AURELIA
Fic
n° 57
Aout 2005
Disclaimer :
Les personnages de Stargate ne m’appartiennent pas ….
Epoque :
Saison 9 . Jack dirige le World House Security.
Spoilers :
évocation d’épisodes précédents et la saison 8.
Rien sur la 9, sauf la fonction de Jack.
Genre :
romance.
Résumé
. Un jour comme un autre.
LA BOITE DE
PANDORE
Il
était huit heures du matin et Jack
O’Neill était déjà fatigué. La veille il y avait eu ce congrès de l’ USAF auquel il avait été
bien obligé d’assister.
Rien
de plus ennuyeux pour lui que ces réunions qui s’étiraient en longueur dans le
ronronnement de la voix des hauts gradés qui se succédaient à la tribune. Rien
de nouveau pour le général O’Neill, mais une obligation à être là, ordre du
président.
Il
s’en serait bien passé. Il était question surtout de l’Irak, de la position des
USA dans le monde. Mais naturellement rien sur ce qui se passait ailleurs.
Parmi les personnes présentes une poignée seulement était dans le secret des
dieux. A savoir que nous n’étions pas seuls
dans l’univers, et que ça ne se
passait pas toujours très bien.
Après
la journée il y avait eu le banquet, là le général O’Neill avait dû serrer de
nombreuses mains, parler de choses qui n’étaient pas de première importance
pour lui.
Le
dîner s’éternisait et sa voisine de gauche n’avait pas arrêté de lui faire du
pied pendant toute la durée du repas. Il avait pris son air le plus bourru pour
tenter de la décourager .Peine perdue, plus il était sombre, plus il lui
plaisait apparemment.
A
la fin du repas il s’éclipsa retournant dans les grands salons à la recherche
de personnes connues. Il retrouva quelques connaissances, mais il
s’aperçut vite qu’il n’avait pas
grand-chose à leur dire. Son travail l’avait toujours éloigné des réalités
politiques ou même militaires. Et puis les conversations mondaines ce n’était
pas son truc.
Les
gens le regardaient se demandant qui il
pouvait bien être. Et c’était normal il
avait fait carrière dans l’ombre , la plupart du temps en mission secrète, et
ensuite à la base encore plus secrète de Cheyenne Mountain.
Il passait très droit, en grand uniforme, avec toutes les
décorations étalées sur sa poitrine. Il
avait fière allure et les femmes se retournaient sur son passage, mais il n’en
voyait aucune.
Finalement
à minuit passé il s’éclipsa . Le président l’avait vu mais il ne fit aucun
geste pour le retenir.
L’appartement
qu’il louait à Washington n’était pas grand, un séjour avec une petite cuisine
dans un angle, une chambre à coucher et une salle de bain
attenante. Il était dans un quartier calme et relativement proche de son lieu
de travail.
Naturellement il n’y avait personne chez lui à l’attendre.
Qui aurait voulu vivre avec quelqu’un qui travaillait seize heures par jour et
qui ne rentrait que pour dormir ?
Il
s’assit lourdement dans un fauteuil ?
il n’avait même pas envie de se coucher, il prit une bière dont il n’avait nul
besoin, la soirée avait déjà été très
arrosée.
Tout
en sirotant sa bière il songea que le lendemain il aurait cinquante ans . Un
tournant, un cap.
Le
bilan de sa vie n’était pas brillant. Divorcé, un fils décédé, un amour
impossible qui l’empêchait de refaire sa vie.
Il
se secoua. Sa décision était prise. Demain il mettrait un terme à tout ça.
Il
se leva tôt, par habitude. C’était dimanche et le vide de sa vie lui apparaissait
dans toute sa splendeur. L’an dernier à la base, il avait encore l’impression
de tout contrôler, il avait des amis. Pas
à Washington. Il eut une pensée fugitive pour Daniel et Teal’c, sans
doute en mission sur une lointaine planète. Et quand un visage aux cheveux
blonds lui vint à l’esprit, il le chassa aussitôt.
Son
carnet d’adresse personnel était vide. Il n’avait que des relations de travail,
beaucoup. Mais personne de proche. Sauf peut être Sandra Masson.
Une
brune pétillante qui travaillait à deux pas de son bureau, et qui avait
beaucoup d’admiration pour le général O’Neill. Trop peut être. Elle ne ratait
pas une occasion d’aller le voir dans son bureau. Une fois ils avaient pris un
verre ensemble. La conversation avait été agréable, bien qu’il n’arrivât pas à
se souvenir de ce dont ils avaient
parlé. Et puis un jour ils avaient été plus loin, et s’étaient revus de temps à
autre par la suite.
Et
s’il l’appelait ? Elle viendrait immédiatement. Il en était sûr.
-Sandra ? O’Neill.
-Jack ! dit-elle avec surprise.
-Je voulais t’ inviter à déjeuner, dit-il
-Volontiers.
-Je passe te prendre ?
Elle
avait accepté tout de suite, il aurait pu le parier.
Pourquoi
avait-il fait cela ? Il se sentait donc si seul ? Il savait parfaitement que ça n’aboutirait à
rien. Ils déjeuneraient , puis iraient assister à un concert de jazz ou de
rock, puis ils passeraient à son appartement à lui, et cela
finirait au lit. Ensuite elle partirait.
Quand
ils sortaient c’ était toujours comme cela que ça se passait.
Le
déjeuner se passa bien, ensuite elle voulut aller voir le dernier film de Woody Allen. Puis il l’emmena chez elle.
Très
vite il prit ses lèvres. Elle répondit à son baiser et quelques instants plus
tard ils s’écroulèrent sur le lit. Le programme prévu à la seconde
près !
Il
était couché, nu, et elle le regardait. D’un doigt léger elle caressait ses
cicatrices. Il repoussa sa main, se leva et fila vers la salle de bain.
Quand
il revint dans la chambre, elle l’attendait, vêtue d’un de ses vieux peignoirs
beaucoup trop grand pour elle.
-Quelque chose ne va pas Jack ?
-Si, tout va bien dit-il en souriant.
Une bière ? proposa t-il en se servant dans le frigo.
-Je veux bien dit-elle.
Il
resta debout devant la fenêtre, silencieux. Il avait revêtu un pantalon beige
et un polo bleu près du corps. Il est magnifique pensa t-elle avec un pincement
au cœur.
-Bon je crois que je vais y aller
dit-elle en posant sa bière à peine entamée sur la table. Je peux prendre la
salle de bain ?
-Bien sûr dit-il distraitement.
Elle
s’engouffra dans la pièce et fit couler l’eau de la douche qui se mêla à ses
larmes. Elle avait un tendre sentiment pour Jack. C’était un homme parfait pour
elle. Fort, généreux, un homme sur qui on pouvait certainement s’appuyer, et
tellement sexy. Un corps parfait. Quel âge avait-il déjà ? une petite
cinquantaine pas plus. Encore jeune. Pourquoi n’était-il pas marié ?
Divorcé peut être ?
Elle
se rendit compte qu’elle ne savait rien de lui. Il était le chef le plus
occulte de toute la planète, et elle
travaillait dans son département. Cet homme était un mystère. Elle décida de
creuser un peu. Peut être que si elle le connaissait mieux…
-Je vais rentrer, Jack dit-elle.
-Je te raccompagne ?
-Non merci, je vais prendre un taxi. Tu
sais Jack, tu peux m’appeler quand tu veux !
-Merci dit-il en lui déposant un baiser
léger sur les lèvres.
Elle
fit si peu de bruit en sortant qu’il ne s’était même pas rendu compte de son
départ.
Avec
Sandra, le couvert était toujours mis. Il le savait. Il avait fort bien compris
qu’elle l’aimait en silence. C’ était une femme remarquable. Il s’en voulut de
la laisser entretenir de faux espoirs. Elle ne méritait pas ça. Un jour il le
lui dirait. Pour le moment il ne s’en sentait pas la force. Mettre fin à cette
liaison douce amère était au dessus de ses forces. Ses démons reviendraient
aussitôt le hanter. Il avait l’impression de pouvoir les tenir loin de lui.
Contrôler. Voilà c’était ça, il voulait contrôler. Avec Sandra c’est ce qui se
passait. C’était toujours lui qui l’appelait. Elle était discrète, jamais elle
n’avait affiché leur liaison au travail et de ça il lui en était reconnaissant.
Seul
dans l’appartement, il finit sa bière et but celle que Sandra avait laissée.
Qu’allait-il
faire aujourd’hui ? C’était un jour
ordinaire pour lui. Son anniversaire certes, mais un jour ordinaire.
On
ne le lui souhaitait pas à la base. Il n’avait jamais révélé sa date de
naissance à qui que ce soit. Il n’aimait pas les débordements d’affection
factice. Les cadeaux ? ça tombait toujours à côté.
Il
ne croyait pas du tout au côté sincère d’un anniversaire. Pourtant il aimait
retrouver ses amis autrefois, à la base. Leur groupe de quatre si soudé, que
parfois les gens parlaient d’eux en les appelant les « quatre
mousquetaires ».
C’était
vrai tout ça. Et bien révolu maintenant. Le petit groupe avait éclaté, mais
déjà bien avant son départ de Colorado Springs. L’année qu’il avait passé à la
tête du SGC l’avait éloigné inexorablement de ceux qu’il aimait. Par
contre Carter, Daniel et Teal’c s’étaient rapprochés. Lui était monté dans les
hautes sphères, et plus rien n’avait été comme avant.
Finalement
son départ n’avait pas changé grand-chose sauf qu’il ne les voyait plus du tout.
Il appelait la base presque tous les jours, mais n’avait affaire pratiquement
qu’au général Landry, un de ses vieux amis. Cela faisait maintenant six mois
qu’il était parti et il n’avait revu personne, et personne n’avait demandé de
ses nouvelles.
Il
était seul, plus seul qu’il ne l’avait jamais été.
Il
siffla une troisième bière. Puis se tourna en dérision.
Ridicule,
tu es l’homme le plus puissant après le président, tu pourrais avoir une vie mondaine bien remplie, rencontrer des
gens, avoir toutes les femmes que tu
veux, et tu es là à t’enfiler des bières comme un pauvre type ! Que veux-tu faire de ta vie ? Epouser Sandra ?
Non ça ne marcherait pas. Trop taciturne, trop bourru. Elle serait malheureuse.
Hélas !
il n’avait pas la réponse à sa question.
Ou plutôt si, mais il l’avait enfoui tout au fond de lui-même, dans un coin
sombre et inaccessible. Une quatrième bière lui embruma l’esprit suffisamment pour
qu’il ressente moins la solitude. La cinquième anesthésia totalement sa douleur
et la sixième le rendit somnolent. Il s’endormit comme un poivrot dans son
fauteuil, tout seul.
La
sonnerie du téléphone le tira de son sommeil. Il grogna et ne répondit pas. Le
répondeur s’enclencha, il y eut un silence puis on raccrocha sans laisser de
message. Soupir.
Ce
ne devait être qu’un emmerdeur pensa t-il, sinon il aurait laissé un message.
Une
heure plus tard rebelote.
Une
voix féminine jaillit du haut parleur.
. -C’est Carter mon général, je venais
vous souhaiter un bon anniversaire. Vous êtes là mon général ?
Il
ne réagit pas tout de suite comme pétrifié.
Il
bondit, mais elle avait déjà raccroché.
Eh
merde ! pensa t-il.
Comment
avait-elle su ? Peu importe, elle avait ouvert la boite de Pandore et tout
rejaillit en un seul coup à la surface. Son beau visage, ses yeux bleus
magnifiques et si expressifs, ses lèvres si belles, et si douces. Il gardait un
souvenir attendri de la boucle
temporelle, ainsi que du baiser qu’il avait arraché à son double. La douleur de
l’avoir perdue refit aussi surface.
Il
se rassit lourdement dans son fauteuil. Où était-elle ? peut être à
Washington ? Il ressentait un
besoin urgent de lui parler. Il fallait qu’il entende à nouveau sa voix. Pourquoi
l’avait-elle appelé maintenant ? Elle avait besoin de lui peut être ?
Après
la mort de son père ils s’étaient un peu rapprochés. Il n’avait pas trop
compris ce qui s’était passé réellement avec Pete. Il avait cru un moment
qu’elle l’avait quitté, mais ne lui en avait jamais parlé.
Puis,
elle était venue dans son chalet avec Daniel et Teal’c. Ils avaient retrouvé
pour un moment leur entente d’autrefois. Et puis plus rien. Pas un mot, pas un
coup de fil, c’était comme si Samantha Carter avait disparu de la circulation.
Ou c’était peut être lui qui avait disparu ? Pourquoi accuser les autres ?
Il n’avait pas cherché non plus à la revoir.
Il
réécouta le message à la recherche d’un indice. Sa voix paraissait normale
telle qu’en son souvenir. Elle avait marqué un léger temps d’arrêt entre les
deux phrases. Elle attendait qu’il décroche… Il réécouta plusieurs fois,
n’avait –elle pas soupiré ? Il lui semblait que oui.
Et
alors ? ça ne voulait rien dire du
tout. Elle était déçue sans doute de pas le trouver. C’était tout.
Tu
ferais mieux de l’appeler.
Il
essaya de la joindre. Il appela d’abord la base. On lui répondit qu’elle était absente.
ça il le savait très bien. Elle avait
voulu s’occuper un peu de Cassandra et avait pris momentanément un poste de consultant. Un coup de téléphone chez Cassie ne donna rien non plus.
Son portable était muet également.
Il
ne lui restait plus qu’à se maudire de n’avoir pas eu le réflexe de répondre
tout de suite. De dépit il termina le
pack de bière.
L’après
midi était bien avancée, et déjà le ciel s’ obscurcissait. 20 heures. Une
longue soirée en perspective.
Le
téléphone ! Vite !
Il
décrocha :« O’Neill »
-Mon général ! C’est Carter !
-Carter !
Il
ne put rien dire de plus. Allez dis
quelque chose ! creuse-toi la
cervelle !
Elle
reprit :
-Bon anniversaire mon général !
-Merci, mais Carter comment le
savez-vous ?
Elle
rit :
-C’est un secret de
polichinelle ! pour une
informaticienne comme moi !
-Mais c’est écrit nulle part !
Puis
l’évidence lui vint à l’esprit.
-Carter ! vous avez fouiné dans
mon dossier personnel, ultra confidentiel.
Blanc
au bout du fil.
-Je suis désolée mon général, dit-elle
d’une voix neutre, je n’aurai pas du.
-Qu’avez-vous appris d’autre ?
-Rien du tout. Je vous assure.
-Je vous crois Carter dit-il d’une voix
lasse.
-Quel effet ça fait d’ avoir cinquante
ans mon général ?
-Oh, vous le verrez dans quelques
années. En fait c’est nul ! Vous êtes où Carter ?
-En bas de chez vous mon général.
Cœur
qui saute, ! montée
d’adrénaline !
-Ah je vois, montez, je vous ouvre.
Il
jeta vite les canettes vides, mit un peu
d’ordre dans le séjour, et ferma la porte de sa chambre et de la salle de bain.
Quelques
instants plus tard, elle entra chez le général O’Neill. C’était la première
fois qu’elle le voyait depuis son départ de Cheyenne Mountain.
Elle
jeta un œil à l’appartement, petit, mais accueillant. Il avait su mettre une
touche personnelle, avec quelques livres, des journaux. Pas de bibelots, les
murs blancs avec juste au dessus du canapé une photo de son chalet, avec le lac derrière.
-Il vous manque ?
-Oui, je n’ai plus le temps d’y aller. Alors
je regarde la photo, dit-il tristement.
Il
l’invita à s’asseoir.
-Un café ? dit-il pour meubler la
conversation. Elle se trouvait devant lui, et il était paralysé comme un
adolescent.
-Volontiers, mon général.
Il
fila dans la cuisine et revint avec deux tasses de café fumant.
-Que devenez-vous Carter ?
-Je ne vais à la base que pour les
problèmes de la porte. En fait j’y vais presque tous les jours, mais cela me
permet d’être là quand Cassie rentre du lycée.
Il
la regarda, elle était magnifique dans ses vêtements civils. Une simple robe de laine blanche, une veste
bleue, un foulard de soie autour du cou. Elle rayonnait. Heureuse ?
apparemment, ou alors c’était le plaisir de le voir.
Il
l’écoutait d’une oreille distraite raconter ce qu’elle faisait avec Cassie. Il
aimait beaucoup la jeune fille et était heureux que Sam s’en occupe.
-Vous reprendrez à plein temps à la
base à la rentrée prochaine ?
-Certainement mon général , à moins que
vous n’ ayez un poste pour moi à Washington ?
-Quoi ? qu’est ce que vous
dites ?
Il
devait vraiment avoir l’air ahuri, car elle rit.
-Qu’est ce que j’ai dit ?
-Rien mon général. mais je ne suis pas
certaine de vouloir repartir sur le terrain, c’est beaucoup trop dangereux.
-Vous l’avez toujours fait et vous
adoriez ça.
-C’est vrai, mais j’ai un peu changé
ces derniers temps. Mes priorités ne sont plus tout à fait les mêmes.
-Ah ! dit-il surpris. Et je peux
savoir quelles sont vos priorités ?
-Oui, vous en avez le droit mon
général, je voudrais me marier et avoir des enfants.
Il
se leva brusquement. Le cœur battant . Elle allait lui annoncer son
mariage avec Shanahan, qu’elle s’était rabibochée
avec lui, et que finalement ils allaient se marier. La jolie maison avait dû la
décider tout compte fait.
-Shanahan ?
dit-il entre les dents.
Il
avait du parler suffisamment fort car elle l’entendit.
-Pete ? Oh non mon général !
A
tous les coups elle allait lui sortir le
nom d’un freluquet quelconque. Finalement il n’avait pas du tout envie de
savoir qui c’était. Il voulut couper court.
-Je vous
souhaite tout le bonheur possible, Carter dit-il du ton le plus joyeux
qu’il put. Mais il trouvait que sa phrase sonnait faux.
Elle
était surprise. On aurait dit qu’il ne voulait pas savoir ?
-Vous ne me demandez pas qui c’est mon
général ?
-Si bien sûr dit-il. Je le
connais ?
-Oui vous le connaissez, et même très
bien.
Alors
c’était quelqu’un de la base. Daniel peut être ? Pourtant il aurait juré
qu’il n’y avait rien entre eux. Sûrement pas un militaire.
Mais
pourquoi son cœur battait-il d’un coup plus vite. Non, il y avait longtemps qu’elle
ne pensait plus à lui, sinon comme à un ami très cher. Pourquoi serait-elle restée six mois sans même
lui passer un coup de fil ? Une légère rougeur envahit ses joues. Il se
détourna. Elle pendant ce temps continuait,
cruelle ou inconsciente.
-C’est un très vieil ami à moi que je
n’ai pas vu pendant un certain temps.
-Ah oui ! dit-il d’une voix qui
lui parut chevrotante.
Grand
sourire de Sam.
-Mon général, écoutez moi. Je sais
parfaitement que vous ne bougerez jamais. Ce n’est pas dans votre nature. Alors
je prends les devants, si vous me rejetez tant pis. J’en assumerais la honte et
j’irai me cacher dans un trou, mais je ne veux pas gâcher la dernière chance
que nous ayons. Je ne suis plus directement sous vos ordres. Donc nous sommes
tout à fait libres de faire ce que nous voulons. Maintenant si vous me dites
non, je repars immédiatement et vous ne me reverrez pas.
Les
mots se frayaient difficilement un
chemin à travers sa conscience. Mais , elle le draguait ! ou plutôt elle lui faisait la plus belle
déclaration d’amour qu’il ait jamais entendu, celle qu’il attendait depuis plus
de huit ans.
Son
horizon s’éclaircit brusquement, l’avenir s’offrait à lui, un avenir radieux,
une famille, des enfants tout ce dont il rêvait d’être et de faire avec elle.
ELLE, sa Sam dont son cœur n’osait à peine murmurer le nom.
Lui
dire non, mais elle était folle. Comment aurait-il pu lui dire non ?
Il
s’approcha d’elle, les yeux fiévreux et le cœur cognant à grands coups dans sa
poitrine.
-Vous êtes sûre ? Ce n’est pas un
rêve ?
Elle
rit, heureuse. enfin ! il ne lui
dirait sans doute jamais qu’il l’aimait, du moins avec des mots.
Il
s’approcha d’elle et prit son visage dans ses mains, il posa ses lèvres sur les
siennes et s’enflamma aussitôt à son contact.
-Sam, Sam, murmura t-il se délectant de
son prénom.
Elle
en fit autant :
-Jack !
-Tu as tout prévu n’est ce pas ?
-Cela t’ennuie ?
-Pas du tout. Comment étais-tu sûre que
j’allais dire oui.
-Parce que tu crois que je n’ai pas
compris quel genre de bonhomme tu es ?
-Ah oui et je suis quoi ? dit-il
d’un air faussement menaçant.
-Quelqu’un de fidèle. Tu m’aimes depuis
si longtemps que cela en était rassurant. Tu m’as laissé le temps de me perdre
et de te revenir, je ne t’en remercierais jamais assez, Jack dit-elle en
reprenant ses lèvres.
Il
la prit dans ses bras et poussant la porte de la chambre du pied il la déposa
délicatement sur le lit.
Une
vie nouvelle pouvait commencer. Oubliés tous les doutes, toutes les angoisses.
Finalement
c’était le plus bel anniversaire qu’il
n’ait jamais eu.
FIN