OBSTACLES
AURELIA
Fic 36
Spoiler : la saison 8, épisode « Affinity » La fic commence au milieu de l’épisode,
quand Jack va trouver Sam dans son labo.
Genre : Romance, aventure
Disclaimer : les personnages de Stargate ne sont pas
à moi…
Résumé : Sam et Jack … Sam et Jack… Lisez, c’est un peu aventure, beaucoup romance.
Dédicaces : Je dédicace cette fic à Hito et Cimerya, qui ont lu cette fic par petit bout au fur et à
mesure de l’écriture. Merci de leur patience, pour ma première fic Romance,
j’avais bien besoin de leur soutien moral. Un gros bisou à toutes les deux.
Merci à Ninie pour la correction des majuscules et des tirets ! Un clin d’œil aussi à ma p’tite
Sarah !
********************
Chapitre
1
Elle était restée assise à son bureau, les yeux
dans le vague. Il était parti le visage
impénétrable. Il avait parlé avec détachement, elle n’avait pas pu saisir ses
pensées ou ce qu’il ressentait.
L’écrin était resté sur le coin du bureau là où
il l’avait posé. Elle l’ouvrit. La bague était là, un diamant, un simple
diamant très pur retenu par des griffes d’or. Un bijou sobre, discret. Elle le
passa à son annulaire, il lui allait parfaitement. Elle étendit sa main devant
elle, et le regarda.
Avec un soupir elle le remit dans la boite.
Son entrevue avec le général O’Neill avait
laissé des traces. Quand elle le voyait elle se sentait déstabilisée, elle
n’était plus sûre de rien. Et pourtant il lui laissait toute liberté de mener
sa vie comme elle le voulait. Sans doute avait-il eu un sentiment pour elle à
une époque, mais c’était devenu une amitié, une solide amitié résistant à
l’épreuve du temps. Elle savait que si elle épousait Pete, il ne ferait rien
pour l’en empêcher, rien du tout. Et ce rien du tout lui était insupportable,
c’est un peu comme si c’était de l’indifférence. Mais alors pourquoi cette
douleur que ne voulait pas dire son nom ?
Elle termina le rapport qu’il avait demandé,
puis fermant son ordinateur, elle quitta son labo. Elle sortit de la base sans
rencontrer personne.
Elle avait rendez-vous. Il faudrait lui donner
sa réponse cela faisait quinze jours maintenant qu’elle avait la bague. Elle ne
pouvait pas le faire languir plus longtemps.
Pete l’attendait à la terrasse du café où ils
se voyaient régulièrement.
-Bonne
journée chérie ? Demanda t-il d’un ton léger en voyant la fatigue sur les
traits de Sam.
Elle se força à sourire.
-Ça
va. Et toi ? Tu t’habitues dans ton
nouveau travail ?
Il rayonnait. Il faisait dans la journée un
travail intéressant, le soir il retrouvait Sam. Ils allaient tantôt chez l’un
tantôt chez l’autre.
Il lui parla de sa journée, d’une enquête en
cours. Elle écoutait d’une oreille distraite.
-Coucou !
Je demande Samantha Carter !
-Excuse-moi,
j’étais perdu dans mes pensées, dit-elle en souriant.
-Et
toi ta journée ?
Elle fit non de la tête.
-Tu
sais que je ne peux rien dire de mon travail !
Il l’embrassa légèrement :
-
Ce n’est pas grave chérie, ce n’est pas ton travail qui m’intéresse, c’est
toi !
Il lui prit la main gauche, elle avait mis la
bague.
-Tu
la portes, est ce que ça veut dire … ?
-Oui,
c’est oui, dit-elle dans un souffle.
Elle ressentit un grand soulagement, une
libération de tout son être. Un élan la porta vers lui, elle se retrouva dans
ses bras, défaillante.
-On
devrait peut être rentrer ? Dit-il.
Ils marchèrent main dans la main jusqu’à la
voiture de Pete. Il conduisait lentement et se gara devant sa maison.
-Viens
dit-il seulement en lui prenant la main. Ils montèrent les marches quatre à
quatre et atterrirent tout naturellement dans la chambre.
O'Neill avait demandé qu’on ne le dérange pas, sauf pour une raison
aussi grave qu’une invasion alien, ou une visite
surprise du président.
Il s’était enfermé dans son bureau et là à
l’abri des regards il avait essayé de se reprendre. La visite qu’il avait
rendue à Carter dans son labo avait fait des ravages. Il s’était dominé, comme
il savait si bien le faire, mais en lui tout s’était déchiré.
Heureusement elle n’avait rien vu de sa
détresse.
Pete lui
avait donné une bague. Elle n’avait pas encore dit oui, mais il savait
parfaitement pourquoi, elle attendait d’avoir son avis.
Elle le connaissait vraiment bien mal.
Qu’avait-elle espéré ? Qu’il lui
réponde une phrase du genre « Non Carter, je ne veux pas, il n’est pas
pour vous » où alors « il ne saura pas vous rendre heureuse »
Jamais, il n’aurait pu lui dire une chose pareille, elle aurait dû le savoir.
Il ne voulait que son bonheur à elle, qu’elle soit heureuse, et si c’était avec
Pete, ce serait avec Pete.
Et puis c’était un homme jeune, de son âge,
séduisant, qu’aurait-elle fait d’un vieux barbon comme lui ?
Jack s’efforçait de se trouver des arguments,
mais en fait il n’en avait même pas besoin. C’était tout simple dans sa tête et
dans son cœur. Il voulait la rendre heureuse, même si cela lui faisait mal,
mais mal à un point qu’il en aurait pleuré s’il avait pu le faire. Mais depuis
la mort de Charly aucune larme n’avait coulé de ses yeux.
Il l’imaginait dire oui à l’autre, le regarder
dans les yeux, l’embrasser, faire…
Non !
O’Neill ça suffit ! Reprends –toi, tu te fais du mal pour rien.
Oublie-la !
Il était très tard quand il sortit de son
bureau. Il donna ses dernières instructions au personnel de garde. Walter Davis
était encore là surveillant les consoles.
-Vous
devriez vous reposer Walter, vous faites des heures sup là ?
-Mon
général, j’attendais que vous descendiez de votre bureau, si vous aviez besoin
de quelque chose.
-Merci
Walter, tout va bien, dit O’Neill en souriant.
O’Neill regarda s’éloigner le sergent, il
marchait d’un pas lourd regagnant ses quartiers où il allait sans doute
s’effondrer de fatigue.
Walter Davis était depuis longtemps à la base
et il appréciait beaucoup le général. Il avait été heureux d’avoir un poste
près de lui. C’était un homme d’une telle qualité, d’une telle valeur. Ce soir
il n’allait pas bien, son visage était dur, fermé, son regard insoutenable.
C’est pour cela qu’il était resté un peu plus longtemps que prévu. Au cas où.
O’Neill y avait été sensible, « pauvre Walter, il se plierait en
quatre pour me faire plaisir, un homme précieux et compétent. »
Le général préféra rentrer chez lui. Il avait
une journée de congé demain. Un repos bien mérité, mais trop court pour aller
dans le Minnesota. Les poissons, ce sera
pour plus tard.
Il arriva devant chez lui et soupira, il
retrouvait une fois de plus sa maison vide et froide, il faut dire qu’il n’y
était pas souvent et qu’il n’avait personne pour l’attendre et réchauffer son
foyer.
Il prit une bière et s’assit lourdement dans
son fauteuil. Il mit la télé et zappa. Rien ne l’intéressait vraiment ce soir.
Au bout de la troisième bière ses pensées le
ramenèrent inévitablement vers Sam. Il but une quatrième bière pour ne pas penser
à elle, et une cinquième et même une sixième pour oublier. Comme il n’avait
rien mangé depuis le midi, sa tête s’embruma facilement et il commença à voir
les choses autrement, déformées comme à travers un prisme. La réalité lui
apparut moins terrible. Après tout il y avait peut-être encore de l’espoir. Il
ricana, de l’espoir pour quoi ? Pour qui ? Et même si elle lui disait
non à son Pete de malheur, viendrait-elle vers lui ?
A la septième bière il se dit que tout était
foutu, que la vie sans elle ne valait pas la peine d’être vécue. Il commençait
à s’apitoyer sur lui-même, alors il se
tourna en dérision.
Que ferait–elle de ce vieux général, qui avait
mal aux genoux, qui avait un dos parfois terriblement douloureux de trop
nombreuses tortures et d’une vie passée à ne pas se ménager !
Vers une heure il alla se coucher, laissant
derrière lui avec les cadavres de ses bouteilles un peu de son chagrin qu’il
avait anesthésié.
Le réveil quelques heures plus tard, fut
pénible. Il n’en fut pas surpris, et resta un long moment sous la douche
espérant que le marteau piqueur qu’il avait dans le crâne allait lui laisser un
moment de répit. Décidemment trop boire ne lui valait plus rien. Il but un café
brûlant, monta dans sa voiture et se dirigea vers la base. Il se rappela alors
qu’il aurait pu rester chez lui à se reposer, se reposer ! Il avait bien
le temps pour ça. Quand il serait mort il se reposerait, pas avant !
Autant aller travailler. Il soupira en songeant à la pile de rapports qui
s’entassait sur son bureau, et à toutes ces tâches administratives qu’il
détestait. Mais mon Dieu ! Pourquoi avait –il accepté ce boulot ?
Sam
était étendue dans le noir. Près d’elle Pete dormait profondément un
bras passé en travers de son ventre. Elle n’arrivait pas à dormir.
Elle était mal à l’aise, elle lui avait dit oui
pour le mariage, sans vraiment réfléchir, sur un coup de tête. Sur le moment
elle en avait été soulagée, maintenant elle se demandait si elle avait bien
fait. Et puis qu’elle idée absurde avait –elle eu d’en parler au général
O’Neill ! Maintenant elle savait
qu’il ne tenait pas à elle, avant elle pouvait douter, maintenant c’était trop
tard. S’il avait tant soit peu tenu à elle il le lui aurait fait comprendre.
Toute la nuit elle avait revécu les quelques minutes passées en sa compagnie
dans le labo. Elle n’avait rien vu venir, surtout pas cette indifférence. S’il
y avait quelque chose entre eux c’était bien fini maintenant. Quelle sotte elle
avait été ! Il avait du bien rire intérieurement quand elle lui avait
montré la bague d’un air gêné.
Elle se leva, mit sa robe de chambre et alla
sur le balcon. La nuit était tiède et douce, mais son cœur n’était pas au
diapason.
Tu
ne sais pas ce que tu veux ma fille, tu es heureuse qu’on te demande en mariage,
tu dis oui, et puis ensuite tu as des regrets. Tu t’étais fait tout un cinéma
parce qu’à un moment, il y a maintenant quatre ans de ça, il a dit qu’il tenait
à toi plus qu’il ne le devait. Tu t’es bâtie tout un roman à partir de ça, mais
tu avais été la première à dire qu’il fallait tout oublier. Ça n’a aucun sens.
Il faut grandir un peu. Tu n’es plus une gamine !
Pete
est quelqu’un de merveilleux, il a un si bon sourire, il te fait rire, il
accepte d’être tenu à l’écart de ton boulot, il n’est pas jaloux de tes amis.
Il t’aime, il veut avoir des enfants avec toi. C’est ce que tu as toujours
voulu, non !
Elle retourna se coucher et s’endormit
aussitôt.
Le briefing ce matin là réunissait SG1 et le
général O’Neill.
-Aujourd’hui
vous allez sur P9R435, commença O’Neill. Colonel, vous pouvez nous parler de
cette planète ? Oh ! Carter
vous êtes là ! Ajouta –t-il voyant que la jeune femme ne répondait pas,
perdue dans ses pensées.
-Excusez-moi
mon général. P9R435 est une planète dont le taux d’oxygène est acceptable pour
des humains… commença Sam.
O’Neill avait cessé d’écouter, il ne voyait que
la bague qui brillait à son doigt. Il ferma les yeux un instant, un très court
instant pour ne rien montrer de ce qu’il éprouvait. Mais Daniel l’avait
remarqué :
-Ça
va Jack ! Vous êtes tout pâle.
O’Neill se reprit aussitôt et voulant couper
court à toute remarque il dit seulement :
-Juste
un peu mal à la tête, Daniel. C’est
tout. Continuez colonel.
Sam continua son exposé :
-La
planète est habitée par une population peu nombreuse. Ils vivent dans des
villages où les maisons sont en bois. Leur civilisation en est à l’époque pré
industrielle. Le climat est tropical et il y a une abondante végétation. Il
semble y avoir de nombreuses plantes médicinales très intéressantes et que nous
ne possédons pas sur terre.
-Bien
conclut O’Neill, vous essaierez de faire un échange. Tachez de savoir ce qu’ils
auraient besoin et qu’on pourrait leur donner et faites-leur comprendre que
leurs plantes nous intéressent. Des questions ?
-Non
-Dans
ce cas vous partirez dans une heure.
O’Neill se leva et sans un regard pour son
ancienne équipe il prit la direction de son bureau dont il referma la porte.
Ainsi elle
portait la bague. Il était furieux après lui-même, il n’avait pas pu cacher
totalement son émotion, la surprise était trop forte et rien ne l’y avait
préparé. Quand elle l’avait quitté l’autre soir elle n’avait pas l’air décidé
ni dans un sens ni dans l’autre. Il s’assit à son bureau et se donna une
contenance en prenant un dossier, il avait entendu des pas dans le couloir et
déjà on toquait à sa porte.
-Entrez
dit-il d’une voix qu’il voulait ferme.
C’était elle.
-Je
ne vous dérange pas mon général ?
-Non
entrez colonel, et asseyez-vous.
Il attendit qu’elle parle tout en la regardant.
Il la trouvait toujours aussi belle. Qu’importaient les situations. C’était une
épine dans son cœur. La voir était à la fois une joie et un supplice, mais avec
le temps il avait fini par s’y habituer.
Ne
te leurre pas, comme si on pouvait s’habituer à ça, on fait semblant c’est
tout.
Elle hésitait et se jeta à l’eau.
-Mon
général, j’ai dit oui.
-Pardon ?
Il fit celui qui n’avait pas compris, se
donnant le temps de se ressaisir.
-Vous
avez dit oui à quoi ?
-A
Pete mon général, à sa demande en mariage.
-Ah !
… Je suppose que des félicitations s’imposent !
-Merci
mon général dit-elle en se levant.
Elle se mit au garde à vous
-Permission
de me retirer mon général !
-Carter !
Combien de fois il faudra que je vous le dise ! Ne vous mettez pas au
garde à vous à tout bout de champ, c’est lassant !
-Oui
mon général dit –elle en accentuant les syllabes et avec un grand sourire.
-Je
vois dit-il en souriant. Là vous frisez l’irrespect colonel !
Rompez !
-Merci
mon général.
La porte était déjà refermée quand il prit
conscience qu’elle était partie.
Sur la planète P9R435, la chaleur les enveloppa
dès qu’ils eurent passé la porte.
-C’est
normal qu’il fasse aussi chaud Sam ? Demanda Daniel.
-C’est
tout à fait normal Daniel Jackson dit Teal’c, c’est une planète tropicale.
-Ça
je l’avais compris.
-Venez
par ici, dit Sam en montrant un petit chemin qui partait de la porte, le
village est tout près dans cette direction.
Ils suivirent un petit sentier qui serpentait
entre les arbres. Il faisait déjà chaud malgré l’heure matinale. Le village n’était pas loin tout au plus une
centaine de mètres.
Un étrange silence régnait. On apercevait le
toit des maisons, mais de vie nulle trace.
Sam leur fit signe de rester derrière elle. C’était
son rôle de chef de passer en premier.
C’est l’enfant qu’elle vit tout d’abord
Sam poussa un hurlement. Son estomac se
retourna, l’enfant était morte, du sang avait coulé de nombreuses blessures, et elle portait sur
tout le corps des marques de coups et de brûlures.
-Oh
mon Dieu, elle a été horriblement torturée.
-Il
vaudrait peut-être mieux retourner à la porte et avertir le général O’Neill,
dit Teal’c.
-Je
ne détecte aucun signe de vie dit Sam, je crois que nous pouvons aller un peu
plus avant dans le village, je ferai mon rapport après.
Ils avancèrent lentement sur le chemin de
l’horreur, partout ce n’était que corps mutilés et éventrés. Des nuages de
mouches tournaient autour des cadavres, et la chaleur accélérait la
putréfaction des corps. Ils mirent un masque de protection sur le visage
tellement l’odeur était devenue effroyable.
-Ce
n’est pas la peine d’aller plus loin dit Sam.
Ils étaient parvenus au bout de l’unique rue du
village. Il y avait encore quelques maisons isolées, mais partout c’était la
même désolation.
-Rentrons.
-Activation
non programmée de la porte.
Le général O’Neill descendit quatre à quatre
les marches qui menaient de son bureau à la salle de commande.
-Un
signal de reconnaissance sergent ? Dit –il
-C’est
SG1, mon général.
O’Neill ne dit rien, seul son visage qui se
figea traduisait son inquiétude.
Le vortex s’ouvrit et de la flaque bleue
surgit, Daniel, Teal’c et enfin Sam.
Il soupira de soulagement.
-Que
s’est –il passé ? Vous deviez ne rentrer que demain.
Devant l’air sombre de SG1, il n’insista pas.
-A
l’infirmerie, et débriefing dans une heure.
Après la
visite médicale ils se retrouvèrent autour de la table de la salle de briefing.
Les visages étaient sombres.
-Colonel ?
Dit O’Neill d’une voix douce, que s’est-il passé sur cette planète ?
Sam
hésita un instant, les horribles images
s’imposant à son esprit.
-Mon
général, toute la population du village a été exterminée.
O’Neill eut un sursaut :
-Exterminée !
-Oui,
Jack reprit Daniel qui avait compris que Sam était encore trop bouleversée par
les images des enfants torturés, pour continuer son récit.
Jack écouta sans dire un mot puis se tournant
vers Teal ‘c :
-Ce
sont des goa’ulds ?
-Je
ne sais pas. O’Neill, les blessures infligées ne ressemblaient pas à celles que
font les Goa’ulds habituellement. Quand ils veulent
détruire une ville ou un village ils ne torturent pas les habitants un par un,
ils envoient une bombe, ou ils détruisent la planète depuis leur vaisseau. Si
ce sont des Goa’ulds, ils n’ont pas agi comme
d’habitude.
Le général réfléchit quelques minutes. Il
regardait Sam qui était plongée dans son dossier et avait un air absent qu’il
n’aimait pas lui voir.
-On
va envoyer un UAV pour survoler les autres villages et voir s’ils ont aussi été
attaqués, en attendant, prenez un peu de repos.
Ils se séparèrent sans un seul mot. O’Neill
regarda Carter prendre ses affaires et s’éloigner. Il était loin le temps où il
pouvait la suivre jusque dans son labo. Maintenant qu’il dirigeait le SGC, il y
avait des choses qu’il ne pouvait plus faire.
Il aurait pu lui dire de venir dans son bureau,
mais il ne l’avait pas fait, ne voulant pas l’affronter si vite. Il redoutait
les têtes à têtes avec elle maintenant.
Curieusement ce fut elle qui lui demanda un entretien.
Elle frappa à la porte et passa la tête :
-Je
ne vous dérange pas mon général ?
Il lui sourit :
-Non
Carter entrez, que puis-je faire pour vous ?
Il avait dit cela sans arrière pensée aucune.
Il aurait tout fait pour elle et en cet instant, il ne souhaitait qu’une chose
voir le sourire refleurir sur ses lèvres. Mais hélas, elle avait les yeux
rouges comme si elle avait pleuré et son visage était pâle.
Elle le regarda, comment pouvait –il être
toujours aussi calme ? Elle savait
qu’il avait vu sa bague, elle la portait maintenant ouvertement et ses amis
l’avaient félicitée. Toute la base était au courant, les bruits circulant très
vite dans les couloirs. C’était un microcosme où il était difficile de garder
un secret bien longtemps. Elle hésitait un peu.
-Voilà,
mon général, c’est un peu délicat.
Elle s’arrêta pour le regarder, il la fixait de
son chaud regard brun, attendant qu’elle se décide à parler.
-J’ai
deux choses à vous demander.
Encouragée par son regard bienveillant elle
continua :
-Je
souhaiterais avoir des congés. Elle s’arrêta, sa réaction ne se fit pas
attendre.
-C’est
bien vous Carter qui me demandez des congés ? Je suis surpris ! Il
avait une lueur amusée dans le regard et il songea à tous les congés qu’elle avait refusés, préférant
rester à travailler dans son labo.
-Oui,
je sais mon général, dit –elle en souriant, d’habitude je n’aime pas les
vacances, mais là c’est différent, comment dire ? Ce que j’ai vu
aujourd’hui m’a bouleversée. Voir tous ces cadavres d’enfants torturés, je n’ai
pas pu le supporter. Et puis je me sens un peu fatiguée…
-Ce
n’est pas surprenant que vous soyez fatiguée, colonel, vous travaillez
beaucoup. Mais est-ce la vraie raison de votre demande de congé ?
-Je
n’ai rien de plus à dire, dit-elle d’un ton un peu agressif.
-Voyons,
Carter, pas à moi, je vous connais trop bien, il y a autre chose !
Elle soupira :
-Ma
vie personnelle prime maintenant sur ma
vie professionnelle, mon général, et…
Il l’interrompit peu soucieux d’entendre la
suite.
-Cela
me suffit Carter, vous aurez votre congé. Cependant j’aurais aimé que vous
finissiez la mission sur P9R435. Mais je peux envoyer d’autres personnes.
Elle s’enfonça légèrement dans le fauteuil.
Continuer cette mission était au-dessus de ses forces. Elle s’en étonnait, elle
n’était pas comme cela avant, et elle le lui dit.
-Il
y a autre chose Carter ?
Elle semblait perdue dans un rêve et son visage
s’était légèrement détendu.
-Carter !
Elle sursauta :
-Oui… excusez-moi mon général. Avec Peter nous organisons
une petite fête pour nos fiançailles, je voulais vous inviter.
Il dut recourir à toute sa force mentale pour
ne pas montrer la douleur qui l’étreignait. Comme il aimait cette femme à cet
instant ! C’en était insupportable !
Elle levait vers lui un regard interrogateur, un peu inquiet.
-Je
vous remercie Carter. Je viendrai, dit-il d’une voix qu’il souhaitait ferme.
Elle sortit en balbutiant quelque chose qu’il
ne comprit pas. Elle descendit l’escalier les jambes faibles. Il lui avait
accordé son congé sans discuter, il avait accepté son invitation. C’était cela
le plus surprenant. Il ne l’aimait donc plus. Elle en ressentit du soulagement
et en même temps une déception.
Daniel l’attendait à la porte de son labo.
-Alors ?
Dit-il du plus loin qu’il la vit.
Elle fut bientôt à sa hauteur.
-Il a accepté, j’en suis vraiment
surprise.
-Déçue ?
Demanda Daniel en la regardant du coin de l’œil.
-Mais
non, pas du tout, dit-elle d’un ton sec,
surprise seulement. Et puis Daniel je vous en prie n’insistez pas.
-Je
ne veux que vous aider Sam, je suis votre ami.
-Je
le sais, Daniel, votre amitié m’est si précieuse. Je ne sais pas ce que je
deviendrais si je ne vous avais pas, ainsi que Tea’lc. Vous êtes vraiment des
amis merveilleux.
-Vous
oubliez Jack, c’est aussi votre ami.
Elle hocha la tête sans répondre et elle rentra
dans son labo dont elle referma soigneusement la porte.
Il lui restait quelques rapports à terminer et
puis elle quitterait la base pour une semaine.
Elle passa ces quelques jours de vacances avec
Pete qui lui aussi avait pris des congés. Cela lui fit un bien fou. Elle essaya
de tout oublier, le SGC, les missions, la base, le général, surtout le
général….
Le matin ils se levaient tard et il lui montait
son petit déjeuner au lit. Elle adorait cela, c’était si rare, à dire vrai,
cela ne lui était pas arrivé depuis des années. Ensuite ils partaient faire
quelques courses, ou se promenaient. C’était encore l’été à Colorado Springs et
ils allaient visiter les environs. Et puis le soir les retrouvait sur la
terrasse à siroter des apéritifs. Quelquefois
ils sortaient, allaient au cinéma, au restaurant et terminaient la
soirée le plus souvent sur une piste de danse. Tard dans la nuit ils retrouvaient la douceur et l’intimité de
leur chambre. Sam était bien, Pete était un amant attentif, il était doux et
attentionné pour elle et elle se disait qu’elle avait bien de la chance.
Ces huit jours passèrent à une vitesse folle et
elle dut bien admettre que cela lui avait beaucoup plu. Cela la rassura sur son
compte elle n’était pas qu’une personne aimant son travail et vouant sa vie
pour lui. Elle pouvait rire et s’amuser, faire la cuisine et y prendre du
plaisir, vivre avec une autre personne et partager son intimité.
Ce lundi matin elle se présenta à la base pour
reprendre son travail. Il y aurait un briefing sans doute, puis un départ en
mission. Elle était contente de revoir Daniel et Teal’c, elle préféra ne pas
penser au général O’Neill. Elle l’avait shunté de son esprit toute la semaine
et s’en était très bien portée.
Elle atteignit la première grille, celle qui
fermait le parking réservé aux employés de la base, et fut surprise de trouver
le portail fermé. Un planton vint jusqu’à sa voiture, et la salua, elle lui fit
voir son badge.
-Colonel,
il la salua très réglementairement, vous ne pouvez pas entrer, la base est en
état d’alerte.
-Que
se passe t-il ? Demanda t-elle avec une sourde inquiétude, en un éclair
elle visualisa toutes les possibilités qui pouvaient faire fermer la base. Une
invasion alien, un virus, un Goa’uld. Aucune n’était
réjouissante.
-Je
ne sais pas, nous avons eu des ordres express du général O’Neill, personne ne
doit entrer ni sortir de la base.
-Mais
vous savez pourquoi ? Heu…sergent Allay dit-elle
en lisant le badge du jeune homme.
-Non
mon colonel, je n’en ai aucune idée, je n’ai pas eu d’autres instructions.
Sam jeta un coup d’œil autour d’elle, l’endroit
grouillait de soldats armés jusqu’aux
dents. Si quelqu’un essayait de monter à la surface il serait très bien
accueilli.
-Bien
sergent, je vous laisse dit-elle.
Elle reprit sa voiture et commença à donner
quelques coups de fils. Elle appela
d’abord le domicile de Daniel, celui d’O’Neill, elle essaya ensuite celui du
docteur Bright, et de tout le personnel dont elle avait le numéro.
Certaines personnes lui répondirent, celles qui
étaient en congé, et d’autres qui reprenaient leur travail ce matin. Ils se
donnèrent rendez-vous à l’extérieur de la base.
Elle ne savait pas si Daniel et Teal’c étaient
en mission. Elle supposait qu’O’Neill était dans la base, elle chercha à le
joindre en appelant directement son bureau dont elle avait le téléphone, mais
il n’y eut aucune sonnerie. Son inquiétude grandissait de minute en minute,
elle essaya plusieurs postes de la base mais aucun ne semblait fonctionner,
c’est comme si le standard avait été détruit.
Elle dut s’asseoir.
Mais que se passait-il en bas ? Il fallait
absolument qu’elle trouve un moyen de rentrer. Si le téléphone ne
fonctionnait plus il avait du être détruit,
une bombe ou des tirs puissants. Où étaient ses amis ? Et
Jack ? Etaient-ils encore en vie ? Elle espérait au moins que Teal’c et Daniel soient en
mission, à l’abri du danger qui régnait sur Cheyenne Mountain. Mais Jack ?
Quand elle
pensait à lui, la plupart du temps elle pensait « le général », où
bien « O’Neill », quelque fois même « le colonel ». C’est
ce qu’il avait été si longtemps pour elle, « son colonel » mais quand
il y avait quelque chose de grave, qu’elle ne pouvait pas contrôler comme en ce
moment elle pensait « Jack ».
Pendant ce temps à l’intérieur de la base tout
était figé. Le personnel avait été enfermé dans une grande salle. Il y avait
trente deux personnes en ce moment sur le site. Toutes avaient été
neutralisées, les communications extérieures avaient été coupées.
Sam avait retrouvé plusieurs personnes de la
base qui étaient bloquées à l’extérieur, comme elle. Il y avait le major Streley et le colonel Phips le
chef de SG8, et quelques civils. Phips était plus
gradé qu’elle et il prit automatiquement la tête de leur petit groupe.
Il prit contact avec toutes les personnes de
l’extérieur et se fit briefer les évènements.
Le garde de service à l’extérieur avait reçu à
7 h 20 heures du matin un appel très laconique du général O’Neill, lui disant
que la base était en état d’alerte, et que personne ne devait entrer.
Connaissant la procédure à suivre, il avait aussitôt fait boucler toutes les
entrées et fait tripler le nombre de gardes. La grille extérieure du parking ne
pouvait être ouverte sans un code spécial que seul un haut gradé pouvait
donner. Le piège était refermé. Personne ne pouvait sortir ni entrer. Les puits
de sécurité étaient aussi bloqués et gardés. Aucun moyen de franchir les
barrages.
Sam était désespérée
-Mon
colonel ? Comment allons-nous faire ? On doit les aider.
-Je
suis d’accord avec vous colonel, répondit Phips, mais
vous connaissez comme moi la procédure, ils doivent résoudre seuls le
problème, Quel qu’il soit.
-On
pourrait réessayer les portables. Tout à l’heure je n’ai pas eu de réponse.
Mais je pense qu’il faut tenter régulièrement de les appeler.
-Cela
ne coûte rien d’essayer. Faisons régulièrement les numéros des personnes que
nous connaissons.
-Sait-on
qui est en bas actuellement mon colonel ? Demanda le major Streley.
-J’étais
de service hier dit Phips, je sais que SG 10, 5 et 6
sont en missions.
Le cœur de Sam rata un battement. Sg1 était
donc dans la base !
Les heures passaient. Ils n’avaient aucune
nouvelle. Le colonel Phips décréta qu’il ne servirait
à rien de rester là. Il proposa à Sam et au major Streley
de rentrer chez eux, et de rester en contact téléphonique.
Chapitre
2
L’homme appuyait de toutes ses forces sur sa
nuque, pour le maintenir à genoux en position d’adoration. Brutalement il le lâcha. O’Neill put alors relever la tête
et elle lui apparut dans toute sa magnificence.
C’était une femme de taille moyenne, qu’elle
compensait par un port de tête altier et une tiare en or qui ceignait son
front. Elle était très brune avec des yeux noirs perçants. Des colliers et
bijoux tintaient à chacun de ses mouvements et dans sa paume brillait la pierre
maléfique, le bijou s’enroulant autour de son poignet. Elle leva la main d’un
air menaçant.
O’Neill toujours à genoux ne disait rien, il se
contentait de la regarder d’un air insolent.
-Je
suis Nesoxachi, incline-toi devant ta déesse, devant
celle que tu vas servir tout au long de ta misérable vie.
Le visage d’O’Neill était impassible mais à
l’intérieur les questions fusaient.
Comment avait-elle pu entrer ? Pourquoi
l’iris ne s’était-il pas fermé ? Que voulait –elle ?
Elle
n’avait pas l’air pressé de conquérir la Terre et depuis une heure qu’elle
était là, elle avait envoyé ses jaffas investir toute la base, mais n’avait
prononcé que peu de mots.
Elle n’était
pas très différente des autres Goa’ulds, sauf qu’il
ne comprenait pas d’où elle venait, elle avait un nom à coucher dehors, Nesoxi quelque chose. Daniel lui aurait été d’un grand
secours s’il avait été là. Mais il était enfermé avec les autres dans la grande
salle du niveau 16, loin d’ici. Il ne pouvait pas communiquer avec ses hommes
et se sentait bien seul. Il se demandait d’ailleurs pourquoi elle ne l’avait
pas tué tout de suite. Il était sans armes, elle avait avec elle la force et la
puissance d’une armée d’une vingtaine de jaffas. Il n’osait penser ce qu’ils
étaient entrain de faire comme dégâts. Heureusement le processus de sécurité
était complexe, il fallait de nombreux codes pour tout débloquer. Seul lui
connaissait ces codes. Il sentit un filet de sueur froide couler dans son dos.
C’était ça qu’elle attendait de lui, c’est pour cela qu’elle ne le tuait pas.
Elle allait le torturer jusqu’à ce qu’il parle. Il fallait qu’il s’apprête à
faire bonne figure, car il ne parlerait pas. De cela il en était sûr. Mais
aurait-il le courage de supporter encore une fois de plus la souffrance dans
son corps qui en avait déjà tant connue ?
Il espérait qu’elle le tuerait rapidement.
Sa vie avait été déjà longue et riche. Riche de
beaucoup d’expériences, d’amitié. Il avait toujours su au fond de lui que ça
finirait ainsi, qu’un Goa’uld plus cruel qu’un autre mettrait un terme à sa
vie, et pas de façon plaisante.
-Ainsi
c’est toi ! Jack O’Neill ! Tu sais j’ai beaucoup entendu parler de tes
exploits, tu es haï sur de nombreuses planètes.
-Chez
les serpents je suppose ? Cela ne me surprend….
Il ne put finir sa phrase, un violent coup dans
le dos le fit hoqueter, il n’avait pas vu le jaffa qui s’était placé derrière
lui et qui sur un signe de la reine venait de lui administrer un brutal coup de lance dans les reins.
-Tais-toi !
Tu ne parleras que pour me donner les codes d’accès à la surface.
Tu
peux toujours attendre pensa t-il. Il ne dit rien il ne fallait pas
l’énerver.
Elle fit signe au jaffa derrière lui qui le
releva brutalement.
-Viens
avec moi, je vais te dire en route ce que je compte te faire.
Ils remontèrent jusqu’au 16 ème
niveau.
-Que
dis-tu de cela, j’ai l’intention de te tuer à petit feu devant toute ta base,
si tu ne me donnes pas les codes. Et elle lui dit à voix basse les tortures
qu’elle avait prévues pour lui.
Il ne put s’empêcher de frissonner.
L’ascenseur s’arrêta et un garde ouvrit la
porte, Jack pénétra dans la salle, tenu en respect par une lance. Il vit tout de
suite Daniel et Teal’c, et leur fit un geste d’impuissance, leur faisant
comprendre qu’il valait mieux attendre. Ils comprirent immédiatement, à la suite de Nesoxachi
une dizaine de jaffas armés jusqu’aux dents se postèrent en des endroits
stratégiques.
Ils firent mettre O’Neill à genoux au milieu de
la pièce. Les autres membres du SGC étaient tenus en respect par les jaffas
armés.
Il redressa la tête, bien décidé à ne pas
flancher. Heureusement que Carter n’était
pas là ! Il savait que l’autodestruction de la base devait se
déclencher dans peu de temps. Il avait demandé aux techniciens de prévoir une
autodestruction, quelque chose de simple à mettre en route, simple à arrêter
aussi. En somme quelque chose de furtif qui pourrait leurrer l’adversaire et
qui n’apparaîtrait sur les écrans que
comme quelque chose d’anodin que lui seul connaîtrait. Il lui restait cette arme dans sa manche il
comptait bien s’en servir.
Pour le moment il ne disait rien car les jaffas
avaient fait venir quelques femmes de la base. Elles étaient maintenant à
genoux devant la reine. C’étaient des personnes peu habituées à la violence,
elles étaient terrorisées, surtout les deux civiles dont l’une était secrétaire
et l’autre infirmière. Les trois autres étaient militaires, et elles
travaillaient sur les ordinateurs. C’était avec elles qu’O’Neill avait mis en
place le projet secret d’autodestruction. Le colonel Carter n’avait pas
participé à ce travail car cela s’était passé
pendant les congés de la jeune femme.
O’Neill regarda l’heure à la pendule de la
salle il restait une heure avant la déflagration qui serait assez puissante
pour emporter le somment de la montagne. Il laisserait le compte à rebours
silencieux aller à son terme que s’il ne pouvait absolument pas faire autrement.
Sa vie à lui comptait bien peu. Ce qui le désolait c’était peut-être d’être
obligé de prendre les vies des trente deux personnes de la base. Il y aurait
aussi peut-être des victimes en surface. Quel sale boulot ! Quelle
responsabilité !
Nesoxachi s’approcha
des jeunes femmes à genoux à côté d’O’Neill.
-Donne-moi
les codes d’accès pour ouvrir les portes et sortir de la base !
Il ne répondit que par un sourire méprisant.
-Bien
tu l’auras voulu.
Un cri déchirant envahit l’espace et les fit
tous frissonner d’horreur, Nesoxachi avait posé le
rayon mortel de sa pierre sur le front de Cathy Logan. La jeune femme était
envahie d’une souffrance comme elle n’avait jamais connue. Elle avait
l’horrible impression que son cerveau se liquéfiait. Puis la reine retira sa
main et Cathy s’écroula en gémissant.
O’Neill bouillait de rage, il ne pouvait pas
faire grand-chose, à part donner les codes, mais cela il n’en était pas
question. Il détourna l’attention de la reine sur lui, en l’insultant et en cherchant à la ridiculiser.
Il n’eut aucun mal à le faire, les serpents le révulsaient surtout ceux-là, de
la pire espèce.
Il n’attendit pas longtemps la réaction. La
déesse se focalisa sur lui et lui posant son rayon mortel sur le front elle le
fit à son tour gémir. Il ne hurla pas il ne voulait pas lui donner cette
satisfaction. Il resta à genoux, ne tomba pas, et quand elle eut fini, il posa
sur elle un regard méprisant et dit seulement d’une voix rauque mais
suffisamment forte pour que tout le monde entende :
-L’autodestruction
se déclenchera dans exactement 15 minutes ! C’est juste le temps qu’il te
faut pour ficher le camp d’ici, avec toute ta bande !!!!
Heureusement
que Carter n’est pas ici, pensa t-il encore. Il eut un regard triste vers
ses amis qui étaient près de lui, et maintenus en respect par les jaffas.
Sam
roulait maintenant sur une large avenue bordée d’arbres. Elle ne rentra
pas chez elle, mais alla directement chez Pete qui avait encore deux jours de
congé.
Elle gara sa voiture et appela le colonel Phips
-Pas
de nouvelles mon colonel ?
-Ecoutez,
colonel Carter, s’il y a la moindre chose je vous tiens au courant.
-Merci
mon colonel, et elle raccrocha.
Pete était sorti de la maison en voyant la
voiture de Sam devant chez lui.
-Que
se passe t-il ? Ils n’ont pas voulu de toi ce matin ? Dit-il en
souriant.
Il ravala
bien vite son sourire devant le visage angoissé de Sam.
-Rentre
chérie, je vais te faire un café et puis tu me diras ce qui ne va pas.
Elle était assise sur le canapé, les jambes repliées
sous elle, et elle parlait lentement, en faisant bien attention aux mots
qu’elle prononçait.
Après un silence, elle se mit à pleurer. Il la
prit dans ses bras, sans rien dire.
-Ma
chérie, Chut ! Dit-il en caressant ses cheveux. Ça ne peut pas être aussi
dramatique que ça.
-Si,
tu ne comprends pas s’énerva t-elle, on ne met pas la base en quarantaine sans
raison. Le général O’Neill a dû le faire que contraint et forcé, pas de gaîté
de cœur. C’est forcément quelque chose de très grave.
-Comme
quoi par exemple ?
Elle le regarda, que pouvait-elle lui
dire ? Il savait pour la porte des étoiles, mais c’était à peu près tout.
Il ignorait tout des Goa’ulds, ou presque.
-Je ne sais
pas, une invasion alien, une contamination !
Elle parlait d’une voix saccadée, elle était au
bord de la crise de nerfs. Elle aurait tout donné pour être avec eux. Le pire
pour elle était que ses amis allaient mourir et qu’elle resterait seule…
Jack
allait mourir. Oh mon Dieu, non ! Je ne le supporterais pas.
Pete suivait son monologue intérieur sur son
visage où passaient de multiples émotions, de l’angoisse, du chagrin, de la
peur, de la terreur même.
-Je
ne reconnais pas là mon petit soldat ! Dit-il d’une voix très douce.
-Ton
petit soldat, il est bien mal en point, dit-elle avec un petit sourire.
-Tu
te tracasses pour tes amis, qui sont là-bas ?
-Oui,
dit-elle d’une toute petite voix. Et le pire c’est que je ne peux rien faire du
tout. On ne peut pas descendre dans la base. Le général a fait fermer tous les
points d’accès. C’est cela qui me tue. Ne pouvoir rien faire.
Il ne répondit pas comprenant que les mots ne
servaient à rien, il la berça longuement dans ses bras, jusqu’à ce qu’elle
s’apaise.
Son portable sonna, elle se leva précipitamment
-Carter.
-C’est
le colonel Phips.
Colonel Carter, pouvez-vous me rejoindre à l’entrée de la base.
-J’arrive
tout de suite mon colonel.
Un quart d’heure plus tard, Sam arriva en vue
de la base, elle venait de pulvériser tous les records de vitesse. Heureusement
qu’il n’y avait pas grand monde dans les rues, ce matin là. Phips l’attendait à 200 mètres de la première grille.
Elle courut au devant de Phips
-Il
y a du nouveau mon colonel ?
-J’ai
fait évacuer toute la zone, en cas d’explosion ou d’autodestruction de la base.
J’ai pensé que vous aimeriez être
présente, en sécurité bien sûr.
Le cœur de Sam manqua un battement.
-Merci
mon colonel dit Sam d’une voix blanche.
-C’est
une possibilité qu’il faut envisager, colonel Carter. Et nous ne devons prendre
aucun risque avec les populations civiles.
-Vous
avez raison, monsieur.
Sam savait bien qu’il avait raison. L’angoisse
se faisait plus vive au fur et à mesure que les minutes passaient.
Pete vint retrouver Sam à l’entrée de la base.
Elle l’accueillit, agressive :
-Qu’est
ce que tu fais là ? C’est dangereux, tout peut sauter d’un instant à
l’autre.
-Tu
ne devrais pas rester ici non plus, viens. Il la prit par la main et voulut
l’entraîner avec lui.
Elle se libéra d’un coup sec :
-Je
reste ici.
-Mais
Sam, si tout saute, ça t’avancera à quoi ?
-Ma
place est là lui cria t-elle rageusement. Tu peux le comprendre ?
Non ?
-Je
ne veux pas te perdre. Et ça ne te sert à rien de rester ici.
-Tu
ne comprends donc rien ! Je devrais être en bas avec eux ! Lui cria
–telle des larmes dans les yeux.
Elle ajouta plus calmement :
-Si
c’était ton équipe à toi qui était en danger ? Tu resterais non ?
Même si c’est inutile !
-Tu
as raison Sam. Je le comprends, mais j’ai tellement peur pour toi !
-Moi
aussi j’ai peur, mais en dessous dit-elle en tapant rageusement du pied sur le
sol, il se passe des choses terribles, ils sont peut-être torturés, ou déjà
morts, Daniel, Teal’c, tous mes amis, mes collègues. Jack…
-Tu
dis Jack maintenant ?
Elle rougit, mais ne répondit pas.
-Dis-moi
franchement la vérité Sam, ils sont quoi pour toi ?
-Tu
dois pourtant comprendre, nos missions sont tellement dangereuses, nos vies ne
tiennent souvent qu’à un fil, on se fait une confiance aveugle. On est sûr
d’avoir un soutien, un appui à n’importe quel moment. Pour moi ce sont des
amis, des frères, ils font partie intégrante de moi, de ma vie. S’ils venaient
à mourir je crois que l’on m’arracherait le cœur. J’aurai l’impression d’être
amputée d’un membre, de la meilleure part de moi-même. Tu peux comprendre ça
toi qui es aussi très près de tes hommes.
-Justement
ce sont des hommes, j’ai une équipe de quatre personnes, uniquement des hommes.
-Ça,
c’est bien une réflexion de macho ! Et moi je suis une femme et j’ai sous
mes ordres des hommes, mon chef est un homme et je tiens à eux comme à la
prunelle de mes yeux. Et si cela ne te plait pas, c’est tant pis. !
Elle s’éloigna un peu de lui, c’était bien le
moment de lui faire une scène de jalousie ! Elle était furieuse après lui.
Cela faisait maintenant une heure et demie
qu’elle était arrivée à la base la première fois ce matin. Ce qui la tuait
c’était de ne rien savoir.
Elle revint vers le colonel Phips :
-Et
si on essayait de pénétrer dans la base ?
-C’est
hors de question colonel. Le général a été clair ce matin.
-Pourrais-je
entendre l’enregistrement du message du général. J’ai longtemps travaillé avec
lui et je saurai découvrir s’il y a quelque chose.
-Si
ça vous fait plaisir dit Phips.
Il fit soulever la barrière.
-Faites
vite, vous savez où se trouvent les enregistrements ?
-Oui,
mon colonel,
Elle courut au pas de charge les deux cents
mètres qui la séparaient de l’entrée et pénétra dans la cabine du gardien. Les
enregistrements de toutes les conversations téléphoniques s’y trouvaient.
Elle n’eut pas besoin de chercher longtemps, il
n’y avait qu’un seul message celui du général.
-« Ici
le général O’Neill, la base est en état d’alerte maximum. Suivez la procédure
habituelle, aucune dérogation. »
C’était tout, bref et clair. Elle avait compris.
Personne ne pouvait ni entrer, ni sortir de la base.
Elle réécouta le message, c’était peut-être la
dernière fois qu’elle entendait sa voix. Une larme coula sur sa joue, larme
qu’elle n’essuya pas et qui traça son petit sillon jusqu à son menton, où elle
se perdit. Elle mit la k7 dans sa poche,
et rejoignit le colonel Phips qui l’attendait.
La tension était à son maximum dans la grande
salle du niveau 16, là où était retenu
tout le personnel de la base.
La phrase jetée nonchalamment par O’Neill avait
fait sursauter Nesoxachi.
-Tu mens, et elle gifla
violemment O’Neill qui se mit à saigner de la lèvre.
-Tu peux croire ce que tu
veux, ça ne change rien au fait que la base va être détruite dans maintenant Oh
… 12 minutes ! Le temps passe !
Elle fit signe à un jaffa qui sortit immédiatement.
-Tu devrais me croire sur
parole, dit O’Neill, le temps qu’il revienne et te dise qu’il n’a rien vu
d’anormal, parce qu’il n’est sûrement pas assez doué pour détecter quelque
chose, ton jaffa ! Et bien il ne te restera plus assez de temps pour
filer, et tu seras détruite.
-Toi aussi tu mourras
dans ce cas misérable Tau’ri !
-Oui, seulement si tu
meurs tu ne pourras plus faire de conquête, tu perds du temps… Nous, cela nous
est égal de mourir. Il évita de regarder le personnel il avait trop peur de
voir des visages terrorisés.
Son cœur battait à grands coups dans sa poitrine, il restait si peu de
temps pour monter au 28 ème étage et déconnecter
l’autodestruction.
-Qui connaît les
codes ?
-Moi.
-Toi tout seul ?
-Oui, dit –il d’un air
tranquille qu’il était bien loin d’éprouver. Il espérait que son bluff
réussirait. Il ne voulait que personne ne vive ce qu’il supportait en ce
moment.
-Alors
je peux la tuer, elle et Nesoxachi fit pointer une
lance jaffa dur Cathy Logan.
-A
mon avis c’est une perte de temps, de toute façon, elle mourra, comme nous tous
ici d’ailleurs, Dit-il froidement.
Les minutes s’égrenaient lentement et à une
vitesse folle.
-9
minutes, dit O’Neill d’un air calme.
Elle fit un geste et il reçut un autre coup de
lance dans le dos au même endroit. Cette fois-ci il hurla. Puis d’autres coups
se succédèrent aussi violents. Il lutta
de toutes ses forces pour ne pas s’évanouir.
Sa dernière pensée fut pour Sam.
C’est
aussi bien comme ça, elle pourra épouser son Pete et sera à tout jamais
débarrassée de moi. Je suis sûr que j’étais un obstacle à son bonheur. Tout est
bien… Je la laisse entre bonnes mains. Je suis heureux pour elle… La Goa’uld va
mourir, c’est une bonne chose. Pardon mes amis, je n’ai pas su vous protéger…
Je n’ai pas été un bon général…
Pete était resté près de Sam, mais ils ne se
parlaient pas. Il pouvait comprendre l’angoisse qu’elle ressentait, cela lui
était arrivé à lui aussi en mission, il se souvenait d’une fois où ils étaient
tombés dans un piège tendu par des trafiquants, cela avait failli être la fin
de sa carrière, et de celle de ses hommes, il se rappelait son angoisse à ce
moment-là.
Mais il était surpris, elle n’avait pas un
comportement féminin. Ce matin, oui elle pleurait, c’était normal, elle avait
accepté de se laisser consoler. Mais maintenant elle avait un air dur, un
visage fermé, elle parlait d’une voix sèche, donnait des ordres. Il ne la
reconnaissait plus. Et puis cet attachement pour son équipe ? C’était douteux, ce n’était pas très sain. Il
savait qu’il n’était pas très moderne, c’était l’éducation qu’il avait reçue.
Une femme n’était pas faite pour un monde d’hommes et de violence, c’était son
point de vue. Mais là en la regardant il voyait bien qu’il n’y en avait que
pour eux. Et ce Jack, qu’était-il pour elle ? Avaient –ils eu une liaison
ensemble ? Ces questions le taraudaient en la regardant. C’était un
soldat, mais en même temps une femme si belle. Il éprouva l’aiguillon de la
jalousie. Il trouvait normal de passer avant son travail. Un jour elle lui
avait fait la remarque que son travail était tout pour lui, il avait répondu
que c’était normal qu’il était un homme. Elle avait ri en lui demandant pourquoi cela faisait une telle différence.
Il n’avait pas su quoi répondre.
Il soupira et commença à s’éloigner, elle ne le
regardait même pas. Il n’existait plus. Il remonta dans sa voiture et rentra
chez lui. Il n’avait pas de place auprès
d’elle. Rageusement il essuya une larme. Il l’avait perdue. Oh ! Elle
reviendrait peut-être, si la base n’explosait pas, si ses amis étaient sains et
saufs, mais au moindre danger pour ses amis, elle s’éloignerait à nouveau.
C’était inévitable.
-Jack!
Hurla Daniel, revenez, Jack ! Je vous en
prie ! Il n’y a que vous pour
arrêter cette foutue machine.
Il avait du s’évanouir. Il se sentit
transporter entre des bras puissants. Il avait du mal à refaire surface. Il
cria de douleur quand Teal’c se mit à courir.
Teal’c courait dans les couloirs de la base, le
plus vite qu’il pouvait. Le compte à rebours était maintenant audible partout
dans la base. Il ne restait que deux minutes. Arrivés en salle de contrôle,
Teal’c installa O’Neill devant un clavier.
-Vite
général votre code.
-Où
est le major Jennifer Sargon, demanda O’Neill d’une voix faible. Il faut être
deux.
-Je
suis là dit une jeune femme d’une trentaine d’années qui arrivait en courant.
Ils entrèrent leurs codes simultanément et le compte à rebours s’arrêta à quinze
secondes.
O’Neill s’évanouit et glissa de sa chaise.
Il y avait du remue ménage à l'extérieur de la
base. Des soldats arrivaient et prenaient leur poste.
Sam monta dans sa voiture et se précipita. La
grille extérieure était ouverte.
-Que
se passe t-il ? Sergent ?
-Tout
va bien mon colonel, l’alerte est levée.
-Je
descends tout de suite.
Elle courut jusqu’au premier ascenseur et
trouva la procédure terriblement longue. Les ascenseurs étaient d’une
effroyable lenteur.
Arrivée au niveau 28 elle fonça dans la salle
de briefing. Daniel et Teal’c étaient là, tout semblait calme, chacun était à
son poste.
-Ah
Sam ! Vous êtes là dit Daniel.
-Que
s’est-il passé ? J’étais morte d’inquiétude.
-On
a eu la visite d’une Goa’uld.
-Qui ?
-Nesoxachi.
-Comment
est ce possible ? L’iris ne s’est pas fermé ?
-Je
ne sais pas du tout, on attend Jack pour le débriefing.
-Où
est-il ? Demanda t-elle
-A
l’infirmerie.
-Il
a été blessé ? C’est grave ? Elle criait presque.
-Non
rassurez-vous Sam dit Daniel en souriant du regard angoissé de son ami. Il a
juste un peu mal dans le dos.
-Il
a été torturé ?
-Oui,
mais il est bien vivant, rassurez-vous.
-Je
vais aller le voir.
-Non,
je ne crois pas. Il a demandé à ne voir personne.
-Mais
pourquoi ? Demanda t-elle inquiète, vous ne me dites pas la vérité
Daniel ! C’est très grave !
-Mais
non Sam ! Vous savez bien qu’il n’aime pas qu’on le voie dans un lit. Il a
toujours autant horreur de l’infirmerie ! Ce n’est pas parce qu’il est
général que ça change !
Elle sourit, c’est vrai que Jack était toujours
très réticent quand il s’agissait de médecin ou de piqûres !
-Le
debreifing est prévu pour quelle heure ?
-Dès
que Jack sera arrivé.
-Bon
je vais dans la salle de contrôle essayer de voir de ce qui s’est passé.
Vous m’avertirez Daniel, quand il sera là.
-Bien
sûr. Mais … reprit –il en hésitant, vous avez intérêt à trouver une solution,
sinon il ne sera pas du tout content.
-Et
il aura raison, dit-elle sèchement.
Elle descendit dans la salle de contrôle et se
mit immédiatement au travail.
Une heure plus tard le général O’Neill n’était
toujours pas là. Sam se rendit à l’infirmerie. Elle entra dans une salle et
s’arrêta brusquement, la main sur la bouche et elle sortit le plus discrètement
possible. Mais elle avait eu le temps de voir Jack, à plat ventre, le dos noirci et tuméfié. Le docteur Bright lui appliquait
une pommade sur ses nombreuses traces de coups. Sam se recula dans un angle du
couloir et malgré elle, elle entendit la conversation. Elle ne put s’empêcher
de tendre l’oreille.
-Mon
général, vous ne devriez pas vous lever dans l’état où vous êtes, ce n’est pas
raisonnable.
-Ce
qui ne serait pas raisonnable c’est que je laisse cette base, ouverte à tout
vent, où chacun peut rentrer comme dans un moulin.
-Vous
pouvez déléguer ce genre de travail, ce n’est pas à vous de tout faire.
-Il
y a des incapables dans cette base, il faut bien que je m’en occupe.
Le cœur de Carter rata un battement, serait-ce
elle l’incapable ? Elle rougit de
colère, comment osait-il ?
La conversation
continuait :
-Donnez-moi
un calmant docteur, ça ira très bien.
-Bon
je ne peux pas vous forcer, mais revenez au moindre signe d’aggravation.
-C’est
d’accord.
-Dites-moi
franchement général, vous souffrez beaucoup ?
-Oui,
mais je vous promets de revenir ce soir, de toute façon je crois que je ne
pourrais pas faire autrement.
-Bien.
Je vous laisse j’ai d’autres patients.
Sam n’attendit pas Jack sorte de la chambre. Il
avait du s’habiller pendant la conversation car elle eut juste de temps de se
cacher alors qu’il sortait de l’infirmerie.
Elle attendit quelques minutes, il ne l’avait
pas vue. Elle avait un peu honte d’avoir écouté la conversation. Ce n’était pas
dans ses habitudes, elle ne se reconnaissait pas dans ce geste, mais elle avait
été prise de court et finalement elle n’était pas mécontente de lui avoir volé
un instant d’intimité.
Elle était la dernière à s’asseoir à la table
de briefing. Il y avait du monde, SG1, plus Jennifer Sargon du service
informatique, le sergent Walter Davis qui était préposé à la porte quand
l’intrusion avait eu lieu, le colonel Phips et
quelques autres officiers.
Le général entama la réunion sans plus attendre
-Pour
ceux qui n’avaient pas le bonheur d’être là ce matin, Daniel, vous voulez bien
commencer ?
-Heu,
oui Jack, commença Daniel. A 7 H 19
exactement la porte a été activée. Le général O’Neill a demandé la fermeture de
l’iris et celui-ci est resté ouvert. Quelques secondes après nous avons vu
débarquer des jaffas qui nous ont menacés, puis est apparue Nesoxachi.
-Qui
est cette Neso je ne sais quoi ? Demanda Jack.
-C’est
la déesse aztèque des enfers. Disons que c’est le Goa’uld montant dans notre
galaxie.
Puis Daniel raconta ce qui s’était passé, sans
donner trop de détails. Le regard perçant de Jack le gênait un peu.
Jack se tourna vers Sam.
-Colonel,
comment expliquez-vous que l’iris ne se soit
pas fermé ?
-Je
ne sais pas encore mon général. J’ai commencé à faire des recherches, nous
procédons au diagnostic complet du système.
-Eh
bien trouvez rapidement, colonel. Dit O’Neill d’un ton sec.
-A
vos ordres, mon général.
-Vous devez être en forme après une
semaine de congé, vous ne sortirez de la base que lorsque vous aurez trouvé. Je
ne veux en aucun cas qu’une telle chose se reproduise. Major Sargon, vous
expliquerez au colonel le petit dispositif mis au point cette semaine.
-Bien mon général.
-Quel
dispositif ? Demanda Sam.
-Un
système furtif d’autodestruction, indétectable pour un œil étranger à notre
système, répondit le major. Heureusement
que nous l’avions mis en place.
-En
effet major, cela a compensé la médiocrité du colonel Carter dit O’Neill d’un
ton glacial.
L’air ambiant avait baissé de plusieurs degrés.
Daniel regardait O’Neill d’un air désapprobateur.
-Jack, je ne
sais pas …
-Je vous ai
demandé quelque chose Daniel ? Dit
le général d’un ton froid
Autre chose à ajouter ? Dit-il en faisant
du regard le tour de l’assemblée. N’ayant obtenu aucune réponse il se
retira dans son bureau.
Là il resta un moment plongé dans ses pensées.
Pourquoi
ai-je été aussi dur avec Carter ?
C’est sans doute parce que nous avons eu très peur ce matin. Ça a bien
failli être la fin cette fois. A quinze secondes près. Vraiment marre de ce boulot ! Trop
dur ! C’est plus de mon âge ! Je n’ai pas quitté le terrain pour me
faire attaquer dans ma base !!
Oh
cette douleur, c’est insupportable ! Il faudrait que j’aille à
l’infirmerie, mais ce nouveau toubib je n’arrive pas à m’y habituer. Jamais je
n ‘aurais jamais pensé cela un jour, mais Janet me manque. Avec elle il y avait
une certaine connivence entre nous, celle-là elle ne nous connaît pas, elle
regarde tout le temps le dossier comme si elle avait peur de faire une
connerie. Il faut que j’aille à ‘infirmerie, mais je n’ai pas le courage.
Carter,
elle a dû avoir peur aussi quand elle n’a pas pu rentrer dans la base. Mais
elle avait son Pete pour la consoler ! Stop O’Neill ! Tu deviens méchant là.
Sam passa de longues heures sur les machines.
Elle ne prit pas le temps de manger et bouscula un peu les personnes qu’elle
avait sous ses ordres. Une chose pareille ne devait jamais se reproduire. Son
honneur était en jeu.
Vers 21 heures elle pensait avoir résolu le
problème. Du moins elle avait établi le diagnostic, maintenant restait à
fabriquer le remède.
Il fallait qu’elle fasse son rapport au
général.
Elle croisa Teal’c dans les couloirs
-Vous
allez bien colonel Carter ? Dit celui-ci.
Elle se passa une main lasse dans les
cheveux :
-Fatiguée,
mais je pense avoir trouvé. Je cherche le général, je ne le vois nulle part
dans la base.
-Je
crois qu’il est à l’infirmerie.
-Oh
je vois. Tant pis j’ai besoin de lui parler.
-Voulez-vous
que je vous accompagne, colonel ?
Elle regarda Teal’c en souriant, il avait un
air attentif, disposé à l’aider en cas de difficultés.
-Non
merci, Teal’c, je dois y aller toute seule.
Il s’inclina.
Elle pénétra franchement dans l’infirmerie, et
demanda à voir le général. L’infirmière de garde lui montra la chambre dont la
porte était ouverte.
Elle frappa et sans attendre de réponse, elle
entra.
Elle hésitait, O’Neill était assis sur un
tabouret, le dos nu et l’infirmière recouvrait ses meurtrissures avec une
pommade. Elle prit son temps pour le regarder. Il avait la tête penchée en
avant, ses mains appuyées sur ses genoux.
-Mon
général ?
-Entrez
Carter, il faut que l’on parle dit-il en se retournant à demi, son profil
tourné vers elle.
D’un geste irréfléchi, elle prit le pot de
pommade des mains de l’infirmière et lui dit seulement
-Laissez-nous.
La jeune femme partit et referma la porte
derrière elle.
Le coeur de Sam battait à grands coups dans sa
poitrine, elle était seule avec lui. Mais de quoi avait–elle peur ?
Et pourquoi cet homme blessé la
troublait-il ? Se retrouver avec Teal’c ou Daniel dans la même situation,
ne lui aurait pas fait le même effet.
Il avait compris avant même qu’elle ne pose une main sur lui :
-Je
ne sais pas si c’est une bonne idée Carter ?
-De
toute façon je vais le faire dit-elle simplement, bonne idée ou pas.
Il tressaillit quand elle posa un doigt léger
sur sa peau.
-Oh !
Je vous fais mal mon général ?
-Carter !
Je voulais savoir où vous en étiez dans votre travail sur l’iris ? Dit-il
sans répondre à sa question.
Elle posait délicatement la pommade sur les
meurtrissures, et faisait un très léger massage. Il se raidit, mais la laissa
poursuivre.
-J’ai
trouvé quelque chose mon général, dans l’historique de l’ouverture de la porte
j’ai trouvé une très infime fluctuation d’énergie qui s’est répercutée sur
l’iris. Il n’a pas pu se fermer pour cette raison, il était comme déconnecté.
-Ça
vient de nos systèmes ?
-Non
mon général, cette fluctuation a été provoquée de l’extérieur, c’est pour cela
que j’ai mis si longtemps.
Tout en parlant elle continuait ses soins. Ses
mains descendaient maintenant très bas dans son dos. Elles se faisaient douces,
très douces…
-Cela
suffit, Carter dit-il en se retournant.
Il la regarda au fond des yeux,
-Merci
Carter. Et vous avez trouvé une
solution ?
-Oui
mon général.
Elle était gênée de cette insistance à la
regarder, de ce corps d’homme dénudé devant elle qui dégageait une impression
de puissance, de virilité.
Mais
qu’est-ce qui m’arrive ? Je suis
comme une gamine de quinze ans !
Cet homme m’affole c’est sûr !
Ces larges épaules, cette poitrine, son ventre plat, ses muscles !
Il le sait en plus. Ce petit sourire en coin et cette lueur malicieuse dans le
regard. C’est bien lui ça. Me mettre mal à l’aise ! Il en sera pour ses
frais !
-Mon
général, vous allez prendre froid,
fit-elle en montrant de la tête son torse nu.
Il sourit franchement,
-Vous
avez raison Carter ! Il mit son tee shirt, le
noir, ce qui n’arrangeait rien du tout pour Sam.
-Je
crois que je vais retourner travailler, balbutia t-elle.
-Il
est tard.
-Oui
mais je n’ai pas trouvé la parade.
-Est-ce
que c’est possible de maintenir l’iris fermé sans vortex ? Demanda
t-il ?
-Certainement
mais cela demande une énorme dépense d’énergie. Mais c’est faisable pour une
durée assez courte.
-Alors
faites-le pour ce soir et allez vous reposer. Demain sera un autre jour.
-Bien
mon général. Puis-je sortir de la base ?
Il se retourna d’un mouvement très lent comme
s’il voulait avoir le temps de se composer un visage.
-Oui,
vous pouvez, à condition d’être là de bonne heure demain matin. Sa voix n’avait
plus la chaleur de tout à l’ heure, elle
était devenue beaucoup plus froide.
Elle le quitta sans ajouter un mot. Elle avait
senti son changement d’humeur malgré tout ce qu’il faisait pour le cacher. Elle
s’éloigna rapidement et quitta la base.
Elle alla directement chez Pete. Il
l’attendait, il avait préparé le repas, un petit dîner pour deux, une jolie
table, des roses dans un vase.
Elle y fut sensible.
-Tu
peux me raconter ta journée ?
Elle hésitait, mais finalement lui dit une partie
de ce qui s’était passé
-Ils
ont eu une Goa’uld qui a pu rentrer dans la base.
-Et
comment ils ont fait ?
-J’ai
su que le général avait été torturé, il avait enclenché l’autodestruction. Il
n’a pas voulu la désactiver, alors elle est partie.
-Le général
c’est O’Neill ?
-Oui.
Tu le sais bien.
Il la regardait d’un air soupçonneux.
-Tu
as une façon de dire son nom, comme si tu étais gênée !
-Jaloux ?
Lui demanda t-elle en souriant.
-Aurais-je
des raisons de l’être ? Demanda t-il d’un air grave.
Elle répondit très vite, peut être trop
vite :
-Non
bien sûr.
Elle détourna aussitôt la conversation :
-Ça
sent bon ce que tu as préparé ! C’est quoi ? Dit-elle d’un ton
enjoué.
Il rentra
dans le jeu :
-Si
madame veut bien s’avancer dit-il en jouant au maître d’hôtel, en entrée
des huîtres, puis un pavé de bœuf bien saignant avec des frites, et en dessert
une omelette norvégienne. Et pour accompagner le tout un petit vin californien
dont tu me diras des nouvelles.
-Hum,
ça a l’air délicieux !
Ils prirent leur repas en prenant le temps de
déguster. Ils parlèrent de tout et de rien. Pete raconta quelques anecdotes sur
son travail et Sam se prit à rire. Après la tension de la journée, ce repas lui
fit beaucoup de bien. Et les trois verres de vins que Pete lui avait versés n’y
étaient peut être pas étrangers.
Il était presque minuit quand ils allèrent se
coucher. Sam se blottit dans ses bras. Elle se sentait bien à condition
d’éviter de penser. Il y avait certaines choses auxquelles, elle ne devait absolument
pas penser, un torse musclé, un sourire malicieux, une nuque
plongeante…STOP !
Mais à chaque fois qu’elle commençait à
s’endormir elle y repensait, et puis l’angoisse de ce matin, les remarques
désagréables qu’elle avait reçues en pleine figure. Elle sursautait, se
retournait dans le lit.
-Sam
que se passe t-il ? Tu es bien nerveuse !
-Excuse-moi
chéri, mais cette journée a été terrible.
Il la prit dans ses bras. Elle ferma les yeux
et se calma, puis elle finit par s’endormir.
Le lendemain la trouva fatiguée, les yeux cernés. Elle avait mal
dormi et surtout trop peu. Elle partit à la base juste après sa douche sans
même prendre de petit déjeuner. Pete était déjà levé et il avait préparé des
œufs brouillés et du pain grillé.
-Tu
ne manges pas chérie ?
-Je
n’ai pas le temps. Il faut que je sois à la base dans moins de trente minutes.
-Sinon
le général O’Neill va se
fâcher tout rouge ? Dit–il d’un ton ironique.
-C’est
bien possible. Il m’a confié un travail super important et il faut que je le
finisse aujourd’hui.
Elle parlait avec un peu de précipitation, elle
ne voulait pas réfléchir à ce que serait sa journée. Il lui faudrait prendre
les évènements les uns après les autres calmement. Elle espérait que le général
ne lui mettrait pas trop de pression. Elle n’était pas en état de le supporter.
Elle quitta Pete après un très léger baiser.
Dès son arrivée elle se dirigea vers la salle
de contrôle. Le général était déjà là. Il avait son visage des mauvais jours.
-C’est
à cette heure-ci que vous arrivez colonel ?
Mon
Dieu il est d’une humeur ! Moi qui espérais qu’il serait en retard, et
bien non, c’est à croire qu’il ne s’est pas couché !
-Mon général !
Elle préféra ne rien répondre, et elle se mit
tout de suite à son travail sans plus se préoccuper de sa présence.
L’iris était resté fermé, mais avait tendance à
s’ouvrir de temps en temps, il fallait quelqu’un en permanence pour le
refermer. Elle avait programmé les alarmes pour qu’elles se mettent en marche à
chaque ouverture de l’iris. Elle comprenait mieux la tête des personnes qui
étaient restées à la base cette nuit, elles n’avaient pas du beaucoup dormir.
-Mon
général ? Dit–elle en se tournant vers O’Neill, il va me falloir une bonne
partie de la journée. Quand j’aurais fini, j’aurais besoin de vous pour les
codes.
-Bien
colonel, dit-il sèchement, et il sortit de la salle sans ajouter un seul mot.
Sam jeta un regard autour d’elle et ne vit que
des visages concentrés et fatigués. Le général avait du terroriser le personnel
une partie de la nuit.
Elle s’adressa à Jennifer Sargon :
-Vous
êtes restée là toute la nuit ?
-Oui,
les alarmes se sont déclenchées plusieurs fois.
-Et
le général était sur votre dos c’est bien ça ?
-Non
pas du tout, il était très tendu, après ce qu’il a subi hier c’est normal.
Sam se sentit un peu troublée, que quelqu’un
d’autre s’occupe de la santé du général, la dérangeait. Elle jeta un regard
suspicieux au major Sargon. Mais celle-ci avait l’air sincèrement désolée et
était encore choquée de l’agression de la reine Goa’uld.
Elle se radoucit :
-Vous
n’avez pas dormi n’est-ce pas ?
-Non, je suis sur ces maudites machines
depuis hier matin sans interruption.
-Vous
devriez aller vous reposer, vous n’êtes pas en état.
-Merci
mon colonel ! Je vais dormir quelques heures et je reviendrais.
-Cela
vaut pour vous aussi ! Dit Sam en s’adressant aux trois autres personnes.
Restée seule elle se remit au travail. Daniel
et Teal’c passèrent dans la journée. Ils la forcèrent à aller au mess, se
détendre et manger un peu. Le soir vers 22 heures elle alla trouver O’Neill, il
était encore dans son bureau.
-Mon général, j’ai fini. Tout
fonctionne parfaitement. Si quelqu’un essaie de déconnecter l’iris, ou de
l’empêcher de se fermer, j’ai installé un petit dispositif qui devrait empêcher de genre d’intrusion.
-Qui
devrait ? Dit-il d’un air interrogatif.
-Mon
général, c’est du 99,99% que je vous parle.
-Ah !
Dit-il seulement.
-les
codes mon général !
-Quoi
les codes ? Il se passa la main sur son visage.
Ces
deux journées ont été épuisantes. Mais carter n’a pas l’air en forme non plus.
Ces
cernes sous ses yeux, ces plis près de sa bouche, sur son front ! Ses
épaules voûtées, elle a l’air près des larmes. Je lui demande peut-être trop.
Je devrais peut-être m’excuser pour hier, j’ai vraiment été dur avec elle.
-Les codes, mon général, il me
faut vos codes pour valider le système.
-Bon
on y va !
Les cinq minutes suivantes, ils travaillèrent
de concert, l’un près de l’autre sur les consoles. Sam ressentit un bien être,
une plénitude à travailler près de lui.
En
fait il me manque quand je suis sur le
terrain. Il nous manque à nous trois. Il me manque tout court.
Elle eut un léger vertige en se relevant de la
console, il était très tard et elle n’avait
rien mangé depuis le petit en cas du midi avec Daniel et Teal’c .
Il la rattrapa de justesse comme elle allait
tomber. Elle s’appuya de tout son poids sur lui
-Carter,
ça va aller !
-Oui
mon général dit-elle en se reprenant, il faudrait que je rentre chez moi me
reposer un peu.
-Et
si vous restiez dormir à la base cette nuit ?
-Je
me repose mieux chez moi.
-Vous
n’êtes pas en état de conduire Carter. Je vous ramène si vous voulez ?
-Je
ne veux pas vous déranger mon général.
-Vous
ne me dérangez jamais Carter. Allons venez, c’est un ordre.
Elle acquiesça et sortit de la base avec lui.
Ils marchèrent sans rien dire jusqu’à la voiture du général.
Il conduisait vite, ils furent bientôt dans la
rue de Sam. Il s’arrêta et comme elle s’apprêtait à descendre, elle
lâcha :
-Vous
prendrez bien un verre avant de
rentrer ?
-Vous
êtes fatiguée Carter, vous devriez aller dormir.
-Juste
cinq minutes mon général.
Ils entrèrent dans la maison. Elle était un peu
gênée, cela faisait tellement longtemps qu’il n’était pas venu chez elle.
D’ailleurs il n’était jamais venu chez elle à une heure aussi tardive.
Ils prirent une bière.
-Je
vais me faire un petit quelque chose à manger, vous restez avec moi mon
général ?
-D’accord,
comme cela je serais sûr que vous vous nourrissez au moins.
Elle rit. Elle ne s’était pas sentie aussi bien
depuis longtemps, avec SON général debout dans SA cuisine prenant appui sur le plan de travail, une
bière à la main. Il semblait décontracté, plus calme que ce matin. Son visage
était plus détendu. Tout en préparant une omelette elle ne se gênait pas pour
le regarder. Il sentait son regard sur lui, mais ne dit rien, se contentant de
sourire légèrement.
Ce
visage, ces mains, ses yeux qui me regardent avec tendresse, non ce n’est pas
possible, ce n’est que de l’amitié, nous sommes toujours amis, j’ai besoin de
cette amitié, je ne supporte pas sa dureté, ses mots blessants, ses regards
durs, ce visage qu’il me montre parfois, où on ne lit rien du tout.
Ils s’assirent à la table de la cuisine, avec
un morceau de pain et de fromage ce modeste repas était pour elle un festin de
roi. Elle retrouvait avec lui une ancienne complicité qu’ils avaient peu à peu
perdue.
Ils reparlaient de leur mission, de tout ce
qu’ils avaient vécu, les bons souvenirs comme les mauvais.
Il était très tard, Sam était fatiguée, et
c’est peut-être pour cela qu’elle avait posé
LA QUESTION, sans doute celle qu’il ne fallait pas, la question de trop.
-Que
pensez-vous de tout ça monsieur ?
Il la regarda interloqué et son visage se
ferma, imperceptiblement, et elle s’en aperçut.
-De
quoi parlez-vous colonel ?
Tu
m’appelles colonel, tu sais très bien de quoi je parle, tu vas encore te
dérober.
C’est
insupportable !
Elle se jeta à l’eau
-Je
parle de ma relation avec Pete, de mon mariage avec lui, j’ai dit OUI, je vous
le rappelle… Elle criait presque, ses yeux se remplirent de larmes.
-Je
crois qu’il vaut mieux que je parte dit-il d’une voix neutre.
Elle hurla :
-Non
restez ! Je veux savoir !
Il s’arrêta, et la regarda froidement :
-Colonel,
votre vie privée ne me concerne pas. Vous êtes libre de faire ce que vous
voulez. Votre…. fiancé n’appartient pas à l’armée, donc je n’ai pas mon mot à
dire.
Des larmes coulaient de ses yeux, plus elle
pleurait plus le visage du général se fermait.
-JACK !
Je veux savoir ce que tu en penses
TOI !
-Quelle
familiarité colonel ! Je ne vous en
ai pas donné l’autorisation !
-Bien
sûr, ricana t-elle, cachez-vous derrière le règlement, c’est facile !
-Je
vous ai déjà donné ma réponse, colonel,
je n’ai pas mon mot à dire.
-C’est
bien une réponse de militaire ça !
Elle ne décolérait pas. Mais elle se heurtait à
un mur.
Il soupira et reprit toujours aussi
calme :
-Colonel,
je vois que vous êtes au bord de l’épuisement, cela excuse votre attitude
indigne d’un militaire tel que vous, je vous rappelle que vous êtes aussi
militaire, COLONEL !
-Avec
tout le respect que je vous dois, mon général, laissez-moi vous dire que je ne
supporte plus tous ces non dits entre nous. Elle parlait plus calmement d’une
voix plus douce.
-Il
n’ y a aucun non dits, colonel, je ne veux que votre bonheur, vous avez fait un
choix, je le respecte, et si vous
attendiez de moi autre chose, c’est que vous me connaissez bien
mal !
Elle crut déceler de la tristesse dans sa voix,
le connaissait-elle si mal que cela ?
Cela faisait huit ans qu’ils vivaient côte à côte dans un travail si
particulier que des liens profonds s’étaient crées entre eux.
Il était parti sans qu’elle s’en rende compte.
Elle replongea dans son chagrin, elle sanglotait sans pouvoir s’arrêter.
Quel
affreux gâchis ! J’ai honte de moi ! Je n’aurai pas du
insister ! Après la si bonne soirée que nous avons passée ! Pauvre sotte ! Je l’ai gêné ! Qu’est-ce que tu attendais ! Que le grand
Jack O’Neill te fasse une déclaration un genou à terre ! Faut pas
rêver ! Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à me défaire de cette idée
qu’il aurait pu y avoir quelque chose entre nous ?
Elle s’endormit dans son canapé vers cinq
heures, à bout de force et de larmes.
Le lendemain matin ce fut un désastre, elle se
réveilla à neuf heures alors qu’elle aurait dû être à la base depuis longtemps.
Elle espérait
passer inaperçue, mais en arrivant elle croisa le général O’Neill dans un
couloir. Elle le salua très réglementairement, et il fut obligé de répondre.
Ne
pas le regarder, fixer un point loin derrière lui, filer vite d’ici.
Mais il ne fit pas mine de lui parler. Quand elle réagit il était déjà
passé, elle entendait son pas qui décroissait, et quand elle se retourna il
avait tourné l’angle du couloir.
Mais
tu veux quoi à la fin ? Qu’il te parle ? Qu’il te colle un
rapport pour ton retard, pour ton manque de professionnalisme. Oui, Tout plutôt
que l’indifférence !
Elle retourna travailler. La routine avait
repris à la base. Ce serait les briefings les explorations, l’infirmerie, les
débriefings….
Chapitre
3
Sam et Pete passèrent leur samedi à préparer la
petite fête qu’ils devaient donner pour leurs fiançailles. Il y avait beaucoup
de travail à faire. Ils avaient invité une quarantaine de personnes, Pete avait
encore sa mère et il souhaitait inviter ses collègues et quelques amis. Sam de son côté invitait son frère et
sa belle-sœur, son père et une vingtaine de personnes du SGC. Janet lui
manquait beaucoup dans ces occasions-là, elle était la première à aider son
amie et souvent la fête commençait bien avant l’heure prévue, en raison de sa
bonne humeur et de sa joie de vivre.
Il était dix-neuf heures, les premiers invités
n’allaient pas tarder. Le cœur de Sam battait à grands coups. Elle regrettait
maintenant d’avoir invité le général, mais elle savait qu’elle ne pouvait pas
faire autrement.
Depuis trois jours qu’elle avait quitté la base
pour un long week-end elle se sentait mieux. C’était à chaque fois la même
chose. La présence du général ne lui valait rien du tout.
Elle avait pris sa décision, même si c’était la
mort dans l’âme il le fallait pour son équilibre personnel. Le général
trouverait sa demande de mutation lundi matin sur son bureau. Elle savait qu’au
Pentagone, elle serait accueillie à bras ouverts, et elle pourrait continuer à
travailler sur le projet « Porte des Etoiles » mais de loin. Et ce
serait beaucoup mieux.
Moins elle verrait O’Neill, mieux ce serait.
Elle savait qu’en sa présence elle retomberait toujours dans ses pensées
morbides et inutiles, dans ses faux espoirs qui ne menaient qu’à la souffrance,
un déchirement qu’elle ne pouvait plus supporter, qui la conduirait à la
dépression, ou même à la folie. Il fallait couper dans le vif même si la
douleur était suffocante. C’était un mal pour un bien.
La soirée s’annonçait douce. C’était une belle
journée de fin d’été à Colorado Springs. La réception se déroulerait dans le
salon de Sam et dans le jardin.
Cassandra se jeta
dans ses bras.
-Sam,
je suis si contente !
-Comment
vas-tu ma chérie ?
-Oh
je fais aller, Maman me manque ! Dit-elle avec un sanglot dans la voix.
-Elle
me manque aussi Cassy, c’était ma meilleure amie.
Elle se trouvait bien dans les bras de Sam,
c’était sa seconde maman, enfin plutôt sa troisième.
Les invités maintenant se bousculaient, les
apéritifs déliaient les langues et sur les visages fleurissaient des sourires,
on entendait même des rires fuser.
Pete prit Sam par la taille, et lui déposer un
baiser léger sur les lèvres.
-Tout
va bien ma chérie ?
-Oui,
dit-elle dans un souffle.
Elle venait de voir arriver Daniel et
Teal’c. Cela la fit sourire, Teal’c
portait un énorme bouquet de fleurs et il avait un air embarrassé. Elle alla au
devant de lui.
-Donnez-moi
ça Teal’c, dit-elle en lui prenant le bouquet des mains. Elles sont
magnifiques ! Merci ! Et elle se haussa sur la pointe des pieds et lui fit un léger
baiser sur la joue.
Cela fit rire Daniel qui la prit dans ses bras
et la serra contre lui avec affection.
-Sam,
je suis heureux pour vous.
-Merci
Daniel, c’est très important ce que vous me dites là, cela me touche beaucoup.
Il avait apporté une bouteille de vin qui vint rejoindre les nombreuses autres
qui se trouvaient déjà sur les tables.
-Le
général n’est pas avec vous ?
Pourvu
qu’il ne vienne pas ! Je ne veux pas le voir, je n’aurai pas la
force !
-Il est encore à la base, des
problèmes de dernière minute, il m’a dit de vous prévenir qu’il serait un peu
en retard.
-D’accord.
Encore
un peu de répit, tu le verras ce soir, mais tu pourras l’éviter il y a beaucoup
de monde et puis lundi à la base, après basta ! Je n’ai pas encore discuté
avec Pete de ce changement, mais il comprendra. Il est jaloux d’O’Neill, il
sera ravi que l’on s’éloigne de Colorado Springs.
O’Neill était encore à son bureau, en fait il
n’y avait rien qui justifiât sa présence. Tout était calme ce soir. Les travaux
sur la porte réalisés par Sam étaient parfaits.
Il restait SG8 encore dehors sur P9B612, mais ils ne devaient rentrer
que demain.
Non,
je n’ai aucune raison de rester. Sauf peut-être passer à l’infirmerie, cette
douleur ne veut pas partir…
-Ouverture
non programmée de la porte
Sauvé
par le gong pensa t-il. J’espère que ce n’est pas grave.
-C’est
SG8 mon général, code rouge, ils sont sous le feu de l’ennemi.
-Fermez
l’iris.
Ils entendirent des coups dans la protection de
titane, des projectiles lancés à pleine vitesse, se pulvérisant contre l’iris.
-Tous
à l’abri ! Ouvrez l’iris ! Cria O’Neill.
Le major Brent, et
Jennifer Hailey et le docteur Palomas parurent sur la rampe et s’écroulèrent,
O’Neill attendit quelques secondes.
-Fermez
tout hurla Brent.
-Où
est le colonel Phips ?
-Il
est mort dit Brent d’une voix faible. Il perdait son sang d’une large entaille au
bras et Jennifer n’allait guère mieux, elle ne pouvait plus marcher son pied
droit était cassé. Palomas n’était pas blessé mais épuisé de la course folle
qu’ils avaient du faire pour atteindre la porte des étoiles.
L’équipe médicale les prit en charge. O’Neill
se dirigea vers l’infirmerie. Il ne réalisait
pas, Jerry Phips était mort ! Il décida de faire le briefing là-bas, ce
serait plus simple.
-Major ?
Que s’est-il passé ?
-La
mission avait bien commencé, mon général, les habitants nous avaient accueillis
comme des amis, ils nous avaient reçus chez eux. Puis d’un seul coup un
vaisseau est arrivé, et des jaffas ont commencé à envahir le village. Nous avons résisté le plus possible, nous
avons tué de nombreux jaffas.
Brent parlait
avec difficulté, O’Neill s’assit sur le bord de son lit et le laissa parler
sans l’interrompre.
-Tout
de suite ce fut un véritable massacre. Nous avons essayé de mettre des gens à
l’abri dans la forêt. Le colonel Phips est mort en
sauvant une fillette. Il s’est jeté devant la lance pour lui sauver la vie. Il
est mort sur le coup. Nous avons pu ramener l’enfant à ses parents. Il restait quelques jaffas près de la porte,
mais nous sommes passés quand même, mais c’était moins une mon général.
Brent se tut
épuisé et ferma les yeux.
Le docteur Bright s’approcha du général
-Il
faudrait les laisser se reposer ce soir, ils sont épuisés.
Il acquiesça d’un signe de tête et sortit de
l’infirmerie.
Sa peine était immense, avec Jerry Phips ils se connaissaient depuis l’école militaire. Ils
avaient fait leurs classes ensemble. Ils
étaient devenus amis. Ils avaient été témoin à leur mariage respectif. Quand
O’Neill avait perdu son fils, Phips était là. Quand Jaimie Phips avait eu un cancer l’an
dernier, O’Neill les avait soutenus. Maintenant en plus de son chagrin il
devait aller voir Jaimie et lui annoncer la mort de
son mari. Elle ne savait même pas ce qu’il faisait, elle ne connaissait pas la
porte des étoiles comme beaucoup de conjoints de la base. Quand son mari
s’absentait c’était pour de longues périodes. Il lui disait qu’il partait en
Afrique ou en Irak ou dans n’importe
quel pays en guerre.
Il appela Daniel sur son portable. Un bruit de musique envahit aussitôt son
espace.
-Jack,
alors vous arrivez quand ? Daniel avait la voix un peu pâteuse de la
personne qui a pris un verre de trop. Connaissant Daniel Jack ne put s’empêcher
de sourire.
-Nous
avons un gros problème à la base.
-Allez
Jack, c’est bidon ! Vous ne voulez pas voir notre jolie fiancée.
-Daniel !
Allez vous plonger la tête dans un seau d’eau froide et revenez. Je ne
plaisante pas, nous avons un sérieux problème à la base.
Daniel fut soudain dégrisé par le ton sérieux
de Jack !
-Nesoxachi est revenue ?
-Non,
c’est SG8.
-Que
se passe t-il ?
-Vous
pouvez dire à Teal’c de venir ? Dit O’Neill sans répondre directement à
Daniel, pour le moment au téléphone c’était impossible.
-Et
Sam ?
-Ah !
Laissez-là, pour une fois qu’elle s’amuse ! Parce qu’elle s’amuse n’est ce
pas Daniel ?
-Oui,
c’est vrai, je l’ai rarement vue si gaie.
Le cœur de Jack se serra. Quand elle le voyait
elle était tout, sauf gaie.
-Ce
serait bien si vous veniez Jack, je crois que c’est très important pour elle.
On est obligé d’aller à la base ?
-Non,
d’accord j’arrive, mais pas avant une heure, je sais c’est tard.
-Ne
vous inquiétez pas, je vais prévenir Sam.
Sam était entrain de danser avec Pete. C’était
un slow, la musique était douce et ils tournoyaient en se serrant l’un contre
l’autre. Sam se sentait bien, elle avait posé la tête dans le creux de son
épaule.
-Sam
appela Daniel ! Sam répéta
t-il !
Elle se détacha et vint au devant de Daniel.
-Que
se passe t-il ?
-Je
viens d’avoir un coup de fil de Jack, c’est SG8, mais il n’a pas voulu en
parler au téléphone.
La jeune femme pâlit.
-Je
vais immédiatement à la base.
-Non,
non, c’est inutile. Il arrive.
Pete s’approcha de Sam,
-Tu
viens danser chérie ?
-Non,
il y a eu un problème à la base.
Il eut un geste d’agacement.
-Ils
ne peuvent pas se passer de toi cinq minutes. Ce sont nos fiançailles.
Elle le regarda sans répondre. Il avait l’air
fâché.
Tant pis s’il ne comprend pas. Mes amis de
la base sont trop important pour moi.
-Tu
vas y aller ?
-Non, le général va arriver. Il
va nous expliquer ce qu’il y a.
-Le
général ! Voyez-vous ça ! Il se déplace à 1 heure du matin pour
parler boulot ! Au fait il n’était pas invité à notre petite fête ?
-Ne
sois pas méchant Pete, ça ne te va pas du tout.
Les derniers invités étaient partis. La fête
était finie.
Il ne restait plus que SG1 et Pete. En
attendant O’Neill ils commencèrent à ranger en silence. Il y avait des
assiettes et des verres un peu partout. La cuisine ressemblait à un vaste
chantier, et dans le jardin ce n’était pas mieux.
Une demi-heure plus tard la maison avait repris
un semblant de propreté. Un coup de sonnette nerveux la fit sursauter. C’était
lui.
-Ne
bougez pas Sam, je vais ouvrir dit Daniel.
-Vraiment
désolé, Colonel, dit O’Neill en voyant Sam.
-Que
se passe t-il mon général ?
C’est alors qu’il vit que Pete était encore là.
-Excusez-nous
monsieur, vous voulez nous laisser ?
-Ça
alors c’est trop fort ! Mais je
suis chez moi ici, MONSIEUR !
O’Neill eut un geste las.
-Colonel,
vous voulez bien expliquer à ce monsieur que nous avons des choses importantes
à nous dire.
Elle posa une main apaisante sur le bras de
Pete.
-Laisse–nous
chéri, s’il te plait. Je ne sais pas ce qu’il y a, mais cela a l’air important.
Il râla, pour la forme, il ne pouvait rien lui
refuser.
-Je vais aller me coucher.
-Tu
es fâché chéri ?
-Sam
vous venez dit Daniel, le général s’impatiente.
-J’arrive
Daniel, à tout à l’heure dit-elle à Pete ?
Elle les rejoignit dans le salon. O’Neill était debout et
faisait les cents pas dans la pièce. Il lui parut très nerveux, et comme
désemparé.
-Phips est mort ! Lâcha t-il
-Quoi ?
Fit Daniel. Le colonel Phips de SG8 ?
-Lui-même.
-Oh
mon Dieu, mon général et Jaimie ?
-J’en
viens, je n’ai pas besoin de vous dire que ce fut affreux.
-Vous
l’avez laissée toute seule Jack ?
-Non,
Daniel, sa fille était là.
-Que
s’est-il passé ?
O’Neill refit le récit de Brent.
-J’en
saurais plus demain. Je suis venu vous voir dès ce soir parce que je voudrais
que vous alliez demain dès la première
heure chercher le corps du colonel. Je n’ai rien pu dire à sa veuve, mais au
moins qu’elle ait un corps à enterrer.
-Naturellement
nous irons mon général, dit Sam.
-Tu
n’iras nulle part Sam, dit Pete en entrant dans la pièce.
Sam le regardait comme s’il était devenu fou.
-Comment
ça j’irai nulle part ! Ne te mêle pas de mon travail !
O’ Neill le regardait d’un œil mauvais, elle
sentait la tension grimper entre les deux hommes.
-Mais
enfin O’Neill, pourquoi le demandez-vous à elle ? Votre base est pleine de
soldats !
-Bien
que je n’ai pas à discuter avec vous des ordres que je donne, MONSIEUR !
Je veux bien faire un effort par égard pour le colonel Carter. Sachez que SG1
est ma meilleure équipe de terrain. La mission que je leur confie n’est pas une
mission de tout repos. Il peut y avoir du danger, et j’ai besoin des meilleurs
pour cette mission, et elle est urgente. Est-ce que cela répond à votre
question, MONSIEUR ? Dit O’Neill d’un air méprisant.
Il s’était rapproché très près de Pete et le
dominait d’une demi-tête. Celui-ci était obligé de
lever les yeux pour voir son interlocuteur. O’Neill connaissait parfaitement
les techniques d’intimidation. Mais Pete était policier et ne comptait pas se
laisser dominer.
Daniel devinait que tout cela n’était qu’un
prétexte. Il existait un contentieux entre les deux hommes et c’était Sam.
Quant à la jeune femme elle se sentait humiliée
que Pete se permette d’intervenir en critiquant
les ordres du général O’Neill. Cela ne le regardait en aucune façon.
-S’il
vous plait messieurs dit-elle en posant une main sur chaque poitrine. Pour les
éloigner l’un de l’autre avant qu’ils
n’en viennent aux mains.
-Excusez-le
mon général dit-elle d’une voix étrangement basse.
O’Neill se calma en sentant la main que la
jeune femme avait posée juste contre son cœur. Il en sentait la chaleur à
travers sa chemise et cela produisit sur lui un effet apaisant.
Ils se reculèrent mais ne se lâchèrent pas du
regard.
-Pete,
tout ceci ne te concerne pas, dit Sam, si tes collègues débarquaient un jour,
en cas d’urgence, je n’en ferais pas toute une histoire. Respecte ce que je
fais.
Pete grommela quelque chose que personne ne
comprit et quitta la pièce ;
Sam était horriblement gênée, elle se confondit
en excuses.
-Je
suis vraiment désolée mon général, je ne comprends ce qui lui a pris.
-Vraiment ?
Vous ne comprenez pas Sam ? Nous sommes entrain de lui gâcher sa fête de
fiançailles dit Daniel en la regardant dans les yeux.
Celle-ci rougit mais ne sut pas quoi répondre.
-Je
crois qu’il est temps de partir, dit O’Neill, j’aimerais que vous passiez la
nuit à la base. Vous serez plus rapidement prêts demain matin. Enfin ce qu’il
reste de la nuit dit-il en regardant sa montre. Colonel ? Désolée de vous
enlever à votre fiancé…
-S’il
ne comprend pas c’est tant pis pour lui. Attendez-moi s’il vous plait, je vais le prévenir.
Des éclats de voix leur parvinrent de la
chambre. Ils se disputaient. Les trois hommes se regardaient gênés. Bientôt
Pete parut et sortit de la maison en claquant la porte.
-Tu
sais où me trouver avait-il dit avant de
franchir le seuil.
Sam eut un geste d’impuissance envers ses amis,
et prenant son sac elle les suivit et monta dans la voiture de Jack.
Le retour à la base se fit en silence.
Quelle
étrange soirée pensait Daniel. Elle ne semble pas tant que cela tenir à Pete.
Et puis ces regards qu’ils se lancent, elle et Jack si lourds de sens. Tout ça ne colle pas. Ils
s’aiment c’est tellement évident. Je ne sais pas ce qui me retient de casser la
figure à Jack. Il est capable de les laisser se marier, cet
idiot ! En fait je sais ce qui me
retient, il est beaucoup plus fort que moi, et c’est moi qui risque d’aller au
tapis.
Depuis deux jours c’est vraiment très dur pour
tout le monde, On est tous à bout de nerfs.L’intrusion
de Nesoxachi, on a tous failli y rester, Jack
torturé, l’autodestruction à 15 secondes près, et puis cette affreuse nouvelle,
la mort de Phips, un choc pour Jack surtout, nous on ne le connaissait pas
personnellement, mais c’était un sacré bonhomme sur le terrain. Beaucoup de
ressemblances avec Jack d’ailleurs. J’ai cru comprendre qu’ils avaient fait un
peu la même carrière, tous les deux dans les forces spéciales.
Jack
conduit beaucoup trop vite ! Comme il est nerveux, froid, aucune chaleur
dans son regard. Il doit souffrir beaucoup physiquement et moralement. Et puis
cette sotte de Sam qui ne s’aperçoit de rien, ou qui ne veut rien savoir !
Jack est mon meilleur ami malgré toutes nos différences. Il m’a sauvé la vie un
nombre incalculable de fois ! Moi aussi dans l’autre sens je sais que je
lui ai rendu de grands services. Nous-nous disputons tout le temps ! C’est
dommage ! Mais c’est de sa faute aussi, il me provoque sans arrêt, c’est
sa façon à lui de dire qu’il m’apprécie. Pas tout simple le gars Jack !
Il
faudra que j’aille lui parler, même s’il m’envoie sur les roses. Je ne peux pas
laisser Sam avec ce regard éteint, elle semble épuisée, et incapable de gérer
sa vie. Curieux d’ailleurs, elle sait tout faire, elle est brillante, compétente,
courageuse, sur le terrain elle est extraordinaire ! Mais sa vie privée
est un échec complet. Comment peut on être à la fois si brillante et si nulle.
Je
ne la vois vraiment pas mariée à Pete qui râlera à chaque fois qu’elle partira
en mission, ou qu’il verra ses amis. Il serait capable de la couper du
SGC !
Faut
vraiment qu’on fasse quelque chose.
Et si je faisais une petite soirée chez
moi dans quelques jours, histoire de se retrouver entre nous ? Rien que nous quatre, le général Hammond, Cassandra.
La
vie nous a séparés, les obligations de Jack nous ont éloignés de lui. Le fossé
s’est encore plus creusé entre lui et Sam. En mission il nous manque.
Le lendemain, ils partirent pour P9B612. La
mission était une des plus pénibles qu’ils eurent à réaliser. Ils trouvèrent
facilement le corps du colonel Phips, en suivant les
indications de SG8.
Le lundi eut lieu au SGC une cérémonie funèbre
devant la porte des étoiles, selon la coutume. SG8 étaient là. Jennifer Hailay ne pouvait retenir ses larmes. Ce fut un hommage
très émouvant. Le major Brent prit la parole,
quelques mots seulement pour rendre
hommage au courage du colonel, qui n’avait pas hésité à sacrifier sa vie pour
sauver une petite fille.
Une
très belle cérémonie pensait Teal’c. Un hommage à un grand guerrier qu’était le
colonel Phips. Je ne le connaissais pas beaucoup,
mais il était apprécié de ses hommes. O’Neill a vraiment très mauvaise mine et
le colonel Carter aussi. Décidément je ne comprendrais jamais les Tau’ris ; Sur Chulac quand
un homme et une femme s’aiment, ils se marient tout simplement. Ils ont des
enfants ; Pourquoi O’Neill et le colonel Carter ne sont pas déjà
mariés ? Il n’y a que des raisons qui n’en sont pas. J’ai entendu parler
d’un règlement de non-fraternisation. Je doute que ce
soit cela qui les gêne. O’Neill n’a jamais respecté les règlements quand cela
le dérangeait. Alors pourquoi celui-là ? Il y a autre chose et je ne pense
pas que cela vienne de Carter ! Je crois que c’est lui qui refuse, mais pourquoi ?
Une fois j’ai bien essayé d’aborder le problème avec lui. Il ne m’a pas écouté.
Ce qu’il peut-être têtu parfois !
Il
faudrait que j’en parle à Daniel Jackson. Peut-être aussi à O’Neill. En fait je
pense qu’il a peur de s’engager ! Il a déjà raté un mariage ! Ou
peut-être se trouve t-il trop vieux pour elle ? Peut-être aussi est-il encore trop marqué par
la mort de son fils ? Il ne se sent peut-être pas capable d’être un bon
père. C’est peut-être toutes ces raisons ensemble. Lui un mauvais père j’ai du
mal à y croire,
Avec Cassandra
il sait très bien s’y prendre. Avec l’enfant ritou
aussi. Il est toujours très proche des enfants. Skaara
aussi avant…
Le
colonel Carter a pleuré. Elle a les yeux rouges. Il y a quelques années cela
m’aurait beaucoup dérangé d’être commandé par une femme. Mais elle, c’est
différent, elle est intelligente, gentille, compétente, une forte personnalité,
et puis c’est un chef remarquable, une excellente guerrière.
La
cérémonie se termine maintenant. O’Neill très raide dans son grand uniforme
s’éloigne, il regagne son bureau sans parler à personne. Avant il n’aurait
jamais fait cela. C’est vrai que cet après-midi ce seront les funérailles
officielles. Il doit s’y préparer.
Le lundi fut une journée difficile pour tout le
monde. SG1 était resté à la base. Sam avait essayé d’appeler Pete mais son
portable ne répondait pas. Elle ne savait pas où il était. Au commissariat on
lui dit qu’il était parti à Washington pour plusieurs jours.
Dans la soirée le général O’Neill épuisé
s’était retiré dans son bureau, seul. Il n’avait pas encore ouvert le courrier
reçu le matin. Il posa le tas d’enveloppes sur la table et poussant un soupir
il s’adossa au fauteuil et ferma les yeux.
Il avait dû sommeiller un instant car il eut un
sursaut. Il but un verre d’eau et son regard fut attiré par une enveloppe
différente des autres. Il fut bien tenté de ne pas l’ouvrir mais finalement il
se décida.
Son visage se ferma immédiatement dès qu’il eut lu les premiers mots. Il resta
quelques minutes sans rien faire le temps de se reprendre car il sentait la
colère monter en lui. Il devait se dominer, que personne ne voit ce qu’il
ressentait. Il appela Walter et lui demanda de convoquer le colonel Carter.
Sam, Teal’c et Daniel étaient au mess. Ils se
détendaient un peu après cette épuisante journée.
-Vous
ne reprenez pas de gelée Sam ?
Elle sourit :
-Vous
savez Daniel, j’ai déjà bien mangé. Cela faisait plusieurs jours que je n’avais
pas fait un vrai repas. Mais puisque vous insistez,
dit-elle en faisant un sourire malicieux, je vais peut être en reprendre.
L’ambiance était détendue. Cela leur faisait
beaucoup de bien à tous les trois. Ils s’entendaient à la perfection, Sam et
Daniel étaient très proches de par leurs qualités de scientifiques, il y avait
entre eux une entente intellectuelle qu’ils n’avaient pas avec Teal’c. Mais
Teal’c était tout à fait capable de suivre une conversation entre Sam et Daniel
quand ceux-ci se lançaient dans des discussions interminables sur des
artéfacts, ou des mystères archéologiques, ou de grandes théories
scientifiques. Et puis même s’il ne suivait pas tout, il en comprenait les
grandes lignes, et pouvait intervenir et poser les bonnes questions. Avec
O’Neill c’était tout à fait différent, il s’était toujours senti exclu de ces discussions,
ne se sentant sans doute pas assez intelligent pour les suivre, il avait
préféré passer pour le dernier des crétins.
Ils parlaient de la tablette que SG11 avait
rapportée de P9X765. Une tablette couverte de caractères mystérieux, que Daniel
n’avait pas encore réussi à comprendre.
Le ton de la conversation était léger. De temps
à autre ils se souriaient, riaient même.
La voix de Walter Davis sortant des
haut-parleurs les fit sursauter :
-Le
colonel Carter est demandé immédiatement dans le bureau du général O’Neill.
Sam sembla un instant, décontenancée.
-Autrefois,
il serait venu lui-même vous chercher, maintenant il vous fait appeler, dit
Daniel d’une voix amère.
-C’est
le général ! Daniel. Le général Hammond faisait de même. Personne ne s’en
formalisait, dit Sam.
-Oui
vous avez raison Sam, mais venant de Jack, cela fait tout drôle.
La voix répéta :
Le
colonel Carter est demandée de toute urgence dans le bureau du général O’Neill.
-C’est
pas vrai, dit Sam avec agacement. Je crois qu’il faut que j’y aille.
Elle courut à travers les couloirs et arriva en
vue du bureau du général. Elle grimpa quatre à quatre les marches qui menaient
au bureau. La porte était fermée, elle frappa.
-Entrez,
entendit-elle.
Elle ouvrit la porte et se mit au garde à vous.
-Mon
général. Elle ne voulait pas le regarder car elle sentait qu’il était d’une
humeur massacrante.
-Fermez
la porte colonel et asseyez-vous.
En effet la voix était glaciale.
Elle s’assit sur le bout de sa chaise et
attendit qu’il veuille bien prendre la parole. Il prenait son temps et la
regardait. Elle avait les yeux fixés sur un point derrière sa tête.
-Regardez-moi
colonel !
Elle leva les yeux sur lui et soutint son
regard d’un air tranquille qu’elle était loin d’éprouver.
-Qu’est-ce
que c’est que sa dit-il en lui montrant une lettre.
Elle rougit violemment.
-C’est
ma demande de mutation mon général.
-Je
vois bien colonel, mais pourquoi voulez-vous partir ?
La conversation s’engageait difficilement, pour
la première fois depuis longtemps elle se sentait en position d’infériorité. Eh secoue-toi ma fille, tu es colonel de
l’Air Force.
Elle prit son temps pour répondre, cherchant
ses mots afin de bien traduire sa pensée. Elle se doutait bien que ce ne serait
pas une partie de plaisir.
-Mon
général, j’ai mûrement réfléchi à cette décision. Il m’est difficile de
concilier une vie de famille avec le travail que je fais. Je vais demander un
poste au Pentagone, je pourrais continuer à travailler dans le domaine que je
connais très bien, à savoir la porte des étoiles.
Il laissa passer un instant de silence.
-C’est
Pete qui vous a demandé de changer de travail ?
-Non,
protesta t-elle surprise, je prends mes décisions seule.
-Pourtant
continua t-il, il ne supporte pas votre travail ! N’est-ce pas ?
-C’est
vrai, je suis toujours absente, je suis souvent
à la base, rarement chez moi. Très souvent en mission. Il trouve qu’on
ne se voit pas assez souvent.
-Et
si vous alliez à Washington, vous le verriez davantage ? O’Neill parlait
d’un ton neutre. Elle était incapable de savoir ce qu’il pensait.
-Je
pense que oui.
-C’est
quoi exactement son travail ?
-Il
est dans l’antidrogue.
-Responsable
d’une équipe ?
-Oui
-Beaucoup en mission ?
-Oui.
-Plusieurs
jours d’affiler, parfois le week-end ?
-Oui
-Et
vous croyez que vous le verrez plus souvent ?
Elle baissa la tête sans répondre.
Il continua impitoyable :
-Je
suppose que lui-même désire changer de travail pour passer plus de temps avec
vous ?
-Non,
enfin… je ne sais pas …
-Alors
ça changera quoi ? Que vous changiez de travail ?
-Quand
il sera libre, je serais là !
-Oui !
Bien sûr ! Petite maman qui a tout sacrifié pour lui et les enfants !
Pendant ce temps-là, lui, niet !! Il ne change rien de sa vie !
Son ton était ironique, mordant, insupportable
-Ça
ne vous concerne pas, monsieur, c’est ma vie privée.
Il se renfonça dans son fauteuil avec un petit
sourire ironique.
-Mais
ça, cela me concerne dit-il en montrant la lettre.
-Vous
refusez Monsieur, dans ce cas, je me retire.
Elle se leva.
-Colonel,
je ne vous ai pas donné l’autorisation de sortir et d’un geste impérieux il lui
montra la chaise.
Elle se rassit.
Il reprit d’une voix plus douce.
-Vous
n’aimez plus votre travail au SGC ?
-Oh
si j’adore ce que je fais. Partir en mission, travailler dans le labo sur mes
petites machines. Ses yeux s’illuminèrent malgré elle.
Il sourit à cette évocation.
-Et
puis j’aime l’ambiance du SGC, cette grande famille que l’on forme.
-Alors
pourquoi voulez-vous nous quitter, Carter ? Dit-il d’une voix si douce,
qu’elle se demanda si elle avait bien entendu.
Un silence s’installa entre eux. Ils se
regardaient, des émotions passaient dans leurs yeux, d’intenses émotions.
Carter, pâlit puis rougit tour à tour.
Ce fut lui qui reprit la parole :
-Colonel
je regrette, je refuse d’accepter votre départ.
-Monsieur !
Vous ne pouvez pas faire ça !
-Bien
sûr que si ! Je ne vois pas ce qui m’en empêcherait.
-Pourquoi
faites vous cela ?
-Parce
que vous voulez partir pour de mauvaises raisons.
-Je
vous le répète Monsieur c’est ma vie privée.
Elle commençait à sentir l’énervement la
gagner. De quoi se mêlait –il ?
-Vous
devez respecter mon choix monsieur !
-Je
dois !
-Excusez-moi,
mon général, je ne voulais vous manquer
de respect.
Il réfléchit un instant :
-Bon
très bien, puisque c’est ce que vous voulez, je n’irai pas contre. Vous pouvez
sortir colonel.
Elle n’en revenait pas, il avait cédé.
Pourquoi ? Sans doute trop content de se débarrasser d’elle une fois pour
toute. Elle était proche des larmes.
Maintenant elle avait la preuve qu’il ne tenait plus du tout à elle.
Elle poursuivit :
-Je
peux savoir qui va me remplacer ?
-Il
y a beaucoup d’excellents éléments dans cette base. Personne n’est
irremplaçable, colonel. Rompez.
Elle se leva les jambes faibles, et ouvrit la
porte.
-Colonel,
sachez que j’ai le bras assez long maintenant, un mot ou deux à certaines
personnes, et je peux faire de votre vie un enfer.
Il avait murmuré ces mots, il les avait dits
sans passion, comme on énonce un fait banal. Ce qu’elle lut dans ses yeux à ce
moment-là, la bouleversa jusqu’à la moelle. Elle retrouvait un peu de ce regard
qu’il posait sur elle autrefois, quand tout était encore possible entre eux.
Mais à la réflexion rien n’avait jamais été possible entre eux. Mais à l’époque
de ce fameux test zatarc, quand il avait été obligé
d’avouer son amour, c’était elle qui avait refusé, elle l’avait obligé à le
faire. Et elle devait reconnaître qu’après tout était différent maintenant.
Alors pourquoi cette phrase terriblement
méchante était –elle accompagnée d’un tel regard ?
Elle referma doucement la porte du bureau de
Jack et se précipita dans ses quartiers. Elle pleurait à chaudes larmes et ne
voulait pas qu’on la voie dans cet état.
Elle pleura longtemps roulée en boule sur son
lit. Il était tard, mais elle savait qu’elle n’arriverait pas à dormir.
Elle alla dans son labo et ne fut pas étonnée
de trouver Daniel dans les couloirs.
-Sam,
vous allez bien ?
-Non
pas trop !
-Racontez-moi ! Que voulait Jack ?
Elle lui fit le récit de l’entretien avec
O’Neill, en passant juste quelques détails trop personnels. Elle pleurait.
-C’est
pas vrai, il a accepté votre demande de mutation ! Je vais aller lui
casser la figure !
Elle sourit à travers ses larmes :
-Vous
ne feriez pas le poids Daniel !
-Oui,
c’est pourquoi je me tâte, en fait je crois que je ne vais pas y aller.
Elle rit franchement. Il la prit dans ses bras
et la berça.
-Vous
êtes un merveilleux ami Daniel.
-Quand
je pense qu’il vous a dit qu’il pouvait faire de votre vie un enfer ! Je
n’en reviens pas ! Mais pourquoi
avez-vous donné votre démission du SGC
aussi ?
-Pour
être plus proche de Pete.
Il secoua la tête :
-Vous
vous leurrez sur tout, Sam, sur Pete, sur Jack, sur vous-même. Je ne comprends
pas que vous si intelligente, perdiez tout sens commun dès qu’il s’agit de
sentiments. Et Jack c’est la même chose. Deux têtes de mules !!!!!
-Mais
Daniel, je sais que Jack ne m’aime pas. C’est tellement évident !
-Bon,
je suppose que vous allez attendre quelques jours avant de recevoir votre
nouvelle affectation, j’avais pensé que l’on pourrait faire une petite soirée
chez moi, juste histoire de se retrouver tous les quatre. Au début je voulais
inviter Cassandra et le général Hammond, mais je
pense que nous quatre ce serait mieux.
-Le
général ne voudra pas Daniel.
-Je
vais lui présenter la chose de telle façon qu’il ne pourra pas refuser. Et puis
moi au niveau entêtement, je me défends pas mal non plus !
Sam était toujours le chef de SG1 ce qui était
normal puisqu ‘il fallait plusieurs jours pour qu’une démission soit effective.
Elle n’avait pas revu le général en tête-à-tête, seulement aux briefings, avec
Daniel et Teal’c.
A la fin d’un débriefing assez bref. Daniel
demanda à parler à Jack, en particulier.
-Dans
mon bureau ou au mess ? Demanda Jack en souriant.
-Je
préférerais au mess répondit Daniel.
-Moi
aussi. Je vous retrouve dans une dizaine de minutes.
Il n’y avait personne, c’était le milieu de
l’après-midi, et la plupart des équipes étaient en mission. Daniel regarda Jack
arriver, les mains dans les poches. Une image du passé s’il n’y avait pas eu
l’étoile de général sur son col.
-Ça
fait longtemps qu’on ne s’est pas retrouvé seuls tous les deux commença Daniel
en préambule.
-Je
ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que je ne vais pas aimer la suite.
-Peut-être,
c’est à vous de voir, il s’agit de Sam.
-Je
m’en doutais. Je vous écoute Daniel.
-Je
suis assez inquiet, Sam a demandé à être mutée, il parait que vous avez
accepté, mais je trouve cela très dommage que SG1 soit démantelé de cette
façon. Cela fait trop de changements, et puis je ne me vois pas travailler avec
un autre militaire. SG1 n’est plus ce qu’elle était avant. C’est vraiment
dommage.
-C’est
bon là, vous avez fini ?
-Heu…
oui, dit Daniel avec une petite mimique.
-Je
vais dire une chose, Daniel, mais vous gardez cela pour vous. Je voulais
laisser au colonel le temps de la réflexion, et peut-être même revenir sur sa
décision.
-Et
elle est revenue ?
-Heu…
non … mais je voulais lui laisser le temps.
-Autrement
dit la lettre n’est pas partie ? Dit-il avec un sourire malicieux.
-Non,
je ne l’ai pas envoyée.
-Et quand comptez-vous le dire à Sam ?
-Pas tout de
suite.
-Jack !
-Ben
Quoi ?
Daniel n’insista pas. Il fit part à Jack de son
idée de petite soirée.
-Oh,
je n’en vois pas l’intérêt.
-Ecoutez
Jack, Sam est entrain de faire la connerie de sa vie ! Il faut
l’aider !
-Bien,
faites-le.
-Vous
viendrez ?
-Je
vais réfléchir !
-D’accord,
je vous signale que Teal’c trouve l’idée excellente. On a besoin de se
ressouder tous ensemble. Comme on faisait avant quand on était une équipe, une
vraie équipe !
-Si
vous le dites. Dit Jack d’un ton las.
La soirée se passait chez Daniel. Il avait rangé ses bibelots les plus précieux, et
préparé un buffet très simple. De la charcuterie, des salades, quelques
pâtisseries. Comme boisson des jus de
fruit et de la bière, la marque préférée de Jack. Ce genre de soirées ils en
avaient fait de nombreuses quand ils faisaient tous partie de SG1. Mais là
cette fois, il avait le tract. Il s’était donné une tâche ardue essayer de
réconcilier Jack (une tête de mule de première) et Sam (une autre tête de mule)
le travail serait ardu. Heureusement Teal’c était de son côté.
Teal’c arriva légèrement en avance :
-Je
voulais savoir si vous aviez besoin d’aide Daniel Jackson ?
-Voyez
tout est prêt.
Un coup de sonnette. C’était Sam.
-Le
général n’est pas là ? Ce fut première chose qu’elle demanda.
-Il
arrive dit Daniel d’un ton moins assuré
qu’il n’aurait voulu.
Sam avait revêtu une petite robe toute simple.
Elle s’était maquillée légèrement. Elle était tout simplement magnifique.
Daniel le lui dit, elle rosit de plaisir en l’embrassant. Ce qu’il ne lui dit
pas, c’est que le maquillage n’arrivait pas à cacher les cernes sous ses yeux.
-Qu’est-ce
qui ne va pas Sam ?
-C’est
Pete. Depuis la soirée de nos fiançailles, il ne m’a pas téléphoné une seule
fois, et il ne répond pas à mes messages.
-Ne vous tracassez pas,
colonel Carter, dit Teal’c, vous êtes bien placée pour savoir qu’on ne fait pas
toujours ce que l’on veut dans ce métier. Combien de fois avons-nous été
bloqués sur une planète sans pouvoir avertir nos familles ?
Je suppose que pour lui c ‘est la même chose.
-Merci
Teal’c, j’apprécie beaucoup votre soutien.
-De
rien colonel dit–il en s’inclinant.
Quelques minutes plus tard, Jack arrivait à son
tour. Il était en pantalon crème, tee shirt noir, et
veste en cuir, noire également. Daniel sourit d’un air satisfait en suivant le
regard de Sam qui traînait quelque peu du côté de Jack.
Bon
tout n’est pas perdu, ils se regardent sans
se sauter à la gorge. Je trouve même l’œil de Jack un tantinet …heu…
coquin !
La conversation roula sur le SGC, les missions,
ils ne savaient rien dire d’autre. L’ambiance un peu tendue au départ
commençait à se dégeler.
Daniel tout en faisant le service, il avait
refusé que Sam s’en occupe, regardait souvent du côté de Jack.
Il
a bu combien de bières déjà ? Beaucoup trop ! Et plus il boit, plus
il est cynique ! Je sens que si je
ne fais rien ma soirée va tourner court. Déjà Sam est sortie deux fois pour
téléphoner à Pete, sous le regard durci de Jack. Ça ne va pas du tout !.
Il
faut trouver une idée qui détende l’atmosphère.
Un
strip-poker peut-être ? Non c’est
une mauvaise idée, c’est moi qui vais me retrouver en caleçon ! Jack et
Sam sont trop forts à ce petit jeu.
Le
jeu de la vérité alors ? Non, c’est trop risqué. !
Sam était encore une fois partie dans la
cuisine téléphoner.
-Sam,
que se passe t-il ?
-J’essaie
d’appeler Pete.
-Pourquoi ?
Il y a un problème ?
-Daniel,
si vous croyez que je ne vois pas clair dans votre petit jeu !
-Je
ne vois pas de quoi vous voulez parler, dit Daniel d’un air innocent.
-Vous
voulez que je parle au général, c’est hors de question. Rien que de me trouver
dans la même pièce que lui, ça me rend malade !
-C’est
à ce point ?
-Mais
regardez-le ! Il boit comme un trou, affalé sur votre canapé, et il n’est
même pas saoul ! Il devient simplement sarcastique, et méchant ! Je
ne le supporte plus. Faut bien vous mettre ça dans la tête Daniel, je ne le
supporte plus !! Elle hurla ces derniers mots. Il devait avoir entendu,
car le silence se fit dans la pièce à côté. Sam était en pleine crise de
nerf ! Elle craquait.
-Sam !
Sam dit Daniel, reprenez-vous !
-Mais pourquoi Pete n’est-il pas avec moi ?
Daniel la prit par le bras et l’emmena dans une
chambre d’amis. Il la fit allonger sur le lit. Il lui enleva ses chaussures.
-Vous
avez bu un peu vous aussi, vous n’êtes pas dans votre état normal.
Reposez-vous. Vous pouvez passer la nuit ici, cela ne me gêne pas du tout.
Dans le séjour, c’était le silence.
-Sam
n’est pas bien dit Daniel en regardant Jack.
Je ne sais pas ce qui me retient de vous casser la figure !
-Ne
vous gênez pas Daniel, dit O’Neill d’une voix lente.
-Mais
enfin Jack, vous ne voyez pas qu’elle est malheureuse ?
-Bien
sûr que si, je ne suis pas aveugle ! Mais je n’y peux rien ! Et puis
pourquoi il n’est pas là son mec ?
Dit-il sèchement.
-Il
est parti en mission je crois. J’ai cru comprendre qu’il infiltrait un réseau
de trafiquants de drogue. Cela risque de durer un moment.
-Le
colonel a fait un choix, c’est elle qui veut épouser son Pete. Je ne peux rien
faire du tout dit O’Neill. Excusez-moi
Daniel, je crois que je vais rentrer.
Daniel le raccompagna jusqu’à l’entrée.
-Dites-moi
Jack ! Quand allez vous dire à Sam que vous n’avez pas envoyé sa lettre de
démission.
-Je
comptais le lui dire demain et avoir avec elle une petite conversation sur la
suite de sa carrière au SGC.
-Vous
avez envie qu’elle reste ? N’est-ce pas ?
-Oui, naturellement.
-Pourquoi ?
-Pourquoi
quoi ?
-Pourquoi
voulez-vous qu’elle reste ?
-J’ai
besoin d’elle.
Daniel était stupéfait :
-Vous
avez dit quoi là ?
-J’ai
dit que j’avais besoin d’elle ! C’est le meilleur chef du SGC.
-Ah
je me disais aussi ! Dit Daniel déçu.
-Vous
aviez pensé quoi ? Daniel ?
-Que
votre remarque aurait pu être un peu plus personnelle.
-Vous
aussi vous me connaissez bien mal.
-C’est
qui l’autre personne ?
-Quelle
autre personne ?
-Celle
qui vous connaît bien mal ?
-Lâchez-moi
Daniel. Bonsoir !
-Il
n’y a rien à en tirer, c’est désespérant dit Daniel à Teal’c, quand O’Neill fut
parti.
-Je
vais vous laisser aussi Daniel Jackson, il est tard. Occupez-vous bien du colonel Carter.
-N’ayez
crainte, c’est comme une sœur pour moi.
Quand il rentra dans le séjour, Sam était
revenue. Elle était assise sur le canapé. Ses yeux étaient rouges d’avoir
pleuré, mais elle était beaucoup plus calme que tout à l’heure.
Daniel essaya d’en savoir plus.
-Que
comptez-vous faire quand vous ne serez plus au SGC ?
Elle soupira :
-Je
n’ai encore rien décidé. J’ai la possibilité de plusieurs affectations. Vu mon
grade et mes qualifications cela ne devrait pas poser de problèmes.
-Vous
ne trouvez pas cela bizarre, que vous n’ayez aucune nouvelle ?
-Cela
ne fait qu’une semaine que j’ai envoyé
ma demande au général !
-C’est
déjà beaucoup !
Elle prit un air scandalisé :
-Vous
croyez qu’il ne l’a pas envoyée ?
-Hé !
C’est possible !
-Daniel,
vous savez quelque chose ?
-Je
ne vous ai rien dit Sam, Jack me tuerait. Mais vous serez convoquée demain.
Vous pouvez changer d’avis, ce n’est pas déshonorant !
-Non
je sais. Mais j’avais pris cette décision sur un coup de tête. Mais j’aimerais
bien rester. J’adore mon travail ici. Tous mes amis sont là !
-Jack
aussi est là !
-Daniel !
Vous êtes lourd !
Il rit :
-Oui
je sais, on m’a des fois accusé de manquer de finesse !
Sam sourit largement :
-Merci pour tout Daniel.
-Vous
savez Sam, ouvrez-lui votre cœur !
Elle secoua tristement la tête,
-J’ai essayé
l’autre soir chez moi, il a refusé de m’écouter. C’était un vrai militaire pur
et dur, un roc. Je m’y heurte à chaque fois !
-Alors parce
que vous ne pouvez parler avec Jack, vous en épousez un autre, avez-vous
imaginé un seul instant ce qu’il a pu ressentir ?
-Vous savez
Daniel, le jour où je lui ai montré la bague, il me parlait d’un ton naturel,
comme si tout cela l’indifférait.
-C’est faux,
il est tout sauf indifférent. Vous avez remarqué toutes les bières qu’il a bues
ce soir !
-Oui j’ai
remarqué.
-Et ça ne vous met pas la puce à l’oreille
ça ? Promettez-moi de recommencer, forcez-le à vous écouter, choisissez un
moment stratégique, évitez son bureau où il est en position de force. Vous
devez y arriver ! Qu’il vous dise
au moins s’il ne vous aime pas. Car je suis sûr qu’il ne vous l’a pas
dit !
Elle fit oui de la tête, sans dire un mot.
-Vous
allez essayer Sam ! Promettez-le-moi.
-D’accord Daniel !
La porte se referma sur elle. Daniel resta seul dans son appartement.
Il entreprit de tout nettoyer car il était sûr que s’il se couchait il serait
incapable de dormir.
Chapitre
4
Elle se retournait dans son lit, ne pouvant
trouver le sommeil. Elle ressassait sans arrêt les mêmes choses. Elle avait cru
trouver une certaine stabilité avec Pete, mais ce n’était pas le cas. Il
l’avait quand même appelée hier soir. Il s’était excusé de son attitude, mais
elle lui avait fait le reproche de ne pas lui avoir dit qu’il partait en
mission d’infiltration.
-Je
n’ai pas eu le temps, lui avait-il dit, dès mon arrivée au commissariat mon
ordre de mission m’attendait. Je ne devais plus joindre personne et laisser mon
portable au bureau. J’ai trouvé tous tes messages en rentrant.
Puis il lui avait annoncé qu’il ne faisait
qu’un bref passage sur Colorado Springs.
Elle avait ricané
-Tu
me reproches mes missions dangereuses, mais tu fais la même chose.
-Alors
tu comprends ce que je ressens quand tu es à l’autre bout de la galaxie. Nous
faisons des métiers très différents mais c’est pareil.
-Tu
sais, j’avais laissé une lettre de demande de mutation au général O’Neill.
Il y avait eu un blanc au bout du fil.
-Tu
m’as entendue Pete ?
-Oui
j’ai entendu, avait-il dit d’une voix blanche. Tu as fait ça ! Pour
moi ?
-Oui
pour toi ! Avait-elle répondu avec colère. Mais le général O’Neill m’a
fait comprendre que cela était inutile. Il avait raison, puisque tu pars en
mission tellement longtemps avait-elle dit avec un sanglot dans la voix.
-Que
comptes-tu faire maintenant ?
-Je
lui ai dit que je restais, que le SGC était toute ma vie !
-Je
suppose qu’il a été ravi de te garder, ce cher général ! Avait –il
ironisé.
Alors elle s’était fâchée :
-Je
t’interdis bien de te moquer de lui ! C’est l’homme le plus… le plus… elle
s’était arrêtée ne trouvant même pas les mots.
Autre blanc.
-Je
crois que tu devrais rester près de lui, à consoler ses vieux jours, car il est
vieux, tu t’en es rendue compte j’espère ?
-Je
ne te permets pas ! Avait-elle hurlé.
-C’est
bon, sa voix n’était plus qu’un filet. Je vais te laisser maintenant. Je crois
que l’on a plus rien à se dire. Je passerai chez toi dans la semaine prendre
mes affaires, et laisser tes clés dans la boite aux lettres
-Bien
avait-elle répondu j’en ferai autant chez toi. Je te laisserai la bague. Je
regrette… avait-elle ajouté avec un sanglot dans la voix.
C’est à ce moment qu’il avait coupé.
Elle venait de quitter son bureau à l’instant.
Il poussa un ouf de soulagement. Il resta un moment à ne rien faire. Depuis
huit jours il ne vivait plus. La voir partir aurait été au-dessus de ses
forces. Et pourtant il était prêt à la laisser filer. Mais il était heureux que
le sort en ait décidé autrement. Le sort et ses amis, Daniel et Teal’c.
Il avait faim, normal, il était quinze heures
et il n’avait pas eu le temps de déjeuner. Tranquillement il se dirigea vers le
mess, et croisa Teal’c dans les couloirs. Celui-ci fut un peu surpris du léger
sourire qui flottait sur les lèvres du général,
-Je
voulais vous remercier O’Neill d’avoir refusé la démission du colonel Carter.
Celui-ci sourit franchement :
-A
vrai dire je ne l’avais pas envoyée. Mais elle est venue d’elle-même me
demander de la supprimer. Je suppose que vous et Daniel n’êtes pas étranger à
cette décision ?
-En
effet général, dit Teal’c en inclinant la tête.
-Merci
mon ami, merci pour tout dit O’Neill en lui touchant le bras.
Elle restait allongée sur son lit. Elle regarda
la pendule il était 3 heures. Dans moins de quatre heures elle commencerait une
nouvelle journée au SGC.
Daniel avait raison sur ce point, sa vie était
là, ici, à la base et ailleurs dans la galaxie.
L’entrevue qu’elle avait eue avec O’Neill dans
l’après-midi, avait été brève, cordiale, sans plus. Mais elle avait senti le
soulagement chez son supérieur quand elle avait déchiré sa lettre de démission
devant lui. Elle était sortie très rapidement de son bureau, sans même le
regarder. Elle n’aurait pas pu à cet instant, l’émotion l’étouffait. Daniel
avait encore raison sur ce point. Elle était littéralement liquéfiée en sa
présence. Elle était folle de lui, mais
ce n’était pas nouveau, elle avait voulu se voiler la face, elle en avait
beaucoup souffert mais elle revenait toujours au même point, LUI.
Il lui restait le plus dur à faire. Lui parler,
le faire parler. Une tâche pratiquement insurmontable. Mais quand ? Et où ?
Quel serait le meilleur moment ?
Pourquoi pas maintenant ? Dans ses
quartiers ?
Elle se leva, mit des vêtements propres, se
recoiffa, se maquilla légèrement. Elle voulait arriver en position de force, le
prendre au dépourvu, le surprendre !
C’est d’un pas ferme qu’elle se dirigea vers
les quartiers du général. Elle en connaissait le chemin par cœur, mais n’y
était allée seulement que deux ou trois fois en huit ans.
Elle marqua un temps d’arrêt devant la porte.
Allez
courage, tu as la force de l’affronter, et puis il ne pourra pas refuser de
t’écouter. Et puis quand il t’aura entendue, le reste sera entre ses mains, tu
ne pourras plus rien y faire, alors vas-y ma fille !!!
Elle frappa et attendit un moment assez long,
La porte s’ouvrit, il avait passé hâtivement un
pantalon de treillis, il ne portait rien d’autre.
-Carter !
Que se passe t-il ? Je n’ai pas entendu les alarmes.
-Il
n’y a pas eu d’alarmes, je peux entrer, je voudrais vous parler ?
-Maintenant ?
-Oui,
c’est important.
Il s’effaça pour la laisser entrer, et lui
montra une chaise. Il passa un tee-shirt et s’assit sur le lit en face d’elle.
-Je
voudrais que vous m ‘écoutiez sans m’interrompre une seule fois.
Elle avait volontairement laissé de côté les
formules de politesse, du genre : « je ne vous dérange
pas ? » « Je vous ai réveillé », Elle ne l’avait pas appelé non plus par son
grade, elle ne voulait mettre aucune distance entre eux, mais ne l’appelait pas
Jack non plus. En fait elle ne l’appelait pas du tout.
Il avait froncé les sourcils devant ce
préambule.
-Il
est tard, Carter !
-Je
sais, mais s’il vous plait laissez-moi parler. Vous voulez bien
m’écouter ? Elle le regardait dans les yeux et soutint son regard !
Pas question de flancher cette fois !
-Je
vous écoute, dit-il simplement.
Elle se leva et marcha lentement dans la pièce,
elle raconta sa vie, elle se raconta, ne faisant grâce d’aucun détail. Elle lui
parla de son adolescence rebelle près d’un père général qui ne comprenait pas
sa fille. Elle raconta ses années passées à faire ses études, les sorties
qu’elle avait faites, ses expériences amoureuses, ses déceptions, ses
souffrances, et puis elle en arriva à ce jour il y avait maintenant huit ans,
quand elle avait rejoint le programme porte des étoiles. Maintenant IL était
dans son récit, IL avait pris la première place, la plus importante. Elle lui
dévoila tout, tout ce qu’elle ressentait pour lui. Elle lui reparla du test zatarc, de l’erreur magistrale qu’elle avait faite. Elle
revécut pour lui tout ce qui lui avait manqué dans sa vie à partir de l’instant
où elle s’était avouée cet amour.
Elle ne le regardait pas, son récit défilait le
film de sa vie, et finalement ce n’était pas si
difficile, ce récit elle lui avait déjà fait si souvent dans son cœur.
Elle avait imaginé cette scène des milliers de fois, elle s’était toujours
refusée d’envisager la suite, mais elle était heureuse de tout déballer. Son
cœur battait à grands coups sourds dans sa poitrine, elle la vivait sa grande
scène ! Elle le regardait maintenant il avait la tête dans ses mains. Il
cachait son visage. Elle ne savait pas ce qu’il pensait, mais peu importe,
ELLE, elle le lui avait dit, c’était tout ce qui comptait.
Elle conclut en disant qu’elle avait rompu avec
Pete.
Maintenant elle attendait.
Comme dans un brouillard elle le vit se lever,
se rapprocher d’elle, c’était comme un film au ralenti.
Oh
mon Dieu pouvoir survivre à ça, trop d’émotions, trop de douleurs…
Elle le sentit avant même qu’il ne la touche,
il n’avait toujours pas parlé il ne le pouvait pas, une émotion trop forte
serrait sa gorge.
Son parfum l’enveloppait, cette eau de
toilette, cette odeur si forte, épicée, qu’elle reconnaissait, cette odeur qui
le suivait comme un sillage.
Elle la sentait maintenant tout près d’elle. Il
était debout en face d’elle, il plongeait son regard dans le sien. Tous les
mots étaient devenus inutiles.
Ils se regardaient comme jamais ils ne
l’avaient fait jusqu’à présent. Elle sut à cet instant que sa quête était
terminée, elle avait trouvé son port d’attache, son ancrage, LUI, cette force
si calme, ce courage, tout ce qui faisait qu’elle l’aimait passionnément, et
que plus rien ne comptait. Elle lut dans ses yeux tout ce qu’il ne disait pas,
tout ce qu’il ne dirait pas. Il avait cette pudeur des sentiments, mais son
regard le trahissait et parlait pour lui.
Le temps s’était arrêté, il se pencha vers
elle, caressa sa joue, passa son doigt sur ses lèvres, et quand il la prit dans
ses bras, elle sut avec certitude que c’était avec lui qu’elle voulait passer
le reste de sa vie.
FIN