SI PEU D’IMPORTANCE
Fic
25
Mai
2004
Epoque : début saison 7
Disclaimer : Les personnages de Stargate ne
m’appartiennent pas. Le personnage de Lucy Mac Gregor reste ma propriété, ne
pas l’utiliser.
Genre : Aventure
Résumé : Un membre de SG1 est accusé de trahison.
Classification : Accord parental souhaitable
La
lettre était posée sur la table devant elle.
Sam
regarda attentivement le papier, c’était une feuille tout à fait ordinaire de
dimension A4. Le grain était épais, comme du papier qu’on utilise pour
photocopier.
« Il y a un traître au SGC »
La
lettre était manuscrite avec une écriture déformée, ou une écriture d’enfant.
Elle était écrite au stylo à bille et ne présentait aucun signe particulier
permettant d’identifier son auteur.
Sam
soupira, et mit la lettre dans un tiroir. Elle pensait que c’était une blague
de mauvais goût, et se promit d’en parler au général à la première occasion.
La
deuxième lettre ce fut le colonel O’Neill qui la reçut. N’étant pas à la base
quand elle arriva, il ne la vit pas tout de suite. La lettre fut glissée sous
la porte de ses quartiers. Quand il rentra il jeta un coup d’œil rapide sur
l’enveloppe, la mit dans un tiroir de sa table de nuit sans l’ouvrir, et
l’oublia.
Ce
matin là le briefing réunit SG1 et le général Hammond.
-Docteur Jackson pouvez-vous nous
parler P6T654 ? Commença le général Hammond.
Daniel
se lança dans de longues explications sur cette planète appartenant à un
lointain système solaire. Une planète dirigée par Tefnout.
-Tefnout fait partie de ce qu’on
appelle les déesses dangereuses, avec Hathor, Bastet, et Sekhmet, elles sont
toutes filles du soleil. Elles sont redoutables, car elles ont une force issue
du soleil, elles sont brûlantes, aveuglantes, destructrices. Elles doivent lutter en permanence contre les
forces et les puissances du chaos. Il ne fait pas bon se mettre sur leur
passage.
-Hathor ? Dit O’Neill, on l’a
tuée ! Je m’en suis chargé personnellement !
-Bien sûr, je ne la nommais que pour
l’associer aux autres déesses.
Hammond
écoutait attentivement les explications de Daniel, il poursuivit :
-Expliquez-nous ce qui vaut le risque
que l’on affronte cette Goa’uld ?
-J’y arrive mon général. Dans notre
précédente visite sur la planète P6T655, qui comme vous le savez est la planète
la plus proche de celle qui nous intéresse, et qui appartient aussi à Tefnout,
j’avais rapporté un vase recouvert d’étranges inscriptions que j’ai réussi à
déchiffrer, dit-il non sans fierté. Ce n’était pas simple car c’est une langue
assimilée à…
-Docteur Jackson l’interrompit Hammond,
et si vous alliez directement au
fait !
-Heu… Sur le vase, les inscriptions
parlaient de la déesse Tefnout, d’un métal rare et précieux, et d’une arme.
Comme vous le savez la déesse a quitté depuis longtemps cette planète et
maintenant elle est sur P6T654 que je nommerai « Alama »
-Une arme dit Hammond. Colonel qu’en
pensez-vous ?
-Je pense dit O’Neill, que ça vaut peut
être le coup d’aller y faire un tour.
Hammond
donna son accord à condition que l’on envoyât une sonde.
Les images de la sonde montrèrent une planète au climat
désertique. Il n’y avait autour de la porte que quelques plantes rabougries,
des déserts, des rochers, aucune présence humaine à portée de vue de la sonde.
-Vous partirez pour Alama dans une
heure.
Lucy
Mac Gregor referma soigneusement la porte de sa chambre. Elle s’adossa au
battant de la porte et poussa un soupir. Elle avait cru que cette journée ne se
terminerait jamais. C’était toujours la même histoire. On recevait les images
d’un UAV, ou d’une sonde, des milliers de données étaient stockées dans les
entrailles des ordinateurs et c’était à elle Lucy de dégager tout ce qui
pourrait être susceptible d’être intéressant pour une future mission. Pour ce
travail naturellement elle n’était pas seule.
Le major Samantha Carter dirigeait les opérations, deux ou trois
informaticiens comme elle étaient sur le pied de guerre durant de longues
heures. De plus son travail à elle, consistait à présenter des documents
suffisamment succincts mais complets pour les briefings de préparation aux
missions. C’était un travail extrêmement minutieux, et la moindre erreur
pouvait s’avérer catastrophique pour les explorateurs.
Lucy
sentait la tension sur ses épaules, son dos était douloureux, et elle alla s’allonger
un moment sur son lit. Elle était à la base depuis le début du programme mais
curieusement elle s’était fait très peu d’amis, juste des connaissances de
travail. C’était une jeune fille timide au physique banal, aucune chance de
décrocher le gros lot, et pourtant cette base ne manquait pas d’hommes jeunes
et séduisants. Elle se releva et s’examina sans complaisance dans le miroir de
son cabinet de toilette. Elle vit une femme encore jeune, elle allait fêter ses
trente ans la semaine prochaine, en fin fêter, c’est une façon de parler pensa
t-elle, seule dans ses quartiers comme d’habitude. Son visage était rond, elle
avait des yeux gris pâles, des cheveux châtain
coupés court, de plus elle était complexée par quelques kilos
supplémentaires, contre lesquels elle livrait un combat perdu d’avance.
Elle
s’était engagée dans l’armée un peu par dépit, pour fuir la solitude. Il est
vrai qu’elle était rarement seule au sens propre du terme, mais sa solitude
n’était pas physique mais morale. Depuis six ans qu’elle était là, elle était
sûre que les personnes qui connaissaient son nom se comptaient sur les doigts
de la main. Même le major Carter l’appelait « lieutenant …. » comme
si elle cherchait son nom à chaque fois qu’elle lui adressait la parole.
Pourtant s’entendre appeler « Lieutenant Mac Gregor » lui aurait fait
un bien fou.
Elle
avait l’impression d’être totalement invisible dans cette base, elle passait
dans les couloirs, rasait les murs, évitait le regard des autres, pourtant à chaque fois qu’elle croisait un
gradé elle faisait un salut impeccable, on lui répondait certes, mais de façon
si impersonnelle, avec toujours dans le regard une sorte d’étonnement «
mais c’est qui celle-la ? »
Lucy
écrasa une larme de rage sur sa joue. Depuis quelque temps déjà elle avait
décidé que tout cela changerait. Elle ne savait pas comment elle allait s’y
prendre. Sans doute commencer par changer un peu son aspect physique.
Grâce
à un régime draconien qui la laissa épuisée et frustrée elle perdit dix kilos.
Finalement
elle n’obtint pas l’effet escompté, on la regarda encore moins. Elle passait
diaphane au milieu d’eux, faisait son travail correctement, ne se faisait pas
remarquer, mais jamais elle n’avait un remerciement ou un compliment pour ce
qu’elle faisait. C’était normal, c’était son boulot.
Depuis
le retour de Daniel Jackson, elle se sentait mieux. Il lui avait manqué, quand
il était « mort » elle avait pleuré. Furieuse elle s’était aperçue
que la vie avait continué à la base, personne n’avait l’air de le regretter,
même son équipe avait pris une autre personne, Jonas Quinn. Elle n’avait rien
contre ce jeune homme au demeurant sympathique, mais elle ne comprenait pas
l’attitude des membres de SG1. Sa position de « petite souris » au
centre de la base, lui avait permis d’entendre et de comprendre bien des
choses. Elle les avait beaucoup espionnés. Au mess elle s’arrangeait pour se
mettre à une table près d’eux, mais elle leur tournait le dos, comme ça elle
pensait que ce serait plus discret. Elle ne comprenait pas pourquoi ils ne
parlaient jamais du docteur Jackson. Elle ne comprenait pas cette fausse pudeur
des sentiments, et pourtant elle savait qu’il avait compté beaucoup pour eux.
Du moins elle l’avait supposé.
Depuis
son retour, elle espérait un changement, elle ne savait pas trop quoi. Mais son
cœur battait plus vite dès qu’elle le voyait. Elle bénissait sa perte de
mémoire, car elle ne voulait pas qu’il se souvienne du jour où elle lui avait
fait des avances. C’était il y a bien longtemps, mais elle en éprouvait encore
de la honte aujourd’hui. Elle avait mal interprété un geste gentil qu’il avait
eu envers elle, et avait cru qu’elle ne lui était pas indifférente, alors elle
avait voulu l’embrasser. Mais il l’avait repoussée, doucement certes, mais
repoussée quand même.
De loin elle
l’observait, elle aimait son profond regard bleu, son sourire si doux, ses
larges épaules. Elle était si insignifiante au centre de la base, qu’elle
sentit qu’elle allait pouvoir marquer un grand coup, et que personne ne
songerait d’où viendrait l’attaque. Elle sèmerait le doute entre eux, elle les
monterait les uns contre les autres, elle avait trouvé l’idée qui ferait d’elle
sans que personne ne le sache la personne la plus importante de la base. A
force de passer inaperçue au milieu d’eux, elle ressentait de la haine à leur
égard. Elle voulait avoir un rôle
important, que l’on tienne compte de ce qu’elle était, que l’on reconnaisse sa
valeur. Si elle n’y arrivait pas par son travail et par ce qu’elle était, elle
le ferait d’une autre manière. Elle créerait la zizanie entre eux, elle les
déstabiliserait, puis elle se régalerait des résultats obtenus.
Depuis
deux jours qu’elle avait posté les deux
lettres, elle ne dormait plus. Dans sa chambre elle se repassait en boucle les
derniers évènements. Le choix du papier, du stylo, vingt fois, trente fois elle
s’était exercée à écrire sa phrase, d’une façon tellement déformée que personne
ne puisse reconnaître son écriture. Maintenant elle attendait. Le temps lui
paraissait long, aucune réaction, pourtant elle avait écrit au major Carter, et
au colonel O’Neill.
A
19 heures elle se rendit au mess. Il n’y avait personne à la table qu’elle
occupait habituellement, et elle changea de place, elle se mit face à la table
vide qu’occupait SG1 habituellement.
Le
major Carter entra se servit et revint avec son plateau. Daniel
entra à son tour et se mit face au major. Elle le voyait parfaitement il était
juste en face de lui. Elle replongea dans son désert.
-Alama n’était pas du tout comme je me
l’imaginais commença Daniel.
-C’est vrai qu’il n’y avait aucun
temple, dit Sam en engouffrant une cuillerée de gelée bleue.
-C’est bon votre truc ? Dit Daniel
avec un air surpris sur le dessert de Sam
-Délicieux, fit-elle d’un air gourmand.
-Ah bon, ça a goût de quoi ?
-De miel.
-Du miel bleu ?
Il
furent interrompu par l’arrivée de Teal’c et du colonel O’Neill.
-Ca va mon colonel ? Demanda Sam
en voyant arriver son supérieur avec le visage rouge et en sueur.
-Oui, major c’est ma fierté qui ne va
pas bien.
-Ah je vois, Teal’c vous a encore battu
à la boxe !
-Encore ? Ca m’est arrivé de le
battre !
-Ah oui quand ça ? Dit Daniel
surpris.
-Avec le
bracelet d’Anise.
-Je ne m’en souviens pas dit Daniel en
hochant la tête.
Lucy
en avait assez entendu, cela l’énervait de les écouter, elle prit son plateau
vide et repartit vers ses quartiers.
Ce
fut Daniel qui reçut la 3ème lettre. Il la lut avec un certain étonnement, et
alla directement avec son papier à la main à la recherche d’un membre de son
équipe. Il rencontra le colonel O’Neill.
-Regardez Jack ce que je viens de trouver,
glissé sous ma porte. Et il lui tendit l’enveloppe.
O’Neill
la regarda attentivement,
-Ca me rappelle quelque chose, c’est
quoi ?
-Une lettre anonyme.
-Quoi ! Venez avec moi. Je crois
que j’en ai eu une aussi.
-Vous croyez ? Dit Daniel surpris.
-Oui bougonna O’Neill, je n’ouvre pas
toujours mon courrier.
Il
trouva la fameuse lettre qu’il avait oubliée au fond d’un tiroir. C’était
exactement le même avertissement « il y a un traître au SGC »
-On devrait aller voir si Sam et Teal’c
n’en ont pas reçu aussi, et peut-être en parler au général Hammond dit Daniel.
Si
Sam fut étonnée de les voir tous les deux dans son labo à une heure aussi
tardive elle ne dit rien et attendit qu’ils se décident à parler.
-Dites-moi major, vous n’auriez pas
reçu par hasard une feuille comme ça ? Dit O’Neill en lui tendant la
lettre.
Elle
sursauta :
-Si, mais cela fait plusieurs jours, et
j’ai pensé à une mauvaise plaisanterie. J’ai voulu en parler au général, mais
j’avoue qu’avec la mission sur Alama, j’ai eu d’autres soucis, et j’ai oublié.
Vous pensez qu’on doit en parler au général Hammond mon colonel ?
-Certainement, mais ça peut attendre
demain. Comment se fait-il que vous soyez encore au travail major ? Dit
O’Neill avec un air sévère. Vous avez vu l’heure qu’il est ?
-Mon colonel, il faut absolument que je
termine ce travail pour demain, le général Hammond attend mon rapport, j’en ai
encore pour une heure. Après je le jure, j’arrête.
-Une heure ? Pas plus !
-Oui mon colonel. Dit-elle en souriant.
Lucy
passa dans le couloir juste au moment où Daniel et le colonel sortaient du labo
du major. Elle vit très nettement O’Neill glisser un papier dans sa poche. Son
cœur battit un grand coup dans sa poitrine. L’offensive était lancée, elle ne
pouvait plus reculer.
Elle
salua très réglementairement :
-Bonsoir mon colonel !
-Bonsoir Lieutenant ….
Naturellement
lui non plus ne savait pas son nom et comme il avait l’air d’attendre quelque chose ;
-Lieutenant Mac Gregor pour vous servir
mon colonel.
-Repos lieutenant,
Cet
échange n’avait duré que quelques secondes, et déjà O’Neill et Daniel
disparaissaient à l’angle du couloir. Lucy serra les poings et se dirigea d’un
pas rapide vers ses quartiers.
Elle
prépara la deuxième vague et une partie de sa nuit se passa à essayer de
trouver la bonne phrase. Elle fit plusieurs essais et mit de côté les feuilles
de brouillon, pour les jeter en dehors de la base. Elle était très prudente et
savait bien qu’on commencerait par fouiller les quartiers du personnel, dès
qu’une enquête serait commencée.
Le
lendemain elle était à son poste au-dessus de la salle d’embarquement, elle
surveillait la mise en fonctionnement de la porte avec le sergent Davis.
L’enclenchement des chevrons était fait par un super ordinateur qui remplaçait
le DHD qui manquait tant au SGC. C’était une procédure de mise en route
complexe, truffée de dispositifs de sécurité. Elle requerrait toute l’attention
de la jeune femme. L’équipe qui se présenta en zone d’embarquement était SG4.
Ils partaient pour une mission de vingt-quatre heures. Il y avait toujours des
équipes sur le terrain. SG2 et SG16 devaient rentrer respectivement à 16 h et
21 h. Quant à SG1 ils n’étaient pas attendus avant demain.
Après
le départ de l’équipe elle se remit au travail sur les données reçues de la
planète Alama. Des centaines d’informations étaient stockées, sur le climat,
l’état du sous-sol, en particulier le taux de naquada contenu dans les mines.
L’emplacement des différentes mines. Il y avait aussi de nombreux
renseignements sur le soleil de la
planète, ses deux lunes et son satellite naturel qui tournait en orbite autour
d’elle. Suite à la visite de SG1 sur cette planète d’autres renseignements avaient
été ajoutés en particulier sur la population, l’architecture, la civilisation,
l’histoire du peuple d’Alama. Ce que l’on ne savait pas pouvait être extrapolé,
c’est là que son rôle était important. Il fallait être capable de synthétiser
les données, en faire des statistiques, et en sortir quelque chose de
suffisamment cohérent pour être exploité.
Imperceptiblement
elle modifia quelques données, de façon que les conclusions du rapport changent
quelque peu. Oh ce serait insoupçonnable. Tous les jours elle ferait de petites
rectifications, des transformations insensibles qu’elle seule connaîtrait. Et
quand elle corrigerait ces anomalies, elle passerait pour quelqu’un de très
fort, peut-être qu’on la verrait à ce moment-là. On la remarquerait, le général
Hammond ne pourrait plus se passer d’elle, Samantha Carter reconnaîtrait sa
valeur. Et peut-être que le colonel O’Neill la saluerait d’un « Lieutenant
Mac Gregor » au lieu de l’habituel et désespérant
«lieutenant…heu … »
Elle
se contenta de toucher à trois ou quatre petites choses pas très
significatives, pour commencer.
Son
travail de sape serait long. Il fallait qu’il soit discret. Elle lança son
hameçon et attendit. La deuxième lettre ce serait pour demain.
Quand
Sam ouvrit sa porte ce soir-là elle vit tout de suite l’enveloppe sur le sol.
Intriguée,
elle l’ouvrit aussitôt et reconnut l’écriture. Cependant le message était
différent :
« Le traître fait partie de
SG1. »
Elle
décida d’aller voir immédiatement le général Hammond.
Le
général Hammond était sorti de la base. Elle hésita un instant puis se décida à
aller frapper à la porte du colonel O’Neill.
Il
ouvrit de grands yeux ronds quand il la vit sur le pas de sa porte.
-Major ? Il eut un léger sourire.
-Je peux vous parler mon colonel ?
Il
ouvrit tout grand sa porte, et la laissa entrer. Comme il ne bougeait pas elle
le frôla presque pour entrer.
-Que me vaut l’honneur de votre visite
à une heure aussi tardive major ?
-Je ne vous ai pas réveillé j’espère
mon colonel dit-elle avec un faux air contrit.
-Je n’étais pas couché.
Il
attendait qu’elle parle.
-J’ai reçu ça ce soir mon colonel. Et
elle lui tendit la lettre.
Sans
répondre il alla chercher celle qu’il avait reçue et les compara.
-Visiblement c’est de la même personne.
Mais je ne vois pas du tout qui peut s’amuser à faire de pareilles choses,
c’est stupide.
-Je suis bien d’accord avec vous mon
colonel, dit Sam. Il n’empêche que c’est très désagréable ce genre de choses.
J’ai voulu en parler au général Hammond, mais il est sorti de la base.
-Savez-vous si Daniel et Teal’c en ont
reçu aussi ? Dit O’Neill
-Daniel en a eu une, oui, j’en ai parlé
avec lui, et Teal’c aussi. Que fait-on mon colonel ?
-Je vais voir avec Hammond demain, mais
je pense qu’il va falloir faire une enquête, et c’est très désagréable ce genre
d’enquête, car tout le monde est suspect. Et puis c’est une perte de temps.
Mais c’est la procédure.
Un
briefing d’urgence réunit ce matin là SG1 et le général Hammond. Il était
question du corbeau.
Lucy
se trouvait près de la salle de réunion quand le général Hammond entra et la
porte étant restée entr’ouverte elle écouta, tout en faisant semblant de travailler à un dossier urgent.
Le
général prit la parole très vite :
-Nous avons un gros problème, vous avez
tous reçus deux lettres anonymes, accusant le SGC, puis un membre de SG1 de
traîtrise. Nous ne pouvons pas laisser passer cela. Je suis obligé de faire une
enquête interne. Maintenant nous allons réunir tout le personnel de la base
dans la grande salle du niveau 16. Je vais faire une annonce dans ce sens.
Toutes les missions sont suspendues, tous vos travaux aussi. Naturellement SG1, puisque vous êtes accusés
vous serez les premiers sur la liste des suspects, si suspects il y a.
Le
cœur de Lucy battait à grands coups dans sa poitrine, elle ne s’attendait pas à
ce que ses lettres soient prises si vite
au sérieux. Toute la base allait être sur le pied de guerre. Mais elle était
tranquille ils ne trouveraient rien dans ses quartiers.
Le
général Hammond fit une allocution très brève, devant tout le personnel de la
base. Tous les congés furent annulés, et le personnel qui n’était pas à la base
fut rappelé.
Le
général forma une équipe d’une dizaine de personnes parmi les plus anciens de
la base. Parmi ceux en qui il avait le plus confiance. Parmi eux figurait Lucy
Mac Gregor, en poste depuis six ans et aux états de service impeccables.
Vu
son grade de lieutenant elle fut mise à la tête de l’équipe, elle devait
superviser les fouilles de tous les quartiers des officiers et des employés de
la base.
Inutile
de dire qu’elle prit son rôle très à cœur. Elle forma des équipes de deux
personnes et accompagnée du sergent Max Trevor, elle se garda pour elle les
quartiers de tous les officiers supérieurs.
Elle
jubilait, quelle revanche ! Elle
allait pouvoir commander au colonel O’Neill et à toute sa clique !
Elle
commença par les quartiers du Docteur Jackson. Elle s’excusa auprès de lui.
-Je suis navrée docteur Jackson, mais
j’y suis obligée, ordre du général Hammond.
-Ce n’est pas grave, faite votre devoir
lieutenant … heu
-Lieutenant Mac Gregor dit-elle avec un
rien d’agacement dans la voix.
Ah toi aussi tu as oublié mon
nom ! Eh bien tu vas t’en rappeler maintenant ! Et elle ordonna une fouille minutieuse et
systématique des quartiers et du labo du jeune archéologue. Ce fut très long et
très déstabilisant pour Daniel qui voyait ses précieuses affaires un peu
malmenées.
Quand
ce fut fini, Elle s’approcha de Daniel et lui murmura,
-Nous n’avons rien trouvé docteur mais
nous ne vous avons pas fouillé :
Daniel
rougit.
-Me fouiller ? Mais de quel
droit ?
-Du droit que m’a conféré le général
Hammond, dit-elle d’un ton glacial. Veuillez s’il vous plait vider vos poches.
Daniel
était rouge de gêne et de confusion. Il marmonna des mots inintelligibles.
Dans
ses poches il n’y avait rien de bien important, mais sous le regard de Lucy il
dut obéir. Elle observa le sergent Trevor qui
fit une fouille au corps, très précise pour s’assurer qu’il ne cachait
pas d’arme sur lui.
-Excusez-moi docteur Jackson, mais je
ne fais qu’obéir aux ordres. N’y voyez rien de personnel.
-Je comprends lieutenant Mac Gregor.
Et bien voilà, tu sais mon
nom maintenant et tu t’en souviendras !
Elle
poursuivit par les quartiers de Samantha Carter et son labo. Là encore ce fut
très long, il y a avait énormément de matériel. Les tiroirs de la chambre
furent vidés sur le lit et un flot de lettres tomba. Sam voulut les ramasser,
mais Lucy l’en empêcha.
-Excusez-moi major, mais je dois voir
ces lettes, donnez-les-moi.
Sam
la regarda calmement de son froid regard bleu :
-Lieutenant, c’est personnel.
-Justement, je dois les lire. Je les
emporte et vous les ramènerai demain.
Elle
ajouta à l’intention du sergent Trevor,
-N’oubliez pas la corbeille à papier,
c’est fou ce qu’on peut trouver dans une poubelle.
Sam
avait du mal à garder son sang froid
-Faites les poubelles si ça vous amuse
lieutenant…
-Lieutenant Mac Gregor, major. Et ne
croyez pas que cela m’amuse (Oh si
cela m’amuse, ma pauvre Sam tu ne peux pas savoir à quel point, je jubile, je
m’éclate !) Je ne fais que mon devoir !
Sam
subit elle aussi la fouille au corps, c’était humiliant de se faire malmener
par un simple petit lieutenant qu’elle avait sous ses ordres habituellement.
Elle soupçonnait d’ailleurs le lieutenant de savourer la situation. Elle devait
avoir le complexe du chefaillon cette pauvre lieutenant Mac Gregor. Tient c’est
marrant je me souviens de son nom maintenant pensa t-elle.
Lucy passa peu de temps dans les quartiers de Teal’c. Cet
homme l’avait toujours intimidée. Il avait une aura de force et de souffrance
autour de lui. Sa vie avait été si terrible que Lucy le respectait
profondément. Malheureusement pour son plan il fallait qu’il fût impliqué.
Il
n’y avait que très peu d’objets personnels chez Teal’c, et pas de papiers, ou
si peu. Les feuilles sur lesquelles il écrivait ses rapports, une lettre de son
fils, Une photo de lui et Brata’c. Quelques vêtements d’uniforme. C’était tout.
Il
se soumit à la fouille sans rien dire d’une façon tout à fait naturelle et très
digne. Ce fut elle qui éprouva de la gêne.
Elle
décida de finir par les quartiers du colonel O’Neill. Elle se réjouissait de
lui clouer le bec. Elle le détestait cordialement, et se promit de faire une
fouille extrêmement minutieuse de toutes ses affaires et de lui poser tout un
tas de questions embarrassantes auxquelles il serait bien obligé de répondre.
Elle
frappa à la porte, et attendit.
Il
ne dit pas un mot et la fit entrer. Ses quartiers étaient en ordre. Elle
commença par aller vers le lit et défit les draps et les couvertures, souleva
le matelas. Elle laissa tout en désordre
sur le sol. Elle ouvrit les tiroirs de la table de nuit et sortit une liasse de
papiers, des lettres, des photos, des journaux. Elle mit le tout dans un bac en
plastique qu’elle avait posé à ses pieds.
-Colonel je suis obligée d’emporter
tout cela, pour le lire.
-Pourquoi ne les lisez-vous pas
maintenant ? J’ai tout mon temps.
Il
la dominait de sa haute taille et elle était obligée de lever la tête pour lui
parler. Elle ne supportait pas cette position d’infériorité qu’il lui imposait.
-Asseyez-vous colonel, cela peut
demander un moment.
-Je préfère rester debout dit-il en la
fixant de son regard tranquille ;
-Je vous ai dis de vous asseoir
colonel, j’ai les pleins pouvoirs pour vous commander, et le droit aussi de
vous mettre en cellule si vous faites obstruction à mon enquête.
-En cellule ? Voyez-vous ça ?
Lieutenant…
-Mon grade n’a aucune importance en
cette occasion. Tout colonel que vous êtes je peux vous commander. Donc pour la
dernière fois je vous dis de vous asseoir.
Il
finit par obéir pensant qu’il se débarrasserait plus vite de cette petite
peste.
Elle
reprit ce qu’elle avait déposé dans la caisse et commença à ouvrir les lettres.
Il
y en avait trois, une signé d’un médecin de l’hôpital général de Chicago qui
lui annonçait la mort de sa mère. La lettre datait déjà de plusieurs années.
Une lettre d’une tante qui lui racontait les derniers instants de sa mère. Et
la troisième était une lettre de Sarah du temps où ils étaient fiancés.
Lucy
se sentait un peu mal à l’aise, mais elle s’obligea à tout lire. Elle sentait
sur elle le regard perçant de O’Neill. Elle avait conscience de plonger d’une
manière tout à fait indiscrète dans la vie d’un étranger, mais elle devait
continuer, son but et sa vengeance était à ce prix. Parmi les papiers, elle
découvrit aussi le jugement de divorce du colonel, et il y avait une
attestation de décès au nom de Charly O’Neill.
Lucy rougit et remit les papiers où elle les avait pris dans le tiroir
du chevet. Il y avait également quelques journaux de pêche et de sport.
Elle
poursuivit la fouille des quartiers, mais naturellement ne trouva rien de plus
d’intéressant. Elle allait passer à la fouille du colonel quand celui-ci se
leva.
-Vous avez terminé ? Lieutenant
Mac Gregor. (Bien, il est en progrès, lui
aussi a retenu mon nom !)
-Pas
tout à fait colonel, il me reste à vous fouiller.
-Quoi ! C’est une
plaisanterie !
-Pas du tout ! Veuillez vider vos
poches. S’il vous plait. Elle eut la satisfaction de voir O’Neill rougir de
colère.
Et
comme avec les autres membres de SG1, elle regarda le sergent Trevor tâter le
colonel, il descendit ses mains le long
de sa poitrine, puis de ses jambes. Il n’avait pas d’arme. Avec un sourire aux lèvres elle prononça de
fausses excuses.
-Croyez bien colonel que je suis
désolée.
Il
eut un sourire moqueur mais ne dit rien.
-Maintenant je dois vous poser quelques
questions.
Il
avait un air dur qui l’intimidait : allons ce n’est pas le moment pensa
t-elle. Je viens de remporter une grande victoire, humilier le colonel O’Neill
Elle
lui demanda ce qu’il faisait quand il n’était pas sur le terrain, dans ses
quartiers, au mess, ou même chez lui. Il lui répondit du bout des lèvres, en la
regardant avec un air tellement méprisant pour le rôle qu’elle jouait, que ce
fut elle qui lâcha prise.
-Vous n’approuvez pas ce que je fais,
colonel se contenta–t-elle de lui dire.
-En effet, je trouve que vous mettez
beaucoup de zèle dans vos nouvelles fonctions.
-Je n’obéis qu’aux ordres, colonel
dit-elle froidement. Ne croyez pas que cela me
fait plaisir, de jouer les méchantes, j’y suis obligée. A l’intérieur
d’elle-même elle ricanait, elle exultait, elle vivait là un grand moment dans
sa vie de sous-fifre, éternellement ignorée. C’était une magnifique revanche.
Elle
jugea que sa vengeance était accomplie et qu’il ne fallait pas pousser plus
loin, cela risquerait d’être dangereux. Avoir été chargée par le général
Hammond en personne à cette tâche la remplissait d’une grande joie.
Elle
décida de se donner le beau rôle, celui de la méchante malgré elle ; Elle
pensait que peut être le colonel O’Neill y serait sensible.
-Voyez-vous colonel, quand le général
Hammond m’a parlé de cette mission, j’ai été la première surprise ; Il m’a
dit qu’il m’avait choisie parce que j’étais une des plus anciennes de la base,
que je connaissais par cœur le programme porte des étoiles, que j’y travaillais
depuis longtemps, et que je lui
apparaissais comme digne de confiance par toutes ces années passées au service du SGC. Il est
vrai que j’ai toujours fait correctement mon travail, même si c’est un travail
peu glorieux, il est utile. Je ne veux pas décevoir le général Hammond par un
manque d’empressement à obéir à ses ordres. Vous me comprenez mon
colonel ? Dit-elle en le regardant droit dans les yeux.
-Oh je comprends. Mais avouez que cette
situation est tout de même étonnante. Un simple lieutenant qui prend le pas sur
des gradés, ce n’est pas banal.
-Oh je crois que c’est déjà arrivé mon
colonel.
Sur
ces mots, elle décida d’arrêter là son inspection. Il lui restait une chose
importante à faire, faire son rapport au général Hammond.
Elle
lui fit un rapport circonstancié. Elle était assise à la table de briefing avec
SG1. Elle n’en croyait pas ses oreilles quand Hammond lui dit de s’asseoir au
bout de la table.
-Lieutenant Mac Gregor, nous vous
écoutons.
Lucy
se redressa, elle était si fière de son importance. Elle attendit une ou deux
secondes avant de parler, prenant bien le temps de savourer cet instant :
-Mon général, la fouille des quartiers
des officiers supérieurs ainsi que ceux de Teal’c et du Docteur Jackson, n’ont
rien donné. Cependant si vous me le permettez, mon général, je recommanderai
que SG1 ne sorte pas de la base, le temps qu’une fouille minutieuse de leurs
appartements en ville soit réalisée, ainsi que du chalet du colonel O’Neill
dans le Minnesota.
-Quoi ! Dit O’Neill, c’est
insensé ! Je n’ai pas mis les pieds chez moi depuis trois mois.
-Colonel, s’il vous plait dit Hammond.
Je comprends ce que cette situation peut avoir de gênante. Mais je dois
avouer que le lieutenant Mac Gregor a
raison. Et au fond de vous-même vous le savez. J’ordonne donc que cette visite
de vos domiciles respectifs ait lieu. En attendant vous ne quittez pas la base.
Naturellement vous accompagnerez les personnes chargées de ce travail. Comme le
lieutenant Mac Gregor a commencé avec vous, elle continuera donc ce travail.
J’ai toute confiance en elle.
-Merci mon général de la confiance que
vous m’accordez, dit Lucy avec un léger sourire en regardant le général droit
dans les yeux.
-C’est normal lieutenant, vous n’avez
fait que du bon travail depuis que vous êtes à la base. Six ans n’est ce
pas ?
-Oui mon général, je suis la première
informaticienne qui a été engagée.
-Lieutenant Mac Gregor je vous laisse à
la tête de cette opération. Comment comptez-vous procéder ?
Elle
réfléchit un instant :
-Je vais commencer par l’appartement du
docteur Jackson, puis du major Carter, je terminerais avec le colonel O’Neill,
car ce sera un peu plus long. Je crois que Teal’c n’a pas d’appartement en
ville.
-Très bien lieutenant au travail. Quant
à vous SG1, je n’ai pas besoin de vous rappeler que vous devez coopérer
pleinement avec le lieutenant. Elle a le droit de vous donner des ordres, et je
vous demande d’y obéir. Je parle surtout pour vous major et vous colonel, qui
êtes plus gradés qu’elle. Quant à vous professeur Jackson, et vous Teal’c, je
ne peux rien vous imposer, mais naturellement je connais votre sens du devoir,
et je sais que cela ne posera pas de problèmes.
Le
général quitta la salle avant les éventuelles remarques désobligeantes
qu’aurait pu faire le colonel. Mais celui-ci restait plongé dans ses pensées et
ne dit pas un mot.
-Je suppose que vous commencez tout de
suite lieutenant ? Dit Daniel en s’adressant à Lucy.
-Non docteur Jackson, je vous ferai
savoir quand je serais prête, dit–elle d’une voix sèche.
Elle
sortit de la pièce en jetant un regard au colonel O’Neill qui se levait
également pour partir. Elle marcha à grands pas pour ne pas se faire rattraper.
Mais celui-ci la rejoignit :
-Dites lieutenant, je suppose que
quelqu’un a fouillé aussi vos quartiers ?
Après tout vous êtes suspecte vous aussi ! Il avait pris un ton
volontairement hautain pour s’adresser à elle.
Sans
s’arrêter elle répondit :
-Naturellement mon colonel, c’est le
major Smith qui s’en est chargé.
-Ah très bien, fit simplement O’Neill.
Elle
allongea le pas, mais il ne la suivit pas et elle alla s’enfermer dans ses
quartiers, elle avait besoin de faire le point.
Elle
était en sueur, la petite phrase anodine du colonel l’avait déstabilisée. Elle
dut s’allonger un moment pour laisser à son cœur le temps de reprendre son
rythme normal.
Jusqu’à présent tout se passait au mieux. Elle avait la
pleine confiance du général Hammond, et quand elle avait suggéré la fouille des
appartements de SG1, elle avait eu un instant de doute, mais le général avait
pleinement approuvé sa décision. Il est
vrai que la possibilité d’avoir un traître à la base était une idée
terrifiante. Tant de secrets pouvaient être divulgués à l’ennemi. Elle
comprenait très bien l’angoisse du général Hammond à ce sujet. Elle ne
s’étonnait pas non plus de la docilité de SG1 devant un tel fait. Ils
obéissaient, car ils comprenaient très bien l’enjeu d’une telle enquête. Elle
seule savait que tout cela était bidon. Elle n’avait pas l’intention de
poursuivre sa littérature empoisonnée. Elle avait obtenu ce qu’elle avait été
chercher, à savoir une reconnaissance de ses valeurs et de ses qualités. Elle
montrait qu’elle était capable de diriger une équipe, pourvu qu’on lui en
laisse l’opportunité.
Il
faudrait pourtant qu’elle se méfie du colonel O’Neill. Il avait l’air beaucoup
plus intelligent qu’elle ne l’avait pensé. Le major Carter et le docteur
Jackson ne l’inquiétaient pas. Ils étaient dans la catégorie des
« gentils » bien trop respectueux de l’ordre, et de l’autorité pour
se mettre en travers de sa route. Avec le colonel ce serait sans doute une
autre paire de manches. Il faudra qu’elle fasse très attention à chacun de ses
mots. La visite chez lui serait double, sa maison de Colorado Springs et son
chalet du Minnesota. Il faudrait qu’elle se blinde pour éviter ses sarcasmes
qui ne manqueraient pas de tomber. Elle décida finalement qu’avec lui elle
serait très ferme, mais très polie, ne le prenant pas à rebrousse poil comme
elle avait fait à la base, et tout devrait bien se passer.
Le
lendemain elle accompagna le docteur Jackson chez lui, elle était accompagnée
du sergent Trevor, et de deux autres officiers, car le travail serait
considérable. Le professeur Jackson avait fait de son appartement un musée.
Plusieurs bibliothèques couraient le long des murs, chargées de livres et de
bibelots. Des nombreux cahiers de voyage emplissaient plusieurs étagères.
La
visite dura trois heures. Lucy était épuisée à la fin de la journée. Elle avait
bien essayé de nouer le dialogue avec le professeur, mais celui-ci s’était enfermé
dans un mutisme désapprobateur. Elle avait recommandé de faire très attention à
toutes les pièces de collection présentes dans l’appartement. Ses
recommandations avaient été suivies à la lettre. Naturellement ils ne
trouvèrent rien, susceptible d’accuser
le professeur Jackson de trahison.
Lucy
commençait à se lasser, elle ne trouvait plus son petit jeu si amusant que ça
et c’est d’une humeur massacrante qu’elle sonna à la porte du major Carter.
La
maison de Sam ne lui apprit rien de plus. C’était une maison où le major
n’habitait pas souvent, car elle passait le plus clair de son temps à la base.
La visite ne lui apprit rien de plus sur le major. Celle-ci menait une vie tout
à fait limpide, ses seules relations étaient la famille de son frère, son père
Jacob Carter, et les amis qu’elle avait pu se faire à la base. Rien de suspect
dans sa vie.
Le
lendemain, la journée entière serait consacrée au colonel O’Neill, le Minnesota
n’était pas la porte à côté. Tout le personnel étant occupé le général Hammond
lui avait demandé si elle pouvait aller seule avec le colonel. Elle avait
un peu tiqué, il valait mieux être deux pour ce genre de travail. Elle avait
consenti, mais à la condition qu’elle puisse emporter un magnétophone afin que
toutes les conversations soient enregistrées. Le général avait approuvé cette
décision.
Ils avaient pris l’avion. Le voyage fut long
et pénible, le colonel était plongé dans une revue sportive et ne lui avait pas
adressé un seul mot et elle dut supporter pendant tout le vol le mutisme
dédaigneux du colonel à ses côtés. Elle poussa un soupir de soulagement quand
l’avion atterrit. Une voiture de location les attendait. Le colonel prit
d’autorité le volant et se dirigea vers la montagne.
Après
une heure d’un voyage sur une petite route sinueuse, où elle trouvait que le
colonel roulait beaucoup trop vite, ils arrivèrent en vue du chalet. C’était
une simple maison de bois au bord d’un petit lac. La végétation était abondante
et on entendait uniquement le bruit de
l’eau. Lucy fut sensible au charme du lieu et dit un banal
-C’est très joli.
-Lieutenant on n’est pas là pour
regarder le paysage dit O’Neill d’un ton sec, et il lui tendit la clé du
chalet.
-Je vous laisse la clé,
débrouillez-vous.
-Vous devez rester à côté de moi colonel.
-Je ne vois pas pourquoi ? Je vous
laisse la maison, fouillez partout où ça vous chante, je m’en fiche ajouta t-il
d’un ton sec.
Elle
commençait à s’énerver :
-Vous ne voyez pas pourquoi ? Mais
parce que je vous le demande colonel, je n’ai pas le droit de fouiller vos
affaires sans vous. C’est tout. Alors je vous demande de rentrer avec moi, et
de regarder tout ce que je fais. C’est la procédure, et vous le savez. Et puis
vous n’avez pas à être agressif avec moi, je ne suis pas l’instigatrice de tout
ça, je ne fais qu’obéir aux ordres.
-Oui, bien sûr, des ordres que vous
devancez, c’est vous qui avez eu l’idée de cette fouille, n’est ce pas ?
-Ecoutez colonel, je conçois que tout
cela ne vous plaise pas, mais laissez moi faire mon travail. Vous n’y pouvez
rien, moi non plus. Alors il faut s’en accommoder.
Elle
ouvrit la porte et pénétra dans la maison, le colonel sur ses talons. La pièce
était un peu sombre éclairée juste par une fenêtre aux petits carreaux,
avec des rideaux vichy rouge. Une cheminée
occupait le mur en face de la porte. Il y avait deux portes qui donnaient dans
la pièce principale, une chambre et une cuisine. La grande pièce était meublée
sobrement, d’une table de bois blanc et de quelques chaises, une étagère
bibliothèque garnie de livres et de journaux. Un fauteuil devant la cheminée
était recouvert d’une couverture.
Lucy
regarda autour d’elle avec une moue de dédain, c’était un chalet bien peu
confortable qu’avait là le colonel. Elle
ouvrit la cuisine qui était claire et bien rangée, des placards garnis de
vaisselle, une cuisinière, un frigo. Le juste minimum pensa t-elle. La chambre
était petite, un grand lit qui prenait pratiquement toute la place et une commode en constituaient le seul mobilier. La
salle de bains était attenante à la chambre.
Lucy
se sentait un peu mal à l’aise, elle avait exigé la présence du colonel, car
c’était obligatoire, mais maintenant elle le regrettait. Il la suivait sans
rien dire d’une pièce à l’autre avec un soupçon d’ironie sur le visage.
Elle
n’aimait pas non plus se trouver seule avec lui, elle pensait avec juste raison
qu’il ne ferait pas bon de l’avoir pour ennemi, il était très influent à la
base.
Elle
mit en route son magnétophone, et nota le jour et l’heure du commencement de la
visite. Puis elle commença à ouvrir les tiroirs, vider les placards. De temps à
autre elle posait quelques questions à O’Neill qui y répondait d’assez mauvaise
grâce.
-Lieutenant ?
-Oui colonel,
-Vous pouvez arrêter maintenant, j’ai
quelque chose à vous faire voir.
Elle
regarda étonnée :
Aurait-il des choses à cacher
et qui lui pèsent sur la conscience pensa t-elle avec un petit ricanement
intérieur.
Il
alla dans la chambre où il prit un objet dans une cache derrière un tableau.
Sans dire un mot il le posa sur la table.
Elle
alla de l’objet au visage du colonel sans comprendre. C’était une petite boule
ronde et grise, qui ressemblait à s’y méprendre à un communicateur Goa’uld.
-Qu’est-ce que c’est dit-elle d’une
voix incertaine ?
-Je ne vous le dirai pas.
Elle
insista :
-Colonel, j’ai les pleins pouvoirs,
vous ne l’avez pas encore compris ?
Il
soupira :
-D’accord,
dit–il après un instant d’hésitation. C’est un communicateur.
-Goa’uld ?
Il
ne répondit directement à sa question
-Il me sert à appeler les Asguards ou
les Nox.
-Mais vous pourriez vous en servir pour
appeler les Goa’ulds ?
Il
secoua la tête :
-Je ne l’ai jamais fait, je ne sais
pas.
-Qui est au courant à la base que vous
détenez un tel appareil ?
-Personne dit-il sèchement.
Elle
continua impitoyable :
-Vous comprenez bien colonel O’Neill
que le seul fait d’avoir en votre possession un tel appareil, est un acte de
haute trahison, et vous conduit directement à la cour martiale.
Il
s’inclina :
-Faites votre devoir lieutenant.
-Je dois d’abord appeler le général
Hammond.
Elle expliqua au général la situation. Celui-ci
mit quelques secondes avant de comprendre :
-Vous êtes sûre ? Le colonel est
en possession d’un communicateur Goa’uld ?
-Affirmatif, mon général.
-Passez-moi le colonel.
-Colonel, vous êtes en état
d’arrestation. Je charge le lieutenant Mac Gregor de vous ramener à la base. Je
compte sur vous pour lui faciliter la tâche.
-A vos ordres mon général dit O’Neill
d’un ton neutre.
Il
tendit ses deux poignets à Lucy qui y mit aussitôt les menottes. Le général
Hammond avait dépêché deux militaires qui les attendaient à l’aéroport.
Ils
firent le voyage du retour sans un mot.
Lucy
était très fière d’elle. Finalement sa petite vengeance prenait un tour qu’elle
n’avait même pas soupçonné. Elle se permit de jeter un regard au colonel, il se
tenait très droit, le visage dur et le regard insoutenable. C’est elle qui
détourna les yeux la première. Elle eut à ce moment-là une intuition comme quoi
ce qu’elle faisait était mal. Cet homme était un véritable héros, il avait avec
son équipe, sauvé la terre bien des fois, et c’était elle qui le faisait
trébucher. Elle haussa les épaules.
Ce n’est pas moi qui lui ai
mis un communicateur Goa’uld dans ses affaires !
L’arrivée
du colonel menotté ne passa pas inaperçue à la base. Il dut traverser les
couloirs au milieu de tous les officiers et le personnel. Tout le monde était
effondré. Le colonel O’Neill un traître ? Pas lui. Sur son chemin de honte
il eut beaucoup de petits mots d’encouragements, personne ne voulait le croire.
Il passa très digne, Lucy, elle se faisait toute petite à ses côtés. Elle
sentait bien la désapprobation de tout leur le personnel à son égard. Elle ne
voulut voir personne. Elle conduisit le colonel dans le bureau du général.
-Fermez la porte lieutenant Mac Gregor
dit celui-ci. Et enlevez les menottes au colonel.
Le
général Hammond se cala au fond de son fauteuil et prit le temps d’observer le
colonel. Celui-ci était très calme, il attendait que le général prenne la parole.
-Colonel ? Vous pouvez
m’expliquer ?
-Général Hammond, je voudrais vous
parler seul à seul, dit-il en jetant un regard dédaigneux à Lucy.
-Je suis désolé colonel, mais le
lieutenant Mac Gregor ne peut pas être écartée. C’est elle qui a découvert ce
que vous aviez si bien caché.
Le
colonel ne releva pas l’erreur commise par le général. Il se contenta de
murmurer.
-Dans ce cas, mon général, je ne
parlerai pas.
-Colonel ! Mettez-y un peu du
votre. Vous ne vous rendez pas compte du pétrin dans lequel vous vous êtes
fourré. C’est la cour martiale qui vous attend, je ne peux pas vous
couvrir !
-Tant pis mon général.
Le
général poussa un soupir, et dit d’un ton sec.
-Lieutenant, remettez les menottes au
colonel et conduisez-le en cellule.
Le colonel fut conduit dans une cellule de force.
Sam,
Daniel et Teal’c s’étaient réunis discrètement dans le labo de Sam.
Ils
étaient atterrés.
-C’est impossible dit Sam, le colonel
ne peut pas avoir trahi. Sa voix était proche des larmes en disant ses mots.
Daniel
restait pensif :
-Vous savez ce qu’on lui
reproche ?
-Il y a des bruits qui courent dans la
base, il aurait contacté les Goa’ulds, dit Sam, mais c’est totalement
impensable.
-Le général Hammond l’a tout de même
mis en cellule.
-Vous savez bien que dès qu’il y a
quelque chose de suspect, le général nous met en cellule. Cela nous est tous
arrivé. C’est plus pour nous protéger qu’autre chose, et puis c’est le
règlement.
-Vous croyez Daniel ? Si seulement
on pouvait lui parler.
-Et
si on allait voir le général Hammond dit Teal’c. Il ne peut pas refuser de nous
recevoir.
-Allons-y. Dit Sam.
Il
n’y avait plus personne dans les couloirs et la porte de la prison s’était
refermée depuis longtemps sur le colonel. Le général était dans son bureau mais
il refusa de les écouter et de leur parler.
-Ecoutez-moi SG1, je vais mener mon
enquête, pour le moment je ne peux pas vous en dire plus.
Le
cœur lourd, ils se retrouvèrent au mess, mais l’absence du colonel se faisait
encore plus sentir dans cette pièce qu’ailleurs.
-Je crois qu’on devrait essayer de
dormir dit Daniel, ça ne sert à rien de rester là.
-Vous avez raison, dit Sam d’un ton
las. Je vais me coucher. Bonsoir dit-elle en quittant la pièce.
Le
général Hammond se fit ouvrir la porte de la cellule, sur un geste le planton
referma la porte derrière lui.
-Alors colonel, avez-vous réfléchi à
votre situation ?
-Général, je n’ai pas voulu parler hier
devant le lieutenant Mac Gregor, mais en fait je lui ai donné spontanément le
communicateur.
-C’est un bon point pour vous colonel,
mais comment en êtes-vous arrivé à posséder un tel appareil.
-C’est Thor qui me l’avait confié, en
fait ce n’est pas un communicateur Goa’uld, même si ça y ressemble, c’est
Asguard.
Le
général était septique.
-Je croyais que les Asguards
utilisaient des galets ?
-Oui en
général, mais pas toujours. Les galets ce sont des communicateurs courte
distance, il faut qu’il y ait un vaisseau en orbite terrestre. Les autres
appareils sont des communicateurs longue portée.
-Et vous vous en êtes déjà servi ?
-Une fois, nous étions dans le pétrin à
la base, il nous fallait du secours au plus vite. J’ai appelé Thor. Mais vous
le savez, puisque vous vous en êtes servi aussi !
Le
général ne répondit pas à cette remarque. Il savait pertinemment que le colonel
avait un communicateur, mais il n’était pas là pour le disculper, mais pour
savoir la vérité.
-Vous ne vous en êtes jamais servi pour
appeler des Goa’ulds ?
O’Neill
se redressa, le général l’insultait par ses questions.
-Mon général ! Vous connaissez mon
aversion des Goa’ulds !
Le
général se fit insistant :
-Colonel, répondez par oui ou par non,
avez-vous appelé les Goa’ulds avec ce dispositif ?
-Non.
-Bien, je vous crois colonel, dit–il
avec soulagement.
Il
regarda son subordonné, mais ne put rien lire sur le visage impénétrable de
celui-ci.
-Colonel, vous avez fait preuve encore
d’une indépendance qui ne cadre pas avec votre fonction. Je me vois dans
l’obligation de vous donner un blâme, et malheureusement cela apparaîtra dans
votre dossier.
-Ce n’est pas le premier mon général
dit O’Neill avec insolence.
-Colonel, vous frisez l’irrespect
envers un supérieur, n’aggravez pas votre cas dit Hammond sévèrement.
Les
deux hommes se regardaient mais aucun ne baissait les yeux. Hammond pensa que
cet homme était vraiment trop indiscipliné, cela avait freiné sa carrière. Avec
ses capacités et ses états de service il aurait déjà du être général. Mais il
avait un faible pour O’Neill, qui avait une personnalité brillante et attachante.
Mais il se garda bien de le lui montrer.
-Colonel, je vous laisse en cellule
pour quelques jours, vous n’aurez pas droit aux visites. Vous resterez seul
pour méditer sur les actions irréfléchies que vous avez tendance à accumuler.
Et je vais voir ce que je peux faire pour vous éviter la cour martiale.
-Merci mon général dit O’Neill en
souriant.
-Oh colonel, ne vous réjouissez pas
trop vite. Il se peut que je n’y arrive pas.
Sur
ses mots le général sortit laissant O’Neill à ses réflexions.
Lucy
eut du du mal à terminer cette journée. Elle était au centre des
conversations. Quelques personnes l’interrogèrent directement et la prirent à
partie en lui disant que c’était une honte de soupçonner le colonel O’Neill de
trahison. Elle eut beaucoup de mal à garder son sang froid, se contentant de
répondre qu’une enquête était en cours, et qu’elle n’avait rien le droit de dire.
Elle
referma la porte de ses quartiers avec un ouf de soulagement. Elle n’avait pas
envie d’aller dîner au mess et se fit une tasse de thé bien chaud pour se
réchauffer, elle se sentait glacée jusqu’aux os.
Il
était temps pour elle de faire le point. Elle avait obtenu ce qu’elle était
venue chercher, une reconnaissance de ses capacités, une reconnaissance aux
yeux de tous. Bien sûr pour une fois le hasard avait bien fait les choses. Elle
avait été nommée à la tête de l’opération par le général Hammond en personne,
et ça c’était fantastique. Elle repensa à la façon dont les évènements
s’étaient précipités depuis quelques jours, c’était inimaginable. Elle pensa
qu’il fallait maintenant calmer le jeu. Tout allait beaucoup trop vite et cela
risquait de se retourner contre elle. Et si maintenant après avoir enfoncé le
colonel O’Neill, et jouit de son humiliation, elle se portait à son secours.
Après tout elle ne souhaitait pas réellement qu’il aille en cour martiale. Ce
qui lui arrivait était déjà suffisant pour le punir de son arrogance. Voilà
qu’elle se mettait à penser comme un Goa’uld. C’était sans doute à force de préparer les missions,
et de lire les rapports.
Le
lendemain elle alla remettre au général Hammond son rapport. Elle avait
beaucoup insisté sur le fait que le colonel O’Neill lui avait montré
spontanément le communicateur.
-J’espère que ce fait lui sera
favorable s’il passe en cours martiale, ajouta
t-elle.
-Je ne crois pas qu’il risque la cour
martiale dit le général. Allez- le voir en cellule lieutenant Mac Gregor et
essayez d’en savoir plus. Je serais très curieux de savoir ce qu’il peut vous
dire.
-A vos ordres, mon général.
Quelques
minutes plus tard elle entrait dans la cellule. Il était allongé sur le lit et
ne se leva pas quand elle entra.
-Colonel O’Neill ?
Il
déplia son long corps et se mit debout. S’il était surpris de voir le
lieutenant Mac Gregor, il ne le montra pas.
-Lieutenant …
Il
attendit qu’elle parle.
-Le général Hammond m’a demandé de vous
interroger…
-M’interroger ? Je ne crois pas
que ce soit votre rôle, lieutenant.
Elle
ne se démonta pas devant le ton mordant du colonel.
-Vous savez colonel, je sais que vous
ne m’aimez pas beaucoup…
Il
fit une petite moue méprisante. Elle continua imperturbablement :
-Mais cela ne m’empêchera pas de faire
mon devoir. Donc je redis, je dois vous interroger. Parlons de ce communicateur Goa’uld, pourquoi
l’avez-vous en votre possession ?
-Ce n’est pas Goa’uld, mais Asguard.
-Il y a une différence ?
-Je ne vous expliquerais pas en quoi
elle consiste, demandez-le au major Carter. Mais oui, il y a une différence, ça
sert pour appeler les Asguards, pas les Goa’ulds.
Il
avait pris un ton pédant que l’on prend pour expliquer quelque chose à un
enfant qui ne veut pas comprendre. Elle s’en aperçut et rougit et elle répondit violemment.
-Ne me prenez pas pour une sotte
colonel, je sais faire la différence. Mais je reste persuadée que cet appareil
peut servir aussi à communiquer avec les Goa’ulds.
-Croyez ce
que vous voulez, moi je vous dis la vérité, c’est tout, je n’ai communiqué avec
les Asguards, qu’une seule fois. Mais j’ai gardé le communicateur au cas où. Il
ne lui dit pas que le général Hammond l’avait utilisé aussi une fois.
-Vous n’en avez parlé à personne ?
-Non.
-Même pas au général Hammond ?
-Et non ! Je pense que j’aurais du, mais je ne l’ai pas
fait.
-Vous avez eu tort colonel !
-Sans doute ! Mais ce genre de
renseignement ne doit pas tomber entre n’importe quelles mains. C’est sans
doute pour cela que j’ai gardé le silence.
Lucy
sentait bien que le colonel n’en dirait pas plus, elle le regarda attentivement
et sous son regard clair et glacé il parut surpris,
-Lieutenant dit-il, vous mettez un zèle
tout particulier à faire votre devoir, c’est bien.
Il
se moquait d’elle et cherchait à la mettre en colère, elle ne comprenait pas
pourquoi. Mais elle sentait la rage monter en elle, une rage folle qu’elle
avait du mal à contenir. Elle se sentait à nouveau une petite chose
insignifiante au cœur d’un système où elle n’avait qu’une place de subalterne.
Il
souriait, elle détesta ce sourire suffisant, moqueur, elle sentit brusquement
sa colère se transformer en une chose qu’elle ne pouvait pas contrôler, elle
voulut sortir de la pièce, mais elle ne pouvait plus bouger, son cœur battait à
grands coups, et elle ne se sentit même pas partir, elle s’écroula aux pieds du
colonel. Il la prit dans ses bras et l’allongea sur le lit, il tapa dans la
porte :
-Vite un médecin, le lieutenant Mac Gregor
a un malaise.
Janet
arriva presque aussitôt :
-Qu’est-ce que lui avez fait
colonel ?
-Pourquoi voulez-vous que je lui aie
fait quelque chose ? Elle s’est mise en colère toute seule et elle est
tombée dans les pommes.
-On va
l’emmener à l’infirmerie tout de suite.
A
l’infirmerie Lucy s’agita dès qu’elle reprit connaissance.
-Lieutenant calmez-vous ! Dit
Janet d’un ton ferme. Que s’est-il passé ?
Lucy
s’enferma dans un silence farouche, elle ne pouvait pas dire à Janet qu’elle
avait perdu la face devant le colonel O’Neill. Pourtant elle aurait du s’y
attendre. Elle était en colère contre elle-même de n’avoir pas su garder son
sang froid. Qu’elle se fasse déstabiliser ainsi la remplissait d’effroi. Il
fallait qu’elle demande au général Hammond de confier cette mission à quelqu’un
d’autre. Parler au colonel O’Neill dans de telles conditions lui était
insupportable.
Elle
resta plusieurs jours à l’infirmerie, elle ne mangeait pas, avait toujours mal
à la tête, et ne dormait pas non plus. Janet du la mettre sous sédatifs et lui
ordonna un repos d’au moins une quinzaine de jours.
Elle
s’ennuyait au fond de son lit et n’eut aucune visite pendant la première semaine.
Elle se tenait au courant par Janet des évolutions de l’enquête, et fut
surprise d’apprendre que le colonel O’Neill n’était plus en cellule. Il était
relevé momentanément de ses fonctions et ne partait plus en mission, en
attendant la fin de l’enquête.
Elle
attendait que le temps passe et reprenait tranquillement des forces. Elle
s’ennuyait aussi, Janet était surprise que personne ne vienne la voir.
-Vous n’avez pas d’amies Lucy ? Je
croyais que le sergent Donahue et vous étiez très liées.
-En fait non, on s’est disputé l’an
dernier au sujet de son petit ami. Elle m’accusait de vouloir le lui piquer,
depuis on ne se parle plus.
-Et vous ne sortez avec personne ?
-Non dit-elle en rougissant.
A
ce moment Daniel entra à l’infirmerie, Janet en fut si surprise qu’elle faillit
en lâcher la boite de pansement quelle tenait à la main.
-Que se passe t-il ? Un problème ?
Il
sourit à la remarque de Janet et dit simplement :
-Je venais voir la demoiselle qui est
là-bas et il montra Lucy Mac Gregor, qui avait fermé les yeux en voyant arriver
le docteur Jackson.
Elle ne les rouvrit pas, même quand il s’approcha de son
lit. Elle sentait sa présence auprès d’elle, une légère odeur d’after-shave.
Janet
était arrivé auprès de lui, et elle l’entendit lui dire
-Je ne veux pas la réveiller, je
reviendrais, dit –il.
-Lucy appela Janet, le docteur Jackson
est là, il voudrait vous parler.
Le
cœur de Lucy battait à tout rompre, elle s’en voulait d’éprouver encore quelque
chose pour cet homme qui pas plus que les autres ne la regardait.
Mais,
elle ne pouvait plus faire semblant de dormir, elle joua la surprise.
-Docteur Jackson ?
-Comment allez-vous lieutenant ?
Il faut vous rétablir vite, il parait que le général Hammond a besoin de vous.
-De moi ?
-Ça vous surprend ? Il ne tarit
pas d’éloges à votre égard.
Elle
était vraiment surprise, et un grand sourire illumina son visage, la rendant
presque belle. Elle rougit.
-Alors je vais me dépêcher de guérir,
Merci beaucoup. Ca me fait beaucoup de bien.
Lucy
se sentait mieux tout d’un coup. Elle remontait la pente à la vitesse grand v.
Janet s’en aperçut et lui fit un grand sourire.
- C’est bien. Vous allez bientôt
pouvoir regagner vos quartiers.
Lucy
détestait se sentir inutile, mais elle se rendait compte qu’elle n’allait pas
bien, cependant il était hors de
question qu’elle trouve du secours à la base, et elle n’avait pas le droit
d’aller consulter un médecin en ville. Tout le personnel de la base était
soumis à ce règlement. Elle pensa que se perdre dans le travail serait la
meilleure solution. Si seulement ce mal de tête voulait bien cesser.
Ce
serait donc seule qu’elle porterait ce fardeau, qu’elle s’était imposée. Mais
elle avait peur de ses propres réactions, son évanouissement devant le colonel
O’Neill était le signe d’une faiblesse extrême et ce n’était vraiment pas le
moment.
Le
briefing suivant réunit SG1, le général Hammond et Lucy Mac Gregor. De nouveau
elle était assise à la table de réunion, avec la meilleure équipe du programme,
avec le chef de ce programme. Elle avait devant elle le général Hammond, elle
lui parla en évitant de croiser les regards des autres.
-Mon général, merci de me permettre de
réintégrer mes fonctions malgré mon état de santé.
-Vous allez mieux lieutenant ? Dit
Hammond.
-Beaucoup mieux merci mon général,
cependant permettez-moi une remarque, il me semble qu’il s’est passé beaucoup
de choses pendant mon arrêt. Je ne comprends pas pourquoi le colonel O’Neill a
réintégré sa place au sein de SG1.
Le
général fit un signe discret à O’Neill comme le colonel ouvrait déjà la bouche
pour répondre.
-Lieutenant, je n’ai pas besoin de vous
rappeler les procédures dans ce genre d’affaire. Elles ont été respectées à la
lettre, le colonel a été arrêté par vos soins immédiatement, mis en cellule,
interrogé, et disculpé.
Lucy
ouvrit de grands yeux :
-Disculpé ? Il me semble avoir
sauté un chapitre, mon général, pourquoi n’en ai-je pas été informée ?
-Vous étiez en arrêt.
-Oui, mais je n’étais pas mourante.
Etant en charge de l’enquête je proteste énergiquement contre ces méthodes. Et
puisque nous parlons procédure mon général, l’enquête a été faite derrière mon
dos, elle n‘est donc pas valable.
Vous
avez couvert le colonel O’Neill, je ne sais pas pourquoi, mais j’entends bien
le découvrir.
Lucy
parlait d’une voix ferme, elle avait repris toute sa force et son agressivité.
Hammond
soupira :
-Entendu lieutenant. Que
proposez-vous ? Le colonel a déjà tout dit, je suppose qu’il acceptera de
recommencer à votre intention. Vous avez devant vous lieutenant, le rapport de
cet interrogatoire. Lisez-le. On avisera ensuite.
-Bien, dit Lucy, je vais lire ce
rapport, mais s’il ne me satisfait pas, je demanderai que le colonel O’Neill
soit passé au détecteur de mensonge.
Hammond
posa sa main sur le bras de O’Neill pour lui imposer le silence. Celui-ci
comprit tout de suite et se tut malgré son envie de dire son fait à cette
petite lieutenant qui devenait franchement désagréable.
Le général mit fin à la séance et se retira immédiatement
dans son bureau. Lucy partit aussitôt le dossier sous le bras. Elle redressa la
tête sous le regard désapprobateur de SG1.
-Mais qu’est-ce qu’elle a bouffé ?
Dit Daniel, elle veut votre peau, Jack.
-Oui, et je ne vois pas du tout
pourquoi.
-Rappelez-vous dit Sam, elle était
agressive avec tout le monde quand elle a fait la fouille de nos quartiers et
de nos maisons. Je ne sais pas ce qu’elle cherche.
-On dirait quand même qu’elle nous en
veut personnellement, dit Daniel. Qu’en pensez-vous Jack ?
-Pas grand-chose, j’en ai rencontré
déjà des filles comme elles, frustrées, et détestant le monde entier. Je ne
pense pas être visé personnellement, c’est un peu le hasard. Tous les trois,
vous allez enquêter discrètement sur cette Mac Gregor, je veux tout savoir sur
elle, ajouta O’Neill. Vous me tiendrez au courant.
Lucy
alla directement dans ses quartiers, elle avait en plus du rapport d’enquête
faite pendant son absence, le dossier personnel du colonel O’Neill. Elle se
plongea dedans avec délices. Elle fut effarée de ce qu’elle y trouva, son
dossier était truffé de rapports concernant des insubordinations, des refus
d’obéissance, des initiatives hasardeuses, qui bien que toujours couronnées de
succès auraient pu tourner au drame. Cet homme est un vrai danger public pensa
t-elle. L’armée n’a vraiment pas besoin de personnes dans son genre. Elle
ferait tout pour le faire tomber.
Elle
était furieuse de la manière dont avait été faite l’enquête sur le
communicateur. Le colonel avait dit qu’il n’avait pas trahi, et on l’avait cru
sur parole. Insensé !
Sam
se plongea dans les entrailles de l’ordinateur à la recherche du dossier de
Lucy Mac Gregor. C’était une militaire qui faisait une carrière tout à fait
honorable, elle avait un sens aigu des responsabilités, aucun blâme, aucune réprimande,
le dossier parfait. Le colonel O’Neill lisait par-dessus son épaule il fit une
moue ironique.
-Sainte Lucy, priez pour nous !
Sam
et Daniel pouffèrent, Teal’c resta de marbre, il n’avait pas du comprendre la
plaisanterie.
-Et son dossier médical major ?
-Je vais mettre un peu plus de temps
mon colonel, il me faut passer par-dessus plusieurs sécurités, et effacer toute
trace de mon passage.
Et
comme O’Neill restait à attendre derrière elle :
-Mon colonel ? J’ai dit beaucoup
plus de temps !
-Ok Carter fit O’Neill avec un sourire.
-Mon colonel ?
-Oui, major
-Naturellement, les renseignements que
nous allons récupérer sur la santé du lieutenant seront strictement
confidentiels, on ne pourra pas s’en servir.
-Mais elles nous aideront sans doute à
cerner le personnage ?
-Tout à fait mon colonel.
-Alors au travail Carter, disons un
quart d’heure, ça vous suffit ?
-Ce sera suffisant mon colonel.
Il
fit un geste de la main :
-Teal’c, Daniel, venez. Laissons le
major travailler.
Un
quart d’heure plus tard, ils étaient tous penchés sur l’ordinateur de Sam où
s’étalait le dossier médical de Lucy.
Depuis
qu’elle était à la base, c'est-à-dire six ans, elle n’avait eu que des
affections bénignes. Rien de particulier à signaler. Sam poussa un peu plus
loin la recherche et trouva quelque chose d’intéressant dans les antécédents.
Lucy
par deux fois avait fait un séjour en hôpital psychiatrique. La première fois à
l’âge de quinze ans et la seconde fois un an plus tard, le motif de
l’hospitalisation était simplement noté : TS.
-Qu’est ce que ça veut dire major, dit
O’Neill ?
-Tentative de suicide mon
colonel !
-Et elle a pu rentrer dans l’armée
après ça ?
-Il est évident qu’elle a reçu des
soins, car elle ne me fait pas du tout l’effet d’une suicidaire, dit Daniel. Il
serait intéressant d’avoir son dossier médical de l’époque. C’est possible Sam ?
-Non, je ne crois pas, le nom de l’hôpital n’est pas mentionné.
-Tant pis. Finalement on n’est pas plus
avancé dit Daniel.
-Si, dit O’Neill, on sait qu’elle est
fragile. D’ailleurs la façon dont elle a perdu le contrôle, le montre bien.
Mais je ne sais pas ce qu’on peut en tirer. En attendant elle est dans les
petits papiers de Hammond et je suis sûre qu’elle ne va pas se satisfaire du
rapport d’enquête.
Lucy
le lendemain demanda à voir le général Hammond dans son bureau.
-Mon général, si vous me le permettez
j’aimerais reprendre l’enquête.
-Je ne peux pas vous en empêcher,
lieutenant, mais je crois que c’est une perte de temps. Le colonel O’Neill vous
dira la même chose.
-Il ment peut-être, mais il ment bien,
il n’y a qu’une seule façon de le savoir. Le sérum de vérité, ou le dispositif
mémoriel Tok’ra.
Hammond
sursauta :
-Vous allez un peu loin
lieutenant ! C’est du colonel O’Neill qu’il s’agit !
-Je sais mon général, mais si vous me
permettez cette remarque, avec le dossier qu’il a, il est loin d’être
exemplaire. Il a fait de nombreuses entorses au règlement à maintes reprises.
-Oui, mais de là à trahir, c’est
impossible. Le colonel O’Neill a un haut sens du devoir.
-J’insiste mon général !
-C’est votre droit.
Il
prit l’interphone et fit demander le colonel O’Neill directement dans son
bureau.
Quelques
minutes plus tard, il frappa à la porte.
-Entrez colonel, j’étais en pleine discussion
à votre sujet avec le lieutenant Mac Gregor. A l’entrée de O’Neill, celle-ci se
leva et fit un salut impeccable comme on doit à un supérieur. Il fut obligé d’y
répondre.
-Asseyez-vous
tous les deux. Colonel, je dois vous prévenir que votre affaire est loin d’être
terminée. Le lieutenant n’admet pas la
manière dont a été faite l’enquête, et elle voudrait continuer ;
O’Neill
poussa un soupir.
-Je ne dirai rien de plus mon général,
parce qu’il n’y a rien à en dire, tout simplement.
Hammond
hésita, il n’aimait pas trop ce qu’il allait dire, mais il y était bien obligé.
-Elle veut vous passer au détecteur de
mensonge.
O’Neill
sursauta :
-Quoi ! Il regarda le lieutenant
d’un air furieux.
Celle-ci
très maîtresse de ses nerfs ne répondit pas et se contenta d’un léger sourire.
-Lieutenant dit O’Neill en la regardant
droit dans les yeux, si vous avez lu mon dossier, et je suis sûre que vous
l’avez fait, vous avez pu lire que le sérum de vérité ne fonctionne pas sur
moi.
-Sauf si on augmente les doses, mon
colonel.
-Vous voulez ma mort lieutenant !
Mon général, je vous en prie.
Lucy
buvait du petit lait en entendant O’Neill gigoter devant le général. Elle avait
bien l’intention de ne pas céder sur ce point.
-Mon général, je demande que l’on
procède immédiatement à l’interrogatoire.
Le
général eut un geste d’impuissance.
-Colonel, je regrette, je suis obligé
de dire oui. Nous allons aller immédiatement à l’infirmerie.
A
l’infirmerie Janet n’était pas d’accord pour faire au colonel cette injection,
elle trouvait que cela le ferait souffrir et que c’était inutile.
-Mon général, ne comptez pas sur moi.
-Il faut que cette injection soit faite
par un médecin n’est ce pas ?
-En effet.
-Je peux vous y obliger docteur !
-A vos ordres mon général, mais
veuillez noter que je le fais contrainte et forcée.
Elle
fit allonger O’Neill sur un lit, et commença la perfusion. Il se sentit partir, il eut un affreux
vertige, il ressentait de violentes
douleurs dans la tête.
Lucy
posa des questions auxquelles il ne répondit pas. Il ne pouvait pas parler.
Le
général fit signe d’augmenter la dose. La douleur empira, mais il ne parlait
toujours pas. Il était très pâle.
Le
général fit signe à Janet d’arrêter.
-Lieutenant Mac Gregor, vous êtes
satisfaite je pense ? Bon maintenant je ne veux plus entendre parler de
cette enquête. C’est bien compris.
Lucy
était blanche, elle n’avait pas voulu faire souffrir le colonel inutilement.
Elle s’obligea à rester près de lui, pendant qu’il se remettait tout doucement
de l’injection.
Il
ouvrit les yeux et vit Lucy près de lui.
-Excusez-moi mon colonel, je ne savais
pas.
Il était furieux et avait encore du mal à trouver ses
mots, la douleur martelait son crâne.
-Je vous l’avais dit… pourquoi vous ne
m’avez pas cru ?
-D’habitude le sérum de vérité
fonctionne toujours !
-Mais pas sur moi, ni sur Carter
d’ailleurs, nous avons subi des entraînements spéciaux pour résister, dans le
cas où nous serions pris par des Goa’ulds. Et n’essayez pas de me torturer non
plus, dit-il avec un petit sourire, ça ne marcherait pas.
-Je suis vraiment désolée, dit Lucy. Je
ne voulais pas en arriver là. Mais j’ai cru que le général Hammond avait fait
preuve d’indulgence à votre égard.
-D’indulgence ! Vous le connaissez
bien mal ! Ne vous inquiétez pas, s’il m’avait cru coupable, je ne serais
pas là à vous parler, mais au fond d’une prison.
Quelques
heures plus tard ils se retrouvèrent dans le labo de Sam. Le colonel allait
mieux, il ne lui restait plus qu’une légère migraine.
-Vous allez bien mon colonel ?
-Oui major.
Daniel
s’était assis sur l’angle d’une paillasse et semblait réfléchir
-Daniel, vous êtes avec nous dit
O’Neill ?
-Heu… oui je pensais à quelque chose.
Personne ne s’est demandé d’où venaient les lettres anonymes ? C’est étrange.
-En effet dit Sam, supposer qu’il y
avait un traître au SGC paraissait une idée tellement monstrueuse que tout le
monde s’est focalisé là-dessus.
-Et si tout ça c’était bidon ! Dit
Daniel
-Comment ça
bidon ?
-Une
histoire inventée de toutes pièces.
La
question de Daniel les avait plongés dans le doute.
-Le colonel avait quand même un
communicateur dit Teal’c.
-Je n’en ai parlé à personne dit
O’Neill sèchement. Comment le corbeau aurait-il pu le savoir ?
-En fait, poursuivit Daniel, il faut
chercher à qui profite le crime.
Chapitre 2
-Maintenant SG1, que cette histoire de
communicateur est classée, vous allez pouvoir reprendre les missions.
-C’est pas trop tôt mon général dit
O’Neill. Je commençais à trouver le trouver le temps long !
-Vous allez retourner sur Alama. Il
faut pousser plus loin vos investigations. Major ?
-En effet de
nouvelles données introduites dans l’ordinateur ont été exploitées. Il y a un
temple à exactement deux kilomètres de la porte dans la direction de l’ouest. Voici les photos prises par l’UAV. D’après
les relevés que nous avons obtenus la planète semble déserte dans un rayon
d’une dizaine de kilomètres autour de la porte, ce qui inclut le temple. Je
pense dit Sam en conclusion que nous pouvons explorer ces ruines sans danger.
Le
temple était là devant eux, quelques ruines qui disparaissaient dans une
végétation abondante.
-Attention dit O’Neill, restons
prudents, n’importe qui peut se dissimuler dans cette végétation.
-C’est curieux, cette végétation dit
Daniel, la première fois c’était une planète désertique ! Il n’y avait que
des cailloux et du sable !
-On s’est trompé de planète, c’est
impossible ! Major ? Fit O’Neill en se tournant vers la jeune femme.
-Mon colonel, je ne comprends pas. J’ai
bien introduit les coordonnées d’Alama.
P6T654.
-Et la planète où j’ai trouvé le vase
c’était bien P6T655, c’est très proche et cela ressemblait à ceci. Sauf que je
n’avais pas trouvé le temple, mais un petit bâtiment assez ancien et qui
contenait beaucoup de vestiges intéressants.
-Comment aurait-on pu se tromper ?
-De mauvaises informations auraient pu
être introduites dans l’ordinateur.
-C’est impossible, les données sont
rentrées directement depuis les sondes ou l’UAV, aucune erreur n’est possible.
-Vous avez toute confiance dans les
informaticiens major ?
-Naturellement mon colonel, il y a le
sergent Davis, les sergents Douglas, Donahue et… elle fit une petite grimace,
le lieutenant Mac Gregor.
-Tiens donc fit O’Neill sarcastique, on
la retrouve celle-là !
-Rentrons à la base ajouta t-il.
Inutile de rester ici plus longtemps.
-Mais Jack, les ruines du temple ?
Fit Daniel déçu.
O’Neill
ne voulut rien savoir malgré les protestations du jeune homme.
Daniel
ronchonnait encore, quand une troupe d’hommes armés arriva devant eux. Ils
n’eurent pas le temps de réagir, d’autres les encerclaient.
-Jetez vos armes, et rendez-vous.
Ils
furent conduits à l’intérieur du temple :
-Vous voilà satisfait Daniel, dit
O’Neill entre ses dents, on y est dans votre temple !
Daniel
ne répondit pas se contentant de jeter un regard noir au colonel.
Ils
passèrent deux salles en très mauvais état, il n’y avait plus de plafond et la
végétation avait tout envahi. Ils s’arrêtèrent devant un mur, et un passage
s’ouvrit sur un escalier qui descendait dans les profondeurs du sol. Les
marches étaient humides et glissantes, ils furent poussés sans ménagement et
Daniel glissa entraîna Sam dans sa chute. Ils étaient arrivés dans une pièce
entièrement noire.
-Daniel ? Major ? Ça va ?
Appela O’Neill.
Un
double grognement lui répondit.
Ils
tâtèrent les murs et virent que leur cellule était très petite, une pièce
carrée, sans fenêtre, aux murs suintants. Le sol était inégal et humide.
Des
bestioles leur couraient entre les jambes. On leur avait pris tout leur
matériel, ils n’avaient même pas de rations ni de lampes. Leur situation était
plus que précaire, les heures passaient, on les avait oubliés.
-Ils vont bien revenir dit O’Neill d’un
ton léger.
-Et qu’est-ce qui vous rend si optimiste
Jack ? Dit Daniel.
Le
colonel réfléchit un moment, il ne pouvait pas voir le visage de ses
compagnons, et c’était peut-être mieux, il n’aurait sans doute pas supporté de
lire l’angoisse sur leur figure. La situation était précaire, et au fond de lui
il le savait.
-Monsieur le pessimiste, nos chers
gardiens sont sans doute aller prévenir de notre visite un Goa’uld quelconque.
On ne va pas attendre longtemps.
-Votre Goa’uld quelconque, c’est
Tefnout, au cas où vous l’auriez oublié, et je ne pense pas que vous ayez très
envie de la rencontrer.
-Oh vous savez Daniel c’est un serpent
comme un autre.
-Oui je sais, vous ne faites aucune
différence entre les Goa’ulds, et pourtant il y en a. Je vous assure que celle
là elle est extrêmement cruelle.
-Mon colonel, Daniel, ce n’est
peut-être pas le moment d’en discuter. Ça ne sert à rien.
-Vous avez raison major, dit O’Neill.
Le plus embêtant dans cette histoire c’est qu’on est obligé de rester debout.
-Aie ! Hurla Daniel, la sale bête,
je crois qu’elle m’a mordu !
La
situation devenait préoccupante. Il y avait de nombreux rats dans cette prison.
Ils durent se défendre dans un corps à corps inégal et dans l’obscurité contre
ces animaux qu’ils ne voyaient pas et qui les attaquaient. Leur emprisonnement devint
bientôt un cauchemar. Ils allaient bientôt tomber sous le nombre quand une
lumière jaillit brusquement du haut de l’escalier.
Le
premier jaffa qui descendit tira des coups de zat sur les animaux. Il empoigna
Daniel qui s’était évanoui, et le porta jusqu’en haut de l’escalier, puis il
fit signe aux autres de le suivre.
C’est
en titubant et éblouis par la lumière qu’ils le suivirent. Ils étaient si
épuisés qu’ils avaient du mal à marcher. Du sang coulait de nombreuses morsures
qui commençaient à s’infecter. Ils traversèrent plusieurs salles et arrivèrent
dans une partie du temple étrangement bien conservée.
La
salle était immense, les murs étaient habillés de draperies rouges et noires,
mais ils ne virent que le trône, immense, en bois travaillé rehaussé d’or sur
lequel était assise une femme très belle. Des cheveux roux encadraient un
visage à l’ovale très pur, son regard
vert brillait et son front était orné d’une émeraude fixée par un fil d’or.
Les
prisonniers furent jetés à ses pieds.
Un
long rire de gorge les fit relever la tête :
-SG1, les brillants défenseurs de la
Tauri. Le colonel O’Neill, le major Carter, le docteur Jackson, et Teal’c.
-Comment savez-vous nos noms ? Dit
Sam.
Elle
riait toujours :
-Je connais tout de vous.
-Vraiment tout ? Fit O’Neill
moqueur.
La
reine lui répondit d’un violent coup de son arme de poing qui le projeta dans
les airs et le fit retomber lourdement sur le sol. Il eut l’impression que tous
ses os se brisaient.
-Je vais cependant vous répondre,
dit-elle, vous êtes très connus dans toute la galaxie. Vos exploits sont
parvenus jusqu’à moi, et j’avais très envie de vous connaître et… de vous
détruire. De plus vous avez un traître
dans votre base, je vous attendais.
Ils
se regardèrent atterrés, les lettres anonymes n’étaient pas bidons. Il y avait
bien un traître au SGC. Ils ne dirent pas un mot, chacun ruminant de sombres
pensées.
Pendant
ce temps à la base, le général Hammond était de plus en plus inquiet. Il
n’avait plus aucune nouvelle de SG1 qui aurait du être rentrés depuis plusieurs
heures. La mort dans l’âme il fit annuler le code. Il connaissait le potentiel
de son équipe et savait qu’ils trouveraient toujours une solution pour rentrer,
s’ils en avaient la possibilité.
Lucy
avait repris son poste sur les ordinateurs. C’est elle qui les avait envoyés
sur une fausse piste. Elle ne connaissait pas les conséquences de son acte.
Elle avait simplement brouillé les coordonnées des deux planètes si proches
l’une de l’autre et qui toutes les deux appartenaient à Tefnout. Maintenant il
fallait réparer cette erreur, ce serait un jeu d’enfant pour une
informaticienne de son niveau. Elle trouva finalement la parade et avertit
immédiatement le général Hammond de l’erreur d’aiguillage. Celui-ci l’écouta
très attentivement.
-Mais comment se fait-il qu’une telle
erreur se produise ? Ça n’est jamais arrivé jusqu’à présent ?
Lucy
lui expliqua que les deux planètes avaient presque les mêmes coordonnées, et
qu’une telle erreur ne s’était jamais produite car le cas ne s’était jamais
présenté, mais que c’était une erreur très facile à faire. Elle employa des
termes techniques que le général Hammond ne comprit pas mais qu’il écouta
poliment.
-Croyez-vous que ce soit un
sabotage, lieutenant ?
-Oh non mon général, certainement pas.
Si quelqu’un avait voulu saboter l’ordinateur, il n’aurait pas fait quelque
chose de si insignifiant.
-Insignifiant, je ne sais pas
lieutenant, mais SG1 a quand même dix-huit heures de retard ! Il leur est
arrivé quelque chose.
-Oui mon général, vous avez raison. Je
vais faire faire un diagnostic complet des systèmes.
Lucy
était assez contente de son coup. Elle avait trouvé la parade à cette erreur,
s’était fait mousser devant le général ; tout allait pour le mieux. Il n’y
avait plus qu’à prier pour que SG1 revienne rapidement. C’est tout de même le
cœur un peu inquiet qu’elle alla se coucher.
Elle
prit la décision d’arrêter les frais, désormais elle avait atteint son but,
elle était reconnue pour sa valeur et ses capacités, le général Hammond avait
eu l’air impressionné.
Ils
étaient toujours à genoux devant la reine. Daniel avait repris connaissance,
mais il souffrait beaucoup, il était tombé dans la boue du cachot, et s’était
fait mordre plusieurs fois. Tefnout s’acharnait sur lui, lui posant des
questions auxquelles il ne voulait pas répondre. Les autres étaient tenus en
respect par des jaffas.
Elle
leur posa des questions sur le code de leurs iris, les secrets des défenses de
la terre. Ils ne répondaient pas.
Elle
finit par se lasser.
-Remettez-les dans le cachot. Ils ne
tiendront pas une heure. Quand ils commenceront à crier, vous les remonterez
aussitôt, dit-elle tout bas à son primas.
Ils redescendirent les marches gluantes, les animaux
rendus fous par la douleur des coups de zat, furent tout de suite agressifs.
Ils
se tinrent debout dos à dos appuyés les uns aux autres pour offrir le moins de
surface possible, mais c’était un combat inégal.
La
reine les fit remonter très vite, elle ne voulait pas les tuer, mais ce
deuxième et très court passage avait fait des ravages. Ils ne tenaient plus
debout et durent s’asseoir à même le sol. La reine n’avait plus que deux jaffas
pour la garder. O’Neill fit un signe et ils comprirent tout de suite, ils se
couchèrent sur le sol, comme s’ils étaient totalement épuisés. La reine ne se
méfiait pas. Teal’c qui était le plus près bondit et la prit par le cou, et
commença à serrer, il la tenait devant lui et elle n’avait plus de force pour
se défendre. Ils furent aussitôt debout et Teal’c commença à sortir du temple
tenant la reine devant lui. Les jaffas ne bougèrent pas. Ils arrivèrent ainsi
jusqu’à la porte des étoiles.
-Le code doit être annulé mon colonel.
Daniel
ne tenait plus sur ses jambes, et ce fut Sam qui fit le code d’une autre
planète amie.
Ils
passèrent par une planète Tok’ra.
-Ouverture non programmée de la porte hurla
le sergent Davis.
-C’est la Tokr’a mon général dit le sergent
en reconnaissant le code sur sa console.
-Ouvrez l’iris.
Sam
entra la première, elle s’effondra sur la rampe. Elle fut suivie de Daniel dans
les bras de Teal’c, le colonel passa le dernier et tomba à genoux. Le vortex se
referma aussitôt.
Lucy
poussa un cri quand elle les vit arriver. Elle pensa un instant que Daniel
était mort.
Elle
hurla dans le micro :
-Une équipe médicale à la porte des
étoiles, une équipe…
Elle
ne pouvait pas quitter son poste, et c’est la mort dans l’âme qu’elle vit les
infirmiers mettre Daniel sur un brancard et courir vers l’infirmerie. Il lui
faudrait attendre de nombreuses heures encore pour avoir des nouvelles. Elle
était folle de rage contre elle-même. Elle avait failli tuer Daniel, elle
n’avait pas réfléchi.
Comme
l’autre fois, elle se sentit partir, et avant de s’écrouler elle pensa
fugitivement qu’elle avait un gros problème.
Elle
se réveilla à l’infirmerie, dans la grande salle, personne ne s’occupait
d’elle. Ils étaient tous pris à soigner SG1, ils avaient tous des morsures
impressionnantes, mais c’était Daniel le plus gravement atteint. Elle entendait
parler les infirmières, il avait une très forte fièvre qui ne cessait de
monter. Ses plaies étaient infectées, et on ne savait pas s’il allait s’en
tirer. Lucy pleurait, elle laissait des larmes silencieuses couler de ses
joues. Une infirmière s’approcha d’elle :
-Ça ne va pas lieutenant ?
Elle
sursauta et essuya ses larmes furtivement ;
-Je suis si fatiguée, dit-elle d’une
voix lasse.
-Reposez-vous lieutenant, un médecin va
venir vous examiner très vite, dès qu’ils auront fini de s’occuper de SG1.
-Ça à l’air grave ?
-Oui, en effet dit l’infirmière en
s’éloignant.
Lucy
dut prendre son mal en patience. Au bout d’une heure elle se sentait mieux son
malaise était passé. Elle en profita pour se lever et se rapprocher des
blessés. Les quatre lits près de l’entrée étaient occupés, il y avait d’abord
Sam dont les mains et les bras disparaissaient sous les bandages. Elle avait
l’air épuisée et s’était assoupie.
Teal’c
était auprès d’elle. Depuis qu’il n’avait plus son symbiote, son corps
guérissait moins vite. Il souffrait visiblement beaucoup. Elle arriva devant le
colonel, il était allongé aussi, mais réveillé. Elle s’approcha de lui :
-Je peux vous parler mon colonel ?
-Lieutenant, qu’est-ce que vous faites
ici ?
-J’ai eu un malaise et je me suis
évanouie.
-Encore ? Vous avez vu le
docteur ?
-Pas encore mon colonel, mais je
voulais m’excuser.
Il
était surpris :
-Mais de quoi ?
-C’est de ma faute dit-elle d’une voix
étouffée.
-De votre faute ? Quoi ?
-C’est parce que j’ai fait une erreur
que vous avez été envoyés sur la mauvaise planète. Mais je ne savais pas.
-Vous ne saviez pas quoi ? Dit-il
en la regardant droit dans les yeux.
Elle
se troubla :
-Je voulais
dire que je ne savais pas qu’il y aurait des conséquences aussi dramatiques
dit-elle en bafouillant un peu. Mais j’en ai parlé au général Hammond dès que
je me suis aperçue de l’erreur.
-Vous avez fait votre devoir.
Lieutenant. Il n’y a rien à ajouter.
Elle
s’apprêtait à aller jusqu’au lit de Daniel quand le colonel la rappela :
-Lieutenant ? C’est vous qui avez
fait l’erreur ?
-Sans doute dit-elle, de toute façon ça
ne change pas grand-chose, je suis responsable.
-Très juste lieutenant dit-il
simplement.
Lucy
s’arrêta devant le lit de Daniel. Janet était encore à son chevet. Elle
surveillait ses constantes, et ce n’était pas bon.
Elle
aperçut Lucy :
-Lieutenant il faut vous recoucher, je
ne vous ai pas encore examinée.
-Comment va –t il ? Demanda t-elle
sans accorder d’attention à la phrase de Janet.
Janet
la regarda et comprit tout de suite ce qui se passait, le visage décomposé de
la jeune femme n’était pas du qu’à son malaise.
-Vous … ?
-Oui, mais c’est sans aucun espoir et
puis je ne veux pas en parler, allez –vous pouvoir le sauver ? Dit-elle en
pleurant.
Janet
passa son bras autour de son épaule.
-Venez avec moi, vous êtes épuisée.
Nous faisons l’impossible pour le docteur Jackson. Il en a vu d’autres vous
savez. Il va s’en tirer.
Elle
la fit s’allonger et commença un minutieux examen. Sa tension était très
élevée, son cœur battait irrégulièrement. Elle était dans un état nerveux
indescriptible, proche de la rupture.
Deux
jours plus tard Lucy avait repris son travail malgré les recommandations de
Janet. Elles avaient parlé pendant plus d’une heure. Lucy lui avait expliqué
ses problèmes, pourquoi elle se sentait aussi seule, et l’impression qu’elle
avait de passer inaperçue au milieu de tout le monde.
-Vous manquez de confiance en vous
Lucy. Vous êtes une jeune femme très capable, nous en avons eu la preuve dans
les dernières responsabilités que vous a confiées le général Hammond. N’ayez
pas peur de vous affirmer, je pense que si vous le faites, tout ira bien.
-Mais ces malaises, c’est justement
quand je m’affirme, ou qu’une émotion trop forte m’envahit. Je ne me contrôle
plus.
Janet
lui expliqua qu’une psychothérapie bien conduite pourrait lui apporter
beaucoup. Lucy lui demanda simplement si ce qui était dit en entretien était
soumis au secret médical. Janet lui répondit que oui dans une certaine mesure
si ce qui était dit ne concernait pas la sécurité de la base.
Lucy
soupira, elle avait cru qu’elle aurait pu se débarrasser du fardeau de ses
erreurs, mais ce ne serait pas possible, sauf de se voir traîner devant une
cour martiale et elle n’était pas prête à cela. Ce serait la ruine de sa vie.
A
l’infirmerie Daniel reprenait lentement conscience. Il vit des visages
déformés, se pencher sur lui. Puis sa vue s’éclaircissant il reconnut Sam et
Teal’c, puis Jack.
-Vous allez mieux Daniel ? Dit Sam
- Heu… je ne sais pas …Je me sens tout
chose.
-Oh ben ça ne change pas de
d’habitude ! Le taquina O’Neill.
-Qu’est ce qui s’est passé ?
-Oh c’est simple, dit Jack, une
planète, un temple, une Goa’uld, une prison… des rats.
-Ah oui je me souviens, on a été mordu.
-Oui, et vous plus que nous dit Sam.
Vous avez fait une chute et les rats en ont profité pour vous mordre. Mais ça a
l’air d’aller mieux ajouta t–elle en souriant.
-Ça fait combien de temps ?
-Une semaine que le bon docteur passe à
votre chevet pour essayer de vous tirer d’affaire, dit O’Neill.
-Une semaine ! Je n’ai pas vu le
temps passer. Et vous ça va ? Dit-il inquiet en voyant qu’ils portaient
tous des pansements.
-Oh oui, mieux dit Sam en souriant. Mon
colonel on devrait peut-être le laisser dormir.
-Ok, reposez-vous bien Daniel dit
O’Neill.
Le
premier briefing après le retour de SG1 eut lieu le lendemain mais sans Daniel.
O’Neill
attaqua le premier
-Mon général, nous n’avons pas résolu
cette histoire de traître au SGC.
Il
expliqua à Hammond les phrases de Tefnout.
-C’est fou, elle connaissait nos noms,
nos fonctions, elle avait entendu parler de nos combats.
-Vous êtes très connu, SG1 dans
certains milieux dit Hammond le plus sérieusement du monde.
-Quand même, elle a dit qu’elle nous
attendait, de plus le lieutenant Mac Gregor m’a dit qu’elle s’était trompée
dans les coordonnées, et cela nous a envoyés justement dans ce piège. Troublant
non ? Dit le colonel.
-Comment savez-vous ça mon
colonel ?
-C’est elle-même qui me l’a dit. A
l’infirmerie le jour où on est rentré, elle a fait un malaise. Puis elle s’est
excusée d’avoir fait cette erreur.
Le
général Hammond leur expliqua qu’elle lui en avait parlé tout de suite dès
qu’elle s’était aperçue de l’erreur.
-Maintenant ce qu’il faut savoir c’est
si c’est une erreur ou un sabotage dit Sam.
-Le lieutenant paraissait absolument
désolée de cette erreur dit Hammond. C’est une jeune femme très scrupuleuse,
qui accomplit un travail remarquable. Elle est d’un professionnalisme au-delà
de tout soupçon. Vous êtes d’accord avec moi colonel ?
-Je ne sais
pas mon général, je suis septique. C’est une femme qui me parait assez bizarre,
je veux dire émotionnellement parlant. Elle est très vite déstabilisée dans une
conversation.
-Major, pourriez-vous faire un
diagnostic complet de tout notre système informatique ? Demanda
Hammond, Il y a peut-être des mouchards.
-Je m’en occupe tout de suite mon
général.
Toutes
les tâches non urgentes furent déprogrammées. Il n’y avait que SG15 en mission,
mais ils ne devaient rentrer que dans deux jours. C’était largement le temps qu’il fallait pour
fouiller dans les entrailles des machines. Sam mit tous les informaticiens au
travail, les congés furent annulés et c’est un groupe d’une dizaine de
personnes qui se relayaient jour et nuit pour trouver la faille, si faille il y
avait. Lucy naturellement travaillait elle aussi sur cette investigation. Elle
ne craignait pas grand-chose, à part l’erreur qu’elle avait signalée, elle
n’avait fait aucun autre changement sur les données.
Au
bout de deux jours, Sam trouva quelque chose, une anomalie si petite qu’il
fallait une personne expérimentée pour le découvrir. Un petit programme, tel un
virus avait été introduit dans les ordinateurs. Il permettait tout simplement à
quelqu’un de mal intentionné de pirater les données informatiques. Ce virus
était totalement furtif, et tous les antivirus et parade du monde n’avait rien
pu faire pur l’empêcher de nuire.
-Comment est-ce possible major ?
Je croyais que nous étions protégés par les meilleurs antiviraux, et pare-feu fournis par le Pentagone.
-Nous sommes
protégés, mais il me semble qu’il s’agit de technique Goa’uld.
-Nous avons donc bien une personne de
la base qui trahit ?
-Pas forcément mon général, cela
peut-être quelqu’un de l’extérieur qui pirate nos ordinateurs avec une
technique Goa’uld et envoie ensuite les données à Tefnout par exemple.
-Vous pensez à qui major ?
-A personne en particulier, mon
général. Le NID peut-être ? Ou quelqu’un que nous ignorons, un Goa’uld qui
a réussi à entrer sur Terre. Il y a beaucoup de possibilités mon général,
malheureusement.
-Que proposez-vous major ?
-Un renforcement de nos dispositifs de
sécurité. Je vais mettre une équipe au
travail tout de suite.
-Major, la rappela le général comme
elle quittait la pièce.
-Oui mon général,
-Ecartez le lieutenant Mac Gregor.
C’est plus prudent. Je vais demander au colonel O’Neill de la cuisiner un peu.
Je sais que ça ne lui plaira pas du tout.
-C’était bien mon intention de
l’écarter, quant à la faire questionner par le colonel O’Neill je crois que
c’est une excellente idée, mon général, j’ai cru comprendre qu’elle avait une
peur bleue du colonel !
A
la demande de Hammond le colonel O’Neill fit appeler Lucy mac Gregor. Celle-ci
était en plein travail sur les ordinateurs. A l’appel de son nom elle jeta un
regard interrogatif vers le major, celle-ci lui dit d’y aller immédiatement, il
ne valait mieux ne pas faire attendre le colonel.
Lucy
était subitement très inquiète, que lui voulait le colonel O’Neill ? Les
entretiens qu’ils avaient eus s’étaient plutôt mal passés. C’est le cœur
battant qu’elle se dirigea vers la salle de réunion, où l’attendait O’Neill.
Sans un mot il lui fit signe de le suivre et l’emmena dans un petit bureau dont
il ferma la porte derrière lui.
-Asseyez-vous lieutenant dit-il d’un
ton sec.
Il
resta debout, les bras croisés, le regard dur.
-Et maintenant si vous me disiez
tout !
Elle
se décomposa :
-Je ...ne comprends pas… ce que … vous
voulez dire… mon colonel.
-Nous avons tout notre temps lieutenant.
Je vous écoute.
-Mais je ne vois pas, posez-moi des
questions ?
-D’accord, les lettres envoyées au
membres de SG1, c’était vous ? Il jeta cet hameçon sans savoir si cela
allait mordre. Cette idée lui était venue d’un coup.
Elle
rougit, faillit s’étrangler, comment ce diable d’homme a-t-il su ? Pensa
t-elle. Il fallait nier à tout prix, et
se maintenir dans cette version.
-Non, mon colonel ce n’est pas moi.
Il
l’observait sans rien dire, notant son trouble, ses mains qui bougeaient sans
arrêt, la fine sueur sur son front. Cette façon qu’elle avait de passer sa
langue sur ses lèvres devenues sèches. Et puis ce regard égaré qui ne se posait
sur rien.
Il
prolongea son examen, toujours sans un mot. Elle s’affola et se mit à pleurer.
Il
eut une moue de mépris.
Cela
la mit en colère.
-Qu’est-ce que vous voulez savoir, je
vous ai tout dit !
-Oh non, vous n’avez pas tout dit.
Parlons un peu de ces erreurs de coordonnées. Je vous soupçonne de l’avoir fait
exprès !
Elle
s’étranglait de fureur :
-Pourquoi j’aurai fait ça ?
-Je vous le demande !
-Comment aurais-je pu faire du mal
sciemment à Da… au professeur Jackson ?
Une
lueur ironique passa dans les yeux du colonel
-Il me semble que vous alliez dire
Daniel ? C’est bien familier ! Vous le connaissez
personnellement ? Vous en êtes amoureuse ? Jusqu’où étiez-vous prête
à aller pour vous venger ? Jusqu’à le tuer et nous avec ? Trahir
votre pays ? Donner des secrets au Goa’ulds ?
Sous
ce feu roulant de questions elle trembla. Il savait tout. Elle pleurait de plus
belle, car elle savait que les larmes pouvaient décontenancer un homme, mais
avec celui-là, c’était peine perdue. Il attendait tranquillement qu’elle se
calme.
Il
lui dit de se lever et s’approcha très près d’elle. Elle voulut reculer mais le
mur l’en empêcha. Elle se sentait faible sur ses jambes. Il menait la danse, et
elle se laissait ballotter en tout sens.
Il
reprit impitoyable :
-Vous me parlez maintenant, vous me
dites tout, ou bien c’est la cour martiale, pour haute trahison
Elle
hocha la tête :
-D’accord je vais tout vous dire. Mais
je voudrais m’asseoir, je suis si fatiguée. Je peux avoir un verre d’eau ?
Il
prit une bouteille et un verre et les lui tendit et lui dit de se rasseoir. Il
s’assit en face d’elle, la petite table
du bureau les séparait. Si elle fermait les yeux, elle pourrait peut être
s’imaginer être seule ? Elle s’essuya les yeux et commença à parler sans
regarder le colonel.
-Est-ce que vous pouvez m’écouter sans
m’interrompre ?
-Allez-y lieutenant. Sa voix était plus
douce, elle jeta un regard sur lui, il avait l’air plus détendu, moins dur.
Elle
en avait très gros sur le cœur, elle raconta sa vie difficile, un père absent
ou ivre, qui la tapait elle et sa mère. Des études interrompues le jour où sa
mère était décédée, suite à une chute dans les escaliers. Son père n’avait pas
voulu qu’elle poursuive ses études, elle devait travailler et remplacer sa
femme dans tous les sens du terme. Elle supporta cette vie misérable avec
l’espoir d’en sortir le jour de ses dix huit ans.
Ce
jour-là elle profita de l’absence de son père, elle fit un maigre baluchon et
sortit de la maison pour ne jamais y revenir. Avant de partir elle avait pris
le peu d’argent que son père avait laissé. Son argent qu’elle avait gagné comme
vendeuse dans un super marché.
Elle
quitta tout, son travail, la ville où elle avait toujours vécu. Elle erra
quelques temps à New York, puis se sentant sombrer elle alla tout à fait par
hasard frapper à la porte de l’armée.
A
cette époque le fait de s’engager pouvait être très intéressant. On lui proposa
une formation en informatique. Elle fit de brillantes études et sortit dans les
premiers de son groupe. Alors elle choisit l’Air Force. Son passage à
l’académie se passa si bien qu’elle fût remarquée de ses supérieurs et atterrit à la base.
Elle
aimait beaucoup son travail. Mais toute sa vie elle avait été seule. Et ici ça
continuait. Elle n’ était pas belle et le savait, n’avait aucun succès auprès
des garçons, elle était trop renfermée, et trop triste aussi.
O’Neill
écoutait ce déballage, et ne comprenait pas où elle voulait en venir, mais il
lui avait promis de ne pas l’interrompre. Il était malgré lui touché par son
passé sinistre, et son enfance douloureuse. Elle avait eu le courage de s’en
sortir. C’était un bon point pour elle.
-Vous savez mon colonel, cela fait 6 ans
que je suis à la base. Je suis arrivée avant vous, juste quelques semaines
avant. J’ai suivi de près la première mission sur Abydos, puis votre retour,
toutes les missions je les ai sur mon ordinateur. Mais vous savez, que je n’ai
jamais passé la porte des étoiles. J’en rêve depuis que je suis ici. Mais ma
place est insignifiante, je ne suis qu’une petite préposée aux ordinateurs.
Personne jusqu’à ces derniers jours ne connaissait mon nom, encore moins mon
prénom, personne ne savait rien de moi, j’étais l’ombre d’une ombre, je n’ai
pas d’amis, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur. Mon cœur est un désert, et
pourtant je suis sûre que je peux donner beaucoup.
Alors j’ai été prise d’un coup de folie. J’ai écris ces
lettres c’est vrai, mais c’était juste pour me donner de l’importance, cela ne
prêtait pas à conséquence, juste un peu de désagrément pour SG1, ce que je
cherchais, je vous détestais tous les quatre, le petit personnel n’est rien
pour vous, vous êtes les vedettes du programme. Et ça je n’ai pas pu le
supporter. Navrée mon colonel, mais si vous n’aviez pas eu ce communicateur,
rien ne ce serait passé. En fait j’ai mis le doigt sur quelque chose et j’ai
été forcée d’aller au bout ;
-Forcée dit O’Neill ! A
d’autres ! Vous étiez ravie de me mettre les menottes et de me faire
souffrir avec le sérum de vérité !
-C’est vrai, mais je l’ai regretté tout
de suite, je ne pensais pas que cela vous ferait autant souffrir.
-Vous pensez trop ou pas assez
lieutenant. Je comprends qu’à partir du moment ou Hammond vous avait chargée
d’une mission, vous teniez à la faire jusqu’au bout mais vous n’étiez pas
obligée de faire du zèle. Continuez ajouta t-il.
Lucy
se sentait maintenant beaucoup plus à l’aise avec le colonel. Elle continua son
récit entrecoupé de silences quand elle abordait des passages plus délicats.
-Je m’excuse colonel pour tout ça,
dit-elle à voix basse, elle regardait ses mains et ses avant-bras où
apparaissaient les cicatrices des morsures.
Après j’ai vu que j’avais fait une erreur dans les ordinateurs, mais je
vous l’ai déjà dit.
-C’était vraiment une erreur ?
Insista t-il.
-Oui, mon colonel.
Il
la regarda fixement comme s’il voulait lire dans ses pensées. Il restait
persuadé qu’elle mentait.
-Et si vous aussi passiez au détecteur
de mensonges ?
-Vous feriez cela ?
-Oui bien sûr, mais ne vous inquiétez
pas, normalement ce n’est pas douloureux du tout. Il la laissa sur cette menace
en l’air.
Il
détourna la conversation :
-Parlez-moi du docteur Jackson !
Vous l’aimez ?
-Oui souffla t-elle. Elle se cacha la
tête dans ses mains. Elle avait tellement honte.
-Et lui il le sait ?
-Non, je ne veux pas qu’il le sache. De
toute façon, il ne s’intéresse pas du tout à moi. Et puis après ce que j’ai
fait il doit me détester !
-Arrêtez de vous comportez comme une
gamine lieutenant !
Elle
frémit sous l’insulte, il continua impitoyable :
-Vous êtes consciente que vous avez
commis une faute grave avec les lettres ?
-Oui mon colonel ! Je vais passer
en cour martiale ?
-Je vais en parler au général Hammond.
Cependant je vais ajouter que vous n’avez pas l’air très bien dans votre tête.
J’ai su que vous aviez fait deux tentatives de suicide, pour quelles
raisons ?
-Je viens de vous l’expliquer mon
colonel. Je n’ai pas du tout envie de rentrer dans les détails.
-Ah oui votre père ? N’est ce
pas ?
-En effet.
-Mais comment savez-vous cela mon
colonel ;
-Je le sais, c’est tout.
-Qui est au courant ?
-Je ne sais pas du tout
lieutenant. Maintenant vous allez
rentrer dans vos quartiers. Vous y êtes consignée, jusqu’à nouvel ordre. C’est
compris ?
-A vos ordres mon colonel.
-Je vous accompagne jusqu’à votre porte
lieutenant.
O’Neill mit un garde en faction devant les quartiers de
Lucy, et se retira sans un mot de plus.
Il
alla voir le général Hammond dans son bureau.
-Vous avez entendu mon général ?
-Oui, tout cela me laisse perplexe.
Cette Lucy Mac Gregor en fait est bien à plaindre. Je ne sais pas quoi faire
d’elle.
-La laissez mariner un peu en cellule
peut-être ?
-D’accord, je vous charge de l’arrêter.
-A vos ordres.
O’Neill
fit arrêter Lucy qui alla elle aussi méditer un moment au fond d’une cellule.
Elle
y resta une semaine, le temps que le général réfléchisse.
On
la conduisit devant le général avec des menottes aux poignets. Elle garda la
tête baissée devant tout le trajet, elle avait honte d’elle, de ce qu’elle
avait fait. Toute la base avait l’air au courant et c’est dans un silence de
mort qu’elle traversa les couloirs qui menaient de la cellule au bureau du
général. Ce n’était pas dans le bureau qu’on la conduisit mais dans la salle de
briefing. Elle eut un instant d’hésitation sur le seuil, en plus du général
Hammond SG1 était là. Le docteur Jackson pâle et fatigué avait repris sa place
parmi eux. Elle poussa un soupir intérieur, elle avait eu si peur qu’il meure,
elle ne s’en serait pas remise.
On
lui enleva les menottes et on la fit s’asseoir en bout de table comme il y
avait quelques jours quand elle était investie d’une mission d’investigation.
Là elle était l’accusée, son sort se déciderait dans les minutes qui allaient
suivre, et ce serait probablement la cour martiale. Elle avait les jambes
tremblantes et la bouche sèche, elle s’assit, baissa les yeux et attendit.
Le
général Hammond prit la parole.
-Lieutenant
Mac Gregor, levez-vous.
Lucy
leva les yeux et ne vit que des visages sévères autour d’elle, sa vue se
brouilla légèrement tandis qu’elle se levait et se mit au garde à vous.
Le
général Hammond continua impitoyable :
-Lieutenant Mac Gregor, je vous traduis
en cour martiale pour haute trahison. Le projet Porte des étoiles étant secret,
cette cour martiale aura lieu ici à la base, vous serez jugée par vos
supérieurs, le colonel O’Neill et
moi-même, l’état Major sera représenté par le général Bauer. Avez-vous
quelque chose à dire ?
Alors
Lucy se lâcha, elle n’avait plus rien à perdre, elle savait que le fait d’avoir
envoyé des lettres anonymes était une faute grave, naturellement ils croyaient
tous qu’elle était responsable de l’erreur d’aiguillage sur la planète de
Tefnout, ils allaient forcément l’accuser en plus des fuites, elle savait que
son sort était réglé d’avance, ce serait peut-être une peine de prison, puis le
renvoi de l’armée. Le déshonneur, la dégradation. L’USAF n’aimait pas les
brebis galeuses. Elle était condamnée d’avance. Et elle savait qu’elle ne
supporterait pas tout cela. Alors elle leur dit ce qu’elle pensait.
-Mon général, j’ai fait une faute, une
seule, et une erreur (elle ne voulait pas lâcher sur ce point) Mais vous me croyez tous coupable de tous les
maux qui arrivent au SGC, ce n’est pas moi qui ai trahi. C’est trop facile de
m’accuser. Je suis le bouc émissaire, le vilain petit canard, vous me détestez
tous, et bien, soyez sûrs que c’est réciproque. Je déteste ma vie. Ce qu’elle a
été et ce qu’elle est devenue. Vous ne me laissez aucune chance, je suis
condamnée d’avance, votre cour martiale, je m’en moque, vous pouvez faire de
moi ce que vous voudrez, de toute façon ça n’a plus aucune importance, puisque
ce que j’aimais, la seule chose que j’aimais dans ma vie, mon travail, vous me
l’enlevez. Je comparaîtrais devant votre tribunal mais je ne dirai pas un mot.
A quoi bon ? En six ans vous m’avez laissée dans des emplois subalternes
alors que j’avais réussi brillamment mes études, et que j’étais bien notée par
mes supérieurs, personne ne m’a donné ma chance, tout le monde ici a passé au
moins une fois la porte des étoiles, pas moi. Pourquoi ? J’étais si
insignifiante que vous m’avez oubliée ?
Je vous déteste tous, et finalement je suis bien contente que mon erreur
d’aiguillage vous ait conduit dans cette prison de Tefnout, et je ne regrette
qu’une chose, c’est que les rats ne vous aient pas dévorés totalement.
Elle
hurla ces derniers mots, et comme les autres fois, il lui fut impossible de se
contrôler, elle criait, puis finalement sa tirade s’acheva sur un sanglot et
elle tomba.
Ils
étaient tous restés pétrifiés, ne comprenant pas la haine qu’elle éprouvait.
Seul O’Neill qui avait reçu ses confidences pouvait un peu mieux la comprendre.
Sam
réagit la première
-Cette femme est malade, mon général,
je ne sais pas si son cas relève de la cour martiale ou de l’hôpital
psychiatrique.
Janet
s’affairait autour de Lucy, elle l’avait allongée sur le sol et la jeune femme
ne revenait pas à elle. Elle fut emmenée à l’infirmerie sur un brancard.
Lucy
reprit conscience lentement. D’abord des visages flous, des ombres flottaient
devant ses yeux. Elle bougea et vit qu’elle avait une perfusion dans le bras
gauche. Une infirmière était à son chevet et elle appela aussitôt Janet pour
lui dire que la jeune femme était réveillée.
-Bonjour Lucy, bienvenue parmi nous.
-Docteur dit-elle faiblement. Qu’est ce
qui se passe ?
-Vous ne vous souvenez pas ?
-Non, vaguement, il me semble que j’ai
fait un malaise et puis plus rien.
Janet
n’insista pas, la jeune femme semblait très faible.
-Reposez-vous, Lucy.
-C’est quoi dans la perfusion ?
Lui demanda t-elle en montrant son bras.
-Du glucose, c’est tout. Reposez-vous
maintenant.
-Des nouvelles du lieutenant Mac Gregor
mon général ? Demanda Sam en entrant dans le bureau de Hammond.
Hammond
eut un petit sourire :
-Il semble que notre lieutenant ait une
perte de mémoire providentielle. Elle ne se rappelle de rien.
-Et qu’en dit Janet ?
-Elle pense qu’elle est sincère, mais
elle n’en est pas sûre à cent pour cent.
-Et si le colonel O’Neill allait lui
poser quelques questions ? Mon général, il me semble qu’il ait quelque don
pour lui délier la langue.
Hammond
approuva et demanda au colonel de rendre une petite visite au lieutenant, mais
il lui faudrait avoir avant l’aval du docteur Frazier.
-Colonel, je ne sais pas si c’est une
bonne chose. Il ne faut surtout pas la brusquer.
-Mais enfin, Docteur, elle simule ou
pas ?
-A mon avis elle ne simule pas. Mais je
n’en suis pas totalement sûre. Il est certain que lorsqu’elle est tombée, sa
tête a heurté la table, elle avait un hématome assez important, cela suffirait
pour qu’elle ait occulté un tas de souvenirs trop pénibles. Bon, ajouta –t-elle, allez la voir, mais
surtout ne la brusquez pas !
-Moi l la brusquer, mais je suis un ange de douceur,
docteur !
-Hum… je vous donne quelques minutes
simplement, et je vous accompagne.
-Docteur je préférerais être seul avec
elle.
-D’accord, mais de la douceur !
Lucy
était seule dans une chambre. Elle sourit à Janet.
-Vous avez de la visite Lucy !
Celle-ci
parut contente, elle se sentait mieux, malgré ce mal de tête lancinant.
-Bon, je vous laisse dit-elle à O Neill.
-Salut ! Fit O’Neill en
s’approchant du lit. Comment allez-vous ?
-Mieux je
vous remercie.
Elle
ne dit rien de plus posant sur lui un regard tranquille.
-Il parait que vous ne vous rappelez
plus de rien ?
Elle
sourit :
-Non je n’arrive pas à me rappeler de
votre nom, votre visage m’est familier mais c’est tout.
-Ça vous reviendra, je crois que le
docteur a prévu quelque chose pour vous.
-Oui, elle m’a expliqué, il parait que
l’hypnose marche très bien.
-Sans doute. Vous avez vraiment tout oublié ?
La base ? Votre travail ?
-Non bien sûr, mais ce sont les
personnes et les évènements qui me posent problème, je sais que ça peut paraître bizarre, mais
c’est vrai.
-Je crois que je vais vous laisser vous
reposer maintenant dit O’Neill en se levant.
-Merci d’être venu me voir, je n’ai pas
beaucoup de visite.
-Mais de rien, reposez-vous bien.
Janet
l’attendait à la porte.
-Alors qu’est ce que vous en
pensez ?
-Pas grand-chose, elle a l’air sincère,
c’est tout ce que je peux dire.
Tous,
ils vinrent la voir, ses collègues de l’informatique, le major Carter, Teal’c,
même le docteur Jackson. En le voyant son cœur battit un peu plus vite. Ils
étaient tous charmants avec elle.
Puis
vint un jour où il fallut bien lui dire la vérité, ce fut le colonel O’Neill
qui s’y colla.
Il
passa un très long moment avec elle pour essayer de lui remettre en mémoire
tous les évènements précédents. Elle l’écouta sans rien dire, elle avait un air
grave et de nombreuses émotions passaient sur son visage. De temps en temps ses
yeux se remplissaient de larmes, mais elle écoutait le colonel, lui faire cet
étrange récit de sa vie. Janet n’était pas d’accord, mais elle avait du
s’incliner devant l’autorité du général. En effet la traduction devant la cour
martiale était partie avant que la jeune femme ne soit prévenue. La machine
était en marche et il ne serait pas facile de l’arrêter en cas
d’irresponsabilité reconnue.
O’Neill la regardait attentivement et tout en parlant
guettait ses moindres réactions. Quand il fit mention de la cour martiale, elle
mit sa main devant sa bouche, ses yeux reflétaient la peur.
-Oh mon dieu dit-elle simplement.
Puis
après un moment elle ajouta :
-Je vais être traduite en cour
martiale ! Mais qu’est ce que je pourrais dire pour ma défense, ce que
vous me dites n’évoque rien pour moi.
-Ça non plus ? Dit-il en tirant de
sa poche une des lettres anonymes qu’elle avait écrites.
-Non. C’est moi qui ai fait ça ?
Pourquoi ?
-C’est à vous de nous le dire.
-Je n’ai aucun souvenir. Mais si je
dois comparaître devant la cour martiale, je l’accepte. Je suis militaire,
c’est normal. Par contre je ne pourrais pas me défendre.
-Vous aurez un avocat. Il le fera pour
vous.
-Mais je ne pourrais pas lui parler,
lui expliquer !
-Je n’y peux rien lieutenant, c’est le
règlement.
-Je comprends colonel, je vous remercie
beaucoup d’avoir pris le temps de venir m’expliquer tout cela. Et puis je
m’excuse encore pour le tort que je vous ai fait à vous et votre équipe.
O’Neill
se sentait gêné, mais il ne comprenait pas pourquoi. Le comportement du
lieutenant était si différent, elle n’était plus agressive, mais docile, elle
souriait souvent, elle qui avait plutôt un visage renfrogné. Il y avait un tel
changement en elle que ça ne paraissait pas naturel. Il se promit d’en parler à
Janet.
-Docteur un tel changement de
comportement c’est possible ? Demanda O’Neill. Ce n’est plus la même personne qui nous
crachait sa haine juste avant son malaise.
-Oui c’est possible. Le lieutenant a
shunté de sa mémoire tout ce qui pouvait la faire souffrir. Elle ne se souvient
plus de son enfance misérable, ni des ses frustrations, ni de tout ce qui s’est
passé ces dernières semaines. Elle est comme neuve, donc son vrai caractère
refait surface. Si elle n’avait pas eu tout cela dans sa vie, c’est cette Lucy
là qu’on connaîtrait.
La
comparution en cour martiale eut lieu quelques semaines plus tard. Lucy allait
mieux, elle avait repris des forces, et même si sa mémoire n’était pas revenue,
Janet lui avait permis de se lever et de regagner ses quartiers. Elle avait
entrepris une thérapie, et elle rendait trois par semaine à un entretien avec
un psychiatre. De plus Janet lui avait prescrit des médicaments pour soigner sa
dépression. Il était apparu en effet au cours des examens médicaux qu’elle lui
avait fait, que Lucy était atteinte d’une profonde dépression, qui n’avait
jamais été réellement soignée.
Après
une délibération très courte, le tribunal déclara que le lieutenant Mac Gregor
ne pouvait pas être jugée sur des actes qu’elle avait commis, mais dont elle ne
se souvenait pas, et que la cour martiale n’avait plus lieu de se réunir.
A
la suite du jugement le général Hammond la prit à part.
-Lieutenant, vous avez commis des actes
graves, qui malgré tout ont eu des conséquences, en particulier sur la santé
des membres de SG1 qui ont eu beaucoup à souffrir de vos erreurs ou de vos
fautes. En conséquence je vous donne un blâme. Votre avancement est compromis,
votre dossier reste chargé et je pense que vous le comprenez.
-Oui mon général.
-En conséquence vous reprendrez votre
travail, mais vous serez étroitement surveillée pour que cela ne se reproduise
pas. De plus vous aurez un entretien hebdomadaire puis mensuel de toutes vos
activités, avec moi ou avec le colonel O’Neill. C’est dire que tout ce que vous
ferez, sera sous contrôle. De plus le docteur Frazier nous tiendra au courant
de votre thérapie. Est-ce que vous avez bien compris lieutenant ?
-Oui mon général.
-Disposez.
Sur
un salut impeccable Lucy sortit de la pièce.
-Ne la lâchez pas surtout dit-il à
O’Neill.
Celui-ci
approuva.
-Une question, mon général, si vous me
permettez ? Pourquoi la garder à la base ?
-Simplement parce que je n’ai qu’une
confiance limitée. Si elle était affectée ailleurs je ne suis pas sûre qu’elle
tiendrait sa langue. Elle doit rester sur surveillance, et ici c’est plus
facile.
-En effet mon général.
Quelques
jours plus tard, Lucy reprit son poste. Elle était à nouveau dans la salle de
contrôle de la base. Elle avait un travail différent, avec moins de
responsabilités, mais elle s’en fichait, Elle savait qu’elle revenait de loin.
Elle
sourit, en s’asseyant devant son ordinateur, et jeta un regard autour d’elle
Elle ne vit que des visages concentrés sur leur travail. Personne ne faisait
plus attention à elle. Finalement elle en était contente, elle n’avait que trop
attiré l’attention, ces derniers temps. Elle se réjouissait des entretiens
qu’elle aurait avec O’Neill ou le général Hammond, elle était sûre maintenant
d’être considérée différemment. L’idée
de l’amnésie, un coup de génie. Bien joué Lucy pensa t-elle, bien joué.
-Entrez lieutenant dit Hammond, et
asseyez-vous.
Lucy
venait pour son entretien hebdomadaire, avec un officier supérieur. Depuis six
semaines qu’elle était « guérie », c’était toujours le général
Hammond qu’elle avait rencontré, et cela l’arrangeait bien. Le général était un
homme foncièrement bon, même si parfois il pouvait être redoutable. Avec lui
elle n’avait aucun problème.
C’était une conversation à bâtons rompus qui durait
environ une demi-heure à chaque fois. Lucy faisait très attention à ce qu’elle
disait. Mais elle avait jugé qu’il serait mieux qu’elle retrouve la mémoire
partiellement, par petites touches, ce serait le signe que le traitement imposé
par sa hiérarchie fonctionnait. Déjà quelques souvenirs remontaient à la
surface, elle reconnaissait les gens même si elle hésitait sur leur nom
parfois. Et puis certains évènements revenaient. Mais elle avait décidé
d’occulter définitivement son enfance et son adolescence. Elle ne voulait pas
que les psychiatres aillent trop fouiller dans son passé douloureux. Elle
travaillait bien, acceptait les contraintes des vérifications qu’on lui
imposait. C’était souvent le major Carter qui faisait ce contrôle. La jeune
femme était très sèche avec elle. Lucy sentait qu’elle était définitivement
classée aux yeux de la jeune femme. Cela l’ennuyait un peu, elle aimait bien
Sam et l’admirait pour son esprit brillant, même si elle la jalousait un peu.
Elle
était toujours à l’affût des activités de SG1, ils étaient souvent en mission
cela la désolait car elle voyait moins Daniel, comme elle l’appelait dans son
cœur, mais cela présentait un avantage considérable, O’Neill aussi était
absent. Elle redoutait le jour où elle aurait un entretien avec lui. Moins elle
le voyait, mieux elle se portait.
La
semaine suivante, elle eut la désagréable surprise de trouver O’ Neill
dans le bureau du général.
-Entrez lieutenant, et asseyez-vous.
Le
colonel avait devant lui les rapports qui avaient été faits la semaine
précédente sur le lieutenant. Ces rapports n’étaient pas parfaits, il y avait
eu des petites erreurs de la jeune femme, erreurs heureusement corrigées par
ceux qui la supervisaient. Lucy pâlit.
-Alors lieutenant, que dites-vous de
cela ? Dit–il en lui montrant les feuilles.
Elle
baissa la tête, et murmura très mal à
l’aise.
-Je ne sais pas mon colonel, les entretiens que j’ai avec le docteur Mac
Kenzie me fatiguent tellement que j’ai du mal à me concentrer.
-Retrouvez-vous la mémoire ?
Demanda t-il.
-Un peu, mais ce sont des souvenirs que
je ne peux pas rattacher les uns aux autres, ce n’est pas cohérent. Mais le
psychiatre dit que c’est normal, ça reviendra tout doucement. Mais curieusement
je ne suis pas très pressée.
-Pourquoi ?
-J’ai honte de ce que j’ai fait
dit-elle à voix basse, je ne suis pas très pressée de me le rappeler.
Elle
hésitait dans ses mots, comme si elle faisait très attention à tout ce qu’elle
disait.
O’Neill
la scrutait et sentait bien que quelque chose coinçait
-Vous ne me dites pas la vérité
lieutenant.
Lucy
rougit :
-Je vous assure que si.
Elle
ajouta :
-Je voudrais demander une autre
affectation, mon colonel.
O’Neill
là-dessus était très ferme.
-Il n’en est pas question, nous n’avons
absolument pas confiance en vous, vous ne pourriez pas tenir votre langue.
Lucy
sentait la colère monter :
-Et vous croyez quand me gardant à la
base, je me tairais plus facilement. On en sort de la base !
-Si vous le prenez sur ce ton
lieutenant, on pourrait bien vous obliger à y rester à la base, il y a
d’excellentes cellules, répondit O’Neill sèchement.
Le
coeur de Lucy battait à tout rompre, elle détestait ce colonel O’Neill qui ne
se laissait pas circonvenir.
Sa
vue se troublait, elle sentit les larmes qui noyaient ses yeux, elle ne fit
rien pour les arrêter, son visage s’était figé quelques secondes.
-Lieutenant ! Appela O’Neill, il
répéta plus fort : lieutenant !
Elle
eut un frémissement et se reconnecta avec la réalité, elle avait glissé un
instant dans un monde ouaté, où elle n’éprouvait plus rien, et où elle avait
envie de s’enfoncer pour ne plus jamais revenir à la surface.
La voix sèche du colonel la secoua, elle balbutia :
-Excusez-moi mon colonel, je suis si
fatiguée… Sa voix faiblit sur ce mot.
-Vous devriez aller à l’infirmerie,
lieutenant, je vais vous faire accompagner.
Janet
était très inquiète, elle vit arriver une Lucy très pâle et tenant à peine
debout. Elle la fit mettre au lit tout de suite. La jeune femme plongea aussitôt
dans un profond sommeil. Rien ne semblait pouvoir la tirer de sa torpeur.
-Je ne comprends pas ce qu’elle a
colonel, dit-elle à O’Neill un peu plus tard dans la soirée. Elle paraissait
aller mieux depuis quelques jours, mais je la sentais quand même très
fatiguée. C’est à la suite de votre
entretien qu’elle est comme ça.
-Oh je n’y suis pour rien
docteur ! Mais j’ai l’impression qu’elle se déconnecte quand quelque chose
ne lui plait pas. Elle a eu une absence juste avant que je la fasse emmener à
l’infirmerie.
Quand
Lucy se réveilla le lendemain, elle demanda à parler au colonel O’Neill. Cela
surprit beaucoup Janet, car elle savait que la jeune femme craignait le
colonel.
Une
heure plus tard celui-ci arriva devant Lucy. Celle-ci avait décidé qu’il était
grand temps de dire la vérité, ou du moins une partie de la vérité, celle
qu’elle pouvait dire sans danger pour elle-même.
-Que se passe t-il lieutenant ?
-J’ai beaucoup de choses à vous dire ça
va être long.
-Je vous écoute.
-Vous ne pourriez pas vous
asseoir ? Mon colonel ?
O’Neill
s’installa près du lit et attendit que
la jeune femme s’explique.
-Mon colonel, j’ai un poids sur la
conscience et qui m’étouffe.
Il
eut un regard surpris et l’invita à poursuivre.
Alors
elle lui déballa tout, sa fausse amnésie, ses erreurs volontaires ou non, sa
jalousie envers les autres, ce sentiment d’être si petite et insignifiante, sa
haine même, la joie qu’elle avait éprouvée quand elle avait su ce qui leur
était arrivé sur la planète de Tefnout, son amour pour Daniel.
Elle
parlait à voix basse sans le regarder, comme si elle se parlait à elle-même. Il
était très septique.
-Ecoutez lieutenant lui dit-il quand
elle eut fini, franchement ce que vous dites ne m’intéresse pas. Il ne faut pas
croire qu’on a gobé complètement cette histoire d’amnésie, nous avons toujours
eu un doute. C’est très habile ce que vous faites, vous avez déjà été jugée une
fois, en cour martiale, donc vous ne serez pas rejugée pour ce motif. Mais vous
pourriez bien être jugée cette fois ci pour mensonge délibéré, manque de
respect envers vos supérieurs, tromperie caractérisée, j’en passe, la liste est
longue.
Je
pense que votre carrière dans l’armée est finie, mais vous resterez sous le
coup de la non-divulgation et pourriez avoir à faire à la justice militaire si
vous trahissez, et cette fois il n’y aura aucune indulgence du jury.
Maintenant,
mademoiselle, je vais avec le général Hammond statuer sur votre cas. Mais
n’attendez aucune indulgence de notre part.
Sans
attendre la réaction de Lucy il sortit de l’infirmerie sans un regard pour la
jeune femme.
Lucy
se renfonça dans ses oreillers avec un léger sourire sur les lèvres.
Janet
était ulcérée de l’attitude de la jeune femme, elle avait trompé tout le monde,
elle avait mené sa barque avec un certain machiavélisme. Mais finalement cela
se retournait contre elle. Cette jeune femme était malade, elle avait besoin de
soin. Janet était médecin dans l’âme, elle ne pouvait pas abandonner sa
patiente.
Le
sort de Lucy fut scellé très rapidement. On ne tint pas compte de son état de
santé, malgré les recommandations de Janet. Elle fut condamnée à un an de
prison, qu’elle passerait dans une prison militaire. Sa peine effectuée elle
serait rendue à la vie civile. Naturellement elle serait étroitement surveillée
pour ne pas divulguer les secrets du projet porte des étoiles.
Lucy
quitta la base un 15 mai, et elle purgea sa peine dans un pénitencier d’Etat.
Un
an plus tard par une fraîche matinée de mai, les portes de la prison
s’ouvrirent devant elle.
Elle
alla jusqu’à son appartement de Colorado Springs et là elle descendit dans sa
cave et d’une cachette invisible elle sortit un communicateur Goa’uld.
Elle
envoya un message subspatial et attendit. Quelques instants plus tard, elle
reçut des instructions, et se mit en
route. Une semaine après elle était à bord du vaisseau de Tefnout et rendit
compte à la reine de sa mission. Elle avait superbement bien joué son
personnage, tout avait été parfait, elle riait encore de la tête du général, du
colonel O’Neill, de Janet, et des autres. Sa fausse maladie avait été
extraordinaire de précision et de vraisemblance. Des drogues indétectables l’avaient beaucoup aidée.
Elle
avait été contactée tout à fait par hasard par un de ses amis, qui la
connaissant bien, savait qu’elle ne supportait plus de jouer un petit rôle dans
la base. Il lui avait donné le rôle de sa vie, elle avait adoré leur jouer la
comédie et se venger des petites
brimades qui émaillaient son quotidien. Les trahir avait été un grand moment, son
seul regret, Daniel. Mais elle avait été obligée de le sacrifier à son ambition
personnelle démesurée.
Le
traître de la base était découvert, c’était bien Lucy Mac Gregor. Mais personne
n’en sut jamais rien. La jeune fille avait disparu de la surface de la Terre.
TELLEMENT D’IMPORTANCE !
Aurélia
Fic 31
Juillet 2004
Chapitre
1
Planète inconnue
Elle avançait d’un pas rapide, de
longues foulées régulières. La distance était grande entre la porte des étoiles
et le palais de la reine. Elle maudissait cette civilisation à la fois si
perfectionnée et si rétrograde. Il n’y avait même pas de moyen de transport.
Tout devait se faire à pied. Du moins pour des gens comme elle, naturellement
les notables ne marchaient pas, encore moins les conseillers de la reine.
Elle était en colère après tout le
monde. Depuis qu’elle avait quitté la Terre et après le sale tour qu’elle avait
joué au SGC, rien ne se passait comme elle le souhaitait.
Elle n’avait pas été accueillie à
bras ouverts comme elle l’avait pensé. Il faut dire qu’elle n’apportait pas
grand-chose dans ses bagages, rien qu’une trahison qui n’avait pas porté de
fruits. Elle était partie sur un coup de tête, elle n’avait plus nulle part où
aller. Après avoir purgé sa peine sur la terre, elle avait été renvoyée de
l’armée. Elle était sûre de ne trouver aucun travail, le général Hammond avait
fait le nécessaire. Elle était obligée d’entrer dans la clandestinité. Et quel
meilleur moyen que d’entrer au service de la puissance Tefnout, celle qui avait
presque failli tuer SG1 !
Elle s’approchait du palais, et
ralentissait. Elle n’aimait pas les jaffas, elle craignait toujours un coup de
lance égaré. Il lui fallait pourtant être souvent en contact avec eux.
C’étaient des êtres tout dévoués à leur reine, elle savait parfaitement qu’en
cas de doutes de leur part, elle serait immédiatement abattue.
Lucy Mac Gregor était une jeune
femme de 31 ans. Elle n’était pas une beauté, et en avait souffert une partie
de sa vie. Elle avait compensé son manque de charme par une intelligence
redoutable. Elle aurait aimé une autre vie, connaître l’amour, avoir une
famille, des enfants. A défaut d’amour, elle n’avait connu que la haine, dans
son enfance et sa jeunesse. Elle avait été envieuse de tous quand elle
travaillait à Cheyenne Mountain. Elle avait pris sa revanche sur O’Neill et sa
bande. Elle regrettait beaucoup de n’avoir pu assister à leurs souffrances
quand ils avaient été prisonniers dans la cave de Tefnout, dévorés par des
rats. Le seul regret de sa vie à la base était Daniel Jackson. Elle l’avait
aimé, et avait été rejetée. C’est peut être cela qui avait tout déclenché,
ainsi que sa haine viscérale envers le
major Carter et le colonel O’Neill.
Elle entra dans le palais et demanda audience à la
déesse. Elle n’avait pas le droit de se présenter comme elle le souhaitait, et
trouvait ridicule cette espèce de hiérarchie que Tefnout avait instituée. Elle
devait prévenir de son arrivée le chef de la garde suprême, qui allait voir
l’esclave personnelle de la reine, qui a son tour frappait à la porte de
la chambre où de la grande salle du trône et avertissait qu’un visiteur
se présentait.
Cela pouvait demander longtemps. La
reine faisait toujours attendre ces visiteurs. Elle savait que l’attente les
rendait humbles et furieux. De quoi les déstabiliser quand ils se
présenteraient devant elle.
Trois heures plus tard Lucy fut
conduite devant Tefnout. Elle dut s’agenouiller, baiser le bout des doigts de
la reine. Attendre ainsi prosternée que celle-ci lui dise de se relever, et lui
donne la parole. Lucy ne décolérait pas, elle trouvait cela humiliant. Que
quelqu’un de sa valeur soit traité ainsi la révoltait. Elle décida que cela ne
durerait pas.
-Alors
Lucy ? Quelles nouvelles ?
-Ma
reine dit Lucy, la guerre des Asgards et des Réplicateurs fait rage.
Plusieurs vaisseaux Asgards ont été
vaincus. Nous avons trouvé un vaisseau totalement inhabité et en bon état. Il
n’y avait plus de réplicateurs à bord. Je l’ai rapporté.
Lucy en effet avait participé à des
missions d’espionnage pour le compte de la reine. Son passé militaire de
terrienne et d’informaticienne était précieux à Tefnout. Sur un vaisseau
Goa’uld elle avait installé du matériel performant, mélange de technologies de
plusieurs civilisations. Elle rentrait de mission et rapportait à sa reine un
vaisseau Asgard, plein de technologies nouvelles. Elle avait espéré un
remerciement pour un si beau cadeau. Mais la reine préoccupée sans doute par
quelque chose de plus important à ses yeux, l’avait à peine écoutée et déjà la congédiait.
Lucy sortit à reculons, ainsi
qu’elle devait le faire. Elle était tellement abasourdie de la réaction de
Tefnout, qu’elle s’assit un moment dans le hall du palais pour réfléchir.
Elle avait apporté à la reine un
vaisseau Asgard sur un plateau, et on l’avait congédiée comme une malpropre.
Elle se mit à pleurer de rage, et toute la rancœur qu’elle avait connue à la
base de Cheyenne Mountain remonta en surface. On la traitait ici comme une
moins que rien, cela ne faisait aucune différence. Elle décida s’explorer le
vaisseau Asgard, de l’étudier à fond et d’en demander le commandement. Puisque
la reine ne s’y intéressait pas, elle allait en profiter.
Base de Cheyenne Mountain.
Daniel Jackson se dirigeait vers la salle de briefing tout
en relisant les notes qu’il avait prises,
sur P4C676, une planète où SG1 avait passé deux jours. Deux
merveilleuses journées à visiter un immense temple au grand dam d’O’Neill qui
avait trouvé que le temps ne passait vraiment pas vite. Pauvre Jack pensa t-il,
c’est vrai que surveiller un temple et une porte où il ne passait jamais
personne devait être d’un ennui !
Plongé dans ses réflexions il se buta sur O’Neill qui se rendait lui aussi à la salle de briefing.
Les notes de Daniel s’éparpillèrent
sur le sol.
-
Vous ne pouvez pas regarder où vous mettez les pieds, dit O’Neill en se
frottant le bras.
Et comme Daniel se baissait pour
ramasser ses feuilles :
-Attendez,
je vais vous aider.
-Je
suis désolé, Jack, mais je n’étais pas tout à fait prêt pour le briefing et je
révisais un peu mes notes, je ne vous avais pas vu.
-Pas
grave. Mais je suis surpris que vous ne soyez pas prêt ! C’est la première
fois que ça vous arrive !
-Oh
vous savez Jack, tous ces symboles sur
le temple de P4C777, me donnent du fil à retordre, et …
Daniel n’eut pas le temps de finir
sa phrase, que les alarmes se déclenchèrent. Ils se mirent à courir pour
rejoindre la salle de contrôle de la porte où déjà Carter était au travail.
L’iris était fermé et la lueur bleue du vortex apparaissait derrière le rideau
de protection de titane.
Tout le monde était figé, le vortex
était ouvert depuis déjà trente secondes quand l’iris s’ouvrit.
-Fermez
l’iris cria le général Hammond.
-Mon
général je ne peux pas dit Sam en s’activant fébrilement sur les consoles.
L’inquiétude était très grande,
dans la salle d’embarquement une escouade d’hommes armés était prête à tout,
même à mourir s’il le fallait.
Les secondes s’égrenaient et
devinrent une minute, puis deux. L’angoisse était à son comble, les visages
graves, le silence pesant.
Quelque chose roula sur la rampe
d’embarquement, et s’arrêta juste en bas. Les soldats reculèrent.
-Faites
attention ! Dit Hammond !
A ce moment précis le vortex se
déconnecta. Chacun retint son souffle. O’Neill descendit les marches en courant
et ralentit à l’entrée de la salle. Les
soldats lui laissèrent le passage, il s’approcha de l’objet.
Il fit un signe que tout allait
bien.
-C’est
un papier qui entoure une pierre dit-il.
Sur le papier juste quelques
mots :
-« Souvenez-vous
de moi »
O’Neill retourna la feuille, et la
donna au général.
-Un
ami qui se rappelle à nous mon général, dit-il.
-Hum fit
Le papier fit le tour de la table.
C’était une feuille manuscrite. Une écriture
appliquée.
-Ça
me rappelle quelque chose dit Sam. Pas vous Daniel ?
-Non,
je devrais ?
-Tout
le monde se souvient du corbeau ?
Lucy mac Gregor !
-Ah
oui, dit O’Neill
-En
effet major Carter, dit Teal’c, elle
nous avait accusé de traîtrise.
-Ce
qui me surprend c’est que le papier soit venu par la porte des étoiles dit
Daniel.
-En
effet, répondit Teal’c je croyais Mac
Gregor surveillée !
-En
fait non, dit Hammond. Une fois qu’elle a eu purgé sa peine au pénitencier
d’état, on a perdu sa trace. Impossible de la retrouver, son appartement était
occupé par une autre personne. Le service chargé de la surveiller s’est trouvé
très vite débordé.
-Vous
croyez qu’elle est allée rejoindre un Goa’uld ? Dit Daniel.
-Il
y a de fortes chances, dit Hammond. Sachant qu’elle a sans doute trahi, il faut
établir avec quel Goa’uld elle a pu rentrer en contact. Docteur Jackson je vous
charge de cette mission, étudiez toutes les possibilités et n’en écartez aucune
pour l’instant. Major, vous chercherez dans les systèmes informatiques des
traces de son passage. Colonel, avec Teal’c vous renforcerez les défenses de
cette base.
-Tous
au travail, conclut le général en se levant. La mission sur P4C676 est
repoussée.
Daniel se replongea dans la
traduction des symboles qu’il avait délaissée. Il était persuadé que P4C676
était peut être la clé de leur problème. Il avait reconnu le symbole de
Tefnout. Une femme à tête de lionne. Il découvrit plus loin une autre
représentation d’une femme ayant sur sa tête un disque solaire, tenant dans sa
main un sceptre et entourée de deux cobras. C’était une autre image de Tefnout.
Il avertit aussitôt le général
Hammond qui réunit un briefing d’urgence.
-Général,
dit Daniel avec entre les mains les agrandissements des deux dessins qu’il
avait trouvés. Il s’agit de Tefnout. Quand nous avons eu des ennuis avec cette
déesse c’était sur la planète Alama, P6T654. Et je n’ai pas besoin de vous
rappeler qui dirige cette planète.
-Si
j’ai bien compris docteur Jackson, Tefnout a aussi la planète P4C676.
-Je
n’ai pas dit qu’elle y était encore, mais il y a des traces de son passage,
mais c’était peut être il y a des centaines d’années.
-Et
vous n’avez rien vu de particulier sur cette planète lors de votre dernière
visite.
-Non
mon général dit O’Neill, à part un ennui mortel !
-Ce
n’est pas à vous que je m’adressais colonel ! dit Hammond avec un petit
sourire.
-En
fait dit Sam, nous avons visité un temple immense couvert d’inscriptions, mais
il n’y avait aucune activité suspecte, nous n’avons vu aucun jaffa et
d’ailleurs nous n’avons rencontré personne.
Hammond réfléchit quelques
instants.
-Colonel,
vous allez retourner sur cette planète. Naturellement je n’ai pas besoin de
vous dire d’être très prudents. Recherchez des traces de Tefnout, de Mac
Gregor.
-Major
avez-vous trouvé quelque chose
d’intéressant dans les ordinateurs ?
-J’ai
repéré les planètes qui intéressaient Lucy, répondit Sam. Elle avait laissé des
traces. Elle était très douée en informatique, mais bon, pas assez sans doute.
Et dans les planètes qu’elle avait repérées il y a P4C676
-Ce
qui me conforte dans l’idée qu’il faut être très prudent. Elle vous tend
sûrement un piège.
-Certainement
mon général dit O’Neill. Mais sachant qu’elle nous prépare un piège, nous
redoublerons de prudence.
-J’espère
qu’il n’ y aura pas de rats, dit Daniel.
Ils ne purent s’empêcher de
frissonner à l’évocation terrible de Daniel, qui lui avait été plus mordu que
les autres dans la cave de Tefnout.
-Bien
sûr que non, dit O’Neill avec légèreté, en lui tapant sur l’épaule. Ne vous en
faites pas Daniel !
-Départ
dans une heure dit le général Hammond.
Lucy pénétra dans le temple de la
planète P4C676. Elle était seule sur cette planète, déserte depuis des
centaines d’années. La première salle était immense. Elle trouva des traces du
passage de SG1. Ils avaient oublié une feuille, elle reconnut l’écriture du
docteur Jackson. Daniel, comme elle disait en elle-même. C’était son seul
regret quand elle avait quitté la terre, de ne plus le revoir jamais. Elle en
avait fait son deuil, mais peut être que maintenant ce serait différent. Elle
regarda la feuille, il y avait tracé quelques hiéroglyphes. Elle n’y
connaissait rien et mit la feuille dans sa poche.
Il fallait qu’elle se dépêche et
prépare son piège. Elle trouva ce qu’elle était venue chercher. Cela ne lui
prit pas très longtemps. Le temple était vétuste, et que quelques pierres
s’écroulent sous les pas des explorateurs quoi de plus naturel. Une fois dans
le cachot, ils seront à sa merci, pensa t-elle.
Elle repartit d’un bon pas vers le
shapaï. Elle apporterait à sa reine SG1 sur un plateau. Elle s’arrangerait pour
que Daniel ne fasse pas parti du lot. Mais voir torturer O’Neill, Sam et
Teal’c, quelle joie !
Tefnout était satisfaite, elle
profitait de la guerre des Asgards contre les réplicateurs. Lucy lui avait
rapporté un vaisseau Asgard. Etonnante cette petite, mais trop ambitieuse. Elle
avait tendance à se croire la maîtresse des lieux. C’est pourquoi elle prenait
un malin plaisir à l’humilier. C’était la première fois qu’elle avait une
humaine dans sa suite, elle prenait le temps de l’étudier pour savoir jusqu’à
quel point elle pouvait lui faire confiance.
Elle alla dans sa chambre se
reposer un peu, ses servantes étaient disponibles à tout moment, au moindre
signe d’elle, elles seraient toutes à ses pieds attendant ses ordres. C’était
agréable de se faire servir, et obéir au doigt et à l’œil, mais quelque fois
c’était aussi lassant. Aucune résistance, des esclaves dociles, cela pouvait
être d’un ennui !
Avec Lucy elle espérait un peu
plus, la jeune fille avait du répondant, mais pas en sa présence. Elle avait
bien remarqué comment elle prenait plaisir à terroriser les petites esclaves.
Elle avait le tempérament d’un Goa’uld cette petite terrienne. Il faudra que je
la fasse implanter, pensa t-elle, elle me servirait encore plus efficacement si
elle était une Goa’uld. J’y penserai, une Goa’uld de rang inférieur serait
parfait. Plus elle y pensait plus elle trouvait son idée excellente.
Dans sa chambre elle s’assit à sa
coiffeuse et commença à se brosser les cheveux. Elle aimait beaucoup cette
parure rousse qui lui encadrait le visage, avec de longues boucles qui
cascadaient sur ses épaules. Elle les relevait d’un côté et les retenait avec
un peigne d’ivoire, surmonté de diamants. Ses yeux verts étaient très
soigneusement maquillés, de façon à embellir son regard et à le rendre
mystérieux.
Elle s’habillait toujours avec
recherche, de longues robes brodées, qui s’accordaient parfaitement à son teint
laiteux. Elle prenait grand soin de sa peau, et savait que l’apparence joue un
rôle principal auprès des populations soumises de ses planètes. Quand elle
apparaissait à la sortie d’un Shapaï, dans tout sa splendeur, entourée de sa garde
de jaffas, et qu’elle voyait le peuple prosterné à ses pieds, alors là elle
jouissait de toute sa puissance. Son cœur se gonflait d’orgueil et c’est sans
un regard pour les habitants à genoux, qu’elle s’avançait majestueusement.
Elle appela son prima :
-Karok !
Il apparut aussitôt et mit un genou
en terre
-Où
est Lucy ?
-Elle
prépare un piège ma reine.
-Quel
piège ? demanda t-elle surprise, elle ne l’avait chargée d’aucune mission.
-Je
crois qu’elle a un moyen de piéger les Tauris.
-SG1 ?
-Oui
ma reine dit-il en s’inclinant.
-Bien
tu peux aller maintenant dit-elle. Attend dit-elle en se ravisant, va me
chercher Lucy.
Tefnout était à la fois ravie de
cette nouvelle et horrifié de la conduite de Lucy qui agissait derrière son
dos. Elle allait lui dire son fait, et lui faire voir très rapidement et très
brutalement qui commandait.
Lucy s’inclina devant Tefnout, et
resta à genoux jusqu’à ce que la reine lui dise de se relever.
-Viens
ici lui dit-elle d’un ton sec.
Lucy se releva et fut surprise de
la colère qu’elle lut dans les yeux verts de la déesse, qui avaient à ce moment
un éclat insoutenable.
-Aurais-tu
l’intention de me trahir ? dit-elle d’une voix doucereuse.
Lucy se troubla :
-Oh
non ma reine et elle retomba à genoux. Je vous ai apporté un vaisseau Asgard en
bon état de marche et je vous prépare une surprise.
-Ne
serait-ce pas la capture de SG1 par hasard que tu prépares sans m’en avoir
parlé ?
-Oui,
mais si je ne vous en ai pas parlé ma
reine c’était de peur d’échouer, murmura t-elle.
Tefnout sentait une colère
puissante et destructrice l’envahir, elle leva la main et propulsa Lucy dans
les airs. Celle-ci retomba lourdement
sur le dos, la douleur était terrible, des larmes ruisselaient sur son visage.
La peur envahit son cœur, elle s’était aliénée la terrible reine. Elle se mit à
trembler et se releva lentement.
Tefnout la regardait
froidement :
-Alors
qu’as-tu à me dire ?
-Ma
reine dit humblement Lucy, grâce à un piratage informatique j’ai su que SG1
projetait une mission sur cette planète… Il y a deux jours ils sont venus dans
le temple... votre temple ma reine… et ils l’ont profanés par leur visite, ils
ont filmé et pris des photos… il ont touchés les pierres vénérées… Oh ma reine,
j’ai pensé que je pourrais les piéger pour vous…
Tout en parlant Lucy fixait le
visage de la reine, elle avançait par petites touches son récit, tremblant de
prononcer des mots interdits, ou des phrases qui auraient pu être mal
interprétées.
La colère enflamma les yeux de la
reine :
-Traîtresse,
tu as voulu te venger ! Tu en as tellement bavé avec eux, six longues
années de souffrance et d’humiliation !
Lucy était terrorisée :
-Non
ma reine… je veux vous les offrir… Murmura t-elle.
Tefnout s’éloigna un peu pour
réfléchir, décidemment elle n’aimait pas travailler avec cette terrienne. Elle
lui trouvait un air faux.
-Lucy
quand tu auras capturé ces maudits Tauris, je t’ordonne de me les amener sur le
champ. Tu as bien compris insista t-elle en plongeant son regard dans les yeux
gris de la jeune femme. Ce qu’elle y lut, dut lui plaire, car un petit sourire
effleura ses lèvres.
-Oui
ma reine, je vous le promets, dit Lucy à voix basse.
-J’ai
eu une idée Lucy, je voudrais te faire implanter, d’ici quelques semaines
j’aurais des symbiotes à ma disposition. Qu’en penses –tu ? Dit –elle
d’une voix basse et cruelle.
Lucy pâlit affreusement :
-C’est
un grand honneur ma reine, balbutia –telle.
Après un instant de silence elle
ajouta :
-Ma
reine je vous prierai très humblement de ne pas aller dans le temple en ce
moment, le sol y est très instable…
Est-ce que je peux me retirer maintenant, ma reine ?
Tefnout la regarda et un fin
sourire :
-Oui
va.
Tefnout était maintenant de bonne
humeur, elle avait vu la terreur dans les yeux de Lucy quand elle lui avait
parlé de symbiote. Je la tiens pensa t-elle.
Les jambes flageolantes Lucy sortit
à reculons. Les entrevues avec Tefnout étaient épuisantes. Un symbiote pensa
t-elle ? Elle frissonna longuement à cette idée.
Chevron 5 enclenché
-SG1,
je n’ai pas besoin de vous rappeler d’être prudents, très prudents.
Chevron 6 enclenché
O’Neill sourit :
-Mon
général, nous ferons comme d’habitude.
-Bon
courage SG1 Vous avez 24 heures.
Quand ils arrivèrent de l’autre
côté du Shapaï il n’y avait personne.
Sur la planète régnait un climat tempéré, ils prirent un petit chemin qui
montait en pente douce. Près d’eux coulait un petit torrent dont le bruissement de l’eau claire était
apaisant.
-Vous
voyez Daniel tout est calme, vous n’avez pas à vous inquiéter Dit Sam.
-Oui
ajouta O’Neill, pas de jaffas, pas de serpents. Mais restons prudents.
-Vous
devez me trouver stupide avec mes craintes, nous avons été torturés ou dans de
mauvaises passes un nombre incalculable de fois, mais là je ne suis pas du tout
rassuré, et pourtant tout parait si calme.
-Non
Daniel, vous n’êtes pas stupide dit Sam, nous avons tous nos moments de
faiblesses vous savez.
-Pas
tous, fit Daniel en montrant O’Neill qui marchait devant eux.
O’Neill devait avoir entendu car il
se retourna. En raison des lunettes noires Daniel ne pouvait pas voir ses yeux,
mais il aurait parié qu’ils étaient rieurs.
-Ecoutez
le major, Daniel, elle a raison.
De loin le temple se dressait
majestueux. Il était en mauvais état mais avait encore fière allure. Il était
fait de pierres rouges, et de nombreuses tourelles garnissaient ses angles.
O’Neill s’avança le premier suivi
de près par le major. Il s’arrêta à l’entrée du temple. La première salle
s’ouvrait sur un accès relativement
étroit, et le passage pouvait s’avérer périlleux, car ils avaient remarqué lors
de leur première visite que des pierres
se détachaient du plafond. Le sol était fait d’un dallage irrégulier qui
paraissait cependant solide.
-Attention
à la voûte dit O’Neill en regardant au dessus de lui. Sam le suivait toujours
de très près, Daniel et Teal’c à quelques mètres derrière eux.
Daniel hurla, Sam et Jack avaient
disparu avec un cri tout de suite étouffé.
-Que
s’est-il passé dit-il à Teal’c, Où sont le major et le colonel dit-il en s’approchant
de l’entrée.
-Faites
attention Daniel Jackson, à votre place je ne bougerais pas.
Il se mit à plat ventre à l’endroit
où leurs amis avaient disparu. Il regarda attentivement la dalle et vit qu’elle
était disjointe. Il appuya dessus, mais elle ne s’ouvrit pas. Il les appela,
colla son oreille contre la dalle, mais il n’entendit rien.
Daniel était fou d’angoisse :
-Je
crois que l’on devrait aller chercher du secours. Cet endroit est dangereux.
Mais ce qui est étonnant, la première fois on est tous passé sur cette dalle,
puisque c’est le seul moyen d’accès pour entrer dans le temple, et il ne s’est
rien passé.
Ils repartirent aussitôt et firent
les deux kilomètres qui les séparaient du shapaï au pas de charge. Quelques
minutes plus tard ils arrivèrent sur la rampe.
-Que
se passe t-il demanda Hammond inquiet,
-Le
major Carter et le colonel O’Neill ont disparu, général Hammond.
En quelques mots ils racontèrent ce
qu’ils savaient. Le général Hammond décida d’envoyer une équipe de secours sur la
planète.
-Ils
sont tombés dans un trou, et sont sans doute blessés et sans connaissance dit
Daniel, c’est pourquoi on n’a entendu aucun bruit.
Un groupe d’une dizaine de soldats
se dirigeaient vers le temple. La dalle funeste fut bien vite descellée, et un
trou d’au moins trois mètres de
profondeur apparut. Il n’y avait personne dedans, et aucune trace prouvant que
quelqu’un y était tombé, à plus forte raison deux personnes.
-Vous
êtes sûr que c’est là dit le major Trevor ? Il n’y a jamais rien eu ici
dit-il en se penchant. En effet le trou sentait le renfermé et une fine
poussière au fond semblait n’avoir jamais été remuée depuis des siècles.
-Absolument
dit Teal’c, je les ai vu tomber.
-Moi,
je les ai entendu crier dit Daniel surpris !
-Attention,
nous ne sommes pas seuls sur cette planète ! répliqua Teal’c. Armé de sa
lance, il fit le tour du temple avec les hommes du major Trevor.
Pendant ce temps Daniel était resté
près de la dalle qui avait été remise en place et c’est là qu’il vit des traces
de pas. Il y en avait plusieurs en plus des leurs
-Teal’c
venez voir cria t-il
Teal’c se pencha sur les
traces :
-Des
jaffas, au moins cinq ou six, et des traces de pas plus fines, une femme sans
doute, et des rangers de taille différente.
-Tefnout ?
Jack et Sam ? dit Daniel.
-C’est
probable, Daniel Jackson, dit Teal’c d’une voix neutre.
-Il
faut les retrouver dit Daniel.
-Excusez
moi professeur dit le major Trevor, mais le général Hammond nous a donné que
peu de temps. Il faut rentrer maintenant.
-En
effet, ils doivent avoir quitté la planète depuis longtemps avec leurs
ravisseurs. Ça ne sert à rien de rester ici. Rentrons, dit Daniel.
La chute avait été terrible, la
surprise totale, ils avaient crié, étaient tombés, avaient roulés sur le sol,
et s’étaient évanouis aussitôt.
Maintenant ils marchaient, on les
avait bâillonnés et on leur avait bandé les yeux, liés les poignets derrière le
dos. Quelqu’un les tenait par le bras et les faisait avancer très vite. Ils
trébuchaient, on les relevait aussitôt et la route infernale se poursuivait.
Ils ne voyaient rien, ne pouvaient pas parler, entendaient simplement quelques
mots en Goa’uld, jetés de temps à autres par les jaffas qui les forçaient à
marcher.
Ils eurent l’impression que leur
chemin n’en finissait pas. Ils entendirent le bruit caractéristique d’une porte
entrain de s’ouvrir. On les poussa dans l’anneau bleuté et ils reconnurent tout
de suite la dématérialisation et la milliseconde de froid intense au moment du
réassemblage de leurs molécules. Ils firent une arrivée assez brutale sur un
sol dur et pierreux. Et la route continua quelques instants. Ils sentirent sur
leur peau la fraîcheur de l’intérieur d’une maison. On leur fit descendre un
escalier d’une vingtaine de marches. Le bâillon leur fut enlevé, on leur ôta le
bandeau de leurs yeux, et les liens de leurs poignets. Ils entendirent une
lourde porte se refermer et un bruit de clé tourner dans la serrure.
Ils se laissèrent tomber sur le
sol, le temps de reprendre leur souffle.
-Une
prison de plus dit Jack, elle ressemble à s’y méprendre à beaucoup d’autres que
nous avons connues.
Sam sourit sans répondre. Elle
était épuisée et avait un mal de tête qui lui envahissait tout le haut du
crâne.
-Aie,
ma tête, dit-elle en se tenant les tempes.
-Carter !
Ça ne va pas ? Dit O’Neill inquiet.
-J’ai
un terrible mal de tête mon colonel !
-C’est
sans doute du à notre chute dans ce maudit trou, dit-il.
-Je
ne crois pas mon colonel, il me semble qu’on a respiré un truc étrange, juste
avant de nous évanouir, peut être un poison, ou un somnifère.
O’Neill approuva mais ne répondit
pas. Il s’était levé et faisait le tour du cachot. C’était une petite pièce
comme une cave. Il y avait un soupirail qui dispensait une faible lueur, mais
qui était trop haut pour qu’il puisse l’atteindre et voir ce qu’il y avait à
l’extérieur.
Carter était toujours assise, et
attendait que la douleur se calme. Quelques instants plus tard, elle se sentait
mieux et se leva.
Ils n’attendirent pas longtemps.
Des pas se firent entendre et la porte s’ouvrit sur deux jaffas, l’un tenait
une lance qu’il pointa vers eux, l’autre leur lia les poignets et les
poussèrent dans l’escalier.
Ils débouchèrent sur une immense
pièce, décorée avec recherche. Dans un angle un divan avec des coussins
multicolores, des poufs, quelques meubles, des coffres, et puis trois immenses
lustres qui pendaient du plafond et scintillaient de tous leurs cristaux.
L’ensemble dégageait un luxe qui ne pouvait être que le reflet des goûts
ostentatoires d’un puissant Goa’uld. On les ligota sur une chaise et les gardes
s’éloignèrent.
Pourtant ce ne fut pas Tefnout qui
apparut mais Lucy Mac Gregor. Celle-ci était vêtue d’un simple pantalon de lin
blanc et d’une tunique brodée. Ses cheveux avaient poussé, maintenant qu’elle
n’était plus obligée à une coupe militaire, elle avait repris goût à les
coiffer. Une masse de cheveux auburn lui encadraient le visage et adoucissaient
ses traits, elle aimait maintenant souligner d’un trait de khôl ses yeux et
cela donnait de la profondeur à son regard gris.
Elle s’avança en souriant devant
les prisonniers, elle était encore sous le choc de son entrevue avec Tefnout et
la colère toujours encore en elle.
-Le
major et le colonel ! Je suis ravie
de vous voir, dit-elle à voix basse.
Et comme elle s’approcha d’eux,
O’Neill remarquant le changement survenu chez Lucy ne pu s’empêcher d’ouvrir la
bouche :
-Wouaou !
Mac Gregor !
Une violente gifle le fit taire.
-Silence
rugit Lucy. Ce n’est pas à vous de parler. Vous aurez bientôt l’insigne honneur
de rencontrer ma reine. En attendant je vais vous poser quelques questions
auxquelles naturellement vous ne répondrez pas, mais cela me permettra de vous
rendre plus dociles quand vous rencontrerez la déesse.
-Où
sont Teal’c et le docteur Jackson ? Demanda t-elle à Sam.
Celle-ci leva la tête, et eut un
petit sourire méprisant qui se transforma en grimace quand Lucy lui envoya une
gifle à toute volée, qui la fit saigner de la lèvre inférieure.
O’Neill qui ne pouvait supporter
cela dit simplement :
-Fichez
lui la paix, elle ne vous dira rien.
Lucy s’éloigna et revint avec un
long fouet qu’elle fit claquer près du visage de Sam qui malgré elle eut un
mouvement de recul.
-Et
avec ça tu parleras peut être ? dit-elle d’une voix douce.
-Auriez-vous
un vilain serpent dans la tête Mac Gregor ? Dit O’Neill.
Lucy pâlit car cela lui rappelait
le désir de sa reine de lui implanter un symbiote.
O’Neill vit la terreur se refléter
sur son visage et sourit.
-Ah
ah dit-il, c’est au programme…
Il ne finit pas sa phrase, le fouet
s’était enroulé autour de son torse et de ses bras, et quand Lucy ramena à elle
la lanière, celle-ci déchira le tee shirt et laissa une longue zébrure
sanglante sur la peau.
Il souffla sous la douleur mais ne
cria pas.
-Mon
colonel ? Dit Carter.
-Ça
va Carter !
-Qu’ils
sont mignons tous les deux ricana Lucy. Le colonel et son major.
Ils se regardèrent interloqués.
-Et
oui, à la base on ne parlait que de ça. C’était un des principaux ragots, quand
le major allait-elle tomber dans les
bras de son colonel ? Il y en avait même
qui disaient que c’était déjà fait ! Alors il est comment au lit
ton colonel chéri ?
Sam rougit violement mais ne
répondit pas.
O’Neill s’agita sur sa chaise,
quelle peste pensa t-il ! Qu’on put déblatérer sur eux de cette façon le
mettait très mal à l’aise.
-Je
répète ma question où sont Daniel et Teal’c ?
-Maintenant
vous dites Daniel ! Se moqua O’Neill.
Elle leva son fouet :
-Vous
en voulez un autre c’est facile ! Cette fois la lanière s’enroula autour de Sam et elle
cria sous la douleur.
-Où
sont ils ? Reprit Lucy en colère.
La lanière s’abattit à nouveau, ils
serrèrent les dents, elle passait de l’un à l’autre, mais ils ne parlaient pas.
Elle s’arrêta un instant, et les
regarda, elle n’était pas surprise de leur attitude, elle en avait beaucoup
entendu sur leur compte. Elle connaissait tous les rapports de mission, et
avait rencontré un nombre incalculable de fois le mot torture dans ces
rapports. Mais là elle le vivait en direct et c’est elle qui était du bon côté
de la barrière. Quelle revanche !
Elle changea de tactique :
-Ainsi
vous êtes encore tombés dans un piège bien préparé à votre intention !
Vous avez reconnu ma signature où c’est le hasard ?
Sam sentit qu’elle pouvait répondre
à cette question, après un coup d’œil à O’Neill qui inclina la tête elle
commença.
-On
a tout de suite pensé à vous quand on a vu le mot. Cela ressemblait beaucoup
aux lettres du corbeau.
-Et
vous êtes venus quand même !
-En
fait on venait pour le temple, Daniel y avait encore beaucoup de choses à
traduire.
-Vous
avez profané le temple de la déesse par vos photos et vos sales pattes !
Dit –elle en brandissant son fouet d’un air menaçant, elle suspendit son geste,
et la lanière retomba mollement, mais elle avait surpris dans les yeux de Sam
une lueur d’angoisse.
Elle se contenta de sourire en les
regardant, droit dans les yeux. Le regard d’O’Neill était moqueur, méprisant,
étincelant, mais il n’avait pas du tout l’air abattu qu’elle aurait souhaité.
Il eut droit à un autre coup, comme
ça, pour lui faire baisser les yeux. Lucy se sentait humiliée, elle ne
comprenait pas leur force et leur détermination. Mais elle commençait à saisir
pourquoi SG1 avait une telle réputation à la base. Elle sentit l’aiguillon de la
jalousie tarauder son cœur de sa pointe mortelle. Elle n’était rien en face
d’eux, et elle le savait. C’était elle qui tenait le fouet, mais c’était eux
qui la dominaient. Elle préféra lâcher prise avant de se couvrir de ridicule.
-Vous
ne perdrez rien pour attendre, dit –elle d’une voix étouffée pleine d’une rage
contenue, la déesse sera beaucoup plus
persévérante que moi.
Elle sortit de la pièce d’un pas
rapide.
-Carter,
appela doucement O’Neill. Sam avait la tête baissée, elle ne tenait plus assise
que par ses liens.
-Carter
répéta t-il plus fort.
Elle releva la tête et le regarda
hébétée. Elle grimaça.
-Vous
allez tenir le choc ! Carter
-Oui
mon colonel ! dit elle d’une voix faible. J’en ai vu d’autres.
Ils se turent, les jaffas s’étaient
rapprochés et restaient près d’eux les menaçant de leurs lances.
La nuit vint, ils étaient toujours
dans la même position, c’était dur, très dur, ils ne pouvaient pas bouger,
leurs blessures les faisaient souffrir. Sam s’évanouit à nouveau.
La salle était plongée dans le
noir, ils étaient seuls.
-Carter
appela de nouveau O’Neill, réveillez vous, il n’y a plus personne. Il commença
à sautiller pour faire déplacer la chaise dans la direction de Sam.
Heureusement ils étaient très près l’un de l’autre. Ils se mirent dos à dos, et
essayèrent de se défaire mutuellement leurs liens. Ils étaient attachés serrés,
mais les jaffas arrivèrent avant qu’ils purent se détacher.
Des servantes s’affairaient dans la
pièce, elles allumaient les immenses lustres et une lumière brillante éclaira
brusquement toute la salle. Personne ne s’occupait plus d’eux. Une table fut
dressée et un somptueux festin composé de viandes rôties, de légumes et de
fruits, mit l’eau à la bouche des prisonniers qui n’avaient rien avalé depuis
la veille.
La reine fit son entrée précédée de
sa garde rapprochée, une dizaine de jaffas qui plièrent le genou sur son
passage.
Elle s’avança majestueuse et
s’arrêta devant les deux prisonniers.
Elle ricana :
-Les
voilà, les deux Taur’is si redoutables.
En voyant leur corps zébrés de
traces sanglantes, son sourire s’accentua :
-Je
vois que Lucy est passée par là ! Elle manie son fouet de mieux en
mieux !
-Maintenant
nous allons passer aux choses sérieuses, où sont Daniel Jackson et le
Sholva ?
-Ils
sont partis chercher du secours pour nous retrouver dit Sam faiblement.
-Ça
m’étonnerait dit la reine avec un sourire cruel, personne ne vous cherche,
votre misérable vie va s’arrêter là. Vous mourrez dans le déshonneur car je
vous ferai parler.
Elle leur dit que ce qu’ils avaient souffert avec Lucy n’était
un avant goût de ce qui les attendaient.
La reine se retourna, c’était Lucy
qui se rapprochait. Elle se permit de
parler à Tefnout sans autorisation, celle-ci tourna vers elle un regard
fulgurant.
-J’espère
que ce que tu as à me dire, vaut la peine !
Lucy lui murmura quelque chose à
l’oreille. Aussitôt Tefnout retrouva le sourire, et se tournant vers ses
jaffas.
-Ramenez
les dans le cachot ! Dit –t elle à ses jaffas.
Le réveil fut difficile pour Sam et
O’Neill. Ils étaient tombés à même le sol. Le colonel se traîna, et s’approcha de Sam.
-Carter,
Carter !
Il prit peur, elle ne bougeait plus
et respirait à peine. Il posa ses doigts sur son cou et respira quand il sentit
la pulsation de la carotide. Il passa une main sur son front pour décoller les
cheveux que la sueur avait collés.
-Réveillez-vous
major dit-il doucement.
Elle ouvrit les yeux et des larmes
coulaient sur ses joues.
-Ne
bougez pas dit-il.
-J’ai
mal, balbutia t-elle.
-Je
sais, murmura t-il, ne bougez pas.
Elle le regarda, il avait mauvaise
mine,
-Et
vous mon colonel, ça va ?
Il eut un petit rire :
-Oh,
j’ai connu des jours meilleurs.
Elle s’adossa à la muraille.
-Comment
va –t on s’en sortir mon colonel ?
-Allez
Carter, il ne faut pas vous laisser abattre ! On s’en sort toujours, on a
connu pire.
Elle soupira.
-Non,
mon colonel, je ne crois pas.
-C’est
à ce point major ? Vous allez bien trouver quelque chose pour nous tirer
d’affaire, ajouta t-il d’un ton léger.
-On
devrait peut être commencer par soigner nos blessures. Ils ne nous ont pas fait
les poches, j’ai des compresses et du désinfectant.
-D’accord,
je commence par vous major, donnez moi ça.
Il lui prit les compresses des
mains. Il lui ôta avec beaucoup de douceur son t-shirt déchiré.
-Attention,
je vais peut être vous faire mal, Carter.
Malgré ses gestes très doux, elle
gémit dès qu’il toucha les zébrures sanglantes laissées par le fouet de Lucy.
-Bon
arrêtez maintenant mon colonel ! Ça suffit ! A votre tour maintenant.
Elle le dénuda en tirant doucement le tissu du t-shirt collé par le sang. Il se
laissa faire mais grognait de temps à autre,
-Allez
doucement Carter, vous allez me tuer là.
Le ton plaintif qu’il avait pris la
fit rire.
-Vous
êtes bien douillet mon colonel ! Dit-elle légèrement.
La situation était dramatique, ils le
savaient, mais prenaient un ton léger pour essayer de se réconforter
mutuellement. C’était un peu dérisoire, mais aucun n’aurait voulu montrer de la
faiblesse, ce n’était pas le moment.
-Si
on essayait de dormir maintenant dit O’Neill d’une voix rendue un peu rauque
par la douleur des soins. Il s’allongea dans une position la plus confortable
possible, Carter en fit autant, mais ils eurent beaucoup de mal à trouver le
sommeil. Ils avaient faim et soif et on avait oublié de leur porter à boire et
à manger. Ils tombèrent finalement dans un sommeil agité et fiévreux.
Chapitre
2
Daniel travaillait depuis des jours, il ne prenait
pas de repos, ou juste ce qu’il fallait pour ne pas s’écrouler. Il survivait de
sandwiches et de café. Le général
Hammond lui avait ordonné de finir les traductions trouvées dans le temple.
Teal’c passait le plus clair de son temps avec lui.
Maintenant Daniel en était sûr,
c’était bien le temple de Tefnout. Les murs étaient couverts de récits écrits en son honneur et qui
racontait la vie de la déesse. Malheureusement cela ne lui donnait pas la clé
de la solution. Où étaient Jack et Sam ? Etaient-ils encore en vie ?
Les recherches sur la planète
n’avaient rien donnée. Ce temple était laissé à l’abandon, ou du moins les
habitants du lieu avaient –ils voulu faire croire qu’il était abandonné. Le
piège dans lequel étaient tombés le major et le colonel était bien la preuve
qu’il y avait des habitants sur cette planète qui travaillait pour la déesse.
Sûrement Lucy Mac Gregor pensa t-il. C’était une conviction plus qu’une
certitude. Lucy les avait attirés. Ce
n’était pas la première fois et ce ne serait sûrement pas la dernière.
Les alarmes se déclenchèrent au
moment où Daniel plongeait la tête sur son bras replié, épuisé après plusieurs
heures de travail ininterrompues. Il sursauta et se dirigea d’un pas lourd vers
la porte des étoiles.
-Activation
non autorisée de la porte cria le sergent de service.
-Fermez
l’iris dit le général. Mais comme quelques jours auparavant, l’iris ne se
referma pas. Ils attendirent quelques secondes et quelque chose roula au bas de
la rampe. Puis tout se referma.
C’était une simple feuille de
papier de la même écriture, cette fois-ci le mot était plus long.
Planète P4C676.
Daniel,
Venez seul
La vie du major et du colonel est
entre vos mains.
Vous n’avez pas beaucoup de temps.
Le général Hammond prit la feuille
des mains du jeune archéologue.
-C’est
absolument hors de question docteur Jackson ! Venez dans mon bureau
immédiatement avec Teal’c.
-Général
commença Daniel, je dois y aller.
-Docteur
Jackson, je ne peux pas vous le permettre, c’est beaucoup trop dangereux, et
deux de mes meilleurs éléments sont en danger sur cette planète, ce n’est pas
la peine d’y envoyer un troisième, dit le général d’une voix ferme.
-Je
ne pense pas que Lucy Mac Gregor me fasse du mal !
-Je
le pense aussi Daniel Jackson dit Teal’c calmement.
Le général était surpris :
-Que
voulez vous dire ?
-Simplement
que Lucy a toujours eu un petit faible pour moi, général.
Le regard de Hammond passa de l’un
à l’autre :
-Vous
êtes sûr professeur ?
-Tout
à fait sûr.
-Dans
ce cas vous irez avec Teal’c, décida le
général.
-Si
vous me permettez général, Lucy a dit
que je devais y aller seul. Je vous en prie, je le dois à mes amis. Je n’ai pas
pu les retrouver dans le temple, il faut que je tente quelque chose.
Le regard presque suppliant de
Daniel acheva de convaincre le général.
-D’accord
docteur Jackson, préparez-vous, vous partez dans une heure.
Daniel se présenta devant la porte
des étoiles, au moment où le vortex s’ouvrait. Cette fois-ci il était seul, et
se sentait un peu désemparé. Il n’avait aucune idée de ce qui l’attendait de
l’autre côté du vortex. C’est le cœur battant qu’il franchit la flaque de
lumière.
Il s’arrêta un instant en haut des
marches du shapaï de P4C676. Il pleuvait, de lourds nuages d’orage couraient
sur l’horizon, et la température fraîchissait rapidement. Il fit quelque pas vers
le temple et c’est alors qu’il la vit.
Il la reconnut à peine avec ses
cheveux longs et ses yeux maquillés, mais c’était bien le regard de la Lucy
dont il se souvenait, celle qui un jour s’était jeté à son cou, cherchant à
l’embrasser. Il se rappelait parfaitement l’avoir repoussé doucement mais
fermement. C’est le cœur battant un peu plus vite, qu’il fit les quelques pas
qui les séparaient.
Lucy le regardait s’avancer vers
elle. Enfin, il était là. Elle l’attendait depuis si longtemps, des années en fait.
Elle ne bougea pas, dominant son désir
de se jeter dans ses bras. C’était beaucoup trop tôt. Elle avait tout son
temps. Il n’était pas près de rentrer chez lui.
-Docteur
Jackson dit –elle en souriant, comment allez-vous ?
-Lucy,
je n’ai pas de temps à perdre avec les politesses, je voudrais voir mes amis.
-Ne
soyez pas trop pressés de les voir, dit-elle en accentuant son sourire et en le
regardant droit dans les yeux, mais
rassurez-vous je vous y emmène. Ne restons pas là, il fait vraiment mauvais sur
cette planète dit –elle en introduisant des symboles sur le DHD. Elle s’était
placée de façon que Daniel ne vit pas ce qu’elle faisait. Un groupe de jaffas
surgis de nulle part, sur son ordre, était venu se positionner en écran devant
lui.
Daniel et Lucy passèrent le shapaï,
sans un mot.
Le palais de Tefnout était situé à
environ un kilomètre de la porte des étoiles. Ils marchèrent en silence. Lucy
jetait de temps à autre des regards à Daniel. Celui-ci ne laissait rien voir
des sentiments qui l’agitaient. Il sentait bien que ce ne serait pas facile et
il avait reconnu quelque chose dans le regard de Lucy qui ne lui disait rien
qui vaille.
Elle conduisit Daniel à l’intérieur
du palais dans une petite chambre qui devait être la sienne. En effet le décor
était très simple, le rangement d’une rigueur toute militaire. Ils s’assirent
sur un canapé. Daniel s’arrangea pour laisser une certaine distance entre eux.
-Où
sont-ils ? demanda t-il sèchement.
-Ils
sont ici, dans une prison du palais. Vous allez bientôt les voir.
-Vous
les avez torturés, naturellement.
-Pas
du tout, ils se sont montrés très coopératifs, nous n’avons même pas eu besoin
d’avoir recours à la torture.
-Je
ne vous crois pas, jamais ils ne parleraient. Je les connais.
Elle ricana :
-Il
faut croire que non. Nous avons obtenu d’eux tout ce que nous voulions.
-Nous ?
S’étonna Daniel.
-Ma
reine et moi.
Elle avait dit ces mots avec un ton
extatique qui surprit beaucoup Daniel.
-Je
n’arrive pas à comprendre pourquoi vous avez trahi ?
-Ah
non, vous ne comprenez pas dit-elle rageusement en sentant de nouveau la colère
gronder en elle. C’est de la faute de votre ami O’Neill. Je le hais et sa
putain de major ! Cracha t-elle.
Daniel était choqué du ton employé
par Lucy.
-Vous
n’aviez pas besoin d’O’Neill pour trahir, vous l’avez fait toute seule, il n’a
fait que vous démasquer.
-Et
alors, ça change quoi ? Vous êtes à ma merci !
Daniel secoua la tête :
-Et
vous voulez me faire croire que vous ne les avez pas torturés !
Elle hésita un peu, surprise du ton
violent de Daniel.
-Non,
je ne l’ai pas fait, et je vais vous le prouver. Venez avec moi. Mais je dois
vous bander les yeux. Vous ne devez pas connaître l’intérieur du palais.
Elle lui mit un foulard sur
les yeux et le prenant par la main, elle le fit descendre dans les profondeurs
du palais.
-Tenez,
regardez dit-elle en tirant le petit volet qui masquait une minuscule ouverture
dans la porte.
Il regarda. Sam et O’Neill étaient
là. Ils étaient assis à même le sol et avait l’air de parler tranquillement. Il
n’entendait pas ce qu’ils disaient car la porte était en bois très épais.
Il se méfiait :
-Et
qui me dit que vous ne les avez pas torturés, ils sont habillés.
Lucy commençait à trouver sa
méfiance exagérée :
-Mais
regardez-les, bon sang, est ce qu’ils ont l’air de souffrir. Au même moment on
vit Sam adresser au colonel un grand sourire. Elle devait rire d’une de ses
célèbres blagues.
Il était à peine convaincu.
-Ils
ont trahi, et ils rient, ça ne colle pas Lucy.
-Ils
n’ont pas trahi ! Ils ont simplement eu une conversation avec moi d’abord
et avec la reine ensuite. On leur a promis la vie sauve. Ils sont intelligents,
ils ont su choisir.
Daniel voyant Lucy se rapprocher
des jaffas, décida de ne pas insister.
-Quand
pourrons-nous rentrer.
-Demain.
-Pourquoi
pas aujourd’hui ?
-Parce
que je voudrais que vous rencontriez Tefnout, et qu’elle n’arrive que demain.
-En
attendant, venez, je vous remets le bandeau et nous allons passer la soirée,
ensemble.
Daniel se sentit d’un coup très mal
à l’aise.
Mais Daniel passa la soirée seul et
enfermé dans la chambre de Lucy dont elle avait fermé la porte à clé. Celle-ci
avait reçu entre temps un appel de sa déesse et il n’était pas question de
faire attendre la déesse sous aucun prétexte que ce soit.
C’est à contre cœur qu’elle se
rendit à la convocation de la reine. Celle-ci voulait que Lucy soit là. Elle
recevait une délégation venue d’une autre planète. Un Goa’uld dont Lucy s’était
empressée d’oublier le nom. Elle s’en fichait éperdument, et voyait avec
angoisse les heures filer. Une telle occasion de rester avec Daniel ne se
représenterait pas de si tôt.
Daniel fit le tour des appartements
de Lucy et découvrit avec stupeur un trousseau de clé dans ses affaires. Y
aurait-il parmi celles-ci les clés du cachot de Jack et de Sam ? Ce serait
trop beau.
Imbécile pensa t-il tu oublies que
tu es toi-même enfermé. Il essaya les différentes clés sur la porte de la
chambre, naturellement celle-ci ne s’ouvrit pas. Il restait la fenêtre, elle
était haute, située au quatrième étage
du palais. Un joli saut dans le vide pensa t-il en voyant la cour à quelques
dix mètres en dessous de lui. Pourtant il n’y a pas d’autres moyens. Allez
Daniel il faut y aller. Il se laissa glisser jusqu’à n’être plus suspendu que
par les mains et posa ses pieds sur le rebord de la fenêtre de l’étage en
dessous. Heureusement la nuit était tombée et il n’y a avait personne pour
admirer son exploit.
D’étage en étage, au terme d’un
effort surhumain qui le laissa tremblant et essoufflé, il atterrit sur le
gravier du chemin. Il resta un moment caché dans l’ombre le temps de reprendre
son souffle et se dirige vers l’intérieur du palais.
Quelques heures auparavant Lucy lui
avait bandé les yeux mais il avait pu se repérer en comptant les pas et les
marches. Il ne mit pas longtemps pour arriver devant le cahot, une des clés
ouvrit la porte silencieusement.
-Jack,
Sam réveillez vous !
Un peu hébétés par le sommeil, ils
se levèrent et dirent ensemble :
-Mais
qui êtes vous ?
-Daniel !
Vous ne me reconnaissez pas ?
-Non.
Oh mon dieu, ils ont eu un lavage
de cerveau ! Ce n’est pas étonnant
qu’ils aient trahi, ils ne devaient même pas savoir ce qu’ils disaient, pensa
t-il.
-Venez,
on verra ça à la base.
Ils le suivirent docilement.
Le palais n’était pas gardé, Lucy
avait du emmener les jaffas avec elle. Ils arrivèrent au shapaï, sans faire de
mauvaise rencontre. Daniel introduisit le code et ils arrivèrent à la base sans
encombre.
-Bravo
docteur Jackson, vous les avez ramenés.
-Oui
général, mais il me semble que leur mémoire est affectée, ils ne m’ont pas
reconnu.
-A
l’infirmerie tout de suite major, et vous aussi colonel.
-Vous
êtes sûr mon général, râla O’Neill, je me sens très bien.
-Ce
n’est pas négociable colonel.
-A
vos ordres, dit O’Neill en se dirigeant d’un pas lourd vers l’infirmerie. Quant
à Sam elle était partie sans attendre les ordres.
Janet les attendait. Les premiers
examens se passèrent bien, les résultats étaient conformes à ceux inscrits dans
leur dossier.
-Comment
vous sentez-vous Sam ? Demanda Janet à la jeune femme.
-Bien,
mais j’ai la tête lourde et je n’arrive pas à me rappeler ce que je fais là.
Janet laissa Sam au soin d’une
infirmière chargée de lui faire une prise de sang.
Puis elle alla voir O’Neill qui
souffrait lui aussi de perte de mémoire.
Au bout d’une heure elle les
renvoya dans leurs quartiers et fit son rapport au général Hammond ;
-Je
ne vois rien, aucune trace de torture, sauf une légère désorientation, une
perte de mémoire qui j’espère sera passagère.
-Peuvent-ils
reprendre le travail demanda Hammond ?
-D’ici
deux ou trois jours sans aucun problème.
Quelques jours plus tard, ils
assistèrent à leur premier briefing depuis leur retour de P4C676. Tout se passa
bien. Ils devaient partir en mission dans l’heure qui suivait. Une mission de
reconnaissance sur une planète habitée par un peuple possédant un haut niveau de développement technologique.
Chapitre
3
Lucy revint vers le palais de sa
longue foulée tranquille. Le silence l’entourait. C’est normal il n’y avait
plus grand monde dans le palais. Elle alla droit à sa chambre et ne fut pas du
tout étonnée de trouver sa porte ouverte. Elle entra et découvrit la chambre
vide. Quand elle chercha son trousseau de clés, il avait disparu. Cela ne
l’étonna pas. Elle se doutait que Daniel tomberait dans le piège. Elle avait
tout prévu et tout s’était déroulé selon son plan. Seulement un peu trop tôt.
Elle aurait aimé profiter de la présence de Daniel un plus longtemps. Si sa reine ne l’avait pas fait venir pour
recevoir avec elle ces stupides Goa’ulds ! Enfin cela ne servait à rien de
ruminer des regrets. N’y pense plus ! Se dit-elle. Sois plutôt satisfaite
de la tournure des évènements.
Par acquis de conscience elle descendit
dans les caves, et selon sa prévision, elle vit que les oiseaux s’étaient
envolés.
-Amusez
vous bien, les enfants, pensa t-elle.
Moi de mon côté je me réjouis de ce qui va se passer.
La mission de reconnaissance ne se
passait pas très bien. O’Neill les avait emmenés très loin de la porte vers le
village qu’ils avaient repéré sur la sonde quelques heures plus tôt. Mais au
lieu d’une ville moderne, ils étaient tombés sur un antique village, boueux où
les enfants étaient sales et traînaient dans le ruisseau central du village qui
canalisait les eaux de pluie.
L’accueil n’avait pas été à la
hauteur de leurs espérances. Ils avaient été reçus à coups de pierres et pour
éviter de se servir de leurs armes, ils étaient revenus en courant vers la
porte.
-Vite
cria O’ Neill, Daniel faites le code il ne nous reste plus que quelques
secondes.
Ils couraient le plus vite possible
poursuivis par la population, Sam tira en l’air pour faire ralentir leurs
poursuivants. Mais cela ne suffit pas. Daniel ouvrit la porte mais le délai
pour le code était écoulé.
Ils s’assirent découragés sur les
marches de la porte. Le vortex se referma brusquement.
-Il
faut faire les coordonnées d’une autre planète, dit Daniel.
-Inutile
dit Jack en regardant derrière lui. Les villageois étaient arrivés tout près
d’eux et les hommes pointaient maintenant des zats et des lances jaffas sur
eux.
-Mais
enfin Jack si vous aviez voulu nous faire prendre vous ne vous y seriez pas
pris autrement ! A quoi pensez –vous !
-La
ferme ! Daniel !
Ils revenaient maintenant vers le
village, encadrés par des hommes en armes. Ils furent jetés sans ménagement
dans une cabane en bois dont la porte se referma sur eux. Elle était fermée par
un énorme cadenas. Les planches de la cabane étaient disjointes et ils
pouvaient voir ce qui se passait dehors.
Daniel et Teal’c trouvaient la
situation très étrange. Ils n’avaient pas besoin de parler un regard leur
suffit. Ils avaient franchi la porte et s’étaient jetés tout droit dans la
gueule du loup, et en plus O’Neill paraissait d’une humeur massacrante. Pas
moyen de lui parler. Il regarda Sam et lui trouva un air détaché qui ne lui
ressemblait pas. Elle ne regardait pas du tout Jack et semblait un peu absente.
Peut être une des conséquences de leur lavage de cerveau.
Il se rapprocha de Teal’c.
-Teal’c,
est ce que ça va ?
-Très
bien Daniel Jackson, mais j’ai l’impression que le colonel et le major ne sont
pas comme d’habitude.
-Vous
aussi vous trouvez ?
-En
effet.
-Depuis
que je les ai ramenés, ajouta Daniel. Ils ont du subir un terrible lavage de
cerveau. Regardez Sam elle a un air hébété, et O’Neill un air sombre.
-Qu’est
ce qui a bien pu se passer chez Tefnout ?
A la nuit tombée la cage s’ouvrit
et on leur apporta à manger et à boire. Daniel regardait toujours dans la
direction de Sam et de Jack. Ceux-ci avaient un comportement normal, ils
mangèrent et burent comme eux. Ils échangèrent quelques paroles puis le silence
retomba sur le petit groupe.
Au moins ce ne sont pas des robots
pensa Daniel, les robots ne mangent pas. Il ne pouvait s’empêcher d’être
inquiet. Il décida d’aborder de front le problème.
-Vous
avez eu de la chance tous les deux de n’avoir pas été torturés dit-il.
-En
effet répondit Sam.
-Vous
avez vu Tefnout ?
-Oui
naturellement dit O’Neill. Mais où voulez vous en venir Daniel ? Dit
O’Neill d’un ton soupçonneux.
-A
rien, mais je trouve ça étrange d’avoir pu vous libérer si facilement. Je n’ai
rencontré aucune résistance, les clés étaient dans la chambre de Lucy…
-Parce
que vous avez été dans la chambre de Lucy ! Vous êtes en progrès
Daniel !
Daniel poussa un ouf de
soulagement, il avait retrouvé le vrai Jack dans cette remarque, qui fut
accompagnée d’une lueur moqueuse comme il savait si bien le faire.
Il décida de continuer sur le ton
de la plaisanterie :
-Et
oui, Jack vous savez, mon charme proverbial !
-Et
qu’avez-vous fait avec Lucy ? Continua Jack
-Mon
colonel ! dit Sam d’un ton de reproche.
-Quoi
Carter !
Daniel ne les écoutait plus, tout
lui semblait redevenu normal.
Le lendemain un jaffa ouvrit la
porte et menaçant O’Neill et Carter, il leur demanda de le suivre.
O’Neill eut un bref sourire en
regardant Daniel, et suivi de Sam il sortit de la cage. Le cœur de Daniel rata un battement. Pourquoi
eux deux seulement. Il les voyait à travers les barreaux, ils avaient été
libérés.
Daniel hurla :
-Jack !
O’Neill à qui on avait redonné ses
armes s’approcha
-Qu’y
a-t-il Daniel ?
-Expliquez
moi, c’est un plan pour nous libérer, c’est ça ?
Voyant l’air sérieux d’O’Neill,
Teal’c dit :
-Je
ne crois pas docteur Jackson, nous nous sommes faits avoir !
-Quelle
perspicacité mon petit gars dit O’Neill en riant. Amusez vous bien les
enfants ! Je dirais au général Hammond que vous êtes morts ou sur le point
de l’être !
Il commença à s’éloigner :
-Jack
expliquez moi demanda Daniel, vous nous devez bien cela !
-Je
vous dois rien du tout dit O’Neill froidement. Allez venez Carter dit-il à la
jeune femme qui remettait son arme en bandoulière et fixait sa ceinture.
-Sam
dit Daniel ! Aidez-nous !
Elle ne répondit même pas, se
contentant d’un petit signe de la main et elle disparut avec son compagnon.
Daniel retomba assis de
découragement.
-Il
faut faire quelque chose dit-il à Teal’c.
-Nous
attendrons que la nuit tombe, dit celui-ci, j’ai remarqué qu’il n’y a que deux
gardiens la nuit.
-Teal’c
qu’est ce que vous pensez de tout cela ?
-Ce
ne sont pas le colonel et le major. Des imitateurs sans doute, comme lors de
l’invasion de la base par des aliens.
-J’aurais
du y penser, on aurait pu leur enlever l’appareil de leur poitrine pendant
qu’ils dormaient.
La journée se passa très lentement
pour nos deux amis. La nuit venue ils firent ce qu’ils avaient prévu. A une
heure très tardive du milieu de la nuit, quand tout le village dormait, ils
attirèrent le gardien et l’assommèrent rapidement. Le reste fut un jeu
d’enfant. Ils coururent jusqu’à la porte des étoiles et Teal’c fit le premier
code qui lui venait à l’esprit. Il fallait fuir au plus vite. Ils se jetèrent
dans le vortex comme l’alerte fut donnée et que déjà des hommes armés les
poursuivaient.
Quelques
heures plus tard ils passèrent la porte des étoiles de la terre. Le général
Hammond les accueillit avec un air surpris :
-Je
vous croyais morts, bienvenue, Daniel Jackson et Teal’c.
-Mon
général je dois vous parler tout de suite, c’est urgent ! Dans votre
bureau s’il vous plait.
Le général eut l’air surpris, mais
il fit signe à Daniel et Teal’c de le suivre.
-Mon
général est ce que le colonel O’Neill et le major sont rentrés ?
-Oui,
ils sont arrivés il y a deux heures.
-Et
ils vous ont paru normaux ?
-Naturellement,
que voulez-vous dire professeur ?
-Ce
sont des imposteurs.
-Des
imposteurs ? Vous êtes sûrs ?
Ils avaient un comportement normal.. Expliquez vous.
Daniel fit un court récit de la
mission ratée, et de l’attitude pour le moins étonnante de O’Neill et du major.
Hammond l’écouta sans
l’interrompre. Puis quand il eut terminé :
-Teal’c
vous confirmez ce que vient de dire le docteur Jackson ?
-Tout
à fait général !
Hammond fit mettre O’Neill et
Carter en cellule. O’Neill résista et cria que c’était inadmissible de se faire
traiter de cette façon. Sam ne dit rien, et se contenta de sourire.
Janet fut appelée pour leur faire
un examen complet.
Elle les fit se dévêtir et le
général put voir qu’il n’avait aucun appareil extra terrestre permettant de
modifier leur apparence.
La prise de sang ne fut pas
concluante non plus. Le groupe sanguin correspondait. Janet fit une recherche ADN, et déclara
qu’elle aurait les résultats dans quelques heures.
-Mon
général, j’ai les résultats de l’ADN, dit Janet au général dans la fin de
l’après
-Je
préfère ça dit Hammond soulagé. Auraient-ils eu un lavage de cerveau ?
-C’est
la seule explication possible dit Janet. Je n’en vois pas d’autre. On a du
aussi les influencer par de faux souvenirs et des ordres venus sans doute d’un Goa’uld.
Le général soupira :
-Représentent-il
un danger pour la base ?
-Oui
mon général.
-Bon,
je vais les garder en cellule, jusqu’à leur guérison. Pouvez-vous faire quelque
chose pour eux docteur ?
-Je
vais faire venir le docteur Mac Kenzie. Ce n’est plus de mon ressort général.
-Faites
pour le mieux docteur, je vous fais entièrement confiance.
Tefnout et Lucy marchaient depuis
une heure. La route était accidentée, le chemin caillouteux. Tefnout voulait se
rendre à un temple situé à quelques kilomètres de la porte, dans la direction
de la montagne. Elle aurait pu utiliser les anneaux de transfert depuis son
vaisseau en orbite, mais elle aimait marcher. Cela lui permettait de réfléchir.
Elle avait demandé à Lucy de l’accompagner. Finalement la jeune fille lui
plaisait de plus en plus. Elle était pleine d’idées ingénieuses, était méchante
juste ce qu’il fallait, de plus elle avait une certaine faculté à interroger
les prisonniers et à les torturer. Ce qu’elle avait fait avec O’Neill et Sam
était très ingénieux et devrait porter un rude coup à la Tau’ri.
Lucy, elle, était très inquiète.
Elle était soumise à Tefnout, car elle n’avait pas le choix et elle était
suffisamment intelligente pour savoir reconnaître où était la force. Elle
faisait tout pour satisfaire la reine. Dire qu’elle n’avait même pas accordé un
seul regard au vaisseau Asgard qu’elle avait rapporté. Lucy n’en revenait pas.
Posséder un tel vaisseau et toute sa technologie était quelque chose de
fabuleux. Le rayon de téléportation
pouvait être d’une grande utilité. Le dispositif d’invisibilité aussi.
Lucy se voyait déjà en orbite autour de la Terre et aller chercher dans leur
base tout le SGC. Un rayon, les défenseurs de la base disparus, la Tau’ri
serait aux mains de Tefnout. Non Lucy ne comprenait pas sa reine. Si c’était
elle, ce serait fait depuis longtemps.
Le chemin montait maintenant plus
abrupt et les deux femmes avaient ralenti. Elles marchaient maintenant beaucoup
plus lentement sur un chemin escarpé, à flanc de montagne.
Lucy était surprise, il lui semblait
que la reine n’avait pas pris la bonne route. Pourtant elle connaît le chemin
de son temple ! Pensa t-elle. C’est étrange.
Tefnout s’était arrêtée et se
retourna vers Lucy :
-Cela
me serait facile de te jeter dans le vide dit-elle avec une voix très douce.
Lucy crut avoir mal entendu mais le
sourire qui fleurit à cet instant sur les lèvres de sa reine lui fit très peur.
Elle s’appuya contre la roche et fit face à sa reine. Elle eut le courage de la
regarder dans les yeux :
-Pourquoi
ferais-tu cela ma reine ? Dit-elle d’une voix qu’elle voulait ferme.
-Tu
as peur ?
-Oui,
ma reine, j’ai peur, tu es la plus forte…
-Bien
Lucy, je voulais être sûre de ta loyauté. Tu m’aurais dit que tu n’avais pas
peur, tu serais déjà morte au fond du ravin. Regarde ma Lucy comme c’est
profond !
Lucy se mit à trembler. Mais qu’est
ce qui lui prenait à Tefnout pensa
t-elle, je la sers bien, je ne la trahis pas. Que puis-je faire de plus ?
Les deux femmes continuèrent leur
route, le chemin était très étroit. Lucy avait peur, c’est elle ou moi, pensa
t-elle en un éclair. Cela lui fut facile de simuler un faux pas, et par maladresse
de tomber à moitié sur Tefnout dont le pied glissa, elle se rattrapa par
les mains à un rebord rocheux, et, suspendue
au bord du ravin, elle croisa le regard de Lucy et y vit sa
condamnation.
-Aide
moi dit la reine d’une voix rauque.
Lucy prit la main de la reine et
commença à tirer, sans grande conviction,
ses doigts glissèrent et elle cria comme la reine tombait en arrière et
vint s’écraser une centaine de mètres plus bas.
C’est un double cri qui résonna
longtemps dans la montagne. Un aigle passa à ce moment, majestueux, indifférent
au drame qui se jouait plus bas.
Avec mille précautions Lucy
descendit doucement et s’agrippant aux roches elle atteignit le lieu où la
reine était restée accrochée, sur un petit promontoire. Du sang s’étalait sous
sa tête, elle murmura quelque chose que Lucy ne comprit pas et elle poussa son
dernier soupir. La nuit était maintenant tout à fait tombée, impossible de
remonter dans le noir. Lucy décida de rester sur cet étroit promontoire avec le
corps de la reine. Elle attendrait patiemment que le jour se lève. Elle eut du
mal à trouver le sommeil, il faisait froid dans ces montagnes une fois la nuit
tombée ; du ravin montait une fraîcheur qui la fit frissonner. Elle
n’était vêtue que d’une robe légère car le soleil était chaud dans la journée.
Puis elle se souvint de la route qu’avait choisi la reine. Pourquoi ce chemin
escarpé, alors qu’une route plus plate serpentait au pied de la montagne ?
Lucy eut à ce moment la certitude que sa reine voulait la tuer. Qu’allait-elle
devenir maintenant que sa reine était morte ? Les jaffas allaient la tuer.
Elle s’allongea sur le promontoire, et se laissa envahir par la torpeur. Elle
s’endormit en se disant que demain serait un autre jour.
Chapitre
4
O’Neill et Carter étaient ensemble
dans le bureau du docteur Mac Kenzie. Celui-ci essayait d’évaluer leur état de
santé mentale. Tout semblait aller pour le mieux, sauf que leurs souvenirs
personnels n’étaient pas encore revenus. Mais le docteur était optimiste. Tout
rentrerait dans l’ordre dans peu de temps.
Janet Frazier travaillait malgré
l’heure tardive. Elle voulait étudier de plus près les échantillons
sanguins du major et du colonel. Quelque chose clochait mais elle ne savait pas
quoi.
Elle soupirait quand elle entendit
une voix derrière elle.
-Encore
au travail ! Je parie que vous
n’avez même pas mangé !
-Pari
gagné, Daniel, dit-elle en s’étirant.
-Que
faites-vous de si important ? demanda Daniel en s’asseyant près d’elle.
-Simplement
je recherche des anomalies dans les échantillons de sang du major et du
colonel.
Daniel hocha la tête.
-Il
est vrai que leur comportement est plus qu’étrange depuis leur retour de la
planète de Tefnout, et vous recherchez quoi ?
-On
a pu leur injecter quelque chose pour les diriger à distance. Ils sont tout de
même très différents. Le docteur Mac Kenzie pense que ce n’est du qu’à un
lavage de cerveau et une perte de mémoire, mais je pense que c’est plus grave
que ça.
Daniel passa ses deux mains sur les
épaules de Janet et lui massa ses muscles douloureux. Elle soupira de
contentement.
-Bon
si on allait au mess manger un morceau. Il est tard je sais, mais on doit quand
même pouvoir trouver quelque chose.
-Vous
avez raison Daniel, de toute façon je ne trouverai rien ce soir.
Janet laissa ses expériences en
cours sur la paillasse du labo et elle se contenta de refermer sa porte.
Quelques minutes plus tard, ils
étaient tous les deux attablés devant un gâteau au chocolat.
-Juste
ce qu’il faut pour se remonter dit Janet et prendre un ou deux kilos.
Sa remarque fit sourire Daniel, car
il la trouvait très belle, et très attendrissante avec ses cernes sous les
yeux.
Ce fut la chaleur du soleil qui la
réveilla. Elle se mit debout tout de suite, et elle entreprit de descendre la
courte distance qui la séparait du chemin du bas de la montagne, celui qu’elles
auraient du prendre la veille. Elle rentra lentement au palais, et rencontra le
prima de Tefnout qui cherchait la reine.
Lucy prit un air effondré, sa tenue
déchirée et fripée par une mauvaise nuit
donnait corps à son mensonge. Elle pleura :
-La
reine, suffoqua t-elle, la reine !
-Quoi
dit Karok ! Où est la déesse ?
-Elle
est morte murmura Lucy tout en attendant avec angoisse la réaction du prima.
Malgré tout il réagit très
calmement et ne parut pas en colère.
-Que
s’est –il passé ? dit-il seulement
-Nous
avions pris le petit chemin qui serpentait dans la montagne, et elle est
tombée. J’ai bien essayé de la rattraper, mais je n’ai rien pu faire termina
t-elle d’une voix étouffée. Je peux te
conduire à son corps si tu veux ?
-Non,
j’irai avec les jaffas.
Ils se regardèrent tous les deux,
ennemis autrefois, maintenant dans l’incertitude. Qu’allaient-ils devenir
maintenant que la reine avait disparu ?
Karok la laissa et prit le chemin
de la montagne, tandis que Lucy revenait lentement vers le palais.
Elle ne savait plus quoi faire.
Qu’allait-elle devenir ? Elle s’allongea un moment pour réfléchir.
Finalement le sommeil la prit au bout de quelques minutes.
Elle dormit très profondément
pendant plusieurs heures, à son réveil elle se sentait fraîche et dispose. Elle
se sourit à elle-même en se regardant dans son miroir. Maintenant tout était
clair dans sa tête.
Le lendemain SG1 était prêt à
partir pour une nouvelle mission de reconnaissance sur la planète P8V988. La
sonde avait montré une ville d’assez grande taille. La porte était située dans
le centre de la ville sur un promontoire. La civilisation de cette ville était
avancée, vus les constructions, édifices et habitations qui entouraient la
porte.
Le shapaï franchi, O’Neill ordonna
la séparation en deux groupes pour explorer la ville.
-Daniel
vous irez avec Teal’c, le major avec moi, dit-il d’un ton bref.
-Jack,
on ne pourrait pas changer pour une fois, j’aimerais bien aller avec vous, et
Sam irait avec Teal’c.
O’Neill s’arrêta interloqué :
-Vous
discutez mes ordres maintenant. Daniel recula devant le regard fulgurant du
colonel, il n’insista pas.
Ils avançaient lentement en
regardant autour d’eux. Les rues étaient
désertes. Pourtant la matinée était déjà bien avancée.
-C’est
étrange, on dirait que les habitants sont partis brusquement, dit Daniel.
Dans les rues il y avait des
véhicules ressemblant à des automobiles. Les habitations étaient constituées de
petites maisons, dont certaines portes étaient ouvertes.
-Allons
voir dit Daniel.
Avec beaucoup de précautions ils
entrèrent dans l’une des habitations. On aurait dit un logement terrestre. Dans
une pièce la table était mise, il y avait de la nourriture dans les assiettes.
-C’est
étrange les gens sont partis depuis peu. Mais où sont-ils allés ? La ville est complètement déserte.
-Un
Goa’uld ? demanda Daniel.
-Il
me semble que cette planète est également la propriété de Tefnout Daniel
Jackson.
-Oui,
c’est tout à fait exact, dit Daniel. Mais comment se fait-il que l’on tourne
toujours autour de cette reine sans jamais la rencontrer ?
-Je
crois que nous allons la rencontrer, dit-il simplement
En effet ils étaient maintenant
encerclés par un nombre important de jaffas qui débouchèrent de plusieurs rues.
-Baissez
votre arme cria l’un d’eux. Il portait au front le symbole de la déesse.
Daniel et Teal’c déposèrent leurs
armes sur le sol. Karok les ramassa d’une main leste.
-Votre
ceinture et votre veste aussi.
Ils furent obligés d’obtempérer. On
les conduisit à travers les rues désertes de la ville jusqu’à une place qui
était noire de monde.
-Ah
je comprends mieux, les habitants sont sortis à la rencontre de la reine,
murmura Daniel.
Sur la place, ils retrouvèrent O’Neill et Sam, eux aussi
prisonniers. Et là il se produisit un évènement si dramatique et à une telle
vitesse que Daniel et Tea’lc crurent avoir rêvé.
A la base le général Hammond
attendait des nouvelles de SG1. Ils auraient du déjà appeler il y a une heure.
Ce n’était pas la première fois que cela se produisait mais c’était toujours
une source d’angoisse pour le général. Tout pouvait arriver au cours de ces
missions d’exploration. Depuis le début du programme combien de morts avait-il
eu à déplorer ? Une des plus
dramatique avait été celle du docteur Jackson. Il n’était pas du tout prêt à
revivre ce genre de chose. Dire qu’il était si près de la retraite quand on
l’avait appelé à ce poste il y avait
maintenant bientôt sept longues années. Il se sentait vieux et fatigué,
beaucoup trop pour ce genre d’émotion. Le programme porte des étoiles était
très particulier dans le sens où la base formait un microcosme. Un monde où
tout se savait, tout se disait. Une grande famille dont les membres étaient
très attachés les uns aux autres. Le général avait l’impression que tous ici
étaient ses enfants. Il se sentait particulièrement proche de SG1.
Il allait de son bureau à la salle
de contrôle de la porte. Au bout de deux heures de silence il se décida à
appeler. La sonde lui renvoya l’image d’une place noire de monde, et sur une
estrade il aperçut un trône où se tenait une reine Goa’uld. La camera tourna
sur elle-même montrant une foule silencieuse et prosternée aux pieds de la
déesse. Seuls les jaffas étaient debout et encadraient la foule silencieuse et
immobile. Un ardent soleil chauffait les visages et les corps. Il aperçut
Daniel et Teal’c au pieds de l’estrade. Mais lui n’assista pas au spectacle car
un jaffa détruisit la sonde. Il fit refermer le vortex aussitôt.
Hammond rentra dans son bureau dont
il referma la porte. Il ne voulait pas être dérangé. Au même instant le
téléphone sonna :
-Oui,
aboya t-il !
-Mon
général, c’est le docteur Frazier, est ce que je peux vous voir tout de suite.
-C’est
si urgent que cela dit-il d’une voix radoucie.
-Oui
mon général, il s’agit du colonel O’Neill et du major Carter.
-Je
suis dans mon bureau.
Quelques instants pus tard Janet
faisait voir au général les IRM de Carter et de O’Neill.
-Regardez
mon général, on leur a implanté quelque chose dans le cerveau. Vous voyez ce
n’est pas plus gros qu’une tête d’épingle.
-Qu’est
ce que c’est ?
-Certainement
un dispositif de commandement. On doit leur faire parvenir des ordres à travers
cette puce.
-Cela
expliquerait leur comportement erratique, et la manière très brusque et très
impersonnelle dont O’Neill m’a fait part de la mort du docteur Jackson et de
Teal’c.
-Il
y a autre chose docteur ? Demanda Hammond voyant que Janet ouvrait la
bouche.
-Oui,
il y a autre chose que je ne m’explique pas, ce sont ces pertes de mémoire. Ils
n’ont eu aucun traumatisme apparent, alors pourquoi tous les deux souffrent
–ils de la même chose ? Il y a quelque chose qui cloche, ce n’est pas
logique.
O’Neill et Carter étaient à
quelques mètres de Daniel. C’est à ce moment que se produisit l’impensable.
Sur un ordre de la reine deux
jaffas s’approchèrent, le bout de leur lance rougit,
et simultanément ils tirèrent, Sam
tomba en criant la poitrine transpercée, et O’Neill tomba comme une masse la
tête à demie arrachée par la force de l’impact.
Daniel gémit et une souffrance
l’envahit, ses deux meilleurs amis étaient morts, comme ça, inutilement.
Teal’c regardait droit devant lui,
les yeux brillants, son cœur aussi se déchira.
Ils étaient loin du trône de la
déesse, ils ne voyaient d’elle que sa robe blanche brodée, elle portait un
diadème en or qui brillait de mille feux sur sa chevelure rousse. Après avoir
admiré la foule prosternée à ses pieds, elle se leva et les jaffas dispersèrent
la foule assez brutalement en intimant à
chacun de rentrer chez lui.
Daniel et Teal’c furent conduits
dans une maison qui bordait la place. On les enferma dans une pièce sans
fenêtre.
Ils s’assirent à même le sol et
écoutèrent le silence qui était retombé sur la ville.
Daniel pleurait, il ne pouvait s’en
empêcher.
-Ils
sont morts et je n’ai rien pu faire.
-Nous
les vengerons dit Teal’c d’un air sombre.
Le lendemain la porte s’ouvrit et
Lucy parut sur le seuil de la pièce :
-Lucy
dirent-ils en chœur ! Qu’est ce que vous faites ici.
-Je
suis venue vous emmener sur la planète de Tefnout.
-Mais
je croyais …
Elle le coupa tout de suite :
-Ici
ce n’est pas la planète principale de Tefnout. Celle-ci, elle n’y vient qu’une
fois par an. Ce n’est pas de chance pour vous, c’était comme par hasard, juste
le jour où vous êtes venus !
-Il
n’y a pas de hasard avec vous Lucy dit Daniel sombrement.
-Eh ! C’est bien possible dit elle avec un petit
sourire. Assez discuté, venez avec moi.
Devant le shapaï des jaffas
attendaient. Lucy jeta un coup d’œil et fit signe à Karok de faire les symboles
de la planète de Tefnout. Ils passèrent le vortex et de l’autre côté ils reconnurent
la planète qu’ils avaient déjà visitée.
Ils suivirent Lucy, on ne leur
avait pas rendu leurs armes et Lucy était bien gardée.
Elle fit enfermer Teal’c dans un
cachot et conduisit Daniel dans sa chambre.
Puis elle se dirigea vers
l’escalier qui descendait dans les profondeurs du palais.
Elle ouvrit le judas de la porte du
cachot et les regarda.
Cela faisait plusieurs jours qu’ils
étaient là, elle avait donné des ordres pour qu’on leur apporte juste ce qu’il
fallait pour ne pas mourir de faim et de soif.
Leurs vêtements étaient déchirés et
elle pouvait voir avec satisfaction la
trace des coups de fouet qu’elle leur avait donnés. Ils étaient couchés l’un
près de l’autre et ils dormaient. Elle prit la clé pendue à sa ceinture et ouvrit sans bruit la cellule,
dont elle referma la porte.
Elle était heureuse la petite Lucy
Mac Gregor, quelle magnifique revanche ! Ils étaient là à ses pieds ses
ennemis, vaincus et humiliés.
Elle sentait la puissance courir
dans ses veines, une force nouvelle qui
jaillissait et qui se mariait de façon harmonieuse avec la sienne.
Elle leur donna un coup de pied et
les fit s’agenouiller devant elle. Le visage de la jeune femme était crispé, une mauvaise sueur couvrait son
front, ses blessures s’infectent pensa t-elle, elle va peut être mourir
d’elle-même sans que j’aie à intervenir.
L’homme la regardait une lueur
moqueuse dans le regard !
-Mac
Gregor ! Vous avez bien changée !
-Silence
dit-elle d’une voix rauque !
Il rit :
-Ça y est, elle vous a fait implanter et vous
êtes devenue un vilain serpent !...
Il ne finit pas sa phrase, l’arme
de poing de Lucy le projeta contre le mur, coupant net ses moqueries.
-C’est
moi qui commande O’Neill ! Maintenant ! Mais, écoutez moi, j’ai des choses très
intéressantes à vous dire.
O’Neill reprenait ses esprits après
le choc violent qu’il venait de subir. Sam poussa un soupir, elle était assise
sur ses talons et avait du mal à tenir les yeux ouverts.
Janet se frottait les yeux, cela
faisait plusieurs heures qu’elle était penchée sur son microscope. Elle
étudiait minutieusement les échantillons sanguins de Carter et d’O’Neill. Elle
reprenait tous les composants du sang un par un. Il apparaissait des petites
différences. Elle notait le tout scrupuleusement et faisait une étude
comparative selon les résultats qu’elle avait dans ses archives concernant les
deux membres de SG1.
La plus grosse différence
concernait le taux de naquada dans le sang de Sam. Le taux en était beaucoup
plus élevé. Comme si on y avait introduit artificiellement du naquada.
Elle s’arrêta prise d’une idée
subite.
Elle appela aussitôt le général et
lui demanda de se rendre à l’infirmerie.
Hammond arriva très vite :
-Qu’y
a-t-il docteur ? J’espère que c’est important !
-Oh
oui, c’est important mon général. Je crois pouvoir dire avec certitude que le
colonel O’Neill et le major Carter qui sont revenus, sont des clones.
-Des
clones ? Mais où sont les
vrais ?
-Sans
doute sur une planète de Tefnout, P4C676 ou une autre, dit Janet.
Le général était abasourdi :
-Je
vous fais confiance docteur, il faut envoyer immédiatement une équipe de
secours. Mais comment savoir sur quelle planète ils sont détenus ?
-Je
crois que Sam a trouvé des coordonnées dans l’ordinateur, on pourrait les
essayer.
-Bien
dit Hammond, je donne des ordres en ce sens.
-Autre
chose docteur demanda t-il ?
-Oui,
mon général, avez –vous des nouvelles du docteur Jackson… et de Teal’c ?
demanda Janet.
-Non,
je regrette, aucune.
Le général donna des ordres
immédiatement. SG3 et SG5 furent appelés à se rendre immédiatement en salle
d’embarquement.
Lucy les regarda, elle aimait
beaucoup les voir à genoux devant elle.
-SG1
n’existe plus, dit-elle d’une voix calme.
O’Neill évita de la provoquer
et attendit qu’elle se décide à s’expliquer.
Il se méfiait de cette femme devenue Goa’uld. Sa propre méchanceté ajoutée à
celle d’un serpent pouvait faire un cocktail détonant.
-Je
dois vous avertir que Daniel et Teal’c ont pu rentrer chez eux, mais ils ont
emporté dans leur bagages, des clones parfaits de toi colonel et de toi major.
Ils se turent digérant la nouvelle.
-Comment
avez-vous fait ? Demanda Sam d’une voix faible, son intérêt scientifique
prenant le pas sur sa douleur.
-C’est
simple triompha Lucy, je vous ai pris un peu de sang. Et ma reine a fait le
reste, avec votre ADN. Je lui ai apporté
un vaisseau Asgard, et j’ai pu lui offrir cette machine à cloner qui a fabriqué
un major et un colonel plus vrais que nature.
-A
la base ils ne sont rendus compte de rien ?
-Non !
dit Lucy avec un grand sourire, ils sont même partis sur de fausses missions,
grâce à mes clones de nombreuses personnes sont mortes au SGC.
La petite pièce parut soudain
étouffante à Sam, elle n’osa pas demander qui était mort.
Lucy les regardait avec un petit sourire.
Elle ajouta :
-Maintenant
Daniel m’appartient. Il m’attend dans ma chambre.
-Tefnout
vous donne beaucoup de liberté, dit Sam, c’est étonnant ?
-Ma
reine sait très bien ce qu’elle fait, dit Lucy sèchement.
-Qu’avez-vous
fait de Teal’c ? Dit O’Neill.
-Il
est mort.
-Je
ne vous crois pas dit Sam. Teal’c ne se laisserait pas abuser par un Goa’uld.
-Eh
bien vous avez tort, répondit Lucy, et…
Elle ne finit pas sa phrase, on
entendait dehors des coups de feu d’armes humaines. O’Neill se leva immédiatement
et aida Sam à se remettre debout, il dut la soutenir.
Lucy bondit, avant qu’ils aient pu
tenter quoique ce soit, elle leva son arme de poing qui les fit retomber
lourdement, elle en profita pour sortir de la pièce et la refermer à clé.
Dehors c’était le carnage. Des
combats faisaient rage. Lucy n’avait pas à sa disposition autant de jaffas
qu’elle le souhaitait. Elle vit avec terreur les jaffas succomber à l’attaque
surprise des hommes du SGC.
Il était temps de changer ses
plans. Déjà des soldats rentraient dans le palais.
Daniel réussit à sortir de la
chambre de la même façon que l’autre fois. Il atterrit bientôt sur le sol, mais
n’ayant pas d’armes, il partit à la recherche de Teal’c, qui devait se trouver
dans les sous sol du palais. Il le trouva rapidement, et ouvrit le verrou. Au
même moment il entendit appeler et crut reconnaître la voix ;
-On
dirait…
-O’Neill
le coupa Teal’c.
-C’est
impossible ! On l’a vu mourir
rétorqua Daniel.
Ils se concertèrent du regard et se
précipitèrent. Ils arrivèrent à la porte, c’était bien O’Neill qui appelait
-Jack !
C’est bien vous ?
-Ben
oui c’est moi ! Qui voulez-vous que ce soit ?
-Eloignez
vous de la porte.
Elle nous a enlevé nos armes mais
heureusement qu’elle ne nous a pas fouillés pensa t-il. Une petite charge eut
raison de la serrure.
Daniel avait du mal à comprendre.
-Mais
on vu a vu mourir, tous les deux ?
-C’étaient
des clones !
-Des
clones ?
-On
verra plus tard ! Il faut d’abord sortir d’ici. Aidez moi, Teal’c, le
major tient à peine debout.
-Les
jaffas de Tefnout ?
-Apparemment
des hommes à nous ont fait le ménage, dit Daniel.
-Il
faut essayer de gagner la porte.
Ils avancèrent en file indienne et
sortirent du palais, O’Neill en tête suivi de Daniel, et de Teal’c portant Sam
dans ses bras.
-Où
comptez vous aller comme ça tous les quatre dit une voix rauque dans leur dos.
Lucy était là, elle tenait dans sa main
un zat, et son arme de poing menaçait les fuyards.
-Lucy,
qu’avez-vous fait de votre reine ? Demanda Daniel.
-Ma
reine est morte.
-Vous
l’avez tuée ?
Daniel essayait de la faire parler
pendant qu’O’Neill essayait de la contourner.
-Non
dit-elle, elle est morte toute seule, je l’ai juste poussée, elle voulait me tuer, elle est tombée dans un
ravin.
-Son
symbiote est mort ?
Elle rit aux éclats !
-Pauvres
petits terriens, vous êtes faibles et ridicules, et vous manquez vraiment d’imagination, bien sûr
que Tefnout n’est pas morte, puisque je suis Tefnout.
-Belle
carrière pour une petite informaticienne ! Se moqua Daniel.
Elle leva son arme de poing sur
lui, il tomba à genoux sous la douleur.
Au même instant les hommes de SG3
arrivèrent à la rescousse. Un P90 pointé sur la reine la fit s’arrêter
immédiatement. Mais sur son arme de poing elle activa son champ de protection
personnelle. Le colonel Runfield
cria :
-Colonel
O’Neill et major Carter, baissez vos armes. Rendez-vous.
O’Neill réagit vivement :
-Vous
êtes sûr de ne pas vous tromper de cible, colonel ?
-Nous
avons la situation bien en main, dit Runfield. Vos mains sur la tête tous les
deux, ne bougez pas !
On leur mit les menottes. Même à
Sam qui ne tenait plus debout et était
soutenue par Teal’c. Leurs vêtements étaient en lambeaux, et leurs
traits tirés témoignaient de leurs souffrances.
-J’espère
que vous savez ce que vous faites colonel, dit O’Neill d’un ton menaçant en
passant près de Runfield.
Le petit groupe avançait vers la
porte des étoiles. Les hommes du SGC se tenaient derrière SG1 et Tefnout.
Daniel et Teal’c ne disaient rien,
ce n’était pas le moment. Daniel était perplexe, Qui étaient morts de la main
des jaffas de Tefnout, Sam et Jack ou leurs clones ?
Arrivée devant la porte, Tefnout à qui on n’avait pas
enlevé son arme de poing, disparut dans le flamboiement d’un rayon teleporteur.
-Ah
bravo SG3, dit O’Neill, Si vous nous aviez laissé faire, elle ne serait
sûrement pas partie.
-Je
ne vois pas comment, grimaça Runsfield , vous n’aviez pas d’armes !
O’Neill haussa les épaules et ne
répondit pas.
Le retour à la base fut difficile
pour O’Neill et Carter.
-Mettez-les
en cellule, dit Hammond.
-Je
m’insurge mon général dit Janet, le
major est malade, blessée, elle a de la fièvre et ne tient pas debout. Le
colonel me semble aussi assez mal en point. Je dois d’abord les soigner.
-Mettez
les sous surveillance à l’infirmerie. Je vous laisse les soigner. Teal’c et
docteur Jackson debrieifing immédiat.
-Mais
général Hammond, pourquoi les avez-vous enfermés ? Demanda Daniel.
-Ce
sont des clones, dit Hammond. Maintenant racontez moi tout ce qui s’est passé.
Daniel fit un récit complet de
toutes ce qu’ils avaient vécu depuis leur départ de la base. Il raconta la mort
de Sam et de Jack sur la planète P8V988. Enfin de leurs clones.
-Comment
pouvez vous être sûrs qu’il s’agit de clones ? C’étaient peut être le
major et le colonel ?
Daniel ne répondit pas. Il avait
déjà pensé à cette éventualité. Il se contenta de hocher la tête.
Pendant ce temps à l’infirmerie
O’Neill ne décolérait pas.
-Enfin
je sais parfaitement qui je suis !
Il était dans un lit à côté de Carter, et comme elle, il était attaché
par les poignets et les chevilles.
-Calmez
vous colonel, vous savez bien que c’est une mesure de sécurité, vous êtes au
courant des procédures et le général ne peut pas faire autrement.
Il acquiesça, et prit son mal en
patience.
-Comment
prouver que je suis bien moi ?
-Par
les analyses de sang, et un IRM, les clones avaient des puces dans le cerveau,
ce sera facile de voir si vous en avez.
-Comment
va le major ?
-Elle
ne va pas très bien, la fièvre est élevée, ses blessures se sont infectées.
Mais je m’en occupe, ne vous inquiétez pas.
La fièvre la brûla pendant
plusieurs jours, elle délirait. Janet passait beaucoup de temps auprès d’elle.
Deux jours plus tard, elle
reprenait pied dans le monde des vivants. Elle appela Janet :
-Je
voudrais voir le colonel lui demanda t-elle.
-C’est
impossible, Sam, il est en cellule. Et elle ajouta, inquiète, Vous ne vous
souvenez plus de ce qui s’est passé ?
-Si,
nous avons été arrêtés par SG3. Mais après je ne sais pas.
-Vos
blessures étaient très vilaines, vous aviez de la fièvre.
Après un instant de silence, elle
demanda :
-Vous
croyez toujours qu’on est des clones ? Demanda t-elle tristement.
-D’après
les premiers résultats, non, mais pour être tout à fait sûr, le général Hammond
a demandé des examens complémentaires, mais cela va prendre plusieurs jours.
-Vous
pouvez me détacher ? Dit Sam en
montrant les bracelets
-Ordre
du général, dit Janet tristement, malheureusement, je suis obligée d’obéir même
si je désapprouve.
-Le
colonel, comment prend-il cela ?
-Pas
très bien, il a fait un esclandre à l’infirmerie, le jour de votre retour j’ai
du lui donner un sédatif.
Sam sourit :
-Ça
m’aurait étonnée ! Et
maintenant ? Que va-t-il se passer ? Je peux me lever, je me sens
beaucoup mieux, Janet.
-Oui
vous pouvez vous lever, mais ce sera pour aller en cellule.
-Je
préfère cela à être attachée sur un lit dit-elle d’un ton dur.
-Vous
savez Sam, je ne fais…
-Qu’appliquer
les ordres, oui je sais, dit-elle durement.
Le général Hammond ordonna que Sam
fût enfermée, on la mit avec le colonel, il sentait qu’ils avaient beaucoup de
choses à se dire.
O’Neill se leva dès que la porte
s’ouvrit. Une Sam affaiblie et bien pâle apparut entra dans la pièce dont la
porte fut refermée aussitôt.
-Ça
va major ? Vous êtes toute blanche. Venez vous asseoir, dit-il en la
prenant par le bras. Elle semblait au bord de l’évanouissement.
-C’est
dur de se faire suspecter par son propre camp ! dit-elle seulement.
-Oui,
je sais.
-Il
parait que vous n’avez pas été très coopératif mon colonel ? Dit-elle avec
une lueur dans le regard.
Il sourit un peu gêné :
-Vous
savez que je ne me laisse pas conduire à l’abattoir comme ça sans râler.
Plusieurs heures s’écoulèrent, ils
se disaient quelques mots de temps en temps, mais la plupart du temps ils
restaient en silence. O’Neill arpentait la pièce nerveusement, cela agaça Sam
qui lui jeta un brutal :
-Colonel,
vous ne pouvez pas rester tranquille !
Il prit un air fâché, qu’il n’éprouvait
pas vraiment.
-C’est
comme ça que vous parlez à votre supérieur !
Sam se ratatina sur sa
chaise :
-Excusez
moi mon colonel, je ne voulais pas vous manquer de respect, mais c’est déjà
assez dur comme cela.
-Vous
avez raison, Sam.
Elle le regarda, il l’avait appelé
par son prénom, il n’était pas dans son état normal. Ça devait être cela !
Leurs regards se croisèrent, ce qu’il y lut ne lui plut pas, les yeux de Sam
reflétaient une souffrance et un découragement qui ne lui était pas habituel. Il
fallait qu’il reprenne les choses en main. Il ne supportait pas de la voir
ainsi, abattue.
Il s’approcha d’elle et redit
simplement :
-Sam, mais d’un ton si doux qu’ elle craqua, elle pleura longuement sur
son épaule.
Ils se tenaient debout, serrés l’un
contre l’autre, il passait une main douce dans ses cheveux, en murmurant son
nom. Elle finit par se calmer et ils se
séparèrent gênés.
Le soir même Janet reçut tous les
résultats un peu plus tôt que prévu, elle fit son rapport au général Hammond.
-Tout
va bien, le colonel O’Neill et le major Carter sont revenus parmi nous,
dit-elle avec un grand sourire de soulagement.
-Parfait,
dit Hammond. Nous ferons un briefing dans quelques jours quand tout le monde
ira bien.
Il ordonna aussitôt la libération
du colonel et du major.
Le
briefing avait pris un tour détendu, le plaisir de se retrouver au
complet avec le général Hammond, était sur tous les visages.
-Expliquez
moi cette histoire de clones, dit
Hammond en se tournant vers Sam.
-Tefnout
nous a expliqué qu’elle nous avait prélevé du sang et qu’à partir d’une machine
trouvée dans le vaisseau Asguard elle avait fabriqué des doubles.
-Comment
avez-vous pu confondre des doubles avec nous ? Demanda O’Neill. Il y avait
forcément des différences.
-Détrompez-vous
colonel, les différences étaient infimes. Nous avons mis du temps à trouver ce
qui n’allait pas.
-Le
seul problème ajouta O’Neill c’est que nous avons laissé Tefnout s’échapper, et
avec elle un vaisseau Asgard !
-On
la retrouvera dit Sam.
-Bon,
dit Hammond en souriant, je suppose que vous êtes tous d’accord pour une
semaine de vacances.
Large sourire sur tous les visages.
-Et
personne ne reste à la base dit Hammond et sans attendre de protestations il
ajouta
-Rompez
et il quitta la salle de briefing.
-Où
comptez vous aller Major ? Demanda
Jack en prenant un air léger
Elle hésitait en le regardant en
souriant :
-Vous
aviez une idée peut être mon colonel ?
-Je
n’ose pas vous demander de venir dans mon chalet ?
A ce moment Daniel arriva :
-Et
si on y allait tous dans votre chalet !
Janet a aussi quelques jours de vacances.
O’Neill leva les yeux au ciel, ce
n’était vraiment pas ce qu’il avait prévu, mais tout le monde avait l’air
enthousiaste, et que n’aurait-il donné pour voir un aussi beau sourire sur le visage de son major.
-Allez,
venez tous ! Finit-il par dire. Teal’c vous venez aussi ?
-Oui
O’Neill, mais seulement si vous ne m’obligez pas à pêcher ! Dit-il le pus sérieusement du
monde.
Un éclat de rire général lui répondit.
-Je
ne vois pas ce que j’ai dit de drôle O’Neill !
-Nous
on voit, c’est le principal dit O’Neill en lui tapant sur l’épaule. Allez en
route les enfants !
Qui aurait pu penser qu’un vaisseau
Asgard puisse échapper à la guerre contre les réplicateurs ?
Quand Lucy l’avait trouvé il était
vide et déserté. Mais ce qu’elle n’avait pas vu c’était de petits morceaux de
métal, éparpillés. Mais comment les aurait-elle vus ? Ces débris étaient
cachés derrière une cloison.
Comme des convalescents fatigués et
épuisés par une longue maladie, les fragments s’étaient rapprochés les uns des
autres, et péniblement une unité s’était reconstituée. Ce fut le commencement
de la fin. Un lent travail de sape avait commencé. Après il était déjà trop
tard.
Quelques jours plus tard, un éclair
blanc alluma un point lumineux dans le ciel. Mais il était si infime et si
lointain que personne ne le remarqua.
FIN