Un instant d’éternité
AURÉLIA
Fic 37
Disclaimer : pas à moi, pas de sous.
Genre : Romance. Complément d’épisode.
Résumé : un moment de la vie de Jack et Sam,
en complément de l’épisode « diviser pour conquérir »
Rating : pour tous
Dédicace. Cette fic a été écrite à la demande de
Hito, qui voulait lire une version écrite par un auteur de fic de la scène
célèbre du test Zatarc. Voilà comment est née l’idée de cette histoire.
Son
écriture a été faite d’un seul jet, en une heure trente environ. (Sans compter
les relectures et les corrections).
Episode : Diviser pour conquérir qu’il faut
absolument avoir vu. Bonne lecture, les commentaires ou les mails sont les
bienvenus.
*********************
Sam
referma le cahier avec un soupir. Plus jamais elle n’écrirait dedans.
L’histoire était maintenant terminée. Il n’y avait plus rien à ajouter. Elle reposa
son stylo.
C’était un simple cahier d’écolier, à gros
carreaux, rempli de sa petite écriture serrée. Elle qui avait travaillé si
longtemps sur les ordinateurs avait toujours aimé le contact du papier et le
crissement de la plume. Elle avait tout noté au cours des années, sa vie
privée, son travail à la base de Cheyenne.
Si quelqu’un avait pu lire penché sur son
épaule, il y aurait trouvé le récit d’évènements inimaginables : des
voyages intersidéraux de planètes en planètes, des rencontres fabuleuses avec
des populations étranges, hostiles, ou
amicales, des combats avec une race de serpents, des visites de villes et de
mondes à la limite de l’imaginaire.
Ce
journal aurait pu faire le bonheur d’un écrivain de science fiction tellement
il était plein de récits étranges et fabuleux.
Mais
ce lecteur curieux aurait aussi trouvé le récit d’une fantastique amitié qui
l’avait unie à Teal’c le jaffa, l’ancien prima d’Apophis, à Daniel Jackson, le très
érudit docteur en archéologie, et à Jack O’Neill le militaire aussi généreux
que courageux.
Leurs
péripéties sur les mondes lointains, la rencontre de dangers innombrables, et
le fait d’avoir frôlé cent fois la mort les avaient unis par un lien
indéfectible. Ils étaient unis bien au-delà de la mort et le resteraient
jusqu’à leur dernier souffle, dans ce monde et dans l’autre.
Samantha
se leva et ouvrit l’armoire de la
chambre. Sur une étagère s’alignaient de nombreux cahiers d’écolier identiques
à celui qu’elle venait de refermer.
Elle
passa un doigt léger sur les reliures, des dates étaient inscrites, années de
lumière et d’ombre. 1997, là où tout avait commencé pour elle quand elle avait
rejoint ce fabuleux programme porte des
Etoiles. 98, 99, 2000…
Elle
ouvrit celui noté 15 juillet 2000. Elle se replongea dans cette époque
fabuleuse, où tout était encore neuf, et possible. Où les sentiments naissants
qu’elle avait pour le colonel Jack O’Neill ne s’étaient pas encore exprimés, ni
n’avaient pris l’ampleur dévorante qu’ils avaient connu par la suite.
**************
Elle s’assit dans son fauteuil, jeta un regard
vers le lit. Mon amour !
Elle
écrasa une larme et replongea dans son passé, leur passé. Elle choisit de
revivre le moment où il lui avait fait la plus belle déclaration d’amour qui
soit.
Elle
ouvrit le cahier mais ne le lit pas, elle n’en avait nullement besoin, sa
mémoire était intacte, elle laissa sa pensée dériver…
**************
Tout
avait si mal commencé. La réunion sur Vorach s’était terminée dans un bain de
sang, le conseiller Persus blessé, des soldats
et des Tok’ras morts par la folie d’une seul, le lieutenant Graham.
Anise,
jamais à court d’idée avait parlé pour la première fois de zatarc.
Bien
sûr Jack avait été réticent, un zatarc, c’est quoi ? Avait-il dit.
Alors
elle avait exposé sa théorie, car ce n’était qu’une théorie. Une programmation
avait été déposée dans le subconscient du lieutenant, cachée par une fausse
mémoire. Cette programmation était déclenchée par un signal auditif ou visuel.
Bien sûr tout cela n’était que supposition, mais Anise avait même une
parade ! Oh ce n’était pas sûr à cent pour cent mais on l’utiliserait
quand même ! Une sorte de super
machine, un monstrueux détecteur de mensonges, en mieux, en plus fort, et
encore plus dangereux.
Quand
l’équipe était rentrée, Anise avait voulu interroger le lieutenant Astor seule
survivante de la mission où toute son équipe avait trouvé la mort.
Dans
la petite salle on lui avait mis un bandeau sur la tête, lié les poignets et
mis un processeur mémoriel sur le front. Puis elle avait du raconter la
mission. Mais ses réponses étaient soient floues, soient manquaient de
sincérité.
Au
bout de quelques minutes il fut évident qu’elle mentait. On en conclut qu’elle
était un zatarc. Anise essaya un traitement, un puissant rayon frappa ses yeux,
et son front causant une douleur atroce, elle cria, se libéra, attaqua les
soldats de garde, et prenant l’arme de l’un d’eux, elle tira plusieurs fois,
blessant des personnes autour d’elle, et finalement elle retourna l’arme contre
elle et tira. O’Neill, les soldats, étaient pétrifiés ils n’avaient rien pu
faire.
Puis
ce fut le tour de SG1.
Anise
voulut revenir sur cet épisode des bracelets. Ceux-là même qui leur avaient
donné une force fabuleuse et leur avaient permis d’éliminer le futur vaisseau
d’Apophis.
Tous
les quatre, ils avaient passé le test.
La
conclusion avait été terrible, O’Neill
et elle étaient des zatarcs.
Dans
la cellule il était venu la voir.
Ils
avaient parlé quelques minutes, puis il
lui avait dit que lui aussi il était un zatarc.
-Nous avons été inconscient au même moment, monsieur lui
avait-elle dit.
Elle
se souvenait lui avoir demandé s’il avait peur ; il avait dit que oui, un
peu. Quelle question stupide ! Bien sûr qu’il avait peur ! Elle aussi
était terrorisée. Ils avaient en fait dit peu de chose, leurs regards
étaient éloquents, et chacun ne voulait
pas accabler l’autre par sa propre angoisse. Il était reparti, en cellule lui
aussi.
La
situation était terrible, elle l’avait évoquée avec Martouf. Ce que personne ne
savait c’est quelle était leur programmation.
La
signature du traité de Persus avec le président était peut être le but de leur
programmation, tuer le président ou tuer Persus ou les deux.
Impossible
de le savoir. Le traitement qui avait été la cause de la folie d’Astor, était
trop dangereux, mais il faudrait peut être l’appliquer quand même. Anise devant
la douleur du lieutenant n’avait pas été au bout du processus, c’est peut être
ça qui avait causé la perte d’Astor. Personne ne le saurait jamais, le cerveau
de la jeune femme était trop endommagé pour faire une autopsie.
Il
restait la solution de me mener à bien ce traitement de déprogrammation, avec
le risque de folie et de mort, ou bien
d’aller au bout de la programmation avec aussi le risque de mort.
-Vous parlez d’un choix avait-elle dit
à Martouf.
Pendant
ce temps Daniel rendait visite à O’Neill. Ce qui s’était dit dans cette cellule
Sam ne l’avait jamais su, sans doute avaient–ils eu la même conversation
qu’elle avec Martouf.
Le
général Hammond avait décidé avec Janet que le mieux était de les endormir
durant tout le temps de la visite du président. C’est la mort dans l’âme qu’ils
acceptèrent.
Finalement
Jack avait refusé, il avait préféré la solution dramatiquement dangereuse d’Anise
-Vous avez dit que si vous aviez pu,
vous auriez fait l’autopsie du cerveau d’Astor avait –il dit à la jeune Tok’ra.
Celle-ci
avait répondu que oui.
Alors
il avait eu ces paroles sublimes que l’on avait rapportées ensuite à Sam
-Faites-le, cela pourra servir à
Carter, son cerveau est plus précieux que le mien. Un léger sourire avait alors
détendu ses traits.
Il
avait accepté de mourir pour la sauver…
Sam
avait voulu l’en empêcher mais c’était trop tard, il s’était retourné dans le
couloir pour la regarder une dernière fois. Un long regard par-dessus son
épaule. Elle avait voulu s’élancer vers lui, mais on l’avait retenue.
-C’est sa décision avait dit Daniel, il
est en route pour le laboratoire.
Puis
elle s’était couchée et Janet avait commencé l’injection.
Toute de suite les images étaient venues. Ce
couloir immense, le bouclier qu’elle n’arrivait pas à passer, il était revenu
sur ses pas, il avait voulu se porter à son secours, et il était retombé en
arrière avec un cri sourd quand il s’était jeté de toutes ses forces sur le
bouclier devenu infranchissable.
Le
mur était entre eux maintenant, un mur transparent, bleuté, ils pouvaient se
voir, mais pas se toucher. Tout allait sauter dans quelques minutes,
-Mon colonel allez-vous en, avait-elle crié
d’une voix suppliante.
-Non ! Il avait hurlé en tapant de
toutes ses forces dans la trappe d’accès près de lui.
-Mon colonel !
-Non !
Ils s’étaient regardés comme jamais ils ne
l’avaient fait auparavant. Un regard d’amour intense, la découverte d’un tendre
sentiment, la toute première fois où quelque chose de magique se passait entre
eux, un regard brûlant, violent, envahissant, perturbant. Toute sa vie elle reverrait sa grande silhouette vêtue de noir, ses
cheveux recouverts de ce bonnet de laine jusqu’aux sourcils et surtout ce
regard dévorant plein de tout ce qu’il n’avait jamais dit.
Puis
le bouclier était tombé, ils étaient rentrés à la base avec l’aide de Teal’c
venu les chercher.
-On
a menti avait-elle dit alors, on ne savait même pas qu’on mentait.
Janet
s’était figée, la seringue à la main puis elle avait couru jusqu’au laboratoire
où O’Neill devait subir le traitement.
Sam
encore titubante et sans force, l’avait rejoint. Ils s’étaient parlés, il avait
fait celui qui ne comprenait pas, mais elle avait insisté :
-Ce que nos grades respectifs ne nous
permettent pas…Il avait compris bien sûr, mais il se sentait mal à l’aise.
-Refaites-lui le test avait-elle dit à
Anise.
-Qu’avez vous éprouvé colonel ?
-Comme si quelqu’un allait mourir, je suis resté car je préférais
mourir… plutôt… que de perdre… Carter.
-Pourquoi ?
-Parce que je tiens à elle… beaucoup plus…
que je ne suis censé le faire.
-Vous
n’êtes pas un zatarc.
Son
cœur à elle battait à grands coups dans sa poitrine. Il les avait dit les mots,
pourtant elle sentait au fond d’elle-même qu’il ne fallait pas aller plus loin,
que c’était impossible, qu’ils étaient
investis d’une mission qui les dépassait, détruire les Goa’ulds, qu’ils n’avaient pas le
temps pour mener une vie personnelle bien remplie, qu’ils se devaient à leur
travail, qu’ils n’avaient pas le droit, que c’était interdit par le règlement.
Tout un tas de bonnes ou de mauvaises raisons pour ne pas s‘engager.
Sur
le moment elle ne lui dit rien de ce qu’elle ressentait, de ce qu’elle pensait.
-Refaites moi le test avait-elle dit à
Anise.
-Qu’avez-vous éprouvé major Carter
quand vous avez dit au colonel O’Neill de partir.
-Je voulais qu’il se sauve, je voulais
qu’il vive, par ce que je savais que moi, j’allais y rester, et cela m’était
insupportable.
-Pourquoi vouliez-vous qu’il
vive ?
***************
Les
Lèvres de Sam murmurent les mots qu’elle avait prononcés et écrits il y avait
bien longtemps.
-Parce que ce que sa vie a tellement plus d’importance que la mienne,
elle est trop précieuse à mes yeux. Le sachant vivant j’aurais pu mourir en
paix.
Phrase
au passé au présent au futur, un tel amour n’a plus de temps, que le temps de l’éternité.
***************
-Vous n’êtes pas non plus une zatarc.
C’est
alors que l’irréparable avait eu lieu.
Il
s’était approché d’elle :
-On est bien d’accord Carter ?
-Absolument.
Tout
avait été dit, elle avait même ajouté,
- Rien ne doit sortir de cette pièce.
Tout
était fini avant même d’avoir commencé.
*************
Sam
ferma les yeux un instant, le cahier sur
ses genoux. Elle était plongée dans ses souvenirs.
Jack,
mon Jack…
Une
larme roula sur sa joue.
Après
elle n’avait cessé de regretter cette situation. Ils s’étaient chacun retiré à
l’intérieur d’eux mêmes. Plus rien ne transparaissait de cet amour qu’elle
savait réciproque. Ils vivaient, remplissaient leurs missions, travaillaient à
la base, luttaient contre les goa’ulds, étaient parfois blessés, en danger de
mort.
Les
années passant elle avait fini par se demander si elle n’avait pas rêvé cette
déclaration qu’il avait faite en public, contraint et forcé. Car plus jamais il
n’en avait été question.
O’Neill
trois ans plus tard était devenu général. Puis elle avait rencontré Pete et
avait bien failli se marier. Il était
resté trois ans général à la tête du SGC, puis un jour il avait donné sa
démission, mais était resté à diriger la base en tant que civil.
Tout
était alors possible entre eux, et tout alla très vite, à partir de cet
instant. Elle n’avait pas su quel avait été le facteur déclenchant chez lui,
peu importait après tout, mais de son côté elle savait qu’elle n’avait jamais
cessé de l’aimer depuis le premier jour où elle l’avait rencontré ;
-Elle débarque du Pentagone !
Tout
au long de leur vie, ils évoquaient souvent ce moment, dire qu’elle l’avait
provoqué au bras de fer ! Ils en
riaient encore.
Leur
vie fut bien remplie, ils eurent des enfants, et même des petits enfants.
Ils
connurent la souffrance, la douleur, la joie mais aussi un immense amour. Pas
un seul instant elle n’avait regretté d’être devenue, un matin de mai 2007, Samantha
O’Neill.
*******************
La
chambre était maintenant plongée dans la pénombre, uniquement éclairée par la
lueur tremblotante des bougies qu’elle avait allumées et disposées autour du
lit. Une réminiscence de la salle aux lumières qu’affectionnait Teal’c, il y a
bien longtemps.
Elle
le veillait depuis le matin. Il s’était
endormi à l’âge de quatre vingt quatorze ans.
Sam
n’avait prévenu personne, et elle savait qu’elle ne le ferait pas. Ses enfants
étaient loin, elle ne les avait pas vus depuis longtemps. Ses amis d’autrefois
Hammond, Teal’c, Daniel et même Jonas étaient partis.
Jack, son Jack les avait rejoint, maintenant il était près de
son fils, attendant qu’elle vienne le retrouver.
Elle
s’approcha de lui. Il reposait son visage détendu et rajeuni, elle posa sa bouche sur ses lèvres,
en un tendre baiser d’adieu.
Alors
elle s’allongea près de lui, posa sa main sur la sienne et s’enfonça doucement dans
le sommeil éternel un sourire aux lèvres. Heureuse, elle partait le rejoindre.
Sur
la table un cahier d’écolier était encore ouvert à la dernière page, on pouvait
y lire ces mots qu’elle venait de tracer d’une main tremblante :
« Jack, mon amour
de toute ma vie, attends moi, je viens. »
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