LES NAUFRAGÉS

 

AURELIA

 

 

Fics n° 2 à n° 6

 

Février - juin 2003

 

 

Genre : aventure, crossover Sargate/star trek

Episodes : après « 1969 », « histoire sans fin », et « de l’autre côté du miroir »,

Résumé : Sg1 est perdu dans l’espace

Disclaimer : Les personnages de Stargate et de Star trek ne m’appartiennent pas.

Avertissement de l’auteur :

La série des Naufragés est constituée de 5 fics que j’ai regroupées.

 

Soyez indulgents pour les quelques erreurs scientifiques que vous pourrez trouver et le changement de date des guerres eugéniques de Star Trek que j’ai situées beaucoup plus tôt dans le temps, au bénéfice de mon histoire. 

 

 

1

les naufragés

 

 

Salle d’embarquement,

 

Chevron 5 enclenché

Sg1 se tenait prêt à partir vers la planète PX 382, pour une simple mission de reconnaissance. La sonde avait détecté un climat froid mais pas glacial et une possibilité qu’il y ait des habitants à proximité de la porte. La camera montrant des constructions assez anciennes mais pouvant passer pour des habitations d’une civilisation pré industrielle.

 

O’Neill au pied de la rampe d’embarquement et assez mécontent :

 -Bon je sens qu’on va encore se les geler !

Daniel très sérieusement prit la parole du ton professoral qui énervait tant Jack :

Pourtant la sonde n’indique pas une température tellement basse…seulement moins 5 degrés Celsius et je pense …

-Daniel ! Cria O’Neill

Daniel surpris leva les yeux vers un colonel absolument furieux :

-Je voulais juste dire….

-Silence, c’est encore de trop coupa le colonel

Sam sourit et pensa : les voilà encore entrain de se disputer

 

Chevron  6 enclenché

 

La voix de Hammond jaillit du haut parleur :

-Soyez prudent SG1 vous avez trois heures.

 

Chevron 7 enclenché

 

La lumière bleue envahit la salle d’embarquement et Sg1 avança vers l’anneau brillant,

Sam  se rappela à ce moment là son émotion la première fois qu’elle avait franchi cette porte, maintenant nous faisons cela presque machinalement comme on irait au bureau pensa –t-elle.

Un  tourbillon les enveloppa, une légère nausée, comme un vertige, tout sembla se dissocier  et puis  d’un coup ils se retrouvèrent dans une pièce peinte en couleur vive, un signal d’alarme hurlant à leurs oreilles.

 

-Où sommes –nous ? Cria Daniel

-Bah ça alors, O’Neill relevant la tête vit au dessus de lui comme des lampes, sauf que ce n’était pas des lampes, enfin ça y ressemblait.

-Je n’ai jamais vu un endroit pareil on dirait un décor futuriste.

 

Il descendirent des  plots et avancèrent jusqu’au milieu de la pièce qui n’était pas très grande. Devant eux il y avait une console avec des ordinateurs.

Brusquement un groupe de personnes fit irruption dans la salle. Ils avaient l’air humain et étaient vêtus de pantalons noirs et de tuniques de couleurs vives, jaune doré, rouge ou bleu.

 

-Ne  faites pas un geste , posez vos armes sur le sol, l’homme qui venait de parler   brandissait une sorte d’arme que SG 1 n’avait jamais vue, c’était une arme  de poing de forme allongée, mais ce n’était pas une arme Go’auld.

 

O’Neill jeta :

 -Faites ce qu’il dit.

En disant ces mots il défit la bandoulière de sa mitraillette et la posa sur le sol. Tout le monde fit de même.

L’homme vêtu de rouge avança vers eux d’un air menaçant :

-Qui êtes vous ?

Le colonel O’Neill prit la parole :

         -Je suis le colonel O’Neill, et voici le major Carter, Le Docteur Daniel Jackson et Teal’c.

 

Au même moment les portes rouges s’ouvrirent avec un chuintement et un homme jeune vêtu d’une tunique dorée entra d’un pas vif. Il jeta un regard surpris au groupe devant lui, puis il se tourna vers celui qui tenait l’arme :

 

-Monsieur Scott, que se passe – t-il ?  Où est notre équipe ?

-L’alarme s’est déclenchée quand le téléporteur a été activé, Capitaine, et ces … personnes …   étaient là dans la pièce, je ne comprends pas Monsieur ajouta –t-il l’air étonné.

 

Sans plus attendre le capitaine ordonna d’un ton sec :

-Remontez immédiatement nos hommes, Energie..

Dans un scintillement le rayon bleuté ramena une équipe de 5 personnes qui aussitôt quittèrent la pièce, et se tournant vers SG1 l’homme à la tunique dorée ajouta :

-je suis le capitaine Kirk du vaisseau spatial Entreprise et vous qui êtes vous ?

 

O’Neill refit les présentations.

Kirk les regarda avec insistance :

-Ne restons pas ici.

 Et appuyant sur un intercom il appela :

-Sécurité, 4 hommes en salle de téléportation n° 1.

 

Encadrés par des hommes en arme les naufragés de l’espace   empruntèrent un long couloir et tout le monde se retrouva dans une salle qui semblait être une salle de réunion.

O’Neill ne disait rien, il jetait des regards surpris autour de lui et se rapprochant de Sam :

-Vous comprenez ce qui se passe Major ?

-Oui mon colonel, et elle ajouta tout bas : il semble que nous ayons été pris dans un rayon de téléportation, mais sans pouvoir consulter l’ordinateur de la base je ne peux rien faire, mais je pense que des interférences…

-Major !

Sam avec un petit sourire :  

-Oui mon Colonel

-Je vous demandais simplement si vous compreniez quelque chose, c’est tout.

Sam hocha la tête en silence avec un sourire.

 

Ils s’installèrent tous autour de la table toujours encadrés par les hommes armés.

-Est-ce bien nécessaire tout cela ? dit O’Neill nous ne sommes pas méchants…

Daniel comme à son habitude prit la parole :

 -Nous sommes des explorateurs pacifiques, nous cherchons à établir des contacts avec les populations que nous rencontrons.

Kirk lui coupa la parole un peu sèchement :

-D’où venez-vous ? Etes-vous militaires ?

 

O’Neill répondit :

 -Oui, je suis colonel dans l’armée de l’air des Etats Unis et Le major Carter aussi, en disant cela il désignait Sam, le Docteur Jackson et Teal’c sont des civils. Il n’ajouta rien de plus, inutile pour l’instant de parler du Jaffa.

 

Le capitaine les détailla trouvant un peu étrange leur vêtements, cela lui rappela vaguement quelque chose mais il ne savait pas quoi :

-C’est étrange, dit-il ces uniformes ne sont en plus en vigueur depuis longtemps, je répète ma question d’où venez-vous ? Ajouta –t-il un peu sèchement.

 

-Je vous assure que je ne suis pas le seul sur terre à porter cet uniforme, ajouta O’Neill d’un air détaché , ce matin à la base il y avait plein de gens habillés comme moi, enfin du moins… je crois…

-Quelle base ?

-Alors ça je ne peux rien dire…

 

Un homme au visage allongé, au teint verdâtre, et vêtu de bleu qui n’avait rien dit jusque là prit la parole :

-Je crois que je comprends Capitaine, on devrait peut être leur demander quelle est la date d’aujourd’hui ?

Kirk lui jeta un regard furtif :

-Vous pensez à quoi Monsieur Spock ?

 

-Nous sommes le 15 février 2003 dit Daniel et en prononçant ces mots il regarda autour de lui et vit sur les visages de l’étonnement qui se changea bientôt en stupeur.

Interloqué Kirk reprit :

-Nous sommes en 2267.

Puis se tournant vers l’homme en bleu :

-Spock vous devriez consulter les ordinateurs du vaisseau pour voir si un événement important ne s’est pas déroulé le 15 février 2003. En attendant je propose que nos invités soient conduits dans leur quartier.

 

Un silence de mort régnait dans les quartiers qui avaient été attribués à SG1.

La nouvelle était dure à digérer, ils avaient fait un bond de 264 ans dans l’avenir.

O’Neill tournait comme un lion en cage, Teal’c restait impassible comme d’ habitude, Daniel semblait un peu perdu, il n’avait pas de hiéroglyphes à déchiffrer et ne savait comment se rendre utile. Tous les regards convergèrent vers  Sam :

 

-J’essaie de comprendre mon colonel, nous avons du être interceptés par un rayon de téléportation, peut –être sommes-nous passés près d’une éruption solaire qui nous aurait fait faire un bond dans le futur, un peu comme ce qui nous est arrivé l’an dernier quand nous nous sommes retrouvés en 1969, dans le passé de la terre. Seulement il semble que nous ayons aussi changé de lieu, nous aurions du arriver sur PX 382, ou rester sur terre. Apparemment nous sommes sur un vaisseau spatial, mais je n’ai aucune idée de l’endroit de l’espace où nous nous trouvons.  De plus  nous ne savons pas si nos hôtes sont des amis ou des ennemis. Tout ce que je peux dire c’est que ce ne sont pas des Goa’ulds je le sentirais.

-Ils n’ont pas l’air hostile, répondit O’Neill, vous devriez essayer de parler à celui qui a des oreilles pointues il vous ressemble un peu.

Et comme Sam sursautait :

-Quand je dis qu’il vous ressemble, major, c’est une façon de parler c’est un scientifique comme vous !

Sam poussa un soupir de soulagement :

-J’aime mieux ça mon colonel.

-Il nous suffirait de faire l’opération inverse pour revenir à notre époque, suggéra Daniel, je ne suis pas très calé en déplacements spatiaux temporels, mais cela me semble évident.

-Nous reviendrions à notre époque peut-être répondit Sam mais pas forcément dans le même lieu. Il faudrait que j’en sache un peu plus. Vous avez raison mon colonel, il faut que je parle à cet homme.

Et disant ces mots elle s’approcha de la porte celle-ci s’ouvrit à son grand étonnement. Ils se croyaient enfermés et gardés par des hommes en armes.

Ils sortirent, pas un homme de la sécurité en vue.

-Ils ont du penser qu’on était pas dangereux peut-être dit Teal’c

O’ Neill répondit sans hésiter :

-Et si on allait faire une petite reconnaissance, mais restons prudents, nous n’avons plus d’armes.

Ils n’avaient pas fait trois pas hors de la cabine qu’ils se heurtèrent à Spock qui arrivait dans le couloir.

-Où allez vous donc ?

-Euh… Faire une petite exploration, on aimerait bien savoir où on est.

-Venez avec nous on va voir ce qu’on peut vous dire ajouta Spock d’un ton froid.

O’Neill le prenant de haut :

 -comment ça ce qu’on peut nous dire !

Sam chuchota à l’oreille de Jack :

-Vous savez bien mon colonel, le paradoxe temporel

-Ah oui, l’histoire du grand père, je vois ce que vous voulez dire. Si on remonte dans le temps on risque de tuer son grand père et de ne pas voir le jour, vous savez  Major ce que j’en pense…

 

Dans la salle de réunion

 

Le capitaine Kirk les invita à entrer :

-Installez-vous.  Monsieur Spock votre rapport :

-Oui capitaine, j’ai consulté les archives militaires de la terre à la date du 15 février 2003 et également la quinzaine qui a précédé et celle qui a suivi. Je n’ai rien trouvé de notable sur le plan scientifique, une fusée Ariane  a été lancée, mais elle a mis en orbite des satellites de communication. A part les nombreuses guerres un peu partout sur la planète, des menaces de conflit contre l’Irak, des actes de terrorisme…  je n’ai rien trouvé expliquant un déplacement temporel.

-Seriez-vous en échec Monsieur Spock ?  Le capitaine avait un étrange petit sourire.

-A mon grand regret, oui Capitaine.

 

Puis Kirk se tourna vers nous :

-Avez vous une idée de la manière dont vous êtes arrivés ici ?

En disant ces mots il ne regardait que Sam, celle-ci lui répondit :

-Oui monsieur, je pense que nous avons été interceptés par un rayon de téléportation au moment où nous passions la porte des étoiles. Pourtant ce qui me surprend c’est que ce n’est pas un rayon Asguard, ce sont les seuls à pouvoir se téléporter, à ma connaissance tout au moins.. Cependant j’ai bien une petite idée…

 

Jack pensa :

 Voilà elle est repartie, elle est bien capable de leur mettre la pâtée à ces astronautes du 23 ème siècle, même celui aux oreilles pointues qui n’a pas vraiment l’air idiot. Quant au capitaine, il boit littéralement les paroles du major, c’est vrai qu’elle est belle quand elle s’anime , la passion se lit sur son visage, mon Dieu que c’est dur …ce foutu règlement…

O’Neill s’énervant un peu :

-Maintenant si on mettait carte sur table, vous êtes qui et on est où ?

Kirk calmement :

-Sur le vaisseau spatial « Entreprise » en route vers la planète Altaïr. A quelle vitesse sommes-nous monsieur Spock ?

-Distorsion 6, répondit Spock sans même consulter l’ordinateur.

-Cela répond-il à vos questions ? La voix du capitaine était sèche, dépourvue de chaleur. Il se méfiait de ces inconnus, ce soit disant colonel avait une façon de parler qui ne cadrait pas du tout avec les règles militaires. Kirk en savait quelque chose, il était lui même capitaine sur un vaisseau de Starfleet, où l’on ne badinait pas avec la discipline.

-Ouais… J’aimerais bien savoir comment je peux rentrer chez moi, ajouta O’Neill.

 

Sans répondre à la question Kirk ajouta :

-Voudriez vous visiter le vaisseau ?

Et disant ces mots il regarda Sam avec tant d’insistance que celle-ci détourna le regard un peu gênée.

-D’accord, mais qu’il arrête de regarder Sam de cette façon, pensa O’Neill furieux.

 

Tout le monde se leva en même temps. Et la visite commença. Sam était émerveillée de tout ce qu’elle voyait,  il y avait sur ce vaisseau un confort qui était loin d’exister sur les vaisseaux militaires où sur ceux qu’elle avait pu voir au cours de ses missions. Ils avaient même des synthétiseurs de nourriture, il suffisait de commander un plat et l’ordinateur vous le servait aussitôt. Jack fit une grimace de dégoût devant son café, il lui trouva un goût de moisi.

-Rien ne vaut un bon café fait maison dit-il

-Moi je trouve ce café absolument génial dit Teal’c et il éclata de rire.

Tous se regardèrent avec inquiétude :

-Teal’c, vous vous sentez bien ?

-Parfaitement bien Daniel Jackson !

-Oh c’est rien dit O’Neill sans sourire, sans doute une plaisanterie Jaffa !

 

 

La visite continua, puis à un moment donné Jack se retrouva seul avec Teal’c et Daniel, Sam n’était plus avec eux, O’Neill s’inquiéta :

-Où est le major Carter ?

-je crois qu’elle a pris ce couloir à droite, il me semble l’avoir vue, partir avec le capitaine, en disant ces mots Daniel jeta un petit coup d’œil à O’Neill, la réaction fut prévisible.

O’Neill rugit :

-Quoi, ce bellâtre, ce pantin baveux…

Teal’c remarqua d’un air impassible :

- je n’ai pas remarqué que le capitaine bavait, Colonel O’Neill.

O’Neill un peu gêné de son éclat se tut tandis que Daniel ne put dissimuler un petit sourire, il ajouta d’un air un peu moqueur :

-Vous pouvez me rappeler Jack, ce que vous avez fait avec Sam dans la boucle temporelle ?

 

Pour une fois O’Neill n’eut pas le dernier mot.

 

Sur la passerelle

 

Les portes rouges s’ouvrirent à la sortie du turbolift et Sam pénétra pour la première fois sur la passerelle de l’Entreprise. Elle s’arrêta un instant, intimidée, et ses yeux se rivèrent sur l’écran géant installé devant le fauteuil du capitaine. Les étoiles semblaient se mouvoir dans des effilochures de lumière blanche. C’était un spectacle  magique.

Kirk avec un sourire se méprit sur l’attitude de Sam et crut bon de lui expliquer :

-Nous sommes en vitesse de distorsion, c’est pourquoi nous avons l’impression que les étoiles bougent.

Kirk pensait qu’en 2003  ils n’avaient pas de vaisseaux qui allaient à de telles vitesses, et qu’elle devait être  stupéfaite. Il s’attarda un moment sur elle et la trouva vraiment très jolie, mais cet uniforme masculin ne la mettait pas du tout en valeur.

Sam avec un sourire illuminant son visage,

-Oui je sais, et elle regarda avec plus d’attention son interlocuteur. Il était jeune, 35 ans peut-être, les cheveux châtain et les yeux noisette, un sourire charmeur. Un sentiment mitigé l’envahit à cet instant, une sorte de méfiance, comme si cet homme pouvait être dangereux.

Kirk reprit :

- Pourtant à votre époque il n’y a pas la distorsion, ni les téléporteurs.

-Non, pas sur terre, mais avec la porte des étoiles on a eu accès à d’autres planètes. Et puis les vaisseaux goa’uld  ont la distorsion et des anneaux de transport, et les Asguards ont des téléporteurs de très grande puissance.

Sam continua un moment sur ce ton,  elle paraissait très à l’aise au milieu des officiers de la passerelle.

A ce moment la porte s’ouvrit, O’Neill déboula dans la pièce et se retrouva au pied du fauteuil du capitaine.

-Oui colonel O’Neill, vous désirez quelque chose ? dit Kirk ironiquement

Et voyant Sam en grande conversation avec Spock et le Docteur Mac Coy il se calma aussitôt, il avait cru que ce bellâtre…

O’Neill un peu gêné :

-Euh… euh… non… en fait… tout va bien…   On voulait juste savoir une chose sur notre avenir…

-Mon colonel ! Cria Sam, je vous ai déjà expliqué…

-Oui Major, je sais, mais c’est un avenir lointain, on sait bien que dans 264 ans on sera tous morts… alors ? Où est le mal ?

 

O’Neill était furieux de l’interruption de son major, elle lui avait souvent répété que moins on en sait sur l’avenir moins on risque de le changer. Tout changement même infime peut avoir des répercussions. Mais il ne voulait tenir aucun compte de ses avertissements.

-Je voulais juste savoir ce qu’il en était des Go’aulds, ajouta O’Neill

Spock prit la parole :

-les Go’aulds ?  je n’ai pas vu ce mot dans les archives pour la période de février 2003.

O’Neill se tournant vers Daniel : expliquez lui.

Alors Daniel se lança dans un long discours sur les Go’auld, la porte des étoiles, les dieux égyptiens, leurs diverses missions,  cela dura longtemps très longtemps. Le colonel étouffa un bâillement :

-Abrégez Daniel, vous n’avez pas besoin de raconter tout cela.

Tous écoutaient sans dire un mot, puis quand Daniel eut fini

-Fascinant ! Jeta Spock 

Le regard du Capitaine passa de l’un à l’autre, et s’attarda un peu plus sur Sam, pas longtemps, quelques secondes, mais encore de trop aux yeux du colonel qui rongeait son frein.

-Nous n’avons jamais entendu parler de cette porte des étoiles, c’est vraiment extraordinaire, mais comment tout cela a –t-il pu rester secret ?

-La base est profondément enfouie dans le sol sous une montagne. Les Go’aulds ne pouvant  passer la porte en raison de l’iris hyper résistant que le général Hammond a fait construire. Après un instant de silence se tournant vers O’ Neill ,  Daniel  cria presque réalisant brusquement qu’au 23e siècle ils ignoraient tout des Goa’ulds :

-Rendez vous compte Jack, s’ils n’ont jamais entendu parler des Goa’ulds, c’est parce qu’ils ont été détruits ! C’est fantastique !

Un large sourire inonda le visage de Teal’c. Dans sa joie il prit dans ses bras l’officier des communications le lieutenant Uhura, une superbe noire qui n’avait encore rien dit. Il la fit tournoyer dans les airs en poussant un cri de triomphe

         -Nous avons vaincu les Goa’ulds !  Nous avons vaincu les Goa’ulds !

 

 Il reposa une Uhura stupéfaite dans son fauteuil et se tourna triomphalement vers O’Neill :

-Rendez vous compte Jack O’Neill, Apophis est mort, yu, Soccar, Osiris, Tanis, tous les grands maîtres, tous ces faux dieux qui ont perpétré tant de massacres, c’est un jour béni aujourd’hui, celui où nous avons appris que les Goa’ulds étaient morts.

Personne n’avait jamais  vu Teal’c auparavant dans un tel état. Il sautait de joie au milieu de la passerelle, on aurait dit un enfant venant d’ouvrir ses cadeaux de Noël !

 

Sam aussi se réjouissait d’une telle chose, mais elle ne pouvait s’empêcher  d’être inquiète, elle ne disait rien. O’Neill vit une lueur dans ses yeux, lueur qu’il connaissait bien…

-Qu’y a t-il Carter ? Vous ne semblez pas vous réjouir de la défaite de nos ennemis ?

-Je ne peux m’empêcher d’être inquiète mon colonel, tout cela n’est pas encore arrivé. Quand nous retournerons dans notre époque, si nous y retournons, la lutte sera encore à mener, et sachant le résultat j’ai peur que nos motivations ne soient  moins grandes.

O’Neill s’agitait et commençait à trouver que Sam exagérait un peu :

-Mais Major cela arrivera, nous en avons la preuve aujourd’hui.

Sam le regarda longuement avant d’ajouter :

-Ce n’est pas si simple mon colonel, l’avenir n’est pas écrit, il dépend de toutes les décisions que l’on prend où que l’on ne prend pas.

 Rappelez vous le miroir quantique, à chaque décision que l’on prend un univers parallèle se crée. Nous en vivons actuellement un, il a été généré par des milliards de décisions prises par plusieurs générations sur une période de 264 ans.

O’Neill insista :

-Mais Major cela arrivera, nous en avons la preuve aujourd’hui !

-Non mon colonel Il y a fort peu de chance que dans 264 ans ce soit exactement cette réalité là qui soit. De plus je pense qu’il y aura des mondes envahis par les Go’aulds et des mondes sans ; des mondes détruits  par les réplicateurs et d’autres pas, sans compter toutes les autres catastrophes galactiques à laquelle je n’ose même pas songer.

O’ Neill se prenant la tête :  

-Taisez vous Carter, vous me donnez la migraine.

 

Mon colonel je ne faisais que ….

 

-Ahhhhhhhhhh ! 

 

Pendant ce temps les officiers de l’Entreprise ne disaient rien, ils étaient confrontés au même problème, que dire à ces étrangers venus du passé ? Tous avaient en mémoire le voyage dans le passé de la terre , cet épisode tragique qu’ils avaient vécu dans les années 1930,  le jour où Kirk dût laisser mourir Edith Keeler, son amour… Si celle-ci avait vécu le mouvement pacifiste qu’elle dirigeait aurait empêché les USA d’entrer dans la 2è guerre mondiale, et les allemands auraient gagné la guerre. Toute la politique mondiale en eut  été changée.  On n’a pas le droit d’intervenir sur le passé ou sur l’avenir sans risquer les conséquences les plus graves.

 

Une ombre passa sur le visage du capitaine Kirk, puis après un long silence il déclara :

-Je crois qu’il est temps d’organiser votre retour. Mais avant oublions tout cela et détendons nous un peu, je crois que nous en avons bien besoin.

 

Mess des officiers

 

La soirée battait son plein, tout le monde avait un peu bu, et bien que l’alcool ne soit pas autorisé sur le navire le docteur Mac Coy avait déniché une bouteille de brandy, Scott, une bouteille de scotch et Kirk, un fond de bière romulanaise parfaitement interdite dans toute la Fédération.

L’ordinateur de bord avait diffusé des musiques de danse au rythme enlevé en début de soirée et maintenant la musique avait changé et sur les premières notes d’un slow langoureux, O’Neill se précipita vers Sam, mais Kirk l’avait déjà devancé, et s’inclinait devant la jeune femme.

-Mademoiselle si vous me permettez,

Sam lui sourit et mit sa main dans celle du capitaine.

O’Neill ravala sa rage et bon joueur se recula mais ne quitta pas le couple des yeux. Pendant qu’elle dansait Sam regarda par dessus l’épaule de Kirk et vit le visage furieux de son colonel. Elle en fut surprise et un peu émue aussi, peut-être que … mais elle se morigéna  intérieurement, il ne fallait pas trop rêver.

A la fin de la danse Sam chercha le colonel des yeux et le vit s’approcher  d’une grande blonde au chignon très élaboré, vêtue d’une courte jupette bleu clair.

Sam trouvait  que les femmes étaient  bien peu couvertes sur ce vaisseau  et puis cette tenue ne devait  pas être très pratique pour aller en mission. Elle chercha à déchiffrer des émotions sur le visage du colonel, mais celui-ci pareil à lui même restait impassible, impénétrable.

Puis la musique s’arrêta et le capitaine proposa à tout le monde de se retirer dans ses quartiers il était tard et la mission de retour commencerait bientôt, et elle serait délicate il fallait que tout le monde soit en forme.

 

 

Dans les quartier de SG1

 

O’Neill d’un ton sec :

-Allez les enfants tout le monde au lit.

Ils répondirent tous en cœur :

-Oui mon colonel.

Tous se couchèrent mais aucun ne put trouver le sommeil.

Jack se leva entendant du bruit et il alla frapper à la porte du major. Elle ouvrit aussitôt, elle n’était vêtue que d’une chemise légère, et il ne put retenir un hoquet de surprise.

-Excusez moi, major, je suis désolé…

-Non, entrez mon colonel, je ne dormais pas.

Elle s’effaça pour le laisser entrer. Il sentit le léger parfum de ses cheveux et une envie irrésistible s’empara de lui. Il leva la main dans l’ébauche d’une caresse, puis son bras   retomba le long de son corps.

Sam avait vu le geste elle rougit :

-Vous vouliez me voir mon colonel

- C’est ça fait moi du  « mon colonel »  pour casser l’ambiance y’a pas mieux, pensa Jack un peu dépité.

-Je n’arrivais pas à dormir Major, je crois que vous non plus. Il y a quelque chose qui vous tracasse ?

-Oui mon colonel, c’est notre voyage de retour, il dépend de tellement de paramètres, il nous faut trouver une éruption solaire pour rentrer à notre époque et qu’un rayon de téléportation nous fasse revenir à notre point de départ, c’est quasiment mission impossible.

 

Les larmes n’étaient pas loin, O’Neill  s’en aperçut et il la prit dans ses bras. Elle eut un instant de recul puis elle posa la tête sur l’épaule de son colonel. Elle s’y trouvait bien, et donna libre cours à ses larmes.

Puis se dégageant :

-Excusez-moi mon colonel cela ne fait pas très militaire. Je suis vraiment désolée.

O’Neill un peu embarrassé par ce chagrin :

-C’est vrai ce n’est pas très militaire, mais c’est humain.  Et si nous dormions un peu maintenant, je crois que la journée de demain va être rude.

A regrets il quitta la chambre de Sam, ayant encore l’impression d’avoir raté quelque chose. Il aurait pu en profiter, elle n’aurait peut être pas demandé mieux, mais  ce n’était  vraiment pas son  genre, en fait il devait s’avouer qu’il n’aurait jamais pu faire cela.

 

Salle de réunion

Le lendemain l’équipe de SG1 au grand complet et les officiers de l’Entreprise se retrouvèrent pour un briefing.

Apparemment peu avait dormi. Il est probable que l’équipe de l’entreprise avait passé une partie de la nuit à essayer de trouver une solution. Spock égal à lui même était prêt à rendre son rapport :

-Capitaine, dans exactement 15 jours 19 minutes il y aura une éruption solaire sur Eridani, qui , comme vous le savez est l’étoile de vulcain et tous les 155 jours précisément une éruption solaire majeure a lieu sur cette étoile. Nous sommes à 11 jours de Vulcain et en nous y rendant tout de suite cela nous laisserait le temps d’affiner nos calculs  et de mieux programmer le retour vers la terre de nos invités.

Le capitaine Kirk aussitôt lança un ordre :

-Introduisez les coordonnées de Vulcain, distorsion maximum.

O’Neill trouvait que 15 jours cela faisait un peu long, mais quand il vit le sourire radieux de Sam il capitula. En effet quoi de plus merveilleux pour une scientifique de la trempe de Carter de pouvoir étudier pendant deux semaines un tel vaisseau.

-Il me reste à vous souhaiter un bon séjour parmi nous continua le capitaine Kirk, et disant ces mots il ne voyait que Sam, celle-ci détourna les yeux , gênée.

 

Dans le couloir qui menait à leur quartier O’Neill était furieux :

-Enfin Carter comment pouvez-vous laisser ce capitaine vous regarder et vous parler de cette façon !

Carter interloquée :

-Comment mon colonel ? Jaloux !

O’Neill furieux de s’être laissé découvrir :

-Jaloux, moi jamais. Et il s’éloigna d’un pas rapide  dans la direction de sa chambre.

Cela faisait deux fois en peu de temps qu’il n’avait pas le dernier mot. Il ne se sentait  vraiment pas dans son état normal.

C’est la présence de ce capitaine qui me fout dedans pensa –t-il. En fait il avait surtout très peur que Sam ne réponde aux avances de Kirk. Il avait ouï dire par l’équipage que Kirk était un sacré coureur de jupon et que peu de femmes pouvaient lui résister, qu’il laissait derrière lui des cœurs brisés, mais qu’en fait il était surtout marié à son vaisseau. Le colonel essaya de se réconforter en se disant que Carter avait plus de discernement que n’importe quelle autre femme, que ce qu’elle voulait c’était du durable et non pas une amourette passagère, enfin c’est ce qu’il pensait, mais au fond de lui même il n’en était pas sûr du tout. Il décida de faire confiance à Carter, après tout elle était libre de faire ce qu’elle voulait, il n’avait pas à intervenir.

Il finit par sombrer dans un profond sommeil.

 

 

Pour le colonel le voyage s’étira lentement, Carter était invisible, dans la salle des machines avec Monsieur Scott, ou sur la passerelle avec Spock. O’ Neill voyait le plaisir qu’elle avait à parler sciences, choses auxquelles il ne comprenait rien. Carter pourtant essayait bien de lui expliquer, mais son esprit se fermait et puis quand elle parlait il ne voyait que sa bouche aux lèvres pleines, ses dents si blanches, ses yeux si bleus , ses cheveux si blonds, son visage si merveilleux…

O’Neill traîna sa grande carcasse dans tout le vaisseau, mais ces couloirs étaient si longs ; il y avait tellement de ponts, et d’ascenseurs, que bien vite il se lassa. Toute cette inaction lui pesait.

 

Teal’c profita de ces longues heures pour pratiquer le kel’no’rim. Il y avait longtemps qu’il n’avait pu se livrer en toute tranquillité à sa méditation favorite, parfois il avait à peine le temps de se ressourcer et cela lui faisait beaucoup de bien. Et puis son cœur était en paix, dans ce merveilleux 23è siècle il n’avait plus d’ennemis, et cela suffisait à le combler.

 

Daniel avait trouvé dans les archives du vaisseau de quoi sustenter sa passion de linguiste, en effet des milliers de langues de milliers de mondes étaient répertoriées et il n’aurait pas eu assez d’une vie entière pour les étudier. Il travaillait des jours et des nuits durant dans la salle informatique perdant ainsi toute notion du temps.

 

O’Neill était allongé sur son lit quand une voix dans l’intercom l’appela :

-Colonel O’Neill voulez vous venir sur la passerelle.

 

Sur la passerelle toute l’équipe de SG 1 était là. Devant eux une boule de feu envahissait l’écran, elle était énorme et de nombreuses protubérances de flammes liquides se propulsaient dans le vide glacé et noir de l’espace. L’effet était fantastique et tous fixaient l’écran bouche bée.

Le capitaine Kirk n’était jamais blasé de ce genre de spectacle et il s’amusait cependant de l’ébahissement de l’équipe de O’Neill :

-Alors colonel, qu’en pensez-vous ?

Le colonel pour une fois avait du mal à trouver ses mots :

-C’est le soleil qui…  Enfin… va nous ramener ?

-Oui mon colonel, c’est Eridani,

Sam s’embarqua alors dans une description des calculs infiniment compliqués qu’elle avait réussi à faire avec l’aide de Spock.

-Carter !

 

-Oui mon colonel. A chaque fois c’était la même histoire, comme un jeu entre eux, elle commençait une explication hyper scientifique et O’Neill la coupait en faisant semblant d’être en colère.

-Allez droit au fait major va –t- on rentrer chez nous ?

-Exactement dans 23 minutes et 17 secondes conclut Spock froidement.

-Il est temps de vous préparer, ajouta Kirk, nous allons vous rendre vos armes, rendez vous dans 15 minutes en salle de téléportation.

Les dernières minutes passèrent à une vitesse folle, une excitation s’empara de SG 1 qui se retrouva bientôt sur les plots de téléportation.

 

Le capitaine Kirk, Spock, le docteur Mac Coy, Scott ils étaient tous là pour leur dire au revoir. Malgré les 264 ans qui les séparaient ils n’étaient pas si éloignés que cela, la porte des étoiles avait permis à ces terriens de faire des pas de géants dans la découverte spatiale, également dans la compréhension de l’humanité, non Kirk n’était pas fâché de les avoir rencontrés.

-Energie ! 

O’Neill prit la main de son major dans la sienne et dans un scintillement bleuté ils se dématérialisèrent.

 

Un  tourbillon les enveloppa, une légère nausée, comme un vertige, tout sembla se dissocier  et puis  d’un coup ils se retrouvèrent dans une pièce peinte en couleur vive, un signal d’alarme hurlant à leurs oreilles.

 

*************************************************************************

2

LE GARDIEN DE L’ETERNITE

 

 

 

 

 

l’Entreprise

 

La vision de Sam était légèrement brouillée et elle avait du mal à accommoder. Elle distingua vaguement la salle de téléportation de l’Entreprise, et le visage surpris de ses compagnons.

O’Neill avec un soupir :

-Je crois Major, que vos brillantes théories et celle de ce … monsieur, ont foiré…dit-il en montrant un Spock aussi surpris qu’eux qui leva un sourcil comme seul signe d’étonnement,

Sam découragée n’était pas loin des larmes

-Que s’est-il passé ? Monsieur dit-elle en s’adressant au capitaine

 

Au même moment le vaisseau fit une embardée  et sortit brutalement de l’hyper espace.

 

-Monsieur Sulu que se passe-t-il ?

La voix de Kirk semblait inquiète

-Vous n’allez pas en croire vos yeux Capitaine mon chronomètre indique que nous sommes toujours le 15 mars 2267

 

Jack se tourna vers Carter et capta son regard inquiet :

-Encore un raté Major ? Ne put-il s’empêcher de dire. Mais devant les larmes qui pointaient au bout de ses cils de Sam, il regretta aussitôt ses paroles.

 

 

Le capitaine marchait d’un pas vif vers la passerelle, en chemin il interpella Spock

-Monsieur Spock il va me falloir de bonnes explications !

 

Les portes rouges s’ouvrirent à la sortie du turbolift et Kirk se dirigea vers son fauteuil.

-Où sommes nous Monsieur Sulu ?

-Toujours en orbite autour d’Eridani mais il semble que nous nous en soyons éloignés de cent mille kilomètres.

 

Sam s’adressa alors au Capitaine Kirk :

-Monsieur, avez-vous déjà voyagé dans le temps ?

 -Cela nous est arrivé une fois par erreur et une fois volontairement quand nous sommes remontés aux environs des années 1960 sur terre pour faire des études historiques, et une autre fois… Le visage de Kirk s’assombrit et il ne finit pas sa phrase.

 

-Et comment êtes-vous retournés à votre époque ?

-En utilisant un soleil comme nous venons de le faire, il n’y a aucune raison logique à cette situation, il va falloir reprendre les calculs depuis le début répondit Spock, il se lança alors dans des explications que seule Sam pouvait comprendre.

 

 

Découragés les membres de SG1 retournèrent dans leur quartier, sans dire un mot, l’ambiance était lugubre, même le colonel ne disait plus rien. Daniel s’enferma sans un mutisme profond, Teal’C se calma les nerfs par la méditation, quant à Carter elle tournait comme un lion en cage.

-Carter arrêtez vous, dit le colonel vautré dans un fauteuil.

-Mon colonel, je réfléchis, mais je ne vois aucune solution. Le retour au passé par les éruptions solaires ayant échoué, je crois que nous sommes condamnés à rester à cette époque. Peut-être devrions nous demander au capitaine de nous déposer sur une planète agréable et d’envisager de refaire  notre vie.

Le colonel la regarda très inquiet :

-Carter vous baissez les bras ! Cela ne vous ressemble pas !

-Mon colonel, cette époque nous dépasse, nos connaissances sont infiniment moins avancées, même avec ce que nous avons appris grâce à la porte des étoiles.

-Avancées peut-être ricana le colonel, en attendant ils sont incapables de nous ramener chez nous !

-Et si vous retourniez parler un peu à ce monsieur Spock suggéra timidement Daniel. Il a parlé de refaire les calculs vous pourriez peut –être l’aider ?

-Oui et puis cela vous calmera les nerfs ajouta O’Neill d’un ton bourru.

-D’accord mon Colonel.

 

Dans les couloirs de l’Entreprise, Sam rencontra de nombreux officiers qui lui dirent des mots de sympathie, l’assurant qu’ils rentreraient bientôt à leur époque. Elle les remercia avec un pauvre sourire. En fait elle se sentait parfaitement inutile sur ce vaisseau dont elle ne connaissait pas la technologie. C’est ça qui la minait. Sur un vaisseau Goa’uld elle aurait trouvé tout de suite de quoi s’occuper, là elle se sentait impuissante.

 

Sur la passerelle l’image d ’ Eridani était toujours sur l’écran, mais les éruptions solaires avaient disparu. Elles ne se reproduiraient pas avant 251 jours 21 heures et 13 minutes lui expliquèrent Spock. Il n’était pas question d’attendre jusque là.

 

Sam et Spock à l’aide des ordinateurs du vaisseau essayaient de comprendre ce qui n’avait pas marché dans leur essai de retour à leur époque. C’était décourageant, ils n’avaient fait aucune erreur et pourtant cela n’avait pas fonctionné.

 

Spock se tourna vers le capitaine

-Oui, Monsieur Spock, vous avez une idée ?

-En effet, mais elle est très risquée

-Je vois ce que vous voulez dire, la planète du Gardien n’est ce pas ? En effet je ne suis pas très chaud pour cette solution, et puis cette planète est totalement interdite. Il nous faudrait des autorisations spéciales, faire intervenir de puissantes relations sinon on peut tirer un trait dessus.

 

 

En effet depuis deux ans que l’équipage de l’Entreprise était remonté dans le temps pour aller secourir le Docteur Mac Coy qui avait plongé dans l’anneau de pierre sous l’influence d’une injection massive de cordrazine, cette planète était interdite d’accès sous peine de sévères représailles. Le gardien était une sorte de machine surpuissante ou une personne doté de pouvoirs supranaturels on ne sait pas, mais cette machine permettait les voyages dans le temps, il suffisait de demander au gardien, il conduisait les voyageurs du temps à l’époque de leur choix. Naturellement le risque de changer le passé de la terre  étant si facile, les autorités des divers mondes avaient interdits tout accès à cette planète et le gardien était défendu par un champ de force hyper puissant.

 

Base de Cheyenne Mountain

 

Janet essuya une larme d’un geste furtif, elle ne voulait pas faire voir son chagrin, le général Hammond étant très affecté par la disparition de SG1. Le colonel O’Neill malgré son caractère et ses excentricités était plus qu’apprécié par le général, Sam était sa filleule, et il lui semblait avoir perdue sa propre fille. Depuis un mois que SG1 ne s’était plus manifesté, des opérations de secours avaient été lancées vers la planète PX 382. Aucune trace n’avait été trouvée, pas un relevé, rien  c’est comme si SG1 n’y était jamais venu, ils semblaient s’être volatilisé. Hammond avait bien sûr appelé la Tok’ra à l’aide. Jacob Carter le père de Sam était arrivé aussitôt, Anise-Freya aussi. Elle pâlit quand elle apprit la nouvelle, la disparition du colonel semblait l’affecter beaucoup.

Dans la salle de briefing un silence pesant régnait autour de la table, il y avait le général Hammond, Janet, le major Davis, Jacob Carter, Anise.

-Et si nous faisions appel aux Asgards, proposa Janet, SG1 leur a plusieurs fois sauvé la vie et je pense qu’ils pourraient nous aider.

-Ils ont un vaisseau pas loin de la terre en position d’attente expliqua Jacob, en effet il semble que des Goa’ulds aient des velléités de conquête. La mort d’Apophis a redonné espoir aux grands maîtres et ils se battent pour avoir la suprématie, et celui qui possèdera la Tauri aura un atout de choix dans sa manche.

-Contactons-les décida Hammond, mais si cela échoue, nous devrons considérer que SG1 ne reviendra pas. Sa voix se brisa sur ces mots.

 

 

l’Entreprise

 

L’Entreprise faisait route vers la planète du gardien en distorsion 8. Sam le nez collée à la vitre regardait défiler les étoiles en longues traînées lumineuses, sa pensée tournait au ralenti, elle ne savait plus rien, elle était ballottée par évènements alors qu’elle avait toujours pris sa vie en main. Sa formation de militaire convenait parfaitement à son tempérament actif, elle n’était jamais meilleure que dans l’action, dans la pression, quand les événements mettaient au défi sa redoutable intelligence et sa vivacité. Il lui fallait parfois trouver une solution en quelques secondes, elle devait soumettre au colonel en quelques instants un plan  de sauvetage qui bien souvent s’avérait être l’opération de la dernière chance. Mais là aujourd’hui dans ce monde inconnu elle se sentait inutile.

Le colonel s’approcha d’elle, il sentait son désarroi et chercha maladroitement des mots pour lui remonter le moral

-Vous savez Major, vous avez fait tout votre possible. Et puis nous avons vécu ensemble des situations pires que celle-ci, nous allons nous en sortir.

Sam éclata en sanglots, comme si son chagrin n’attendait que ces quelques mots pour rompre les digues. Elle se jeta dans les bras du colonel, qui, surpris, après un instant passa ses bras autour d'elle. A cet instant Daniel entra dans la pièce et comme il ouvrait la bouche pour faire une remarque O’Neill le fusilla du regard, et il resta la bouche ouverte frappé de stupeur.

Sam un peu gênée ravala ses larmes

-Excusez moi mon Colonel, je ne sais pas ce qui m’a pris.

-Ce n’est rien, juste un coup de blues, c’est ça Carter un coup de blues, dit-il en le regardant avec anxiété, vous allez nous sortir de là.

Sam fit un pauvre sourire

-A vos ordres mon colonel.

 

Pendant ce temps dans le mess des officiers Teal’c ne s’ennuyait pas. Monsieur Scott avait débouché une vieille bouteille d’alcool qu’il gardait au fond de son placard pour les grands jours. Tous les deux un verre à la main faisait assaut de plaisanteries et Teal’c de temps à autre partait d’un énorme rire qui faisait retourner tout le monde. Les deux hommes avaient apparemment le même humour ce qui est surprenant entre un Ecossais et un Jaffa, mais pourquoi pas ?

 

Monsieur Spock et le capitaine dans la cabine de celui-ci mettait en ordre leur plan de bataille pour les jours à venir. Comment obtenir les autorisations d’aller sur la planète du gardien et surtout de s’en servir ? Comment désactiver le champ de force protégeant l’anneau de pierre ? il leur restait moins d’une semaine de voyage en distorsion 8 pour atteindre la planète.

Les deux hommes étaient si concentrés que Kirk faillit ne pas entendre le message que lui adressait le lieutenant Uhura :

-Le capitaine est demandé de toute urgence sur la passerelle, le capitaine est demandé…

 

Sur la passerelle l’agitation était à son comble un énorme vaisseau inconnu emplissait tout l’écran. Il ne bougeait pas, et faisait face à l’Entreprise.

-Uhura, ouvrez une fréquence dit le capitaine d’un ton sec, en audio

-Je suis le capitaine James T Kirk du vaisseau spatial Entreprise, identifiez-vous.

Pas de réponse.

-Je répète, je suis …

Toujours pas de réponse Monsieur j’essaie toutes les fréquences.

-Monsieur Sulu que disent nos scanners ?

-Il y a 25 personnes dans ce vaisseau on dirait des humains, mais je sens une différence, que je ne peux pas identifier.

-Sont-ils en vie ?

Je ne sais pas Monsieur, ce n’est pas net, certains ont l’air en vie, d’autres sont morts.

-Allez me chercher SG1 dit le capitaine d’un ton bref.

 

O’Neill pénétra le premier sur la passerelle suivi de près par Sam et Daniel. Quant à Teal’c apparemment il était trop occupé à cuver une boisson dont il n’avait pas l’habitude.

 

Le colonel, Sam et Daniel comprirent aussitôt dès qu’ils virent le vaisseau.  Sam sursauta

-Oh mon Dieu !

Pour une fois le colonel resta muet et Daniel se frotta les yeux comme s’il voulait effacer une vision de cauchemar.

O’Neill se tournant vers le capitaine et dit d’une voix blanche :

-C’est un vaisseau Goa’uld, monsieur.

-Mais je croyais qu’il n’y avait plus de Goa’ulds à votre époque, Daniel se tourna vers Monsieur Spock.

-En effet nous n’en avons jamais entendu parler, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas.

Le visage d’O’Neill devint dur comme la pierre

-Saletés de serpents nous ne nous en débarrasserons donc jamais !

 

Pendant cet échange le capitaine avait longuement réfléchi

-Monsieur Spock préparez vous à être téléporté sur le vaisseau, le Docteur Mac Coy, et SG1 et moi même vous accompagneront.

-A vos ordres Capitaine dit O’Neill ironiquement.

Kirk sourit :

-Si vous acceptez bien sûr, Colonel

-C’est bon, bougonna Jack qui se sentit un peu gêné de son attitude.

 

Tout le monde se retrouva en salle de téléportation

Kirk et ses hommes étaient armés d’un simple fuseur et de leur appareil de communication et SG1 arriva armé jusqu’aux dents ce qui fit sourire Kirk

-Vous n’avez vraiment pas besoin de tout cela, ces armes ne sont plus adaptées maintenant, tenez prenez ceci, c’est beaucoup plus efficace et il leur tendit un fuseur à chacun.

-Nous gardons nos armes, elles ont fait leur preuve dans certains cas, répliqua O’Neill d’un ton sans appel, mais de quoi se mêle-t-il celui là pensa –t-il leur technologie n’est pas si brillante que cela, puisque nous sommes encore ici.

 

A ce moment la porte s’ouvrit et laissa passer un Teal’c absolument furieux, mais c’était une rage froide et calme, seuls ses yeux qui lançaient des flammes témoignaient de son tourment intérieur.

-Colonel O’Neill, j’ai appris qu’il y avait un vaisseau Goa’uld, je viens avec vous.

 

Dans un rayonnement bleuté  et froid ils se dématérialisèrent.

 

Sur le vaisseau ennemi il faisait un froid glacial de rares lumières éclairaient les vastes couloirs déserts. O’Neill marchait en tête prudemment un zatnictel à la main prêt à tirer au moindre danger. Il n’y avait pas un bruit, un silence mortel s’abattit sur les membres de l’équipe d’exploration. Pas un cadavre, rien que ce silence pesant.

Puis au détour d’un couloir une lumière plus forte et une longue silhouette blanche aux cheveux blonds bouclés s’avança vers eux. Dans sa main gauche brillait une pierre rouge.

-Osiris !

Ils avaient parlé tous ensemble ne comprenant pas ce qu’elle venait faire ici sur ce vaisseau fantôme, perdue à des milliers d’années lumière de la terre  et dans le futur.

-Sarah avait murmuré Daniel

Elle les regardait sans rien dire.

 

Aussitôt SG1 s’avança la menaçant de leurs armes, elle semblait seule.

Le docteur Mac Coy était surpris :

-Voyons, ce n’est qu’une femme ! Elle n’est pas dangereuse.

O’Neill ricana :

-Pas dangereuse, elle ! Elle a massacré plus de personnes qu’une armée entière dans toute une vie, ne vous fiez pas à son visage d’ange, elle est plus puissante et mauvaise qu’un démon.

-Si vous bougez ne serait-ce que le petit doigt je tire, Teal’c la contemplait avec dégoût, Donnez moi votre arme de poing. Se sentant menacée, toujours sans un mot  elle défit de sa main gauche la pierre et la tendit à Teal’c.

 

Pendant ce temps Sam et les  membres de l’Entreprise avait fait le tour du vaisseau, il n’y avait plus un seul survivant.

Sam fit son rapport au colonel qui décida d’emmener Osiris prisonnière sur l’Entreprise. Le vaisseau quant à lui  suivait docilement l’Entreprise prisonnier de son rayon tracteur.

Osiris fut enfermée dans une cellule de force, et tout le monde se retrouva dans la salle de briefing.

 

Mac Coy prit la parole

-Vraiment je ne peux pas croire qu’une si belle femme soit vraiment si corrompue, elle a l’air parfaitement inoffensive.

-Vous voulez que l’on vous parle de ses exploits ? Sam regarda du côté de Daniel d’un air gêné. Celui ci baissait la tête mal à l’aise. Il ne pouvait se défendre d’une certaine faiblesse vis à vis de celle qui avait été la jolie Sarah dans une autre vie. Une jeune archéologue talentueuse, dont la seule erreur avait été d’ouvrir une jarre funéraire contenant le Goa’uld Osiris. Cela Daniel l’expliqua d’un ton calme comme si ça ne le concernait pas directement. Bien entendu il ne dit pas que Sarah avait sa petite amie. Cela ne regardait pas les membres de l’Entreprise. Seuls ses amis de SG1 étaient au courant.

Il raconta comment Sarah s’était alliée avec Anubis pour défier les grands maîtres Goa’ulds. Et  comment elle avait failli le tuer, les tortures qu’elle était capable d’infliger à ses ennemis.

Le docteur Mac Coy était stupéfait. Lui dont la vie entière était consacrée à soigner les gens ne pouvait imaginer qu’il existât de tel monstre sous une forme aussi exquise.

-Et encore on ne vous dit pas tout, ajouta le colonel

-Qu’allez vous faire d’elle ? demanda Carter en s’adressant au capitaine Kirk.

Celui-ci avait l’air soucieux, apparemment il ne savait pas trop quoi faire de ce colis encombrant :

-Nous allons la remettre aux autorités de la Fédération, nous la déposerons sur la base stellaire 218 où elle sera jugée, et condamnée.

-la seule condamnation qui lui convient c’est la mort. O’Neill fixa le capitaine Kirk dans les yeux, si vous voulez je suis prêt à faire le sale boulot.

Kirk eut un haut le corps :

-Il n’en est pas question, la justice était peut-être expéditive sur la terre il y a 264 ans mais maintenant c’est terminé. Ce serait contraire aux principes même de paix et de tolérance qui ont présidé à la naissance de notre Fédération des planètes unies. En disant ces mots on devinait une certaine fierté chez le capitaine et une adhésion totale, aux principes de la Fédération.

O’Neill se tourna vers Spock :

-N’y songez même pas colonel il y des siècles que la violence a été abolie sur Vulcain. Le ton de Spock était froid, sans émotion.

Décidément cet homme est un glaçon pensa Carter, un grand scientifique certes mais totalement dépourvu de sentiments humains.

Kirk se leva brusquement :

Messieurs, Madame dit –il en se tournant vers Sam, ma décision est prise, il n’y a pas à revenir dessus.

 

Dans les quartiers de SG1

O’Neill tournait comme un fou furieux, en vain Sam essayait de le calmer

-Mon colonel, calmez vous je vous en prie.

-Pourquoi ne pas l’avoir tuée tout se suite dès qu’on l’a vue, on aurait pas ce serpent si près de nous. Et ces cellules de force, c’est vraiment efficace ? demanda –t-il en se tournant vers Sam

-je pense mon colonel, leur avance technologique existe aussi sûrement dans ce domaine.

-Comment a t-elle pu arriver jusqu’à notre époque ? demanda O’Neill

-Oh ce n’est pas bien difficile mon colonel, elle a simplement vécu ces 264 ans, vous savez les Goa’uld peuvent vivre des milliers d’années et ils sont un sarcophage à leur disposition pour régénérer leur hôte quand celui-ci vieillit. C’est comme cela qu’elle est toujours jeune et belle.

 

A la base de Cheyenne Mountain

 

Un éclair jaillit soudain brusquement et Thor se trouva assis au milieu d’eux.

-Bonjour mes amis, que se passe t-il ?

-Le colonel O’Neill est en grand danger, lui et son équipe ont disparu depuis un mois.

Hammond volontairement avait nommé le colonel en premier, car il savait que Thor l’appréciait beaucoup. Il avait même donné son nom à un de leur plus puissant navire.

-Que savez-vous ?

-Hélas pas grand chose, ils ne sont jamais arrivés sur la planète qu’ils devaient visiter et on a plus de nouvelles d’eux. On se demandait si vous aviez remarqué quelque chose d’anormal le 14 février dernier ?

-En effet il s’est passé un phénomène étrange, nous avons remarqué un rayon de téléportation étranger, cela n’a duré que quelques dixièmes de secondes, mais nos sondes l’ont détecté. Ce qui nous surprend le plus c’est que personne à part les vaisseaux Asgards, ne possède de tels rayons.

 -Cela pourrait-il être un rayon généré par des anneaux de transport ?  c’est Jacob qui avait posé la question. Depuis un mois il ne vivait plus, de profondes rides couraient sur son visage et il s’était voûté sous le poids du chagrin. Lui si actif d’habitude restait cloîtré dans la base, les autres membres de la Tok’ra étaient inquiets pour lui. Il délaissait la chasse au Goa’ulds, ne pouvant se résoudre à la perte de sa fille bien aimée. Il passait des heures à essayer de retourner le problème en tout sens, en vain.

Thor réfléchit avant de répondre

-Je ne pense pas, c’étaient deux rayons de nature différente, une technologie que nous ignorons. Mais je ne crois pas que ce soit Goa’uld, une autre race peut-être venue d’encore plus loin.

Jacob à ce moment leva la tête en souriant :

-Mais cela veut dire qu’ils ont été faits prisonniers, ils sont peut-être encore vivants, nous devrions aller sur les planètes les plus éloignés que nous connaissons, et poursuivre nos recherches.

-C’est d’accord, dit le général Hammond, nous allons relever les coordonnées des planètes recensées les plus lointaines, départ dans 2 heures.

-Général, puis-je me joindre à eux ? Si on les retrouve et qu’ils soient blessés ils auront besoin de mon aide, Janet regarda le général d’un air suppliant

-je vous en prie mon général, ici je ne sers à rien, et comme toutes les missions ont été suspendues, je n’ai pratiquement rien à faire, je peux facilement me faire remplacer.

-C’est d’accord, vous pouvez partir avec eux.

 

 

 

Sur l’Entreprise

 

 

Le voyage se poursuivait vers la planète du gardien, on arriverait dans 2 jours 17 minutes 23 secondes avait ajouté Spock.

-cet homme me fait froid dans le dos avec ses précisions pensa le colonel, décidément je n’aime pas les scientifiques, ils ont une machine à la place du cœur et celui-là encore plus que les autres.

O’Neill s’ennuyait ferme, il n’y avait aucune action sur ce vaisseau, il passait son temps à aller de ses quartiers, à la passerelle, puis au mess, puis de nouveau à la passerelle. Sam quant à elle passait tout son temps sur le vaisseau Goa’uld pour essayer de comprendre ce qui avait pu arriver. Le docteur Mac Coy l’accompagnait  et avait commencé les autopsies des jaffas qui étaient morts. Seule apparemment Osiris avait survécu.  Son tricordeur à la main il arpentait les couloirs du vaisseau, et comme il pénétrait dans une pièce aux grandes dimensions, il s’arrêta sur le seuil,  dans cette pièce quinze Jaffas avait agonisé apparemment dans de grandes souffrances. Il fit condamner cette pièce et revint avec une équipe médicale complète munie de masque et d’une combinaison de protection totale. En effet Mac Coy pensait que les jaffas avaient succombé sous l’action d’un virus. Virus qu’il trouva en quantité résiduelle dans le sang des malheureux.

 

O’Neill se trouvait sur la passerelle quand un message retentit :

-le capitaine est demandé à la cellule de la prisonnière de toute urgence.

O’Neill suivit aussitôt Kirk et les deux hommes s’engouffrèrent dans le turbolift.

Osiris gisait évanouie sur le sol, sa longue chevelure recouvrait en partie son visage et ses yeux étaient légèrement révulsés.

Mac Coy arriva sur les lieux presque en même temps

-téléportation d’urgence à l’infirmerie 2 personnes.

SG1 au grand complet était là tandis qu’Osiris gisait sur le lit inconsciente, ses signes vitaux très faibles s’affichaient sur le panneau à la tête du lit.

-Que s’est-il passé ? demanda Daniel

-Elle est mourante, elle n’en a plus que pour quelques minutes

Un murmure s’échappa des lèvres de l’agonisante

-Daniel, Daniel, il est mort

Daniel se pencha sur elle et plongea ses yeux dans les siens, ce qu’il vit le fit se redresser d’un bond :

-Docteur, il faut la sauver, c’est Sarah, Osiris est mort

-Vous êtes sûr ? O’Neill était sceptique, ces serpents ont la vie dure vous savez

-Je me doutais bien que ce n’était pas normal, rappelez-vous quand on l’a arrêtée, elle n’a rien dit, ses yeux n’ont pas brillé, elle avait son arme de poing, elle n’a pas essayé de s’en servir. Daniel était presque suppliant, il voulait sauver Sarah.

-Il n’y a qu’un moyen de le savoir : les radios, ajouta Sam, et se tournant vers Mac Coy, je suppose que vous avez fait des clichés ?

Mac Coy sourit :

-Des radios nous n’en avons pas besoin, nos tricordeurs sont bien plus performants qu’une simple radio.

O’Neill était agacé :

-Encore une vos avances technologiques je suppose ?

Et devant l’ai ébahi de mac Coy :

-Excusez moi bredouilla-t-il mais quand il s’agit de ces serpents, je me sens très nerveux.

-Docteur reprit Sam si vous n’avez pas de radio vous avez bien senti s’il y avait un symbiote à l’intérieur de son corps enroulé autour de sa colonne vertébrale ?

-Comme vous m’avez expliqué ce qu’étaient les Goa’uld j’ai fait attention, mais non il n’y a rien répondit Mac Coy

 

C’est à ce moment là que Teal’c s’écroula.

Mac Coy passa son tricordeur sur le corps de Teal’c

En effet cet homme porte un symbiote, mais il me semble très faible.

-Il faut le sauver, si son symbiote meurt il mourra aussi, et nous ne pourrons pas en trouver d’autre pour le remplacer. L’agitation était à son comble,

-Allez tout le monde dehors.

 Mac Coy les poussa sans ménagement et ils se retrouvèrent dans le silence du couloir, et se regardèrent fous d’inquiétude.

Dans les heures qui suivirent médecins et infirmières travaillèrent d’arrache pied. Teal’c et son symbiote furent sauvés.

-Malheureusement je n’ai rien pu faire pour Sarah, son symbiote était mort depuis trop longtemps. Mac Coy sur le pas de la porte avait l’air désolé.

-le sarcophage !  Il y en a toujours un sur un vaisseau Goa’uld, ils avaient crié tous en même temps. Retournons tout de suite au vaisseau.

-Pas si vite, Mac Coy leur barrait la route, cela peut être encore dangereux

-Je ne crois pas dit Sam, le virus visiblement ne s’attaque qu’aux Goa’ulds, l’hôte ne meurt qu’à la suite du décès du symbiote.  Mais il faut faire très vite si l’on veut sauver Sarah.

 

Dans le vaisseau Goa’uld

 

Le sarcophage s’était refermé sur la longue forme blanche immobile, il ne restait plus qu’à attendre.

Une pâle lumière éclairait la pièce immense dont les murs se perdaient dans l’obscurité. Ils étaient tous là autour du sarcophage, SG1, le capitaine Kirk, Spock, Mac Coy. Celui-ci pour une fois était dépassé par les évènements, sa science était remise en cause, mais il avait assez de grandeur d’esprit pour le reconnaître, et il essayait de comprendre cette technique inconnue de lui.

Un silence profond régnait seulement troublé par le souffle de leur respiration et les soupirs du colonel qui commençait à trouver le temps long. Décidément tout cela était d’un ennui profond pensait-il. Et puis une idée commença à germer en lui, et si ce virus ne détruisait que les Goa’ulds, on pourrait s’en servir pour éradiquer cette vermine, et en même temps on pourrait peut-être sauver des hôtes. Mais il rejeta cette pensée, ce n’était pas une  façon de faire la guerre, du moins pas sa façon à lui, il préférait un franc combat face à face. Il n’était pas Maybourne que diable !

 

Un léger grincement, le sarcophage s’ouvrit, Sarah s’assit et regarda autour d’elle,

-Daniel, elle se précipita dans ses bras, et se mit à pleurer.

Daniel la fit tournoyer, petite forme légère, aux cheveux flottants,

-C’est Sarah, elle est guérie.

On n’avait pas vu Daniel si joyeux depuis la mort de Shaa’re. Tout le monde était ému, Discrètement Mac Coy fit passer son tricordeur sur le corps de Sarah , et regardant Kirk :

-Elle est en parfaite santé Jim !

-Fascinant dit Spock, le capitaine et Mac Coy se regardèrent d’un air complice. Spock était si peu démonstratif que cela en était parfois drôle.

 

Sur l’Entreprise

 

Le rayon tracteur lâcha le vaisseau en perdition, c’était comme un brûlot dérivant, il fallait le détruire. Un tir de phaser, et une boule de feu  envahit l’espace, puis tout redevint noir.

En quelques secondes Osiris et ses Jaffas s’étaient volatilisés.

 

 

Dans les quartiers de SG1 Sarah était très entourée et elle essayait de faire un retour à la réalité. On lui expliqua la situation, elle semblait un peu perdue, comme se réveillant d’un cauchemar de plusieurs siècles. Puis elle raconta. Elle se souvenait parfaitement du jour où elle avait ouvert la jarre, elle était un peu en colère contre Daniel, elle pressentait des choses, que Daniel voulait lui cacher. Mais sa curiosité fut la plus forte, elle défit le cachet aussitôt la forme prisonnière bondit sur elle, une douleur fulgurante au cou, puis plus rien, un trou noir. Elle sentit après quelques instants son corps se raffermir, et une entité malfaisante la posséder. Après ses souvenirs sont plus flous, elle perdait parfois la notion de la réalité, devant les atrocités que son symbiote la poussait à commettre elle tentait de résister, mais elle était beaucoup trop faible, son corps agissait malgré elle. Quand elle avait tenu Daniel dans le redoutable rayonnement de son arme de poing, quand  la voix rauque avait proféré des menaces, quand Daniel hurlait sous la torture,  au plus profond de son cœur humain elle pleurait des larmes amères. Mais elle savait qu’elle n’aurait jamais pu le tuer. Elle aurait résisté  jusqu’au bout,  jusqu’à l’ultime combat, jusqu’au dernier souffle de sa vie.

Sarah était épuisée, elle s’endormit comme une enfant dans les bras de Daniel.

 

Base de Cheyenne Mountain

 

Les missions se succédaient à un rythme d’enfer, le rayonnement bleuté du shapaï inondait la salle d’embarquement régulièrement. P2X352, P3X684, P3X425, les chiffres menaient une ronde infernale dans la tête du général Hammond. Les équipes rentraient épuisées, des kilomètres parcourus, des dangers encourus à la recherche du moindre indice, des combats menés contre des Jaffas qui défendaient on ne sait quel Dieu. Mais la guerre contre les Goa’ulds étaient loin des préoccupations premières des équipes de secours. Il y eut de nombreux blessés. Aussitôt rentrées les équipes étaient  aussitôt remplacées par de nouvelles.

Rien, ils ne trouvaient rien, aucun indice, ils n’avaient été vus sur aucun vaisseau. Les espions de la Tok’ra faisant leur rapport au général Carter.

 

Le briefing de la dernière chance réunit les hauts dignitaires du Pentagone, et les responsables de SGC. Il fallait mettre un terme à cette recherche insensée.

-Et si au lieu de chercher où, on cherchait quand ? La petite phrase dite d’une voix blanche par Janet résonna comme un coup de tonnerre. Après un instant de stupeur tout le monde se mit à parler à la fois. Devant l'énormité de la chose  les réactions fusaient et puis au bout d’un moment un silence encore plus lourd s’établit.

-Il nous est impossible avec les moyens actuels de nos connaissances de rechercher quelqu’un dans le temps. On ne saurait pas par où commencer. Et puis le temps c’est le passé ou l’avenir, impossible de savoir. Le général Hammond conclut la réunion par ces mots que tous redoutaient :

-Il faut maintenant déclarer officiellement la mort de SG1

la cérémonie à l’intérieur de la base fut courte, belle, chargée d’émotion. Des portraits de chacun des membres disparus étaient ornés de fleurs. Le général Hammond fit une allocution très courte rendant hommage à chacun. Jacob Carter ne pouvait parler, il avait pris dix ans d’un seul coup.

La cérémonie officielle fut plus guindée, dans la grande tradition américaine, hommage au drapeau, chants patriotiques. Bien sûr officiellement Jack, Sam et Daniel étaient morts dans un terrible accident de montagne, leurs corps n’avaient pas été retrouvés. Teal’c n’eut pas droit à des funérailles officielles, celles-ci eurent lieu sur Chulak où le pleurèrent son fils Ryac et son ami Bratac.

 

L’Entreprise

 

-L’entreprise filait à distorsion 8 dans le vide de l’espace.

Une petite planète apparut dans le champ des détecteurs, la planète du Gardien de l’éternité. Aussitôt le vaisseau se mit en orbite.

 

SG1 et Sarah regardaient les couleurs grisâtres de la surface, on pouvait voir des chaînes de montagnes, un chaos de pierre sans vie. Pourtant sur cette planète il y avait de l’oxygène, mais le climat s’était dégradé suite à un changement d’orbite et d’une belle planète luxuriante il y a quelques centaines de milliers d’années, il ne restait que  ce désert de rochers.

 

Le capitaine Kirk avait fait joué ses relations, viser les hauts dignitaires de la Fédération, la puissante T’Pol sur Vulcain, même le président de la Fédération des planètes unies. Tout étaient en ordre, il avait les autorisations nécessaires, le code pour effacer le champ de force, il ne restait plus à souhaiter à SG1 qu’un bon retour sur terre en cette bonne vieille 2003.

 

Dans une dernière réunion Spock expliqua les risques encourus, il était difficile de programmer le retour au jour près, il ne reviendraient peut-être pas exactement le 14 février 2003, mais une ou deux semaines avant ou après.

O’Neill était sceptique :

-Vous êtes sûr que l’on ne va pas retourner 35 ans dans le passé, je détesterais me retrouver petit garçon.

Daniel pouffa,

-il y a 35 ans je n’étais même pas né,

-Moi non plus ajoutèrent en chœur Sarah et Sam

-Bon cela suffit, dites tout de suite que je suis vieux !

Comme si aucune plaisanterie n’avaient été échangée Spock continua imperturbable.

-Il n’y a aucun risque.

-Peut-être faudrait-il une tenue plus adaptée pour Sarah dit Sam.

Le synthétiseur lui fournit une tenue simple, un jean, un pull, et un manteau. Ses amis virent avec plaisir s’effacer peu à peu la silhouette maudite d’Osiris. Et quand Sarah attacha ses cheveux en chignon, Daniel sourit, il avait vraiment retrouvé la jeune fille qu’il avait aimée.

Sarah  s’assombrissait au fur et à mesure que l’heure du retour approchait. Daniel s’en aperçut

-Qu’y a-t-il Sarah ?

-En fait j’ai très peur, comment vais-je être accueillie là bas je n’y suis venue que pour faire le mal. Et puis toutes ses longues années comment les effacer de ma mémoire ?

-Alors là je peux vous rassurer tout de suite, il y a au moins 264 ans qui seront effacés puisqu’il n’auront jamais existé. Il ne restera que deux ou trois petites années, mais là je suis sûre que le docteur Frasier pourra vous aider, ne vous tracassez pas. Sam se vit récompensée de ses efforts par le merveilleux sourire de Sarah qui sécha aussitôt ses larmes.

Kirk intervint à ce moment :

-Mes amis il est temps de partir.

 

La salle de téléportation était prête pour leur départ. SG1 dit au revoir aux officiers du vaisseau massés dans les couloirs

-Bonne chance

-Ne vous inquiétiez pas tout ira bien

Les encouragements fusaient de tout part. ils en étaient doucement émus. Ils avaient été si bien reçus sur ce vaisseau.

Mais le colonel avait hâte de partir, il poussa tout le monde dans la salle de téléportation où les attendaient déjà Spock le docteur mac Coy et le capitaine.

 

Sur la planète ils furent accueillis par un vent violent et glacial, qui poussait de sourds mugissements.

Ils arrivèrent bientôt près du gardien, Kirk supprima le champ de force et tous purent voir l’imposante construction de rochers

Rien ne se passait, l’anneau de pierres ressemblait à une porte des étoiles, mais elle était de forme plus irrégulière, on pouvait passer au travers sans risque tant qu’elle n’était pas activée.

-Gardien peux-tu nous faire voir l’histoire de la terre ?

-Voyageur du temps en quelle année voulez-vous aller ?

-Nous voulons aller le 14 février 2003 dans la nuit si possible ajouta le colonel, il vaut mieux faire une arrivée discrète.

Spock s’approcha le tricordeur à la main

L’anneau s’éclaira d’une étrange lueur bleue et ils virent défiler l’histoire de la terre à une vitesse que l’œil humain pouvait à peine discerner. L’invasion des Huns, la construction de la muraille de Chine, la deuxième guerre mondiale, les attentats du World Trade Center, et puis bien d’autres événements inconnus, des guerres, encore des guerres, toujours des guerres, des attentats, puis une période calme, la signature de traités, la naissance de la Fédération, des vaisseaux spatiaux. Puis tout s’arrêta.

-Spock avez vous eu le temps de noter le passage.

-Oui je l’ai repéré capitaine, mais il faudra sauter dans l’anneau à la seconde où je le dirai. Si vous ratez, soit vous arrivez…

-Bon ça va déclara O’Neill, finissons en, rentrons chez nous.

 

Sam s’approcha du capitaine et l’embrassa pour le remercier, celui-ci tout ému la serra un instant dans ses bras.

O’Neill était furieux, de quoi se mêle –t-il celui là ?  Et puis pourquoi est-elle allée se jeter dans ses bras ; il allait avoir beaucoup de travail pour reprendre tout cela en main, quand ils seraient revenus sur terre.

-Peut-être un jour viendrez-vous nous voir si vous voyagez dans le temps ? Continua carter.

-Carter il faut y aller maintenant c’est un ordre.

 

L’anneau de pierre se réactiva et les images commencèrent à défiler

-Maintenant hurla Spock

Il se précipitèrent tous en même temps et atterrirent au milieu d’un terrain de sport, il faisait une nuit profonde.

-Heureusement que le match est fini, dit O’Neill, on aurait eu l’ai fin autrement.

-Où sommes –nous et surtout quand ?

Marchons un peu j’aperçois une ville pas loin. Mais nous sommes chez nous, près de la maison de carter !

Ils rentrèrent et c’est avec un certain plaisir qu’ils s’affalèrent tous dans les fauteuils.

-Voyons s’il reste quelque chose à manger dit Carter.

Elle poussa un oh de désolation, le frigo sentait le pourri et certains aliments étaient recouverts d’une fine couche de moisi.

-Nous ne sommes pas à la bonne date, dit le colonel, beurk ce frigo n’a pas été nettoyé et vidé depuis longtemps.

-Pourtant j’ai fait des courses la veille de notre départ ! Sam était indignée

-Arrêtez de vous tracasser comme cela dit Daniel en baillant, moi je pense qu’une bonne nuit de sommeil nous fera le plus grand bien. Nous verrons la date dans le journal demain matin. C’était un excellent conseil.

Jamais journal ne fut attendu avec autant d’impatience. Quand le livreur sonna cinq personnes se bousculèrent pour l’attraper. O’ Neill fut le plus rapide à ce petit jeu :

-17 mars 2003. Nous avons plus d’un mois d’avance sur l’horaire mais nous avons réussi.

SG1 dansait de joie dans l’appartement de Sam. Après la première euphorie passée, ils mirent au point un plan.

-D’abord téléphoner au Général Hammond, ensuite on avisera.

 

Base de Cheyenne Mountain

 

La vie avait repris son cours au SGC, mais le cœur n’y était plus. Les missions routinières continuaient, les combats contre les Goa’uld aussi, mais il manquait une âme à cette base. Le général Hammond envisageait sérieusement de démissionner quand le téléphone sonna.

-Hammond

-Mon général, il y a un appel pour vous mais la personne refuse de dire son nom, mais elle a ajouté que ce serait une heureuse surprise.

-Une heureuse surprise !  Le cœur du général battit à grands coups,

-Passez le moi, dit-il d’une voix tremblante

-Allo, mon général, la voix de O’Neill reconnaissable entre toute jaillit du combiné, le général faillit se trouver mal.

-O’Neill, ce n’est pas possible

-Si mon général nous sommes tous en vie, et nous avons même retrouvé Sarah

-Sarah, vous voulez dire Osiris colonel ?

-Non mon général, la vraie Sarah.

-Retour immédiat, colonel et pas question de vous perdre en route cette fois.

-Y’a pas de danger mon général

 

Le général raccrocha et prévint immédiatement tout le monde du retour de nos héros.

 

Ce furent la visite médicale et le débriefing les plus longs de toute l’histoire du SGC

 

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3

 

 

LA REINE SANGLANTE

 

L’enterprise  2268

 

Jamais il n’avait vu de telles ombres envahir son champ de vision, elles étaient noires et lourdes comme des nuages de fumées épaisses. Le paysage se découvrait peu à peu, apocalyptique, il ne restait que des troncs calcinés et des herbes noirâtres. Les quelques pans de mur qui tenaient encore debout étaient sur le point de s’effondrer.

De cette mort, jaillit devant lui, un homme immense, brun avec un curieux symbole sur le front. Dans sa main une sorte de lance crachait du feu et il achevait de détruire ce qui pouvait l’être encore. La peur le cloua sur place quand il vit que l’homme le fixait avec des prunelles au regard vide, il était le dernier, la prochaine victime. Quand la boule de feu le percuta, il hurla et se sentit glisser vers les abîmes d’un gouffre sans fond.

 

Le Capitaine Kirk se réveilla en sueur, le cœur battant à tout rompre. Il s’assit un moment et alluma la lampe pour boire une gorgée d’eau. C’était le milieu de la nuit, quand tout fait silence. Le capitaine se leva ne pouvant retrouver le sommeil. Sur la passerelle, il trouva quelques hommes à leur poste, surveillant les cadrans et les instruments de bord.

Au chuintement des portes rouges Spock se leva aussitôt du fauteuil du capitaine qu’il occupait pendant le repos de ce dernier. Il vint se placer derrière lui tandis que Kirk prenait place, au centre de la passerelle.

-Tout va bien Capitaine ?

 On ne peut pas dire que Spock montrait son inquiétude, sa voix était seulement légèrement tendue.

Kirk était encore sous le coup de son cauchemar et répondit distraitement :

-Très bien Monsieur Spock.

Un simple regard, et Spock comprit que le capitaine n’était pas bien du tout, mais il décida de ne pas insister.

L’écran ne montrait que le vide de l’espace. Il y avait peu d’étoiles dans cette région, et cela ajoutait encore à l’écrasante impression de solitude que ressentaient les officiers de ce navire.  Kirk sentait les vibrations du vaisseau se propager jusqu’au fond de lui même, et cela produisit sur lui un effet apaisant. Il tomba dans une profonde rêverie. L’éclairage de nuit acheva de l’apaiser. Il s’endormit la tête appuyée sur sa main.

 

Le même rêve encore et toujours, Mac Coy se voyait au bord d’une falaise dans un monde en feu, un gouffre à ses pieds, et il n’avait d’autre choix que de mourir brûlé vif ou de sauter à pieds joints dans des abîmes où l’attendaient des êtres malfaisants, sorte de serpents qui s’enroulaient autour de leur victime avant de les transpercer, et de s’introduire de force dans leur corps. Toutes les nuits ce même cauchemar le réveillait en hurlant et tremblant au bord de sa couchette. Il y avait parfois quelques variantes mais la fin était toujours identique, ce même effroi, cette peur incontrôlable, qui lui prenait les tripes et le rejetait en sueur et haletant à tel point qu’il n’osait plus s’endormir et préférait rester de longues heures dans son infirmerie à travailler. Il ne s’allongeait que terrassé par la fatigue, et fermait les yeux malgré lui en songeant avec terreur que tout allait encore recommencer.

 

 

Base de Cheyenne Mountain  2003

 

Jack O’Neill mit du temps à trouver le sommeil. Il est vrai que leur dernière mission sur P4X465 avait été particulièrement éprouvante. Ils avaient été fait prisonniers par des goa’ulds et avaient eu beaucoup de mal à s’échapper, et c’est au prix d’un long combat, un   corps à corps avec des jaffas qu’ils avaient regagné de justesse la porte des étoiles. Sam avait été légèrement blessée au cours de la bataille, Daniel avait eu 2 ou 3 côtes brisées, Teal’c s’en était bien sorti. Quant à lui quelques égratignures témoignaient encore de l’ardeur du combat.

  Jack s’endormit et fit un rêve étrange, il se promenait avec Sam et lui tenait la main. La présence de la douce jeune femme à ses côtés l’emplissait de bonheur. C’était un rêve agréable, un peu décousu, fait d’instants, de flashs, de couleurs, il flottait dans une sorte de brouillard et il se sentait léger, reposé, heureux.

 

Quand il se réveilla il était en pleine forme et c’est en sifflant qu’il se dirigea vers le labo de Sam, qui était déjà au travail, malgré ses blessures. Son cher réacteur à naquada avait sans doute encore fait des siennes, et elle était en train de le bichonner.

 

-Bonjour Major, dit-il d’un ton joyeux.

-Bonjour mon colonel et le regardant elle ajouta, vous semblez en forme ce matin mon colonel !

-je me sens très bien et…

Il fut interrompu par un sifflement strident sur une des consoles. Voyant que Sam ne lui prêtait aucune attention et replongeait dans ses calculs il se dirigea vers le mess à la recherche d’une autre personne pour lui tenir compagnie.

 

 

L’Enterprise 2268

 

Le jour était maintenant tout à fait levé sur le vaisseau. L’intensité lumineuse avait été augmentée de façon à imiter la lumière naturelle. Il était important pour les organismes d’un équipage composé essentiellement d’humanoïdes, de respecter le rythme du jour et de la nuit par un éclairage artificiel approprié.

L’équipe de jour était à son poste. Le travail était routinier, conduire le vaisseau jusqu’à une région éloignée de l’espace où les scientifiques devaient établir des cartes stellaires. Le voyage serait long, plus de trois mois.

 

Mac Coy pénétra sur la passerelle et s’approchant du capitaine lui souffla à l’oreille :

-Vous êtes en retard pour votre visite médicale Jim, je vous attends immédiatement à l’infirmerie.

 Kirk poussa un soupir et se décida à suivre Mac Coy. C’était toujours la même histoire, le capitaine détestait que l’on décortique son anatomie, qu’on l’examine sur toutes les coutures, qu’on lui pose tout un tas de questions indiscrètes, et qu’on le titille sur son poids. Il craignait toujours que Mac Coy ne le mette au régime salade verte.

C’est en silence que Kirk s’installa sur la bio couchette pendant que Mac Coy silencieux passait un tricordeur sur lui.

-Vous semblez préoccupé Jim ?

Mac Coy avait l’air inquiet et avait très mauvaise mine, de profonds cernes noircissaient son regard bleu et il avait l’air au bord de l’épuisement.

Kirk sourit et tenta de détourner la conversation :

-Vous devriez voir un docteur, docteur !

Un silence un peu gêné s’établit, finalement Kirk se décida à parler.

-Je fais toujours le même cauchemar, je rêve sans arrêt d’un monde au bord de la destruction et je revois ces serpents et ces jaffas dont nous ont parlé le colonel O’Neill et ses amis. Cela n’a aucun sens, pourquoi je fais ce rêve maintenant et non pas il y a quelques mois, quand nous étions sous le choc de la découverte de ces ennemis redoutables et inconnus auxquels devaient faire face le SGC.

Mac Coy ne répondit pas et semblait plongé dans une profonde réflexion. Machinalement il regardait les constantes de Kirk sur le tableau et ne voyait rien d’anormal, peut-être une légère augmentation de l’activité cérébrale. Mais apparemment rien de grave.

-Vous êtes en parfaite santé Jim.

Les paroles de Mac Coy sonnaient faux, et son sourire était légèrement crispé.

Kirk le regarda au fond des yeux :

-Vous êtes sûr que tout va bien ? Docteur, vous semblez avoir du mal à tenir debout.

-En fait non cela ne va pas,

Mac Coy poussa un gros soupir :

-vous n’êtes pas le seul à rêver des Goa’ulds, plusieurs membres de l’équipage sont venus me trouver pour des cauchemars identiques et moi même…

Mac Coy n’acheva pas sa phrase, Kirk bondit de la table d’examen.

-Réunion de tous les officiers supérieurs dans 10 minutes. Et sans ajouter un mot de plus il sortit en trombe de l’infirmerie.

Arrivé à sa cabine il envoya un message subspatial à Starfleet, il n’y eut aucune réponse.

 

 

Base de Cheyenne Mountain : 2003

 

Ouverture non programmée de la porte

 

Aussitôt les alarmes se mirent à hurler, et tout le SGC fut immédiatement sur le pied de guerre.

Hammond cria :

-Fermez l’iris !

Les soldats mitraillette au poing se tinrent prêts à recevoir les intrus. Mais rien ne se passa et au bout de quelques minutes tout s’éteignit.

-Fausse alerte conclut le Général Hammond. SG1 en salle de briefing immédiatement.

Hammond se tourna vers Samantha Carter :

-Alors major que s’est –il passé ?

-Il y a plusieurs possibilités mon général, tout d’abord un retour en catastrophe des équipes SG3 et SG6 qui sont en mission et peut-être en difficulté.

-Impossible, nous avons parlé avec ces deux équipes il y a moins de dix minutes tout allait parfaitement bien.

-Alors quelqu’un a essayé d’activer la porte et n’ayant pas le code d’accès n’a pas pu se faire reconnaître.

-Vous pensez à quoi Major, le colonel O’Neill qui n’avait rien dit jusqu’à présent se tourna vers Sam :

-Un petit et très méchant goa’uld que nous ne connaissons pas encore, peut-être ?

-Pourquoi dites vous cela Colonel ? Vous pensez à quelque chose de précis, Hammond paraissait brutalement inquiet.

Le colonel hésita et se tournant vers Daniel

-Daniel ?

-heu, vous vous rappelez Général, sur la planète P4X465 nous avions rencontré un symbole curieux que j’ai mis un certain temps à comprendre, un buste de femme avec une tête de lion. Ce buste était entouré d’une série de symboles et je viens juste d’en finir la traduction, il y a les mots destruction, anéantissement, génocide. En consultant les archives j’ai découvert que cette femme ne laissait derrière elle que ruines et douleur. Elle détruisait des mondes pour mieux s’en emparer, ses jaffas tuaient tous ceux qui ne pouvait devenir des hôtes, et elle était toujours entourée d’une garde de très jeunes hommes. Cette femme s’appelle…

 

-Sekhmet !

A ces mots Sarah entra dans la salle. Daniel sourit en la voyant et lui fit une place près de lui. Sarah avait eu quelques difficultés à se faire accepter par le SGC, il avait fallu toute la persuasion de Sam, Daniel, le Colonel et de Teal’c pour convaincre le général Hammond, de sa complète transformation, et de tout l’aide qu’elle pourrait apporter par ses connaissances des Goa’ulds ayant vécu plus de trois ans parmi eux.

Maintenant elle travaillait avec Daniel et à eux d’eux ils formaient un tandem d’une grande efficacité, et Sarah lui était d’un grand secours, car la bonté naturelle de Daniel l’empêchait parfois de comprendre où de même imaginer la pensée tortueuse d’un Goa’uld, Sarah, elle savait puisqu’elle avait été l’un d’eux.

 

-Sekhmet ? Connais pas, bougonna le colonel entre ses dents.

-Eh bien vous allez bientôt entendre parler d’elle, lui assura Sarah, elle a décidé de se constituer une armée de jaffas et de partir à la conquête de l’univers. Sa soif de pouvoir est intense. Après quelque déboires et défaites que lui a occasionnés Yu, elle a décidé de se venger.

-D’après la légende elle est la fille de Ra, et celui-ci, pour se venger des hommes qui le délaissait, envoya sa terrifiante fille sous la forme d’un lionne pour exterminer les rebelles. Devant le carnage qui faillit détruire tous les hommes de la terre, Ra se ravisa et fit boire à sa fille une potion calmante, pour l’enivrer et lui faire oublier son œuvre de destruction,  ce qui sauva l’humanité.

Et les hommes se mirent à vénérer Râ de les avoir épargnés. Sa fille fut exilée au fond d’un désert et devint une lionne sauvage et dangereuse. Après la légende ne dit pas ce qu’elle est devenue, mais il est probable qu’elle a commencé à errer durant de longs siècles dans la galaxie afin d’apaiser sa soif de vengeance.

-Nous v’la bien avec un serpent de plus à nous menacer, et un des plus dangereux. Dès qu’on en supprime un, il y en a aussitôt un autre qui réapparaît encore plus terrifiant, conclut O’Neill,

-Et maintenant Général que doit –on faire ?

Hammond se tourna vers Daniel :

-Docteur Jackson a t- on une petite idée où elle se trouve ?

-Oui monsieur, je pense qu’il faut retourner sur P4X465, où nous avons découvert les symboles. Peut-être y en a t-il d’autres qui nous en diront un peu plus.

Le général resta pensif quelques secondes :

-D’accord SG1 vous partez dans 30 minutes.

 

 

L’Enterprise  2268

 

Le navire fut violemment secoué, pendant quelques dixièmes de secondes. Chacun put sentir une légère désorientation comme un éblouissement, une perte infime de conscience, puis tout rentra dans l’ordre.

-Passerelle que se passe t-il ? demanda le capitaine Kirk en route vers la salle de réunion.

-Une légère distorsion subspatiale Monsieur. Nos scanners ont détecté une fluctuation mais cela n’a duré que 3 dixièmes de secondes.

Une autre secousse encore plus violente déséquilibra le capitaine qui se retint à la rampe du couloir.

-Réunion annulée, passerelle, j’arrive.

 

Le capitaine se précipita vers son fauteuil et resta le regard  fixé sur l’écran.

-Monsieur Spock avons-nous remonté le temps ?

Non capitaine, je dirais plutôt que nous avons été pendant quelques instants en contact avec un univers parallèle.

Kirk réfléchit quelques secondes puis se levant il alla se placer derrière Spock installé à la console scientifique.

-Monsieur Spock peut-on savoir si nous avons eu d’autres distorsions de ce type durant les 3 dernières semaines ?

C’est possible il suffit de faire une recherche sur l’ordinateur central du vaisseau cela ne prendra que quelques secondes. Voilà Capitaine j’ai les résultats, en effets il y a eu déjà huit distorsions de ce type. Voici les diagrammes, vous voyez les pics ici et là, il pointa son doigt sur de légères protubérances de la courbe, ceci nous indique exactement l’heure exacte des fluctuations.

C’est alors que chacun commença à évoquer les rêves cauchemardesques qu’ils faisaient tous, et en recoupant les heures on s’aperçut que la plupart des cauchemars avaient été faits pendant les distorsions subspatiales.

Le capitaine reprit la parole

-Sommes-nous en contact avec l’univers miroir dans lequel nous avons déjà pénétré ?

-Je ne pense pas capitaine, Sur la planète des Halkans nous avions eu un accident de téléporteur, ici je pense plutôt à une déformation de notre espace, comme si quelqu’un dans le passé essayait de transformer notre futur.

Kirk regarda Spock avec inquiétude :

-Vous pensez à quelque chose en particulier ?

-Cela a peut-être un rapport avec les Goa’ulds vue la nature de nos rêves.

Après un instant de silence Spock reprit la parole :

-Capitaine, je demande l’autorisation de cesser tout travail sur la passerelle et de me consacrer entièrement à la recherche d’indices pouvant nous éclairer sur les évènements passés ou à venir.

-Permission accordé Monsieur Spock, commencez par des recherches historiques approfondies du passé de la terre.

-Navigateur changement de cap, direction la Terre. Quand serons nous dans le système de sol ?

Chekov à la console de navigation répondit dans la seconde : 1 mois, une semaine trois jours et 22 heures.

-Bon dit Kirk, cela nous laisse un certain délai pour faire nos recherches. Tout le monde au travail.

 

P4X589, 2003

 

L’atterrissage fut un peu plus brutal que prévu, l ‘équipe se retrouva à plat ventre dans un océan de poussière des lances jaffas pointées sur eux.

 

-Relevez-vous doucement, et posez vos armes. L’ordre fut jeté par une voix gutturale. O’Neill levant la tête et grimaçant en raison du sable collé à son visage eut le temps d’apercevoir deux yeux brillant de cette lueur blanche qu’il commençait à bien connaître et ce n’est pas sans un certain agacement qu’il se releva tout à fait en ravalant pour une fois les mots qui lui venait à la bouche. La spectacle n’était guère rassurant, une centaine de jaffas les entouraient et le Goa’uld qui lui faisait face  n’en était pas moins redoutable. Carter, Daniel et Tea’lc    étaient eux aussi étroitement entourés. Et c’est désarmés et attachés qu’ils entreprirent une longue marche vers une destination inconnue dans ce paysage désertique et brûlant.

 

Ils marchèrent depuis ce qui leur semblaient des heures quand ils arrivèrent à un village fait de pierre blanches, çà et là quelques arbres rabougris témoignaient de la présence de l’eau. Sans un mot ils furent enfermés dans une pièce dont la lourde porte se referma sans un bruit. Il faisait sombre après la lumière éclatante du jour.

-Tout le monde va bien lança le colonel. Un grognement confus lui répondit. Quand leurs yeux s’habituèrent à l’obscurité ils virent qu’ils étaient enfermés dans une sorte de cachot de grande taille mais sans fenêtre. La porte bien sûr était infranchissable.

Péniblement ils se détachèrent les uns les autres et décidèrent de dormir quelques heures, la marche, la faim et la soif les ayant épuisés.

Le lendemain ils furent conduits au centre du village et les anneaux de transport d’un vaisseau au dessus de leur tête les transportèrent dans leur nouvelle prison.

 

 

 

L’Enterprise 2268

 

L’Enterprise filait dans le vide intersidéral comme un bel oiseau blanc dans l’espace infini. Depuis plus d’un mois que le vaisseau faisait route vers la terre, la situation ne s’était pas améliorée. L’atmosphère était tendue et l’équipe continuait à vivre chaque nuit toujours les mêmes affreux cauchemars. Le Docteur Mac Coy commençait à manquer de tranquillisants et c’est par dizaine que les membres d’équipage se pressaient devant sa porte à l’infirmerie.

Le capitaine Kirk était songeur, les recherches de Spock n’avaient rien donné, il avait passé de longues nuits sur les ordinateurs du vaisseau, rien ne transparaissait dans le passé de la terre. Si un cataclysme avait eu lieu il aurait forcément laissé des traces,

-Sauf si cette catastrophe n’avait pas encore eu lieu.

-Vous dites Monsieur Spock ? le capitaine sursauta :

-Ou peut-être a t-elle lieu en ce moment même Capitaine.

-Nous ferions des rêves prémonitoires ?

-Je veux bien croire qu’une personne puisse faire un rêve prémonitoire mais pas un équipage tout entier pendant si longtemps. Le ton de Mac Coy était sec.

-L’univers parallèle, j’ai l’impression que nous nous enfonçons toujours un peu plus dedans, un jour on se réveillera dans un monde différent, ou peut-être qu’on ne se réveillera pas du tout.

-Les enregistrements de nos senseurs montrent-ils une aggravation de la distorsion ?

 le capitaine se tourna légèrement vers Spock assis à la console scientifique :

-En effet, la distorsion est de plus en plus présente, elle brouille les senseurs, les appareils de mesure s’affolent, et l’Enterprise ne pourra pas rester longtemps dans cette situation sans de très graves dommages.

-Ce qui veut dire ? Kirk leva un sourcil d’un air interrogatif.

-Nous risquons la destruction, Capitaine, où la plongée définitive dans un monde différent dont nous ignorons tout. Le ton de Spock sans émotion apparente fit frissonner les officiers de la passerelle.

Kirk se renfonça dans son fauteuil sans ajouter un seul mot.

 

 

Vaisseau Goa’uld 2003

 

La salle était immense et décorée de façon somptueuse.

-A genoux devant votre reine.

Les prisonniers furent jetés au pied d’un trône aux marches d’or. On les obligea à se prosterner et ils ne virent qu’une fine sandale aux cordons de soie décorant un pied menu aux ongles rouges, où  à chaque orteil un diamant brillait de mille feux. De jeunes esclaves étaient assis au pied des marches et regardaient les étrangers avec insolence.

 

Elle était encore plus belle que dans l’imagination débridée de Daniel, qui habituellement ne voyait que des hiéroglyphes. Il resta bouche bée devant tant de beauté. Elle avait un corps mince vêtu d’une simple robe blanche, dans ses longs cheveux noirs tressés des émeraudes jetaient mille flammes. Sa bouche rouge et sensuelle aurait pu inviter au baiser, si une grimace brutale n’avait tordu ses traits :

-Qui êtes vous ? Ne saviez vous pas que la planète Infierna est totalement interdite ? Pourquoi avoir franchi le shapaï ? Etes-vous de la Tauri ?

Sous cette avalanche de questions Daniel revint subitement à lui et prononça sa phrase habituelle :

-Je m’appelle Daniel Jackson, nous sommes des voyageurs à la recherche de nouveaux mondes, et voici Jack O’Neill, Samantha Carter et Teal’c.

les yeux noirs de la reine se posèrent avec colère sur Teal’c :

-Le Sholva ! !

-Emmenez-les !

 

Les Jaffas les bousculèrent sans ménagement et ils se retrouvèrent dans une autre prison, une sorte de pièce profonde sans fenêtre, avec pour seule lumière un petit bougeoir accroché dans le mur. Aucun bruit ne parvenait jusqu’à eux. Ils s’endormirent .Quelques heures plus tard la faim et la soif les réveillèrent.  

-Heureusement qu’ils ne nous ont pas fouillé, dit Sam, en sortant de sa poche une minuscule charge d’explosifs mais suffisante pour faire sauter la porte. C’est le moment de tenter quelque chose.

 

Dans le couloir il n’y avait plus personne, c’est comme si d’un seul coup le vaisseau avait été déserté. Ils avancèrent prudemment dans les couloirs   et trébuchèrent rapidement sur des dizaines de cadavres. Des Jaffas baignant dans leur sang.

-Mon Dieu, que s’est-il passé ici ? Sam avait l’air effarée. Dans la salle du trône ils virent la reine seule sur son trône au milieu des corps, elle avait l’air dans un état second.

-On dirait que les Jaffas se sont entretués.

Comme le colonel avançait d’un air menaçant Daniel le prit par le bras

-Attendez Jack, c’est Sekhmet, la lionne assoiffée de sang, et comme Jack le regardait avec des yeux ronds :

-Vous savez bien, je vous ai raconté la légende de cette reine, celle qui avait bu la potion que Râ lui avait donné, vous savez bien la fille de Râ. Regardez-là elle ne semble pas dans son état normal, son regard est vide, elle est comme endormie après une rage sanglante, on dirait qu’elle a bu le poison Elle n’est même pas armée.

Et comme Jack s’apprêtait à la tuer, Daniel hurla :

-Non jack vous ne pouvez pas faire cela elle est sans défense, regardez elle n’a même pas la pierre dans la main. Si vous la tuez, ce serait un meurtre et vous ne vaudriez pas mieux qu’elle.

Jack suspendit son geste, son bras retomba le long de son corps.

-Si vous le dites… Allez devant dit-il à ses compagnons, je vous rejoins dans un instant.

 

Il les regarda s’éloigner puis s’approchant de Sekhmet il vit qu’elle avait pris au cœur de sa paume l’arme de poing goa’uld. Et comme elle levait la main sur lui la pierre maléfique se mit aussitôt à briller, et avant que le rayon mortel ne l’atteigne il tira sur elle à deux reprises. Elle tournoya un instant sur elle même et s’effondra les yeux grand ouverts le sang coulant de sa poitrine déchirée. Cette scène n’avait pas duré plus de dix secondes.

Il poussa un ouf de soulagement et rejoignit Sam qui l’attendait.

La salle des anneaux étant tout proche, Sam en quelques instants parvint à les activer, ils se retrouvèrent dans la maison où ils avaient été enfermés quelques heures plus tôt.

La route vers la porte aussi était déserte, plus un seul jaffa, ils s’étaient volatilisés.

-C’est bizarre dit Daniel, tout à l’heure j’avais remarqué.

-Pas maintenant Daniel cria le colonel, c’est le moment de filer d’ici au plus vite.

Quelques instants plus tard la lumière quantique illumina la nuit tombée depuis quelques heures, et c’est avec un ouf de soulagement et le sentiment d’avoir échappé à un désastre qu’ils s’enfoncèrent dans l’anneau magique.

 

 

Terre 2268

 

Il ruminait sa vengeance depuis des siècles, depuis la mort de sa reine. Rien que d’évoquer son image faisait battre son cœur. Sekhmet, il prononçait son nom qui était si doux à ses oreilles. Mais il n’était qu’un petit Goa’uld pas très puissant au service d’Anubis. Il accomplissait sa tâche consciencieusement. Sous ses ordres une poignées de Jaffas lui étaient tout dévoués, depuis le jour où il avait tué l’un d’entre eux qui avait osé le contredire. Depuis ce temps là il était respecté. Il ne savait pas ce qu’Anubis pensait de lui car il avait peu d’occasion de rencontrer le maître. Il replongea dans ses pensées, seule la vengeance lui apporterait un peu de réconfort dans la vie de souffrance qui était la sienne. Si seulement je pouvais remonter le temps pensait-il souvent, je retrouverai ses étrangers, j’empêcherai la destruction de ma bien aimée.

Il ne se rappelait pas sans colère le jour où il était revenu sur le vaisseau en dérive de Sekhmet, et sa douleur devant le corps inerte de sa reine. Il l’avait prise dans ses bras ce qu’il n’aurait jamais osé faire de son vivant, il avait essayé de la plonger dans le sarcophage mais il était trop tard. Il était descendu sur Infierna et c’est de ses propres mains qu’il avait creusé sa tombe, et  l’avait couchée sur un lit de verdure.

 

Il passait son temps à rechercher de nouvelles technologies pour son maître. Sa fonction l’obligeait à voyager sans cesse d’une planète à l’autre à bord de son petit vaisseau, où en traversant les shapaïs de nombreuses planètes. C’est ainsi qu’un jour il se retrouva sur un planétoïde totalement inconnu où avaient vécu les Anciens, et qui était abandonné depuis des temps immémoriaux. Dans une grotte il découvrit des objets inconnus. Il décida de passer sur cette planète le temps qu’il faudrait, il finirait bien par découvrir le secret des Anciens qui avaient réussi à remonter le temps. C’était écrit là sur le mur de la caverne.

 

Finalement, il trouva…

 

 

 

L’Enterprise 2268

 

Toutes les heures le capitaine Kirk envoyait un message subspatial à la terre, et le quartier général restait toujours muet. En approche du système solaire il lança un ordre bref :

-Uhura ouvrez toutes les fréquences, voyez si vous pouvez capter des ondes radios.

-Bien Monsieur.

Seuls des crachotements leurs répondirent.

 

La terre, la planète bleue se rapprochait, de loin elle était magnifique, petit bijou suspendu dans le vide.

 

Toujours aucune réponse aux nombreux appels lancés par le capitaine Kirk.

Un silence de mort régnait sur la passerelle tandis que le vaisseau se mettait en orbite.

Spock malgré son héritage vulcain avait la voix légèrement tremblante lorsqu’il prit la parole. Cela fit sursauter tous les officiers présents et donna un caractère d’extrême gravité aux mots qu’il prononça :

-Capitaine Kirk, il marqua un temps d’arrêt,  je ne perçois  aucun signe de vie.

Kirk se précipita vers la console scientifique   et put constater de lui même la sinistre nouvelle.

-Comment est-ce possible ? Vos senseurs sont détraqués dit Mac Coy en colère.

-Il n’y a eu aucune explosion nucléaire qui aurait pu expliquer un tel désastre, mais j’aperçois la lueur de nombreux incendies.

-Nous allons nous téléporter à San Francisco au quartier général, mais je veux une combinaison de protection en cas de radiation. Spock, Mac Coy, vous venez avec moi et prévoyez aussi un géologue et un climatologue.

-Energie

 

Le groupe se dissocia dans un éclair bleuté.

 

San Francisco, quartier général de Starfleet 2268

 

La bataille faisait rage, les hommes en armures telle une armée de robots détruisaient tout sur leur passage. Ils étaient sans état d’âme. Dans les bâtiments de l’Académie les jeunes recrues étaient au centre d’une guerre contre laquelle ils n’étaient pas préparés. Ils se défendaient de leur mieux désintégrant à coup de phasers de nombreux jaffas. Mais d’autres arrivaient toujours plus nombreux déversés en masse par les téléporteurs et les anneaux de transport. La lutte était inégale, et bientôt il ne resterait rien de l’académie et du QG de Starfleet. Dans les rues les gens couraient affolés, ils n’étaient pas habitués à la guerre, aux destructions, aux morts violentes. Tout cela n’existait plus sur terre depuis plus d’un siècle, et la mise en place de la Fédération des Planètes Unies avait achevé l’œuvre de pacification de la planète.

Quand tout fut brûlé, détruit, les jaffas se répandirent dans la ville. Au crépuscule de cette journée sanglante il ne restait que des ruines calcinées encore fumantes. Plus un souffle de vie, plus un seul brin d’herbe qui n’ait connu le piétinement des troupes, plus un seul arbre encore debout, et sur un fond de soleil couchant la lumière des incendies se reflétait.

 

Dans un rayonnement rougeâtre, Sekhmet se matérialisa au milieu du champ de ruines. Elle était très grande, ses longs et épais cheveux fauves ondulaient sous la brise légère qui s’était levée, elle leva son beau visage vers le ciel et un sourire étira ses lèvres ourlées, en voyant les fumées s’élever de la terre martyrisée. Elle était vêtue d’une longue robe blanche, qui lui tombait jusqu’aux pieds.

Un simple pendentif en or au dessin compliqué ornait son cou d’une beauté gracile. Ses pieds ornés de diamants dans les rigoles de sang elle  appela d’une voix rauque :

-Jaffa Kri !

Seul le silence lui répondit.

 

 

C’était pire que dans le plus effroyable cauchemar, tout avait été dévasté. Kirk avançait lentement au milieu des ruines fumantes qui avaient été quelques jours plus tôt le quartier général de Starfleet. Presque toute la ville avait été détruite, les quelques maisons qui tenaient encore debout étaient vides de leurs occupants.

-Ne nous attardons pas ici, dit Kirk un sanglot dans la voix. Il n’y a plus rien à faire. Même Spock n’avait plus de mots pour décrire l’indicible. Quant au Docteur Mac Coy, il ne cachait pas les larmes qui coulaient sur ses joues.

Kirk prit son communicateur et appela le vaisseau, quelques instants plus tard ils étaient de retour ayant l’impression de sortir d’un mauvais rêve.

Dans les minutes qui suivirent le retour des trois hommes la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans tout le vaisseau. Et chacun réalisa qu’il ne reverrait jamais les siens, qu’il était seul pour toujours perdu sur ce navire au milieu de nulle part, sans aucun port d’attache, flottant pour l’éternité entre deux réalités.

Kirk ordonna le départ du vaisseau qui s’éloigna lentement de ce qui avait été un monde vivant.

 

Brusquement un vaisseau apparut sur l’écran de la passerelle, un vaisseau géant, massif d’un aspect redoutable, une sorte de pyramide volante.

-Un vaisseau mère Goa’uld dit Mac Coy

-Et comme Kirk le regardait d’un air surpris :

-le major Carter est restée longtemps avec moi, elle m’a parlé des vaisseaux goa’ulds, avec beaucoup de détails.

-Fréquence ouverte et visualisation dit Uhura

Sur un trône une femme splendide leur faisait face :

-Je suis Sekhmet la fille de Râ, comme votre monde que je viens de détruire vous allez mourir.

Aussitôt une violente secousse frappa violemment le vaisseau.

-Dégâts mineurs sur les ponts 8 et 9 dit aussitôt Scotty.

Kirk ordonna immédiatement la riposte, un violent tir de phaser déséquilibra quelque peu le vaisseau ennemi, qui s’éloigna, un instant déconcerté.

 

-Sulu, éloignons nous d’ici, distorsion 8.

Spock leva un sourcil :

-Vous ne combattez pas Capitaine ?

-Non, le coup de semonce que nous avons donné l’a instant déstabilisée mais je pense que nous ne sommes pas en position de force dans ce combat, il vaut mieux ne pas affronter ce genre de vaisseaux, nous n’en connaissons pas bien la technologie.

 

Kirk et Spock se regardèrent en silence, ils n’avaient pas toujours besoin de mots pour communiquer, les fusions mentales qu’ils avaient plusieurs fois pratiquées par le passé leur permettaient parfois de se comprendre d’un seul coup d’œil.

-Venez dans mes quartiers Spock, nous y serons plus au calme pour discuter.

 

 

Base de Cheyenne Mountain 2003

 

C’était une réunion habituelle comme il y en avait des dizaines au SGC, pourtant l’ambiance était différente, tendue.

-Expliquez-vous Daniel Jackson, Que reprochez vous au colonel O’Neill ? dit le général Hammond d’un ton sec.

-C’est simple monsieur, je lui reproche d’avoir assassiné une femme sans défense.

Tous ses jaffas étaient morts et je trouve inconcevable…

-Inconcevable hurla le colonel puisque je vous dis qu’elle avait pris son arme de poing et qu’elle s’apprêtait à me jeter le long du mur.

-C’est votre parole contre la mienne dit Daniel d’un ton obstiné.

-Depuis quand se préoccupe t-on du sort des goa’ulds ? C’est un comble ! le colonel était outré.

Le général essaya d’apaiser le débat

-Allons messieurs un peu de calme ;

-Non je ne me calmerais pas.  Major, dit-il en se tournant vers Sam, vous l’avez bien vue vous, elle avait une arme n’est-ce pas ?

Sam était bien embarrassée, quand elle était repartie vers la salle des anneaux les mains de Sekhmet étaient nues, il n’y avait pas d’armes.

-Euh… Mon colonel…

Hammond voyant l’embarras de Sam reprit la parole :

-Maintenant cela suffit revenons aux évènements précédant la mort de Sekhmet.

Que s’est –il réellement passé sur le vaisseau et sur P4X465 ? Docteur Jackson ?

Daniel soulagé que la dispute ait pris fin, se lança dans des explications que jack écouta d’une oreille distraite.

-Il m’a semblé reconnaître les Jaffas de Yu et d’autres jaffas qui sembleraient être ceux de Sekhmet. Il y a eu bataille et apparemment de force égale ils se sont entretués.

-Mais la potion Docteur Jackson ? Qui l’a donnée à boire à Sekhmet ?

-Là nous nous perdons en supposition, ce ne peut être Râ puisque nous l’avons tué sur Abydoss il y a des années. Mais peut-être est-ce Yu lui même ou un de ses Jaffas qui voulait désamorcer la folie meurtrière de Sekhmet, pour mieux la vaincre. Mais il semble qu’elle ait bénéficié d’un allié imprévu…

-C’est vous Daniel l’allié imprévu ! Rugit le colonel, en se levant et le prenant par le col de son vêtement. Vous étiez fou amoureux d’elle, c’est ça ? C’est pour cela que vous ne vouliez pas que je la tue ?

-Quoi !  Heu.. Daniel était estomaqué, je ne comprends pas …

-Cela suffit maintenant messieurs, je propose qu’on arrête là cette réunion et que chacun se retire dans ses quartiers jusqu’à nouvel ordre. Rompez !

 

Vaisseau Goa’uld 2003

 

A l’intérieur il faisait noir. Lentement le sarcophage s’ouvrit et Sekhmet se leva.

Elle était seule à bord de son vaisseau lorsqu’elle reprit conscience. Autour d’elle tous étaient morts et le sol étaient jonché de cadavres, ses Jaffas et ceux de Yu.

Une terrible colère s’empara d’elle, ses yeux sombres lançaient des flammes et ses longs cheveux noirs se tordaient, elle se leva brusquement et décida de quitter ce vaisseau et de retourner sur sa planète. Sur Infierna elle serait bien, elle aurait sa garde personnelle de jeunes hommes à ses pieds, elle pourrait se reconstituer une nouvelle armée, cela prendrait des années mais elle avait le temps, tout le temps. Son sarcophage lui permettrait de ne pas vieillir et de traverser les siècles sans dommages.

Elle trouva sur le sol au milieu des cadavres des armes qu’elle ne connaissait pas , en prenant en main un pistolet mitrailleur ayant appartenu à Samantha elle revit aussitôt la belle jeune femme blonde, et ses compagnons, Daniel Jackson le savant et le colonel,  et le Sholva. Inconsciemment elle attribuait sa défaite à ces étrangers, ses souvenirs étaient un peu flous, il lui étaient inconcevable que ses Jaffas eurent tous été tués par ceux de Yu, une présence étrangère seule, plus forte était à l’origine de cette débâcle. Elle fut prise d’une rage meurtrière :

-Je vous retrouverais Tauri et je vous ferais payer au centuple, il ne restera pas un être vivant sur votre planète.

 Dans un flamboiement de lumière les anneaux la déposèrent chez elle.

 

 

 

Quartier du capitaine 2268

 

-Le fond de votre pensée Spock ?

Spock ne répondit pas tout de suite il semblait plongé dans une profonde méditation , puis après un léger soupir il prit la parole.

-Jim, ce que nous avons vu aujourd’hui est regrettable… 

-regrettable ? Spock, décidément je ne me ferai jamais à l’idée de votre côté vulcain, si froid et rationnel, mais que diable , vous êtes à moitié humain et vous avez des émotions en ce moment , alors montrez-les !

-Non je vous assure capitaine que je ne ressens rien.

Kirk fit un léger sourire qui ne monta pas jusqu’à ses yeux

-Laissez tomber. Poursuivez ce que vous vouliez me dire.

-C’est à propos de nos rêves, et des fluctuations, Capitaine, tout à l’heure quand nous avons fait face au vaisseau goa’uld cela a confirmé mes premières hypothèses, seul le SGC peut nous aider.

Et comme Spock semblait hésiter :

-Il y a autre chose Spock ?

-Oui Capitaine, nous avons insensiblement basculé dans l’univers parallèle. J’ai consulté les archives et j’ai trouvé de nombreuses références à des batailles entre des vaisseaux de la Fédération et des vaisseaux goa’ulds.

-Pourtant nous n’avons pas changé, c’est le même vaisseau, nous avons nos souvenirs, et dans nos souvenirs il n’y a pas de goa’ulds.

-Je pense qu’au moment où tout a basculer nous étions trop éloignés de la terre,

Nous en avons ressenti les effets, mais d’une manière lointaine, le changement ne devait concerner que notre planète, nous sommes en quelque sorte entre deux univers. Nous n’appartenons pas à l’univers dans lequel a plongé notre monde, nous restons ancrés dans l’ancien.

Kirk ne répondit pas. Les conclusions de Spock étayaient les pensées les plus sombres qu’il ait pu imaginer.

Quand il reprit la parole ce fut avec la certitude que Spock avait pensé à la même chose que lui.

-Vous voulez que nous allions en 2003 rencontrer le colonel O’Neill et SG1

-C’est exactement ce que je veux dire, capitaine. Cela me semble la seule solution logique. Bien sûr on n’a pas le droit d’intervenir dans le passé pour ne pas créer d’interférences mais si nous réussissons je ne pense pas que quelqu’un viendra nous en faire le reproche.

-En effet, décision adoptée.

 

 

 

 

Terre 2003

 

L’Enterprise entama alors sa périlleuse remontée du temps. Elle augmenta progressivement sa vitesse en se dirigeant droit sur le soleil. Puis par un effet de fronde entreprit son retour dans le passé.

Après une légère confusion, une désorientation passagère, l’équipage plaça le vaisseau en orbite lointaine autour de la terre.

 

Kirk et son équipe d’exploration avait revêtu des tenues neutres, jean, chemise, et veste, et un bonnet de laine pour Spock afin de dissimuler ses oreilles. Ils pourraient ainsi passer inaperçus au milieu des habitants de la terre.

Un seul point noir à leur programme comment contacter le colonel O’Neill sans se faire remarquer et immédiatement arrêter. Inutile d’essayer d’entrer directement dans la base de Cheyenne Mountain, les autorisations devaient être multiples et il fallait sûrement montrer patte blanche rien que pour se promener à l’extérieur.

Ils décidèrent de se téléporter de nuit dans une ville proche de la base où devait vivre le SGC.

Le plan fut aussitôt mis à exécution et c’est d’un bon pas que les 3 hommes pénétrèrent dans un bar à l’entrée de la ville. Trouver un annuaire, prendre contact le reste serait un jeu d’enfant.

 

Maison de Jack 2003

 

La sonnerie du téléphone tira le colonel d’un rêve des plus agréables, en compagnie de Sam il visitait l’Enterprise comme il l’avait fait quelques mois plus tôt.

D’une voix ensommeillée Jack répondit :

-Allo

-Colonel Jack o’Neill

-Oui, c’est moi

-Jack O’ Neill de l’US Air Force ?

A ces mots Jack se réveilla tout à fait, cette insistance lui parut suspecte.

-Qui est à l’appareil ?

-le capitaine Kirk

-Quoi ! C’est une blague ?

-C’est on ne peut plus sérieux, il faut qu’on se voit immédiatement.

 

 

 

 

Base de Cheyenne Mountain 2003

 

Le général Hammond se demandait si O’Neill n’avait pas perdu l’esprit.

Il regarda avec insistance les trois hommes qui lui faisaient face. Pour le convaincre O’Neill arracha de la tête de Spock le bonnet de laine. A la vue des sourcils arqués et des oreilles pointues le général reconnut l’homme dont O’Neill parlait dans ses rapports.

-Réunion générale de SG1 immédiatement, annonça-t il au micro.

 

Sam pénétra dans la salle d’un pas rapide et voyant Kirk son visage s’illumina

-Capitaine Kirk comme je suis contente, et elle lui fit la bise spontanément. Devant le regard ironique de Kirk elle devint cramoisie et se reprit aussitôt en saluant légèrement de la tête les autres personnes.

Le général Hammond prit la parole :

-Si vous voulez bien nous expliquer le pourquoi de votre venue dit-il se tournant vers Kirk.

 

Spock ne prononça qu’un mot :

-Sekhmet

-Eh bien quoi Sekhmet ? Elle est morte, depuis plus de trois semaines, et O’Neill raconta les derniers évènements passés sur P4X465 et le vaisseau goa’uld .

 

-Je peux vous assurer qu’elle est bien vivante.

-C’est impossible, dit le colonel, je l’ai tuée et sur le vaisseau il n’y avait que des morts, la planète était désertée de tous ses habitants. Personne pour la plonger dans un foutu sarcophage.

 

Alors Spock entama le long récit des évènements passés sur l’Enterprise et sur la terre depuis plusieurs semaines

Ils écoutaient horrifiés.

-Et vous êtes sûre qu’il s’agit de Sekhmet ?

-Absolument, nous l’avons vue.

-D’après vous que s’est-il passé ?

-Il est probable que quelqu’un dans l’entourage de Sekhmet ait réussi à remonter le temps pour la ressusciter et qu’il y soit parvenu. C’est la seule hypothèse que nous ayons à l’heure actuelle.

 

 

Après un long silence Hammond se tourna vers les hommes de l’Enterprise.

-Que proposez-vous ?

Spock sur un regard de son capitaine prit la parole :

-Nous avons deux possibilités, soit remonter le temps de trois semaines et quatre jours, 18 minutes …

-Spock continuez l’interrompit le capitaine.

-Pour vivre ce que vous avez déjà vécu sur P4X465, où poursuivre  le fil de votre vie mais en y incluant une mission supplémentaire sur la planète en essayant de débusquer Sekhmet et de l’empêcher de nuire.

-Empêcher de nuire !  C’est un doux euphémisme, cela me fait bien rigoler ajouta le colonel. Dites plutôt la tuer !

-Personnellement je préfère la première solution, dit Kirk, Elle est plus sûre, on sait déjà que Sekhmet sera sur son vaisseau.

Le colonel reprit :

-Je ne vois pas ce que je peux faire de plus, je l’ai déjà tuée. Je peux recommencer, mais je ne vois pas ce que cela changera.

 

Kirk se permit un sourire :

-Rassurez-vous nous ne serons pas loin, nous avons un plan, c’est notre monde que nous avons à sauver, le votre est encore debout. Nous aurons les motivations nécessaires.

-Il est temps que vous visitiez nos installations, dit le général Hammond, pendant ce temps je vais informer le Pentagone de la situation, et prendre les décisions qui s’imposent.

 

Si Spock fut surpris de la technologie de la Porte des Etoiles il ne le fit pas voir. Il se contenta de poser des questions à Sam qui put s’étendre avec passion sur son sujet favori, la science sous toutes ses formes. Spock se montra particulièrement intéressé par le labo de Sam où trônait en bonne place son cher réacteur à naquada.

 

L’infirmerie étonna le docteur Mac Coy, il ne pensait pas voir un tel ramassis d’antiquités en un si petit endroit. Janet fut vexée car elle était très fière de son infirmerie qui pouvait rivaliser avec les plus grands hôpitaux modernes. Mac Coy s’excusa auprès de Janet il n’avait eu aucunement l’intention de l’ennuyer avec ses considérations de médecin chef de l’Enterprise. Janet très intéressée retrouva le sourire et en profita pour lui poser tout un tas de questions auxquelles il refusa de répondre, au grand désespoir de Janet.

 

Plus tard dans la salle de briefing le général Hammond prit la parole :

 

-Ma décision est prise, en accord avec le Pentagone, nous ne bougeons pas, c’est vous qui agissez capitaine Kirk dit-il en se tournant vers Jim.

 

Les adieux furent brefs, Kirk avait hâte de voir la mission s’accomplir. La vue de la terre déchirée était encore imprimée dans ses rétines, il était plus que temps d’agir. Il se sentait mieux, l’action était commencée, la chape de plomb qui s’était abattue sur ses épaules depuis leur terrible découverte lui semblait un peu moins lourde.

-Kirk à Enterprise, trois à remonter.

Le scintillement de la téléportation si pareille à la flaque bleuté du centre de l’anneau réunissait en un même lieu ces technologies d’un autre temps, d’un autre univers. Ils disparurent bientôt à leurs yeux après que Mac Coy eut murmuré un :

-A dans il y trois semaines ! …

 

 

Vaisseau Goa’uld 2003

 

Dans le couloir il n’y avait plus personne, c’est comme si d’un seul coup le vaisseau avait été déserté. Ils avancèrent prudemment dans les couloirs   et trébuchèrent rapidement sur des dizaines de cadavres. Des Jaffas baignant dans leur sang.

-Mon Dieu, que s’est-il passé ici ? Sam avait l’air effarée. Dans la salle du trône ils virent la reine seule sur son trône au milieu des corps, elle avait l’air dans un état second.

-On dirait que les Jaffas se sont entretués.

Comme le colonel avançait d’un air menaçant Daniel le prit par le bras

-Attendez Jack, c’est Sekhmet, la lionne assoiffée de sang, et comme Jack le regardait avec des yeux ronds :

-Vous savez bien, je vous ai raconté la légende de cette reine, celle qui avait bu la potion que Râ lui avait donné, vous savez bien la fille de Râ. Regardez-là elle ne semble pas dans son état normal, son regard est vide, elle est comme endormie après une rage sanglante, on dirait qu’elle a bu le poison, elle n’est même pas armée.

Et comme Jack s’apprêtait à la tuer, Daniel hurla :

-Non jack vous ne pouvez pas faire cela elle est sans défense, regardez elle n’a même pas la pierre dans la main. Si vous la tuez, ce serait un meurtre et vous ne vaudriez pas mieux qu’elle.

Jack suspendit son geste, son bras retomba le long de son corps.

-Si vous le dites… Allez devant dit-il à ses compagnons, je vous rejoins dans un instant.

Il les regarda s’éloigner puis s’approchant de Sekhmet il vit qu’elle avait pris au cœur de sa paume l’arme de poing goa’uld. Et comme elle levait la main sur lui la pierre maléfique se mit aussitôt à briller, et avant que le rayon mortel ne l’atteigne il tira sur elle à deux reprises. Elle tournoya un instant sur elle même et s’effondra les yeux grand ouverts le sang coulant de sa poitrine déchirée. Cette scène n’avait pas duré plus de dix secondes.

 

Et comme Jack s’apprêtait à rejoindre ses compagnons un rayon orangé jaillit du poing d’un homme dissimulé derrière une tenture, à la place du trône où se tenait l’instant précédent la reine sanglante, un trou d’où s’échappaient quelques volutes de fumée.

Le colonel resta un moment interdit, il regarda d’où était parti le coup, seule la tenture bougea légèrement et tout rentra dans l’ordre.

 

 

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4

 

 

LA SALLE ETAIT PLONGEE DANS LA PENOMBRE

 

 

 

Base de Cheyenne Mountain,

 

La salle était plongée dans la pénombre. Une faible lumière blanche irradiait des consoles et le silence n’était troublé que par le bruit de leurs pas et le murmure de leurs voix. Dans les profondeurs de la montagne régnait une atmosphère de tombeau. L’anneau inactif était recouvert d’un immense plastique, on aurait dit un vieux meuble dans une maison inhabitée.

Spock un tricordeur à la main faisait les premiers relevés.

-le niveau d’oxygène est un peu faible, capitaine, dit-il en regardant Kirk, cependant nous pouvons respirer sans masques.

-Ce lieu est désert depuis des siècles ajouta le capitaine.

 

-Pourtant c’est bien le centre de commandement du SGC, les textes sont formels, et cela correspond bien à ce que nous avons vu l’an dernier.

A ce souvenir de leur planète détruite par Sekhmet, Kirk ne put réprimer un frisson.

Les hommes découvraient les salles une à une, partout la même immobilité, on eut dit que le temps était suspendu, les ordinateurs en attente, les machines prêtes à fonctionner, seuls manquaient les hommes et la vie.

Au niveau 36 ils découvrirent une salle où plusieurs cellules faiblement éclairées ressemblaient à des réservoirs de cryogénisation. Un espoir fou s’empara de Kirk qui s’approcha d’un des caissons et essuya la vitre de sa manche. Un corps allongé et immobile apparut.

Les autres caissons étaient aussi occupés. Il y avait en tout 8 personnes.

-Que faisons-nous capitaine ? demanda Spock en regardant son supérieur.

Celui-ci réfléchit :

-Docteur que me conseillez-vous ?

-La plus grande prudence répondit celui-ci, Rappelez-vous les hommes que nous avions trouvé sur le Botany Bay, les avoir réveillés ne nous a valu que des ennuis.

 

Pendant ce temps Spock avait arrêté les machines et les portes s’ouvrirent automatiquement. Un léger brouillard de givre s’échappa des caissons et l’équipage de l’Enterprise eut un mouvement de recul en découvrant les corps.

 

 

 

Base de Cheyenne Mountain 10 octobre 2003

 

Jonas ouvrit un œil et regarda son réveil, encore un quart d’heure soupira –t-il avant de se rendormir. Il avait veillé une partie de la nuit à essayer de traduire avec Daniel des hiéroglyphes totalement inconnus, qu’ils avaient découverts sur la planète P5X 488. Cela ressemblait à du sanskrit. Mais sur la planète il n’y avait aucune trace de religion hindouiste. La population ayant été soumise pendant des siècles à des goa’ulds vivait pauvrement, et tirait sa subsistance des quelques plantes qu’ils faisaient pousser.

Le hurlement des alarmes le tira de son lit et il se précipita vers la salle d’embarquement, où il rejoignit le reste de l’équipe.

 

-Ouverture non programmée de la porte

-Fermez l’iris hurla le général Hammond.

 

Alors se passa une chose stupéfiante un homme traversa l’iris et se tint debout en haut de la rampe face aux fusils mitrailleurs pointés sur lui par des dizaines de tireurs d’élite.

Il était visiblement humanoïde, de petite taille et il présentait un faciès un peu étrange avec une peau violette, des yeux qui lui mangeaient la moitié du visage et de très petites oreilles situées juste en dessous. Sa bouche était grande et semblait dépourvue de dents.

 

-Ne tirez pas dit Hammond. Il s’avança jusqu’au bord de la rampe et invita l’étranger à descendre, celui-ci ne paraissait pas armé.

 

Il avança à tout petits pas sautillants et regarda autour de lui. Il se redressa et sembla grandir de plusieurs centimètres. Son regard se posa alors sur toutes les personnes présentes et il fixa chacune d’elle un instant et tous eurent l’impression de plonger dans un puits sans fond . Sam ne put s’empêcher de frissonner.

-qu’est ce que c’est que ça pensa O’Neill, jamais vu un type pareil !

 

Hammond se présenta :

-Je suis le général Hammond, le chef de cette base, comprenez vous notre langue ?

-Je suis Dieu dit l’étranger.

-Ah ça ne va pas encore recommencer, encore un qui se prend pour Dieu .

 

-Heu… lequel ? demanda O’Neill d’un air innocent.

Daniel le poussa du coude :

-Jack !

-Eh bien quoi, c’est vrai on en a vu des dieux, on en a rencontré tout un tas, alors je m’informe !

 

L’étranger se tourna vers O’Neill et levant la main réduisit celui-ci au silence. Jack  se retrouva  comme pétrifié, il ne pouvait plus bouger et ses yeux exprimaient une surprise intense. Et comme Sam ouvrait la bouche pour parler elle se retrouva elle aussi immobilisée par la puissante force.

 

-Je suis Dieu répéta l’étranger, prosternez-vous devant moi

Hammond fit un geste, un coup de feu malencontreux partit et le tireur se retrouva en l’espace d’un dixième de seconde collé au plafond de la salle.

La peur et la stupéfaction envahirent tout le monde.

 

-Déposez vos armes et faites ce qu’il dit ajouta Hammond.

 

Et tout le monde tomba à genoux le nez dans la poussière pendant qu’une lumière blanche envahissait la salle et que l’anneau de pierre se mettait à vibrer.

Dieu repartit comme il était venu au travers de l’iris, le silence envahit la pièce tandis que tous se regardaient en se demandant s’ils n’avaient pas rêvé. Mais le corps du soldat mort étendu aux pieds du général témoignait qu’ils venaient de vivre un drame et qu’ils s’étaient fait un nouvel ennemi encore plus redoutable que les autres car capable de traverser le shapaï et l’iris. Leur monde n’avait plus aucune protection contre de tels ennemis pouvant se dématérialiser et  se transformer en lumière.

Que pouvait-ils faire ?

 

Salle de débriefing 10 octobre 2003

 

L’ambiance était plutôt tendue autour de la table, même O’Neill avait un air sombre et en oubliait ses sempiternelles plaisanteries.

 

Carter, un ordinateur devant elle prit la parole :

-Mon général aucune protection mécanique quelle qu’elle soit ne peut nous garantir une sécurité suffisante. L’iris est capable d’arrêter tous les corps solides, il a fait preuve d’une réelle efficacité dans le passé, mais maintenant il faut envisager autre chose pour nous protéger.

-Et que nous proposez-vous major ?

-Vous rappelez-vous les créatures de lumière et d’énergie qui nous avaient attaquées, sur la lune M4C862, elles passaient à travers toute matière solide et rien ne pouvait les arrêter sauf un champ électrique, je propose donc que l’on double l’iris d’une protection électrifiée qui pourrait nous protéger contre les êtres immatériels. Il n’y aurait pas besoin d’un champ électrique très puissant 120 ou 130 volts devraient pouvoir suffire.

 

Le général Hammond écoutait attentivement les explications de Sam

-Pensez-vous nous garantir à 100% l’efficacité de ce champ électrique  major ?

 

Sam hésita un peu :

-Non mon général, tant qu’on ne l’aura pas essayé on ne sera pas tout à fait sûrs, cependant on pourra toujours ajuster la force du courant si besoin.

-Oui mais on risque d’être tous morts à ce moment là ! dit O’Neill qui commençait à s’agiter sur sa chaise. Je propose tout de suite 40 000 volts comme ça on sera tranquille.

Sam sourit :

-C’est impossible mon colonel

-Ah oui et pourquoi, Major ? Et que veut dire ce petit sourire ?

-Parce qu’un champ électrique aussi puissant perturberait tout notre système informatique, mon colonel et nous risquerions de perdre toutes…

-Carter ça suffit !

-Vous avez demandé <pourquoi> mon colonel !

-Oui je sais j’ai prononcé le mot interdit.

-Ça suffit maintenant coupa le général. Mettez vous tout de suite au travail Major.

-Je vais avec vous dit Jonas

-D’accord

-Moi pendant ce temps ajoutai Daniel, j’ai quelques hiéroglyphes qui m’attendent.

-Et vous Teal’c que comptez-vous faire ? dit le colonel

-Du K’elnor’im.

 

Et Jack désœuvré regagna ses quartiers en marchant lentement, décidément je déteste ces longs séjours à la base, tout le monde à quelque chose à faire sauf moi , et si j’allais au mess manger un gâteau ?

 

 

Base de Cheyenne Mountain 36 ème niveau

 

Les hommes de l’Enterprise ne pouvaient détacher leurs yeux des formes immobiles dans les caissons ouverts.

-Mais on dirait … balbutia Mac Coy.

-Oui docteur ce sont bien eux vous ne rêvez pas. Pouvez vous les réanimer ? demanda Kirk légèrement anxieux. J’espère que nous n’avons pas interrompu trop brutalement le processus.

 

Mac Coy fit à chacun d’entre eux une piqûre avec un hypospray  au niveau du cou et attendit quelques instants avant de voir le premier ouvrir les yeux et se redresser lentement.

Sam regarda autour d’elle d’un air égaré, elle avait très froid et ne comprenait pas ce qui lui arrivait.

-Vite docteur, dit Spock il faut la réchauffer.

 

Le docteur Mac Coy s’affaira auprès de ses nouveaux patients. Les uns après les autres ils se réveillaient mais aucun n’avait encore prononcé le moindre mot et semblait ignorer la présence de ses compagnons.

Mac Coy se pencha vers Sam et la première chose qu’elle vit fut ses yeux si bleus qu’elle reconnut comme quelque chose d’infiniment familier.

 

-Docteur Mac Coy ?  Murmura t-elle, c’est pas possible, vous êtes revenus nous voir ? Pourquoi avez-vous remonté le temps ?

-Chut, le capitaine Kirk apparut dans le champ de vision de Sam, reposez vous il faut maintenant reprendre des forces.

-Le colonel ?

Rassurez-vous il est là ainsi que le Docteur Jackson, Teal’c, le général Hammond, le docteur Frazier et deux autres personnes que je ne connais pas.

Sam ferma des yeux qu’elle ne pouvait plus maintenir ouverts, elle s’endormit profondément.

 

Petit à petit les autres membres du SGC sortirent de leur léthargie ils se regardèrent étonnés de voir l’équipage de l’Enterprise qu’ils avaient déjà rencontré au cours de leurs expéditions.

-Mais enfin que se passe-t il dit Daniel, où sommes-nous ? Et que faites-vous ici vous avez remonté le temps ?

Visiblement le SGC n’avait aucune idée de ce qui leur était arrivé ils semblaient avoir tous perdus la mémoire.

 

Finalement ils se regardèrent en silence, un regard inquiet, il se passait quelque chose de grave, de très grave. Puis ils se mirent à parler tous en même temps

-Où sommes-nous ? Pourquoi êtes vous revenus nous voir ? Vous avez remonté le temps ?

Cette question ils étaient déjà trois à l’avoir posée, mais ils n’obtenaient aucune réponse. Le capitaine Kirk les regardait gravement, avec comme une lueur de pitié au fond des yeux.

-Allez-vous nous dire ce qui se passe à la fin oui ou… le colonel commençait à s’énerver, il trouvait que l’on tournait un peu trop autour du pot.

-Quelle que soit la vérité nous avons le droit de l’entendre, dit Teal’c

 

Cette dernière phrase fit sortir tout le monde de cette espèce de léthargie qui semblait les avoir englués dans un silence pesant.

-Vous avez entièrement raison, dit Kirk, mais attendez-vous à éprouver un choc.

 

 

Laboratoire de Sam 10 octobre 2003.

 

Entourée des meilleures ingénieurs de la base, Sam travaillait d’arrache pied pour mettre au point le piège électrique prévu à l’intention des créatures non corporelles susceptibles de traverser l’iris. Les calculs s’avéraient beaucoup plus compliqués que prévus. Il fallait tenir compte de la particularité de chaque créature, autrement dit il fallait avoir un dispositif modulable instantanément et pouvant s’adapter aux différentes énergies rencontrées. Le voltage de l’iris pouvant donc varier de 130 à 880. Certaines créatures était détruites par des champs électriques de faible intensité mais étaient capables de résister à des voltages plus puissants. Ce qui était contraire aux lois de la physique. On aurait pu penser qu’une intensité plus forte détruirait tout, mais ce n’était pas le cas. Sam pour faire ses calculs s’appuyait sur les travaux des plus éminents scientifiques Asgards. Pour les aider les Asgards avaient accepté de leur fournir des informations que la terre ne possédait pas encore et qu’elle était loin de pouvoir acquérir.

Pendant tout ce temps Daniel, que Jonas avait rejoint  travaillait sur les symboles inconnus relevés sur la planète P5X488. Ils recherchaient dans la mythologie hindoue la trace de « Dieu ». Le personnage étrange qui était apparu ne ressemblait pas aux Goa’ulds tels qu’ils avaient l’habitude de les rencontrer. Ces yeux ne brillaient pas, il n’avait ni la voix caverneuse ni l’arme au creux de sa main. Il n’était pas dans un corps humain, mais dans un corps d’une race inconnue. Daniel se perdait en suppositions. Peut-être n’y avait-il pas d’humains sur la planète d’où il venait, il avait sans doute dû chercher un hôte en hâte et s’était réfugié dans ce corps. Mais ce qui intriguait le plus Daniel c’était sa transformation en être d’énergie pure qui n’était pas sans lui rappeler Oma. Peut-être avait-il déjà fait son ascension. Mais pour Daniel ce qui était sûr, c’était un être malfaisant qui comme les Goa’ulds demandait adoration et soumission à tout ceux qu’il rencontrait.

-je crois que j’ai trouvé dit Jonas, regardez Docteur Jackson, et il lui montra les symboles qu’il avait trouvés dans un vieux grimoire.

-En effet dit Daniel on dirait Brahmâ, le Dieu suprême des hindous. Je comprends maintenant mieux pourquoi il se croit au dessus des autres, il est le Dieu tout puissant régnant sur toutes les autres divinités de l’hindouisme.

Jonas poussa un soupir :

-Mon Dieu, qu’allons-nous faire ?

-Je crois qu’il faut faire confiance à Sam et aux scientifiques Asgards pour trouver une parade.

 

 

Base de Cheyenne Mountain 36 ème niveau

 

-D’abord où sommes-nous ? Demanda Sam, Cela ressemble à une base militaire ?

-Venez dit Kirk, nous allons vous faire reprendre doucement contact avec la réalité.

-C’est quoi ces précautions ? Nous sommes vivants, je ne vois pas ce qui pourrait être si dramatique que cela. Le colonel bougonnait pas content du tout.

 

-Enfin mon général dites quelque chose

Le général Hammond n’avait encore rien dit il se contentait de regarder autour de lui

-Nous sommes dans notre base colonel, j’en suis sûr.

-En effet dit Kirk nous sommes au niveau 36. Venez nous allons vous faire voir.

 

Un peu inquiet tout le monde se mit en marche et SGC put contempler avec effarement le désastre qui s’était abattu sur eux. De leurs installations il ne restait pas grand chose, tout avait été déconnecté, les ordinateurs étaient hors service, beaucoup de choses étaient cassées, et ils durent souvent se frayer un passage à travers des décombres pour trouver leur chemin.

La porte des étoiles étaient inactive, elle n’était plus reliée à aucune source d’énergie .

-Mon Dieu que s’est-il passé ici ?

-Et si vous commenciez par le commencement Capitaine Kirk ? La voix du général Hammond était ferme et n’engageait pas à la contestation. Pourquoi êtes vous dans notre base ?

-Expliquez Spock

L’homme aux oreilles pointues se lança dans des explications extrêmement concises dont aucun mot n’était superflu.

-Nous approchions de la terre quand nous avons capté un signal inhabituel.  La fréquence utilisée n’était plus en cours depuis longtemps et nous avons reconnu un signal radio. Aussitôt nous avons  cherché la source de ce message. Il émanait du niveau 36 où nous vous avons trouvé. Nous nous sommes immédiatement téléportés au niveau de votre salle d’embarquement, et en nous guidant sur le signal nous sommes arrivés jusqu’à vous.

 

Le silence seul fit écho à ces paroles

 

Sam regarda son père Jacob Carter qui n’avait encore rien dit puis les autres membres de son équipe, puis une lueur se fit jour dans son esprit. A peine pensée elle essaya de rejeter cette idée, mais elle s’imposait avec force :

-Vous n’avez pas remonté le temps n’est-ce pas ?

-En effet, nous sommes en 2269 et nous y sommes toujours restés.

-Mais comment se fait-il que nous soyons encore là ? Nous avons plus de 260 ans !

-Un sarcophage peut-être ? Suggéra Jonas

-Non reprit Spock nous vous avons trouvé dans des unités de cryogénisation et le signal radio était sans doute programmé pour être émis à cette période précise.

-Nous n’en avons aucun souvenir ! Sur la terre à notre époque on ne connaît pas cette technique ! Qui a pu nous mettre dans ces unités et surtout pourquoi ? Les regards se tournèrent vers Jacob

 

-Pourquoi me regardez-vous de cette manière, je n’y suis pour rien !

-Mais vous, grâce à Selmac vous connaissez énormément de choses, et avez accès aux techniques Goa’uld, Asgards ou autres.

-Qui est Selmac ? demanda Mac Coy

-Oh ça c’est une longue histoire, encore une histoire de serpent dit O’Neill et comme tout le monde le regardait stupéfait

-de gentil serpent ajouta – il d’un air faussement contrit.

-Nous avons tout notre temps maintenant dit Hammond, apparemment nous avons quitté notre époque depuis longtemps. Docteur Jackson, vous pourriez leur expliquer.

 

Daniel comme d’habitude se lança dans de longues explications qui firent bailler d’ennui le colonel et comme Jonas se mettait de la partie :

-S’ils sont deux maintenant, où va-t-on ?

 

Mais bizarrement leurs souvenirs s’arrêtaient aux environs d’Octobre 2003.

 

-C’est curieux dit Sam, je me souviens avoir posé un champ électrique contre l’iris, mais ensuite je ne me rappelle plus de rien.

Tous dirent la même chose.

-Ah je me souviens d’une chose, dit le colonel,

Et comme chacun le regardait plein d’espoir :

-Je me rappelle m’être fait réveiller en pleine nuit par les alarmes, enfin ajouta –t-il un peu dépité, je ne sais pas si c’est important.

 

Personne ne trouva ça drôle. Et chacun replongea dans ses pensées.

 

 

 

Base de Cheyenne Mountain 10 octobre 2003

 

Les ingénieurs s’affairaient à installer l’électrification de l’iris ; le dispositif était maintenant presque prêt. Sam dirigeait les opérations et après toutes ces heures de travaux ininterrompues elle était au bord de l’épuisement.

-C’est prêt mon général.

L’iris se mit à vibrer légèrement au moment de la mise sous tension puis tout redevint calme.

-Il ne nous reste plus qu’à savoir si cela va fonctionner. Bien sûr c’était O’ Neill qui avait dit  ces mots. Il n’avait qu’une confiance très limitée dans la technique.

-Major, si vous vous reposiez maintenant ?

-Mon colonel je voudrais vérifier…

-C’est un ordre Major

 

-Bien mon colonel.

-Venez je vous emmène au mess manger et vous rafraîchir un peu, et ensuite une bonne nuit de sommeil.

-Mais mon colonel il me reste encore à …

-Carter ! Non !

-Oui mon colonel. Sam poussa un soupir et suivit O’Neill qui quitta la salle d’embarquement avec un réel soulagement. Il est vrai que cette journée avait été épuisante pour tout le monde.

 

Jonas et Daniel tombaient eux aussi de sommeil. Tout le monde partit prendre un repos bien mérité.

O’Neill venait juste de s’endormir quand les alarmes se mirent à mugir. Il sursauta et tomba du lit plus qu’il ne se leva.

Les yeux rougis par la fatigue ils se retrouvèrent devant l’iris. L’anneau de pierre vibrait de toute sa puissance, mais aucune forme ne traversa la protection mise en place un peu plus tôt.

Après quelques instants tout s’éteignit.

-Ouf il semble que cela fonctionne, Carter était ravie, son travail avait réussi ils en avait maintenant la preuve.

 

Base de Cheyenne Mountain    14 Novembre 2003

 

La vie reprit son cours au SGC, Daniel avait fini de traduire les symboles concernant la planète P5X488. Les tablettes racontaient l’histoire de ce monde asservi par les Goa’ulds. Une histoire affreusement banale comme ils en avaient déjà vu des dizaines sur d’autres mondes. Le sous-sol de la planète regorgeait de Naquada à une époque, et bien sûr Brahmâ entreprit de mettre la population en esclavage pour les faire travailler et mourir dans les mines. Seul comptait à ses yeux le nombre de kilos extraits chaque jour. Les hommes tombaient comme des mouches le travail étant très pénible, et bientôt la population fut décimée. Ils allèrent au bout de leurs forces pour satisfaire ces étrangers et quand les réserves furent épuisées les Goa’ulds se retirèrent laissant une poignée d’hommes et de femmes au bord de la famine. Pour eux la planète n’était plus intéressante.

 

-Vous avez vu tout cela sur ces tablettes de pierre ? demanda O’Neill sceptique

-Oui répondit Jonas, voyez ce symbole là qui indique…

-N’insistez pas Jonas, il vous fait marcher, ajouta Daniel en voyant les yeux ironiques de Jack.

-Ah bon vous croyez ?… Jonas était un peu perturbé et il avait du  mal à s’habituer à l’humour du colonel.

-On demande SG1 en salle de briefing, la voix crachotant par le haut parleur mit fin à leur conversation, et tous se dirigèrent vers la salle de réunion.

Hammond était déjà là quand le colonel franchit la porte le dernier

-Je suis en retard, c’est étonnant ça !

Sa remarque tomba à plat.

-Asseyez vous répondit le général.

 

Les Asgards, nous ont prêté une de leur technologie commença le général Hammond. Ils pensent en effet que la terre est en grand danger.

Il marqua une pause pour observer l’effet de ses paroles. Autour de la table SG1 au grand complet et Janet. Il était rare que Janet assiste au briefing on pouvait en déduire qu’il s’agissait d’une question d’ordre médicale.

Sur un geste de Hammond elle prit la parole.

 

-Les Asgards sont en effet très avancés technologiquement vous le savez tous, sur le plan militaire, spatial et bien d’autres domaines. Mais sur le plan médical nous ne nous en étions jamais préoccupés. Or en technique de cryogénisation ils sont très forts également.

La cryogénisation mais en quoi cela peut-il nous intéresser ? demanda Sam

 

Au même moment une vague lumineuse enveloppa la pièce et Thor apparut au milieu d’eux.

-Thor ! Vieille canaille ! dit Jack joyeusement, qu’est ce que vous venez faire ici ?

-Colonel, reprenez vous, le visage de Hammond était sévère et ne prêtait nullement à poursuivre la plaisanterie.

-Le commandant Thor est venu nous apporter son aide avant même que nous le demandions, il est au courant de choses que nous ignorons.

-En effet, O’Neill, moi aussi je suis content de vous voir.

 

Et se tournant vers Hammond :

-Connaissez-vous Brahmâ ?

-Nous en avons eu un petit aperçu au début du mois dernier, dit Daniel il nous a fait une visite surprise.

-Mais nous aussi nous lui avons fait une surprise ajouta Sam, avec un iris électrifié pour empêcher les créatures non corporelles de traverser la matière.

 

Si Thor avait pu sourire il l’aurait fait devant l’innocence de ses amis.

-Je crois que c’est inutile, il faut vous préparer à une invasion.

 

Ils sursautèrent.

-Une invasion ? Ils parlèrent tous en même temps, l’émotion était à son comble.

-Notre iris ne résistera pas demanda Hammond ?

-Non,

-Mais pourquoi ?

-Brahmâ s’est allié avec Anubis, et comme vous le savez ils sont tous les deux des êtres tout puissants.

Le silence était pesant dans la salle, un silence à couper au couteau.

Le général Hammond très pâle reprit la parole.

-Que nous proposez-vous ?

-Un départ massif de votre population vers votre site alpha. Et pour vous qui resterez jusqu’au bout je vous offre des unités de cryogénisation qui vous permettront de traverser les siècles et de survivre.

 

-Mais pourquoi nous ?

-Parce que vos connaissances et vos qualités sont trop précieuses pour risquer de les perdre.

-Nous ne pouvons pas nous soustraire à notre devoir, c’est impossible répliqua Hammond d’une voix ferme.

-Vous préférez tous mourir ? dit Thor d’une voix calme. Car ne vous faites aucune illusion mes amis, vous allez mourir, et ce sera une mort inutile.

 

Il n’y avait plus rien à ajouter.

 

 

Les évènements se mirent en marche, avant même que la catastrophe annoncée s’avance, les parades avaient lieu.

La porte des étoiles fut sortie de la base et déposée au pied de la montagne ; une rotation d’avions pendant des mois transportait les populations vers la porte qui envoya des millions de gens vers la planète dont les coordonnées étaient tenues secrètes.

Bien sûr le président des Etats Unis avait prévenu l’ensemble de la population de l’existence de la porte et des extra terrestres. Une polémique s’engagea, qui devait partir ?  Qui devait rester ?  la Chine exigea que le nombre de partants soit au prorata de la population de chaque pays , d’autres nations comme la France demanda que l’on envoya d’abord les plus faibles, les malades, les handicapés. La Russie protesta vigoureusement elle préférait que les militaires et les scientifiques soient prioritaires. L’Allemagne protesta vigoureusement contre les intentions françaises, elle ne voulait envoyer que des intellectuels et des personnes au QI élevé, des gens efficaces aptes à construire un nouveau monde.  Enfin les Etat Unis se virent accuser de vouloir garder la porte pour eux, ce que dénonça vigoureusement le président.

 

Naturellement le sénateur Kinsey s’était arrangé pour partir en premier.

 

L’invasion n’était pas encore arrivée que déjà la guerre diplomatique faisait rage, et quand un missile russe fut lancé par erreur la tension devint telle que la guerre était imminente. La planète n’avait nullement besoin des Goa’ulds pour se battre.

Quand la flotte d’Anubis et de Brahmâ apparut dans notre système solaire la défense de la terre n’était plus assurée que par des peuples incapables de s’entendre.

 

Il fut décidé de désactiver la Porte  de lui retirer toute source d’énergie et de la redescendre à l’intérieur de la montagne. Environ 20 millions de personnes avaient pu rejoindre le site alpha. Il y avait des gens de tous les continents, la dessus le SGC qui avait le commandement de l’opération avait très ferme. Toutes les ethnies avaient été représentées. De nombreux animaux étaient venus compléter cette arche de Noé moderne.

 

Une charge fit sauter le sommet de la montagne.

 

Dans les entrailles de pierre survivaient O’Neill, Daniel, Hammond, Jonas, Sam, Janet, Tea’lc, et Jacob qu’Hammond avait fait chercher.

 

Le 18 janvier 2004 ils descendirent au 36ème   sous sol, et scellèrent définitivement la porte d’entrée.

Avant de rejoindre leurs unités de cryogénisation ils se jetèrent dans les bras les uns des autres, sans un mot. Des larmes coulaient, ils ne savaient pas s’ils se reverraient un jour. O’Neill serra Sam contre lui un petit peu plus longtemps qu’il n’aurait du. Mais le temps des règlements était passé, Sam posa ses lèvres sur celles de son colonel en un baiser très doux.

 

Thor une nouvelle fois apparut au milieu d’eux :

-Au revoir mes amis

Et quand les machines furent fermées et en fonctionnement il programma un signal radio qui se déclencherait exactement le 18 janvier 2269, et émettrait pendant plusieurs semaines. Dans un ultime scintillement Thor quitta la terre pour toujours.

 

 

Base de Cheyenne Mountain 20 janvier 2269

 

C’est seulement deux jours après le début de l’émission du message radio que l’Enterprise prit contact avec la Terre, et trouva le reste de la base secrète.

 

Leurs souvenirs revenaient lentement par bribes après un si long sommeil. C’était comme un fil ténu qu’il ne fallait pas lâcher. Une image en appelait une autre, l’ultime vision de Thor, la porte au pied de la montagne, le défilé de tous ces exilés qui fuyaient, puis leur ultime adieu avant de s’endormir d’un sommeil si proche de la mort.

 

Tous maintenant étaient silencieux. Ils s’étaient installés dans l’ancienne salle de briefing et tout aurait pu être comme avant sans l’affreux silence qui les enveloppaient. Ils étaient au fond d’un tombeau et ils le savaient.

 

-Capitaine, Spock brisa le silence, sa voix froide et sans intonation rendit encore plus réel le concept de désolation qui les emplissait.

-Le taux d’oxygène se raréfie, il faudrait remonter.

Kirk à l’Enterprise :

-11 à téléporter.

Sur le vaisseau de nombreux officiers qui n’étaient pas au courant de la situation les saluaient, heureux de les revoir.

Dans la salle de Briefing qu’ils connaissaient déjà  ils prirent place.

Le général Hammond prit la parole :

-Tout d’abord Capitaine Kirk, je dois vous remercier au nom de tous de nous avoir sauvé la vie. Il marqua un temps d’arrêt, regarda les membres de son équipe et dit la phrase que tous avaient sur le bout des lèvres :

-Et maintenant, pouvez-vous nous aider à rentrer chez nous ?

-Il n’en est pas question.

 

La voix de Kirk était coupante comme de l’acier et son regard tantôt si plein de bonté était devenu de glace.

 

 

La Terre février 2004

 

La terre en pleine division se préparait bien mal à assurer sa défense.

L’enjeu était d’importance, quelle nation allait avoir la prépondérance pour commander les manœuvres de protection de la terre.

Naturellement l’armée américaine voulait commander la coalition. Depuis quelques années elle s’était instituée le gardien de la planète et de la morale, elle proposa un commandement commun, tout en gardant la suprématie. 

La Russie quant à elle, depuis longtemps au courant du projet de la Porte des Etoiles connaissait les risques encourus et les terribles dégâts   que pouvaient causer les vaisseaux Goa’ulds. Elle souhaitait se rallier aux USA, mais comme la Chine, elle voulait d’une coalition à parts plus équitables.

L’Europe n’était pas prête à s’engager militairement dans un conflit, elle était engluée dans ses propres difficultés de fonctionnement, une ébauche de constitution, l’entrée de 10 nouveaux membres, et toujours la menace terroriste possible sur son sol.

Les Palestiniens et les Israéliens continuaient, les uns les attentats suicides, les autres les représailles.

Bien entendu les pays du sud désargentés ne présentaient pas un grand intérêt, bien que chacun se défendit de vouloir les sacrifier. L’ONU retentit de nombreux discours sur l’union, sur la nécessité de faire taire les querelles internes.

En fait personne ne croyait à une invasion extraterrestre. Seuls les USA et les russes en étaient convaincus. La Chine cria à la provocation quand le président des USA proclama dans un discours fleuve que de toute façon on était parfaitement capable de se passer de la Chine, que c’était un grand pays peut-être mais encore bien proche du sous développement.

 

Pendant ce temps dans les entrailles de la terre, 8 personnes reposaient insensibles au déferlement qui se produisait à la surface.

 

Puis la Chine déclencha les hostilités.

Elle envoya une bombe atomique sur Washington. Les américains ripostèrent. Les états majors affolés devant l’ampleur des dégâts et suivant le jeu diplomatique des alliances ne purent que suivre le mouvement.

 

La troisième guerre mondiale était déclenchée, avant même que les vaisseaux des dieux n’atteignent la terre, ce fut une guerre nucléaire totale, dévastatrice.

 

Elle fut fulgurante, la moitié des USA disparurent dans la tourmente, la France, l’Angleterre, rayées de la carte, de nombreuses villes détruites, la Chine ne fut bientôt qu’un immense champ de ruines. Les morts dans le monde se comptaient par millions. La terre était déchirée jusqu’à l’os.

Des colonnes de fumées s’échappaient des ruines calcinées, et ceux qui ne moururent pas sur le coup furent consumés de l’intérieur par les radiations.

La terre était détruite et toute vie éradiquée pendant un siècle sur les quatre cinquième  de sa superficie.

Des survivants se cachèrent dans des cavernes, dans des trous, dans des sous sols encore intacts. Le moindre recoin caché et protégé fut pris d’assaut.

 

Les dieux   n’avaient jamais eu l’intention d’attaquer la terre. Ils étaient bien trop occupés à se déchirer entre eux et à se livrer par Jaffas interposés, une guerre sans merci.

Thor s’était trompé.

 

 

Enterprise 2269

 

Les larmes coulaient sur les joues de Sam et de Janet. O’Neill était profondément ému lui aussi.

 

Hammond se reprit le premier :

-Justement Capitaine Kirk si nous revenions sur terre au moment où Thor est venu nous voir nous pourrions empêcher cela. Cette destruction aurait pu être évitée.

 

-Vous croyez ? C’était Mac Coy qui avait pris la parole, ses yeux habituellement si chaleureux étaient maintenant durs.

-Si  cette guerre a éclaté à l’annonce d’une fausse rumeur, elle aurait de toute façon  eut lieu, peut-être pas à la même  date, ni pour les mêmes raisons. Les hommes ont –ils vraiment besoin qu’on leur trouve un motif pour se faire la guerre ?

 

-Je suis d’accord avec vous docteur, dit Spock, j’ai étudié longuement ce 21 ème siècle si fascinant et si barbare à la fois. Tout était en place à l’époque pour une guerre. L’annonce de l’invasion n’a été que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres, mais la poudre était déjà là toute prête à servir.

 

-Alors pourquoi ne voulez vous pas nous aider ?

 

-Parce que cette guerre doit avoir lieu. C’est elle qui a changé profondément l’humanité.  Vous ne pouvez pas remonter le temps et changer impunément le passé de la terre. Vous effaceriez tous les progrès que l’homme a accompli en 2 siècles. Cette paix si chère à vos yeux en ce début de 21 ème siècle, maintenant nous l’avons et nous ne vous laisserons pas détruire tout cela.

Les paroles de Kirk étaient menaçantes et sans appel.

 

Ils furent reconduits à leurs quartiers sous bonne garde. Ils n’étaient pas réellement prisonniers car ils pouvaient circuler dans un espace réduit. Un champ de force aux deux extrémités du couloir limitait leurs mouvements.

 

-Eh maintenant que fait-on ? demanda Jonas.

 C’était le moins inquiet de tous, il avait déjà renoncé une fois à tout ce qui avait fait sa vie et il n’était pas suffisamment attaché à la vie sur terre pour ne pas savoir tout remettre en cause.

-On passe à l’attaque dit O’Neill qui passait son temps à arpenter l’espace réduit de la cabine comme un ours en cage.

 

-Et vous comptez-vous y prendre comment colonel O’Neill ? demanda Teal’c le plus sérieusement du monde, vous emparer de l’Enterprise à mains nues ?

 

-Euh..  Général, il doit bien y avoir un moyen de faire quelque chose. !

-Si vous commenciez par vous asseoir dit Daniel excédé, vous êtes énervant !

-Oh voyez-vous cela, petit scarabée se fâche ! Riposta le colonel déjà prêt à s’étriper avec le premier qui mordrait à l’hameçon.

-Colonel dit Hammond sévèrement il a raison asseyez-vous et restez tranquille.

-Que pense Selmac de tout cela demanda Sam en se tournant vers son père :

-Je pense dit la voix grave de Selmac qu’il faut voir ce que le capitaine Kirk a l’intention de faire. Il ne va pas nous retenir prisonnier, ni nous jeter dans le vide.

Discutons avec lui et nous aviserons.

-C’est la voix de la sagesse conclut Hammond. Et si nous prenions un peu de repos, nous n’avons pas dormi depuis notre retour à la vie et j’avoue que toutes ces nouvelles données à assimiler sont dures à digérer.

 

Le lendemain le capitaine Kirk les fit appeler sur la passerelle.

 

-Je n’ai pas le droit de vous imposer ma décision, je vous donne la possibilité de rentrer chez vous nous allons chercher des éruptions solaires, et nous vous ramènerons.

-Monsieur Sulu, introduisez les coordonnées de l’étoile la plus proche.

 

Il se renfonça dans son fauteuil et attendit.

 

Hammond s’inclina devant tant de générosité :

-Il nous faut réfléchir Monsieur, avant de prendre une décision.

 

Kirk se contenta d’incliner la tête.

-Monsieur Spock voulez-vous reconduire nos invités dans leur quartier.

-A vos ordres capitaine.

 

Bien vite la discussion dégénéra.

O’Neill voulait rentrer immédiatement afin de pouvoir modifier le cours de l’histoire.

Mais Sam intervint et se lança dans une longue explication sur les conséquences d’une modification du passé.

O’Neill l’interrompit agacé

-Nous savons déjà tout cela major, quelle importance !

-Ce que nous savons également colonel c’est que nous avons déjà pris part à cet avenir, nous nous sommes retrouvés téléportés sur l’Enterprise. Si maintenant nous changeons le passé de la terre cette troisième guerre mondiale n’aura pas lieu à ce moment là et l’Enterprise n’aura peut-être jamais existé, ni la Fédération de Planètes Unies, ni rien de ce qui existe dans ce siècle de paix. A-t-on le droit de changer tout cela, juste pour pouvoir rentrer chez nous ?

-Vous avez entièrement raison major Carter dit Teal’c ce serait manquer d’honneur. Ce n’est pas comme cela que Bratac m’a éduqué. Ma décision est prise je ferais ma vie ici maintenant.

-Il a raison jack intervient Jacob ce serait indigne de nous et de la confiance que Thor a mis en nous.

-Thor ne m’en parlez pas, c’est lui qui nous fout dedans.

 

La discussion durait depuis un bon moment déjà et O’Neill était mal à l’aise, toutes ces tergiversations l’ennuyaient profondément. Cela faisait un moment qu’il s’était rangé aux arguments de Tea’lc et de Sam. Mais il préférait l’action. Toutes ces belles paroles lui pesaient.

Hammond regarda Daniel et Jonas :

-Vous n’avez encore rien dit tous les deux ?

-Pour moi dit Daniel peu importe le siècle je vais pouvoir continuer mes travaux sur l’Egypte ancienne et tous les univers goa’ulds, ils existent toujours ils sont simplement un petit peu plus anciens ; mais nous ne sommes plus à un ou deux siècles près. Et puis ma vie sur terre c’est vous mes amis dit-il en les regardant les uns après les autres.

Son regard resta un peu plus longtemps sur Janet peut-être…

 

-Je suis bien avec vous, conclut Jonas, je suis comme Daniel il y aura beaucoup de chose à étudier dans cette époque.

Sam, reprit :

- j’étais si frustrée sur l’Enterprise quand les ingénieurs refusaient de me livrer trop de détails sur les découvertes des deux derniers siècles ! Elle sourit en regardant le Colonel, je vais avoir tellement de choses à découvrir !

 

O’Neill poussa un soupir :

-Il ne manquait plus que ça, encore plus de sciences !

Mais son sourire démentait ses paroles désabusées. Dans ce 23 ème siècle le règlement militaire si strict de l’Air Force n’avait plus cours. Cela ouvrait d’intéressantes possibilités…

 

Jacob et Hammond prirent aussi la décision de rester il ne pouvait en être autrement. Thor se serait alors trompé deux fois.

 

Quand le capitaine Kirk, très habile diplomate en les laissant décider eux mêmes de leur propre sort les retrouva en salle de conférence, son visage était détendu.

La décision des survivants ne l’étonna pas. C’était des hommes et des femmes dignes de confiance et prêts à se sacrifier. Ils l’avaient prouvé à maintes occasions.

 

-Nous restons dit Hammond.

 

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5

 

Ils avaient choisi de rester

 

 

 

 

 

-Mais c’est quoi ce truc ?

O’Neill essayait de se familiariser avec les ordinateurs de l’Enterprise, mais cela n’avait rien à voir avec ceux de leur base, autrefois, sur terre…

Il poussa un gros soupir, Ils n’avaient pas eu le choix, ils ne pouvaient pas rentrer chez eux, puisque leur « chez eux » n’existait plus, mais que c’était dur de s’habituer à une autre vie, une autre époque. Il se sentait comme un objet obsolète, quelque chose que l’on mettrait au rebus, dans un grenier plein de poussière. Un objet qu’on ne voudrait pas forcément jeter, mais qu’on garderait par une sorte de sentimentalisme inutile. Finalement il aurait préféré mourir. L’idée de Thor de les cryogéniser n’était pas bonne. Leur devoir était de rester jusqu’au bout même si la mort était au rendez-vous. Mais la décision avait été prise d’en haut. Les huiles du Pentagone avaient préféré leur laisser la vie sauve. Naturellement O’Neill en bon militaire ne pouvait aller contre.

Sur cet immense vaisseau au moins dix fois plus grand que la base de Cheyenne Mountain il ne voyait presque plus jamais Sam, elle était toujours fourrée avec cet ordinateur sur pattes aux oreilles pointues. S’il voulait la voir ou l’apercevoir il fallait qu’il parcourre des kilomètres de couloirs tous semblables jusqu’à la salle des machines où elle retrouvait Scott et Spock qui lui enseignaient le fonctionnement des moteurs de distorsion. Naturellement elle comprenait tout et tout de suite. Cela agaçait un peu le colonel, qui n ‘était plus colonel d’ailleurs.

 

- je ne suis plus rien du tout en fait, je ne commande plus rien, je n’ai rien à faire, je suis trop vieux pour tous ces changements.

 

O’Neill, désemparé, déprimé décida d’aller faire un peu de sport dans une des nombreuses salles de gym du vaisseau. Là au moins il pourrait se défoncer et oublier un peu tous ses malheurs. Mais le physique bodybuildé de certains officiers ne lui remonta pas le moral. Il estimait qu’il avait pourtant une condition physique irréprochable, Janet le lui disait souvent.

Janet, encore une qui avait disparue dans les profondeurs du vaisseau. Elle était à son affaire avec la merveilleuse médecine du 23 è siècle comme elle disait volontiers. Elle passait ses jours et ses nuits avec le Docteur Mac Coy et ses compétences bien qu’un peu dépassées étaient très appréciées du médecin chef du vaisseau. Sur un équipage de 450 personnes il y avait toujours des malades ou des blessés et Mac Coy était bien content d’avoir l’aide de Janet qui apprenait très vite.

O’Neill s’épuisa à boxer un putchingball pendant une heure. Après, trempé de sueur, abruti de fatigue il se sentit mieux. Mais il avait hâte de faire quelque chose, l’action lui manquait.

Il chercha Daniel et le trouva dans la bibliothèque du vaisseau. Avec Jonas ils étaient penchés sur des textes écrits dans une langue ancienne. Ils levèrent à peine la tête à son arrivée.

-Ah bonjour Jack, ça va ?

Sans attendre la réponse ils se replongèrent dans leur traduction.

O’Neill dépité chercha de la compagnie du côté de Teal’c. Celui-ci était à l’infirmerie allongé sur une des bios couchettes du Docteur Mac Coy.

-Vous n’êtes pas malade Teal’c ? J’espère.

-Non Jack O’ Neill, je suis entrain de subir des examens pour essayer de supprimer ma dépendance à la trétonine.

Au même moment Mac Coy sortit de son bureau.

-J’ai excellentes nouvelles pour vous mon ami, bientôt vous n’aurez besoin d’aucune drogue pour survivre. Vous êtes presque libéré.

Teal’c se leva et adressa un large sourire à O’Neill et au docteur

-Vous voyez maintenant nous pouvons dire que nous avons vaincu les Goa’ulds. Et qu’en est-il du général Carter ?

-Pour lui c’est différent, je crois que son symbiote peut vivre encore de nombreuses années.

-Si vous permettez Docteur, je n’ai peut-être plus besoin de faire du Kel’no’rim pour rester en vie, mais je ne peux pas m’en passer.

Il sortit après avoir salué d’un signe de tête.

-Vous vouliez quelque chose colonel ?

-Heu … oui… un début de migraine me…

-J’ai quelque chose pour vous, c’est très efficace. Il lui mit de force un comprimé dans la bouche et en à peine cinq secondes la douleur avait totalement disparue.

-C’est incroyable, je crois que je vais aimer cette époque. Pour la première fois depuis leur retour à la vie, O’ Neill sourit.

Puis il partit à la recherche du général Hammond, il voulait faire le point avec lui sur leur avenir. Ils ne pourraient pas rester éternellement sur ce vaisseau, il y aurait bien un petit coin de terre pour les accueillir, quelque part sur une planète, la terre ou une autre ?   Un simple coin avec un lac, un chalet, de beaux poissons. C’était peut-être l’heure de prendre une retraite bien méritée.

 

 

 

 

Le général Hammond vit arriver le colonel de loin, au bout du couloir.

-Alors colonel ?

O’Neill poussa un soupir,

-Je voulais que l’on parle de notre avenir.

-Entrez dans mes quartiers.

Comme tous les quartiers de l’équipage ceux de Hammond étaient spartiates, un lit étroit, une table avec un terminal d’ordinateur, un siège. Le coin toilette était dissimulé dans un placard.

-Asseyez-vous colonel, dit Hammond en lui désignant la chaise, lui choisit de s’asseoir sur le lit.  Je suis heureux que vous soyez venu me voir. Tout d’abord j’aimerais savoir si vous avez rencontré le capitaine Kirk ? Nous ignorons tout de cette époque, la législation en vigueur sur la terre, il faut que nous  prenions une décision mais pas sans l’approbation du capitaine de ce navire.

Et voyant Jack faire la moue

-Vous ne semblez pas d’accord avec moi.

-Si bien sûr, mais je n’aime pas le capitaine Kirk.

-Il regarde trop le major c’est ça ! Ajouta Hammond malicieusement.

O’Neill se sentit rougir mais ne pipa mot.

Hammond continua d’un ton léger, vous savez Jack, ici il n’y a plus de colonel, ni de major, si vous voyez ce que je veux dire…

O’Neill sourit un peu réconforté « en effet cela ouvre des horizons »…

 

Hammond décida de rencontrer au plus vite le capitaine Kirk.

 

Le général lui aussi était déconcerté par toutes ces nouveautés. Pour lui la visite de l’Enterprise fut une révélation. Il avait déjà dépassé l âge de la retraite mais contrairement à O’Neill il ne souhaitait pas cesser toute activité. Surtout maintenant qu’il y avait tant de choses nouvelles. Il n’avait qu’un regret c’est de ne plus jamais voir ses petites filles. Il avait l’habitude de les recevoir chez lui le mercredi et là il adorait jouer les papys gâteaux, oui elles lui manquaient terriblement. C’est d’un pas un peu lourd qu’il se dirigea vers la passerelle où l’attendait le capitaine Kirk.

Il fut accueilli chaleureusement.

Hé bien Général Hammond que pensez-vous de notre vaisseau ?

-Oh Capitaine, ne m’appelez plus général, je ne commande plus rien.

-Je pense que pour vos hommes vous serez toujours le général répondit Kirk en souriant. C’est une sacrée équipe que vous avez là, je les ai vus à l’œuvre, et je peux dire que j’en ai été impressionné.

Le général fut doucement ému et son œil devint humide. Il faut que je me reprenne, je deviens par trop sentimental.

 

-Si vous le permettez, dit Kirk, j’aimerais réunir les officiers supérieurs du navire avec votre équipe, est-ce possible Monsieur ?

Le capitaine sortit un communicateur de sa ceinture et appela :

-Ici Kirk, les officiers supérieurs de l’Enterprise et SG1 sont appelés en salle de réunion.

-venez Monsieur, dit-il en invitant Hammond à le suivre.

Dans le turbolift qui, les menait vers la salle de briefing, le général se rappela tant d’autres briefing à la base. Si seulement je pouvais ouvrir les yeux et m’éveiller, et m’apercevoir que tout ceci n’est qu’un rêve.

 

Dans la salle de Briefing, il retrouva avec plaisir toute son équipe, et salua Spock, Mac Coy et l’ingénieur Scott.

Kirk prit la parole.

-Maintenant que vous avez choisi de rester dans notre époque, vous avez d’importantes décisions à prendre concernant votre avenir. Vous avez pu visiter le vaisseau et avez pu constater combien la technique du 20ème siècle n’a rien à voir avec la nôtre.

-Si vous permettez Capitaine, coupa Sam, nous avons eu accès grâce à la porte des étoiles à beaucoup de technologies étrangères que nous avons pu comprendre et combiner  avec les nôtres, ce qui fait que nous ne sommes pas autant en retard que vous le pensez.  Sam était un peu gênée de son audace, sous le regard inquisiteur de Kirk,

Hammond pensait qu’elle avait raison, la supériorité technologique du capitaine commençait un peu à l’énerver. Il n’y avait pas que la technique dans la vie.

Il n’écoutait plus que d’une oreille Monsieur Spock qui avait pris la parole expliquant quelques avancées technologiques.

 

 

 

 

Sam jeta un bref coup d’œil vers O’Neill et lui trouva mauvaise mise. Le colonel lui parut déprimé. Il était assis les yeux dans le vague comme si tout ceci ne le concernait pas. Elle se prit à regretter l’humour parfois douteux de son supérieur qui réussissait si bien à dégeler des atmosphères parfois irrespirables. Elle écoutait vaguement la conversation engagée autour d’elle

Et elle sursauta quand le général lui demanda son avis.

Excusez-moi mon général j’étais distraite.

-Je comprends combien ce doit être perturbant pour vous dit le Capitaine Kirk, mais j’ai des propositions à vous faire. Sam trouvait qu’il la regardait avec un peu trop d’insistance, et un coup d’œil à son colonel lui apprit que celui-ci pensait la  même chose.

-Nous avons reçu un message subspatial de Starfleet nous demandant d’enquêter sur votre site alpha. Je vous propose de vous y emmener et peut-être de vous y installer. A moins que vous ne préfèreriez la terre.

Sam écoutait attentivement les propositions de Kirk, mais elle n’avait nullement l’intention de retourner habiter sur la terre du moins pas tout de suite, tout ce qu’ils avaient connu n’existait plus, inutile d’ajouter la souffrance aux regrets, il lui fallait se tourner résolument vers l’avenir.

-Et comment atteindrez-vous le site alpha sans porte des étoiles ?demanda-t-elle après un moment.

Spock répondit :

«L’Enterprise peut vous y conduire »

-Avez-vous seulement une idée du temps qu’il nous faudrait pour y arriver reprit Sam ? En distorsion 9,999   3 ans 25 jours…

14 minutes 23 secondes ? Coupa Spock.

Le visage de Sam était fermé, tendu :

-Il nous faut absolument une porte des étoiles. La seule solution malheureusement est de retourner sur terre et d’essayer de réactiver celle de la base. Mais ce sera un travail très long et difficile, elle est complètement désactivée et je ne suis pas sûre de pouvoir la remettre en état.

O’Neill trancha :

-Je propose, mon général, dit-il en se tournant vers Hammond que nous y allions le plus vite possible. En disant ces mots son regard devint plus vif, rien ne lui pesait plus que l’inaction et de devoir se laisser porter par les évènements.

Sam eut un de ses magnifiques sourires qui réchauffa le cœur de tout le SGC.

Elle attendit suspendue aux lèvres du général un oui qui vint d’emblée et qui mit fin à la réunion.

 

De retour dans les laboratoires informatiques du vaisseau Sam passa les heures suivantes avec Spock pour étudier la remise en état de la porte. Les ordinateurs surboostés de la base étaient très performants mais avec ceux du vaisseau le travail était infiniment simplifié. Il suffisait de rentrer toutes les données et l’ordinateur calculait toutes les possibilités. Rien n’était laissé au hasard. Ah pensa –t-elle si nous avions eu de tels ordinateurs pour nous défendre contre les créatures non corporelles, tout aurait été possible , et cette monstrueuse guerre n’aurait pas eu lieu. Mais si la destruction de la planète avait pu être évitée, elle ne serait pas là pour en parler ; Alors inutile d’avoir des regrets il fallait aller de l’avant.

Tout les ressources du vaisseau furent mises en œuvre, et bientôt Spock et Sam purent présenter au capitaine Kirk un plan d’action ; la remise en état de la porte devrait prendre quelques jours tout au plus. Il avait été décidé de prendre quelques ordinateurs du vaisseau avant la remise en fonction de la base. Le problème de l’épuisement de l’oxygène serait aussi résolu par un apport massif de ce gaz et la réparation de la ventilation et de l’air conditionné des salles.

Dans un premier temps on décida que Sam, Spock et des techniciens iraient en éclaireur et que le reste du personnel serait téléporté ensuite.

En quelques secondes de téléportation l’équipe se retrouva au niveau 28. Le téléporteur fonctionnait sans relâche pour apporter du matériel. Quand tout fut mis en route les véritables travaux de réparations pouvaient commencer.

Sam fut surprise du bon état de la porte. Apparemment elle n’avait pas trop souffert du problème des radiations, des bombes atomiques ayant explosé pourtant à quelques centaines de kilomètres de là.

Cela demanda un peu plus de temps que prévu 2 semaines en fait, et quand tout le SGC fut réuni et que l’on entendit :

-Chevron un enclenché

L’émotion fut à son comble et chacun tomba dans les bras les uns des autres, comme par hasard Sam tomba dans ceux de son colonel qui se trouvait tout près d’elle. Elle le sentit qui la serrait très fort contre lui, et quand son souffle souleva ses cheveux elle sentit un bonheur fulgurant la traverser.

-Chevron 7 enclenché

Tout pouvait redevenir comme avant, un espoir fou les souleva et c’est dans une sorte d’euphorie qu’ils virent la flaque jaillir vers eux et se stabiliser au cœur de l’anneau.

-A vous l’honneur Major dit O’ Neill en poussant Sam sur la rampe d’embarquement.

Une équipe formée des 5 membres de SG1, Jacob, Kirk Spock et Mac Coy franchit le shapaï

 

 

 

La salle était plongée dans la pénombre. Debout en haut de la rampe, ils se tenaient immobiles, interdits.

-Sommes-nous vraiment sur votre site alpha dit Mac Coy on se croirait revenus à votre base.

-Non c’est différent répondit Sam, la salle n’est pas disposée de la même façon et …

-C’a suffit Carter, nous sommes bien sur le site Alpha, coupa O’Neill.

Les exilés de la Tauri avaient reconstitué une base souterraine grâce aux nombreux techniciens et informaticiens qui avaient franchi la porte en 2004.

Sam et ses amis parcouraient les salles avec beaucoup d’émotion. la base n’était pas en fonction mais contrairement à Cheyenne Mountain rien n’avait été détruit. Le complexe était simplement en sommeil. Les ordinateurs semblaient prêts à fonctionner.

-Que faisons nous maintenant ? demanda Daniel, et si nous allions à surface voir ce qui se passe.

-Pas tout de suite Daniel dit le colonel, il faut être prudent. On ne sait pas ce qui s’est passé.

-Vous pouvez mettre en marche tous ces bidules dit-il à Carter en montrant du doigt les consoles éteintes 

-Je pense que oui mon colonel, s’il y a suffisamment d’énergie pour alimenter tous les modules.

 

Spock aida Sam à remettre le système en fonctionnement, et bientôt la salle retentit des bips et des bourdonnements annonçant un retour prochain à la vie.

Dès que le système fut en marche Daniel et Jonas se plongèrent dans l’histoire du site Alpha que les exilés avaient nommé tout simplement New-Tauri. Ils commencèrent alors pour leurs amis un long récit.

Spock téléchargea tous les documents enregistrés dans les ordinateurs du vaisseau afin d’envoyer un rapport à Starfleet.

 

La vie sur New-Tauri s’organisa au début dans la plus grande confusion. Les gens arrivaient par milliers sur un site qui n’était prévu à l’origine pour un nombre de personnes plus restreint. Beaucoup de gens moururent dans les premiers mois. Ils manquaient de tout, de vivres et surtout de médicaments. Ce qui avait été apporté de la Terre s’avérait nettement insuffisant.

Petit à petit les gens se groupèrent par ethnie, certains plus aventureux s’éloignèrent très vite de la porte, et voyagèrent longtemps à la recherche de terres fertiles. Des hameaux furent construits, sur ces terres vierges la lutte fut parfois âpre pour posséder le meilleur lopin de terre.

 

Vers 2014 New-Tauri était devenue une planète agricole dont la terre très fertile permettait de magnifiques récoltes. La vie s’organisa autour d’un chef de village, puis de région.

Les nombreux scientifiques permirent le développement d’une industrie prospère. Le sous sol était riche en minerais, or, pétrole, et …naquadria.

La porte des étoiles n’avait pas besoin d’être cachée puisque tous connaissaient son existence. Mais vers 2020 des vaisseaux Goa’uld passèrent à proximité de New-Tauri et il fut décidé de créer une base souterraine comme Cheyenne Mountain. Cassandra devenue une scientifique expérimentée fut choisie pour ce travail. Elle fut aidée par toutes les personnes qui avaient travaillé sur terre dans le complexe. La porte fut enterrée en 2022 au niveau 28. La base était crée sur le modèle de l’ancienne. le major Davis l’inaugura en grande pompe, et le sénateur Kinsey, put faire un long discours qui ennuya tout le monde.

 

La vie se développa rapidement la première génération puis la deuxième atteignirent l’âge adulte, il ne restait plus que les « anciens » pour se rappeler la terre. Le sénateur Kinsey qui n’était plus sénateur avait essayé par tous les moyens de prendre le pouvoir était mort comme il avait vécu en égoïste prétentieux et inutile. Il se  noya dans un stupide accident de bateau.

 

Cassandra devenue une vieille dame fut élue présidente de New-Tauri en 2069.

 

Des Goa’ulds il n’y en eut pas durant ces cinquante années de paix. New-Tauri était devenue une planète où il faisait bon vivre. Chacun disposait de l’essentiel et même parfois du superflu. Les villes étaient à échelle humaine ; il y avait bien un peu de violence ici ou là, mais on aurait dit que ces gens qui avaient vécu le pire étaient prêts à vivre en bonne entente avec leur voisin.

 

En 2104 pour le centenaire de leur colonie les newtauriens comme ils se nommaient, firent de grandes fêtes commémoratives à la gloire de ceux qui avait permis leur renaissance. Des archives furent tirées des photos de tout le SGC, de Cassandra, du Major Davis et des autres pionniers.

Bizarrement il n’y eut pas de photos de Kinsey, mais peut-être que de son vivant sur New-Tauri personne n’avait pensé à en faire.

Le développement de la colonie se poursuivit harmonieusement jusqu’en 2128, date à laquelle apparut dans le ciel des vaisseaux goa’ulds. Il y eut quelques morts à l’Ouest de la capitale, mais la menace ne se propagea pas. Il faut dire qu’une armée régulière s’était développée, une armée puissante dont le seul but était de défendre New-Tauri contre les invasions. Un bouclier et des détecteurs surpuissants furent fabriqués pour mettre la planète en état d’alerte permanent. On envisagea même de fabriquer des canons à ions mais ce projet ne fut pas réalisé faute de moyens financiers. La fabrication de telles armes coûtait extrêmement cher, et on préféra utiliser les fonds publics pour améliorer le niveau de vie de la population.

 

En 2174 La paix régnant depuis cent soixante dix ans le gouvernement de l’époque décida de réduire considérablement le budget militaire, en effet aucun Goa’uld ne paraissait intéressé par la planète et entretenir une telle infrastructure coûtait fort cher. De terribles inondations avaient eu lieu l’année précédente et les fonds destinés à la protection de la planète furent utilisés pour reconstruire des villages entiers qui avaient été engloutis. La population était extrêmement démunie et cet argent fut le bienvenu.

Les générations avaient passé et les plus jeunes se demandaient si les Goa’ulds avaient vraiment existé. Beaucoup n’y croyaient pas et disaient que c’était une légende. Les plus virulents montèrent à la tribune de l’assemblée pour désavouer la politique du gouvernement qui voulait entretenir une armée et des systèmes de défense contre un ennemi qui n’existait que dans leur imagination.

Parmi les gouvernements successifs il y avait toujours des pessimistes qui criaient au danger, mais les années passant ils furent bientôt minoritaires. C’est ainsi que le 15 avril 2189  fut voté à l’unanimité la suppression de l’armée. Dans les entrailles de la montagne la porte fut    définitivement remisée, car chose étrange elle n’avait en fait jamais servie depuis son installation souterraine. Les newtauriens ne voyaient pas la nécessité de s’en servir, aller conquérir les étoiles ne les intéressait pas. De plus l’entretien des installations coûtait très cher et la porte fut la première victime de la coupe sombre du budget.

 

Par une sombre nuit de 2206 le vaisseau de Brahmâ se posa sans difficulté au sommet d’une montagne. Les anneaux de transport vomirent des flots de jaffas qui envahirent les premiers villages. Les habitants terrorisés cherchaient à fuir dans les montagnes. Certains trouvèrent refuge dans des grottes et durent assister impuissants au massacre de la population par des hordes de Jaffas assoiffés de sang. Quand tout fut détruit sur un rayon de 10 kilomètres Brahmâ apparut et posa son pied sur la terre ravagée de New-Tauri. Son apparence effraya les quelques villageois qui avaient été faits prisonniers et que les jaffas jetèrent à terre.

-je suis Dieu, prosternez-vous devant moi.

Apeurés les survivants le nez dans la poussière pleuraient sur leur morts, beaucoup de femmes de vieillards et d’enfants avaient été massacrés. Ils n’avaient gardé que des hommes jeunes et valides.

Ils furent entraînés dans une marche forcée qui dura plusieurs jours. Arrivés à destination ils durent travailler à extraire le naquadria. C’était un travail épuisant, ils étaient battus, mal nourris. Beaucoup moururent ils furent aussitôt remplacés par d’autres, que les jaffas allaient chercher un peu plus loin dans d’autres villages. Sur ordre de leur Dieu, les jaffas s’empressèrent de détruire tous les moyens de communication existants. La radio, les journaux, la télévision furent réduits à néant. Seule une ébauche de réseau internet fut préservé tout simplement parce que les jaffas ne le trouvèrent pas, les lignes téléphoniques étant enfoncées dans le sol. Dans les campagnes peu de gens avaient le téléphone, les rares appareils qu’ils trouvèrent furent détruits.

Les jaffas n’avaient pas atteint les villes où il n’y avait pas de naquadria . Une résistance s’organisa. On eut recours aux pigeons voyageurs et les nouvelles parvenaient à des cellules de résistance qui s’enfoncèrent dans la base souterraine. L’entrée de la base fut dissimulée, les personnes qui y pénétraient le faisaient de nuit. Jamais les jaffas ne soupçonnèrent l’existence de la base. Ils ignoraient aussi que New-Tauri avait une porte des étoiles, ou ils pensaient qu’elle avait été détruite.

En 2024 les gisements de naquadria furent épuisés dans la région. Les Jaffas trouvèrent d’autres gisement quasiment inépuisables dans une autre province. Des populations furent déportées massivement vers les nouveaux sites.

 

Dès leur arrivée sur New-Tauri les Goa’ulds avaient parasité une partie de la population avec leurs petits  et quoi de plus cruel et de plus efficace que de séparer les familles, les uns se transformant en garde chiourme, les autres asservis creusant de leurs mains dans les profondeurs des mines.

Le voile noir de la terreur et de l’obscurantisme s’était abattu sur New-Tauri.

 

 

 

 

 

Les derniers documents étaient datés de 2236. La base était désertée depuis plus de trente ans. Y avait-il des survivants ? Dans ce cas étaient-ils remontés à la surface ? Que s’était-il passé là haut pour que cette base soit abandonnée ?

Apparemment il n’y avait pas eu de combat, tout était intact. Ces questions tous se les posaient.

-Quel gâchis ! Les humains ont  la mémoire courte, deux générations et tout ce qui a fait leur passé est oublié.

C’était Spock qui avait dit ces mots, son côté logique vulcain refaisait surface.

-On ne peut malheureusement pas les blâmer répondit Daniel, A leur arrivée ils devaient être totalement déstabilisés. En peu de temps on leur apprend le projet Porte des Etoiles, l’existence des Goa’ulds, la nécessité de fuir, l’exil…

-Daniel on sait tout cela interrompit O’Neill, les longues explications ce sera pour une fois. IL faut voir ce qu’on va faire, maintenant, il appuya fortement sur le dernier mot.

Kirk prit la parole :

-Si vous permettez, je propose que nous retournions sur la Terre, puis sur le vaisseau, et de là nous aviserons, dit –il ne se tournant vers le général Hammond.

-Et si nous allions tout de suite visiter la surface ? Proposa Jonas.

-Sans armes Jonas Quinn ? Teal’c leva un sourcil.

-Vous avez raison Teal’c ce ne serait pas prudent, dit Hammond.

 

L’anneau vibra tandis que les chevrons s’enclenchaient et chacun le cœur serré franchit le shapaï laissant New-Tauri à son mystère.

 

Sur le vaisseau ils se retirèrent dans leur quartier pour un repos bien mérité. Sam ne pouvait trouver le sommeil et elle se retournait sans cesse sur sa couchette. De guerre lasse elle se leva et se rendit au mess dans l’espoir se trouver une boisson chaude qui l’aiderait à trouver le sommeil. Elle commanda à l’ordinateur un verre de lait chaud, mais le liquide synthétique n’était pas bon. Elle fit une grimace de dégoût et reposa son verre sur la table.

Au même moment le colonel entra.

-Carter ! dit –il surpris et voyant le verre de lait, oh je vois je ne suis pas le seul à ne pas trouver le sommeil.

-Mon colonel qu’allons-nous devenir dit Sam d’une voix blanche, nous n’avons nulle place dans cet univers ; j’avais espéré que sur New-Tauri on aurait pu refaire notre vie… sa voix se brisa sur ses mots et elle ne put empêcher les sanglots de l’étouffer.

-Allons, c’est quoi ce gros chagrin, O’Neill la prit dans ses bras et elle put pleurer tout son saoul contre l’épaule de Jack.

O’Neill essayait maladroitement de la consoler car lui aussi était désemparé, cette situation avait quelque chose d’insupportable, il n’était pas maître des évènements. Autrefois quand il prenait une décision, il agissait, si cela tournait mal, c’était sa responsabilité. Tandis que maintenant, les décisions ne lui appartenaient pas. Il se sentait prisonnier de ce vaisseau et de ce foutu capitaine Kirk, qui était chez lui, dans son époque, et ne comprenait nullement le désarroi qu’ils pouvaient tous éprouver.

A cet instant Daniel et Jonas entrèrent eux aussi dans la pièce les yeux bouffis de fatigue mais incapables de trouver le repos.

A ce club des désemparés vinrent s’ajouter le Général, Jacob et Janet. Seul Teal’c grâce au Kel’no’rim pouvait trouver le repos, La nuit était tombée sur le vaisseau, on était dans les heures les plus noires celles où les insomniaques tourmentés ne pouvaient trouver le repos.

-C’est étonnant dit Jonas cette nuit artificielle, on s’y croirait. Pourtant dehors il fait toujours noir.

-C’est pour respecter le rythme de vie des humanoïdes commença Sam..

-Vous allez pouvoir vous lancez dans une grande explication scientifique dit le colonel, cela doit vous manquer major ?

Mais devant les larmes inondant à nouveau le visage de Sam, il se reprit

-Excusez moi major, on est tous énervés, je n’ai pas voulu vous faire de la peine. Vous me pardonnez demanda –t-il avec un regard suppliant irrésistible.

Elle fit un pauvre sourire et hocha la tête.

 

 

 

Ils avaient décidé d’aller sur New-Tauri armés jusqu’aux dents. Le SGC, des hommes de l’Enterprise, et bien sûr les officiers supérieurs.

 

Une fois le shapaï franchi ils grimpèrent jusqu’à la surface. Autour d’eux le silence était interrompu seulement par le chant des oiseaux. Un soleil déjà chaud venait de se lever sur un paysage de campagne verdoyante. Son tricordeur à la main Spock faisait les premiers relevés

-Il y a des signes de vie dans cette direction dit –il en pointant du doigt vers l’est.

Ils se mirent en marche et ne virent aucun signe de guerre récent dans cette région.

Quelques kilomètres plus loin un petit village les accueillit. Une famille vivait là de la culture de quelques arpents de terre. Un poulailler avec quelques volailles, un cheval dans un champ, cela leur rappelait leur campagne natale. Un homme et une femme se tenaient sur le seuil :

-Entrez, je me nomme FranK et voici ma femme Alina.

-Dans la maison il régnait une fraîcheur surprenante. Assis à la table centrale trois enfants prenaient leur déjeuner fait d’une assiette de bouillie de céréales.

Daniel se présenta comme il le faisait toujours autrefois

-Bonjour je m’appelle Daniel Jackson, nous sommes des voyageurs pacifiques et nous cherchons à établir de nouveaux contacts. Puis il présenta ses amis, les soldats armés étaient restés dehors.

-Pouvez vous nous dire si cela fait longtemps que vous vivez ici ?

-Depuis toujours, j’y suis né, mon père aussi et mon grand père avant lui.

Janet ne pouvait détacher ses yeux du visage d’Alina, il lui semblait familier,

-Cassandra murmura t-elle.

-Cassandra était mon aïeule, dit Alina avec un grand sourire, c’était une pionnière, elle est arrivée sur New-Tauri en 2004, elle a laissé de nombreux écrits, j’ai même son journal. Mais pourquoi me parlez-vous de Cassandra ajouta –t-elle d’un air étonné ?

-C’est une très longue histoire coupa Hammond, plus tard si vous le permettez, il jeta un coup d’œil sévère à Janet. Il n’était pas question de dire à ces gens qui ils étaient, et sur le coup de l’émotion Janet n’avait pu se retenir.

La conversation s’engagea sur un mode moins risqué et le SGC fut surpris de constater qu’il ne s’était rien passé dans cette région les goa’ulds n’y étaient jamais venus, et la paix y régnait depuis le début.

C’était une région paisible où vivaient quelques familles en autarcie. Ils ne quittaient jamais leur province et n’avait aucune idée des désastres qui avaient pu survenir dans d’autres provinces. Il est vrai que le sous-sol de cette partie de la planète était pauvre. Quelques traces de fer, et de cuivre, dit Spock, rien qui puisse intéresser les Goa’ulds.

-Nous ne saurons rien en restant ici dit Jacob, il faudrait aller voir plus loin.

-Mais nous n’avons aucun moyen de transport répondit O’Neill, et je ne me vois pas marcher sur des dizaines de kilomètres peut-être pour rien. Mes pauvres pieds ne le supporteraient pas, et puis ça sert à quoi ? On découvrira que les Goa’ulds ont tout détruit, on sera bien avancé.

Daniel lui, voulait poursuivre les recherches, Sam était partagée, mais elle avait hâte de se poser quelque part et de refaire  quelque chose de positif de sa vie.

Comme Hammond se tournait vers Kirk d’un air interrogatif

-La décision vous appartient, c’était votre site alpha. Vous avez le droit de savoir, mais sans l’aide du vaisseau, ce sera très difficile. La planète est trop loin pour que nous puissions y aller sans passer par la porte des étoiles.

Malheureusement je ne peux pas vous aider davantage.

-Dans ce cas partons trancha Hammond. Allons voir sur la terre s’il y a une petite place pour nous.

 

C’est la mort dans l’âme qu’une fois de plus ils se retrouvaient sur le vaisseau.

-je le rends par les yeux ce navire dit O’Neill en tapant d’un pied rageur dans une cloison.

-Je ne vois aucun navire dans vos yeux Jack O’Neill dit Teal’c d’une voix égale.

-Oh Teal’c c’est une expression ! Il serait temps que quelqu’un commence à lui apprendre les finesses de notre langue.

Mais cette naïveté  involontaire ou non de Teal’c  avait détendu l’atmosphère. la conversation devint plus légère et même quelques rires fusèrent.

 

-Et si on allait visiter la terre maintenant ?

 

La terre leur parut si belle, et tellement différente. O’Neill était bien obligé d’admettre que le capitaine Kirk avait raison.

Le téléporteur les laissa au centre de San Francisco. L’équipage de l’Enterprise ne les avait pas accompagné par discrétion. Ils devaient visiter seuls, leur planète d’origine, un peu comme on fait un pèlerinage.

Et c’est ce qu’ils firent, ils allèrent d’abord dans tous les endroits qu’ils avaient connus, puis les téléporteurs les conduisirent dans toutes les parties du monde. Partout régnait la même paix, la même sérénité. Il n’y avait plus aucune guerre, aucune pauvreté, les maladies étaient à peu près toutes guérissables. Ils se sentaient un peu perdus dans ce monde qui n’était plus le leur. Mais ils sentirent qu’ils n’avaient plus le choix.

 

 

 

 

Ils avaient choisi de rester

 

Sam fit une formation accélérée pour devenir lieutenant de Starfleet, et elle continua à sillonner l’espace à bord de vaisseaux stellaires, puis elle obtint rapidement une place de second sur un navire de la Fédération qui faisait de fréquences liaisons avec la terre. Jack la voyait revenir très souvent dans son chalet où il coulait des jours heureux.

Janet resta sur l’Enterprise auprès du docteur Mac Coy qu’elle avait appris à apprécier…

Daniel habita en Egypte où il continuait ses recherches, et avec Jonas il fit de fréquent voyages vers d’autres mondes grâce à la porte des étoiles qui permettait de voyager beaucoup plus loin que les vaisseaux.

Jacob et Hammond habitaient San Francisco et ils se voyaient souvent pour évoquer tous leurs souvenirs. De temps à autre ils donnaient des conférences à l’Académie de Starfleet sur le 20ème siècle et les goa’ulds.

Teal’c préféra retourner sur Chulac près des descendants de son fils Ryac.

 

Les lointains voyages permirent de voir que la menace Goa’uld si elle s’était éloignée de notre galaxie était bien réelle dans d’autres univers.

Le combat était loin d ‘être terminé, mais la Terre serait vigilante et ne renouvellerait pas le désastre de New Tauri. Ce serait la contribution du SGC à l’avenir de la planète.

 

 

FIN