Aurélia
Fic
62
16
Octobre 2005
Genre : Romance. Missing
scène, Entité saison 4, qu’il faut absolument avoir vu.
Disclaimer : j’ai écrit cette histoire
uniquement pour le plaisir.
Résumé : épisode l’entité : les pensées
de Jack.
Avertissement : c’est très court. J’ai écris ça en
une heure, mais l’idée me trottait dans la tête depuis un moment.
Des
feeds me feraient bien plaisir.
UNE HEURE, RIEN
QU’UNE…
1
Avoue
que cette idée t’avait effleuré mais que tu l’avais reléguée au fond de ton
subconscient en compagnie de tes rêves brisés
et de ton passé inavouable.
Et
pourtant c’était arrivé. Elle était morte.
Et
toi tu étais là, vissé sur cette chaise,
les coudes sur les genoux, écoutant sans l’entendre le bruit sinistre du
respirateur.
« Mort
cérébrale » avait dit Janet.
Elle
était là, en train de t’expliquer que Sam ne voulait pas
de réanimation. Et toi tu te refusais à l’admettre, même si tu comprenais que Janet
veuille respecter ses dernières volontés. Tu lui avais demandé « une heure, rien qu’une heure »
Puis
tu t’étais rapproché du lit, et tu lui avais pris la main. Sa main inerte et
chaude, comme si la vie circulait encore en elle.
Tout
bas en silence tu lui avais fait tes adieux.
Des
adieux à celle qui n’était que ton amie, alors que tu aurais souhaité
infiniment plus. Elle n’était plus là pour t’entendre alors dans ton cœur tu
lui as murmuré les seuls mots importants que tu n’as jamais été capable de prononcer.
Je
t’aime.
Des
flashs de ces derniers jours passaient devant tes yeux tandis que tu contemplais
son beau visage immobile. Plus jamais tu ne verrais ce regard bleu pétillant et
si doux quand il se posait sur toi.
Si
tu avais pu pleurer, en cet instant, tu l’aurais fait.
L’entité.
Les premières heures, tu n’avais rien pris au sérieux, comme d’habitude quand
tu ne comprenais pas. C’était une histoire pour les scientifiques. Carter trouverait le moyen, tu
en étais sûr, tellement sûr !
Quand
tout le monde avait compris que l’entité ne s’en irait pas et qu’elle
avait squatté le terminal de la réserve tu avais voulu l’éradiquer en coupant
le fil qui la reliait au courant électrique.
Mais
bon sang pourquoi ne l’avais- tu pas fait ? Tu
n’aurais pas assez de ta vie entière pour le regretter.
Tu
n’avais rien fait parce que Daniel et
Carter voulaient communiquer. Tu t’es laissé embobiner. Toi, tu as toujours eu du mal avec les machines, de
n’importe quelle sorte. Pour toi, une machine reste une machine, pourquoi
vouloir y trouver autre chose ?
Mais
Carter et Daniel n’étaient pas du même avis. Ils voulaient discuter alors que toi,
tu aurais voulu tout nettoyer au lance-flamme.
Mais
ils t’avaient fait comprendre que bien
des fois vous aviez été comme l’entité,
seuls dans des mondes hostiles, à la merci de tous. Alors tu avais cédé, tu les
avais laissés faire et Sam s’était installée devant l’interface. Et là, le piège
avait fonctionné.
l’entité
l’avait possédée.
Dans
la chambre à l’infirmerie, tu avais
commencé à parler avec cette
« chose ». Puis Daniel avait voulu faire le gentil, discuter avec
elle, lui promettre de ne jamais recommencer si elle quittait le corps de Sam.
Mauvais
calcul ! il ne fallait pas discuter, mais attaquer. Et c’était ce que tu
avais promis : une attaque en règle de son monde avec des ondes radios. Et
Hammond était de ton côté.
L’entité
avait paniqué, elle avait cédé et décidé de réintégrer le terminal de la
réserve.
Dans
le couloir, cernée, elle avait élevé les deux bras et envoyé des décharges
électriques dans le système.
Mais
tu n’avais pas compris. Personne n’avait compris. Alors tu avais tiré un coup de zat.
Elle te regardait fixement. C’était Sam qui te regardait, et qui te suppliait.
Ce n’était pas le regard vide de l’entité
mais celui de ton major. Tu le savais.
Elle
te suppliait d’interrompre le flux qui s’échappait de ses mains.
Alors
la mort dans l’âme tu avais tiré une seconde fois. Et tu l’avais tuée. Elle !
Sam !
Tu
avais senti à cet instant la griffe
acérée de la plus cruelle souffrance te labourer le cœur. La même que tu avais éprouvée
en voyant ton fils, autrefois, baignant
dans son sang.
Le
même sentiment de perte, d’arrachement, une douleur sans nom, puis le vide, la
mort de tout ton être.
Il
t’était impossible de repenser à ce moment. Tu ne pouvais pas le supporter,
pourtant cette image te hanterait jusqu’à la fin de tes jours, tu le savais.
Alors maintenant assis près d’elle, tu lui demandais pardon, tout en sachant
que tu avais fait ton devoir. Mais cela
ne te consolait pas. Il te faudrait vivre avec ça. Affronter ses amis, sa
famille. Entendre des paroles factices de réconfort, ou les lire dans les yeux
des autres.
« c’est
un membre irremplaçable de mon équipe »
C’était
toi qui avais débité une telle fadaise !
Hammond avait fait une ouverture, tu aurais pu lui parler, t’épancher,
mais non, tu en étais incapable. Comme d’habitude, tu avais fermé la porte.
C’était
à ce moment là, devant le corps de Sam que tu avais décidé de te blinder, de ne
jamais en reparler, à qui que ce soit.
Alors
que tu vivais tes dernières minutes près d’elle à la fin de l’heure. Le miracle
s’était produit. Le terminal de la réserve était en activité. Sam ou l’entité ?
Activité
fiévreuse, le retour à la vie, un espoir fou qui te soulève, te transporte.
C’était
Sam. Janet l’a ramenée à la vie, et toi aussi par la même occasion.
-J’ai hurlé si fort avait-elle dit
-Et on vous a entendu major, on vous a
entendu.
2
Maintenant
elle est là couchée dans ce même lit, elle se repose. Tu as repris ta place
près d’elle, mais tout a changé. Ton cœur se dilate doucement sous l’effet
d’une joie puissante.
Ses
paupières frémissent, tu te rapproches, elle ouvre les yeux.
-Bien dormi Carter ?
-Mon colonel murmure t-elle.
-Sam,
Tu
ne sais rien dire d’autre. Cette façon que tu as de murmurer son prénom, qui ne
t’est pas habituelle.
Elle
s’en rend compte et te regarde, puis un léger sourire étire ses belles lèvres.
-Jack.
C’est
sa réponse, elle te convient pour le moment.
Alors
elle s’assoit dans le lit et toi tout naturellement tu la prends dans tes bras.
C’est doux, ça te fait chaud au cœur.
Tu
ne peux pas t’en empêcher, tu lui caresses les cheveux, tu t’enivres de son
odeur. Tu es très fort en geste, beaucoup moins en parole.
Ce
serait peut être le moment de dire quelque chose.
Dire
quoi ? gâcher cet instant de grâce par des mots maladroits et
superficiels, « j’ai cru vous perdre », ou « vous m’avez fait
peur » ou du genre, » c’est moi qui vous ai tuée, pourrez- vous me
pardonner » Non !
Ridicule
O’Neill, pitoyable ! Non, tais-toi. Pas un mot.
Elle
non plus ne parle pas mais elle est sans doute trop faible. Alors tu t’écartes
d’elle un instant pour plonger au fond de ce regard que tu aimes tant. Elle est
là la petite flamme que tu croyais avoir perdue pour toujours, elle est là.
C’est un regard d’amour, tu le sais. Tu l’as toujours su, même si tu ne voulais
pas le reconnaître.
Que
peux-tu faire ? Lui sourire, la serrer bien fort contre toi.
Vous
êtes seuls dans cette infirmerie. Non pas vraiment seuls en fait, il y a les
cameras. Des pas autour de vous, des infirmières, mais vous êtes seuls au monde. Rien d’autre qu’elle et toi.
-Colonel !
La
voix de Hammond.
A
regret tu te détaches d’elle. Elle retombe sur l’oreiller, fatiguée, elle ferme
les yeux.
Tu
te tournes vers ton chef.
-Mon général.
Tu
te troubles un peu. Ton attitude n’est pas très militaire, tu le sais et il le
sait.
Hammond
sourit.
-Elle va avoir besoin de repos.
-Qu’a dit le docteur ?
-Au moins quinze jours de congé, Jack. Je vous les donne aussi.
-Quoi ? as-tu dit un peu
irrespectueusement.
-Sortez-la de la base, emmenez-la avec
vous.
-Où ? as –tu ajouté un peu stupidement.
-Mais chez vous dans le
Minnesota !
Alors
là tu as regardé Hammond comme s’il était tombé sur la tête.
-Mon général !
-Vous venez de vivre tous les deux une
épreuve terrible. Vous, Jack, vous avez accompli
votre devoir aussi redoutable qu’il
puisse être. Il faut en parler tous les
deux.
En
parler ! Hum ! Peut être pas une bonne idée ?
Naturellement
il y a beaucoup de manière de parler. Tu en connais un rayon. Tu y pensais précisément,
juste avant cette conversation !
-Venez dit Hammond. Laissons le major
Carter se préparer.
Pendant
ce temps tu t’étais retrouvé dans le couloir, ce fameux couloir ou deux jours
avant…
Hammond
a suivi et vu changer ton regard.
-Vous avez-vous aussi besoin de vous
remettre, Jack.
Mais
tu hésites encore, ce foutu règlement !
-A vos ordres mon général.
Quelques
minutes plus tard, tu la vois sortir de l’infirmerie, petite ombre pâle au
regard brillant. Elle lève son visage vers toi ! La sentant encore un peu
faible, tu passes un bras autour de sa taille, et la soutenant tu te diriges
vers l’ascenseur sans regarder Hammond qui vous voit partir.
Lorsque
les portes sont refermées et que commence la lente remontée vers la surface, tu
la serres encore plus fort contre toi et tu sens son corps épouser le tien.
Pas
un mot entre vous, le silence, un silence plein d’amour.
A
ce moment une paix, telle que tu n’as jamais connue, s’approprie toutes les fibres de ton corps et envahit ton
âme.
FIN