ORANDA : LE
SOUFFLE DE L’ESPRIT
Aurélia
Fic
30
Résumé :
Sam à la suite d’une grave blessure perd la mémoire.
Genre :
Aventure
Saison :
La 7 avant Heroes
Dsclaimer : Les personnages de Stargate ne sont
pas à moi…Les personnages de Victor et d’Ariana sont ma propriété.
La
douleur la réveilla.
Ses
yeux étaient brûlants et la fièvre la consumait. Elle était allongée dans un
lit inconnu. Elle ne reconnaissait pas le décor de la chambre. Une pièce aux
murs blanchis, toute simple, meublée du grand lit dans lequel elle était
couchée, et d’une armoire en chêne clair.
Des
voix lui parvenaient, elles venaient du jardin devant la maison, des rires
d’enfants. Elle ferma les yeux et se rendormit.
*******************************
Les
alarmes se déclenchèrent au milieu de la nuit. Le général Hammond se réveilla en sursaut. Il était 3 h 30 du
matin. Aussitôt le garde de service l’avertit par l’interphone.
-C’est SG1 mon général.
-Au milieu de la nuit ? Ils ne
doivent rentrer que demain ! Ouvrez leur l’iris sergent, ajouta t- il simplement.
Quelques
minutes plus tard il pénétra dans la salle d’embarquement. Il vit tout de suite
que quelque chose de dramatique s’était produit. Ils n’étaient que trois, et rentraient en catastrophe.
-Où est le major Carter ? Dit-il
le regard inquiet passant de l’un à l’autre.
Daniel
était effondré sur la rampe, il perdait du sang d’une large entaille à la
jambe, Teal’c était assis en haut de la rampe, immobile à l’endroit où il était
tombé. Le colonel O’Neill un peu plus loin se tenait la tête à deux mains.
-Colonel où est le major Carter ? Jack répondez-moi !
-Elle est morte mon général, dit
O’Neill en levant vers le général un regard désespéré. Elle est morte.
*******************************
Sa
fièvre était tombée, des ombres s’étaient penchées sur elle, l’avait lavée,
nourrie, soignée.
Elle
ouvrit les yeux, et un visage souriant s’approcha, c’était une jeune
femme :
-Bonjour, comment allez-vous ce matin ?
-Mieux dit la jeune femme. Mais je ne
sais pas où je suis. Qui êtes-vous ?
-Vous êtes en sécurité, ici, ne vous
tracassez pas, je m’appelle Ariana,
connaissez-vous votre nom ?
-Je ne sais pas, dit la jeune femme en
hésitant, je ne m’en souviens pas.
Ariana
sourit :
-Ne vous tracassez pas cela reviendra,
c’est du sans doute à vos blessures.
-Mes blessures ?
-Oui on vous a trouvé grièvement blessée. Mais vous n’aviez rien
sur vous que ceci :
Elle
montra deux plaques métalliques avec une chaîne.
La
jeune femme s’en empara et les regarda attentivement :
-Cela ne vous dit rien dit
Ariana ?
-Non, c’est mon nom : Samantha
Carter ?
-Sans doute répondit Ariana, c’est
aussi écrit que vous êtes major de l’USAF. Mais je ne sais pas ce que cela veut
dire.
-Moi non plus dit Sam.
Des
larmes perlaient à ses yeux.
-Je ne sais plus qui je suis… Où sommes-nous ? Ajouta t-elle.
-Vous êtes chez moi, dit Ariana. Mais vous
devriez maintenant vous reposer. Vous avez une bien petite mine.
-Oui, vous avez raison, dit Sam en fermant
les yeux. Elle s’assoupit.
Ariana
sortit de la chambre en fermant doucement la porte. Dans la grande salle du rez
de chaussée qui servait de salon et pièce à vivre l’attendait Victor, son mari
-Alors elle est réveillée ?
-Oui, mais elle ne se souvient plus de
rien.
-Excellent
dit-il. Remets-la sur pied le plus vite possible. Nous en avons besoin.
-Mais en avons-nous le droit ? Dit
Ariana en hésitant.
-Naturellement, rien n’est plus
important que de nous défendre contre les Goa’ulds ! Tu ne lui as rien dit
j’espère ! Ajouta t-il inquiet.
-Non, j’ai même fait semblant de ne pas
reconnaître ses plaques militaires.
*********************************
A
l’infirmerie un silence de plomb pesait comme une chape, où chacun revivait en
boucle ce qui s’était passé.
Une
course poursuite mortelle, l’impossibilité de se sauver tous, Carter était tombée pour ne plus se relever.
Janet,
les examina soigneusement, en prenant son temps, et en les faisant parler pour
extérioriser leur souffrance. Elle ne put rien obtenir du colonel qui restait
silencieux immobile sur un lit et la laissant faire son examen, sans un mot.
Le
débriefing eut lieu quelques heures plus tard. Le général Hammond les avait
laissé se reposer un moment. Il savait que cette réunion serait pénible, mais
il devait être fort. Il connaissait l’attachement d’O’Neill pour le major
Carter, et savait combien celui-ci devait se sentir coupable.
Ils
entraient un à un, la tête basse et
vinrent prendre leur place. O’Neill eut un instant d’hésitation devant la
chaise vide de Carter, il jeta un regard au général Hammond, puis après un
instant d’hésitation il prit la place de Sam.
-Mes amis, commença Hammond,
pouvez-vous me dire ce qui s’est passé ?
Ils
se regardèrent tous les trois, ce fut Teal’c qui prit la parole et fit un récit
très sobre.
-Nous étions poursuivis depuis
plusieurs centaines de mètres. Daniel Jackson a été blessé à la jambe le
premier, O’Neill le soutenait pendant qu’il entrait le code. J’étais juste à côté
du major, quand elle est tombée après avoir reçu un coup de lance en pleine
tête. O’Neill voulait la secourir, mais j’ai bien vu que c’était trop tard, son
cœur ne battait plus, j’ai poussé le colonel dans le vortex. Je crois que
c’était moins une.
Le
général Hammond avait écouté en silence le récit de Teal’c. Il se tourna vers
O’Neill :
-Quelque chose à ajouter colonel ?
-Oui mon général, je demande la
permission de retourner sur P4V672 pour ramener …le corps du major Carter. Sa
voix se brisa sur les derniers mots. Il étouffait d’une douleur qu’il ne
voulait pas nommer.
-Permission accordée. Mais avant nous
enverront la sonde pour voir si le terrain est libre.
Quelques
minutes plus tard, Teal’c et O’Neill se tenaient au pied de la rampe. Les images
que la sonde renvoya montraient un paysage calme, aucune trace des violents
combats qui s’y étaient déroulés quelques heures plus tôt.
-Vous pouvez partir mes amis.
Ils
passèrent l’anneau de lumière.
-C’est étrange dit Teal’c, le corps du
major a disparu.
O’Neill
se pencha, il posa ses doigts sur le sable, il était par endroit teinté de
rouge. Du sang pensa t-il, son sang.
Mais
le major avait disparu.
-Allons vers le village, quelqu’un
saura peut-être quelque chose, dit-il d’une voix lasse.
********************************
Sam
se remettait doucement de ses blessures. Elle pouvait maintenant se lever et
participer à la vie de la famille. Il y avait Victor et Ariana, et leurs trois
enfants. C’étaient leurs rires qu’elle entendait du fond de sa fièvre. Maintenant elle allait
beaucoup mieux. Elle avait eu une terrible blessure à la tête et avait perdu
beaucoup de sang. Ses cheveux qu’on avait dû lui raser recommençaient à
pousser. Elle se sentait mieux mais elle n’avait pas retrouvé la mémoire.
Elle
avait de longues conversations avec Victor et Ariana, qui faisaient de leur
mieux pour l’aider. Ils lui avaient parlé de sa vie au SGC, de la porte des
étoiles. Elle se souvenait très bien être astrophysicienne et se souvenait
parfaitement de toutes les études qu’elle avait faites sur les vortex et les
trous noirs, mais elle était incapable d’associer un visage à un nom. Elle ne connaissait personne, et à part cette
famille qui l’avait recueillie, elle se serait crue seule au monde.
-Où sommes nous leur avait–elle demandé
ce jour-là à la fin du repas, sur quelle planète ?
-Nous appelons notre planète Oranda,
qui veut dire le souffle de l’esprit. Vous, vous l’appelez sûrement autrement.
Sam
examina plus attentivement ses hôtes, ils avaient un type indien très prononcé,
très brun avec de longs cheveux raides et des plumes sur la tête. Les femmes
portaient de longues tresses épaisses de chaque côté du visage. C’était un
peuple simple qui vivait dans de petites maisons entourées de jardins potagers.
Ils cultivaient leurs fruits et leurs légumes et vivaient de la chasse et de la
pêche. Sam se sentait bien dans ce village.
-Et vous connaissez bien le SGC ?
-Naturellement, vous êtes venue
vous-même l’an dernier, et nous avons conclu un traité avec le général Hammond.
Un homme chauve un peu rond et bien
sympathique, ajouta Ariana en riant.
Après
avoir réfléchi un moment et tenté d’assimiler ces informations, Sam avait
demandé :
-Pourquoi ne les contactez-vous
pas ?
-A cause de l’iris, il est infranchissable.
-Et ils ne vous ont pas donné un moyen
de les joindre en cas de besoin ?
-Non, ils ne l’ont pas fait, et nous ne
l’avons pas demandé, dit en hésitant Victor.
-Comment allons-nous faire ?
-Ils nous contactent une fois tous les deux mois environ.
Le
cœur de Sam battit plus vite.
-Cela fait combien de temps que je suis
là ?
-Plus d’un mois et demi, nous devrions
avoir un contact très bientôt.
-Maintenant que je vais mieux
pouvez-vous me raconter ce qui s’est passé demanda t-elle un jour après le repas qu’ils avaient pris
dans le jardin, à l’ombre d’un chêne qui apportait un peu de fraîcheur.
Victor
et Ariana se regardèrent comme s’ils hésitaient à parler.
Sam
les rassura,
-Je vais beaucoup mieux maintenant et
j’ai le droit de savoir.
-Naturellement
répondit Victor.
Et
il commença à lui raconter son histoire.
-Vous êtes venue avec SG1 quelques
semaines après la signature du traité. Tout s’est bien passé jusqu’au moment où
des jaffas ont passé la porte et se sont dirigés vers le village. Vous avez été
trahis, mais on ne sait par qui, en tout cas Min a appris que vous étiez sur
cette planète et il a envoyé ses jaffas pour vous tuer. Vos amis vous ont vu
tomber, et vous croyant morte, ils sont partis. Cela leur a probablement sauvé
la vie.
Les
jaffas sont repartis aussi vite qu’ils étaient arrivés, vous laissant étendue
sur le sable près de la porte. C’est alors qu’on s’apprêtait à vous rendre un
dernier hommage que l’on a vu, que vous
étiez vivante, mais mourante. On vous a soignée.
Sam
écoutait ce récit d’un air pensif :
-Pourquoi ne sont –ils pas revenus me
chercher ? C’est étrange !
-Je ne peux pas répondre à cette
question ! Je suis désolé.
Sam
le regarda attentivement et lui trouva l’air peu à l’aise comme s’il cachait
quelque chose. Elle ne savait pas trop quoi penser. Cet homme et sa femme lui
avaient probablement sauvé la vie, mais elle avait du mal à leur en être
reconnaissante. Son malaise s’accentua quand elle vit le sourire sur le visage
de Victor. Il avait un air satisfait qu’elle ne s’expliquait pas. Mais elle
attribua cela à son amnésie qui la rendait très méfiante vis-à-vis des autres
personnes. En effet on aurait pu lui raconter n’importe quoi, elle était
incapable de démêler le vrai du faux.
********************************
Sur
la planète P4V872, O’Neill marchait en tête du petit groupe d’hommes
silencieux. Depuis la porte ils n’avaient rencontré personne. Seul le silence répondait à leurs
appels. Le village était désert, c’est comme si sa population avait disparu.
Les maisons étaient vides, les jardins détruits, de nombreuses traces de lutte
stigmatisaient les rues et les sentiers. Phénomène étrange tous les corps
avaient disparu. Pourtant le sol regorgeait de sang et de débris. Un massacre
avait eu lieu, mais les morts avaient été enlevés. Impossible de savoir s’il y
avait eu des survivants. Peut-être un certain nombre d’entre eux avaient été
déportés, sans doute, réduits en
esclavage.
Ils
marchaient dans les rues désertes, la rage au coeur. Encore un village victime
de l’infamie des Goa’ulds. Ils en avaient tellement vus depuis 7ans ! Mais
ils ne s’y feraient jamais.
-Il n’y a plus rien ici, dit O’Neill
sèchement. Rentrons.
Ils
reprirent la route du retour toujours en silence.
Où
était Sam ? Daniel avait fait un prélèvement du sable taché de sang à
l’endroit où était tombé le major. Il avait également prélevé de nombreux
échantillons, tout au long de la voie sinistre qu’ils venaient de suivre, dans
l’espoir de trouver l’endroit où le corps de Sam avait pu être emmené.
Ils
allèrent directement à l’infirmerie porter leurs échantillons de sang. Janet se
mit immédiatement au travail.
**********************************
Sam
se reposait dans le jardin devant la maison. Ariana s’assit près d’elle.
-Vous vous sentez mieux on
dirait ?
-Oui beaucoup mieux, dit Sam, si ce
n’est ce mal de tête lancinant et ces souvenirs qui s’obstinent à fuir. Et si
vous me parliez du SGC ? Vous avez l’air de bien les connaître.
Ariana
lui expliqua qu’elle ne les connaissait pas personnellement, mais qu’elle les
avait vus à plusieurs reprises lors de la signature du traité. Il y avait leur
chef le colonel O’Neill, Daniel Jackson
le spécialiste en archéologie, Teal’c l’ancien jaffa et elle-même.
Ces
noms ne disaient rien à Sam mais peut-être qu’une description l’aiderait. Elle
le demanda à Ariana.
-O’Neill est grand, mince, tout en
force et en souplesse, les cheveux gris argenté, un visage dur. Daniel Jackson
a les yeux bleus, des lunettes, c’est toujours lui qui parle quand il s’agit de
négocier, il sourit facilement. Teal’c est très grand, il dégage une grande
puissance, mais il parle très peu. Tout
cela vous rappelle t-il quelque chose ?
-Hélas, dit Sam en hochant la tête, si
je les voyais, peut-être ? Mais vous êtes sûre que vous n’avez aucun moyen
de les contacter ?
-Non, nous ne connaissons pas le code
de l’iris. Nous sommes un peuple peu évolué technologiquement, beaucoup moins
que vous, dit Ariana avec un sourire triste.
Elles
restèrent un moment en silence, à regarder la nuit tomber. D’où elles étaient
on voyait le shapaï dans le lointain, petit cercle enveloppé par les ombres.
Sam
sursauta elle avait cru apercevoir une lueur bleutée, se découpant sur les
ombres de la nuit. Ariana l’avait vue aussi. Elle appela aussitôt son mari.
-Je crois que quelqu’un vient.
-Ne bouge pas je vais à leur rencontre.
Il prit avec lui quelques hommes jeunes et forts et armés de lances et de
fusils, et ils se dirigèrent vers la porte des étoiles.
-Vous devriez rentrer Sam dit Ariana et
vous coucher, il est tard, et vous êtes encore fatiguée.
-Vous avez raison, c’est vrai que je me
sens encore un peu faible.
Victor
fut content de voir débarquer SG1. Cela faisait longtemps qu’il les attendait.
Daniel
Jackson arriva le premier,
-Alors Victor, comment va la petite
famille dit –il.
-Très bien, bonjour colonel, bonjour
Teal’c. J’ai une surprise pour vous.
Plus
grand-chose ne pouvait les surprendre depuis la disparition de Carter,
l’ambiance n’était plus la même au SGC. Elle n’avait pas encore été remplacée,
c’était une perte irréparable pour le programme et Hammond avait du mal à
trouver quelqu’un de sa qualité.
Devant
l’air réjoui de Victor qui n’était pas particulièrement souriant d’habitude, Daniel
remarqua :
-Ça doit être très important !
-En effet il s’agit du major Carter dit
Victor.
-Quoi ! Cria O’Neill.
Il
se précipita à l’intérieur de la maison sans attendre Victor qui criait
-Attendez, je vais vous expliquer.
La
scène avait quelque chose d’hallucinant :
O’Neill
bouche bée au milieu de la pièce devant le major Carter qui sortait du cabinet
de toilette, une serviette hâtivement
posée devant elle. Ses cheveux qui recommençaient à pousser se dressaient sur sa tête en une brosse
légère et sur son visage sans maquillage apparaissait une profonde cicatrice
qui déparait son front et descendait jusqu’à la mâchoire. Elle avait beaucoup
maigri. Elle était frappé de stupeur devant cet homme apparu tout à coup devant
elle, armé jusqu’aux dents et la dévisageant sans vergogne comme s’il venait de
voir un fantôme.
Et
c’était un fantôme qu’il avait devant lui, le fantôme du major Carter, une pâle
copie déformée et dénaturée.
-Major Carter ? Que vous est–il arrivé ? Demanda t-il au
bout de quelques secondes.
-Oui, c’est moi, et vous,
qui êtes-vous ? Mais pour répondre à votre question monsieur, j’ai
failli mourir et sans mes amis Ariana et
Victor je serais morte.
-Qui êtes-vous ? Demanda t-elle à
nouveau.
Pendant
ce temps Teal’c et Daniel étaient entrés dans la maison. Sam en profita pour
s’éclipser et s’habiller. C’est, revêtue
d’une robe bleue en lainage qu’elle revint quelques instants plus tard dans la
pièce.
-Asseyez-vous mes amis, dit Victor, je
vais vous expliquer ce qui s’est passé.
Tout d’abord Samantha, je vous présente SG1, le colonel O’Neill qui vous
a fait peur tout à l’heure et qui s’excuse, qui s’excuse reprit–il avec un
regard insistant vers O’Neill.
-Oui, major, je m’excuse. Mais on vous
croyait morte. Alors le choc de vous retrouver….
Victor
continua les présentations, puis il expliqua le sauvetage du major.
-Depuis quelques semaines il y avait
des allers et venus depuis le shapaï. Nous avons remarqué des jaffas. Ce sont
ceux du Dieu Min. le dieu de la virilité et de la fertilité masculine. Cette
planète lui appartient, mais il ne vient rarement, car nous sommes loin de ses
autres possessions. Il doit passer par un autre réseau de portes pour venir
jusqu’ici, et nous avons cru comprendre qu’il était en butte avec d’autres
Goa’ulds dans le reste de la galaxie. Cependant il s’est rappelé récemment à
notre bon souvenir. Je ne sais pas ce qu’il cherche ici, car il n’y plus de
naquada sur cette planète depuis longtemps. Toujours est-il qu’il y a trois
mois, des jaffas sont venus en masse, ils se sont installés au-delà du village
à quelques kilomètres d’ici. Mais je vous en ai parlé à vous et au major quand
vous êtes venus nous voir. Puis je ne sais pas ce qui s’est passé, ils se sont
mis à vous poursuivre et le major Carter a été touché au visage, et à la tête.
Elle était comme morte. Quand la porte s’est refermée sur vous, les jaffas sont
repartis et j’ai pu m’occuper du major. Elle était grièvement blessée et ne
respirait plus.
Je
l’ai emmenée chez moi, et le médecin du village s’est occupé d’elle. Il s’en
est très bien occupé, puisque quelques jours plus tard elle reprenait
conscience. Mais c’était dangereux de rester au village, les jaffas pouvaient
revenir, aussi sommes nous allés nous réfugier dans la montagne toute proche.
Nous y avons attendu deux semaines et
nous sommes revenus chez nous. Le major allait beaucoup mieux, mais elle avait
perdu la mémoire. C’est pour cela qu’elle ne vous a pas reconnus.
-Excusez-nous major, pour cette arrivée
un peu brutale, êtes-vous prête à rentrer à la base ? Dit O’Neill.
La
jeune femme se tourna vers Victor et Ariana
-Je me sens beaucoup mieux, grâce à
vous deux et j’aimerais bien rentrer chez moi. Peut-être arriverai-je à me
rappeler en me retrouvant dans mon décor familier.
-Naturellement Sam dit Ariana en
embrassant la jeune femme, il faut maintenant rentrer chez vous.
Une
heure plus tard, ils se dirigèrent tous vers le shapaï. Sam ne disait rien,
elle regardait ses compagnons, mais rien, aucun souvenir ne remontait à la
surface à la vue des ces visages qui auraient du lui être familiers.
Le
général Hammond prévenu par O’Neill attendait au pied de la rampe le retour de
SG1 au grand complet.
Le
vortex s’ouvrit et Daniel passa le premier, suivi de Teal’c. Il se passa trois
secondes avant que Sam ne franchisse à son tour l’anneau de lumière soutenue
par O’Neill. Ses jambes ne la portaient plus. Elle ne savait pas si c’était le
fait de traverser le vortex, de rentrer chez elle ou la fatigue qu’elle
ressentait encore de sa blessure, ou peut-être les trois.
O’Neill
la posa sur la rampe. Elle était évanouie. Le général sursauta quand il vit son
visage et sa coupe de cheveux. Il ne dit rien mais son regard passa de la jeune
femme à celui d’O’Neill qui lui fit une petite mimique. Sam fut transportée à
l’infirmerie.
-Colonel, vous pouvez venir dans mon
bureau ?
-Asseyez-vous dit Hammond quelques
instants plus tard. Vous pouvez m’expliquer ce qui se passe colonel ?
-Quand nous sommes allés voir Victor et
Ariana comme nous le faisons tous les deux mois, il nous a conduit jusqu’au
major. Ce fut un choc de la retrouver dans cet état, d’autant plus qu’on la
croyait morte.
-Mais dites-moi colonel, elle a eu une
importante blessure à la tête ? N’est-ce pas ? Il n’avait pas été
question de ça dans les rapports ?
-En fait si, elle était couverte de
sang, son cœur ne battait plus, nous étions en danger de mort. Si Teal’c ne
m’avait pas poussé dans le vortex, je crois que je n’en serai pas revenu.
-Permettez-moi d’insister colonel, mais
je croyais me souvenir d’une blessure à la poitrine ?
-Je ne sais plus mon général,
peut-être, tout ça c’est passé si vite. Il faut que je vous dise autre chose
mon général, le major a perdu la mémoire, elle ne se souvient plus de rien.
Le général était stupéfait :
-De rien du tout ?
-Non mon général, j’ai parlé avec
Victor et Ariana, ils m’ont expliqué que le major avait été sauvée par leur
toubib local, mais que ses blessures étaient très graves, et qu’elle avait tout
oublié, même son nom.
Le
général était pensif, il n’avait jamais rencontré de personnes amnésiques et
avait du mal à y croire.
Il
s’en ouvrit à 0’Neill :
-Voyez-vous colonel, j’ai du mal à
comprendre ce genre de chose, il est impossible de ne même pas se rappeler qui
on est !
-Je suis comme vous mon général, mais
Carter est entre de bonnes mains à l’infirmerie. J’espère que cela va aller.
-Je vais justement la voir, venez avec
moi colonel.
Sam
était allongée sur un lit. Son visage pâle ressortait à peine sur la blancheur
des draps. La lumière blanche de la lampe intensifiait cruellement son visage
martyrisé. Janet examinait avec soin la grande cicatrice, elle prit un air
rassurant :
-Je pense pouvoir faire quelque chose
pour atténuer ces marques lui dit-elle
en souriant.
Sam
ne répondit pas. Elle venait de voir pour la première fois ce visage dans un
miroir, un visage totalement inconnu pour elle, un visage double, le côté
gauche bien dessiné, joli même, et le côté droit défiguré, déformé. Une horreur
avait-elle pensé avant d’être prise de violentes nausées. Puis des flots de
larmes avaient coulé de ses yeux. Janet l’avait prise dans ses bras, l’avait
bercée comme une enfant, sans dire un mot, en caressant ses cheveux comme
l’aurait fait une mère attentive et aimante. C’était juste de cela qu’elle
avait besoin, être aimée.
Elle
s’était apaisée dans les bras
protecteurs et s’était endormie.
Maintenant
elle subissait l’examen attentif de Janet.
-Vous croyez que vous allez pouvoir
réellement faire quelque chose ? C’est profond, et très étendu.
-Il faudra plusieurs interventions,
mais on y arrivera. Il vous faudra beaucoup de courage Sam, je ne vous le cache
pas.
Elle
fit un pauvre sourire.
-Mon
physique ce n’est pas grand chose finalement, je crois que je pourrais m’en
accommoder, mais ce que je ne supporte pas c’est le vide dans ma tête. Il n’y a
rien, rien que le néant.
-Aucun souvenir ? Des
impressions ? Des visages ?
-Non, rien, dit-elle avec désespoir.
A
ce moment le général Hammond et O’Neill arrivèrent près de la jeune femme.
-Alors major ! Comment vous
sentez-vous ? Dit le général
gaiement, sentiment qu’il était loin
d’éprouver. Il regardait la jeune femme dans les yeux en essayant de prendre un
air naturel, mais il ne la reconnaissait pas, elle était l’ombre d’elle-même.
-Je pense pouvoir me lever bientôt, monsieur,
dit Sam d’une voix faible. Elle se sentait si mal à l’aise, le colonel n’avait
pas la pudeur du général, il la regardait franchement. Elle se troubla. Ces deux hommes savaient tout
d’elle, son passé, ce qu’elle était, son caractère. Elle leur avait parlé, elle
avait vécu des missions avec O’Neill, avec le docteur Jackson, avec Teal’c,
mais pour elle c’étaient des inconnus.
Il
lui fallait tout réapprendre. Qui allait lui raconter sa vie ? A qui
pouvait–elle faire confiance ? Janet ? Elle pensa que oui, mais
celle-ci la protégerait, elle souffrait avec elle de ses faiblesses et de ses
manques, cela se voyait. Elle était son amie. Elle voulait que ce soit
quelqu’un qui ne la ménage pas, qui lui expose de façon brute et sans sentiment
les faits qu’elle avait oubliés. Elle croisa le regard dur du colonel. Oui
pensa t-elle, lui saurait dire les faits
de façon crue sans les déformer. Il ne la ménagerait pas. Elle en était sûre.
Ces
pensées l’agitaient tandis que le général et le colonel s’éloignaient. Elle
appella :
-Colonel ?
Il
se retourna lentement et la regarda d’un air interrogateur :
-Major !
Elle
se jeta à l’eau :
-Je peux vous parler un instant ?
S’il vous plait ajouta t-elle avec dans la voix une nuance de supplication qui
le surprit.
-Bon je vous laisse tous les deux dit
Hammond. Meilleure santé major ! Dit
le général Hammond.
O’Neill
revint lentement vers le lit. Elle le détailla sans rien dire, essayant de se
souvenir de lui. Il était grand, se tenait très droit, ses cheveux argentés étaient
coupés courts. Il était vêtu d’un pantalon de treillis et d’un tee shirt noir.
Il avait les bras croisés et attendait qu’elle parle. Elle le trouvait
terriblement intimidant, avec posé sur elle un regard impénétrable.
-Excusez-moi, mais pourriez-vous vous
asseoir ? Dit-elle en préambule.
-Si vous voulez major. Et disant ces
mots, il se casa sur une chaise, ses longues jambes étendues devant lui. Elle
ne cessait de le dévisager.
-Je voulais vous demander quelque
chose, c’est un peu spécial, mais vous pouvez dire non si vous voulez, je sais
que je ne devrais pas vous importuner colonel…
Il
soupira :
-Et si vous alliez droit au fait,
major ?
-Je voudrais que vous me racontiez
« moi »
Il
leva les sourcils d’un air interrogateur :
-Vous me demandez de vous vous parler
de votre vie ?
-Oui. Dit –elle dans un souffle.
-Il me semble que le docteur Frazier
serait mieux pour ce genre de choses dit-il.
-J’y avais pensé, mais j’ai cru
comprendre que Janet est mon amie. Elle me ménagera, et cela je ne le veux pas.
-C’est possible en effet dit O’Neill,
mais c’est peut-être mieux, non ?
-Non mon
colonel, je ne le veux pas. Je veux la vérité brute.
-Et vous croyez que je peux jouer ce
rôle ? C’est une sacrée responsabilité !
-Je suis sûre que vous êtes la personne
parfaite. Je ne sais pas pourquoi, une intuition peut-être ?
-Et qui vous dit que je ne vous
ménagerai pas ?
-Quand je vous regarde colonel, quand
je vois votre visage, quand je sens votre regard sur moi, il n’y pas de
douceur, rien qui peut me faire croire que vous prendriez des gants avec moi.
O’Neill
ne répondit pas mais continua à la regarder comme s’il voulait lire en elle,
elle avait changé, physiquement du moins, mais il reconnaissait là un de ses
traits de caractère, aller droit dans le mur, même si cela devait faire mal. Il
sentait qu’elle ne se contenterait pas de récits vagues et édulcorés.
Il
ajouta cependant :
-Major, et si vous ne pouviez pas supporter la vérité ?
-J’en prends le risque mon colonel.
Vous acceptez ?
-Si le docteur est d’accord, oui.
-Merci mon colonel.
Elle
le suivit des yeux tandis qu’il s’éloignait. Elle sut qu’elle avait fait le bon
choix.
********************************
Sur
Oranda, Victor et Ariana se retrouvèrent seuls après avoir laissé le major
rejoindre les siens.
Victor
s’approcha d’elle et la prit par la taille.
-Tu es triste qu’elle soit
partie ?
-Oui, elle était si gentille, si
malheureuse. J’espère que nous avons bien fait. En avions-nous le droit ?
-Ariana, on en a déjà discuté. Je ne
veux pas revenir là-dessus. SG1 et Samantha sont indispensables dans la lutte
contre les Goa’ulds. Min va revenir, je le sens. Son retour est proche. Il faut
que l’on puisse sauver ce monde. Tu es d’accord avec moi Ariana ?
-Oui, tu as raison, comme toujours
dit-elle en se serrant contre son mari.
-Ne sois pas
triste ma chérie. Sam reviendra, je te le promets. Ils vont bien s’occuper
d’elle.
-Tu es sûr qu’elle n’est pas en danger
là-bas ?
-Pourquoi le
serait-elle ? Elle est avec ses amis !
Il
s’éloigna :
-Où vas-tu ?
-Consolider notre installation et la
dissimuler de façon que Min ne la trouve jamais.
Et
Victor rentra et descendit dans les profondeurs de sa maison.
***************************
Une
fois seule dans la chambre Sam se renfonça dans ses oreillers. Elle ferma les
yeux. Tout d’un coup ce qu’elle avait demandé à O’Neill lui apparaissait une
pure folie. Si j’ai bien compris pensa t-elle nous sommes liés par le travail,
mais il ne doit rien connaître de ma vie privée, j’ai peut-être une famille, un
petit ami, qu’il ne connaît pas.
Elle ne voulait rien demander à Janet. Celle-ci était
pourtant un excellent médecin, mais elle n’était pas sûre que Janet soit
d’accord avec la méthode de choc qu’elle avait choisie.
Elle
s’assoupit un moment.
Une
heure plus tard Janet revint et écouta son cœur, et lui prit la tension.
-Bon, votre tension remonte, vous allez
mieux. Le colonel O’Neill m’a parlé de
ce que vous projetez, Sam, je ne suis
pas trop d’accord cela peut être très
dangereux, vous devez retrouver vos souvenirs toute seule. De toute façon si on
vous raconte quelque chose cela n’évoquera rien pour vous.
-Justement c’est pour cela que j’ai
choisi le colonel O’Neill, je suis sûre
qu’il me dira les faits bruts, sans rien déformer. De toute façon, Janet, cela
fait plusieurs semaines que j’ai été blessée, et rien n’est revenu, même pas l’ombre d’un souvenir.
Je crois que je ne retrouverais jamais la mémoire.
-Cela peut en effet être long Sam, mais
il faut vous armer de patience.
Sam
commençait à s’énerver :
-Ecoutez Janet, si ça peut vous
contenter, je vous dégage de toute responsabilité, je peux même vous signer un
formulaire, dit-elle sèchement, mais je ferais ce que j’ai décidé.
Janet
ne répondit pas immédiatement, elle la regarda tristement :
-Cela n’a rien à voir avec moi Sam,
c’est pour votre bien que je dis ça, uniquement pour votre bien.
Sam
sentit qu’elle avait été un peu trop
loin :
-Excusez-moi Janet, je ne voulais pas
vous blesser, vous êtes un excellent médecin.
-Je suis aussi votre amie Sam dit la
jeune femme tristement en lui prenant la main.
-Je le sais, merci, même si je ne me
souviens pas je le sens. Je sens aussi que je peux faire confiance au colonel
O’Neill.
-Oh oui, vous pouvez lui faire
confiance. Mais je suis étonnée que vous n’ayez pas demandé ce service à
Daniel, vous étiez très bons amis tous les deux.
-Daniel ? Non, je le trouve très
sympathique, il vient me voir tous les jours, mais c’est vrai, je n’y aurai pas
pensé.
-Pourtant vous n’êtes pas spécialement
proche du colonel continua Janet, mais je crois que vous avez raison, c’est un
roc cet homme-là !
-C’est ce que j’ai senti aussi, on doit
pouvoir compter sur lui dans les cas graves.
Janet
sourit :
-Vous avez une bonne intuition Sam et
cela va grandement vous aider.
Le
voilà qui arrive, je vous laisse.
-Vous n’assistez pas à nos
entretiens ?
-Non, mais en cas de problèmes, je suis
juste à côté.
-Colonel je vous laisse la place,
dit-elle à O’Neill en se levant.
O’Neill
s’assit. Il tenait à la main une pile de dossiers.
-Comment allez-vous Carter ce
matin ? Vous avez meilleure mine.
-Mieux, merci mon colonel. Qu’est ce
que c’est que ça ? Dit–elle en montrant les dossiers.
-J’ai pensé que ce serait plus simple
si vous les consultiez. Ce sont tous nos rapports de missions. En fait ce sont
vos rapports à vous.
Vous
lisez chaque rapport et on en parle
après si vous voulez.
Elle
hésitait un peu.
-Mon colonel, je suis d’accord pour les
rapports de missions. Mais je voudrais savoir avant deux ou trois petites
choses ?
-Oui major, je vous écoute.
Elle
le fixait de ses grands yeux bleus, ne sachant pas trop par où commencer. Il
attendait sans impatience aucune qu’elle se décide à parler.
-C’est au sujet de ma famille. D’abord
est-ce que j’ai une famille ? Je n’ai vu personne depuis deux jours que je
suis là.
-Votre père est sur une autre planète
commença t-il, le général Hammond a essayé de le contacter, mais il ne l’a pas
encore localisé. Vous avez un frère je crois, mais je ne sais pas si vous vous
voyez.
-Pas de mère ?
-Non, je crois que vous avez perdu la
vôtre étant enfant.
Il
était comme la veille les jambes étendues devant lui, très calme. Et c’est ce
calme qui fit grand bien à Sam.
-J’ai une autre question très délicate
et je ne sais pas si vous le savez : est-ce que j’ai un petit ami ?
Il
sourit légèrement :
-Je ne connais pas bien votre vie
privée major, mais vu le temps qu’on passe en mission, il n’en reste pas
beaucoup pour ce genre de chose, dit-il seulement.
Elle
rougit :
-Cela ne me surprend pas, je suis
désolée de vous ennuyer avec tout ça mon colonel.
-Ça ne m’ennuie pas major.
La
porte s’ouvrit et un visage que Sam ne reconnut pas s’encadra dans la porte.
C’était le docteur Eva Jordan qui rentrait de permission. Elle entra :
-Je ne dérange pas ?
-Non dit Sam.
-Je remplace le docteur Frazier jusqu’à
demain, c’est son jour de repos. Tout va bien, tu n’as besoin de rien Sam ?
-Non merci, on se connaît dit-elle ?
-On est même amies toutes les deux.
-Je vois que l’on se tutoie, tu n’es
donc pas militaire ?
-En
effet dit Eva malicieusement, les militaires j’en ai jusque là dit –elle en
passant la main au-dessus de sa tête et en montrant le colonel.
Celui-ci
lui sourit mais ne dit rien.
-On se voit tout à l’heure, Jack ?
Lui dit-elle avec un clin d’œil ! Occupe-toi bien de notre malade.
-T’en fait pas ! Dit celui-ci avec
un large sourire en direction de la jeune femme.
Sam
ne dit rien mais elle avait compris que le colonel n’était pas toujours aussi
froid qu’il prétendait l’être. Il était ami avec Eva Jordan, et vu le sourire
de la jeune femme, il y avait peut-être plus entre eux.
-Et si on
étudiait ces dossiers dit-elle ? Après un instant de silence.
-D’accord. On les prend dans l’ordre,
ce sera plus simple. Avant de commencer, que vous rappelez-vous de la porte des
étoiles ?
-Je peux vous débiter tout un tas
d’explications scientifiques, si vous voulez mais je ne me souviens pas du tout
de la première fois que j’ai passé la porte, ni d’aucune mission, d’ailleurs je
ne me rappelle rien du tout, dit-elle au bord des larmes.
Il
eut un geste d’agacement :
-Allons major ! Ce n’est pas comme
ça que vous allez y arriver.
Vexée,
Sam se reprit :
-Vous avez raison mon colonel, voyons
ces rapports.
Ils
passèrent l’heure suivante à lire les rapports de mission depuis l’expédition
sur Abydos pour retrouver Daniel, en passant par celle où ils avaient cru
Daniel mort, jusqu’au moment où ils avaient trouvé Cassandra seule sur une
planète dont la population avait été détruite par Nirti.
-Cassandra, Cassandra, répéta t-elle en
murmurant.
-Vous vous en souvenez ? Dit-il
-Cela résonne en moi comme quelque
chose de familier, c’est tout. C’est une petite fille ?
-Une jeune fille maintenant, elle a 16
ans. C’est Janet qui l’a adoptée.
-Je lui en parlerais.
-Ça lui fera sûrement plaisir, elle est
intarissable sur sa fille !
Sam
au bout d’un moment se sentait fatiguée, il s’en aperçut.
-Vous devriez vous reposer maintenant.
-Oui mon colonel, vous reviendrez demain ?
-Oui, le général Hammond a donné à tout
le monde quelques jours de vacances.
-Vous auriez peut-être préféré aller
dans…
Elle s’arrêta
brusquement.
-Oui, Carter vous disiez ?
-J’ai eu l’impression un moment que je
me souvenais de quelque chose, c’est comme un fil que j’aurai tiré à moi, le
souvenir était là tout proche, mais le fil s’est cassé, ajouta t-elle avec
amertume.
Elle
se mit à pleurer.
Il
se leva et ouvrit la porte :
-Eva tu devrais venir dit-il, elle ne
se sent pas bien.
-Mais qu’est-ce que tu lui as
fait ?
-Rien je te jure !
-Bon laisse la maintenant, il faut qu’elle
se repose.
-Ok Eva à tout à l’heure dit-il, dit –il en
sortant.
********************************
Au
mess Daniel et Teal’c étaient déjà installés quand O’Neill arriva avec Eva.
-Comment va Sam ? Demanda Daniel.
-Elle ne se souvient toujours de rien
dit Eva.
-Je peux l’aider peut-être demanda Daniel ?
-Oui, je crois que plus il y aura de
monde à lui parler mieux ce sera.
-Ce serait
mieux quand elle sera debout, elle se mêlera à la vie de la base, et tout lui
reviendra dit Teal’c.
-Pas si sûr dit Eva. Mais je n’ai pas à
discuter de ça avec vous, ajouta t-elle en souriant. Sam est ma patiente,
secret médical !
-Bon,
parlons d’autre chose dit Daniel. Le général Hammond nous a donné des
congés. Je vais en profiter pour finir les traductions que j’avais ramenées
d’Oranda.
-Je vous aiderais bien volontiers
Daniel Jackson dit Teal’c.
-Vous allez travailler pendant votre
congé j’y crois pas ! Dit O’Neill.
-Vous vous restez bien à la base !
Dit Daniel.
-Oui, mais moi je ne suis pas en congé,
je suis en mission auprès du major Carter. Ordre du général Hammond.
Le
lendemain Sam put se lever, elle reprenait vite des forces et avec Daniel elle
fit le tour de la base. Il l’emmena dans tous les lieux qu’ils fréquentaient,
et il commença par le mess.
-C’est un endroit très important, on
s’y retrouve souvent pour discuter ou tout simplement boire un verre, se
détendre.
Sam
fit le tour de la pièce, elle était du même ton gris que toute la base, c’était
une pièce ordinaire.
Elle
alla s’asseoir à une table, un peu isolée au fond. Elle avait l’impression que
c’était là.
-Désolée Sam, on se met plutôt par là
dit Daniel en lui montrant une table plus loin.
Elle
fut déçue, elle avait pourtant eu l’impression… mais non pauvre sotte, tu ne te
rappelles de rien, ne cherche pas, et ne fais pas de peine à ce pauvre Daniel
il a l’air si désespéré ! Pensa
t-elle.
Ils
prirent des couloirs qui tous se ressemblaient, des ascenseurs identiques, des
portes grises elles aussi. Cette base était vraiment moche.
-On ne monte jamais à la surface, demanda
t-elle à Daniel.
-Si, pour prendre l’air ça nous arrive,
mais il n’y a rien là-haut. Tout le travail se fait ici ou en mission.
-Je peux voir mes quartiers ?
-Naturellement dit Daniel, je vous y
conduis.
Arrivés
devant la porte elle se tourna vers le jeune homme
-Merci Daniel, c’est très gentil, mais
je voudrais être seule.
-Pas de problème, vous retrouverez
votre chemin toute seule ?
-Oui je crois dit-elle en souriant.
-Alors à tout à l’heure, on se retrouve au mess pour le dîner.
Les
quartiers de Sam étaient composés comme tous ceux de la base, d’une pièce et
d’un cabinet de toilette. Un lit, une armoire, un bureau, une bibliothèque en constituaient le mobilier. Sur les murs
elle regarda les photos, le portrait d’un homme presque chauve, avec une petite
fille à ses côtés. Elle et son père sans doute. Il y avait quelques photos de
vacances, sur une plage, près d’un bateau. Elle jeta un coup d’œil sur les
livres, physique, mathématiques, astrophysique … Elle sourit, je suis une
personne sérieuse qui ne pense qu’à son travail ! Elle ouvrit les tiroirs
du bureau, il y avait aussi des photos, elle, avec un jeune homme, brun au sourire
lumineux. Ils se tenaient serrés l’un contre l’autre. Elle chercha fébrilement
dans les tiroirs, elle voulait savoir son nom tout de suite, elle brûlait
d’impatience… Puis elle s’arrêta, c’est sûrement fini, pensa t-elle, sinon il serait déjà venu me
voir. A moins qu’il ne sache pas le travail qu’elle faisait, c’était top secret
ce boulot, pas facile d’avoir une vie privée avec des gens hors de la base.
Mais il appartenait peut-être à la base. Elle prit la photo avec elle et la mit dans sa poche. Il était temps d’aller
rejoindre SG1 au mess.
Ils
étaient déjà là. Elle alla se servir, elle prit juste une purée et de la gelée
rouge. Il n’y avait pas de bleue. Tiens, pourquoi pensait-elle à de la gelée
bleue, elle aimait peut-être ça, et si c’était un souvenir ?
-C’est tout ce que vous mangez Sam
demanda Daniel ? Ce n’est pas comme ça que vous allez reprendre des
forces.
-Dites-moi Daniel, je viens de penser
que s’il y avait de la gelée bleue, j’en aurais pris ? J’aime la gelée
bleue ?
-C’est votre préférée ! Vous-vous
en êtes souvenue ! C’est fantastique.
Elle
sourit largement :
-Oui, c’est mon premier souvenir !
Le colonel O’Neill n’est pas là ? Demanda t-elle.
-Non, il dîne en ville avec Eva.
-Ils sortent ensemble ?
-Depuis plusieurs mois, on dirait que
c’est sérieux entre eux.
Cela
fit à Sam une impression de malaise, mais elle ne se l’expliquait pas.
Elle
sortit la photo de sa poche et la montra à Teal’c et à Daniel :
-Vous pouvez me dire qui c’est ?
Je sais ça fait un peu idiot de demander cela ! Excusez –moi.
-C’est quelqu’un avec qui vous êtes
sortie, il y a quelques mois. Il s’appelle Kevin Smith et il est médecin.
-A la base ?
-Non, c’est un civil. Il travaille à
l’hôpital de Colorado Springs. Vous nous l’aviez présenté à l’époque, nous
avons passé une soirée ensemble, j’étais venu avec Janet, jack avec Eva, et
Teal’c avec… Vous étiez avec qui Teal’c déjà ?
-Avec personne Daniel Jackson.
-C’est vrai. Nous avons terminé la soirée
dans un bar poursuivit Daniel et nous
avons fait un billard. C’était une soirée bien arrosée, tout le monde était
très gai. Il était sympa votre ami, mais je crois que vous vous êtes séparés
peu de temps après.
Sam
ne répondit pas ; c’était très dur de se faire raconter sa vie par
d’autres personnes, même si elle se sentait en confiance avec SG1. Elle ne
savait pas qui elle était, mais eux apparemment le savaient.
**********************************
Toutes
les nuits elle recevait un coup de lance jaffa en pleine tête. La douleur était
effroyable. Elle se réveillait alors en hurlant, mais son rêve s’échappait à
chaque fois qu’elle se dressait dans son lit couverte de sueur.
Elle
s’en ouvrit à Janet.
-Est-ce que l’hypnose pourrait faire
quelque chose pour moi ? Lui demanda t-elle un matin après avoir passé une
nuit épouvantable.
-Je pense que oui, vous rêvez beaucoup,
et ce sont tous vos souvenirs qui reviennent. Quelques séances pourraient vous
aider. Vous devriez en parler au docteur
Mac Kenzie.
-J’irai le voir demain, merci Janet.
La
nuit suivante, elle rêva du colonel O’Neill. Il était dans son rêve très
différent de ce qu’il était en réalité, plus ouvert, moins dur. Elle revit
aussi des Tok’ra, le visage de son père, Anise, et d’autres qu’elle avait
rencontrés. Au matin les personnages de son rêve étaient toujours là. Elle prit
un carnet et nota ce dont elle se souvenait. Elle se rendormit et son rêve prit
une tournure plus intime, elle rêva d’un regard brun, de cheveux argentés, d’un
doux sourire.
Quand
elle se leva elle avait la certitude qu’il
s’était passé quelque chose entre elle
et le colonel O’Neill. Mais comment le savoir ?
Elle
retrouva ses amis au mess et après le petit déjeuner elle prit Daniel part.
-J’ai quelque chose de très particulier
à vous demander ?
-Si je peux vous aider Sam… dit Daniel.
-Voilà c’est assez délicat, il s’agit
du colonel. Il sort avec Eva, c’est bien ça ?
-Oui, en effet, mais le colonel est
assez discret sur sa vie privée, il n’en parle jamais.
-Mais avant Eva ?
Daniel
secoua la tête :
-Aucune idée. En tout cas s’il sortait
avec quelqu’un ce n’était pas à la base.
Sam
hésitait :
-Vous n’allez pas vous ficher de moi
Daniel ?
-Bien sûr que non Sam !
-Est-ce que le colonel et moi …. Heu…
Daniel
la regarda en souriant :
-Alors là je peux dire que non, où
alors c’était bien caché !
-Vous êtes sûr ?
-Sûr à cent pour cent, non ! Mais je ne suis pas dans vos esprits ni à
l’un ni à l’autre.
-Mais vous n’avez pas remarqué, des
regards, des sourires, une certaine connivence ?
-Non, Sam je suis désolé. Mais pourquoi
toutes ces questions ?
-Parce que je rêve énormément et que je
commence à me rappeler de mes rêves.
-Mais c’est formidable ça, la mémoire
vous revient.
-Gardez cela pour vous Daniel, s’il
vous plait !
Daniel
était un peu déçu. Savoir que leur amie retrouvait la mémoire était formidable
et il aurait aimé l’annoncer à toute la base.
-Pourquoi, vous ne voulez pas qu’on en
parle ?
-Parce que mes souvenirs sont encore un
peu flous, et il y a plein de choses que je voudrais éclaircir avant d’en
parler à d’autres personnes qu’à mon médecin.
-Mais vous en parlerez à Jack ?
-C’est un peu gênant quand même, mais
je pense que je vais oser.
-Je crois que c’est le seul moyen de le
savoir. Il est suffisamment honnête, pour vous dire exactement de quoi il
retourne, même si ça le gêne.
-Vous avez raison Daniel, merci
beaucoup.
Elle
alla trouver le colonel O’Neill qui l’attendait dans la salle de briefing,
déserte à cette heure. C’est là qu’ils avaient décidé de se retrouver,
maintenant qu’elle avait quitté définitivement l’infirmerie.
Sur
la table de nouveaux rapports de mission l’attendaient.
Elle
s’assit et regardant le colonel, elle essaya de faire coller les bribes de son
rêve à la réalité qu’elle avait devant elle. Elle n’y arriva pas.
-Colonel je voudrais aborder avec vous
un sujet privé, très privé ?
Il
la regarda surpris avec une lueur moqueuse dans les yeux.
-Allez-y major, je vous écoute.
-Je voudrais savoir si on est sorti
ensemble tous les deux ?
Il
eut un sursaut :
-Nous sommes tous les deux militaires,
vous êtes sous mes ordres !
Elle
sourit :
-Je savais que vous alliez dire
ça ! Non je veux dire un sentiment, quelque chose qu’on cacherait.
-Pour être honnête avec vous major, de
mon côté c’est non, caché ou pas. Je vous apprécie beaucoup en tant que soldat,
en tant que personne aussi, mais c’est tout, il n’y a rien d’ambigu !
Maintenant si de votre côté… Je ne sais pas, dit-il avec un petit sourire.
Sam
rougit violemment :
-Mon colonel, c’est très gênant.
-Je ne vous le fais pas dire major,
dit-il d’un ton sec.
-Je commence à retrouver la mémoire, je
rêve beaucoup, et mes rêves restent quand je me réveille.
-C’est plutôt une bonne nouvelle
ça ! Non !
-Je ne sais pas mon colonel, si je me
rappelle de choses qui n’ont jamais existé, il aurait peut-être mieux valu que
je ne retrouve rien.
-Je ne sais pas quoi vous dire major,
vous devriez en parler au docteur Frazier. On continue sur les rapports de
missions ? Dit-il après un silence et pour laisser le temps à Sam de se
reprendre. Celle-ci se sentait honteuse.
-Je préférerais arrêter, excusez-moi de
vous avoir importuné.
Et avant qu’il ait eu le temps de répondre elle
sortit presque en courant. Elle était totalement désemparée et
elle se dirigea machinalement vers l’infirmerie.
Elle
tomba en larmes dans les bras de Janet.
-Qu’est-ce qui se passe Sam ?
-J’ai honte
de moi, je n’aurai jamais du faire une chose pareille. Et elle lui relata la
conversation qu’elle avait eue avec le colonel. Janet ne put s’empêcher de
sourire.
-Ce n’est pas drôle Janet, je me suis
couverte de ridicule.
-Mais non, c’est normal ce qui vous
arrive. Le colonel a plutôt été sympa avec vous. Il n’a pas ri !
-Non c’est vrai.
-Vous voyez bien. Je pense qu’il est
temps pour vous de commencer l’hypnose. Le docteur Mac Kenzie, est libre demain
matin, venez à 10 heures.
********************************
Sur
Oranda Victor était inquiet. Il y avait de l’agitation, un nombre de plus en
plus grand de jaffas franchissait la porte. Ils allaient jusqu’au village,
regardaient, posaient des questions et repartaient. Tous les jours de nouveaux
arrivaient. Certains restaient et s’installaient au-delà du village dans
des ruines qui se trouvaient à quelques
kilomètres de chez Victor et Ariana.
Victor avait poussé la curiosité et une nuit prudemment il
s’était déplacé et les avait espionnés.
L’endroit grouillait de jaffas. Ils étaient des dizaines autour des feux
dans une immense clairière. Les deux lunes s’étaient levées à une heure
d’intervalle et la lueur blanche chichement dispensée permettait tout de même
de voir le côté menaçant de cette troupe d’hommes armés et bruyants.
Victor
revint lentement vers sa maison, en se dissimulant le long des arbres. Il
réfléchissait. Comment annoncer à Ariana et aux enfants la catastrophe
imminente. Les jaffas préparaient l’arrivée du Dieu Min. Et Victor savait très
bien pourquoi le dieu venait. C’était pour lui. Il apportait la malédiction
partout où il s’installait. Il fallait fuir à nouveau, avant que tout le village
soit détruit.
Ariana
l’attendait, elle avait couché les
enfants qui s’étaient endormis tout de suite fatigués après une journée de
travail et de jeux.
-Ils arrivent, Ariana, dit-il d’un air
sombre en rejoignant sa femme. Je suis allé à la clairière, ils ont installés
un camp. Il va falloir partir.
-Encore ! Mais nous passons notre
temps à fuir ! Et cela ne sert à rien, il y aura toujours des Goa’ulds
partout où nous irons, tu le sais bien.
-Si nous restons, ils nous tueront, le
village est trop proche de la porte. Nous avons le droit de vivre Ariana. Pense
à nos enfants !
-Je sais, mais cela fait plusieurs fois
que nous fuyons, que nous reconstruisons notre vie ailleurs, et à chaque fois
c’est pareil, et puis nous n’aurons pas toujours la chance que nous avons eue
jusque-là. Tu sais bien qu’un jour cela peut tourner à la catastrophe.
-Oui je sais, mais nous n’avons pas le
choix.
-Et si on contactait nos amis
terriens ? C’est possible
maintenant, O’Neill t’a donné un signal de reconnaissance. On peut communiquer
avec eux, n’est-ce pas ?
-Oui, tu as raison, comme toujours, ma
chérie, lui dit-il en la prenant tendrement dans ses bras. Nous allons
commencer par là. Et puis tu reverras peut être Sam ? Elle doit aller
beaucoup mieux maintenant, elle a peut-être retrouvé la mémoire.
-Depuis
qu’on leur a rendu Sam, SG1 doit avoir retrouvé sa force qu’on lui connaît.
-Je l’espère dit-il. Je vais les
contacter tout de suite. Je reviendrais rapidement. Si je ne suis pas revenu
dans une journée, tu sais ce qu’il te reste à faire ?
-Oui dit-elle dans un souffle, je
partirais avec les enfants et les habitants du village.
********************************
Sam avait eu plusieurs séances d’hypnose
qui avait été un succès. Ces souvenirs revenaient s’imprimer dans sa mémoire
consciente. Elle en était à la fois ravie et troublée. Elle trouvait qu’il y
avait toute une foule de détails qui ne collait pas avec ses souvenirs. Le
docteur Mac Kenzie la rassura sur ce point :
-Vos souvenirs peuvent vous revenir
déformés, par exemple vous vous rappelez
être allée sur une planète, vous vous souvenez des gens que vous y avez
vus, mais vous ne pouvez pas les décrire, ou bien vous n’arrivez pas à
retrouver l’ensemble de la mission. En fait c’est comme si vous regardiez votre
vie à travers un miroir déformant. Vous avez la vue d’ensemble, mais vous ne
reconnaissez pas les détails. Si on vous décrit un de ces détails vous êtes
perdue.
Il
ne faut pas vous inquiéter, vous n’en êtes qu’au début du processus. Tout
s’éclaircira au fur à mesure.
Malgré
ce discours rassurant, Sam était inquiète, plus elle avançait dans sa
découverte d’elle-même et de sa vie, plus elle plongeait dans la confusion.
Elle se rappelait de plus en plus de choses des personnes, de son travail, de
la base, de sa famille. Son père était venu et l’avait serrée très fort dans
ses bras. Lui qui n’était pas trop démonstratif, n’avait pas pu s’en empêcher.
Cela avait fait beaucoup de bien à Sam.
Elle
continuait de rêver, elle voyait un visage dur aux yeux très bruns, avec une
petite cicatrice sur le sourcil gauche,
une belle grande bouche qui lui souriait, à elle toute seule.
Faire
ce rêve la troublait à chaque fois. Pourquoi rêvait –elle de lui sans arrêt et
surtout de cette façon ?
Il
y avait quelque chose qui clochait. Elle décida d’aller voir Teal’c, le seul
avec qui elle n’ait pas parlé en particulier ;
-Je ne vous dérange pas lui dit-elle en
frappant à la porte de ses quartiers. Il se tenait sur le seuil, impassible
comme toujours et s’effaça pour la laisser entrer.
-Pas du tout major Carter.
-Voilà commença t-elle, je suis un peu
perdue, et vous pourrez peut-être m’aider. Il s’inclina sans répondre.
Elle
poursuivit :
-Ma mémoire revient, tous les jours un
peu plus, je peux reconstruire mon passé, mais il y a tout un tas de petits
détails qui clochent. C’est comme si mes souvenirs me donnaient autre chose que
la réalité. Ce sont des petits détails insignifiants, mais par exemple mes quartiers, dans mon souvenir ne sont pas tout à fait au même endroit, ils
sont plus près de l’embranchement des couloirs. Mes meubles me paraissent
disposés d’une autre façon, mon labo n’a
pas tout à fait la même disposition, il me semble que les expériences sur
lesquelles je travaillais étaient différentes.
C’est toute une foule de détails qui me troublent.
-Et qu’en concluez-vous major
Carter ?
-Deux choses
Teal’c. Soit je déraille, ma mémoire me joue des tours, je deviens folle, ou
bien je ne suis pas à ma place ici.
Teal’c
réfléchit un moment :
-Vous ne me paraissez pas folle du tout
major Carter.
-Alors c’est que je ne suis pas à ma
place.
-Si bien sûr, vous faites partie de
SG1. Votre place est avec nous.
-Merci Teal’c.
-Avez-vous pensé que vous aviez pu
subir un lavage de cerveau ?
Sam
pâlit.
-Oh mon Dieu, je n’y avais pas pensé,
c’est ça qui peut être change mes souvenirs !
-C’est tout à fait possible major
Carter.
-Merci Teal’c, je croyais que je
devenais folle. Vous me rassurez.
-Ouverture non programmée de la porte.
-Fermez l’iris, sergent, dit Hammond.
Quelques
instants plus tard un signal de reconnaissance apparut sur les ordinateurs.
-C’est le signal d’Oranda, mon général.
Quelques
secondes plus tard le vortex se déconnecta.
-Envoyez la sonde sur Oranda, on va
voir ce qu’ils nous veulent.
Pendant
ce temps SG1 étaient arrivés dans la salle d’embarquement.
-Bonjour général Hammond, c’est Victor.
Nous avons de gros problèmes ici.
Les
jaffas de Min arrivent en masse, ils s’installent autour du village.
-Ils vous ont attaqués ? Dit O’Neill.
-Pas encore, colonel, mais ils rôdent
dans le village et terrorisent la population. Je ne sais plus comment faire.
-Vous n’avez pas de naquada sur votre
planète, n’est-ce pas ? Dit O’Neill, que cherche Min ?
-Justement, je ne comprends pas,
intervint Sam, les Goa’ulds ne viennent pas par hasard sur une planète. Y
aurait-il un autre minerai ou autre chose dans votre sol ou votre végétation
qui les intéresserait ?
-Sam, je suis content de voir que vous
allez mieux, dit Victor.
-Merci, mais répondez à ma question dit
Sam d’un ton sec.
-Je suis
incapable de répondre, je ne sais pas ce qu’ils cherchent.
-Nous allons réfléchir, Victor, nous
vous recontacterons dit Hammond. Et d’un geste il ordonna la fermeture du
vortex.
-SG1, briefing immédiatement.
Ils
s’assirent autour de la table. C’était le premier briefing de Sam depuis son
retour.
-Il nous cache quelque chose commença
Teal’c.
-Je suis bien d’accord avec vous, dit
Hammond, mais quoi ?
Et
il se tourna vers le major.
-Qu’en pensez-vous major ? Vous êtes restée dans sa maison un certain
temps.
-C’est vrai,
mais les premières semaines j’étais couchée, je n’ai rien vu. Quand j’ai
commencé à me lever j’ai vu que les gens m’évitaient. J’avais eu l’ordre de
Victor de ne pas quitter sa maison, ni son jardin. C’était un jardin avec une
très petite clôture et je voyais les gens passer devant la maison. Ils ne
s’arrêtaient jamais. Ariana s’occupait de moi et de ses enfants. Elle sortait
rarement de chez elle. Par contre Victor s’absentait durant de longues
périodes, il rapportait du poisson ou du gibier, mais quelque fois il revenait
les mains vides. Il passait aussi de très longs moments dans sa cave, une fois
j’ai interrogé Ariana à ce sujet, elle m’a dit qu’il avait un atelier en bas,
et qu’il ne fallait pas le déranger. Mais un atelier c’est bruyant, or il n’y
avait que le silence. Puis d’un seul coup on l’entendait remonter l’escalier.
Il ne parlait jamais devant moi, mais je les entendais chuchoter quand ils
étaient dans leur chambre, mais je n’ai jamais compris ce qu’ils se disaient.
Je suis sûre qu’il cache quelque chose.
Et
je viens de parler avec Teal’c, nous en avons conclu que j’avais peut-être subi
un lavage de cerveau.
A
ce récit le général hocha la tête :
-Cela confirme ce que je pense.
Colonel, il faudra être très prudent, c’est peut-être un piège.
-Oui mon général, nous partons
quand ?
-Tout de suite dit Hammond.
-Mon général, dit Sam, je peux me
joindre à eux ? Je voudrais bien parler à Victor.
-Veillez bien sur elle colonel !
-Comptez sur moi mon général.
C’était
la première mission de Sam depuis sa blessure. Elle était un peu émue en
franchissant le shapaï, elle sentait que derrière la flaque bleutée il y avait
la solution.
Leur
arrivée ne passa pas inaperçue. Ils furent accueillis par le village tout
entier qui vint à leur rencontre. Victor se tenait au milieu de son peuple et
les attendait. Il n’y avait pas de jaffas en vue.
O’Neill
était méfiant il s’approcha lentement du groupe de personnes tout en regardant
tout autour de lui.
-Où sont les jaffas ? Dit –il
sèchement.
-Dans les ruines près du village, pour
le moment ils nous laissent à peu près tranquille, ils se contentent de piller
nos provisions et de détruire nos jardins, mais ils n’ont tué aucun de nous et
ne surveillent pas les personnes qui arrivent.
-On peut aller dans un coin tranquille
pour discuter ?
-Oui, bien sûr, venez chez moi.
Ariana
s’était rapprochée de Sam. Elle lui prit la main :
-Vous avez bonne mine, je suis contente
pour vous. Oh dit-elle en écartant les cheveux de la jeune femme on ne voit
presque plus votre cicatrice !
-Oui, dit Sam en souriant, Janet notre
médecin a fait des miracles.
Tout
en bavardant les deux jeunes femmes suivaient le groupe formé par Daniel,
Teal’c, O’Neill et Victor. Les autres villageois étaient rentrés chez eux.
Ils
s’installèrent dans la grande pièce du rez de chaussée.
O’Neill
attaqua bille en tête :
-Et maintenant, si vous nous disiez
tout !
-Il faut que l’on quitte le village, il
y a de plus en plus de jaffas.
-Mais que cherche Min, sur votre
planète ?
-Je ne sais pas dit Victor à voix
basse.
O’Neill
se leva, furieux,
-On s’en va, on perd notre temps ici.
Allez en route !
-Ne partez pas dit Ariana proche des
larmes. Nous avons besoin de vous.
-Mais si vous ne nous dites pas tout,
on ne pourra rien faire, dit Sam. Et puis je voudrais voir le médecin qui m’a
soignée, mon colonel !
-Ok Carter. Et se tournant vers Victor,
On peut le voir ce toubib !
Victor
hésitait, O’Neill le prit par le col et cria :
-Arrêtez de nous faire marcher !
Il est où ce docteur ?
-Il est mort répondit Ariana d’une voix
douce.
-Ben voyons ! C’est évident. Maintenant cela suffit gronda
O’Neill. Nous voulons savoir la vérité !
Victor, venez avec moi, je veux vous parler seul à seul. -Jack hasarda Daniel, ce n’est peut être pas
…
-Daniel coupa O’Neill, ce n’est pas le
moment !
-J’ai entendu parler d’un atelier que
vous avez dans votre cave, allons-y.
O’Neill
ne l’avait pas lâché et le poussait déjà dans les escaliers. Victor ne put même
pas protester, la poigne d’O’Neill était irrésistible, il ne pouvait qu’obéir.
Quelques
instants plus tard O’Neill remonta de la
cave, il appela :
-Venez
voir major dit-il à Sam. Et il l’entraîna à sa suite dans les escaliers.
Ils
descendirent l’équivalent de plusieurs étages, et arrivèrent dans une petite
pièce où un objet de la taille d’un homme occupait le centre.
Sam
resta pétrifiée :
-Oh dit –elle seulement !
-Vous savez ce que c’est ?
-Oh oui !
Ils
entendirent des pas dans les escaliers, leurs amis venaient les rejoindre.
-Qu’est-ce que c’est que ce truc ?
Dit Daniel.
Sam
furieuse se tourna vers Victor :
-C’est ça que veulent les
Goa’ulds ?
Victor
hocha la tête en silence.
-Il faut vous en débarrasser Dit
O’Neill. Ils vous laisseront tranquille après, quand ils verront que vous
n’avez rien d’intéressant sur votre planète. C’est toujours comme ça qu’ils
font.
Pendant
ce temps Daniel faisait le tour de l’objet. Il était intrigué.
-Vous connaissez cela Sam ? C’est
étrange, on n’en a jamais vu ici.
-Et pourtant nous l’avons utilisé deux
fois.
-Je suis sûr que non dit Daniel. Vous
vous en souvenez Teal’c ?
-Pas du tout Daniel Jackson.
Le
regard de Sam passait de Victor à la machine au milieu de la pièce, elle pâlit
si fort que Daniel s’en inquiéta ;
-Vous allez bien Sam ?
Elle
était en colère, elle venait de comprendre, pourquoi la mémoire lui jouait des
tours.
-C’est vous qui avez manigancé tout
cela dit-elle à Victor. Vous avez
profité de mes pertes de mémoires, pourquoi avez-vous fait
cela ?
-Que se passe t-il Carter ?
-Dans un sens je suis soulagée, mon
colonel ! Mais il s’est joué de
nous depuis le début. Je vais tout vous expliquer.
***************************
La Cheyenne Mountain gisait
comme un tombeau au fond de la nuit. Le silence était partout. Quelques gardes
se tenaient immobiles dans les couloirs comme des statues vivantes. Les
lumières étaient au plus bas, c’étaient les petites heures de l’aube et le silence n’était rompu que par le ronronnement des
ordinateurs.
Chacun dans ses quartiers
essayait de trouver le repos. Mais c’était difficile. SG1 était sur le point
d’être démantelé, O’Neill parlait de retraite. Daniel se terrait dans son
labo toute la journée. Teal’c souhaitait
reprendre la lutte avec les jaffas libres. Ils évitaient de se parler pour ne
pas voir dans le regard de l’autre le
reflet de sa propre souffrance.
Jack ne trouvait pas le
sommeil, il se tournait dans son lit, et s’il fermait les yeux, c’était un
corps sanglant qu’il voyait, le corps du major qu’il avait dû abandonner. Il
s’en voulait terriblement. Mais pourquoi
ne suis-je pas resté avec elle ?
Tout aurait été si simple !
Le SGC avait perdu son âme.
Et pourtant la lutte n’était pas finie, il restait tant de Goa’ulds dans la
galaxie ! Mais c’était un combat jamais fini, et O’Neill voulait laisser à
d’autres le soin de poursuivre la lutte. Il était tellement fatigué !
Janet avait analysé les
échantillons de sang et de sable que SG1 lui avait rapportés. Tous, ils contenaient
l’ADN de Sam. Son chemin sanglant s’arrêtait aux ruines du village. En
particulier à la maison d’un certain Victor.
O’Neill fit fouiller les
ruines, la trace de Sam se perdait dans la cave de la maison. C’est là sans
doute qu’elle avait dû mourir et son corps avait du être enterré avec les
autres morts du village.
******************************
-Ce que vous avez devant vous est un miroir
quantique, il permet de passer d’un monde à l’autre, dit Sam. Ce que je pressentais depuis un moment, je le
comprends maintenant, je n’appartiens pas à cet univers ! Je ne sais pas
comment j’y suis arrivée mais je soupçonne Victor de m’y avoir transportée.
Tous
les regards se tournèrent vers l’homme qui n’en menait pas large. O’Neill avait
son arme qui se pointait dangereusement sur lui.
-Expliquez-vous ! Dit-il
sèchement.
Et
comme Victor hésitait encore, il insista, son arme se fit encore plus menaçante
et il s’approcha d’un pas en direction de l’homme terrorisé.
Celui-ci
tomba à genoux :
-Pitié, ne me tuez pas, j’ai fait ce
qui était le mieux pour mon village. Je vais tout vous expliquer. Mais baissez
votre arme, je vous en prie.
O’Neill
baissa son arme et ils s’assirent tous sur le sol, pour écouter le curieux
récit de Victor. Ariana était venue les rejoindre. Au milieu d’eux l’étrange
objet de toutes les discordes semblait bien inoffensif.
-J’ai trouvé cet objet tout à fait par hasard. Notre maison est
bâtie sur l’ancien palais de Min. Il y a environ quatre mille ans notre planète regorgeait de naquada et Min
avait asservi toute notre population. Il vivait en permanence ici dans un
immense palais qu’il avait fait construire. Puis un jour il y a environ mille
cinq cents ans, il y eut une attaque de Baal. Min s’enfuit par la porte des
étoiles. Baal fit raser le palais, mais l’engin ne fut pas trouvé, Baal
ignorant son existence, et le caveau
dans lequel nous sommes actuellement est bien caché par un passage secret. Les filons de naquada étaient déjà presque
épuisés à cette époque, et Baal ne resta pas sur la planète.
Il y a environ un an Min est revenu, pas ici, mais dans
une autre réalité. Il a rasé le village et tué une partie de la population.
Mais il n’a pas trouvé le passage secret. Je me suis dissimulé avec Ariana et
les enfants et quelques membres de notre communauté qui avait échappé au
massacre. Nous avons passé le miroir et atterrit dans un autre monde où Min
était déjà passé. Mais ce n’était aussi que ruines et destructions. Nous avons
fait plusieurs tentatives, et finalement nous sommes arrivés ici. Mais curieusement il n’avait pas rasé le
village, les maisons étaient intactes, mais la population était partie, sans
doute de la même façon que nous. Nous avons décidé de rester ici. Seulement le
Min de cette réalité nous poursuit et je
suppose qu’il recherche aussi le miroir.
-Vous avez emmené Sam, depuis une autre
réalité ? Dit Daniel, mais pourquoi ? Vous auriez pu prendre contact
avec la base de cette réalité là ?
-Oui j’aurais pu, mais j’ai
préféré l’emmener avec nous. Nous vous avons
vu à l’œuvre, et nous savons que le SGC sans le major Carter, ne serait plus
pareil. Avec Min qui devient si menaçant, on a trop besoin de vous.
-Où est notre major Carter dit Teal’c.
-Hélas elle est morte, je l’ai trouvée
près de la porte quand j’ai exploré la planète, il n’y avait rien à faire.
Un
silence de mort s’était abattu dans la petite pièce. Ils regardaient Sam comme
s’ils ne l’avaient jamais vue.
-Ainsi donc vous êtes Samantha Carter
sans l’être ? Dit O’Neill.
-Oui, dit Sam, je sais que c’est un peu
dur à comprendre, mais…
-Dur à comprendre ! Non ! Pas
du tout ! Dit O’Neill sarcastique ! On perd un major, on en retrouve
un autre, mais ce n’est pas le bon !
Il
secouait la tête, un peu perdu, mais ne comprenant qu’une chose, il ne reverrait
jamais la vraie Sam Carter de son monde à lui, et ça c’était une perte
irréparable ! Ils auraient beaucoup de mal à la remplacer. Leur équipe ne
serait plus jamais la même.
-Et je suppose que vous voulez rentrer
chez vous ? On fait comment pour la ramener ? Demanda t-il à Victor.
-Il suffit d’utiliser ce dispositif,
dit celui-ci en montrant un petit objet avec un écran et des boutons. Mais cela
ne va pas être simple ! J’ai fait plusieurs voyages avant de venir ici.
Tous les mondes que j’ai parcourus ont tous reçus la visite de Min. Le Min de
chaque monde est identique. Il recherche le miroir quantique. Il y a une
dizaine de monde déjà détruits par les hordes de jaffas du Dieu. Je suis
incapable de savoir lequel est le bon.
-Dans ce cas Dit Sam, il faut tous les
essayer.
-Mais comment savoir, après il faudra
contacter le SGC, mais comment ? Dit Victor.
-Est-ce que dans tous les mondes il y a
des traités avec la Terre demanda O’Neill ?
-Je ne sais pas, il n’ y a pas d’autre
moyen que d’y aller voir.
-Il vaudrait mieux commencer tout de
suite dit O’Neill, mais avant je dois
prévenir le général Hammond de la situation.
Une
heure plus tard il était de retour devant le miroir avec ses amis.
Ils
choisirent un monde en ruines parmi tous ceux qu’ils virent à travers l’objet.
De
l’autre côté ils remontèrent dans la maison de Victor et débouchèrent sur une
esplanade déserte. Le shapaï fut vite atteint.
-Et maintenant que fait-on demanda
Daniel. On fait le code de la Terre ?
Et
s’il y a un iris ?
-On introduit les symboles, puis on enverra un message par la porte, on verra bien si on
a une réponse.
-Je peux essayer le code que j’ai pour
me faire reconnaître dit Victor on ne sait jamais.
-Ça me parait très aléatoire dit Sam,
il y a peu de chance que ce soit le même code. Non je crois qu’il faut passer
par une planète Tok’ra. En espérant que ce soit les mêmes et qu’ils aient un
signal d’accès.
Ils
durent faire plusieurs essais. Cela leur prit beaucoup de temps, et d’énergie.
Mais à chaque fois ce n’était pas le bon monde. Dans tous Sam était vivante, il
y avait des différences, un monde où O’Neill était mort, un autre où Daniel
n’avait pas fait l’ascension. Ils commençaient à désespérer quand ils
arrivèrent sur une Terre où Sam avait disparu depuis trois mois.
L’équipe
était prête. Fous d’espoir ils attendaient avec impatience l’ouverture du
vortex.
Ils
furent surpris de voir des doubles d’eux-mêmes. Ils avaient déjà connu cette
expérience mais cela faisait toujours un effet étonnant. Ils se dévisageaient
sans rien dire. Sam s’approcha d’eux et eut un doute était-ce la bonne équipe
SG, celle à laquelle elle appartenait.
-Il faut que j’aille voir dit-elle à ceux
avec qui elle vivait depuis trois mois.
-Faites attention à vous ! Dit
simplement O’Neill. Daniel l’encouragea d’un sourire et Teal’c S’inclina.
Elle
accompagna SG1 jusqu’à la porte des étoiles. Ils ne parlaient pas. La situation avait quelque chose de gênant
que Sam ressentait, elle ne s’était pas attendue à des éclats de joie. Cette
équipe là connaissait le miroir quantique, c’était déjà un bon début. Elle
attendait d’être arrivée à la base.
Tous étaient prévenus qu’une Sam allait venir, mais
personne ne savait si c’était bien la leur. Il fut décidé qu’elle resterait un
moment pour se faire une idée, si ce qu’elle retrouvait cadrait avec ses
souvenirs, elle resterait. Et puis s’il y avait un doute elle retournait sur
Oranda pour trouver une autre voie.
Elle
descendit lentement la rampe, alla saluer le général Hammond.
-Vous savez, mon général, je
n’appartiens peut-être pas à cette réalité. Il me faut passer un certain temps
parmi vous pour en être sûre. Je sais ce que cela peut avoir de difficile pour
vous, je m’en excuse.
-Mais vous savez, major, dit le
général, si vous vous plaisez ici, vous
pourriez rester.
Sam
poussa un ouf de soulagement et un sourire éclaira son visage :
-Merci mon général. Où j’étais, je
savais que ce n’était pas chez moi. Pourrais-je visiter la base
maintenant ?
-Bien sûr.
-Merci, je voudrais que ce soit Daniel
qui me fasse faire la visite, comme dans l’autre réalité.
L’attitude
du colonel la déroutait un peu. Il se contentait de la regarder, mais ne
souriait pas. Peut-être se méfiait-il ? Daniel et Teal’c avaient un air
naturel et semblaient contents qu’elle soit là. Une angoisse sourde la
tenaillait, s’il a cette attitude, c’est qu’il ne me reconnaît pas. L’opération
réalisée par Janet était excellente, elle avait retrouvé un visage agréable à
regarder, mais il avait d’infimes
changements qui la modifiaient un peu. Son sourire était un peu différent. Elle
s’était étudiée longuement dans une glace. Elle avait aussi changé de coiffure
pour dissimuler son front qui gardait malgré tout, une très légère déformation.
Peut-être qu’O’Neill ne la reconnaissait pas tout à fait.
-Et si on commençait par le
mess ? Dit Daniel.
-Volontiers, j’ai une faim de
loup ! Dit-elle.
Elle
pénétra la première dans le mess et alla directement à la table du fond qu’elle
se rappelait dans son souvenir. C’était la bonne table.
Elle
prit du poulet et des pommes de terre, et s’offrit deux desserts : une
gelée bleue et une énorme part de gâteau
au chocolat.
-Vous avez faim ? Dit Daniel en
riant
-Oh oui. Elle se sentait déjà mieux. Le
personnel du mess la regardait en souriant, visiblement ils se posaient moins
de questions que ses amis.
Teal’c
vint les rejoindre et ils passèrent un moment agréable à discuter de leur vie
au SGC.
A
un moment Sam s’étonna :
-Le colonel O’Neill ne vient pas
manger ? Ne me dites pas qu’il dîne en ville avec Eva Jordan !
-Eva ? Dit Daniel. Mais c’est un
toubib ! Jack n’est pas maso à ce point !
Il
la regarda plus attentivement :
-Oh je vois, dans l’autre univers, Jack et ….
-Oui, c’est ça dit Sam, et cela m’avait
paru très bizarre.
-Ah Oui ? Dit Daniel
malicieusement, et votre petit cœur a
souffert ?
-Daniel !
-Bon ça va ! Je me tais !
Sam
se sentait de mieux en mieux. Elle reconnaissait tous les endroits où elle
passait, ses quartiers eux aussi étaient totalement comme dans son souvenir.
Elle passa une nuit calme et ne fit pas de cauchemars depuis bien longtemps.
Elle
passa trois jours à renouer des contacts, à reprendre pied dans sa réalité.
Elle parla avec tout le monde, reprit le chemin
de son labo, où elle retrouva les expériences qu’elle avait laissées
avant son départ.
Dans
la salle de réunion, ils étaient tous là. Sam était un peu perdue tout de même.
Cette salle et l’autre étaient identiques. Les visages autour de la table
étaient graves.
-Alors major ? Dit le général
Hammond. Comment vous –sentez-vous ?
-Très bien mon général.
Elle fit le tour des visages autour de la
table et quand elle vit le grand sourire d’O’Neill et sa lueur malicieuse dans
le regard, avec un petit quelque chose en plus, elle sut enfin qu’elle était rentrée chez
elle.
FIN