IMPENSABLE
Aurélia
Fic
n° 46
Janvier
05
Saison : la 8
Spoilers :Aucun, sauf que Jack est général et
Carter colonel.
Disclaimer : Rien ne m’appartient, pas de sous,
c’est juste pour le fun que j’ai écrit cette fic .
Genre : aventure, romance.
Public : Attention :
cette fic est classée PG13, en raison d’une scène violente.
Résumé : La reine Mout se prépare à envahir la
terre, comment l’en empêcher ? C’est pour le général O’Neill mission impossible.
Dédicaces : Hito bien comme d’ hab ! Merci
à elle.
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31 décembre.
23
heures, le général O’Neill était de garde cette nuit là. Il travaillait encore
à son bureau, il y avait tant de choses à faire ! Il avait les traits
tirés de quelqu’un qui ne dort pas assez. Il se passa la main sur la nuque en soupirant et se recula dans son fauteuil comme pour
détendre ses muscles fatigués. Son bureau n’était éclairé que par la lampe
posée sur le coin de la table, le reste de la pièce était dans l’ombre.
Devant
lui, un dossier rouge avec écrit en gros sur la couverture « secret
défense »
Il
l’ouvrit, et commença à lire. Apparemment ce qu’il lisait n’ était pas nouveau
pour lui, car il tournait vite les pages. Un pli se creusait sur son front tandis
qu’il passait les feuilles au fur et à mesure dans la déchiqueteuse de papiers.
Aucune trace ne devait rester de ce dossier. C’était strictement confidentiel. Il jeta même la chemise qui prit à son tour le
chemin de la destruction.
Il
était minuit moins dix quand il entendit le téléphone sonner. C’était Daniel.
-Qu’est ce que vous faites Jack ?
Ça peut pas attendre à demain ?
-J’arrive dans un quart d’heure , dit-il
d’une voix laconique et il raccrocha sèchement.
Bien
qu’il ne fasse pas plus chaud que d’habitude dans son bureau, des gouttes de
sueur perlaient sur son front.
L’heure
était arrivée.
*****
Il
y avait peu de monde à la base, juste le personnel minimum requis en cette nuit
du réveillon de
Au
mess Teal’c , Sam et Daniel qui venaient de rentrer de mission, le capitaine
Anita Castillo, le major Tom David, et l’infirmière Veronica
Green, s’apprêtaient à réveillonner tous ensemble, le reste du personnel étant
en congé. Ils s’étaient confectionné un
repas simple, histoire de se retrouver et de faire la fête ensemble. L’occasion
était rare, et ils se réjouissaient de passer une soirée avec Jack.
-le général n’est toujours pas
là ! dit Sam avec inquiétude.
Elle lui avait trouvé l’air préoccupé ce soir,
il n’était pas dans son assiette. Il avait avoué effectivement avoir quelques petits soucis mais que ce n’était
pas très important et qu’elle ne devait pas s’inquiéter. Sam
était sortie de son bureau, pas très convaincue.
-Il a dit un quart d’heure ! Sam.
-Oui Daniel, mais c’était il y a une demi-heure, je vais
voir.
Elle
prit l’ascenseur qui la conduisit à l’étage de la salle de commandement et comme
elle montait l’escalier qui menait à la salle de réunion, les alarmes se
déclenchèrent.
O’Neill
marcha d’un pas ferme hors du bureau et arriva dans la salle de contrôle, Sam
avait redescendu les escaliers quatre à quatre et était déjà devant les
consoles.
Les
chevrons s’enclenchaient.
-Fermez l’iris dit O’Neill.
Le
lourd iris en titane se positionna dans un bruit de ferraille.
Ils
attendirent… pendant ce temps là Teal’c
et Daniel étaient arrivés.
-On a un code mon général , dit Sam, C’est
Sam
pensa aussitôt à son père, depuis la fin de l’alliance elle ne l’avait pas revu.
O’Neill sembla hésiter un instant, mais Sam ne le remarqua pas.
-Ouvrez l’iris, dit-il d’une voix
froide.
Ils
descendirent tous à la rencontre du
visiteur.
Ils
attendirent quelques secondes, et un jaffa parut en haut de la passerelle.
Avant que le général ait pu jeter un ordre il
lança une grenade à choc Goa’uld.
Celle-ci
roula sur la rampe et explosa, aveuglant
tout le monde et leur faisant perdre connaissance.
Pendant
ce temps les jaffas avaient investi toute la base en quelques minutes et fait
prisonnières les personnes qui étaient restées au mess, Anita Castillo, Tom
David, et Veronica Green.
Sam
ouvrit un œil, sa vue était très limitée, elle était assise le long du mur de
la salle de briefing, elle vit Daniel à
ses côtés qui reprenait ses esprits. Plus loin il y avait Anita, Tom, Veronica et Teal’c, mais plus de gardes. Ils
avaient dû être tués ou neutralisés. Apparemment O’Neill n’était pas là. Sa vision
s’affermit, et en rampant, elle se rapprocha de Daniel
-Ça va ? chuchota t-elle
-Oui, je commence à voir un peu moins
flou, mais qu’est ce qui s’est passé ?
-Je ne sais pas, j’ai juste vu un homme
qui lançait quelque chose, une grenade Goa’uld sans doute, et après plus rien.
-Où est Jack ?
-Il n’a pas l’air d’être avec nous.
Des
jaffas les prirent brutalement par le bras pour les remettre debout et les firent
asseoir dans les fauteuils. Là ils virent Jack, à travers la vitre de son
bureau, il était tenu en respect par un
jaffa qui pointait une arme sur lui.
Un
pas dans l’escalier leur fit tourner la tête. Une très belle femme apparut sur
le seuil, brune, les yeux verts, simplement vêtue d’une robe noire assez longue
et pourvue de volants. Elle ne portait pas d’autre bijou qu’un pendentif en or représentant un
vautour. Elle était suivie de trois jaffas qui se
postèrent autour des prisonniers et restèrent le zat pointés sur eux.
Le
jaffa poussa O’Neill dans la salle de briefing.
-Alors c’est toi le général de la base ? dit-elle à O’Neill.
Il
ne répondit pas.
Les
yeux de la femme jetèrent des éclairs.
-Je suis Mout ! Mes troupes sont
prêtes à envahir la terre et …
A
ce moment un jaffa rentra dans la pièce et s’approcha de la reine. Il s’inclina
-Que veux-tu ? J’espère que tu me
déranges pour une bonne raison !
-Ma reine, j’ai fait le tour de la
base, on ne peut rien faire sans les codes, l’accès aux ordinateurs nous est
refusé, tout est verrouillé.
-Et pour sortir de la base ?
-On ne peut pas.
Mout
se retourna vers O’Neill qui haussa les épaules.
-Je suppose que c’est toi qui connais
les codes ?
-Tout est crypté et indéchiffrable
dit-il, glacial.
-Peut être que ton ami le docteur
Jackson sait quelque chose ? Tu es surpris que je le connaisse ? Mais je connais parfaitement SG1. Vous êtes
célèbre dans la galaxie.
Sam
regardait Jack, il était immobile et impassible, même quand
-Arrête, finit-il par dire, il ne sait
rien du tout. D’ailleurs personne ne sait rien.
-Même pas le colonel Carter ?
-Non, même pas elle.
-Tu en es sûr ?
-Absolument dit-il d’un ton qu’il
voulut le plus indifférent possible.
-Alors comment faites-vous quand tu
n’es pas là ?
-C’est quelqu’un d’autre qui a les
codes. D’ailleurs, comment êtes vous rentrés ? comment avez-vous eu un
code Tok’ra ?
-Ah ça t’intrigue ?
O’Neill
voulait la faire parler pour détourner son attention de Carter et de Daniel.
Il
connaissait bien les Goa’ulds et leur propension à se vanter et à raconter
leurs exploits. Elle ne put résister.
-Je savais depuis longtemps que les
Tok’ra avait un code, vous le leur avez
donné jadis. Nous avons réussi à nous procurer un des ces petits appareils que
vous appelez GDO . Après ce fut un jeu d’enfant ! La technologie humaine est tellement
primitive !
Sam
était ulcérée, mais elle se retint de faire des commentaires. Elle qui avait
travaillé à l’élaboration de ce GDO, savait que c’était tout, sauf
primitif.
O’Neill
jeta un regard noir à Mout mais s’abstint de toute remarque.
-Bon, nous perdons du temps dit Mout.
Je veux tous les codes pour sortir de la base et ouvrir cette maudite porte.
Un
grand silence lui répondit. O’Neill était toujours debout, les mains dans les
poches apparemment décontracté.
-Passons aux choses sérieuses. Puisque c’est toi qui a
les codes, c’est toi qui vas nous les donner.
Comme
il ne répondit que par un sourire méprisant , elle continua plus acerbe :
-Les codes ou la torture ?
Toujours
aucune réponse. Elle commença à s’ énerver. Il eut droit aussi au rayon sur le
front ! Sans succès. Il tomba sur les genoux, mais se retint de gémir, et
naturellement il ne dit rien.
Elle
sembla hésiter, il se remit debout et la
regarda droit dans les yeux.
-Jaffa ! dit-elle, en faisant
signe à un homme debout derrière Sam.
L’homme
tira un coup de zat et la jeune femme s’effondra.
-Tu vois dit-elle à O’Neill, tu vas
faire exactement ce que je vais te dire, ou mon jaffa lui tire dessus une
seconde fois.
Sam
reprenait ses esprits et elle avait entendu la phrase de Mout.
-Mon général, supplia t-elle, ne dites
rien…
Il
la regarda avec tendresse, fit non de la tête, qu’elle se rassure il ne
parlerait pas.
Mout
avait suivi cet échange, ses belles lèvres s’arquèrent en un sourire méprisant
qui l’enlaidit :
-Comme c’est attendrissant ! dit-elle,
sarcastique. Déshabille-toi et allonge
–toi sur la table. Que tout le monde te voie ! Que tes subordonnés te
voient !
Et
comme il traînait à obéir elle dit simplement :
-Jaffa !
Le
bruit du zat qui s’ouvrit le fit réagir.
-Arrête, j’obéis.
Il
enleva d’abord ses chaussures et ses vêtements ne gardant que son caleçon. Il
ne regardait personne. Il s’était mis
en mode « interrogatoire »,
comme on le lui avait appris dans les durs entraînements des Black Ops. il avait fermé les yeux à ce qui l’ entourait
et bouché ses oreilles. Il n’y avait plus que la voix de
Il
s’allongea sur la table, ferma les yeux
et attendit. Elle s’approcha, posa sa main sur sa poitrine et sentit son cœur
qui battait fort.
-On a peur ?
Aucune
réponse.
Elle
ricana :
-J’ai le moyen de te rendre bavard, tu
sais dit-elle d’une voix gutturale qui leur agaçaient tous les nerfs.
La
scène était hallucinante, les six personnes du SGC dans des fauteuils autour de
la table octogonale, tous du même coté,
disposés de façon qu’ils ne perdent rien du spectacle. Ils étaient attachés et
bâillonnés. Et de l’autre la reine Mout,
seule,
s’apprêtant à torturer son prisonnier.
Derrière
eux les jaffas prêts à tirer au moindre geste suspect.
La
reine avait tout son temps, elle se réjouissait de tenir enfin à sa merci l’insolent chef du SGC, qui plus est dans sa
base et, cerise sur le gâteau, devant ses seconds et ses subordonnés. L’homme qui avait en son temps, tenu tête à beaucoup
de Goa’ulds, était en son pouvoir. C’ était lui le commandant de ces maudits terriens qui avaient causé la
mort de tant de grands maîtres. Il devait mourir. Mais elle avait décidé de ne
pas le tuer tout de suite, avant il parlerait, elle en était sûre. Il ne
pourrait pas tenir longtemps. Elle détailla
son visage aux yeux clos, sa poitrine ,
ses bras musclés, son ventre plat, ses longues jambes nerveuses. Elle ricana
devant les cicatrices qui couraient sur son torse, son ventre et ses
cuisses. Elle en suivit une du doigt.
-Tu en auras d’autres, beaucoup
d’autres d’ici ce soir.
Il
tressaillit, car son ongle avait laissé un sillon sanglant sur sa peau bronzé.
-Regarde ce que j’ai apporté,
ajouta t-elle.
Il
ouvrit les yeux et vit dans sa main une pierre bleue. Il ne savait pas ce que c’était et n’avait
aucune envie de le savoir.
Elle
approcha sa main de la poitrine de Jack et posa la pierre dessus. Un rayon
bleuté jaillit et chacun vit avec horreur la peau rougir et se cloquer sous
l’effet d’une brûlure intense. Il avait serré les dents, Sam pouvait le voir,
il avait son visage tourné légèrement de son côté. Les yeux clos, les mâchoires
serrées, le corps tendu par la douleur,
les muscles contractés , il se retenait de crier.
Elle
recommença plusieurs fois, mais en vain,
il restait muet. Alors elle changea de tactique, le fit frapper par ses jaffas, La reine utilisa ensuite son arme de poing et joua du couteau sur sa peau. Il tremblait, le
corps secoué de spasmes et de sanglots qui lui déchiraient la poitrine, des larmes
coulaient de ses yeux, il ne s’en apercevait même pas.
Sam
était au bord du malaise, elle pleurait à chaudes larmes, elle souffrait avec
lui. Ils pleuraient tous. Le cœur battant à tout rompre ils auraient souhaités
disparaître, ne plus voir, ne plus entendre, c’était leur chef , leur ami que l’on massacrait de
façon abominable sous leurs yeux. Le
regard de Teal’c était terrible…
La
reine commençait à trouver que c’était bien long. Elle s’impatientait ! Cet homme était d’une résistance comme elle
n’en avait pas souvent vue. Elle décida de porter un grand coup.
Il
ne bougeait plus, allongé sur le dos, tout son corps était tailladé, cassé, brûlé, tuméfié.
Elle
se pencha vers lui et lui dit quelques mots à l’oreille. Sam n’entendit pas,
bien qu’elle soit la plus proche de lui.
Il avait perdu tout sens des réalités, du temps,
du lieu où il était. Il n’y avait qu’une seule chose qu’il savait, la douleur. Son entraînement était si fort qu’il
pouvait résister des heures à la souffrance. Il
savait pourtant que tout s’arrêterait dès qu’il aurait parlé de ces
maudits codes...
Mais
c’était trop dur… trop horrible…il finit par craquer Il cria :
-Arrête… vais…. tout dire… pitié…
arrête… Sa voix était à peine reconnaissable car tellement déformée par la
souffrance, mais ses paroles, tous ceux
qui étaient là, impuissants et horrifiés
devant un tel spectacle, les entendirent très distinctement.
Un
silence de mort figea le temps.
La
reine, très calme se pencha vers le corps martyr :
-Je t’écoute dit-elle.
-987…785..543…B dit-il.
-C’est quoi ces chiffres ?
Il
respira lentement et reprit d’une voix très faible. Elle dut se pencher pour
entendre ses paroles.
-C’est mon code… pour accéder… aux
ordinateurs… avec ça… peux… aller
partout.
Il
s’arrêtait entre chaque mot, il n’avait plus de forces. Tout avait été dit,
maintenant il ne sentait plus concerné par ce qui allait suivre. Elle le
tuerait sans doute et ce serait très bien.
Il
bluffe pensa Sam avec effroi : pour gagner du temps ! il a forcément donné des faux numéros !
La reine fit signe à un jaffa.
Stupeur :
le code était le bon. L’impensable s’était produit, Jack O’Neill avait parlé,
il n’avait pas supporté la torture, il avait trahi. Tous pouvaient en
témoigner.
Les
larmes coulaient sur le visage de Sam. tous, ils étaient bouleversés, ils ne
comprenaient pas. Que Jack ait trahi, même sous la plus affreuse des tortures,
c’était impossible. Il devait y avoir une explication. Ils avaient une telle
confiance et une telle admiration pour leur chef que cette chose monstrueuse
qu’il venait d’entendre ne pouvait pas exister.
La
porte du SGC était maintenant grande ouverte. Elle allait pouvoir conquérir
Ils
n’étaient pas attachés très serrés. Teal’c se libéra le premier, il détacha les
autres.
.
Ils
étaient maintenant seuls dans la salle de briefing, ils avaient du mal à
réagir. Jack ne bougeait plus, il avait beaucoup saigné et s’affaiblissait rapidement.
-Il faudrait le soigner dit Daniel en
reprenant ses esprits le premier.
*****
Sam était redescendue dans la salle de
contrôle, installée aux consoles, elle put
constater que la reine avait verrouillé
tout le système. Ils étaient enfermés dans la base, et ne pouvaient pas communiquer
avec l’extérieur. Il lui faudrait des heures pour tout remettre en route. Mais
c’était son devoir, il ne fallait surtout pas qu’elle pense à lui là haut. Ne
plus y penser, se fixer sur cette tâche ingrate, tout remettre en état,
sécuriser à nouveau la base.
Veronica
revint avec du matériel médical, des draps blancs et une couverture ; On ne pouvait pas déplacer Jack sans un avis
médical. Elle ne voulait pas prendre le risque de le blesser davantage en le transportant.
-Il
a visiblement plusieurs fractures,
j’espère que sa colonne vertébrale n’est pas atteinte dit-elle.
Elle
se fit aider du capitaine Anita Castillo et lui fit des pansements de fortune,
lui posa une attelle sur son poignet, recousit certaines blessures qui
saignaient, lui posa une perfusion avec de la morphine et le recouvrit d’un drap et d’une couverture.
-On ne peut rien faire de plus pour le
moment, dit-elle. Il faut le laisser là, tant que le docteur Bright n’est pas
arrivé.
Il
gémit et glissa dans le sommeil, tous
les nerfs relâchés.
Il
était 8 heures, le matin du premier janvier, un jour clair et froid d’une
lumineuse beauté se levait sur Colorado
Springs, mais au fond de la base de Cheyenne Mountain, tout était noir et
sombre, le supplice de Jack avait duré 7 heures, et il s’était produit l’impensable , il avait
trahi.
20 septembre
Les
nouvelles n’étaient pas bonnes. Le président Hayes était confortablement assis
à sa table de travail dans le bureau ovale en ce matin du 20 septembre.
Il
fronça les sourcils. Il recevait régulièrement des rapports provenant de la
base de Cheyenne Mountain, qui lui parvenaient directement. Il y avait très peu
de personnes dans son entourage immédiat, qui étaient au courant du projet
Porte des Etoiles.
Les
quelques feuilles qu’il lisait retenaient toute son attention. Le document
était signé du général O’Neill. C’était un état des nouvelles forces Goa’uld.
Ces dernières années la donne avait changé dans la galaxie, SG1 avait induit
beaucoup de changements, sans toujours en mesurer les conséquences. En effet
tuer des grands maîtres Goa’ulds était une arme à double tranchant. On tuait un
chef, on détruisait une flotte, mais par la même occasion cela pouvait donner
une chance à un nouveau Goa’uld, resté dans l’ombre du plus puissant. Cela
était arrivé de nombreuses fois, par exemple tuer Soccar, avait redonné de la
puissance à Apophis. Le système qui régissait le pouvoir Goa’uld était basé sur
un équilibre entre les forces. Il valait mieux avoir dix grands maîtres qui se
disputaient la suprématie plutôt qu’un seul hyper puissant dominant la galaxie.
Le
rapport parlait d’un nouveau Goa’uld qui était inconnu encore des responsables
de
Cette
reine augmentait régulièrement sa flotte et le nombre de ses jaffas. Elle
avait déclaré la guerre aux grands
maîtres. Certains d’entre eux étaient sur le point de sombrer, Kali, Morrigan
et Olokum. D’autres résistaient encore comme Baal, ou Yu. Au fur et à mesure de ces victoires sa
puissance augmentait, elle prétendait maintenant au titre de grand maître.
Le
rapport faisait état de ses ambitions. Le général O’Neill parlait d’un Tok’ra
qui malgré la fin de l’ alliance faisait parvenir des informations au SGC dans
le plus grand secret. Ce Tok’ra était Jacob Carter. Il avait mis le général
O’Neill au courant de ce qui se tramait dans la galaxie, à savoir les nouvelles
ambitions de Mout, s’emparer du premier monde.
Le
président se donna deux jours de réflexion, et il fit venir le général O’Neill
à Washington pour s’entretenir avec lui et établir une stratégie.
Sans
s’encombrer de formules de politesse le président rentra dans le vif du sujet.
-Ce Goa’uld Mout est-elle sur le point
d’envahir la terre ?
-Disons que c’est un de ses objectifs,
Monsieur le président. Mais Jacob Carter
n’a pas pu nous donner plus de précisions répondit O’Neill.
-Avons-nous les moyens de l’en
empêcher ? demanda Hayes tout en scrutant le visage impassible de son
interlocuteur.
-La porte est bien protégée. Je ne
pense pas qu’elle puisse la franchir.
-Une attaque aérienne peut être ?
-Pas dans l’immédiat répondit le
général. Elle possède en ce moment une flotte encore insuffisante. Je pense que
si elle décide d’attaquer dans un premier temps ce sera par la porte.
-C’est possible cela ? Parce que
ça m’a toujours surpris, par la porte ne
peuvent passer qu’ un nombre relativement
faible de personnes et aucun matériel lourd.
O’Neill
se permit un léger sourire, le président avait encore beaucoup à apprendre sur
les Goa’ulds.
-Disons qu’elle pourrait faire de la
base un lieu stratégique, ce serait un
avant poste. Vous savez, monsieur
le président, rien n’empêche à des milliers de jaffas de passer la porte, un
peu long peut être, mais sûrement efficace !
-Vous pensez que cette attaque est
inévitable ?
-A plus ou moins long terme… oui,
répondit O’Neill d’un ton abrupt.
-Avons-nous les moyens de l’en
empêcher ? On pourrait peut être
négocier ?
O’Neill
se retint de ricaner :
-On ne négocie pas avec les Goa’ulds,
monsieur le président. Ils ne savent pas tenir leurs promesses.
-Cela dépend de ce qu’on promet !
O’Neill
eut un instant d’hésitation :
-Il faudrait que ce qu’on leur promette
soit vraiment énorme et encore je ne vois aucun moyen de les empêcher
d’attaquer la terre ensuite.
-A vous de trouver ce moyen. Epluchez
la vie de ce Goa’uld Mout, de sa famille, a-t-elle des points
faibles ? désire t-elle quelque
chose qu’on pourrait lui donner ? Je
vous donne une semaine général O’Neill dit Hayes en se levant, montrant que l’entretien était terminé.
-A vos ordres monsieur le président.
*****
-Daniel vous avez trois jours pour
trouver quelque chose sur Mout dit O’Neill, d’un ton rogue.
Il
venait d’expliquer à SG1 la situation. Le président voulait discuter, mais il
fallait une base solide, pour entamer des négociations.
-Je ne sais pas si votre président se
rend bien compte qu’on ne négocie pas avec les Goa’ulds, dit Teal’ calmement.
O’Neill
était de très mauvaise humeur, il ne sentait pas cette mission que lui avait
confiée le président.
-Peu importe rétorqua O’Neill, nous
n’avons pas le choix vous devez trouver sur quoi s’appuyer. C’est une mission
prioritaire, Daniel prenez avec vous tous les gens qu’il faudra, Teal’c et
Carter vous l’ aiderez. Dans 6 jours exactement je retourne à Washington, et il
me faudra un dossier solide entre les mains. Allez au travail les
enfants !
Daniel
était dans son labo avec Carter et Teal’c entrain d’étudier tout ce que la
mythologie connaissait de Mout.
Deux
jours plus tard ils avaient réunis quelques informations et un briefing eut
lieu à 13 heures précises.
Le 1er janvier et les jours
suivants
Sam
avait rétabli les communications assez vite et réussi à débloquer les portes en
un temps record , mais il n’y avait plus aucune trace en surface de Mout
et de ses jaffas. Les gardes postés à l’extérieur, avaient été neutralisés mais
pas tués. Ils ne se souvenaient plus de rien.
Le
docteur Bright était arrivée le plus vite possible, elle était montée quatre à
quatre en salle de brieifing et malgré son habitude des blessés, elle ne put
retenir un cri de stupeur devant l’état du général O’Neill.
-Oh mon Dieu ! dit-elle seulement,
d’une voix étouffée.
-Je n’ai pas pu fait grand-chose en
vous attendant dit Veronica avec des larmes dans la voix.
Le
docteur Bright examina Jack rapidement. Il n’ avait heureusement aucune lésion
interne grave sauf deux côtes cassées mais qui n’avaient pas perforé le poumon.
L’attelle a son poignet était bien posée. Ses blessures ne saignaient plus.
-Vous lui avez sauvé la vie, Veronica,
tout simplement.
La
jeune infirmière sourit à travers ses larmes.
-C’était terrible vous savez, docteur,
il n’a craqué qu’au bout de sept heures ! Et obligés de regarder ça !
-Oui je comprends, dit Bright en la
prenant dans ses bras. Il va falloir que vous en parliez, et tout de suite,
pendant que vous êtes encore sous le choc.
Avec
d’infinies précautions, Jack fut emmené à l’infirmerie où le docteur Bright pu
confirmer son premier diagnostic.
Une
heure plus tard, SG1 et les officiers présents, cette nuit-là à la base, se
retrouvèrent avec le docteur Mac Kenzie pour une sorte de débriefing
psychologique où chacun put exprimer ses sentiments, sa douleur, sa peur, sa
terreur, ses angoisses.
Le
récit de la nuit avait fait le tour de la base, au fur et à mesure que les gens
rentraient de congé, le travail était suspendu, d’effarantes interrogations se
posaient, où était Mout ? Sans doute déjà en train de préparer une
invasion en règle de
*****
Dans
la soirée le général Hammond arriva, pour reprendre son ancien poste. Les
choses allaient vraiment très vite pensa Daniel encore sous le choc. Ils sont
bien pressés d’enterrer Jack.
Hammond
réunit le personnel de la base le matin du 2 janvier.
-Mes amis, c’est dans de bien pénibles
circonstances que je reprends le commandement de la base. Tous, vous savez
maintenant ce qui s’est passé ici. L’état major a été très clair : le
général O’Neill est démis officiellement de son commandement et je le remplace.
Il sera transféré aujourd’hui même dans un pénitencier. Et la cour martiale se
réunira en urgence.
Croyez
bien que j’aurais préféré prendre le commandement en d’autres
circonstances.
Un
silence de mort accueillit ses paroles et sur un ordre du général tout le monde
se dispersa.
Sg1
resta avec le général Hammond.
-Je suis contente que ce soit vous mon
général dit Sam avec un pauvre sourire.
- Je sais que vous étiez tous très
attachés à Jack, mes amis, mais nous ne devons plus parler de lui. Toutes ses
affaires seront enlevées et ses dossiers personnels détruits. Le chef de l’Etat
Major me l’a bien fait comprendre.
-A vos ordres, dit Sam d’une voix
blanche.
*****
Quinze
jours plus tard la cour martiale se réunissait en urgence. Le général O’Neill
assista au procès dans un fauteuil roulant. Il n’y avait que des généraux pour
le juger, et naturellement c’était à huis clos.
La
condamnation était sans appel, en cas de trahison majeure, aucun recours
possible, Jack O’Neill était condamné à mort.
Il
fut exécuté deux jours plus tard.
Le
soir même, le général Hammond les yeux rouges réunit le personnel de la base,
et leur annonça la terrible nouvelle. Eut égard à SG1 ils les avaient averti en
privé avant .
La
nouvelle retentit comme un coup de tonnerre dans la salle du niveau 17. la
déclaration fut très brève, il n’y eut aucun commentaire, chacun se retira la
douleur au cœur. Le général O’Neill était très aimé dans la base.
*****
Daniel
et Teal’c étaient dans les quartiers de Sam. A l’annonce du général Hammond,
elle s’était effondrée, ses amis n’avaient pas voulu la laisser seule.
« Trop
mal… envie de mourir pour le rejoindre, là … tout de suite… »
Avait
-elle pensé tout haut ? car elle fut surprise d’entendre Daniel s’écrier :
-Non Sam ! vous ne pouvez pas faire ça !
-Faire quoi ?
-Mourir, il ne l’aurait pas voulu,
-Qu’est ce que vous en savez ? dit-elle
avec colère.
Elle
se calma tout de suite en voyant le pauvre visage de son ami, les traits
fatigués, les yeux rougis. Lui aussi était abruti de chagrin. Même Teal’c, le
grand guerrier impassible était bouleversé.
-Je ne comprendrais jamais les
terriens, dit-il Tuer un homme tel que lui ! si courageux. Le seul peut
être capable de nous défendre contre les Goa’ulds.
-Oui renchérit Daniel, pas un de ces foutus généraux qui l’ont
condamné, n’aurait tenu autant que lui sous la torture !
Comme
Sam recommençait à pleurer Daniel la prit dans ses bras.
-Sam ce serait peut être le moment de
nous dire ce que vous éprouviez pour lui.
-A quoi bon ? à raviver la douleur… dit-elle d’une voix
cassée.
Elle
resta ainsi un long moment dans les bras de Daniel. Puis elle se reprit,
s’essuya les yeux, et se moucha.
-Heureusement que vous êtes là tous les
deux, dit-elle avec un pâle sourire. Mais comment vais-je pouvoir vivre sans
lui ? Il était au cœur de mes journées, je le voyais tout le temps dès que
l’on était pas en mission, son pas dans le couloir, sa voix, son rire, ses
blagues, dit-elle en éclatant de nouveau en sanglots.
-Vous n’allez tout de même pas regretter ses blagues ?
dit Daniel Elles étaient vraiment mauvaises !
Elle
rit nerveusement et replongea dans son mouchoir et poursuivit comme pour elle
seule
-J’aimais tout chez lui, tout ce qu’il
était, un homme extraordinaire, désintéressé,
faisant passer son devoir avant tout. Je ne crois pas une seconde qu’il
ait trahi.
-Moi non plus colonel Carter, je ne l’ai
jamais cru dit Teal’c.
Sam
avait oublié ses amis, elle était seule avec lui, elle voyait son beau visage,
sa silhouette élancée, sa voix grave aux intonations chaudes, ses mains si
belles et si puissantes. Elle sentait encore sur elle la douceur du regard
brun, quelque fois ironique mais jamais méchant. Elle ferma les yeux, et elle
le vit, alors un doux sourire se dessina
sur ses lèvres, elle suivit son rêve intérieur, il était là près d’elle. Elle
savait qu’il n’était pas parti. Elle lui ouvrit son cœur comme elle ne l’avait
jamais fait de son vivant. Ses lèvres dessinaient des mots d’amour.
Daniel
et Teal’c voyant qu’elle était partie dans un rêve, sortirent de la pièce sur
la pointe des pieds. Elle s’était allongée et avait plongé dans le sommeil, là
où elle pouvait le rejoindre. Elle entendit le déclic de la porte se refermant,
alors elle ouvrit le tiroir de la table de nuit et en sortit une photo. Il
était seul, assis une bière à la main, souriant on le voyait parler avec quelqu’un.
C’était un instantané pris lors d’une soirée un peu arrosée l’an dernier. Il
avait l’air détendu et de bien s’amuser. Elle posa la photo contre la tranche
d’un livre et elle s’endormit en la contemplant, les yeux baignés de
larmes…
Le 23 septembre.
Daniel
expliquait depuis cinq minutes qui était Mout, les filiations, le culte que lui
rendaient les fidèles à Thèbes, quand il fut interrompu par O’Neill.
-Si vous en veniez au fait Daniel, il
n’y a rien d’intéressant à tirer de ce fatras…
excusez-moi ajouta t-il en voyant l’air offusqué de Daniel.
-Jack, vous m’avez demandé de vous dire
tout ce qu’il y avait à dire sur Mout, je le fais,
-Daniel je me suis excusé dit O’Neill
avec impatience, mais le président attend une réponse, je dois partir à
Washington demain.
-Vous avez dit, Daniel Jackson que Mout avait un fils, je n’en
ai jamais entendu parler.
-Et comment s’appelle –t il le
fiston ?
-Khonsou, Jack, si vous aviez
écouté !
-Ah ! lâchez-moi Daniel dit
O’Neill. Bon tant pis je dirais au président que je n’ai rien trouvé.
-Mon général, je ne crois pas que le
président accepte ça !
-Mais il n’aura pas le choix Carter. Daniel vous me laissez toutes vos notes,
cassettes et documents, j’étudierai ça à tête reposée. Maintenant parlons de
P9N765. C’est une planète qui contient du naquadah, Daniel et Carter, je veux
une étude complète d’après les relevés de la sonde, pour demain. S’il n’y a pas
de danger, vous irez sur cette planète, il est temps que nous ayons une petite
réserve de naquadah. Fin du briefing dit-il en se levant.
Il prit le dossier de Daniel et alla
s’enfermer dans son bureau.
Ils
se regardèrent interloqués :
-Qu’est ce qui lui prend ? dit
Daniel, il nous fait bosser comme des malades et puis ce qu’on dit ne
l’intéresse pas !
-Vous savez Daniel, c’est le général,
il est au courant de beaucoup de choses dont il ne parle pas, dit Sam avec de l’inquiétude dans la voix.
Elle trouvait étrange l’attitude du général. Le fait qu’il ait passé
si rapidement à un autre sujet comme s’il regrettait de leur avoir parlé.
-C’est vrai ce que vous dites, mais ça
ne lui ressemble pas.
-Le président lui a peut être confié
une mission secrète dit Tea’lc calmement.
Le
lendemain Jack était pareil à lui-même. Sur la passerelle il regardait partir
ses amis.
-Qu’est ce que je donnerais pas pour
vous accompagner dit-il en soupirant.
-Pourquoi vous ne venez pas avec nous,
mon général ? dit Sam avec le secret espoir qu’il les accompagne.
-Ne me tentez pas, mais il faut que je
sois à Washington ce soir. Ah pendant que j’y pense, quand vous rentrerez ce
soir, n’oubliez pas le petit tour à l’infirmerie.
-Ça vous va bien de dire ça
Jack ! dit Daniel c’est pas
croyable !
Le
sourire malicieux de Jack lui fit rentrer sa réponse dans la gorge,
naturellement il se moquait de lui.
Une
fois le vortex refermé, O’Neill redevint sérieux et se prépara à partir pour la
capitale. Il avait rendez-vous avec le président à la première heure le
lendemain.
*****
Le
président le fit entrer tout de suite. O’Neill n’était pas en uniforme, mais
vêtu d’un pantalon bleu , et d’une veste en cuir noir.
Le
président feuilletait le dossier que lui avait apporté le général. Celui-ci
avait passé la nuit sur les notes de Daniel, à les remettre au propre et à les
retranscrire de façon à souligner l’essentiel. Un travail de bureau qu’il
détestait, mais il n’avait pas eu le
choix.
-Ainsi vous pensez que Khonsou, le fils
de Mout est sur terre ?
-Je n’en ai pas la preuve mais je pense
qu’il faut le chercher chez nous.
-Il pourrait être sur n’importe quelle
planète dit Hayes.
-Je ne crois pas, si vous permettez monsieur le président de vous
contredire, un Goa’uld ne passe pas inaperçu. Il a forcément des ambitions, des
goûts de puissance, et il ne peut s’empêcher de dominer. Surtout
quelqu’un comme Khonsou. Ce n’est pas n’importe qui dans le panthéon égyptien.
Le docteur Jackson vous en aurait appris
beaucoup plus.
-Sans doute général, mais c’est avec
vous uniquement que je veux traiter. Avez-vous une idée de la manière dont on
peut le trouver.
-Il faudrait faire des recherches
poussées, Il y a quelques années nous avons retrouvé Seth qui se cachait sur
terre . Daniel n’a eu aucun mal à le débusquer, il a tout de suite pensé
qu’il était une sorte de gourou à la tête d’une secte. On pourrait peut être
chercher dans cette direction.
-Je vais mettre la police sur le coup.
-la police ! Monsieur le président… !
-Je vous arrête tout de suite général,
je parlais bien entendu de la police secrète. Je vous mets à la tête de cette
opération O’Neill.
Jack
n’était qu’à moitié surpris de la décision du président, cela ne lui plaisait
pas trop, cela signifiait opération secrète avec tous les dangers encourus, et
surtout aucune couverture en cas d’accident, mais il était hors de question de
se dérober. Quand le président ordonnait il fallait obéir.
-A vos ordres. Quand la mission
commence t-elle ?
-Tout de suite, mais avant il faut que l’on parle de quelque chose.
-Je vous écoute monsieur le président.
Hayes
se renfonça dans son fauteuil.
-Il faut que vous compreniez que c’est
une mission totalement secrète, même pour les gens de votre base.
-Je l’avais compris, monsieur, dès que
j’ai eu les renseignements du docteur Jackson, j’ai cessé de parler de ce
sujet.
-Bien, général, très bien. Vous avez
compris je pense que nous devons attirer Mout sur terre.
-Oui, quoique, je crois qu’elle est
déjà attirée par notre belle planète. Ça ne devrait pas être très difficile.
-Il faut lui donner les moyens d’entrer dans la base.
-Dans la base ! s’étonna o’Neill.
Le
président posa ses deux mains sur son bureau et regardant O’Neill droit dans
les yeux.
-C’est un peu délicat ce que je vais vous demander
O’Neill mais cela suppose votre trahison !
-Quoi ? ne put s’empêcher de dire
Jack un peu irrévérencieusement.
Hayes
sourit, il connaissait le franc parler du colonel, et appréciait beaucoup ce genre d’homme.
-Excusez-moi monsieur le président,
reprit Jack , mais je ne comprends pas…
-Général, il faut que Mout pénètre dans la base avec un
code que vous lui aurez fait parvenir. Si vous ouvrez l’iris sans résister, ou
si vous faites une faute cela se verra tout de suite. Il faut que la manœuvre
vue du SGC ait l’air irréprochable. Je vous en donne l’ordre mais je ne veux même pas savoir comment vous allez
vous y prendre.
O’Neill
était estomaqué ! trahir ! il
mit quelques secondes à se reprendre , il y allait fort le président !
-Admettons, Mout est dans la base,
ensuite, vous venez la voir ?
-Certainement pas ! la rencontre que j’ai prévue avec elle doit
rester secrète. C’est elle qui viendra me rejoindre.
-Et vous comptez vous y prendre
comment ! faudra peut être que je lui donne mes codes ! ironisa t-il.
Le
président ne répondit pas, et se contenta de regarder O’Neill droit au fond des
yeux.
-Non ! monsieur le président,
c’est impossible, les Goa’ulds ont plein de défaut mais pas celui de la bêtise.
Elle flairera le piège.
-Pas si cela est vraisemblable !
-Qu’entendez-vous par là ? demanda
O’Neill d’une voix blanche.
-J’entends simplement que vous ne
donnerez vos codes que contraint et forcé.
O’Neil
pâlit soudainement et reprit d’une voix froide
-Cela signifie t-il que je dois me
laisser torturer ?
Un
silence pesant s’installa entre les deux hommes, Hayes n’avait pas répondu
laissant l’idée faire son chemin dans l’esprit d’O’Neill.
Il
reprit après un moment.
-Je conçois l’énormité de la chose.
Jack
soupira :
-Sauf votre respect, je ne crois pas
que vous vous rendiez compte de ce que vous me demandez. Vous connaissez mon dossier ? vous savez les
entraînements que j’ai subis.
-C’est pour cela que je vous le
demande, parce que je sais que vous êtes capable de le faire.
-Admettons, ensuite, elle me torture,
je lui donne mes codes, et après ? elle monte en surface ? mais elle ne le fera pas, si je lui donne mes codes trop
vite, elle se rendra bien compte du piège.
-Je ne sais pas trop comment vous le
dire, mais vous devrez supporter la torture
un temps assez long pour ce soit crédible, dit Hayes gêné.
O’Neill
secoua la tête !
-Ce ne sera pas crédible, sauf si mes
seconds et SG1 sont dans le coup.
-Vous devez absolument être seul
O’Neill. J’insiste sur ce point.
-Je ne vois pas dans ce cas. Mes amis
savent que j’ai subi un entraînement pour ne pas parler sous la torture. Si je
trahis ils ne me croiront pas.
-Il faut qu’ils le croient insista le
président. C’est indispensable à la réussite de votre mission.
Jack
était estomaqué, le président lui demandait de se laisser torturer suffisamment
longtemps pour que ce soit crédible ! Il ne se rendait pas compte. Lui
savait, car il était déjà passé par là et jamais il n’avait parlé même menacé de mort ! La
demande du président impliquait quelque chose de si horrible qu’il ne voulait
même pas y penser. Son cœur cognait si fort dans sa poitrine, qu’il se sentait
mal. Il se leva pour se calmer et marcha de long en large dans la pièce.
Le
président lui laissa le temps de se remettre et poursuivit comme pour le
convaincre.
-Si l’opération rate, rien n’empêchera Mout d’envahir la terre.
-Je le conçois Monsieur le président,
soyez sûr que je suis prêt à faire mon devoir.
Si j’ai bien compris vous comptez lui remettre son fils. Mais qui vous dit qu’elle a envie de le voir ?
-D’après le rapport que vous m’avez
fait parvenir, je crois que si.
-Monsieur le président, le jeu en
vaut-il la chandelle ? on est sûr de rien du
tout, et après qui l’empêchera d’attaquer la terre ?
…Vous devrez d’abord trouver Khonsou et
nous le livrer continua le président sans tenir compte des objections
d’O’Neill. Quand vous l’ aurez fait
prisonnier, on le renverra sur une
planète, où il a des adorateurs qui n’attendent que son retour.
- Et vous pensez que cela va suffire à
arrêter Mout ?
-Naturellement, sur la planète où il sera
envoyé il aura les moyens de se constituer une flotte et des forces.
-Autrement dit ricana O’Neill vous jetez le
fiston dans les pattes de sa maman !
Une
telle mission ne se refusait pas, il l’avait parfaitement compris, mais il
voulait pousser le président dans ses derniers retranchements.
-Et qui sera au courant de ce…
plan ? ajouta t-il.
-Vous et moi, c’est tout.
-Il me reste un point cependant
monsieur le président, je sais que mon sort personnel n’est rien dans un plan
d’une telle envergure, mais après la trahison, qu’est ce que je deviens ?
-Vous serez arrêté pour haute trahison.
-Ah bravo ! Condamné à mort et
exécuté peut être ?
-Cela n’ira pas jusque là !
-Ah vous m’en voyez rassuré, parce que
là j’étais inquiet ironisa t-il. Et
quand doivent avoir lieu les réjouissances ?
-Dans la nuit du 31 décembre Mout
arrivera dans votre base. J’ai choisi cette date car vous avez peu de
personnel.
-Tant mieux dit-il sarcastique, il y
aura moins de gens pour me voir trahir. Et vous pendant ce temps, vous
réveillonnerez ?
Le
président ne répondit pas, il en demandait tellement à cet homme qu’il pouvait
supporter quelques petites insolences de sa part.
-On ne se reverra pas avant la fin de cette
mission Jack ! J’ai toute confiance en vous pour la mener à bien. Le
président lui tendit la main, mais il ne la prit pas.
-Permission de me retirer Monsieur ?
-Permission accordée.
-A vos ordres.
Il
frissonnait en sortant du bureau ovale et ne put fermer l’œil de la nuit.
Comment mener à bien une telle mission sans que personne ne le sache dans la
base, et sans se faire remplacer pendant qu’il chercherait Khonsou ?
C’était quasiment mission impossible. Pourtant il devait y arriver, il n’avait
pas le choix.
*****
La
nuit tombée suivant les instructions du président il rencontra les trois
membres de la police secrète avec qui il devait travailler. La rencontre eut
lieu dans un hangar désaffecté de la banlieue de Washington. Il leur donna des instructions bien précises,
ils acquiescèrent et ne parurent pas étonnés de voir cet homme autoritaire et
qu’ils n’avaient jamais vu, leur donner des ordres. Ils ne devaient pas se revoir, seul un contact
téléphonique sécurisé était possible, après être passé par différents relais,
il aboutirait directement dans le bureau du général.
L’entrevue
n’avait pas duré cinq minutes.
O’Neill
reprit un avion pour Colorado Springs le soir même. Il tenait à être à la base
le plus rapidement possible.
Le 20 janvier
la
vie reprenait difficilement à la base. Le cœur n’y était plus. Même le général
Hammond ne savait plus comment motiver ses troupes.
-Mon général dit Sam, je voudrais
démissionner du SGC .
-En êtes-vous sûre, colonel ? C’est une décision qu’il ne
faut pas prendre à la légère.
Il
regarda Sam qui avait maigri, depuis ces trois dernières semaines. Il
s’inquiétait pour elle, ce n’était plus la jeune femme dynamique et gaie qu’il
connaissait, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même.
-Oui, mon général, ici c’est trop
difficile, dit-elle d’une voix étranglée.
Elle
se tut incapable de prononcer une parole de plus.
-Je comprends colonel, que la
disparition du général O’Neill soit trop dure à supporter…
-Vous ne comprenez pas mon général, le
coupa t-elle je ne sais pas ce qui s’est passé, mais ils ont fait de lui un
traître. Il n’est pas mort dans un banal accident de voiture ! Il a eu
droit au peloton d’exécution. Je ne peux même pas imaginer ce qu’il a dû
souffrir, seul et abandonné de tous.
-Vous êtes persuadé qu’il n’a pas
trahi ? dit Hammond
-J’en suis persuadé aussi dit Teal’c
-Moi de même dit Daniel !
Le
général Hammond était soucieux, il n’avait pas le droit dans l’enceinte de la
base de parler du général, mais devant l’air déterminé et malheureux de SG1 il
décida de faire une exception.
Il
leur fit signe de passer dans son bureau.
-Ici, rien n’est filmé ni enregistré,
nous pouvons parler plus librement.
-Et pourquoi n’a-t-on pas le droit de
parler de Jack ? s’étonna Daniel.
-C’est ainsi dit Hammond. L’ Etat Major
me l’a bien fait comprendre.
-Mais comment a-t-on pu faire une telle chose ! il avait sauvé la terre un nombre
incalculable de fois dit Daniel. Je trouve le président bien ingrat. Car il
aurait pu gracier Jack n’est ce pas ? dit –il en s’ échauffant.
-Je ne pense pas dit Hammond. Et pour détourner la conversation, il leur
demanda où ils en étaient de leurs entretiens avec le docteur Mac Kenzie.
-Vous savez mon général, la psychothérapie
ne guérit pas du chagrin, dit Sam.
-Ce n’est pas son objectif en effet, colonel. Mais j’ai cru que le
docteur vous aidait à mieux supporter les scènes violentes auxquelles vous avez
été obligés d’assister.
-C’est le but en effet nous faire
exprimer ce que nous avons ressenti, dit Daniel. Mais à mon avis je pense comme
Ja… il s’arrêta au milieu du prénom de leur ami, il avait une fraction de
seconde oublié qu’il n’était plus avec eux.
Il
se tut, baissant la tête, comme accablé à chaque fois qu’il réalisait que celui
qui était tout pour lui, avait disparu de leur vie.
Teal’c
était très raide, debout, il regardait par-dessus le visage de Hammond,
immobile.
Sam
avait le regard dans le vague, une larme silencieuse roula sur sa joue.
Hammond,
ému, reprit la parole après un long
silence.
-SG1, je vous donne des vacances , je
crois que vous avez encore tous des congés à prendre, reposez-vous. Quant à
vous colonel dit-il en se tournant vers Sam, mettez à profit ce temps pour
faire le point. Et puis si à votre retour vous êtes encore décidée à
démissionner, je vous trouverais une autre affectation.
-Merci mon général.
Le 10 décembre.
Ce
soir là Jack reçut un appel du président. Il écouta quelques instants, puis
raccrocha sans dire un mot.
Qu’aurait-il
pu dire ? Oui monsieur le président , je suis prêt à me jeter dans la
gueule du loup !
Khonsou
avait été fait prisonnier. Il restait encore une chose à faire.
Le 15 décembre.
-Sg1, je vais vous accompagner sur
cette mission dit O’Neill, d’un air
joyeux.
Cela
les fit sourire, Jack avait besoin de se changer les idées.
-Le travail de bureau vous pèse Jack ?
dit Daniel malicieusement.
-Oh oui, j’en ai raz le bol de me
coltiner des problèmes d’intendance. Un peu d’action me fera du bien.
SG1
mordait à l’ hameçon. Pas besoin de forcer sur ce rôle pensa t-il chacun comprenait qu’il n’était pas un
bureaucrate.
C’était
une simple mission de routine, un temple à visiter, une mission calme comme
Daniel les aimait. Chose agréable, O’Neill n’était pas pressé de rentrer il
leur avait même laissé trois heures. Il
pénétra avec eux dans le temple. Chacun se sépara, Daniel tout heureux prit des
photos et des films. Le temple était
désert, dehors il faisait beau et chaud. Sam fit des relevés géologiques, et si
le sol regorgeait de naquadah ce serait une mission encore plus réussie.
-Teal’c ! restez en faction devant
le temple, je vais aller explorer un petit peu par là dit O’Neill en montrant
un chemin qui serpentait derrière le monument.
-Entendu O’Neill, je ne bouge pas.
Jack
pendant ce temps grimpa sur une centaine de mètres et arriva à un petit
monument. C’était là qu’il devait déposer le GDO. Naturellement ce serait à
Jacob de se débrouiller par la suite pour le remettre à Mout en temps voulu.
Mission
accomplie. Tout était en place pour l’acte final de la mission. Khonsou était
arrêté et en lieu sûr. Le GDO bientôt dans les mains de Mout. Une planète prête
à recevoir le dieu de la lune, et une équipe en surface, dès le 31 au soir pour
cueillir Mout et ses jaffas à la sortie de la base , quand munie des
codes d’O’Neill elle sortirait, prête à
débuter la conquête de
Le 31 décembre.
Quand
les alarmes se déclenchèrent, le piège était prêt à se refermer sur la reine et
son fils. Le supplice de Jack pouvait commencer. Il savait qu’il vivrait là une
des journées les plus terrifiantes de son existence. Pour être crédible il
devrait se laisser massacrer pendant des heures. Mais pour sauver la terre il
était prêt, même à mourir s’il le fallait.
Il
sortit d’un pas ferme de son bureau.
Le 31 mars
La
chaleur accueillit Hammond dès sa descente d’avion , à Nassau. Il se rendit sur
le port où il devait prendre une navette
pour une île minuscule de l’archipel des Bahamas.
La
traversée fut agréable, une légère brise marine rafraîchissait l’atmosphère et Hammond savoura cet instant
de répit. Ce qui l’attendait n’allait peut être pas être facile à gérer.
Le
bateau le déposa juste en face de l’hôtel, le seul de l’île. Il était composé
d’une maison avec l’accueil et le restaurant et tout le long de la plage, d’une
succession de petits bungalows. Le réceptionniste lui indiqua une case tout au
bout de la plage, la dernière et un peu à l’ écart des autres.
-Vous êtes la première personne qui
demande à le voir dit l’hôtelier avec curiosité.
S’il
espérait que Hammond lui parlerait de son mystérieux client, il en fut pour ses frais. Hammond se contenta de le
remercier et se dirigea vers la mer.
C’est vraiment une île paradisiaque pensa Hammond,
devant le décor, mer bleu et sable chaud, digne d’une carte postale. Il y avait
même les palmiers !
Il
n’y avait personne dans le bungalow, Hammond en fit le tour et vit un homme qui
nageait vers lui.
Hammond
l’attendit et s’assit à côté de la serviette et des vêtements que le nageur solitaire avait laissés sur le
sable.
Lorsque
la grande silhouette sortit de l’eau Hammond sentit son cœur battre.
Enfin ! Pensa t-il ! Je vais pouvoir
le ramener.
Malgré
lui, il se sentait intimidé, Jack O’Neill avait pris une telle aura depuis le
début du programme ! Tous les évènements survenus depuis trois mois n’y
étaient pas étrangers. Quel homme extraordinaire ! Les souffrances avaient
laissé peu de traces sur lui, à part quelques marques récentes sur son corps
que le général Hammond remarqua avec un serrement de cœur. Jack portait les
cheveux plus longs ils lui tombaient bas sur la nuque et une mèche folle
barrait son front. Ses épaules semblaient encore élargies, sa taille plus mince et sa peau bronzée. Il
ne vieillissait pas, c’était comme si
les évènements n’avaient aucune prise
sur lui.
-Georges ! Quelle surprise !
dit Jack tout en s’essuyant le torse. Il passa rapidement une chemise, et s’assit à côté du général, et en silence
regarda son vieil ami.
-Comment allez-vous Jack ? Vous
semblez en forme pour quelqu’un qui a connu…
-L’enfer ? murmura Jack. J’avais peur qu’ils m’aient oublié ! dit-il
à voix plus haute.
Coup
d’œil d’ Hammond.
-Rassurez-vous Jack, je suis venu vous
chercher.
-Alors que se passe t-il sur notre
belle planète ? dit-il légèrement. Voyez-vous, ici je suis un peu coupé du
monde !
Hammond
sourit :
-Vous voulez dire au SGC ?
-Cette affreuse base avec ses murs tout
gris ? Oui en effet, je n’aurais jamais cru qu’elle me manquerait tant,
dit-il sans sourire.
Hammond
le voyait de profil, il avait perdu un peu de cette raideur militaire qu’il
avait acquis tout au long des années, il avait un air sombre et dur, sa voix
était lente, un peu moqueuse.
-Comment allez vous Jack ? redemanda
Hammond.
-Oh je vais bien, je suis au paradis,
dit-il en montrant le lagon, tous frais
payés par le gouvernement. Que demander de plus ?
Le
général n’insista pas, il y avait visiblement des blessures encore ouvertes. Il
faudrait du temps, beaucoup de temps. On ne se remet pas rapidement d’une
pareille épreuve.
-Notre avion part dans cinq heures,
Jack, mais avant il faut nous que regagnions Nassau. Vous êtes prêt ?
-Dans cinq minutes.
Il
rentra dans le bungalow, et effectivement quelques minutes plus tard il
ressortit avec un sac de marin dont il passa la bandoulière sur l’épaule. Il
avait revêtu un jean et mit des baskets.
-Vous n’avez pas d’autres
bagages ?
-Non, je voyage toujours léger !
Hammond
était un peu inquiet, il se dit qu’il faudrait un long débriefing à Jack, il
avait sûrement beaucoup de choses à lui apprendre.
Avant
son voyage il avait eu le feu vert du président. Jack devait être mis au
courant de la fin de la mission dont il avait été chargé.
Pendant
le vol ils ne dirent pas un mot. Jack revivait les trois derniers mois qu’il
venait de passer. Un mois dans un hôpital militaire à soigner ses blessures,
puis la mise au vert dans cette île des Bahamas. Un repos forcé qui lui avait
fait du bien physiquement mais l’avait coupé de tout. Il ignorait ce qui
s’était passé à la base depuis son départ. Comment ses amis avaient réagi après
son supplice, comment ils avaient accepté sa « trahison ». Quant à
lui, il revivait dans son sommeil cette terrible nuit du 31 décembre. Il se
réveillait en hurlant, trempé de sueur et n’arrivait à se calmer qu’en allant
se baigner et en nageant pendant des heures jusqu’à ce que l’épuisement le
gagne et le fasse plonger dans un sommeil lourd et sans rêve. Il attendait que
le général Hammond parle. De lui-même il ne poserait pas de questions. Trop
peur d’avoir les mauvaises réponses ! Et Carter ? Elle lui avait
manqué pendant tout ce temps. Pas une journée sans qu’il ne revoie son doux
visage, ses cheveux blonds, ses yeux... La dernière image qu’il avait d’elle
était terrible, des yeux exorbités noyés de larmes, une bouche bâillonnée sur
un long cri silencieux… Toute la terreur du monde dans ce regard, toute la
douleur…
Il
voulait une autre image d’elle, mais c’était celle-là qui peuplait ses nuits.
Il
frissonna.
Après
un long voyage sans histoire et un changement d’avion Colorado Springs était en
vue.
-Je vais vous conduire chez moi Jack.
Nous devons parler.
Il
ne répondit pas, il avait froid, la température de Colorado Springs était
encore très froide. Il prit un pull dans son sac. Un taxi les déposa chez
Hammond.
Ils
s’installèrent autour de la table de la cuisine autour d’un repas que le
général Hammond avait préparé.
Après
le potage le général commença.
-Tout d’abord Jack, vous le savez peut être , mais ils vous croient
mort !
-Oui je m’en doute . Ma
disparition était nécessaire, pour faire croire à Mout que j’étais mort. Il
fallait que ma « trahison » soit officielle, c’est bien cela ?
-Oui, donc après votre procès éclair,
l’état major a fait croire à votre mort. Moi-même je l’ai cru jusqu’il y a deux
jours, quand le président m’a fait venir à Washington.
-Maintenant tout le monde sait que je
suis en vie ?
-Pas encore Jack.
-Et vous comptez-le leur dire
quand ?
Le
général ne répondit pas tout de suite à sa question mais lui fit le long récit
de ce qui s’était passé depuis la nuit du 31 décembre.
-Quand Mout et sa poignée de Jaffas
sont sortis de la base, ils n’avaient pas
prévu le comité d’accueil qui les
attendaient. C’est tout juste si on ne lui avait pas déroulé le tapis rouge.
Un
haut responsable l’invita à monter dans un véhicule en lui expliquant que le
président des USA averti de ce qui s’était passé dans la base, voulait la voir. Il avait d’importantes choses
à régler avec elle. Il lui dit qu’il savait parfaitement qu’elle avait des
vaisseaux en orbite autour de la terre prêts à tirer. En somme il lui fit
comprendre que le président aimerait discuter de la reddition de
Hayes
avait bien fait les choses, une limousine présidentielle l’attendait. Tellement
orgueilleuse et imbue de sa personne, elle goba tout, et accepta de bonne grâce,
comme un heureux présage, les honneurs qui lui étaient rendus.
Ce
qui s’est passé ensuite est du domaine confidentiel naturellement. Rien n’a
filtré des conversations entre Mout et le président.
Pendant
ce récit Jack n’avait pas dit un mot, mais il écoutait attentivement, de temps
à autre il jetait un regard au général qui en disait long sur l’attention qu’il
portait à ce récit.
Le
général poursuivit :
-Ensuite tout alla très vite, le
président lui expliqua sans doute que l’on avait retrouvé son fils, sur quelle
planète il était, et contre ces renseignements, elle devrait renoncer à
Elle
accepta.
Elle
fut reconduite en grand secret dans la base et repassa la porte en direction de la planète de Khonsou.
Ensuite nous avons appris par Jacob Carter que mère et fils se livraient un
combat sanglant, et que le désastre que cela occasionnait dans sa flotte renvoyait
ses prétentions sur la terre aux
calendes grecques.
Après
un long silence Hammond reprit.
-Votre mission a pleinement réussi,
Jack.
-Vous m’en voyez ravi dit-il
froidement.
-Qu’est ce que je peux faire pour vous
Jack ? demanda Hammond avec inquiétude.
-Me conduire à la base. Suis-je rétabli
dans mes fonctions ?
-Naturellement répondit Hammond, dès
que j’aurais parlé avec le personnel de la base. Mais vous ne pouvez pas
arriver comme ça. Il me faut prendre certaines précautions.
-Pourquoi ?
-Parce que vous n’imaginez pas les
ravages qu’ a faits cette affaire. Ravages dans les esprits et dans … les
cœurs.
-Je vous fais confiance Georges. Mais
je suis resté assez longtemps hors de chez moi, je voudrais rentrer.
Le
lendemain il pénétrait dans la base.
*****
Sam
travaillait dans son labo quand elle
entendit l’appel
-SG est demandée dans le bureau du
général Hammond, SG1 est demandé…
Elle retrouva Daniel dans l’ascenseur. Ils ne
dirent pas un mot. Les convocations chez le général Hammond n’ étaient pas
rares, il devait y avoir encore un
problème à résoudre pensa Sam en soupirant.
Elle
était revenue à la base après ses congés. Hammond lui avait demandé
expressément de reporter sa démission du SGC d’un mois ou deux. Il voulait
qu’elle termine quelques travaux qu’elle avait en chantier, pour que son
successeur puisse travailler dans de bonnes conditions. Elle avait accepté,
pour rien au monde elle n’aurait voulu compliquer la tâche au vieux général qu’elle aimait beaucoup.
Hammond avait toujours été là pour la soutenir dans cette terrible épreuve. Elle
s’était confiée à lui, sans aucun regret. Maintenant que Jack était mort, il
n’y avait plus aucun règlement qui tienne. Elle lui avait parlé de Jack, de cet
amour interdit qui l’avait détruite peu à peu, qui les avaient détruits. Elle
avait pleuré sur l’épaule compréhensive et affectueuse du général, et cela
l’avait un peu soulagée de sa douleur. Maintenant elle n’avait plus qu’une
hâte, quitter cette base à tout jamais. Pourtant elle avait du mal à le faire,
car c’était là qu’elle le retrouvait, il avait hanté ces lieux si longtemps,
tous les murs criaient sa présence. Pour elle c’était si dur ! elle savait bien qu’elle devrait changer de
vie, mais elle ne se résignait pas à partir.
Elle
entra dans la salle de briefing et s’installa à sa place. Hammond dès son
arrivée et après avoir pris connaissance des terribles évènements avait fait
changer la table, ce n’était plus celle sur laquelle Jack… Elle avait adressé
un merci silencieux au général quand elle était entrée avec appréhension pour
la première fois dans cette pièce. Avec soulagement elle avait touché le bois
coloré d’un brun chaud qui n’avait rien à voir avec le rouge et le noir de la
table précédente. Le sourire de Sam avait conforté le vieux général. Oui, il
avait bien fait.
Le
général était tout sourire quand il s’assit en haut de la table. Il avait aussi
convoqué à cette réunion Veronica Green, Tom David et Anita Castillo.
Ils
avaient beaucoup parlé tous les six, ils avaient eu des thérapies de groupe
pour évacuer leurs souffrances et dire leur mal être. Mais ils se voyaient peu,
SG1 était souvent en mission. Anita appartenait à SG13 et Tom David à SG10.
Seule Veronica qui travaillait à l’infirmerie les voyait souvent, et Sam et
Veronica étaient plus liées. A elle aussi Sam s’était confié. Toute la base
était maintenant au courant des sentiments qu’elle avait éprouvés pour Jack.
Tous le savaient, sauf le principal intéressé, elle n’avait pas eu le temps de
le lui dire, et combien maintenant elle le regrettait. Il était parti sans le
savoir.
Perdue
dans ses pensées elle n’avait pas entendu le début de la réunion.
-Colonel ! Appela Hammond.
-Oh , excusez-moi mon général dit-elle
confuse.
-Je disais donc que j’allais à nouveau
partir en retraite, et j’espère bien y rester, dit-il enjoué.
-En retraite ? nous allons encore
avoir un autre général dit Daniel d’un air renfrogné. On le connaît ?
-Oh oui, vous le connaissez, et même
très bien. Je sais que ça ne posera aucun problème dit-il en souriant ;
-De qui s’agit-il ? demanda Daniel
d’un air un peu inquiet.
-Avant de le nommer je dois vous faire le
récit d’évènements qui se sont déroulés depuis ces trois derniers mois,
commença le général.
Ils
l’écoutaient en silence retracer la mission de Jack. Les mots parvenaient
difficilement à Sam. Elle était comme pétrifiée, le cœur battant à tout rompre,
elle entendait que Jack n’avait pas trahi, mais qu’il était en mission.
-Je ne suis pas surpris du tout général
Hammond, O’Neill ne pouvait pas avoir trahi dit Teal’c calmement.
La
bouche sèche, le cœur battant à tout rompre Sam parvint à articuler :
-Il va être réhabilité alors ?
-Naturellement dit Hammond. Une
cérémonie est prévue, le président viendra exceptionnellement dans la base. Il
a toujours voulu la visiter d’ailleurs, continua t-il d’un ton plus léger.
-Qu’essayez vous de nous dire Général
Hammond ? Que Jack n’est…
Daniel
s’arrêta au milieu de sa phrase, de peur de prononcer des mots qui auraient
replongé Sam encore plus loin dans son chagrin.
Le
général Hammond hocha la tête.
-Oui mes amis, il est vivant !
Les
mots atteignaient Sam en plein cœur ! C’était trop, elle voulut prendre sa
respiration mais n’y arriva pas, elle blanchit jusqu’aux lèvres et glissa de
son fauteuil, évanouie.
Veronica
la fit s’allonger sur le sol.
-Elle va bien dit-elle, comme Sam
ouvrait les yeux.
Quelques
instants plus tard, Sam le regard fiévreux écoutait la fin du récit du général,
elle avait un léger sourire sur les lèvres, les yeux plein de larmes, son
regard illuminait le bonheur.
-Où est-il ? comment va t-il ?
Je peux le voir ? dit-elle avec précipitation, elle riait et pleurait à la
fois, en proie à des émotions violentes. Elle qui était morte depuis trois mois
sentait à nouveau la vie couler dans ses veines.
*****
Sam
avait tous ses sens en éveil, elle reconnut son pas tandis qu’il montait
l’escalier, elle ferma les yeux, pour jouir de cet instant et s’en rappeler par
la suite. Quand elle les rouvrit, il était là sur le seuil, sa haute silhouette
dans l’encadrement de la porte, un petit
sourire sur les lèvres. C’était lui, son cœur se dilata de joie.
Il
remarqua tout de suite le changement de table et jeta un regard surpris vers
Hammond. Celui-ci lui répondit d’un sourire et il hocha la tête, soulagé.
Sam
était pétrifié et ne bougeait pas se
contentant de le dévorer des yeux. Elle laissa Daniel plus expansif se
précipiter vers son ami. Teal’c aussi vint le saluer. Il parlèrent quelques
minutes, puis Hammond fit un signe discret et tous sortirent laissant Jack et
Sam ensemble.
Ils
avaient le regard soudés l’un à l’autre. Ce fut elle qui prit les devants, elle
se jeta à son cou, il fit seulement « Hé ! Carter ! » mais
il referma les bras sur elle, et la prit tout contre lui, respirant le doux
parfum de ses cheveux. Puis il l’éloigna d’elle et la regarda, elle avait le
regard noyé, plein de larmes de chagrin et de bonheur mêlés.
-Venez vous asseoir dit-il, vous tenez
à peine debout.
Délicatement
il lui avança un fauteuil elle vint s’écrouler. Il s’assit près d’elle, gardant
sa main dans la sienne, leurs doigts entremêlés.
-Que se passe t-il ?
-Vous savez, on a jamais cru que vous
aviez trahi !
Il
rit moqueur
-Et moi qui croyais avoir donné le
change ! C’est raté !
-Oh non, ce n’était pas raté !
Mout y a cru et c’est le principal. Mais aucun d’entre nous dans toute la base,
n’a douté de vous, je tenais absolument à vous le dire.
C’était
le genre de phrase qui rendait O’Neill mal à l’aise. Il n’aimait pas
s’épancher, il n’aimait pas recevoir de compliments, il avait toujours
l’impression que ce n’était pas mérité. Sam le savait mais elle tenait à lui faire savoir la confiance que toute la base avait en lui.
-Merci Carter, ça me touche beaucoup.
Bon, je crois que le travail m’attend, dit-il en se levant.
-Mon général, vous le saviez ?
-Quoi ? Carter dit-il avec
douceur.
-Ce qui allait se passer ? le soir du 31 décembre, vous le
saviez.
-Naturellement, j’étais en mission
dit-il d’une voix neutre.
-Pour la torture aussi , vous le
saviez, n’est ce pas ?
Il
eut un geste d’impatience :
-Où voulez vous en venir Carter ?
-Je veux savoir comment ça c’est passé.
-Non.
-Non ? et pourquoi ?
-Parce que c’est confidentiel. C’était
une mission commando, et je ne peux pas en dire plus.
-Même maintenant que Mout ne représente
plus un danger ?
-Oui.
Il avait plongé son regard dans le sien. Elle ne
pouvait rien y lire d’autre que de la détermination.
-Vous le saviez, j’en suis sûre,
dit-elle en le dévorant des yeux. C’est … c’est … Les mots me manquent Monsieur,
Il
secoua la tête :
- C’est militaire, Carter et n’importe lequel d’entre vous aurait fait
la même chose. Tout le monde dans cette base aurait pu en faire autant.
-Je ne crois pas, mon général. Personne
n’aurait tenu aussi longtemps que vous.
-Et bien disons que j’ai la peau un peu
plus dure que les autres, et n’en parlons plus Carter, dit-il avec un sourire
pour atténuer le ton un peu rude de ses paroles.
-A
vos ordres, Monsieur.
*****
Jack
reprit doucement le travail, il lui fallait se replonger dans la réalité. C’était
très difficile pour lui d’oublier, trop de choses avaient passé qui l’avaient
transformé en profondeur. Il avait compris, mais ce n’était pas la première
fois, que la vie était bien courte et qu’il passait sans doute à côté du
bonheur. Mais pour ça il n’était pas doué du tout. Les actions,
l’héroïsme, il connaissait, mais se
laisser submerger par les sentiments, ça c’était trop dur. Il faudrait bien un
jour qu’il y songe sérieusement, car il n’y avait pas que lui en cause. Mais depuis
la mort de son fils, il pensait qu’il n’aurait pas trop de sa vie entière pour
expier ce qu’il considérait comme son crime le plus abominable.
*****
Hammond partit au bout d’une semaine, le temps
que la transition se passe bien.
Il
fit des adieux émouvants au SGC.
-J’espère que personne ne va me faire
sortir de ma retraite une fois de plus , dit-il en riant.
-Bonne retraite Georges, dit Jack en le
raccompagnant à la surface et jusqu’à sa voiture.
Les
deux hommes se serrèrent la main.
-Venez me voir Jack, quand vous aurez
cinq minutes, nous parlerons du bon vieux temps !
-Avec plaisir.
-Une chose, avant que je parte, faites
attention au colonel Carter !
-Qu’est ce que vous voulez dire ?
-Rien d ‘autre que vous ne sachiez
déjà.
Sur
un signe de la main Hammond se dirigea vers sa voiture laissant Jack planté sur
le parking.
*****
Jack
rentra de bonne heure chez lui. Il voulait faire le point tranquillement. Il avait
pu quitter la base sans faire trop de rencontres, mais les regards admiratifs
et la gratitude des officiers et du personnel, le gênaient beaucoup. Il sortit
en un quart d’heure ce qui vues les circonstances n’était pas mal du tout.
Il
posa son sac dans l’entrée et mit sa veste au porte manteau et se faisant il
croisa son regard dans la glace.
Trop
vieux, beaucoup trop vieux pour elle, pensa t-il en s’examinant sans
complaisance. La glace lui renvoya l’image d’un homme d’âge mûr, aux rides
profondes, au visage fatigué. Il se trouva moche et pensa que c’était
incompréhensible qu’ une si belle femme comme Carter, et de dix ans sa cadette,
le trouve à son goût. Non, il avait dû faire une erreur, elle était son amie,
elle avait crié sa douleur de ne pouvoir rien faire, elle l’avait pleuré comme
on pleure un proche, un supérieur avec qui on a travaillé tellement de
temps ! Elle avait souffert terriblement de sa « trahison », que
l’armée le fasse passer pour un traître, elle avait été heureuse de le
retrouver, l’émotion l’avait submergée mais il ne pouvait y avoir rien de
plus. Que pouvait-elle trouver chez lui
de bien ? son visage était marqué, il avait les cheveux plus blancs que
gris maintenant, sa jeunesse s’était envolée dans trop de tourments, et de souffrances.
Ce qu’il venait de vivre était peut être une des pires choses qui avait pu lui
arriver. Ses nuits étaient peuplées de ses terreurs, à un tel point qu’il
redoutait de se coucher, et dormait le moins possible, juste ce qu’il fallait
pour éviter l’épuisement. Il était de plus en plus grincheux et taciturne. Oui il se sentait au bout du rouleau, et n’avait
pas le droit de lui laisser de faux espoirs, il ne pourrait jamais rien y avoir
entre eux.
Oui,
à la prochaine occasion, il le lui dirait.
*****
L’occasion
se présenta dès le soir même. Vers dix heures on sonna à la porte.
C’était
elle.
-Carter ! Qu’est ce que vous venez
faire ici dit-il d’un ton un peu
brusque.
-Je vous dérange Monsieur ?
demanda t -elle avec de la déception dans la voix.
-Pas du tout, entrez, dit-il en
s’effaçant.
Elle
trouva son salon bien vide, bien impersonnel, pas de photos, ni d’objets
auxquels on tient.
Il
suivit son regard :
-Vous savez je ne suis jamais chez
moi ! Je me demande parfois pourquoi je garde cette maison… dit-il à mi
voix.
Elle
s’assit un peu raide sur le bout du canapé, et leva les yeux sur lui.
-Je voulais qu’on parle…
-On a déjà dit beaucoup de choses, vous
savez.
-Ah vous trouvez ! dit-elle en
élevant la voix. On a rien dit, on ne dit jamais rien, on enfouit tout en soi…
Tout ce qu’on ressent ne doit pas dépasser, ça ne ferait pas militaire ajouta
–elle amèrement.
Il
ne répondit pas la regardant d’un air dur.
-Vous êtes rentré aujourd’hui, on a
juste évoqué ce qui s’était passé, ce n’est pas assez pour moi.
-Il y a des psy pour ça Carter,
dit-il moqueur. D’ailleurs connaissant
les bons docteurs de la base, vous avez déjà dû y passer, que voulez-vous de
plus ?
Elle
était suffoqué, que s’était –il passé depuis tout à l’heure ? Il avait eu
‘air heureux de la revoir. Il l’avait même serré contre lui. Alors pourquoi ce
recul ?
-C’est avec vous que je voulais en
parler, Monsieur, murmura t-elle.
-Pourquoi ? Vous savez que je n’ai
pas le droit de parler.
-C’est trop cruel, je vous ai vu, sur
cette table, je ne trouve même pas les mots pour dire cette terreur que j’ai
ressentie. Je ne pouvais rien faire, nous ne pouvions rien faire, que de
regarder vous laisser massacrer. Vous aviez accepté ça, c’était votre mission,
mon côté militaire l’approuve bien sûr, mais mon cœur le rejette, c’est trop
dur.
Elle
pleurait à nouveau maintenant, des larmes inondaient son visage. Il ne pouvait
rien pour elle. Il ne voulait rien pour elle. Rien du tout.
-Carter, calmez vous. Tout ça c’est
fini !
Il
s’était assis en face d’elle, le plus loin possible d’elle, pour ne pas être
tenté de la prendre dans ses bras.Il valait mieux que tout s’arrête maintenant.
Il le lui dit :
-J’ai vu sur mon bureau un dossier vous
concernant colonel. Vous aviez fait une demande de mutation dans le courant
janvier ?
Il
l’avait appelée colonel ! Elle leva les yeux sur lui, et ne vit qu’un
visage dur et impassible.
-Oui mon général ! dit-elle d’une
voix tremblante Mais le général Hammond m’avait dit qu’il ne la ferait pas
suivre, j’ai changé d’avis à sa demande.
Il
la regarda le cœur serré, mais ne montra rien de son trouble.
-Colonel, reprit-il d’une voix plus
douce, j’ai bien envie de faire remonter cette demande à l’état major. Je crois
que vous ne pouvez plus supporter ce qui vous est demandé à la base. Un
changement vous ferait du bien.
-Et qui supporterait ça ? A part
le GRAND Jack O’ Neill ! cria t-elle. Vous vous êtes demandé ce qu’il en
advenait de Daniel, Teal’c, Tom, Anita et Veronica ? A eux aussi vous
allez leur demander de partir ? parce qu’ils ont aussi été bouleversé par
ce qu’ils ont vu et n’ont pu l’ empêcher ?
-Votre réaction me conforte dans l’idée
que vous avez besoin de quitter cette base.
-Je ne démissionnerais pas dit-elle les
dents serrées.
-Je n’ai pas besoin de votre démission
dit-il glacial, je peux vous faire muter dans les 48 heures.
Elle
tremblait, il voulait se débarrasser d’elle. En fait il ne supportait pas
qu’elle ait dû assister à son supplice. Il avait dû se sentir extrêmement
humilié.
-Je vous demande pardon monsieur.
-Mais de quoi ?
-D’avoir été là.
-Vous n’avez aucun reproche à vous
faire ! Carter. Vous devriez rentrer chez vous maintenant.
Elle
hocha la tête et après un dernier regard vers la silhouette de son supérieur
elle sortit de la maison, le cœur en charpie. Il ne l’aimait pas, elle en était
sûre maintenant.
*****
La
pluie se mêlait à ses larmes tandis qu’elle regagnait sa voiture. Elle ne
démarra pas tout de suite incapable de tenir le volant. Elle s’efforça de
respirer calmement, de ralentir les battements de son cœur. Mais de cœur elle
n’en avait plus, il était mort. Il ne voulait pas d’elle.
La nuit était sombre, les rues mal éclairées,
pas un chat dehors, c’était presque une nuit de tempête, une nuit en harmonie
avec ce qu’elle éprouvait, de la peur et de l’ angoisse. Etre seule jusqu’à la
fin de ses jours, adieux ses beaux rêves. Elle le haïssait d’être rentré, rendu
encore plus fort et plus lointain par cette épreuve. Totalement inaccessible.
Quand elle le pleurait c’était un déchirement, mais il n’était plus là, tandis
que maintenant, elle le croiserait tous les jours à la base, lui parlerait,
verrait la dureté dans son regard, serait obligée de lui parler, de faire des
briefings avec lui. Non pas avec lui, à coté de lui, mais si loin pourtant.
Oui,
elle le haïssait, il n’aurait pas dû rentrer.
Puis
l’instant d’après elle avait honte d’elle, penser une telle chose était
indigne ! Lui qui avait accepté une
mission si cruelle , sans se poser de questions parce que c’était son devoir,
non, elle n’avait pas le droit de
l’accabler. Elle se sentait si petite et si misérable. Sam était partagée entre
une foule de sentiments contradictoires, la passion, l’amour et la haine, l’angoisse et la peur, la joie et la
souffrance.
Elle
s’arrêta à quelques mètres de sa maison. Le vent s’était levé et soufflait en
rafales, une pluie diluvienne la trempa le temps qu’elle arrive devant sa
porte.
Son
chez elle était aussi impersonnel que celui de Jack. Un logement de passage, où
elle venait de temps en temps quand elle voulait quitter la base. Rien qui put
donner envie d’y rester, un foyer déserté, sans chaleur, comme sa vie. Le vide.
Le
lendemain, elle ne le vit pas, il n’ était pas à la base. Elle avait voulu lui
parler mais Harriman lui avait dit qu’il était à Washington, jusqu’au
lendemain.
De
violents maux de tête qu’elle mit sur le manque de sommeil l’empêchaient de se
concentrer. Dans l’après midi elle dut se résoudre à aller à l’infirmerie.
-Sam ! qu’est ce qui se passe ? lui dit Veronica
inquiète, en la voyant sur le seuil de la porte, au bord du malaise.
-Mal au crâne dit la jeune femme.
-Allonge-toi, le médecin ne va pas
tarder.
-Tu sais je ne sais pas si j’ai
vraiment besoin d’un médecin dit Sam en fondant en larmes.
-Oh là, ça n’a pas l’air d’aller
toi ? Des ennuis ?
-Non, bien sûr que non, dit Sam un peu
trop vite.
Veronica
sourit :
-Bon admettons, mais si tu veux m’en
parler…Je suis là jusqu’à 19 heures…
-Ça va aller coupa Sam. En aucun cas
elle ne voudrait parler du général, à des membres du personnel. Elle se devait
de résoudre seule, ses problèmes.
Après
une nouvelle nuit sans sommeil elle décida de prendre les devants, de le
pousser dans ses derniers retranchements. Il fallait qu’elle soit sûre. Il ne
lui avait pas dit qu’il ne l’aimait pas, or elle voulait l’entendre de sa bouche,
c’était indispensable pour la paix de son âme, et pouvoir peut être tourner la
page, un jour.
Il
était dans son bureau quand elle frappa. Elle attaqua tout de suite avant qu’il
ait pu dire un seul mot.
-Excusez-moi de vous déranger, mon
général, mais je voudrais vous parler en privé, mais pas ici.
-Est-ce bien nécessaire Carter ?
dit-il en la fixant.
Sur
le visage de la jeune femme il ne put rien lire, comme lui, elle était passée
maître dans l’art de la dissimulation de sentiments quand elle le voulait. Il
dut se résigner.
-Oui mon général.
-Entendu Carter, mais je ne serais pas
libre avant 21 heures, peut être même plus tard, si ça vous convient ?
-Bien Monsieur, je vous attendrais chez
moi, toute la nuit s’il le faut… murmura t-elle.
-C’est entendu, Carter.
Pendant
le briefing Jack n’écouta pas beaucoup les longues explications de Daniel sur
la présence de Goa’ulds sur P9N762. Il n’avait pas beaucoup dormi lui-même
depuis qu’elle était venue chez lui. La demande de mutation était encore sur
son bureau et il se donnait une semaine de réflexion avant de la faire
remonter. Mais il ne l’avait pas dit à Sam. Il attendait. Il ne savait pas trop
quoi, peut être un coup de pouce du destin, quelque chose d’inattendu qui
changerait tout. Il se traita d’adolescent attardé ! Devant Sam son cœur
s’emballait, il la regardait pendant qu’elle triait sans conviction ses papiers
devant elle. Il lui trouva une toute petite mine, les yeux rouges, elle avait
pleuré. Il s’en voulut de la faire souffrir. Mais il pensait sincèrement qu’il
n’y avait aucun avenir entre eux, et qu’il était temps de rompre cette
attirance qui les détruisait tous les deux.
Au
moment où elle s’apprêtait à partir, les alarmes retentirent. Elle se trouvait
encore dans la salle de contrôle quand tout s’éteignit.
-Carter ! cria O’Neill ,
-Je m’en occupe mon général dit-elle
aussitôt, ayant senti de l’impatience dans sa voix.
Elle
travailla avec les techniciens sur les consoles pendant plus d’une heure. Rien
n’y fit.
-Je ne vois pas ce qui se passe, dit-elle.
-Une attaque ? le vortex est pourtant
resté connecté très peu de temps.
-Cela est suffisant pour abîmer notre
système monsieur.
-Mais vous allez trouver la parade,
n’est ce pas ?
Il
avait tout à coup de l’inquiétude dans la voix. C’est là qu’il se maudissait de
ne pas s’y connaître un peu plus. Il ne voulut surtout pas avoir l’air paniqué
et reprit beaucoup plus calmement.
-Vous allez trouver Carter ?
-Bien sur mon général dit-elle en lui
jetant un coup d’œil, mais cela risque d’être un peu long et je vais sûrement y
passer une bonne partie de la nuit.
-Vous avez besoin de moi ?
-Pour les codes, oui, quand on pourra
réinitialiser, mais nous n’en sommes pas là.
-Bon je vous laisse travailler. Appelez
moi au moindre problème.
-A vos ordres.
Cette
maudite base se mettait toujours entre elle et lui, pensa t-elle. Le soir où
elle voulait lui parler il fallait qu’il y ait cette panne. Son
professionnalisme reprenant le dessus, elle se mit au travail. Deux heures plus
tard elle avait trouvé l’origine des fluctuations qui avaient atteint le
système. Elle fit appeler O’Neill par le sergent Harriman qui était resté à proximité. Tout dévoué à son général auquel il vouait
une grande admiration, il ne comptait pas ses heures.
O’Neill
arriva cinq minutes plus tard, il était trois heures de la nuit et la fatigue
commençait à se faire sentir.
Sans
un mot il s’installa à la console près de Sam. Ils travaillèrent de concert ne
parlant que brièvement , à propos de
leur travail.
Sam
était bien, tout en pianotant sur les claviers, elle jetait de temps à autre un
regard à son supérieur qui était hyper concentré. Elle se permit un sourire
qu’il intercepta.
-Pas évident pour moi tout ça !
dit-il amusé.
-Vous vous débrouillez très bien,
monsieur !
Elle
se rendait compte à ce moment combien la présence de cet homme lui était
indispensable, comme l’air dont elle avait besoin pour respirer. C’était aussi
simple que cela, sans lui elle était morte. Tant pis s’il ne l’aimait pas, mais
si elle ne pouvait vivre avec lui, alors ce serait à
côté de lui.
Elle
prit la décision de rester au SGC, si lui quittait la base, elle le ferait
aussi, elle irait vivre près de lui. Elle vivrait dans son ombre. Il était son
soleil, sa force, il levait tous les doutes, il apaisait ses angoisses.
Forte
de cette évidence , elle décida de lui parler tout de suite, dès qu’ils
auraient fini ce travail.
-Mon général, je crois que la nuit est
fichue,
-En effet, il est cinq heures, dans
trois heures nous avons un briefing, dit-il en soupirant et en étouffant un
bâillement.
La
salle des ordinateurs n’était éclairée que par la lueur bleutée des écrans.
Tout était calme, le silence s’instaura entre eux, tandis que Sam faisait les
derniers réglages.
-Tout est sous contrôle mon général.
Ils
étaient seuls tous les deux, et se regardaient en souriant. Sam se lança
-Mon général,je peux vous parler une
minute ?
-Dans mon bureau, Carter.
Quelques
instants plus tard à l’abri des caméras de surveillance et des oreilles
indiscrètes, Sam aborda le sujet qui lui tenait tant à cœur.
-Je voudrais rester au SGC, mon général.
-Vous êtes sûre ?
-Absolument mon général, si vous voulez
toujours de moi ?
Il
soupira :
-Naturellement, je tiens beaucoup à
vous…
Il
s’interrompit sous le regard inquisiteur et amusé de Sam.
-Vous tenez à moi jusqu’à quel
point ? mon général dit-elle avec un soupçon d’ironie dans la voix.
Elle
savait qu’elle s’aventurait en terrain glissant. Avec lui, elle ne savait
jamais sur quel pied danser, surtout depuis qu’il était revenu de sa terrible
mission, il avait changé et souriait peu, et plaisantait encore moins..
Il
sourit :
-Je souhaite que vous restiez au SGC,
Carter.
Elle
semblait déçue :
-Sommes nous toujours amis mon
général ? autant que faire se peut
entre un supérieur et son second, ajouta t-elle très vite.
Il
sourit largement
-Naturellement Carter. Où voulez vous
en venir ?
Son
cœur fit un bond dans sa poitrine, il ne coupait pas la conversation au
contraire il tentait une ouverture.
Elle
se rapprocha de lui, il ne bougeait pas un petit sourire énigmatique sur les
lèvres.
-Vous comprenez très bien ce que je
veux dire, mon général…enfin je suppose souffla t-elle.
-Oui, enfin je pense dit-il, en coupant
court. Et si on allait se reposer un
peu, avant le briefing de demain ?
-Oui, mon général, allons-y, dit-elle
le cœur serré, il s’était encore dérobé.
Ils
descendirent lentement les escaliers et
se dirigèrent vers leurs quartiers, situés dans le même secteur de la base. Sam
arriva devant sa porte la première.
-Bonne nuit mon général,
-Bonne nuit Carter dit-il en
s’éloignant.
Jack,
sans même se dévêtir, s’allongea dans le
noir et contre toute attente il s’endormit tout de suite. Le rêve l’empoigna
aussitôt.
C’était
toujours le même, le regard de Carter, pendant qu’il subissait la torture des
mains de Mout. Ce terrible regard bleu noyé de larmes, exprimant l’indicible ,
l’horreur, mais aussi tout l’amour qu’elle éprouvait pour lui. Il sentait ce
regard sur lui et loin d’en éprouver de la honte, il lui faisait du bien, il
souffrait moins. La chaleur l’enveloppait et il oubliait tout. Puis le rêve
changea il revit la lagune où il avait passé deux mois à essayer de se
reconstruire loin d’elle, et il confondait le bleu de ses yeux et celui de la
mer. Les images se superposaient mais il revenait toujours vers elle, comme
vers une lumière dont il ne pouvait se passer, tel un papillon qui vient se
brûler les ailes sur la lampe. Ce rêve il le faisait toutes les nuits depuis
le 31 décembre, pas une seule nuit sans cet amour. De nuit en nuit le rêve se
faisait plus pressant. Il sentait l’urgence à trouver une issue, mais il
n’arrivait pas à se décider.
Il
savait au fond de lui que cela ne pouvait pas durer ainsi, il se réveillait
tous les matins, moins reposé que la veille au soir, le cœur battant, couvert
de sueur, le crâne résonnant de sons et d’images qu’il ne contrôlait plus. Ces
images le poursuivaient dans la journée, le poussant à rechercher la présence
de Sam. Il aimait tellement la façon dont elle le regardait, cela l’apaisait.
Oui elle l’aimait, elle le lui avait encore fait comprendre hier soir. Tout
cela il le savait dans son cœur depuis longtemps, mais sa raison se rebellait
encore. Ses nuits ne le reposant plus, il lui fallait agir et vite, s’il ne
voulait pas sombrer totalement.
Il
arriva en retard au briefing, très en retard, il avait voulu prendre une douche
pour éclaircir ses idées.
Il
s’assit à sa place en haut de la table et commença la réunion tout de suite.
-Hier soir nous avons eu un problème
avec les ordinateurs, une attaque éclair venant du vortex. Carter, dit-il en
appelant la jeune femme, vous passerez le temps qu’il faudra pour trouver d’où
vient cette attaque, de quelle planète, quel Goa’uld ? et empêcher à l’avenir la panne du système.
Faites-vous aider de Daniel et de Teal’c.
-A vos ordres répondit la jeune femme.
-Mais Jack, dit Daniel, et l’artéfact de P9N890 ?
On n’en parle pas aujourd’hui ?
-Désolé Daniel dit Jack en souriant, la
mission est reportée.
Daniel
soupira :
-J’avais pourtant préparé un
topo ! dit-il déçu.
-Ce n’est que partie remise Daniel, on en
reparle demain, dit-il soulagé d’échapper aux longs monologues de Daniel.
Il
se leva et fit signe à Sam de la suivre dans son bureau.
-Fermez la porte Carter, s’il vous
plait. Est-ce que votre invitation tient toujours ? dit-il soudain.
-Mon invitation ? à vous rendre
chez moi dit-elle en le regardant au fond des yeux ?
-Oui, cette invitation là, dit-il amusé. Il n’y en a pas d’autres je
crois.
-Bien sûr mon général, ce soir 21
heures ?
La
joie la souleva, enfin il manifestait quelque chose ! Mais la partie
n’était pas gagnée, elle le sentait, il faudrait jouer serré. Le cœur battant
elle demanda la permission de se retirer et partit travailler.
Toute
la journée elle resta concentrée sur son travail, mais elle avait des ailes, et
se sentait beaucoup mieux.
Les
recherches avaient abouti, une planète était entrée en contact avec la terre,
une planète appartenant à Baal. Encore des ennuis en perspective ! Heureusement
elle avait trouvé la parade et les incursions de Baal ne feraient plus de
dégâts dans leur système.
Elle
passa par le super marché acheta de la bière, la marque préférée de son
général. Elle choisit le menu, très simple, car elle n’avait pas le temps de
cuisiner, ni vraiment l’envie, juste de quoi faire des spaghettis à
21
heures. Elle était prête depuis longtemps et regardait sa montre tout le temps.
Il était en retard. Elle s’assit, se releva, regarda encore sa montre, alla
jusqu’à la fenêtre , soupira. A 23
heures il n’était toujours pas là, finalement elle revint vers son canapé,
s’allongea, écrasa une larme, et s’endormit.
Elle
sentit sa présence mais resta les yeux obstinément clos.
Il
n’avait fait aucun bruit en entrant. Seules les effluves de son eau de toilette
l‘avait trahi. Un souffle passa sur ses cheveux, une très légère caresse comme
s’il hésitait encore. Elle sentait son regard sur elle et savourait ce moment,
comme si le fait d’ouvrir les yeux allait rompre le charme.
Il
s’agenouilla près d’elle et lui posa la main doucement sur l’épaule.
-Carter !
-Oh vous êtes là dit-elle en ouvrant
les yeux et en voyant son visage tout près de sien.
Il
sourit :
-Vous aviez laissé la porte
ouverte ! Je me suis permis d’entrer.
-Oh !
-Excusez moi d’arriver si tard…
-Une urgence ? le coupa t-elle
-Oui, je ne suis pas maître de mon
temps dit-il en souriant.
Il
était resté près du canapé, elle n’avait pas bougé, trop heureuse de le voir là
si près. Il se pencha vers elle et effleura ses lèvres avec les siennes. Elle
frémit mais ne bougea pas. Elle voulait lui laisser prendre les devants.
C’était elle qui avait demandé cette rencontre, et il était venu. Maintenant,
elle attendait, le cœur battant, elle ne voulait pas risquer d’essuyer un refus, ou des remarques désagréables comme
il savait si bien les faire.
Mais
les mots n’étaient pas le fort de Jack. Devant elle, ce qu’il avait préparé avant
de venir s’était envolé depuis
longtemps. Alors il parla avec ses mains, avec son corps. Il se rapprocha et la
prit dans ses bras, sa bouche prit possession de la sienne. Il fit ce qu’il
avait toujours eu envie de faire depuis huit ans qu’ils se connaissaient et
s’aimaient dans le secret de leur cœur.
Ils
s’aimèrent avec passion dans l’urgence comme si leur vie en dépendait, avec le
sentiment de s’engager, sans retour en arrière possible.
Sam
était heureuse pour la première fois de sa vie. Il restait encore bien des
choses à régler concernant leur situation et leurs carrières, mais tout cela
elle s’en fichait royalement. Pour l’instant sa seule préoccupation : le
réveiller pour se retrouver une fois de plus dans ses bras.
Mais
elle retardait l’instant magique,
jouissant de la saveur du moment : le regarder dormir, nu, dans son
lit à ELLE.
FIN