DEPUIS LA PORTE
ILS MARCHAIENT DANS LE SABLE…
Aurélia
Fic
7
Septembre
2003
Episode :
aucun
Disclaimer :
les personnages ne m’appartiennent pas sauf ceux que j’ai créés, à
savoir : Otintelneu, Trekat, Kelnem, et quelques autres.
Avertissement de l’auteur ; Daniel et Jonas sont ensembles dans SG1
Résumé :
Sur une planète hostile, Jack est condamné à mort.
Classification : Accord
parental souhaitable
Chapitre 1
P8X492
Depuis
la porte, ils marchaient dans le sable à grandes enjambées. Une couleur jaune
éblouissante sous un soleil de plomb les aveuglait. La chaleur était presque
insupportable, et sous le barda militaire ils suaient à grosses gouttes.
Autour
d’eux s’étendait un désert qui leur paraissait immense. Une étendue de dunes et
des rochers qui pointaient vers un ciel uniformément bleu, leurs sommets
déchiquetés.
Après
avoir parcouru un kilomètre environ, O’Neill râla :
-Encore une mission inutile, du sable, rien
que du sable, j’ai mentionné du sable ?
-Vous vous plaignez tout le temps dit
Daniel, au moins nous ne sommes pas sur une planète glaciaire que vous détestez
tant.
O’Neill
bougonna quelque chose que personne ne comprit.
-Vous avez senti Carter ?
-Quoi mon colonel ?
-Rien du tout.
Et
chacun se concentra sur leurs pas qui devenaient de plus en plus pénibles.
-Inutile d’aller plus loin, commanda
O’Neill, demi-tour !
-Mon colonel ?
Samantha
Carter s’arrêta brusquement, elle semblait avoir trouvé quelque chose.
-Mon
colonel, il me semble que droit devant nous il y ait un phénomène curieux,
c’est infime, on dirait comme une vibration de l’air.
O’Neill regarda à
s’arracher les yeux, il mit sa main en visière :
-C’est
un mirage, Major !
-Le
colonel a raison, dit Jonas, on dirait une vibration due à la chaleur.
-Mais
alors pourquoi à cet endroit précis et pas à côté ? Insista Sam
-Que
proposez-vous major ?
-On
devrait aller voir, c’est peut-être quelque chose d’important, et puis nous
sommes là pour ça !
-D’accord,
allons-y, soupira le colonel, mais il me semble que nous perdons notre temps,
il n’y a rien du tout ici.
Lentement ils se
remirent en route et au fur et à mesure qu’ils approchaient la chose étrange se
précisait, on aurait dit comme un rideau de brume légère, et transparente, on
voyait au travers. C’était un mur fait d’une multitude de points brillants.
Depuis la porte, on ne voyait rien, il fallait au voyageur toute l’audace de
SG1 pour venir jusque dans cet endroit reculé.
Daniel était très
curieux de voir s’il y avait quelque chose derrière et comme il avançait d’un
pas Sam l’avertit :
-Faites
attention Daniel, c’est peut-être dangereux.
-De
toute façon dit le colonel, il n’y a rien puisqu’on voit au travers et avançant
le pied il traversa le champ de brume et disparut.
Jonas poussa un cri, il
se précipita et disparut à son tour.
Sam arrêta Daniel qui
n’écoutant que son bon cœur voulait aller lui aussi porter secours à ses amis.
-Inutile
d’aller plus loin, il faut rentrer à la base et chercher du secours
La tête basse et le cœur
étreint d’une douleur qu’elle ne pouvait pas expliquer, Sam prit la tête du
petit groupe et se dirigea vers la porte des étoiles.
Ils marchèrent pendant
une demi-heure, avançant péniblement dans le sable, ils s’enfonçaient jusqu’aux
genoux et chaque pas leur coûtait.
-Nous
devrions être arrivés depuis longtemps, Daniel examina sa boussole, pourtant
nous avons pris exactement le même chemin, ajouta t-il pensif.
-On
voit toujours la trace de nos pas Daniel Jackson, dit Teal’c, suivons-les,
elles devraient nous amener à la porte.
Le nez dans le sable
pour mieux suivre leurs propres traces ils arrivèrent en un lieu vierge de
toutes traces de pas.
-la
porte devrait se trouver là exactement, dit Sam pas loin des larmes. La fatigue
se faisait sentir et la disparition du Colonel et de Jonas était une épreuve
difficilement supportable.
-Mon
Dieu que se passe t-il sur cette planète ?
-Regardez !
Dit Daniel d’un ton stupéfait, nos pas ont disparu. Ils se trouvaient en effet
immobiles, dans un endroit désert, comme s’ils étaient tombés du ciel.
-Oh, je n’aime pas ça du tout !
-La
nuit va bientôt tomber major Carter dit Teal’c, et si nous bivouaquions ici,
demain nous y verrons peut être plus clair. La voix calme de Teal’c rasséréna
Sam.
-Vous
avez raison Teal’c, il faut essayer de se reposer un peu.
Ils s’installèrent pour
la nuit, mangèrent sans appétit quelques rations militaires.
-ils
devraient un peu varier les menus, c’est du poulet ça ? Dit Daniel en
montrant un sandwich informe à Sam. Il essayait de détendre l’atmosphère, mais
c’était raté, Sam resta les yeux dans le vague, fixés sur l’emplacement où
devrait se trouver la porte.
-C’est
quand même étonnant cette disparition. Elle retourna à l’emplacement, fit
quelques pas, mais ne trouva rien. Découragée, elle retourna vers ses amis, en
soupirant.
-Je
crois que pour ce soir, c’est fini, il commence à faire nuit. On verra demain.
Le soleil se coucha et
très rapidement la nuit tomba glaciale. Un vent se leva qui fit tourbillonner des
flots de sable s’insinuant dans leurs vêtements. Ils s’emmitouflèrent dans leur
duvet, mais les sifflements du vent et l’inquiétude qu’ils éprouvaient les
empêchèrent de trouver le sommeil.
L’aube les trouva
fatigués, ayant à peine pu fermer les yeux. Ils étaient recouverts d’un sable
fin, dont ils émergèrent péniblement. A l‘infini s’étendait du sable et des
rochers, de la porte des étoiles nulle trace. Ils étaient perdus au milieu de
nulle part.
-Et
Cette fichue porte, où est-elle ? De toute façon elle ne nous servirait à
rien, notre code pour ouvrir l’iris n’est plus valide depuis hier soir. C’est
en poussant un gros soupir que Daniel prononça ces mots.
-Qu’allons-nous
faire ? Demanda Daniel qui instinctivement se tournait vers Sam, qui
devenait du fait de la disparition du colonel, le chef de l’expédition.
-Retournons
à l’endroit où nous avons perdu le colonel et Jonas.
Avec l’aide de leurs
instruments, ils retrouvèrent bientôt l’endroit où leurs amis avaient disparu.
Ils s’arrêtèrent devant
le rideau de brume qui n’avait pas bougé depuis la veille.
-Et
maintenant, que faisons-nous Major Carter ?
-Il
ne nous reste plus qu’à plonger nous aussi, nous n’avons pas le choix. Il y a
peut-être quelque chose là-bas. De toute façon, nous ne pouvons pas avoir de
secours, puisqu’il n’y a plus de porte.
Après s’être concerté du
regard une seconde, ils pénétrèrent ensemble dans le monde invisible.
-Il
ne reste plus qu’une heure mon général.
-Je
sais lieutenant, mais en une heure il peut se passer beaucoup de choses.
Le général Hammond
faisait les cents pas derrière la vitre qui surplombait la porte des étoiles.
Ce n’était pas la 1ère fois qu’une telle situation se présentait.
Une équipe était en retard au rendez-vous, et c’était à chaque fois la même
histoire. On en faisait tout un plat comme si voyager à travers les étoiles était
aussi facile que de prendre un train. C’était normal qu’il arrive des imprévus.
Mais dans les hautes sphères du pouvoir, on ne voulait rien savoir. Ils étaient
en retard, eh bien tant pis. Le programme coûtait trop cher et il fallait le
rentabiliser au maximum. Le général Hammond savait tout cela, mais il n’avait
pas du tout envie de se plier à tous ces règlements.
Ils avaient essayé de contacter
l’équipe, mais n’avait eu aucune réponse, le vortex était resté ouvert sur le
vide, il n’y avait rien, ni personne.
Les minutes défilaient à
la fois d’une lenteur exaspérante et d’une effroyable rapidité. Les dernières
secondes tombèrent comme du plomb fondu. Tous avaient le regard fixé sur
Hammond, qui par défi s’accorda une minute supplémentaire.
-Annulez
le code.
Sa voix tomba glaciale
et chacun se replia sur lui-même, se concentrant sur son travail pour ne pas
voir dans les yeux des autres le reflet de sa propre souffrance.
Ils furent aussitôt
entourés d’une foule de guerriers. Ils ne purent rien faire et succombèrent
sous le nombre, et c’est désarmés et étroitement ligotés qu’ils furent traînés
au centre du village.
Les guerriers qui les
portaient plus qu’ils ne les conduisaient n’étaient pas des Jaffas, ils avaient
l’air humain et portaient des armes traditionnelles, un peu comme celles de
SG1.
Ils traversèrent des
rues bordées de petites maisons de bois aux toits de tuiles. Les habitants sur
le pas de leur porte les regardaient passer, sans aucune hostilité mais plutôt
avec curiosité. Les femmes étaient vêtues de vêtements sombres, noirs ou bleu
foncé, de longues jupes épaisses pouvant résister à des froids intenses. Elles
portaient des chemisiers ou des caracos et un épais châle de laine qui leur
couvrait la tête et le haut des épaules.
Les hommes étaient vêtus
de grossiers lainages, brun ou noir. Seuls les enfants portaient des couleurs
vives, un curieux entassement de vêtements colorés qui ne laissaient voir que
leurs frimousses aux regards rieurs.
Sam sentait le froid la
pénétrer, les liens serrés dont ils l’avaient attachée ne facilitaient pas la
circulation du sang. Elle jeta un regard furtif à ses amis qui ne paraissaient
pas en meilleure posture qu’elle.
-Etrange ce froid, nous sommes pourtant dans
un désert brûlant !
La foule ne
paraissait pas hostile, ils regardaient les étrangers avec curiosité, seul le
passage de Teal’c provoqua quelques murmures.
Arrivés au centre du
village, ils furent conduits dans une maison qui possédait des barreaux aux
fenêtres, on détacha leurs liens et ils furent poussés dans une pièce où Jonas
et Jack se levèrent d’un bond à leur arrivée.
Le colonel était
furieux :
-Major,
pourquoi avez-vous franchi le passage, il fallait repartir tout de suite
chercher du secours ! il continua un moment sur l’inconséquence de ses
subordonnés et ne paraissait pas vouloir laisser parler Sam
Celle-ci éleva la voix
-Mon
colonel écoutez-moi !
Jack s’arrêta,
interdit !
-Quoi !
Major,
-Nous
avons voulu aller chercher du secours et rentrer sur terre, mais la porte avait
disparue.
-Disparue ?
Comment ça ?
-Oui
disparue, envolée, volatilisée, dit Daniel, c’est clair non !
-Ne
vous fâchez pas Daniel c’est inutile dit Sam en posant une main apaisante sur
le bras de son ami.
-Il
nous accable de reproches comme si c’était de notre faute !
-Oh
Danny Boy, vous allez quand même pas vous fâcher. Ça fait plus d’une journée
que nous sommes là et nous n’avons encore vu personne. C’est à croire qu’on
veut nous laisser pourrir dans cet endroit.
-On
nous passe seulement un peu de nourriture par cette trappe là en bas, dit Jonas
en montrant une ouverture dans le mur. Et je vous assure qu’il n’y a pas de
quoi faire bombance !
-Et
si on essayait de dormir maintenant, ça ne sert à rien de discuter pendant des
heures. Demain quand nous serons reposés, on avisera. Disant ces mots Jack mit
sa veste sous sa tête, et ferma les yeux.
Ils dormirent peu,
malgré la fatigue. Sam se posait sans cesse les mêmes questions, la porte ne
pouvait pas avoir disparue, c’était impossible, et ce monde si froid en plein
milieu d’un désert ! Tout cela n’était pas logique.
Le lendemain, la porte
de leur prison s’ouvrit et on les emmena
sur la place centrale de la ville. Une foule gaie et colorée se déplaçait entre
les étals des commerçants ambulants ; et c’est dans un brouhaha, et au
milieu d’une population indifférente qu’ils furent conduits sur une sorte
d’estrade en pierre qui servait de support à un … gibet.
Une cloche sonna
longuement et les habitants, délaissant leurs activités, vinrent se placer
autour du monument de pierres. La foule s’ouvrit en deux pour laisser passer un
étrange personnage ventripotent, d’un âge avancé et vêtu d’une longue robe
jaune et d’une sorte de chapeau en entonnoir qui le faisait paraître plus grand
de plusieurs centimètres.
Les prisonniers étaient
debout au pied du gibet et attendaient anxieux ce qu’ils pensaient être leur
exécution. Ils se jetaient des regards, prêts à bondir, mais ils avaient été
désarmés et ils n’étaient pas sûrs que la foule les laisserait passer.
Je m’appelle Otintelneu,
dit l’homme d’une voix de stentor qui fit taire aussitôt les conversations.
-Etrangers,
pourquoi êtes vous venus dans notre ville, vous ne savez donc pas que c’est
strictement interdit ?
Jack donna un coup de
coude à Daniel pour qu’il place son petit couplet habituel :
-Nous
sommes des explorateurs, des voyageurs pacifiques, et…
-Pacifiques
tonna Otintelneu, et les armes que vous aviez sur vous ?
-C’est
juste pour nous défendre.
Sam était suffisamment
près pour ne sentir en Otintelneu la présence d’aucun Goa’uld.
Jack lui souffla dans le
cou
-Des
serpents ? Major
-aucun,
mon colonel, je suis aussi surprise que vous.
Elle répondit les lèvres
serrées, et ses paroles se perdirent dans le bruit que faisait la foule, en
voyant arriver un autre personnage, encore plus imposant que le premier, qui
était vêtu d’une longue robe rouge, et d’une cagoule de la même couleur qui recouvrait
son visage.
-Le
bourreau, le bourreau murmura la foule. Et un grand silence se fit. Le cœur de
Sam battait si fort qu’elle avait l’impression que tout le monde pouvait
l’entendre. Insensiblement elle se rapprocha du colonel presque à le frôler.
-Qui
est votre chef ? Demanda Otintelneu.
Jack O’Neill fit un pas
en avant, sans dire un mot, mais il se plaça devant Sam comme pour la protéger.
-Nos
lois sont formelles, reprit Otintelneu, les étrangers qui franchissent notre
seuil doivent mourir. Vous êtes donc condamnés à mort. Cependant, votre chef
seul sera exécuté, car lui seul est responsable, vous n’avez fait qu’obéir aux
ordres. Quand il sera mort vous pourrez repartir et soyez assurés que vous
serez empêchés de revenir !
Et se tournant vers un homme
jeune qui se tenait à ses côtés,
-Mon
ministre va vous lire la sentence, prévue par la loi.
L’homme fit un pas en
avant et sa voix jeune et claire s’éleva dans l’air pur et frais.
« La mort est
requise contre les étrangers qui franchissent notre seuil, le coupable reçoit
dix coups de nuede par jour, jusqu’à ce que la mort s’en suive. »
Jack sentit une sueur
froide lui couler dans le dos. La mort
oui, elle fait partie de ma vie, je sais que tôt ou tard cela arrivera au cours
d’une mission, j’en ai pris mon parti,
mais pas comme ça, par une lente torture et puis c’est quoi un nuede ?
Il se raidit et regarda
fièrement la foule, il ne fallait pas leur montrer que la peur lui tordait les
entrailles. Et puis s’il ne me tue pas
tout de suite du premier coup, il y a encore de l’espoir.
Le silence s’abattit sur
la foule, cette sentence devait être extrêmement rare, car des gens
sursautèrent, et des voix s’élevèrent, quelques protestations fusèrent.
Mais Otintelneu les fit
taire d’un geste de la main :
-Mes
amis, vous me connaissez, vous savez que l’existence de ce village doit rester
secrète, ce n’est pas de gaieté de cœur
que j’agis ainsi, et quand leur chef sera mort, je suis sûr que ces
étrangers auront à cœur que personne ne se risque à venir troubler notre
tranquillité.
C’est une question de
survie pour nous.
La sentence sera
appliquée demain, et se tournant vers les prisonniers :
-Nous
allons vous reconduire dans un endroit où vous serez traité avec tout le
confort possible. Naturellement, il est inutile que je vous dise de ne rien
tenter pour vous échapper, on ne sort pas de notre ville !
Ces phrases furent dites
d’un ton uni, sans haine et sans passion, mais suffisamment ferme pour leur
faire comprendre qu’ils risquaient gros à tenter quelque chose.
Les sirènes hurlaient
dans toute la base.
-Ouverture
non programmée de la porte !
Le général Hammond se
précipita vers la salle d’embarquement.
-C’est
un signal Tok’ra ! Mon général.
-Ouvrez
l’iris.
Jacob Carter courut plus
qu’il ne marcha vers le général :
-Alors
des nouvelles ? Je suis venu aussitôt que j’ai su.
Hammond le prenant par
le bras.
-Venez
avec moi Jacob !
Le général lui fit le
récit des derniers évènements, le départ pour la planète P8X492, le non-retour
de l’équipe SG, et l’annulation du code au bout de 24 heures comme c’était
prévu.
-En
fait nous ne savons rien, nous avons ouvert la porte et la sonde ne nous a
montré qu’une immense étendue de sable, de rochers, et aucun habitant. Ensuite,
nous avons envoyé une équipe d’exploration qui n’a rien trouvé, ils ont exploré
les environs de la porte sur plusieurs kilomètres et au retour ils ont eu du
mal à ne pas se perdre. Ils ne retrouvaient plus la porte des étoiles. Elle
avait disparu. Et elle est réapparue peu après. Ils ont pu rentrer mais il me
paraît dangereux et inutile d’y retourner. A mon avis, ils ne sont plus sur
cette planète depuis longtemps.
-Vous
pensez à un enlèvement ?
-C’est
là que j’ai besoin de vos lumières Jacob, dans ce secteur de la galaxie, y a
t-il des planètes goa’ulds ?
-Oui,
il en a plusieurs, l’une est gouvernée par un certain Xutine,
c’est un Goa’uld au service de Kali. Elle possède d’ailleurs plusieurs planètes
dans ce secteur.
-Vous
croyez qu’ils auraient pu tomber entre les mains de Kali ?
-Oui,
ce n’est pas sans m’inquiéter car Kali est une Goa’uld redoutable et
sanguinaire, soupira Jacob.
-Je
suis sûr qu’ils vont s’en tirer, ils ont connu bien pire. Hammond se voulait rassurant, mais il
comprenait l’inquiétude de Jacob pour sa fille.
-Je
prends ça en main général Hammond, la voix grave de Selmac acheva de rassurer
le général. Il savait que le Tok’ra bénéficiait de
puissants alliés et qu’il ferait l’impossible pour sauver la fille de son hôte.
Ils ne furent pas
conduits à la prison mais dans une maison confortable, où un bon feu brûlait
dans l’âtre. La table était mise pour cinq personnes. Ils furent invités à
s’asseoir et à se restaurer ;
-Je
n’ai pas très faim, dit le colonel.
Ils n’échangèrent pas
d’autres mots, et grignotèrent du bout des dents, sans appétit, l’angoisse au
cœur. La présence de deux femmes qui les servaient les empêchait de se parler.
Après le repas ils furent conduits dans une grande chambre où pouvaient dormir
une dizaine de personnes. Cinq lits étaient faits et toujours en silence ils
s’allongèrent. Les femmes disparurent quand elles les crurent endormis. Le
cliquetis d’une clé dans la serrure et le silence retomba sur la maison.
-Mon
colonel ça va ? Murmura Sam.
-Comment
voulez-vous que ça aille, Carter, ils vont me tuer à petit feu ! Et je ne
sais même pas pourquoi.
-Il
se passe plein de choses bizarres ici, dit Jonas.
-Des
choses bizarres, il y en a à la pelle, une porte qui disparaît, un village
glacial dans un désert, une condamnation à mort sans jugement, des gens
étranges, il ne manque plus que quelques serpents et ce sera complet.
Le colonel arpentait la
pièce en fulminant, se déchargeant d’une colère qu’il avait enfouie en lui-même
depuis plusieurs heures.
-Des explications
Carter ?
Et voyant qu’elle ne
répondait pas
-Ce
serait pourtant le moment de trouver quelque chose, dans votre joli
cerveau ! J’ai pas envie de me
faire trucider, et puis c’est quoi un « nuede » ?
-Peut-être
un genre de bâton de torture ? Suggéra Daniel
-Rien
d’autre d’intéressant à dire Daniel ? C’est vrai qu’il n’y a pas de
symboles ici, pour votre intelligence supérieure. Sauver un homme vous
intéresse moins que vos chers hiéroglyphes !
-Là
Jack vous êtes injuste ! Ce n’est pas parce qu’une bande de dégénérés vous
a condamné à mort que vous devez forcément mourir, et puis nous insulter ne
vous servira à rien.
Jack s’arrêta, les deux
hommes se fixèrent un moment avec colère, puis Jack ravala l’insulte qui lui
venait aux lèvres.
-Excusez-moi,
j’ai perdu mon sang froid, ça ne se reproduira plus. Sam le regardait les
larmes aux yeux sans un mot.
-Je
m’excuse Major, insista t-il avec encore un peu d’énervement dans la voix. Sam
préféra ne pas répondre et hocha la tête en souriant.
-Et
si maintenant on envisageait un plan d’attaque dit Teal’c calmement.
Ils discutèrent encore
un long moment à voix basse avant de se coucher sans avoir vraiment trouvé une
solution. Sans armes, sans porte, dans un monde si éloigné du leur qu’il leur
faudrait des années dans un vaisseau pour y arriver, comment s’échapper ?
Le lendemain, ils furent
conduits à nouveau sur la place, et Jack resta seul sur le gibet. On lui lia
les poignets au poteau et sa chemise fut arrachée d’un coup sec. Ses amis
étaient assis au premier rang d’une foule silencieuse et obligée de regarder.
Le bourreau s’approcha,
sa longue robe rouge traînant sur le sol, et soulevant à chaque pas un nuage de
poussière.
Sam n’y tenant plus
hurla.
-Pourquoi
cette condamnation ? Nous avons le droit à une explication ! On ne
condamne pas un homme à mort sans l’entendre !
Otintelneu fit taire la
foule murmurante.
-Bourreau
! Fais ton office, cria –t-il d’une voix forte.
Le cœur battant à tout
rompre, la peur au ventre, Jack attendait dans une anxiété folle le premier
coup.
Et un long fouet
s’abattit sur le dos du colonel. Celui-ci se tassa sur lui-même pour échapper à
la morsure de la longue mèche, mais rien n’y fit, la douleur était là, atroce.
C’était pire que tout ce qu’il avait pu imaginer. Cela valait tous les jours
les instruments de torture goa’uld.
O’ Neill, serrait les
dents. Pas un cri ne s’échappait de ses lèvres crispées.
Non… je ne leur
accorderais pas le plaisir de m’entendre crier… après tout j’ai bien résisté à
Baal… il ne faut pas que je crie, pas
devant Carter… pour elle je dois tenir. … Oh mon Dieu que c’est dur…
Carter la tête
dans les mains se faisait sourde et aveugle.
Teal’c regarda
autour de lui, et fut étonné, les gens ne regardaient pas, ils étaient là mais
ils avaient fermé les yeux, ils se bouchaient les oreilles. Il ne comprenait
pas, pourquoi venir à un supplice si c’était pour ne pas le regarder ? Il
poussa Jonas du coude
-Vous
avez vu les gens ?
-Oui,
dit Jonas, c’est bizarre comme attitude, on dirait qu’ils désapprouvent ce que
fait leur chef.
-On
pourrait peut-être en profiter ?
-Pas
maintenant, regardez dans l’angle de la place. En effet une troupe d’hommes en
armes se tenaient prêts à agir à la moindre rébellion.
Le supplice
était terminé, Jack fut reconduit dans la prison avec ses amis.
Il était
allongé et ne bougeait pas.
-Mon
colonel ça va ?
-Comment
voulez-vous que ça aille ? Je me fais battre comme plâtre par une bande de
dégénérés ! Je vais mal, très mal. Il grognait plus par habitude de râler.
Cela faisait partie de lui, en aucun cas il n’aurait voulu qu’elle sache
réellement ce qu’il éprouvait.
-N’essayez
pas de bouger, mon colonel, je vais vous soigner.
Elle lui prit
les deux mains et vit les traces sanglantes laissées par les liens. Elle
frémit.
Il doit souffrir le martyre
Au même moment,
la porte s’ouvrit et les deux femmes qu’ils avaient déjà vues pénétraient dans
la pièce. Elles portaient des linges propres, une bassine d’eau, de la pommade.
Et avant que Carter ait pu faire ou dire quelque chose elles avaient déjà
dénudé le dos de jack et commencé à panser ses plaies.
Devant les
longues balafres qui couraient dans le dos de son colonel, Sam tressaillit.
-Oh
mon colonel ! Elle ne pouvait retenir une larme qui se fraya un chemin
silencieux sur sa joue.
-Ça
va carter, n’en rajoutez pas, ce n’est pas si terrible que ça !
Oh que si c’est terrible, mais si je le
dis, la pauvre Sam va se décomposer encore plus et elle est déjà tellement
blanche !
Jonas
s’approcha des deux femmes et essaya de lier connaissance avec elles.
-Je
m’appelle Jonas, et vous ?
-Ayala
dit l’une d’elle dans un souffle, mon amie c’est Anima.
-Je
peux vous poser une question ? Poursuivit Jonas.
Ayala se
contenta de le regarder sans répondre.
-Pourquoi
sur la place, tout le monde tournait la tête ?
Elle rougit
violemment et dit dans un souffle
-
On n’a pas le droit de parler de ces choses.
Comme elle
s’apprêtait à s’enfuir, Jonas la retint par le bras
-Tout
le monde pense comme vous ?
-Oui
-Mais
pas Otintelneu et le bourreau ?
-Non
-Qui
est Otintelneu ?
-C’est
notre chef
-Depuis
longtemps ?
-Je
l’ai toujours connu.
-Il
n’a pas parfois des yeux qui brillent et une voix rauque ?
Elle parut
terrorisée et se débattit
-Lâchez-moi,
lâchez-moi, je ne peux rien vous dire d’autre, il va me tuer.
Jonas la lâcha
et les deux femmes sortirent de la maison en courant.
-Je
ne sais pas si c’est bien ce que vous avez fait là Jonas, dit Daniel, vous les
avez effrayées, et elles ne nous seront d’aucun secours. Et le temps presse, je
ne sais pas si Jack pourra tenir longtemps ajouta t-il, en jetant un coup d’œil
au colonel qui reposait sur un lit.
-Je
suis sûr qu’elles cachent quelque chose insista Jonas.
Chapitre 6
Le lendemain,
ce fut deux autres femmes qui vinrent s’occuper des prisonniers.
Jour après
jour, la lente descente aux enfers d’O’Neill se poursuivait. Ses amis
essayaient par tous les moyens de faire parler les femmes qui venaient les voir
dans leur prison.
Jack
s’affaiblissait, son dos et ses poignets
n’étaient plus qu’une plaie et bientôt ses jours furent comptés.
Alors que
l’espoir semblait définitivement les abandonner et qu’ils voyaient leur ami
dépérir d’heure en heure, la porte s’ouvrit et un nouveau visage apparut.
C’était un homme jeune qui pénétra dans la pièce d’un pas assuré :
Je suis le fils
de Otintelneu, je m’appelle Tretak. Je désapprouve
totalement ce que fait mon père et j’ai décidé de vous aider. J’ai réussi à me
faire porter volontaire pour m’occuper de vous sans éveiller les soupçons.
Qu’est ce que vous voulez savoir ?
-Pourquoi
vous ferait-on confiance ? On ne vous connaît pas ? Dit Daniel
méfiant.
-Parce
que je vous ai apporté ceci. Et dans un sac qu’il tenait à la main il sortit
leurs zats qu’il avait réussi à dérober.
-Mais
pourquoi nous aider, quel est votre intérêt là-dedans monsieur le fils
d’Otintelneu ?
C’était O’Neill
qui avait parlé d’une voix basse et rendue rauque par la souffrance, mais suffisamment perceptible pour que tout
le monde se précipite vers lui.
-Vous
allez mieux mon colonel ?
-Non
mais depuis que ce jeune homme est arrivé, j’ai envie d’y croire un peu. Je ne
veux pas penser que je vais laisser ma peau dans un trou pareil !
-Je
vous assure qu’il n’y a pas de piège dans mon intervention. La seule chose que
je vous demande c’est de délivrer mon peuple de la tyrannie de mon père.
-Votre
père c’est un Goa’uld ? dit Jonas
-Ce
serait étonnant dit Carter, je n’ai rien senti.
-Je
ne connais pas les Goa’ulds
-Pourtant
Ayala a eu peur quand nous lui avons parlé des yeux qui brillent et de la voix
rauque.
-Ayala
est une femme, dit –il d’un air méprisant, elle ne sait rien et elle a peur de
tout.
-Elle
ne sait rien ?
-Non
il n’y a que moi et mon père. Il y a une tradition chez nous, le père raconte
l’histoire de notre peuple à son fils aîné qui la raconte lui-même à son fils
aîné, et ainsi de suite. C’est ainsi que notre histoire a traversé les siècles
et les générations. Il n’y a aucun écrit.
-C’est
vrai que je n’ai aperçu aucun hiéroglyphe, ni de livres dit Daniel. Mais vous
n’avez pas de grottes ou des restes de monuments qui pourraient attester de ce
que vous dites ? Dit Jonas.
-Laissez-moi
vous raconter l’histoire de notre peuple.
Ils s’étaient
regroupés autour du lit du colonel, et à voix basse, Trekat commença un long et
étrange récit.
-Nous
habitions autrefois un petit village dans le Nord de l’Europe, un village fait
de maisons de bois peint, où l’hiver le lac gelait, et l’été retentissait du
bruissement de l’eau de toutes les sources. Un magnifique pays. Bien sûr je ne
l’ai pas connu, puisque l’histoire que je vais vous raconter remonte à plus de
2000 ans.
Un jour des
étrangers sont arrivés dans d’immenses vaisseaux et grâce à des moyens magiques
ils ont transporté à bord des centaines d’habitants de notre village. Ils ne
purent rien emporter avec eux, rien de ce qui faisait leur vie. Les étrangers
emmenaient tous les hommes et toutes les femmes valides, ne laissant dans le
village que les enfants, les vieillards et les malades. Ce fut terrible, car
ils mirent le feu aux maisons et les habitants sans défense qui restaient
furent brûlés vifs. Ensuite, ils déposèrent leurs prisonniers sur cette planète
et les forcèrent à travailler dans les mines et à construire pour eux des
palais. Beaucoup moururent de maladie et mauvais traitements. On apprit petit à
petit que c’était des goa’ulds. Ils parasitaient de leurs larves les plus beaux
spécimens humains qu’ils pouvaient trouver.
La vie s’était
organisée sur la nouvelle planète. Kernen, mon
ancêtre qui était de ceux qui avaient été enlevés, était attaché à la déesse Kali, comme esclave
personnel. Un jour il fit une découverte
importante. Il avait l’habitude d’aller et venir à sa guise dans le palais.
Kali, s’était prise d’une certaine affection pour lui et lui avait même appris
à lire. Mon ancêtre bien décidé à en tirer profit pour améliorer l’ordinaire de
son peuple, acceptait sans broncher les faveurs comme les défaveurs.
Le goa’uld
ancien n’avait plus de secrets pour lui, et il savait déchiffrer facilement
tous ces hiéroglyphes qui paraissait si mystérieux à son peuple. Il avait pris
l’habitude de fouiner un peu partout mine de rien et savait prendre l’air de
quelqu’un de très occupé à une mission importante pour la déesse quand par
hasard il était découvert.
Au cours d’une
de ses explorations du palais, il trouva une curieuse machine qui paraissait
abandonnée. Personne ne s’aventurait dans cette partie du palais où étaient
entreposés des outils et des instruments bizarres dont personne ne comprenait
l’utilité. Il passa de longs mois à l’étudier.
Trekat s’arrêta
de parler, des hommes en armes arrivaient devant la porte d’entrée et comme la
clé tournait dans la serrure, il leur fit signe de se taire et se dissimula
derrière un coffre.
C’était de
nouveau l’heure, cette heure terrible de la fin du jour qui verrait peut-être
les derniers instants du colonel.
Celui-ci trop
faible pour marcher fut porté par les soldats jusqu’au gibet où il fut à
nouveau attaché au poteau. Ses vêtements et ses pansements furent arrachés et
son dos apparut ravagé, livide et sanglant aux yeux de la foule qui murmurait
de plus en plus fort, son mécontentement.
Otintelneu eut
beaucoup de mal à obtenir le silence et il dut se faire aider des soldats qui
menacèrent la foule innocente de leurs armes. Mais rien n’aurait pu les obliger
à regarder un spectacle contre lequel ils se révulsaient.
Les compagnons
de Jack étaient très inquiets, jamais il ne pourrait supporter encore dix coups
de ce terrible « nuede ». Et pourtant il le supporta, son corps en feu
luttant désespérément pour ne pas perdre connaissance. Il s’imagina se roulant
dans un champ de neige ! Le froid pénétrant son corps, il se vit au bord
d’un lac gelé, ou sous une pluie glacée déferlant sur sa peau brûlante, et il
accueillit avec joie le silence ouaté dans lequel il s’engourdissait peu à peu.
De retour dans
leur prison, Trekat revint les voir aussitôt qu’il le put. Pour ne pas éveiller
les soupçons, il attendit que la nuit soit complètement tombée et se glissa
comme une ombre dans les ruelles obscures. La clé glissa sans bruit dans la
serrure. Il les trouva tous autour du lit de Jack qui n’avait pas encore repris
connaissance.
-Comment
va t-il ?
-Mal,
très mal, son pouls est faible, il lui faudrait des soins immédiats. Sam était
très inquiète.
-Vous
avez un plan je suppose lui dit-elle avec énervement ?
-Il
faut d’abord que je finisse de vous raconter l’histoire de mon peuple. Il faut
que vous sachiez sinon, nous ne pourrons rien faire.
Il poursuivit
son récit :
-Mon
ancêtre découvrit que la machine était une sorte d’entrée dans des mondes
parallèles. Quand il l’activait, il se retrouvait dans le même endroit mais
c’était différent, les choses changeaient peu d’un endroit à l’autre, les
personnes aussi, mais ce n’était pas tout à fait la même chose. Il avait pris l’habitude
de se promener régulièrement dans ce nouveau monde et un jour il tomba sur
lui-même. Il prit peur et réintégra rapidement son propre univers. Il resta
plusieurs semaines sans s’en servir et puis sa curiosité fut la plus forte. Il
découvrit qu’il y avait une infinité d’univers qui pouvait être très
différents.
-Un
miroir quantique souffla Sam
Trekat la
regarda sans comprendre
-Poursuivez,
lui dit-elle.
-Cela
lui donna une idée : Et si j’emmenais tout mon peuple sur un autre univers
où il n’y aurait pas les Goa’ulds ? L’idée faisait son chemin et un jour
il se décida. Il rentra dans son village et raconta toute cette histoire à son
fils aîné et lui recommandant le silence et de ne la raconter qu’à son fils
premier né. Puis il emmena les quelques familles qui n’avaient pas été décimées
par la maladie ou la misère, cela faisait tout juste une trentaine de
personnes. Arrivés dans le palais il choisit un monde qui lui parut agréable à
vivre puis il cassa la commande et il franchit le pas, sans espoir de retour
possible. Le monde qu’il avait choisi n’était guère hospitalier, un désert de
sable, des rochers, quelques constructions, des grottes, et ô miracle une
oasis. Une palmeraie où vivait en autarcie une population très accueillante,
des humains qui avaient eux aussi été déporté des millénaires auparavant par
des goa’ulds, qui les avaient abandonnés à leur triste sort. Sur cette planète
il y avait des souterrains que Kernen explora. Il
trouva de nombreuses machines goa’ulds et se mit aussi à les étudier. Il y
passa de nombreuses années et découvrit des objets curieux comme des stations
climatiques, des machines à fabriquer des boucliers d’invisibilité. Il décida
alors de transformer une partie de la nouvelle planète. Il gardait au fond de
lui la nostalgie de son climat nordique et il fit ce qu’avait fait les goa’ulds
avant lui, il prit en otage la population de l’oasis. Cela personne ne me l’a
dit bien sûr, mais je l’ai deviné.
Grâce au
transformateur climatique il transforma cette région chaude. Les sources de
l’oasis devinrent froides, la pluie se mit à tomber en abondance, de l’herbe
puis des plantes poussèrent, et les hivers revinrent avec leurs cortèges de
brumes glacées et de neige. Et pour protéger ce paradis des envahisseurs il
utilisa le bouclier d’invisibilité.
-Voilà
vous savez tout maintenant, nous sommes dans ce monde reconstitué par mon
ancêtre il y a plusieurs centaines de siècles, et les machines, jusque là, nous
ont toujours protégés des envahisseurs. Sauf depuis quelques décennies, où elles
ont commencé à se fatiguer.
-Je
comprends maintenant, dit Carter, ce rideau de brume dans lequel nous avons
pénétré c’était en fait un miroir quantique. Nous avons pénétré dans un monde
parallèle en raison d’une défaillance de votre système. Nous n’aurions jamais
du y pénétrer, n’est ce pas c’est bien ça ?
-Oui,
mais vous n’êtes pas nos premiers visiteurs, il y a eu des disparitions
mystérieuses d’étrangers. Mais pour vous c’est différent, tout le monde vous a
vu, on n'a pas pu vous cacher pour vous tuer, il fallait le faire en public et
rétablir cette vieille coutume du « nuede »
qui n’avait plus été utilisée depuis une
vingtaine d’années. Mon père l’a utilisée deux ou trois fois dans sa vie, mais
pas plus.
-Qui
a inventé cette affreuse coutume ? demanda Jonas
-C’est
mon père.
-En
effet c’est pratique, c’est lui qui détient tout le savoir, il peut dire
n’importe quoi à son peuple.
-On
peut voir ces souterrains ? demanda Daniel dont la curiosité naturelle
avait repris le dessus.
-Vous
oubliez que vous êtes prisonniers ?
-Oui,
mais vous avez la clé dit calmement Teal’c en avançant d’un pas dans la
direction du jeune homme.
-Si
je vous fais sortir, dit le jeune homme en hésitant un peu, on verra que c’est
moi qui vous ai aidé et je ne pourrais plus rien pour vous. Il rougit et
semblait subitement mal à l’aise.
Sans prolonger
la conversation il prit la clé dans sa poche et ouvrit la porte avant qu’il ait
eu le temps de la refermer Teal’c était déjà sur lui. Un coup de poing bien
appliqué le mit au tapis et Teal’c sans effort le glissa derrière un meuble.
-Il
faut y aller maintenant Major Carter
-Mais
le colonel, il n’est pas en état de se déplacer. Jonas vous allez rester près
de lui, nous allons explorer ces cavernes et refermer la porte derrière nous.
Ils prirent leurs zats que Trekat avait apporté et ils se glissèrent sans bruit
dans la rue.
La nuit était
noire et favorisait leur évasion. Ils ne savaient pas où chercher les grottes
et ils allèrent ainsi jusqu’à l’entrée du village, là où ils étaient entrés et
sortirent facilement du rideau de brume. Le paysage nordique s’était effacé
pour faire place à nouveau au désert.
-Il
faut faire sortir le colonel, et tout de suite. La voix de Sam avait repris de
sa fermeté, maintenant que l’action avait de nouveau reprit place. On allait
pouvoir sauver Jack.
Une heure plus
tard ils étaient de retour à la prison. Mais sur leur chemin la lumière bleue
de leurs zats illumina la nuit. Ils avaient du faire usage de leurs armes, en
effet quelques soldats patrouillaient dans les rues désertes.
Le colonel
était très faible et gémissait doucement, il était brûlant de fièvre et très
agité, difficilement transportable.
-Si
seulement nous avions un sédatif, on pourrait le faire dormir.
-Un
coup de zat pourrait le faire.
-Vous
n’êtes pas fou Daniel, ça pourrait le tuer !
Ils parlaient à
voix basse tout en préparant un brancard de fortune pour transporter Jack.
-Vous
savez, sortir de cette réalité là ne sera pas suffisant, il y a encore la porte
des étoiles qui a disparu.
-Arrêtez
Jonas de jouer les oiseaux de mauvaise augure, ça ne peut pas être pire pour
Jack.
-Allons-y
dit Sam avant que notre ami Trekat ne se réveille. Un coup de zat bien appliqué
de Teal’c l’envoya pour un moment au pays des songes.
Une colonne
fantomatique se dirigea lentement vers la sortie du village. En une demi-heure
de marche éprouvante, en faisant attention à ne pas faire trop souffrir le
colonel, ils finirent par atteindre le rideau de brume.
-C’est
étrange dit Daniel, notre jeune ami ne nous a pas tout dit, comment se fait-il
que personne n’ait franchi les limites du village ? C’est si facile !
-Oh
c’est simple, ce monsieur Otintelneu règne visiblement par la terreur, et il a
du menacer d’une mort atroce tous ceux qui se seraient aventurés au-delà des
limites permises, répondit Jonas.
-En
fait, il ne vaut pas mieux que les goa’ulds, approuva Jonas.
-Ce
que je ne comprends pas, ce sont les motivations de son fils, pourquoi nous
raconter tout cela ? Il risque gros.
-Il
a peut –être envie de changer tout ça, la tradition est trop lourde à porter
sans doute.
Ils
s’installèrent pour la nuit et attendirent le lendemain pour retrouver le
chemin de la porte.
Naturellement
ils ne la trouvèrent pas plus que la première fois.
-Trekat
nous a parlé de failles dans le système d’invisibilité, je crois qu’il faut
retourner à travers le miroir et essayer de trouver ces grottes. Là sera la
solution de notre problème. Il doit y avoir quelque chose pour actionner ou
pour réparer ces machines. La porte était là, on doit la retrouver.
-Mais
elle n’est peut-être pas dans cette réalité ? dit Sam, si leur miroir
quantique est défaillant, il peut y avoir chevauchement de deux réalités, c’est
à dire que l’on passe de l’une à l’autre sans se rendre compte. C’est peut-être
ça qui nous est arrivé.
-Je
propose de retourner dans le village avec le docteur Jackson, dit Teal’c,
pendant que vous et Jonas restez avec le colonel O’Neill, dit Teal’c en
regardant Sam.
-C’est
dangereux répondit Sam, mais je crois que c’est notre seule chance. Mais
accompagnez–nous jusqu’à l’endroit de la porte et retournez dans le village.
Nous avons besoin de vous pour transporter le colonel.
-Faites
vite ajouta Sam, je ne crois pas que le colonel, tiendra une journée entière
sans boire dans le désert.
Teal’c et
Daniel disparus, Sam et Jonas installèrent le colonel le plus confortablement
possible. Les heures s’écoulèrent,
paisibles. Le colonel reprenait connaissance par instant et à ce moment il
appelait Sam.
-Restez
près de moi, Sam, je vais mourir…
-Non
vous n’allez pas mourir, on va venir nous secourir.
-Non,
je …Sam… j’ai mal… sa voix se fit murmurante, elle s’approcha de lui encore
plus près, sa joue contre la sienne.
-Je
suis là mon colonel, et elle lui prenait la main comme pour lui insuffler sa
force. Elle pleurait sans même sans rendre compte.
Elle se coucha
contre lui, pour préserver sa chaleur, car la nuit du désert promettait d’être
glaciale.
Chapitre 7
Quelque part sur une planète Tok’ra
Jacob marchait
d’un pas nerveux, depuis la disparition de Sam et de ses amis il ne dormait
plus. Son cœur battait lourdement dans sa poitrine et Selmac avait bien du mal
à le calmer.
Il attendait le
rapport de nombreux espions Tok’ra infiltrés dans les
vaisseaux goa’ulds ou sur les planètes appartenant à cette race maudite qui
réduisait tous les peuples en esclavage.
Un bruit de pas
le fit retourner brusquement, un homme encore jeune s’approcha de lui
-Alors
Torkin, tu as des nouvelles ? Jacob
s’impatientait.
-Oui elle n’est pas très bonne, le vaisseau de
Kali s’approche de la planète.
-Comment
est-ce possible ? C’est un monde abandonné des Goa’ulds depuis
longtemps !
-A
t-on repéré leur porte des étoiles ?
-Non,
il n’est pas fait mention de porte des étoiles.
-Combien
de temps nous faudrait-il pour rejoindre cette planète ?
-Il
faudrait nous rapprocher en passant par plusieurs planètes, la plus proche est Cirulus, mais arrivés là-bas, il nous faudrait un vaisseau
puisque leur porte n’est plus utilisable.
-Et
depuis Cirulus ?
-Deux
jours en hyper espace devraient suffire.
-Nous
partons tout de suite, nous pouvons être Cirulus en
quelques minutes et de là je crois pouvoir trouver un hat’ak,
afin de nous glisser dans la flotte de Kali.
Chapitre 8
P8X492
La nuit fut
pénible pour Carter, le colonel pris d’une poussée de fièvre délirait. Des mots
sans suite s‘échappaient de ses lèvres desséchées, Charly, Sarah, Sam. Elle ne
pouvait que l’entourer de ses bras, le réchauffer, l’enjoindre de survivre, de
lutter.
-Il
faut vous battre mon colonel, ils ne vont pas tarder à revenir. Mais les heures
passaient et Daniel et Teal’c ne revenaient pas. Jonas passa une partie la nuit
à essayer de les protéger du vent. La tempête de sable se levait et ils
n’avaient rien pour se protéger. Il donna sa veste à Carter qui la mit
délicatement sur le visage de Jack pour empêcher le vent de se coller à sa
peau.
A la fin n’y
tenant plus Jonas se mit debout :
-Ca
ne sert à rien que je reste là à attendre, il leur est sûrement arrivé quelque
chose.
Carter ne le
retint pas, elle restait près de Jack, se désespérant de le voir s’affaiblir
d’heure en heure. Ils n’avaient avec eux aucun médicament, puisque tout étaient
dans leurs sacs que les habitants du village avaient pris.
Se guidant avec
les étoiles, Jonas reprit la route déjà suivie auparavant et à la faveur de la
nuit profonde, il se glissa dans le village. Un silence total l’accueillit
contrastant avec la tempête de l’autre univers. Il parcourut rapidement les
rues du village et se laissa guider par un bruit, des cris. Il s’approcha et
vit Teal’c et Daniel en train de se battre contre plusieurs soldats, et se
joignant à eux, il les aida à se dégager.
-Avez-vous
trouvé quelque chose ?
-Non
rien malheureusement, nous avons bien trouvé les cavernes dont parlait Trekat,
quelques appareils goa’ulds, mais apparemment hors d’usage. Il nous avait dit
la vérité, aucun écrit, aucun symbole, c’est un village sans livres et sans
papiers. Otintelneu tient son village bien en main.
-Il
faut retourner dans les cavernes, insista Jonas, il doit bien y avoir une
machine servant à commander leur miroir. Ce n’est sans doute pas très
volumineux. Il faut absolument de trouver. C’est notre seul espoir de rentrer.
-Jonas
comment va Jack ?
-Pas
très bien, de l’autre côté il y a une tempête de sable et la nuit est glaciale.
Il s’enfonce doucement. Si les secours n’arrivent pas très vite, il sera perdu.
-Vous
croyez qu’on nous recherche, les secours ont du déjà venir et repartir, puisque
dans cette réalité il n’y a pas de porte.
-J’avoue
dit Jonas, ne pas comprendre grand chose à ces histoires de réalités multiples,
c’est possible ?
-Oh
si, c’est possible, nous en avons l’expérience à plusieurs reprise. Je me
souviens …
-Daniel
Jackson, Jonas Quinn, coupa Teal’c, que comptez-vous
faire ?
-Jonas
a raison, nous n‘avons peut-être pas exploré toutes les grottes.
De retour dans
les cavernes, ils sondèrent les parois rocheuses et l’une d’elle fit entendre
un son creux. Daniel de ses doigts fébriles cherchait une ouverture. Un petit
clic et la paroi s’ouvrit découvrant une pièce de très petite taille où se
trouvaient divers instruments d’origine goa’uld.
-Emportons
les tous, dit Daniel, nous les examinerons plus tard. Vous avez bien fait Jonas
de nous faire revenir ici. Trekat nous a encore menti, son père n’avait rien
détruit du tout, il avait seulement caché les appareils
Chapitre 9
P8X492
L’Hat’ak de Jacob se posa sur le sol sableux à proximité de
la porte des étoiles. Il n’y avait rien, c’était une planète déserte. Pas de
traces de vaisseaux, ni de combat, ni d’aucun passage. Il n’y avait que
quelques traces de pas qui partaient de la porte, des traces récentes, elles
allaient un peu dans toutes les directions. Sans doute l’équipe d’exploration
pensa Jacob tristement.
-Suivons ces
traces, dit Jacob, elles nous mèneront bien quelque part.
Comme les
hommes de Hammond, il ratissa la région. Les pas s’arrêtaient brusquement La
chaleur était forte et il transpirait abondamment. Soudain il trébucha et
perdit l’équilibre, la tête lui tournait et une fraction de seconde il vit que Torkin avait l’air aussi mal en point que lui.
-Ca
va ? Torkin
-Oui
j’ai eu une sorte d’éblouissement
-Moi aussi.
-Regardez
Jacob, les traces reprennent, tout droit.
-J’aurais
pourtant juré qu’il n’y avait plus rien.
Arrivés devant
le rideau de brume, ils s’arrêtèrent un instant
-Je
pense qu’ils sont passés par-là ?
Comme ils
allaient franchir le pas, Daniel, Jonas et Teal’c sortirent de la brume.
-Général
Carter ! s’exclama Teal’c,
-Jacob,
je crois que vous êtes venus vous enfermer dans le même piège que nous.
-Où
sont Sam et Jack se contenta de répondre Jacob.
-A
l’emplacement de la porte
-A
l’emplacement de la porte ? Expliquez-vous
-Plus
tard, il faut partir tout de suite avant qu’il ne soit trop tard pour le
colonel.
En chemin, il
raconta tout à Jacob qui l’écouta effaré sans
l’interrompre une seule fois.
-En
conclusion, nous avons franchi deux fois des portes vers des univers
différents.
-Oui
c’est à peu près ça, expliqua Daniel, en fait il y a ce qu’on pourrait appeler
un trou dans un des univers qui le met en contact avec l’autre. Et dans un de
ces mondes, le premier, le nôtre, il y a une porte des étoiles, dans le second
il n’y en pas. Mais comme ce passage est instable, nous passons sans nous en
rendre compte d’un monde à l’autre. En ce moment nous sommes dans le monde sans
porte.
Ils les
trouvèrent étendus dans le sable, le jour se levait et s’annonçait brûlant.
Jacob se
précipita et tomba à genoux près des deux corps étendus. Sam dormait si
profondément, épuisée par la fatigue qu’il eut du mal à la réveiller.
Quant au
colonel, son état était très grave et requerrait des soins immédiats. Ce
n’était plus qu’une question de minutes.
-Daniel,
il est temps de voir ce que nous avons rapporté de la caverne, pressa Jonas.
L’appareil
métallique de la forme d’une coquille, brillait doucement d’une lueur rouge. Il
y avait sur le côté une petite aspérité qui paraissait être le bouton de
commande.
Daniel hésita,
je ne sais pas m’en servir, si je fais le mauvais mouvement nous pouvons nous
retrouver encore dans un autre univers.
-Teal’c,
vous qui connaissez mieux que moi les appareils goa’ulds ? Aidez-moi
-Je
pense que si vous exercez une petite pression ici, dit-il en montrant une
partie du quartz rouge, ça devrait marcher, j’ai déjà vu ce genre d’appareil.
Daniel appuya
délicatement son pouce à l’endroit indiqué par Teal’c, ils eurent un
étourdissement et la porte réapparut.
-Vite
Daniel
Daniel entra
les coordonnées de la Terre et le code d’identification Tokr’a.
Quelques
instants plus tard la planète retrouva sa tranquillité première et le vent se
chargea d’effacer toute trace de leur passage.
Chapitre 10
Base de Cheyenne Moutain, Infirmerie
Le colonel
O’Neill était allongé immobile sur un lit.
Sam restait en
permanence près de lui. Elle lui tenait
la main et le poussait à se battre.
-Oh
Janet on dirait qu’il a lâché prise !
Elle s’effondra
en pleurant dans les bras de son amie. Janet lui caressa les cheveux et la fit
asseoir.
-Vous
savez Sam, ses blessures sont très graves. Les coups répétés dans son dos ont
fait des dégâts considérables. Mais je pense qu’il peut s’en sortir s’il le
veut. Il devra subir plusieurs greffes réparatrices, il souffrira encore
beaucoup, mais ses jours ne sont plus en danger.
-Alors
pourquoi ne reprend-il pas conscience ? Gémit Sam
-Il
faut du temps, Sam, beaucoup de temps, il va falloir apprendre la patience.
-Sam,
Sam… sa voix n’était qu’un murmure…ne me quitte.. . Pas… Sam…
-Oui
Jack, je suis là, je ne vous ai jamais quitté… je reste avec vous…
FIN