Classification : Accord parental
souhaitable, quelques scènes pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes.
Avertissement
de l’auteur :
A l’origine cette fic a été écrite en 6 parties. Quand j’ai commencé la
première « Vite Carter » je ne pensais pas continuer, puis
l’inspiration aidant j’ai fait finalement un très long récit. Puis j’ai réuni
ici l’ensemble des 6 histoires :
« Vite
carter », chronique d’une vengeance annoncée », le baiser du serpent »,
« mésentente cordiale » Carter c’est maintenant », « tout
était calme dans la base »
CRUELLE ALLIANCE
Première partie
P8N122
-Vite carter, hurla Jack
La planète était en feu. Ils couraient vers la
porte, leur seule chance de s’en sortir vivants.
Jack
prit la main de Sam qui n’en pouvait plus. Ils couraient mais leurs pas malgré
eux se faisaient plus lourds. Teal’c et Daniel devaient les attendre de l’autre
côté. Il accéléra tirant Carter, mais cependant pas assez vite pour ne pas
sentir une atroce douleur le crucifier. Il eut encore la force de projeter Sam
dans l’anneau de lumière. Mais au moment où il voulut lui-même passer, ses
jambes se dérobèrent sous lui et il s’écroula inconscient à quelques pas de la
vie.
Base de
Cheyenne Mountain.
Le rythme lancinant des alarmes était
insupportable. Sam se prit la tête dans les mains. L’arrivée avait été brutale,
elle avait roulé jusqu’en bas de la rampe. Sa jambe sans doute cassée la
faisait terriblement souffrir.
A
l’infirmerie elle resta muette pendant que Janet lui plâtrait la jambe. De
temps à autre une larme roulait sur sa joue sans qu’elle y prit garde. Janet
respectait son silence. Elle lui administra un léger sédatif pour qu’elle se
repose.
Teal’c et Daniel faisaient face au général
Hammond, qui paraissait très inquiet.
-Docteur Jackson, Teal’c
dit-il en s’adressant aux deux hommes, je vous ai laissé un peu de temps pour
récupérer. Maintenant je voudrais savoir ce qui s’est passé.
-En fait nous ne savons
pas trop, répondit Daniel. Nous venions de franchir la porte, et il n’y avait
personne. La planète semblait paisible et nous marchions dans une forêt depuis
quelques centaines de mètres quand tout à coup le sol se mit à trembler. Jack nous a fait faire demi-tour aussitôt.
Tea’lc et moi sommes partis en courant vers la porte des étoiles et Jack
attendait le major qui était partie faire quelques prélèvements. J’ai ouvert la
porte et nous sommes passés, je croyais que Sam nous suivait ainsi que le
colonel.
Teal’c leva un sourcil, signe d’un intense
étonnement.
-Pas du tout Daniel
Jackson, nous avons été accueillis par des Jaffas qui nous ont tirés dessus à
peine avions-nous fait quelques pas.
Le regard ébahi du général Hammond passait de l’un
à l’autre :
-Enfin Messieurs, que
s’est-il réellement passé ? Un tremblement de terre ou des Jaffas
-Un tremblement de terre
dit Daniel
-Des jaffas dit Teal’c.
Après
un long silence Hammond soucieux reprit
la parole :
-Pourquoi n’avez-vous pas
attendu le major Carter et le colonel O’neill ?
-Parce que Jack nous en
avait donné l’ordre ! Daniel était surpris de la remarque du général.
-Et pourquoi êtes vous
restés si longtemps sur cette planète ? Nous avons failli annuler votre
code.
-Quelques minutes
seulement, tout au plus un petit quart d’heure.
Le général le regarda interloqué :
-Vous êtes partis 22
heures. Que s’est-il passé durant tout ce temps ?
Daniel ne reconnaissait plus le général, jamais il
ne lui avait parlé de cette façon si dure.
Il réagit brutalement :
-22 heures, c’est impossible. Comme je vous
le disais, nous avons avancé un peu dans la forêt cela nous a pris seulement
quelques minutes.
-Où est le colonel ?
Daniel et Teal’c semblaient effarés.
-Mais je … c’est
impossible répétait Daniel.
Sur un geste du général des soldats en armes
entourèrent les deux hommes.
-Sergent dit le général
-Conduisez-les en cellules.
-Mais…
-Cela suffit Docteur
Jackson.
Teal’c prit son air le plus offensé mais suivit de
bonne grâce les soldats.
La nuit était tout à fait tombée sur la planète.
Une nuit calme, un beau ciel étoilé d’une luminosité exceptionnelle. La
température était douce et incitait à la promenade.
Mais Jack ne pouvait voir tout cela. Il gisait
face contre terre sur les marches qui montaient au shapaï. De son uniforme
déchiré du sang coulait. Sa casquette
était tombée dans sa chute et sa main se crispait sur la pierre comme s’il
voulait encore lutter. De temps à autre un sourd gémissement s’échappait de ses
lèvres pâles.
Elle n’osait pas approcher. Elle le regardait de
loin. Il lui faisait un peu peur dans son immobilité. Jamais elle n’avait vu de
vêtements aussi étranges, et les objets
près de lui, lui étaient totalement inconnus. S’enhardissant, elle fit
quelques pas. Se penchant, elle s’accroupit près de lui et lui prit la main
quelle caressa doucement de ses doigts fins. A ce contact un frémissement
s’empara de lui et il bougea légèrement.
La première chose qu’il vit du fond de sa fièvre
furent une longue robe blanche, une forme immobile et le contact des doigts sur
sa peau brûlante.
Il sentit qu’on le transportait. L’air frais de la
nuit lui fit du bien. La douleur de sa blessure s’atténuait un peu. Une main
fraîche lui caressait le visage tandis qu’il reprenait lentement conscience. On
l’avait dévêtu et il était allongé sur une sorte de divan. Visiblement on lui
avait donné quelque chose à boire, car il avait du mal à garder les yeux
ouverts. Et comme il s’agitait une voix douce lui murmura à l’oreille :
-Ne bougez pas, votre blessure pourrait se
rouvrir.
Il se laissa aller au calme de cet endroit et
s’endormit profondément.
Le lendemain, il se sentait beaucoup mieux mais ne
comprenait toujours pas ce qui s’était passé.
Il était seul dans la maison, qui était une sorte
de cabane en bois, mais tout de même pourvue de tout le confort nécessaire. Un
feu brûlait dans la cheminée, et sur des étagères s’alignaient des bols et des
casseroles.
Il se
risqua sur le pas de la porte et fut étonné de trouver un paysage de montagnes
enneigées.
Il fit quelques pas devant le chalet, mais
c’était encore trop d’efforts pour un homme blessé. Il s’assit sur un banc et dut s’assoupir un instant.
Il se réveilla à l’intérieur de la maison. Une
jeune femme était là, accompagnée d’un homme âgé et barbu. C’est lui qui prit
la parole :
-Vous êtes réveillé,
comment allez-vous ?
Jack bafouilla quelques paroles incompréhensibles.
Son esprit était encore embrumé et il avait du mal à trouver ses mots.
-Bonjour, réussit-il à articuler, où …
sommes-….nous ?
Qui…êtes-vous ? je ne me souviens …de rien
l’homme
répondit par une autre question :
-Vous souvenez-vous de
votre nom ?
Heu
… O’Neill hésitait
-Oui, je me rappelle, je
suis… Katinan.
-Bien, la mémoire vous
revient. Le vieil homme semblait heureux. Et que vous rappelez-vous
d’autre ?
-Pas grand chose, hélas, c’est très confus
dans ma tête, il me semble qu’il y avait une prairie avec des fleurs près de la
porte des étoiles…et puis tout ce feu…
-Vous voulez dire sans
doute le shapaï ?
-c’est ça, le shapaï…
-Des fleurs ? Le rire de
Sentilla s’égrena cristallin, les prairies sont beaucoup plus bas. La porte est
située près d’une haute vallée enneigée. A cette altitude il n’y a rien qui
pousse. Le shapaï a été construit par les anciens sur une hauteur, car seuls
les dieux pouvaient l’emprunter. Maintenant nous savons qu’il y a qu’un seul
Dieu. Rarement des personnes franchissent le shapaï, ou ils repartent aussitôt,
nous-mêmes, ne le franchissons jamais.
-Où sommes-nous
alors ?
-Vous êtes chez vous
Katinan, vous ne vous souvenez pas de votre maison ?
-Non… et vous qui êtes-vous ?
Elle le regarda tristement
-Vous avez vraiment tout
oublié, et comme il la regardait avec instance :
-Je suis la meilleure amie
de votre femme Luisa , et lui c’est mon père.
Base de
Cheyenne Mountain.
Daniel
faisait les cents pas dans la cellule. Il avait beau se triturer l’esprit il ne
comprenait pas ce qui leur arrivait.
Teal’c allongé sur le lit, les mains sous la tête,
le regardait s’agiter sans rien dire. Il réfléchissait. La situation lui
paraissait absurde. Mais il faisait confiance au général Hammond. Si celui-ci
les avait mis au secret, c’est qu’il avait ses raisons.
-Vous savez Daniel Jackson,
ça ne sert à rien de vous agiter !
-Mais enfin Teal’c, que
s’est-il passé sur cette planète ? Nous avons perdu les souvenirs d’une
période de 22 heures ! Vous, vous avez vu des jaffas, je jurerai qu’il n’y
en avait aucun, et moi j’ai senti la terre trembler, et je me souviens
parfaitement du colonel qui hurlait : »Vite carter »
-Moi aussi je m’en
souviens, dit Teal’c impassible.
A l’infirmerie Samantha Carter se remettait
doucement de ses blessures. Elle ne comprenait pas pourquoi elle était gardée par
des hommes en armes.
-Alors Major comment vous
sentez-vous ce matin ? La voix de Hammond n’avait pas sa chaleur
habituelle. Si elle en fut surprise, elle ne dit rien, se contentant de
répondre au général quelle allait mieux.
-Tant mieux. Vous allez pouvoir
me raconter votre version des faits.
-C’est simple mon général,
nous avons franchi la porte et après avoir parcouru une centaine de mètres, une
immense vague, comme un raz de marée est apparue subitement, nous enveloppant.
Le colonel nous a hurlé de retourner sur terre. Daniel a eu juste le temps
d’ouvrir la porte, il est parti avec Teal’c,
puis le colonel et moi avons franchi la porte en nous jetant dedans.
C’est pourquoi l’atterrissage a été si brutal, après je me suis évanouie, je ne
me souviens plus de rien.
Le général Hammond écoutait sans rien dire et
fronça les sourcils à sa dernière phrase.
-Où est le colonel, major
Carter ?
-Il a passé la porte en même temps que moi.
Le
général ne répondit pas à sa phrase
-Et combien de temps
êtes-vous partis ?
Ses yeux s’élargirent :
-Pas plus de 5 minutes mon général.
Elle était subitement très inquiète :
-Le colonel n’est pas là,
mon général ?
-Reposez-vous Major.
Hammond sortit rapidement de la pièce. Il était
perplexe, la version de Teal’c et celle de Daniel était très différente de celle du
major.
Quelques
jours plus tard, Hammond convoqua les 3 membres du SGC, ainsi que le personnel
médical. Carter marchait avec des béquilles. Teal’c et Daniel semblaient plus
en forme, malgré leur réclusion.
Hammond prit la parole :
-Si je vous ai réunis tous
ce matin, c’est pour éclaircir certains points de vos rapports. Du regard il
fit le tour de la table, et ses yeux se posèrent successivement sur Carter, qui
lui parut troublée, sur Daniel pas
rasé, qui avait mauvaise mine, sur
Teal’c qui semblait avoir perdu un peu de son impassibilité coutumière.
Il
y avait aussi Janet dont le visage fatigué trahissait son angoisse.
-Tout d’abord vous,
Docteur Jackson , décrivez-moi ce que vous avez vu une fois franchie la porte
des étoiles :
Daniel
et Teal’c se regardèrent puis Daniel commença.
-La
porte était dans une petite clairière entourée de forêt, et soudain nous avons
senti le sol trembler…
-Cela me suffit Docteur Jackson. Et vous
Teal’c, qu’avez-vous vu ?
-Des jaffas, général
Hammond.
Carter était stupéfaite, elle ne put s’empêcher de
prendre la parole.
-Si vous me permettez mon
général,
Sur un signe de Hammond, elle poursuivit :
-La porte était située
dans une plaine désertique il n’y avait pas un arbre, et puis subitement cette
vague énorme…
-Je vous assure qu’il y
avait un tremblement de terre, insista Daniel
-Des jaffas reprit Teal’c.
-De l’eau, dit Sam
-Un tremblement de terre,
insista Daniel.
Ils se regardaient sans comprendre, comme s’ils
étaient tous devenus fous.
Chacun avait l’air convaincu. Hammond se tourna
vers Janet :
-Docteur Frazier, c’est à
vous. Je veux savoir si on leur a fait un lavage de cerveau, qui a fait cela et
pourquoi. Le ton était sec et sans
appel.
-Bien mon général, je vais
faire tous les tests nécessaires. Le général sortit de la salle sans un mot de
plus, et se dirigea d’un pas vif vers son bureau.
Il ferma la
porte et appuya sur l’interphone :
-Qu’on ne me dérange pas
Sergent.
-A vos ordres mon général,
répondit une voix féminine.
Il s’assit lourdement à son bureau. Se prenant la
tête dans les mains, il s’accorda une pause loin des regards. Il était toujours
sur le pied de guerre, tout le monde attendait quelque chose de lui, il devait
toujours prendre des décisions de vie ou de mort, et il commençait à fatiguer.
Cela faisait 4 ans que le programme Porte des Etoiles avait débuté. Les
missions des meilleurs hommes et femmes de l’air Force s’enchaînaient sans
répit. Des missions toujours dangereuses dont beaucoup ne revenait pas. Combien
de fois avait-il été obligé de prendre son téléphone pour prévenir des familles
éplorées que l’être qui leur était le plus cher ne reviendrait pas ? Vingt
fois, trente fois… Il avait perdu le compte. Maintenant c’était son équipe
phare qui était en danger. Une fois de plus, songea t-il. Le colonel semblait
vraiment avoir disparu, les autres membres de SG1 avaient eu un lavage de
cerveau, mais dans quel but ? Ils ne lui seraient d’aucune aide. Il
fallait qu’il trouve seul la solution. En effet, comment pourrait-il leur faire
confiance ? Ils n’étaient même pas d’accord sur ce qu’ils avaient vu. A ce
point de ses réflexions, le général enclencha la cassette de l’enregistrement
que la sonde venait de réaliser. Un paysage de hautes montagnes, avec des pics
enneigés et des cascades. Qu‘est-ce qui était réel ? Le tremblement de
terre ? Les Jaffas ? Le raz de marée ? Ou ce paysage digne d’une
des plus belles stations de Ski du Montana ? Peut-être rien de tout cela
? La réalité était sans doute tout à fait autre. Il n’y avait qu’un moyen
de le savoir : envoyer une autre équipe armée jusqu’au dents. Mais cela
serait-il suffisant ? Ils risqueraient d’être victimes du même piège. Et
puis, pensa le général, c’est peut-être ce qu’ils cherchent : décourager
les visiteurs en les privant de leur mémoire, les empêcher de revenir ?
Mais pourquoi avoir gardé le colonel ?
Le général après être resté un long moment seul à
réfléchir, prit la décision d’appeler la Tok’ra à l’aide. Cette décision ne lui
était pas facile. Certes, les relations de la Tok’ra avec le SGC étaient
bonnes, mais toujours un peu tendues. On sentait bien que les Tok’ra ne leur
faisaient pas entièrement confiance. Et lui-même n’était pas toujours enclin au
partage d’informations.
-Ouverture de la Porte.
Les sirènes hurlaient, dans les couloirs des
hommes en armes rejoignaient en courant la salle d’embarquement et se mirent en
position au pied de la passerelle.
-C’est la Tok’ra, mon
général
-Ne tirez pas. Ouvrez
l’iris.
Anise descendit lentement la rampe métallique et
s’arrêta devant le général :
-Je suis heureuse de vous
revoir Général Hammond.
-Moi aussi dit le général
par politesse. Il aurait préféré voir Jacob plutôt que cette Anise Freya en qui
il n’avait pas totalement confiance.
La jeune femme baissa la tête, et la voix claire
de Freya s’éleva.
-Je ne vois pas SG1, où
sont le colonel O’Neill et le Major Carter ?
-Justement allons dans mon
bureau s’il vous plait.
Hammond mit Anise au courant de la situation.
-Connaissez-vous la
planète P8N122 ?
-Oui, nous l’appelons
Néléna. C’est une planète qui a appartenu autrefois aux Goa’ulds. Ils l’ont
quittée il y a 500 ans environ. Mais je crois qu’ils y reviennent de temps en
temps pour y prendre des esclaves.
-Pas des hôtes dit Hammond
étonné ?
-Non des esclaves humains.
Ils ont besoin d’humains pour remplir les tâches de la vie courante :
Préparer les repas, les servir, les aider dans leurs tâches quotidiennes.
-Mais ils ont les jaffas
pour les servir ?
Anise
se permit un léger sourire :
-Les jaffas ne s’occupent
que des tâches militaires, ils sont là pour les protéger, et les servir sur un
plan stratégique.
-Mais il y a des goa’ulds
inférieurs si j’ai bien compris, qui n’ont pas les mêmes ambitions que les
grands maîtres, ils pourraient les servir.
-Vous avez tout à fait raison général
Hammond, mais un goa’uld reste un goa’uld, peu importe sa puissance, et les Goa’ulds
font de mauvais esclaves, ils ont trop d’orgueil et d’ambition. Même le moins
puissant des goa’ulds est encore trop indépendant, et il se rebellerait vite
contre son dieu.
-Vous pensez que le
Colonel est retenu prisonnier pour devenir un esclave.
Frey pâlit
un peu et sa voix perdit toute
assurance :
-Je le crains mon général,
c’est tout à fait possible.
Daniel, Sam et Teal’c depuis trois jours étaient
soumis à tous les tests possibles. Janet leur avait fait passer scanner et IRM
du cerveau. De nombreuses prises de sang avaient été faites, tous les résultats
étaient normaux. Il n’y avait pas de trace de poison, ni d’injection d’aucune
sorte. Ils avaient sans doute été victimes d’une manipulation mentale, mais on
avait pas le moyen de le vérifier.
Un psychiatre vint leur rendre visite et proposa à
Janet d’utiliser l’hypnose. Celle-ci répugnait à utiliser ce procédé qui
fouillerait l’âme de ses patients et les exposerait aux yeux de tous. Les
interventions seraient filmées et retransmises dans le bureau du général.
Mais le général donna son accord. Et le premier
patient fut Daniel.
Katinan se sentait beaucoup mieux, sa tête le
faisait moins souffrir et c’est avec joie qu’il put sortir de la maison pour
faire une longue promenade. Il ne savait plus où était passé son épouse. Depuis
cet accident qui l’avait… Luisa… Il se
passa la main sur son front, un mal de tête pointait dès qu’il essayait de se
souvenir. Quelques bribes lui revint, Kalaya sa petite fille de 5 ans, quelques
visages sur lesquels il ne pouvait pas mettre un nom, un homme chauve et
corpulent, un individu très grand et
mince, puis les longs cheveux noirs de Luisa, un regard bleu très pur. Tout
cela menait une sarabande effrénée dans son crane. Dès qu’un souvenir essayait
de se frayer un chemin, il s’évaporait aussitôt. Sans doute à cause de ce coup
sur la tête.
Il s’assit sur le banc devant sa maison et contempla
le paysage grandiose. Ces montagnes blanches, ces torrents d’eau qui
jaillissaient en de tumultueuses cascades, et puis au loin le shapaï. Ce
monument là, l’attirait, il ne cessait de le regarder. Puis le mal de tête
devenant insupportable, il décida de rentrer et de se réchauffer près du feu.
Sentilla
entra sans frapper et le voyant fatigué, lui conseilla de se recoucher.
-Tu dois reprendre des
forces. Il ne faut pas trop forcer.
-Où est Luisa ?
-Oh tu te souviens d’elle
maintenant ? Elle battit des mains heureuse comme une petite fille. Et
devant l’air inquiet de Katinan :
-Je ne t’ai pas dit
qu’elle était partie la veille de ton accident soigner sa mère qui est malade.
Elle reviendra dès que sa mère ira mieux.
Il
ne dit rien se contentant de hocher la tête. Puis après quelques instants de
silence :
-Tu me parles d’un
accident ? Que s’est-il passé ?
-Tu étais près du shapaï à
jouer avec Kalaya quand tu as fait une mauvaise chute et tu es tombé sur un
gros rocher. Nous avons été très inquiets, tu aurais pu te tuer tu sais ?
Dit-elle affectueusement.
-Où est Kalaya ?
-Papa, Papa, au même
moment un tourbillon multicolore vint s’abattre aux pieds de Katinan, et
l’enfant lui entoura le cou de ses bras en le serrant très fort.
-Ma chérie dit celui-ci
ému. Où étais-tu ?
-Avec Maman, nous venons juste d’arriver. A
cet instant une très belle femme aux cheveux noir luisant et le visage souriant
pénétra dans la pièce.
-Qu’est-ce qui t’es
arrivé ? C’est quoi ce gros bandage ? Elle avait l’air très inquiet.
Katinan la prit contre lui et sans rien dire, la
serra dans ses bras.
L’hypnose ne donna aucun résultat sur Teal’c. Son
symbiote le protégeait de ce genre d’intrusion. Sam et Daniel confirmèrent
chacun leur version. Cette méthode était un échec.
Janet était désespérée. Les IRM étaient tout à
fait normaux. Rien de ce qui s’était passé sur la planète n’avait laissé une
trace susceptible d’être décelée par un appareil d’investigation médicale. On
en était toujours au même point. Les trois membres de SG1 maintenaient chacun
leur propre version.
Hammond au désespoir dut les mettre en congé pour
un temps illimité, mais avec interdiction de sortir de la base.
Une sirène résonna longuement dans la fraîcheur du
soir. Elle roula par-dessus les montagnes. Aussitôt les habitants de Néléna
cessèrent leurs activités. Tout le monde se leva et une longue file de gens
commença à se diriger vers le shapaï qui n’était plus éclairé à cette heure
tardive que par la lueur du couchant.
Ils se disposèrent en rond autour de l’anneau, il
y avait là plusieurs centaines de personnes, et chacun attendait en silence que
s’ouvre le shapaï.
Bientôt le sol se mit à trembler et la flaque
bleutée apparut.
Une vingtaine de jaffas formèrent une haie
d’honneur de chaque côté de l’anneau, tandis que les Néléniens se mettaient à
genoux et baissaient la tête en signe d’adoration.
Nirti
apparut et promena un regard hautain autour d’elle. Elle eut un léger sourire
en voyant les hommes et les femmes prosternés. Une chaise à porteur fut déposée
au pied des marches.
Elle s’avança majestueuse au milieu de la foule et
appela d’une voix rauque :
-Jaffa , choisis-moi mes
esclaves pour ce soir.
Puis elle s’installa dans la chaise et se laissa
bercer par le mouvement des esclaves qui la portaient.
Un jaffa s’approcha de Katinan
-Toi, viens avec moi, il
passa ainsi en revue plusieurs hommes et fit son choix pour la déesse. Les
prisonniers le suivirent docilement.
Katinan se retrouva après une heure de marche
environ dans un somptueux palais. Il faisait froid dehors mais à l’intérieur
régnait une température très douce. La salle où on les conduisit était
somptueusement décorée de tentures, de soieries, et d’or. Un trône occupait le
centre de la pièce et sur ce trône la plus belle femme qui lui soit donné de
rencontrer. Elle était vêtue d’une
longue robe de brocart et à son cou un collier de diamants étincelait de mille
feux.
-Approche dit-elle en
apercevant Katinan, qui dépassait d’une tête les autres prisonniers.
Elle eut malgré elle un sursaut :
-Colonel O’Neill…
Il leva les yeux,
surpris, ce nom lui était familier, mais… il sentit aussitôt une douleur
à la tête, mais devant le regard courroucé de la déesse il se reprit. Et
plongea dans une profonde révérence.
-Oh ma reine, je m’appelle
Katinan et je serais si heureux de vous servir.
-Bien, très bien, dit-elle
avec un sourire de satisfaction en se tournant vers son prima.
-Tu m’as bien servie, tu
seras récompensé. Le jaffa s’inclina et posa un genou en terre sans rien dire.
-Amène cet homme dans mes appartements
privés.
-Bien ma reine.
Katinan étroitement surveillé, fut conduit dans
les appartements de Nirti.
Un serviteur s’approcha de lui, il le reconnut
aussitôt.
-Qu’est-ce que tu fais là
Domoni ?
-Comme toi, Katinan, je
suis maintenant au service de la déesse. Et c’est un grand honneur, toute ma
vie est changée.
-Que dois-je faire ?
Demanda Katinan, un peu inquiet.
-Pas grand chose, lui tenir compagnie, être
près d’elle quand elle te demande, satisfaire tous ses désirs, les devancer
même si tu peux, et je peux t’assurer que si tu plais à la déesse, de grandes
choses peuvent se passer pour toi. Tu l’accompagneras dans ses voyages, avec
elle tu seras invincible, sa protection s’étend très loin au-delà des
montagnes. Tu voyageras à travers le shapaï, tu verras des choses fabuleuses.
-Et tu as fait tout ça
toi ?
-Non pas encore, mais je
ne désespère pas, pour le moment je suis un des serviteurs du palais, je reste
donc toujours ici. Mais la vie est très confortable, mieux que dans ma cabane
en bois, où on étouffe l’été et où il fait glacial l’hiver. Tu as pu remarquer
combien il fait bon ici, et c’est comme ça toute l’année.
Katinan écoutait attentivement les conseils de son
ami et cherchait déjà comment plaire à la déesse quand celle-ci le fit appeler.
-Colonel O’ Neill, je suis
si heureuse de vous revoir, j’attendais ce moment depuis longtemps.
Katinan ne comprenait pas pourquoi elle l’appelait
ainsi, mais il n’osa pas lever les yeux sur elle.
-Viens près de moi,
assieds-toi ici, dit-elle en montrant un
coussin au pied du trône. Et puis enlève-moi ce vêtement ridicule, il fait
chaud.
Katinan
s’empressa d’obéir, il retira sa veste. Il n’était revêtu que d’un pantalon
ample serré à la taille et d’une tunique sans manche qui mettait en valeur sa
minceur et sa musculature. Il était nus pieds.
-C’est beaucoup mieux
ainsi, dit-elle d’une voix caressante.
Il s’assit comme on lui demandait et
assista à l’entrevue que Nirti eut avec le chef du village.
La
nuit était maintenant tout à fait tombée et Katinan se sentait fatigué. Il
n’était pas encore tout à fait remis, et il aurait souhaité s’allonger pour se
reposer. Mais son travail près de la déesse était loin d’être terminé. Il dut
la servir à table, avec les autres esclaves déjà présents. Il se troublait car
il sentait le regard de Nirti sur lui, et il ne comprenait pas pourquoi elle le
regardait avec cette lueur méchante dans le regard.
Domoni lui donna un coup de coude.
-Fais attention, chuchota t-il, baisse les
yeux, sinon elle va te punir. Tu n’as pas le droit de la regarder comme ça,
c’est interdit.
-Pourquoi c’est
interdit ?
-Elle pourrait se fâcher,
et je t’assure que la pierre qu’elle a dans la main, quand elle la pose sur le
front, c’est horriblement douloureux.
-Katinan, viens avec moi,
appela Nirti.
Il suivit
la reine et parcourut un long couloir, ils descendirent un petit escalier en
colimaçon dont l’entrée était dissimulée par une tenture, et se retrouvèrent
dans une vaste pièce, éclairée par des appareils disposés sur les murs, et les
tables étaient lumineuses. Il regarda sans comprendre quand il vit Nirti
penchée sur des instruments qu’il ne
connaissait pas.
La salle ressemblait à une sorte de laboratoire,
où Nirti faisait de mystérieuses expériences.
-Aide-moi dit-elle.
Elle lui expliqua qu’il faudrait lui passer les
fioles de produits quand elle en aurait besoin.
Il s’approcha prudemment, tout cela l’inquiétait
un peu. Elle le frôla de sa main, touchant son bras comme par inadvertance,
elle s’attarda un moment sur son cou, caressa son visage. Le contact de cette
main lui parut glacial et tout son être se révulsa. Malgré lui il frissonna, et
elle prit cette attitude pour du désir. Mais quand elle voulut l’embrasser,
quand ses lèvres se posèrent sur les siennes il eut l’impression terrible
d’embrasser un serpent ou un scorpion, une bête venimeuse et redoutable, en
même temps une chaleur inattendue s’empara de lui. Il la désirait, il prit ses
lèvres sans pouvoir se retenir.
Ils roulèrent enlacés sur le sol. Les sensations
qu’il éprouvait étaient contradictoires, c’était à la fois merveilleux et
terrible, une lave brûlante déferlait en lui, en même temps qu’une main de
glace lui étreignait le cœur. Malgré lui il la repoussa et se remit debout avec
difficulté. Alors, elle put lire le
dégoût dans ses yeux, et sa colère
éclata, terrible :
-Esclave, tu vas mourir.
Colonel O’Neill, tu vas mourir de ma main, dans d’atroces souffrances, on ne
résiste pas à sa reine. Je suis ta déesse, prosterne-toi devant moi !
Katinan
se jeta à genoux, le front à terre, et resta ainsi un moment tandis qu’elle
continuait à l’agonir d’insultes.
Puis elle lui ordonna de lever la tête, à ce
moment de sa main jaillit une lueur d’enfer et la souffrance se répandit en lui
comme du plomb fondu. Il hurla, sans pouvoir se retenir. Et brutalement le
voile qui obscurcissait son esprit se déchira. Il eut la présence d’esprit de
ne pas le manifester. Mais la souffrance était si forte qu’il tomba évanoui.
Il rêva d’un joli visage souriant avec des yeux très bleus…
Le lendemain fut pénible pour O’Neill, quand il se
réveilla il était enchaîné à un mur dans une prison bien sombre. Un vrai et bon cachot, pensa t-il, en
regardant tout autour de lui, Il ne manque plus que la cruche d’eau et le
morceau de pain rassis.
Mais
où sont Teal’c, Carter, et Daniel ? Ils sont peut-être aussi prisonniers ?
Il avait du mal à se souvenir du début de la mission. Il se
voyait franchir la porte avec ses amis. Ils avaient aperçu des pierres rouges
disposées sur le sol en cercle autour de la porte, puis plus rien.
Il essaya de se libérer mais ses chaînes étaient solides.
Il écouta, sa prison n’était pas silencieuse, elle devait se
trouver sous le palais de Nirti, où une population nombreuse s’affairait autour
de la reine, prête à satisfaire ses moindres caprices. Ses colères étaient
redoutables et chacun s’efforçait de lui être agréable.
Il dut s’endormir car il sursauta quand le cachot s’ouvrit,
et Domoni entra dans la cellule.
-Je me suis arrangé pour
être nommé à la surveillance des prisonniers. Tiens, lui dit-il en lui tendant
une assiette de nourriture et une bouteille d’eau. J’ai réussi à améliorer le
menu.
-Merci dit jack. Mais ce
que je voudrais c’est partir d’ici, le plus vite possible, mes amis sont
peut-être en danger.
-Tes amis ? Tu n’as
pas d’autre ami que moi. Maintenant que tu es esclave, ta femme et ta fille
sont bien traitées. Elles ont une maison plus grande et de la nourriture en abondance.
Domoni ne semblait pas disposé à aider Katinan d’une autre
façon qu’en améliorant son ordinaire.
Cependant il le regarda méfiant :
-On dit que tu as offensé la déesse ? Qu’elle va te
faire mourir dans d’horribles tortures.
O’Neill frissonna malgré lui
-Bah, c’est pas encore
fait et puis tu vas m’aider, n’est-ce pas ?
-Pourquoi est ce que je
t’aiderais ?
-Je pourrais te libérer
de ce démon.
-Quoi ! Qu’est-ce
que tu dis ? Tu es fou ! Traiter la déesse de … je n’ose même pas
répéter ce que tu as dit, c’est un sacrilège !Tu n’es plus mon ami !
Imbécile,
tu ne pouvais pas tenir ta langue, tu viens de t’aliéner ta meilleure chance de
sortie.
-Euh, ce n’est pas ce que
je voulais dire, je parlais des démons. Quand il y a une déesse il y a
forcément des démons, c’est ce que j’ai appris quand j’étais petit, quoi, le
ciel et l’enfer…
il s’empêtrait…
Son ami le regardait avec ahurissement :
-Je ne te reconnais plus
Katinan, on dirait que la torture t’a transformé ?
Tu
ne crois pas si bien dire mon petit vieux.
-Je crois surtout que ça
m’a donné une terrible migraine. Et puis ces chaînes sont très douloureuses, et
je n’arrive pas à m’allonger, tu ne pourrais pas faire quelque chose par
hasard ? Les desserrer peut-être ?
-Je ne peux pas faire ça,
tu le sais bien…Au fait c’était quoi ce que tu as fait à la déesse ?
-Quoi ?
-Eh bien le
sacrilège ?
-Oh ça, j’ai refusé de
coucher avec elle, dit O’Neill d’un ton léger.
Domoni resta un moment sans rien dire, puis se décidant, il
détacha la chaîne du mur. Profitant que Domoni était penché sur lui, Jack lui
asséna un coup violent dans le visage qui l’envoya rouler sur le sol.
-Excuse-moi, mon ami, tu
ne mérites pas ça, murmura t-il.
Jack prit la clé que Domoni avait gardée dans sa main. Puis
il l’enchaîna au mur et sortit tranquillement en refermant la porte derrière
lui.
Le palais était tranquille, Nirti devait être dans son
laboratoire. Il put se dissimuler aux quelques gardes et esclaves qui passaient
dans les couloirs. Il sortit du palais sans se faire inquiéter.
Ses pieds nus lui faisaient mal, car le terrain était
accidenté , mais il marcha sans faiblir pendant une heure. Comme il
arrivait près de la porte le soleil se levait. Il se dissimula près d’un rocher
et attendit.
Base de Cheyenne Mountain
Sam posa ses béquilles près d’elle et s’assit à son bureau.
Depuis leur retour trois semaines plus tôt, ils étaient consignés à la base, et
elle ne comprenait pas pourquoi.
Le colonel n’était pas rentré, lui avait-on dit, et pourtant
elle était prête à jurer qu’il l’avait suivie à travers la porte des étoiles.
Elle n’avait aucun souvenir de leur mission, ou plutôt elle était sûre que leur
mission avait été très courte, elle était sûre d’avoir vu la vague se jeter sur
eux. Il paraît qu’ils s’étaient absentés 22 heures. C’était impossible. Mais en
bonne militaire, elle savait obéir aux ordres, elle restait donc confinée à la
base avec ses amis.
Il n’étaient pas en cellule, et pouvaient se livrer à leurs
travaux dans leurs bureaux respectifs. La salle d’embarquement leur était
interdite, et leur ordinateur avait été coupé des commandes de la porte des
étoiles. Daniel se livrait à des traductions qu’il n’avait jamais eu le temps
de faire. Sam travaillait sur son réacteur. Teal’c s’ennuyait un peu, il
passait de longues heures en méditation, le reste du temps il le passait dans
la salle de sport. Il avait hâte de reprendre une vie plus active.
La tête penchée sur les entrailles de sa machine, Sam
laissait sa pensée dériver tout en travaillant machinalement à raccorder des
connections. Distraite, elle ne fit pas attention et sursauta quand le courant
électrique lui traversa les doigts. Elle se frotta la main et tout lui revint.
Mon
Dieu, le colonel, on l’a laissé tout seul .
Elle s’empara de son téléphone :
-Mon général il faut que
je vous parle tout de suite, je sais ce qui s’est passé.
P8N122
Le paysage était splendide, un soleil radieux réchauffait
l’atmosphère, et les cascades lointaines emplissaient l’ air de leur murmure.
Un sourd grondement
ébranla le sol et dès que le premier chevron s’alluma des Jaffas vinrent
se placer autour du shapaï en formation serrée. Dès l’ouverture du vortex ils
mirent en marche les pierres rouges disposées autour d’eux. Dès que les
premières personnes eurent franchi la porte des étoiles, elles s’écroulèrent.
Il y avait cinq hommes. On les débarrassa de leurs
armes et ils furent portés dans le chalet situé à une centaine de mètres de la
porte et allongés sur des bancs. Un goa’uld s’approcha et passa sur leur front
une pierre noire. Il les regarda un long moment et fit son choix.
-Celui-là
fera un esclave magnifique pour la reine.
C’était
un homme de couleur à la musculature puissante. Dans son immobilité on eut dit
un fauve au repos.
Le goa’uld passa une pierre jaune sur le front de
l’homme.
Quelques heures plus tard il se réveilla et fut
surpris de voir à ses côtés une très belle femme et un vieux monsieur.
-Bonjour, réussit-il à
articuler, où … sommes-….nous ?
Qui…êtes-vous ? Je ne me souviens …de rien
L’homme répondit par une autre question :
-Vous souvenez-vous de votre nom ?
Heu … l’homme hésitait
-Oui, je me rappelle, je
suis… Katinan.
Caché derrière un rocher Jack avait assisté à
l’arrivée des étrangers. Il ne se rappelait pas ce qui lui était arrivé mais il
soupçonnait que cela devait ressembler à ça. Et quand il vit les jaffas portant
les voyageurs, et se diriger vers le chalet, il n’eut plus aucun doute.
Jack
se sentait un peu mal à l’aise en repensant à la scène qui s’était déroulée au
palais la nuit précédente. Qu’il eut pu, ne serait-ce qu’une seconde avoir eu
envie de ce monstre le rendait malade de dégoût.
La
nuit commençait à tomber et la fraîcheur descendait sur ses épaules nues. Il
frissonna.
Elle sait bien ce
qu’elle fait la bougresse, à habiller si peu ses esclaves. Ils ne peuvent aller
bien loin sans mourir de faim et de froid.
Malgré
tout ce que cela pouvait comporter de dangereux, Jack se dirigea vers le
chalet, espérant trouver une grange où passer la nuit.
Base
de Cheyenne Mountain.
-En
fait, mon général, j’ai parlé un peu vite. Je me souviens d’avoir traversé le
vortex. Il y avait des jaffas autour de la porte. Puis une odeur douceâtre
s’est répandue et mes souvenirs s’arrêtent là. En fait nous avons été drogués.
Puis nous nous sommes réveillés et j’ai entendu le colonel crier « Vite
Carter », des jaffas nous tiraient dessus et j’ai senti le colonel me
pousser dans le shapaï , mais j’étais persuadée qu’il me suivait.
Le
général Hammond écouta sans rien dire les explications de Sam. Elle ajouta que
ces bribes de souvenirs lui étaient revenues grâce à une poignée de châtaignes.
Elle était distraite et le courant électrique en passant dans sa main lui avait
retrouvé ses souvenirs. Elle s’excusait de ne pouvoir en dire plus.
Teal’c
et Daniel furent invités à se soumettre eux aussi à un petit choc électrique
qui remplit tout à fait son rôle.
Quelques
minutes après, un long débriefing eut lieu mobilisant toutes les énergies.
Hammond
raconta ce que lui avait apprit Anise-Freya sur cette planète et l’habitude des
Goa’ulds de rechercher des esclaves humains.
-Vous avez fait appel à la Tok’ra, général ? Dit Daniel, c’est
étonnant !
-Hum…, oui … j’avoue que votre état à tous
m’inquiétait beaucoup, et il me fallait quelqu’un pouvant me parler de cette
planète. Je n’ai pas eu tellement le choix, et ce n’est qu’après mûre
réflexion…
Le
général après quelques secondes de silence fit le récit de ce qu’il savait et
expliqua pourquoi les Goa’ulds voulaient des humains.
-Ainsi vous croyez que Jack a été réduit en
esclavage par un grand maître goa’uld ? Dit Sam en frissonnant.
-Ce que je comprends pas c’est pourquoi moi
je n’ai pas été choisi, dit Daniel.
-Vous avez l’air de le regretter Daniel
Jackson ? Dit Teal’c en se tournant vers son ami.
-Non pas du tout, je me posai simplement la question.
Et
se tournant vers le général :
-Qu’allons-nous faire Général Hammond, il
faut nous porter au secours de Jack…
Ouverture
non programmée de la porte
-C’est la Tok’ra mon général.
-Ouvrez l’iris.
Le
rideau de protection s’ouvrit laissant voir la lueur bleutée du vortex et Anise
Freya descendit lentement la passerelle. Elle était pâle.
Hammond
s’avança inquiet :
-Que se passe t-il ? Vous avez des
nouvelles du colonel ?
-Non mais je sais qui est le goa’uld
actuellement sur Néléna, dit-elle d’une voix tremblante, c’est Nirti.
-Oh mon dieu ! Dit Sam en palissant.
-Venez tous en salle de briefing et dites
au docteur Frazier de nous rejoindre, ordonna Hammond au sergent de service.
-A vos ordres.
Quelques
minutes plus tard, tous écoutaient Freya faire son rapport. C’est vraiment étonnant que nous ayons eu des
nouvelles de cette planète, parce que l’on ne sait pas grand chose de ce qui se
passe là-bas. En effet Nirti n’a pas intérêt à faire savoir à tout l’univers
qu’elle est une reine puissante dans ce monde. Vous n’êtes pas sans savoir
depuis sa tentative de meurtre sur
Chronos qu’elle est bannie par tous les grands maîtres Goa’ulds. Sur Néléna,
elle s’est reconstitué en secret une armée de jaffas, et il paraît qu’elle
dispose d’un laboratoire secret où elle fait de nombreuses expériences, en
particulier sur les virus et les poisons. Si les grands maîtres apprenaient
qu’elle est sur cette planète ils attaqueraient aussitôt.
-C’est peut-être pour cela que nous avons
été renvoyés par le chapaï avec des faux souvenirs, pour nous empêcher de
revenir. Il est vrai qu’avant notre petit choc électrique rien que de penser à
ce tremblement de terre qu’elle m’avait mis dans la tête j’avais une de ces
migraines ! Daniel s’exprimait d’un ton léger mais on sentait encore de
l’angoisse dans sa voix.
-N’empêche, Daniel Jackson, j’avais raison
pour les jaffas. Teal’c semblait ravi d’avoir raison et adressa un grand
sourire à la cantonade.
-Sans doute le poison n’a t-il pas pris sur
vous, et vous avez gardé des souvenirs réels mais un peu confus en raison du
puissant somnifère qu’elle vous a donné. Les explications de Janet paraissaient
plausibles, et le général Hammond hochait la tête en signe d’approbation.
-Notre espion ne nous en a pas appris plus,
ajouta Freya et n’a pas vu le colonel O’Neill car il a été exfiltré avant son
arrivée. Je suis désolée…
Hammond
hocha la tête et prit quelques secondes de réflexion.
-Maintenant que nous pouvons reconstituer
les faits et il nous faut agir.
Docteur
Frazier, pouvez-vous fabriquer un petit appareil électrique qui pourrait jouer
un rôle d’antidote pour nos amis ?
-Bien sûr dit Sam, on pourrait refaire un
minuscule implant à mettre dans l’oreille comme nous l’avons fait précédemment
contre Seth. Ca devrait marcher.
-Mais est ce que le signal va passer la
porte des étoiles ? S’inquiéta Daniel.
-Il faudra synchroniser nos mouvements,
expliqua Sam. Dès que nous aurons passé la porte le signal devra être envoyé
très vite avant que la porte ne se referme, mais pas avant que nous ayons
respiré le poison. Ce n’est pas le même poison que celui utilisé par Seth,
celui-ci endort, et il agit très vite. Je pense que 2 secondes seront
suffisantes.
-En route SG1 et bonne chance, et
ramenez-nous le colonel.
P8N
122
Jack
trouva facilement un coin pour dormir. Etendu dans la paille, il réfléchit
longuement au moyen d’avertir ses amis. Il eut beau se creuser la cervelle, il
ne trouvait rien. Il n’avait pas d’armes, pas de code. Donc ouvrir la porte ne
lui serait d’aucune utilité, si tenté qu’on lui en laisse le temps. La porte
était solidement gardée par de nombreux jaffas, armés jusqu’aux dents.
C’est bien ma
chance, j’ai réussi à échapper à Nirti, et me voilà tout près du but. J’espère
seulement que SG1 n’aura pas la mauvaise idée de se mettre dans le même pétrin
que moi.
Au
même instant le premier chevron s’enclencha. Les jaffas se rapprochèrent de la
porte et préparèrent leur piège. Ils avaient ordre express de ne pas tirer mais
d’endormir leurs prisonniers. Nirti les avait menacés de mort s’ils
enfreignaient un seul de ses ordres. Ils avaient du mal à contraindre leur
nature belliqueuse, mais ils obéissaient en fidèles serviteurs de leur déesse.
Elle était la reine, on ne discutait pas les ordres de la reine. Il ne leur
serait même pas venu à l’esprit de les discuter, y songer même était
impensable.
Jack
se tordit le cou pour apercevoir qui venait se jeter dans le piège ; il
lui fallut toute la force de sa volonté pour ne pas crier en voyant Carter,
Daniel et Teal’c s’écrouler aux pieds de leurs ravisseurs. Ils furent aussitôt
désarmés et emmenés dans le chalet.
Les
jaffas ressortirent aussitôt et Sam ouvrit les yeux et vit un goa’uld inconnu
se rapprocher d’eux et passer une pierre noire sur son front, et celui de ses
amis. Puis il sortit les croyant profondément endormis.
Elle
se leva et s’accroupit près de Daniel
-Daniel réveillez-vous !
Teal’c
se leva en entendant la voix de Sam
-Je crois que le docteur Jackson est dans
le coma, major. Le choc électrique n’a pas fonctionné.
-Pouvez-vous le porter ?
-Sans problème, major.
Teal’c
sans effort apparent mit Daniel sur son épaule et à la faveur de la nuit
tombante, ils sortirent du chalet et se
jetèrent directement …dans la gueule du loup. Les jaffas n’étaient pas loin.
Ils furent aussitôt conduits au palais de Nirti.
Jack
avait assisté à toute la scène, et bien que cela ne lui fit pas trop plaisir,
il reprit lui aussi le chemin du palais. C’est ainsi que l’un suivant les
autres ils arrivèrent devant la demeure de la reine. Les jaffas entrèrent dans
le palais et conduisirent les prisonniers devant la reine.
Jack,
qui avait conservé sa tenue d’esclave, put entrer sans se faire remarquer. De
loin il aperçut Nirti sur son trône et se dissimula derrière une tenture.
-Eh bien voilà donc SG1, ou ce qu’il en
reste, cracha t-elle avec dédain. On a voulu rejoindre le colonel
O’Neill ?
-Il est ici … ? La coupa carter sans réfléchir.
Elle
ne put finir sa phrase et retrouva aux pieds de la reine dans la plus humble
des positions.
-Silence, hurla t-elle, on ne parle pas
sans mon autorisation.
-Puis, ajouta t-elle fielleusement, il est
en prison ton colonel, ma belle, et tu vas le voir mourir dans d’horribles
souffrances.
-Jaffas, qu’on aille me chercher le
prisonnier.
Un
bruit de bottes passa tout près de Jack, toujours dissimulé par l’épais tissu.
Quelques instants plus tard, les Jaffas revinrent bredouilles, le prisonnier
s’était échappé.
Alors
Nirti entra dans une colère noire, elle descendit les marches de son trône et
marcha de long en large pour apaiser sa fureur.
Elle
se jeta sur Sam,
-C’est toi qui va mourir, tu me supplieras
d’abréger ton supplice, tes compagnons aussi vont mourir. Tous vous allez
mourir, et elle éclata d’un rire dément.
Une
flamme jaillit de sa main gauche et immobilisa Carter sous son rayon mortel. Teal’c
se débattit pour essayer de la sauver mais plusieurs Jaffas l’immobilisèrent.
Le
rayon était sur le point de venir au bout des forces de Sam quand une voix
claire jaillit de derrière un pilier.
-Vous m’avez demandé ma reine ?
Il
s’avançait fier, levant haut la tête, il était désarmé, mais son apparition
produisit un flottement, malgré elle Nirti lâcha Carter, et se rapprochant de
O’Neill :
-Te voilà mon bel esclave, tu m’es revenu.
Tu va payer pour ton insolence. Mais je ne te tuerai pas tout de suite, je vais
prendre le temps de réfléchir à ce que je vais t’infliger, je peux te promettre
de subtiles souffrances. J’ai tout ce qu’il faut pour cela, ne t’inquiète pas
ajouta t-elle en lui caressant la poitrine. Tu seras à moi.
Jack
la fixait dans les yeux sans rien dire. Elle eut un instant d’hésitation, il en
profita, se jetant sur elle, il fit de son corps un rempart, passa ses mains
autour de son cou et menaça de l’étrangler.
-Arrière Jaffas, gronda t-il. Déposez vos
armes, ou je la tue.
Il
y eut une seconde de flottement les jaffas reculèrent en posant leurs lances
sur le sol. Teal’c aussitôt se baissa et les ramassa.
-Vite Carter, à la porte des étoiles.
Quelques
instants plus tard sous les yeux des jaffas pétrifiés ils se jetèrent dans le
vortex.
Base
de Cheyenne Mountain.
Carter
apparut la première, puis Teal’c et Daniel un peu chancelant. Puis O’Neill
tenant toujours Nirti . Ils restèrent un moment en haut de la rampe, tandis que
le général criait
-Fermez l’iris.
-Vous nous ramenez une invitée
colonel ?
-Sergent, refaites le code de la planète de
cette …
Nirti
le regardait froidement, son regard évoquait un lac d’eau noire sans fond.
-Vous me relâchez colonel ? Vraiment
votre race est faible, vous n’apprenez rien, mais je reviendrai et détruirai
votre planète, vous ne serez plus rien,
vous serez…
-Ta ta ta … on la connaît votre chanson,
allez du vent …et il poussa Nirti dans le vortex.
Hammond
sourit :
-Comment allez-vous colonel ?
-J’ai mal aux pieds, dit-il en montrant ses
pieds nus écorchés, aux genoux, le dos un peu tendu, et peut-être aussi une pointe de mal de tête…
Mais à part ça tout va bien mon général, dit-il avec un grand sourire.
-Bon retour parmi nous SG1. Débriefing dans une heure, mais avant …
-Oui je sais mon général, l’infirmerie, et
les piqûres de notre cher docteur !
L’infirmerie
O’
Neill râlait, il lui semblait que les examens étaient à chaque fois plus
minutieux et plus invasifs.
-Non mon colonel, dit Janet en lui
soutirant encore un peu de sang, nous faisons toujours les mêmes examens, les
mêmes procédures standard.
-C’est pas dangereux à la fin ? Je
vais finir par ne plus avoir une goutte de sang dans les veines.
Janet
sourit :
-Aucun risque mon colonel.
Jack
poussa un gros soupir et ferma les yeux.
Dans
le lit voisin de O’Neill, Teal’c se reposait :
-C’était quoi l’illusion qu’elle vous avait
mise dans la tête ?
-C’était du feu, un immense rideau de feu.
-Je ne comprends pas pourquoi elle vous
avait mis une illusion, puisqu’elle voulait vous garder comme esclave.
-J’en sais rien, dès que j’y pense un
énorme mal au crâne m’empêche de réfléchir . Peut-être que quelque chose a
foiré dans son plan. Cette Nirti est si tordue…. Je ne veux plus y penser…
Quelques
instants plus tard en salle de briefing
Et
si mon général, on demandait d’abord au Docteur Jackson ce qui s’est
passé ?
-Oui Docteur Jackson, pouvez-vous nous
faire votre rapport.
-Bien sûr… Dit Daniel hésitant, en fait je
n’ai pas changé ma version depuis la première fois. Nous étions dans la forêt
et soudain un tremblement de terre…
Un
formidable éclat de rire l’interrompit
-Quoi ? …Qu’est ce que j’ai
dit ?…
-Vous avez fait dodo pendant toute la
mission, Teal’c a du même vous porter sur son dos, lui dit Sam d’un air
malicieux.
-Quoi ?…
Deuxième partie
-New Delhi- Depuis le
début de l’épidémie dans notre pays les victimes se comptent par milliers.
C’est tous les jours que de nouveaux cas sont découverts et les hôpitaux sont
totalement débordés. La panique envahit les rues…
-Londres-
L’épidémie fait rage et fait de nouvelles victimes chaque jour. Le
professeur Cromwell a déclaré hier que
c’était la plus grande épidémie depuis la grippe espagnole de 1918, qui
rappelons-le avait fait 20 millions de morts.
-Washington - Le
président est apparu hier soir à la
télévision où il a fait une
allocution
concernant l’épidémie. il a voulu se montrer rassurant,
« Tous les moyens
seront mis en œuvre pour combattre ce terrible fléau… »
-Paris
- L’institut Pasteur n’a pas encore pu
découvrir l’identité du virus qui poursuit son
œuvre dévastatrice. Ce serait d’après les autorités sanitaires un virus
voisin de l’ébola qui fait des ravages régulièrement en Afrique depuis 1976.
-Colorado Springs- Les premiers cas de la maladie que certains
appellent déjà la nouvelle peste, sont
apparus dans notre ville ce matin
-Carter, vous faites quoi
ce soir ?
Sam leva la tête et croisa le regard de Jack,
interrogateur.
Elle sourit :
-Vous avez des projets mon
colonel ?
-heu… et bien… J’avais
pensé, qu’on aurait peut être pu aller manger un morceau ensemble, demanda t-il
un peu inquiet de la réaction de la jeune femme.
-Au mess ?
-Non j’avais pensé à une
petite sortie en ville, un resto, une pizzeria enfin ce que vous voulez ?
-Un italien ? Je connais
un endroit où les lasagnes sont divines !
Jack sourit soulagé :
-D’accord pour un italien.
-Mais avant mon colonel,
je voudrais juste finir une petite chose…
-Non !
-Comment ça non ?
-J’ai dit non, et quand je
dis non, c’est non. Et puis je vous connais Carter, votre minute va se
transformer en heures. J’ai faim, moi, ajouta t-il d’un ton enfantin.
Sam se rendit à ses arguments et ils passèrent une
excellente soirée. Jusqu’au moment où un journal posé sur une table attira son
attention. Elle pâlît :
-Regardez mon colonel ,
une mystérieuse épidémie a fait son apparition en Asie du sud est. Il paraît
qu’il y a déjà des centaines de victimes.
-Vous savez C’est fréquent
dans les pays chauds. Regardez l’an dernier la pneumopathie quelque chose…
-Pneumopathie atypique mon
colonel,
-Si vous voulez.
Finalement ils en sont arrivé à bout.
-Oui mais là, ça a l’air
différent. C’est un village entier qui a été atteint. Généralement la maladie
se propage de façon inégale et il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas
malades.
-Vous pensez à quoi Carter
? Fit O’Neill vaguement inquiet.
-Je ne sais pas, mais nous
devrions retourner à la base et en parler au général Hammond
La réunion ce matin là démarra à l’heure. Tous
avaient à cœur de ne pas être en retard, le général avait insisté sur ce point.
Connaissant Jack et son amour des
briefings , il avait été bien avisé.
-Mes amis nous avons à
faire face à un nouveau problème. Les
autorités sanitaires nous ont averti qu’une étrange maladie se développait dans
un petit village de l’Inde du sud. Docteur Frazier, dit-il en se tournant vers
Janet, pouvez-vous nous en dire plus ?
-Bien mon général. Janet consulta un
instant les notes qu’elle avait prises à la hâte. Il semble que cette maladie soit circonscrite
à ce village. Mais ce qui est étrange c’est qu’il n’y a aucun survivant. Tous
les habitants ont péri, pratiquement tous au bout d’une semaine.
-De quelle maladie
s’agit-il demanda Hammond ?
D’après les premières analyses, il s’agit
malheureusement d’un virus apparenté à l’ébola.
Et comme personne ne réagissait autour de la table
elle continua :
-En Afrique c’est un virus
qui a fait ces dernières années beaucoup de dégâts. Il est extrêmement contagieux,
et seuls quelques rares malades
atteints guérissent. C’est une fièvre
hémorragique. Les symptômes sont spectaculaires et d’emblée très graves, forte
fièvre, violents mots de tête, diarrhées et vomissements, et puis apparaissent
des symptômes hémorragiques, le malade se met à saigner, et rapidement il
décède étouffé dans son sang.Un frisson parcourut les participants à la
réunion.
-D’après vous Janet,
comment le virus a t-il fait son apparition dans un village de l’Inde ?
Demanda Sam.
Le colonel O’Neill regardait à tour de rôle Sam,
et Janet. Il se sentait très mal à l’aise. ces histoires de maladies lui
faisaient un peu peur. Il préférait un jaffa à un microbe.
-Justement Major, je ne m’explique pas cette épidémie, elle ne
vient de nulle part . En tout cas pas d’Afrique.
-N’y aurait-il pas une
histoire de serpents la dessous ? Demanda O’Neill .
-C’est fort probable mon
colonel , un goa’uld ne parvenant pas à
percer notre iris, a eu l’idée de nous attaquer de la pire façon qui soit, par
un ennemi invisible, contre lequel on ne peut pas grand chose.
-Que faudrait-il faire
Docteur Frazier ? Hammond paraissait un peu désemparé, ce qui était fort
inquiétant.
-Tout d’abord je vais
essayer d’en savoir plus sur ce virus en
obtenant les résultats de toutes les analyses qui ont été faites.
-Vous avez carte blanche
Docteur.
Janet
sortit et Hammond reprit la parole.
-SG1 je voudrais que vous
cherchiez dans toutes les données que nous avons sur les goa’ulds celui ou
celle qui serait susceptible de nous attaquer de cette manière.
Hammond sur ces mots sortit de la salle de
réunion.
-Et bien Major, vous avez
bien une petite idée ? dit O’Neill d’un ton pressant comme s’il voulait se
convaincre de quelque chose.
-En fait non mon colonel.
La virologie n’est pas du tout mon
domaine, c’est plutôt celui des médecins.
Jack poussa un soupir
-J’aurai aimé que vous me
sortiez un lapin de votre chapeau, Carter,
enfin tant pis.
-O’ Neill, le Major Carter ne porte pas de
chapeau, dit Teal’c.
Jack soupira encore plus fort :
-Mais quand est-ce que quelqu’un va se décider à
apprendre à notre ami les subtilités de notre langue.
Et comme Teal’c le regardait en levant un sourcil
-C’est une expression,
Tea’lc, une simple expression.
-Mais je n’en ai pas
compris le sens.
-Cela voulait dire que
j’aimerais que carter nous trouve une solution en claquant des doigts, et comme
Teal’c levait l’autre sourcil :
-Non ! On ne dit
rien ! C’est encore une expression !
Ils sortirent en continuant leur discussion.
Carter les regarda avec indulgence et sourit.
-Vous voyez Daniel, ça ne
changera jamais.
-Bon et maintenant si on
se mettait au travail.
Londres-
Des foyers infectieux apparaissent sans ordre logique. Il y a de nombreuses
victimes dans plusieurs pays. Des gens meurent en grand nombre, tout un
quartier, une rue, un village, une petite ville. Dès que le virus fait son
apparition , tout le monde est atteint…
Base de Cheyenne
Mountain
Janet
se penchait sur les nombreux rapports
que lui envoyaient les différents hôpitaux. Elle passa de nombreuses
heures dans son laboratoire à essayer d’en savoir plus sur ce mystérieux virus.
Il ressemblait à l’ébola, mais ce n’était pas l’ébola. Elle éplucha tous les rapports médicaux et
constata que tous les traitements entrepris avaient échoué.
Elle
passa sa main dans ses cheveux et s’étira. Ses yeux la brûlaient et elle avait
envie de se reposer un peu. A ce moment Sam passa la tête dans l’embrasure de la porte :
-Je vous dérange peut –être ?
-Non, non ,entrez, Sam. Vous ne me dérangez pas.
-Alors où en êtes-vous ?
-Je piétine. C’est un vrai casse-tête. Cette maladie n’évolue pas comme une épidémie
normale. Les foyers infectieux sont très
nombreux et toujours très localisés. Ce n’est pas logique.
Et
vous Sam ?
-Je crois que j’ai une petite idée. Mais
nous avons un briefing dans une demi-heure, nous en reparlerons. Mais pour le moment un peu de détente ne nous fera pas de mal.
Que diriez-vous d’un petit café ?
-Ce sera parfait.
Plus
tard tous se retrouvèrent autour du général Hammond. En plus de SG1 il y avait
tous les responsables du service médical.
-Docteur Frazier je vous écoute, dit Hammond sans préambule.
-Malheureusement je n’ai pas grand chose à
vous dire de plus. J’ai étudié très soigneusement tous les dossiers envoyés par
l’OMS. Tous les plus grands spécialistes se perdent en conjoncture. La façon dont évolue la maladie ne ressemble
à rien de connu. Pour moi, ajouta Janet en conclusion, c’est extra terrestre.
-Et vous
Major dit le général en se tournant vers Sam.
-Mon général, j’ai étudié la piste d’une
attaque extra terrestre, parmi ceux que nous connaissons je n’en vois que deux,
susceptibles de réaliser ce genre de guerre. Un expert scientifique, parmi les
goa’ulds c’est assez rare.
-Et vous pensez à qui major ?
-Nirti, mon général.
Ce
nom jeta un froid. Le colonel semblait très mal à l’aise, il s’agita dans son
fauteuil :
-Général je demande la permission de
repartir immédiatement sur Néléna.
-Permission refusée colonel. Nous n’en
savons pas assez pour l’instant. Et puis les pièges de Nirti sur Néléna doivent
fonctionner encore.
-Mais nous savons les combattre mon
général.
-Oui, mais
notre parade ne fonctionne pas toujours, n’est-ce pas docteur
Jackson ? ajouta le général malicieusement.
-Oui, il paraît … mais je n’en ai aucun
souvenir…
Cette
phrase détendit un peu l’atmosphère.
Le
général se tourna vers Sam :
-Major, vous parliez à l’instant de deux
personnes, qui est la deuxième ?
-Linéa, mon général.
-Mais dit
Daniel surpris, Linéa est devenue Kéra, et ce n’est plus la même
personne. C’est impossible que Linéa soit revenue. Le vorlix…
-Oui Daniel, je sais, répondit Sam, mais
rappelez vous, nous sommes loin de comprendre les effets du vorlix, c’est une
technologie qui dépasse de loin nos connaissances, il peut peut-être avoir des
effets que nous ne connaissons pas. Imaginez que Kéra puisse avoir retrouvé la
mémoire, si le dargol que nous avons injecté ne fait plus effet Elle pourrait redevenir Linéa.
-Brr, ça fait froid dans le dos, dit Jack.
Mon général que faisons –nous ?
le
général Hammond réfléchit un moment :
-Colonel, Teal’c et vous Daniel Jackson
vous vous rendrez sur P2Q463, la planète
de Kéra. Vous irez leur rendre une
visite de politesse. Ils sont devenus nos alliés, il faut en profiter. Vous ferez une enquête approfondie,
discrètement bien sûr. Docteur
Jackson, vous aviez une certaine influence sur Kéra, il me semble ?
Daniel
poussa un soupir.
-Quelque chose ne va pas Docteur
Jackson ?
-Non… enfin si… tout va bien.
-Pendant ce temps poursuivit Hammond, Docteur Frazier et vous Major, continuerez
d’étudier cette maladie.
-Général,
je demande l’autorisation de me rendre à Atlanta avec le major, pour
étudier de près ce virus. Je ne l’ai pas encore vu et je sais que les prélèvements sont étudiés
là –bas.
-Entendu, vous aurez dans l’heure qui vient
toutes les autorisations pour vous y
rendre et accéder à tous les échantillons.
-Mon général ?
-Oui colonel ?
-Et pour Nirti, on ne fait rien ?
-On attend colonel, on attend, j’aimerais
d’abord en savoir un peu plus. Rompez.
Atlanta : laboratoire
d’isolation maximum
Janet
regarda Sam en souriant
-Qu’est ce qui se passe Major ?
-C’est pas dangereux, d’étudier de près ces
virus mortel ?
-Si c’est très dangereux, c’est pourquoi
ici, il y a un laboratoire d’isolation maximum. Venez, ce n’est pas la peine
que je vous explique, on arrive.
Les
mesures de sécurités passées et les autorisations vérifiées, Sam et Janet se
retrouvèrent dans une petite pièce sans fenêtre qui ressemblait à s’y méprendre
à un vestiaire de plongée. Leur guide,
Lisbeth, une jeune femme d’une trentaine d’années les invitèrent à se
changer pour passer des vêtements stériles.
Puis elle ouvrit une grosse porte
et ils pénétrèrent dans un autre local dont la porte se ferma avec un chuintement. Elles sentirent une légère désorientation.
-C’est un seuil de pression expliqua Lisbeth, nous allons en passer deux autres.
-Ca sert à quoi demanda Sam ?
C’est
pour empêcher l’air de sortir, l’air
intérieur ne doit en aucun cas sortir. Cela bien sûr dans le cas d’un accident
de laboratoire, si un virus est libéré… mais rassurez-vous ça n’arrive jamais,
ajouta t-elle en souriant.
Dans
la troisième pièce elles durent revêtir des combinaisons étanches et
gonflables, et mettre un casque à visière plastifié, qui se remplit aussitôt de
buée. L’arrière de la combinaison était
muni d’un tube à oxygène qu’on devait relier de temps à autre à une
prise murale le long des murs. Sam
brancha la prise et un air frais circula dans la combinaison lui permettant de
respirer.
La
salle suivante était le laboratoire proprement dit. Des techniciens vêtus de
ces curieux scaphandres se déplaçaient avec des gestes lents. Plusieurs
paillasses étaient libres et Lisbeth invita Sam et Janet à s’installer ;
-Je vais vous chercher tous les
échantillons que nous avons, ainsi que des échantillons de virus connus parmi
les plus chauds, Marbourg, Lassa, Ebola
Elle
revint quelques instants plus tard avec un stock de lames fermées qu’elles purent commencer à regarder
au microscope.
-Elles commencèrent par l’ébola
-Voyez Sam lui expliqua Janet, l’ébola est
un filovirus, il est constitué tout simplement d’un seul brin d’ARN. Ce qui tend à prouver qu’il est très ancien,
probablement même antérieur à l’homme. Vous voyez cet enroulement du brin, il peut prendre diverses formes. Quand il est
introduit dans une cellule il se multiplie à très grande vitesse et finit par
former des cristaux qui chassent de la cellule ses composant naturels. Vous voyez dans cette culture sur
milieu vivant on le voit remplir peu à peu la cellule, pour former des sortes
de briquettes, il envahit simultanément
plusieurs régions du corps ayant une prédilection pour les organes
internes, le cerveau, la peau. Il finit par faire éclater les cellules, les
organes se mettent à saigner, se liquéfient, jusqu’à la destruction totale. Il
agit un peu comme le virus du SIDA, il supprime toutes les défenses
immunitaires du malade, puisqu’il réécrit le patrimoine génétique de chaque
cellule. Ce qu’il y a de terrifiant avec l’ébola, c’est qu’il fait les mêmes ravages que le sida, mais où
le sida met dix ans pour y parvenir, lui il ne lui faut que quelques jours.
-C’est hallucinant ! Je n’avais jamais eu l’occasion de voir de si près ces
dangereux prédateurs, dit Sam.
La
voix de Janet lui parvenait un peu étouffée à travers le casque et ce n’était
pas facile de se parler. Mais il n’y avait pas grand chose à dire, Sam était
impressionnée par ce qu’elle voyait.
-Et c’est ça qui tue tant de personnes dans
le monde demanda t-elle ?
-Non ce que nous voyons c’est l’ébola, un
des plus grand tueur de la planète. Heureusement les épidémies sont très rares,
elles sont souvent localisées à l’Afrique, son
nom vient de la rivière Ebola où
a eu lieu en 1976 une très forte épidémie.
-Et si on regardait le virus actuel maintenant dit Sam en prenant
délicatement une lame qu’elle déposa sous le microscope.
Janet
regarda et pendant un moment le brin d’ARN
qui n’avait pas tout à fait la forme de l’ébola. Puis elle augmenta le
grossissement et poussa un cri.
-Regardez Sam
-Oh mon Dieu ! il faut tout de suite
avertir le général Hammond.
Elle
se tut comme Lisbeth revenait vers elles. C’est d’une voix mal assurée que
Janet demanda :
-Pouvons nous avoir des photos et des
vidéos de tous ces échantillons avec les lieux de contamination et la date.
-Sans problème je vous prépare tout ça.
La
sortie du laboratoire dura aussi
longtemps que l’entrée. Il fallait tout désinfecter. Dans la dernière pièce elles furent
entourées par les vapeurs d’une longue douche au phénol.
Puis
elles enlevèrent leur combinaison
étanche et remirent leurs vêtements.
Pendant ce temps au SGC
Et
votre visite sur Viyus ? Docteur Jackson ?
-Oui, général, cela s’est très bien passé.
Nos amis nous ont très bien accueillis, et ils étaient vraiment très heureux de
nous voir.
Et
Kéra ?
Kéra
est toujours Kéra. Elle a fait construire un hôpital, qu’elle dirige, et tous
les habitants disent grand bien d’elle.
Il paraît qu’elle est dévoué à ses malades, et obtient de nombreuses guérisons,
car elle a gardé ses fantastiques connaissances en médecine, chimie… Il paraît
même qu’elle participe à la fabrication de nombreux médicaments qui donnent
d’excellents résultats.
Néléna
Elle
les regardait ses fidèles serviteurs. C’étaient tous des jaffas dévoués jusqu’à
la mort. Elle savait les récompenser quand il le fallait, et les punir si
nécessaire. Ils y en avait une centaine. Ils ne portaient plus aucune marque
sur le front. Ils avaient étudié à fond l’histoire et les coutumes terriennes.
Selon leur couleur de peau, ils seraient envoyé en Afrique, en Asie, où dans
les pays européens, américains et océaniens, où ils se mêleraient à la
population. Tous portaient cousue dans leur vêtement une petite fiole contenant
un redoutable virus. De nombreux points du globe seraient contaminés, les lacs,
les fleuves, les sources. Ils envahiraient la terre en silence comme une armée
des
ombres.
De minuscules vaisseaux camouflés
atterriraient à l’abri des radars. Puis
ils utiliseraient les lignes commerciales pour se rendre au point exact . L’opération prendrait deux ou trois mois et
toute la terre serait contaminée. Le virus très virulent et très contagieux se propagerait de lui
même. Pour accélérer la propagation il suffirait de le déverser dans une
centaine d’endroits du globe. Le virus travaillerait seul ensuite, se
multipliant à souhait et masquant sous le caractère d’une pandémie un véritable plan d’invasion. Quand la population mondiale aurait été
décimée, il ne resterait plus beaucoup de forces pour défendre la planète. Ce
sera un jeu d’enfants d’envahir les continents. Nirti se réjouissait d’être la
reine d’une si belle planète. Elle reprendrait sa place, qu’aucun grand maître
ne songerait à lui contester. Elle sourit à cette image, et se vit puissante et
crainte. Elle espérait en secret que son esclave préféré celui qui s’était
échappé… peut être ne mourrait pas, elle pourrait alors assouvir une double
vengeance, détruire la terre et le voir chargé de chaînes…
Base de Cheyenne Mountain
Janet
sortit du bureau du général Hammond blanche comme un linge. Elle avait voulu
voir le général seul à seul, car ce qu’elle venait de découvrir était si lourd de conséquences. Ensemble ils
avaient décidé que seuls SG1 devait être mis au courant . Même le personnel
médical serait écarté de la révélation.
Le
général Hammond appela tout de suite le président, il avait d’importantes
décisions à prendre qui ne pouvaient attendre.
Bombay, 12 octobre : 10 morts. Marseille, 12 octobre : 103
morts. Paris, 12 octobre 18 morts.
Londres, 13 octobre : 73morts.
Berlin, 13 octobre : 92 morts. Pékin , 13 octobre 248 morts.
Sydney, 14 octobre 48 morts. New York, 14
octobre 154 morts. Moscou, 15 octobre : 87 morts. hôpital du Cook County à
Chicago, 12 novembre : 85 morts
Janet passa de nombreuses heures à étudier tous
les rapports provenant d’Atlanta. la liste de victimes était déjà très longue.
Toute cette liste, c’était
terrifiant ! Elle visionna les cassettes représentant les virus en
mouvement dans les cellules.
La
télévision ne parlait plus que de ça.
Dès les premiers morts on
commença à parler d’attaque terroristes et tout le monde avait le regard
tourné vers le Moyen Orient.
Les
Etats Unis furent touchés dès le 14 novembre, à Chicago, puis ce furent bientôt
New York, Los Angeles. Washington… et le 21 novembre la ville de Colorado
Springs.
Le
général Hammond avait interdit au personnel de sortir de la base. Il se
doutait que Colorado Springs était une
cible prioritaire. En effet le SGC exterminé, qui songerait à une attaque
goa’uld ?
La
base se transforma en camp retranché. Tous les accès avec l’extérieur furent
fermés. Personne ne pouvait ni entrer ni sortir. Le général Hammond ne quittait
pas son bureau et était en relation constante avec le président. Celui-ci
s’était enfermé dans son bunker sous la maison blanche. Il était informé minute
par minute de l’évolution de la situation.
-Mon général et si on demandait à Kéra de
nous aider ? demanda Sam.
Jack
ne put s’empêcher de dire ;
-C’est pas une bonne idée Carter. On ne
peut être sûr de rien.
-Mais mon colonel, Daniel nous a dit tout
le bien qu’elle fait sur sa planète…
-Je sais, mais si au lieu de fabriquer un
vaccin, elle nous fabrique un bon petit poison, histoire d’accélérer le
processus ! hein ! c’est pas impossible !
-Vous n’avez pas confiance colonel, dit le
général, je prends note de votre mise en
garde. Mais je crois qu’il nous faut prendre le risque.
-Vous, Le docteur Jackson , et Teal’c vous
retournez sur Viyus et vous exposez le problème à Kéra. Peut-être faudra t-il
la ramener avec vous. J’en réfère immédiatement au président.
Viyus
Kéra
tout sourire s’avança au devant de ses
amis !
-Vous voilà déjà de retour ? mais que
se passe t-il dit-elle en voyant la mine sombre des voyageurs.
Daniel
prit la parole : nous avons besoin de vous Kéra. La terre est envahie par
un mystérieux virus, dont nous ne connaissons pas le remède. Nous
sommes venus pour savoir si vous voulez bien nous aider.
-Bien sûr mes amis, mais il faudrait m’en
dire un peu plus. Si nous allions en
parler dans mon laboratoire.
-Le major Carter n’est pas avec vous ?
-Non
répondit O’Neill d’un ton sec elle a mieux à faire.
Daniel
poussa Jack du coude
-Jack, enfin…
-Eh ben quoi ? il se reprit voyant
Kéra le regarder d’un air inquiet
-Elle travaille sur ce maudit virus avec le
docteur Frazier.
Kéra
se sentit mieux. Elle n’était pas à l’aise avec O’Neill, il lui semblait qu’il
en savait beaucoup plus qu’elle sur elle–même. Elle n’avait pas retrouvé la
mémoire, mais ne s’en inquiétait pas trop. Elle avait trop de travail pour ça
et elle était trop heureuse de s’occuper de ses concitoyens. Peut-être qu’un
jour on trouverait un moyen de la guérir.
-Malheureusement dit Kéra, si je ne vois
pas d’échantillon de ce virus, je ne
peux pas faire grand chose.
-Voulez vous venir avec nous dans notre
base, vous pourrez rencontrer les médecins qui
y travaillent ? Proposa Daniel.
-Avec plaisir, dit-elle.
Une
réunion secrète se déroula dans le bureau du général. Seuls les membres de SG1 et Janet y participèrent avec le général.
Kéra qui avait accepté de venir à la base fut conduite dans les appartements
réservés aux visiteurs.
Sur le téléviseur on voyait
la contamination d’une cellule saine par le mystérieux virus . Chacun put admirer le spectacle grandiose
d’un virus en multiplication. Si on faisait abstraction de la réalité le
spectacle était beau. Les brins s’enroulaient et se déroulaient à grande
vitesse. L’image était grossie 112 mille
fois.
Puis
une autre cellule apparut et un nouveau
brin du virus actuel commença à se multiplier. Il avait une forme particulière
ce brin , il était articulé, avait plusieurs pattes, se déplaçait à grande
vitesse et rien se semblait pouvoir arrêter sa progression. On aurait dit un
être mécanique plutôt qu’un organisme vivant.
Jack
se mit en colère
-C’est pas vrai ! je rêve, on dirait
des …
-Des réplicateurs mon colonel, mais de taille subatomique, expliqua Sam, d’un ton
froid. Elle avait eu le temps de s’habituer à cette idée.
-Mais bégaya t-il ? co. .. comment est-ce possible ? les
réplicateurs sont des bestioles en fer qui mangent tout ce qui est métal, et
énergie.
-Oui, mais ici, ils ont du subir une
importante mutation, mais ils ont le même but que les grands, se nourrir et se
répliquer. Que fait d’autre un virus , mon colonel ? conclut Janet.
Le
général Hammond après un instant de silence et de réflexion prit la
parole :
Après
mûre réflexion et l’ autorisation
spéciale du président j’autorise Kéra à participer avec vous docteur Frazier
à la mise en place d’une parade.
O’Neill
protesta :
-Mais mon général…
-Colonel ma décision est prise, vous devez
collaborer avec Kéra. Cependant, je vous autorise à la surveiller de près avec
Teal’c, pendant tout le temps qu’elle sera au laboratoire. Il ne faut pas
qu’elle reste seule à aucun moment.
Laboratoire de Janet
Sam
trouva Janet et Kéra en grande discussion. Kéra voulait tout savoir sur les
réplicateurs. Elle consulta les bases de données et mémorisa très vite tout ce
qu’il y avait à savoir, sur ces « bestioles en fer » comme disait
O’Neill.
-Quel dommage que vous n’en ayez pas un
échantillon cela nous aurait grandement facilité la tâche dit Kéra en
conclusion.
Sam
sursauta :
-C’est beaucoup trop dangereux. Les Asgards
l’ont fait et ils s’en repentent encore.
Elle
passa encore de longues heures à éplucher tous les rapports de mission contenus
dans les ordinateurs de la base.
Un
instant elle leva la tête et se frotta
les yeux :
-C’est quand même extraordinaire, cette
perfection technique, cela agit comme un virus.
O’Neill
qui venait d’entrer suivi de Teal’c conformément aux ordres de Hammond :
-Vous avez dit quoi déjà ?
Extraordinaire ? C’est bien ça ?
-Ne vous fâchez pas colonel , je suis une
scientifique et je sais juste reconnaître la valeur d’ une invention quand j’en vois une. Je ne porte aucun
jugement moral. Elle regardait le colonel un peu inquiète
-Il y a quelque chose qui ne va
pas ? Je ne vous ai pas froissé
j’espère ?
-Non, mais c’est juste que tout ça me rend
un peu nerveux, ya de quoi ! non ! O’Neill la regardait droit dans
les yeux cherchant la faille, mais il n’en trouva pas, son regard était limpide et elle paraissait
sincère.
Mais
ce genre de réflexion lui fichait particulièrement la frousse. Ils en avait
tellement bavé avec ces maudites créatures. Les Asgards avaient failli être détruits. Il avait fallu
la technologie « simplifiée » des terriens pour en venir à bout
Justement
c’est de ça que les trois femmes parlaient maintenant. O’ Neill les écoutait
mais n’intervint pas.
-La difficulté dit Sam était de trouver une
arme suffisamment efficace mais pas trop , de façon à ne pas nourrir le
réplicateur qui est très friand d’énergie. Seulement maintenant nous sommes
confrontés à un ennemi invisible et nous n’avons aucune idée de la parade à
adopter. Nous ne pouvons pas utiliser nos armes.
Janet
se leva et elle se mit à réfléchir tout haut.
-les antivirus classiques ne fonctionnent
pas, c’est normal puisque ce ne sont pas des virus, il faudrait trouver une
parade qui bombarderait les micro réplicateurs , des particules subatomiques ,
mais quoi ?
Comme
tout le monde la regardait sans comprendre :
-Mais si , il faut une arme à projectile,
quelque chose qui serait l’équivalent de nos armes conventionnelles.
Le
visage de Sam s’éclaira :
-Oui je comprends ce que vous voulez dire
Janet, mais je crois qu’il faut d’abord s’attaquer à la source, essayer de
trouver comment la contamination est faite. Quel est le vecteur de la maladie,
un animal , du genre moustique par exemple, ou
de la nourriture contaminée, ou un poison dans l’air contenant le
virus ?
-C’est un travail de titan. Il va falloir
essayer de trouver un point commun entre toutes les personnes malades, enfin
les dossiers de ceux que nous possédons.
-Je suggère de mettre tout le monde au
travail, dit Janet. Le reste de mon équipe n’est pas au courant pour les
réplicateurs, mais pour une meilleure efficacité, tout le monde doit savoir sur quoi il travaille. Je vais
demander l’autorisation au général Hammond.
Colorado Springs.
La
ville avait isolée. Toutes les routes barrée et gardées par des hommes en armes
vêtu d’un simple masque sur le visage.
Personne ne savait contre quoi on luttait. Un jour quelqu’un tombait
malade, puis un autre, encore un autre. Ils mourraient tous dans d’atroces
souffrances.
Les
médecins, l’OMS se perdaient en conjonctures. Cette maladie évoluait et se
répandait de façon anarchique. Souvent tous les membres d’une même famille
mourraient , mais leurs voisins étaient parfois épargnés. Les hôpitaux étaient
saturés, on manquait de médicaments, car la maladie sévissait dans d’autres
villes des Etats Unis. On essayait au maximum d’isoler les malades car cette
maladie était une fièvre hautement contagieuse.
Le
docteur Gular avait passé toute la nuit à soigner les malades, cinq étaient
morts cette nuit. Il se sentait mal, un mal de tête violent lui serrait les
tempes et il avait peur d’avoir été contaminé. Le lendemain il resta chez lui,
à guetter les symptômes, il n’avait pas de fièvre. Son nez se mit à couler.
Il
poussa un ouf de soulagement , ce
n’était pas la fièvre hémorragique, mais un simple rhume !
Le
lendemain, reposé, il put retourner à l’hôpital. Deux semaines plus tard il put constater
qu’aucun des soignants n’avait attrapé la maladie. Cela le réjouit mais le
surprit un peu.
Janet,
Kéra et Sam obtinrent la permission de
sortir de l’isolement dans lequel était plongé la base depuis plusieurs
semaines. Elles devaient se rendre sur les sites contaminés avec une équipe de
virologues pour essayer de reconstituer l’histoire de la maladie. Le cas de
chaque malade fut étudié, la localisation de la maladie, ce qu’il avait fait avant de tomber malade,
ce qu’il avait mangé, ou bu. C’était une enquête très difficile, car les gens
contaminés étaient morts, et les familles, s’il en restait ne pouvait pas
toujours répondre à toutes ces questions. A Pékin L’eau fut analysée et on ne
trouva rien d’anormal. Elles se rendirent dans les grandes villes les plus
touchées, mêmes résultats négatifs. L’épidémie semblait venir de nulle part.
En
Inde premier pays touché , la maladie semblait cependant marquer un net recul.
Depuis deux jours il n’y avait pas eu de
nouveaux cas.
Elles
terminèrent leur périple par le laboratoire d’isolation maximum d’Atlanta.
Atlanta
-Un petit virus bien chaud, mon
colonel ? dit Janet en arrivant devant le laboratoire d’isolement maximum.
O’
Neill blêmit :
-Je ne vous suis pas là dedans, il n’en est
pas question !
-Pourtant , être enfermé dans un
scaphandrier ne vous gêne pas d’habitude continua Janet ?
-C’est vrai, mais ce qui me gêne c’est un
ennemi si petit qu’on ne le voit pas.
Alors je vais rester là tranquillement à vous attendre. D’ailleurs il ne peut
rien arriver, Kéra ne pourra pas s’échapper.
-Je doute fort qu’elle en ait envie dit
Janet d’un ton désapprobateur. Vous avez encore des doutes sur elle
Colonel ?
-Oh oui j’en ai ! On peut toujours
retrouver la mémoire. Je ne pense pas que ce soit définitif.
Kéra
avait chaud dans sa combinaison
isolante. On se déplaçait avec difficulté dans ce laboratoire. Pourtant elle
n’était pas claustrophobe. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Elle
avait parfois des images curieuses dans
sa tête qui venaient troubler sa sérénité habituelle. Elle faisait de plus en
plus de cauchemars où elle voyait une vieille femme qui faisait des choses
terrifiantes. Sam lui dit quelque chose mais elle ne comprit pas. En raison de
l’air qui soufflait en permanence dans la combinaison, il fallait parler
fort pour se comprendre et ce n’était pas propice à la
concentration qu’il lui fallait pour combattre ce virus.
Elle
regardait les nombreux échantillons prélevés et regarda minutieusement les
réplicateurs microscopiques. Elle se surprit à trouver ce travail admirable.
–je n’aurais pas fait mieux pensa –t-elle.-
Elle se reprit aussitôt –mais je suis folle de penser un truc comme ça,
qu’est ce qui m’arrive ? Elle
voulut essuyer la sueur qui coulait sur son visage , mais elle ne put le faire
en raison du casque. Elle avait oublié qu’elle n’était pas à l’air libre.
Son malaise augmentait, et elle se mit à tituber.
Janet
hurla :
-Sam, Kéra se sent mal il faut sortir tout
de suite !
La
décontamination à la sortie du laboratoire durait longtemps. Sous la douche au
phénol Kéra était couchée, repliée sur elle même et Janet ne pouvait rien faire
tant qu’on n’avait pas enlevé la combinaison.
Janet
était très inquiète, Kéra était très agitée .Elle se mit à pleurer sans pouvoir
s’arrêter.
-Mais que vous arrive t-il demanda Janet en
lui entourant les épaules de son bras ?
-Je fais tout le temps d’affreux
cauchemars, et pas seulement la nuit. Je vois une vieille femme très méchante,
je suis cette vieille femme qui ne me ressemble pas. Elle a tout le temps des
pulsions meurtrières. Parfois je perds le sens de la réalité, je ne sais plus
ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. On dirait que je suis deux personnes .
Je suis moi et je suis elle. C’est affreux. Et elle se remit à sangloter de
plus belle.
Janet
lui fit un calmant et essaya de la rassurer.
-Nous allons rentrer à la base et vous
soigner, cela ne peut pas être aussi grave que vous le dites, ajouta t-elle
sans grande conviction.
Sam,
et elle se regardèrent très inquiète.
-Qu’allons nous faire Janet, elle retrouve
la mémoire, c’est bien ça ?
-Je le crains, dit Janet sombrement.
Base de Cheyenne Mountain
Si
je vous ai réuni en urgence ce matin c’est pour vous parler de Kéra, dit le
général Hammond. Il semblerait qu’elle retrouve des bribes de mémoires.
-Je le savais dit O’Neill en coupant le
général. Excusez-moi mon général ajouta t-il rapidement en s’apercevant de son
impolitesse.
-Docteur Frazier, continua le général
Hammond sans se soucier de l’interruption du Colonel. Pouvez-vous nous faire un
point complet sur l’état mental de Kéra. Est-elle dangereuse ?
-Non général, pas à ce point là. Cependant
elle est très perturbée mais ne semble pas se rendre compte qu’elle retrouve
des bribes de mémoire. Elle souffre d’une sorte
de schizophrénie. Je crois que
son amnésie est encore profonde, mais que sa double vie de Linéa d’abord puis
de Kéra ensuite a profondément perturbé son état mental. Ces deux personnalités
sont en totale contradiction, la première est un monstre, l’autre une personne
généreuse.
Est-ce
qui vous reste encore un peu de ce truc que vous lui avez déjà injecté ?
-du dargol ? je ne crois pas que ce
soit approprié dit Janet.
-Mais nous ne devons pas prendre le moindre
risque qu’elle redevienne Linéa, dit le général Hammond
-Excusez-moi , général, dit Daniel , mais
je ne sais pas si on a le droit de lui injecter un tel produit à son insu. On
doit d’abord lui demander son avis.
-le droit, le droit , je vous rappelle que
si Linéa a fait tant de dégâts dans la galaxie, c’est en partie à cause de
nous. Nous devons tout faire pour empêcher qu’une pareille chose se
reproduise, rétorqua O’Neill. Il ajouta
d’un ton sec : Daniel laissez tomber les droits de l’homme. C’est pas le
moment !
-je
suis de l’avis du colonel ! dit Hammond, n’est –il pas dangereux
d’attendre ? Docteur Frazier, vous faites autorité dans ce domaine et je
me conformerai à votre avis.
Janet
réfléchit un moment avant de parler :
-Je crois qu’il nous faut attendre, pour
deux raisons, la première nous n’avons pas encore vaincu les virus
réplicateurs, et Kéra peut nous aider beaucoup, la deuxième : je pense que
l’état de Kéra peut s’arranger sans avoir recours au dargol . Nous ne le ferons
que si c’est absolument obligatoire.
Kéra
resta quelques jours à l’infirmerie à se reposer. Sam et Daniel venaient
souvent la voir. Elle semblait très inquiète des progrès de l’épidémie, et tout
en se reposant elle continuait à réfléchir.
-Sam, l’autre jour, Janet a dit presque comme une boutade que les
réplicateurs étaient tués plus facilement par des armes à projectiles, que par
des armes de types goa’uld, produisant de l’énergie ? c’est bien ça ,
n’est-ce pas ?
-C’est exactement ce qu’elle a dit, sauf
que les réplicateurs ne sont détruits que par des armes à projectiles. Et ce
qu’elle a ajouté c’est qu’il faudrait miniaturiser nos projectiles pour les
utiliser sur les virus réplicateurs.
Vous
avez une idée ?
-J’y réfléchis, je n’ai que ça à
faire, réfléchir, dit Kéra amèrement.
Vous n’avez pas en France des appareils pour détruire les tumeurs comme des
bombes à particules ? des rayons ou quelque chose de ce genre.
-En effet, mais ce sont des particules
atomiques, les virus- réplicateurs vont s’en nourrir au lieu d’être
détruits !
-Peut-être pas, j’ai une idée.
-je continue de penser que si nous avions
sous la main des réplicateurs , ajouta Kéra , nous pourrions faire des essais.
Je suis persuadée qu’ils sont sensibles à une certaine forme d’ énergie
atomique. Quelque chose de radioactif.
Sam
frémit :
-Heureusement que nous n’avons pas de
réplicateurs, mais nous pouvons tester votre idée en retournant à Atlanta et en
injectant au virus de l’iode radioactif. Nous pourrions constater de visu les
résultats.
A
Atlanta les résultats furent concluants, la solution bien dosée fut trouvée et
si elle ne détruisait pas totalement le virus elle l’empêchait de se
reproduire. Quelques malades furent admis à l’hôpital militaire de Colorado
Springs et furent guéris en quelques jours.
Un
protocole de soins fut établi et les hôpitaux des villes atteintes par la
maladie reçurent ce qui fut appelé un vaccin. La maladie régressa très vite, en
quelques semaines il restait encore quelques foyers isolés et tout rentra dans
l’ordre dans les semaines suivantes.
Personne
dans le monde ne sut d’où venait la maladie, on supposa qu’elle existait à
l’état endémique dans un animal en Inde. Et ce virus reçut le nom de virus de
Krishnagiri, nom de la ville où était
apparu le premier cas en Inde du sud.
Kéra
rentra chez elle, elle allait beaucoup mieux, ses cauchemars s’étaient
estompés. Mais le général Hammond se
promit d’envoyer une équipe de temps en temps sur Viyus, pour rentre à ses
habitants une visite de courtoisie. Il faut bien entretenir l’amitié !
Planète Néléna
Elle entra dans une fureur noire. Ils arrivaient
de la terre, les uns après les autres. Et quand ils se présentaient devant
elle, son regard était si noir qu’ils se prosternaient à ses pieds implorant
son pardon.
Elle
marchait pour entretenir sa fureur, tout lui échappait, tout lui glissait entre
les doigts. Au moment où elle pensait réussir, tout s’envolait. l’épidémie
provoquée par ce génial petit robot virus commençait à faiblir.
Elle
cherchait en vain, où elle avait pu faire une erreur. Dans sa tête elle refit
de savants calculs, elle avait tout prévu sauf que ses merveilles ne se
répliqueraient plus une fois sorties du corps humain. Pour une raison qu’elle
ignorait encore le virus après avoir tué son hôte , était incapable d’ en
contaminer un autre. Autrement dit elle avait fabriqué une maladie non
contagieuse. Pourtant son idée était géniale, du moins elle le croyait,
contaminer simultanément une centaine de
points d’eau potable sur toute la planète devait suffire à amorcer la
destruction de toute la population. Mais
ces humains insolents avaient trouvé une parade ! Sa vengeance lui
échappait. Elle revit les yeux chocolat de son ancien esclave et une bouffée de
fureur la saisit. Elle aurait voulu l’avoir , là sous la main, et le tuer elle
même à petit feu.
Elle
voulait être seule. Elle disparut derrière une tenture laissant derrière elle
ses jaffas terrifiés de sa colère. Il ne faisait pas bon la braver, de lui désobéir ou de mal remplir une
mission. De nombreux jaffas l’avaient payé de leur vie. Et personne ne
souhaitait être la prochaine victime sur sa liste noire.
Le soleil se couchait sur Néléna. Les nuages
s’effilochaient en longues draperies roses et rouges. Des ombres montèrent des
vallons, et le froid envahit les ravines. Le ciel s’assombrit et la reine seule
dans son palais, seule avec sa haine et son désespoir pleura des larmes de sang
qui tombèrent comme des gouttes de plomb fondu sur son cœur desséché.
3ème partie
LE BAISER DU
SERPENT
Base
de Cheyenne Mountain
-Que
diriez-vous d’une semaine de vacances , SG1 ?
le
général Hammond était tout sourire.
O’Neill
releva la tête, son visage témoignait d’une intense stupéfaction :
-Mon
général, avec tout le respect que je vous dois, vous allez bien ?
-Très
bien, Jack, on ne peut mieux. Je vais en profiter pour prendre quelques jours
que je me réjouis de passer avec mes
petites filles !
-Je
suis très inquiet mon général, vous !
Prendre du repos !
-Et
oui, mes amis tout arrive ! Et sur ces mots le général quitta la pièce sur
un « Au revoir et bonnes vacances SG1 »
Ils
se regardèrent n’osant pas croire à leur bonne fortune, enfin pas tous. Sam
poussa un soupir et se demanda ce qu’elle pourrait bien faire de ce temps libre
qui lui tombait dessus si mal à propos. Daniel n’était pas loin de penser la
même chose. Une semaine c’était ou trop
court ou trop long. Il aurait eu envie de retourner en Egypte faire quelques
fouilles mais il n’aurait pas le temps.
Leurs
réflexions à tout deux furent interrompues par O’ Neill :
-Moi, je sais ce que je vais faire !
-C’est facile dit Daniel, vous allez dans
votre chalet du Minnesota !
-Et bien peut –être pas, j’ai une autre idée. Vous ne devinez
pas ? Je vous en ai parlé l’autre jour !
-O’ Neill je donne mon nez au chien.
-Ma langue au chat Teal’c, on dit ma
langue… il s’arrêta brusquement :
-C’est une plaisanterie n’est-ce pas ?
Vous l’avez fait exprès ? Ajouta
–il en voyant l’ombre d’un sourire effleurer les lèvres de Teal’c pendant une
milliseconde.
Daniel
gloussa et Sam ne peut se retenir de rire franchement.
-Alors vous allez où Jack ?
-Je vais pêcher.
-On le savait ! C’est pas
nouveau !
-Oui ce que vous ne savez pas, c’est
où ?
-Où ? Dites –le nous ?
-Je vais pêcher la truite dans les rapides
du Colorado. Oui , ajouta –t-il
d’un ton neutre, ça va me changer un peu.
-Vous venez avec moi Major ? Enchaîna
t-il rapidement et d’un air détaché comme
si la réponse lui importait peu.
Sam
hésita :
-Heu, mon colonel, ce n’est pas vraiment du
repos, mais un exploit sportif, ce n’est pas comme cela que je conçois les
vacances.
-Sans doute préférez-vous votre petit
réacteur chéri comme compagnon, ironisa –t-il ?
Sam
rougit :
-Enfin ,non, ce que je veux dire, c’est que
dans votre chalet, c’est plus …
-Plus quoi Carter ?
-Plus reposant peut –être, je ne sais pas,
c’est …. Elle s’enferrait, et s’arrêta brusquement rouge comme une tomate.
O’
Neill sourit et continua implacablement :
-Si j’ai bien compris, je vous propose de
venir dans mon chalet, et vous dites oui tout de suite ? C’est bien
ça ?
Elle
ne répondit pas et évita soigneusement le regard de son colonel.
- Hum ! Daniel toussa :
-Heu… et…
Teal’c, vous faites quoi pendant vos vacances ?
Sam jeta à Daniel un regard de reconnaissance.
-Je vais sur Chulac, Daniel Jackson. Il y a
longtemps que je n’ai pas vu mon fils.
Finalement,
tous étaient contents de prendre quelques jours de repos. Il l’avaient bien
mérité. La lutte contre les virus réplicateurs de Nirti avait été épuisante, et
avait laissé des traces dans les organismes. Et puis les missions
s’enchaînaient sans relâche, toutes plus difficiles et plus fatigantes les unes que les autres.
Sam
se dirigea d’un pas lourd vers son labo. Elle avait attendu que le colonel soit
sorti de la base. Elle n’avait aucune envie d’entendre ses remontrances
habituelles et ses moqueries (gentilles mais moqueries quand même) sur son
réacteur à naquada.
C’est
vrai qu’elle adorait travailler sur ces engins extra terrestres. Ils lui
apportaient une intense satisfaction intellectuelle qui valait tous les jours
le repos obligatoire et traditionnel prôné par certains. Ce n’était pas sa faute si elle s’ennuyait chez elle. Pour
elle repos était synonyme d’inaction, et c’est ce qu’elle redoutait le plus.
Comme
elle entrait dans son labo elle vit le
colonel assis sur sa chaise, à son
bureau et les deux pieds posés sur le bureau , les mains croisés sur le ventre,
un air satisfait sur le visage.
-On dirait un gros matou, content d’avoir
attrapé sa proie, se dit –elle un peu irrespectueusement. Et c’est l’impression
qu’ elle avait en ce moment. Le sentiment de s’ être fait avoir dans les
grandes largeurs.
-Alors Major ? On s’apprêtait à
travailler, à cette chose que je vois là bas ? Dit-il en montrant le
réacteur qui trônait sur le bureau voisin.
Sam
poussa un très très gros soupir. Elle n’allait pas échapper aux remontrances,
et il lui faudrait les écouter , très respectueusement sans interrompre une seule fois, son colonel
déchaîné devant son entêtement à ne pas se reposer.
Elle
courba l’échine mais se releva brusquement, les sirènes hurlaient dans toute la
base.
-Sauvée par le gong major, mais nous
reprendrons cette petite conversation plus tard…
Le
colonel s’était levé d’un bond d’un mouvement très souple. Ils coururent et
rejoignirent les hommes en armes dans la salle d’embarquement.
-Fermez l’iris hurla O’Neill.
L’iris
se referma brusquement enfermant la leur bleue du vortex de l’autre côté de
l’anneau.
-Que se passe t-il ? Le général
Hammond arriva en courant, il était déjà en civil, prêt à partir.
-Nous avons un code d’identification Tokra
mon général.
-Ouvrez l’iris sergent.
Jacob
se présenta en haut de la rampe et descendit lentement jusqu’à ses amis. Il
n’avait pas son visage souriant habituel.
-Papa, que se passe t-il ? Sam était
brusquement inquiète. Jacob l’embrassa :
-Je vais bien ma chérie. Ne te tracasse pas.
-Jacob, Hammond tendit la main a son vieil
ami,
Celui
ci le regarda un instant :
-En civil ?
-Oui nous partions en vacances.
-Il faut oublier vos vacances tout de
suite. J’ai de mauvaises nouvelles.
-Ne restons pas ici, dit Hammond. Et
prenant son ami par le bras il l’entraîna hors de la salle d’embarquement.
-Alors Jacob ? Les nouvelles sont si
mauvaises que ça ?
Jacob
baissa la tête et la voix grave de Selmac surprit tout le monde.
-Selmac ? Ce doit être bien grave pour
que vous interveniez, vous êtes plutôt du genre silencieux d’habitude.
-En effet.
Vous savez général Hammond, que le rôle joué la Tokra dans la lutte contre les goa’ulds, est
surtout un rôle d’infiltration. Nous pouvons nous faire passer facilement pour des goa’ulds, et aussi
facilement infiltrer des humains.
- Des humains ? Ce n’est pas dans vos
habitudes cela ! S’étonna Hammond.
-En effet, mais là il s’agit d’un cas de
force majeure. Nous avons en effet
infiltré la zone 51 et le NID. A notre avis il s’y passe des choses pas très
claires.
-Pourtant , le NID poursuit le même but que
nous, nous procurer des défenses contre nos ennemis, même si nous n’approuvons
pas ses méthodes.
-Il semble qu’il y ait parmi eux un
traître qui fournit aux Goa’ulds des
armes ou des technologies que vous avez pris à d’autres. En un mot, certains
goa’ulds se fournissent sur terre.
-C’est impossible ! S’écria Hammond.
-Il me semblait que la zone 51 était hyper protégée ! Ajouta O’ Neill.
-Et qu’est ce qui a été volé ?
-Pour le moment je ne le sais pas encore,
mais un objet volumineux a été sorti de la base en pleine nuit.
-Qu’est ce que ça peut bien être ? et
c’est destiné à qui ? S’inquiéta
Sam.
-A un puissant goa’uld, mais en difficulté
en ce moment et qui vient d’essuyer un échec terrible provoqué par vous autres,
conclut Jacob en faisant le tour de la table des yeux.
-Nirti ! Sam et O’Neill l’avaient dit
d’une seule voix.
-On ne se débarrassera jamais de ce
serpent ! ragea O’ Neill.
-Faites bien attention à vous, vous l’avez
mise deux fois en échec et sa haine est proportionnelle à ses défaites. Elle
mijote quelque chose de terrible.
-Vous n’avez pas un petit espion Tokra dans
son entourage, par hasard ?
-Si justement, ajouta Jacob avec un sourire
entendu, un ami à moi se fait passer
pour un de ses fidèle serviteur.
-Mais je croyais que ses serviteurs étaient
tous des humains !
-Oui en général, mais il s’agit là d’un conseiller, quelqu’un de très proche
d’elle à qui elle demande volontiers son avis. Si tenté qu’elle écoute les
conseils ! Ces goa’ulds sont si
orgueilleux qu’ils ne tiennent pas compte des remarques de leur entourage !
-Que pouvons-nous faire Jacob ? dit
Hammond
-Pour le moment rien, je vous tiendrais au
courant de tous les rapports que nous envoie notre homme infiltré.
-Et c’est tout ? Dit O’Neill
déçu , on attend ?
-Surtout vous Colonel, vous savez qu’elle
tient à se venger de vous personnellement, je ne sais pas trop pourquoi, mais
vous avez intérêt à adopter un profil bas.
Jack
semblait légèrement mal à l’aise comme à chaque fois qu’on évoquait devant lui
son emprisonnement sur la planète Néléna.
O’Neill
grogna quelque chose d’incompréhensible.
Sam
lui jeta un regard aigu :
-Vous disiez mon Colonel ?
-Rien du tout Carter, rien du tout. Mais je
persiste à dire qu’il faut aller la traquer dans son repaire, cette vilaine femme.
-Si une équipe part sur Néléna, Colonel,
vous ne serez pas du voyage. Vous êtes trop
précieux à mes yeux. Et voyant que Jack ouvrait la bouche :
-N’insistez pas Colonel, c’est un ordre.
Personne
n’entendit le léger soupir de Sam, très soulagée par la décision de Hammond.
Elle savait et tous le savait autour de cette table que si Jack était fait à
nouveau prisonnier, il serait longuement torturé et tué sans aucune forme de
pitié.
Planète
Néléna
Elle
n’en dormait plus la nuit. Elle n’était que rage et fureur. Ses jaffas et ses
esclaves faisaient tout pour la contenter.
Tous les soirs elle prenait un nouvel amant , mais
ils ne lui apportaient que déception.
Ses pièges mentaux fonctionnaient , elle avait
tous les esclaves qu’ elle désirait , mais aucun qui put lui faire oublier
celui qui avait enflammé son cœur, et qui s’était si bien joué d’elle.
Elle revivait sans cesse les quelques instants
qu’ils avaient passé ensemble, quand il avait failli l’aimer. Elle se
repaissait de ses sensations qu’elle avait éprouvées , oh combien fugitive ,
qui lui avait laissé dans la bouche un goût de cendre. C’était comme une épine
dans son cœur.
Elle
avait cru un moment tenir sa vengeance contre ces humains arrogants et
insolents. Elle avait eu l’idée de génie de créer un virus réplicateur qu’elle
avait envoyé contaminer toute la planète . Mais pour une raison qu’elle ne
s’expliquait pas encore, son plan n’avait pas marché. De nombreux esclaves et
jaffas avaient payé de leur vie leur incapacité à réussir leur mission. Mais
les meurtres ne l’avait pas assouvie. Elle était sortie affaiblie de cette
défaite. Mais elle ne voulait pas se contenter d’être une petite reine, sur une
petite planète, à gouverner un petit peuple ! C’était si misérable et si
indigne d’elle. Et pourtant à bien y regarder , elle était une reine très peu
puissante, avec une population peu nombreuse, sur une planète montagneuse au
climat rigoureux.
Elle n’avait plus aucun contact avec les grands
maîtres depuis sa trahison à la conférence qui avait eu lieu sur la Tauri. Elle
avait d’ailleurs intérêt à se cacher tant qu’elle n’aurait pas retrouvé sa
puissance. Et justement c’est après cette puissance qu’elle courait, elle avait
failli réussir. Etre maîtresse de la Tauri ! Quel triomphe ! Tous les
grands maîtres se seraient jetés à ses pieds pour l’avoir dans leur cercle
restreints. Alors, elle leur aurait imposé ses conditions, elle aurait été
reconnue pour la reine suprême. Son ambition ne connaissait aucune mesure, elle
en avait conscience, mais elle trouvait que faire partie des grands maîtres lui revenait de droit. Elle
était de loin la plus intelligente, elle était une grande scientifique, ses
nombreuses expériences le prouvaient.
L’esclave humain se prosternait à ses pieds
-Ma reine, un étranger demande
à être reçu.
Elle jeta sur l’homme prosterné un regard de
mépris. Pourtant c’ était un de ses plus fidèle serviteur. Il était âgé, et
avait acquis une certaine forme de
sagesse. Il la connaissait bien savait ce qui lui plaisait et ce qu’il ne
fallait pas faire.
-Qui est-ce ? Lui
jeta –telle
-Il a dit qu’il venait de
la Tauri, oh ma reine.
Soudainement intéressée elle se leva , et dans un
moment d’espoir fou
-Par lui je pourrais le
retrouver peut-être ? dit –elle dans un murmure.
Puis à voix haute :
-Fais-le entrer.
Elle s’assit sur son trône fait d’or et de
pierreries. Tout autour d’elle , ce n’était que luxe et richesse. Des soieries
les plus fines, aux pièces de vaisselle en or, rien n’était trop beau pour
satisfaire sa vanité.
L’homme était encore jeune, il était vêtu très
simplement et selon l’usage il se prosterna devant la reine.
-As-tu ce que je t’ai
demandé ?
L’homme fit un signe et aussitôt un groupe de quatre personnes
s’avancèrent portant un étrange objet. Ils le posèrent devant Nirti et
s’éloignèrent aussitôt en marchant à reculons pour ne pas offenser la reine.
Elle se leva et tourna tout autour de l’objet.
Elle souriait en caressant la structure de bois, elle passa sa main tout
autour.
-As-tu l’appareil ?
-Oui, ma reine, et il
sortit de sa poche un petit boîtier, qu’il lui tendit et dont elle s’empara
avec avidité.
-Jaffa appela t-elle,
paie-le selon ses mérites, dit –elle au
jaffa en lui montrant l’humain. Il m’a
très bien servie ajouta –t-elle d’un ton lourd.
L’humain sortit de la pièce le sourire aux lèvres
et quelques secondes plus tard un cri retentit suivi de la chute d’un corps.
Nirti, indifférente, fit transporter
aussitôt l’objet dans son laboratoire, à l’abri des regards. Elle se promit de
passer la nuit à l’étudier.
Il fallait qu’elle le retrouve, sa vie et son cœur
en dépendait. Cet appareil était porteur d’une grande promesse.
O’Neill tournait dans la pièce comme un lion en
cage.
-Jack, vous me donnez le
tournis, vous pourriez pas vous arrêter un peu
se plaignit Daniel.
-Comment pouvez-vous
cautionner une telle chose ?
-Mais je ne cautionne rien
du tout ! Je pense que le général
Hammond a raison.
-Mais vous partez du
principe que Nirti va gagner !
J’espère bien qu’on va la vaincre !
je vais
retourner voir Hammond et lui dire…
-Mais patientez donc un
peu Jack ! D’abord jusqu’à preuve du contraire personne ne va sur
Néléna ! Alors du calme. Vous affronterez Hammond plus tard.
-Vous avez raison dit Jack
en se calmant un peu.
-Vous avez dit que j’ai
raison ? Vous allez bien ?
-Non je ne vais pas bien,
je voudrais que cette vipère soit morte, la terre ne s’en porterait que mieux.
Daniel le regarda étonné :
-On
dirait que vous avez un compte personnel à régler avec elle ?
O’Neill répondit un peu vite :
-Non
pas du tout… et devant le regard insistant de Daniel :
-Enfin
si… elle m’a fait prisonnier, et vous pouvez me croire, ce n’était rien
d’agréable ! et puis après tout c’est une goa’uld, une ennemie !
Quoi !
-Je suis d’accord avec
vous, tout à fait d’accord avec vous, dit Daniel d’un ton neutre. Il lâcha
prise car il voyait que le colonel était très en colère.
Naturellement tous les congés avaient été reportés. Une enquête fut menée conjointement
entre le SGC et le NID pour déterminer
ce qui avait été volé en zone 51, et découvrir le traître. Le NID ne joua pas
le jeu et le SGC eut bien du mal à
obtenir les résultats de l’enquête.
-Ils ne sont pas pressés
d’admettre qu’ils ont une taupe dans leur service ironisa Daniel.
-Je crois que je vais
taper du poing sur la table, dit le Général Hammond. Je voulais faire cela avec
diplomatie mais il me semble que ce soit impossible. SG 1 vous allez vous rendre en zone 51
et mener vous même votre enquête. Un avion est prêt à décoller. Départ dans un
quart d’heure.
Deux jours plus tard SG1 était de retour dans la
salle de briefing.
-Général Hammond, nous
avons appris, en fait assez rapidement ce qui avait été volé. Ils avaient mis
beaucoup de bonne volonté pour nous le cacher ou masquer l’incompétence de leur
service, je…
-Docteur Jackson, abrégez,
je vous prie dit Hammond. Qu’est ce qui
a été volé ?
-le miroir quantique,
général.
-le miroir
quantique ? mais pourquoi Nirti a t’elle besoin d’un tel
appareil ? s’étonna Hammond.
-J’ai une idée , mon général,
mais je ne sais pas si elle est bonne dit Sam. Je pense qu’elle veut explorer
des univers parallèles, peut –être pour trouver des technologies qui n’existent
pas dans notre réalité. Ou tout simplement aller vivre dans un autre univers où
elle serait plus puissante.
-Nirti veut nous
quitter ? le colonel jubilait , je ne la retiens pas.
-Moi non plus Jack O’Neill ajouta Teal’c.
- Finalement ce serait
peut être pas une si mauvaise idée que ça conclut Daniel, en jetant un regard à
Jack. Mais celui-ci arborait un air impassible et il en fut pour ses frais.
-Ce serait une très
mauvaise idée mon colonel, dit Sam, on ne peut pas vivre dans un autre univers
que le sien. Les répercussions pourraient être terribles dans les deux univers.
-Si terribles que ça
Major ? dit Jack
-Oui mon colonel . Cela
pourrait se terminer par la destruction des deux univers.
-Mais pourquoi ? dit
Jack sans réfléchir
-Vous voulez vraiment que
je vous explique ? Dit Sam avec un petit sourire..
-Finalement… heu… non, je vous crois sur parole, major.
-Mon général, tenta Jack,
il faudrait peut être retourner sur Néléna pour voir ce qui s’y trame ?
Hammond regarda le colonel en silence pendant quelques
instants.
-Je ne suis pas très chaud
à cette idée, mais vous êtes une équipe, et l’ensemble de votre groupe est
meilleur quand vous êtes tous réunis. Et devant le sourire triomphateur de
Jack :
-Mais faites très
attention colonel, à ne pas vous faire prendre ! Je ne voudrais pas vous
perdre Jack, ajouta t-il à voix basse.
-Promis, mon général, je
ferai très attention.
C’était vraiment un bien bel objet. Nirti avait
renvoyé tous ses esclaves et elle ne se lassait pas de le faire
fonctionner. Passée la première
euphorie, elle s’organisa dans ses recherches.
Elle
voulait trouver un univers où il aurait un Jack O’Neill disponible pour elle et où elle
pourrait trouver un piège suffisamment puissant et élaboré pour détruire la
Tauri.
Elle pensa que le mieux était de sonder les
différentes possibilités, de s’y hasarder et de revenir aussitôt après.
Suite à plusieurs tentative infructueuse elle se
maudit.
-Pourquoi n’y ai-je pas
pensé plus tôt. Utiliser le miroir ici , ne m’enverra que dans des mondes
semblables à Néléna. Il me faudrait aller sur la Tauri, puisque c’est là que je
veux explorer les différents univers. Mais sur la Tauri , il y a cette maudite
porte et son iris infranchissable ! Tout cela mit Nirti de très mauvaise
humeur.
Le lendemain elle s’embarqua avec quelques
esclaves et une poignée de jaffas et se rapprocha de la Terre.
Son miroir à portée de main elle essaya de le
faire fonctionner alors qu’elle était en orbite lointaine, invisible des radars
terriens. Elle n’obtint qu’une surface argentée, terne, rien ne se passa.
-Je
suis encore trop loin ragea t-elle. Elle se décida à atterrir. Elle choisit en Inde, une région peu peuplée. Elle se fit discrète et prenant les lignes
intérieures du pays, elle voyagea incognito, et comme touriste elle se mêla
avec dégoût à la population. Quelques semaines après un long périple, elle
s’installa à Colorado Springs.
Tous les jours elle disparaissait durant des heures, elle
voyageait avec délices dans tous les univers qu’elle pouvait trouver. Elle
trouvait certains voyages bien ennuyeux. Des mondes étaient parfois très
semblables, les gens aussi. Elle reconnaissait certains visages. Mais à aucun
moment elle ne rencontra l’équipe de SG1, qui pourtant habitait cette ville.
Elle rageait en pensant qu’ils étaient sûrement
terrés dans leur base, ou voyageant bien loin d’elle sur d’autres
mondes, poursuivant leur petite vie pendant qu’elle, la Déesse Nirti, la
puissante reine se morfondait. Elle commençait à se lasser de ce petit jeu qui
ne la menait nulle part.
Elle fit une dernière tentative, et au delà du
miroir elle trouva ce qu’elle était venue chercher.
-Si je vous ai réuni tous
aujourd’hui, c’est pour vous parler d’une grave menace contre notre planète. La
voix du général O’Neill était tendue.
-Vous savez tous que Nirti est en ce moment sur notre monde.
Elle a été aperçue dans une maison isolée de la banlieue. Je ne sais pas comment elle est venue, mais
elle l’a fait. Colonel , dit-il en se
tournant vers la jeune femme assise à sa droite, je vous confie une nouvelle mission. Vous rendre sur la planète
Nélina et voir ce qui se passe avec
Nirti. On avait plus entendu parler d’elle depuis longtemps et voilà qu’elle
refait son apparition.
-Entendu mon général. Nous
partirons dans un quart d’heure.
-Exécution, ajouta –t-il
avec un sourire, pour atténuer le ton un peu sec de son ordre.
Le général O’Neill commandait la base de
Cheyenne, depuis maintenant 2 ans. Il
avait succédé de façon naturelle au général Hammond, qui avait pris une
retraite définitive dans son Texas natal.
Samantha Carter était passée Colonel et c’était
elle qui dirigeait l’équipe SG1 composée
de Daniel Jackson , Jennifer Hailey, et Tea’lc. Venait s’ajouter de
temps en temps un ou deux membres de la base, pour renforcer l’équipe.. C’était
une équipe redoutable qui avait vaincu de nombreux goa’ulds, Hathor, Apophis,
Herru’ur. Ils pensaient avoir vaincu Nirti après l’essai de destruction de
Terra par les virus réplicateurs. Mais voilà qu’elle faisait une apparition
inattendue. Il n’y avait rien à en attendre de bon.
Samantha Carter
passa par son laboratoire pour prendre son équipement et elle croisa
Daniel qui se dirigeait vers le bureau du Général O’ Neill.
-Que faites-vous Daniel,
nous partons tout de suite et vous n’êtes pas encore prêt ?
-J’ai l’impression que
Jack ne nous a pas tout dit.
-C’est son droit, vous
savez. Il n’aimerait pas que vous discutiez ses ordres.
-je ne discute rien du
tout, mais je voudrais en savoir un peu plus, c’est tout.
-Eh bien il faudra vous
contenter de ce qu’on a ajouta la jeune femme d’un ton sec. Elle ne comprenait
pas toujours les hésitations de Daniel, ni ses états d’âme. Pour elle un
goa’uld était un ennemi qu’on devait
combattre à tout prix.
Daniel hésita un instant devant le bureau du
général. Il frappa au moment où O’ Neill
ouvrait la porte.
-Daniel ?
Vous n’êtes pas encore prêt ?
-Excusez-moi Jack, mais j’ai l’impression que vous ne nous
avez pas tout dit.
-En
effet, je n’ai pas tout dit, mais je n’y suis pas obligé. Vous avez en main les
éléments indispensables à votre mission. Le reste n’est que spéculation. Le ton
du général était sec. Daniel se sentit un peu frustré mais eut le bon goût de
ne pas insister.
Dans l’anneau de lumière l’équipe SG disparut.
Planète Nélina, univers parallèle.
Le calme régnait sur les cimes enneigées de la
planète. L’anneau n’était pas gardé, comme s’il n’y avait plus rien à protéger.
Ils avancèrent d’environ un kilomètre et arrivèrent à un palais déserté, et mis
à sac. Il ne restait plus rien de la splendeur passée.
Ils trouvèrent quelques habitants qui leur appris que depuis la mort de Nirti la
planète était redevenue ce qu’elle avait toujours été, un monde calme, et peu
peuplé, où les habitants vivaient de la culture de quelques lopins de terre, et
de l’élevage d’une chèvre ou d’une vache pour les plus riches d’entre eux.
-C’est
étrange dit Jennifer, elle est morte où pas ? Il me semble que suite à
l’invasion ratée de Terra par les virus
elle était décédée dans ce stupide et malencontreux accident de navette ajouta
–t-elle d’un air malicieux.
Samantha était perplexe :
-D’après
le général elle serait vivante, puisqu’elle a été repérée. Bon, inutile de rester ici, il n’y a plus
rien ajouta t-elle, nous rentrons.
Salle
de Briefing base de Cheyenne, Terra
-Nous
avons fait chou blanc, mon général, dit Samantha en conclusion.
-Maintenant
il me reste à vous expliquer ce que m’ont dit nos espions Tok’ra, expliqua le
général O’ Neill. Vous aviez raison Daniel, mais je voulais simplement
m’assurer de la mort de Nirti avant de poursuivre cette enquête.
-Vous
utilisez des espions Tok’ra, général ? pour le compte de Terra, c’est
nouveau ! Daniel était
surpris !
-En
effet nous avons un peu changé nos vues politiques et le Pentagone souhaite une
meilleure collaboration entre les Terriens et les Tok’ra. Un partage à part
égale de nos informations, pas comme dans le passé, où il fallait courir après
les renseignements, où on était très amis, mais dans une mesure assez limitée.
Le grand conseil des Tok’ra étant du même avis que notre gouvernement un système
d’échange a été mis au point et nous avançons beaucoup plus vite ainsi.
-Mon
général, est ce que mon père va bien ? dit Samantha d’un ton de reproche,
il me semble que vous le voyiez beaucoup plus que moi !
-Rassurez
vous Colonel, il est en parfaite santé, et a toujours une pensée pour vous à
chaque voyage. il est vrai que je suis amené à le rencontrer souvent mais
malheureusement je ne peux pas vous en dire plus.
-Revenons
à la situation présente. Il semble que Nirti ait été vue à plusieurs reprises
dans Colorado Springs. Ce qui est étrange c’est qu’elle semble s’y dissimuler.
Elle n’est accompagnée que de quelques hommes qui veulent se faire discrets,
mais nos espions ont découvert qu’ils portaient des armes goa’ulds, bien
cachées c’est vrai, mais qu’ils ont reconnues formellement.
Votre mission sera la suivante : Vous vous
rendrez en civil dans Colorado Springs et vous enquêterez. Quelles sont les
personnes qui l’ont vue, où habite t-elle ? qui vit avec elle ? Dans
quels endroits l’a -ton aperçue ? Je veux tout savoir sur elle.
Les rues étaient calmes. Jennifer et le sergent
Palmer se promenaient en se tenant la main comme deux amoureux. Ils n’étaient
pas connus de Nirti, et cela leur facilitait la tâche. Au bout de deux jours
ils trouvèrent une personne qui leur fit cet étonnant récit.
-Comme je m’apprêtais à
aller me coucher j’ai vu une lueur curieuse dans la maison d’en face qui est
inhabitée depuis plusieurs mois. On aurait dit des torches, disposées dans
plusieurs pièces. J’ai vu des ombres passer devant les fenêtres. Ce manège a
duré une partie de la nuit. Un moment j’ai même failli appeler les pompiers,
j’ai cru qu’il y avait le feu.
De retour à la base, le général décida de rendre
une petite visite à cette demeure
étrange. Il y envoya Daniel et Samantha. Il avait du mal à ne pas partir
lui même. Il regrettait parfois le temps où il n’ était que colonel. Diriger le
SGC était exaltant, mais cela manquait parfois furieusement d’action.
La maison était vide. Comme si personne n’y avait
jamais pénétré. La porte était coincée et n’avait pas été ouverte depuis
longtemps.
-C’est
étrange. Par où sont-ils passé ? Même les fenêtres sont condamnées. Ou
bien notre témoin a rêvé, ou il s’est passé d’étranges choses ici. Ils
fouillèrent la maison de la cave au grenier. Dans un chambre du premier étage,
ils trouvèrent des restes de nourriture.
-Quelqu’un
a séjourné ici récemment dit Daniel. Regardez Samantha, je dirais pas plus de
quelques heures.
-Il
faut rentrer faire notre rapport au général immédiatement, dit la jeune femme.
Ils s’installèrent chez la voisine d’en face, qui
fut ravie de les recevoir, c’était une personne seule et d’un certain âge, qui
fut un peu déçue quand on lui fit signer un papier l’obligeant à ne révéler
sous aucun prétexte tout ce qu’elle verrait.
-La
sécurité de l’état est en jeu ajouta le colonel Carter.
La longue attente commença. Trois nuits plus tard
ils virent les lumières aux fenêtres.
-Il
ne sont pas très discrets, dit Daniel s’ils veulent passer inaperçus c’est,
raté !
Après avoir filmé avec une caméra infrarouge. Ils
repartirent à la base.
Devant l’ordinateur Samantha affinait les images.
On voyait nettement une femme jeune et belle, vêtue de noir, elle parlait à un
groupe d’hommes, pas plus de six. Elle
marchait tout en parlant et passait de temps en temps devant les fenêtres, où
son ombre masquait un instant la lueur des torches. On ne comprenait pas ce
qu’elle disait. Le son n’était pas très bon et il faudrait, un long travail de
décryptage pour suivre la conversation.
Comme elle tournait son visage vers la vitre, tous la reconnurent immédiatement : c’était Nirti.
-Colonel
Carter ? Comment expliquez vous cela ? Vous m’aviez assurée de
l’avoir tuée ? A moins que ce soit son fantôme ? Ironisa le général.
-Son
fantôme sûrement pas mon général, mais son double, oui. Affirma Samantha.
-Un
clone ? s’étonna le général.
-Je
pense plutôt à une réalité alternative, mon général. Nirti est arrivée dans la
maison sans anneau de transport, il n’y avait pas vaisseau au dessus de nous.
Pas de téléportation de type Asguard, non plus. Elle a du venir d’une autre
réalité.
-Comment,
par un tour de magie ? ironisa O’Neill.
-Vous
n’êtes pas très loin mon général, je pense à un miroir quantique comme celui
que nous avons trouvé il y a deux ans.
-Il
ne faut pas la lâcher d’une semelle. Vous camperez dans la maison d’en face.
Pour que vous ayez les mains libres, nous allons la réquisitionner. La propriétaire se verra
offrir un petit voyage au frais du gouvernement. Je veux tout voir et tout
entendre.
-Bien
mon général, nous partons immédiatement dit Samantha.
Elle riait devant les efforts déployés par le SGC
pour la coincer.
Ils s’imaginent sans doute que je vais sortir et
me promener dans la rue. Quelle naïveté ! pensa t-elle.
Elle activa à son poignet un appareil qui la fit
disparaître.
Planète
Néléna, notre réalité.
Ils avaient pris leur précaution pour déjouer le
piège mental de Nirti. Leur arrivée sur la planète passa inaperçue.
-C’est
étrange dit O’ Neill, il n’y a pas de jaffas. Personnes non plus autour. Allons
voir plus loin.
A l’approche du palais de Nirti c’était le calme.
Il y avait quelques esclaves qui entretenaient le palais de la reine pendant son
absence. Tout paraissait en ordre.
On leur dit que la déesse était en voyage. Mais on
ne leur précisa pas où. O’ Neill et Teal’c surent se faire un peu plus
persuasif et on voulut bien leur dire que Nirti était partie sur la terre.
Précisément à Colorado Springs.
-Colorado
Springs ! Sam et Daniel avaient parlé en même temps.
-Nous
rentrons immédiatement dit Jack.
-Mais
pourquoi Colorado Springs ? Hammond se tourna vers Jack.
-Pourquoi
me le demander mon général, je ne sais pas. Hammond le regarda intensément
quelques secondes :
-Venez
immédiatement dans mon bureau colonel.
-Maintenant
si vous m’expliquiez ce qui s’est vraiment passé sur Néléna quand vous avez été fait prisonnier.
-Mon
général, c’est assez délicat. Heu…
-Jack
il faut m’en dire plus, je dois savoir.
-Et
bien … heu… Jack était embarrassé, mon général…
-J’attends.
-C’est
une histoire qui s’est passé entre Nirti et moi, et dont je ne suis pas très
fier.
-Vous
avez… avec Nirti ?
-En
fait non, j’ai refusé, mais j’ai été tenté un moment et c’est ça que je n’arrive pas à me pardonner. Quand j’y pense !…
Hammond
hocha la tête :
-je
comprends maintenant, c’est pour cela que vous vous êtes enfui, elle veut se
venger de vous.
-Hélas, oui … mais mon
général, je voudrais que cela ne sorte pas de ce bureau. Il ne faudrait pas que
Daniel l’apprenne, ou le major…
-Vous pouvez compter sur
moi colonel.
-Merci mon général.
De retour dans la salle Hammond prit immédiatement
la parole. Je vais faire fouiller la ville et ses environs. Nirti ne doit pas
passer inaperçue, nous la trouverons. Je vous conseille à tous d’être prudents.
Elle vous connaît et elle vous hait.
Salle d’embarquement, Terre.
Ouverture non programmée de la porte.
Les alarmes mugirent dans toute la base.
-C’est un signal Tok’ra
-Ouvrez l’iris dit Hammond
Jacob
souriant se présenta en haut de la rampe
et descendit lentement vers ses amis.
-Papa ! Les yeux brillants, Sam se jeta dans les bras
de son père.
-Vous
avez du nouveau Jacob ? Hammond
était impatient.
-Oui,
il semble que Nirti soit venue pour deux raisons sur la terre et dans une autre
réalité, mais nous ne savons pas laquelle tant que nous n’avons pas trouvé le
miroir.
-La première raison, elle
veut se venger de Jack, à qui elle en veut personnellement et elle veut
détruire la terre, mais ça je ne vous l’apprends pas. par contre ce qu’elle
recherche c’est un appareil qui permet de passer à travers la matière comme
avaient les Tollans. Naturellement le
but final étant de traverser l’iris et de détruire la terre. Elle n’en a pas trouvé sur Tollana qui a été
détruite par les goa’ulds. On suppose qu’elle recherche une nouvelle Tollana
dans un monde parallèle.
-Et elle a des chances de
réussir ? s’inquiéta Hammond.
-Je suis sûre qu’il existe
une autre Tollana. Sam ?
-En effet, il existe
d’infinies combinaisons et d’infinies possibilités. C’est tout à fait possible
qu’elle trouve ce qu’elle cherche.
-Il n’y qu’une seule
solution la trouver et passer le miroir quantique dit Jack, avec votre
permission mon général.
-Vous avez mon feu vert
SG1, mais faites bien attention.
Colorado
Springs, Terre
Les services secrets firent un travail remarquable
en un temps très court, moins de 24 heures après le briefing, Nirti fut localisée. Sa maison fut fouillée de fond en comble et
on découvrit dans une pièce vide un très beau miroir, sur pied, au bois
ouvragé.
Le colonel pénétra le premier dans la maison.
Toute l’équipe se trouvait devant le miroir. Ils
se regardèrent surpris.
-C’est
nous que l’on voit ? Dit Daniel. On est pas vraiment pareils.
-Non
ce n’est pas nous, je n’y suis pas dit O’Neill. De l’autre côté du miroir, on
leur faisait signe de passer. Il y avait Samantha Carter, Daniel Jackson
et Jennifer Hailey. Ils n’avaient pas
l’air vraiment surpris, c’est comme s’ils étaient attendus.
Sur un geste d’ O Neill ils franchirent le
passage.
Sur Terra ils furent accueillis chaleureusement.
-On
vous attendait dit Samantha Carter.
-Apparemment
vous avez abouti aux mêmes conclusions que nous, ajouta O’Neill. Mais n’est ce
pas dangereux de se trouver avec des personnes d’une autre réalité. Ca me
rappelle de mauvais souvenirs. Carter ?
-Oui
mon colonel, c’est dangereux pour nous qui ne sommes pas dans notre
univers, mais ce n’est pas immédiat. Si
vous vous souvenez le docteur Carter n’a ressenti des troubles qu’au bout de plusieurs heures.
Cela nous laisse le temps de résoudre notre problème.
-Nirti !
bien sûr ne l’oublions, pas dit Samantha Carter. Venez nous vous invitons dans
notre base, vous pourrez rencontrer le général O’Neill.
-Le
général O’Neill ? dit O’Neill avec un air satisfait sur le visage .
Je suis général dans cette réalité ! et vous Carter vous êtes :
-Je
suis colonel et je dirige SG1
-Oh
je vois, ajouta O’Neill en jetant un regard à sa « Carter », cela ne
va pas nous simplifier la communication, ça !
Le colonel O’Neill était en réalité assez mal à
l’aise , mais tout de même curieux de voir comment était ce général O’ Neill. Lui
ressemblait –il beaucoup ? A vrai dire il ne se voyait pas vraiment
commander le SGC et rester la plupart du temps à la base et dans des bureaux.
Il ne souhaitait pas que cela lui arrivât un jour.
La base ressemblait beaucoup à leur base. Il y
avait quelques petites différences, mais c’était infime. Ils se seraient cru
chez eux.
A la table de réunion, il y avait le général O’
Neill qui présidait, et les autres membres des deux équipes.
Le général ouvrit la réunion.
-Ne
perdons pas de temps. Vous savez tous pourquoi vous êtes ici. Nirti est venue
sur Terra et elle a trouvé un appareil qui lui permet de traverser la matière.
-Elle
l’a trouvée ? Jack n’était pas content , vous auriez pu nous le dire.
-c’est
ce que je suis en train de faire non ? les deux O’Neill se regardaient
d’un air furieux. Les deux Carter ne purent s’empêcher d’échanger un petit coup
d’œil, qui en disait long.
-Euh,
vous permettez, général ? Dit
Daniel Jackson de la Terre, on aimerait en savoir un peu plus, est-ce que cet
appareil est fonctionnel ?
-Nos
espions Tok’ra nous ont confirmé que
oui.
-Vous
travaillez avec des espions Tok’ra maintenant, Daniel s’étonnait.
Le général poussa un soupir :
-les
deux Daniel se ressemblent, ils posent les mêmes questions !
-Oui,
nous avons des espions Tok’ra, et je ne vous en dirai pas plus. Vous n’avez pas
besoin d’en savoir davantage.
-Mais
pour qui il se prend celui-là, pensa Jack offusqué.
-Colonel, reprit le
général en se tournant vers Samantha Carter : est-ce que cet appareil est
fiable ?
-Je
ne sais pas mon général, mais à première vue je pense que oui. Et si on ajoute
l’appareil d’invisibilité que possède Nirti, elle peut se glisser parmi nous
sans même qu’on s’en rende compte.
-C’est
bien beau tout ça, mais on fait quoi ? Vos espions Tok’ra ne vous ont pas
susurré la solution dans
l’oreille ? glissa Jack
perfidement.
L’alarme retentit à ce moment là empêchant le
général de répondre vertement au colonel. Il se contenta de lui jeter un regard
glacé.
-Ouverture non programmé
de la porte, mon général.
-Fermez l’iris. Avons-nous
des équipes sur le point de rentrer sergent ?
-Il y a SG3 et SG16, mais
ils ne doivent pas rentrer avant plusieurs heures, mon général.
La porte restait ouverte,
aucun signal ne passait. L’attente était
longue, sachant les armes que Nirti possédait, chacun s’attendait à
recevoir un coup en traître. Au bout de quelques minutes le vortex se referma.
-Fouillez toute la base,
utilisez les ihn’tar, nous devons trouver où ils se cachent.
Elle se terrait dans les entrailles de la base
avec une poignée d’hommes. Maintenant qu’elle était dans la place, elle
pourrait envahir ce nouveau monde, si semblable à celui qu’elle venait de
quitter. Elle s’accorda un moment de repos et de réflexion. Elle était
accompagnée de quelques hommes triés sur le volet, trois jaffas et deux
goa’ulds. Comme elle, ils avaient l’appareil d’invisibilité et pouvaient
circuler à leur gré dans toute la base. Ils attendaient simplement que les
recherches cessent, car ils redoutaient les ihn’tar, seules armes capable de
percer l’invisibilité.
Elle avait encore échoué en partie dans sa
vengeance car elle s’était aperçue que les appareils qui permettaient de
franchir la matière ne fonctionnait pas si on les sortait de leur univers. Il y
avait un déphasage. Heureusement que l’invisibilité fonctionnait parfaitement.
Tant pis, elle renoncerait à la terre, mais elle aurait Terra. Elle
s’était d’abord assurée que la Nirti de Terra était morte. Aucun risque
d’entropie. Bientôt toute la planète lui appartiendra. Elle avait assez
d’intelligence pour pouvoir changer ses plans quand il le fallait. Elle n’était
pas bornée comme de nombreux goa’ulds qui s’en tenaient à une seule tactique.
Elle savait s’adapter. C’est pour cela qu’elle était encore en vie et sa fureur
et sa haine était encore plus forte. Elle savait l’alimenter. le seul fait de penser à O’Neill ravivait
toute son ardeur au combat.
Elle attendit longtemps et à une heure creuse de
la nuit quand la surveillance se relâche, elle décida d’agir.
Suivie de deux jaffas elle pénétra dans le secteur
d’habitation de la base. Tout à l’ heure en traversant l’iris elle avait bien
remarqué les deux O’Neill. Elle avait eu le temps de connaître les tenants et
les aboutissants de la hiérarchie. Celui qu’elle voulait c’était le colonel
Jack O’ Neill de la Terre, qui comme un idiot était venu se jeter tout droit
dans son piège.
Sans bruit, elle assomma le gardien et elle ouvrit la porte de la chambre où il
dormait. Elle tira une fiole de sa manche et laissa tomber une goutte sur ses
lèvres. Il se réveilla aussitôt mais ne
put faire un mouvement. Il était totalement paralysé. Elle prit son temps,
s’assit sur le lit à côté de lui, elle lui prit la main, le regarda tandis qu’il
fermait les yeux .
-Regarde-moi,
colonel ! Que dis-tu de cela ? tu es à ma merci, je t’emmène avec
moi. Grâce à l’invisibilité je peux partir sans même qu’on s’aperçoive que
j’étais venue.
-Jaffas,
emmenez-le.
Les deux jaffas le portèrent , ils traversèrent la
base dans le plus grand silence. Et le temps que tout le monde soit réveillé
par les sirènes au moment de l’ouverture de la porte. Nirti et son prisonnier
étaient déjà loin.
-Il faut repartir tout de
suite dans notre monde dit Sam.
-Pourquoi ? Demanda
Daniel. Vous pensez qu’elle ne va pas rester ici ?
-je
commence à ressentir des étourdissements répondit Sam, je suppose que je ne
suis pas la seule ?
-Moi
aussi dit Daniel et vous Teal’c ?
-Pour
le moment je me sens bien, mais je pense que le major Carter a raison. Nirti ne
voudra pas prendre le risque de perdre trop tôt le colonel.
-Nous
allons vous reconduire immédiatement au miroir quantique.
Quand ils arrivèrent la maison était vide. La
casquette du colonel traînait négligemment sur le sol, comme pour laisser un
indice de son passage.
-Nous
ne savons pas si le monde qui est de l’autre côté est le nôtre, dit Daniel.
Comment faire pour le savoir ?
-Rassurez-vous
Daniel, il y avait deux appareils pour faire fonctionner ce miroir. Nirti ne le
savait pas. Celui-ci va nous permettre de retrouver notre route, ajouta t-elle
en sortant de sa poche un petit boîtier.
Base
de Cheyenne Mountain, Terre
-Voilà,
mon général, conclut Sam, nous ne savons pas où se trouve le colonel. Cependant
je ne pense pas qu’elle ait quitté Colorado Springs, elle n’en a pas eu le temps.
-Et
dans la maison où se trouve le miroir ?
-Il
n’y avait rien, nous avons tout fouillé de fond en comble.
-Cependant,
ajouta Sam, je propose que nous y retournions pour fouiller à nouveau la
maison. Nirti a pu se servir de l’invisibilité pour dissimuler le colonel à nos yeux.
-Vous
avez ma permission SG1.
Ils ne trouvèrent rien.
Lieu
inconnu
Il préférait garder les yeux fermés. Il savait que
ce qui allait suivre serait fort désagréable. Il s’y attendait, et s’y
préparait.
Sa position était très inconfortable, attaché à la
muraille, sans la possibilité de faire le moindre mouvement.
Il perdit la notion du temps. Il faisait toujours
noir. Cela faisait sans doute partie du plan, pour lui enlever de sa force.
Elle s’approcha et lui versa une goutte de son
terrible poison sur les lèvres. Il sentit aussitôt la douleur traverser ses
membres et s’effondra dans ses liens.
Il se réveilla allongé sur un lit de repos dans
une somptueuse demeure. Nirti était devant lui. Elle jouissait de le voir ainsi
étendu, sans bouger.
-Alors colonel , tu vas
bien après ce petit séjour forcé dans ma cave ? prêt pour les
réjouissances ?
-tu peux faire ce que tu
veux, ça m’est égal.
-Alors prépare-toi,
d’abord tu m’appartiendras, je posséderai ce corps que je désire. Ensuite je te
tuerai lentement. Tu auras le temps de te souvenir de toutes les insolences que
tu as dites. Je te ferais regretter toutes mes défaites. Chaque parole, chaque
geste de ta part seront payés au centuple.
-Tais-toi, qu’on en
finisse ! J’en ai marre d’entendre toujours les mêmes menaces !
Nirti se mit en colère ses yeux se mirent à
briller. Tu ne te tairas que dans la mort, mon
colonel O’Neill, tu es enfin à ma merci. Tu apprécies mon petit poison à
sa juste valeur, j’espère ? Tu peux entendre, sentir, parler mais tu ne
peux pas bouger. C’est subtil n’est ce pas ?
Elle
faisait durer l’attente, il était pris
dans ses filets, il ne lui échapperait pas.
-Tu
peux avoir mon corps, faire ce que tu veux avec lui, mais tu n’auras pas mon
âme.
Tout en parlant elle caressait sa poitrine nue de
ses longs doigts. , Elle prit son visage entre ses mains. Leurs regards se
croisèrent, intenses, et curieusement ce
fut elle qui baissa les yeux. Il se permit un léger sourire. Elle se pencha et
sa bouche se posa sur ses lèvres.
-Le baiser du serpent
pensa t-il dans un dernier moment de lucidité. Après, l’enfer se déchaîna sur
lui.
Alors, il fit appel à tout ce qu’il avait appris
pendant son dur entraînement militaire. Il se remémora ce que Teal’c lui avait
enseigné au sujet du kel’no’rim. Il respira profondément.
Il se réfugia tout au fond de lui même, là où elle
ne pourrait jamais l’atteindre.
Lorsque SG1
le trouva il vivait encore. Ils avaient du faire de nombreux mondes parallèles
avant de le trouver. Nirti ne s’était pas méfiée, elle ne savait pas qu’ils
possédaient un deuxième boîtier de commande. Elle avait filé dans un monde
qu’elle connaissait, où elle avait aussi une maison. En aucun cas elle n’avait
douté de sa victoire. Et c’est ce qui l’avait perdue.
Base de Cheyenne Mountain
-Et
maintenant où est Nirti ? demanda Daniel
-Sans
doute dans un univers miroir. Lequel ? on ne le saura sans doute jamais
dit Sam. Nirti s’est piégée toute seule en franchissant la ligne. Elle ne
pourra jamais revenir. Puisque le miroir quantique a été détruit.
-Sauf si elle en vole un
dans la zone 51 de la réalité où elle se trouve.
-Ne
parlez pas de malheur , Docteur Jackson.
-Colonel O’Neill , vos
conclusions ? dit le général Hammond. Vous avez eu de la chance, dans
votre rapport vous dites qu’elle n’a pas eu le temps de vous torturer comme
elle en avait l’intention.
-En
effet, vous êtes arrivés juste à temps, mes amis. Je ne vous en remercierais
jamais assez. Son rapport était incomplet, il savait que le général le savait,
mais il s’en fichait. Il voulait tourner la page.
Et
ces vacances ? Mon général dit-il
gaiement, c’est toujours d’actualité ?
4ème partie
-Daniel, vous avez bientôt fini ?
O’Neill s’impatientait faisant les cents pas
devant le temple.
Daniel ne l’entendait pas, il arpentait l’immense
salle et passant d’un mur à l’autre et s’émerveillait de tant de symboles.
-Toute l’histoire d’un peuple, là sous mes yeux,
c’est absolument fabuleux !
-Ce doit être antérieur aux goa’ulds dit Teal’c.
-En effet, je pense plusieurs milliers d’années
avant l’apparition des premiers Goa’ulds.
-Daniel, vous en avez pour combien de temps,
s’énerva O’ Neill ?
-Quoi ?
-Combien de temps ? Insista Jack
-Des semaines, des mois peut –être …
-Nous n’avons pas tout ce temps là Daniel !
Je vous laisse une heure.
-Une heure ! Vous n’y pensez pas Jack, je ne
sais même pas par où commencer !
-Et si vous preniez des photos comme d’habitude.
Vous étudierez ensuite toutes ces belles choses à la base, ironisa-t-il, et là
vous aurez tout le temps que vous voudrez.
Il ajouta :
-Où est le major ?
-Elle est partie par là dit Daniel, en montrant
négligemment le fond de la salle.
-Bon Daniel ,je vais être généreux avec vous, je
ne sais pas pourquoi d’ailleurs, je vous accorde deux heures. Mais faites-vous
aider de Teal’c et du major, ça ira beaucoup plus vite. Moi pendant ce temps je
vais voir si on n’aperçoit pas dehors quelques serpents.
Les
trois amis prirent de nombreuses photos et remballaient leur matériel comme
O’Neill revenait les chercher.
-Vous êtes prêts ? Alors partons.
Brusquement,
le sol se mit à trembler, et quelques pierres tombèrent de la voûte.
-Vite ! Sortons hurla Sam.
Au moment où ils franchirent la porte du temple,
un rayon venu de nulle part les aveugla et ils tombèrent sans connaissance sur le sol.
Quand ils se réveillèrent la nuit était
complètement tombée et la visibilité, extrêmement réduite .
Ils
reprirent le chemin du retour.
Au bout d’une demie heure de marche la porte
n’était toujours pas en vue.
-C’est curieux dit Daniel, nous avons mis combien
de temps à l’aller ?
-Vingt minutes, pas plus dit Sam.
-Le chemin me paraît plus long et différent ajouta
Teal’c.
-On ne s’est pourtant pas trompé de chemin, c’est sans doute dû au tremblement de terre
de tout à l’heure. Il faut faire très attention où on met les pieds, on n’y
voit pas grand chose.
Une heure plus tard ils arrivèrent en vue du
shapaï. Il leur parut gigantesque.
-Carter ? s’interrogeait le colonel.
-Une illusion d’optique mon colonel, le rayon a du
faire quelques dégâts à l’extérieur du temple.
-Un petit piège créé par un de nos amis ?
-Sans doute mon colonel, mais heureusement pour
nous, il n’y a aucun jaffas !
-Et ça ne vous trouble pas Jack o’Neill qu’il n’y
ait aucun jaffas pour défendre cette planète.
-Et bien si, figurez-vous je me posais justement
la question ! Dit le colonel, avec un petit sourire.
-Où est le DHD ? S’inquiéta Daniel, je ne le
vois pas.
-Oh
regardez la haut ! dit Sam.
-Le sol s’est effondré tout autour remarqua
Daniel, nous allons avoir du mal à l’atteindre.
-Major Carter, montez sur mes épaules dit Teal’c,
ça devrait suffire.
Mais
c’était encore trop juste et ils durent faire une pyramide et Sam péniblement
entra les coordonnées de la terre.
-Mon colonel, il y a quelque chose de bizarre,
c’est …
-Pas maintenant Carter, la coupa O’ Neill, vite le
code ! Il nous reste une
minute !
Ce n’est qu’en franchissant l’anneau et en
pénétrant dans la base qu’ils comprirent ce qui était arrivé.
La table était somptueusement dressée. Les
esclaves versaient le vin dans des aiguières incrustées de pierres précieuses.
Des couverts aux manches d’ivoire étaient disposés de chaque côté des assiettes,
et au centre de la table des dizaines de candélabres éclaboussaient de lumière
l’or de la vaisselle.
Elles se regardaient, goûtant la nourriture du
bout des lèvres. Pas un mot n’avait été prononcé depuis l’arrivée de Bastet et
de Nirti dans le palais de Kali.
A la demande de Nirti elles avaient convenu de se
rencontrer pour mettre en commun leurs forces contre la Tauri.
Conquérir le premier monde était le rêve de tous
les puissants goa’ulds.. Toutes les trois au fond de leur cœur, elles
caressaient ce rêve. Mais la Terre qui paraissait si faible, n’était pourtant
pas sans défense. Une poignée d’hommes et de femmes courageux défiait sans
cesse les puissants goa’ulds. Plusieurs y avaient laissé leur vie et non des
moindres : Ra, Apophis, Hathor, et
d’autres encore. Nirti elle-même venait de connaître de sanglants déboires et
même si elle avait assouvi une partie de sa haine sur le colonel O’Neill,
celui-ci avait pu s’échapper grâce à l’intelligence infernale de cette femme,
Samantha Carter. Nirti sentait la colère monter en elle, une colère
constructive qui allait faire d’elle cette femme ingénieuse et glaciale qu’elle
devenait au moment de l’action. Kali et Bastet la regardaient pensivement, se
demandant le pourquoi de cette rencontre. Pourquoi Nirti souhaitait-elle une
alliance ?
Elles n’avaient jamais été en conflit avec la
Tauri, cependant, mais elles sentaient que si le SGC était détruit, la tâche
serait beaucoup plus facile.
Sur un signe de Kali, les esclaves s’éloignèrent
laissant seules les trois femmes.
--Je les ai eu dit Kali d’une voix neutre.
Sans avoir besoin de nommer personnes elles
comprirent tout de suite.
-Ils sont morts ? Dit Nirti, avec comme un
regret dans la voix.
-Non, je n’ai pas eu besoin de les tuer, je les ai
simplement mis hors d’état de nuire.
-Morts, c’eut été mieux dit froidement Bastet.
-Non, j’ai fait mieux que ça dit Kali. Je les
tiens à ma merci. Ils reviendront ici et ce sera la fin pour eux. Ou bien , je
peux me servir d’eux, et obtenir tous les secrets de la Tauri !
-Mais avant poursuivit-elle , je veux savoir le
pourquoi de cette demande d’alliance, ajouta t-elle d’un ton plus ferme, en se
tournant vers Nirti.
Nirti eut un fin sourire.
-A trois nous serons plus fortes que séparées.
-C’est vrai, mais qu’obtiendrons-nous en
échange ? Demanda Bastet.
Nirti attendit un instant pour ménager ses
effets :
-J’ai le moyen de passer à travers la matière.
Leur iris n’est plus un obstacle pour moi, et devant le regard flamboyant des
deux autres, elle ajouta mielleusement :
-Vous voyez , je m’empresse de partager avec vous
cette technologie !
-Il fonctionne cet appareil s’informa Kali ?
-Très bien.
-Alors fait nous voir ! tout de suite !
Nirti eut un regard méprisant :
-Vous pensez bien que je ne l’ai pas apporté avec
moi !
-Tu mens, ragea Bastet. Si ton dispositif
fonctionnait tu t’en serais servi pour toi-même. Tu n’as aucun intérêt à nous
le proposer.
-Oh
si ! J’ai une raison dit Nirti avec passion, je veux retrouver la place
qui me revient parmi les grands maîtres, et assouvir une vengeance personnelle,
ça vous pouvez le comprendre ? N’est-ce pas ?
-Tu y étais avec les grands maîtres il n’y a pas
si longtemps, continua Bastet, il me semble, si tu n’avais pas essayé de tuer
Chronos, tu n’en serais pas là !
Les deux femmes s’étaient levées, leurs yeux
fulminaient.
Kali intervint pour les séparer.
-Ce n’est pas en se disputant qu’on arrivera à
trouver un terrain d’entente.
-Je ne fais aucune confiance à cette sholva !
Cracha Bastet.
-Moi non plus ! Eructa Nirti.
Kali s’avança vers Nirti, avec un calme glacial.
-Nous n’irons pas plus loin aujourd’hui, Nirti,
retourne chercher le dispositif et nous en reparlerons plus tard.
Nirti inclina légèrement la tête en signe
d’assentiment et se retira laissant un parfum d’ambre et de musc dans son
sillage.
Kali
et Bastet se rassirent à la table du banquet.
-Tu y crois, toi à son dispositif ? La voix
de Bastet était chargée de doutes.
-Je
ne vois pas où elle l’aurait obtenu. Je sais que les Tollans en avait, mais
Tanit a eu le bon goût de se débarrasser de ces parasites, cracha-t-elle
dégoûtée en prononçant ce mot. Des faibles qui n’ont eu que ce qu’ils
méritaient.
-Tanit
est mort ! Dit Bastet d’un ton uni.
-Mort ! Kali sursauta, qui l’a tué ?
-Teal’c le Sholva !
Un lourd silence s’appesantit, les deux femmes se
regardèrent inquiètes.
-Nous avons à faire à des ennemis redoutables,
ajouta Bastet avec comme une nuance de respect dans la voix.
-Plus maintenant, crois-moi, plus
maintenant ! Souffla Kali, et d’un geste de la main, elle écarta sur la
table un objet imaginaire.
-Et
si on laissait tomber Nirti, elle ne nous sera d’aucune aide, ses récentes
défaites lui ont brouillé l’entendement. Sa haine l’aveugle.
-Sa haine ? Tu veux dire son attirance pour
l’un d’entre eux !
-Tu veux dire qu’elle a des sentiments pour un de
ces … je ne trouve même pas le mot !
-Il y a quelque temps elle a réussi à s’emparer du
colonel O’Neill. Elle lui a fait passer un sale quart d’heure, d’après ce
qu’elle m’a dit il aura du mal à s’en remettre.
-Qu’est ce qu’elle lui a fait ?
-Je te laisse imaginer, elle a utilisé un poison
paralysant et après elle s’est bien amusée paraît-il.
-Mais il s’en est quand même sorti dit Bastet d’un
ton dépité !
-Oui, mais pas cette fois ricana kali. Il ne s’en
sortira pas vivant, lui et ses complices.
-Vous êtes sûre de ce que vous dites
Garchau ?
-Vous avez été absent un moment de notre planète,
Selmac. Pendant ce temps il s’est passé beaucoup de choses. J’en parlerais au
grand conseil qui doit se réunir tout à l’heure, mais je peux vous dire déjà
que la terre court un grand danger.
-Mes amis l’heure est grave, Nous avons appris que
plusieurs Goa’ulds parmi les plus puissants sont sur le point de conclure
secrètement une alliance.
La voix grave de Garchau de Beloki roula sous les
voûtes de la grotte dans laquelle se déroulait le grand conseil.
-Il s’agit de Kali, Bastet, et de Nirti, continua
t-elle.
Nirti n’est plus à présenter, plusieurs d’entre
vous la connaissent et la Terre a eu l’occasion de la combattre avec succès à
plusieurs reprises.
Par contre nous n’avons jamais eu l’occasion de
rencontrer Bastet et Kali. Ces déesses jusqu’à présent ont ignoré la Terre et
la Tok’ra, occupés sans doute à régler des conflits internes à leur planète ou
à se faire une place à la table des grands maîtres. Elles ont participé
récemment à la conférence des grands maîtres, cette conférence où Daniel
Jackson a assisté en tant qu’esclave humain. Mais Selmac, vous y étiez aussi,
n’est ce pas ?
-Je ne faisais que conduire le vaisseau. Il m’était
impossible de m’y rendre puisque Daniel Jackson devaient détruire les grands
maîtres avec un poison mortel pour les symbiotes.
-Ce que je peux dire c’est que Nirti voudrait
retrouver sa place parmi les grands maîtres. Elle ne pense qu’ à cela depuis qu’elle
a été évincée. On sait aussi qu’elle va essayer de monnayer un dispositif qui
permet de traverser la matière. Mais nous avons appris que ce dispositif volé
dans un monde parallèle est inefficace dans notre réalité. Mais bien entendu,
Nirti s’est empressée de le cacher à ses futures amies. Notre espion Nisvan est
entré depuis peu au service de Kali. Sa mission est d’en apprendre le plus
possible sur les projets de Kali, et de l’informer de la trahison de
Nirti. Voilà tout ce que je sais pour le
moment de cette menace ajouta Garchau.
-Je vais me rendre sur terre pour parler à Hammond
de la menace qui pèse sur notre planète conclut Jacob Carter en se levant.
Ils émergèrent lentement de la flaque bleutée.
La stupeur se lisait sur les visages.
-Mon colonel, c’est ce que j’essayais de vous
expliquer avant qu’on ne passe la porte, rien a changé, c’est nous..
-Je vois, Carter, je vois, répondit O’ Neill d’un ton énervé. Qu’est ce qui s’est
passé d’après vous ?
-Le rayon, mon colonel, le rayon
Ils avaient échangé ces répliques rapidement, du
bout des lèvres, tout en descendant très lentement la rampe d’accès.
Le cerveau de Carter tournait à dix mille tours
minutes, Daniel jetait des regards effarés autour de lui. Teal’c se redressait
de tout sa hauteur.
-Mes amis, que s’est-il passé ? le général
Hammond était tellement stupéfait qu’il ne put rien dire d’autre ?
Il s’écoula une seconde qui dura un siècle, puis
Hammond se reprit :
-A l’infirmerie, tout de suite, examen complet. Interdiction
de sortir.
-Mais vous êtes …Janet non plus ne trouvait pas
ses mots.
-Très petits, oui le sait, on s’en est aperçu. O’
Neill était en rogne. Et cela s’accentua quand il essaya de monter sur la table
d’examen et qu’il n’y arrivât pas.
-C’est pas vrai, je fais comment moi ?
-Attendez, on va vous aider. Il nous faut juste un
temps d’adaptation.
Le phénomène était étonnant, ils avaient rapetissé
d’un coup et tout ce qu’ils portaient sur eux aussi, leurs vêtements, leurs
armes, leurs matériels. Avant de passer l’examen proprement dit Hammond avait
rejoint l’infirmerie et écouta le récit de Sam. Elle parlait d’un ton neutre,
expliquant le tremblement de terre, le rayon dans le temple, la nuit noire qui
les avait beaucoup gênés. Et surtout le fait qu’ils n’avaient réalisé ce qui
leur étaient arrivés qu’en entrant dans la base.
Janet commença son examen.
Elle leur fit des prises de sang, leur fit passer,
scanner, radios, IRM. Elle ne trouva rien d’anormal sauf qu’ils avaient rapetissé.
Ils avaient environ la taille d’un enfant de un an.
-Qu’est ce qu’on va devenir maintenant râla O
’Neill. j’aurais préféré cent fois être mort.
-On va trouver une solution, c’est peut être dans
les documents que vous avez ramené suggéra Hammond. Son visage était
impassible, mais il souffrait de les voir
si faibles et désemparés. C’était vraiment une arme redoutable que
possédait cette kali.
Un gros problème se posait à eux désormais, rien
n’était à leur taille. Monter sur une chaise était impossible, prendre un objet
sur une table, une tâche insurmontable. Arpenter les couloirs de la base pour
se rendre d’un point à un autre leur prenait trop de temps. Les ordinateurs
étaient devenus trop grands, le labo de Sam gigantesque et même dangereux.
O’Neill ne décolérait pas. Il ne pouvait rien
faire, le sport était impossible, tout était hors norme.
Seul Teal’c pouvait méditer en état de Kel’no’rim,
comme il en avait l’habitude.
Une
salle fut mise à leur disposition et adaptée dans la mesure du possible à leur
taille. On leur apporta des tables et des chaises d’enfant. Des ordinateurs
portables furent posés à même le sol. La pièce fut garnie de coussins.
Daniel se mit rapidement au travail sur les
photos. Il les étala sur les murs de la pièce. Carter et Teal’c aidèrent Daniel
dans sa tâche de traduction. Les gros dictionnaires furent disposés sur le sol.
Ils se fatiguait vite à tourner les pages, mais il n’avaient pas le choix. A la
fin du premier jour ils n’avaient traduit que deux symboles, <vie et mort>,
et il en restait des centaines !
-On n’y arrivera jamais ! Et je ne suis pas
sûr que la solution se trouve là.
-Est-ce qu’on sait si cette planète a été
colonisée par des Goa’ulds, demanda Sam.
-C’est possible répondit Teal’c mais on n’a pas vu
de Jaffas. Mais un goa’uld a pu la coloniser il y a des centaines d’années,
mais il n’a laissé aucune trace .
Carter évitait de penser à leur situation
actuelle, elle aidait de son mieux Daniel
et essayait de lui remonter le moral. Le soir ils s’écroulaient, vaincus
par la fatigue et la difficulté à surmonter les tâches quotidiennes qui leur
paraissaient si naturelles avant, telles que marcher, courir, manger, prendre
un objet, utiliser un appareil.
Une semaine passa sans aucun résultat autre qu’un
grand découragement.
-Mon général nous ne trouvons rien du tout. Carter
soupira, de l’angoisse dans le regard. Jamais ils n’avaient été confronté à une
telle situation. Kali savait très bien ce qu’ elle faisait en les réduisant à
la taille d’un enfant faible et sans
défense.
Ils étaient assis sur la table devant le général.
Daniel tenait une feuille de papier où il avait retranscrit les quelques mots
qu’ils avaient réussi à traduire. Ils avaient pu comprendre que ce peuple très
ancien parlait de sa vie quotidienne, de la chasse, de la vie, de la mort, et
d’un minerais qu’il avait traduit par <naquadum>, également le mot
explosion.
-Du naquada sans doute dit le général intéressé.
-Probablement un dérivé, mais quelque chose de
très puissant, peut-être une bombe qui aurait détruit une partie de la planète.
-Cela ne nous mène nulle part, ajouta Daniel.
-Sauf que lorsqu’il y a du naquada, ou quelque
chose qui y ressemble il y a du goa’uld la dessous, Daniel Jackson intervint Teal’c.
-Et sur le rayon, vous avez trouvé ? demandé
le général Hammond.
C’est alors qu’O’Neill qui n’avait rien dit de
toute la réunion, intervint :
-Il faut retourner sur la planète, je demande la
permission …
Il s’arrêta devant le regard de pitié de Hammond.
Il rougit violemment de honte et de désespoir, il serra les poings et reprit
d’une voix rendue rauque par la pression intérieure :
-Une équipe doit se rendre immédiatement sur
P3X425, mon général.
-Je suis d’accord avec vous Colonel, mais une
autre équipe courra les mêmes dangers que vous, et je ne veux prendre aucun
risque. Il faut attendre que le docteur Jackson ait trouvé quelque chose de
plus concret dans ses traductions.
-Mais Général, les symboles sont antérieurs à la
venue des Goa’ulds. Ils ne m’apprendront rien de plus.
-Et si le rayon n’était pas goa’uld dit Sam, on
sait que les Goa’ulds prennent des technologies aux autres peuples et qu’ils
n’ont rien inventé. On devrait poursuivre la traduction, de toute façon, on n’a
que ça à faire ajouta t-elle avec un soupir.
-Si quelqu’un veut bien m’aider à descendre de
cette table, je retourne travailler.
Quelques heures plus tard, Hammond se tenait au
pied de la rampe d’embarquement, prêt à accueillir le représentant de la
Tok’ra.
Jacob descendit et tendit les mains vers son ami
-Georges, quel plaisir de te
revoir, mon ami. Mais j’aurais préféré que ce fut en d’autres
circonstances, mais ajouta t-il en regardant Hammond , tu n’as pas l’air
surpris ?
-Pas vraiment, viens dans mon bureau, nous y
serons plus tranquille.
-Sam ? il s’agit de Sam n’est-ce pas, il lui
est arrivé quelque chose ?
-En effet, mais aux autres aussi.
Ils sont blessés, morts, s’étrangla Jacob.
-Non rassure-toi, rien de tout cela, mais il leur
est arrivé une chose étrange, tu les verras tout à l’heure.
-Il sont ici ? Je veux voir Sam tout de
suite.
Le général Hammond n’hésita qu’un instant.
-D’accord, mais prépare-toi à un choc.
-Ils
ont été rapetissé, dit-il après un instant de silence.
-Quoi ! Je veux les voir tout de suite,
Georges, immédiatement ajouta t-il d’un ton sec.
-Viens
avec moi.
Jacob resta stupéfait sur le seuil de la pièce.
Ils s’affairaient au milieu de livres, de photos, de papiers, d’ordinateurs
posés à même le sol. Il s’accroupit pour se mettre à leur hauteur.
De toute la force de ses petites jambes, Sam courut
et vient se jeter dans les bras de son père.
-Papa, je suis si contente de te voir ! Tu
vas pouvoir nous aider à sortir de ce pétrin !
Hammond eut un peu plus de mal à se plier, mais il
réussit à s’asseoir en tailleur.
-Mes amis nous allons faire notre briefing ici, ce
sera plus facile pour vous.
Pour Jacob, il fit le récit de ces derniers
évènements, récit ponctué de quelques remarques des uns ou des autres.
Il
écouta cet étrange récit sans l’interrompre une seule fois.
Après un instant de silence il prit la parole.
-Mes amis, vous avez fait une incursion sur une
planète interdite. Les coordonnées ne devaient pas se trouver sur le cartouche
d’Abydos, n’est ce pas ?
-En effet répondit Sam, nous avons eu ces
coordonnées grâces aux extrapolations réalisées à partir de la connaissance des
anciens qu’avait reçu le colonel, ajouta–t-elle en se tournant vers son
supérieur.
O’Neill hocha la tête :
-C’est possible major, tout cela est très flou
dans mon esprit.
-C’est une planète, qui appartient à un
goa’uld ? s’étonna Daniel, nous n’en avons trouvé aucune trace.
-C’est la planète de Kali. Mais elle ne l’occupe
que depuis peu de temps, je dirai une centaine d’années.
-Alors la traduction que nous faisons ne nous sert
à rien, dit Daniel d’une voix déçue.
Jacob s’approcha des photos qui recouvraient les
murs.
-Les symboles sont très antérieurs à la venue des
goa’ulds.
-Je le savais dit O’Neill, il faut mettre tout ce
fatras à la poubelle !
-Mais Jack, s’insurgea Daniel, c’est la preuve
qu’un peuple intelligent a vécu il y a des millénaires, c’est
passionnant ! Du point de vue de l’archéologie c’est extraordinaire !
-Daniel, on s’en fout de l’archéologie ! Je
veux retrouver ma taille c’est tout ce qui m’intéresse.
-Moi aussi je veux retrouver ma taille, mais ce ‘est
pas une raison pour rester un esprit borné qui ne s’intéresse à rien !
-Moi un esprit borné ! répétez-moi ça voulez
–vous !
-Cela suffit Messieurs, coupa Hammond, et se
tournant vers le général Carter
-Jacob,
est-ce que les Tok’ra ont une solution pour remédier à … il chercha ses mots et
ne les trouvant pas il montra SG1 la main.
-Je ne sais pas Georges. Mais nous avons un espion
dans la suite de Kali. Il nous a appris des choses intéressantes.
-Tout d’abord Kali a truffé sa planète de pièges
comme Nirti sur Néléna.
-Tiens donc dit Daniel en regardant Jack, qui
s’obstinait à regarder par terre.
-Ce qui vous a rapetissé, poursuivit Jacob, est un
rayon disposé dans le temple. Malheureusement je n’ai pas l’antidote, seul Kali
le possède s’il y en a un, dit-il en évitant de regarder du côté de sa fille.
Un silence lourd succéda à ces mots.
Jacob ajouta
-Je dois vous avertir que Kali s’est alliée à
Bastet et Nirti pour attaquer la terre.
-Une alliance ! s’écria Hammond. Quelles sont
nos chances de leur résister ?
-A mon avis elles sont assez bonnes. Nirti a
proposé une alliance sur un mensonge. Elle a proposé un appareil pour traverser
la matière qu’elle a trouvé dans un monde parallèle, mais nous savons tous, et
elle aussi que ce dispositif ne fonctionne pas dans notre réalité. Kali et
Bastet sont plus dangereuses. Elles ont profité d’un banquet donné en leur
honneur pour piéger Sobek. La rumeur dit que sa tête orne toujours le palais de
Bastet à Loubatis. Kali est aussi cruelle que rusée, à mon avis elles ont un
peu le même profil toutes les trois, et il leur sera impossible de s’entendre.
Je pense que cette alliance, si elle réalise, ne durera pas. Ces dames vont
bientôt se bouffer le nez entre elles.
-Notre iris reste donc infranchissable dit
Hammond.
-Pour le moment, oui, Georges. Notre seule crainte
est que Kali ou Bastet trouve le moyen de faire fonctionner ce dispositif. Mais
je n’y crois pas trop. Elle n’ont pas le don des sciences de Nirti, et elles
n’auront pas la patience de chercher. Il ne faudrait pas que nous subissions
une attaque, tant que vous n’êtes pas opérationnels mes amis.
-Mais nous sommes opérationnels, mon
général !
-Notre petite taille nous permettrait de passer
inaperçus, ajouta Daniel, je suis d’accord avec jack
-Oh vraiment Daniel ! vous êtes d’accord avec
moi, quel événement !
-Colonel ! s’il vous plait dit Hammond.
-En plus, poursuivit Daniel sans tenir compte de
l’interruption de O’Neill, je suis convaincu qu’il faut retourner dans le
temple. Nous avons tellement de choses à explorer, et puis la solution doit se
trouver là bas.
Quatre paires d’yeux se tournèrent vers Hammond.
Celui-ci hocha la tête
-Non c’est trop dangereux.
-Mais général ?
-N’insistez pas Teal’c, si vous rencontrez des
jaffas comment ferez-vous ?
-Nous avons nos armes, elles ont rétréci avec
nous.
-Et quand vous n’aurez plus de munitions, vous ne
pourrez pas utiliser les munitions standards. Les armes traditionnelles seront
trop lourdes pour vous !
-On aura nos Zats dit Sam
-Justement
un coup de zat pourrait vous tuer !
-Le zat ne tue pas les enfants, général Carter,
observa Teal’c
-Non, mais vous êtes plus petits que des enfants,
donc très vulnérables. Il ne faut prendre aucun risque.
Sam réfléchit :
-On pourrait y aller avec une autre équipe mon
général, elle serait nos jambes et notre système de défense. S’ils restent à
l’extérieur du temple, ils ne risquent rien. On pourrait continuer nos
recherches. Je vous en prie, mon général.
Le général se rendit à leurs arguments.
-C’est
d’accord , SG 13 et SG 16 vous accompagneront.
Ils les portaient sur leur épaules pour aller plus
vite. Un quart d’heure après avoir franchi le shapaï ils arrivèrent à l’entrée
du temple.
Le jour venait de se lever et les premiers rayons
du soleil jetaient de l’or sur les pierres blondes de l’édifice.
Tous les quatre, ils entrèrent. Ils tenaient à
deux mains un lourd zat. Ils savaient que ce serait dur pour eux de s’en
servir, mais ils étaient prêts, leur muscles tendus dans l’attente de l’effort.
Tous leur sens en éveil, ils marchaient à pas menus vers le fond de la première
salle. Le silence répondait à leur pas. Une odeur de renfermé les prit à la
gorge comme ils atteignait l’entrée de la deuxième salle. Elle était éclairée
par une excavation naturelle par laquelle venaient mourir les rayons du soleil
levant. Dans cette salle les murs étaient couverts d’inscriptions et de
symboles dans la même langue qu’ils avaient déjà tenté vainement de déchiffrer.
-Je vous attendais dit une voix venue du fond de
la salle. C’était une voix grave d’une femme encore jeune. Elle était très
brune, la peau presque noire et richement vêtue, d’une somptueuse robe de
brocart et elle portait sur les épaules et les cheveux un voile de dentelle
arachnéenne. Ses nombreux bracelets tintaient à chacun de ses mouvements.
La salle s’illumina brusquement de mille flambeaux
et Kali put regarder en souriant ses ennemis lilliputiens.
Près d’elle se tenait la trop célèbre Nirti qui
eut un sourire méprisant en voyant le colonel. La troisième femme était la non
moins terrible Bastet que SG1 venait de découvrir grâce au récit de Jacob
Carter.
-Que vais-je faire de vous ? Vous combattre
dans l’état où vous êtes n’est pas intéressant !
-Alors il faut nous redonner notre taille !
dit insolemment O’Neill.
Kali fit un geste
-Jaffa kri !
Un homme
s’avança et mit un genou en terre :
-Ma reine, c’est fait.
-Bien, très bien. Vous êtes seuls maintenant, vos
compagnons viennent de mourir de la main de mes jaffas !
Ils frémirent en entendant ces mots. Le chagrin et
la colère faisaient leur chemin en eux, ils avaient des amis parmi les soldats
que kali venait d’éliminer. Ils se turent ravalant leur désespoir car dans
l’état où ils se trouvaient, ils n’avaient aucune chance devant ces trois
femmes cruelles qui n’auraient de cesse de les tourmenter et de les faire périr
dans les pires tourments.
Nirti s’approcha de kali :
-Redonne sa taille à celui-là, et
donne-le-moi ! Elle montra Jack du doigt.
-Pourquoi
ferais-je cela ? Qu’ai à y gagner ?
-Notre
accord était clair, le dispositif contre le colonel O’Neill.
-C’est d’accord dit Kali. Tu apportes le
dispositif et je te donne O’Neill.
-Le voici dit Nirti, sur sa main un petit objet
brillait faiblement.
-Essaie–le. Je veux le voir fonctionner.
-C’est d’accord,
Nirti le mit à son poignet et s’enfonça dans le
pilier sur les yeux ébahis de SG1, elle reparut de l’autre côté, l’opération
n’avait pas duré deux secondes.
-Elle a réussi, nous sommes perdus, pensèrent-ils.
-Pour te dédommager je te donne aussi la femelle.
Mais je garde les deux autres. Le shol’va est très intéressant pour moi, je
vais pouvoir le reprogrammer, et il sera mon esclave personnel. Quant à
celui-là dit elle en regardant Daniel, sa tête fera un bel ornement pour les
grilles de mon palais.
Bastet rit :
-Tiens tu fais comme moi, tu aimes les
trophées !
-A toi maintenant, dit Nirti, tiens ta promesse.
Mais tu n’auras l’objet que quand je serais sûre de pouvoir quitter ta planète.
-C’est d’accord nous ferons l’échange au shapaï.
C’est ce qui fut fait.
Devant le vortex grand ouvert Kali leva le bras,
dans sa main un éclat lumineux jaillit et ils tombèrent évanouis sur le sol.
Ils retrouvèrent instantanément leur taille
normale.
Des jaffas ligotèrent Sam et jack et les
emportèrent vers la planète Néléna.
Daniel et Teal’c se retrouvèrent dans les geôles
de Kali, enchaînés à un mur suintant et
incertains du sort qui les attendait.
Dans une prison semblable Sam et Jack attendaient
aussi. Ils n’étaient pas enchaînés, mais ils avaient très froid. Néléna est une
planète montagneuse, le palais de Nirti était situé à plus de trois mille
mètres d’altitude et les nuits étaient glaciales.
Sam claquait des dents. Ils étaient vêtus de leurs
uniformes mais ce n’était pas prévu pour les grands froids.
-Venez près de moi Major, on doit garder notre
chaleur. Il n’y a pas d’autre solution
Sam, gênée, s’allongea près de Jack. Ils se
serrèrent l’un contre l’autre. ils n’arrivaient pas à trouver le sommeil.
-Mon colonel, je peux vous poser une question ?
-Posez toujours Carter, je ne sais pas si je
répondrais.
-Pourquoi Nirti tenait tellement à vous ?
-C’est justement le genre de question à laquelle
je ne veux pas répondre.
Sans se rendre compte du malaise Jack , Sam
insista :
-Elle a renoncé à reprendre une place parmi les grands
maîtres, uniquement pour vous reprendre ! c’est étonnant !
Le cœur de Jack battait à grands coups dans sa
poitrine. A chaque fois qu’il pensait à ce qui s’était passé, il se sentait
mal. Il étouffait et l’angoisse l’envahissait sans qu’il puisse lutter ! Il ne
se reconnaissait plus. Et là se retrouver à l’endroit de son supplice était
insupportable.
Il serra Sam un peu plus fort qu’il n’aurait du.
Elle le sentit et le regarda, dans la pénombre elle voyait à peine son visage,
mais suffisamment pour reconnaître le masque d’impassibilité qu’elle lui
connaissait quand il était mal à l’aise.
-Dormez, major murmura t-il.
Ils s’assoupirent.
Un hurlement réveilla Sam, elle avait le bras
engourdi. Dans ses bras jack tremblait et murmurait des mots sans suite. Ils
était couvert de sueur malgré le froid.
-Mon colonel réveillez vous , elle le secouait
doucement.
Il sortit de sa torpeur d’un coup et se retrouva
assis, le regard hébété.
-Vous avez fait un cauchemar mon colonel !
Jack soupira et se recoucha lourdement.
-Oubliez ça major, ne vous inquiétez pas. Vous
n’êtes pas sans savoir que la captivité laisse des traces. C’est ça qui
revient, qui remonte à la surface. Il parlait vite comme pour combler un vide
et l’empêcher de se poser des questions. Sam s’en aperçut.
-Il y a autre chose mon colonel. Et je suis sûre
que ça un rapport avec Nirti. Que vous a te-elle fait.
-Elle m’a torturé.
-Mais vous n’aviez pas de blessures quand on vous
a trouvé.
-Major ! Vous savez très bien qu’un goa’uld
peut torturer sans laisser de trace, leur arme de poing est terriblement
douloureuse, vous le savez comme moi.
-Mais ça ne suffit pas à donner des cauchemars, et
vous le savez.
-je n’ai pas envie d’en parler.
-Mais..
-Bon, je n’aurai pas la paix tant que je ne vous
aurai pas dit quelque chose. Et bien sachez que Nirti possède un poison
paralysant. Une goutte sur les lèvres et vous ne pouvez plus bouger bras et
jambes. Par contre vous pouvez sentir très bien la douleur. Voilà, ça vous va
comme ça ! j’étais à sa merci et elle en a profité !
-Elle vous a …
Sam rougit :
-Eh ben oui ! voilà ,vous êtes
contente !
Des larmes perlaient aux yeux de Sam,
-Oh Jack, c’est terrible.
-Vous
avez dit quoi là ?
-J’ai dit que c’était terrible
-Non juste avant ?
-Oui, j’ai dit « Jack », excusez-moi mon
colonel, je ne voulais pas vous manquer de respect.
Jack essayait de détourner la conversation. Sans
rien dire, il en avait trop dit. Il espérait de toutes ses forces qu’elle
n’avait pas compris. Ce serait insupportable pour lui qu’elle sache, qu’elle puisse
imaginer une seconde, pas elle non, surtout pas elle. Ces souvenirs-la, il faut
les enfouir au plus profond de soi, et tenter de les oublier, et surtout ne
jamais les évoquer. Il n’avait rien pu faire, il avait tout subi, mais ça
jamais personne ne devrait le savoir. Dans son rapport il avait passé ces faits
sous silence, se contenant d’évoquer de vagues tortures.
Sam sentit un gouffre s’ouvrir sous ses pieds. Oh
mon Dieu pensa t-elle.
-Elle vous a torturé
longtemps, profitant de votre immobilité lui dit-elle d’une voix douce, légère,
comme si elle énonçait un fait banal.
Elle sentit son soulagement au léger soupir qu’il poussa.
-Oui, très longtemps dit
il dans un souffle.
Et il la reprit dans ses bras car elle tremblait
de tous ses membres.
-Vous avez froid
major ?
Oui mentit-elle, oui mon colonel, je suis
gelée.
-Shol’va ! Shol’va je savais qu’on ne pouvait
pas lui faire confiance.
Kali jeta à terre le dispositif de Nirti.
Kel’mar’to keem !
Bastet s’approcha souriant légèrement et lui dit du bout des lèvres
-Tu t’es fait rouler ma belle ! Pas si finie
que ça la Nirti. Il faut se méfier de cette p… !
-Nous devrions peut-être reparler de notre
alliance ? Si tu veux te battre contre Nirti, tu auras besoin de moi,
ajouta Bastet perfidement.
-Mais comment a t elle pu nous abuser à ce
point ?
-Oh elle a du recourir à l’illusion. Nous aurions
du essayer l’appareil devant elle, on aurait vu que cela ne fonctionnait pas.
-Je comprend mieux pourquoi elle ne voulait pas
nous le donner tout de suite elle avait trop peur d’être découverte.
En revenant vers le palais les deux femmes
entourées de leurs nombreux jaffas devisaient tout en marchant, elles mirent au
point un plan d’attaque visant à détruire Nirti, le SGC et la Tau’ri toute
entière. Puis Bastet décida de retourner sur sa planète, afin de rassembler ses
troupes.
Planète
Néléna.
Sam et Jack s’écartèrent l’un de l’autre dès
qu’ils furent réveillés. Une longue journée s’écoula, ils ne virent personne.
On ne leur porta ni à manger ni à boire. Une autre nuit glaciale arrivait et
ils s’apprêtait à aller dormir quand un bruit sourd les tint en alerte.
Ils se regardèrent, étonnés.
-C’était quoi ça dit Jack ?
Un autre bruit plus fort et plus près les
assourdit.
Le colonel se mit à secouer les barreaux de la
porte, ils étaient bien scellés et ne bougèrent pas.
-On dirait des explosions dit Sam.
-Je crois que la planète est bombardée. Il faut
vite sortir d’ici !
-On
a tout essayé mon colonel !
-Je ne veux pas mourir dans ce trou à rat, et je
ne veux pas que y mourriez non plus major.
Au même instant une ombre passa et les verrous
furent tirés. Jack se précipita à l’extérieur mais ne vit personne.
-Qui nous a ouvert ? nous avons un allié dans
la place ? Dit Sam
-Aucune importance major, il faut vite rejoindre
la porte des étoiles !
-Mais mon colonel on ne peut pas aller sur terre,
nous n’avons pas le code de l’iris.
-Nous repartons pour P3X425, il faut
délivrer Teal’c et Daniel. Vous vous souvenez du code, major ?
-Oui ça va aller.
-Alors courons.
Ils passèrent entre les bombardements. Des
vaisseaux de combat emplissaient le ciel. Ils durent se cacher, ramper,
finalement ils atteignirent le terrain à découvert devant le shapaï et Sam
composa le code.
Aussitôt franchi le shapaï ils furent accueillis
par de nombreux jaffas qui les attachèrent et les jetèrent aux pieds de la
déesse.
-Voilà donc notre fameux colonel O’neill et son
fidèle major. Je vois que vous êtes inséparables. Vous avez encore réussi à
vous échapper ? Et bien vous partagerez le même sort.
-Plongez-les un moment dans la glacière, ordonna
t-elle à ses gardes.
Les gardes leur arrachèrent une partie de leurs
vêtements et les conduisirent sous le palais dans une petite pièce très froide
qui servait jadis pour conserver les aliments. La pièce était vide. Kali la
réservait maintenant à ses prisonniers de choix.
O’Neill essaya d’ironiser :
-Et bien nous passons d’une glacière à l’autre, il
ne fait guère plus froid que dans la geôle de Néléna, n’est-ce pas major ?
-Oui mon colonel, dit-elle en claquant des dents,
mais nous avons moins de vêtements.
Elle ne portait que ses dessous, et lui était
torse nu. Ils évitaient de se regarder, gênés.
Le jour passa et vers le soir un esclave vint leur
porter leur repas. C’était une assiette d’une infâme soupe, mais rien que
l’odeur les faisait défaillir, ils n’avaient pas mangé depuis deux jours.
O’
Neill se leva et demanda au gardien :
-Sais-tu s’il y a d’autres prisonniers, un humain
et un jaffa ?
L’homme
murmura :
-Je n’ai pas le droit de parler aux prisonniers.
-Tu peux hocher la tête, sans parler.
-Est-ce que Daniel Jackson et Teal’c sont
là ?
Sur un hochement de tête l’homme disparut et
referma la porte.
Ils avaient tellement faim qu’il se jetèrent sur
le brouet clair qui leur servait de repas. Mais c’était bien loin de les
rassasier.
La porte s’ouvrit le lendemain et un jaffa les
poussa dans un long couloir. Ils gravirent plusieurs escaliers et furent jetés
sans ménagement aux pieds de la reine.
Là
ils ne furent guère surpris de retrouver Teal’c et Daniel dans la position
qu’eux, c’est à dire à genoux, le front penché devant les pieds de Kali.
-Ca
va jack, vous avez échappé à Nirti ? Ca devient une habitude chez
vous ! Ironisa Daniel
-Je m’en passerais bien, répondit le colonel d’un
ton cinglant.
-Silence ! Ecoutez-moi Tau’ri. J’ai entendu
parler de vous et je sais que vous êtes assez forts pour des humains ,j’ai un
marché à vous proposer, unissons nos forces pour combattre Nirti, et vous serez
libres.
Ils ne répondirent pas. Ils étaient assis sur
leurs talons, les yeux levés vers Kali. Elle leur apparut vraiment redoutable
toute noire et debout sur les marches de son trône où elle les dominait de
toute sa majesté.
-Toi colonel, tu n’as pas envie de te venger après
ce qu’elle t’a fait subir, elle m’a tout raconté, dans les moindres détails,
c’était délectable, savoureux !
Jack serra les dents pour ne pas sauter sur Kali
et lui arracher son masque d’ironie.
Sam devint toute blanche.
Daniel jeta un coup d’œil à Jack, il parlait entre
les dents à voix basse.
-Vous n’avez pas tout dit dans votre rapport,
auriez-vous oublié quelques détails croustillants ?
O’Neill
gronda :
-Bouclez-la Daniel, je vais vous tuer !
Un coup de lance dans le côté le fit vaciller et
il tomba, en grimaçant de douleur.
Kali marchait de long en large,
s’impatientant :
-Alors ma proposition Tau’ri ?
-Et
si nous refusons ? Dit Sam.
-Alors vous mourrez, dit-elle avec un certain
étonnement dans le regard. Mais je ne vois pas pourquoi vous refuseriez, nous
avons la même ennemie.
-Non, c’est non ! Dit jack en la regardant
droit dans les yeux.
-Pourquoi ?
-Nous préférons mourir que de nous unir à un
vilain serpent, dit O’Neill sachant très bien que son insolence lui vaudrait un
mauvais coup. Ce qui ne tarda pas.
-Peut-être que tes amis n’ont pas la même opinion
que toi colonel ? Garde, occupe-toi de la femelle dit-elle en montrant
Sam. Un bâton de douleur jaillit des mains de l’homme. Sam hurla de
souffrance :
L’homme prit une lance des mains du jaffa le plus
proche de lui, et attendit regardant Kali et guettant un signal.
-Alors que dis-tu de ça colonel ? Tu veux que
je la tue ? C’est facile, un signe de moi et elle meurt. Sa vie est entre
tes mains. Alors que choisis-tu ?
-Bon c’est d’accord, je reste. Mais à une
condition, tu les relâches, et tu les renvoies tous les trois par la porte des
étoiles, et je te dirais tout et je ferais tout ce que tu voudras.
-Vraiment tout ?
-Oui
Kali l’observait sans répondre, elle essayait de
jauger l’homme. Elle ne connaissait pas bien les terriens, mais elle pensait
qu’ils devaient être comme les autres, lâches et faibles. Il la fixait de son
regard calme. Elle plongea ses yeux dans les siens mais ne put rien y lire.
-C’est d’ accord céda t-elle.
-Je veux les accompagner moi-même et les voir
partir.
-Tu veux, tu exiges ! Mais tu es quoi pour
ça ? Je peux te tuer du revers de
la main tu sais !
Il
se tenait immobile, debout devant elle, il la dominait de sa haute taille et
malgré elle, elle subit son ascendant. Elle capitula dans un souffle :
-D’accord.
Puis elle ajouta sèchement à l’adresse des jaffas,
-Détachez-les, nous partons.
-Mon
colonel, je reste avec vous !
-Il n’en est pas question Carter ! Sa voix
était sèche.
Elle avait le visage défait, on pouvait lire de la
peur dans ses yeux.
-Mais mon colonel !
-Vous refusez d’obéir à un ordre de votre
supérieur hiérarchique Carter ?
Ses yeux étaient froids comme de la glace.
Sam n’était pas loin des larmes.
-Non, mon colonel balbutia t-elle.
-Mais Jack dit Daniel…
-Vous n’allez pas vous y mettre aussi,
vous ! Allez tout le monde
dehors !
-Introduisez les coordonnées de la planète des
Tok’ra souffla Jack dans l’oreille de
Daniel. Après vous vous débrouillerez pour rentrer.
-Mais vous colonel O’Neill ? Dit Teal’c.
-Oh
moi, je suis un dur à cuire dit Jack avec un petit rire sans joie.
-Nous reviendrons vous chercher très vite, dit
Daniel.
-Allez filez avant qu’elle ne change d’avis dit il
en jetant un coup d’œil vers Kali.
Ce dialogue n’avait pris que quelques secondes et
déjà la reine s’impatientait.
Dès
qu’ils eurent disparus dans l’anneau bleuté, elle le prit par le bras.
-A nous deux maintenant, je veux savoir si ce que
m’a dit Nirti était vrai.
Il la regarda interloqué :
-Si tu veux.
Il la laissa s’approcher de lui, en ne la lâchant
pas du regard.
-Tu devrais dire à tes gardes de partir, lui
souffla-t-il dans le creux de l’oreille, un peu d’intimité c’est mieux.
-Tu
as raison, elle eut un rire de gorge qui le fit frémir. Mais ne sois pas trop pressé dit-elle, Nous
avons tout notre temps. Tu dois avoir faim, la soupe de ma prison n'est pas
fameuse. Elle passa une main caressante sur son visage, sur sa nuque, ses
lèvres se posèrent sur les siennes.
Ils
s’installèrent devant un somptueux repas que des serviteurs disposaient devant
eux. Jack avait très faim, il mangea de bon appétit. Elle en fut
surprise :
-Tu es vraiment étonnant ? Tous les Tauris
sont comme toi ? Tu sais ce qui va t’arriver tout à l’ heure énonça t-elle
d’une voix calme, et tu manges comme si de rien n’était ! Tu sais que lorsque j’en aurai fini avec
toi, il ne restera pas grand chose du fier colonel O’Neill qui est assis devant
moi. Je n’ai pas la haine de Nirti, je fais les choses froidement parce
qu’elles doivent être faites. C’est ainsi. Tu dois me donner le moyen de battre
Nirti, ajouta –telle.
-N’est-ce pas déjà fait ? Dit-il d’un ton
étonné. Sur Néléna, les bombardements, ce n’était pas toi ? Et pourquoi me
parles-tu de mort ? Je respecte ma part du contrat puisque je suis là.
Elle le regarda
avec au fond des yeux un éclair de colère vite dompté :
-Et alors ! je n’ai pas de compte à te
rendre !
-Pourquoi me parles-tu toujours de Nirti ?
Insista-t-il, et tu n’as pas besoin de moi pour la combattre. Par contre c’est
autre chose que tu veux , n’est ce pas ?
-Insolent, je vais te faire regretter tes paroles.
Tu mourras dans les pires souffrances, je peux te faire arracher la peau
lambeau par lambeau, c’est un des pires supplices qui existe. Et je regarderais
avec délectation ton sang couler, et tes cris de douleur seront un ravissement
pour mes oreilles.
Contrairement aux autres Goa’ulds que Jack
connaissait, elle restait très calme, et parlait doucement. Et ces menaces
proférées à voix basse comme une confidence avaient quelque chose de
terrifiant. Elle était très près de lui, son bras frôlait le sien. Il sentait
sa peau nue se hérisser. Il poussa un soupir, et parla d’une voix
contenue :
-Vous êtes tous pareils les Goa’ulds, ça finit
toujours dans un bain de sang, ironisa–t-il ! Il ne pourrait pas y avoir
de temps en temps un happy end ?
-C’est quoi un happy end ?
-C’est une fin heureuse, où tout le monde est
content.
-Bahrr…, c’est mièvre et sans intérêt dit–elle
avec un grimace de dégoût.
Cette conversation entre les deux protagonistes
avait quelque chose d’irréel. D’un côté une femme jeune, magnifiquement vêtue
et parée de bijoux, possédant la force cruelle et le pouvoir, et de l’autre
Jack O’Neill, un homme dans la force de l’âge, affaibli par une cruelle
captivité dans le froid, un homme sale et dépenaillé, aux vêtements déchirés,
Et pourtant ils se parlaient d’un ton léger, comme deux vieux amis qui se
retrouvent.
-Passons aux choses sérieuses maintenant, dit–il
d’une voix grave.
Il se leva fit le tour de la table et la prit par
la main.
Il la caressait de ses longs doigts, sur le
visage, le dos, la poitrine, prolongeant l’attente. Il la prit dans ses bras,
l’embrassa délicatement sur les lèvres, exacerbant son désir, elle se laissait faire comme une chatte ronronnante.
Elle le touchait, se collait à lui respirant son odeur, elle se sentait moite
de désir, elle le voulait tout de suite, là, maintenant ! Il l’embrassa à
pleine bouche d’un baiser violent, et profond.
A aucun moment elle ne se méfia.
Elle griffa
son dos nu et un cinq longues balafres
rougirent sa peau. Il frémit sous la
douleur, mais ne la lâcha pas.
Puis d’un coup tout bascula, dans les plis de son
vêtement il trouva un poignard dont le manche était richement décoré. Il la
tint devant lui, le poignard sous la gorge.
-Je reste derrière toi, au moindre mouvement je te
tue. Dis à tes gardes de vider le palais. Je ne veux plus voir personne. Sa
voix basse et autoritaire la dominait.
-Mais ils vont se douter de quelque chose,
dit-elle faiblement et pourquoi maintenant ? On aurait pu s’amuser tous
les deux, toi et moi, rien que nous deux, sa voix rauque et sensuelle lui
agaçait les nerfs :
-Fais ce que je te dis, et la pointe du poignard
perça sa peau fragile, elle poussa un petit cri.
Il baissa le bras de façon à ce que les gardes ne
voient pas l’arme. Appelle-les, maintenant dit-il d’une voix impérieuse :
-Jaffas ! appela t-elle
Aussitôt un de ses plus fidèle serviteur se
présenta :
-Je ne veux plus voir personne dans le palais,
cette nuit est pour moi et mon hôte.
-Tout va bien ma reine ?
-Oui, fais ce que je te dis, tu répondras de mes
ordres sur ta vie.
Quelques instants plus tard Kali et Jack
quittèrent la salle du trône. Sortir du palais, s’enfuir, tout cela ne fut
qu’un jeu d’enfant. Sur la route du shapaï ils trouvèrent Daniel, Teal’c et Sam
qui revenaient le chercher.
-Vous en avez mis du temps ! dit Jack.
-Je vois qu’en fait vous n’aviez besoin de
personne dit Daniel d’une voix un peu déçue.
O’Neill passa la porte le dernier, titubant
légèrement, il était épuisé.
-A l’infirmerie tout de suite, dit Hammond
Et s’approchant de O’Neill,
-Mais vous sentez le parfum colonel !
-Oui mon général dit O’Neill un peu ennuyé, une
odeur de serpent qui me colle un peu à la peau.
Ricanement
de Daniel :
-Oui notre ami Jack a beaucoup de succès auprès de
ces dames en ce moment.
O’Neill gronda :
-Daniel n’oubliez pas de me rappeler de vous
tuer !
-Mon général, j’aimerais prendre une bonne douche
et passer quelques vêtement avant de me soumettre aux piqûres de notre cher
docteur !
-Non, colonel, à l’infirmerie. D’ailleurs vous
saignez. La douche peut attendre. Allez filez. C’est un ordre.
O’Neill était allongé sur un lit de l’infirmerie
quand le général entra. Il voulut se lever.
-Ne bougez pas colonel.
-Comment est-il ? Demanda-t–il en se tournant
vers Janet.
-Bien pour quelqu’un qui est resté plusieurs jours
dans le froid, mon général.
Par discrétion elle s’éloigna et laissa le colonel
avec Hammond, qui écouta son long récit sans l’interrompre une seule fois.
Jack à son habitude passa sous silence quelques petits détails…mais le général
fine mouche comprit les allusions et de lui même combla les blancs.
-Alors si j’ai bien compris colonel, vous vous
êtes fait une ennemie de plus ?
-Hélas, mon général, hélas !
5ème partie
Base
de Cheyenne Mountain, salle de débriefing
La réunion durait depuis trois heures déjà.
Chaque année c’était la même chose, le sénateur
Kinsey venait à la base éplucher tous les rapports de missions pour s’assurer
que l’argent du contribuable était utilisé à bon escient.
Le sénateur aurait voulu fermer cette base
depuis bien longtemps, il l’avait déjà fait une fois d’ailleurs,
mais il avait du capituler devant l’imminence du danger que représentait
l’attaque d’Apophis et de Klorel. Il avait compris que sans le SG1 il ne serait plus là pour en discuter.
Mais cela ne l’empêchait pas de revenir à la charge tous les ans.
-Général Hammond, je vois
que sur une période de 7 mois vous avez fait 25 missions sur des planètes
différentes et vous avez n’avez conclu que deux accords avec les populations
locales, c’est peu !
-Sénateur, je vous
rappelle que sur les 25 planètes visitées, plus de la moitié était goa’ulds,
seulement trois étaient peuplés de gens pacifiques. Deux sur trois je trouve
que ce n’est pas un si mauvais résultat que ça.
Hammond défendait pied à pied son projet. Il
gardait son calme mais sa voix se faisait de plus en tendue, au fur et à mesure
que le temps passait. Cette visite annuelle était un passage obligé, le projet
« Porte des Etoiles » coûtait très cher et il fallait justifier
les dépenses jusqu’au dernier cent.
Après une interruption d’une demi-heure la réunion
reprit. Kinsey prit la parole :
-Je
demande que le colonel O’neill passe en cours martiale, pour haute trahison,
collusion avec l’ennemi et divulgation d’informations secret défense.
La phrase fit l’effet d’une bombe.
Hammond réagit vivement :
-Sénateur, vous n’êtes pas militaire et
vous n’êtes pas habilité à demander la cour martiale pour un de mes
hommes !
Le sénateur se leva :
Je
peux cependant demander qu’une enquête soit faite sur le colonel O’Neill.
Voyons colonel si nous regardions les rapports de vos dernières missions ?
Kinsey passa l’heure suivante à mettre O’Neill sur
le grill, pourquoi avait-il été fait prisonnier sur Néléna, suite au piège
mental de Nirti. Seul lui avait été pris, il devait bien y avoir une
raison ?
-J’ai été pris dit O’Neill
avec hauteur, parce que je fais toujours passer mes hommes avant moi, si je
n’avais pas poussé Carter dans le shapaï elle aussi aurait été fait
prisonnière. Vous ne savez sans doute pas ce que cela veut dire sénateur,
passer après les autres ?
-Colonel ! Intervint Hammond, ne dites
pas de paroles que vous pourriez regretter.
-Poursuivons dit Kinsey.
Vous ne parlez pas beaucoup de votre évasion, qu’avez vous donné à Nir … il
consulta sa feuille : Nirti, pour qu’elle vous laisse partir ?
-Absolument rien je me
suis échappé, c’est écrit noir sur blanc.
-D’accord passons pour
cette fois. Mais comment Nirti a obtenu un miroir quantique de la zone
51 ? Vous lui avez donné des renseignements n’est-ce pas ?
O’Neill
bondit :
-Mon général, je ne peux
pas laisser passer de telles accusations, c’est monstrueux !
Et il dit
en se tournant vers Kinsey
-Si vous saviez lire vous
verriez que c’est un espion du NID qui a trahi.
-Ce
n’est pas prouvé colonel dit le sénateur avec une évidente mauvaise foi.
-Excusez-moi de vous
contredire Sénateur intervint Hammond mais l’homme en question a avoué, il n’y
a pas de contestation possible.
Daniel ,
Teal’c et Carter se lançaient des regards gênés, comment intervenir pour
défendre le colonel, sans l’enfoncer davantage. Et puis le sénateur arrivait à
un moment de la mission qu’ils ne connaissaient pas trop, quand Nirti avait
fait prisonnier le colonel et qu’ils avait mis beaucoup de temps à le chercher
à travers de multiples mondes parallèles . Quand ils l’avaient retrouvé, le
colonel était très affaibli et n’avait pas dit grand chose de sa détention.
Le sénateur revenait à la charge :
-Vous êtes resté plusieurs jours de nouveau
prisonnier de Nirti, cela devient une habitude colonel ? Et vous vous en
êtes encore tiré sans trop de dommages, c’est du moins ce que dit votre
rapport, quels secrets avez-vous livré en échange ?
O’
Neill serra les poings sous la table, cette mise en accusation publique était
insupportable, devant ses subordonnés en plus.
-Sénateur dit Hammond, je
propose que cet interrogatoire se poursuive entre vous le colonel et moi.
-Non, il n’en est pas
question. Si j’ai bien compris poursuivit–il,
le colonel est à la tête d’une équipe, qui doit être présente.
D’ailleurs j’ai bien l’intention de demander des explications aux membres de
son équipe.
-Major carter qu’avez-vous à dire sur la
détention du colonel ?
Sam était très mal à l’aise, elle ne savait pas
grand chose, simplement ce qu’avait suggéré O’Neill lors de leur détention
commune sur Néléna.
-Sénateur, dit-elle en
hésitant un peu, le colonel O’Neill s’est fait piégé par Nirti. Je voudrais
dire à la décharge du colonel, que Nirti est une goa’uld redoutable,
intelligente, cruelle, ingénieuse. Ce qui s’est passé je ne le sais pas, mais
je devine que ça n’a pas du être une partie de plaisir pour le colonel. Il a
été torturé, ça il me l’a dit. Par contre
je suis sûre et je peux dire en mon âme et conscience que le colonel n’a
pas trahi. Mais je regrette je ne sais
rien d’autre. Ajouta-t-elle en lançant un regard désespéré à Jack qui inclina
simplement la tête dans sa direction, en approbation à ce qu’elle venait de
dire.
-Vous avez été torturé
Colonel ? Poursuivit Kinsey, ce n’est pas indiqué sur votre rapport.
Pourtant si je compare au rapport du 9 septembre dernier, je peux lire un récit assez long des
tortures que vous avait infligé un chef de clan sur une planète hostile. Vous
aviez été condamné à mourir sous le fouet. Sentence qui a été en partie
appliquée et dont vous portez encore les traces je crois. Que pouvez-vous dire
à ce sujet ?
-Que c’est lassant de
décrire des tortures, ça n’intéresse personne d’autre que des gens tordus ou
vicieux. Dit–il d’un air insolent.
-Colonel vous dépassez les
bornes, dit Hammond, je comprends que cette situation vous mette mal à l’aise
mais tout de même !
-Je n’ai nommé personne mon général.
-Hum…
fit Hammond.
-Poursuivons dit Kinsey
imperturbable :
-Que s’est-il passé durant cette détention
colonel ?
Et devant le silence obstiné d’O’Neill il
poursuivit implacable :
-C’est inavouable n’est-ce pas ? Je
vois très bien le tableau, vous avez pris du bon temps avec cette goa’uld et
puis sur l’oreiller vous avez lâché quelques confidences ? C’est de la
haute trahison !
-Je n’ai pas trahi hurla
O’Neill !
-Alors pourquoi juste
après votre retour, Nirti a pu s’allier avec deux autres reines ? c’est troublant
n’est-ce pas ?
-Elles n’ont pas besoin
des terriens pour former une alliance Sénateur dit Hammond d’une voix calme
pour essayer de faire baisser la tension. Vous n’êtes pas sans savoir que la
Terre est un objectif prioritaire pour les goa’ulds.
-Grâce à ce projet
général ! Sans vous les goa’ulds ne s’occuperaient pas de la Terre !
-Sénateur, ce serait
reculer pour mieux sauter ! Tôt ou tard ils se seraient intéressé à nous.
La Terre reste le premier monde.
Kinsey
revint vers le colonel.
-Je ne quitterai pas cette
pièce avant de savoir colonel, vous parlerez. Je suis d’autant plus convaincu
que vous avez trahi aussi avec Kali. Vous étiez encore son prisonnier, vous
êtes encore resté seul le dernier ! Vous-vous êtes soi disant sacrifié
pour sauver vos hommes comme vous dites, mais dans quel but colonel ?
O’Neill se leva
brusquement et envoya valser son siège jusqu’au mur d’en face.
Il
bondit sur Kinsey, qui se tassa dans son fauteuil.
Jack parla d’une voix coupante comme du verre.
-Ah
Vous voulez savoir ce que j’ai caché dans mon rapport et bien je vais vous le
dire. Nirti possède un poison paralysant les bras et les jambes, mais pas le
reste, on est très lucide, on comprend tout, on peut parler, et surtout on
ressent tout. La douleur est même exacerbée
par l’immobilité. Nirti en a simplement profité, elle a abusé de moi. Et si
vous croyez que ce fut une partie de plaisir et bien vous vous trompez
Sénateur, je n’ai rien demandé, j’ai tout subi, et surtout je n’ai pas dit un
seul mot des secrets de la planète ; j’aurais préféré mourir ! Et ça
vous le savez ! Alors mes rapports
vous pouvez vous les mettre là où je pense !
Et disant ces mots il lui lança les feuilles à la
tête et sortit de la pièce sans regarder personne.
-Bravo
Sénateur ! C’est réussi ! Là vous êtes allé trop loin ! Hammond
se leva : Cette réunion est
terminée.
Le
sénateur mal à l’aise rageait, et levant un doigt menaçant vers le
général :
-Je ferai fermer cette
base, je ferai diminuer vos subventions de telle manière que vous viendrez
ramper dans mon bureau pour obtenir ne serait-ce qu’un crayon ! Et quand
vous ne pourrez plus rien faire
j’assisterai avec une joie infinie à votre mise à la retraite
général ! Quant à votre petit protégé il sera dégradé devant toute la base et il passera les prochaines années
de sa vie derrière les barreaux !
Et sur ces mots il ramassa ses feuilles avec
colère et sortit.
-Ouvrez-moi Jack c’est
Daniel, je sais que vous êtes là.
Daniel tambourinait à la porte des quartiers du colonel
sans succès.
Au moment où il allait renoncer, la porte
s’ouvrit. Daniel pénétra dans la pièce. Le colonel était retourné s’ allonger
sur son lit les mains derrière la nuque, et les yeux fixant un vague point sur
le plafond.
-Soyez bref Daniel, je suis
fatigué.
-Euh… Daniel hésitait. Je
voulais tout d’abord m’excuser…
Jack
s’assit au bord du lit. Il avait
mauvaise mine, et ses yeux étaient rougis de fatigue.
-Vous excusez ? Pourquoi ?
-J’ai fait plusieurs
plaisanteries un peu déplacées.
-A quel sujet ?
Daniel était au supplice
-Jack, ne me compliquez
pas la vie, je suis entrain de m’aplatir devant vous.
-Je ne vois pas
pourquoi ?
-Mais si, je vous ai
taquiné au sujet de vos succès auprès des reines.
-Ah ça !
-Je reconnais que c’était
pas très malin, mais je ne savais pas…
-Non vous ne saviez pas…
-Jack, je suis en train de
vous demander pardon. Est-ce que vous acceptez mes excuses ?
-Oui.
Daniel
soupira. Il voyait bien que le colonel n’était pas bien du tout, mais il ne
voyait pas comment faire.
Jack s’était fermé comme une huître après son
éclat dans la salle de briefing.
-Si vous avez besoin de
moi, Jack, n’hésitez pas.
-C’est ça, dit O’Neill en
poussant Daniel dehors.
Mais celui-ci se ravisa,
-Tant pis Jack, même si
vous me détestez après, il faut que je vous dise ce que j’ai sur le cœur.
Jack ouvrit de grands yeux :
-Oh ! Quoi encore ?
Daniel hésitait :
-Heu… Il s’agit de vous
Jack… et de votre comportement…
-Mon comportement ?
-Vous vous mettez toujours
en avant, vous vous faites remarquer et vous attirez. sur vous l’attention des goa’ulds. Par vos
blagues idiotes vous vous mettez souvent dans une mauvais pétrin, et vous nous
mettez en danger en attisant leur colère.
-Mes blagues
idiotes ? Elle vous font rire souvent mes blagues idiotes !
-C’est vrai, mais vous ne
savez pas vous arrêter et elles attirent l’attention sur vous. Alors vous
prenez des coups de bâton, de zat, de lance, de fouet, que sais-je
encore ?
Daniel s’arrêta, gêné, devant le silence de Jack
Celui-ci
se leva et le toisa d’un air méprisant :
-Et vous vous êtes posé
des fois la question, pourquoi je fais ça ?
-Euh…
-Vous ne me croyez pas intelligent sans
doute, c’est vrai que je n’ai pas tout vos doctorats, mais je constate que vous
me connaissez bien mal docteur Jackson. Quand nous sommes en présence de
méchants serpents j’attire l’attention sur moi, c’est pour la détourner de vous
Daniel, du major, de Teal’c. C’est une façon que j’ai de vous protéger. Ce
n’est peut–être pas malin, c’est vrai ! Mais me dire que je vous mets en
danger ! Dites tout de suite que je suis un mauvais chef et vous allez
recevoir mon poing sur la gueule, ça va pas être long !
-Je n’ai jamais dit ça
Jack, protesta Daniel. Je ne voulais pas
être désagréable mais peut-être que si vous la boucliez quelquefois vous
pourriez éviter des ennuis. C’est tout.
-Alors vous avez fini, le
toisa O’ Neill ?
-Oui, excusez moi, Jack,
je comprends que ce que vous avez subi à du être terrible, je vous demande
pardon.
-Vous ne savez rien du tout ! Et
surtout n’essayez même pas d’imaginer ! vous n’y arriveriez pas !
Allez dehors !
Et cette fois Jack poussa Daniel d’un geste brutal et Daniel se retrouva dans le couloir
sans pouvoir ajouter un autre mot.
-Quel imbécile je suis, pensa–t-il. Je
voulais l’aider et je l’accable !
C’est à pas lents qu’il revint vers ses quartiers.
Il croisa Sam
-J’ai fait l’idiot, au
lieu de l’aider je l’ai enfoncé.
-Oh ! Que lui
avez-vous dit.
Daniel résuma pour Sam la scène qui venait de se
dérouler.
-Je devrais peut-être
aller le voir ?
-Je ne pense pas que ce
soit le moment dit Daniel.
-Tant pis, j’essaie quand
même, ce n’est pas maintenant que je vais lâcher prise, il a besoin de nous.
Les accusations de Kinsey sont terribles.
A son tour Sam frappa à la porte du colonel
-Major ? Dit celui-ci
d’un ton rogue, que voulez-vous ? Dit–il en la laissant sur le seuil.
-Je peux entrer mon
colonel ?
Il ouvrit tout grand la porte mais ne la fit pas
asseoir.
Il attendit qu’elle prenne la parole, peu disposé
à lui faciliter la tâche. Il se sentait si mal, qu’il avait du mal à gérer la
situation qui lui échappait. Il ne voulait pas se découvrir devant Sam, et
attendit en la fixant d’un regard impénétrable.
-Mon colonel, je voulais
juste vous redire que je sais que vous n’avez pas trahi. Personne à la base ne
pense ça.
-Même Daniel ?
-Oh mon colonel, Daniel
est très malheureux, d’avoir été si maladroit.
-Tant pis pour lui. Merci
pour votre soutien Carter. Il y a autre chose ?
-Non mon colonel, c’est
tout dit-elle un peu déçue de le voir si fermé. Pourtant au sujet de votre
captivité, je n’ai rien dit à personne de ce que vous m’avez dit l’autre jour,
dans la prison. Je veux que vous le sachiez. Et puis au sujet de ce que vous
avez dit tout à l’heure, je comprends. Je suis avec vous mon colonel. Vous avez
du terriblement souffrir !
Elle le regardait droit dans les yeux avec un
regard si clair et si franc qu’il ne put s’empêcher de lui sourire. Il passa un
doigt léger sur sa joue essuyant une larme qu’elle ne sentait même pas couler,
et lui dit d’une voix douce :
-Je sais Carter, que vous
n’avez rien dit. Vous auriez préféré mourir, n’est-ce pas ?
-Oui Jack dit-elle dans un souffle.
-Vous avez dit quoi
là ?
-J’ai dit Jack, mon
colonel dit elle avec un sourire, et dans un élan, elle se serra contre lui. Il
la prit dans ses bras. Ils restèrent un moment enlacés sans un mot. Jack se
sentait mieux, le soutien et l’aide du major lui était nécessaire.
Ils se séparèrent un peu gênés. Puis avec un
dernier sourire Sam quitta la pièce. Epuisée, elle se laissa glisser le long du
mur du couloir et resta un moment la tête dans les mains pour reprendre ses
esprits. Daniel la guettait :
-Alors ?
-Il souffre beaucoup,
dit–elle mais je l’ai assuré du soutien indéfectible des membres de son équipe.
J’ai eu raison n’est-ce pas ?
-Oh oui Sam, vous avez eu raison. Dit-il dans un
soupir.
Ses longs cheveux noirs dénoués, kali faisait
les cents pas dans la pièce. Elle était calme et froide à son habitude.
Cependant sa colère était rentrée et sans éclat. Elle réfléchissait.
-Comme Nirti, je me suis fait roulée,
kel’mar’to’kim ! Tu ne perds rien pour attendre mon petit colonel.
Vraiment ce terrien était d’une insolence ! La menacer avec son propre
poignard ! Inouï !
Elle
avait du le reconduire à la porte des étoiles où il l’avait laissée, les pieds
nus, à moitié déshabillée et pas le
moindre jaffa à l’horizon pour la défendre !
De l’avoir menacée, elle pouvait le comprendre, il
était prisonnier c’était son rôle de s’échapper. Mais ce qu’elle n’admettait
pas c’était de s’être sentie rejetée. Il
n’avait même pas eu envie d’elle , il avait fait semblant pour parvenir à ses
fins.
Elle se regarda dans le miroir.
-Pourtant je suis belle,
Elle avait toujours un corps de vingt ans. Elle
s’examinait sans complaisance, peut-être une petite ride là au coin de l’œil,
constata–t-elle effarée. Je devrai aller
m’allonger un peu dans le sarcophage pensa-t-elle.
Quelques
heures plus tard elle se sentait reposée, rajeunie, toute sa force combative
revenue.
Elle contacta Bastet qui ricana quand elle lui
raconta ses déboires avec les terriens.
-Tu es comme Nirti, une
femelle en chaleur ! Contente-toi de tes esclaves ! Et tu n’auras pas
d’ennuis. Il ne faut jamais mélanger le pouvoir avec le plaisir. C’est ce que
je fais moi ! Que pouvais-tu attendre d’autre d’un de ces misérables
terriens qui n’est même pas digne de baiser ta sandale ? Alors tu as un
plan, pour te venger ? Ajouta t-elle.
-J’avais pensé que nous
aurions pu élargir notre alliance. Grâce à nous, Nirti compte ses jaffas sur
les doigts d’une seul main. Pour le moment elle est hors d’état de nuire. Mais
si nous restons seules aurons-nous les moyens d’attaquer la Terre ? Nous
n’avons toujours pas trouvé le moyen de percer leur iris !
-Il faudrait nous allier à des Dieux plus
puissants. Tu penses à quelqu’un en particulier ?
-Osiris
-Osiris, pourquoi elle ? Elle n’a pas de planète, elle peu d’armée. J’ai
entendu dire qu’elle n’avait qu’une poignée de jaffas à sa disposition.
-Oui, mais je crois qu’elle a une revanche
à prendre sur un des terriens que nous connaissons.
-Ah oui lequel ? Dit
Bastet
-Daniel Jackson.
-Ah le petit archéologue
ridicule, qui croit tout savoir sur les Goa’ulds !
-Je ne sais pas s’il est ridicule mais tout
ce que je sais qu’il voue une haine farouche aux Goa’ulds depuis qu’Apophis lui
a pris sa femme pour en faire l’hôte d’Amonet.
-Il s’est vengé depuis, il
a tué Apophis avec ses amis.
-Quand je pense qu’ils ont
eu l’insolence de tuer un des plus grands d’entre nous !
ragea Kali.
-Justement ils sont très
forts, plus que nous le pensions. Il faut bien préparer notre plan. J’aurai
préféré une alliance avec un maître plus puissant qu’Osiris : Baal par
exemple.
Les deux femmes devisaient tranquillement autour
d’un repas servi par des esclaves silencieux.
Bastet réfléchissait :
-Je ne fais aucune
confiance en Baal.
-Moi non plus dit Kali.
Elles
se regardèrent avec méfiance. Elles ne se faisaient pas confiance non plus.
Chacune connaissait l’ambition de l’autre. Elles se regardaient, amies en
apparence, mais toujours sur leur garde. Bastet faisait goûter à son esclave
personnel la nourriture et la boisson servies pas Kali.
Kali
réfléchit, il faudrait peut-être voler à Nirti son dispositif d’invisibilité.
-Eh ma belle ne te bile
pas, le voilà !
Et elle tira de sa poche un petit dispositif
oblong qu’elle passa à sa ceinture. Elle disparut aussitôt.
Le
rire rauque de Kali accueillit sa performance :
-Tu es géniale ma chérie !
Daniel retournait dans ses mains la feuille de
papier sur laquelle était écrite cette phrase étrange :
P3X425 10 janvier
Sara
Il
avait trouvé le papier sur son bureau en arrivant le matin. Il pensa que
c’était une mauvaise blague d’un de ses collègues et jeta le papier à la
poubelle.
Puis se ravisant, il porta la feuille au général
Hammond.
-Où avez-vous eu ça
Docteur Jackson ? Dit Hammond intrigué.
-Je l’ai trouvé sur mon
bureau. J’ai tout d’abord pensé à une blague, mais en examinant le papier je me
suis aperçu qu’il est très différent de celui que l’on utilise à la base.
-Nous allons faire
procéder aussi à une analyse de l’encre et de l’écriture. Vous avez des traces
de l’écriture de Sara.
-Je crois qu’il me reste quelques documents
que nous avions traduits ensemble. Je vais trouver ça.
Colonel,
je vais être franc avec vous. Je pense que vous devriez prendre quelques jours
de vacances, dit Hammond.
-Mon général, je préfère travailler.
-J’ai l’impression que
vous ne dormez plus beaucoup depuis votre retour de captivité ? je me
trompe ?
-C’est vrai, dit Jack en
soupirant.
-Vous en avez parlé au
Docteur Frazier ?
-Oui, et j’ai même pris
rendez-vous avec le psy de service.
-J’allais vous en donner l’ordre, mais
c’est bien que vous l’ayez fait de vous-même.
-Ne vous y trompez pas mon général, je ne
l’ai fait que parce que c’est obligatoire,
je n’y crois pas trop.
-Vous pouvez sortir
Colonel, dit Hammond avec douceur et reposez-vous. Je vous laisse au repos pour
quelques jours, mais vous pouvez rester à la base. De toute façon, il n’y a pas
de mission pour le moment. Ah si, allez voir le Docteur Jackson.
O’Neill sursauta :
-Daniel, pourquoi ?
-Il a reçu une lettre de
Sara. Vous savez comment il est, je ne voudrais pas qu’il fasse d’imprudence.
Essayez d’en savoir plus.
-A
vos ordres mon général.
Bureau de Daniel.
Une
loupe à la main Daniel comparait l’écriture de Sara avec celle du petit mot. Il
y avait beaucoup de ressemblances, mais quelques jambages étaient différents.
L’écriture un peu plus appuyée.
Il n’entendit pas Jack qui vint s’asseoir sur le
bureau. Il leva la tête :
-Oh vous êtes là ? Il
se troubla et en se levant fit tomber la pile de livres qu’il avait devant lui.
-Reprenez-vous Daniel, je ne vais pas vous
manger !
-Je… suis désolé Jack,
pour tout à l’heure, je m’excuse…
-Bon, ça va,
dit Jack d’un ton bourru, on ne
va pas passer le réveillon là-dessus !
En fait je voulais voir le mot d’ Osiris, elle vous a envoyé un billet
doux !
-Ce n’est pas Osiris,
c’est Sara.
-Et ce n’est pas la même
chose ?
-Jack vous savez bien que
non. Rappelez vous Skaara et Klorel !
-Oui mais Sara-Osiris, n’a
pas un appareil Tollan pour séparer les deux. Jusqu’à ce qu’on me prouve le
contraire c’est Osiris. Et vous devriez bien en faire autant, ce serait plus
prudent, ajouta-t-il. Je peux voir ce mot ?
Sans un mot Daniel le fit passer à O’ Neill qui y
jeta un coup d’œil.
-Et c’est l’écriture de Sara ?
-C’est justement ce que je
suis entrain d’étudier, c’est elle et ce n’est pas elle.
-C’est normal ricana Jack,
le serpent domine ! Comment
avez-vous eu ce mot ?
-Il était sur mon
bureau !
-Et vous ne trouvez pas ça
bizarre dit Carter en entrant dans la pièce ?
-Effectivement dit Daniel, je ne comprends
pas comment il est arrivé là.
Jack bondit :
-Nous
avons un intrus au SGC.
Il appuya immédiatement sur le bouton rouge et
toutes les alarmes se mirent à mugir dans toute la base.
Ils coururent tous jusqu’à la salle
d’embarquement.
-Mon général dit Sam, nous
avons une intrusion ! Quelqu’un est entré dans la base avec la dernière
équipe.
-C’est SG16 qui est rentré il y a deux heures pendant que
nous étions en réunion avec Kinsey.
-Qu’en pensez-vous
colonel, dit Hammond en étudiant attentivement le visage de O’Neill. Tous le
regardaient comme s’ils attendaient une réponse de lui.
-Eh ! Je n’en sais
rien, pourquoi vous me regardez comme ça.
-Qui possède un dispositif
d’invisibilité ?
-Nirti, dit Jack d’une
voix étouffée. Oh je vais me la faire celle-là !
-Je pense que c’est déjà trop tard. dit Daniel.
Elle a du repartir avec l’équipe suivante.
-Personne n’est reparti
dit Hammond. Elle doit se trouver encore dans la base. Prenons les inthars.
La fouille de la base commença. Ils trouvèrent
facilement une femme. Mais ce n’était pas Nirti. Conduite sous bonne garde elle
répondit facilement aux questions.
-Je m’appelle Concha, et je suis l’esclave
personnelle d’Osiris. C’est elle qui m’envoie pour chercher le docteur Jackson.
Elle court un grand danger.
-Qui a écrit le mot ?
C’est Osiris ?
-Non c’est Sara, le
goa’uld Osiris est mort. Elle a survécu grâce au sarcophage. Je l’ai mise
moi–même dedans, elle a du subir plusieurs passages car elle était très faible.
Mais elle est prisonnière de Kali, qui menace de la tuer.
-Pourquoi
la soutiens-tu, tu risque de mourir.
-Oui c’est vrai dit-elle
fièrement, mais je déteste les goa’ulds. Et Sara est si gentille, si
différente, si vous la voyiez maintenant.
Daniel ne disait rien, mais ses yeux suppliants en
disaient long.
-Colonel O’Neill, vous la croyiez ?
-Elle a l’air sincère,
mais on ne sait jamais.
-Ce n’est pas une goa’uld dit Carter, elle
a l’air terrifié, je crois qu’on peut lui faire confiance.
-On devrait aller la
sauver dit Daniel, elle le mérite, et puis elle a tant souffert.
-Docteur Jackson, je vous
rappelle qu’il s’agit de la planète de Kali, et que vous ne vous y êtes pas
fait que des amis. C’est très dangereux.
-Qu’en pensez-vous
Colonel ?
-Je pense qu’on doit y
aller, seuls, tous les quatre, inutile de risquer d’autres vies. Et puis je
vous rappelle mon général, que la menace contre la terre est toujours
d’actualité.
-J’ai confiance en vous
Jack. Mais soyez très prudent. Prenez des Inthars avec vous. Départ dans une
heure.
Planète de Kali.
Quand ils franchirent le shapaï il n’y avait
personne, la planète ne semblait pas gardée.
-Attention, ça sent le
piège à plein nez dit Jack. Il faut nous séparer. Vous allez me couvrir et me
laisser entrer seul dans le palais. Si je ne reviens pas vous essaierez de me
sortir de là.
Jack s’avança seul, lentement l’œil aux aguets.
Quand il pénétra à l’intérieur de la première pièce, il n’avait toujours pas
rencontré âme qui vive.
Il ralentit encore le pas et ouvrit la porte de la
deuxième pièce. C’était la grande salle du trône où il avait rencontré Kali
précédemment.
Kali était assise sur son trône, hiératique, le
fixant de ses yeux noirs, insondables. Près d’elle se tenait une autre femme
qu’il ne connaissait pas, sans doute Bastet, et
devant, toute de blanc vêtue se tenait Osiris . Elle riait, à gorge
déployée.
-Ah colonel O’Neill, quel plaisir de te
voir ! Mais où donc est le docteur Jackson ?
-Je suis venu seul.
-Vraiment ? Et tu
crois pouvoir combattre tout seul contre nous et nos jaffas ? O’Neill
n’avait pas besoin de se retourner pour sentir derrière lui la présence d’un
grand nombre de jaffas silencieux.
Osiris poursuivit implacable :
-Maintenant
que tu es là tu vas pouvoir nous donner le code ton iris ! Tu vas
trahir ! D’ailleurs tes supérieurs pensent que tu trahis.
Jack sursauta :
-Tu mens !
-Et non, nous aussi nous
avons nos espions ! Ta base est infiltrée mon petit colonel. Ta petite et
ridicule planète va bientôt être détruite.
-Carter… c’est maintenant…
qu’il faut faire quelque chose pensa
Jack !
La porte s’ouvrit et un prisonnier fut traîné aux
pieds d’Osiris ;
-Daniel Jackson, Quel
plaisir !
-Mais Sara …
-Sara n’existe plus depuis
longtemps. Tu as cru à mon petit stratagème ?
Et se tournant vers Kali.
-Je t’avais dit que ça
marcherait, ils sont si prévisibles ! Je les connais bien ces
humains !
Et se tournant vers Daniel, où sont le major
Carter et le shol’va.
-Ouf pensa Jack, ils sont
libres.
-Nous sommes venus seuls.
-Ben voyons, la fine
équipe se sépare ! Je n’en crois pas un mot. Jaffas fouillez tout le secteur,
ils ne doivent pas être loin.
-Quand à toi mon petit
colonel, tu connais déjà la glacière de kali, tu vas aller y refaire un tour
avec ton ami.
-Déshabillez les, ils
auront davantage froid. Ordonna t-elle à ses soldats.
Comme le jaffa malmenait Daniel, Jack se permit
une petite remarque
-Tu sais comme j’adore le
froid, et puis il fait trop chaud ici, et ça pue !
-Insolent !
Et comme à chaque fois, il prit un coup.
Ils
furent traînés dans leur prison, où il semblait à jack qu’il faisait plus froid
que la dernière fois.
-Cette fois-ci je ne vais
pas pouvoir répéter mon évasion dit O’Neill.
-Pourquoi ?
-Parce que j’avais séduit
Kali, je ne crois pas qu’elle ait envie de recommencer après le petit tour que
je lui ai joué.
-Vous pouvez toujours
essayer de séduire le jaffa de garde !
Et comme Jack le regardait :
-Je plaisantais Jack. A
propos merci pour tout à l’heure, sans vous j’avais droit à la raclée.
-Et bien maintenant vous
avez compris.
-Je me suis déjà excusé de
nombreuses fois, je vois que ce n’est pas encore assez, dit–il d’un air triste.
Jack n’arrêtait pas de penser à ce que lui avait
dit Osiris, il y avait un espion dans leur base. Mais c’était peut-être encore
un mensonge ! Mais alors, comment
alors aurait-elle su pour Kinsey ?
Carter et Teal’c avait assisté à l’arrestation de
Daniel.
-Il ne reste qu’une
solution, nous replier dit Carter.
-Mais la porte des étoiles
doit être bien gardée maintenant.
-Tant pis il faut essayer.
Devant la porte un petit groupe de jaffas
défendaient la place.
-Il faut se séparer et les
prendre à revers, vous allez vous poster derrière ce rocher, moi je reste ici.
Nous tirerons dès que vous serez installé.
Un tir de zat bien nourri suffit, les quatre
jaffas s’écroulèrent dans l’herbe. En quelques minutes ils avaient regagné la
base.
-Major ? où sont
Daniel et le colonel ?
-Prisonniers mon général, c’était un piège.
Mais Osiris nous a dit que nous avions un espion dans la base. Ils sont au
courant pour l’accusation que Kinsey a porté contre le colonel ce matin. Il
faut rechercher un appareil de communication goa’uld.
-Nous allons interroger de
nouveau cette Concha.
Concha
se montra très coopérante. Elle avoua qu’elle avait un communicateur goa’uld,
elle indiqua même l’endroit où il se trouvait.
-Je vais l’examiner dit
Sam. Je crois pouvoir dater la dernière communication.
Au
bout d’une heure elle alla frapper à la porte du bureau du général. Elle était
blanche :
-Ce n’est pas Concha, mon
général, la dernière communication passée remonte à deux jours. Il y une taupe
dans la base et j’ai peur que ce soit quelqu’un de chez nous.
Hammond Pâlit. Il prit le micro général et sa voix
retentit dans toute la base.
-La
base est en état d’alerte, personne ne doit entrer et sortir. Tout le personnel
est prié de rester dans ses quartiers.
Ceci n’est pas un exercice. Je répète ceci n’est pas un exercice.
-Mon général, nous avons
un gros problème, tout le monde est suspect, vous, moi, même le colonel et
Daniel qui sont retenus sur la planète de Kali. Comment allons-nous gérer
cela ?
-Tant pis, il faut faire
venir des enquêteurs extérieurs, qui ne sont pas venus à la base aujourd’hui.
Je vais demander le major Davis et son équipe.
-Et le Sénateur ? Mon
général, c’est peut-être lui le traître ?
-Pour
le moment nous ne pouvons rien faire. Si notre enquête n’aboutit pas avec les
moyens que nous prenons, nous saurons alors vers qui tourner les yeux.
J’espère major ne pas en arriver là.
Dans la soirée le Major Davis fut introduit dans
le bureau du général, qui le mit au courant de la situation.
-Major, vous connaissez
votre devoir. Vous avez les pleins pouvoirs du président pour retrouver les
coupables. N’oubliez pas, tout le monde est suspect. Même moi, ou SG1. Vous
devez mener à bien cette enquête.
Le major Davis s’inclina :
-A vos ordres , mon
général.
Il faisait très froid, Jack et Daniel claquaient
des dents.
Daniel parlait pour combler le vide ; il
parla de Sara, de Sharee, de sa vie sur Abydos, de ses regrets, de ses
souffrances.
-Vous vous rendez compte
Jack, nous n’avons été ensemble qu’un an. J’ai l’impression que c’est tout une
vie !
Et
vous Jack, vous ne dites rien ?
-Je réfléchis.
-Ah oui ? A
quoi ?
-Je me demande ce que fait
Carter.
-Si elle a eu deux sous de
bons sens, elle est partie cherchez du secours sur Terre.
-C’est curieux, le jour se lève, elle
devrait être revenu avec des secours.
-Pas si on soupçonne une taupe à la base.
Celle-ci doit être bouclée. Il faut retrouver au plus vite cet espion. Il est
probable que Teal’c et Carter sont coincés.
-Mais alors on est fichu
dit Daniel d’une voix tremblante de froid. Vous avez essayé d’ouvrir la porte
l’autre fois.
-Il y a un énorme verrou, de l’autre côté.
-Ah bon ! Cela aurait pu marcher.
Base de Cheyenne Mountain.
La base fut longue à fouiller. Les hommes du major
Davis firent cela très méthodiquement, pièce par pièce, couloir par couloir. Un
inthar à la main ils traquèrent la moindre ombre.
Une autre équipe s’occupa des quartiers de SG1.
Les hommes ne connaissaient pas personnellement l’équipe du colonel O’Neill, et
c’est avec un zèle tout particulier qu’ils ouvrirent les armoires, vidèrent les
tiroirs, épluchèrent tous les papiers, toutes les lettres. Un général d’un
grade équivalent à celui de Hammond s’occupa du bureau du général.
Un briefing réunit ensuite Le major Davis, Teal’c,
Sam autour du général Hammond.
-Général, nous n’avons
rien trouvé. Dit Davis.
-L’espion est sans doute
repartit avec nous dit Sam. Il a assisté au briefing avec Kinsey. Il lui était
facile après d’alerter les goa’ulds. Pas besoin de communicateurs.
-Je préfère cela dit
Hammond avec soulagement. Avoir un espion dans nos rangs m’aurait été
insupportable.
-Mon général, il faut que
j’installe un dispositif permanent à la porte des étoiles, semblable au rayon
des inthars. Mais avant je demande l’autorisation de retourner sur P3X425 pour
chercher le colonel et Daniel.
-Pas tout de suite major.
Je ne veux pas que vous alliez aussi vous jeter dans la gueule du loup en ce
moment. C’est ce que fait le colonel en ce moment, et je n’approuve pas du tout
son attitude kamikaze.
-Nous allons quitter la planète dit Kali à Osiris. Cela devient
trop dangereux pour moi, je connais un refuge où personne ne viendra nous
chercher.
-Moi je vais retourner sur
mon vaisseau et m’éloigner d’ici, tu as raison. J’emmène avec moi Daniel
Jackson, et le colonel
-Gardes ! Allez chercher les prisonniers.
Daniel et Jack enchaînés, pieds nus furent poussés
devant Osiris
-Tu as décidé de garder
les deux prisonniers, et en quel
honneur ? Kali sentait la colère enfler en elle.
-C’est moi qui les ai fait
venir, ils m’appartiennent.
Bastet rit de les voir se disputer les prisonniers
-Mais vous les avez vus
vos deux Tauris ! Je ne les donnerai même pas à mes chiens !
Elle donna un violent coup de son arme de poing et
envoya Daniel voler dans les airs. Il retomba évanoui sur le sol, étourdi par
la violence du choc.
Et sans un regard elle se retira dignement, ses
jaffas regroupés autour d’elle.
-Relève-toi dit Osiris à
Daniel, je t’emmène sur mon vaisseau, tu seras mon esclave, mon lothar. Tu es
faible mais tu parles couramment le goa’uld et tu connais quelques petites
choses intéressantes.
-Quant à celui-là, dit elle en montrant
Jack je te le laisse, amuse-toi bien dit–elle avec un regard cruel. Et elle
disparut avec Daniel dans le flamboiement des anneaux de transport.
Après le départ de Daniel, Jack eut un moment de
doute.
-Je suis perdu,
pensa–t-il, seul avec cette furie, bien plus forte que moi, armée, avec sa
troupe de jaffas. Et Daniel, où est-il maintenant, nous n’avons aucun moyen de
savoir où il est.
Carter…C’est maintenant…
Kali se rapprocha de lui
-Allez relève-toi, et
viens te réchauffer. Et puis mange un peu. Goûte un peu de ce vin dit-elle en
lui tendant une coupe.
Il fut surpris par la douceur de sa voix. Mais
resta sur ses gardes.
Elle lui tendit la main. Il la prit et se releva.
Kali le regardait avec des yeux de chatte cruelle.
Repose-toi, je veux que tu sois en forme quand je
m’amuserai avec ton corps.
Carter….c’est maintenant pensa –t-il encore.
Il
s’allongea devant le feu et se laissa envahir par une douce torpeur. Il avait
cette force enviable de pouvoir isoler ses pensées et de faire taire ses
angoisses. C’était le moment de reprendre des forces. Cette faculté lui avait
sauvé la vie bien des fois. Il s’endormit.
Une
main lui caressant le visage le réveilla. Il ouvrit les yeux, c’était kali. La
nuit était tout à fait tombée maintenant et la pièce n’était plus éclairée que
par la lumière du feu.
Il n’avait plus la force de réagir, la main était
douce. Elle s’allongea près de lui, et nicha sa tête contre son épaule, il eut
un mouvement de recul.
-Ne bouge pas, je ne te
ferai pas de mal. Contrairement à ce que j’ai dit à Osiris, je ne te ferais
rien. Je pense connaître plus de jouissances en te possédant qu’en te
torturant.
-Ce n’est pas très goa’uld ça !
-Tu te méfies de moi ?
-Oui
-Tant mieux, ce n’est pas
plus mal. Tu verras, tu sauras en profiter.
Le contact de cette femme tout contre lui finit par ne pas le laisser indifférent
il essaya de détourner son attention :
-Où est Daniel ?
-Pourquoi t’intéresses-tu
à ce misérable esclave ? Elle le regardait d’un air furieux.
-C’est mon ami.
-C’est quoi un ami ?
Il n’hésita pas, s’asseyant en tailleur, il essaya
de faire comprendre à Kali ce qu’était un ami.
Ils parlaient à voix basse comme pour ne pas
réveiller le palais endormi.
Il lui expliqua tout ce qu’on pouvait faire au nom
de l’amitié, la force du lien qui existait, qui résistait à toutes les épreuves
et même du sacrifice extrême que l’on pouvait faire pour sauver un ami.
Elle cracha :
-C’est de la faiblesse
tout ça ! C’est ridicule !
-Non, c’est une force.
C’est notre unité à tous les quatre qui nous a permis de vaincre beaucoup de
goa’ulds.
-Ce n’est pas très habile
de ta part d’évoquer tes exploits contre les goa’ulds !
Il eut un petit rire sans joie :
-Un ami m’a fait
comprendre aujourd’hui même, que je n’étais pas très intelligent. Ca doit être
une habitude chez moi.
-Tu es ami aussi avec le
sholva ? dit–elle avec une grimace de dégoût.
-Oui, c’est un ami fidèle
et très sûr.
-Et la femelle ? Elle fait bien
l’amour ?
Il sursauta
« Mon Dieu carter, où êtes–vous ? » pensa-t-il
Et comme il restait silencieux,
-Réponds dit-elle d’une voix
impérieuse :
-Je ne sais pas.
-Tu n’as pas couché avec
elle ?
-Non
-Pourquoi ?
-Elle est sous mes ordres.
Jack comprit aussitôt l’implication de ce qu’il
venait de dire. Mais c’était trop tard.
Elle se leva d’un bond :
-Tu l’aimes ?
-Non
-Tu mens !
-Non, non !
-Alors prouve-le-moi.
Carter… Carter… C’est maintenant ! je suis foutu ….
C’est alors qu’il en eut assez de lutter. Il
s’approcha d’elle et la prit dans ses bras. Ils tombèrent sur le sol. Il se
laissa aller. Mais dans un coin de son esprit il gardait un œil ouvert, il fit
très attention à tous les mots qu’il prononça. Les vins de Kali étaient
traîtres et enflammaient son sang. Il avait très chaud maintenant.
Il eut la lucidité de penser :
-C’est de ça que
m’accusait Kinsey, et ironie du sort je suis juste entrain de le faire.
Après, il était trop tard.
Le lendemain il s’éveilla la tête lourde dans les
draps de soie noire du lit de Kali. Il prit conscience de ce qu’il avait fait.
-Avais-je vraiment le choix ? Au fond
de lui il n’était pas fier. J’aurais du choisir la mort, mais je ne l’ai pas
fait.
Il s’habilla avec ses vêtements qu’il trouva pliés
soigneusement dans un coin de la pièce. Cela le surprit. Tout y était sauf les
armes. Même le gédéo. Il sortit du palais. Personne ne fit attention à lui et
en prenant bien garde de ne pas se presser il se dirigea vers la porte des
étoiles.
Il ouvrit le shapaï, entra le code mais ne passa
pas la porte. Un doute affreux lui vint à l’esprit. Sa sortie avait été trop
facile. Il écrivit une phrase sur un
papier, la signa et jeta le mot dans l’anneau. Il attendit.
Daniel était devenu le premier esclave d’ Osiris.
Elle avait changé, étant devenu son lothar, elle le traitait bien. Ils avaient
ensemble des conversation que l’on pourrait juger d’aimables. Mais il
n’oubliait jamais à qui il avait à faire. Sa prudence était extrême, car sous
des dehors affables elle pouvait devenir une véritable furie.
-Daniel appela–t-elle
Il
vint s’incliner en silence.
-Je vais te faire assister à un beau
spectacle, regarde :
-Où sommes-nous ?
-Juste au dessus du palais
de cette chère Kali. Vois-tu Daniel, je ne peux pas faire alliance avec elle,
puisque je représente Anubis. Mais ça tu le sais déjà. Alors regarde ce que je
fais de ses futures projets d’entente entre nous.
Elle appuya sur une touche et un rayon vint
détruire une partie du palais. Un second rayon acheva de le démolir totalement.
Elle rit devant la mine effarée de Daniel :
-Et oui, ton colonel il est là-dessous dit-elle
en montrant le tas de ruines fumantes. J’espère que ça va mettre une fin à tes
insolences ! Maintenant mets le cap sur ces coordonnées.
Elle lui donna une série de chiffres qu’il
introduisit dans la console et la mort dans l’âme il entra dans l’hyperespace.
Base de Cheyenne Mountain.
Le général tournait le mot dans ses mains sans
comprendre
-C’est bien l’écriture du
colonel n’est ce pas ?
-Oui mon général.
Sur le papier quelques mots griffonnés : danger inconnu. Isolement infirmerie.
-Faites venir
immédiatement le docteur Frazier.
-Je pense mon général, que le colonel a été
contaminé et qu’il demande qu’on prenne les précautions nécessaires.
-Mais comment faire pour
qu’il passe la porte ? Demanda le général.
-Je vais lui envoyer une combinaison isolante.
Il pourra rentrer.
Chevron 5 enclenché
-Avons nous une cellule
antiradiation ?
-Oui mon général et je
pourrais lui faire tous les examens nécessaires.
-Chevron 6 enclenché
-Il faut faire vite,
Docteur, il est peut-être en grand danger et nous aussi.
-Chevrons 7 enclenché.
La combinaison isolante fut envoyée.
Quelques minutes après jack rentra à la base. Il
s’écroula.
-Vous êtes bien Daniel Jackson de la Terre ?
Et comme Daniel ébauchait un mouvement :
-Ne vous retournez pas, continuez ce que vous
faites.
-Qui êtes vous ?
-je m’appelle Peter, et je suis de la Tok‘ra.
-Un terrien ?
-Oui, mais on ne peut pas parler ici. Rendez-vous
ce soir après votre service.
-Mais mon service n’est jamais fini. Je dors
devant la porte d’Osiris.
-Vous
trouverez bien un moment quand elle sera couchée.
L’homme disparut avant que Daniel ait pu ébaucher
une réponse.
Il se reprit à espérer, on devait sans doute le
chercher. Il savait qu’on se dirigeait vers une planète lointaine de la
galaxie, plusieurs jours dans l’hyperespace. Depuis la destruction de la
planète de Kali, il désespérait. Il
avait de longues discussions avec Osiris, et plus le temps passait plus il se
rendait compte que Sara avait totalement disparue. Ce n’était plus qu’une
enveloppe, l’image déformée de son amie d’autrefois. C’est vrai pensa-t-il
l’hôte disparaît devant le symbiote, et pourtant avec Skaara, ça a marché. Sans
doute Skaara était-il très fort. Sara a été totalement prise au dépourvue quand
cela lui était arrivée, elle ne savait même pas ce qu’était un goa’uld.
Daniel n’essayait pas de se rebeller devant
Osiris, car elle était très forte. Il avait plusieurs fois goûté l’arme de
poing ou le bâton de torture parce que le repas n’était pas assez chaud, ou
pour une broutille d’aussi peu d’importance. Il se méfiait. Il n’était pas
téméraire comme Jack. A la pensée de Jack son cœur se serra.
-Nous nous sommes quittés sur un malentendu, et je
ne le reverrais jamais.
Il essuya malgré lui une larme, et surprit le
regard d’Osiris sur lui.
Il redressa fièrement la tête, jamais elle ne
devait connaître sa souffrance. Elle eut un fin sourire et lui ébouriffa les
cheveux d’un geste inhabituel chez elle.
Il leva les yeux, surpris.
-Oublie-les dit-elle non sans finesse. Pas un mot
n’avait été prononcé, mais elle avait compris.
-Ta vie peut être plus intéressante tu sais. Si tu
me sers bien, il y a de nombreux avantages. Tu pourrais peut-être faire des
missions pour moi. Mais avant cela il
faut que tu gagnes ma confiance. Et ce n’est pas gagné mon petit docteur
Jackson ! Quel gage de ta bonne foi peux-tu me donner ? Le code de l’iris peut-être ?
Il ne répondit pas, baissa les yeux, se contentant
se concentrer sur son travail. Pour le moment, profil bas. Que ferait Jack dans
cette situation ? Il aurait probablement cherché à la séduire ! Mais
curieusement Osiris semblait insensible au charme masculin.
Tard dans la soirée, il rejoignit Peter. Le
vaisseau était en mode veille. Un pilotage automatique le conduisait à bon
port. Sur la passerelle des jaffas de garde assuraient la surveillance. Osiris
s’était retirée depuis un moment déjà. Elle s’était amusée à l’humilier une
fois de plus. Le fait qu’elle occupe le corps de Sara semblait l’amuser
beaucoup. Elle y voyait son pouvoir sur Daniel. Il avait du assister à son
coucher, s’occuper lui-même de lui préparer son lit. Il était maladroit dans ce
genre de tâche, ce n’était pas le travail qu’il faisait habituellement. Et
pourtant au cours de ses missions il avait souvent vécu des situations difficiles,
mais jamais il n’avait été humilié de cette façon. Il se retira la rage au cœur
quand elle le lui ordonna
-Reste devant ma porte mon petit archéologue, et
veille bien sur moi ! Qu’il ne m’arrive rien, le menaça t-elle.
Il arpentait les couloirs déserts, il avait une
excuse toute prête au cas où il aurait fait une mauvaise rencontre. Mais
personne ne lui demanda quoique ce soit ; Après tout il était le lothar de
la reine !
Peter l’attendait dans un coin retiré du vaisseau.
-Comment supportez-vous votre captivité Daniel
Jackson ? Demanda–t-il
-Oh, il y a des bons et des mauvais jours, mais
une chose me surprend elle n’a jamais cherché à me séduire, c’est
curieux !
-Non ce n’est pas curieux, Osiris est un mâle,
dans un corps de femme, il est un peu gêné.
-Ah oui j’y avais pas pensé. Il poussa un soupir
de soulagement, cela lui aurait été pénible d’avoir en plus à repousser les
assauts d’Osiris.
-Ainsi, on me recherche ?
-Oui j’ai pu transmettre à votre base les
coordonnées de la planète où nous allons. Il y a un shapaï. Une équipe vous y
attendra.
-Les cordonnées de la planète ? Comment les avez-vous obtenues ?
-Ts… Ts … Nous arriverons demain. Je dois préparer
l’arrivée de vos amis. Allez dormir maintenant il ne faudrait pas qu’elle
s’aperçoive de votre disparition.
Quand
Daniel regagna sa place en travers de la porte d’Osiris, tout était calme. Il
s’allongea à même le sol et essaya de trouver le sommeil.
Planète inconnue.
Le vaisseau se posa sur une vaste aire prévue à
cet effet. Daniel descendit, il marchait trois pas derrière Osiris comme elle
le lui avait ordonné. Il regarda tout autour de lui, des jaffas les
entouraient, protégeant la reine, mais empêchant aussi toute fuite. Le shapaï
se dressait sur un promontoire à quelques pas de là. Osiris avait un palais
très petit en comparaison des autres reines qu’il avait rencontré. C’était une
simple maison, assez grande cependant. Seuls quelques jaffas, lui et un autre
esclave allaient l’habiter. Daniel commençait à s’inquiéter, ce serait beaucoup
plus difficile de fuir, il se ferait tout de suite remarquer.
Une formidable explosion vida la maison de ses
gardes. Un incendie gigantesque
commença
à se développer menaçant l’habitation.
-Je reconnais là SG1 , pensa–t-il en souriant.
Il profita de la panique pour se faufiler et se
cacha à quelques centaines de mètres de la maison. Insensiblement il se
rapprocha de la porte et là il retrouva Carter et Teal’c, qui introduisait déjà
le code. Ils filèrent tous pendant que l’incendie qu’ils avaient provoqué faisait
rage.
Cellule
d’isolation, Infirmerie
-Colonel, comment allez-vous dit Hammond par
l’intermédiaire de la caméra vidéo.
-Fatigué mon général, mais ça va.
-Vous supportez tous les examens de notre bon
docteur ?
-J’ai pas le choix, mon général, mais il me semble
qu’il y a beaucoup plus de piqûres que d’habitude !
-Elle obéit aux ordres, colonel
-Je sais mon général, mais je trouve qu’elle y met
un zèle tout particulier.
-Quand vous vous sentirez un peu mieux, vous me
ferez votre rapport colonel
-Oui mon général
-Un rapport complet cette fois colonel dit Hammond
d’un air faussement sévère !
Il y a un ordinateur portable près de vous. Je
veux tout savoir dans les moindres détails.
-Tout ! Mon général ?
-Absolument tout Jack et je ne plaisante pas.
-Où est Carter mon général ?
-Elle est en mission avec Teal’c pour ramener le docteur Jackson !
O’Neill se redressa :
-On sait où il est ?
-Oui il a été repéré par un espion Tokra.
-Un espion Tok’ra ? Décidément on ne peut
plus rien faire sans eux !
-Vous savez que la planète de Kali a été détruite
Jack ?
-Je
l’ignorais mon général, elle est morte ?
-Son
palais a été détruit.
-Qui a fait cela ?
-Osiris ?
-Tiens ! Elle fait le ménage pour nous
maintenant ! Et Bastet mon général ?
-Aucune nouvelle. Pour le moment elle ne
s’intéresse par beaucoup à nous, elle ne représente pas un danger. Nous avons
appris aussi que Néléna est détruite. Mais Nirti…
O’Neill ne l’écoutait plus repris dans ses
souvenirs
-Jack vous m’entendez ?
-Oui mon général, mais je suis fatigué, j’ai envie
de dormir.
-Vous avez raison, reposez-vous, n’oubliez pas
votre rapport !
-Oui mon général.
Janet
entra à ce moment dans la pièce.
Jack râla,
-On ne peut pas être tranquille une seconde !
-J’ai terminé les examens préliminaires, je ne
trouve rien sauf …
-Quoi ?
-Vous
avez eu des relations intimes avec Kali ?
-Quoi !
Ca se voit ? dit O’Neill en
rougissant, très gêné.
-C’est en faisant des prélèvement sur votre peau
colonel, j’ai trouvé des traces d’ADN goa’ulds, je n’ai pas besoin de vous faire
un dessin.
-Et alors, à part le fait que je n’aurais pas du,
où est le problème ?
-Je suis entrain de chercher si elle ne vous
aurait pas introduit sous la peau un système microscopique quelconque, une
arme, un virus !
-Un virus ?
-Vous y aviez pensé colonel puisque vous nous avez
fait comprendre que vous pourriez être dangereux.
-Cette conversation est enregistrée Docteur ?
-Comme tous les examens officiels concernant les
retours de missions. C’est obligatoire. Par contre si vous veniez me voir en consultation
privé, cela resterait confidentiel.
-Débranchez ce foutu micro ! C’est une conversation privée.
-Désolée Jack, c’est impossible, c’est la cour
martiale pour moi si je le fais.
Jack soupira :
-Bon tant pis, de toute façon le vin est tiré, il
faut le boire. D’ailleurs c’est une
histoire de vins. J’ai bu quelques verres de la cave personnelle de Kali et je
la soupçonne d’y avoir glissé des aphrodisiaques, et peut autre chose aussi
d’ailleurs. Après, je me suis réveillé dans son lit. Et j’ai pu rejoindre si
facilement la porte des étoiles que ça m’a mis la puce à l’oreille. J’ai pensé
qu’elle avait pu m’injecter quelque chose. C’est pourquoi j’ai envoyé ce mot.
-Et vous avez très bien fait. Mais ce n’est rien
de viral, tous les tests le prouvent. Vous n’êtes pas contagieux.
-Tant mieux. Mais vous croyez qu’il y a autre
chose ?
-Oui, vous avez dit vous-même qu’elle vous avait
paru transformée, plus douce, plus gentille, ce n’est pas normal ça chez un
goa’uld ? Vous ne croyez pas ?
-Oui
dit Jack en riant, ma séduction vient de prendre un sérieux coup, mais tant pis
je m’en remettrais !
-Je vais pouvoir vous sortir de la salle
d’isolement colonel, il n’y a pas de virus, pas de radiation. Un bon lit vous attend à l’infirmerie, car je
suis sûre qu’il y a autre chose.
-Une
bombe comme Cassandra ou Ryac ? dit Jack, son cœur rata un battement.
C’est possible, Jack, c’est possible.
Revenu à l’infirmerie Jack put subir scanner et
IRM ce qui était impossible dans la salle d’isolement.
Janet
lui trouva sous la peau de l’épaule un minuscule dispositif constitué d’une
charge explosive et d’un détonateur. Le tout miniaturisé, et invisible à l’œil
nu.
-Ce n’est pas une charge nucléaire. Mais c’est
suffisamment puissant pour tuer le colonel et détruire la base dit Janet en
conclusion.
-C’est à vous major, maintenant, ce n’est plus mon
domaine.
-Vous ne pouvez pas l’extraire dit Sam ?
-Non, répondit Janet, malheureusement non.
-Alors quelle est la solution, major ? Dit
Hammond inquiet.
-Je ne suis pas sûre qu’il y en ait une dit Sam
d’une voix étouffée. La solution que je préconise. Envoyer le colonel sur une
planète déserte. Naturellement je viens avec lui pour essayer de désactiver la
bombe.
Nous avons combien de temps ?
-Quelques
minutes mon général.
Chevron 6 enclenché
Jack et Sam se tenait au pieds de la rampe, un
chariot contenant du matériel sophistiqué entra dans la flaque bleue juste
devant eux.
-Et maintenant carter on fait quoi ?
Dit le colonel quand ils furent de l’autre côté.
-Vous ne bougez pas et
vous vous taisez ! Je dois me
concentrer.
L’image du
dispositif apparut sur l’écran. Il était commandé par un rayon infrarouge.
-Ne bougez pas mon colonel
répéta-t-elle, je n’ai pas le droit à
l’erreur. Sinon nous mourrons tous les deux.
Il
était étrangement calme. La mort ne lui faisait pas peur. Mais il s’inquiétait
pour Carter il n’avait pas le droit de la laisser mourir avec lui.
-Major quand vous serez
prête vous vous éloignerez, vous me dites où il faut que j’appuie. Il reste
combien de temps ?
-Une minute
-Allez vous en ! c’est une ordre major
hurla–t-il comme elle ne bougeait pas.
-Carter… maintenant !
Elle disparut derrière un rocher. Sans hésiter il
écrasa la touche.
Le silence seul
lui répondit. Il regarda autour de lui, Sam revenait lentement
-Je suis mort Carter ?
Elle rit et pleura tout à la fois
-Non, Jack,
vous êtes vivant, bien vivant !
Au détour d’un couloir Daniel se butta contre
Jack.
-Excusez-moi
se troubla t-il, et cherchant dans ses papiers
-je
voulais vous donner ça. Et il lui tendit une enveloppe.
-Oh
dit Jack , une lettre d’amour ?
Daniel rougit, mal à l’aise et ramassant ses
feuilles qui étaient tombées, il partit à grandes enjambées vers la direction
de son bureau.
De retour dans ses quartiers Jack considéra
l’enveloppe et la posa sur un coin de son bureau. Ses relations avec Daniel
étaient très tendues depuis les accusations du Sénateur Kinsey. Et puis la vie
avait repris son cours, les missions continuaient. Ils s’entendaient bien, mais
on sentait toujours une tension entre eux. Leurs rapports se dégradaient, Jack
était bien obligé d’admettre qu’il appréciait moins Daniel, qu’ils avaient du
mal à se parler. Je ne l’ai pas beaucoup aidé non plus pensa t-il. Il est temps
de réagir, car de temps en temps Carter
me regarde comme si j’avais lui bouffer son petit Daniel.
Prenant la lettre il entra sans frapper chez
Daniel
-Y’a quoi la dedans ?
-Vous n’avez pas lu ?
-Non
-Eh
ben lisez-la !
Jack se décida
et sortit une feuille.
Il s’assit sur un coin de bureau et commença sa
lecture.
Jack
Depuis
cette scène très pénible avec le sénateur Kinsey, et toutes les maladresses que
j’ai accumulées, je ne dors plus beaucoup la nuit. Je me suis déjà excusé
plusieurs fois, mais je sens que vous m’en voulez encore. N’arrivant pas à vous
parlez en face, vous pouvez être très intimidant, vous savez, je vous écris. Oui, je sais ça fait un peu
ridicule, mais tant pis. J’étais loin de soupçonner tout ce qui vous étiez arrivé
je pensais que vous aviez pris du bon temps (eh mon petit gars, pensa Jack, tu
n’es pas si loin que ça de la vérité), Cependant je tiens à vous dire que je
n’ai pas cru une seule seconde aux accusations portées contre vous.
Alors ce petit mot sera ma dernière excuse. Jack,
solennellement je vous demande pardon.
Si vous refusez c’est votre droit. Je serais alors obligé de quitter le
SGC, mais ce sera la mort dans l’âme
sachez le.
Votre
ami Daniel.
Jack se blinda car il sentait l’émotion le gagner.
Il savait qu’il avait été dur avec Daniel. Mais il n’était pas encore revenu à
son état normal.
-Vous
avez lu mes rapports Daniel ? Enfin je veux dire les rapports complets
sans dissimulation comme le veut le sénateur.
Daniel était très surpris :
-Il
n’y a que le général qui a ces rapports, Jack vous le savez bien.
-Eh
bien maintenant, vous serez deux dit-il en sortant une disquette de sa poche.
-Merci Jack, je suis très
touché dit Daniel avec un sourire rayonnant. Je vais les lire.
-Pas un mot à
Carter ! Attention !
-Vous pouvez compter sur
moi, Jack dit Daniel avec un petit clin d’œil.
6ème
partie
TOUT ÉTAIT
CALME DANS LA BASE
Tout était calme dans la base.
Chacun vaquait à ses occupations habituelles quand
ils n’étaient pas sur le terrain. Daniel peaufinait les traductions de symboles
prélevés sur les murs d’un temple d’un lointaine planète. Sam dans son labo
étudiait le rayon inthar qu’elle comptait incorporer au système de la porte des
étoiles. Jack et Teal’c faisaient un peu de sport pour se maintenir en forme.
A
la salle d’embarquement le major Carter faisait les premiers essais de son
rayon protecteur, permettant de démasquer les êtres invisibles, ritous ou autre
goa’uld possédant un dispositif d’invisibilité.
Le
retour de la prochaine équipe était programmée pour dans trois heures. Après il
ne resterait plus que SG 12 en mission pour plusieurs jours.
Une
seule ombre au tableau, le retour imminent du sénateur Kinsey, qui avait promis
de revenir très vite. Il était attendu en fin d’après-midi et le briefing était
prévu à 20 heures.
Jack
essayait de ne pas penser à sa prochaine entrevue avec Kinsey, il se défoulait
sur un putching-ball que tenait Teal’c.
-Vous pouvez faire beaucoup mieux que ça
Jack O’Neill ! Dit Teal’c. Allez défendez-vous
Il
passa à l’attaque, mais Jack redoubla d’effort et termina la séance en
sueur, le cerveau vide et somme toute,
reposé de toute cette tension inutile.
Les
alarmes retentirent. C’était SG 10 qui revenait d’une planète dont la porte
était sur le point d’être immergée par une brusque montée des eaux des océans
de la planète.
Tout
était calme dans la base.
Sam
bailla et regarda sa montre il n’était pas loin de 19 heures et elle décida
d’aller manger. En chemin elle retrouva Daniel et Teal’c qui se rendaient aussi
au mess.
-Le colonel n’était pas avec vous
Teal’c ?
-Si Daniel Jackson, il n’avait pas faim et
il m’a dit qu’il attendrait l’heure de la réunion dans ces quartiers.
-Il allait bien s’inquiéta Sam ?
-Parfaitement bien, major Carter. Je viens
de le battre à la boxe, mais à part ça il va très bien.
Salle
de briefing 20 heures
Le
sénateur Kinsey était déjà prêt à diriger la séance, il avait pris la place du
général Hammond et l’avait relégué au bout de la table.
-Le colonel O’ Neill n’est pas là ?
-Si sénateur, il arrive dit Hammond qui
regardait sa montre avec impatience.
-Ah le voilà !
Jack
le visage fermé prit place après un vague salut au sénateur.
-Je m’adresse à vous colonel O’Neill, j’ai lu votre rapport, et je dois dire (il
cherchait ses mots), je dois dire que je suis impressionné par…
Jack
l’interrompit très impoliment :
-Mon général dit-il à Hammond, permission
de parler librement ?
le
regard de Jack était dur et accrochait celui de Hammond.
-Allez y colonel, on vous écoute et d’un
signe de la main il imposa le silence à Kinsey qui ouvrait la bouche pour une
réponse cinglante.
Jack
parla lentement, on sentait qu’il pesait ses mots, il était tendu à l’extrême.
-Mon général dit-il en s’adressant
exclusivement à Hammond, dans mon rapport très long et détaillé comme vous
l’aviez demandé, il y a des détails très intimes que je ne voudrais en aucun
cas voir dévoiler ici en présence d’autres personnes, en particulier mes
subordonnés. Ce que j’ai écrit est confidentiel, il n’ y a que deux personnes à
l’avoir lu, vous et le sénateur. Il omit volontairement Daniel. Tous les deux,
vous êtes soumis au droit de réserve. Je demande que ce rapport soit classé
définitivement. Je veux oublier certaines choses et ne pourrais le faire que si
cette affaire est enterrée à jamais.
-Malheureusement, je n’y peux rien Jack, le
sénateur est en droit de vous posez toutes les questions qu’il souhaite. Vous
n’êtes pas le seul dans ce cas, vous savez bien qu’il m’a mis plusieurs fois
sur le grill, et en votre présence. Je comprends ce que cette situation peut
avoir de pénible pour vous colonel, malheureusement il faut vous soumettre.
Le
sénateur une lueur de triomphe dans le regard et le sourire mauvais dit
fielleusement :
-Asseyez-vous colonel, nous reprenons.
-Vous pouvez faire ce que vous voulez , me
faire passer en cour martiale, si vous voulez, mais je ne resterais pas une
minute de plus assis à cette table avec ce …
Il
retint juste à temps l’insulte qui lui montait aux lèvres.
-Vous voulez la cour martiale
colonel ? Je ne crois pas que vous y gagneriez, il y a là-dedans de quoi
vous envoyer en prison pour longtemps, dit-il en brandissant une épaisse liasse
de feuille.
La
haine de Kinsey était sans limite. Il détestait cet homme, pour sa suffisance,
son orgueil de caste, son côté militaire rigide, son humour déplacé, sa force
aussi, son ascendant sur ses hommes dont il savait se faire aimer, le lien
indéfectible qui les unissait tous les quatre.
-Vous savez colonel, ceci n’est qu’une
petite répétition de la cour martiale. Ce serait bien pire, imaginez-vous dans
cette base, devant tout le SGC réuni, du plus haut gradé au plus petit. Votre
rapport lu à tous, commenté, décortiqué.
Vous
serez sommé de vous expliquer, de répondre à toutes les questions.
Vous
avouez tout dans ses feuilles ! Vous êtes pieds et poings liés, condamné
d’avance. Un mot de moi dans les hautes sphères et vous êtes dégradé,
emprisonné.
Sam
était blanche, elle aurait voulu être ailleurs, elle en était malade pour Jack
et commençait aussi à vouer le sénateur aux gémonies.
-Mon général, je demande l’autorisation de
me retirer, ainsi que le Docteur Jackson et Teal’c.
-Non, dit Kinsey sèchement. Vous restez.
Hammond
intervint calmement, car il trouvait que le sénateur dépassait les bornes.
-Sénateur votre haine personnelle vous
égare, pourquoi en voulez-vous ainsi au colonel ?
Ne
sachant quoi répondre, Kinsey se leva :
-Cette séance reprendra demain.
Le
lendemain le ton avait changé. Hammond avait pu avoir le président en ligne.
Celui-ci estimait beaucoup le colonel et il était stupéfait de cet acharnement
du sénateur sur lui.
-Le président veut vous parler dit-il en
tendant le combiné à Kinsey.
-Monsieur le président… c’est un honneur.
La
conversation fut assez longue, ponctuée de « oui monsieur le président,
non monsieur le président… »
Le
visage de Kinsey palissait au fil des minutes et quand il reposa le combiné, il
était livide.
Il
se tourna d’un air un peu hagard vers Hammond :
-Le président souhaite me voir partir en
mission avec SG1, pour mieux me rendre compte du travail qu’ils font. Il me dit
que juger un travail sur rapport est forcément incomplet.
Le
général Hammond eut un large sourire, le sénateur s’était fait moucher.
-C’est une excellente idée sénateur !
Je m’en occupe tout de suite. Vous partirez avec SG1 dès demain. En attendant
vous êtes notre invité à la base.
Jack
l’attendait à la porte de son bureau.
-Entrez un instant colonel. Il y a du
nouveau. Asseyez-vous Jack.
Impassible
le colonel prit une chaise, étendit ses longues jambes et attendit que le
général parle.
-Je suis très ennuyé Jack, j’ai énormément
d’estime pour vous, mais avouez que vous vous êtes mis dans de sales draps.
Tout le monde peut avoir des faiblesses, mais avec une goa’uld !
-S’il vous plait mon général, par
pitié ! On ne peut pas passer à autre chose !
-D’accord Jack dit–il avec un entrain
forcé.
Le général Hammond hésita un instant, ce
n’était pas son habitude, mais ce qu’il avait à dire était tellement
énorme ! Il lâcha enfin :
-Le sénateur voudrait se joindre à SG1, pour une mission.
-Quoi !
Jack
n’en croyait pas ses oreilles.
- Vous lui avez expliqué combien c’est
dangereux ? Il est où le lézard mon général ?
-Il n’y a pas de lézard Jack. Ne vous
fâchez pas mais je suis obligé d’accepter. Ordre du président.
-A quelle mission pensez-vous mon
général ?
-L’exploration de la planète P8X213.
-Oh, Jack sourit brusquement détendu, c’est
une planète au climat rude n’est ce pas ?
-Très rude, Jack, très rude…
Lors
d’un briefing non officiel qu’ils tinrent tous les quatre pendant le repas, le
colonel leur annonça la nouvelle.
-Faites très attention à tout ce que vous
pourrez dire ou faire, je ne veux pas que vous fassiez d’imprudences, le
sénateur est un homme de pouvoir et très influent.
-Curieux ces précautions que vous prenez Jack,
vous nous mettez en garde contre quoi au juste ? Interrogea Daniel.
-Je ne vous veux que du bien, croyez-moi
dit Jack un peu ennuyé de la perspicacité de Daniel.
-Mon colonel, vous souhaitez que nous
soyons sympas avec le sénateur, c’est bien ça, n’est-ce pas ? dit Sam avec
un regard appuyé vers Jack.
-Soyez naturelle, gentille comme toujours,
et ce sera parfait dit-il avec un franc sourire.
-Jack, vous nous cachez quelque
chose ! Insista Daniel
-Ts..Ts..Ts… Soyez prêts, nous partons dans
une heure dit Jack d’un ton sans appel.
Chevron
5 enclenché
Ils
se tenaient au pied de la rampe, dans leur équipement habituel, Jack sa
caquette vissée sur la tête et ses lunettes de soleil.
Le
sénateur était en costume de ville. Il ne savait pas comment s’ habiller et
n’avait pas osé le demander. Il se sentait un peu ridicule pour la première
fois de sa vie.
Chevron
6 enclenché
Sam
et Daniel échangeaient des plaisanteries. Teal’c attendait très calme en fixant
d’un œil surpris le costume cravate du sénateur. O’Neill avait un petit sourire
inquiétant.
Chevron
7 enclenché
Quand
l’horizon des évènements fut stabilisé, Teal’c partit le premier et disparut
dans l’anneau, suivi tranquillement de Sam et Daniel.
Kinsey
montait la rampe d’un pas mal assuré, O’Neill était derrière lui, il se sentait
observé, se retourna légèrement, mais ne peut rien lire sur le visage
impassible du colonel.
-Mais pourquoi bon sang, avez vous besoin
de lunettes de soleil colonel ? Lâcha t-il. O’Neill accentua son
sourire moqueur
-C’est mieux, j’ai moins de vertiges et de
nausées à l’arrivée, dit-il d’un ton
neutre en fixant Kinsey, qui pâlit.
Sénateur c’est le moment !
Et
d’un geste brusque, il le poussa dans la flaque.
L’atterrissage
du sénateur fut pénible, il arriva à quatre pattes, en proie à un violent
vertige.
-Asseyez-vous un moment sénateur lui
dit Sam avec douceur, cela va passer.
-C’est comme ça à chaque fois ? Dit-il
d’une voix blanche
-On s’habitue.
O’Neill
avait retiré ses lunettes, la nuit était complètement tombée. Il faisait un
froid glacial et Kinsey frissonna dans son costume prévu pour une température
tempérée.
Ils
descendirent le promontoire où était construit la porte. Ils progressait
difficilement dans un sable épais. le sénateur éprouvait des difficultés à
marcher. Il commençait à ressentir le poids des années, même s’il entretenait
régulièrement sa forme physique il sentait que là il aurait besoin de toute son
énergie. Et puis devant lui ce diable d’homme menait un train d’enfer. Il fit
une première chute, perdit une chaussure et se retrouva du sable plein la
bouche. Il cria car les autres ne l’ avaient pas attendu. Il se releva et tomba
à nouveau.
O’Neill
d’un signe les fit s’arrêter et leur ordonna de se taire. Il attendit plusieurs
secondes. Les appels de Kinsey se faisaient plus faibles.
-Enfin Jack, à quoi jouez-vous ? Dit
Daniel.
-Il est en difficulté dit Sam, il est
tombé, il s’est peut être cassé quelque chose ? Il faut aller voir mon
colonel.
-Ne bougez pas Carter, et comme elle
ébauchait un geste, c’est un ordre major !
-J’y vais moi-même ajouta t-il. Suivez-moi
à distance.
Il
rebroussa chemin d’une centaine de mètres. Le sénateur était déjà presque
enfoui dans le sable, il s’était évanoui.
O’Neill
s’agenouilla et le dégagea doucement. Kinsey revint à lui, Jack, avec
délicatesse lui ôtait le sable qu’il avait sur le visage. Le sénateur râla :
-Je ne veux pas que ce soit vous qui vous
occupiez de moi.
O’Neill
se répondit pas mais le tata sur tout le corps pour voir s’il n’avait pas de
fracture. Kinsey se sentait humilié. Il rageait.
Jack
l’aida à se relever, apparemment il n’avait qu’une cheville foulée.
-Vous pouvez marcher jusqu’au promontoire,
devant nous ? Dit–il en montrant un amas de rochers qui se dressaient au
dessus du sable.
-Non, je ne peux pas poser le pied par
terre.
-Teal’c appela Jack, vous pouvez porter le
sénateur ?
-Sans problème, O’Neill. Et comme s’il se
fut chargé d’un poids plume, Teal’c souleva Kinsey et le porta sur son épaule
plusieurs centaines de mètres.
Ils
organisèrent un campement et se protégèrent du sable sous des tentes de fine
toile. Sam seule, Teal’c et Daniel, et O’Neill prit avec lui le sénateur.
Celui-ci
était surpris :
-Pourquoi vous occupez-vous de moi comme ça
Colonel ?
-Ca vous surprend ? Dit Jack avec hauteur. Nous formons une
équipe, vous faites partie de cette équipe sur cette mission, mon devoir est de
la diriger au mieux et de veiller au bien être de chacun. Maintenant dormez, il
est tard, nous avons une longue route à faire demain.
Il
s’allongea dans son duvet et s’endormit aussitôt.
Kinsey
mit beaucoup de temps à trouver le sommeil. Le léger matelas était dur, il
avait froid. Il écouta la respiration calme du colonel, et sentait qu’il
n’était pas au bout de ses surprises avec cet homme qu’il pensait bien
connaître.
Les
trois soleils de la planète rougeoyaient dans le ciel répandant sur tout ce qui
vivait une chaleur de four.
Ils
marchaient de nouveau, se dirigeant vers une oasis qu’ils avaient repérée. Sam
avait bandé fortement la cheville du sénateur, celui-ci aidé tour à tour de
Teal’c et de Daniel faisait de son mieux pour suivre le rythme.
Ils
dominaient un village qui s’étendaient à leurs pieds cinquante mètres plus bas.
Le spectacle était grandiose, des petite maisons blanches carrées se cachaient
dans de la verdure, cherchant à se protéger des rayons brûlant des soleils. Il
y avait de nombreux palmiers, et dans ce village des temps bibliques on voyait
au loin des hommes vaquer aux travaux d’irrigation , ou garder des animaux.
Un
groupe d’hommes vint à leur rencontre
O’Neill
se déplaça légèrement derrière le major et lui murmura
-Des goa’ulds major ?
-Je ne ressens la présence d’aucun symbiote
dit-elle.
Et
déjà Daniel s’avançait :
-Je m’appelle Daniel Jackson, nous sommes
des voyageurs pacifiques… Il finit sa phrase entouré d’une foule bariolée et
bruyante, et c’est littéralement portée par elle qu’ils avancèrent vers le
village. La situation leur échappait.
Ils
furent conduit au cœur du village où un homme d’une taille imposante les
accueillit de ses mots :
-Bienvenue à mes nouveaux esclaves dit-il
de sa voix rauque de goa’uld.
Le
sénateur tenait à peine sur ses jambes
Il
demanda à Sam :
-C’est ça un goa’uld dit-il d’une voix
étranglé, et comme les yeux de l’homme se mettait à briller, il eut un
mouvement de recul qui le fit remarquer.
-Toi,
prosterne-toi devant ton Dieu, je suis Hadès, le Dieu des enfers.
Le
sénateur fut obligé de s’agenouiller et de se prosterner le front contre terre.
-Emmenez-les !
Etroitement
surveillés ils furent désarmés et se retrouvèrent dans une prison ennemie.
On
ne les avait pas séparés. Avec un soupir O’Neill s’assit contre la muraille.
-Qu’allons nous faire maintenant ?
Demanda Daniel. Il faisait le tour du cachot, sondant les murs . Je vous
signale Jack qu’il n’y a pas de passage secret !
-C’est dommage, mais ce qui est bien c’est
qu’il fait assez bon dans cette prison par rapport à dehors, dit Sam.
-Que comptez-vous faire ? Jack O’Neill
dit Teal’c.
-Rien pour aujourd’hui, on n’a pas vraiment
le choix.
-Vous
allez bien sénateur ?
-Non, j’ai très soif.
-On a tous très soif, ricana Jack, mais je
crois que pour ce soir il faudra s’en passer, de manger aussi d’ailleurs.
Le
lendemain fut pénible, la chaleur montait par les bouches d’aération et on ne
leur avait apporté qu’une petite cruche d’eau, qu’O’Neill rationna. Il fit
boire ses amis et donna le reste de l’eau à Kinsey. Il n’y en avait pas assez
pour tout le monde. Sam remarqua que Jack n’avait pas bu, elle se contenta de
faire un signe à Daniel qui hocha la tête en silence. Le sénateur ne s’était
rendu compte de rien.
Le
lendemain ils furent traînés devant Hadès. Ils n’avaient ni mangé, ni bu depuis
deux jours. Leurs conditions de détention étaient très dures, le sénateur
faisait peine à voir, il était soutenu par Teal’c et Daniel. Ils durent
s’agenouiller devant sa grandeur et baiser le bout de ses sandales. Le sénateur
émit une protestation, Jack ironisa :
-L’hôtel quatre étoiles de sa majesté ne vous a pas plu !
-Silence ! Hadès leva la main qui
envoya Jack promener dans les airs. Le sénateur était effaré, et voyant
celui-ci se relever, bredouilla :
-Excusez moi, je ne savais pas.
-Qui est cet homme qu’il se taise !
Jack
s’avança et dit
-Excusez-le il est un peu sénile, c’est mon
vieux père et j’y tiens beaucoup.
-Insolent ! Qu’on les conduise à la mine !
Ils
durent marcher plusieurs heures sous le soleil. Kinsey souffrait de
déshydratation. Teal’c et le colonel le portait presque. Eux même, pourtant
habitués aux missions les plus dures souffraient beaucoup. Ils essayaient de
garder au maximum leur énergie. Sam titubait de fatigue, Daniel n’était guère
en meilleure forme.
-Pourquoi faut-il qu’on tombe toujours sur
des esclavagistes qui n’ont qu’une idée nous faire travailler dans leur
mine !
Jack
ne disait rien, il s’occupait du sénateur qui ne pouvait plus marcher.
Il
lui souffla dans l’oreille :
-Faites un petit effort, sinon ils vont
vous tuer !
La
peur le fit avancer et comme un automate il mettait un pied devant l’autre d’un
pas saccadé.
La
mine était à ciel ouvert, ils devaient travailler dehors sous le soleil.
C’était terrifiant. Les hommes travaillaient tout le jour sans aucune
protection, ils étaient brûlés par le soleil.
ils tombaient comme des mouches. Les corps étaient aussitôt enlevés, et
les gardiens du village partaient aussitôt à la recherche de nouveaux venus. Le
shapaï n’ était pas gardé, exprès pour encourager les visiteurs, qui venaient
se jeter dans le piège ouvert.
Les
prisonniers n’étaient pas attachés, ils étaient si loin de tout que personne ne
cherchait à s’évader.
-Sénateur, dit Jack écoutez-moi
attentivement, ne dites rien hochez seulement la tête quand vous aurez compris.
Nous allons tous mourir ici si nous ne faisons rien, vous le premier. Alors
cette nuit nous tenterons de nous évader. Vous devrez faire exactement ce que
je dis, je ne parlerais pas mais ferez des gestes, il faudra comprendre tout de
suite. Est-ce que c’est clair ?
il
hocha la tête :
-Il faut savoir poursuivit Jack inflexible,
que vous êtes un poids mort pour moi.
Mais que je ne vous abandonnerai pas, dussé-je y laisser ma vie. Alors vous
obéirez au doigt et à l’œil ?
Il
hocha la tête et murmura un merci, que Jack n’entendit pas.
La
journée fut terrible. Dans la chaleur et la poussière ils durent travailler
tout le jour. Ils n’avaient eu qu’un bol de soupe, nettement insuffisant pour
subsister, et fournir un effort violent comme de creuser le minerais pour en
extraire le naquada. Il y avait peu de gardes. Ils laissaient les prisonniers à
peu près tranquille dans la journée, la chaleur était aussi insupportable pour
eux. Mais ils avaient de l’eau à volonté. Cependant de temps en temps un coup
de fouet s’abattait sur le dos des condamnés. Jack s’arrangea pour cacher
Kinsey aux yeux des gardes. Le soir les prisonniers s’écroulèrent la peau
brûlée, les yeux rougis, les vêtements déchirés. Jack ne dormit pas ce soir là.
Au creux de la nuit il les réveilla. Ils se levèrent hébétés de sommeil et
épuisés. Par geste il les dirigea, Kinsey suivait se tenant tout près de lui.
Ils
marchèrent longtemps, ils avaient pu subtiliser un peu d’eau aux gardiens et
firent un très grand détour pour éviter la mine, et le village.
Aux
premières lueurs de l’aube ils arrivèrent en vue de la porte. Leur code était
dépassé depuis longtemps. Il fallait attendre l’appel du général qui les
appelaient régulièrement.
Heureusement le vortex s’ouvrit, et Hammond prit contact.
Ils
arrivèrent en titubant en haut de la rampe. Vaincus par la fatigue et le
soulagement ils tombèrent.
-Une équipe médicale, vite, cria Hammond.
A
l’infirmerie Janet passait d’un lit à l’autre, les traits tirés. Le sénateur
était très mal, déshydraté, il lui faudrait une longue convalescence pour s’en
remettre.
SG1
surentraîné résistait mieux à leurs rudes conditions de détention.
-Comment va le sénateur ? S’inquiéta
le général.
-Il va s’en tirer, mais il lui faudra du
repos.
Tout
était calme dans la base…
Le
briefing qui réunit SG1 le sénateur et le général Hammond n’eut lieu qu’une
semaine plus tard. Il fallait laisser le temps aux organismes de se refaire.
-Alors sénateur cette mission ?
Kinsey
avait du mal à s’en remettre
-C’était effroyable.
Sam
posa la question que tout le monde se posait
-Mon général, nous n’avons jamais fait une
mission aussi ratée, comment se fait-il que nous nous soyons jetés ainsi dans
ce piège ? On aurait dit que nous étions attendus ?
-Vous ne croyez pas si bien dire major.
Quand nous avons décidé ensemble il y a quelques semaines d’explorer cette
planète, nous pensions qu’elle était habitée par un peuple pacifique, désirant
faire alliance avec nous. C’est ce que nous vous avions expliqué au briefing
sénateur.
-Je m’en rappelle très bien dit Kinsey,
alors que s’est-il passé ?
-La seule explication possible est que
notre base de données a été trafiquée.
-Comment est-ce possible ? Dit Sam.
Nous savons que nous n’avons pas d’intrus puisque le dispositif
anti-invisibilité marche parfaitement. Le ritou qui a essayé d’infiltrer la
base a été immédiatement détecté.
-.Major,
il faut changer immédiatement tous nos codes d’accès, répondit le
général.
-Général, dit Kinsey, je voudrais dire un petit mot
au colonel O’Neill.
Celui-ci
leva les yeux surpris :
-Je tiens à vous remercier colonel, vous
m’avez sauvé de la torture, vous m’avez sauvé la vie. Je crois que j’ai une
dette envers vous.
-Peut-être bien, fit O’Neill
-Comment puis-je vous remercier ?
-Oh c’est très simple, en nous lâchant un
peu la grappe, laissez-nous faire notre boulot. Vous avez vu que ce n’est pas
simple, alors quand on nous fait des misères pour quelques sous, on est pas
très content. Vous voyez ce que je veux dire ?
-C’est
entendu colonel, et il lui tendit la main :
Jack
ne la prit pas.
-Vous
m’en voulez colonel ?
-Vous
m’avez fait passer de sales moments. Je peux supporter beaucoup de choses, mais
être accusé de traîtrise, désolé, ça ne passe pas.
-Je
vous présente mes excuses.
Daniel
eut un petit sourire, (pas facile le gars Jack, il est un tantinet rancunier)
Et
comme O’Neill ne répondait pas Kinsey reprit d’une voix impatiente
-Je
vous présente mes excuses.
-Accordez-nous
les subventions que le général réclame et ça effacera l’ardoise dit Jack d’un air bourru.
-C’est
d’accord colonel, mais je repasserais l’an prochain pour voir si vous avez bien
dépensé cet argent dit il avec un sourire en serrant la main d’Hammond.
-Entendu
Sénateur, je vous raccompagne. Nous nous verrons demain avant votre départ.
Chapitre 2
Tout
était calme dans la base.
Sam
s’endormit assez tard, elle voulait
finir de rédiger son rapport.
Elle
se coucha et se releva presque aussitôt, elle avait senti un léger souffle sur
son visage. Elle examina sa chambre, ouvrit la porte mais ne vit rien dans le
couloir. Elle retourna se coucher.
Tout
était calme dans la base.
Elle
ouvrit la porte sans bruit. Il était là étendu sur son lit, la pièce était dans
le noir juste éclairée par la lueur de l’ordinateur portable qu’il avait oublié
d’éteindre. Il bougea dans son sommeil. Elle sortit une fiole de sa poche et
mit une goutte sur ses lèvres. Alors sûre de ne pas être dérangée elle ouvrit
un fichier et trouva le rapport du colonel. Ce fameux rapport qui parlait de
ses missions précédentes. Kali prit son
temps pour tout lire et se délecta des longs récits de torture qu’il avait raconté
de façon très crue. Le récit du cauchemar vécu avec Nirti lui parut
particulièrement savoureux. Elle en relut plusieurs fois le passage.
-Alors ça te plait ? dit
une voix calme derrière elle.
Elle sursauta :
-Tu es réveillé ? Oui, c’est
extraordinaire ton récit ! Non
seulement tu décris tout, mais tu dis aussi ce que tu ressens. C’est
fabuleux ! Jamais je n’avais imaginé cela.
-Oh ! Tu manques d’imagination à ce
point ?
-Laisse-moi continuer, je veux voir ce que
tu dis de moi.
-Oh ! ça va pas te plaire. A ta place
je ne lirai pas.
-Tu as peur ?
-Oui
-Tu avoues avoir peur ? Je te croyais
plus courageux.
-L’un n’empêche pas l’autre.
-Laisse-moi lire.
Elle
revécu le moment où elle avait cru qu’il la désirait. C’était affreux de voir
combien elle avait été jouée, de quelle odieuse façon il s’était servi d’elle.
Elle
revint vers lui et le gifla violemment à plusieurs reprises.
- Tauri, ton châtiment sera terrible pour
ce que tu as fait !
Elle
sortit de la pièce dans un envol de voiles.
Tout
était calme dans la base.
Le colonel le lendemain put se lever, la dose
de poison qu’elle lui avait administré était très faible.
Il
était en retard comme d’habitude.
Dans
la salle d’embarquement un spectacle hallucinant l’attendait.
Quelques
jaffas tenaient sous la menace de leurs armes les quarante cinq personnes présentes ce jour là dans la base.
Kali était là, majestueuse, en haut de la rampe, elle les dominait tous par sa
prestance et sa puissance.
Elle
riait :
-Votre ridicule petit rayon
anti-invisibilité, major Carter ! j’en ai déjoué le système rapidement.
Vous arriverez à arrêter quelques malheureux ritous mais pas moi !
-Que voulez-vous ?
-Le code de votre iris par exemple. Vous
êtes plus malin que je ne pensais, il est crypté dans votre ordinateur et je ne
l’ai pas déchiffré.
-Le code change tout le temps, ça ne vous
serait pas très utile.
-Alors je le veux, LUI, et sous les yeux
effarés de l’assistance, elle montra le colonel.
Celui-ci
restait impassible, il savait que son sort se jouait là.
-C’est hors de question dit Hammond
-Alors je la tue, ELLE , jaffa ! Et Sam s’écroula sous un coup de zat. Le
garde attendait avant de donner le second coup mortel.
-C’est d’accord dit Jack, mais ne lui fais
pas de mal.
Tous
était pétrifié :
-Vous savez Jack, vous n’êtes pas obligé
d’accepter, dit Hammond.
-Je n’ai pas le choix, général.
-Mon colonel, refusez, cria Sam. Elle
venait de se réveiller et était à genoux au pied de la rampe,
Il
s’approcha d’elle, la prit dans ses bras
-Ne pleurez pas Sam, je reviendrais… Depuis
le test zatark c’est la première fois qu’il lui montrait une véritable émotion
-C’est promis, vous reviendrez ?
-Oui. c’est promis.
Courageusement
Jack s’inclina devant Kali, lui prit la main :
-Où
allons-nous ma reine ?
-Jaffa
introduit le code .
Ils
disparurent dans la flaque bleutée.
Tout
était calme dans la base…
-Allons jusqu’au palais dit-elle.
Elle
monta dans la chaise à porteur. Le colonel marchait près d’elle. Il était
silencieux.
Dans
la grande salle du palais, elle lui jeta des vêtements,
-Change–toi.
Il
regarda d’un air surpris les vêtements qu’elle avait préparé pour lui, un
pantalon serré à la taille, et une
chemise sans manche et sans fermeture.
-Heureusement qu’il fait chaud ici, mais
quand même quel drôle de façon de s’habiller.
-Allez change-toi
-Ici ? Maintenant ?
-Oui maintenant, pourquoi discutes-tu tout
ce que je dis ?
Il
obéit. Elle le regardait avec des yeux de chatte convoitant un bol de lait.
Il
soupira. Les vêtements lui allait bien et il se sentait à l’aise. par contre il
était nu pieds, ce qu’il détestait.
-J’ai lu la fin de ton rapport quand tu as
quitté le palais, le matin. Tu sais que tu es très fort je ne m’y attendais
pas. Tu as réussi à savoir que je t’avais injecté quelque chose.
-Pourquoi as-tu fait ça ?
-Tu me rends faible, c’est pour ça que je
suis venue te chercher dans ta base. Reconnais que c’est un coup de
génie !
-Et maintenant que vas-tu faire de
moi ?
-Tourne toi !
Méfiant
il se retourna lentement. La douleur dans ses reins fut fulgurante, il cria
tomba à genoux, cela irradiait jusqu’au bout de ses pieds. Il haletait, il eut
l’impression d’avoir les nerfs broyés. . Le rayon de son arme de poing le
lâcha.
-Maintenant je fais ce que je veux de toi
dit-elle. Tu es à mon service, tu feras sans discuter tout ce que je te dirai,
si je veux parler avec toi je parlerai avec toi, si j’ai envie de toi, tu me
feras l’amour. Si je veux te torturer je le ferais. Je peux même te tuer si j’en ai envie. Ne
l’oublie jamais. C’est moi qui commande maintenant. Tu peux comprendre ça toi
qui est le chef de ta petite bande ? Quand tu donnes un ordre personne ne
discute, n’est-ce pas ? Ici, c’est pareil.
Sa
vie s’organisait autour de Kali. C’était difficile, exigeant. Elle était
capricieuse, dangereuse, cruelle. Elle adorait faire souffrir ses esclaves.
Mais il remarqua qu’il n’y avait plus un seul esclave masculin auprès d’elle,
il était le seul. Et ce n’était pas sans l’inquiéter. Par contre beaucoup de
jeunes filles étaient employées dans son palais. Son nombre de jaffas
augmentait régulièrement. Il la soupçonnait de monter une armée importante.
Il
devait toujours être sur ses gardes, surtout quand Kali était de bonne humeur
et l’appelait près de lui pour lui tenir compagnie. Il fallait qu’il surveille
la moindre de ses paroles. Ces moments là étaient difficiles, elle lui posait
beaucoup de questions sur la terre et les humains, et il fallait qu’il réponde,
sous peine de subir son courroux. Elle voulait tout savoir sur eux et souvent
très habilement elle glissait une question perfide sur le major, Teal’c ou le
général Hammond. Il réfléchissait longtemps avant de répondre et cela le
fatiguait. Il avait très peur de trahir.
La moindre petite information lâchée pouvait s’avérer catastrophique.
Il
avait toute liberté de se promener dans le palais, et il ne s’en privait pas.
Bien connaître les lieux pourrait peut-être s’avérer utile. Les jaffas sachant
qu’il était l’esclave personnel de Kali, ne s’occupaient pas de lui.
Il
visitait régulièrement les innombrables pièces du palais. Il en découvrait toujours
de nouvelles. C’était une construction monumentale de la taille d’un très grand
château de la Terre. Le style en était oriental, ouvert sur un patio, car le
climat était très chaud. Une bonne
irrigation permettait des cultures et même des fontaines.
Il
pensait souvent à sa vie avant. Il espérait que son sacrifice ne serait pas
vain et que Kali avait abandonné le projet de détruire la terre. Il décida un
jour de lui poser la question, tant pis si elle se fâchait, il avait en
permanence des douleurs dans le dos, un peu plus ou un peu moins ne changerait
pas grand chose.
Il
choisit un moment où elle était allongé sur un lit de repos. Elle paraissait
détendue.
Il
s’approcha
-Viens
t’ asseoir près de moi lui dit-elle.
-Je
voudrais te poser une question ?
-Quelle
genre de question ?
-Je
voudrais savoir si tu avais renoncé à ton attaque sur la Terre ?
-Quelle
insolence ! Et depuis quand je
discute de mes plans avec toi ? Tu n’es qu’un esclave !
Il
ne se démonta pas :
-Mais
je suis venu avec toi en échange de l’abandon de l’attaque contre la Terre.
Elle
sourit,
-C’est
ce que je t’ai laissé croire, mais je ne l’ai pas dit.
Tout
était calme dans la base
La
réunion journalière réunissait les officiers supérieurs de toutes les équipes,
et l’ordre du jour était toujours le même, l’attaque imminente contre la Terre
et la détention du colonel quelque part dans la galaxie.
Tout
avait été tenté sans résultats, on avait contacté les amis lointains, Hasgards,
Nox, et Tok’ra. Personne ne savait où était le colonel O’Neill.
Par
mesure de sécurité, l’ensemble des missions avaient été suspendues. Personne ne
pouvait deviner d’où viendrait l’attaque , ni sous quelle forme. Suite à
l’intrusion de Kali dans la base, Sam avait passé des heures à reconfigurer les
programmes informatiques, aidée des meilleurs spécialistes en la matière.
Sam
n’arrivait pas à se concentrer sur son travail. Pourtant elle devait revoir le
rayon de la porte protégeant contre les êtres invisibles. Si ça marchait pour
les ritous, il fallait trouver autre chose pour les espions de Kali.
De
temps à autre elle se perdait dans les souvenirs de cette scène hallucinante
qu’il avaient tous vécu il y avait déjà six semaines.
O’Neill
s’inclinant devant Kali et lui prenant la main., et ces quelques mots qu’il
avait prononcé d’une voix grave et basse.
« Où
allons-nous ma reine » ?
Elle
ne vit pas que Daniel s’était arrêté sur le seuil.
-On le retrouvera Sam, il s’en tire
toujours. Vous le savez bien.
Elle
pleura contre l’épaule de Daniel
-J’ai si peur, Daniel, et si elle le
torture ?
-Sam, vous connaissez comme moi les
goa’ulds, c’est le risque que nous avons tous pris en entrant dans ce projet
porte des étoiles. Nous connaissons les risques et nous devons les assumer
quand ça tourne mal. Rappelez-vous Sam, comme le colonel est fort, combien de
fois a t-il été blessé, torturé ?
Il s’en est toujours sorti !
-J’ai un très mauvais pressentiment cette
fois dit Sam d’une voix faible.
-Vous savez Sam, Jack ne serait pas content
de vous voir dans cet état, mais alors pas content du tout. Il a besoin de
vous, que vous gardiez l’esprit clair, il n’y a que vous ici à la base qui ayez
les connaissances pour le localiser.
Cette
dernière remarque fouetta Sam, qui se releva,
-Excusez-moi Daniel, j’ai honte de m’être
laissée aller. Vous avez raison comme toujours. Merci de m’avoir remonté le
moral.
-Eh ! nous sommes une équipe, une
bonne équipe même ! C’est aussi à cela que ça sert.
Sam
se remit au travail.
Tout
était calme dans la base.
Les
ordinateurs s’éteignirent la lumière tomba en panne. Les couloirs étaient juste
éclairés par les lampes de secours.
Sam
et Daniel arrivèrent ensemble à la porte des étoiles. Hammond était déjà là
avec les techniciens.
-Major, que se passe t-il ?
-Je ne sais pas mon général j’essaie de
réinitialiser le système.
-Ouverture non programmée de la porte, le
sergent hurlait, il tapait sur son ordinateur, en vain. Aucune commande ne
fonctionnait.
-Fermez l’iris cria le général.
-Impossible mon général, les commandes sont
bloquées !
-Nous y voilà pensa Hammond.
-Major et l’autodestruction ? On peut
le faire sans les ordinateurs ?
-Non mon général, c’est impossible.
-As t-on le temps de préparer une bombe
major.
-Il nous faut une heure mon général.
-la prochaine fois, il faudra le prévoir, si
on a une prochaine fois pensa–t-il amèrement.
Le
vortex s’ouvrit, la flaque bleutée, jetait des leurs froides dans la pénombre
de la salle d’embarquement. Ils attendaient …
-Parle moi de la terre
-Que veux-tu savoir ?
O’Neill
avait appris à ne jamais la prendre de front. Il faisait toujours semblant
d’accéder à ses demandes.
Il
regrettait beaucoup de n’avoir pas la culture de Daniel. Il aurait pu lui
parler pendant des heures de la ruée vers l’or ou de la deuxième guerre
mondiale.
-Je veux tout savoir sur le premier
monde. Parle-moi de ton pays.
Elle était curieuse de tout, du moindre détail
concernant la vie quotidienne des terriens. Elle était extrêmement intelligente
et cultivée, et ne se lassait pas de l’écouter. Parfois elle l’interrompait pour
faire un commentaire sur la faiblesse des tauris, leurs bêtises, leur naïveté.
Elle se moquait des sentiments humains qu’elle prenait pour de la faiblesse.
-Et toi ? Je veux tout savoir sur toi.
Il
était très mal à l’aise, elle l’obligeait à parler, et lui ne voulait rien dire
de ce qui faisait sa vie. Il craignait d’en dire trop. Car elle était
extrêmement attentive à tout ce qu’il disait. Elle cherchait à lui soutirer des
renseignements.
Leurs
conversations à bâtons rompus comme elle disait, c’était pour les bons jours.
Car il y avait aussi beaucoup de mauvais jours, quand ses affaires ne
marchaient pas bien. Car elle était toujours occupée à asseoir son pouvoir dans
la galaxie. Il avait compris en la voyant agir, que rien n’était jamais acquis.
Elle
lui racontait qu‘Osiris avait détruit son palais, qu’elle avait échappé de
justesse à la mort, elle lui parla aussi de Bastet, avec qui elle s’était alliée, contre la
tauri.
Ce
qui effrayait le colonel, c’est qu’elle
lui faisait des confidences.
-Elle me parle, car elle ne me relâchera
pas, elle a l’intention de me tuer, pensait-il.
C’était très dur à supporter, car elle n’était
pas pressée.
Les
mauvais jours, c’est quand elle lui parlait de ses défaites, Osiris, était
source de haine et de fureur. Elle parlait de vengeance, de destruction, de
mort…
Elle
arpentait la pièce, à grands pas nerveux. Elle se repaissait de sa propre
colère et l’alimentait par des paroles de haine.
Dans
ces moments là, il était très tendu. Il pesait chacun de ses mots. Il lui fallait
abonder dans son sens, mais pas trop, afin de ne pas recevoir dans le dos un
coup du terrible rayon. Contrairement à certains goa’ulds qu’il avait connu,
elle était originale dans sa haine. Les tortures qu’elle lui infligeait étaient
variées, il ne savait jamais à quoi s’attendre. Mais rares étaient les jours
sans souffrance. Il se demandait s’il tiendrait encore longtemps.
-Et dans ta base, vos systèmes informatiques sont si faciles à
piéger !
Son
cœur rata un battement. On y était.
-Quels systèmes utilisez-vous
déjà ?
Il
resta muet, et la fixa de son regard tranquille.
-Tu peux me le dire, je suis au
courant.
Il
ne répondit pas.
-Et l’iris, il est en quoi ?
Toujours
pas de réponse.
Elle
se leva, l’obligea à s’agenouiller devant elle.
-Reste comme ça, tu es plus grand que
moi, et je n’aime pas ça.
-Le code c’est quoi déjà ? Un
algorithme ?
Pas
de réponse.
Elle
commença à s’énerver.
-Tu aimes mon arme de poing dans ton
dos ?
Il
ne dit rien.
-Pourquoi tu ne parles pas ?
-Pour rester en vie.
-Je ne comprends pas, explique :
-Si je parle, tu me tues, je ne te
servirais plus à rien.
-C’est bien raisonné, tu es assez
intelligent pour un tauri, reconnut-elle. Finalement je vais te laisser pour ce
soir.
Elle
caressa son visage et l’embrassa.
-Viens plus près.
Le
soir, il était obligé de veiller très tard, car elle ne se couchait que lorsque
la nuit était bien avancée et que déjà les premières lueurs de l’aube
apparaissaient aux fenêtres du palais.
Il ne s’allongeait que quelques heures, où il dormait d’un sommeil lourd, si
lourd que le matin il avait du mal à assurer son service.
C’était
une maîtresse exigeante, tout devait être parfait. Il le savait.
Le
vortex restait ouvert, et rien ne se passa. Les ordinateurs étaient toujours
muets.
-Major,
votre dispositif est en place ?
-Non,
mon général, tout est déconnecté, il ne fonctionne que grâce à l’ordinateur.
Les
ordinateurs se mirent à crépiter.
Jack
apparut sur tous les écrans de la base.
Il
était debout dans une grande pièce et on voyait derrière lui Kali et la lueur
très faible de son arme de poing dans son dos. Elle avait un petit sourire et
attendait qu’il parle.
-Bon, ben c’est moi, je vais bien, mais
j’ai un message pour vous, l’attaque de la Terre est imminente. Elle m’a expliqué
que ces images passeraient sur tous les ordinateurs de la base. Elle a les
moyens de détruire la terre, elle dit qu’elle a trouvé le code de l’iris et
qu’elle sait le faire fonctionner. D’ailleurs si j’ai bien compris en ce moment
vous avez une panne générale et le vortex est ouvert.
-Vous m’entendez, colonel ?
-Oui mon général, je vous entends très
bien. Mais il ne faut pas me poser de questions, je ne peux rien dire.
-Comment allez vous Jack, dit Hammond
inquiet.
-Ça va, j’ai connu pire mentit-il.
-Mon colonel, dit Sam
-Major, il eut un petit sourire, vous
me manquez…
Il
n’eut pas le temps de finir sa phrase, le terrible rayon le cueillit dans le
dos. Cruellement Kali, ne coupa pas la communication, et chacun put voir avec
horreur comment elle traitait le colonel. Elle fit durer le plaisir très
longtemps les obligeant à assister à ce spectacle. Pas un cri ne s’échappa des
lèvres serrées de Jack. Elle le lâcha et
les affronta du regard
-Vous voyez, ici tout va bien. Je
n’arrive pas encore à le dresser, mais ça ne saurait tarder.
-Je veux lui parler dit Hammond
Elle
haussa les épaules :
-Quelle sensiblerie ! Vous êtes un
peuple faible, pétri de bons sentiments, elle cracha ces mots. Par contre votre
planète est belle ! Je l’aurai. Et vous
vous n’aurez que le sort que vous méritez !
Tout
s’éteignit.
Les
ordinateurs se rallumèrent, le vortex se referma. Tout rentra dans l’ordre en
quelques secondes.
-Major, pouvez vous trouver d’où venait la
communication ?
Sam
avait du mal à se remettre de la scène pénible à laquelle ils venaient
d’assister.
-Non mon général, je ne peux pas,
dit-elle d’une voix faible.
-Nous allons étudier les
enregistrements, je regrette major, dit-il en voyant pâlir Sam, mais c’est
notre seule chance de pouvoir localiser le colonel.
Sam
se mit au travail immédiatement
-Ce n’est pas simple mon général, il
faut chercher loin dans les entrailles des machines, mais je pense y arriver.
Mais il me faut quelques heures.
Le
lendemain dans la salle de conférence, tous les gradés étaient regroupés auprès
de Hammond.
L’enregistrement
avait été récupéré par Sam et était diffusé sur l’écran de la salle de
conférence.
Ils
le passèrent plusieurs fois, quand Daniel fut alerté par un détail
insignifiant.
-Regardez le visage de Jack, juste
après qu’il ait dit « major, vous me manquez », regardez, vous pouvez
le passer au ralenti dit–il à Sam ?
On
vit la main de Kali se lever et le rayon jaillir de sa paume, mais juste avant
on vit très nettement le colonel remuer les lèvres.
-Il dit quelque chose là. On le voit
articuler.
-Il faut faire venir un spécialiste des
sourds et muets, capable de lire sur les lèvres, fit le général.
Le
lendemain, le passage extrait de l’enregistrement fut diffusé en boucle.
Le
Docteur Radgrave étudia longuement le
passage, il prenait des notes.
Finalement
il rendit son verdict.
-Ce n’est pas un mot, plutôt une
succession de lettres et de chiffres.
Il
y a plusieurs possibilités le premier signe est un P ou un B le deuxième est incompréhensible, le troisième
est un V, et ensuite je peux lire 285 ou 295.
-Bien, est ce que ça peut vous aider si
je vous dis que le deuxième signe est probablement un chiffre ?
-Bien sûr, si c’est un chiffre c’est un
8.
-Et pour la première lettre vous ne
pouvez pas faire de différences entre le P ou le B.
Je suis désolé dit le docteur Radgrave,
mais la façon de prononcer ces deux phonèmes est identique. En lecture labiale
c’est impossible de faire la différence.
Hammond
sourit en voyant les mines de SG1, ils
avaient un air affairé qu’il leur connaissait bien. C’était le visage de
l’action. Enfin on tenait une piste.
-Merci docteur Radgrave, je vais vous
faire reconduire.
-Alors major, dit –il, dès que le
médecin fut parti ?
-Nous avons 4 possibilités P8V 285,
B8V285, P8V295, B8V295 ?
-Je suppose Sam que vous n’avez plus en
mémoire la liste des planètes que nous avait donnée les Asgards ?
-Mais si Daniel, justement,
heureusement j’avais fait beaucoup de sauvegardes. Nous avons perdu énormément
de choses, mais pas tout.
Ils
retrouvèrent deux planètes qui correspondaient à ces codes. L’une avait une porte, l’autre pas. Où du
moins sa porte n’était pas répertoriée.
-Il faut contacter les Tok’ra tout de
suite.
-Ouverture non programmée de la porte.
-C’est la Tok’ra mon général.
-Ouvrez l’iris.
Sam espérait
que ce serait son père l’envoyé de la Tok’ra, elle fut un peu déçue en voyant
Anise Freya.
-Quand Jack est en danger, c’est
toujours elle qu’on envoie murmura Daniel dans le dos de Teal’c.
-Je me faisais justement la même
remarque dit Teal’c
-On se demande pourquoi bien
pourquoi ? Ajouta Daniel.
Anise
considéra en silence les coordonnées trouvées. Elle pointa du doigt
P8V285.
C’est une lointaine planète. Malheureusement elle ne possède pas de porte des
étoiles. On ne peut s’y rendre qu’avec un vaisseau. Nous savons que c’est une
des bases de Kali.
-Mais il doit bien y avoir une planète
qui nous rapprocherait, suggéra Daniel.
-En effet, nous pourrons partir bientôt
dit Anise. De là vous rejoindrez P8V285, avec un vaisseau tok’ra.
Elle
le regardait dormir. Il s’était endormi, là sur place après leurs ébats, d’un
sommeil lourd comme on tombe dans le coma.
Elle
hésitait à le réveiller, il était roulé en boule et gémissait par moment.
Elle
était surprise, mais il souffre ! Pensa–t-elle. Elle passa une main
appuyée dans son dos là où le rayon faisait des ravages. Il cria.
Elle
le secoua pour le réveiller. Il émergea des limbes comme on sort d’une noyade,
épuisé, hagard. Il voulut se lever quand il s’aperçut qu’il était resté dans le
lit au lieu de rejoindre sa paillasse.
-Ne bouge pas lui dit-elle, elle le regarda
s’allonger à nouveau et se demanda pourquoi elle faisait ça.
Elle
le regardait avec attention et le trouva beau. Une colère la prit :
-Mais ce n’est qu’un esclave !
Allez ! Oust ! Dehors !
Un coup de rayon entre les omoplates le fit tomber comme il sortait du
lit en titubant. Il chuta lourdement, et ne bougea plus.
-Jaffa ! Kri !
-Enferme-le dans la prison, attache–le
à la muraille, qu’il ne puisse plus bouger !
Elle
s’enferma dans sa chambre tandis qu’on emmenait O’Neill.
Elle
faisait les cent pas de long en large.
Ses esclaves avaient déserté la pièce de peur de s’attirer son courroux. Elle
constata avec horreur qu’elle était amoureuse de cet homme, cet esclave
insolent, un faible terrien, un misérable déchet, qui devait regretter d’avoir
vu le jour à l’heure actuelle.
Elle
n’avait plus qu’une solution, le tuer. Elle devait l’extirper de son cœur,
seule sa mort l’en délivrerait. En aucun cas elle ne devait se laisser
distraire de sa tâche. Conquérir la Terre restait sa priorité. Elle était sur
le point de réussir. Elle connaissait tout de la base, elle pouvait contrôler
l’iris, elle n’avait plus qu’à passer à l’action. Elle se demanda ce qui la retenait
encore. Lui, peut-être ? Elle laissa son esprit divaguer et s’endormit.
Elle
se réveilla brusquement, il faisait à peine jour, son réflexe fut de l’appeler.
Elle éprouva comme un regret. Il lui manquait, elle l’avait mis au cachot.
A
travers le palais encore désert elle se rendit à la prison. Il était debout
enchaîné à la muraille bras et jambes écartées, comme crucifié. Sa tête était penchée, ses yeux fermés.
Elle
toucha sa poitrine et entendit son cœur battre. Ses lèvres se posèrent sur les
siennes, adieu mon amour, murmura t-elle, je vais te tuer, mais avant je te
ferai souffrir mille tourments, je te mettrai dans un tel état que tu ne
pourras plus m’inspirer aucun amour.
-Jaffa ! Appela–t-elle
-Conduis-le dans mes appartements,
laisse-lui les chaînes.
Il
était maintenant réveillé.
-Je suis obligé de te tuer,
-Je sais, je t’ai entendu, tu as parlé
tout haut.
-Et tu as compris quoi ? Dit-elle.
-Que tu vas me tuer, il eut la présence
d’esprit de ne rien ajouter. Ce savoir aimé d’une telle femme était une chose
impensable.
-Fais vite s’il te plait. De toute façon,
ça doit finir comme ça, mais avant
détache-moi.
-Pourquoi ? Dit-elle avec hauteur
-Parce je veux mourir debout.
Elle
en fut impressionnée.
Il
la regardait sans qu’elle puisse rien lire dans son regard.
-Tu es las de la vie ? Ajouta
t-elle.
-Oui
-Je peux te tuer et te rendre la vie
grâce au sarcophage, tu sais ?
-Oui, tu le peux.
-Tu reconnais que je suis la plus
puissante ?
-Oui.
-Avant que je te tue, aime-moi encore.
Je te veux, j’ai eu dans tes bras ce que je n’ai jamais eu avant.
-Je n’ai plus de forces. Je ne peux
pas.
-Et avec ça tu pourras. Elle lui fit
boire une gorgée d’un liquide qu’elle prit dans une fiole.
-Je refuse
-Mais pourquoi ? Ca te plait à toi aussi, je le sens.
-Je ne peux pas.
Il
était fatigué de tout. Il n’aspirait plus qu’à la mort. Elle lui apparaissait
comme l’ultime recours. Il savait qu’il n’avait plus rien à espérer de ses amis
là-bas sur Terre. Ils n’avaient sans doute pas compris le message qu’il avait
essayé de leur envoyer. Tout était terminé.
-J’aimerais leur parler une dernière
fois avant de mourir.
-Non, c’est impossible, ils pourraient
te localiser, tu me prends pour une idiote. Sa colère se rallumait, il fallait
qu’on en finisse.
Elle
se demandait ce qu’elle lui ferait subir, sans doute dans l’état où il était ce
ne serait pas long. Son arme de poing suffirait, elle savait doser la douleur,
pour ça dure le plus longtemps possible.
Il
était debout, l’épaule appuyée au mur et
avait du mal à garder les yeux ouverts. Elle lui envoya un coup de rayon dans
le dos. Elle le regarda tomber, elle l’écouta crier, il hurlait sans pouvoir se
retenir. Elle le tint longtemps sous son pouvoir, mais elle n’en éprouvait pas le plaisir
habituel. Il l’avait changée. Dégoûtée elle s’arrêta. Jack ne bougeait plus.
Elle lui ôta ses chaînes. Il agonisait.
-Ne meurs pas lui dit-elle près de son
oreille. Il s’accrochait à elle,
-Alors arrête de me torturer, lui
murmura t-il, ça t’avance à quoi ? Je ferais ce que tu diras. Tu le sais,
je t’obéis toujours. Mais si tu veux que je t’aime il faut arrêter tout ça.
-Tu as dit que tu pourrais
m’aimer ?
-Oui, dit-il dans un souffle.
-Mais que veux-tu être d’autre, qu’un
esclave ?
-Quelqu’un de ta suite, ton amant, ton
conseiller, ton ami.
-Mon ami ? Tu es fou ! Je ne
peux pas être ami avec toi.
-Si tu le peux. Soigne-moi, oublie ton
arme de poing, et tu verras
Kali
était tentée, jamais personne ne lui avait parlé de cette façon.
Il
continuait d’une voix rendue rauque par la douleur,
-Jamais tu ne le regretteras, je peux
être un compagnon agréable, il paraît que je faisais même rire souvent mes
amis. Mais là, je vais mourir, c’est ça ce que tu veux ?
Il
s’épuisait à parler.
-C’est d’accord je vais te guérir dans
le sarcophage.
-Non pas ça, il avait le souvenir de
Daniel devenu fou par une accoutumance.
-Comment veux-tu que je te soigne
alors ?
-Laisse moi me reposer, dormir.
Elle
le coucha et il s’endormit.
Il
dormit pendant plusieurs jours, tellement son organisme était affaibli. Elle le
soignait, mais ne savait pas toujours comment faire, le faisait boire, le
lavait.
Son
tempérament violent et cruel refaisait parfois surface, alors elle l’insultait.
Et un jour comme elle levait sa main sur lui, un regard impérieux l’arrêta net
dans son élan.
Dans
sa main la pierre de guérison brillait doucement. Il sentait la douleur
refluer. Elle le guérissait. Elle ne comprenait plus, elle était prête à tout
pour le sauver.
Il
reprenait des forces grâce à une robuste constitution, maintenant qu’il était
installé beaucoup plus confortablement, tout allait mieux.
Restaient
encore les drogues qu’elle utilisait et qui l’empoisonnaient peu à peu.
Un
soir elle voulut lui faire boire quelques gouttes tirées d’une fiole qu’elle
portait toujours sur elle.
-Non lui dit-il en retenant son bras,
ce n’est pas la peine.
-Mais, c’est beaucoup mieux ainsi.
-Tu en prends toi des drogues ?
-Non, je n’en ai pas besoin, mon
tempérament me suffit.
-Alors à moi aussi ça suffira.
Il
le lui prouva.
Tout
était calme dans la base.
Chacun
avait sa tâche, et l’accomplissait. Il fallait attendre qu’un vaisseau de la
Tok’ra fut disponible dans le secteur. C’était une planète si éloignée qu’il
fallait plusieurs jours de voyage dans l’hyper espace depuis la dernière
planète disposant d’une porte.
Les
missions avaient repris pour les autres équipes SG. Sam, Daniel et Teal’c
restaient pour continuer à renforcer les défenses de la base. Le rayon inthar
de Sam avait été perfectionné, et pour le moment aucune intrusion n’avait été
signalée. Mais la méfiance restait de rigueur. Au niveau du système
informatique il y avait souvent des petites pannes, des fichiers qui
s’effaçaient apparemment sans intervention extérieure. Sam essayait de purger
le système mais cela ne faisait rien.
-Je crois que Kali a installé des
mouchards dans le système mon général, je n’arrive pas à les enlever.
-Cela ne peut pas venir d’autre chose
major ?
-Je ne pense pas mon général, à mon
avis elle contrôle toujours la base.
-Mais alors pourquoi attend-elle si
longtemps ?
-Elle doit se reconstituer une armée de
jaffas, dit Teal’c. Elle ne doit pas être prête.
-Maintenant, parle-moi de ta
base ?
Il
ouvrit des yeux effarés :
-Qu’est ce que tu veux que je te dise,
ça fait si longtemps que j’en suis parti, ils ont sûrement tout changé.
-Viens voir.
Elle
le conduisit sous le palais où un important dispositif informatique était
installé.
-Waou ! dit-il surpris
-Tu t’y connais en informatique ?
-Pas du tout, tu sais t’as pas choisi
le plus fort au niveau de … et il toucha sa tête.
Elle
rit.
Depuis
qu’elle savait qu’il l’aimait elle était heureuse, apaisée. Elle n’avait plus
besoin, ou rarement de le faire souffrir. On ne se guérit pas de ses vieux
démons en un jour.
-C’est dommage que tu ne puisses apprécier,
je sais tout ce qu’ils font dans ta base :
-Vraiment tout ?
-Oui, j’y ai mis des mouchards, qui
envoient des impulsions dans le sub espace. Oh
la femelle doit bien s’apercevoir que quelque chose ne va pas, mais elle
est incapable de savoir d’où cela vient.
-Elle doit bien s’en douter. Non ?
Elle
rit
-Ça n’a aucune importance, je sais tout
ce que je dois savoir, et je peux leur donner de fausses informations. C’est
comme ça que vous avez été sur la planète d’Hadès. Vous vous en êtes encore
tirés cette fois là, dit–elle non sans admiration.
Sa
voix perdit un peu de sa fermeté :
-Et tu continues à leur donner de
fausses informations
-Bien sûr, il y a déjà de nombreux
morts dans vos équipes.
Son
cœur battit un peu plus vite :
-Sg1 ?
-Non, je me les garde. Mais tu
t’intéresses encore à eux ? Fais attention !
Quelquefois
le naturel reprenait le dessus et elle avait du mal à se contrôler. Elle était
encore tentée de le faire souffrir. Un regard de lui suffisait à la calmer. Il
avait tout pouvoir sur elle.
-Je voudrais que tu cesses ton projet
d’attaque contre la Terre.
-Et pourquoi ferais-je ça ?
-Parce que je te le demande.
-Ah le petit colonel demande et ça
suffit ? Non mais tu te prends pour qui ?
Il
la fit taire d’un baiser, elle se laissait faire, elle l’adorait, il la rendait
folle. Il savait être doux et si fort en même temps. Elle adorait jouer les
faibles femmes, elle se pâmait dans ses bras.
-Promets-le moi et je te ferai… (il lui
murmura quelque chose à l’oreille) elle rit d’un rire de gorge. Mais en même
temps elle se méfiait. Tout à la fois elle voulait lui faire confiance.
-Et que me donneras-tu en échange.
-Moi
Elle
rit :
-Mais je t’ai déjà !
-Oui, mais pour toujours, je leur dirais
de ne pas venir me chercher. Si je leur dis, ils m’écouteront.
-Pourquoi te ferai-je confiance ?
Il
répondit par une autre question :
-Quel est le plus important pour toi,
la Tauri ou moi ? Il y a d’autres mondes à conquérir, tu sais et je
t’aiderais.
-Tu ferais ça ?
-Oui, et si tu t’attaques à la Terre tu
devras partager avec les autres grands maîtres, tu l’as oublié ? Tandis que si tu renonces, tu pourras
conquérir ce coin de la galaxie, où tu es seule, tu n’auras à partager avec
personne.
Elle
rit encore :
-Je ne te connaissais pas si fin
stratège.
-C’est mon métier, je suis militaire,
même si je n’en porte plus l’uniforme. Alors tu dis oui ?
-Je saurai te rappeler ta promesse.
-Tu n’auras pas besoin.
Tout
était calme dans la base.
Sam
vaquait à ses occupations le cœur un peu plus lourd chaque jour. Elle parlait
souvent avec Daniel de leur ami commun. Cela lui faisait du bien. Les mois
avaient passé et on ne savait toujours rien.
Puis
un jour Anise revint.
-Vous allez pouvoir partir, un vaisseau
sera sur place demain.
Sam
avait peur qu’il ne soit trop tard pour le colonel. Il avait l’air si mal la
dernière fois quand il était apparu sur les écrans.
Tout
était calme dans la base.
La
lumière s’éteignit, les ordinateurs aussi. Le vortex s’ouvrit et la flaque
bleutée jetait des lueurs froides dans la pénombre de la salle d’embarquement.
-Coucou, c’est moi !
Le
visage souriant du colonel O’Neill apparut sur tous les écrans de la base. Il
avait l’air en forme. Près de lui se tenait Kali, triomphante.
-Je voulais juste vous dire, de ne pas
me rechercher, nous allons partir tous les deux.
Sam
horrifiée vit Jack prendre la main de Kali et lui donner un baiser sur les
doigts. Ils se regardaient comme deux amoureux.
-Colonel O’Neill dit Hammond, vous êtes
sûr que tout va bien ?
- Très bien, Georges, nous partons à la
conquête de l’univers.
-Jack dit Daniel, elle vous a
transformé en goa’uld ?
-Pas du tout, je suis toujours
moi-même.
-Ah oui, j’allais oublier de vous dire
que kali renonce à son attaque sur la terre. Les mouchards vont s’autodétruire
dans le système de la base.
-Et que veut-elle en échange
colonel ?
-Moi
-Vous avez accepté ?
-Je le lui ai même proposé, n’est ce
pas ma reine ? Dit–il en se tournant vers la déesse.
-Je vous le promets, dit la voix rauque
de Kali, dès que cette communication sera terminée, nous ne pourrons plus
jamais communiquer, et je laisserai la Tauri.
La
communication fut brutalement coupée. Tout revint à la normale et le vortex se
referma.
Ils
étaient atterrés.
-C’est impossible, c’est une ruse dit
Teal’c. O’Neill ne peut pas être passé à l’ennemi comme ça.
Sam
pleurait sans pouvoir se retenir.
Daniel
essayait de la consoler comme il pouvait.
-Nous allons aller le chercher, tout
est prêt. Il faudra qu’il nous le dise
de vive voix s’il veut faire sa vie avec elle.
-Nous allons revoir cet appel, il y a
peut-être quelque chose qui nous a échappé, dit le général Hammond.
-J’ai trouvé dit Hammond en se levant,
il m’a appelé Georges.
- C’est pas votre prénom ? Dit
Daniel surpris.
-Oui bien sûr, mais le colonel
m’appelle toujours général. Je me rappelle au début du programme nous avions
mis au point un petit stratagème, si le colonel était sous influence au cours
d’une mission, ou menacé, et que nous pouvions communiquer, nous avions convenu
qu’il m’appellerait Georges. Je ne m’en souvenais plus. Mais ça vient peut–être
de lui sauver la vie.
-Nous partons quand dit Sam ?
-Tout de suite.
Sam
était heureuse c’était son père qui conduisait le vaisseau de la Tok’ra,
c’était de bonne augure. Hammond était du voyage.
En
quelques jours ils arrivèrent à destination et se posèrent sur un endroit
désert assez éloigné du palais de kali.
Ils
progressèrent de nuit, en se cachant. Les premiers gardes furent tués sous
l’effet de la surprise. Mais ils furent étonnés de voir si peu de jaffas. Kali
préparait déjà son offensive et en avait expédiés sur ses vaisseaux pour
préparer le terrain. Elle se préparait à partir quand elle entendit les
premiers tirs d’armes. Elle reconnut le bruit des pistolets mitrailleurs des
terriens. Elle fut prise d’une rage folle. Mais c’était trop tard, elle était
entourée d’humains qui la menaçaient.
C’est
alors elle le vit LUI, transformé, le visage dur, les yeux impitoyables,
il avait à la main une de ses armes qui tuent.
Elle
ne bougea pas. Tous firent silence. Ils l’entouraient,
elle se savait perdue.
-Vas y
tire, dit-elle à O’Neill, je sais que tu n’oseras pas, ta faiblesse de
terrien sera la cause de ta mort.
A
l’instant même où elle levait la main, une rafale la plia en deux. Elle tomba
en un mouvement qui parut très lent à O’Neill, il laissa tomber son arme
fumante, et s’agenouilla près d’elle.
Elle
mourut dans ses bras, elle le regardait hésitant entre la fureur et l’admiration.
Ce fut l’admiration qui l’emporta :
-Tu es vraiment quelqu’un …
Jack
se releva lentement
-Rentrons.
Le
briefing réunissait ce matin là, Daniel, Sam et Teal’c autour du général
Hammond.
-Asseyez vous Docteur Frazier dit le
général à Janet comme elle venait d’entrer dans la pièce.
-Mon général, dit Janet, je suis effarée de
l’état du colonel. Son sang est empoisonné par une foule de drogues que je
n’arrive même pas à identifier. L’arme de poing de Kali a fait des dégâts dans
son dos, je n’ai jamais vu ça, le scanner montre des tendons arrachés et un écrasement des nerfs.
Il souffre le martyre, et malheureusement je ne peux lui donner aucun calmant.
Cela pourrait le tuer.
-Que comptez-vous faire docteur ?
-Rien pour le moment, seul le repos
peut le sauver, et lui-même, s’il en a la force.
-Une telle captivité doit laisser des
traces indélébiles dit Daniel, il a besoin sans doute de temps. Est-ce qu’on
peut aller le voir ?
-Oui les visites sont autorisées, c’est
lui qui ne veut voir personne.
Daniel
s’arrêta devant la porte de l’infirmerie, et hésita. Il prit une bouffée d’air
et entra. Jack était étendu et paraissait dormir. Une infirmière vérifiait sa
perfusion, il y avait toujours quelqu’un en permanence près de lui, on ne le
laissait jamais seul. Sur un signe de Daniel, l’infirmière s’éloigna mais resta
à proximité derrière la vitre.
-Jack, dit Daniel à voix basse, je sais
que vous ne dormez pas.
Un
grognement lui répondit.
-Je voulais juste voir comment vous
alliez, et si vous aviez besoin de quelque chose. Vous savez que vous pouvez
compter sur moi, et sur nous tous.
Il
s’assit sur une chaise près du lit, et commença à parler.
-Vous ne devinerez jamais Jack ce qui
m’est arrivé l’autre jour… Il lui raconta la vie de la base pendant son
absence. Lui permettant ainsi de recoller avec la réalité. Jack ne parlait pas
mais il écoutait, un léger sourire effleurait ses lèvres au récit d’une
anecdote.
Ils
se relayaient à son chevet, Sam, Teal’c, même le général. Ils ne le laissaient
jamais seul. Ainsi Jack, put découvrir qu’on ne l’avait jamais laissé tomber.
Si sa captivité avait été si longue, c’est qu’on ne savait pas où il était. Et
quand on l’avait découvert, le problème s’était compliqué par le fait que la
planète n’avait pas de porte des
étoiles. Il put aussi se rendre compte de la place qu’il avait au sein du SGC.
Il en fut doucement ému.
Ses
blessures physiques se remettaient, au bout de 3 semaines, il put se lever et
assista à son premier briefing.
Il
était changé, il ne parlait presque pas, juste quelques mots pour l’essentiel,
ce qui les inquiétait c’est qu’il ne faisait plus aucune blague. C’était un mur
de silence.
-Général, dit-il ce matin là, je
voudrais repartir en mission.
-Non colonel, le général hochait la
tête avec regret, je ne peux pas.
Jack
eut un sursaut de colère
-Pourquoi ?
-Le docteur Frazier n’a pas donné son
feu vert. Elle dit que vous souffrez encore beaucoup, et que vous n’êtes pas en
état.
-Je me sens bien dit-il.
-Non Jack, je regrette.
Alors
le colonel comprit
-Vous n’avez plus confiance en moi,
c’est ça ? Son regard se fit très dur, il se posa sur chacun comme pour
les jauger. Alors dans ce cas c’est simple, vous aurez ma démission sur votre
bureau tout à l’heure mon général.
-Jack, dit Hammond, ne soyez pas si
dur. Et de toute façon je refuse votre démission.
Il
ajouta en pesant ses mots :
-Colonel, votre captivité a duré 7
mois. C’est long, nous devons savoir ce qui s’est passé.
Et
comme Jack ébauchait un geste,
-Laissez moi finir colonel, vous
connaissez les règlements, vous avez eu des relations très ambiguës avec Kali,
Et
comme il rougissait violemment :
-Attention je ne vous accuse de rien, mais
je dois savoir, nous devons savoir. Vos hommes doivent savoir. La confiance a
pu être mise un peu à mal, vous devez l’admettre. La dernière apparition que
vous avez faite sur nos écrans nous a laissé pantois. Il fallait avoir une
sacrée confiance en vous pour même supposer que vous puissiez jouer la comédie.
Vous paraissiez très proche de cette goa’uld. Elle ne vous menaçait pas, elle
n’avait même pas son arme de poing. Donc vous étiez libre de parole. On a même
eu l’impression que c’était vous qui la commandiez, ce n’est pas banal
ça ! Je veux bien croire qu’elle vous avait drogué, mais vous paraissiez
très à l’aise. On était en droit de croire que votre captivité n’en était pas
une. D’ailleurs, je dois vous avouer que j’ai été tenté de vous laisser tomber.
Vous étiez un adulte consentant, après tout, et libre de choisir votre destin. Seul le fait que vous m’appeliez par mon
prénom m’a mis la puce à l’oreille, et cela a fait pencher la balance en votre
faveur. Mais vous pouvez remercier Teal’c, le major, et le docteur Jackson, ils
ne vous ont jamais laissé tomber.
-On n’abandonne pas les nôtres, mon
colonel, dit Sam.
Le
regard de Jack se radoucit, il lui sourit sans répondre.
-Alors si j’ai bien compris mon
général, vous me collez un rapport monstrueux, et je n’ai pas le choix, c’est
bien ça dit-il en soupirant.
-Vous avez parfaitement compris. Je
veux tout savoir. D’ailleurs ça vous fera du bien de le faire. Il ajouta un peu sèchement
-Colonel vous êtes consigné à
l’infirmerie. Vous n’aurez à votre disposition qu’un ordinateur, c’est tout.
Vous n’avez qu’une seule chose à faire : votre rapport.
Jack
eut un haut le corps
-Consigné mon général ?
-Consigné et sans visite.
Le
colonel O’Neill se leva et quitta la pièce sans un mot.
Janet
l’attendait
-Vous étiez au courant vous, n’est-ce
pas ? Dit-il d’un ton rogue.
-Oui colonel.
-Allez au travail !
-Je ne sais même pas par où commencer.
C’est impossible de me rappeler de tout, c’est long sept mois.
-Alors travaillez par thème. Découpez
votre récit, ne cherchez pas l’ordre chronologique. Faites comme ça vous vient.
Mais il y a plusieurs choses auxquelles le général tient tout
particulièrement : ce que vous avez éventuellement dit sur la Terre, vos
conditions de détention, l’évolution de vos relations personnelles avec Kali.
Et ce qui s’est passé entre vos deux apparitions sur les écrans de la base.
Comment vous en êtes venu à traiter d’égal à égal avec elle. Janet ajouta plus
doucement :
-Ce déballage vous fera grand bien
Jack, ça vaut tous les jours une psychothérapie. Et je peux vous aider à y voir
plus clair. Quand votre rapport sera terminé, je le lirai et vous aiderai à approfondir certains évènements. Mais nous
n’en sommes pas encore là.
-Installez-vous là, vous pouvez
commencer.
Jack
s’assit lourdement et ouvrit l’ordinateur.
Il
savait que ce serait dur, mais n’avait pas pensé que ce serait à ce point. Il
eut du mal à commencer ; mais les premiers mots venus, le reste fut plus
facile. Il décrivit sans
complaisance les évènements, les souffrances endurées, les tortures, les viols
aussi, quand elle le droguait si fort et qu’il n’était pas consentant. De temps
à autre il était pris de violentes nausées, qui vidaient son corps, mais aussi
lavaient l’abcès de son âme. Il dut se replonger dans ses relations ambiguës,
l’avait-il réellement aimée ? Il ne pouvait répondre seul à cette question.
Le
général Hammond se tenait informé. Seule Janet était près du colonel pour le
soutenir dans cette épreuve.
Quand
il arriva au passage où il l’avait tuée, il revécut la souffrance qu’il avait
éprouvée. Il en était effaré, alors Janet lui parla du syndrome de Stockholm.
Un syndrome reconnu par la médecine psychiatrique, qui faisait éprouver de
l’attachement et même une certaine forme d’amour envers le ravisseur. Cela lui
fit beaucoup de bien, il n’était pas un monstre. Et elle ajouta,
-Le fait que vous l’ayez tuée vous-même
montre que votre inconscient refusait cette relation. Mais cela n’excluait pas
la souffrance, il faut que vous le compreniez. Vous n’êtes pas responsable.
Vous êtes quelqu’un de bien Jack O’Neill, elle-même l’a reconnu.
Quinze
jours plus tard, c’est un autre homme qui sortit de l’infirmerie.
Le
débriefing suivant fut beaucoup plus détendu ; On retrouvait presque le
colonel habituel.
-Colonel, nous avons lu votre rapport.
Tout est clair maintenant pour nous, vous avez été une victime, qui a su
protéger sa vie comme c’était son devoir. Nous avons compris votre sacrifice.
C’était pour empêcher la destruction de la Terre que vous avez fait, ou subi
tout ça. Nous vous en serons toujours éternellement reconnaissant.
Naturellement tout cela restera entre nous. Le sénateur Kinsey se contentera
d’un rapport édulcoré, dit-il avec un sourire.
Tous
regardaient Jack en souriant. Cela lui réchauffa le cœur et pour cacher sa gêne
il dit :
-C’est maintenant que je dois sortir
une blague idiote ! Eh ben j’en ai pas !
Tous
éclatèrent de rire.
Et
la vie reprit son cours au SGC.
FIN