fallait qu’elle arrête tout de suite, sinon je ne contrôlerais plus rien.

J’avais remonté sa robe avec lenteur dévoilant au passage un petit string qui m’affola littéralement. Je remontais en une longue et lente caresse jusqu’à ses seins qui se dévoilaient. Elle n’avait rien mis sous sa robe, prévoyant  déjà ce qui allait se passer. J’effleurais le bout de ses seins qui se tendirent aussitôt. Je ne cessais pas de l’embrasser goûtant sa bouche avec volupté, déposant des baisers partout sur son corps. Il ne restait plus que ce petit string affriolant qui alla rejoindre sa robe sur le tapis.

Elle se concentrait maintenant sur mon dos, mes fesses qu’elle effleurait au passage, provoquant une tension insupportable. Puis elle me fit basculer et c’est elle qui se retrouva à califourchon assise sur moi. Elle défit un à un les boutons de ma chemise lentement sans me lâcher du regard. Puis elle effleura ma poitrine comme par inadvertance. Je la laissais faire les yeux mi clos totalement immobile, et abandonné à sa douce torture. Sa main fit glisser mon pantalon, je soulevais les hanches pour l’aider. Voilà, j’étais presque nu devant elle,  et elle fit tomber le dernier rempart de mes vêtements, jouissant par avance du spectacle que je lui offrais sans aucune pudeur.

Elle se pencha vers moi et avec sa langue joua avec mes tétons , puis elle descendit lentement sur ma poitrine, mon ventre et finalement elle prit mon membre gonflé, et gorgé de sang dans sa bouche. Je gémis, et  me tendis tout entier vers cette caresse qu’elle pratiquait avec une douce lenteur à la limite du supportable. Je gémissais et quand elle se releva me laissant comme abandonné, elle avait un sourire triomphant. Alors d’un brusque coup de rein,  je basculais sur elle et m’enfonçais profondément dans son intimité. Elle était douce et chaude, ouverte prête à m’accueillir.  Nos corps trempés de sueurs et secoués de frissons entamèrent alors la lente et longue danse de  l’amour, que l’homme et la femme pratiquaient depuis la nuit des temps. Je ne cessais de fouiller sa bouche et je m’enfonçais encore plus profondément en elle. Elle était tendue comme  la corde d’un arc allant à ma rencontre, accompagnant tous mes mouvements. Elle avait passé ses deux jambes autour de mes reins, et notre rythme s’accéléra, et  quand je sentis que j’allais perdre tout contrôle je ralentis et me retirai, elle cria.  Après quelques secondes  je me renfonçais encore plus loin en elle, son orgasme fut violent et ses contractions intimes m’enserraient si fort que j’explosais littéralement dans une longue plainte, et je la rejoignis sur la vague du plaisir. 

J’étais resté sur elle, en elle ,  couché de tout mon long reprenant mon souffle. Elle me serrait contre elle, comme si sa vie en dépendait. Je me sentis renaître et lui fis l’amour encore et encore.

Puis nous nous sommes endormis l’un contre l’autre, sans nous lâcher, peau contre peau, de peur de nous perdre. Je n’aurais pas supporté l’éloignement après ce que nous venions de connaître.

Je l’aimais, elle m’aimait, j’étais le plus heureux des hommes ; Enfin !

 

 

FIN