Aurélia
Fic 8
Juillet 2003
Résumé : la vie
d’un habitant, d’une planète paisible convoitée par Yu.
Episode : aucun,
mais Daniel est toujours vivant
Disclaimer : les
personnages ne m’appartiennent pas sauf ceux que j’ai crées moi-même, à
savoir : Niathan,
Alliana, Nérim, Séréna, Camilla, Xera.
Niathan
avait toujours vécu sur Etaria. Il avait grandi dans
la ferme qu’il occupait aujourd’hui. A
la mort de ses parents, il avait repris l’élevage de quelques vaches, cela
n’était pas d’un grand rapport mais cela suffisait à faire vivre sa famille.
A la fin du repas il
s’assit dans son fauteuil et ferma à demi les yeux. Il aimait cet instant où
après une rude journée de labeur, il pouvait se reposer. Les enfants jouaient
dans la cour avec le chien que l’on entendait joyeusement aboyer.
Tout
dans cette région respirait la paix, il n’y avait pas de conflits, tout le
monde s’entendait bien. Seul le climat était un peu rude, il avait fait trop frais
cet été et il avait beaucoup plu. La terre demandait grâce, saturée d’eau. Le
fourrage n’était pas rentré en quantité suffisante et Niathan
se demandait s’il pourrait nourrir le bétail jusqu’à la fin de l’hiver. Et
voilà que la pluie se remettait à tomber.
-Rentrez
les enfants, il pleut.
C’était
la voix d’Alliana son épouse. Une merveilleuse femme
qui savait toujours faire face, ne ménageant pas sa peine et élevant admirablement leurs trois enfants.
Niathan se leva et alla jusqu’au pas de la porte.
Dans
la lumière du couchant l’anneau de pierres se dressait, gigantesque. Niathan l’avait toujours vu et trouvait que c’était un beau
monument. Il aimait parfois s’y promener et d’ailleurs c’était un but de sortie
dans le village. De temps à autre aux beaux jours chacun s’en allait sur le
chemin rocailleux, qui conduisait au monument. Et l’air retentissait des cris
et des rires des enfants.
Devant
le cercle de pierres il y avait un autre monument plus petit, avec en son
centre une pierre rouge et sur le pourtour de curieux symboles. Mais Niathan ne savait pas ce que cela voulait dire. D’ailleurs
personne au village ne le savait.
Les
années passaient dans le labeur d’une vie parfois difficile car soumise aux
caprices du climat. Certaines années étaient bonnes, d’autres pas.
Cette
année-ci était mauvaise.
Et
cette pluie qui n’arrêtait pas ! Elle redoublait même d’intensité quand
soudain Niathan se figea sur place, il avait cru voir
une lueur bleue du côté du monument.
Il
se secoua :
-C’est
impossible je rêve !
Et il rentra en courant pour se protéger de la pluie qui redoublait. Peine
perdue il était trempé quand il franchit le seuil, mais déjà Alliana courait au devant de lui avec une serviette.
-Mais qu’est-ce que tu fais encore dehors,
tu vas prendre froid !
Et
elle le poussa gentiment vers la belle flambée claire qui brûlait dans la
cheminée qui le réchauffa rapidement.
Puis
il lui expliqua la lumière bleue
Elle
sourit malicieusement.
-N’aurais-tu pas abusé un peu de la bouria quand tu es allé chez Samine
et Cyrus tantôt ?
-Oh je n’ai bu qu’un verre protesta –t-il.
-Allons sois honnête !
Au même moment on cogna à la porte
Ils
se regardèrent surpris :
-C’est ce soir que doivent venir Cyrus et Pressam ?
-Non c’est demain.
Cela
cognait avec insistance :
-Ouvrez-nous nous sommes des voyageurs et
on aimerait vous parler, dit une voix
forte et jeune.
Niathan alla ouvrir et resta stupéfait :
-
heu..
On peut entrer ? Il fait très froid dehors et il pleut beaucoup dit la
même voix.
La
voix appartenait à un jeune homme aux cheveux châtains et aux yeux bleus, il
tenait à la main une paire de lunettes.
Ils
étaient quatre.
Il
y avait une femme parmi eux, très belle. Mais
quelle tenue ridicule pensa t-il en une fraction de seconde. Elle était
vêtue comme les hommes d’une tenue kaki, alors que les femmes de sa planète
portaient toujours de longues robes multicolores.
Il
les fit entrer et put mieux distinguer celui qui se tenait à l’écart, un homme
très grand, très musclé, avec un curieux bijou en or sur le front.
L’autre
visiteur était lui aussi très grand, il avait un regard vif et autoritaire.
C’est lui qui fit les présentations.
-Je suis le colonel O’Neill, voici le major
Carter, le docteur Daniel Jackson et Teal’c. Niathan
trouvait que cela faisait beaucoup de titres mais ils n’osa pas demander à quoi
cela correspondait.
Il
les installa près du feu, et leurs vêtements trempés se mirent à fumer, tandis
qu’Alliana offrait à chacun un bol de soupe bien
chaude et réconfortant.
Niathan se présenta aussi :
-Voici ma femme Alliana
et je m’appelle Niathan, nous sommes fermiers.
Niathan laissa les étrangers boire tranquillement
leur soupe puis il les questionna :
-D’où venez-vous ? De loin sans doute,
je trouve vos vêtements étranges.
-Nous venons d’une pl….commença
celui qu’ils appelaient Daniel.
-D’une région lointaine, le colonel avait
coupé la parole à Daniel… Ils se méfient sans doute de nous pensa Niathan
Mais
Daniel insista :
-Je pense qu’on peut leur faire confiance
Jack,
-Si vous voulez,
Jack capitula rapidement ce qui lui valut un
regard surpris de Daniel
-Vous avez dit oui ?
-Je n’ai pas dit oui, j’ai dit si vous
voulez
-C’est pareil
-Non ce n’est pas pareil.
-Si…
-Non…
Les deux hommes se jetaient des regards
furieux. Niathan les observait sans rien dire et ne
comprenait pas ce dialogue. Ils se
disputaient, mais pourquoi ?
-Tout d’abord, commença Daniel, parlons de
l’anneau de pierre. Avez-vous vu récemment des personnes le traverser ?
-Oh oui dit Alliana,
les enfants font toujours ça !
-Toujours ça ! Je ne comprends pas
très bien, Daniel semblait perplexe.
Niathan rit :
Ils
s’amusent à traverser l’anneau, nous allons souvent nous promener autour, c’est
une jolie promenade. Le chemin est ombragé en été, c’est très agréable.
-Promenade ! O’Neill était estomaqué.
Ils se regardèrent tous les quatre, puis le grand nommé Teal’c ajouta :
-Je crois Jack O’ Neill que nos hôtes n’ont
aucune idée de ce qu’est le shapaï !
-Le shapaï c’est
quoi ? Demanda Erim un garçonnet de dix ans
environ qui était venu se glisser au milieu d’eux.
-Erim retourne te
coucher tout de suite dit Alliana d’un ton sévère,
l’enfant obéit à contre cœur, mais le regard de ses parents n’incitait pas à la
désobéissance.
Un
silence s’installa après le départ de l’enfant
-Finissons-en, dit O’Neill, on ne va pas
tourner autour du pot pendant cent sept ans ?
-Pourquoi voulez vous tourner autour d’un
pot pendant si longtemps Jack O’ Neill ?
Le
colonel poussa un soupir :
-c’est de l’humour Teal’c, de
l’humour !
Teal’c
haussa un sourcil mais restait imperturbable.
Niathan observait les étrangers d’un œil inquiet,
leur façon de parler lui paraissait dépourvue de sens.
O’Neill
reprit
-Avez-vous déjà rencontré des personnes
avec des yeux brillants et une voix grave, des gens très méchants
-Mais de quoi parlez-vous à la fin, je ne
comprends rien à ce que vous dites.
O’Neill
insista.
-Des étrangers sont-ils venus par l’anneau
de pierre ?
Niathan était de plus en plus effrayé.
-Par pitié ne nous faites pas de mal, ne
touchez pas à ma femme et à mes enfants, je vous donnerai tout ce que j’ai,
dit-il en tombant à genoux.
La
jeune femme aux yeux clairs s’agenouilla près de lui.
-Relevez-vous nous ne vous ferons aucun
mal.
Un
grand sourire accompagnait ses paroles.
Elle
l’aida à se relever et vit qu’Alliana s’était
réfugiée dans un coin sombre de la pièce.
-Venez, et les prenant chacun par un bras
elle les ramena vers la lumière de la cheminée.
Niathan essayait bien d’entendre ce qu’ils se
disaient entre eux mais ils parlaient trop bas.
Finalement
le colonel se leva et leur dit :
-Nous avons fait un long voyage et nous
sommes fatigués, pouvez-vous nous loger pour la nuit ?
Niathan les conduisit à la grange et comme la
porte se refermait sur eux, il colla son oreille contre le bois et écouta.
-C’est pas très malin Daniel, vous leur
avez fait peur
-Moi ?
-Oui vous !
-C’est trop fort, qui leur a parlé des yeux
qui brillent et des voix rauques ? C’est pas moi quand même !
La
voix féminine reprit calmement.
-Cessons de nous disputer, nous leur avons
fait peur et ce n’était pas dans nos intentions.
Niathan entendit une voix grave, sans doute celle
l’homme avec le bijou sur le front :
-Que comptez-vous faire colonel
O’Neill ?
-D’abord dormir, et puis demain nous les
emmènerons vers la porte. Apparemment ils ne savent pas ce que c’est, on
l’ouvrira et on les avertira du danger avec beaucoup de précaution, oui c’est
promis major, on leur expliquera qu’un méchant serpent nommé Yu veut leur faire la peau et les infecter de sa vermine.
-J’espère que vous le leur direz d’une autre
façon, en mettant des gants bien que je doute que vous sachiez ce que cela veut
dire mettre des gants.
-Daniel n’en rajoutez pas, c’était la voix
de la jeune femme.
Il
y eut encore quelques bruits dans la grange puis ce fut le silence.
-Je
ne dirai rien à Alliana pensa Niathan ce n’est pas la peine qu’elle s’inquiète, il
sera toujours temps demain.
Chapitre 2
Le
lendemain deux soleils se levèrent à quelques minutes d’intervalle. Mais ces
soleils n’étaient pas très chauds, la planète se trouvant à une distance
relativement éloignée. C’était la fin de l’été et la journée s’annonçait belle.
Quand
Niathan se leva il ne fut pas étonné de voir les
étrangers dans la cour. Comme lui ils s’étaient levés tôt et sans doute
avaient-ils peu dormi !
Il
les trouva en train de deviser tranquillement en rangeant leur matériel.
C’était
des objets inconnus de lui, certains étaient en métal bruni et brillant. Il
pensait que ça pouvait être des armes mais il n’en avait jamais vu de telles.
Lui il se servait d’armes à feu. Il possédait deux fusils qui lui servaient
pour la chasse.
Il
fut étonné de voir qu’une de ces armes avait une tête de serpent. Cela avait-il
un rapport avec les autres, les méchants dont ils parlaient hier soir ? Il
s’approcha d’eux.
-Entrez, leur dit-il, et venez manger.
Ils
prirent place autour de la table où Alliana leur
servit une boisson qui ressemblait à du café et d’épaisses tranches faites dans
un gros pain bis que les enfants tartinaient copieusement d’une sorte de
confiture de fruits rouges.
Ils
mangèrent de bon appétit, les enfants les regardaient avec curiosité, mais Jack
leur fit deux ou trois grimaces qui les firent rire aux éclats.
L’atmosphère
se détendit. Niathan leur raconta sa vie si simple et
si heureuse sur Etaria.
-Etaria c’est la
région ?
-Non c’est la planète, la région s’appelle Coruta et le village Tegunda.
-Etes-vous déjà allés sur d’autres
planètes ? Demanda prudemment Daniel
Nathan
fut surpris de la question, cela le fit rire :
-Jamais, C’est impossible. Il y a Etaria et ses deux soleils, c’est tout. Dans le ciel on
voit plein d’étoiles mais il n’y a pas de vie dessus.
-Mais
d’où sortaient ces étrangers, ils posaient des questions ridicules.
Niathan les regarda un peu mieux. C’est vrai
qu’ils étaient différents, ils venaient sans doute de très loin. Niathan n’était pas assez naïf pour croire que sur Etaria il n’y avait que quelques villages. Il savait que
plus à l’Est il y avait des villes. Il n’y était jamais allé mais d’autres
avaient voyagé, et ils avaient raconté des choses étranges. Dans ces villes la
population s’entassait parfois dans de très petits appartements dans des
grandes tours, il n’y avait pas toujours du travail pour tout le monde et la
violence l’emportait parfois sur la raison.
Les
étrangers insistaient.
-Personne n’est passé par l’anneau de
pierres ?
Niathan était stupéfait et agacé en même temps
-Mais on a déjà parlé de ça hier, et si
maintenant vous poursuiviez votre route ? J’ai du travail, les bêtes
n’attendent pas.
Les
enfants s’étaient déjà envolés comme des moineaux, ils couraient sur le chemin
qui les menait à l’école du village. Il ne fallait pas qu’ils manquent. C’était
important l’école. Niathan n’avait pas eu beaucoup de
temps pour y aller et il le regrettait, mais c’était une autre époque.
Les
étrangers s’éloignaient mais ils avaient repris leur discussion, cela avait
l’air âpre. Ils s’arrêtaient, gesticulaient, mais Niathan
était trop loin pour pouvoir les entendre.
Il
soupira et se dirigea vers l’étable.
Finalement
il changea d’avis et se mit à suivre les étrangers d’assez loin. Ceux-ci ne
marchaient pas vite et se dirigeaient tranquillement vers le monument.
Niathan se cacha dans un buisson à proximité et se
mit à les observer.
Arrivés
à l’anneau ils se séparèrent et regardaient autour d’eux comme s’ils
surveillaient quelque chose.
Puis
la femme sortit un appareil de sa poche, elle se dirigea vers le petit monument
et appuya plusieurs fois de suite sa main sur les symboles.
D’où
il était Niathan voyait parfaitement les symboles qui
s’éclairaient tandis que le sol vibrait et que l’anneau se mettait à tourner.
Quand la main de la jeune femme se posa sur la pierre rouge centrale une énorme
flaque d’eau jaillit du centre.
Il
poussa un cri qui fut couvert par les vibrations. La flaque bleue s’immobilisa
et à sa grande stupéfaction il vit les étrangers disparaître dans cette eau
verticale. Puis tout s’arrêta et le monument reprit son immobilité millénaire.
Il
resta longtemps sans bouger puis lentement s’approcha de l’anneau, il en fit le tour, le traversa, mais il n’y avait
rien c’était comme s’il avait tout imaginé.
Il
rentra chez lui d’un pas lourd se demandant ce qu’il allait raconter à Alliana, elle allait encore lui reprocher d’avoir abusé de
la Bouria.
Avec
Alliana il alla trouver ses amis et ils décidèrent de
monter la garde près de l’anneau. Ils étaient tous curieux de voir ça. Mais ils
firent déçus, la soirée passa et rien ne se produisit.
Chapitre 3
Le
lendemain Niathan était de garde avec Cyrus et
plusieurs hommes armés de fusils quand tout à coup le sol se mit à vibrer, on
aurait dit un tremblement de terre. Puis comme la veille la flaque jaillit et
s’immobilisa. Ils avaient les yeux fixés au centre de l’anneau quand les mêmes
étrangers apparurent.
Ils
restèrent sans bouger au pied du monument quand O’Neill cria :
-Ne tirez pas, nous sommes vos amis, nous
venons vous avertir d’un danger, d’un grave danger. A ce moment, les habitants
du village accoururent avec des fusils, des gourdins, et même des fourches.
Les
quatre étrangers ne bougeaient toujours pas.
-Nous ne vous voulons aucun mal, on veut
juste vous parler.
-Descendez doucement et déposez vos armes
dit Niathan d’une voix forte.
Ils
furent bientôt entourés d’un groupe d’hommes en armes qui les regardaient d’un
air hostile.
Serrés
de près par les villageois, les étrangers durent avancer jusqu’au centre du
village, vers un bâtiment sur la place centrale.
Le
bâtiment était constitué d’une seule pièce ronde avec des bancs tout autour.
Les étrangers furent placés au centre comme dans une arène. Les villageois
prirent place sur les bancs, Niathan s’assit de façon à se trouver à la hauteur des
étrangers.
-Nous vous écoutons dit-il.
Daniel
après avoir consulté ses amis du regard se jeta à l’eau.
-Nous sommes arrivés par l’anneau de pierres,
c’est le shapaï, une sorte de passage entre plusieurs
planètes.
Ils
furent interrompus par un brouhaha
-C’est ridicule !
-Ils se moquent de nous !
-A t-on jamais entendu de pareilles
stupidités !
Niathan était perplexe, et si ces étrangers
disaient vrai ! Après tout il les avait vus rire avec ses enfants. Des
gens qui aiment les enfants ne peuvent pas être mauvais.
Niathan était un homme respecté dans le village,
aussi quand il se leva pour intimer le silence, tous se turent.
-Je crois qu’il faut les écouter. Ils
connaissent des choses que nous ignorons. Je les ai vus traverser l’anneau de
pierres plein d’eau, ils venaient de nulle part et puis d’un coup ils étaient
là.
-Faisons au plus simple souffla O’Neill
dans l’oreille de Daniel. Celui-ci reprit :
-Nous venons de très loin et nous avons
appris que des guerriers veulent détruire votre village et vous déporter pour
travailler dans les mines.
-Quelles mines ? Il n’y en pas par
ici.
-Des mines d’un minerai appelé naquada, elles sont
situées vers le Nord.
Un
silence de mort s’abattit dans la salle. Puis une voix :
-Comment savez-vous cela ?
-Nous venons d’une région très lointaine et
nous y avons vu des hommes se préparer à vous envahir. Ils arriveront par
l’anneau de pierres. Il faut vous préparer. Nous sommes là pour vous aider.
L’idée
faisait son chemin peu à peu dans l’esprit des villageois. Mais ils durent
livrer une rude joute orale pour achever de les convaincre. Niathan
voyait que O’Neill s’impatientait, il n’avait pas trop l’air d’aimer les
discussions. Sam et Daniel pouvaient parler longuement. Teal’c restait
impassible et disait peu de mots, mais il était davantage écouté que le
colonel.
Il
faisait très chaud dans la salle et les visages se couvraient de sueur. Niathan pensa qu’il était temps d’arrêter la séance,
poursuivre ne donnerait rien de plus. Tout le monde était fatigué.
Les
étrangers furent conduits dans la maison de Niathan
qu’ils connaissaient déjà. Alliana apporta des
rafraîchissements qui furent les bienvenus.
Ils
restèrent tous en silence pendant un moment, puis O’Neill regarda Niathan :
-Que décidez-vous ?
-Je crois que vous pouvez nous aider, il
les regardait avec attention l’un après l’autre comme s’il voulait lire dans
leurs pensées. Mais pourquoi faites-vous ça ?
-Parce que c’est notre métier. Nous allons
sur d’autres planètes pour les explorer, essayer de créer des liens avec les
habitants et si possible combattre les Goa’ulds.
Et
là Daniel fut obligé d’expliquer en long en large et en travers qui étaient les
Goa’ulds et O’Neill qui entendait ces explications
pour la énième fois avait du mal à garder son calme.
Finalement
il se leva :
-Bon Daniel pendant que finissez votre
baratin moi je vais prendre l’air !
-Baratin, et puis quoi encore, on leur doit
la vérité, si on est venu, c’est pour ça, et puis ajouta-t-il, laissez-moi
faire mon boulot, moi je ne me mêle pas de vos affaires quand il est question
de stratégie ou d’armes à feu.
O’Neill
estomaqué ;
-Du calme petit scarabée, excusez-moi si je
suis monté sur vos plate-bandes !
-Il n’y a pas de fleurs Jack O’Neill,
naturellement c’était Teal’c qui avait fait cette remarque et cela détendit
brusquement l’atmosphère. Tout le monde éclata de rire.
Niathan était surpris :
-Je ne comprends pas toujours très bien
votre façon de parler.
-Ne vous en faites pas c’était une
plaisanterie.
Niathan trouvait qu’ils avaient des plaisanteries
pas très loin de la fâcherie, mais il lui fallait s’accoutumer avec ces
étrangers.
Dans
la soirée Niathan se promena dans le village. Les
conversations allaient bon train. Les étrangers en faisaient les frais
naturellement.
Cyrus
remarqua après que Niathan leur eut rapporté les
propos des voyageurs:
-Ces étrangers ne sont que 4 comment
pourraient-ils nous défendre d’une menace extérieure, il est probable que ces
envahisseurs vont venir en grand nombre ? Et c’est quoi ces mines de naquade…
-Naquada reprit Niathan, il paraît que c’est un minerai très recherché par
ces envahisseurs. Ils en ont besoin pour leurs vaisseaux spatiaux.
Ils
avaient vraiment du mal à réaliser que des gens pouvaient voyager dans des
vaisseaux, venir d'autres planètes, ou emprunter ce vortex, comme ils disaient,
entre deux portes, entre deux mondes.
Et maintenant que fait-on ?
-On les laisse repartir, ils ont dit qu’ils
avaient besoin de matériel pour organiser un camp retranché et protéger la
porte.
Niathan était en train de changer sans même s’en rendre compte, il ne disait plus le
monument mais la porte. Alors que son pays était en paix depuis toujours, il
commençait à penser armes et moyens de protection. Cela ne le réjouissait pas
et il craignait pour ses enfants, pour Alliana, leurs
amis.
Le
conseil du village se réunit et tous ensemble ils décidèrent d’éloigner les
femmes et les enfants.
Daniel
leur ayant montré l’emplacement des mines de naquada
qui se trouvait à environ 50 kilomètres au Nord du village, il faut décider que
les familles partiraient vers le Sud. Il y avait peu de risque que les Goa’ulds aillent jusque-là. Leur but étant sans doute
d’envahir la région à partir de l’anneau et de rafler de la main d’œuvre dans
tous les villages qu’ils traverseraient vers le Nord, en passant par Tegunda.
Niathan serra longuement dans ses bras sa femme et
ses enfants avant leur départ.
-On ira vous rechercher quand tout sera fini
-Mais s’ils vous tuent, Alliana
pleurait et ne pouvait se décider à partir.
-Aie confiance, tu verras, tout va
s’arranger. Et il l’aida à grimper dans la carriole où elle prit place avec ses
petits serrés contre son cœur.
Chapitre 4
Niathan accompagna ses nouveaux amis à la porte
des étoiles. Là, émerveillé, il vit le miracle se reproduire de nouveau,
l’anneau vibra de toute sa puissance, et l’eau jaillit telle une fontaine de
vie. Ils s’enfoncèrent à nouveau dans la flaque bleutée et en un instant tout
redevint silencieux.
Ils
avaient dit qu’ils seraient absents une journée environ, le temps de préparer
un comité d’accueil à ce cher Yu. C’était O’Neill qui
avait dit ça et Niathan le lendemain fut le premier à
arriver devant le cercle de pierre et quand
il sentit le sol trembler, il se précipita au devant d’eux. Il fut
accueilli par un homme qui n’avait rien d’humain, il était très grand et une
cuirasse recouvrait son torse puissant, il portait un curieux casque en forme
de tête de serpent. Avant même que Niathan ait pu
réagir, il lui envoya une décharge sortie d’une longue lance qui heureusement
ne l’atteignit qu’à l’épaule puis il repartit comme il était venu.
Nathan
se releva, son épaule le faisait terriblement souffrir et il commençait à avoir
très peur. Il partit se cacher quand la porte s’activa de nouveau, avec
soulagement il voulut courir au devant de ses amis en criant :
-j’ai vu… j’ai vu…, ces mots il ne les
avait pas criés mais seulement murmurés, et il s’effondra aux pieds de Daniel et ce fut le trou noir.
Niathan se réveilla dans sa maison, Sam
s’affairait autour de lui.
-Mais qu’est ce qui m’est arrivé ?
-Vous avez reçu un coup de lance,
heureusement elle n’a fait que vous effleurer l’épaule, heureusement, autrement
vous seriez mort. J’ai profité de ce que vous étiez évanoui, pour vous soigner,
cela vous fera mal pendant quelques jours mais ce n’est pas grave. Elle conclut
sa phrase par un beau sourire qui réconforta Niathan.
Daniel
lui expliqua ce qui était arrivé, en fait vous avez rencontré un garde serpent,
qui venait en éclaireur pour le compte de Yu.
Estimez-vous heureux, il était seul.
-Nous n’avons pas une minute à perdre,
l’arrivée de ces serpents est imminente.
O’Neill
prit la direction des opérations. Ils établirent un champ de force autour de la
porte qui empêcherait tout passage. Le champ de force fut alimenté par une
sorte de machine qui faisait beaucoup de bruit.
La
première alerte eut lieu trois jours plus tard. De l’anneau sortirent des
hommes armés qui ressemblaient à celui qui avait blessé Niathan,
mais ils n’avaient pas de casques seulement un dessin sur le front, un peu
semblable à celui de Teal’c, le cœur de Niathan rata
un battement, avaient-ils bien fait de laisser les étrangers installer tout ce
matériel, et s’ils étaient de mèche avec les envahisseurs ?
Cachés
derrière des buissons ou des rochers ils étaient invisibles depuis la porte.
Les premiers soldats se jetèrent sur-le-champ de force sans aucune méfiance.
Ils furent surpris et rebroussèrent chemin. Bientôt tout s’éteignit.
Une
clameur de joie s’éleva de la population. Certains les portèrent en
triomphe à travers tout le village.
-Ne vous réjouissez pas trop vite mes amis,
dit O’Neill, ils vont sûrement revenir.
-D’autant plus, poursuivit Sam, que nous ne
pourrons pas maintenir le champ de force indéfiniment.
-Il ne reste qu’une solution condamner la
porte. Nous l’avons déjà fait sur d’autre planète et cela a marché.
Mais
avant même qu’ils aient eu le temps d’agir la deuxième alerte eut lieu.
A
leur plus grande surprise les soldats de Yu, des
jaffas comme ils disaient, se déjouèrent du champ de force et commencèrent à
tirer de ces curieuses lances qui jetaient des flammes. Mais les fusils, et les
armes très efficaces de leurs amis mirent rapidement fin au combat. En quelques
minutes tout fut fini. De nombreux morts jonchaient le sol. Niathan
reconnut son ami Cyrus qui avait été tué dans les premiers. Il s’agenouilla
près du corps et lui ferma les yeux en murmurant une prière.
Sam
avait été blessée par un tir et O’Neill la porta dans la maison de Niathan. Heureusement ce n’était pas trop grave, une
blessure légère à la cuisse mais qui l’empêcherait de marcher pendant quelques
jours.
O’
Neill donna à Niathan ses dernières consignes avant
le départ,
-Dès que nous aurons franchi la porte vous
enterrerez votre porte, nous vous laissons du matériel pour vous aider dans ce
travail qui ne sera pas facile. N’attendez pas, ils pourraient revenir très
vite en plus grand nombre.
Niathan les remercia chaleureusement.
-Vous nous avez sauvés ! Est-ce que nous vous reverrons un
jour ?
-Je ne crois pas dit Daniel notre planète
est trop éloignée de la votre et nous n’avons pas de vaisseaux.
Les
adieux furent émouvants.
O’Neill
coupa court à ces attendrissements et prenant Sam dans ses bras, il franchit la
porte pour la dernière fois.
Niathan et ses amis se mirent au travail
immédiatement, la porte fut enterrée et bientôt à l’emplacement il n’y avait
plus qu’un peu de terre meuble.
Ils
décidèrent d’y planter des arbres, afin que cet endroit disparut pour toujours
de la surface d’Etaria. Mais dans leurs cœurs
subsisterait le souvenir de leurs amis morts pour les sauver.
Les
femmes et les enfants revinrent de leur exil. Et la vie reprit son cours
paisible sur Etaria.
Chapitre 5
Les
saisons succédaient aux saisons et bientôt tout sombra dans l’oubli de leur
mémoire. Les arbres poussaient à l’emplacement de la porte et cet endroit
redevint un lieu de promenade.
Les
années passant de moins en moins de gens se souvenaient de la porte.
Niathan atteignait l’âge mûr, celui où l’on voit
ses enfants devenir grands. Oh il n’était pas très âgé, il ne sentait pas
encore la fatigue dans ses bras, mais quelques cheveux blancs apparaissaient
dans sa chevelure.
La
vie était paisible dans le petit village de Tegunda.
Cette
année le climat avait été favorable aux récoltes, et Niathan
était heureux de voir s’entasser dans sa grange de belles balles de foin, qui
nourriraient le bétail tout au long d’un hiver qui serait long.
Comme
tous les soirs il prenait le frais sur le pas de sa porte quand il entendit un
bruit sourd qui se rapprochait et devenait puissant lui déchirant les tympans.
Il leva la tête et vit passer juste au-dessus de sa ferme un objet énorme qui
volait dans le ciel. Un peu comme un oiseau gigantesque avec de grandes ailes
de fer. Il se souvint de la phrase de O’Neill des années auparavant « nous
n’avons pas de vaisseaux », en avaient-ils maintenant ? Seraient-ce
eux qui revenaient les avertir d’un danger ? Où bien seraient-ce les
envahisseurs qui revenaient dans des machines volantes puisque l’anneau de
pierre avait été enterré ?
Niathan avait peur, encore plus que la première
fois, il se retrouva avec les autres habitants au milieu de la place là où la
machine volante s’était arrêtée au-dessus d’eux. Il n’eut pas le temps de leur
crier de se cacher que déjà des anneaux gigantesques jaillissaient de l’engin
en une féerie multicolore. Des hommes armés de cette curieuse lance furent
déposés sur le sol tandis que bientôt, d’autres, des dizaines d’autres
surgirent à leur tour de ces anneaux. Niathan et ses amis étaient pétrifiés, la peur leur
enlevait tout sens commun, et quand ils comprirent que leur vie était en
danger, il était déjà trop tard.
Les
premiers qui prirent la fuite furent tués immédiatement.
L’intention
des soldats n’était pas de tuer les villageois. Il furent rapidement entourés
d’un cercle de lances pointées dans leur direction. Niathan
poussa un hurlement quand il vit Alliana empoignée
par un homme brutal qui la rejeta dans un endroit réservé aux femmes. Il la vit
près de leurs filles Séréna et Camilla,
elles se tenaient toutes les trois serrées l’une contre l’autre, comme si elles
pouvaient encore se protéger du danger.
Mais
il était déjà trop tard.
Trop
tard pour penser seulement à résister.
Les
hommes et les adolescents furent jetés dans un enclos construit à la hâte par
les nouveaux maîtres du village. Ils parlaient une langue rude que Niathan ne comprenait pas.
Nérim son fils aîné était un devenu un beau jeune homme fougueux.
Il voulait aller se battre. Niathan l’en
empêcha :
-Ils
sont trop nombreux, tu te ferais tuer inutilement. Ils n’ont pas hésité à tuer
ceux qui ont voulu s’échapper.
Nérim soupira :
-Où sont Mère, Séréna et Camilla ?
Niathan préféra ne pas répondre. Son cœur était
déchiré d’être séparé du reste de sa famille. Il se leva et fit quelques pas
pour cacher à son fils les larmes qu’il ne pouvait pas retenir.
Il poussa un cri d’effroi, quand il vit
de longues flammes s’élever du village. Toutes les maisons étaient en feu,
et la population prisonnière dut assister à la destruction de ce qui avait fait
toute leur vie.
Une
nuit chaude, lourde des fumées, sans air, irrespirable, tint les prisonniers
éveillés, incapables de trouver le sommeil. La faim et la soif commençaient à
se faire sentir, des enfants pleuraient. Des mères se penchaient sur les petits
visages crispés, essayant par de douces paroles auxquelles elles ne croyaient
plus, de consoler leurs petits. La nuit fut bruyante, on entendait les soldats,
des jaffas se rappela Niathan, qui fêtaient leur
victoire à grands renforts de cris et de boisson à deux pas de leurs
prisonniers, dont le cœur était étreint par la douleur.
Une
aube grise et sale se leva sur ce qui restait du village. Les regards hébétés
se posèrent sur les gardes quand ils vinrent apporter de la nourriture et de la
boisson aux prisonniers. Et on assista à un triste spectacle, celui d’hommes et
de femmes se disputant la nourriture et l’eau. Comme toujours dans ce genre de
situation il n’y en avait pas assez pour tout le monde.
Les
enclos furent ouverts et l’on sépara les femmes des enfants dans des hurlements
déchirants. Les enfants furent emmenés sur le vaisseau par les anneaux de
transport. Niathan avait de la chance dans son
malheur ses enfants étaient grands et ne subiraient pas le sort de ses
malheureux petits. Mais leur sort était-il plus enviable ?
Le
lendemain, ils quittèrent leur village pour toujours. Niathan
le savait, en quelques heures leur vie avait basculé de façon irrémédiable. Il
cherchait l’erreur qu’ils avaient commise, comment avaient-ils pu oublier le
danger ? Ils s’étaient endormis la tête dans le sable et avaient été
heureux d’un pauvre bonheur qu’ils ne savaient même pas menacé. En tant que
chef du village il aurait pu faire quelque chose, il aurait du faire quelque
chose, mais quoi ?
Ces
pensées n’arrêtaient pas de torturer Niathan sur la
route de l’exil. Le chemin était pierreux, la route du Nord était parsemée
d’embûches, parfois le chemin était inexistant, et il fallait marcher sur des
sols difficiles, traverser des ruisseaux, escalader des pentes. Au bout d’un
jour à marche forcée, déjà les plus faibles ne pouvaient plus avancer. Les
jaffas les tuaient sans pitié. Alors chacun s’efforçait de cacher sa douleur au
plus profond, pour ne pas subir le même sort funeste. Une solidarité
s’installa, les plus forts portaient les plus faibles, afin de prolonger leur
vie. L’espoir les maintenait, les soutenait. Nérim au
détour d’un rocher se jeta derrière un talus. Les jaffas ne le virent pas, mais
Niathan avait compris tout de suite. Son fils irait
chercher des secours. D’autres purent s’échapper, les jaffas n’étaient pas
assez nombreux et ne les connaissaient pas suffisamment pour les repérer. Et sans
doute avaient-ils d’autres préoccupations pensa Niathan.
Cela
faisait plusieurs jours que leur calvaire était commencé quand ils arrivèrent à
une immense clairière où se dressait un camp, visiblement installé depuis
quelque temps.
Les
prisonniers furent parqués sous une sorte de tente en toile qui les abritait de
la chaleur, les soleils d’Etaria étaient hauts
maintenant dans le ciel. Les hommes et les femmes furent regroupés et Niathan put serrer sa femme dans ses bras. Ils pleuraient
tous les deux sans pouvoir se retenir.
-Où est Nérim
demanda Alliana ?
-Chut… fit-il en mettant sa main sur sa
bouche, je l’ai vu se cacher derrière un rocher. Il a pu s’enfuir.
-Silence rugit une voix près d’eux. C’était
une voix rauque, comme jamais il n’en avait entendu. « Les serpents à la voix rauque et aux yeux qui
brillent » Les paroles
d’O’Neill prenaient alors tout leur sens à cet instant. Mais c’était déjà trop
tard, beaucoup trop tard. Il s’était fait remarquer de cet homme dont la main
se leva vers lui menaçante, et avant qu’il ait pu réaliser ce qui lui arrivait,
il se trouva projeté dans les airs. Il entendit le hurlement d’Alliana et retomba inanimé sur le sol.
Il
se réveilla avec cette pensée incongrue pourquoi
O’Neill les appelait-ils des serpents ?
La
tente où il se trouvait était richement décorée, des vases en or, des tentures
de la soie la plus fine, des meubles de bois précieux et au milieu de ces
merveilles allaient et venaient des hommes et des femmes de grande beauté parées de bijoux, et de dentelles.
Sur
un trône en or massif, un homme de petite taille aux yeux bridés jetait des
regards indifférents aux prisonniers
-Où en sommes-nous dit-il de la même voix
rauque
Un
homme jeune se prosterna devant lui :
-Seigneur Yu,
tout est prêt, nous avons choisi ceux qui travailleront à la mine, et les
autres sont là prêts à recevoir nos enfants.
Niathan entendit ces mots mais ne les comprit pas.
Il avait été séparé à nouveau d’Alliana et de ses
enfants, il se tenait devant le Seigneur Yu avec
seulement une dizaine des habitants du village. Il remarqua qu’ils avaient
choisi des hommes parmi les plus forts et les plus résistants. Des hommes comme
lui solides et en bonne santé. Mais pourquoi ? A quoi étaient-ils
destinés ?
Ils
avaient parlés d’enfants ?
C’est
alors qu’on apporta un bassin où grouillaient des sortes de serpents il y en
avait dix, remarqua Niathan. C’était ça les
enfants ? Comment fallait-il s’en occuper ? Leur donner à manger
peut-être, c’est ça, ils étaient chargés de les nourrir. Niathan sentait l’angoisse monter et cherchait à se
rassurer, jamais il ne s’était senti aussi mal, il ne comprenait pas ce qui lui
arrivait quand un garde se saisit de lui et qu’une douleur atroce au cou le fit
hurler et tomber aux pieds du Seigneur Yu, évanoui.
Quand
Niathan s’éveilla, il n’était plus le même, il
sentait en lui une présence qui essayait de se frayer un chemin à travers sa
conscience. Mais cette présence était encore faible et Niathan
luttait de toutes ses forces. Il se leva
et regarda le Seigneur Yu dans les yeux.
Malgré lui il s’inclina et mit un pied à terre, et il entendit une voix, la
sienne et une autre à la fois
-Seigneur Yu je
suis à votre service.
-Tu seras mon serviteur et tu dirigeras les
travaux dans les mines de naquada, de ce secteur.
Quel
est ton nom ?
-Je suis Xera s’entendit-il prononcer.
-Bien Xera, prend
ton service maintenant.
Xera-Niathan sortit de la tente après s’être incliné
une dernière fois.
Dehors
les soleils l’éblouirent.
Il
fit quelque pas et chancela, sa raison s’éclaircit un instant, Alliana ! Il faut que je retrouve Alliana,
mais comme il pensait ses mots, l’image d’Alliana
s’effaçait peu à peu, comme dans un rêve.
Xera prit le chemin de la mine il n’hésita pas une seconde et là
il retrouva des gens qu’il semblait connaître. Un goa’uld lui donna au creux de
sa main une pierre rouge, qu’il passa aussitôt à sa main gauche sans hésiter.
Il s’enfonça dans le cœur de la mine que des esclaves humains avaient commencée
à creuser.
A
la fin de la journée il s’endormit.
Son
rêve fut léger et agréable, il se trouvait dans le village avec Alliana et ses enfants ; C’était le soir et il s’assit
à regarder les deux soleils se coucher derrière la porte des étoiles.
A
son réveil, le rêve était tellement imprimé dans son subconscient qu’il se crut
revenu aux temps anciens, mais cela ne dura qu’une fraction de seconde, Xera reprenait le contrôle et Niathan
s’effaça à nouveau dans les brumes d’un passé révolu.
Xera se leva passa devant le camp de prisonniers sans même leur
jeter un coup d’œil. Là étaient parqués des gens qu’il ne reconnaissait plus ou
à peine. Il savait que c’était des connaissances de son hôte, mais cela ne
l’intéressait pas. Il prit son service dans la mine et commença à surveiller
les hommes qui étaient chargé de
récolter le naquada.
Certains le regardaient le dévisageaient, il
s’entendit appeler
-Niathan, c’est
nous, que t’arrive-t-il ? Tu ne nous reconnais pas ? Ils t’ont lavé
le cerveau ?
-Silence Etariens,
rugit-il.
Les
hommes terrifiés par la nouvelle apparence de Niathan
se remirent rapidement au travail .
Xera-Niathan soudain se sentit mal, il chancela et eut
du mal à regagner la sortie. Arrivé à l’air libre il dut s’asseoir sur un
rocher
On respire mal dans ces
mines, il n’y a pas d’air
pensa t-il . Mais qu’est-ce qui
m’arrive ? Où est Alliana ?
Il
la chercha des yeux un moment et la vit dans un groupe de femmes en train de
confectionner le repas pour les troupes. En effet de nombreux jaffas étaient
restés dans le camp pour surveiller les alentours, car une telle richesse de naquada pouvait attirer les autres grands maîtres Goa’ulds pensa Xera. L’image un
moment de sa femme s’était à nouveau effacée dans le chaos intérieur de ses
pensées. Tout était confus.
Il
vit cette femme superbe se diriger vers lui, elle avait de longs cheveux
blonds, des yeux bruns aux reflets changeants, sa longue jupe multicolore
virevoltait autour d’elle en un mouvement gracieux. Niathan
se frotta les yeux,
Mais où
étaient Nérim, Séréna et Camilla ?
Tous
ses souvenirs s’effilochaient, sombraient dans une sorte de magma confus, il ne
savait plus qui il était, et puis cette voix rauque n’était pas la sienne. Alliana s’avançait vers lui sans peur et majestueuse, un
fin sourire se dessinait sur ses lèvres, tandis qu’elle murmurait en le
regardant au fond des yeux
-Mon amour…
Devant
la lueur blanche fulgurante du regard, elle s’arrêta, Xera
la regardait s’avancer, elle n’avait pas peur, ne reculait pas, comme si elle
pensait qu’il était toujours …Nia…. Je ne sais plus , même mon nom …
-Que veux-tu femme, retourne à ton
travail !
-Mais Niathan, je
suis Alliana ton épouse !
Xera était furieux que cette femme l’interpelle, machinalement sa
main gauche se leva et une force inconnue venant des profondeurs de lui-même
jaillit du creux de sa main, avec surprise il vit Alliana
tomber, et rester évanouie sur le sol.
-Mon
Dieu je l’ai tuée …
Il
se précipita vers elle puis s’arrêta brusquement, le démon l’avait repris, son
combat était terminé, tout ce qui restait de Niathan
était mort.
Indifférent
au sort de la femme, il s’éloigna d’un pas vif et reprit son travail à la mine.
Il ne fallait pas chômer, le Seigneur Yu allait
bientôt revenir demander des comptes. Il serait trop heureux de lui dire qu’il
avait bien travaillé. Il aurait peut-être droit à une petite promotion. Si
seulement il pouvait quitter cette planète minable, et rester sur le vaisseau
de son maître à le servir. A cette évocation il eut un sourire cruel, oui il
les ferait travailler ces chiens d’Etariens, ils en
pleureraient des larmes de sang !
Alliana se releva en pleurant, rageusement elle
essuya les larmes et la poussière de son visage. Elle avait obtenu l'
autorisation des Goa’ulds pour aller dans la forêt
chercher des baies et des écorces de paquara pour en
faire des tisanes fébrifuges. Elle avait du s’imposer dans cette tâche mais les
goa’ulds comprirent vite que des prisonniers mal
soignés et mal nourris étaient inefficaces. Il y avait eu déjà de nombreux
morts et bientôt il ne resterait plus personne pour travailler dans les mines.
Elle
s’éloigna du campement à pas lents, pour ne pas trop se faire remarquer et
s’enfonça dans les sous bois. Elle avait repéré des baies de groseilles qui
poussaient dans une petite clairière. Comme elle s’approchait d’un rocher elle
ne vit pas une ombre se jeter sur elle et le cri qui montait de sa gorge fut
aussitôt étouffé par une grande main masculine.
-Chut… murmura une voix à son oreille, si
je vous lâche vous ne crierez pas ?
Elle
hocha la tête en silence et l’homme la lâcha.
-Teal’c ! C’est bien vous n’est-ce
pas, et elle se jeta à genoux et lui embrassa les pieds
-Sauvez-nous, les monstres sont arrivés, et
elle ne put se retenir d’éclater en sanglots, mon pauvre mari a été pris par
ces… sa voix se cassa sur ces derniers mots, et elle ne put continuer.
Teal’c
la conduisit un peu plus loin où elle fut heureuse de retrouver Sam Carter, et
Daniel Jackson.
-Major commença t-elle
-Colonel maintenant répondit Daniel, et
comme elle ne comprenait pas
-Oui elle est montée en grade
-Peu importe Daniel répondit Sam, et
s’adressant à Alliana
-Pouvez-vous décrire ce qui se passe dans
ce camp, y a t-il beaucoup de gardes, et de goa'ulds ?
Alliana s’assit avec eux et commença le long récit
de leur captivité, elle ne savait pas ce qui se passait dans la mine, elle n’y
était jamais descendue. Mais elle put citer les douze jaffas qui gardaient le site. Il n’y avait
que trois goa’ulds
dont Niathan conclut-elle en se remettant à pleurer.
Sam
la prit dans ses bras,
-Ne pleurez plus Alliana,
nous sommes venus nombreux, nous allons vous tirer de là.
-Comment êtes-vous venus ?
-Nous sommes venus avec un vaisseau Tok’ra.
-Tok’ra ?
-Pas maintenant coupa Sam. Vous avez accès
à la nourriture des Jaffas n’est ce pas ? Elle lui glissa une fiole dans
la main. Versez le contenu de ce flacon dans la boisson des soldats, ils
dormiront pour plusieurs heures
maintenant retournez au camp,
sinon ils vont s’apercevoir de votre absence.
Alliana se dépêcha de cueillir quelques baies et
elle rentra en courant. C’est un peu essoufflée qu’elle se retrouva aux pieds
de Xera qui la regardait d’un air méchant.
Pour
Alliana c’était une torture de voir ce visage aimé
depuis tant d’années, déformé par la haine.
Elle
se hâta de retrouver les autres femmes avant que Xera
ne lui fasse du mal, elle se méfiait, maintenant, car il pouvait être vraiment
très méchant. Elle l’avait vu utiliser un bâton de torture sur les mineurs.
C’était une arme terrible qui causait d’immenses souffrances et Xera paraissait la manier avec beaucoup d’habileté, et de
plaisir aussi.
Chapitre 6
Alliana versa le contenu de la fiole dans la
boisson que les Jaffas se partageaient le soir. Ils buvaient beaucoup, car
garder des prisonniers sans défense n’était pas intéressant.
Quelques
instants plus tard le camp résonnait de ronflements sonores. Aussitôt une armée
des ombres investit le camp en silence, tandis que les hommes et les femmes d’Etaria étaient aussitôt emmenés dans la forêt pour mieux
les protéger.
Avec
un cri de joie Alliana retrouva son fils Nérim. Elle se jeta dans ses bras.
-Tu as réussi mon petit j’ai eu si peur
-C’est grâce à lui que nous vous avons
retrouvés. Il nous avait avertis de ce qui se passait, car c’est au cours d’un
voyage de routine que nous nous étions posés sur Etaria.
Daniel
se lança dans de longues explications que Sam coupa
-Plus tard Daniel
Daniel
maugréa :
-Le colonel O’Neill est parti en retraite,
mais vous le remplacez avantageusement.
Sam
le regarda en souriant
-Je suis très flattée de cette remarque
Daniel, cela me fait vraiment plaisir.
Daniel
ne sut pas quoi répondre.
La
longue file des Etariens emprunta un chemin peu
fréquenté et difficile d’accès. Ils ne rencontrèrent aucun jaffa.
Dès
que les réfugiés furent en sécurité, Sam et son équipe composée de Daniel,
Jonas, Teal’c, Jacob Carter se mirent en route. Et comme ils levaient le camp
silencieusement, Alliana qui avait le sommeil léger
prit Sam par le bras :
-je veux aller avec vous !
-Non répondit Sam c’est beaucoup trop
dangereux, vous pourriez être tuée.
Son
regard se fit suppliant :
-Faites attention à Niathan,
il peut être dangereux, et puis ne le tuez pas … s’il vous plait.
-Sam la regarda longuement sans rien dire
puis elle hocha la tête et la prit dans ses bras où Alliana
put laisser libre cours à ses sanglots.
Dans
la clairière les jaffas commençaient à se réveiller et ils ne purent rien faire
contre l’attaque qui les prit par surprise.
Xera avait passé la nuit au fond de la mine avec les deux autres Goa’ulds qui dirigeaient le camp avec lui, Sonja et Kerlaic. Il fallait
faire les comptes, au bout de six mois d’exploitation, le représentant du
Seigneur Yu n’allait pas tarder à arriver pour
prendre le chargement. Xera était assez satisfait, la
quantité de naquada extraite était même supérieure à celle demandée.
Quand
il remonta à la surface un silence de mort régnait dans le camp. Quand il vit
tous les jaffas morts, il poussa un hurlement de rage. Les prisonniers
s’étaient échappés, les grillages des enclos avaient été arrachés. Une ombre
surgit de derrière un arbre, et avant qu’il ait pu réaliser ce qui lui arrivait
un coup de lance le frappa et il s’écoula. Il ne sut jamais ce qui était
arrivés à ses collègues, la mort sans
doute avait du les prendre sans qu’ils s’en rendent compte.
Quand
il revint à lui, il était étendu sur le sol de la forêt, autour de lui des
hommes en armes veillaient.
Ses
blessures étaient graves, mais il était conscient. Son symbiote avait été
atteint et on ne savait pas si on pourrait le sauver
Une
femme assise un peu plus loin le regardait. Qui était-elle ? Son visage
lui paraissait familier, sans doute une
prisonnière pensa t-il ?
La
femme s’approcha de lui et s’agenouillant elle murmura :
-Niathan, Niathan,
Elle
recula effrayée quand le fulgurant regard brillant se posa sur elle avec
colère.
-Je ne te connais pas va-t’en !
mais
elle insistait :
-je suis Alliana,
nous avons trois enfants, Nérim, Séréna
et Camilla. Inlassablement elle répétait ces noms
comme pour bien en imprégner son subconscient.
La
veille elle avait eu une longue conversation avec le SGC. Ils avaient pu lui
expliquer ce qu’était un Goa’uld, que devenait l’hôte quand il était prisonnier
du démon. Elle pleura quand on lui expliqua que Niathan
n’existait probablement plus, ou d’une manière si infime que ce n’était pas
perceptible même pour lui.
Mais pourrais-je le retrouver un
jour ?
Daniel
hocha la tête
-Malheureusement non, on ne peut pas
extraire le symbiote sans tuer l’hôte en même temps.
Elle
continua sa litanie :
-Niathan, Alliana, Camilla, Nérim, Séréna… Les mots
s’insinuaient doucement dans le subconscient de Xera.
Son corps était affaibli et il ne pouvait pas lutter contre le pouvoir de ces
mots qui étaient comme autant d’épées qui le frappaient.
Puis
elle changea, elle commença à évoquer tous leurs souvenirs :
-Tu te rappelles le jour où tu avais bu
trop de bouria avec Cyrus ? Le jour où Camilla est tombée dans la rivière ? Le jour où tu
m’as apporté ces fleurs que tu avais été cherché si loin derrière la colline,
le jour où Séréna a failli mourir de la fièvre ?
Le
son mélodieux et doux de sa voix parvenait à Xera
parmi tout un flot de souvenirs, il avait l’impression de se retrouver au cœur
de sa mère Jaffa, quand les sons extérieurs
lui parvenaient étouffés, à travers la paroi de son ventre. Et puis lui
vint l’image d’un joli minois riant devant une belle maison de bois, du
monument de pierres où ils allaient le dimanche faire de fabuleux pique-niques.
Bercé
par la voix mélodieuse de la femme il
s’apaisa et s’endormit.
Le
lendemain Xera s’était considérablement affaibli, son
symbiote était mourant et Niathan revenait :
-Alliana
murmura-t-il
Elle
pencha sur lui son visage éploré, ses yeux brillaient de bonheur
-Oh Niathan, mon
amour
-Où suis-je ? Je me sens si faible, où sont
les enfants ?
Alliana regarda Sam en la suppliant
-Je vous en prie sauvez le, faites quelque
chose.
Sam
l’entoura de ses bras
-Nous ne pouvons plus rien faire, son
symbiote va mourir, il n’en a plus pour longtemps.
Xera résistait encore faiblement, un éclat de conscience faisait
parfois briller le regard de Niathan, puis tout
s’éteignit.
Alliana, Nérim, Séréna et Camilla entouraient Niathan de tout leur amour. Les heures passaient, Niathan mourut calmement comme on s’endort entouré de
l’affection des siens.
Dans
la soirée au moment où les soleils brillaient de leurs derniers feux, l’âme de Niathan s’envola.
FIN