Aurélia
Fic
55
Du
3 au 5 août 2005
DUPLICITÉ
Saison : la
8
Episodes : aucun
Genre :
Suspense, aventure, romance.
Rating :
pour tous.
Disclaimer Pas
à moi, pas de sous, comme d’habitude.
Résumé : Pas de résumé pour cette fic à
suspense. Je ne vais quand même pas tout vous raconter ! Pour les
irréductibles : Oui, il y a de la romance ! Bonne lecture !
Avertissement : Après avoir connu l’angoisse de la
page blanche pendant deux mois , j’ai retrouvé l’inspiration et j’ai écrit cette fic en trois jours.
1
Elle
se tenait légèrement penchée en avant, écoutant attentivement l’esclave
prosternée à ses pieds. Le palais était plongé dans le silence à cette heure
tardive de la nuit. Des ombres envahissaient l’immense salle du trône.
La
reine frappa dans ses mains. Aussitôt apparut une nuée de petites servantes qui
disposèrent des torchères le long des murs faisant reculer peu à peu la
pénombre.
-Alors Mélia ? Qu’en est-il de mon
projet ?
-Ma reine tout est prêt dit la jeune fille en se
prosternant encore davantage.
-Raconte moi encore dit la reine je ne
me lasse jamais d’entendre le récit de la
défaite de mes ennemis. Et celle-ci est de taille, tu en conviens ?
-Oui ma déesse.
Et
elle obtempéra. Durga était en pleine
euphorie, ses ennemis seraient bientôt réduits à néant et elle possèderait la plus
belle planète de tout l’univers celle qu’elle convoitait depuis si longtemps.
Elle
se leva et congédia la jeune fille. Sa longue robe bruissait à chacun de ses
pas. Ses poignets cliquetaient de bijoux en or. Elle traversa le palais
silencieux, descendit un premier escalier de marbre qui s’enfonçait dans un
sous sol consacré aux cuisines et aux tâches subalternes. Elle enfila ensuite
un long couloir et atteignit une petite porte en bois dissimulé dans le mur. La
clé qu’elle gardait toujours contre elle, lui ouvrit ce passage. Un escalier
sombre et étroit descendait dans les profondeurs du sol, jusqu’ à la prison. Elle
s’arrêta devant la première porte et levant haut sa torche elle regarda par le
judas. Sa plus grande victoire était là dans cette étroite cellule sombre et
humide.
Le
prisonnier était étendu sur sa paillasse, et avait les yeux fermés. Il ne
réagit pas quand la reine ouvrant la porte vint le narguer jusqu’au pied de son
lit. La lumière éclairait la pièce la rendant encore plus sinistre. C’était un
cachot traditionnel, avec une petite fenêtre grillagée située près du plafond.
Le visage du prisonnier était reposé, il dormait profondément. Sans crainte la
reine s’approcha encore pour mieux voir le visage de son ennemi. Elle n’avait
aucune crainte, le prisonnier était attaché avec une courte chaîne le reliant
au mur et limitant ses mouvements.
Sur
le sol un cahier ouvert vierge de toute écriture, et un crayon qui avait roulé jusqu’au milieu de
la pièce.
-Tu finiras par parler, crois
moi ! cracha t-elle, sa fureur naturelle reprenant le dessus.
Le
prisonnier ne réagit même pas. Dormait-il réellement ? ou avait –il un
contrôle parfait de ses nerfs ?
2
Maison
de Sam
-Tu es prête Cassie ? Les invités
vont bientôt arriver !
-Tout de suite, Sam, encore cinq
minutes.
Sam
s’impatientait. La réception n’était pas encore tout à fait prête, il restait à régler les
petits détails de dernière minutes. . Elle avait tout préparé elle-même avec l’aide
de la jeune fille. 18 ans ça se
fête ! C’était un grand jour pour Cassandra et il fallait le souhaiter dignement.
Quelques
instants plus tard la jeune fille sortait de sa chambre, et quand Sam la
vit elle ne put retenir un Oh ! d’exclamation.
-Tu es magnifique chérie dit-elle avec
un tremblement dans la voix.
C’était
la première fois que Sam voyait les yeux de la jeune fille briller de cette
façon depuis la mort de Janet.
Elever
cette petite fille arrivée sur terre à l’âge de 10 ans n’avait pas dû être une chose facile pour cette jeune femme seule,
pensa Sam. . Mais toute la base avait été derrière elle. Sam n’avait pas ménagé
son temps ni son affection pour cette enfant si attachante arrivée sur terre
depuis 8 ans. Jack avait été la
référence masculine à cet enfant sans père. C’était le seul homme dont elle écoutait et suivait
les conseils, ce dont il n’était pas avare. Cela avait fait un bien fou à Cassandra.
Le magnifique sourire de Cassie dans sa robe rouge toute simple récompensa largement la jeune femme de tous
les chagrins et les soucis qu’elle avait connus pendant toutes ces années.
Son
cœur se serra à la pensée de son amie Janet si tragiquement disparue en sauvant
des vies. Elle aurait été si heureuse ce soir !
Elle
chassa les tristes pensées de son esprit, ne voulant pas gâcher la belle soirée
qui s’annonçait. Sam refit le tour de son salon qui avait été transformé pour
l’occasion, les meubles repoussés laissaient une large place au centre de la
pièce où se dressait un buffet somptueux et coloré. Les fenêtres grandes
ouvertes laissaient entrer la chaleur de
cette fin d’été. Elle vérifia la sono. Tout à l’heure on danserait, Cassandra y
avait veillé en apportent une pile de CD de musique variée.
Il
ne restait plus qu’à attendre les invités. Tout d’abord les copains de lycée de
Cassandra, une dizaine de jeunes en tout, et puis une partie de la base, parmi
les plus anciens ceux qui étaient là quand la petite fille au corps piégé était
venue sur terre, pouvant à peine parler et se raccrochant à Sam comme à une
bouée. Le général Hammond, bien sûr, SG1
au grand complet, les plus proches de la jeune filles, et puis beaucoup
d’autres.
20
heures. Les premiers invités arrivèrent un peu bruyamment, les copains de
Cassie. Elle embrassa tout le monde et avant que Sam ait pu intervenir la
musique rythmée de Placebo envahit la maison. La soirée était lancée.
Sam
eut un sourire indulgent, la jeune fille semblait heureuse, et si le spectre de
sa souffrance s’effaçait pour un soir, c’était une bonne chose.
Deux
heures plus tard la salle à manger de Sam était pleine. L’ambiance était gaie et décontractée. Le
buffet se vidait à vue d’œil et les premiers danseurs firent leur apparition au
centre du salon.
-Daniel !
Sam
fit signe au jeune archéologue de sortir sur la terrasse.
-Ouf ! dit-il la police va bientôt
débarquer chez vous Sam.
-Ne vous inquiétez pas je les ai
prévenus dit-elle en riant.
Et
redevenant sérieuse :
-Vous avez vu le général O’Neill en
partant de la base ?
-J’ai quitté la base en début d’après
midi. Il était au téléphone avec le président je crois. Vous savez Sam, la
ligne rouge.
-Oui, je vois, mais il m’avait dit
qu’il serait à l’heure.
-Ne vous inquiétez pas. Il est sûrement
encore à la base.
Sam
hocha la tête.
-Oui, vous avez raison. Mais s’il n’est
pas là dans une demi heure je vais l’appeler. Cassandra sera très déçue s’il ne
venait pas.
-En attendant, si nous dansions Sam ?
dit Daniel en souriant.
-D’accord Daniel.
Mais
Sam n’était pas du tout dans la musique et ses pieds ne suivaient plus le
rythme.
-Allez-y , téléphonez dit Daniel vous
en brûlez d’envie.
-J’y vais.
Sam
se retira dans sa chambre à l’abri du bruit. Elle commença à faire le numéro du
bureau du général. Elle retint un instant sa main. Il risquait de ne pas aimer
du tout. Tant pis, elle acheva de composer le numéro.
-O’Neill entendit –elle, une voix sèche
qui la fit frissonner.
-Mon général, c’est Carter.
-J’arrive Carter dit-il soudainement
radouci.
-Des ennuis à la base mon
général ?
-Rien qui vaille qu’on en parle ce
soir. Je serais là dans une demi heure. Cassie pourra m’attendre jusque
là ?
-Je vais le lui dire mon général, dit Sam soulagée. A tout à l’heure.
A
minuit 45 la plupart des invités étaient
déjà partis. Il ne restait plus que SG1,
et Lance le petit ami de Cassie.
-Quand même, il aurait pu faire un
effort, dit Cassandra boudeuse. La base peut tourner sans lui !
-Chut ! fit Sam. Ne dis rien de
plus ma chérie. Tu sais que le général fera son possible. Il m’a dit qu’il
venait tout de suite.
Une
musique douce avait remplacé le rythme et les décibels. Cassie était lovée
contre Lance qui lui caressait les cheveux.
Un
pas crissa sur le gravier du
jardin .
Cassandra
se leva d’un bond
-C’est lui !
Elle
se jeta au cou de l’arrivant
Jack !
Il
la fit tournoyer entre ses bras puissants
-Alors comment va ma grande
fille ?
-Tu m’avais oubliée ? dit-elle,
boudeuse.
-Comment aurais-je pu ? Les dix
huit ans du bébé de la base !
-Jack ! gronda t-elle !
Ils
rirent heureux et complices.
Elle
prit Jack par la main et le conduisit devant lance, qui se leva tout intimidé.
-Jack voici Lance.
Vigoureux
serrement de mains.
-Rends la heureuse, sinon, tu auras
affaire à moi, jeune homme.
-Alors tu n’as aucune inquiétude à
avoir Jack dit Cassie avec un grand sourire, c’est le plus merveilleux, le
plus….
Sam
les regardait avec indulgence. Jack baissait toujours sa garde devant Cassie.
Il éprouvait une tendresse profonde pour la jeune fille. Il était souriant et
détendu. Une occasion pour Sam de le voir sous un jour différent. Un visage
beaucoup moins sévère, un sourire charmeur et une lueur douce dans le regard.
Elle s’éloigna et fit quelques pas dans
le jardin, le cœur serré. Pourtant elle était heureuse que Cassie puisse
s’appuyer sur un homme aussi solide que le général O’Neill. Elle en avait le
droit. Un soupçon de jalousie étreignit son cœur, elle aurait tant voulu que le
regard que le général posait sur elle soit aussi doux et aussi aimant. Sam se
secoua. « Tu ne va quand même pas être jalouse d’une enfant ! tu n’as
pas honte ? »
La nuit était très avancée. Jack une bière à la
main ne disait plus rien depuis un petit moment déjà. Il semblait songeur et ne
voyait pas les regards inquiets que lui lançaient ses amis.
-Jack ? fit Daniel
-Vous disiez …
Il
participait cinq minutes à la conversation puis retombait dans son mutisme. Il
prit une autre canette puis une autre encore. Il se laissait bercer par les voix , mais ne
participait que de loin. Sam et Daniel était en grande discussion scientifique,
il y avait longtemps qu’il avait décroché.
A
deux heures tout le monde partit. Sam et
Cassie se retrouvèrent seules avec un monceau de vaisselle et de nettoyage à
faire. La maison et le jardin était un vrai chantier. Elles s’assirent
découragées et se regardèrent en poussant de gros soupirs. Puis elle éclatèrent
de rire en même temps .
-Merci Sam, C’était une merveilleuse fête et puis j’ai eu un magnifique cadeau.
-Cela te fait plaisir ce voyage en
Europe ?
-C’est fantastique ! Rome, Venise,
Paris et Londres ! Merci, dit-elle
en lui déposant un baiser sur la joue.
-Oh tu sais tout le monde s’est
cotisé !
-Oui je sais, mais c’est toi qui a eu
cette idée.
-Non, c’est le général O’Neill.
-Dis moi Sam, pourquoi tu ne l’appelles
pas Jack comme tout le monde.
-Tout d’abord tout le monde ne
l’appelle pas « Jack » il n’y a que toi et Daniel. Et puis c’est mon
supérieur. Dans l’armée on s’appelle par son grade, son nom de famille à la
rigueur, mais pas son prénom.
-C’est bête je trouve.
-Non, c’est la hiérarchie.
-Daniel aussi est sous ses
ordres !
-Oui mais Daniel n’est pas militaire.
-Mouais, dit Cassandra pas vraiment convaincue.
-Dis donc, jeune fille, dit Sam et si on rangeait tout ça ?
-Ok c’est parti.
Il
était trois heures quand Sam se coucha dans une maison bien rangée. Cassie
avait pris la chambre d’amis. Le général O’Neill avait reculé le briefing d’une
heure.
-Mais pas de grasse matinée avait-il
dit à SG1 avec un sourire. Nous commencerons
à 9 heures.
Sam
mit son réveil à 7 h 30. Et contrairement à son attente, elle s’endormit tout
de suite.
3
Base
de Cheyenne Mountain.
Daniel
repassa par son bureau et prit un
dossier sur la table.
-Zut où est ce que j’ai mis ça ?
marmonna t-il en regardant sa montre, je
vais être en retard.
Il
se pressait, cherchant à éviter à tout prix les sarcasmes de Jack. La migraine
serrait ses tempes, trop de boisson et une très courte nuit. Il finit par
trouver le document qu’il cherchait sous une pile de livres. Il reprit en
courant le chemin des ascenseurs. 9 h
20, il n’allait pas y couper.
Il
arriva essoufflé, après avoir monté
l’escalier rapidement et poussa un ouf de soulagement. Jack était encore plus
en retard que lui.
-Il a eu une panne d’oreiller ?
demanda t-il en montrant la chaise vide du général.
-Je ne sais pas, mais il nous avait
bien dit de ne pas être en retard dit Sam.
-La ponctualité n’est pas la principale
qualité d’O’Neill dit Teal’c calmement.
-C’est vrai dit Daniel en riant, encore
que depuis qu’il est général, je trouve qu’il fait un effort.
Sam
sans rien dire appela Harriman.
-Sergent, savez-vous où est le général
O’Neill ? nous avions briefing à 9
heures précises.
-Non mon colonel dit Harriman, il n’est
pas encore arrivé. Mais si vous voulez
je peux…
-Ne vous dérangez pas sergent je vais
l’appeler.
Sonnerie
dans le vide.
-Il n’y a personne dit-elle en
raccrochant le combiné.
-Ne vous tracassez pas Sam, il est
sûrement sur la route.
-Oui vous avez raison Daniel dit Sam
s’efforçant de cacher son inquiétude.. Attendons encore un peu.
Une
demi heure plus tard Jack n’était toujours pas arrivé.
-Je vais voir chez lui dit Sam en se
levant.
-Je viens avec vous colonel dit Teal’c.
-Daniel pendant ce temps là, essayez de
savoir si le général est repassé par la base cette nuit.
-Entendu Sam, je vous tiens au courant
dit Daniel.
La
maison de Jack n’était pas fermée à clé.
-Je ne le comprendrais jamais dit Sam
avec un certain énervement, il n’est vraiment pas raisonnable.
Ils
pénétrèrent dans la maison à pas prudents. Sam avait sorti son arme et avançait
doucement ouvrant les portes les unes après les autres, le revolver tendu
devant elle, prête à parer à la moindre éventualité.
Si
jamais le général est dans sa chambre il ne va pas manquer de se ficher de moi
pensa t-elle en un éclair.
La
chambre également était vide. Le lit défait, mais froid. O’Neill s’était levé
depuis un moment déjà. Sam du regard fit le tour de la pièce. C’était le
fouillis habituel à Jack pensa t-elle. Son bureau à la base impeccablement rangé mais dans sa
maison : le bazar. Des vêtements
sales sur le sol, des livres sur une chaise, une canette vide sur le tapis.
Dans
le séjour et la cuisine c’était mieux. Il est vrai qu’ O’Neill n’était pas
souvent chez lui et qu’il prenait en général tous ses repas à la base.
-Daniel appela t–elle depuis son portable. Il n’est pas chez lui.
Et de votre côté ?
-Personne ne l’a revu à la base après
la soirée. Il a passé le poste de garde à 23 h 48 hier soir et il n’est pas
revenu. A-t-il passé la nuit chez
lui ?
-Je ne sais pas dit Sam, le lit est
défait mais cela ne veut rien dire vu l’état de la chambre.
-Ah je vois dit Daniel avec de
l’amusement dans la voix. Notre général préféré n’a pas fait de progrès
question rangement.
-Pas vraiment, dit Sam. Je suis inquiète Daniel dit-elle
après une seconde.
-Il a peut être eu un pépin en route.
On devrait contacter les hôpitaux. Je m’en occupe immédiatement dit Daniel. Mais Sam ! ne
vous tracassez pas. Jack ne nous tient pas au courant de tout. Il a peut être
dû partir à Washington d’urgence.
-Vous avez raison Daniel , je vais voir
ça tout de suite. On se rappelle dit-elle en raccrochant.
Retour
à la base de SG1. Le colonel Carter avait pris momentanément la direction en
tant que second de O’Neill c’ était son devoir. Pour le moment pas question de
parler ni de dramatiser. Tant qu’elle
n’aurait pas de nouvelles Jack serait sur une mission secrète confiée par le
président.
Elle
appela tout de même l’état major. Elle demanda le général Kittering. On le lui
passa aussitôt.
-Je vais me renseigner colonel. Mais
une petite question cependant O’Neill vous prévient-il toujours dans ces cas
là ?
-En principe oui mon général. Il ne dit
pas forcément où il va, mais s’il n’ pas le temps de nous parler, il téléphone
ou laisse un mot, ou prévient le sergent
Harriman.
-Entendu
colonel carter et vous tiens au courant.
Après
les formules de politesse d’usage Sam reposa le combiné. Elle était plongée
dans ses réflexions quand Daniel arriva à la porte.
-Rien de nouveau ?
-Non. J’ai eu le général Kittering, il
se renseigne.
-Je crois que vous tracassez beaucoup
Sam dit Daniel avec douceur.
-Je suis inquiète, mais c’est normal.
Le général O’Neill ne partirait pas sans nous prévenir.
-Naturellement vous avez essayé son portable, appelé son chalet.
-Regardez Daniel ! Son portable
est sur le bureau. Bien sûr il n’y a personne au chalet.
-Etrange qu’il soit parti sans son
portable. Et sa voiture ?
-Elle
est garée deux rues plus loin, près de son domicile.
-Donc il est parti en mission quelque
part et a appelé un taxi.
-S’il a appelé un taxi c’est facile à
vérifier dit Sam.
-Il
va revenir dans quelques jours et naturellement ne nous dira rien du tout. Et on
se trouvera stupide de s’être fait du mouron pour rien.
Le
ton de Daniel n’était pas convainquant. On aurait dit qu’il se forçait à croire
à sa version idyllique des faits. Sam ne répondit pas. Elle fit semblant
d’abonder dans son sens en hochant la tête en silence. Elle n’avait pas envie
de partager son angoisse avec quelqu’un, fut ce un ami comme Daniel. Il
n’aurait pas compris.
Le
lendemain matin le général Kittering appela la base. Ce fut Sam qui répondit.
-Je n’ai aucune nouvelle du général
O’Neill, dit-il brièvement. Il n’ a pas pris l’avion et apparemment n’a pas
quitté Colorado Springs. Vous prenez le
commandement de la base jusqu’à demain. Réglez juste les affaires courantes.
Pas de nouvelles explorations. et accueillez les équipes rentrant de mission
sans rien dire. Combien sont-elles ?
-Sept équipes mon général, Deux
rentrent aujourd’hui, les autres demain.
-Entendu Colonel. Bon courage.
-Mon général ? Vous allez nommer
quelqu’un d’autre à la tête du SGC ?
-Oui dès que possible dans un jour ou
deux au maximum. Sauf si le général revient entre temps.
4
Le
prisonnier était assis sur son lit. Il ne disait rien, ne bougeait pas, son
visage visible par le judas était impassible.
Un
cliquetis de chaîne et de cadenas. La porte s’ouvrit et le garde déposa le
repas à même le sol. L’homme enchaîné ne
bougea pas. Il attendit que le garde referme la porte. Il jeta un regard
dédaigneux à sa maigre pitance. Ses mouvements étaient limités. La chaîne ne
lui permettait d’aller ni à la porte ni jusqu’au mur d’en face. Malgré tout il
se pencha prit un morceau de pain dans sa bouche qu’il mâcha longuement.
Comment était-il arrivé là et pourquoi ? il y avait longtemps qu’il ne se posait même
plus la question. Au début il avait bien
essayé de parler au gardien. Un jeune homme qui ne savait rien, et qui ne
parlait que par monosyllabes. Depuis longtemps il avait cessé de compter les
jours et il contemplait le mur dans un
état d’hébétude qui ne lui était pas naturel. Il pensait que l’on droguait sa
nourriture.
Il
but un peu d’eau. Elle était tiède et avait un goût de moisi. Quelques morceaux
de viande nageaient dans une sauce claire à peine épaissie par une pomme de
terre écrasée. Toujours le même goût, rance,
et légèrement brûlé.
Le
prisonnier se força à manger, il avait beaucoup maigri, et flottait dans ses
vêtements. Une fois par semaine il avait droit à une douche. On le sortait de
sa cellule pour qu’il puisse se laver. Quelqu’un le rasait. Il ne fallait pas
qu’il puisse tenir entre ses mains un
instrument tranchant. Les chaînes ôtées, on le laissait seul se
déshabiller et prendre sa douche. Le
savon était distribué avec parcimonie. Juste le minimum. Il avait droit une tenue propre, un pantalon, une chemise, le
tout dans un beige fadasse. Aussitôt après on le reconduisait dans sa cellule
et on lui remettait ses chaînes. Il
avait bien essayé de voir où il se trouvait durant le transfert de la cellule à
la douche, mais l’endroit était sombre. Impossible pour lui de se repérer. Des
hommes en armes le surveillaient étroitement. D’ailleurs il n’aurait pas eu la
force ni la lucidité pour s’évader. Il sentait que des drogues l’enfonçaient petit
à petit dans un marasme dont il avait de plus en plus de mal à sortir.
5
Washington,
Maison Blanche.
Le
général Kittering attendait depuis une heure que le président veuille bien le
recevoir. Il avait dans sa serviette le
dossier d’un candidat au poste de commandant du SGC. Un homme droit et
compétent le général Holdey.
O’Neill
n’était pas réapparu. Les recherches entreprises d’abord sur Colorado Springs
avaient été étendues au reste du territoire. Toutes les pistes avaient été
scrupuleusement suivies et n’avaient rien donné. Ils avaient pensé à un
enlèvement, mais il n’y avait aucune preuve. Aucune demande de rançon. Il avait bien fallu déclarer le général
O’Neill disparu.
La
mort dans l’âme Sam avait fait une déclaration à la base annonçant la fin des
recherches. Cela ne voulait pas dire que Jack était mort. Sans doute avait-il
été envoyé en mission par le président. Une mission si secrète que faire croire à sa disparition s’avérait
nécessaire. Ce fut la conclusion officielle à sa disparition.
Le
général Kittering bien que chef d’état major n’était pas dans le secret des
dieux. Il savait qu’il serait inutile de demander quoique ce soit au président
et qu’il n’aurait pas sa réponse.
La
porte du bureau ovale s’ouvrit et le secrétaire du président le fit entrer.
Hayes
se leva pour le saluer. Lui et le président
se connaissaient de longue date et les deux hommes s’appréciaient. Franche poignée de main. Le président fit un
signe et le général s’assit. Il sortit aussitôt de sa serviette le dossier du
général Holdey et le posa devant le président ;
-Monsieur le président, voici mon
candidat pour remplacer le général O’Neill.
Hayes
ouvrit le dossier et y jeta un coup d’ oeil distrait, il le referma et le
reposa aussitôt.
-Comment se porte la base ? demanda
t-il.
-Très bien monsieur le président le
colonel Carter fait un travail remarquable.
-Oui, c’est une jeune femme très
compétente dit Hayes en souriant. Cependant elle n’a pas les épaules assez
solides pour diriger une telle base. Ce n’est qu’un simple lieutenant colonel.
Kittering
attendit. Il appréciait beaucoup Sam mais il était persuadé que même si elle
avait de grandes qualités, le président avait raison, il y avait loin d’un lieutenant colonel à un
général.
-J’ai nommé le général Denvers à la
tête de la base de Cheyenne Mountain dit le président.
Kittering
ouvrit des yeux ronds :
-Mais vous m’aviez chargé de vous
trouver un candidat ! il me
semblait que Holdey remplirait parfaitement ce rôle.
-Oui, mais j’ai changé d’avis, ce sera
Denvers.
-Si vous me permettez une remarque
monsieur le président, Denvers n’est même pas au courant du projet Stargate,
tandis que Holdey…
-Je sais, mais ma décision est prise
Kittering et je ne suis pas obligé de vous en donner la raison dit Hayes en se
levant , signifiant par ce geste que l’entretien était terminé.
-David, raccompagnez le général
Kittering dit-il à son secrétaire.
Le
général se leva et après avoir salué le président se dirigea d’un pas ferme
vers la porte.
-Au fait Kittering entendit-il derrière
son dos. Ce sera à vous de briefer le général Denvers, qu’il puisse prendre ses
fonctions dans 48 heures.
-Bien monsieur le président fit le chef
d’état major en retournant à demi.
Il
sortit sans exprimer la colère qu’il ressentait. Qu’est ce qu’il lui prenait à
Hayes de mettre Denvers, un homme plutôt âgé, à un poste où il fallait
quelqu’un de dynamique et d’énergique ?
Et c’était à lui de le briefer ! En moins de deux jours en
plus !
Le
lendemain Denvers était dans son bureau. Un homme de taille moyenne, le cheveu
gris et rare, la poignée de main sans énergie. Un homme fatigué et pas loin de
la retraite qui n’avait sûrement pas envie de reprendre du service à un tel
poste. S’il pensait que ce serait une sinécure il se trompait.
-Asseyez vous Denvers dit Kittering à
son invité. Vous voulez boire quelque chose ?
-Non merci, c’est vous qui devez me
briefer pour ma prochaine affectation ?
-Oui, et cela va être long. Car la
Cheyenne Mountain est la base la plus secrète de tout le pays.
Après
une journée de travail Denvers était effaré. Il n’avait pas pu refuser la
demande du président, mais maintenant il regrettait de ne pas l’avoir fait. Une
porte des étoiles, des milliers de planètes, un ennemi redoutable, des Go..u..
il n’arrivait même pas à se rappeler leur nom, et puis des espèces d’animaux en
fer, des réplicateurs ! Le sommeil
le fuyait, il se releva pour étudier à nouveau les dossiers que lui avait
laissé Kittering. Il fit la connaissance de SG1 à travers ses missions, Daniel
Jackson, le major Carter, le colonel O’Neill, Teal’c, un jaffa !
Le
lendemain pour sa deuxième journée de travail, il arborait une mine de papier
mâché et des yeux cernés.
-Pas trop bien dormi, général ?
dit Kittering en souriant. Il avait tendance à plaindre ce pauvre général. Pas
un poste facile. Et puis succéder à O’Neill qui était adoré de ses troupes
n’allait pas être simple.
-En effet, j’ai l’impression d’avoir
pris un grand coup sur la tête. Je ne sais pas si j’aurais les compétences.
C’est
aussi ce que pensait Kittering en voyant le visage fatigué de son
interlocuteur.
Malgré
tout il poursuivit son instruction ; la journée se passa à la vitesse de
l’éclair. Denvers posaient toute sortes
de questions auxquelles Kittering n’était pas toujours capable de répondre.
-Si vous me permettez un conseil
Denvers, dans un premier temps appuyez vous sur le colonel Carter. C’est elle
qui en sait le plus sur cette base. Pour tout problème concernant les Goa’ulds n’hésitez pas à consulter Teal’c, ou le docteur Jackson.
-Compris dit Denvers avec un sourire
las.
-Bien nous pouvons y aller. Encore une
chose , vous aurez une aide précieuse en la personne du sergent Harriman. Il a
longtemps travaillé au contrôle de la porte. Actuellement son poste est auprès
du commandant de la base. C’est lui qui établit les plannings. Ecoutez-le, il
est de bon conseil.
Un
silence de mort accueillit le nouveau général. Il se présenta sobrement.
-Je suis le brigadier général Denvers,
et je serais très heureux de travailler avec vous tous. J’ai conscience que
remplacer le général O’Neill ne sera pas facile, surtout en de telles
circonstances, mais je compte sur votre soutien. Rompez.
Denvers
s’assit dans le fauteuil du commandant de la base. Aussitôt Harriman pointa son
nez.
-Harriman ! quel est votre rôle
exactement ? dit-il en souriant.
-Une sorte de secrétaire mon général.
Avez-vous besoin de quelque chose mon général ?
-Négatif major, pas pour l’instant.
6
Labo
de Sam.
SG1
tenait sa réunion journalière depuis la disparition de Jack.
-Alors ce nouveau général ? Vous
le connaissez Sam ? demanda Daniel.
-Non, je le connais peu. C’était un ami
de mon père.
-Alors c’est bon signe ?
Non ?
-Je ne sais pas. Mais j’en ai entendu
parler, c’est le genre de général plutôt bureaucrate. Il a travaillé longtemps
à Washington, et n’a pas été sur le terrain depuis au moins 10 ans.
-Il est tout de même général ! dit
Teal’c.
-Oui, mais depuis la guerre du Golfe il
travaille plutôt dans les bureaux.
-C’est bizarre cette nomination
alors ? Sam vous qui connaissez bien le fonctionnement de l’armée, qui
décide de mettre un tel plutôt qu’un autre à un poste.
-En général c’est le chef d’état major
répondit la jeune femme. Mais là je suis surprise. Le général
Kittering n’aurait pas mis un homme tout près de la retraite à un tel
poste.
-C’est
pourtant ce qui est arrivé au général Hammond ! dit Teal’c
calmement.
-C’était différent, quand il a pris la
direction de la base, la porte était inactive. Comme il disait lui même c’était
une antichambre avant la retraite.
-Que savez-vous d’autre de ce général
Sam ?
-C’est un homme juste, mais je trouve
qu’il manque peut être un peu de dynamisme pour ce poste.
-Surtout remplacer Jack ne va pas être
facile.
Daniel
se maudit de n’avoir pas su tenir sa langue, devant le visage de Sam soudainement devenu tout pâle.
-Excusez-moi Sam.
-Oh mais vous n’avez pas à vous excuser
Daniel. Mais à propos du général O’Neill avez-vous pu rencontrer le général
Hammond Daniel ? demanda la jeune femme d’une voix légèrement rauque.
-Non, il est en voyage au Canada actuellement.
A
chaque fois qu’on l’on parlait de Jack c’était toujours la même chose, elle se
troublait, le cœur comme déchiré par une perte irrémédiable.
Elle
passait de très mauvaises nuits à envisager tous les scénarios possibles. Le pire était celui où elle le
voyait mort, dans un accident, sans papiers d’identité et personne pour le
reconnaître. Le meilleure scénario : il était en mission secrète, et
n’allait pas tarder à réapparaître. Mais
son pessimisme habituel lui
faisait toujours entrevoir le pire.
7
Planète
de Durga
La
reine attendit que la nuit soit tombée pour aller voir son prisonnier. Peut
être avait-il écrit quelque chose sur son cahier ?
Elle
ouvrit la cellule, le prisonnier était assis sur le sol. Le cahier était rempli
de sa petite écriture serrée, enfin ! pensa t-elle. Les drogues utilisées
étaient en train de faire leur effet. L’homme ne leva même pas la tête à son
arrivée, absorbé par sa tâche il faisait courir son crayon sur la page.
-Donne-moi ça dit elle d’une voix
rauque.
L’homme
leva la tête et releva une mèche grise qui tombait sur son front. Sans un mot
il tendit docilement le carnet à la reine.
Avidement
elle le prit et l’emporta. La porte se referma avec un claquement sec.
Elle
remonta à la hâte les marches étroite et retourna d’un pas vif dans son
appartement.
Elle
alluma toutes les lampes dévoilant une vaste pièce luxueusement meublée. Le
bois précieux des meubles luisaient doucement, des bijoux jetés ça et là sur le
vaste lit jetaient des taches de lumière.
Durga
s’assit dans un large fauteuil à haut dossier rendu confortable par de nombreux
coussins. Elle ouvrit le carnet avec une mine gourmande.
Ses
sourcils se froncèrent au fur et à mesure qu’elle parcourait les lignes.
« Un corbeau sur un arbre perché
tenait en son bec un fromage,
un renard par l’odeur alléché lui tint à
peu près ce langage… »
le
texte se poursuivait ainsi sur toute la page. Elle le relut plusieurs fois en
essayant d’y trouver un sens caché. Sur la page suivante un autre texte tout
aussi sibyllin. Il y était question d’un loup et d’un agneau. Durga se laissa
emporter par le récit et apprécia beaucoup la malignité du loup. Peut être que
le prisonnier comparait la terre à un agneau que la louve Durga allait
dévorer ? Elle eut un sourire à cette image. Le prisonnier semblait avoir
compris qu’elle était la plus forte. La reine s’en trouva flattée.
Elle
parcourut rapidement les pages suivantes, d’autres textes y étaient écrits. Des
textes en vers, de la prose, de la poésie, des morceaux entiers de dialogues. Durga
commençait à s’énerver. Ses yeux brillèrent de colère. Le prisonnier oserait-il
se moquer d’elle ? Elle jeta le carnet sur le sol et se mit à le piétiner
de colère. Puis elle hésita à le jeter dans le feu. Il y avait peut être un
message dans tous ces textes. Elle reprit le carnet qui avait doublé de volume, et elle entreprit de lisser les pages, puis elle le referma. Elle le relirait demain.
Et puis si elle ne trouvait rien elle pourrait toujours torturer le prisonnier.
Il finirait par craquer.
8
Maison
Blanche, Bureau ovale.
-Alors Denvers comment se passe cette
nouvelle affectation ?
-Monsieur le président, c’est pire que
ce que je pensais.
-Comment cela ?
-Tout est si nouveau pour
moi ! Cette porte des
étoiles ! C’est si étonnant !
-Denvers il faut aller de
l’avant ! je ne vous ai pas mis à ce poste pour rien, dit sèchement le
président.
-Justement si vous me permettez dit
Denvers dont le front se couvrait de sueur, je ne comprends pas pourquoi vous
m’avez confié ce travail.
-j’avais mes raisons, et je continue à
penser que vous êtes parfait. Et si vous
me racontiez les dernière
missions ?
Denvers
s’épongea le front. Ce n’était pas qu’il fasse particulièrement chaud dans le
bureau, mais il était mal à l’aise. Il détestait cette nouvelle fonction.
Entendre louer les vertus du général O’Neill toute la journée le mettait
en porte à faux. Il fit un récit succinct des quelques missions réalisées.
-Du naquadah ? demanda avidement
le président.
-Pas encore, bien que nous ayons trouvé
une planète intéressante P8N239, mais c’est une place forte Goa’uld. Elle
regorge de naquadah.
Le
président ricana :
-Evidemment Denvers ! qui dit
naquadah, dit Goa’uld. Ils en ont besoin
pour toute leur technologie. Il faut aller
y faire un tour.
-Monsieur le président avec tout le
respect que je vous dois le colonel Carter m’a conseillé la prudence et je
pense…
-Depuis quand vous laissez vous
influencer par un simple colonel ? coupa brutalement le président.
Denvers
resta la bouche ouverte de surprise
-Mais le général Kittering lui même…
Autre
interruption de Hayes :
-Denvers ! dit –il sur un ton de
reproche vous n’êtes pas sous les ordres de Kittering, mais sous les miens
directement.
Denvers
ne répondit pas et eut subitement l’impression de perdre le contrôle si tenté
qu’un jour il l’eut en sa possession.
-A vos ordres dit –il en se levant.
-Je ne vous ai pas congédié dit Hayes
sèchement.
Denvers,
maté se rassit.
Le
président poursuivit :
-Vous enverrez donc une expédition sur
cette planète. Soyez cependant prudent.
-A vos ordres redit Denvers platement.
-Savez-vous quel Goa’uld dirige cette
planète ?
-Durga, monsieur.
Le
président leva un sourcil
-Durga ? qui est-ce ?
-Une déesse hindou. Je n’en sais pas plus. Je n’ai pas encore eu
le rapport du docteur Jackson. Il doit m’attendre sur mon bureau.
-Bien Denvers, je vous souhaite bonne
chance. Rapportez nous du naquadah en quantité suffisante pour fabriquer des
armes capables de nous défendre. Ah
j’oubliais.. votre iris ? il est suffisamment défendu ?
-Il est en tritanium monsieur le
président.
-Et il faut un code pour l’ouvrir, ça
je sais. Mais ce code qui le possède ?
-Ceux qui passent la porte monsieur le
président, il est indispensable pour rentrer.
- Il change ce code ?
-Oui, à chaque voyage, il est aléatoire
et fourni par l’ordinateur principal. Impossible de le pirater, il est
absolument inviolable.
-C’est parfait dit le président d’un
air distrait, comme s’il pensait à autre chose.
Cela surprit Denvers mais il ne le manifesta
pas.
-le téléphone rouge Denvers, n’oubliez
pas ! Tenez moi au courant de tout. Je veux un rapport journalier.
-A vos ordres monsieur.
Perplexe,
Denvers quitta le président. Il rejoignit Andrews où l’attendait son avion qui
le ramènerait rapidement à Colorado Springs. L’attitude du président le surprenait.
D’après SG1 , le colonel O’Neill avait toute liberté de diriger la base comme
il l’entendait et se référait au président pour les décisions importantes, mais
jamais le président ne lui avait demandé un rapport journalier ni lui
avait imposé d’aller se fourvoyer sur une place forte Goa’uld au mépris du danger et de la plus élémentaire prudence ;
Denvers
conclut que le président ne lui faisait peut être pas entièrement confiance.
Cela le chagrina un peu. Mais il était un homme de principes, le président
ordonnait, pas question de refuser ou de même discuter ses ordres. Dès son
retour il enverrait SG1 sur la planète de Durga.
9
Le
gardien regarda par le judas. Le prisonnier dormait encore. Il était roulé sur
le lit en position fœtale. Sa respiration ample et profonde soulevait sa
poitrine régulièrement. Le bruit du cadenas qu’on ouvre ne réveilla même pas le
dormeur.
-Monsieur, fit l’homme en touchant
l’épaule du prisonnier. Levez-vous, il faut manger.
Sur
le sol l’assiette contenant l’infâme
ragoût.
Le
prisonnier se déplia lentement et se mit debout. Un vertige subit le fit
vaciller. Le gardien le soutint par le bras. Le prisonnier se laissa tomber sur
le sol.
Le
fumet de la viande lui portait au cœur.
-Il faut manger redit gentiment le
gardien.
Le
prisonnier surpris leva les yeux sur lui.
-Depuis quand vous préoccupez vous du
bien être de vos prisonniers ?
Une
bien longue phrase qui laissa l’homme essoufflé.
-Depuis que je vous vois vous enfoncer.
Vous êtes le seul prisonnier ici
monsieur, La reine m’a ordonné de vous garder.
-La reine ?
-Elle m’ enlevé depuis longtemps, et je
suis son esclave. Je lui dois obéissance.
-Alors le fait de me parler vous met en
danger ? dit le prisonnier en levant son regard brun sur le gardien.
-Oui, mais personne ne le saura. Elle est absente.
-Où sommes-nous ?
-Sur son vaisseau.
-Et qui est cette reine ?
-Durga.
Du
bruit dans le couloir le fit tressaillir.
-Je dois me sauver, mais avant, un
conseil ; ne buvez pas le café qu’on vous apporte le matin. Il est drogué.
Le rata lui ne l’est pas. Le pain non
plus.
La
porte se referma dans un cliquetis de chaîne.
Le
prisonnier se força à manger. Il se sentait faible mais un peu d’espoir venait
d’entrer dans cette prison qui lui parut moins sinistre. Le vaisseau ne
bougeait pas. Il devait être en position géostationnaire autour de la planète.
Il
déplia son long corps mince et se remit debout. Il était très grand et touchait
presque le plafond. Il regarda autour de lui, la pièce était petite, avec des
murs bruns, et éclairée d’une lumière diffuse venant du plafond et dont on ne
voyait pas la source.
N’ayant
rien d’autre à faire que dormir, il se rallongea sur la paillasse et ferma les
yeux.
10
SG1
était en congé, le général Denvers venait de leur accorder une permission. Ils
avaient enchaîné mission sur mission. Et leur prochaine serait P8N239. Il leur
fallait être au mieux de leur forme. Sam avait eu beau essayer de faire changer
d’avis le général Denvers, cela n’avait rien donné. Pourtant le dialogue était
facile entre les deux officiers. Denvers écoutait volontiers Sam qui avait une
grande expérience. Mais là elle s’était heurtée à un mur. La mission sur la
planète de Durga aurait bien lieu. Le départ était fixé le surlendemain à 14
heures.
Sam
et Daniel une fois de plus se dirigeaient vers la maison de Jack. Ils avaient décidé avec Teal’c de
l’entretenir avec le secret espoir qu’O’Neill revienne un jour et trouve sa
maison en ordre.
Le
gazon avait beaucoup poussé et Daniel passait la tondeuse pendant que Sam
faisait le ménage. Elle en profitait à chaque fois pour rechercher des indices.
Elle se disait que peut être Jack avait laissé quelque chose pour les mettre
sur la voie. Ce jour là elle ouvrit le meuble de la salle à manger. Dans la
partie basse de la vaisselle, dans le haut des verres. Mais il y avait deux
tiroirs que Sam n’avaient pas encore exploré. Elle trouva des photos.
S’asseyant
dans un fauteuil, elle les regarda avec beaucoup d’émotion. La plupart avaient
été prises chez le général lui même. Des
soirées à quatre ou à beaucoup plus. Elle se souvint d’un Noël passé chez lui,
il y avait cinq ans maintenant. Janet y souriait, à Cassandra sans doute qu’on
ne voyait pas sur le cliché. L’anniversaire de la jeune fille datait déjà de
deux mois. C’était le dernier soir où ils avaient vu le général O’Neill.
Daniel
revint dans le séjour à ce moment là. Le jardin avait repris un aspect
civilisé.
-Qu’est ce que vous regardez Sam ?
-Des photos que j’ai trouvé dans un
tiroir.
-Vous ne lâchez jamais prise ?
n’est ce pas ?
-Non, j’ai toujours le secret espoir de
le voir passer la porte dit-elle avec émotion.
-Pourtant il vaudrait mieux tourner la
page dit Daniel avec douceur en prenant Sam dans ses bras.
-Jamais dit-elle avec fermeté tant que
je n’aurai pas la preuve irréfutable de
sa mort, j’espérerais toujours.
-Vous vous faites du mal dit Daniel
avec un soupçon de reproche dans la voix.
-N’insistez pas Daniel, vous ne me
ferez pas changer d’avis.
-Qu’espérez vous en regardant ces
vieilles photos ?
-Rien de spécial, dit-elle. En fait je
recherchais peut être un mot, un signe, quelque chose qu’il nous aurait laissé
pour nous prévenir.
-On a déjà passé toute la maison au
peigne fin. Il n’y a rien du tout.
Mais
Sam n’écoutait pas. Elle continua à fouiller les tiroirs. Il n’y avait rien,
pas de fond secret, pas de traces d’un quelconque message . Rien.
-Venez Sam, vous devriez rentrer chez
vous.
Le
visage défait de Sam lui faisait de la peine. L’obstination de son amie la
conduirait à sa perte. Il n’y avait rien à faire. Mais Sam attendait toujours
un miracle.
-J’arrive tout de suite dit Sam en
retournant dans la chambre de Jack. Elle y avait fait le ménage la semaine
passée, lavé et repassé le linge, fait le lit avec des draps propres. Rien
n’avait bougé depuis. Elle soupira et revint trouver Daniel.
-Et si on passait la soirée ensemble
dit Daniel.
-Ok dit-elle. J’appelle Teal’c.
-Il est resté à la base ?
-Non il voulait aller au cinéma.
-Ah oui ! le dernier Stars
Wars ! dit Daniel en souriant. C’est marrant comme il est accro à cette
série.
-Teal’c ? dit Sam dans son
portable, le film est fini ?
-Oui colonel Carter dit l’impassible
Jaffa.
-Vous nous rejoignez à la maison du
général ?
-Avec plaisir. Daniel Jackson sera là
aussi ?
-Bien sûr Teal’c, le trio infernal, dit-elle
en riant.
-J’arrive répondit le jaffa.
Ils
restèrent chez Jack. Sam n’arrivait pas à aller ailleurs.
-Et si je restais ici dit-elle après un
long silence.
-Ici, chez Jack ?
-Oui.
-Pourquoi voulez vous faire une telle
chose colonel Carter ?
-Il me semble que je serais plus proche
de lui.
-Ça ne me parait pas très sain dit
Daniel. Mais je suppose que je n’ai pas mon mot à dire, soupira t-il.
-En effet. Vous allez quand même m’aider à déménager mes
affaires ?
-Naturellement, on va tous les deux
vous aider dit Teal’c en jetant un regard sévère à Daniel.
-OK je me rends dit celui-ci en levant
les bras.
-Alors c’est parti dit Sam en se
levant.
Durant
le trajet jusqu’à sa maison elle ne dit pas un mot se concentrant sur sa
conduite. Teal’c était avec elle. Daniel avait pris sa propre voiture.
Elle
rassembla ses affaires personnelles, des vêtements, produits de toilettes,
livres..
Dans
la salle de bain, elle posa ses affaires sur le lavabo, parmi celles de Jack
qu’elle n’enleva pas.
Elle
se coucha rapidement s’étendant dans le grand lit. Il y avait un creux du côté
où le général se couchait. Elle s’y blottit, se plongea dans l’oreiller. Puis
prise d’une idée subite elle se releva.
Dans la salle de bain elle trouva sa lotion après rasage. Elle en mit
quelques gouttes sur l’oreiller et s’endormit ainsi, enveloppée de cette odeur
qu’elle adorait. C’était un peu de lui qui était là dans cette pièce. Le cœur
léger depuis bien longtemps, elle se sentait à sa place, chez lui, dans son
lit.
11
Le
prisonnier se sentait mieux depuis qu’il ne buvait plus le breuvage qui ne
méritait pas le nom de café. Il n’avait pas reparlé au gardien qui se
contentait de lui donner ses repas ou de l’accompagner à la douche.
L’homme
comprenait que la reine devait être dans les parages. Il était étonné qu’elle
ne lui ait pas encore rendu visite.
Ce
matin là le garde ouvrit la porte. Le prisonnier se mit debout aussitôt.
-Elle est sur la planète. Nous avons un
peu de temps pour parler. Tenez je vous ai apporté quelque chose de meilleur.
A
l’ infâme brouet, le garde avait rajouté
un fruit.
-Merci dit le prisonnier, en mordant
dans la pomme.
-J’essaierai de vous en faire parvenir
d’autres dit-il.
-Ne prenez pas de risques pour moi.
-Ne craigniez rien. Je vous ai aussi apporté de quoi soigner vos
poignets.
Les
bras de l’homme était en effet à vif. Les anneaux de fer qui entouraient ses
avant bras avaient creusé la chair. Celle-ci avait saigné .
-Ça doit vous faire un mal de
chien ? dit le gardien tout en nettoyant les plaies.
-Oui, dit le prisonnier en grimaçant.
Mais si vous m’enleviez ces chaînes ce serait beaucoup mieux.
-C’est hors de question. Il y a des
jaffas qui viennent ici quelque fois.
Ils regardent si tout va bien.
-Oui, je sais dit l’homme, je les
entends parfois. Il regardent par le judas.
-J’ai entendu que la reine va venir,
poursuivit le gardien. Il faut que tout
soit comme elle le souhaite.
-Savez-vous pourquoi je suis ici ?
-Non pas du tout. Vous n’êtes pas le
premier prisonnier dont j’ai la charge.
-Je suis là depuis
longtemps ? Avec les drogues j’ai
un peu perdu la notion du temps.
-Cela fait plus de trois mois.
-Je pense qu’ils doivent me
chercher ? dit-il pensivement.
-De qui parlez-vous ?
-Mes amis, et les gens avec qui je
travaille.
-Cela m’étonnerait.
-Pourquoi ?
-Durga sait très bien brouiller les
cartes. Elle s’est sûrement arrangé pour qu’on ne vous retrouve pas.
Le
cœur du prisonnier se serra en proie à une vive angoisse. Il mettait tous ses
espoirs en ses amis pour le retrouver. Il savait qu’ils ne lâcheraient pas
prise avant d’avoir trouvé. Mais si la Goa’uld avait fait croire à sa mort…
- De
quelle planète venez-vous ? dit le garde en achevant les soins aux
poignets du détenu.
-De la terre.
-Alors c’est qu’elle a des vues sur la
terre.
-Je m’en doute dit le prisonnier. Cela augmentait
ses angoisses. Merci pour tout cela
dit-il en montrant ses poignets bandés.
-Oh ce n’est pas grand-chose ! Si
je pouvais faire plus je le ferais. Enlevez le bandage dès que cela ne saignera
plus, il ne faut pas que l’on voit que je vous ai soigné.
-Merci beaucoup de votre aide. Je ne
vous ai même pas demandé votre nom :
-Brian Logary, et vous monsieur ?
-Jack O’Neill fit le prisonnier en
serrant la main de son gardien.
12
Le
président Hayes se sentait investi d’une
mission. Jusqu’à présent, il ne s’était
occupé que de loin, de la base de
Cheyenne Mountain et de son stargate. Mais les choses avaient évolué. La menace
extra terrestre se précisait. Il fallait renforcer les défenses de la
planète .
Sous
son mandat la base de Cheyenne Mountain se développa. Il y fit tenir une
politique agressive par le général Denvers qui était intégralement à sa botte.
D’autres équipes SG furent crées, cela alla jusqu’à SG31. trente et une équipes
opérationnelles qui se relayaient en permanence sur le terrain. La machine de guerre était en route. Les Goa’ulds et autre ennemi possible n’avaient qu’à bien se
tenir.
Denvers
appelait le président tous les jours. Il lui faisait son rapport. Hayes était
très attentif à tout ce qui se passait dans la base. Il parlait souvent de
l’iris comme s’il avait peur qu’il soit déficient lors d’une attaque Goa’uld.
Denvers
tentait de le rassurer, mais le président insistait.
-Ecoutez Denvers, je ne comprends rien
à vos histoire de codes. Cela me parait très compliqué et peu fiable. N’importe
qui pourrait obtenir ce code. Il suffirait de faire prisonniers les membres
d’une équipe, les torturer et leur faire dire le code.
-C’est impossible monsieur le président
avait dit Denvers choqué. Jamais personne ne parlerait sous la torture .
-Il existe des drogues extrêmement
puissantes pouvant faire parler n’importe qui. Il faut que vous trouviez
quelque chose de plus sûr.
-Bien monsieur le président avait dit
Denvers qui ne comprenait pas l’obsession du président pour l’iris et son code.
Il se promit d’en parler au colonel Carter dès le prochain briefing.
13
-Colonel Carter, le président me tanne
pour que nous renforcions la sécurité de notre iris.
-Mais nous avons le système le plus
efficace qui soit ! mon général dit
Sam. Que veut exactement le
président ?
-Il ne me l’a pas dit. Mais il faut que
vous trouviez quelque chose. Je l’ai au téléphone tous les matins et je veux
lui annoncer du nouveau d’ici huit jours.
-Une semaine ? Sam ouvrit de
grand yeux. C’est un peu court mon général.
-Débrouillez-vous colonel. Revenons à
notre briefing d’aujourd’hui. La planète
de Durga. Docteur Jackson ? vous ne m’avez pas rendu votre rapport sur
cette déesse ?
-Je viens juste de finir, général. .
-Nous vous écoutons.
-Durga est une déesse hindoue et l'épouse
de Shiva. Elle est l'une des plus redoutables divinités du panthéon hindou, commença
Daniel. Selon les diverses traditions elle possède plusieurs noms Devi la déesse, Mahadevi la
grande déesse, Kali la noire. Durga est la mère des dieux, elle incarne la
puissance , l’action, la connaissance. C’est une déesse redoutable, puissance d’égarement en
même temps que de salut, une guerrière
insatiable ivre du sang de ses ennemis.
Sa cour est composé d’esprits maléfiques, de jeteurs de sort et des âmes déchues de ses ennemis vaincus. Naturellement conclut Daniel, ceci n’est
qu’une légende . Mais nous avons appris en fréquentant les Goa’ulds que le
portrait original n’est jamais très loin de la réalité. En résumé Durga est une
femme extrêmement dangereuse conclut Daniel.
Denvers se tourna vers Sam.
-Qu’ont donné les images de la sonde
colonel Carter dit Denvers.
-Qu’il n’y a pas d’ habitations près de
la porte mon général et que cette porte
n’est pas gardée.
-Soyez très prudents SG1 ! je vous
adjoint SG3 et SG 27, ils resteront en couverture, pendant que vous irez
chercher le naquadah qui se trouve à quelle distance ? dit-il en
feuilletant son dossier.
-Dix kilomètres de la porte environ monsieur, répondit Sam.
-Dès votre retour vous travaillerez sur
l’iris colonel.
-A vos ordre monsieur.
14
Jack
faisait les cents pas dans sa cellule, promenade limitée par la longueur de la
chaîne. Il avait retrouvé totalement ses
esprits et grâce au supplément en
nourriture apporté par le gardien, un peu de sa force. Il trouvait le temps long, et pensait qu’il ne
devrait sa sortie qu’à lui-même et qu’il ne fallait pas compter sur la base
pour le faire. Sans doute ne savaient–ils pas où il était.
Il
continuait à parler avec Brian. Celui-ci avait été enlevé deux ans
auparavant et n’avait guère quitté le
vaisseau de la reine. Seulement pour quelques missions ponctuelles sur la
planète. Durga lui faisait confiance, il ne savait pas pourquoi, mais il en
profitait. D’autres esclaves étaient mal traités, pas lui. La reine était même
un peu trop aimable avec lui. Elle appréciait visiblement sa blondeur et ses
bras musclés. Un peu trop sans doute pour le jeune homme. Mais il ne s’en
plaignait pas, cela lui valait un traitement de faveur.
Il
passait de longues heures à parler avec Jack. Celui-ci lui faisait confiance
mais ne lui parlait jamais de la base, ni du travail qu’il faisait sur terre.
Pour
Brian il n’ était qu’un prisonnier que la reine oubliait dans une cellule. Il avait
31 ans, une femme et deux enfants sur sa planète. Il en parlait toujours avec
émotion. Jack décida en lui-même de l’emmener avec lui s’il parvenait à sortir.
-Brian, savez –vous comment je suis
venu ici ? Je n’en ai pas le souvenir.
-Elle vous a enlevé avec un rayon.
-Je me souviens m’être couché, après
une soirée avec amis. Puis je me suis réveillé
ici.
-Vous devez être quelqu’un d’important
sur votre planète, dit Brian en regardant son nouvel ami.
-Non pas vraiment fit Jack prudemment.
-Vous êtes marié ?
-Non.
Brian
crut sentir une pointe de nostalgie dans la voix de jack.
-Une petite amie alors ? racontez
moi.
-Il n’y a pas grand-chose à dire
malheureusement dit Jack dont le regard se voila.
-Blonde, brune ?
-Blonde, superbe, un sourire
éblouissant, des yeux d’un bleu… il s’arrêta brusquement. Mais qu’est ce que je raconte moi ?
-Vous avez l’ air de l’aimer
beaucoup !
-Non pas du tout répondit Jack sur la
défensive.
Grand
sourire de Brian.
-Allez ! à d’autre ? Qu’est ce qui ne va pas avec elle. Elle est
mariée ?
-Oui c’est ça, elle est inaccessible
dit Jack rapidement pour éviter de s’épancher. Il trouvait ce jeune homme bien
curieux. Mais d’un autre côté évoquer le beau visage de Sam lui faisait du
bien. Il soupira.
-Alors il n’y a rien eu entre
vous ?
-Mais pourquoi tu poses toutes ces
questions ? dit Jack avec un rien d’agacement.
-Parce que je suis curieux, dit Brian
en souriant, et puis ça passe le temps.
C’est fou ce qu’on s’ennuie ici.
-Moi aussi je suis curieux dit
Jack. Est ce que le vaisseau est vide
parfois ?
-C’est rare .
-Mais cela arrive ?
-Oui, pourquoi ? demanda Brian méfiant.
-Parce que je pourrais peut être
m’enfuir. Trouver ce rayon et repartir chez moi.
-C’est impossible, il faudrait que le
vaisseau soit en orbite autour de la terre. Hors nous sommes près de Novalia.
-J’ai comme une petite idée la dessus.
Je pense que Durga convoite la terre. Peux-tu surveiller et me prévenir s’il y
a du nouveau.
-Oui, mais si nous allons à proximité
de la terre, Durga sera dans le vaisseau et vous ne pourrez pas partir.
-C’est mon problème ça. Je veux juste
que tu te renseignes des intentions de la déesse. Tu peux faire ça pour moi ?
-Volontiers dit –il avec détermination,
je le ferai.
-Merci Brian.
15
Durga
le cahier à la main alla voir le
prisonnier.
-Qu’est ce que ça veut dire toutes ces
histoires , expliquez moi.
-Si vous ne comprenez pas vous-même je
ne peux rien dire dit le prisonnier.
-Vous vous fichez de moi dit Durga
le regard empli de fureur.
-Non pas du tout. Mais je n’ai rien
d’autre à dire.
-Ah ! tu n’as rien à dire !
c’est ce qu’on va voir !
l’arme
de poing atteignit le prisonnier sur le front. Il gémit, tomba à genoux mais ne
dit rien. Durga le lâcha juste avant la mort. Elle savait doser le rayon. Une
longue expérience de la torture lui avait appris à se maîtriser, à faire durer
le supplice le plus longtemps possible.
L’homme
s’ écroula en gémissant.
-Je veux savoir le sens de ces phrases
hurla Durga perdant toute contenue.
-Je ne dirais rien de plus, haleta le
prisonnier.
-Tu veux mourir ?
-Je préfère la mort dit l’homme dans un
souffle.
-Je peux te tuer et tu renaîtras dans
le sarcophage autant de fois que nécessaire,
mais tu parleras. En attendant, réfléchis. Il y des moyens très
douloureux de mourir et je les connais tous.
L’homme
frissonna longuement.
Durga,
furieuse sortit en claquant la porte.
Elle
revint une heure plus tard. Le détenu n’avait pas encore récupéré de la séance.
-Pourquoi ne parles-tu pas ? Tu
sais que la défaite est inéluctable. Sur terre personne ne te cherche. Personne
ne sait que tu as disparu.
-Ça m’étonnerait ricana le prisonnier.
Je ne passe pas inaperçu d’habitude ! Je suis quelqu’un d’important,
quoique tu en penses.
Durga
se permit un sourire. Que cet homme était stupide ! courageux peut être,
mais stupide.
-Tu crois que je t’aurais fait enlever
comme ça, sans prendre mes précautions ?
Le
prisonnier pâlit.
-Que veux-tu dire ?
-Tu n’en as pas la moindre idée ?
-Non…
-Et bien je vais te le dire. Je t’ai
remplacé par un clone.
-Un clone !
-Oui un pantin qui te ressemble comme
deux gouttes d’eau, qui a ton patrimoine génétique, tes souvenirs, qui sait
tout sur ta fonction, mais qui m’obéit au doigt et à l’œil. Et le comble il ne
le sait même pas. Il se croit réellement le vrai.
Le
prisonnier avait pâli.
-C’est impossible dit-il d’une voix
blanche.
-Alors tu veux que je te dise quelque
chose, pauvre imbécile ! ta belle planète bleue sera bientôt à moi et
grâce à elle je serais la maîtresse absolue de tout l’univers…
-Je ne te crois pas.
-Alors écoute bien. Durga se pencha à
l’oreille de son prisonnier et lui fit un étrange récit qu’il écouta sans
broncher. Il se sentait au bord du malaise, mais il ne pouvait rien
faire ; l’arme de point brillait doucement dans la main de
la reine et il était enchaîné à la muraille.
-Tiens dit-elle au bout d’un moment
voilà ton repas qui arrive.
Le
garde, quand il vit la cellule ouverte plongea dans une génuflexion impeccable
et baissa la tête pour ne pas croiser le regard terrible de Durga.
-Mange, dit-elle c’est ton dernier repas. Tu ne
mangeras à nouveau que lorsque tu auras parlé. Je peux t’assurer que c’est très
douloureux de mourir de faim et de soif.
Le
prisonnier frémit à cette idée. Mais courageusement il reprit :
-Pourquoi me poses-tu toutes ces
questions ? mon clone ne te renseigne t-il pas ?
-Il ne peux dire que ce qu’il
sait !
-Alors c’est que moi non plus je ne
sais pas.
-Je veux le code de l’iris c’est simple
et je l’obtiendrais.
-Je ne sais même pas comment ça
fonctionne dit le prisonnier.
-C’est ce qu’on verra dit Durga en
sortant de la pièce dans un envol de voiles.
16
La planète était déserte. Une fois passée la
porte la chaleur les assaillit et leur
souffla au visage une haleine brûlante.
-Dépêchons-nous dit Sam à ses amis. SG3
et SG27 vous restez en couverture auprès de la porte. Nous restons en contact
radio.
-A vos ordres mon colonel répondit
Warren.
Ils
se mirent en marche.
Deux
heures plus tard Sam s’arrêta et regarda ses appareils.
- C’est par là dit-elle, il y a du naquadah dans cette
direction.
Ils
avancèrent de quelques centaines de mètres et se dissimulèrent rapidement
derrière un talus.
-Bon sang dit Daniel. Personne nous a
dit que la mine était encore exploitée.
Ils
étaient au bord d’un gouffre vertigineux où tout au fond s’agitaient plusieurs
centaines de personnes sous la surveillance de jaffas irascibles. Des cris
montaient vers eux ainsi qu’un épais nuage de poussière qui heureusement les
dissimulait à la vue.
-Major Warren dit Sam dans sa radio.
-Je vous écoute major.
-La mine est en cours d’exploitation.
Nous retournons vers la porte.
-Compris mon colonel.
-Et vous de votre côté.
-RAS mon colonel.
-Dans deux heures nous serons à la
porte.
Ils
se mirent en route d’un pas rapide. Encore plus vite qu’à l’aller. Il fallait
fuir au plus vite en espérant que sur le chemin ils ne feraient pas de mauvaise
rencontres.
Soudain
du bruit devant eux. Ils se jetèrent dans un fossé pour laisser passer une
dizaine de jaffas. Quelque instants plus tard ils reprenaient leur route
presque en courant.
-Warren ! appela Sam.
-Mon colonel ?
-Pas de jaffas en vue ?
-Personne mon colonel.
-Gardez l’œil ouvert Warren, nous en avons
croisés une dizaine.
Ils
ne mirent pas deux heures pour faire les dix kilomètres mais une heure et
quart. Daniel était au bord de la crise d’apoplexie et son front dégoulinait de
sueur. Sam et Teal’c beaucoup plus entraînés supportaient mieux l’effort physique .
-Daniel composez le code dit Sam.
Dix
minutes plus tard ils étaient sur terre.
Le
général Denvers les accueillit froidement en haut de la passerelle.
-Briefing immédiat.
-Alors colonel ? Et le naquadah ? dit-il
quelques instants plus tard.
-J’ai pensé mon général qu’il aurait
été fort imprudent de tenter quelque chose. La mine était en cours
d’exploitation, et le site pullulait de jaffas.
-Mais que vais-je dire au président ?
dit Denvers d’un air désemparé.
Regards
surpris échangés entre Sam, Teal’c et Daniel. Jamais O’Neill ou même Hammond
n’aurait manifesté un tel désarroi.
Ce
n’était pas la première fois que Sam remarquait que Denvers était très
dépendant de Hayes. Visiblement le président dirigeait personnellement la
base à travers ce général de pacotille
comme aurait dit O’Neill.
Ils
n’ajoutèrent pas un mot. Et sur un signe du général ils allèrent à
l’infirmerie.
-Etrange dit Daniel étendu sur un lit
près de Sam.
-En effet mais nous en reparlerons plus
tard répliqua la jeune femme en voyant
arriver l’infirmière.
De
retour à son labo, Sam s’assit à sa table de travail. Elle hésitait. Appeler
Kittering ou pas ? La politique de la base avait beaucoup changé. Plus
agressive, moins morale. Une ingérence non déguisée dans la gestion des
planètes. En six mois ce n’était plus la même base. La porte des étoiles était
en fonction jour et nuit. Les commandes tombaient de plus en plus souvent en
panne. Il n’était pas rare de refuser le retour à des équipes en exploration,
faute de pouvoir leur ouvrir la porte. Cela créait des situations dangereuses.
Et le jour où une équipe était morte de l’autre côté de la porte Sam avait
pensé que tout déraillait à la Cheyenne Mountain. Mais elle n’avait pas le
temps de se perdre en nostalgie et en état d’âme. En plus de son travail sur le
terrain à la tête de SG1, on faisait appel à elle au moindre pépin de la porte
ou des installations.
Calmement
dans son labo silencieux Sam essayait d’analyser clairement la situation. Il lui semblait que le
président avait totalement changé de politique. Il tannait sans arrêt le
général Denvers d’après ce que venait de dire celui-ci.
Le
chef d’état major était-il au courant ? Sam en doutait. Mais à son niveau
en tant que simple commandant de la base, que pouvait –elle faire ?
Elle
décrocha tout de même son téléphone et demanda le général Kittering.
-Colonel Carter ? je suis très
surpris !
-Mon général je conçois que mon appel
puisse vous paraître étrange, mais je suis très inquiète.
-Je vous écoute colonel.
Sam
lui fit un rapport succinct sur tous les changements.
-Venez immédiatement à Washington
Colonel.
-Mais je ne peux pas quitter mon
travail.
-Je m’occupe de tout colonel. Je vous
attends à l’état major demain à 8 heures précises.
Le
lendemain au Pentagone.
-Le fond de votre pensée colonel ?
-Mon général, je ne comprends pas
l’implication du président dans tous les
détails de la vie de la base. Pas l’ombre d’une petite décision qui ne passe
par lui.
Kittering
n’en était pas vraiment surpris. Il se rappelait encore la désinvolture du
président quand celui-ci avait rejeté sans même la regarder la candidature du
général Holdey. C’était pourtant un candidat parfais, très au courant du projet
Porte des Etoiles. Un homme compétent avec un parcours similaire à celui de
Hammond.
-Pouvez-vous faire quelque chose mon
général ?
-Je dois rencontrer le président dans
deux jours. Mais je doute qu’il m’écoute. Il a beaucoup changé ces derniers
temps.
-Que faisons-nous à la base ?
-Vous obéissez aux ordres colonel, vous
n’avez pas le choix.
Sam
très déçue rentra à la base. Visiblement Kittering avait les mains liées. Pour
elle le président avait perdu les pédales et entraînait la base dans sa folie. Mais
que pouvait-elle faire ?
17
Durga
méditait.
Sa
tête aux longs cheveux noirs tressés étaient penchée sur le petit cahier écrit
par le prisonnier. Il avait rajouté d’autres textes et des dessins.
Elle
retournait le carnet en tout sens, mais il refusait de lui livrer ses secrets.
Tant
pis dit-elle en posant le carnet sur la table. Je m’en passerais.
Mais
son regard déviait sans arrêt vers les pages noircies, elles l’attiraient comme
un aimant. Pourquoi le prisonnier qui ne voulait pas
parler aurait écrit toutes ces choses ?
Elle
se mit à arpenter la pièce en tout sens. Elle était dépassée et n’aimait pas du
ça. La fureur assombrissait ses traits, ses yeux s’illuminaient et sa servante
se tassait dans un coin loin de la fureur de la reine, qui pouvait être
terrible. La petite esclave avait encore mal dans le dos suite aux coups
furieux de la reine.
-Va me chercher Brian, jeta
t-elle à la jeune fille.
-Il est dans le vaisseau ma reine dit
l’enfant en se prosternant.
-Tu sais manœuvrer les anneaux de
transport ? alors fais-le.
La
petite esclave disparut en un clin d’ œil. Quelques minutes plus tard Brian se
trouvait devant la reine.
-Comment se porte notre prisonnier ?
-Comme vous me l’avez demandé ma reine,
je m’en occupe très bien dit le jeune homme à genoux devant la souveraine.
-Parfait relève –toi. J’irai le voir
aujourd’hui. Nettoie sa cellule que ce soit propre ! je ne veux pas me
salir les pieds dans la bauge.
Brian
était choqué et ne comprenait pas ce que la reine voulait dire. La cellule
n’était pas très propre mais ce n’était pas une porcherie. La paillasse était
changée régulièrement. Il ne dit rien se
contenta de s’incliner devant la déesse.
Rapidement
il remonta dans le vaisseau. Il alla directement à la cellule du prisonnier
faisant signe au garde devant la porte d’aller vaquer à d’autres occupations.
-Jack dit-il en entrant. Elle vient te
voir aujourd’hui.
-Enfin ! dit celui-ci, je commençais à trouver le temps
long.
-C’est curieux elle m’a dit de nettoyer
ta cellule.
-Bizarre fit Jack en jetant un coup
d’œil autour de lui. Ce n’est pas un palace, mais c’est à peu près propre.
-Oui, fit le jeune homme songeur.
-Allez oust ! Va chercher ton
balais dit Jack en souriant.
Pendant
que le jeune homme nettoyait la pièce ils continuèrent à parler.
-Fais attention Jack, elle te croit
toujours drogué.
-Ok jeune homme, je vais jouer
l’abruti.
-Tes pansements ! dit Brian. Il
faut les enlever, je ne suis pas sensé te soigner.
Jack
avec une grimace arracha les bandages de ses poignets. La chair était toujours
à vif.
-Bien dit Brian, ça ira. Je m’en vais
dit-il précipitamment. Elle arrive.
Porte
qui claque, bruit de verrou. Jack était seul dans la cellule.
Voilà !
Elle avait enfin devant elle l’insolent général de la base de Cheyenne. Peut
être obtiendrait-elle plus de choses avec lui, qu’avec l’autre obstiné, dans la
cellule de son palais.
L’homme
était allongé sur la paillasse. Il semblait dormir. Normal, avec ce qu’il
prenait dans son café le matin, ricana t-elle intérieurement.
Elle
s’approcha. Il était étendu sur le dos le visage tournée vers elle, les yeux
clos. Ses poignets ensanglantés par les anneaux de fer étaient reliés au mur
par une courte chaîne, lui permettant juste de faire deux ou trois pas à côté de la couchette.
La
reine se méfiait, elle avança d’un pas mais hors de portée du prisonnier.
-Lève-toi ordonna t-elle.
Pas
de réponse.
-Debout ! hurla t-elle.
Jack
ouvrit les yeux et voyant devant lui un visage inconnu, il s’assit péniblement.
Puis lentement se leva et s’appuya au mur comme en proie à une grande fatigue.
-Alors c’est toi le général
O’Neill ?
Il
ne répondit pas.
La
reine leva la main gauche où la pierre luisait doucement.
-Réponds !
-Oui, c’est moi dit-il d’une voix faible.
- Plus fort rugit-elle
-Oui c’est moi dit-il en élevant à
peine la voix. On aurait dit qu’il était pris d’une extrême faiblesse.
La
reine le détailla , il était très grand et malgré ses vêtements très ordinaires,
il avait fière allure cet homme enchaîné, le
visage rasé de frais par les bons soins de Brian.
Il
n’a pas l’air d’un homme vaincu pensa la
reine avec surprise.
-Regarde dit la reine en lui tendant le
carnet.
Jack
prit le cahier dans ses mains. Mais la pièce était trop sombre, il ne pouvait
pas lire.
-Brian ! appela t-elle. Le
flambeau.
La
torchère tenue par Brian éclaira le prisonnier et la reine fut émue au plus
profond, un beau visage viril, un regard fulgurant, une bouche aux lèvres bien
dessinées, un corps musclé malgré la détention.
Elle
se secoua. Ce n’était pas le moment de penser à ça. Les informations tout
d’abord, tu le mettras dans ton lit ensuite.
Jack
parcourut les pages. Il tressaillit, l’écriture ne lui était pas inconnue. Il
commença à lire et il retint un sourire. Le prisonnier avait écrit tout
simplement des poèmes, des fables, des scènes de théâtre pour se rappeler qu’il
était un homme libre dans sa tête. Pour ne pas devenir fou. Sans doute
drogué, il avait besoin de ça pour garder une certaine lucidité et quoi
de mieux que de se réciter sans fin des textes appris dans son enfance. Jack se
sentit ému et partagea un moment avec cet homme qui n’avait pas eu la chance
d’avoir un gardien comme Brian.
La
reine l’observait durant sa lecture. Il avait le visage impassible veillant à
ne pas montrer les émotions qui l’agitaient. La torchère éclairant son visage
il savait que le moindre frémissement serait capté et interprété.
-Alors fit la reine impatiemment ?
-Je ne sais pas. Il y a sans doute un
sens caché.
L’écriture
ne lui était pas inconnue. Cela lui procura un malaise profond qu’il tenta de
dissimuler. Il pensa qu’il connaissait le prisonnier et que c’était sans doute
quelqu’un de son entourage.
-Il faudrait que je relise encore
dit-il.
-Je te donne une heure, dit-elle en
sortant.
La
reine était furieuse de n’avoir rien pu
dire au prisonnier. Son trouble persistait. Il fallait que cet homme parle. Il
avait l’air de vouloir chercher. Peut être était-ce bon signe ?
Resté
seul Jack se replongea dans le cahier. Brian était resté près de lui.
-Tu trouves des choses
intéressantes ?
-Non, fit -il.
De
toute façon même s’il avait trouvé il n’aurait rien dit au jeune homme.
Celui-ci était sous les ordres de Durga et il aurait été bien incapable de
résister, si celle-ci l’interrogeait.
-Laisse-moi, tu veux ?
Brian
un peu déçu, referma la porte. Jack se replongea dans le petit cahier ;
A
chaque fable ou poème le prisonnier avait noté le nom de l’auteur en bas de
page. Il put lire La Fontaine, Ronsard, Shakespeare, Byron, puis un autre nom
qu’il n’arrivait pas à lire. Pourtant le poème était connu, c’était un texte de
Victor Hugo. Il arrivait à lire le H mais la suite n’était qu’un gribouillis
qui ne rappelait en aucune cas les lettres de Hugo. La lumière dispensée par le plafond était
faible. Il rappela Brian.
Sous
la flamme lumineuse, le nom apparut sans erreur possible : Hayes. Le président ! La reine tenait en
son pouvoir le président des Etats-Unis !
Jack
se laissa glisser au sol, découragé. Les conséquences d’un tel acte étaient
faramineuses. Le président était au courant de tout. Avait-il parlé ?
Probablement pas puisque la reine lui avait fait voir ce cahier.
Le
cerveau de Jack tournait à grande vitesse. Qu’ allait-il dire ? Faire
semblant de n’avoir rien remarqué ?
Lui raconter des cracks ? Faire l’idiot ?
De
toute façon, son sort était scellé, elle le torturerait jusqu’à ce qu’il parle.
Le souvenir des geôles de Baal, revint à son esprit. Il en rêvait encore
parfois la nuit. Il frissonna.
Il
n’avait pas été sans remarquer l’effet qu’il avait eu sur Durga. Les yeux exorbités quand ils s’étaient posés sur son
visage éclairé par la torchère. Il frémit de dégoût.
Une
secousse agita le vaisseau. L’hyperespace pensa Jack, nous nous dirigeons vers
la Terre.
Lorsque
la reine revint quelques minutes plus tard Jack avait pris sa décision.
-Alors fit-elle impatiemment ?
Qu’as-tu trouvé ?
Il
la regarda tranquillement avec une assurance qu’il était loin d’éprouver.
-Pas grand-chose ma reine dit-il en
appuyant sur les mots. J’ai juste deviné qui était ton prisonnier.
-C’est impossible !
-Et pourtant c’est vrai. Je reconnais
son écriture et son goût immodéré pour la poésie. Il ne voulait pas en dire
plus de peur de nuire au président aux
mains de Durga.
-Tu es plus malin que je pensais
dit-elle avec étonnement.
-Une question ? Comment as-tu fais
pour qu’on ne le cherche pas ?
Durga
sourit très fière de sa réussite.
-Je l’ai remplacé par un clone tout
simplement.
-un clone ?
L’étonnement
de Jack n’était pas feint.
Durga
se laissant prendre par son orgueil démesuré lui fit un récit détaillé. Son
plan était tellement sûr de réussir qu’elle raconta tout. Son « président »
relié à elle par un implant , obéissant à ses moindres ordres. Le plan d’invasion
de la terre était prêt. D’ailleurs le vaisseau était en route.
N’ayant
pas pu obtenir les codes de l’iris, elle avait changé ses plans.
-Nous voyageons actuellement ? demanda
t-il d’un ton léger.
-Nous sommes presque arrivés à
destination dit-elle rêveusement .
Elle
le regardait fixement, comme si l’homme
devant elle faisait passer au second
plan ses préoccupations. Il leur restait une heure avant l’arrivée. D’autres
idées passèrent dans son esprit.
Elle
s’approcha d’un pas à le toucher. Etant
toujours enchaîné à la muraille il n’était pas dangereux. Sa main s’avança et
toucha sa poitrine qui apparaissait dans l’échancrure de la chemise.
-Quelle affreux vêtement dit-elle en
touchant le tissu.
-Tu peux l’enlever tu sais dit-il à
voix très basse.
Le
timbre de la voix rauque et sensuelle de Jack lui envoya des frissons dans tout
le corps.
Elle
s’approcha et posa ses lèvres sur les siennes. Il se blinda et ne réagit pas.
Cela excita furieusement la reine qui lui entrouvrit ses lèvres de force. Il se
laissa faire en proie au dégoût. Quand elle le lâcha. Il jeta simplement ces
mots avec un regard lourd :
-Ma reine, ce serait beaucoup plus
amusant si tu me détachais.
Elle
sursauta :
-Tu es fou !
Tant
pis j’aurais essayé pensa t-il. Il ne me reste plus qu’à subir les assauts de
cette furie, et à mourir.
L’idée
cependant faisait son chemin dans l’esprit de la reine. Que risquait –elle ?
Elle était beaucoup plus forte que lui.
Il lui suffisait de rester sur ses gardes.
Le
regard qu’il jeta sur elle était plein de promesses. Elle se sentit faiblir. Il
y avait si longtemps qu’elle n’avait pas connu d’homme. Elle pressentait
qu’avec lui ce serait fantastique.
-Brian ! cria t-elle au jeune
homme en faction derrière la porte. Détache-le.
Impassible
Brian ôta les fers du prisonnier qui
resta le dos collé à la muraille les bras ballant le long du corps.
Le
cœur battant à tout rompre il attendit que la reine se rapproche.
Celle
–ci plongeant son regard dans le sien, avança lentement. Elle ressemblait plus
à une femme amoureuse qu’à une déesse redoutable. Mais Jack n’oubliait pas qui
elle était. Il devait la laisser se
rapprocher suffisamment , lui faire perdre la tête, afin de la surprendre au
moment où elle serait la plus faible. Il avait gagné la première manche, il
avait les mains libres.
Leurs
lèvres se rejoignirent, le baiser dura longtemps. Il fut forcé d’y répondre.
Quand la reine se plaqua contre lui, il sut qu’il avait gagné. La réaction
physiologique de son corps dont il n’était pas responsable remplit la reine de
joie.
Elle
mit ses bras autour du cou de Jack. Celui-ci passa des mains
caressantes dans le dos de la souveraine, remonta jusqu’à sa nuque, puis
reprit ses lèvres. Elle en ronronnait presque de plaisir. Jack au bord du malaise
et plein de colère serra son cou de toutes ses forces. Il y mit toute sa
puissance, toute son énergie, toute sa colère, toute sa haine envers tous les Goa’ulds. Il n’avait jamais aimé tué à mains nues, mais là
il éprouva un plaisir non dissimulé à lui ôter la vie.
Il
ne la lâcha que lorsqu’il sentit entre ses mains qu’un corps sans vie, une
poupée de chiffons qu’il laissa tomber avec répugnance sur le sol.
18
-Brian ! cria –t il .
-Oh tu l’as tuée ? dit le jeune
homme les yeux brillants de joie.
Il
se jeta au cou de Jack qui le serra un instant contre lui comme un ami très
cher.
-Tu es libre maintenant, Brian.
-Attends Jack ! il y a du monde
sur ce vaisseau.
-Combien ?
-Une dizaine de soldats.
-C’est tout ? Et c’est avec ça qu’elle s’apprêtait à
conquérir la terre ?
-Non, mais une fois arrivée elle devait
envoyer un signal à ses autres vaisseaux.
-Autrement dit, dit Jack en souriant,
pas de signal, pas de vaisseau.
-Oui
c’est bien ça.
-Bon, ne perdons pas de temps. Il nous
faut nous occuper de ces jaffas. Où sont-ils ?
- Quatre au poste de commandement, dit-il en réfléchissant, Deux ou trois autres en faction dans les
couloirs. Un du côté de l’armurerie. Et un avec moi ici, expliqua Brian.
-Bien nous nous occupons d’abord de
celui qui est avec toi. Appelle-le.
-Joran ! la reine te
demande ! cria Brian dans le couloir.
Un
pas lourd se fit entendre, Joran pénétra sans méfiance dans la cellule, un brutal coup
de manchette le jeta sur le sol, évanoui.
-Attache le à la muraille.
Aussitôt
dit aussitôt fait. Jack et Brian avancèrent dans le couloir. Direction
l’armurerie.
Une
autre attaque surprise fit des merveilles et les deux hommes ressortirent avec
chacun un zat.
Ainsi
armés ils pénétrèrent dans le poste de pilotage et tirèrent mais pas assez
vite. Jack reçut un coup de lance à l’épaule qui le projeta au sol et qui après
une douleur vive lui engourdit le bras
rapidement. Brian dans la même demi seconde tira deux coups de zat sur le jaffa qui s’écroula , mort. De la main gauche Jack
tira aussi.
Il
aida Jack à se relever.
-Tu
es blessé ? il faut te
soigner.
-Non,
ce n’est pas grave, on n’a pas le
temps. Il faut rentrer chez nous dit
Jack. Tu sais manier le faisceau téléporteur ?
-Oui c’est facile.
-Explique moi comment on fait, toi tu
rentres chez toi en premier dit-il avec autorité.
-Voilà, les coordonnées restent en
mémoire. Les tiennes sont ici. Les miennes sont là.
-J’ai compris, allez sauve toi. Et puis
merci Brian, je te dois une fière chandelle.
-Oh non c’est moi qui te dois beaucoup,
tu as tué Durga.
-Allez file ! dit Jack agacé. Les
remerciements avaient assez duré à son goût.
Le
jeune homme disparut dans un éclair blanc.
-Quel beau vaisseau ! pensa Jack. Il actionna une commande et
un flot de matière blanche jaillit de la console et le propulsa directement…
dans son lit.
19
Le
président Hayes était en conférence avec son chef d’état major. Il avait une
migraine tenace et le front couvert de sueur.
Je
n’aurais pas du reprendre des lasagnes pensa t-il, ni de ce petit chianti.
Les
voix lui parvenaient difficilement.
-Excusez-moi dit-il je ne me sens pas
très bien. David ! appela t-il.
Son
secrétaire l’aida à se lever et le
soutenant le conduisit dans ses appartements tout proches. Il l’aida à s’allonger.
-Je vais appeler votre médecin dit-il.
-Non ce n’est pas la peine laissez moi
seul. J’ai mal digéré, un petit somme me
fera du bien.
Avant de sortir David tira les rideaux et la
pénombre envahit la chambre. Le président s’endormit. Il rêva d’une très belle
femme aux cheveux noirs tressés. Et au
moment où Durga étouffait sous les mains expertes de Jack, il s’enfonça dans un
coma profond dont il ne se réveilla jamais.
20
Un
double cri accueillit son arrivée, le sien tout d’abord, il avait atterri un peu vite sur son épaule blessée. Et il y avait quelqu’un dans son lit !
Un cri de femme.
Il
roula au sol malgré sa blessure et se rapprochant de la porte il alluma
brusquement la lumière et vit pointé sur lui la gueule noire d’un revolver tendu
au bout d’une main ferme. Il ne bougea pas , figé et mit un quart de seconde à réaliser que les
yeux bleus inquiets qui le fixaient, n’étaient autres que ceux de Sam.
-Carter ? qu’est ce que vous
faites dans mon lit ?
Sam
baissa lentement son arme. Elle rêvait. Devant elle, le général O’Neill assis
près de la porte, la fixait d’un air ahuri. Il était vêtu d’une chemise d’une
couleur indéfinissable et déchirée à l’ épaule. Du sang avait coulé salissant
le tissu.
-Mon général ! dit-elle une voix
étranglée. tandis qu’elle aidait Jack à se relever.
-Doucement ! ça fait un mal de
chien !
Elle
renifla, un parfum fort et musqué. Un lourd parfum féminin monta à ses narines.
Un
brusque colère enfla en elle. Cela faisait 7 mois qu’elle pleurait sa disparition,
et lui pendant ce temps là s’envoyait en l’air avec une… une … Dans sa rage
elle ne trouvait même pas les mots.
Sans
ménagement elle l’aida à se mettre debout. La douleur de son épaule s’était réveillée
mais Sam ne semblait ne pas en tenir compte. Elle le fit allonger sur le
lit.
-Qu’est ce que vous faites ici
Carter ? redemanda t-il.
-Une très longue histoire dit-elle d’un
ton froid.
Elle
réalisait à peine que c’était LUI. Il avait disparu, puis d’un coup il
était là. Elle allait sûrement se
réveiller.
-Je vais appeler la base dit –elle.
-Non, il la retint par le bras. Pas
tout de suite.
-Vous êtes blessé, monsieur, dit-elle
froidement. Il faut aller à l’infirmerie.
-Non !
-Je ne suis pas d’accord. Cette
blessure est vilaine.
-Carter !
-Je ne suis plus sous vos ordres
monsieur.
Le
parfum emplissait ses narines et attisait sa colère.
-Qu’est ce qui se passe Carter ?
Vous ne semblez pas contente de me revoir.
Elle
n’était plus sous ordres, naturellement, il aurait du y penser . Quelqu’un
l’avait remplacé à la base.
-Si, si bien sûr, dit-elle un peu vite,
mais excusez moi mon général, c’est tellement inattendu.
-Remettez vous Carter et donnez moi de
quoi soigner cette blessure !
Il
la regardait avec suspicion. Depuis qu’il était au courant de cette histoire de
clone, il se méfiait. Carter serait-elle , elle aussi un clone ? Le doute et la douleur lui tordit les
entrailles. Mais alors pourquoi cet accueil si froid ? Avait-il lui aussi
un clone. Il se maudissait de ne pas l’avoir demandé à Durga.
Sam
allait sûrement se réveiller en serrant dans ses bras l’oreiller parfumé de Jack.
-Excusez-moi mon général dit-elle.
Elle
disparut dans la salle de bain et revint avec des bandes, des compresses et du
désinfectant. Jack ne bougeait plus. Ses nerfs tendus comme les cordes d’un
arc, s’étaient relâchés.
-Il faut couper votre chemise,
monsieur.
-Allez-y mollo Carter dit-il à voix
basse.
Délicatement
elle découpa le tissu qui avait déjà adhéré à la plaie. Le pansement dura
longtemps. Il avait serré les dents.
Finalement
il s’endormit.
Non,
Elle ne rêvait pas. Elle eut honte de l’accueil qu’elle lui avait fait. Qu’avait-il
du penser ?
Elle
s’allongea près de lui dans le grand
lit. Elle posa sa tête sur son épaule valide. Il ne bougea pas. Mais elle était
sûre qu’il ne dormait pas encore. Elle écoutait sa respiration.
-Carter ? murmura t-il.
-Oui mon général.
Et
disant ses mots elle se blottit encore plus fort contre lui. S’il avait voulu
l’éloigner, c’était raté. Elle l’entendit soupirer, elle aimait profiter de ses
faiblesses. C’était si rare. Le parfum était oublié. Il avait le droit de faire
ce qu’il voulait. Mais là pour le moment il lui appartenait, et elle ne
comptait pas le lâcher. Le cœur gonflé de joie, elle s’endormit. IL
était revenu.
21
O’Neill
se réveilla fiévreux, sa blessure s’était infectée. Sam l’obligea à rester au
lit.
Il
obtempéra tout en grognant qu’il se portait très bien. Mais quand il posa le
pied par terre, un vertige soudain, le fit se recoucher.
-Vous voyez bien monsieur, dit Sam avec
un sourire indulgent.
-Carter, racontez moi ce qui se passe à
la base.
Elle
s’assit au bord du lit, et comme par inadvertance prit la main de Jack dans la
sienne. Il ne l’en empêcha pas.
Elle
lui fit le long récit de tous les changements survenus à la base. Comment il
avait été remplacé par un général à la botte du président. Comment celui-ci
avait changé brusquement de politique, les obligeant à des missions incessantes
pour conquérir de nouvelles planète et
chasser des Goa’ulds.
Jack
écoutait silencieusement en
n’interrompant Sam que pour poser quelques questions ou éclaircir certains points obscur.
-Politique expansionniste au service de
Durga murmura t-il.
-Qu’est ce que vous avez dit
monsieur ?
-J’ai dit que Durga était derrière tout
cela, elle voulait conquérir la galaxie. Pousser la terre à détruire les grands
maîtres, ce qu’ elle était incapable de faire seule. Elle a remplacé le
président par un clone, et avait pour
projet d’envahir la Terre.
Sam
ouvrit de grands yeux,
-Un clone répéta t-elle. Cela explique bien
des choses. Il faut l’arrêter tout de suite monsieur.
-Pas si vite Carter. Je vais téléphoner au général Kittering.
-Vous n’êtes pas en état monsieur.
-Il le faudra bien, dit-il en s’asseyant dans le lit. C’est très urgent.
Quelques
minutes plus tard il avait Kittering en ligne. Celui-ci fut très heureux de
l’entendre.
-O’Neill ! on vous croyait
mort ! Comment allez-vous ?
-Je vais bien merci. Je voulais vous
dire une chose, qui est tellement extraordinaire, j’espère que vous allez me
croire.
-Dites toujours.
-Le président est un clone.
Blanc
au bout du fil.
-Général ? fit O’Neill.
-Oui, O’Neill, on vient de m’apprendre
que le président vient d’être trouvé mort dans sa chambre. Le décès remonterait
à hier soir aux alentours de 23 heures.
-A l’heure où je tuais Durga, murmura
jack.
-Qu’avez-vous dit ?
-Durga est morte. Elle était reliée à
son clone par des implants. Il lui obéissait scrupuleusement. Mais la mort du
Goa’uld a entraîné la sienne propre.
-Il faut qu’on se voit
de toute urgence. O’Neill, pouvez vous venir à Washington tout de suite.
-Mon général, je suis blessé et chez
moi.
-Ne bougez pas j’arrive dès que
possible.
O’Neill
raccrocha et se rallongea. Cette conversation l’avait fatigué. Sam revint dans
la chambre, avec du café et des
céréales.
-Ça sent bon, dit Jack.
-Asseyez vous mon général, vous avez
besoin de reprendre des forces. Mangez.
-Juste ce que me disait Brian.
-Qui est Brian ?
-Mon geôlier. Je suis resté enfermé
tout le temps. A la fin nous avons sympathisé. Il était lui-même prisonnier de
Durga.
Le
cœur de Sam se serra. Elle regarda le visage fatigué de son chef. Ses poignets
bandés. Encore quelques cicatrices supplémentaires à mettre à l’actif des Goa’ulds pensa t-elle.
Jack
avait très faim.
-Il y en a encore ? dit-il en tendant son bol vide
-Plein ! tout un paquet dit Sam en
souriant et en retournant à la,cuisine.
Elle
revint avec un autre bol qu’il dévora.
-Vous devriez dormir maintenant.
-Vous avez raison Carter. Quand tout
cela sera terminé il faudra que nous ayons une petite conversation tous les
deux.
Sam
pâlit, puis elle rougit. Elle devra
s’expliquer sur sa présence dans sa maison. Mais lui ne se rendit pas compte de ses réactions. Il avait
déjà fermé les yeux.
22
Après
la visite du général Kittering, O’Neill put retourner à la base. Il reçut un
accueil triomphal. Le chef d’état major était passé avant lui et avait eu un briefing avec les différents
responsables.
Denvers
était effondré. Il s’ était laissé manipuler par un clone.
-Vous n’y êtes pour rien, Denvers dit
Kittering, vous n’avez fait qu’obéir aux ordres. Personne ne pouvait se douter.
-Je demande à partir en retraite mon
général dit Denvers.
-Requête accordée, vous l’avez bien
mérité.
Sam
arriva au briefing assez tendue. Elle avait quitté la maison de Jack à sa
demande juste avant l’arrivée de Kittering. Il n’aurait pas été bien vu qu’elle
soit là chez son supérieur direct, avec ses produits de toilette dans sa salle
de bain.
Elle
avait fait ses valises, à la fois heureuse du retour de Jack mais aussi très
déçue de la tournure des évènements.
Elle
s’assit à sa place habituelle, Daniel à côté d’elle et Teal’c en face. Il ne
restait que le général. Il arriva et s’assit en haut de la table. On voyait des bandages qui dépassaient des manches de sa veste.
Il
fit un sourire en les retrouvant.
-Heureux d’être de retour dit-il
simplement.
Larges
sourires de Daniel et de Teal’c. Sourire un peu plus contraint de Sam.
-J’ai une excellente nouvelle à vous
annoncer. La mission de sauvetage du président Hayes s’est bien passé. Il est de retour chez lui, assez affaibli mais en
bonne santé. De plus nous avons un magnifique vaisseau mère en orbite autour de
notre planète. Carter ce sera votre boulot de le disséquer et voir s’il n’est
pas piégé.
-A vos ordres mon général.
-Mauvais souvenirs Jack ? dit
Daniel.
-Oui, je ne veux pas renouveler l’expérience de la
dernière fois. Ce vaisseau est à nous et le restera.
-Que vont devenir toutes les équipes SG
supplémentaires ? demanda
Teal’c ?
-Je vais avec l’accord du chef d’état
major, faire un retour à une politique raisonnable. 16 équipes SG. C’est
suffisant. Autre chose à dire ?
-Bienvenue chez vous Jack dit Daniel.
Teal’c
inclina la tête. Et Sam fit un petit sourire.
-Bien, fin du briefing, on se revoit demain.
Sam
voulut sortir de la pièce la première profitant de ce que Daniel continuait à
parler avec Jack.
-Colonel fit une voix dans son dos. J’ai
à vous parler . Dans mon bureau.
-Bien mon général murmura la jeune
femme.
23
Le
cœur battant elle s’apprêtait à recevoir le savon de sa vie.
Quelques
instants plus tard Jack revint dans la pièce et ferma la porte. Il s’assit
derrière son bureau et fit signe à Sam de prendre un siège.
Elle
s’assit au bout de la chaise et décida de parler la première.
-Mon général, si vous permettez… je
voudrais vous expliquer…
Elle
attendit.
-Je vous écoute, colonel.
Mauvais
préambule, il l’avait appelé par son grade.
-Quand vous avez disparu, c’est comme
si le ciel nous était tombé sur la tête. Nous venions de fêter l’anniversaire
de Cassandra, cela avait été une grande réussite. La voir heureuse a été un
moment de joie pour nous tous. Et puis en partant vous nous avez parlé du
briefing du lendemain. Et vous n’y êtes jamais venu. Cela ne vous ressemblait
pas du tout et tout de suite j’ai senti que quelque chose de grave c’était
passé. Daniel s’ est gentiment moqué de
moi, et je ne l’ai pas supporté. Les jours suivants nous sommes passés par tous
les états d’âme, que vous était –il arrivé ? je vous passe tous les
détails de nos recherches, et toutes les suppositions que nous avons faites.
La
voix de Sam s’étrangla sur ces mots. Le regard de Jack s’était adouci.
-Excusez-moi mon général.
-Continuez je vous prie.
-Quand le général Denvers est arrivé,
j’ai compris qu’on vous avait enterré,
que ce remplaçant prenait votre fauteuil, votre bureau, et que vous aviez
réellement disparu. Ce fut difficile de s’adapter à ce nouveau commandant. Mais
nous y sommes parvenus tout de même.
Au
sujet de votre maison, nous avons décidé de l’entretenir, au cas où vous seriez
rentré. Je m’efforçais de penser que vous étiez en mission secrète, que tout
allait bien et qu’un jour vous alliez débarquer.
-C’est ce qui c’est passé, non ?
dit Jack d’une voix douce.
-Au début nous y allions toutes les
semaines, faire le ménage, tondre la pelouse, arroser les fleurs. Et puis je
cherchais toujours. Ne m’en voulez pas mon général, mais j’ai fouillé dans vos affaires.
Froncement
de sourcils de Jack.
Sam
poursuivit, elle ne le regardait pas , mais fixait un point au-delà de lui.
-Je cherchais toujours un message, un
mot, un signe que vous auriez laissé. Mais naturellement je n’ai rien trouvé.
Alors j’ai eu l’idée de m’installer chez vous, dans votre maison.
-Pourquoi ? murmura t-il.
Elle
le regarda cette fois, les yeux pleins de larmes.
-Pourquoi ? redit-il encore plus
doucement.
-Pour être plus près de vous,
monsieur.
Silence,
long silence. Sam se moucha et reprit :
-J’ai squatté votre maison, mis mes pas
dans les vôtres, utilisé votre cuisine, mangé dans votre vaisselle et… dormi
dans votre lit.
-Et utilisé mon eau de toilette ajouta
t-il avec une grande douceur.
-Oui souffla t-elle, en rapprochant sa
tête du bureau.
Le
meuble les séparait. Mais Jack ne faisait pas un geste, il voulait savoir, il
voulait qu’elle le dise, qu’elle aille fond de son cœur.
-Carter, pourquoi tout ça ?
Elle
le regarda interloquée ,
-Mais… monsieur…
Elle
bafouillait, ouvrait grand ses immenses yeux bleus. Que voulait-il lui faire
dire ? qu’elle l’aimait ? Oh ! Oui elle l’aimait par tous les pores
de sa peau, de toute son âme elle se tendait vers lui.
Mais
ça ne pouvait pas être cela, lui le grand Jack
O’Neill, l’homme inaccessible, là haut , tout au sommet de la base, son
supérieur hiérarchique.
-Carter ?
-Que voulez-vous que je vous dise que
vous ne sachiez déjà, monsieur ?
-Je veux l’entendre Carter !
-Quoi, je..
Elle
bafouillait en proie à la plus grande confusion.
Il
se leva et vint s’asseoir près d’elle.
-Carter, beaucoup de choses ont changé.
-Mais pas ça, le règlement est toujours
le même, vous êtes mon supérieur.
-Ecoutez-moi Carter.
Il
lui prit les mains. Elles étaient glacées dans ses grandes mains chaudes.
-Durant sept mois, j’ai été fait
prisonnier sur un vaisseau avec pour tout
horizon des murs unis, enchaîné toute la journée, drogué. J’aurais pu mourir
sans la présence de Brian, mon geôlier. Il
m’a permis de tenir, en me parlant, en soignant les blessures de mes poignets et en me nourrissant
correctement. Je lui dois la vie et je ne l’en remercierais jamais assez.
-Oh mon dieu ! souffla t-elle.
-Pendant cette période j’ai beaucoup
réfléchi et j’ai revu mes priorités, continua Jack sans la lâcher du regard.
-Oh ! dit-elle le cœur battant
comme un fou dans sa poitrine.
-Je ne savais pas ce qui se passait sur
terre, je l’ai appris juste avant mon évasion. Mais j’avais compris depuis
longtemps que Durga voulait envahir la Terre. Cela me terrifiait et surtout
j’étais très en colère de ne pas pouvoir l’en empêcher. Elle avait parfaitement
compris qu’en m’enlevant, la terre perdait un de ses plus fidèle défenseur. La
seule chose que moi je n’ai pas pigé, c’est pourquoi elle ne m’avait pas fait
tuer.
Sam
frémit à ses mots. Elle était suspendue aux lèvres de Jack. « revu mes
priorités » avait –il dit. L’espoir s’insinua dans son cœur…
-Tout au long de cette très dure
captivité, il n’y qu’une seule chose qui me faisait tenir. Penser à vous Sam.
Votre visage revenait sans arrêt devant mes yeux pour me dire de tenir, de ne
pas lâcher prise. La tentation a été si grande parfois…
Sam
maintenant pleurait à chaudes larmes.
-Ne pleure pas dit il en passant un
pouce sous ses paupières. Je ne veux pas te voir malheureuse.
-Je ne suis pas malheureuse, mais ce
que vous dites est si inattendu. C’est que vous ne vous livrez pas facilement
général O’Neill.
-Cela doit faire parti du changement que je viens de te dire.
-Nous avons donc un avenir
commun ? dit-elle les lèvres tremblantes.
-Oh oui.
-Et pourtant nous restons à nos postes.
-Oui, mais il faut que je rajoute une
chose. Je suis allé voir le président dans la maison de repos où il reprend des
forces. Je lui ai sauvé la vie, et il ne peut rien me refuser.
Ils
étaient toujours assis l’un à côté de l’autre. Sam n’osait pas bouger , de peur que tout ne s’envole et ne se dissolve
dans la grisaille quotidienne. Elle allait sûrement se réveiller.
Mais
la voix de Jack continua.
-Non tu ne rêves pas dit-il en déposant
ses lèvres sur les siennes.
Comment
avait-il deviné ?
Mais
elle se recula.
-Il faut que je vous demande … pardon.
-Et de quoi ?
-De vous avoir si mal accueilli quand
vous êtes tombé de votre rayon.
-Tu étais surprise et je te tombe
dessus au propre et au figuré, en plein sommeil.
-Non, c’est pas ça.
-C’est quoi ?
-Le parfum.
-Mais de quoi tu parles Sam ?
-Quand
je vous ai aidé à vous relever, vous
étiez enveloppé d’une odeur très puissante un parfum très fort et
musqué.
-Ah Durga !
-Et je vous en ai voulu... J’ai cru que
vous… Alors que moi, je me morfondais ici, à me faire les pires scénarios
possibles…
-Sam ! fit Jack en souriant.
Jalouse ?
-Oui. Mais dites moi ce qui s’est passé
avec Durga.
-Est-ce bien nécessaire ? demanda
t-il légèrement contrarié.
Elle
braqua un regard blessé sur lui qui incita Jack à s’expliquer un minimum.
-Ecoute… J’ai du me rapprocher de Durga
pour fuir. Il n’y a rien d’autre à dire. J’ai profité… de son intérêt pour moi
et c’est tout. Elle m’a détaché et je l’ai tué. Voilà l’origine du parfum.
Il
n’aimait pas s’épancher sur ce genre de choses et encore moins en parler en
détails. Sam le sentit parfaitement. Elle acquiesça donc et vint se coller à
lui. Il la prit aussitôt dans ses bras, et l’embrassa passionnément.
Elle
ne lui en demanderait pas davantage. A quoi bon. Il était là, vivant. C’est
tout ce qui importait.
Après,
plus besoin de mots. Tout avait été dit. Sam allait pouvoir continuer à dormir dans le lit de Jack, mais cette fois
ci … avec LUI.
FIN