Aurélia
Fic
n° 50
Avril,
mai 2005
TROUBLES
Saisons : Saison 8. Jack est général et
dirige la base, Sam est colonel. Aucun épisode en particulier. Quelques
allusions seulement à des épisodes des saisons précédentes, mais à aucun de la
saison 8 et j’ai court-circuité Pete. ( !)
Disclaimer : pas à moi, pas de sous.
Rating : Autorisation parentale souhaitable.
Genre : aventure, romance
Résumé : SG1 est
soudainement victime de malaises.
Avertissement : Ne cherchez pas d’explications
scientifiques logiques dans cette fic ! Il n’y en a pas !
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Base de Cheyenne Mountain Avril 2005.
« Etrange cette douleur » pensa le général O’Neill.
C’était une vieille douleur comme il en avait de temps à autre. Un corps plus tout jeune, une vie rude, de nombreuses blessures et de tortures, le résultat d’une vie aventureuse.
Mais pourquoi maintenant ? Il avait bien reçu
un coup de couteau dans les reins, au début de leur exploration de la galaxie mais
n’en avait pas trop souffert plus tard, du moins pas plus que toutes les autres
blessures qu’il avait reçues. Et cela faisait maintenant sept ans.
Il
ralentit le pas, le couloir était étroit et il croisait de nombreux officiers
qui le gratifiaient d’un salut réglementaire. Il était obligé d’y répondre à
chaque fois et s’en serait bien passé, surtout ce matin. Pas normal cette
douleur, trop forte. Un tour à l’infirmerie ? Plus tard, beaucoup plus
tard ! pensa t-il. Il avait toujours détesté l’infirmerie et depuis qu’il
était général il n‘y allait pratiquement plus, heureux d’échapper à la corvée.
Dans
la salle de briefing il n’y avait personne. Il regarda sa montre, pour une fois
qu’il était à l’heure, les autres étaient en retard. Les autres c’était le
colonel Carter, Daniel Jackson et Teal’c.
Daniel
fit son entrée le nez dans son mouchoir,
-Excusez-moi Jack mais j’ai dû attraper
la grippe ! ajouta t-il en se mouchant bruyamment.
-Où sont Carter et Teal’c ? demanda
O’Neill.
-Je ne les ai pas vus dit Daniel en
éternuant.
Jack
s’assit le dos très raide. Au même moment Sam et Teal’c firent leur entrée.
Teal’c était pâle comme s’il avait été
malade une partie de la nuit, et Sam ne valait guère mieux elle se tenait le
bras comme en proie à une vive douleur.
Le
regard de Jack fit le tour de la table, il voulut leur demander ce qui n’allait
pas, mais quelque chose l’en dissuada, peut être sa propre douleur. Chacun
était déjà plongé dans le dossier qui l’attendait. Il commença sans plus
attendre le briefing.
-La
planète qui nous intéresse aujourd’hui P6C523…
Daniel ? dit –t il en se tournant vers le jeune homme.
Son
ami ne semblant pas réagir il appela un peu plus fort :
-Daniel ! Vous allez bien ? demanda t-il en le voyant devenir tout pâle.
-euh ! … oui… je …enfin… P6C523
est une planète désertique, peu peuplée…
Daniel
pâlissait et avait du mal à trouver ses mots, il devenait
blême de seconde en seconde, et finit par glisser de sa chaise et tomba évanoui
sur le sol.
L’équipe
médicale arriva immédiatement et Daniel fut installé délicatement sur un
brancard. Il n’avait pas repris connaissance.
-Alors
Daniel, on se fait remarquer demanda O’Neill un peu plus tard.
Il
se tenait au pied du lit du jeune homme l’air désinvolte, pour ne pas
l’inquiéter, mais beaucoup plus soucieux qu’il n’y paraissait.
-Qu’est ce qui m’est arrivé ?
balbutia Daniel.
-Vous avez commencé à parler de P6C523, et vous aviez l’air plutôt mal en
point et vous avez glissé de votre
fauteuil, dit O’Neill.
-Oui je m’en souviens, mais je m’étais
levé en forme ce matin et c’est arrivé tout d’un coup, comme une grosse grippe.
Et
il se mit à éternuer violemment à plusieurs reprises. Il reprit après s’être mouché.
-Je suis désolé Jack pour la mission…
-Ne vous tracassez pas Daniel
reposez-vous dit Jack en souriant, de
toute façon, ce n’était qu’une simple mission d’exploration, il n’y a pas
urgence.
-Ah tant mieux dit Daniel en fermant
les yeux.
-Bon et si vous laissiez mon malade se
reposer dit le docteur Lassiter en entrant dans la chambre.
O’Neill
se retourna vers la jeune femme qui venait d’entrer. Elle était grande, avec
une silhouette athlétique de courts cheveux bruns bouclés et un regard bleu
perçant.
-Que lui est-il arrivé ?
-Que leur est-il arrivé devriez-vous
dire mon général, il n’y a pas que le docteur Jackson qui est malade, le
colonel Carter ainsi que Teal’c sont aussi assez mal en point.
-Quoi ? dit-il d’un ton sec.
Qu’est ce qu’ils ont ? Pourquoi ne pas m’en avoir averti
immédiatement ?
-Ils viennent juste d’arriver à
l’infirmerie et je m’en suis occupée tout de suite répliqua le docteur.
O’Neill
posa ses deux mains sur le pied du lit de Daniel pour cacher son malaise, la
douleur dans ses reins augmentait et en aucun cas il ne voulait montrer son
désarroi à ce médecin nouvellement arrivée dans la base.
-Je peux les voir ? ajouta –t il d’un ton bref.
-Ils sont à la radio et je vais les
regrouper tous les trois dans la même chambre, ce sera plus pratique.
O’Neill
s’impatientait :
-Mais vous pouvez me dire ce qu’ils
ont ?
Sandra
Lassiter sourit devant l’impatience du général, elle avait été briefée par ses
collègues et savait à quoi s’en tenir.
-Quand j’aurais les résultats du labo
et des radios, je pourrais vous en dire plus, dit-elle seulement en le
regardant dans les yeux. Ce qu’elle y
vit ne lui plut pas, en effet le général O’Neill ne semblait pas en grande
forme ce matin.
Sans
doute se faisait-il du souci pour
ses amis, pensa t-elle.
-Vous allez bien mon général ?
demanda t-elle avec une lueur d’inquiétude dans le regard.
-Oui, ça va grogna t-il , juste de
vieilles douleurs.
-N’hésitez pas à venir à l’infirmerie
consulter.
Oui c’est ça, compte là-dessus pensa t-il
-Entendu docteur s’entendit-il répondre
très poliment.
Au
diable les médecins qui ne pensent qu’à vous allonger sur leur table d’examen
et à vous examiner sur toutes les coutures !
-Je vous tiens au courant et vous fait
appeler dès que j’ai du nouveau ajouta la jeune femme, sachant combien le général était attaché à son ancienne
équipe.
Jack
quitta l’infirmerie et se rendit dans son bureau quelques étages plus bas. Le
sergent Harriman l’attendait déjà avec
une pile de papiers à la main. Le général soupira :
-C’est important Walter ?
-J’aurais juste besoin d’une
signature, mon général, le reste peut
attendre.
-Bien, qu’on ne me dérange pas, dit-il sèchement.
Il
s’assit à son bureau avec une certaine difficulté, la douleur ne le quittait
plus. Il prit un dossier au hasard, mais n’arrivant pas à fixer son attention,
il le reposa rapidement. Quand il voulut se lever une douleur fulgurante
traversa son genou droit, celui qui avait été opéré plusieurs fois. Il pouvait
à peine poser le pied par terre.
Il
se rassit lourdement, le cœur battant, il avait un très mauvais pressentiment,
comme si quelque chose de terrible allait se passer et qui allait mobiliser
toutes les énergies et les forces du SGC, une menace inconnue et terrifiante.
Il
appela d’abord l’infirmerie :
-Docteur Lassiter ? comment va
SG1 ?
-Vous devriez venir mon général, je
pourrais vous expliquer de vive voix.
Il
hésitait, il voulait attendre que la douleur de son genou s’estompe.
-Je ne peux pas quitter mon bureau pour
le moment, et si vous en veniez au fait Docteur ?
-Comme vous voulez monsieur, dit-elle
surprise par le ton sec du général. Daniel Jackson souffre d’une crise d’allergie
très importante, avec une forte fièvre. Tea’lc a une très curieuse inflammation
de son ancienne poche ventrale et le colonel Carter souffre de son épaule
gauche.
O’Neill
restait sans réaction.
-Mon général, vous êtes là ?
-Oui, mais je m’étonne que tous soient atteints en
même temps de choses aussi différentes.
-Moi aussi, leurs prises de sang sont normales avec les tests
demandés, je vais faire des analyses plus poussées. Je pense que dans quelques
heures je pourrais en savoir plus.
-Merci docteur, tenez moi au courant,
je viendrais à l’infirmerie dès que je pourrais.
Et
il raccrocha aussitôt.
Sandra
Lassiter resta une seconde à regarder le combiné avant de le reposer, on lui
avait dit que le général O’Neill pouvait être très sec, mais à ce point elle
n’aurait pas imaginé. Il avait été à peine poli. Elle haussa les épaules et
retourna voir ses malades.
Ils
étaient tous les trois dans la même chambre. Sam ouvrit les yeux, son épaule la
faisait moins souffrir, elle se souleva légèrement et vit ses deux compagnons
dans des lits voisins. Elle ne se rappelait plus ce qu’elle faisait ici dans ce
lit.
-J’ai été blessée ? demanda t-elle
à l’infirmière assise près de son lit. Celle-ci se leva aussitôt et sans
répondre à la jeune femme, prit le téléphone et dit simplement
-Elle est réveillée.
-Que se passe t-il ? demanda
Sam.
-Le docteur Lassiter arrive tout de
suite, elle va tout vous expliquer.
Sam
se sentait fiévreuse et son épaule la faisait souffrir.
-Je voudrais voir le général O’Neill, dit-elle
en grimaçant. Sa voix se perdit, elle avait dû juste murmurer, car l’infirmière
ne lui répondit pas.
-Alors colonel ? comment vous
sentez-vous ? demanda le docteur Lassiter
Sam
ne connaissait pas encore la jeune femme.
-Où est le docteur Bright ?
dit-elle.
-Elle est occupée pour l’instant, mais c’est moi qui soigne SG1. De
quoi vous souvenez-vous ?
Sam
reprenait peu à peu ses esprits, et
l’enchaînement des évènements lui revenait.
-Je me suis levée en forme ce matin, dit-elle
puis soudain j’ai eu une violente douleur à l’épaule, comme un coup de couteau.
Nous avions un briefing à 8 heures, je
crois même que je suis arrivée un peu en retard. Dès le début du briefing
Daniel s’est évanoui. Ensuite je ne me souviens pas, je me suis réveillée dans
ce lit.
-En fait vous vous êtes évanouie aussi
quelques minutes après le docteur Jackson.
-Pourquoi Tea’lc est-il là aussi ?
s’inquiéta t-elle.
-Il a eu aussi un malaise. Mais
rassurez-vous, il va mieux maintenant.
Mais qu’est ce qui se
passe ? Nous avons ramené quelque chose d’une de nos dernières missions,
pensa Sam.
Elle
se remémora les dernières planètes qu’ils avaient visitées, mais ne se
souvenait d’ aucun évènement suspect, ni
d’aucun malaise. Les visites médicales avaient confirmé leur parfaite santé à
tous les trois.
-Je pourrais voir le général
O’Neill ? dit-elle.
-Je viens de l’avoir au téléphone,
répondit Sandra, il arrive dès qu’il peut. En attendant reposez vous colonel.
Sam
referma les yeux et s’endormit.
Le
docteur Lassiter retourna dans son laboratoire, étudier les échantillons de
sang des trois malades. Il devait y avoir forcément quelque chose en
commun. Sinon pourquoi les membres de
SG1 auraient-ils été atteints en même temps ? Elle fit faire des analyses
complémentaires aux deux techniciens qu’elle avait à sa disposition dans le
labo. Dans un premier temps ils éliminèrent les poisons et les bactéries
connues. Pour les virus il faudrait faire une étude plus approfondie.
Il
y avait aussi la possibilité de substances nouvelles. Les planètes regorgeaient de minerais non
répertoriés ainsi que de nombreux composants chimiques inconnus. L’étendue de
la sphère de recherche était infinie. Pourtant l’état des malades était
inquiétant il fallait vite trouver un antidote ou un médicament pour les
soigner.
Sandra
passa la main dans ses cheveux et soupira. Puis elle se plongea dans les
archives de l’infirmerie à la recherche
de la plus petite anomalie concernant Daniel, Sam et Teal’c. Elle éplucha tous
les résultats d’ analyse, étudia minutieusement tous les rapports concernant
leur blessures ou leur maladie, visionna les scanners et les IRM.
Elle
s’interrompit pour aller les voir, leur état était encourageant, Daniel
semblait aller beaucoup mieux, il avait moins de fièvre et respirait avec plus
de facilité. Sans doute les antihistaminiques à haute dose qu’ elle lui avait inoculés.
Sam
souffrait aussi beaucoup moins, quant à Teal’c sa poche ventrale ne suintait
plus, sa fièvre aussi avait baissé.
Deux
jours plus tard, ils étaient à nouveau réunis dans la salle de briefing avec le
général O’Neill et Sandra Lassiter.
Tous
avaient une petite mine, ils semblaient relever d’une longue maladie et leurs
forces n’étaient pas encore revenues.
Jack
avait eu beaucoup de mal à cacher la souffrance de son dos et de ses genoux,
mais il avait réussi à donner le change, l’infirmerie étant débordée, par les
trois malades de SG1 et par une équipe revenue sous le tir de jaffas. Tout le
monde était très occupé, et personne ne s’ était aperçu de l’état du général,
et il s’était bien gardé d’en parler.
Son
regard s’arrêta sur Sam, elle était encore très pâle. Son cœur se serra, il
s’inquiétait pour elle, pour eux tous. Mais elle c’était différent, il aurait
voulu la prendre dans ses bras s’il avait pu…
-Alors Docteur ? Avez-vous trouvé
quelque chose ? dit-il.
-Nous cherchons toujours mon général,
mais je pense qu’il y a moins d’urgence maintenant que SG1 va mieux.
-Je ne suis pas d’accord avec vous dit
le général sèchement. Il s’est passé un évènement grave durant les dernières missions de SG1,
vous devez continuer à chercher.
-Je n’ai pas dit que j’arrêtais mon
général, mais en ce moment l’infirmerie est pleine de blessés et nous avons
moins de temps. Mais dès que nous avons un moment nous continuons, je vous
assure ajouta t-elle devant le regard septique d’O’Neill.
-Très bien docteur.
-Je pense être suffisamment solide pour
donner un coup de mains dit Daniel. En reprenant nos dernières missions sur
quelques semaines je pense qu’on devrait trouver quelque chose.
-Je suis d’accord avec Daniel dit Sam.
Et
se tournant vers le docteur Lassiter elle lui demanda quel était le plus long
temps d’incubation existant pour une maladie.
-Il n’y a pas de limite hélas, répondit
Sandra. Certaines maladies se déclarent en quelques heures, d’autres en
quelques années.
-Des années ! s’exclama Daniel et moi qui pensais remonter
juste d’un mois ou deux. C’est un travail de titan s’il faut reprendre toutes
nos missions depuis le début.
-Je ne pense pas dit Sam, simplement
depuis cette année, cela suffira.
-Pourquoi ? s’étonna Daniel.
-Simplement parce que nous trois
seulement avons été malades Daniel Jackson répondit Teal’c. Le général O’Neill
n’est pas concerné, puisqu’il n’a rien eu.
-Vous avez raison Teal’c, dit Sam avec
soulagement, cela rétrécit un peu le champ de nos investigations.
A
ce moment là Jack ressentit un étrange malaise, et les douleurs qu’il avait eu
le même jour que la maladie de ses amis ? Est-ce qu’il n’était pas atteint
lui aussi ?
Impossible
se dit-il, il n’avait pas eu de fièvre, il ne s’était pas évanoui, juste des
douleurs inhabituelles qui n’étaient pas réapparu depuis. Certainement une
coïncidence.
-Les missions sont suspendues jusqu’à
nouvel ordre dit Jack. Tous les trois vous travaillerez à ce phénomène étrange,
et tant que vous ne serez pas rétablis complètement vous resterez à la base
sous la surveillance du docteur Lassiter.
************
Planète
Yucatan, février 2000
Les
soleils se levaient sur la plaine du Morab. Le premier était un petit soleil
qui dispensait une faible lueur jaune sur la végétation profuse , une clarté
légère annonciatrice de la lumière
éclatante qui se lèverait quelques minutes plus tard, quand l’astre
puissant émergerait des limbes de la pénombre.
Un
spectacle dont ne se lassait jamais Itzamna, le dieu maya de cette contrée.
Dès
que la lumière vive eut atteint son apogée, le dieu rentra dans son palais. Il n’attendit pas le lever du troisième soleil
qui transformerait la contrée en un brasier brûlant jusqu’à une heure avancée.
Le
palais était une immense construction de
marbre blanc, dont la fraîcheur des pièces était entretenue soigneusement par
des murs épais et des tentures multicolores qui empêchaient la lumière
éblouissante et brûlante de pénétrer.
La
chambre était immense, peu meublée, un grand lit en occupait le centre, et le
long des murs quelques coffres remplis d’ouvrages scientifique, des livres
d’astronomie et de médecine surtout. Itzamna s’assit à sa table de travail,
recouverte de cartes, de parchemins et
de tablettes.
La
planète Yutacan n’était pas la seule
possession du dieu, il en possédait plusieurs dans le même système solaire, et
grâce à la porte des étoiles il avait entrepris de prospecter les autres
planètes. Sur l’une d’elle il avait trouvé une abondante mine de naquadah, ce
qui l’avait fortement réjoui, car Yutacan n’en possédait pas. Il tenait à cette
planète car c’est là qu’il avait toujours vécu vénéré de son peuple, et
s’adonnant à son passe temps favori, l’astronomie, l’astrologie, et toutes sortes de sciences. Le naquadah il l’avait
trouvé pendant longtemps sur Tegucigalpa, une planète voisine qui en avait été bien pourvue. Il avait obligé la population à
travailler dans les mines à ciel ouvert. Mais au bout de trois siècles le filon s’était épuisé. Il avait parcouru la
galaxie par le réseau de porte pour trouver de nouvelles sources
d’approvisionnement et il y avait
soixante dix ans environ il avait trouvé une planète possédant un filon extrêmement riche dont il avait
commencé l’extraction immédiatement.
La population de Yucatan était essentiellement
paysanne. Ils vivaient de la cueillette et de la chasse, et se contentaient de
peu. Itzamna ne s’occupait pas beaucoup des habitants de
Morab. Ils ne l’intéressaient que dans la mesure où ils pouvaient le servir. Le
palais était entretenu par des gens pris
dans la population, esclaves qui le vénéraient et lui rendaient hommage.
La
porte des étoiles située à une courte distance du palais n’était pas gardée. Le
roi en effet ne montrait pas ses jaffas aux visiteurs potentiels. Il préférait
les laisser venir jusqu’au palais, et ensuite les piéger, et les utiliser selon
ses besoins.
En
passant devant son miroir, Itzamna jeta
un coup d’œil et s’arrêta satisfait de l’image que lui renvoyait la glace. Il
était jeune, de taille moyenne, avec un
corps endurci par l’exercice physique et la pratique des armes. Son visage
était brun, ses cheveux noirs courts et ondulés. Il avait un regard de braise qui ne laissait pas
indifférentes les femmes de son
entourage.
Dans
ses explorations de la galaxie, il avait été
confronté à d’autres goa’ulds plus puissants que lui, et qui
convoitaient les même terres riches de ce si précieux et rare minerai qu’était
le naquadah. C’est ainsi qu’il s’était frotté à Apophis et avait été vaincu par
lui. Il avait perdu son armée et avait mis plusieurs années à la reconstituer,
puis il avait trouvé Bastet sur sa route, Morrigan, Olokum, ainsi que Baal. Il sortit tour à tour
vainqueur ou vaincu de ces confrontations, mais toujours persuadé qu’il
pourrait un jour les battre tous s’il s’en donnait les moyens.
Au
cours de ces voyages il entendit pour la première fois parler de
Base
de Cheyenne Mountain avril 2005
Depuis
quelques jours SG1 travaillaient dans le bureau de Daniel. Ils se partageaient
le travail et épluchaient consciencieusement tous les rapports de mission
depuis plus de six mois. Cela représentait environ une cinquantaine de missions , deux par semaine en moyenne.
-J’ai quelque chose là dit Daniel. Sur
P8C876, nous avons été en contact avec une population qui venaient de connaître
une épidémie.
-Je m’en souviens répondit Sam. C’était
une sorte de grippe, les gens avaient de la fièvre et toussaient.
-Cela ne ressemble pas du tout à ce que
nous avons eu colonel Carter dit Teal’c.
-C’est vrai qu’à part la fièvre que nous
avons eu tous les trois, nos symptômes
étaient très différents, dit Sam.
Elle
se releva et s’étira.
-Et si on arrêtait là pour ce soir dit
Daniel, je ne vois plus rien.
-On va au mess manger un morceau ?
proposa Teal’c
-C’est d’accord pour moi dit Daniel.
-Moi aussi répliqua Sam, j’ai faim et
n’ai rien avalé depuis de matin. Quelqu’un a vu le général O’Neill ?
ajouta t–elle.
-Pas depuis ce matin répondit Daniel.
-Moi je ne l’ai pas vu aujourd’hui dit
Teal’c. Mais il est tard, il est peut être rentré.
-Il ne serait pas rentré sans passer
nous voir dit Sam avec un soupçon d’inquiétude dans la voix, cela ne lui
ressemble pas, surtout en ce moment !
-En effet dit Teal’c vous avez raison
colonel.
Sam
prit le téléphone et appela le sergent Harriman.
-Sergent, le général O’Neill est
–il encore dans son bureau ?
-Non, mon colonel, il est parti depuis
une demi heure.
-Il est rentré chez lui ?
-Je ne crois pas, il ne m’a pas dit
qu’il devait quitter la base, je pense qu’il doit être dans ses quartiers.
-Merci sergent, et bonsoir.
-Bonsoir mon colonel, dit Harriman.
-Il doit se reposer dit Daniel, ses
journées sont longues.
-Oui, je sais insista Sam, mais ce
n’est pas normal qu’il ne soit pas venu dans votre bureau de la soirée.
Daniel
sourit, dès qu’il était question de Jack, Sam était inquiète. C’était vrai
qu’elle se tourmentait, elle ne pouvait s’en empêcher. Une journée sans lui, et
elle avait le moral en berne, un simple sourire de son général et elle
reprenait courage.
Daniel
sachant cela lui proposa d’aller frapper à la porte de Jack.
-S’il dort et qu’on le réveille, il va
être furieux, dit-elle.
Tout
en parlant ils arrivèrent devant la porte des quartiers de Jack. Il avait gardé
les mêmes quartiers, bien qu’il aurait pu en tant que général prétendre à quelque
chose de plus grand.
Daniel
frappa et appela doucement, puis plus fort
-Jack ! Jack vous êtes là ?
Le
silence lui répondit.
Machinalement
Sam tourna la poignée, la porte n’était pas verrouillée, elle jeta un regard
surpris à ses amis.
-Entrons dit Daniel, ce n’est pas
normal.
Dans
la chambre la lumière était allumée, il se figea sur le pas de la porte. Le
général O’Neill était étendu de tout son long sur le sol.
***************
Base
de Cheyenne Mountain octobre 2004
-Vous m’écoutez Jack ? dit Daniel
en s’interrompant au milieu de son exposé.
-Oui, oui, Daniel, j’écoute, dit
O’Neill d’un air distrait tout en continuant à griffonner sur sa feuille.
Depuis
un quart d’heure Daniel parlait de la planète Tegucigalpa, en long, en large et
en travers. Le climat, la population, le Goa’uld Itzamna. Sam était suspendue à
ses lèvres et commença à son tour son exposé, qu’elle fit assez bref sur les
mines de naquadah de l’endroit.
-Mines qui me semblent assez
importantes dit-elle, mais elles ne sont pas situées près de la porte mais à
environ deux kilomètres.
-La porte n’a pas l’air gardée dit
Jack, les images du MALP ne le montrent pas.
-Cela est déjà arrivé mon général, les
gardes ne sont pas forcément en permanence.
-On va vérifier Carter, allons voir si
la sonde émet toujours quelque chose.
Ils
se dirigèrent vers la salle de contrôle et Sam introduisit les coordonnées de
la planète Tegucigalpa.
Le
MALP envoya les mêmes images. Ils firent faire à la camera un angle de 360
degrés, tout avait l’air calme.
Ils
retournèrent en salle de briefing.
-Daniel, je vais vous demander de faire
court, mais ce Itza… machin, il est très puissant ?
Daniel
prit un air outré :
-Je savais bien que vous n’aviez rien
écouté ! dit-il
Le
regard de Jack le dissuada d’enfoncer le clou.
-Hum… dit-il en se grattant la gorge.
Itzamna était une importante divinité du panthéon maya. Il était le fils
d’Hunab, le créateur et on le représentait …
-Daniel !
-Ok Jack. Itzamna est le dieu qui a
inventé l’écriture, les livres les cérémonies religieuses. Il enseignait la
médecine aux guérisseurs. On lui offrait des sacrifices, souvent humains.
-Donc un Goa’uld très dangereux.
-Oui !
-J’aime la brièveté de votre réponse
Daniel. Donc on annule cette mission, ça
ne vaut pas la peine de risquer sa vie pour un peu de naquadah.
C’est
à ce moment là que Sam leva son regard sur Jack, comme à chaque fois il sentit
son cœur s’accélérer un peu.
-Non, Carter !
-Mais je n’ai rien dit mon général répondit-elle
en souriant.
-Je sais ce que vous alliez dire !
C’est trop dangereux.
-Permission de parler mon général ?
dit-elle gravement.
-Je vous écoute.
Elle
rassembla les notes qu’elle avait devant elle.
-Il y a autre chose que le MALP a
indiqué. Je n’ai pas encore eu le temps d’analyser toutes les données, mais il
semblerait que ce naquadah soit un peu différent de celui des autres planètes
que nous avons rencontrées. Il parait être plus dense et sa puissance pourrait
être intéressante pour les réacteurs des vaisseaux que allons construire.
Jack
était intéressé :
-Plus puissant comment ?
-Justement la sonde ne peut pas nous
donner de renseignements aussi précis, il faudrait pouvoir prendre un
échantillon et l’analyser.
-Bien je vais réfléchir, si cela vaut
la peine de prendre quelques risques.
-Mais mon général …
-Colonel, j’ai dit que j’allais y
réfléchir, dit Jack d’un ton sec.
-A vos ordres dit Sam en se raidissant.
Il
se retira ensuite très vite dans son bureau.
Une
heure plus tard il réunit à nouveau SG1.
-C’est d’accord vous partez pour Tegucigalpa
à 14 heures, dit-il
-Qu’est ce qui s’est passé Jack ?
Il y a du nouveau ? demanda Daniel.
-Oui, en effet, les ordres viennent de
beaucoup plus haut et je n’ai pas le choix répondit Jack sèchement. Quand il
s’agit d’augmenter la puissance des réacteurs et des bombes il faut savoir
prendre quelques risques.
-Tout va bien se passer mon général dit
Sam. Le temps de faire l’aller et retour depuis la porte, de prendre un petit
échantillon et nous serons rentrés pour le dîner !
Ils
se rendirent en salle d’embarquement, et tandis que les chevrons
s’enclenchaient ponctués par la voix du sergent, Jack leur souhaita bonne
chance et ils disparurent dans le vortex.
**************
Base
de Cheyenne Mountain avril 2005
Jack
se réveilla dans un lit de l’infirmerie. il voulut se lever mais l’infirmière
l’en empêcha.
-Ne bougez pas mon général.
-Que c’est-il passé ? demanda t-il
-On vous a trouvé évanoui chez vous, nous sommes à
l’infirmerie.
-Je vois bien qu’on est à l’infirmerie,
dit il agacé, je vais bien c’est juste un mal de dos.
Le
jeune femme ne s’offusqua pas du ton brusque du général, celui-ci avait l’air
très mal en point malgré ce qu’il venait de dire.
-On ne s’évanouit pas pour un mal de dos,
mon général dit la jeune femme. Ce n’est pas anodin un évanouissement.
Non ! ajouta t’elle d’un air faussement fâché, vous n’échapperez pas à un
examen complet.
O’Neill
poussa un soupir, se rallongea et trouva qu’on en faisait beaucoup pour un
simple évanouissement. Il avait mal dans le dos et alors ? ce n’était pas
la première fois, ni sûrement pas la dernière. C’était une des raisons pour
laquelle il avait quitté le terrain. Avoir continuellement mal, aurait pu
l’amener à être moins vigilant et mettre son équipe en danger. Et cela il ne
l’aurait voulu en aucun cas. Bien que le terrain lui manquât il avait été suffisamment
raisonnable pour savoir s’arrêter à temps.
Sandra
Lassiter passa un long moment au chevet de Jack au grand dam de celui-ci. Elle lui fit passer des
radios de ses genoux et de son dos, et un scanner révéla de nombreuses lésions
des tissus au niveau du bassin, rien de très grave cependant, juste quelque
chose d’ennuyeux et de douloureux pour le patient. Elle passa plus d’une heure
à faire des comparaisons entre les divers examens. Il n’y avait rien de nouveau
à part cette douleur omniprésente. Pas de fièvre, pas d’œdème.
-Je ne vois rien de plus par rapport à
vos anciennes radios dit-elle en revenant vers O’Neill qui n’en pouvait déjà
plus de rester au lit.
-Alors je peux me lever ?
-Rien ne s’y oppose général O’Neill.
Cependant reposez-vous un peu plus, je vous trouve fatigué.
-Non, non, ça va , enfin un peu dit-il
en voyant le regard sceptique de Sandra.
-Bien, dit-elle revenez me voir demain
si vous souffrez toujours, en attendant avalez ceci dit-elle en lui donnant une
gélule.
-C’est quoi ? demanda t-il
méfiant. Il ne voulait pas d’un médicament qui l’abrutisse, souhaitant garder
son esprit clair tant que l’on aurait pas résolu le problème de cette
mystérieuse maladie dont avait été atteint ses amis.
-Un calmant.
-Ça fait dormir ?
-Comme tout bon antalgique dit-elle
avec un sourire.
-Alors je n’en veux pas, dit-il en se
levant. Il commença à se rhabiller en tournant le dos à la jeune femme.
-Mon général, si vous ne prenez pas ce
médicament, je vais vous voir revenir avant la fin de la journée.
-Vous pariez dit-il ? le plus
sérieusement du monde en se retournant,
Sandra
avait entendu parler des paris, de SG1, ils pariaient sur tout et n’importe
quoi. Elle sourit :
-Ce ne serait pas juste mon général,
vous êtes sûr de perdre !
-Comment cela ? dit-il en prenant
un air étonné. En fait c’est vous qui avez peur de perdre ! c’est ça la
vérité !
-D’accord, j’accepte votre pari. Dix
dollars ?
-Pari tenu dit Jack en sortant de
l’infirmerie. Il s’éloigna à petits pas en songeant que si la douleur de son
dos continuait avec cette force, il pouvait dire d’ores et déjà dire adieu à
ses dix dollars.
Planète
inconnue, octobre 2004.
Un
premier soleil pâle se leva recouvrant
le site de la mine d’une lumière blafarde. Au loin quelques arbres se
profilaient, noirs et sombres sur la ligne d’horizon.
Un
gouffre gigantesque comme une blessure
béante de la terre, telle se présentait la mine de naquadah d’Itzamna. Des escaliers de bois descendaient
profondément dans les entrailles à vif, où de longues coulées grises de minerai
tranchaient sur le rouge naturel du sol.
Une
corne retentit et quelques instants plus tard des colonnes de prisonniers,
telle des centaines de fourmis, apparurent. Ils se déplaçaient lentement au
rythme du balancement de leurs chaînes
sous les hurlement des gardiens qui les accompagnaient.
Comme
les mineurs atteignaient les escaliers, un deuxième soleil se leva majestueux,
énorme, juste au dessus de la mine et il éclairait le jour d’une lueur orange et
chaude.
Des
gouttes de sueur commencèrent à apparaître sur les fronts penchés des
prisonniers qui débutaient leur
interminable journée de travail. Des heures durant il leur faudrait
creuser à mains nues la roche pour en extraire le précieux minerai qui serait
ensuite purifié afin d’être utilisé pour les vaisseaux et la vie quotidienne du
dieu.
Quelques
minutes plus tard un troisième soleil se leva rendant l’air étouffant et irrespirable, un air saturé de
particules de minerai et de poussières rouges qui collait aux corps et brûlait les poumons.
Les
mains de la jeune femme étaient à vif, des plaies qui ne se refermaient pas et
qui n’étaient pas soignées. Elle avait enroulé ses doigts avec des chiffons pour essayer de les protéger, mais
en vain. La sueur coulait sur son visage poussiéreux laissant des traces sales
sur ses joues, qu’elle essuyait machinalement du revers de la main. Ses deux
compagnons étaient dans le même état qu’elle. Le plus grand supportait tout de
même mieux ce traitement infernal que l’autre homme, plus jeune mais moins fort
physiquement. Ils étaient tous les trois penchés, le dos courbé vers la terre,
les mains plongés dans le minerai, se demandant par quels moyens ils allaient
pouvoir se sortir de cet enfer.
-Je n’en peux plus murmura le jeune
homme. Il tomba à genoux, pour essayer de reprendre son souffle. Le creusement
du minerai demandait un effort important et la chaleur rendait ce travail
extrêmement pénible.
-Faites attention Daniel dit Sam, les
gardiens arrivent, relevez vous.
Par
un effort surhumain il se remit debout, mais ne put éviter le coup de fouet qui
s’abattit sur son dos le faisant gémir de douleur.
Il
se remit péniblement au travail, Sam le regardait avec inquiétude, il était sur
le point de lâcher.
-Daniel ! il faut tenir encore un
peu.
Il
lui jeta un pauvre regard et la remercia d’un signe de tête. Oui, pour elle il
tiendrait. Elle ne se plaignait jamais malgré ses mains en sang.
Chaque travailleur déposait le minerai extrait
dans un chariot en métal posé à ses pieds et le soir chaque chariot était pesé,
et gare à qui ne remplissait pas son quota. Ce serait le fouet et le cachot. Un
trou immonde brûlant le jour et glacé la nuit où le malheureux resterait sans
manger ni boire pendant deux jours. A ce
régime là les prisonniers ne faisaient pas long feu, mais la main d’œuvre d’Itzamna
était inépuisable. Il y avait toujours des aventuriers inconscients qui
venaient se jeter dans ses pièges. « C’est exactement ce que nous avons
fait » pensa Sam. Elle s’en voulait toujours de la facilité déconcertante
avec laquelle ils s’étaient faits piéger. Aussitôt passés la porte, ils avaient
avancé en terrain découvert sans se méfier, mais n’avaient pu éviter la horde
de jaffas dissimulée derrière des rochers quelques centaines de mètres plus
loin.
Maintenant
cela faisait plus de trois semaines qu’ils étaient là et Sam savait qu’à ce
rythme là leur fin était proche. Il fallait absolument tenter quelque chose dans les jours suivants.
Teal’c
se rapprocha un peu de Daniel et de Sam et redoublant d’efforts il remplit un
peu leur chariot. Mais même avec cette aide ce serait dur d’arriver au bout de
la journée et de faire ce qui était exigé par les gardes.
Vers
le milieu du jour, ils auraient droit à un ragoût infâme et pas assez
nourrissant pour soutenir un tel effort, et le soir ils auraient juste un
quignon de pain et un peu d’eau.
La
corne sonna la fin du jour infernal. La nuit était presque tombée et la
fraîcheur s’abattit brusquement sur le désert, faisant frissonner les
prisonniers vêtus de haillons. On leur
remit les chaînes et ils s’éloignèrent
de la fosse en longues files marchant lourdement, harassés et fourbus. Certains
tombaient en chemin, ils étaient aussitôt relevés par leurs compagnons de
misère. Ceux qui ne se relevaient pas étaient aussitôt tués par les gardes.
Ils
atteignirent enfin leur baraquement qui était situé à quelques centaines de mètres
de la mine. Là ils tombèrent lourdement sur leur grabat mais s’efforcèrent de
rester éveillés. C’était le seul moment de la journée où ils avaient un peu de
liberté, ils pouvaient circuler dans la pièce où on les avait enfermés avec une
dizaines d’autres esclaves.
Personne
ne faisait attention à Sam, Daniel et Teal’c. Chacun était préoccupé de sa
propre survie, boire, manger, dormir, reprendre des forces, ne pas être tué.
Ils avaient un peu d’eau à leur
disposition. Ils commencèrent à boire, par petites gorgées pour mieux se réhydrater. Dans le reste d’eau ils
humectèrent un chiffon pour soigner les doigts de Sam et de Daniel qui étaient dans un piteux état.
Depuis
le début de leur captivité ils cherchaient un moyen de s’échapper mais ils
n’avaient pas encore réussi à tromper la surveillance de leurs gardiens
omniprésents.
-Il faut absolument qu’on sorte d’ici
dit Daniel, je ne tiendrais pas un jour de plus.
Il
se tenait assis par terre sur sa paillasse le dos appuyé au mur et respirait la
bouche grande ouverte comme pour essayer de profiter au maximum d’un air non
saturé de poussière.
-Moi aussi, je suis épuisée dit Sam.
Merci Teal’c pour votre aide, sans vous nous n’aurions pas eu notre quota et
nous aurions été bons pour la punition.
-Comment allons-nous faire ? vous
avez une idée Sam ? demanda Daniel.
-Dans trois jours nous pourrons nous évader, c’est ce jour là que les gardes livrent le naquadah. Ils passent la porte avec leur chargement et
se rendent sans doute sur la planète du dieu. Ils restent absents quelques
heures et cela se passe toujours de nuit. Seuls deux ou trois gardes restent
pour surveiller le camp. C’est notre
seule chance. Nous ne tiendrons pas un mois de plus.
-Ça ne va pas être facile, la porte est
fermée par des chaînes et je ne suis pas sûr qu’on puisse compter sur les
autres dit Daniel en montrant les autres prisonniers.
-On devrait peut être leur parler, à huit
on serait plus forts, dit Teal’c.
-De toute façon, on peut rien faire
sans eux, s’ils nous voient partir ils risquent de nous dénoncer.
-Allons leur parler dit Sam.
Ils
s’approchèrent des autres prisonniers, il y avait trois femmes et deux hommes.
Deux des femmes étaient mourantes, elles ne reprendraient pas le travail le
lendemain, et seraient aussitôt tuées par les gardes. La troisième femme voulait partir avec eux. Les hommes étaient
d’accord pour tenter leur chance.
-En attendant dit Sam il faut
absolument tenir le coup pendant ces
trois jours.
-Je vous aiderais dit Teal’c.
Le
lendemain les deux femmes étaient mortes.
Après
trois jours d’enfer supplémentaires, ils étaient prêts. De retour dans leur
baraquement ils mirent au point les derniers détails de leur stratégie.
Le silence régnait sur la planète, c’était
l’heure avant l’aube où tout fait sommeil, les hommes comme les animaux.
La
porte était fermée par un cadenas, mais en unissant leur force ils en vinrent à
bout assez facilement. Elle s’ouvrit
sans bruit. Ils sortirent et commencèrent à se diriger vers la porte des
étoiles située à deux kilomètre environ du site de la mine. Telles des ombres
furtives ils se glissèrent entre les baraquements et prirent la direction
opposée à la mine.
Ils
marchèrent quelque minutes sans parler, lentement, et le cœur battant, car la nuit était noire et profonde et le
chemin qu’ils empruntaient était difficile et rocailleux. Avancer un pied, puis
un autre, chaque pas était une victoire
qui les rapprochait un peu plus de la liberté. Ils arrivèrent en vue du shapaï
comme l’aube se levait. La porte n’était pas surveillée. Elle se dressait sur
un terre plain au milieu de rochers et d’arbres rabougris. Il fallait faire
vite avant le retour des gardes.
-Daniel, entrez les coordonnées, cria
Sam, j’entends du bruit dit-elle en se
retournant. Un nuage de poussière venant de la mine se dirigeait vers eux.
-Trop
tard dit Daniel en voyant un chevron s’enclencher !
-Vite, hurla Sam,
on peut les prendre de vitesse s’ils ne se méfient pas.
Daniel
composa très vite le code d’une planète
amie et se jetèrent dans le vortex. Il
était temps, des hurlement provenant du camp retentirent, leur évasion venait
d’être découverte.
Leur
atterrissage fut brutal, ils déboulèrent au bas des marches devant la porte.
Ils étaient meurtris, assoiffés, affamés, affaiblis, mais libres et vivants.
Base
de Cheyenne Mountain octobre 2004
Jack
faisait les cents pas dans son bureau. Il était très inquiet SG1 aurait dû être
rentré depuis plusieurs heures maintenant. Il était minuit passé et il était
incapable d’aller se coucher. Un retard était toujours angoissant, c’était le
signe qu’ils avaient eu des ennuis. Ce qui le minait c’était son impuissance,
il ne pouvait rien faire. Le MALP n’avait donné que des vues identiques, une
planète désertique, pas de jaffas ni d’habitants à proximité immédiate de la
porte.
-Allez dormir Harriman dit-il au
sergent qui était resté dans la salle de contrôle.
-Vous êtes sûr mon général ?
-Oui, allez-y. Bonne nuit sergent.
Après
un salut le sergent Harriman quitta la salle et se dirigea vers ses quartiers.
A trois heures du matin, Jack décida d’aller s’allonger, il ne pouvait plus
rien faire et il fallait attendre demain
et peut être envoyer une expédition de secours.
L’expédition
composée de SG16 et de SG17 revint
bredouille quelques heures plus tard. Tegucigalpa était déserte, il y avait
bien une mine de naquadah près de la porte mais elle n’ était plus exploitée
depuis un certain temps. Il n’y avait aucune trace de vie sur cette planète. Le
colonel Reynolds avait conclu que SG1 avait été transféré sur une autre planète
ou sur un vaisseau spatial.
Impossible
de savoir ce qu’ils étaient devenus. Jack s’accorda deux jours avant de les
déclarer disparus en mission. Il essaya de contacter leurs alliés. Mais ceux
–ci étaient devenus faibles ou inexistants. La Tok’ra, les Asgards, les
Tollans, il ne fallait plus compter sur eux. Restaient les Nox.
Il
fit appel à eux mais obtint une réponse évasive. Les Nox étaient pacifiques et
visiblement ne voulaient pas se lancer dans une expédition qui aurait pu les
obliger à mener une guerre qu’ils ne souhaitaient pas.
Jack
n’avait pratiquement pas dormi depuis la disparition de ses amis. Il était
assis à son bureau, il avait tout tenté.
Voilà !
c’était arrivé ! ce qu’il redoutait le plus en voyant ses amis franchir
sans lui la porte des étoiles. Qu’ils ne reviennent jamais.
La
mort dans l’âme il avait dû se résoudre à les déclarer disparus. Mais au fond
de lui-même il se refusait à croire à leur mort. Ce n’était pas la première
fois, qu’ils ne rentraient pas, mais jamais depuis qu’il commandait le SGC. Il
comprenait maintenant les sueurs froides qu’ils donnaient à Hammond autrefois.
Les
semaines qui suivirent furent éprouvantes pour l’entourage de Jack. Il était
fermé plus que jamais, passait des heures seul dans son bureau, ne voulait voir
personne, accomplissait son travail par habitude, mais explosait à la moindre
contrariété. C’était devenu trop dur, et combien de fois la tentation de tout
envoyé balader l’étreignit-il ? il
ne le savait même pas lui-même. Harriman faisait de petites tentatives pour lui
parler, mais il ne répondait pas ou par monosyllabe, si bien que le sergent
s’éloignait en soupirant ne sachant plus quoi faire pour son général.
Les
missions continuaient, il le fallait, le programme de la porte était trop
coûteux, et Jack était souvent en butte à une administration tatillonne. Il
pestait, rageait, mais cela ne le soulageait nullement. Tout dans cette base le
ramenait à elle, sa place au mess, son vestiaire, son labo, la salle de
briefing, la salle de contrôle, elle était partout où il allait, il entendait
sa voix et croyait souvent la reconnaître dans une silhouette furtive au détour
d’un couloir. Il se dit qu’il perdait la tête, mais se refusait à en parler à
quiconque, encore moins à un psy.
Daniel
et Teal’c lui manquaient aussi, mais elle c’était différent, c’était beaucoup
plus qu’une amie. Maintenant qu’elle avait disparu il pouvait bien se l’avouer
qu’elle comptait beaucoup plus pour lui que ce n’était censé le faire.
-Ouverture non programmée de la porte,
dit le sergent tandis que les alarmes retentissaient dans toute la base.
-On a un code ? demanda O’Neill
plein d’espoir
-Non mon général.
-Fermez l’iris dit-il sèchement.
Il se tenait debout devant la vitre. Et si
c’était eux ? pensa t-il. Il n’y
avait pas eu d’alertes depuis leur départ. Mais comment savoir ?
Au
bout de quelques instants le vortex se déconnecta et le silence retomba sur la
base.
-Sergent dit O’Neill avez-vous remarqué
quelque chose d’anormal, des fluctuations ou un truc de ce genre ? Qui a ouvert le vortex vers la terre ?
Le
sergent Benson se mit immédiatement au travail. Quelques minutes plus tard il
fit avertir le général qu’il avait trouvé quelque chose.
-Il s’agit d’une fluctuation
caractéristique correspondant à une technique de reconnaissance que nous avons
donné aux habitants de P9J786.
-les Anténiens ?
-En effet monsieur, SG1 avait établi
des relations diplomatiques avec ce peuple il y a deux ans et…
-Je
sais tout ça sergent, j’y étais. Mais si
le vortex s’ouvre à nouveau pouvez-vous
identifier cette fluctuation immédiatement ?
-Sans problème monsieur, maintenant que je
l’ai vue une fois.
-Alors attendons qu’ils rappellent.
Ils
n’eurent pas à attendre longtemps, les alarmes se mirent à mugir et les chevrons s’enclenchèrent rapidement.
-Sergent ? demanda O’Neill
-La même fluctuation mon général
-Ouvrez l’iris dit Jack le cœur battant à
tout rompre.
L’ouvris
s’ouvrit dans un bruit de ferraille caractéristique. Un objet roula sur le sol,
c’était une feuille roulée en boule
-Fermez l’iris dit O’Neill en prenant le
papier sur lequel étaient écrits ces quelques mots « c’est nous ».
Il
redescendit la passerelle lentement, il reconnaissait l’écriture de Daniel.
C’était eux.
-Envoyez un MALP sur P9J786 dit-il
seulement.
Un
quart d’heure plus tard SG1
franchissaient le vortex. Ils avaient une mine effroyable, étaient en sang, les
vêtements salis et déchirés.
Le
regard de Sam accrocha celui de Jack,il put y lire un immense soulagement
d’être enfin rentrée au bercail, mais avant qu’elle n’ ait pu dire le moindre mot
elle s’écroula dans ses bras. Il mit quelques secondes à réagir en s’apercevant
qu’il tenait contre lui un corps inerte. Ils furent pris en charge aussitôt par
le docteur Brigth et deux infirmiers. Jack posa doucement Sam sur un brancard,
elle revenait à elle,
-Mon général… mais elle n’avait plus de
forces
-Ne dites rien Carter, on va s’occuper
de vous.
Base
de Cheyenne Mountain avril 2005
Jack
voulut se lever mais la douleur de son dos le cloua au fond de son fauteuil. Il
regrettait le calmant du docteur Lassiter. Il se souvint du pari et sourit
intérieurement. Il était en passe de le perdre son pari. Dix dollars ! Sa
fierté ravalée, il se dirigea vers l’infirmerie après être resté un moment sans
bouger, le temps que la douleur reflue.
-Général ! dit Sandra inquiète en
le voyant marcher en grimaçant.
-Tenez docteur, vous avez gagné dit-il
en lui donnant un billet.
Et
il s’allongea sur un lit en soupirant.
Sandra
sourit :
-Croyez bien que j’aurai préféré
perdre, mais je ne suis pas étonnée de votre retour à l’infirmerie. Je vais
vous faire passer un IRM pour en savoir un peu plus.
Une
heure plus tard elle était de retour. Un pli soucieux barrait son front.
-Vos résultats ne sont pas très bons
mon général.
-Qu’est ce que j’ai ?
-Vous souffrez d’une importante inflammation
des tissus cicatriciels, ce que le scanner et les radios ne montraient pas.
-En clair ?
-C’est comme si vos anciennes blessures
se rouvraient. Au niveau des reins où vous avez la marque de plusieurs coups de couteau, de vos genoux également, le droit surtout.
-C’est dû à quoi ?
-Je n’en ai aucune idée. Il faut que je
fasse des examens plus approfondis, cela peut être du à un virus, une bactérie
ou autre chose de totalement inconnu.
-Cela a un rapport avec ce qui est
arrivé à Daniel à Teal’c et au colonel
Carter ?
-Je ne pense pas. D’ailleurs pour
l’instant on a pas trouvé encore de liens entre les affections très différentes
des membres de SG1.
-Vous me donnez quelque chose contre la
douleur dit-il en grimaçant. Je déguste là !
-Tout de suite mon général. Je vais
vous faire une piqûre et je souhaiterais que vous passiez la nuit à
l’infirmerie.
-C’est indispensable ?
-Quoi ? la piqûre ?
-les deux.
-Tout à fait, c’est le moyen le plus
rapide de vous soulager. Quant à la nuit à l’infirmerie, j’y tiens beaucoup. Je
serais sûre que vous vous reposez. Et ce n’est pas négociable dit-elle en
voyant O’Neill ouvrir la bouche pour protester.
-Je suis le commandant de cette base
dit-il et….
-Ici, vous êtes mon patient ! le coupa t-elle, sans se laisser influencer
par le regard furieux du général. Je
peux vous commander, et vous le savez très bien, général O’Neill. Je vous en
prie, je suis sérieuse, vous avez besoin de repos.
Il
hocha la tête, acceptant l’inévitable. Sandra lui fit une piqûre qui le plongea
rapidement dans un profond sommeil.
Daniel,
Sam et Teal’c passaient leur journées dans le labo du jeune archéologue. Ils
continuaient à éplucher tous leurs rapports de mission.
-Et notre emprisonnement dans les mines
de naquadah ? on aurait pas pu attraper quelque chose dit Teal’c.
-J’y avais déjà pensé, mais on a mangé
la même nourriture et but la même eau que les prisonniers dit Daniel. Je ne
vois pas comment on aurait pu être empoisonné, et puis c’était à l’automne
dernier.
-Il faut cependant creuser cette piste
dit Sam, je pense que Teal’c a raison. Il faut en parler au général O’Neill.
Quelques
minutes plus tard ils retrouvèrent Jack dans la salle de briefing.
-Nous avons une petite piste mon
général, notre emprisonnement sur la planète d’Itzamna. Nous sommes restés
trois semaines, dit Sam, c’était amplement suffisant pour nous faire avaler quelque
chose à notre insu.
Sandra
Lassiter qui avait été invitée à participer au briefing prit la parole.
-J’ai le dossier de vos examens faits à
votre retour, à part un état physique lamentable, le docteur Bright qui vous
avait examinés à l’époque n’a rien noté dans ce sens. Vous ne vous souvenez de
rien ?
-Non hélas, dit Daniel, et nous étions
dans un tel état de fatigue et d’abrutissement qu’on aurait pu faire n’importe
quoi sans qu’on s’en aperçoive.
-Et vous colonel Carter demanda
Sandra ?
-Je suis comme Daniel. Nous n’avions
qu’un seul but survivre, cela annihilait tout le reste.
-Je suppose que pour vous, Teal’c c’est
la même chose.
-J’étais le plus en forme des trois,
mais je n’ai rien remarqué d’étrange. Nous étions plusieurs centaines de prisonniers , la nuit nous étions enfermés
dans des baraquements de dix environ, on ne voyait pas les gardiens la nuit,
donc ce n’est pas à ce moment qu’on aurait pu nous faire quelque chose.
Le
silence retomba chacun étant plongé dans ses pensées ou ses souvenirs.
-Je pense qu’on devrait fouiller un peu
plus du côté d’Itzamna dit Daniel. C’est le dieu des guérisseurs, il leur
enseignait la science des médicaments et des poisons.
-Vous ne l’avez pas vu durant votre
captivité ? demanda O’Neill.
-Je n’en suis pas sûr dit Daniel, j’ai
de vagues souvenirs. Un trône, un homme jeune très brun de peau, le regard
sombre,
-De longs cheveux noirs ajouta Sam, une
couronne d’or,
-Un spectre, avec un soleil compléta
Teal’c.
Ils
se regardèrent tous les trois, stupéfaits,
-Qu’est ce qui se passe ? dit
O’Neill vous l’avez vu ou pas ?
-Il semblerait que oui dit Teal’c
-On a peut être occulté nos souvenirs dit Sam.
-En fait je fais souvent un rêve assez
étonnant, dit Daniel. Dans ce rêve nous
sommes tous les trois à genoux devant le trône, Itzamna a l’air de nous
connaître très bien. J’entends parfaitement la voix de Sam dire qu’elle n’a pas
peur et que nous le battrons comme nous avons déjà vaincu plusieurs grands
maîtres. A cela Itzamna ricane et dit que c’est impossible car il nous a déjà anéanti
et que ce n’est qu’une question de temps.
Cette phrase revient dans tous mes rêves, mais ce n’est pas très clair.
-Docteur dit O’Neill, c’est de votre
ressort ces histoires de rêves.
-Je pourrais essayer l’hypnose pour
faire remonter les souvenirs dit-elle.
-Je suis d’accord dit Sam.
-Moi aussi dirent ensemble Daniel et
Teal’c.
-Bien conclut le général, la question
est réglée. Allez à l’infirmerie tous les trois.
Daniel
était confortablement installé prêt pour l ‘hypnose quand il ressentit un
violent frisson et il éternua à plusieurs reprises. Son front se couvrit de
sueur et son cœur s’accéléra
brutalement. Il se trouvait à nouveau au bord de l’évanouissement.
Pendant
ce temps Sam se trouvait dans son laboratoire, elle relisait leur compte rendu
de mission sur la planète d’Itzamna, quand de nouveau une violente douleur lui
transperça l’épaule la faisant suffoquer. De grosses gouttes de sueur perlaient
à son front tandis que son cœur s’emballait. Elle voulut se lever mais retomba
lourdement sur sa chaise, incapable de faire le moindre mouvement.
Teal’c
qui revenait du mess se dirigeait vers l’infirmerie pour la séance d’hypnose, quand un vertige
subi le déséquilibra, il ferma les yeux et alla s’affaler de tout son long dans
le couloir.
-Leur état est très préoccupant mon
général dit Sandra, leur fièvre est
beaucoup trop élevée et leur tension
s’effondre. Ils ne répondent pas aux médicaments. J’ai peur que l’on ait à
faire à un poison à retardement. Cette crise est plus forte que la précédente.
-Mais pourquoi sont-ils malades
exactement en même temps ?
-Je pense que c’est un poison qui doit
se déverser lentement dans leur organisme, à un rythme régulier.
-Vous n’avez pas trouvé de quel poison
il s’agit ?
-Non je regrette, mon équipe travaille
dessus en permanence. Je suis désolée
dit-elle en voyant le regard de Jack rempli d’inquiétude et de douleur.
Jack
était plongé dans ses pensées le front barré d’un grand pli vertical. Sa bouche
était serrée et ses mâchoires contractées. Après un instant de silence il
reprit :
-Il va falloir prendre les grands
moyens, lancer une expédition sur les possessions d’ Itzamna, et l’obliger à donner un contre poison, dit-il.
-Je ne vois pas comment, dit-elle, on
ne sait même pas où il est et ce serait chercher une aiguille dans une botte de
foin, et très dangereux général O’Neill.
-Ne vous occupez pas de cela docteur
rétorqua –t il en lui jetant un regard glacial, ce n’est pas de vos
compétences. Vous avez du travail au
laboratoire, il me semble ajouta
t-il sarcastique.
De
toute façon il faut tenter quelque chose, je me refuse à voir mourir mes amis.
pensa t-il.
-Mon général… dit Sam d’une voix
faible.
Il
s’approcha du lit de la jeune femme et son regard s’adoucit aussitôt.
-Carter, ne parlez pas vous êtes
épuisée.
-Je.. vais mourir, et …
Elle
s’arrêta au milieu de sa phrase, Jack était bouleversé, Sam avait le teint
terreux, elle semblait à bout de forces et à bout de souffle. Il s’assit sur le
bord du lit et tint sa main dans la sienne. Il caressa légèrement les doigts
glacés, puis la prenant dans ses grandes mains
essaya de la réchauffer.
-Je vous interdis bien de mourir
Carter ! c’est un ordre.
-Oui mon général dit faiblement la malade.
Je voulais… écoutez moi…
Jack
se pencha pour mieux saisir les mots qui s’échappaient des lèvres pâles de la
jeune femme.
-Vous ai entendu… avec le docteur… trop
dangereux … elle a raison. Itzamna trop cruel… faut rien tenter…. Laisser
mourir… le SGC…
Jack
savait bien qu’elle avait raison, c’était très dangereux de vouloir forcer
Itzamna dans son repaire et pourtant il avait pris sa décision, il irait. Rien
ne pourrait le faire changer d’avis, il faudrait juste trouver les bons moyens
pour que cette mission ne se transforme pas en suicide.
-Ne vous faites pas de soucis Carter,
on va trouver une solution, mais vous guérirez.
-A vos…ordres…
Epuisée,
elle ferma les yeux et s’endormit. Il la regarda dormir un instant, puis à
regrets s’éloigna du lit de la jeune femme. Il alla voir Daniel et Teal’c qui
étaient dans le même état.
Une
rage sourde l’empoigna, cette façon de faire la guerre le révoltait, s’attaquer
lâchement à quelqu’un par poison interposé était indigne d’un guerrier. Cet
Itzamna était un serpent répugnant, il se promit de le détruire.
O’Neill
fit venir Cathy O’Donnell, l’assistante
de Daniel et le professeur Lee. Ils se
réunirent tous les trois dans le bureau de Jack.
-O’Donnell, savez-vous combien de planètes possède
Itzamna ?
-Il y a Tegucigalpa, répondit la jeune
femme, la planète où SG1 est partie en mission en octobre dernier, Yutacan la
planète mère du dieu, une planète sans naquadah. Il possède également P9N543,
et P7H523, où ils ont été fait
prisonniers.
-Que pouvez-vous me dire d’autre sur ce
Goa’uld ? est-il puissant ?
-Il n’a pas rang de grand maître
dit-elle ce qui veut dire qu’ils ne possède pas une armée de jaffas assez
puissante pour soutenir une guerre. Il a été par le passé en butte à des
Goa’ulds plus puissants que lui.
La
jeune archéologue parlait sans chaleur, avec une précision toute technique.
Elle connaissait bien son sujet et développa un long exposé devant le général
O’Neill qui était suspendu à ses lèvres. Il regrettait de n’avoir pas ou mal écouté le topo qua Daniel avait fait
sur Tegucigalpa et le Dieu Maya.
Elle
retraça la vie du dieu, les évènements connus dans la mythologie maya.
Itzamna était une importante divinité du panthéon
Maya. Il était le fils d’Hunab le créateur. Il était le dieu du Ciel, de la
Nuit et du Jour. Dans ces deux dernières fonctions, il était étroitement lié à
Kinich Ahau, le dieu du soleil, "le seigneur de l'Oeil du Soleil",
que l'on adorait particulièrement à Izamal, au nord du Yucatan, et à Ix Chel la
déesse de lune dont il était sans doute l'époux. Il avait inventé l'écriture,
les livres et établi les cérémonies religieuses. Il a donné le nom aux diverses
contrées du Yucatan. Il enseignait la médecine aux guérisseurs. C'était une
divinité bienveillante qui était plutôt adoré par les classes riches de la
société. Itzamna était l’objet d’un culte, au début de chaque année : on lui
sacrifiait un chien voire un homme. Le sacrifié était précipité du haut d’une
pyramide. Une fois au sol, on lui arrachait le coeur pour en faire l’offrande
au dieu.
-Un dieu bienveillant ? Ce n’est pas l’impression
que ça donne jusqu’à présent dit O’Neill en haussant les sourcils.
-Ce dont je
vous parle c’est ce que dit la mythologie Maya. Maintenant le Goa’uld Itzamna
peut être très différent. Il possède les caractéristiques générales du dieu , mais le côté mégalomane du Goa’uld en fait
un personnage très distinct du dieu d’origine. L’abus du sarcophage a fait le reste. C’est le cas de tous les
Goa’ulds.
-Vous pensez qu’il est sur la planète Yutacan ?
demanda O’Neill.
-D’après ce que j’ai compris c’est son lieu de
résidence habituel. Cependant il lui arrive de séjourner sur ses autres
possessions.
-On a plus de chance de le trouver sur Yucatan ?
-Oui, général O’Neill répondit la jeune femme.
O’Neill se tourna vers le professeur Lee.
-Au
niveau technologique a-t-il des points faibles que nous pourrions exploiter ?
-Il
possède les mêmes technologies que les grands maîtres Goa’uld. A savoir tout le
technologie dérivée du naquadah. Il a cependant un atout, il est comme Nirti,
un scientifique et un expert dans l’art
des poisons et des contrepoisons. Il a beaucoup voyagé dans toute la galaxie et
serait venu sur terre il y quelques siècles,
et il s’est parait-il inspiré de Cosimo Ruggieri, l’astrologue de
Catherine de Médicis. Il aurait retrouvé de vieux grimoires appartenant au
grand savant, c’était une sorte
d’éminence grise , un astrologue de talent, un maître dans la science des
poisons, sans qui Catherine de Médicis n’aurait jamais pu avoir autant de
pouvoir sur ses ennemis.
-Je
vois, je vous remercie tous les deux, dit-il en leur faisant signe de sortir.
Il resta seul un moment à réfléchir. Il fallait
établir une stratégie très serrée, un plan d’attaque imparable, un piège dans
lequel Itzamna tomberait.
A l’infirmerie Sam reprenait conscience. O’Neill était
resté à son chevet. Il était fatigué et s’était endormi sur la chaise, la tête
penchée. Il sursauta quand l’infirmière s’approcha du lit.
-Vous
devriez vous reposer mon général dit-elle à voix basse pour ne pas fatiguer la
malade.
-Je vais
bien dit-il, en passant la main sur les muscles endoloris de sa nuque.
Sam ouvrit les yeux et le premier visage qu’elle vit
fut celui de Jack. Une étincelle s’alluma dans son regard, vite éteinte par la
douleur et l’épuisement. il lui sourit
vaillamment malgré son inquiétude.
-Alors
Carter ! on a encore fait un gros
dodo !
-Fatiguée
dit-elle, avec un semblant de sourire.
O’Neill composa le numéro de Sandra Lassiter
-Elle
est réveillée dit-il.
Sandra lui fit
un examen rapide, par discrétion O’Neill
s’éloigna du lit.
-J’ai
toujours très mal dans mon épaule, dit Sam.
-Je
sais, répondit Sandra, je peux vous
donner des calmants si vous voulez .
le regard des deux femmes s’accrochèrent.
-Vous
n’avez toujours rien trouvé dit Sam faiblement, ce n’était pas une question
qu’elle posait mais plutôt une évidence.
Sandra lui essuya les gouttes de sueur qui perlaient
sur son front.
-Malheureusement
non. Mais nous continuons à chercher. Tous les techniciens du labo travaillent
d’arrache pied jour et nuit.
Sam avait compris depuis longtemps qu’elle et ses amis
étaient condamnés. Seul Itzamna pourrait faire quelque chose pour eux. Mais
pourquoi le ferait-il ? Son but était de les tuer pas de les sauver. La fièvre de Sam avait un peu baissé, mais le docteur Lassiter ne se
faisait pas beaucoup d’illusion.
L’état de Daniel et de Tea’lc s’améliorait aussi lentement. C’était
incompréhensible. Sandra se sentait totalement dépassée. Elle avait pourtant
fait appel aux meilleurs spécialistes des poisons, les archives de la base avaient été pillées, à la recherche du
moindre indice, toutes les connaissances accumulées depuis sept ans avaient été examinées
soigneusement. Mais en vain.
-Ils vont mieux mais ce n’est qu’une rémission dit
Sandra au général O’Neill. La prochaine fois, hélas….
Cela conforta Jack dans l’idée qu’il fallait faire
quelque chose et très vite.
Jack avait décidé qu’ils partiraient tous les quatre.
Il fallait profiter d’un répit dans la maladie de ses amis pour agir. Il
s’était écoulé une dizaine de jours
entre les deux accès de fièvre et de douleur. C’était largement suffisant, même
s’il n’y avait aucune certitude quant au moment de la crise suivante.
Yucatan était leur destination. Ils attendaient
l’ouverture de la porte dans la salle d’embarquement. Un moment comme autrefois quand ils allaient
tous en mission ensemble, réunis comme les doigts d’une seule main. Ils
auraient savouré cet instant s’il n’y avait pas eu l’épée de Damoclès suspendue
au dessus de leur tête.
L’atmosphère était
chargée d’émotion car les
voyageurs étaient bien pâles et bien fatigués pour faire un tel déplacement.
O’Neill devant les risques encourus avait souhaité partir seul avec eux.
Pourtant de nombreux volontaires s’étaient proposés pour les accompagner. Le
général avait refusé tout net.
-Si nous
ne revenons pas, le projet Porte des Etoiles doit continuer sans nous. Vous
aurez un nouveau commandant et vous devrez poursuivre votre travail, accomplir
votre devoir qui est de lutter contre les Goa’ulds et défendre la terre contre toutes les
attaques possibles et inimaginables.
Chacun
était à son poste, le vortex brillait de sa lueur bleue, dans la salle
d’embarquement tout était prêt. Sam ne tenait debout que par la seule force de
sa volonté, O’Neill la prit par la taille et la soutint la serrant bien fort
contre son flanc. C’est ainsi que l’un soutenant l’autre, ils passèrent la
porte. Daniel et Teal’c partis avant eux les attendaient de l’autre côté.
Planète Yucatan Avril 2005
C’était
une belle journée de printemps sur Yucatan, un vent léger et tiède soufflait
dans les ramures d’une végétation luxuriante. Des fleurs, des plantes à
profusion, un magnifique ciel bleu.. C’était un paysage idyllique qui invitait
au repos et à la détente.
Le
temple du dieu était situé à trois
kilomètres de la porte. Ils
avançait lentement. Sam et Daniel étaient fatigués. Teal’c avec sa force
naturelle réagissait mieux et pouvait même aider Daniel.
Jack
n’avait pas lâché Sam. Il la tenait toujours contre lui.
-Daniel ? vous êtes sûr de la
direction demanda t-il après une heure de marche.
-Oui, absolument sûr, seulement nous
n’allons pas vite du tout dit-il essoufflé par le moindre effort.
-Bon, je propose qu’on fasse une pause
dit Jack. Vous avez tous l’air au bord de l’évanouissement.
Ils
s’assirent par terre lourdement et Teal’c tira une gourde d’eau de son sac.
-Tenez colonel, buvez un peu dit-il à
Sam.
Elle
but avidement quelques gorgées.
-Merci Teal’c, j’avais très soif.
-Il faut dire aussi qu’il fait
chaud dit O’Neill en s’épongeant.
La
chaleur avait augmenté de quelques degrés en une heure, le deuxième soleil
était apparu et au fur et à mesure
qu’ils avançaient il y avait de moins en moins de végétation.
Ils
parlaient de tout et de rien pour combler un silence qui les gênait. Pour
oublier pendant quelques minutes
pourquoi ils étaient là. Pour recréer quelque peu l’ambiance de leurs
missions d‘autrefois quand ils étaient tous ensemble dans SG1.
Il reprirent leur route au moment où le
troisième soleil se levait à l’horizon. Il était énorme et sa lumière rasante jetait un éclat
rougeâtre sur le paysage devenu tout à coup beaucoup plus clairsemé.
-Je
n’y comprends rien dit Sam, on est sur une planète tropicale ou
désertique ?
-Je
pense que la porte est située dans un oasis dit Daniel.
-Cela
ne ressemblait pas à un oasis, mais plutôt à un jardin luxuriant. Le palais du
dieu devrait être près de la porte et pas dans ce désert.
La chaleur maintenant était accablante,
ajoutée à la fièvre des trois amis, il leur semblait dériver dans un monde de
chaleur et de couleur où rien ne paraissait réel, où les mirages succédaient
aux mirages et où leur esprit s’enfonçait de plus en plus dans la confusion et
le doute.
O’Neill les voyait sombrer, il fallait
qu’il ait de la clairvoyance pour quatre, mais lui-même se sentait un peu
perdu, et la douleur de son dos le reprenait. Le fait de porter à moitié Sam
n’y était sans doute pas étranger.
Ils s’étaient à nouveau laisser tomber sur
le sol, épuisés.
Jack prit les choses en main.
-Arrêtez
de parler leur dit-il, il faut nous concentrer sur ce temple et y arriver le
plus vite possible c’est notre seule chance de survie. Allez courage on se
remet debout.
Et comme ils réagissaient mollement à ses
ordres, il les bouscula, les forçant à se relever, il les prenait par le bras,
-Allez !
On se lève ! il faut y aller,
Devant leur manque de réactions, il cria encore plus fort :
-
C’est un ordre !
Par la force de l’habitude en entendant
leur chef les commander ils se levèrent et reprirent leur marche forcée, il
restait plusieurs centaines de mètres, quand O’Neill aperçut le sommet d’une
pyramide dans le lointain.
-C’est
là, courage on y est presque, cria t-il.
Ils avançaient un pas puis un autre,
véritable chemin de croix vers une liberté toute proche ou peut être tout
simplement la mort.
Le doute s’insinuait dans l’esprit de Jack.
Pourquoi le dieu les guérirait-il ? Que demanderait-il en échange ?
Pourrait-on le satisfaire suffisamment pour qu’il accepte de les soigner ?
La pyramide était là devant eux, une
immense construction faite dans une pierre brune. A côté le palais d’Itzamna.
Après leur traversée du désert c’était comme s’ils étaient arrivés au paradis.
La chaleur était intense mais il y avait de l’ombre procurée par des arbres.
C’était un oasis identique à celui de la porte. Un ruisseau coulait à quelques
mètres du temple, ils plongèrent avec délice leurs mains dans l’ eau fraîche et
s’aspergèrent le visage chassant la chaleur et la poussière du voyage.
Les jaffas fondirent sur eux avant qu’ils
ne soient relevés. Ils les remirent debout brutalement et sous la menace de
leur lance ils les conduisirent à l’intérieur du palais.
On les enferma dans une pièce et le bruit
de la clé tournant dans la serrure sonna pour eux comme un glas. Ils étaient
prisonniers. On leur avait laissé leurs affaires mais pas leurs armes, et pas une parole n’avait été prononcée.
O’Neill ouvrit son sac et sortit des
médicaments. Sandra Lassiter l’avait briefé
avant le départ. Il prépara une seringue pour chacun et fit la piqûre à
Daniel et à Teal’c en premier. Quand il s’approcha de Sam il vit qu’elle
s’était évanouie. Il lui fit aussi sa piqûre et l’appela doucement, puis il lui
donna de petite claques sur le visage pour la faire revenir à elle. Elle ouvrit
ses paupières lourdes de fatigue et s’épuisement.
-Ça
va dit-elle en voyant penché sur elle le visage inquiet de son supérieur. C’est
juste l’épuisement.
Elle voulut se lever mais il l’en empêcha.
-Ne
bougez pas, dit-il.
Il l’aida à s’asseoir le long d’un mur, et
elle resta un moment immobile sans bouger le temps que le médicament agisse.
O’Neill était désemparé, il ne voulait pas
le montrer à ses amis, mais personne n’était dupe. Leur voyage ne se déroulait
pas comme prévu. On les avait enfermés, peut être allait-on les laisser croupir
dans cette pièce, et crever comme des bêtes. Le silence était pesant, Jack
aussi était fatigué, chacun se renfonça dans ses sombres pensées, ne voulant
pas prononcer un mot de plus de peur de dire l’irréparable.
Au bout de plusieurs heures Jack se leva,
il se mit à arpenter la pièce d’un long pas furieux. Il grommelait incapable de
se contenir plus longtemps. Il tapa à grand coups de poings et de pieds dans la
porte qui ne bougea pas d’un centimètre.
Une semaine plus tard rien n’avait changé,
sauf leurs corps qui s’épuisaient de plus en plus. Jack était terrifié par son
impuissance. Une colère permanente l’animait. Le dieu cruel l’obligeait à
regarder mourir ses amis. Il venait de leur faire la dernière injection de
morphine. Il glissa les dernières gouttes d’eau entre les lèvres desséchées de
Sam. Lui-même avait arrêté de boire la veille, gardant le précieux liquide pour
ses amis qui en avaient besoin plus que lui. les rations étaient épuisées. Bientôt ce
serait la mort. Jack se dépensait sans compter pour eux, il s’évertuait à les
empêcher de sombrer, ils les maintenait éveillés dans la journée, en leur
parlant, en les secouant, en leur inventant des histoires pour les faire tenir,
en leur faisant croire que les jaffas lui avaient dit que le dieu était en
voyage et reviendrait le lendemain. Ils répondaient par monosyllabes, croyant
tout ce qu’il voulait bien leur raconter, la fièvre leur brouillant
l’entendement.
Dix jours après leur arrestation les trois
amis étaient à nouveau aux portes de la mort. D’après ce qu’avait dit
Sandra la troisième attaque leur serait
fatale. Ils étaient allongés tous les trois à même le sol la tête soutenue par
leur veste roulée en boule. Plus loin Jack dormait épuisé par ce combat
incessant et perdu d’avance. Il dormait mais les sens toujours en éveil, le
moindre gémissement le retrouvait à genoux au chevet de l’un ou de l’autre. Il
essuyait la sueur des fronts, mais ne pouvait rien faire de plus.
Ce jour là était différent des autres
jours, il y avait du bruit à l’extérieur. Le soupirail étant trop haut il ne
pouvait pas voir dehors, il attendit le coeur battant à tout rompre. La porte
s’ouvrit à la volée, et les jaffas qui vinrent les chercher ne furent pas
étonnés de voir les trois personnes
allongées sur le sol, immobiles. Un jaffa fit signe à O’Neill de le
suivre tandis que les autres prenaient dans leur bras les malades.
O’ Neill ne vit rien de la splendeur du
palais d’Itzamna, des hauts plafonds décorés, des fresques courant le long des
murs, des immenses salles ornées et richement meublées, des tentures
colorées, couvrant les pierres. Non il
ne vit rien de tout cela, pour la première fois de sa vie, il avait hâte de
voir un Goa’uld. Jamais il ne s’était senti aussi impuissant ni aussi humilié.
Il était dans une position de faiblesse insoutenable et il détestait cela.
Pourtant il savait que pour ses amis il était prêt à tout, même au pire.
Itzamna était assis sur un trône en or.
Trois marches conduisaient à ce siège monumental, sur chacune de ces marches
une jeune fille toute de blanc vêtue, telle une sorte de vestale qui tenait dans
la main un flambeau allumé, hommage au dieu du jour et qui éclairait le trône
d’une lumière blanche et presque éblouissante pour le prisonnier qui venait
d’un sombre cachot.
En d’autre temps O’Neill aurait
ricané devant tant d’arrogance, là il ne dit rien se contentant de regarder le
dieu droit dans les yeux.
-Prosterne-toi !
cria celui-ci.
On le poussa et il tomba sur les genoux
avec un gémissement.
Quelques instants de silence passèrent
tandis que le dieu regardait les trois corps étendus au pied du trône.
-Jack
O’Neill dit Itzamna de sa voix rauque tandis que ses yeux s’illuminaient. Tu
sais que ta réputation est grande dans toute la galaxie.
Il s’arrêta un instant et jetant un regard
aux formes immobiles sur le sol
-Je
vois que c’est une réputation surfaite ! dit-il en prenant plaisir à
saisir dans l’œil d’O’Neill la rage et la colère.
-Voilà
enfin devant moi, le chef de la Taur’i ajouta t-il d’un air satisfait, en
croisant ses bras sur sa poitrine. Il avait l’air rusé d’un fauve guettant sa
proie.
O’Neill ne le contredit pas, il n’ était
pas le chef de la Terre, mais si le dieu voulait le croire, peut être que cela
pourrait faire son affaire.
-Pourquoi
es-tu venu jusqu’ici ?
-Pour
eux, dit Jack en montrant d’un mouvement de la tête, les formes étendues.
Le dieu parut surpris , un sourire cruel
sur les lèvres il reprit :
-Et
qu’est ce qui te fait croire que je peux quelque chose pour eux ?
-Tu
les as empoisonnés, tu peux les guérir !
Itzamna parut surpris, ces terriens étaient
décidément très forts, comment avaient-ils su ? il posa la question à O’Neill.
-On
est plus malin que tu ne le penses dit Jack en relevant la tête et en plongeant
son regard au fond des yeux du dieu.
-Ah
oui, tu crois cela ! Je n’en suis pas si sûr !
-Naturellement
puisqu’on est là ! répliqua Jack
sans se démonter.
Le dieu pencha la tête vers l’arrière et
partit d’un formidable éclat de rire qui roula sous les voûtes longtemps après
que le dieu se fut tu.
Jack se troubla, où voulait en venir ce
maudit Gao’uld ? Cette conversation
était une perte de temps, pendant ce temps là ses amis étaient à l’agonie.
-Peux-tu
les sauver ? dit-il d’un ton las.
A cette question le visage du dieu se
figea, il descendit de son trône et prenant Jack par le bras il le fit se
lever. Il le regarda un long instant en
silence. L’homme était sale, avec une barbe de dix jours, les vêtements
froissés, le visage creusé par la fatigue et l’angoisse, et pourtant dans cet
homme déchu, Itzamna trouva une force et une énergie incroyable. Au fond de lui
il devait bien reconnaître que la réputation de cet homme n’était pas usurpée.
Naturellement il ne le dit pas et se contenta de l’observer en silence. Les
deux protagonistes étaient de taille égale, et s’affrontaient du regard en
silence. Jack soutint sans ciller le regard cruel et ironique d’Itzamna.
-Pourquoi
les sauverai-je ? dit-il à voix basse. J’ai semé la mort en eux, dans le
seul but de les détruire, et par là même
je t’atteins.
Le dieu non sans finesse avait trouvé ce
qui faisait le plus souffrir Jack, voir mourir ses amis sans pouvoir rien faire.
-je
les laisse mourir sous tes yeux, et je
ne te tue pas. Je te laisse vivre avec ce souvenir qui empoisonnera ton
existence jusqu’à la fin de tes jours, et t’ôtera ta force de guerrier. Ce sera
la fin de ta planète. Dans quelques temps je pourrais l’envahir, elle sera sans
défenses. N’est ce pas que c’est un joli
plan ? dit le dieu en tournant autour de Jack.
Celui-ci restait immobile se retenant de
toutes ses forces pour ne pas sauter à la figure de cet arrogant. Mais ce
serait une bien piètre victoire, indigne de lui, et des responsabilités qui lui
incombaient.
-Qu’est
ce que tu demande en échange ? dit Jack d’une voix sourde.
-Tu
es prêt à négocier ?
Jack dut se forcer, mais le oui qui sortit
de ses lèvres était presque inaudible.
-Je
n’ai pas bien entendu , redit –le plus fort.
-Oui,
hurla t-il les traits déformés par la colère. Il ne savait pas s’il tiendrait
longtemps car son cœur était sur le point d’exploser de rage et de douleur
contenues.
-Et
que proposes-tu en échange de leur vie ?
-Je
veux savoir d’abord si tu as le contrepoison et si tu peux les guérir.
-Oui,
je le peux, dit le dieu en sortant une petite fiole de sa poche. Avec cela quelques
gouttes sur leur lèvres et dans une
semaine ils sont guéris. Dans ce flacon il y en
a juste assez pour eux trois, dit Itzamna sans lâcher du regard les yeux
sombres d’O’Neill.
Jack eut une pensée étrange à ce moment là,
son cœur rata un battement il lui avait semblé que le ton du dieu avait changé
et se faisait plus menaçant, plus inquiétant. Il eut l’intuition que quelque
chose de terrible allait se passer. Il frissonna, mais se reprit. Ne pas se
troubler devant le Goa’uld était pour l’instant la chose la plus importante à
faire. Ne pas lui faire voir la peur qui
lui étreignait les entrailles. Il se
raidit, et parla d’une voix ferme, avec un aplomb qu’il était bien loin
d’éprouver.
-C’est
d’accord. Je te propose un échange. Leur vie contre la mienne.
Le dieu éclata d’un rire tonitruant et
insultant.
-Ta
vie ? redit –il, il m’en faut beaucoup plus.
-Et
pourtant, je suis le chef de la Tauri dit Jack, si je suis retenu prisonnier
les miens chercheront à me retrouver.
-Je
te garde et je laisse ceux-là ? c’est bien ça ? Ce n’est pas un marché
égal que tu me proposes.
-Si
je suis leur chef dit Jack, ils m’obéissent en tout.
-Ce
sont tes esclaves ?
-Pas
vraiment, mes amis plutôt, mais sans moi, ils sont perdus, et n’ont plus de
force. Jack s’en voulait un peu de proférer d’aussi gros mensonges, mais
personnes n’étaient là pour le contredire, il espérait seulement que le dieu
mordrait à l’hameçon.
-Que
ferais-je de toi ? Que m’apporteras-tu ?
-Je
suis un guerrier tu l’as dit tout à l’heure, le chef de ma planète, je peux commander efficacement une de tes
armées. Je peux devenir ton bras droit.
-Il
faudrait d’abord que tu gagnes ma confiance dit le dieu, je ne vais pas te
mettre à la tête de mes armées d’emblée.
-Naturellement
dit Jack, furieux contre lui, il ne fallait pas brûler les étapes, il se maudit
intérieurement. Mais il n’était pas un bon négociateur, c’est Daniel qui aurait
dû être là à sa place si la maladie ne l’avait pas rongé au point de le rendre
inconscient.
Le dieu reprit imperturbable.
-Pour
que tu sois le chef de mon armée, il faudrait d’abord que tu deviennes un hôte.
Jack frissonna, le cœur au bord des lèvres,
il avait pensé à tout sauf à ça. Que le dieu veuille faire de lui un vilain
serpent. Et pourtant c’était logique, il ne pourrait pas avoir confiance e un
humain, mais en un serpent, oui. S’il le choisissait fidèle et obéissant.
-Je
vais réfléchir à ta proposition, reprit le dieu, sans s’apercevoir du trouble
de Jack. Pour le moment tu feras tes
preuves dans la mine, tu prononceras un serment d’allégeance envers moi, la
plus petite des trahisons et ce sera la mort dans d’horribles tourments et tu
auras droit au sarcophages autant de fois qu’il me plaira.
D’un geste le dieu fit signe aux jaffas de
les emmener. On les conduisit dans une autre salle du palais. Il y avait trois
lits, des sortes de nattes sur le sol,
sur lesquelles les jaffas allongèrent les trois malades.
Quelques minutes plus tard, un homme fit
son entrée. C’ était un vieillard à la barbe blanche, ses longs cheveux étaient
nattés et retombaient de chaque côté de son visage.
-Qui
êtes-vous ? demanda O’Neill.
-Je
suis médecin, le dieu ma donné un médicament pour vos amis pour qu’ils tiennent
le temps qu’Itzamna réfléchisse à votre proposition.
Jack s’allongea à même le sol. Il ne
parvenait pas à dormir malgré son épuisement. Devenir un goa’uld, le pire pour
lui qui haïssait les serpents plus que tout. Tout son être se révoltait à cette
idée. Et pourtant il était prêt au sacrifice suprême pour sauver ses amis. ELLE
ne pouvait pas mourir ici, sur cette planète, en raison de la mégalomanie et de
la cruauté d’un seul. C’était impossible . Elle était jeune et belle. Elle
avait la vie devant elle, elle ne méritait pas de mourir maintenant dans d’
atroces souffrances.
Il se releva et alla s’allonger près
d’elle. Il prit sa main glacée dans la sienne et finit par trouver le sommeil, le
cœur en paix après avoir pris sa décision. Il accepterait tout, pourvu que le
dieu les guérisse.
Le lendemain Jack, seul fut conduit dans la
salle du trône. Le dieu faisait les cents pas dans la pièce. Il était seul.
Plus de vestales ni de gardes. Il fit un signe et le jaffa s’éloigna.
Les deux hommes étaient face à face.
-J’ai
pris ma décision dit le dieu, ton marché me convient. Je vais les soigner et te
garder.
Jack hocha la tête en silence. Il était
très calme en apparence et Itzamna fut impressionné par une telle maîtrise de
soi.
-Tu
m’obéiras en tout ?
-Oui,
dit Jack, mais avant je veux que tu les soignes. Je veux les voir partir par la
porte des étoiles, debout sur leurs deux pieds et en bonne santé.
-C’est
entendu dit Itzamna.
Il frappa dans ses mains :
-Allez
me chercher les trois malades et amenez-les ici, dit-il au garde accouru à son appel.
Quand Daniel, Tea’lc et Sam furent couchés
au milieu de la pièce, le dieu sortit la fiole de sa poche, et en versa
quelques gouttes sur les lèvres des mourants. Il se releva et montre le petit
flacon à jack.
-Tu
vois, il est vide dit-il.
A nouveau Jack frissonna comme la veille.
Peut être avait-il eu tort de faire confiance au dieu, mais de toute façon,
c’était trop tard.
Il haussa les épaules et dit seulement.
-Ils
vont guérir ?
-Dès
ce soir ils iront mieux. Mon médecin prendra soin d’eux, et de toi dit-il en
jetant un regard méprisant vers Jack. Tu ne fais pas honneur à ton Dieu !
On les emmena dans une chambre confortable
du palais. Tea’lc reprit conscience le premier, puis ce fut Sam et enfin
Daniel.
Ils étaient très faibles mais la douleur
avait considérablement diminué.
-Que
s’est-il passé ? demanda Daniel faiblement.
-Mon
idée était la bonne dit Jack, nous avons bien fait de venir sur cette planète.
Itzamna vous a donné à tous les trois le contrepoison.
Daniel ne réagit pas, encore trop faible
pour penser correctement. Mais les questions viendraient plus tard. Tous les
trois voudraient savoir ce que Jack avait promis en échange de leur guérison.
On avisera à ce moment là pensa t-il. Il
lui faudra sûrement faire le plus gros mensonge de sa vie et il espérait que ses amis ne seraient pas
assez forts pour se rendre compte des couleuvres qu’il leur ferait avaler.
Sam se releva lentement, elle s’assit sur
la paillasse et regarda autour d’elle.
-Mon
général ?
-Oui,
je suis là Carter, reposez-vous, vous êtes encore faible, dit-il en s’éloignant
pour couper court à toute question.
Trois jours plus tard, bien soignée et bien
nourris, ils purent se lever et firent leurs premiers pas hésitants. Jack était
heureux pour eux. Tout se passait au mieux.
-Que
lui avez-vous promis mon général demanda Sam qui se doutait bien que l’échange devait
être important.
O’Neill ne répondit pas. Elle insista, mais
se fit rabrouer.
-Colonel,
dit-il sèchement, je ne suis pas obligé de vous répondre. Ne me posez plus de
questions.
Et comme Daniel ouvrait la bouche
-Cela
vaut aussi pour vous Daniel, dit O’Neill abruptement. Il fit du regard le tour
des trois visages, et son cœur se serra, il allait devoir les laisser partir,
en espérant que le dieu tienne sa promesse.
Il
décida qu’il était temps pour eux de s’en aller, ils étaient
suffisamment forts pour faire les quelques kilomètres les séparant de la porte.
-Garde
dit-il, je veux voir Itzamna.
Le garde s’inclina devant Jack à la grande
surprise de Sam.
-Ils
peuvent partir, ils sont suffisamment forts
dit O’Neill sans attendre que le dieu lui adresse la parole.
-C’est
d’accord dit Itzamna.
Jack qui pensait devoir batailler très fort
en resta coi. Cela fit sourire le dieu.
-Je
tiens ma promesse, ils peuvent partir, mais toi tu restes.
-Oui,
je sais dit O’Neill. Ils peuvent partir maintenant ?
-Oui,
je t’accorde même une dernière faveur, tu peux les accompagner. Mais attention
pas de traîtrise ! Je ne veux pas te tuer !
Si O’Neill avait au fond de lui espéré
qu’en faisant un coup d’éclat il se ferait tuer, il en était pour ses frais. Le
dieu préférait le voir transformé en Goa’uld plutôt qu’en homme mort. Et puis de toute façon c’était une idée
stupide, il y avait le sarcophage.
-Je
vous accompagne, car tout de suite après leur départ nous partirons pour
Tegucigalpa, dit Itzamna.
Entourés de jaffas ils se dirigèrent
tous vers la porte des étoiles. Sam,
Daniel et Tea’lc marchaient devant. O’Neill suivait , puis le Goa’uld, et sa
garde rapprochée.
Daniel sur un signe d’O’Neill fit les
coordonnées d’une planète alliée. Le vortex s’ouvrit. Il leur fit signe de
partir.
Sans méfiance Daniel et Teal’c passèrent
mais Sam se doutait de quelque chose :
-Vous
venez monsieur ? dit-elle.
Il fit oui de la tête, et parla d’une voix
qui se voulait aussi calme que possible -Allez-y
Carter, j’arrive.
Mais Sam connaissait bien son général et
son faux air tranquille ne la détrompa pas. Elle lui jeta un regard désespéré,
il lui fit un geste impérieux, leur regard s’accrochèrent. Elle avait compris
mais ne pouvait rien dire. Avec un sanglot elle lui fit un dernier signe de la
main et passa le vortex à reculons pour le voir jusqu’à l’ultime seconde. Au
moment où elle disparaissait il eut le courage de lui sourire une dernière
fois, en lui faisant signe que tout allait bien, qu’elle ne devait pas s’inquiéter.
Arrivée de l’autre côté elle hurla :
-Il
s’est sacrifié pour nous, Daniel ! Teal’c ! il a donné sa vie pour nous, il est resté
là-bas ! C’était ça le marché qu’il a passé ! je n’ai rien compris du
tout, j’aurai dû le savoir.
Elle sanglotait sans pouvoir s’arrêter. Ses
forces la trahirent et ils la reçurent dans leur bras.
-Vous
savez Sam vous n’auriez rien pu faire dit Daniel en l’allongeant sur l’herbe
près de la porte. Il nous a fait taire.
-Quand
même je m’en veux.
-Vous
étiez encore très faible colonel, je crois que vous n’avez aucun reproche à
vous faire.
Base de Cheyenne Mountain avril 2005
Le général Hammond les accueillis au pied
de la rampe d’embarquement. Avant de partir Jack lui avait demandé de garder la
base en son absence. Il avait accepté bien volontiers et maintenant il les
attendait.
-Où
est le général O’Neill ? demanda t-il d’une voix blanche en les voyant revenir seuls.
Ils ne répondirent pas, le vieux général
comprit à leurs visages fermés que Jack était sinon mort, du moins perdu pour
eux.
-Allez
à l’infirmerie dit-il d’une voix sourde. Le docteur Lassiter va vous examiner.
-Je
vois que vous allez beaucoup mieux dit Sandra.
La santé de Sam, Daniel et Teal’c était
bien meilleure, apparemment ils étaient totalement guéris.
-Il
vous faut encore un peu de repos, dit-elle. Une semaine devrait suffire. Ils ne
parlaient pas, ils ne le pouvaient pas. Le chagrin les étreignait, et ils
redoutaient le briefing qu’ils auraient bientôt avec le général Hammond.
Planète Yucatan Avril 2005
Le premier jaffa d’ Itzamna composa un code
sur le cadran de la porte. O’Neill
était resté en retrait entouré d’un groupe d’une dizaine d’hommes.
Le dieu fit signe à O’Neill de passer le
vortex. Il obtempéra la mort dans l’âme. Il disait pour toujours adieu à sa vie
d’antan. Il n’y aurait pas de recours
possible pour lui, puisque personne ne saurait sur quelle planète il avait été fait prisonnier.
Le paysage était radicalement différent sur
Tikal, une autre possession d’Itzamna. Quand il franchit la porte Jack eut
l’impression de pénétrer dans les bouches de l’enfer tellement la chaleur était
irradiante et suffocante. Il se retrouva immédiatement en nage après
seulement quelques pas. Le palais était
très proche à quelques centaines de mètres dans un désert de sable brûlant.
Encore plus chaud qu’Abydos pensa Jack.
Itzamna marchait devant en tête du cortège
de ses jaffas. Il ne semblait pas incommodé par la chaleur,
C’est alors que deux chasseurs de la mort
passèrent à ce moment dans le ciel avec un bruit d’enfer. Ils furent suivi de
plusieurs autres,
-Tous à couvert hurla le prima.
Ils
n’eurent pas le temps d’aller bien loin, un déluge de feu s’abattit sur le
petit groupe. Ce fut tout de suite la confusion, des jaffas essayèrent de tirer
sur les chasseurs mais ceux-ci plus rapides s’éloignaient déjà à grande
vitesse. On entendit dans le lointain des bruits d’explosion, des cris, des
hurlements, puis une lueur jaillit, le
palais du dieu était la proie des bombes et des flammes.
Une
attaque en règle pensa O’Neil, qui
s’était mis à couvert . Mais de qui ? il n’avait nulle envie de le savoir.
L’attaque
avait été si brutale et si imprévisible que le dieu n’avait pas eu le temps de
se protéger avec son bouclier personnel. Sa blessure était très grave, il avait
perdu beaucoup de sang, son symbiote ne le guérirait pas. Mais Jack pensa qu’il
ne fallait prendre aucun risque. Il s’empara du zat d’un jaffa mort et il leva
son arme. Il fut stoppé dans son élan par la voix du dieu.
-O’Neill dit-il d’une voix faible. Ecoute
moi !
Jack
ne voulait pas s’attarder, les jaffas du nouveau maître de ses lieux n’allaient
pas tarder à arriver. Il fallait partir et vite
-Tu ne veux pas savoir ce qui s’est
passé ? dit Itzamna arrêtant de justesse par ces mots le bras armé.
-Non, cela ne m’intéresse pas.
-Tu devrais pourtant, cela devrait te plaire.
Il
sentait que le Goa’uld cherchait à gagner du temps, mais malgré lui il resta,
une partie de lui voulait savoir ,la curiosité fut la plus forte, et puis cela
pourrait intéresser Carter pensa t-il.
-Je t’écoute dit-il mais en restant à
une distance respectable du Goa’uld à terre.
Celui-ci
était très faible et n’avait plus la force de se servir de son arme de poing.
Jack la lui enleva pour plus de sûreté et la mit dans sa poche.
Son
cœur battait à grands coups, il ne voulait pas rater l’occasion de partir, des
jaffas pouvaient arriver d’une seconde à l’autre. Bien que sa raison lui dise de s’en aller immédiatement, il resta figé, l’œil rivé sur
le visage de l’homme à terre. Il avait le sentiment d’être au bord du gouffre
et que le Goa’uld avait encore bien des surprises pour lui.
Aucune
émotion ne passait sur le visage de Jack mais il était attentif à chacun des
mots sortant de la bouche du mourant. Jamais il n’aurait imaginé une telle
duplicité et une telle cruauté chez Itzamna.
Les mots sortaient de plus en plus difficilement, son récit était
hachuré , entrecoupé de silences, mais
Jack entendait distinctement chacune de ses paroles qui se frayait un passage
brûlant jusqu’à lui.
Il
pâlit, ne pouvant en supporter davantage, il se dirigea vers la porte des
étoiles, il entendait le Goa’uld ricaner et celui –ci avant de mourir lui décocha sa dernière flèche empoisonnée :
-Tu peux partir Jack O’Neill, je t’ai
déjà vaincu.
Jack
reprit sa course vers le shapaï, il fit le code de la première planète lui
venant à l’esprit et se jeta dans le vortex in extremis au moment même où les premiers tirs fusèrent
dans sa direction.
Base
de Cheyenne Moutain Avril 2005
Durant
le briefing Hammond était resté silencieux. Malheureusement SG1 était resté
longtemps inconscient et ne savait rien des tractations passées entre le
Goa’uld et Itzamna.
-Vous pensez que le général O’Neill est
resté sur Yucatan ?
-Non dit Sam je pense qu’ils ont dû aller sur une autre
planète inconnue de nous.
-Le docteur Lassiter dit que vous êtes
guéris reprit Hammond, et….
-Ouverture non programmée de la porte
entendirent-ils tandis que les alarmes se déclenchèrent.
Dans
la salle de contrôle c’était l’agitation contrôlée en cas d’ouverture de la
porte. Il n’y avait pas de code de reconnaissance.
-Fermez l’iris dit Hammond.
Des
fluctuations se voyaient maintenant sur le monitor.
-A t-on un signal ? demanda Hammond.
-Des ondes radios mon général dit Siler,
mais de très faibles intensité.
-De quelle planète viennent
–elles ?
-De P9V698.
-Ce n’est pas une planète où nous avons
signé un traité l’an dernier ? dit Sam.
-Oui, répondit Daniel, la planète des
Ikéniens.
Le
vortex se referma à ce moment là.
-Faites le code de cette planète,
colonel, nous allons envoyer le MALP.
De
l’autre côté Jack attendait tranquillement que l’on veuille bien prendre
contact avec lui.
Le
terre plain était herbeux, et il se dissimula derrière des buissons dès qu’il
entendit la porte se rouvrir.
Le
MALP jaillit de la lumière bleu. C’était eux, pas de doute. Il s’avança et se
pencha vers la camera :
-Pas trop tôt ! général Hammond, dit Jack en souriant.
Soulagement
général à la base. Il n’avait qu’une demie journée de retard sur SG1.
Il
pouvait enfin rentrer chez lui.
Hammond
ne voulut pas rester au débriefing.
-Toutes ses émotions Jack, ce n’est
plus de mon âge dit-il en souriant.
-Vous savez je me demande si je ne vais
pas vous redonner votre fauteuil finalement dit Jack d’un air sérieux.
-Vous plaisantez j’espère ?
-A peine mon général. Je suis fatigué
de tous ces Goa’ulds. Et puis la paperasserie…
Hammond
le regarda attentivement :
-Vous dites ça parce que vous venez de
vivre une épreuve douloureuse. Mais tout va bien se passer maintenant. Vous
savez qu’en haut lieu vous êtes très apprécié.
-Vraiment ? dit-il étonné.
-Ça vous surprend ? et pourtant
dit Hammond, je ne connais pas plus compétent que vous pour ce poste.
-Je vous raccompagne mon général ?
dit O’Neill sans relever la remarque du vieux général.
-Volontiers.
Et
les deux hommes se dirigèrent vers les ascenseurs tout en bavardant.
Au
débriefing qui eut lieu une heure plus tard Jack ne fut pas très bavard. Il
s’était contenté de poser en silence l’arme de poing d’Itzamna sur la table.
Sam
la prit dans ses mains :
-D’ou vient cette arme mon
général ? dit-elle.
-Je l’ai prise sur Itzamna.
-Vous l’avez tué ? demanda
Teal’c
-Non pas moi. Nous avons essuyé une
attaque, et le Goa’uld est mort.
Il
n’ajouta rien de plus. Ses amis semblaient attendre des explications qui ne
vinrent pas.
-Et votre santé à tous les trois ?
ça va ? ajouta t-il pour détourner la conversation.
-Nous sommes parfaitement guéris dit
Daniel en croisant le regard de Jack. Ce qu’il y vit le dissuada de continuer.
Il n’était pas masochiste. Mais Sam, elle eut le courage d’approfondir.
-Mon général, on peut savoir ce que
vous avez promis à Itzamna en échange de
notre guérison ?
O’Neill
ne répondit pas tout de suite. Son visage s’était assombri et chacun était
suspendu à ses lèvres. Mais sa réponse fut laconique.
-Je devais rester avec lui.
-Pour faire quoi ?
-Daniel ! cela n’a aucune
importance, je n’ai pas envie d’en parler.
-On pourrait peut être vous dire simplement
merci, O’Neill dit Teal’c.
-Je vous en prie dit-il d’un ton agacé.
Il détestait les effusions, et savait bien que
chacun d’entre eux aurait fait la même chose. Alors pourquoi en faire tout un
plat ? Maintenant il fallait tourner
la page, dans la mesure du possible.
Il
leur donna quelques jours de repos supplémentaires, pour se remettre tout à
fait en forme.
-Autre chose à ajouter sur cette mission ? dit-il en
conclusion.
Comme
personne ne répondait il annonça la fin du débriefing.
Base
de Cheyenne Mountain mai 2005
Trois
semaines plus tard , Daniel se dirigeait
lentement vers le labo de Sam.
-Je vous dérange ? dit-il en
tapant dans la porte restée ouverte.
-Non pas du tout Daniel. Je faisais
quelques expériences que j’avais laissées de côté.
Daniel
tournait en rond dans la pièce, touchant un objet puis un autre.
-Que se passe t-il ? dit Sam en
levant les yeux de son travail.
-C’est au sujet du briefing, du retour de Jack je ne comprends vraiment
pas.
-Qu’est ce que vous ne comprenez
pas ?
-Il ne nous a rien dit sur ce qui
s’était passé entre Itzamna et lui.
-Il n’était pas obligé de le faire vous
savez.
-Oui, je sais, mais moi ça me ronge,
dit-il.
-Moi aussi, je tourne sans arrêt tout ça
dans ma tête, répondit-elle avec tristesse. Il s’est sacrifié pour nous, et je
m’en veux de ne pas m’en être rendue compte tout de suite.
-Vous ne pouviez rien faire. Nous
étions tous les trois mourants et la
plupart du temps inconscients.
-Je culpabilise quand même !
j’étais si heureuse de revenir à la vie, mais je ne me rendais pas compte à
quel prix.
-
C’est pour ça que je veux savoir, on
continue de vivre notre petite vie, comme si de rien n’ était, poursuivit
Daniel cela m’est insupportable. Je
suppose qu’Itzamna a du lui faire promettre quelques chose d’important qui
flatte sa vanité et sa cruauté pour qu’il accepte de faire un tel échange. Et
d’ailleurs je ne comprends pas pourquoi il nous a guéri, il aurait pu nous
laisser mourir et garder Jack par la force. Ce n’est pas logique.
-En effet c’est étrange, mais nous ne
saurons jamais les termes de ce marché.
-Jack n’est pas obligé de nous le
dire ?
-Non, si cela avait été moi à sa place,
j’aurais été obligée d’en référer à lui. Mais comme il dirige la base… il a le
droit de garder cela secret.
-Il n’est pas obligé de faire un
rapport ?
-Si, mais un rapport confidentiel, que
lui seul pourra ouvrir, et le président. Dans l’absolu, il peut ne rien nous
dire. Et en tant que militaire je suis obligée d’accepter cela.
-Et bien voyez-vous, moi je ne suis pas
militaire dit Daniel en s’échauffant.
-Ça ne change rien du tout dit Sam,
vous êtes comme moi sous ses ordres, militaire ou pas.
-Oui mais il ne peut pas m’envoyer en
cours martiale.
-Vous comptez l’affronter ?
dit-elle effarée.
-Oui, certainement. Je ne sais pas
comment je vais m’y prendre, mais je le ferais.
-Je vous le déconseille fortement
Daniel, dit Sam d’un ton ferme.
-Son rapport, vous croyez qu’il la déjà
écrit ?
- Je ne sais pas ! mais pourquoi me demandez-vous cela ?
-Répondez moi !
-Je n’en sais rien, mais je vous vois
venir, c’est non tout de suite !
-Et pourtant ce serait un jeu d’enfant
pour vous !
-Qu’est ce qui vous arrive
Daniel ? Ce qu’est quand même pas pour satisfaire une curiosité
morbide ? Dites-moi que c’est pas vrai !
-Bien sûr que non, mais je maintiens
que tout irait pour le mieux s’il nous en parlait. Cela maintient une ambiance
détestable. On ne se parle plus, l’ambiance n’est plus la même. Les briefing
sont d’un sinistre !
-Oui, je trouve aussi que l’ambiance
est délétère, mais je ne suis pas sûre
que les réponses nous apportent quelque chose de plus.
- C’est comme s’il avait des choses à
cacher ! dit Daniel.
-Qu’est ce que vous dites ? Qu’ils
aurait accepté de livrer des informations sur la terre. C’est impensable !
C’est monstrueux ce que vous dites là Daniel.
-Ne vous emballez pas, Sam, je n’ai
jamais dit ça.
-Vous l’avez dit pourtant.
-Non ! Non ! vous ne m’avez pas compris ! Je ne peux pas exprimer cela par des mots.
Mais je ressens un étrange malaise comme si quelque chose allait se passer. Un
évènement contre lequel on ne pourrait rien.
-Vous pensez à quoi ? dit Sam le
cœur serré. Il pourrait arriver quelque chose au SGC ?
-Je ne sais pas, c’est du domaine de
l’intuition et du ressenti.
-Vous me faites peur, là Daniel.
Itzamna est mort ! Dites moi qu’il est mort !
-Je n’en sais rien ! peut être
pas ? Jack a parlé d’une attaque sur la planète, mais il n’en a pas dit plus,
est ce que les jaffas d’Itzamna ont tous été tué ? les survivants ont peut être pu le mettre dans un sarcophage.
Il pourrait chercher à se venger, attaquer la terre par exemple.
-Tout est possible dit Sam,
en baissant la tête. Il faudrait peut être envisager ce cas et en parler
au général.
-Merci Sam dit Daniel rayonnant. Vous
m’appuyez ?
-Oui, j’irai même avec vous, mais
faites cela avec du doigté !
-Oh ! vous me connaissez !
-Oui, justement. N’allez pas rendre le
général mal à l’aise par des questions trop indiscrètes.
-Non, je vais en parler à Teal’c, il
est de bon conseil, et nous irons tous les trois.
-Entendu Daniel.
Daniel
sortit du labo, mais Sam n’avait plus l’esprit au travail. Elle décida d’aller
au mess, elle devrait trouver encore quelque chose à grignoter en cette heure
tardive.
Le
lendemain Daniel accompagné de Sam et de Teal’c frappèrent à la porte du bureau
de Jack. Il était au téléphone et leur fit signe d’entrer et d’attendre.
Sam
profita de ce que Jack était absorbé par sa conversation téléphonique pour le
regarder. Elle savait profiter des quelques moments qu’elle pouvait glaner de
temps à autre, mais elle n’en abusait pas, car elle détestait se faire surprendre
en plein de délit de matage. Elle avait droit alors au regard moqueur et au
sourire ironique, ce qui la troublait profondément.
Le
général absorbé ne la remarquait pas. Elle le trouva comme d’ habitude, agacé
par son interlocuteur qui devait lui chercher des pouilles. Il raccrocha
sèchement par ses mots :
-Ah ces bureaucrates !
Le
visage grave et sérieux des membres de SG1 le surprit.
-Qu’est ce qui vous amène ? dit-il
en souriant.
Daniel
se jeta à l’eau.
-On aimerait savoir ce qui s’est passé
entre vous et Itzamna.
Jack
leva les sourcils :
-Pourquoi me parlez-vous de ça
maintenant ? Je vous ai tout dit à mon retour.
-Vous n’avez pas dit grand-chose en fait. Nous
trouvons étonnant le marché qu’il y a eu entre vous et Itzmana.
-Expliquez vous Daniel dit Jack tout
sourire disparu de son visage.
-En fait… heu… le marché ne parait pas
équitable à première vue.
Daniel
s’empêtrait sous le regard dur de Jack. Sam eut un sourire intérieur elle
l’aurait parié que Daniel ne serait pas à l’aise, O’Neill pouvait être
terriblement intimidant.
-Qu’est ce que vous entendez par non équitable ? Vos vies contre la
mienne ?
-Excusez moi d’insister mais, oui ! Une personne contre trois ce n’est pas
logique.
-Même si cette personne est le
chef ? dit Jack ironique.
Daniel
ne releva pas le sarcasme et continua :
-Et
pourquoi Itzamna nous a soigné ? ce n’est pas un comportement de Goa’uld,
ça !
-En effet dit Jack cela m’a surpris, sur le
moment.
-Sur le moment ? insista Daniel y
aurait-il autre chose qui ce serait
passé plus tard ?
.Daniel
s’arrêta.
-Allez au fond de votre pensée, grinça
Jack passablement énervé par les insinuations de Daniel.
-On se demande si vous ne nous cachez
pas quelque chose.
Jack
se leva et vint se planter face à Daniel, et plongeant son regard au fond des
yeux du jeune archéologue il ajouta :
-Daniel, je crois qu’il faut que l’on
remette les pendules à l’heure. En tant que chef de cette base je fais tout un
tas de choses qui ne vous concernent pas. Cela en fait partie. Est-ce
clair ?
-Très
clair dit Daniel un peu vexé de se faire rembarrer de la sorte. Mais on se demandait si le goa’uld n’a pas
voulu vous faire croire à sa mort.
Jack
ouvrit de grands yeux :
-Il était mourant !
-Oui, mais ses jaffas ont pu le mettre
dans un sarcophage.
-Non, ses jaffas étaient morts.
-Vous ne l’avez pas achevé ?
-Pas eu le temps de lui donner trois
coups de zat. Il fallait que je me sauve avant l’arrivée des vainqueurs.
C’était moins une !
-Il ne vous a rien dit avant de
mourir ? C’est étonnant !
-Et en quoi cela serait-il étonnant ?
-Les Goa’ulds aiment bien se vanter. Il
aurait pu vous parler du poison qu’il a utilisé.
-Il l’a fait, mais il m’a dit si peu de
chose…
-Qu’est ce que c’était comme
poison ? demanda Sam.
-Il m’a vaguement parlé d’un poison inconnu sur terre. Mais je n’ai pas compris
grand-chose à ses explications.
-Il vous a dit pourquoi nous avions des
symptômes aussi différents ?
-Oui,
en fait c’est un poison qui agit sur les points faibles des organismes.
Vous Daniel c’était sur les voies respiratoires , Carter c’était votre
épaule qui avait été gravement blessée,
vous Teal’c votre ancienne poche ventrale.
-Il ne vous a rien dit de plus sur ce
poison ?
-Non… rien et puis savez les
explications scientifiques, je me suis enfui avant qu’il ait fini de parler.
-C’est dommage ! dit Sam, on
aurait pu en apprendre un peu plus.
-Quelle importance maintenant ! conclut
Jack. Bon si vous voulez bien me laisser j’ai du travail dit-il en montrant
avec une petite grimace la pile de dossiers devant lui.
-Le Goa’uld lui a dit autre chose dit
Teal’c en sortant.
-J’en suis sûr également dit Daniel.
-Moi aussi dit Sam. Sans doute des
vantardises et des insultes qu’il n’a pas envie de rapporter.
-Vous êtes toujours contre l’idée de
chercher ce rapport ?
-Oui, je suis contre, il me faudra
d’autres arguments pour me faire changer d’avis, Daniel.
-Bien je n’insiste pas, dit le jeune
archéologue en quittant ses amis.
O’Neill
était resté seul à son bureau. La démarche de SG1 l’avait beaucoup dérangé. Mais
il l’avait bien mérité, s’il avait été
un peu plus bavard avec eux, ses amis ne seraient pas posé autant de questions.
Heureusement qu’ils n’avaient pas posé les bonnes questions, il aurait été bien
embarrassé.
Il
alla se coucher vers 23 heures. Une bonne partie de la pile de dossiers avait
été vue, les reste pouvait attendre le lendemain.
Quand
il traversa la salle de contrôle il n’y avait plus que l’équipe de nuit
responsable des consoles. Il les salua et alla se coucher.
Il
prit une longue douche chaude avant de se mettre au lit. Mais deux heures plus
tard il ne dormait toujours pas. La conversation qu’il venait d’avoir avec
Daniel l’avait plus perturbé qu’il ne l’avait montré. Il s’en voulait. Par son
comportement distant il leur avait mis la puce à l’oreille. Il avait pensé à
tort qu’en les évitant ce serait beaucoup mieux, mais c’était sans compter sur la
perspicacité de SG1. Tout ce qui le
touchait les atteignait aussi, il aurait dû y penser.
Il
se promit d’avoir un comportement plus ouvert dès le lendemain. Et s’ils
refaisaient une petite soirée, « bières pizzas » ? Rien de tel pour remonter le moral des
troupes !
Un
peu rasséréné, il finit par s’endormir
aux alentours de trois heures du matin.
Le
lendemain était un dimanche, la base était en service minimum, il y avait trois
équipes sur le terrain qui ne rentreraient que le lendemain.
O’Neill
n’était pas parti il voulait consulter certains anciens rapports de mission. Il
s’assit devant son ordinateur et rechercha les rapports du 5 septembre 2003 sur
la planète P7F206.
Rapport
du colonel Jack O’Neill du 05-09-03
Le contact avec la population
locale avait été excellent. C’était un peuple pacifique de plusieurs milliers
de personnes.
Une civilisation agricole,
mais assez avancée, d’un niveau technologique du début du 20ème siècle de la
Terre avait dit Daniel.
Leur chef un homme d’une
cinquantaine d’années nous a reçu et n’a pas paru surpris de notre visite.
Pourtant leur shapaï était très peu utilisé. Seuls quelques voyageurs audacieux
comme nous, leur rendaient visite.
Je m‘étonnais du peu de
défense de leur planète, pas de militaires ni de gardes. Paroun nous expliqua
que les Goa’ulds ne venaient plus depuis longtemps. Il n’en avait jamais vus. .
Quand Daniel leur a demandé
qui étaient leur dieu. Il nous a parlé d’Al Puch.
Le dieu de la mort des Mayas,
avait expliqué Daniel, un dieu très malfaisant et très cruel.
Le chef a expliqué que les
mines de naquadah étaient épuisées depuis si longtemps que personne ne pouvait
se rappeler les avoir vu un jour en activité.
Daniel situa à une centaine
d’années environ la dernière visite d’Al Puch.
Depuis aucun Goa’uld n’était
venu visiter cette planète.
Parun nous accompagna
jusqu’au village où nous avons été reçus comme des rois. Un parenthèse si
agréable et tellement rare que nous avons profité de la situation pour nous
détendre, et prendre un repos bien mérité.
Daniel naturellement était
resté en extase devant les ruines du temple à la gloire d’Al Puch. Il avait
pris beaucoup de photos et de films.
Les habitants le laissaient
faire, les enfants tournaient autour de lui en lui posant plein de
questions. C’était un peuple vraiment
sympathique.
Ils nous firent tout visiter,
depuis le grand hangar où les récoltes étaient entassées pour l’hiver, jusqu’à
la plus petite machine agricole. Ils étaient fiers de leur travail et de nous le montrer, et je les comprenais
parfaitement.
Le soir on nous a offert un
festin digne des dieux. De grandes tables avaient été dressées dehors, des
plats étaient arrivés et disposés avec art. un déluge de viandes, de légumes et
de fruits. La planète jouissait d’un climat tempéré, suffisamment arrosé et
ensoleillé pour obtenir de belles récoltes.
Un petit vin léger et
euphorisant accompagnait toute cette nourriture. Nous nous sommes laissés faire
de bon cœur. Les plaisanteries fusaient, l’ambiance était très gaie on
entendait que le bruit des couverts et des verres qui s’entrechoquaient, les
rires, les jeux
et les cris des enfants.
Nous nous sommes couchés un
peu ivres, surtout Daniel qui n’arrêtait pas de glousser. Le lendemain le
réveil fut un peu difficile, mais ce n’était pas grave.
Nous sommes partis en
promettant de revenir bientôt pour signer un traité d’amitié avec cette
planète.
Une mission agréable,
parfaitement réussie, comme on aimerait qu’elles se passent tout le temps.
Avant
de refermer l’ordinateur O’Neill rajouta quelque chose.
Note
ajoutée le 4 mai 2005 par le général O’Neill
Oui c’était une planète
magnifique avec un peuple sympathique et accueillant. Et pourtant c’est cette nuit là qu’un émissaire d’Itzamna nous
a empoisonné pendant notre sommeil, tous les quatre.
Salle
de briefing.
-SG1 vous partez sur P8H567 dit
O’Neill, c’est une planète qui d’après le rapport de SG16 pourrait être
intéressante au point de vue médical. Ils ont des plantes très rares parait-il.
Carter vous avez fait une étude sur ce sujet je crois ?
Sam
était un peu distraite, elle n’avait pas entendu la phrase du général. Elle
trouvait que quelque chose ne tournait pas rond dans cette base, mais elle
n’arrivait pas à savoir ce que c’était. Elle pensait que le général O’Neill
avait de gros soucis et cela l’inquiétait beaucoup.
-Carter ?
-Mon général dit-elle en se troublant.
Elle ne peut empêcher le rouge de lui monter au visage.
-Je vous ai posé une question Carter
dit-il en la regardant attentivement. Des problèmes ?
-Oui… heu… non mon général.
-Je vous demandais ce que vous aviez
étudié sur ces plantes ? dit-il d’une voix douce.
-Oui monsieur, dit-elle en se plongeant
dans ses notes. Le docteur Lassiter m’a donné son rapport, elle est prise en
salle d’opération ce matin et ne pouvait pas venir au briefing.
Sam
parlait d’une voix plus assurée son professionnalisme reprenant le dessus.
-Sur cette planète, les échantillons de
plantes rapportées par SG16 ont été soumises à divers tests et études en
laboratoire. Elles sembleraient avoir d’intéressantes propriétés anti
inflammatoire et dépurative.
-Heu… une question Jack, dit Daniel en
levant un doigt, depuis quand l’armée s’intéresse t-elle à la médecine ?
Jack hocha la tête en souriant.
-Depuis que je le
président me l’a demandé.
-Etonnant !
-Il y a de plus en plus de gens dans
les hautes sphères au courant du projet, répondit Jack. Je me demande d’ailleurs combien de temps
cela pourra rester secret. Toujours est-il que le président m’a demandé de
diversifier un peu nos activités. Des membres de la société civile
s’étonnent que l’on ne recherche que des
armes sur les planètes que l’on visite.
-Quel genre de personnes ? demanda
Daniel.
-Le délégué à la santé par exemple qui a des accointances dans
l’industrie pharmaceutique.
-Tout le gouvernement est au courant du
projet ?
-Non, bien sûr que non, dit Jack en se
renfonçant dans son fauteuil, mais le président doit tenir compte de tous les
éléments et satisfaire un peu tout le monde.
-En fait c’est une histoire de gros
sous. Tout le monde s’en fout des dangers encourus, des Goa’ulds, des menaces
qui pèsent sur la terre , pourvu que chacun en tire un bénéfice dit Daniel
amèrement.
-C’est exactement ça dit Jack. Il n’y a
que nous pour nous préoccuper des risques et les combattre, c’est notre boulot
Daniel !
-Je vois dit le jeune homme, songeur.
-Revenons à nos plantes Carter, dit Jack qu’ont-elle de plus que les plantes
que nous avons sur terre ? .
-Il semblerait que leur principe actif
soit davantage concentré, répondit la
jeune femme. Par exemple une infusion de
cette plante que nous avons appelé P876, aurait la même efficacité qu’une
dizaine de tisane de l’althaea officinalis appelé plus communément guimauve
utilisée pour les inflammations de la gorge.
Sam
continua ses explications, mais O’Neill avait déjà lâché prise. De toute façon
la mission aurait lieu : ordre du président. Les avantages retirés
valaient bien l’effort d’une entente avec la population de P8H567.
Il
se laissait bercer par la voix de Sam, et il essayait de leur dissimuler
combien son dos le faisait souffrir. Ce n’était pas facile mais il parvint à
leur donner le change.
-Qu’en pensez-vous Jack ?
entendit-il un instant plus tard.
-C’est bon dit-il. Prenez le temps qu’il faudra, vous me ferez un rapport tous les jours.
-Nous partons combien de temps ?
- Une
à deux semaines suffiront je pense. Vous pouvez tout régler dans ce laps
de temps. Ce que le peuple de P8H567
souhaite, la quantité de plantes qu’il faut rapporter.
-C’est beaucoup de temps ! dit
Sam, inquiète sans trop savoir pourquoi. Le malaise qu’elle avait ressenti tout
à l’heure revenait. O’Neill leur cachait vraiment quelque chose.
-Je voudrais aussi que vous étudiez le
sous sol, s’il y avait du naquadah ce
serait fantastique non ? dit-il avec un grand sourire.
-Oui,
ce serait bien dit Daniel.
-A vos ordres mon général dit Sam.
-Vous partirez donc demain à 14
heures. En attendant si on se faisait
une petite soirée ? ajouta t-il, chez
moi à 20 heures, ça vous va ?
Larges
sourires sur les visages des trois amis.
-Ce serait super Jack, ça fait vraiment
longtemps dit Daniel.
-C’est vrai répondit O’Neill, mais
depuis que je suis en fonction ici dans ce bureau, je suis assez occupé !
-J’apporte la bière dit Teal’c !
-Moi les pizzas dit Sam.
-Et moi, le jus d’orange peut
être ? dit Daniel.
Tous
éclatèrent de rire.
-A ce soir dit Jack, et soyez à
l’heure.
Ils
sortirent gaiement de la salle de briefing, en plaisantant tout comme autrefois
pensa Jack. Allez encore une soirée à
tenir pour donner le change, demain ils partiront !
Ensuite :
Alea jacta est !
Maison
de Jack
Les
pizzas chauffaient dans le four, chacun se servit à boire, ils étaient heureux
de se retrouver comme autrefois quand Jack n’était pas encore le chef du SGC.
Il était 21 heures Daniel et Sam parlait
de leur dernière mission, de temps en temps Teal’c ajoutait son grain de sel.
Jack était dans son fauteuil, une bière à la main, il commençait à se détendre.
Elle
le regardait, Il adorait quand elle le
regardait comme ça, elle le faisait exister, elle le rendait important, il avait
envie de blaguer, il avait envie de
briller…Il se détourna d’elle, il ne voulait pas la gêner, , leurs regards s’étaient
accrochés un instant, il aimait aussi se noyer dans le bleu de ses yeux.
Il
buvait, il le fallait pour anesthésier la douleur. Personne ne devait se rendre
compte, Il ne voulaient pas qu’ils
s’inquiètent. Les bières défilaient et il n’avait rien mangé depuis ce midi, sa
tête s’embrumait et c’était bien agréable, être là à les écouter sans rien
comprendre de ce qu’ils disent. Peu importe, les mots le berçaient, il oubliait
un peu. Il tentait d’oublier qu’un jour un Goa’uld inconnu s’ était pris d’une
haine farouche contre eux et les avait empoisonnés à leur insu. Il s’efforçait
d’effacer de sa mémoire ce visage de
faux jeton, la haine brûlant au fond de ses yeux, quand il lui avait fait
remarqué que le flacon de remède était
vide. Et lui comme un imbécile il n’avait
rien vu du tout !
Il
voulait aussi reléguer au fond de sa bière qu’il n’y avait pas d’antidote et qu’ il allait
mourir dans d’atroces souffrances. La tentation d’en finir lui-même était
présente, il essaya de ne pas trop y penser.
La
voix de Sam , à la fois grave et chaude était une douce musique. Il continua de
boire, il n’était pas ivre, mais il n’avait plus envie de parler, simplement
écouter, la regarder.
Elle
sentit son regard sur elle, il s’efforça de rester neutre, il ne voulait pas…
Il
ne devait pas...
La
soirée s’avançait, il était tard, Daniel qui avait quand même pris une bière ou
deux était fin saoul ! Teal’c allait le ramener chez lui,
Voilà
ils étaient partis tous les deux.
Il
resta seul avec elle. Il n’avait pas
bougé, Il était incapable de se lever, trop de boissons et de douleur..
Elle
rangea.
-Laissez ça Carter, je le ferais
demain.
-Vous êtes sûr mon général, j’en ai pour
une minute.
Il
lui fit signe qu’elle pouvait nettoyer si ça lui plaisait après tout, pourquoi
pas ?
Il
l’entendit s’affairer dans la cuisine, elle jeta les canettes et les cartons.
Elle revint vers lui.
-Vous allez bien mon général ?
Non !
il ne fallait pas qu’elle lui posât ce
genre de question.
-Oui Carter, je vais bien.
Il
avait l’impression que sa parole était embarrassée, mais elle ne s’en aperçut pas.
Il
se leva, marcha à peu près droit, et il s’approcha d’elle. Elle lui sourit et le regarda au fond des yeux. Il pouvait lire dans ses pensées, elle voulait qu’il
l’embrasse, il le savait, il le sentit. Leurs visages étaient maintenant très
près l’un de l’autre, elle aussi avait bu, elle ne devait pas avoir les idées
très claires.
Ne
pas en profiter…
Il
se pencha légèrement, il pouvait la toucher, ses mains pendaient le long de son
corps, il les mit derrière son dos.
Il
aurait pu l’embrasser, la prendre là, sur le
sol, par terre devant la cheminée, Il savait qu’elle
le voulait aussi rien qu’à son regard, rien qu’au frémissement de tout son
être, mais cela aurait été une belle
connerie ! Il n’était plus très
lucide, il le savait mais la tentation était
terrible, il n’y avait plus de règlement pour lui car il lui restait si peu de
temps. Mais elle, elle ne le savait pas, s’il l’embrassait elle allait bien se
douter de quelque chose, il ne l’avait jamais fait , alors pourquoi ce soir ?
A
regret il s’ éloigna, il lui tendit son manteau. Elle était déçue. Son visage
s’assombrit, son cœur se serra, cela faisait mal de lui faire du mal. Mais c’était mieux comme ça.
-Pourquoi dit-elle
douloureusement ?
Elle
ne termina pas sa phrase. Elle s’offrait à lui, il en rêvait depuis huit ans, et, il refusa, il
était obligé.
Maudit
Itzamna ! la colère l’emportait, elle prit ça pour elle, il ne la détrompa
pas ! C’était mieux ainsi. Il valait mieux qu’elle l’oublie, de toute
façon, il était perdu pour elle, il était perdu pour eux deux. Alors des mots durs
s’échappèrent de sa bouche.
-Colonel ! il ne faut pas !
-Mais pourquoi ? redit-elle avec
désespoir
-Mais tout simplement parce que je …ne
vous aime pas.
Voilà
ça c’était dit , ses yeux à elle étaient
pleins de larmes. Son cœur à lui se
déchira, et il ne pouvait plus rien pour elle.
-Je ne
vous crois pas… ce n’est pas possible ! Le test…
-Ah oui parlons en du zatarc, une belle
connerie et c’est vieux de quatre ans ! Pensez donc, nous avons connu
chacun d’autres personnes, vécu d’autres amours. On a rien en commun,
absolument rien, franchement ! mais regardez vous ! Ne gâchez pas votre vie en courant après des
mirages !
Il
lui jeta ces derniers mots avec rage, il avait conscience qu’il la détruisait,
mais il se sentait obligé de le faire.
Elle
ouvrit des yeux immenses et suffoqua de colère et de rage. Jamais elle ne s’était
sentie aussi humiliée. Elle lui jeta un regard désespéré, et s’éloigna les yeux
pleins de larmes, et le cœur en charpie.
La
porte s’était refermée, avec un claquement sec.
Jack s’effondra, il avait glissé le long du mur en proie à une douleur
qu’il n’aurait même pas pu soupçonner qu’elle existât.
Les
mots étaient partis. Il ne fallait plus y penser, se blinder, demain serait
difficile et puis après il ne la reverrait pas. Quand ils rentreraient ce
serait sûrement terminé pour lui. Alors il a choisi de lui faire mal d’un coup
comme on incise une blessure qui s’infecte pour mieux la soigner ; Elle
aura mal sur le moment, mais elle l’oubliera vite, du moins c’est ce qu’il pensait,
ce qu’il espérait. .
Salle
d’embarquement
Il
était venu leur dire au revoir, leur souhaiter bonne chance. Le vortex est
ouvert ils étaient prêts tous les trois
au pied de la rampe d’embarquement. Ils ne soupçonnaient rien des émotions qui
agitaient Jack à cet instant. Daniel et Teal’c parlaient, ils plaisantaient, c’était un départ comme un
autre, sauf que pour Jack c’était la
dernière fois qu’il les voyait s’en
aller.
Ils
montèrent la rampe, ils ne se
retournèrent pas, elle non plus, elle avait le visage fermé des mauvais jours.
Sans doute était-elle en colère après lui ? Elle devait souffrir pensa t-il. Son cœur se
serra, il résista à la tentation violente de lui dire un mot, de faire un petit
geste, qui aurait tout remis en cause.
c’était
la routine, une mission comme une autre, leur boulot qui pouvait parfois
tourner au cauchemar.
Le
vortex se referma. Voilà c’était fini pour Jack. Demain il ne serait plus là,
il irait à l’infirmerie ou ailleurs, un
nouveau général arriverait et prendrait la direction de la base. La roue
tourne. Jack O’Neill se sera plus indispensable à personne. Il resta un instant
dans la salle d’embarquement, au pied de la rampe où plus jamais il ne la
reverra apparaître, avec un grand sourire sur le visage éclairant d’un coup sa
journée d’un rayon de soleil. Tout cela était fini, bien fini.
Il
se secoua, inutile de rester là plus longtemps à se torturer par des choses qui
n’arriveront plus jamais. Il quitta le vingt-huitième niveau, remonta dans la
salle de contrôle, puis il enfila les longs couloirs jusqu’à l’ascenseur. Il
n’attendit pas longtemps. Une fois les portes refermées il appuya sur le bouton
21, l’infirmerie.
Infirmerie.
-Général O’Neill ? dit Sandra Lassiter
en le voyant arriver, un problème ?
-Vous avez un moment docteur ?
-Bien sûr.
Ça risque d’être long.
-Que puis-je faire pour vous ?
Ils
s’assirent dans le petit bureau du docteur Lassiter. Elle attendait patiemment
que le chef de la base se décide à parler.
-Je voudrais savoir si vous avez gardé
des échantillons de sang de SG1 durant
leur empoisonnement et après leur guérison ?
Elle
lui jeta un regard surpris :
-Pourquoi me demandez vous cela mon
général ? Vous voulez faire des expériences ?
-Pas moi, vous ! Répondez à ma question, vous les avez oui ou
non ?
-Nous gardons tous les échantillons
pendant trois mois. Cela ne devrait pas poser de problème. Mais qu’est ce que
vous voulez ?
-Je voudrais que vous fabriquiez
l’antidote qui les a guéris.
Elle
ouvrit de grands yeux et secoua la tête
-C’est impossible.
-Pourquoi ?
-Parce que je n’ai jamais trouvé aucune
trace de poison dans leur organisme. Alors trouver un antidote d’un poison
qu’on ne voit pas….
Je vois dit-il sèchement en s’éloignant.
-Mon général ! Je peux savoir ce
qui ne va pas ?
O’Neill
s’arrêta, soupira, il resta silencieux
un moment, puis sur l’insistance de Sandra il décida de lui faire confiance. Il lui raconta ce qu’il
savait, ce qu’Itzamna lui avait appris.
-Laissez moi vous examiner mon général cela fait trop longtemps que vous souffrez de
votre dos et de votre genou.
Une
heure plus tard elle revint avec les examens.
-Vous souffrez davantage ?
-Oui
-Pourtant je ne vois aucune
aggravation, l’IRM est identique à celui que je vous ai fait le mois dernier.
Pas de lésions supplémentaires. Et vous souffrez plus ?
Oui, beaucoup plus.
-Je ne me l’explique pas. Mais Itzamna a peut être voulu vous mener en
bateau et si ce qu’il avait dit était faux ?
-Non, je ne crois pas. Et puis même si
mon cas est différent de celui de SG1, je sais que je suis atteint, en fait
inconsciemment je le sais depuis
longtemps. Pourquoi aurais-je ces douleurs d’un coup comme ça, sur de vieilles
blessures ? Ce n’est pas normal !
-Vous n’avez jamais eu de fièvre !
-Non c’est vrai, mais je me suis évanoui
une fois ! Et puis j’ai peut être reçu moins de poison ? ou un poison
différent ?
-Ça m’étonnerait ! L’intoxication a du se faire dans la nuit, l’envoyé du
Goa’uld n’aurait pas pris le risque de se compliquer la tâche en administrant des poisons différents. Vous
n’avez aucune idée de la manière dont il vous a été inoculé ?
-Non, puisque je l’ignorais jusqu’à la
mort du Goa’uld.
-Et SG1 ? Vous leur en avez parlé
depuis ?
-Non !
-Vous auriez dû mon général.
-Pourquoi ? Ils s’imaginaient avoir
été contaminés pendant leur captivité dans les mines de naquadah.
-Parce qu’on pensait qu’il n’y avait
qu’eux à ce moment là. Et pourtant vous aviez déjà mal dans le dos. On aurait dû y penser.
-Ça ne sert à rien d’avoir des regret
docteur, vous devriez plutôt vous concentrer sur l’avenir.
Sandra
se sentit vexée
-Sauf votre respect mon général, mon
équipe et moi-même y avons consacré beaucoup de temps et nous n’avons rien
trouvé.
-Tant pis dit Jack en sortant de la
pièce si vite qu’elle n’eut pas eu le temps de réagir.
Elle
resta un moment songeuse, puis prenant son téléphone elle rameuta tout le personnel de biologie
disponible. Elle fit appel à des scientifiques qui ne venaient à la base
qu’occasionnellement, et qui avaient un haut degré d’accréditation. Les
professeurs Helen Cherrer spécialiste
des plantes et des poisons, Timothy Harlow un généticien de renom, et Paul
Clark un biologiste de talent.
Ils
promirent tous les trois d’arriver dès
qu’ils auraient un vol.
Ces
trois scientifiques faisaient parti du
projet porte des étoiles même si leur travaux réguliers se faisaient dans
d’autres villes que Colorado Springs. Un appel de la base était pour eux une
priorité absolue.
Planète
P8H567
Le
vortex venait de se refermer.
-Allez en route dit Sam sèchement. Nous
avons plusieurs kilomètres à faire pour aller jusqu’au village et la nuit va
bientôt tomber.
En
effet le soleil venait juste de se coucher et cette planète ne possédait pas de
lune, la nuit serait donc très sombre.
De
lourds nuages se profilaient à l’horizon, une tempête s’annonçait. Daniel leva
les yeux vers le ciel.
-On pourrait bivouaquer près de la
porte, dit Daniel. On est pas si pressé que ça, et puis cette tempête sera sans
doute violente.
-Si on est pressé, on a plein de choses
à faire dit Sam, rencontrer la population, le traité, le naquadah, les plantes.
-Sam dit Daniel avec douceur, on a
quinze jours !
-J’aimerais qu’on ne reste pas si
longtemps.
-Pour quelle raison ? demanda
Teal’c. Daniel Jackson a raison, rien de nous presse.
-Je vous ai donné un ordre dit-elle
avec une dureté dans la voix qui ne lui était pas habituelle.
Elle
se mit en route sans attendre les deux
hommes. Ils se regardèrent en silence, il valait mieux la suivre pensèrent
–ils.
Elle
marchait devant, seule, tout en ruminant ses pensées, et se rappelant la
soirée de la veille.
La
petite fête avait été très réussie, la
bière et les pizzas délicieuses, l’ambiance légère et décontractée. Mais à bien
réfléchir elle se souvint que l’attitude de Jack lui avait paru différente. Il
avait moins participé que d’habitude. Au début de la soirée il avait plaisanté
et dit des bêtises comme il savait si bien le faire, puis au fur et à mesure
que les heures passaient ils s’était renfoncé dans son fauteuil, n’avait plus
rien dit, et buvant bière sur bière. Il n’avait pas touché à la pizza. Sur le
moment ce détail lui avait échappé. Oui, il était différent ce soir là. Elle se
maudissait maintenant de n’avoir rien vu.
Et
puis l’attitude de Jack au moment du départ. Plus elle y pensait plus elle
trouvait cela surréaliste, lui dire d’emblée qu’il ne l’aimait pas, alors que
jamais au grand jamais ils n’avaient abordé ce sujet, même après le test zatarc, et ce n’était pas
du tout son genre de parler de lui, surtout de cette façon. Elle aurait du le
sentir, mais elle avait un peu abusé de la bière elle aussi et s’était bloquée
sur cette phrase qui l’avait fait souffrir comme elle ne l’aurait jamais pensé.
Elle
avait passé le reste de la nuit à pleurer et à se lamenter sur son sort. Elle était furieuse après elle et dire qu’elle s’était carrément offerte à
lui ! Il avait du bien rigoler !
Cela faisait deux fois de suite qu’ elle manquait de la plus élémentaire
clairvoyance. Il est vrai Qu’O’Neill était un expert dans le brouillage des
pistes.
Avec
l’arrivée de la nuit le ciel creva au dessus de leur tête et des trombes d’eau
s’abattirent sur eux.
-Il y a des rochers plus loin cria Sam,
on va essayer de s’abriter.
La
nuit était complètement tombée maintenant et les éléments se déchaînaient
rendant leur marche difficile et dangereuse. Les lampes dessinaient des zébrures
de pluie dans leur faisceau et elles n’arrivaient pas à éclairer à plus de
trois mètres.
Daniel
tomba lourdement dans une mare d’eau et jura. Teal’c le prit par le bras et le
porta presque jusqu’à une anfractuosité de rocher qui leur offrait un abri
relatif contre les éléments déchaînés.
Ils
disposaient de quelques mètres carrés au sec. Ils se rencognèrent au fond de la
cavité qui à leur grande surprise menait à une petite grotte. Celle-ci était
vide, il n’y avait pas de traces récentes d’activité humaine ou animale.
-On se sera bien ici dit Sam en posant
son sac.
Ils
allumèrent un feu et se regroupèrent autour pour se réchauffer et se sécher.Teal’c
sortit de son paquetage du thé et mit de l’eau à chauffer. Il avait
fallu juste mettre la gamelle dehors et elle s’était remplie en quelques
minutes.
La
boisson réconfortante les réchauffa et quand Daniel eut cessé de trembler de froid il décida qu’il était temps de parler
à Sam.
-Et si vous nous disiez ce qui se passe
Sam ?
-J’ai un mauvais pressentiment en ce
qui concerne le général dit-elle en hésitant.
-C’est vrai que depuis que nous sommes
guéris, il a l’air changé. Vous l’avez remarqué vous aussi Teal’c ?
-Tout à fait. Il est plus sombre et
cherche à nous éviter.
-Et puis cette mission de quinze
jours ! ça n’a pas de sens, ajouta Sam. Franchement je suis très inquiète.
-On ne peut pas y faire grand-chose,
nous sommes coincés sur cette planète à deux kilomètres de la porte, en pleine
nuit, on ne peut même pas appeler la base dit Teal’c.
-Pour ce soir il faut nous reposer dit
Daniel. Demain on va au village rencontrer la population. Nous retournerons à
la porte pour le briefing de 14 heures. On pourra parler à Jack…
-Vous avez raison Daniel, coupa Sam. Il
faut essayer de dormir maintenant.
-J’ai pas trop envie de dormir, il
n’est que 16 heures sur la terre.
-Je sais, mais la journée sera longue
demain. Je vous rappelle que les journées ici font trente de nos heures
terrestres. Cela va nous paraître interminable.
Ils
s’allongèrent et au bout de quelques minutes Daniel et Teal’c dormaient, tandis
que Sam se tournait et se retournait sans pouvoir trouver le sommeil. Elle revivait
en boucle la fin de la soirée et n’arrivait pas à lui trouver d’autre sens que
les mots qu’il lui avait jeté. « je ne vous aime pas ».
Non,
pensa Sam, s’il avait dit cela, c’était dans un but bien précis. Et puis cette longue mission ! S’il
avait voulu les éloigner il n’aurait pas agi autrement. Mais oui ! c’est
cela pensa t-elle, il a voulu nous éloigner !
Son
cœur se serra à cette pensée. Tout avait changé depuis qu’il dirigeait la base.
Il était devenu beaucoup plus sérieux, plus distant. Et pourtant il les avait
emmené chez Itzamna pour les guérir. Il s’était offert en échange de leur
guérison. Il avait tout fait pour les sauver. Et maintenant il les éloignait.
Sam
décida de lancer la mission sur la planète avec Daniel et Teal’c et de rentrer
sur terre pour parler au général. Un très mauvais pressentiment l’agitait,
comme l’annonce d’un danger imminent.
Forte
de sa décision, elle finit par s’endormir.
Quand
ils se réveillèrent le lendemain au lever du jour, la pluie avait cessé, et le
paysage paraissait comme lavé de toutes ses impuretés. Un soleil généreux
brillait dans le ciel sans nuage.
-En route dit Sam après qu’ils eurent
mangé rapidement et levé le camp.
Le
village était tout près maintenant. Ils dépassèrent les premières maisons et atteignirent
rapidement la place centrale. Les bâtiments étaient regroupés autour d’un
espace rond, pavé, et très propre. Les
maisons étaient faites de bois clair et de toits de tuiles.
Il
était encore tôt et il y avait peu de monde dans les rues. Quelqu’un d’obligeant leur indiqua la maison
du chef du village. Une maison identique aux autres qui ne se distinguait du
lot que par sa taille un peu plus grande.
On
les fit entrer dans une grande pièce à tout faire où la famille du chef prenait
leur repas du matin. Une scène familière aux visiteurs, qui auraient pu se
croire dans un chalet montagnard de la région de Colorado Springs.
-Entre mes amis, entrez… dit Thim un homme corpulent d’une
soixantaine d’ années. Installez vous, vous partagerez bien notre repas !
Les
négociations commençaient très bien. Le peuple de Thim était très ouvert et
accueillant. Ils acceptèrent de négocier un traité, en échange des plantes
trouvées sur la planète ils souhaitaient
avoir de l’aide au niveau des cultures, car des tempêtes s’abattaient
souvent sur les récoltes, et ils n’avaient aucun moyen de les éviter. On parla
de canon à grêle et d’instruments
agricoles. Thim était extrêmement curieux de tout, ne paraissait pas pressé, et
posaient beaucoup de questions.
Sam
en elle-même comprenait pourquoi le général avait parlé de quinze jours, c’est
vrai qu’à ce rythme cela risquait de durer fort longtemps.
Sam
prit Daniel et Teal’c en aparté.
-Je dois absolument rentrer sur terre
dit-elle.
Daniel
ouvrit de grands yeux.
-Jack va être furieux.
-Oui je sais, mais tant pis dit la
jeune femme. Il faut que je suive mon instinct.
-Vous croyez que si Jack avait un
problème grave, il ne nous en aurait pas parlé ? dit Daniel.
-Malheureusement, j’en suis tout à fait
sûre dit Sam.
-Je pense que non, dit Teal’c, il nous
fait totalement confiance.
-Naturellement, au sujet des missions,
mais pas en ce qui concerne ses problèmes personnels.
-Là vous marquez un point Sam, dit
Daniel. je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi secret que Jack.
-Je crois dit Sam que je vais
finalement suivre votre idée, dit-elle à Daniel.
-Quoi ? Les rapports ?
-Oui, c’est pour cela que je veux
rentrer.
-Mais Jack ne vous laissera pas
faire !
-C’est mon problème Daniel, ce ne sera
pas simple, mais j’y arriverais.
-Je vous souhaite bien du plaisir de
vouloir affronter un Jack en colère. Il va vous envoyer paître.
-Sûrement. Je croise les doigts, dit
–elle avec une petite mimique. Il est l’heure du rendez vous, je vais y aller
seule. Je ferai mon possible pour passer la porte. Vous pendant ce temps là
continuez les négociations.
-Ça va être long. Ils ne sont pas
pressés. Ce soir ils veulent faire la fête en notre honneur ! Et d’après
les rumeurs, leurs fêtes ne sont pas tristes et la boisson coule à flots.
-Ouh là ! Faites attention
Daniel ! dit Sam en riant.
-Comptez sur moi.
-Bon j’y vais, je ne veux pas rater le
rendez vous de 14 heures.
Sam
courut à petites foulées le long du chemin, elle fit rapidement les deux
kilomètres. Le temps était agréable et sec, cela faisait du bien après le
déluge de la veille.
Elle
enclencha les chevrons et attendit. La porte
s’ouvrit et elle se plaça devant le MALP pour être vue de la base.
-Général, tout va bien ici…
-Colonel Carter, ici le colonel
Reynolds, le général O’Neill est absent cette après midi, je le remplace momentanément.
Comment se passent les négociations ?
Le
cerveau de Sam tournait à trois mille tours minutes il fallait profiter de
cette opportunité pour rentrer.
-Ecoutez colonel, tout se passe très
bien ici , mais j’ai oublié un document important pour les négociations un dossier rouge qui est sur mon bureau dans mon labo. Est-ce que vous pouvez me l’envoyer ?
-Naturellement. Je vous l’envoie dans quelques minutes fermez la porte
de votre côté.
-Entendu Colonel. Je coupe la liaison,
la porte se refermera automatiquement.
Quelques
minutes plus tard le vortex s’ouvrit.
-Je suis désolé colonel, il n’y a pas
de dossier rouge dans votre labo.
-Vous êtes sûr Colonel ? C’est très
ennuyeux il me le faut absolument pour poursuivre les négociations.
-Vous allez devoir venir le chercher
vous-même colonel !
Ça ne m’arrange pas du tout dit Sam un
peu hypocritement, mais comme on dit couramment quand on pas de tête…
-En effet dit Reynolds en riant. Vous
pouvez ouvrir de votre côté.
Base
de Cheyenne Mountain.
Quelques
minutes plus tard Sam était à la base.
-Je ne fais que l’allez et retour
dit-elle à Reynolds.
Elle
fila sans demander son reste et remonta à son labo le plus vite qu’elle put.
Elle
ouvrit son portable et demanda le dossier des rapports de mission. Son code
secret ne pouvait ouvrir que les dossiers de SG1 mais en aucun cas ceux du
général. Elle travailla quelque minutes et força assez facilement le passage.
Elle
fit une recherche à partir des dates. S’il avait rédigé un rapport sur la
mission de sauvetage de SG1, ce devait être dans les dossiers les plus
récents. Il y avait très peu de choses,
un document sur la mission de PK8 722 où le général les avait accompagnés..
Elle trouva également le rapport d’une
autre mission. Et puis elle trouva un dossier qui l’intrigua, une ancienne
mission du 050903, elle lut le texte rapidement
et tomba sur la petite note rajoutée du 4 mai :
« Oui c’était une planète magnifique avec un peuple sympathique et accueillant. Et pourtant c’est cette nuit là qu’un émissaire d’Itzamna nous a empoisonné pendant notre sommeil, tous les quatre. »
Sous
ses pieds s’ouvrait un gouffre, elle eut l’impression d’y tomber sans pouvoir
s’arrêter. L’angoisse serra son cœur d’une étreinte mortelle quand elle réalisa
qu’il n’y avait pas d’antidote pour Jack. Et que c’était pour cette raison
qu’ils les avait éloignés. Il avait joué
cette cruelle comédie du désamour, elle en était sûre maintenant. Il avait
voulu qu’elle l’oublie avant même qu’il ne meure.
Quel mauvais calcul ! pensa t-elle. Cela
devait être terrible pour lui. Incapable de bouger elle resta là longtemps les
yeux fixés sur son écran, le cerveau paralysé par la peur. Puis elle se reprit
et sa colère gonfla en elle alimenté par une douleur sans nom. Ils
allaient le perdre, ELLE allait le
perdre. Mais pourquoi n’avait-il rien dit ? Il était peut peut-être déjà trop tard ?
Le
téléphone sonna.
-Carter dit-elle
-Colonel, avez-vous trouvé votre
dossier ? dit la voix de Reynolds.
-Mon dossier ? d’un seul coup elle ne voyait pas du tout de
quoi il voulait parler. Ah oui, en fait non… Mais il y a un changement de
programme, je ne retourne pas tout de suite sur la planète.
-Des problèmes colonel ? avez-vous besoin d’aide ?
-Non, ça ira merci, mais savez vous où
est le général O’Neill , il faut que je le voie de toute urgence.
-Je ne sais pas où il est mais voyez
avec le sergent Harriman.
Elle
raccrocha. Elle fit un tirage du rapport, et le mit dans sa poche, et referma
son portable. Elle quitta son labo et redescendit au niveau 27.
Harriman
lui dit que le général n’était pas à la base ; mais chez lui pour l’après midi. Elle
l’appela sur son portable et elle l’eut tout de suite.
-Carter vous êtes rentrée ? Un
problème ?
-Il faut que je vous voie tout de suite
monsieur,
-ça ne peut pas attendre mon retour à
la base ?
-C’est très important monsieur.
-J’arrive dit-il sèchement.
Une
heure plus tard O’Neill arriva. Sam l’attendait à la porte de son bureau. Il la
fit entrer.
Sam
avait décidé de ne pas revenir sur la soirée, son ressentiment pour Jack avait
disparu, elle comprenait maintenant son attitude.
-Que se passe t-il ? demanda t-il
sèchement. Pourquoi êtes-vous
revenue ?
Il
ouvrait de grands yeux surpris et levait les sourcils, mais il ne souriait pas.
Son visage avait gardé un air sévère, qu’ il n’arborait pas habituellement
lorsqu’ils étaient tous les deux. Sam prit une grande inspiration et sortit la
feuille de sa poche et elle la lui tendit.
Jack
resta impassible, elle ne pouvait rien lire sur son visage, sauf peut être une
colère froide dans son regard devenu de glace.
Sa
voix était basse et lente quand il prit la parole. Sam ne se fit pas d’illusions,
il était dans une rage folle, malgré elle, elle courba l’échine.
-Vous ne devriez pas être sur
P8H567 en ce moment en train de
négocier un traité ?
-Oui mon général dit-elle d’une voix
qu’elle voulait ferme. Daniel et Teal’c
s’en occupent, mais il fallait que je rentre.
Elle se savait dans son tort, mais c’était
pour la bonne cause. Du moins c’est ce qu’elle pensait, mais visiblement de son
coté à lui, ce n’était pas les mêmes priorités.
-C’est le colonel Reynolds qui vous a
laissé entrer ? C’est étonnant de sa part.
-Je vous en prie monsieur, n’accablez
pas le colonel Reynolds, tout est de ma faute, j’assume l’entière
responsabilité de mes actes.
-Vraiment ! dit-il avec ironie.
-Je suis revenue parce qu’il y avait urgence.
-Je vous écoute dit-il sans la lâcher
du regard. Vous avez intérêt à être convaincante, sinon c’est la cour
martiale.
-Depuis notre guérison vous nous évitez
commença t-elle, en pesant ses mots et sans le regarder , et nous ne comprenions pas pourquoi. Nous voulions
savoir ce qui s’était passé avec Itzamna et votre silence nous a beaucoup
perturbé. On a eu l’impression que vous vouliez nous éloigner. Je l’ai compris en arrivant sur la
planète. Le traité peut être négocié en
quelques jours, le peuple de Thim est tout à fait disposé à notre égard, et je
suis sûre que vous le saviez. C’est
alors que je suis rentrée car je voulais voir si vous aviez écrit un rapport
sur la mission, je n’en ai pas trouvé mais
je suis tombée sur cette note.
Long
silence gêné. Puis il reprit la parole.
-Vous quittez une planète sans raison
professionnelle valable, dit-il d’une voix glaciale, lente et presque
rauque, vous racontez des bobards au
colonel Reynolds, vous ne me l’avez pas dit , mais je peux le deviner, vous
piratez mes dossiers en craquant mon code ! Et cerise sur le gâteau : vous en
faites un tirage papier ce qui est
formellement interdit dans le cas d’un
dossier confidentiel ! C’est tout ? Je n’oublie rien ? dit-il
sarcastique.
-Je mérite la cour martiale mon
général, je le reconnais dit Sam en faisant
profil bas. Son cœur battait à
tout rompre dans sa poitrine mais il
fallait absolument qu’il l’écoute.
Elle
poursuivit :
-Si je suis rentrée monsieur c’est ….
Il
la coupa brusquement comme s’il ne l’avait pas entendue.
-Vous avez regardé combien de
dossiers ? Vous rendez-vous compte de la portée de vos actes ? Malheureusement je suis obligé d’en référer à
mes supérieurs, je ne peux pas vous couvrir.
Il a des dossiers hautement
confidentiels dans cette base, des choses que vous ne devriez en aucun cas
connaître. Oui vous méritez la cour martiale colonel Carter, et je ne vois pas
comment vous pourriez y échapper.
-Je ne cherche pas à fuir mes
responsabilités monsieur. Mais je vous fais le serment que je n’ai ouvert aucun
autre dossier.
Devant
son regard si franc, il faiblit.
-Je vous crois, Carter dit-il, avec
lassitude.
-Mon général je voudrais avant que vous
me laissiez continuer les
recherches sur l’antidote que je n’avais
pas reprises après notre guérison.
-Négatif ! C’est parfaitement
inutile. Il n’y a rien à faire. Et si je vous ai envoyée sur…
-C’est pour ça, le coupa t-elle. Sauf votre respect monsieur, vous pensiez sans
doute mourir tranquillement pendant notre absence, mais c’est bien mal me
connaître. Je me battrais jusqu’au bout, jusqu’à votre dernier souffle de vie.
Pourquoi avoir voulu nous éloigner ?
Vous ne nous faites plus confiance mon général ?
-Vous ferez exactement ce que je vous
dirais dit-il d’un ton sec.
-Mais mon général …
-Vous discutez les ordres d’un
supérieur, Colonel ?
-Non monsieur dit-elle d’une voix
étouffé et essayant de se contenir.
-Je vous ordonne de retourner sur la
planète terminer la mission.
-A vos ordres monsieur dit-elle en mordant dans les mots, d’une façon
irrespectueuse.
Il
ne releva pas. Il paraissait à bout de
souffle et au bord de l’épuisement, le cœur de Sam se serra, il souffrait
visiblement beaucoup. Il était assis à son bureau les bras appuyés sur la table
comme s’il voulait se tenir. Son visage
était fatigué, il avait les traits tirés et des cernes sous les yeux. De temps
à autre elle voyait dans son regard ce qu’il aurait voulu dissimuler. Mais
l’œil exercé de Sam ne s’y trompait pas. Il souffrait le martyre, et luttait de
toutes ses forces pour ne pas s’effondrer.
Elle
était obligée de partir, elle obtempéra la mort dans l’âme.
-Permission de me retirer mon général.
Il
fit un geste pour lui dire de sortir.
-Présentez vous dans une demie heure à
la porte des étoiles.
Très
raide elle se mit au garde à vous et tourna les talons.
P8H567
Daniel
et Teal’c prévenus, l’attendaient. Ils virent tout de suite que cela s’était
mal passé. Elle hésitait à tout leur dire puis finalement elle se décida. Ils
étaient aussi les amis de Jack et avaient le droit de savoir.
-Je sais le fin mot de l’histoire
Daniel.
-Vous avez trouvé le rapport ?
-Non, je pense qu’il n’en a pas fait, mais j’ai trouvé une petite note qu’a rajouté
le général sur un ancien rapport. Vous vous souvenez de P7F206 ?
-P7F206 ? redit Daniel, ah oui
cette planète agricole où nous avons été si bien reçus ?
-Oui, celle-là, en fait c’est là que
nous avons été piégés. Nous avons été empoisonnés sur cette planète et le
général aussi.
-Qu’est ce que vous dites Samantha
Carter ? dit Teal’c, je croyais que
c’était pendant notre captivité sur une planète d’Itzamna ?
-On l’a tous cru, hélas !
-Mais Jack n’ était pas malade !
dit Daniel avec étonnement.
-Je ne sais pas, mais maintenant il
l’est, je peux vous le dire.
-Et pourquoi êtes vous revenue, ? vous auriez pu aider le docteur Lassiter à
trouver un antidote.
-Il m’a renvoyé ici avant que j’ai eu
le temps de lui expliquer quoique ce soit.
-Non, c’est pas vrai ! dit Daniel.
Quel abruti ! Toujours à refuser de
l’aide ! Mais pourquoi faut-il qu’il soit toujours aussi
orgueilleux ?
Ils
parlaient tout en marchant. Un long silence s’établit et ils firent le dernier
kilomètre en silence chacun ruminant ses pensées.
-Et ce traité ça avance ? dit Sam.
-C’est sur la bonne voix, Thim est un
homme très ouvert mais il ne vit pas au même rythme que nous .
-Et pourtant il faudrait faire avancer
les choses plus rapidement. Je suis très inquiète pour le général, et je perds
mon temps ici.
-Demain, nous aurons un contact, je
parlerai à Jack. Il m’enverra balader, mais j’ai l’habitude dit Daniel.
J’essaierai de le convaincre que votre place est là-bas.
Ils
passèrent la soirée à discuter avec Thim et sa famille. Sg1 était logé chez
lui, une grande chambre avait été mise à leur disposition.
Sam
eut du mal à trouver le sommeil, elle revivait en boucle sa discussion avec
Jack et savait que l’Etat Major ne lui ferait pas de cadeau même si c’était au
prix de la vie de son général. Mais finalement
elle ne regrettait pas d’avoir tenté.
Ce qu’elle regrettait c’est de ne pas avoir réussi. Quelle perte de
temps ! et le temps il n’en a plus
beaucoup pensa Sam le cœur serré par l’angoisse.
A
14 heures le lendemain, ils établirent le contact avec la base.
-Laissez moi faire dit Daniel.
Une
voix jaillit du MALP.
-Alors cette mission ? entendirent-il.
-Bien Jack, ça avance ,dit Daniel, nous sommes très bien reçus et tout se passe au mieux,
c’est pour ça que je pense que la place de Sam n’est pas ici, je pourrais très
bien me débrouiller seul avec Teal’c.,
-Daniel, quand on vous demandera de
penser, je vous ferai signe dit Jack avec ironie.
Daniel
soupira.
-Vous êtes une vraie tête de mule, on
essaie de vous aider.
-M’aider à quoi ? Faites votre
boulot, c’est tout ce que je vous demande. Rien à ajouter sur la mission ?
A
ce moment Sam se plaça devant la camera du MALP pour être visible de Jack,
-Mon général, en ce qui concerne
l’antidote, j’ai une idée. J’aimerais en parler avec le docteur Lassiter.
Il
y eut un blanc au bout du vortex. Sam ne pouvait pas voir Jack mais elle
pouvait presque entendre ses neurones fonctionner à grande vitesse. Comment
céder sans en avoir l’air, et sans perdre la face !
-C’est d’accord colonel, vous pouvez
rentrer.
-Merci monsieur dit-elle heureuse
d’avoir enfin le feu vert.
Base
de Cheyenne Moutain.
Elle
rentra à nouveau dans la base, le général était dans la salle de contrôle.
-Je vais directement à l’infirmerie mon
général dit-elle en voyant son supérieur.
-Allez-y lui dit-il.
Et
sans un regard pour elle il fila directement dans son bureau.
Elle
eut le plaisir de retrouver Timothy
Harlow qu’elle n’avait pas vu depuis des années.
-Comment vas-tu Sam ? demanda t-il
en la serrant dans ses bras.
-Maintenant que tu es là, beaucoup
mieux dit –elle.
-Un sacré casse tête que nous avons là
dit-il. Tu vois ces échantillons de sang, c’est le tien pendant ton
empoisonnement et après, et il n’y a aucune différence. Il en est de même pour
Teal’c et Daniel. Je pense qu’il s’agit d’un problème d’ADN. Mais pour le
moment il faut attendre. J’ai mis en route une batterie de tests, mais nous
n’aurons pas de réponses avant deux jours.
-Tu peux m’expliquer ?
-Je pense que le général O’Neill dont
l’ADN a été marqué par les Asgards présente une résistance plus grande au
poison. Heureusement pour lui, parce autrement il serait déjà mort.
-l’ADN j’y avais pensé aussi. Moi aussi
je suis étonnée que la forme de la maladie chez le général soit aussi
différente de la notre, à Teal’c, Daniel et moi. Et puis il m’est venu une
autre idée dit Sam. As-tu lu le rapport de mission sur la cité
des Anciens ?
-Non
-Je te le ferais parvenir. Mais pour
l’instant l’important c’est tu saches ce qu’a fait le colonel. Pour vaincre
Anubis le seul moyen était de trouver une arme des Anciens. Le colonel O’Neill
a donc pour la deuxième fois téléchargé dans son esprit toute la connaissance
des Anciens. Mais ce faisant il a acquis
un nouveau pouvoir, qu’il n’avait pas eu la première fois , le pouvoir de guérison. Sur le vaisseau il a guéri Bratac
d’une très grave blessure à l’abdomen rien qu’en posant sa main sur son ventre.
-Impressionnant ! dit Timothy
mais pas très scientifique.
-Je le reconnais dit Sam en souriant,
mais je me demandais s’il ne restait pas chez le général un reste de ce pouvoir
de guérison.
-On ne se guérit pas soi même dit
Harlow !
-Non, mais peut être que ce pouvoir de
guérison a entraîné des modifications
chimiques au niveau des cellules du cerveau du colonel et qui lui a
permis de mieux résister au poison.
-Mais il n’a plus le savoir des
anciens ? N’est ce pas ?
-Non, Thor lui a retiré la connaissance des Anciens
après un long passage dans une capsule de cryogénisation. Mais ce pouvoir n’est
pas du domaine cognitif mais du domaine chimique ou au niveau des
neurotransmetteurs, on ne sait pas très bien, quelle zone du cerveau est
concernée. Il a pu en conserver une partie.
-Oui,
c’est possible, mais comment le savoir ?
-Ça ce n’est pas mon domaine, mais
plutôt le tien Timothy !
-Oh non ! répondit en riant le savant, mon travail consiste plutôt à
disséquer l’ADN et à en traquer tous les mystères.
-Quel est ton plan ?
-Pour le moment je n’en ai pas hélas.
Nous n’avons pas les connaissances nécessaires pour étudier un poison
invisible.
-Et si on cherchait un peu du coté de
ce Cosimo Ruggieri ? dit Sam. Il
parait qu’Itzamna a appris beaucoup sur
lui en lisant ces vieux grimoires.
-Je sais que c’était un savant
spécialiste des poisons.
-Tu as entendu parler de l’ Aqua Tofana ?
Ce poison indétectable ?
-Indétectable à l’époque ! dit
Tymothy, N’oublie pas que Cosimo
Ruggieri était l’astrologue de Catherine de Médicis, et qu’ ils n’avaient pas
les moyens d’investigation que nous
avons maintenant. D’autre part c’était un poison qui rongeait les intestins,
rien à voir avec celui qui nous préoccupe aujourd’hui. Ce n’est sûrement pas ce
poison.
-Oui tu as raison.
-Tout à l’heure tu m’a parlé de vieux
grimoires ?
-Oui, c’est Daniel qui nous en avait
parlé au cours d’un briefing. Itzamna aurait trouvé de vieux manuscrits de
Ruggieri. Mais ça me donne une idée, il doit bien y avoir encore des écrits de
cet astrologue. Si ça se trouve la formule du poison ou et de l’antidote sont
dans ces écrits.
-C’est ce que je pensais Sam, il faut chercher de ce coté, c’est une
piste intéressante.
-Daniel doit absolument revenir de la
planète on a besoin de lui ici.
Sandra
qui avait entendu la fin de leur conversation intervint :
-Il faut que je vois le général pour
son traitement, vous pourriez lui en parler. Mais je vous souhaite bien du
plaisir, il n’est pas très ouvert en ce moment.
-Vous avez parlé d’un traitement
docteur ?
-Non en fait , ce sont plutôt des
antalgiques, parce naturellement je n’ai rien de curatif.
Quelques
minutes plus tard O’Neill les retrouvait dans le bureau de Sandra. Elle lui
avait demandé de venir immédiatement.
-Oui ? Qu’il y a t-il docteur
dit-il d’une voix froide sans regarder
ni Harlow, ni Sam.
Ce
fut Timothy qui prit la parole et lui expliqua les conclusions auxquelles ils
étaient arrivée et la présence indispensable de Daniel.
Il
soupira et céda.
-Puisque tout le monde conspire dans
mon dos, dit-il avec un pâle sourire c’est d’accord, je vais envoyer SG16
négocier ce traité.
C’est
à ce moment qu’il vit le visage de Sam. Elle était pâle, et soucieuse, cela se
voyait à un froncement de sourcils qui ne lui était pas habituel. Il ne dit
rien, garda pour lui ses réflexions mais songea avec un certain soulagement que
si quelqu’un réussirait à le sauver, ce serait elle, avec son opiniâtreté et
son courage pour braver les ordres au mépris de sa carrière.
Cela
le réconforta un peu. Mais il ne voulait se faire aucune illusion. D’ailleurs
la douleur l’empêchait de raisonner sainement, et il se refusa à y réfléchir
davantage. Il vivait au jour le jour depuis l’annonce de son empoisonnement.
-Je retourne dans mon bureau dit-il au
médecin.
-Vous seriez mieux à vous reposer mon
général.
-J’aurais tout le temps de me reposer
quand je serais mort, dit-il froidement.
A
cette phrase Sam blanchit jusqu’aux lèvres. Jack se retourna à demi comme s’il
regrettait ses paroles. Puis haussant les épaules il quitta la pièce.
Daniel
et Teal’c revinrent dans la soirée. Daniel passa d’abord voir Jack qui était
toujours dans son bureau.
-Vous travaillez encore Jack ?
Personne ne vous remplace ?
-Non pas encore, et puis je mets mes
affaires en ordre.
-Vos affaires ?
-Oui, je ne m’en suis jamais beaucoup
occupé ! Par négligence sans doute, j’avais toujours autre chose à faire. Et puis
vous savez Daniel ça n’a jamais tué personne !
Le
coup d’œil glacé de Jack dissuada Daniel de poursuivre sur ce registre.
Cependant il comprenait le pessimisme de
Jack, sa situation était dramatique.
-Jack, dit-il dans les dossiers que j’ai à ma disposition je
n’ai pas trouvé grand chose sur Ruggieri, seulement quelques pages de
manuscrits que mon équipe est en train de traduire. En attendant je voudrais
retourner sur la planète où Itzamna a été tué, je pourrais peut être les
trouver ces fameux bouquins. Qu’en pensez-vous ?
-Il ne doit pas rester grand-chose du
temple il a été détruit par l’attaque que nous avons essuyée. Enfin je suppose,
il y avait des flammes, de la fumée, mais je n’ai pas été voir de plus près.
-On peut aller voir peut être ?
-La planète a du être envahie par un
Goa’uld, ou des jaffas, je ne sais pas qui a frappé. C’est très dangereux
d’aller là bas ; et je ne veux pas mettre des hommes de la base en danger
pour mon profit personnel.
-Je vous reconnais bien là Jack. Mais
on pourrait envoyer un MALP d’abord pour surveiller les alentours de la porte,
et tenter une expédition après.
-C’est d’accord Daniel, allons-y.
Ils
se rendirent tous les deux dans la salle de contrôle et un MALP fut envoyé immédiatement
vers la planète d’Itzamna.
Les
première images montrèrent des jaffas près de la porte.
-Vous voyez bien Daniel personne ne
doit se rendre sur la planète, dit O’Neill avec un air désabusé.
-Attendez Jack. Faites faire un tour de
180 ° à la camera dit-il au sergent Siler.
-Regardez reprit Daniel, il y a des
jaffas de plusieurs Goa’ulds, je vois des symboles différents sur leur front,
Apophis, Sokar, Baal…
-Des jaffas rebelles ? fit
O’Neill.
-Oui, bien sûr, et n’est-ce pas Raknor qui arrive ?
-Raknor ? dit-il en parlant dans le micro, c’est Daniel
Jackson
-Bonjour dit le jaffa, j’ai en effet reconnu votre sonde.
-Ainsi c’est vous qui avez bombardé la
planète et tué Itzamna ?
-En effet et je peux dire qu’il est
mort, et bien mort. Encore un faux dieu de disparu.
-Nous avons besoin d’aller sur la
planète dit Daniel, pour retrouver de vieux manuscrits dans le palais d’Itzamna.
-Il ne reste pas grand-chose du palais.
-Nous envoyons une équipe.
-Entendu on vous attend.
Pendant
ce temps là, SG13 s’était préparé et était prêt à partir.
Planète
d’Itzamna.
L’accueil
fut loin d’être chaleureux. Ils arrivèrent devant un parterre de jaffas l’arme
au poing et l’œil menaçant. Sur un signe de Raknor ils baissèrent leur lance.
- Excusez-nous major , dit-il à Warren,
mais nous sommes très méfiants. Cette
planète est très convoitée et nous sommes toujours sur nos gardes. Qu’est ce
que vous cherchez exactement ?
-De vieux manuscrits.
Le
major Warren avait eu l’autorisation de raconter succinctement ce qui était
arrivé à SG1.
Raknor
se radoucit :
-Et comment vont-ils maintenant ?
-Le colonel Carter, le docteur Jackson
et Teal’c sont guéris. Mais le général O’Neill est aussi contaminé et nous
recherchons les vieux grimoires, car il y a sûrement la description du poison
et de son antidote.
-Je ne garantis par qu’il reste quelque
chose.
Tout
avait été dévasté, de vastes cratères
creusés par les bombes, et les ruines des quelques habitations en faisait une
planète sinistre. Malgré son habitude Warren frissonna et fit accélérer le pas.
Du
palais, hélas, il ne restait pas grand-chose. Tout ce qui avait pu être sauvé
l’avait été, des pans de murs noircis se dressaient vers le ciel tels de sinistres colonnes.
Warren
soupira :
-En effet il ne reste presque plus rien.
Mais je suppose qu’Itzamna gardait ses objets
les plus précieux dans des endroits secrets et à l’abri de la
destruction.
-C’est possible en effet, il y a de
grandes caves sous le palais, elles n’ont pas été détruites mais elles sont
vides.
-Pouvons nous y faire un tour ?
-Je ne vois pas ce que cela vous
donnerai de plus puisqu’il n’y a rien.
-Vous n’avez rien vu, nuance ! dit Warren en souriant, mais
vous ne cherchiez rien du tout.
-Très juste dit Raknor, je vais vous
faire accompagner.
-Nous pouvons y aller seuls, dit
Warren.
-Je ne préfère pas dit Raknor
sèchement.
-Vous vous méfiez de nous ?
Pourtant au nom de notre ancienne amitié je vous demande de nous faire
confiance.
Raknor
plongeant ses yeux au fond de ceux du jeune major, n’y lut que de la franchise
et un désir profond de réussir sa mission.
-C’est d’accord, mais faites-nous part
de vos trouvailles.
-C’est entendu.
Warren
et ses hommes prirent un petit escalier
qui descendait sous la grande salle du palais.
L’odeur acre de l’humidité et du renfermé les prit à la gorge.
Ils
aboutirent dans une immense salle aux murs de pierres suintantes. Apparemment
il n’y avait rien. La salle était vide.
-On se partage le travail dit Warren,
Philips vous prenez le mur du fond, Pheeps et White respectivement à droite et à
gauche. Je prends le mur d’entrée.
Pendant
plus d’une heure ils sondèrent les murs, tapant méthodiquement sur chaque
pierre. C’étaient de grosses pierres
grises et carrées, une sorte de
granit brut très compact. Pas facile de voir s’il y avait une pierre creuse.
Et
pourtant il y en avait une.
-J’ai quelque chose dit White. Avec un
burin , ils descellèrent la pierre, et mirent à jour une cache assez profonde.
Warren vivement pointa sa lampe jusqu’au fond, il fit un « oh » de
frustration. La cache était vide.
-Il n’y a rien ici, allons plus loin.
La
nuit était tombée depuis longtemps qu’ils cherchaient encore. Quand White eut
l’idée de regarder à nouveau au fond de la cache.
Il
tata le mur au fond qui rendit un bruit étrange. Comme s’il y avait une double
cavité. Il appela Warren qui lui ordonna
de creuser. La deuxième cache apparut, elle était petite et entourée de bois
comme pour mieux protéger l’objet qu’elle contenait. Il y avait un petit coffre
en bois de rose avec une combinaison.
-On l’ouvre monsieur ? demanda
White.
-Non, on le rapporte tel quel au SGC,
c’est peut être piégé.
-Mais si le manuscrit n’est pas
dedans ?
-Alors on continuera à chercher.
Puisque c’est vous qui l’avez trouvé, vous allez rentrer avec cet objet et le
remettre aussitôt au docteur Jackson. Vous me tiendrez au courant. Nous pendant
ce temps là ,je vais prévenir Raknor de notre découverte et nous continuerons de chercher.
Base
de Cheyenne Mountain. Labo de Sam.
Le
petit coffret de bois avait été posé délicatement sur une paillasse du labo de
Sam. Le jeune femme n’y touchait pas mais l’observait avec une loupe sur toutes
les coutures pour essayer de trouver un détail important sur l’extérieur de
l’objet. Apparemment il n’y avait rien. C’était un coffret sculpté, Daniel y
reconnut les attributs d’Itzamna, le soleil et la lune, un spectre, et quelques
inscriptions qui traduites ne donnèrent aucune indication sur le contenu du
coffret ni sur son éventuel danger.
-Passez-le aux rayons X dit Sam au lieutenant
Graham Simmons.
-Tout de suite mon colonel dit le jeune
homme.
On
voyait l’intérieur du coffret qui paraissait vide, aucune partie métallique
pour intercepter les rayons. Cependant à l’intérieur près de l’ouverture une
petite masse était visible, mais impossible à déterminer, il fallait faire des
recherches complémentaires.
L’IRM
put déterminer que le coffret contenait bien
un livre et mais aussi révéla qu’il y avait un petit mécanisme d’autodestruction
qui se déclencherait probablement à la moindre tentative d’ ouverture non
autorisée.
Infirmerie
Le
docteur Lassiter avait obligé le général O’Neill à rester à l’infirmerie.
Celui-ci trop épuisé n’avait pas résisté longtemps.
Maintenant
il était couché en chien de fusil pour soulager la douleur de son dos des nutriments et des antalgiques coulaient
dans ses veines. Il ne dormait pas, luttant pour rester éveillé.
-Vous ne devez pas lutter contre le
sommeil mon général, vous vous épuisez inutilement.
-Si je dors je ne me réveillerai pas
dit-il d’une voix étouffée.
-Non, mon général, votre état n’est pas si grave malgré les
apparences et vous avez besoin de
sommeil, cela ne peut vous faire que du bien. D’ailleurs je ne pense pas que
vous teniez longtemps.
-Ah ! fit-il avant de fermer les
yeux, ses paupières étant devenues beaucoup trop lourdes.
Sandra
fit poster une infirmière en permanence dans la chambre du général, car elle
était loin d’afficher l’optimisme qu’elle avait montré en sa présence.
Le
général était mourant, elle le savait…
et lui aussi.
Labo
de Sam.
-Heureusement que le major Warren a eu
la bonne idée de laisser le coffret fermé dit Daniel avec une peur
rétrospective.
-Le major Warren connaît son métier dit
Sam, c’est un excellent militaire
habitué aux missions spéciales et il sait qu’on ne doit jamais forcer une
serrure avant de savoir s’il n’y a pas de danger.
-Il y a pourtant un truc qui n’est pas
clair dit le lieutenant Graham Simmons. Si Itzamna a protégé ainsi ce coffret
c’est qu’il devait y tenir. Alors pourquoi le faire exploser en cas
d’ouverture ? Il aurait aussi perdu le contenu !
- Mais c’est un risque qu’il a préféré
prendre. Je suppose maintenant que si on a la bonne combinaison le coffre doit
s’ouvrir facilement, dit Daniel.
-Oui mais comment trouver la bonne
combinaison ? je suppose qu’on a
pas le droit à l’erreur, reprit Graham.
-En effet dit Sam.
-C’est vraiment rageant d’avoir le
livre à la portée de main sans pouvoir y toucher dit Daniel.
Sam
réfléchissait à toute allure, le temps pressait.
-le code est manuel avec 7 molettes.
Cela fait une infinie possibilité de combinaison. Je vais installer un petit
dispositif de détection de codes relié à un puissant logiciel.
Sam
mit en route son programme, et les différentes combinaisons commencèrent à
défiler à grande vitesse.
-Comment ça marche demanda
Daniel ?
-le logiciel va chercher d’abord le
premier chiffre, puis le second jusqu’à ce qu’il trouve le code complet.
-Ah comme dans « War Game »
dit le lieutenant Simmons.
Daniel
et Sam le regardèrent, impavides
-le film sur le gamin qui avait scratché les ordinateurs du
pentagone !
-Ah ! oui je me souviens de ce
film dit Sam, en effet lieutenant c’est un peu ça.
-Ça
va demander combien de temps Sam ? demanda Daniel.
-Rapidement je pense, regardez il y a
déjà 4 chiffres d’affichés.
-Vous avez vu : ITZA c’est pas vrai, il a pris son nom comme
code ! C’est incroyable l’orgueil de ces Goa’ulds, et leur bêtise. On peut
arrêter la machine Sam on a trouvé.
-Attendez Daniel ITZAMNA ne comporte
que 7 lettres, il en reste une.
Les
dernière lettres d’Itzamna apparurent et le logiciel s’arrêta de tourner.
-Qu’est ce que ça veut dire dit Daniel !
Il reste un nombre, ou une lettre.
-Oui, et ça m’ennuie beaucoup.
-Alors on fait quoi ?
-Je suppose que le dernier chiffre est
muet, qu’il n’a pas été activé.
-En effet c’est un zero que l’on voit.
J’espère que personne n’a touché à cette molette.
-Pourtant quand on a à faire à une combinaison
de ce style on fait tourner les molettes pour brouiller le code dit le
lieutenant Simmons.
-La machine aurait du trouver ce chiffre ce
n’est pas normal. Dit Daniel
-Alors on fait quoi Sam ?
-Je crois qu’on a pas le choix, il faut
ouvrir ce maudit coffret. Reculez-vous, si jamais ça explose !
Sam
mit des lunettes de protection très épaisses et des gants. Puis avec une
infinie douceur elle composa les 7 lettres du nom du Goa’uld à chaque lettre
enclenchée un petit déclic se faisait entendre. Après le dernier A, la serrure émit un petit grincement, et le coffret
s’ouvrit.
-Donc pas de dernier chiffre dit
Daniel.
Ils
poussèrent tous un ouf de soulagement.
Dans le coffret un très vieux livre était posé délicatement sur une
sorte de socle qui l’empêchait de bouger.
Puis
tout à coup un compte à rebours s’enclencha, le mécanisme venait de se mettre
en route, dans 10 secondes ce serait l’explosion.
-Faites le 1 maintenant Sam cria
Daniel.
Sans
se poser de question Sam fit rouler la molette jusqu’au 1. Le mécanisme
s’arrêta.
-On l’a échappé belle dit Graham en
s’épongeant le front
-Oui, en effet dit Sam Comment vous
avez su pour le 1 Daniel ?
-Une intuition subite répondit le jeune
archéologue. Les Goa’ulds sont si orgueilleux et plein de suffisance, déjà
utiliser son nom comme code ! et puis le 1 cela m’a paru logique, Itzamna
ne pouvait être que le seul et unique à ses propres yeux, donc le 1.
-Excellente déduction Daniel. Encore un
éclair de génie comme ça et on trouvera vite l’antidote.
-Je le voudrais bien dit Daniel.
-On
a du travail dit Sam. Daniel, mettez
toute votre équipe sur le pied de guerre. Je vais rappeler les
permissionnaires. Tout le monde doit travailler d’arrâche pied. Le temps nous
est compté dit-elle en s’étranglant
d’émotion sur les derniers mots.
-On va y arriver Sam dit Daniel en prenant
précautionneusement le manuscrit. Je suis sûr que tout est écrit là dedans.
-Bon je vous laisse, il faut que
j’aille voir Timothy, nous allons essayer d’avancer aussi de ce côté.
Infirmerie
Sam
était très lasse quand elle arriva à l’infirmerie, elle demanda tout de suite à
voir le général.
-Il est parti dit Sandra !
-Comment ça ? Vous l’avez laissé
partir, dans son état ?
-J’ai fait tout mon possible, je vous
assure mon colonel. Il a dormi une partie de la journée. Puis il s’est levé en
disant qu’il partait. J’ai bien essayé de le retenir, mais son regard m’en a
dissuadé.
-Vous auriez du, j’estime que vous avez
fait une faute professionnelle, dit Sam d’un ton très sec, plus sec qu’elle ne l’aurait souhaité. Elle comprenait le désarroi de Sandra. O’Neill
n’était pas un malade facile et savait très bien jouer de son autorité quand cela l’arrangeait.
-Il est dans ses quartiers ? chez lui ? ajouta t–elle d’une voix plus
douce
-Chez lui. Il a demandé à quelqu’un de
l’emmener.
-Je vais le chercher dit Sam.
Avant
de partir elle alla voir Thimothy.
-Alors cet ADN ? demanda t-elle
sans préambule.
-Je n’aurais les résultats que demain.
-Bien, Daniel va travailler avec les
professeurs Helen Cherrer et Paul Clark.
Je pense qu’à eux trois, ils vont déchiffrer ce fameux grimoire.
-Entendu dit-il. De mon côté je continue de chercher.
Il faut explorer toutes les pistes possibles.
Maison
de Jack
Sam
arriva chez le général une demi heure plus tard. Elle sonna et entra, sans
attendre de réponse. Il était assis dans le canapé, les yeux fermés. Le visage
rempli d’une grande lassitude.
Elle
s’approcha doucement et l’appela à vois basse :
-Mon général !
Il
ouvrit les yeux et sourit légèrement en la voyant.
-Qu’est ce que vous… faites là…
Carter ?
Il
espaçait les mots comme s’il n’arrivait plus à parler.
-Je suis venue vous gronder mon général
dit elle d’ air faussement sévère. Vous n’êtes vraiment pas raisonnable.
Aucune
lueur ne jaillit de son regard, il avait les yeux dans le vague et dit
seulement.
-Oh ! les rôles sont inversés ,
non ?
-Oui, j’ai appelé l’Etat Major, je
prends momentanément le commandement du SGC. Vous n’êtes pas démis, monsieur,
simplement en arrêt maladie.
Elle
lui laissa le temps d’assimiler la nouvelle, puis elle s’agenouilla devant lui,
lui prit la main, il la sentait à peine, et
bougea doucement les doigts, mais
ne put serrer sa main par manque de
force.
Sam
était bouleversée, de grosses larmes silencieuses coulaient sur ses joues. Elle
s’en voulait, elle était venue pour le réconforter, s’occuper de lui, et elle ne
pouvait s’empêcher de lui montrer sa faiblesse. Courageusement elle essuya ses
larmes et elle eut la force de lui sourire.
-Vous avez bien compris monsieur ce que
je viens de vous dire ?
Il
hocha la tête. Son corps était anéanti, mais il avait toute sa tête. Il se
voyait partir !
-Vous êtes sous mes ordres maintenant,
monsieur, dit-elle d’une voix douce.
Il
n’eut aucune réaction.
-Je vous ramène au SGC, vous irez à
l’infirmerie et vous n’en bougerez pas.
Sans
attendre de réponse elle se releva et appela la base pour demander une
ambulance.
En
attendant elle s’assit près de lui, et le prit dans ses bras. Juste retour des
choses. Il l’avait si souvent aidée et réconfortée par le passé, par des gestes
amicaux, des mots gentils, ou tout simplement en la serrant contre lui. Elle
lui rendait la pareille. Elle sentait son cœur battre vite sous sa chemise, il
avait chaud et la sueur couvrait maintenant son front ; Sa fièvre montait.
Il frissonnait par instant. Alors elle fit la seule chose qu’elle pouvait, le
réconforter par des mots doux et énergiques , lui faire comprendre que tout
espoir n’était pas perdu, que le grimoire
allait bientôt livrer ses secrets. Que toute la base était mobilisée, qu’il
fallait qu’il lutte de toutes ses forces, qu’il essaie de prolonger sa vie au
maximum, surtout qu’il ne baisse pas les bras si près du but !
-Jack, Jack, murmurait-elle.
Son
prénom coulait de ses lèvres, ce prénom interdit qu’elle n’employait que dans
son cœur, dans ses nuits solitaires, quand elle n’en pouvait plus d’étouffer
d’amour pour lui.
-Il faut lutter, vous battre, je vous en prie.
Il
se laissait bercer par la voix de Sam et ses injonctions . par un effort
de volonté il sortit de sa torpeur et lui murmura :
-Merci… d’être là… Sam … si
jamais je … je n’aurais qu’un seul regret …
Sa
voix n’était plus qu’un souffle et il ne
finit pas sa phrase, mais le cœur de Sam avait
bondi, les mot résonnaient en
elle et mettait du baume sur sa douleur, elle riait et pleurait à la fois, il
avait décidé de se battre… et il lui avait fait comprendre ce que son cœur n’avait jamais cessé d’espérer.
Et
pourtant elle avait bien compris que s’il était rentré chez lui, c’était pour
mourir dans son cadre familier et non dans l’infirmerie triste et grise de la
base .
Lorsqu’elle
entendit l’ambulance se garer dans la rue, elle alla leur ouvrir la porte
-Allez doucement, il souffre beaucoup
dit-elle d’une voix qu’elle voulait le plus neutre possible. Elle espérait que
personne ne remarquerait ses yeux rouges ;
Pas question de se découvrir devant les infirmier de la base.
-Bien mon colonel. Ne vous inquiétez
pas, nous avons l’habitude.
L’ambulance
toute sirène hurlante arriva à la base. Moins d’une demie heure plus tard le
général était de nouveau dans un lit de l’infirmerie.
-Docteur Lassiter, dit Sam à la jeune
médecin, pendant toute la durée de la maladie du général, vous ne rendrez compte qu’à moi. Vous me
ferez parvenir un bulletin de santé toutes les heures.
-Mais…
-Docteur j’ai pris la direction du SGC,
dit Sam avec hauteur. Et au moindre changement vous m’appelez immédiatement.
-A vos ordres mon colonel.
-Rompez, je serais dans le labo avec
les professeurs Jackson, Clark et Cherrer.
Elle
repassa par le chambre de Jack. Celui-ci dormait. Cela la rassura quelque
peu. Elle avait maintenant à se concentrer sur beaucoup de
tâches, elle ne devait se laisser distraire de son devoir en aucune façon. Il y
avait beaucoup de choses à faire, et
elle en était consciente. Mais elle n’était pas du genre à plier sous la
charge. Elle redressa le dos et sortit d’un pas ferme de l’infirmerie.
Labo
de Daniel
Daniel,
Helen Cherrer et Paul Clark étaient dans
le bureau de Daniel. Le livre était posé sur la table.
C’était
un livre d’assez petite taille, épais au papier fin et fragile. Daniel avait
commencé à tourner délicatement les pages.
Le
texte était pour la plupart en latin ou en italien de la Renaissance. Ruggieri
l’avait écrit en 1567. C’était la somme de travail de toute une vie de
recherche sur les plantes, les minéraux et les métaux. Le livre faisait environ
deux cents pages. Il était construit d’une manière très organisée avec dans la
première partie une réflexion générale sur la médecine de l’époque et un répertoire des plantes curatives mais pour la plupart vénéneuses,
Deux chapitres étaient consacrés aux métaux lourds, et un chapitre aux
minéraux.
Puis
dans la seconde partie du livre il y avait environ une cinquantaine de recettes
de poison, écrites sur la page de gauche
et l’antidote sur la page de droite.
Helen Cherrer
soupira :
-Cinquante poisons différents, Lequel
est le bon ?
-Il faut d’abord tout traduire dit
Daniel. Je propose qu’on se partage le travail. Tant pis pour le livre, ça
risque de l’abîmer, mais je vais être obligé de faire des photocopies de chaque
page. Nous sommes six à pouvoir effectuer la traduction.
-On dispose de combien de temps colonel Carter ?
demanda Helen Cherrer à la jeune femme qui s’était assise près d’eux.
-On ne peut pas savoir, mais pas beaucoup,
le docteur Lassiter n’ est pas optimiste.
Daniel
jeta un coup d’œil à Sam, il s’inquiétait pour elle, elle avait une petite mine
et les yeux rouges. Lui aussi son cœur était douloureux, Jack était son
meilleur ami. Il ferait l’impossible pour le sauver pensa t-il tout en faisant
ses photocopies. Son cerveau travaillait sans relâche depuis qu’il avait appris
l’affreuse nouvelle. Mais il maudissait Jack qui leur avait fait perdre un
temps précieux en ne leur disant rien.
Daniel
répartit les feuilles entre les différents traducteurs . Pour ces hommes
et ces femmes linguistes de haut vol, ce n’était pas une traduction très
difficile. Il y avait beaucoup de latin, et de l’italien ancien que Daniel pouvait comprendre.
Au
bout de trois heures le quart du livre avait été traduit, mais c’était encore trop lent. Naturellement ils
passèrent vite sur les premiers chapitres, qui ne traitaient pas spécialement
des poisons. Mais Daniel se méfiait car l’auteur ne pouvait pas y avoir inclus
des recettes aussi faciles à réaliser. Il devait y avoir des astuces que pour
le moment il n’avait pas encore saisies.
Les
préparations se présentaient toujours de la même manière. Le nom de la plante,
comment extraire le principe actif, où la trouver et en quelle quantité . Puis
venait la fabrication en elle –même, un peu comme une recette de cuisine. Combien
de temps laisser macérer, faire bouillir, sublimer…
Le
professeur Cherrer élimina d’emblée
toutes les préparations à l’arsenic. Ce poison causait des troubles intestinaux
intenses, qui n’avaient rien à voir avec les symptômes observés. Cela supprima
environ une vingtaine de poisons.
Elle
élimina ainsi par déduction une autre vingtaine, tout ce qui contenait de la
ciguë, de la belladone ou de la digitale.
Il
en restait 20…
Les
scientifiques travaillèrent toute la nuit. Sur la paillasse s’alignaient tasses
de café vides et reste de sandwichs. Les yeux étaient rouges et les esprits
fatigués mais au petit matin, il ne
restait plus que deux poisons susceptibles d’être les bons.
Malheureusement
tout au long de ce recueil il n’y avait pas d’explications sur les effets infligés
au corps humain après administration. Seule le professeur Cherrer éminent
botaniste pouvait comparer les propriétés des plantes et leur attribuer une
conséquence. Par exemple elle retint d’emblée l’Aconitum Lapellius qui donnait
des névralgies, ainsi que l’Aristolochia clematitis qui soignait les rhumatismes à un certain dosage et pouvait aggraver les
cas existants.
Daniel
sentait que l’on touchait au but.
-Il faut nous consacrer exclusivement
sur les plantes qui concernent la douleur et
les propriétés anti inflammatoires.
-Dans ce cas on peut ajouter le
leucojum vernum dont l’action est
résolutive.
-je pense qu’il n’y a que le poison de
la page 160 qui correspond, dit Cherrer ;
-En
effet, dit Clark. Voyons en détail ce poison.
Ils
passèrent encore une heure à décortiquer la recette,il y avait quelques autres
principes actifs de différentes plantes,
même des sels de plomb et de la racine de mandragore. et ils traduisirent la confection de
l’antidote , mais oh !
stupeur ! c’était exactement les mêmes produits dans les mêmes quantités.
-C’est pas vrai on tourne en rond, dit
Daniel en se frottant la nuque. Quelle différence y a-t-il entre le poison et
l’antidote ? Il faut absolument
affiner la traduction.
-Ce doit être une question de préparation,
répondit Clark.
-On devrait peut être s’arrêter un peu ?
dit Cherrer , je n’en peux plus de sommeil, ça fait 24 heures qu’on a pas dormi
et je n’ai plus les idées très claires.
-Oui allez vous reposer, je vais
rester ; il faut absolument que je traduise…
Daniel
était déjà retourné à son travail sans plus s’ occuper des autres. Il ne
s’arrêterait que lorsqu’il aurait trouvé
de quoi sauver Jack.
Une
heure plus tard terrassé par la fatigue il s’était endormi. C’est ainsi que Sam
le trouva quand elle revint dans le labo après avoir passé une partie de la
nuit à l’infirmerie. Elle ne pouvait être d’aucune utilité dans la recherche
sur les poisons ; Ce n’était pas du tout son domaine, et elle éprouvait un
sentiment d’impuissance et d’inutilité d’autant plus terrible que Sandra lui
avait dit que l’était de Jack s’aggravait,
il restait lucide mais s’affaiblissait rapidement.
Daniel
se réveilla brusquement et leva vers elle un regard hébété.
-Il faut aller vous reposer Daniel,
vous n’en pouvez plus.
-J’ai peur qu’on ne trouve pas dit-il
avec angoisse, et…
Il
s’arrêta devant le visage bouleversé de Sam, dont les larmes commençaient à
couler.
-Daniel, c’est trop dur, je n’en peux
plus dit-elle en avouant pour la première fois à son ami, le désarroi et le
chagrin dans lesquels elle était plongée.
Je
ne veux pas le perdre ! ajouta t-elle la voix cassée par la douleur.
-Je comprends Sam, dit le jeune homme très ému en lui prenant la
main. Il faut tenir bon Sam tout espoir n’est pas perdu. Je me remets au travail. Le temps de prendre
une douche et de manger un peu. Tenez regardez, les autres reviennent. On s’occupe
de lui. Et puis Helen Cherrer est très forte. C’est la meilleure spécialiste au
monde.
Sam
lui sourit à travers ses larmes, elle se reprit courageusement. Il le fallait,
pour Jack.
Daniel
réussit à affiner sa traduction, la formule de l’antidote se précisait. Il
fallait diluer fortement les doses jusqu’à obtenir une quantité infinitésimale.
Guérir le mal par la mal. L’antidote agissait un peu comme un vaccin.
Il
ne restait plus qu’à se procurer les plantes, ce qui fut très facile pour
Hélène Cheirer qui travaillait à l’institut de biotechnologie et de botanique
de Denver.
Le
mardi 19 mai l’antidote était prêt.
Infirmerie
du SGC.
Le
général O’Neill était sous perfusion, il était devenu si faible qu’il ne
pouvait plus parler. Il était à peine conscient , son corps était engourdi et il ne souffrait plus. Toute sa vie s’était réfugiée dans ses yeux.
Sam
lui prit la main et l’appela doucement.
-Mon général
Il
tourna les yeux vers elle, mais il la voyait à peine. Sa bouche eut un
frémissement , mais aucun son ne sortit
de ses lèvres.
-Il faut attendre dit Sandra après lui
avoir fait boire un peu de la potion. On ne sait pas si on a la bonne posologie.
Combien de temps demanda Sam ?
Elle
arrivait au bout de ses forces, elle avait tenu le choc durant toute la maladie
du général, assurant son remplacement, aidant Daniel et les scientifiques, à
trouver le remède. Il lui fallait encore prendre sur elle, mais elle savait
déjà que si l’issue devait être fatale, elle ne le supporterait pas.
-Il faut qu’il soit surveillé
constamment, mais je pense que d’ici une heure ou deux il devrait y avoir du
changement. N’oubliez pas que vous avez mis plusieurs jours à guérir et que vous,
vous aviez eu droit au bon dosage.
-Je vais rester près de lui dit Sam en
s’asseyant.
-Vous êtes épuisée mon colonel !
-Oui, mais je me reposerais plus tard.
En ce moment je suis incapable de fermer les yeux dit la jeune femme.
Jack
ouvrit les yeux dans la soirée.
Il
vit tous ses amis autour de lui, mais ce qu’il remarqua en premier ce furent le
regard brillant de Sam et son sourire. Elle lui tenait la main, devant tous
comme si toutes les lois avaient pu être abolies d’un coup de baguette magique.
Il n’avait peut être pas encore toute la lucidité pour la repousser, peut être
ne le souhaitait-il pas ?
Il
écoutait la voix de Sam, se laissait bercer par elle. Il s’endormit doucement
d’un sommeil profond et réparateur.
-Il faut le laisser maintenant dit
Sandra, il a besoin de beaucoup de repos.
Quelques jours plus tard. Maison de Jack
-Carter ? fit Jack en ouvrant sa
porte à la jeune femme
-Mon général dit –elle en se troublant.
Elle
avait beaucoup hésité à venir, le général était rentré chez lui depuis trois
jours pour sa convalescence, et elle ne l’avait pas revu. Accaparée par ses
nouvelles fonctions provisoires elle n’avait pas eu une minute à elle.
Plusieurs fois elle avait attrapé le combiné du téléphone, même commencé à
faire le numéro de Jack, puis finalement avait renoncé. Qu’aurait-elle pu dire sinon d’ effroyables
banalités ? Tout entre eux était
suspendu, les phrases qu’ils avaient pu échangées, les attitudes, les regards.
Le « je ne vous aime pas » était ancré en lettres de feu dans son
cœur et avait causé des ravages intérieurs insoupçonnés. Elle ne savait plus ce
qu’il voulait, ce qu’elle voulait, et elle se détruisait à vouloir faire et défaire un avenir qu’elle voyait incertain,
sombre et solitaire. Le poison du doute s’était infiltré en elle détruisant le
fragile échafaudage sur lequel elle
avait construit sa vie depuis huit ans.
-Entrez carter dit-il en s’effaçant
pour laisser passer son second.
Elle
était pâle, pas maquillé, le regard un peu égaré qu’il lui connaissait quand
elle avait perdu tous ses repères, quand elle ne savait plus où était sa route,
quand elle était en proie aux doutes. Ce visage qu’elle lui offrait à cet
instant lui fit mal. Il ressentait toute la douleur de la jeune femme.
Elle
fit quelques pas dans le couloir, il était juste derrière elle, elle entendit
le bruit de la porte se refermer. D’un pas chancelant elle descendit les
quelques marches qui menaient au salon, mais elle se sentit sans force et
chancela. Il la rattrapa juste avant
qu’elle ne tombe. Il la soutint jusqu’au canapé, et la fit asseoir. Elle était
blanche jusqu’aux lèvres, et se laissa aller le dos et la tête contre le
dossier.
-Carter ? dit-il doucement d’une
voix inquiète.
Elle
ouvrit les yeux et vit le visage de Jack tout près du sien, un regard brun ,
inquiet et interrogateur.
-Juste un peu de fatigue mon général,
ça va mieux.
-Vous vous surmenez, vous ne mangez pas
assez, vous n’êtes pas raisonnable, Carter !
Elle
sourit faiblement :
-Je suis très occupée en ce moment.
-Oui, je sais, vous faites mon boulot
en plus du votre ! Car je suis sûr que vous passez un nombre d’heures incalculables dans votre
labo.
-Oui, c’est vrai, mais j’adore ça,
dit-elle en souriant, c’est ma
récréation !
-Il y a des limites, que vous dépassez
largement, Carter ! D’ailleurs j’ai du mal à comprendre que quelqu’un
d’aussi intelligent que vous, manque à ce point de discernement.
-Oui mon général dit –elle docilement
avec une petite grimace.
-Je suis en train de vous gronder Carter,
dit-il d’un air faussement fâché.
-He ! vous n’en avez pas le droit,
monsieur ! C’est moi votre chef pour
le moment !
Il
rit. La gêne entre eux s’estompa. Il la
rejoignit sur le canapé. Elle pouvait sentir la chaleur de son corps tout près
du sien. Elle posa sa tête dans le creux de son cou, et son bras à lui vint
tout naturellement entourer ses épaules. Elle soupira de bien être savourant ce
moment de pur bonheur.
-Carter dit-il doucement, je voulais
vous remercier… pour tout…
Elle
ne répondit pas, attendant la suite, il semblait vouloir parler, Elle releva un
peu la tête et le regarda à travers ses cils. Il avait la tête penchée, et
semblait perdu dans ses pensées.
-C’est à moi, de vous remercier
monsieur, vous nous avez sauvés,
-En vous ramenant sur la planète
d’Itzamna , mais c’est normal ! Qu’aurais-je pu faire d’autre ?
-Vous avez accepté de vous sacrifier.
-Et alors Carter dit-il avec une pointe
d’agacement. On dirait que ça vous surprend !
-Non, pas du tout, je sais ce que vous
êtes capable de faire, je voulais juste vous en remercier.
-Et bien c’est fait n’en parlons plus.
Il
la rembarrait. Il n’aimait pas parler de ses exploits, elle le savait pourtant.
Elle
laissa passer quelques instants en silence puis se décida à aborder le sujet
qui lui tenait tant à cœur. Leur avenir à tous les deux, commun ou non.
-Vous vous souvenez monsieur de la fin
de la soirée que nous avons passé chez
vous ?
-Oui, je m’en souviens. La maladie ne
m’a pas fait perdre la mémoire dit-il sarcastique.
Sam
ne se laissa pas démonter.
-Et vous vous rappelez des phrases que
vous m’avez dites ?
-Où voulez vous en venir Carter dit-il
avec agacement.
Sa
voix s’était faite plus froide, elle l’aurait juré
-Vous m’avez dit des mots très durs. Je
voulais savoir si vous pensez toujours la même chose ?
Il
se leva et se mit à faire les cents pas dans la pièce, seul signe extérieur de
son trouble. Son visage était impassible et dans son regard, elle crut y lire
de la froideur. Elle frissonna.
-Ce que je pense, ou ce que je dis,
Carter, n’a aucune importance. Tant que notre mission que nous avons reçu et
acceptée ne sera pas terminée, nous nous devons de consacrer entièrement nos
vies à notre travail. Alors ce que nous
pensons, ce que nous disons et surtout ce que nous éprouvons, doit
passer au second plan. C’est ainsi.
Il
parlait d’une voix détachée comme s’il s’exprimait sur un sujet quelconque
auquel il n’attacherait que peu d’importance. Et c’est la contradiction entre
ce qu’il disait et la manière dont il le disait qui fit froid dans le dos à
Sam. « ce que nous éprouvons », voilà il l’avait dit ! mais ça
changeait quoi ? Rien pour elle, rien pour lui.
Une
larme glissa sous ses paupières et se fraya un chemin silencieux et
tortueux sur sa joue. Elle le voyait
maintenant à travers un rideau un peu flou. Sa grande silhouette debout au
milieu de son salon, Cet homme qu’elle aimait plus que tout allait encore se
défiler sous les belles paroles du devoir et du sacrifice. Elle sentit la
colère gonfler en elle. Elle en avait
plus qu’assez de se sacrifier. Combien faudrait-il encore subir de bataille, de
douleurs, de blessures, avant de pouvoir
enfin s’échouer au port ? Jamais
sans doute, car tout cela n’était qu’un prétexte pour ne pas s‘engager, une
sorte de retenue, une punition qu’il s’infligeait pour une obscure culpabilité.
Non Jack O’Neill pensait que le bonheur n’était pas pour lui, il avait peur de
s’engager et se réfugiait derrière de faux prétextes. Pourquoi ? de peur
d’être déçu ? c’était tellement facile de vivre dans l’expectative on
avait l’impression encore de tout maîtriser. Mais c’était une erreur, une
grossière erreur qui les rendaient tous les deux malheureux.
Toutes
ces pensées tournaient en Sam tandis qu’elle le fixait à travers ses larmes.
Elle devait tenter quelque chose, elle devait oser, car lui ne le ferait
jamais. Il préférerait la laisser partir plutôt que de s’engager.
Elle
avança d’un pas vers lui, longue silhouette immobile, les bras ballants de
chaque côté du corps. Elle toucha du doigt sa poitrine, à l’emplacement du
cœur, il frissonna. Elle joua le tout pour le tout.
-Redites-le moi encore une fois que
vous ne m’aimez pas, là froidement en me
regardant droit dans les yeux, et je vous jure que je pars immédiatement.
Il
masqua son regard fulgurant de ses paupières closes. Sa respiration devint
anarchique, il ouvrit la bouche pour répondre mais aucun son ne sortit de ses
lèvres. Elle était là devant lui, celle qu’il aimait le plus au monde, elle
s’offrait, le visage tendu vers lui, les lèvres entrouvertes, les yeux mi clos,
laissant seulement filtrer une douce lumière bleue. Son visage en complète
contradiction avec la phrase et le ton glacial qu’elle venait d’employer.
Et
c’était bien là le problème cette contradiction qu’était devenue tout leur vie.
Cet amour impossible pour une foule de raisons plus ou moins valables, et cet
amour entre eux qui transcende tout, qui surpasse tout, qui renaît encore plus
fort à chaque épreuve. Comment faire fi d’un tel sentiment, d’une chose aussi
puissante qui les emporte et qu’ils ne peuvent maîtriser.
Jack
ne répondit pas par des mots, mais par des gestes ; il prit dans ses mains
avec beaucoup de délicatesse le visage offert, et il déposa doucement ses
lèvres sur les siennes en un baiser d’une grande douceur. Il sentit le
frémissement de Sam, puis celle-ci vint mettre ses bras autour de sa nuque le
forçant à plier un peu sa grande taille.
Plus
besoin de mots, Sam avait sa réponse, tout était dit dans ce simple geste d’amour.
Il ne fallait pas attendre de grandes démonstrations de la part de Jack, il n’y
en aurait pas, mais avec ses mains et
avec ses lèvres il savait parfaitement parler le langage de l’amour.
FIN