Aurélia
Fic
54
Juin,
juillet 2005
UNE AUTRE VIE
Saison : La 7
Genre :
Aventure, romance.
Episodes :
Après Chimera, mais sans Pete, et avant Heroes.
Disclaimer : Pas à moi, pas de sous, comme
d’habitude.
Rating : pour tous
Résumé : Une belle planète, où tout va pour
le mieux dans le meilleur des mondes. Des gens gentils, adorables, et
serviables et SG1 au milieu de tout ça ! Etrange, non ?
Avertissement
de l’auteur :
Cette
fic j’ai mis deux mois à l’écrire. J’ai eu un gros blocage et ai fait un long break avant de la finir. J’espère que l’interruption n’a pas
nui à la continuité du récit.
Deuxième
avertissement
Un
genre auquel je ne suis pas habituée, tout va bien tout le monde est
heureux ! Décrire le bonheur, pas
facile ! Naturellement ce n’est que le début, après ça se gâte un peu.
Eh ! On ne se refait pas ! Mais pas de panique ! Tout va bien !
Dédicaces : Hito, Ariel (qui a adoré le début de ma fic,
j’espère que pour la suite ce sera pareil) Bises à vous deux.
Un
petit coucou à Ninie et à Bea, deux fidèles lectrices. Et à tous les autres
aussi. Bonne lecture.
Première partie
Chapitre 1
De
nos jours planète inconnue
-Réveillez-vous madame, tout va bien.
Sam ouvrit les yeux et les referma éblouie par la lumière très blanche de la pièce. Elle était couchée dans un lit, et devant elle, elle voyait le visage un peu flou d’une jeune femme en blouse blanche qui se penchait sur elle.
-Janet ! dit Sam faiblement.
-Je ne sais pas qui est Janet, madame, je
m’appelle Liena et je suis chargée de m’occuper de vous.
-Où suis-je ? murmura Sam.
-Vous êtes en sécurité maintenant, ne craignez rien. Vous vous souvenez de quelque chose ?
-Oui, je venais de passer la porte et … Oh dit-elle en éclatant en sanglots je me souviens, les Goa’ulds…
-Oui, votre planète a été envahie. Mais vous n’avez plus rien à craindre maintenant. Détendez-vous.
-Sur quelle planète somme-nous ?
-Eridu.
-Vous n’avez pas de Goa’ulds ? dit Sam en frémissant encore. Les souvenirs revenaient en foule, l’attaque subite, les destructions, puis l’évacuation par la porte de centaines de milliers de gens.
-Non dit Liena en souriant, il n’y a pas de
Goa’ulds ici. Rien que des gens qui veulent vivre en paix et qui sont très
heureux d’accueillir des personnes comme vous.
Vous devriez dormir un peu maintenant.
Sam
ferma ses paupières lourdes de sommeil et se renfonça dans ses oreillers. Elle
s’endormit aussitôt. Le médecin régla le débit de la perfusion et laissa la
jeune femme se reposer.
Le
lendemain Sam avait totalement récupéré. Le médecin lui avait donné
l’autorisation de sortir.
-Tout va bien avait-elle dit. Seulement
comme tous les émigrés venant de la Terre, vous serez obligée de recevoir une
injection mensuelle de triox, pour vous aider à supporter la différence du taux
d’oxygène. Notre air est un peu moins riche que le vôtre dit le jeune médecin
en souriant.
-Entendu docteur répondit Sam docilement.
-Est-ce que quelqu’un vous attend à la
sortie ?
-Oui quelqu’un qui appartient au
ministère de l’accueil aux étrangers doit venir me chercher.
-Parfait dit Liena en souriant. A dans
un mois madame Carter.
Sam
n’avait aucun bagage avec elle. Elle était seule dans un monde inconnu et elle
devait s’y faire une place. Jamais elle ne pourrait revenir sur la Terre. Elle
le savait. Elle avait tout quitté en catastrophe. Son travail, ses amis. Elle
essuya une larme et se traita d’ingrate. Elle avait une chance inouïe d’être
tombée sur un peuple aussi sympathique qui ne pensait qu’à aider les autres en
difficulté.
Dans
le hall une jeune femme l’attendait : elle était souriante elle aussi.
Comme le médecin qu’elle venait de quitter. Jeune, belle, bien habillée,
semblant parfaitement heureuse.
Dans la rue le spectacle était très différent
de ce à quoi elle s’attendait.
Elle
savait qu’elle était dans une grande ville de plusieurs centaines de milliers
d’habitants, mais cette ville ne ressemblait à aucune qu’elle connaissait. Un
mélange harmonieux d’architecture audacieuse et de construction d’un style plus
classique, à ses yeux du moins. De grands espaces verts, des étendues d’eau au
milieu de la ville, apportaient une note de fraîcheur. Les véhicules à moteurs
se faisaient très rares, car un réseau de transport en commun très performant
permettait à la population de se déplacer à grande vitesse d’un point à un
autre de la ville. Il y avait un métro, et des bus sillonnaient les rues en
permanence.
-Je m’appelle Donava dit la jeune femme
à Sam. Mon travail consiste à loger les
nouveaux arrivants. Venez, je vous ai réservé un appartement dans une zone
résidentielle tout à fait agréable.
-Merci beaucoup dit Sam.
Elles
montèrent dans un bus, et quelques minutes plus tard, elles arrivèrent en
bordure du lac Morgan. Un vaste étendue d’eau
douce, entourée de petites maisons de deux ou trois étages.
Elle
descendirent du bus à quelques mètres de l’immeuble où allait vivre Sam.
-Vous voyez pour les transports, c’est
facile, le réseau de bus couvre toute la ville. Pour les destinations plus
lointaines vous avez le métro. Deux rues plus loin dit-elle en pointant le
doigt dans la direction opposée au lac, il y a un centre commercial avec tout
ce qu’il faut, maison du médicament, habillement, nourriture, même plusieurs
bars et restaurants. Vous avez également un cabinet médical avec médecins et dentistes.
Sam
n’écoutait que d’une oreille, elle était un peu perdue sous cette avalanche de
nouveautés. Des magasins, c’était
parfait, mais elle ne connaissait pas encore les coutumes de cette planète.
Comme partout il lui faudrait certainement de l’argent, et un travail.
Justement
c’est de cela que parlait Donava.
-Demain vous irez à la maison de l’emploi,
vous passerez un entretien et des tests.
-Entendu dit Sam.
Tout
en parlant les deux jeunes femmes étaient arrivées au premier étage.
L’appartement était vaste et clair et donnait sur le lac.
Il
était composé de trois pièces, un séjour avec un coin cuisine et deux chambres.
Le tout était meublé avec goût, dans un style un peu différent de celui sur
Terre, mais tout a fait agréable et fonctionnel. Même le frigo était garni.
Sam
n’en revenait pas :
-Comment avez-vous fait pour me trouver
si vite un logement demanda t-elle à Donava.
-Nous avons plus de logements que nous
n’avons d’habitants, et comme nous avons beaucoup de réfugiés… Vous allez vous
plaire ici, j’en suis certaine dit-elle d’un ton enjoué.
-J’en suis sûre dit Sam sur le même
ton.
Une
fois la jeune femme partie, Sam fit le tour de l’appartement. Il ne manquait
rien, absolument rien. Elle se redit encore une fois la chance qu’elle avait eue !
Les personnes sur terre devaient savoir vers quelle planète ils envoyaient leurs
ressortissants. Mais c’était tout de même étrange ! elle se secoua.
Espèce
d’ingrate se morigénera t-elle. Tu as une chance fabuleuse !
Profites-en !
Elle
se fit couler un bain et se délassa un long moment dans l’eau chaude. Puis elle
se fit un repas léger, elle se mit au lit et s’endormit immédiatement.
A
la maison de l’emploi, le même personnel souriant et affable qu’à l’hôpital ou
au ministère des émigrés.
Sam
passa des tests de toute nature pendant plus d’une heure. Puis elle eut un entretien
avec le responsable de l’emploi. Un homme cette fois, la quarantaine,le cheveu
rare, et portant une épaisse barbe noire.
-Mademoiselle dit-il en regardant sa
fiche, je vois que vous avez un haut niveau en mathématiques, physique,
astrophysique, et biologie. Vous êtes
quelqu’un de précieux. Nous avons un poste qui se libère dans un laboratoire de
recherche sur les minerais. Cela vous intéresse t-il ?
-Naturellement, je ne crois pas devoir
faire la difficile dit-elle.
-Détrompez-vous mademoiselle, nous
avons besoin de chercheurs de votre niveau. Mais vous pouvez faire un essai de trois mois, et
puis changer si cela ne vous convient pas.
-Si, si, c’est très bien, dit-elle. Je commence
quand ?
-Dès demain matin si vous voulez. Je
vous donne les coordonnées de l’entreprise dit-il en se levant.
Sam
un peu surprise d’une telle rapidité, prit
la feuille qu’il lui tendait et le remercia.
-Voyez ma secrétaire, en sortant elle
va vous expliquer.
-Merci beaucoup monsieur et elle lui
tendit la main.
Sam
sortit du bâtiment quelques minutes plus tard et se heurta à un
jeune homme à lunettes, qui marchait sans regarder où il mettait les pieds.
-Excusez-moi dit-il. Je ne vous avais
pas vue.
-Ce n’est rien dit-elle par politesse.
Elle
s’éloigna rapidement le nez dans ses papiers. Elle s’aperçut que son nouveau
travail était à trois rues de sa maison. Elle n’aurait même pas besoin de
prendre le bus !
Sam
passait ses journées à analyser des minerais. Toutes sortes de minerais. Elle
devait plus particulièrement travailler sur le naquadah, un minerai inconnu sur
terre et qui bientôt n’eut plus de secrets pour elle. Son travail était tourné
vers la recherche, comment exploiter au mieux les gisements de Tegrun situés à environ 200 kilomètres de la capitale. Elle devait aussi travailler sur les
applications ,comment adapter les nouvelles ressources à l’industrie, et à l’armement.
Quand
on lui avait parlé d’armes elle avait froncé les sourcils, ce peuple paraissait
pacifique et ne semblait pas avoir d’ennemis. Le responsable du programme avait
été évasif sur ce point, et Sam n’avait pas insisté mais elle se promettait de
revenir à la charge un peu plus tard.
Un
matin en partant elle rencontra dans l’escalier le jeune homme à lunettes
qu’elle avait vu à la maison de l’emploi. Il la salua timidement.
-On s’est déjà rencontré dit-elle, vous
habitez l’immeuble ?
-Oui juste au dessus de chez vous. Je
vous ai vu sortir hier de votre appartement dit-il très vite tandis qu’elle
levait un sourcil interrogateur.
-Très bien je m’appelle Samantha Carter
dit-elle en souriant.
-Et moi Daniel Jackson.
-Terrien ?
-Oui, comme tous les habitants de
l’immeuble. Bon, faut que j’y aille
dit-il timidement, sinon je vais être en retard.
-Vous travaillez où ?
-Au muséum ?
-Vous êtes historien ?
-Non plutôt archéologue, et linguiste, mais mes connaissances des
langues terriennes ne sont pas très utiles ici.
Daniel
et Sam se voyait de temps à autre. Ils se croisaient puis un jour Daniel invita
Sam à prendre un verre, ils
sympathisèrent et se trouvèrent beaucoup de points communs. Ils étaient tous
les deux scientifiques et pouvaient discuter des heures avec enthousiasme sur
différents sujets. Ils évoquaient aussi leur vie sur terre, Sam travaillait à l’observatoire Mac Kinley ,tandis
que Daniel était professeur d’archéologie à Yale.
Ce
soir là, Sam poussa la porte avec son
coude et entra dans l’immeuble. Elle avait les bras chargés de dossiers, et
elle se dirigea vers sa boite aux lettres. Mais en cherchant ses clés la
catastrophe arriva.
Zut ! dit-elle en sentant les dossiers
glisser et s’étaler sur le sol dans un envol de papiers.
Elle
s’accroupit pour les ramasser quand deux pieds apparurent dans son champ de
vision.
-Laissez moi vous aider dit une voix
grave et profonde.
Sans
attendre de réponse l’homme se baissa et aida Sam à ramasser ses feuilles qui
s’étaient éparpillées jusqu’au pied de l’escalier.
-Merci dit Sam, mais j’aurais pu me
débrouiller toute seule.
-Oh mais je n’en doute pas dit-il en
riant, Madame ? Mademoiselle ?
-Mademoiselle dit Sam et vous ?
ajouta –telle sans réfléchir.
-Mademoiselle, aussi
Interloquée
elle plongea dans un regard brun, chaud et moqueur. L’homme était très grand,
mince et musclé, une petite cinquantaine, des cheveux gris argentés, et il lui
souriait gentiment.
Encore
un farceur ! pensa t-elle.
-Samantha Carter dit-elle.
-Jack O’Neill dit-il en lui tendant la
main.
Il
se donnèrent une poignée de main un peu cérémonieuse.
-Vous habitez l’immeuble ? demanda
t-elle
-Au premier étage.
-Alors vous êtes mon voisin de
palier ? Je ne vous avais jamais
vu !
-Moi si, je vous ai aperçu deux ou
trois fois, mais j’ignorais que l’on habitait si près l’un de l’autre.
-Je vous offre un café ? dit-elle tout
à trac. Elle regretta aussitôt sa phrase, elle ne connaissait pas cet homme,
bien qu’il lui parût sympathique cela restait un étranger. Elle trouva qu’elle
manquait de la plus élémentaire prudence, inviter chez elle un parfait
inconnu ! Pourtant elle sentait qu’elle pouvait lui faire confiance.
-Volontiers dit-il. Il y a un petit
troquet deux rues plus loin.
Elle
poussa un ouf de soulagement, il ne souhaitait pas aller chez elle. Un point
pour lui.
-Je dépose mes dossiers chez moi, et je
vous rejoins tout de suite dit-elle.
-Entendu, je vous attends dehors.
L’immeuble
était en bordure d’un des nombreux lacs que comportaient la ville. Un espace
aéré, bordé d’arbres et de fleurs.
Il
l’attendait assis sur un banc devant le lac. Il sourit quand il la vit
s’arrêter près de lui.
-Ça me rappelle chez moi, dit-il.
-Vous êtes terrien vous aussi ?
-Oui du Minnesota, dit-il un brin
nostalgique. J’avais un chalet au bord
d’un lac, dans un région boisée un peu comme ici.
-Et vous faisiez quoi dans votre
Minnesota ?
-Et si on le prenait ce café ?
dit-il faisant comme s’il n’avait pas
entendu la question de Sam.
Elle
regrettait de la lui avoir posé, peut être avait-il des mauvais souvenirs ou
était-il comme elle traumatisé par ce qu’ils venaient de vivre sur terre.
Pourtant elle aurait aimé en parler, elle se serait sentie moins seule.
-On y va, dit-elle.
Elle
poussa la porte du bar et se crut revenue sur terre comme d’un coup de baguette
magique. C’était un café comme il y en avait des milliers dans son pays natal.
Des juke box, un billard , un public bruyant de terriens, de la bière qui
coulait à flots. Une ambiance de pub irlandais, quelque chose d’infiniment
familier et sympathique.
Ils
trouvèrent une table de libre. Jack arborait un large sourire, on sentait qu’il
aimait cette ambiance.
-Finalement je prendrais une bière
plutôt dit il à la jeune femme en face de lui.
-Moi aussi, dit-elle en souriant.
-Alors qu’est ce que vous faites dans
la vie mademoiselle Samantha Carter ? dit-il après avoir pris quelques gorgées de sa
bière.
Il buvait
directement au goulot, tout en
regardant la jeune femme avec une lueur malicieuse dans le regard.
Elle
se troubla sans savoir pourquoi. Elle avait une impression de déjà vu.
-Je travaille dans un laboratoire de
recherche dit-elle finalement.
-Biologiste ?
-Non, physicienne plutôt et spécialiste
du naquadah.
- Une scientifique , donc !
-Vous n’aimez pas les
scientifiques ?
-Si je les adore ! dit-il mais je
comprends pas grand-chose quand elles parlent.
- Ah je vois ! et vous, vous faites quoi dans la vie monsieur
O’Neill ?
-Je suis chef de la police de cette
ville.
-Oh ! Alors il faut que je me
tienne à carreaux, dit-elle en riant.
-Vous avez intérêt ! j’ai toujours
une paire de menottes sur moi ! dit-il sur le même ton.
-Vous êtes arrivé depuis
longtemps ? dit-elle.
-Depuis deux mois.
-Et vous êtes déjà chef de la police,
vous devez être un bon !
-Excellent vous voulez dire !
Il avait un rire joyeux et très communicatif.
Sam ne put s’empêcher d’éclater de rire.
Elle
se sentait merveilleusement bien dans ce bar, près de cet homme qu’elle ne
connaissait pas. Elle jeta un coup d’œil à sa montre.
-Oh, je dois rentrer.
-Il n’est pas si tard.
-Non, mais vous avez vu les dossiers
que j’ai rapportés tout à l’heure, il faut que d’ici demain je les ai étudiés.
-Vous travaillez chez vous en plus de
votre journée ! C’est pas bon ça.
-J’aime tellement mon travail, c’est
passionnant !
-Je n’en doute pas à voir votre tête.
On se reverra ?
-Oui bien sûr dit-elle avec
enthousiasme.
Les
jours et les semaines passèrent. Sam travaillait toujours beaucoup. Mais les
week-ends elle s’accordait de petites sorties avec ses nouveaux amis : Jack et Daniel. Ils allaient tantôt chez les
uns ou les autres, allaient au cinéma, faisait du bateau sur le lac, ou de
grandes parties de pêche. Jack était un spécialiste de la pêche et le lac devant leur maison était très poissonneux. Ces soirs là, c’est Jack
qui cuisinait de merveilleuses fritures ou des poissons au beurre blanc « une recette que ma
tante avait rapporté de France » avait-il dit la première fois.
Ils
oubliaient peu à peu le traumatisme de la destruction de la terre. Chacun
s’était reconstitué une vie, somme toute assez agréable.
Puis
un jour Daniel ne vint pas à leur soirée. Il s’était excusé, beaucoup de
travail. En réalité le travail se nommait Sarah Gardner, c’était une de ses
collègues au Muséum.
-Nous voilà donc tous les deux dit Jack
en ce samedi soir. Que veux-tu faire Sam ?
-J’ai pas trop envie de sortir, si on
allait chez moi passer une soirée tranquille ?
-Je suis tout à fait d’accord dit-il en
lui rendant son sourire.
Ils
se préparèrent un petit repas à base de poisson qu’ils mangèrent sur le balcon
de Sam.
-On se croirait presque sur terre dit
Sam avec nostalgie. Oh excuse-moi Jack
reprit-elle en voyant son ami se rembrunir. Je n’aurais pas dû.
-Ce n’est rien, mais je n’aime pas trop
penser à ce que j’ai laissé là-bas.
-Tu avais de la famille ?
-Non, je vivais seul, mais j’avais beaucoup
d’amis.
-Tu ne m’as pas dit ce que tu faisais comme
travail.
-Le même qu’ici répondit-il C’est ça qui
d’ailleurs m’a surpris. Retrouver tout de suite du travail et exactement dans
la même branche.
-On a eu une chance incroyable ! répondit
Sam, moi j’ai aussi retrouvé un métier équivalent. Je crois que Daniel c’est
pareil.
Ils
mangèrent en silence, le poisson était vraiment délicieux.
-Succulent ! Jack
-Merci dit-il en la regardant droit
dans les yeux.
Elle
se troubla sous ce regard. Il la regardait avec un petit sourire en coin, une
flamme chaude dans son regard brun.
« Mon
dieu, qu’il est séduisant pensa Sam. »
La
nuit était presque tombée, les ombres envahissaient les eaux du lac et sur le
balcon la pénombre était propice au rapprochement. Jack posa sa main sur celle
de Sam. Elle réagit aussitôt, en lui agrippant les doigts. Ils se rapprochèrent
et Jack pencha son visage vers celui de Sam. Leurs lèvres se touchèrent en un
baiser très doux.
Chapitre 2
Base
de Cheyenne Mountain
Ce
matin-là Hammond se leva fatigué. Comme tous les autres jours d’ailleurs.
Depuis plusieurs mois que son équipe phare avait disparu sans laisser de
traces, plus rien n’était pareil. Le travail lui pesait et il aurait bien voulu
prendre sa retraite mais le président avait refusé.
-Il n’y a personne d’autres que vous
général Hammond. Vous connaissez ce travail sur le bout des doigts, vous êtes
au cœur de toutes les décisions. Vous devez rester encore un peu.
-Je me sens vieux monsieur le président
et fatigué.
-Je comprends que la disparition de SG1
ait été pour vous une catastrophe, mais je n’ai pas besoin d’ajouter…
-Naturellement le coupa Hammond un peu
impoliment, perdre des hommes fait partie du métier de soldat. Mais avec ceux-là c’ était très différent. Depuis
sept ans je les ai envoyés au casse pipe un nombre incalculable de fois, ils
ont sauvé la Terre du désastre en bien des occasions. En plus d’être de
courageux soldats, ils étaient devenus mes amis. Ils me manquent monsieur le
président.
-Je comprends tout cela général
Hammond, mais je vous demande de rester encore un peu. Nous n’avons pas fini de
vaincre nos lointains ennemis. J’ai besoin de vous.
Ces
mots là Hammond ne pouvait les entendre sans accepter. Il était militaire
habitué à commander mais aussi à obéir.
-A vos ordres monsieur le président
avait-il répondu.
Cette
conversation avait eu lieu trois mois après la disparition du colonel O’Neill,
du Major Carter et de Daniel Jackson. Il n’avait plus eu de nouvelles du
président à part quelques brèves conversations téléphoniques. Mais jamais il
n’avait reparlé de la retraite du vieux général.
Ce
matin là il se dirigea d’un pas lourd vers son bureau. Teal’c devait bientôt
rentrer, aujourd’hui sans doute. Il n’avait pas arrêté de sillonner la galaxie
à la recherche de ses amis. mais jamais il n’avait abandonné l’espoir de les
retrouver.
Hammond
ouvrit les dossiers devant lui. Sans cesse il revenait à cette mission sur
P8N678. Une simple mission de routine.
Et pourtant …
Teal’c
était revenu seul. La mission s’était bien déroulée jusqu’au moment où ses
trois amis avaient disparu. Tout simplement disparus. Il n’avait pas vu de
rayons téléporteurs, ni de vaisseaux Goa’ulds, ni de jaffas. Il avait averti
Hammond et était resté sur la planète quelques heures, il n’avait rien vu, rien
trouvé, rien compris. La mort dans l’âme il était rentré seul.
Hammond
avait aussitôt envoyé une expédition de secours, qui elle aussi était revenue
bredouille.
Dans
les jours et les semaines qui avaient suivi tout avait été mis en œuvre pour les retrouver, en vain. Que ce soit les
Asgards, les Tok’ra, les Nox, aucun de ses peuples n’avait pu les aider dans
leur recherche.
Hammond
les avait déclarés d’abord portés disparus selon la procédure de l’armée. Puis
trois mois jour pour jour après leur disparition, un hommage émouvant et
poignant leur avait rendu devant la porte des étoiles ouverte. De très
nombreuses personnes avaient souhaité dire quelques mots pour exprimer leur
amitié, leur admiration pour ces hommes et cette femme hors du commun,
qu’avaient été le colonel O’Neill, Daniel Jackson et le major Carter.
Une
belle cérémonie pensa Hammond en relisant pour la énième fois le rapport de
Teal’c, espérant y découvrir quelque
chose qui lui aurait échappé. Le rapport était long et détaillé, Teal’c faisait
état de toutes les pistes qu’il avait suivies, depuis la porte jusqu’au temple
qu’ils avaient visité, et aux cavernes
où ils avaient passé la nuit. C’est en se réveillant le lendemain que Teal’c découvrit
qu’il était seul. Ses amis avaient disparu.
Chapitre 3
Planète
Eridu
Sam
se réveilla ce matin là avec une migraine tenace. Elle avait mal dormi et
pensait avoir attrapé froid. Elle se leva prit une longue douche chaude et
après son café brûlant qu’elle prit debout devant le plan de travail de la
cuisine, elle se souvint qu’elle n’avait pas été à l’hôpital pour sa piqûre
mensuelle de triox.
Quelle sotte pensa t-elle,
c’est sûrement ça. Elle
avait huit jours de retard et l’hôpital allait certainement la rappeler à
l’ordre. Elle était tellement prise par son travail, ses amis, la vie trépidante qu’elle menait qu’elle
en oubliait l’essentiel : sa santé.
Il
fallait qu’elle téléphone pour prendre rendez-vous.
La
personne qu’elle eut au téléphone n’était pas très aimable.
-Voyons mademoiselle Carter, vous savez
bien que vous ne devez manquer ce traitement sous aucun prétexte.
-Oh répondit-elle un peu agacée, ce
n’est pas une semaine de retard qui va changer grand-chose !
-Détrompez-vous c’est très important.
Nous avons beaucoup insisté à votre arrivée, c’est vital pour toutes les
personnes venant de la terre. Je vous donne rendez-vous à 10 heures ce matin,
et soyez à l’heure.
Et
elle raccrocha.
Zut
pensa Sam, j’ai une réunion à 9 h 30, je vais être en retard. .
Elle
appela son travail, et son chef de travaux un natif de la planète, nota tout de
suite le rendez-vous.
-Rassurez-vous Mademoiselle nous
employons ici beaucoup de terriens et tout le monde est dans le même cas.
Prenez votre matinée. Cela ne pose aucun problème.
Sam
poussa un ouf de soulagement, les gens étaient bien compréhensifs ici. Sur
terre c’était différent.
Dès
son arrivée à l’hôpital elle fut prise en charge, on lui fit passer un examen
complet et le médecin revint dans la salle quelques instants plus tard.
-Vos examens sanguins montrent un taux
d’oxygène beaucoup trop faible. Je vais être obligée d’augmenter vos dosages de
triox. Mais ne manquez plus votre rendez-vous à l’avenir.
Toutes
ces remarques agaçaient Sam.
-Ecoutez docteur vous n’en faites pas
un peu trop là ? Ce n’est que de l’oxygène !
Le
docteur ne répondit pas et fit la piqûre à Sam.
Le
soir même elle retrouva Jack qui l’attendait à la sortie de son travail. Elle
lui fit un grand signe de la main.
-Ça va ? Ta journée a été
bonne ?
-Oui, mais je ne sais pas si on aura
toute notre soirée, je suis d’astreinte en cas de pépin.
-Mais tu es le chef ! dit-elle en
souriant.
-Oui, mais il faut bien donner
l’exemple ! non ? Mais rassure-toi c’est plutôt calme en ce moment
dit-il en se penchant vers elle pour capturer ses lèvres. Aussitôt elle se lova
contre lui, pressant son corps contre celui si ferme de son compagnon. Elle
passa ses deux bras autour de son cou et soupira « Jack » avant de
replonger dans un baiser si profond qui
la laissa toute étourdie et à bout de souffle.
Ils
se mirent en route tranquillement le bras autour de la taille de l’autre. Il
faisait bon, d’ailleurs cette planète avait un climat toujours agréable, une
température à peu près constante et peu de différences entre l’hiver et l’été.
Les
habitants passaient beaucoup de leurs loisirs dehors, les bords des nombreux
lacs de la ville étaient toujours remplis d’une population bruyante qui venait
se divertir après une journée de travail.
En
rentrant chez elle à pied avec Jack près d’elle, Sam se sentait heureuse, De
temps à autre elle levait les yeux sur lui et admirait son profil un peu
abrupt, la ligne virile de sa mâchoire, sa bouche aux lèvres si belles et si
douces. Elle sentait son cœur de dilater de joie dès qu’elle pensait à lui, dès
qu’elle le voyait s’approcher d’elle de son long pas félin. Oui elle aimait
tout chez cet homme, son incroyable gentillesse, sa force aussi, son humour,
son sourire dévastateur, son corps musclé dont elle ne souhaitait qu’une chose
, le dévoiler, le voir nu.
Ils
n’avaient pas encore fait l’amour, ils prenaient leur temps. Tous les deux
étaient des personnes qui ne s’engageaient pas à la légère. Ils ne voulaient
pas d’une histoire sans lendemain.
Au
bout de quelques semaines de cette amitié amoureuse, tout changea.
La
journée de Sam avait été éprouvante. Elle n’avançait pas dans son travail et
avait cherché, s’était creusé les méninges pour arracher tous ces secrets à ce
bout de minerai. Il y avait un aspect
qu’elle n’arrivait pas à calculer de façon précise c’était le pouvoir explosif
du naquadah. Elle travaillait sur un
minerai différent de celui qu’elle avait déjà étudié. Il venait d’une autre
mine vers le nord et sa composition changeait
légèrement, et il paraissait instable.
Elle
s’était prise de bec avec un des responsables du labo, et quand elle rentra ce
soir là elle était de très mauvaise humeur. Jack qui sonna à sa porte quelques
minutes après son retour s’en aperçut tout de suite.
-Mauvaise journée ?
-Horrible dit-elle.
-Raconte !
-Oh tu sais ce n’est qu’une histoire de
boulot, des points de vues différents, le ton qui monte. Tu dois avoir ça aussi
dans ton travail.
-Naturellement dit Jack en l’observant.
Elle avait le visage fatigué et visiblement elle ne voulait pas en parler.
Il
n’insista pas et commença à lui masser doucement les épaules. Ses muscles
étaient noués. Elle gémit sous les mains expertes de son ami. Il avait l’art de
toucher et de masser doucement les bons endroits, dénouant par petites touches
les tensions dues au stress. Naturellement
elle termina dans ses bras prenant ses lèvres dans un long baiser enflammé.
Ce
fut cette nuit là qu’ils s’unirent pour
la première fois. Ce fut merveilleux et magique. Ils avaient su s’ attendre,
n’avaient pas précipité les choses malgré leur désir, et maintenant ils
connaissaient le bonheur dans les bras
l’un de l’autre.
Longtemps
après , ils chuchotaient au cœur de la nuit dans le creux du lit de Sam.
-On a peut être pas besoin de deux
appartements, dit-elle. Tu pourrais t’installer ici.
-Oui, ou toi chez moi ?
-On aura peut être besoin d’un
appartement plus grand dit-elle.
-C’est suffisant tu sais. C’est grand.
Quelques
jours plus tard Jack déménagea chez Sam,
il n’avait pas grand-chose à lui, ses vêtements et quelques objets personnels.
Le mobilier et ce qu’il contenait appartenaient au propriétaire de l’immeuble.
La
transition se passa très bien. Sam avait des heures de jour, Jack était quelque
fois de service le soir, ou la nuit, mais les week-ends les retrouvaient pour
de longs farnientes au bord du lac,
ou dans l’appartement.
Quelquefois ils sortaient avec Daniel et Sarah qui devaient se marier le mois
prochain.
Tout
allait pour le mieux, mais c’était un bonheur si parfait que Sam parfois avait peur. C’était
totalement inexpliqué et ridicule, une sourde angoisse qui la prenait sans
prévenir, généralement quand elle était seule. Depuis
quelques jours elle se sentait
différente, inquiète, nerveuse.
Un
jour elle dit à Jack qu’ils étaient trop heureux pour que ça dure.
Cela faisait le fit rire.
-Tu te tracasses pour un rien !
Souris ! la vie est belle !
-J’ai peur, lui dit-elle gravement.
-Peur de quoi ?
-Je ne sais pas, c’est assez flou, cela
a peut être un rapport avec les rêves que je fais.
Ils
discutaient assis dans le canapé l’un près de l‘autre. Sam comme à son habitude
avait posé sa tête sur l’épaule de Jack.
Il
la prit par les épaules et la repoussa légèrement pour mieux la regarder.
-Tu m’inquiètes Sam, De quoi
rêves-tu ?
-Je revois la destruction de la Terre.
Les vaisseaux des Goa’ulds. J’ai l’impression d’être encore sous le feu de leurs
armes. Puis le passage de la porte est
terrifiant. Je me jette dans cette flaque bleue avec l’impression que je
suis entrain de mourir.
Jack
l’avait reprise contre lui, il lui caressait les cheveux, lui donnait de petits
baisers pour la calmer.
-N’y pense plus, c’est fini tout ça.
Regarde comme on est bien ici. On a un métier qui nous plait, on habite une
ville très agréable, on a des amis charmants !
Elle
hochait la tête peu convaincue.
-Mais pourquoi est ce que je rêve de ça
maintenant ? Cela fait plusieurs mois que nous sommes là.
-Tu rêves depuis combien de
temps ?
-Depuis trois semaines environ. Tout au
début , je faisais souvent ces rêves, puis ça c’était arrêté.
-Peut être devrais-tu en parler au
médecin lors de ta prochaine visite médicale ?
-Oui tu as raison, lui dit-elle avec un
grand sourire pour ne pas l’inquiéter davantage.
-Je vais me coucher, tu viens ? dit-il en lui tendant la
main.
Elle
prit sa main le cœur battant. C’était une invite à quelque chose de plus intime
et de plus exaltant. Se retrouver toutes les nuits dans ses bras, faire l’amour
avec lui, dormir peau contre peau, son souffle dans ses cheveux. C’était
quelque chose de si merveilleux que son cœur se gonfla de joie et de bonheur.
Dans ses bras elle oubliait ses doutes et ses craintes, ses tourments
s’éloignaient, ses rêves devenaient plus doux. C’était pendant les nuits d’absences quand il était
au travail qu’elle faisait ses pires cauchemars. Les démons la reprenaient lui
apportant le doute et la douleur.
Mais
ce soir elle voulait profiter de lui, de sa présence, de sa chaleur et de son
amour. Demain serait un autre jour.
Les
jours suivants Sam reprit goût au
travail. Tout allait pour le mieux. Le naquadah semblait vouloir lui livrer ses
mystères qu’il lui avait si longtemps cachés. Les différents avec son chef
s’étaient aussi apaisés.
-Tout cela est très prometteur dit
Kenkal, je pense que vous avez fait un pas de géant Sam.
-Merci beaucoup, dit-elle j’ai travaillé dur sur ce projet et j’ai hâte
de voir le résultat.
Kenkal
la fixa longuement avant de répondre, le sourire de Sam pâlit au fur et à
mesure.
-Attendez, ne me dites pas …
-Hélas, ici c’est un laboratoire de
recherche, notre travail consiste justement à rechercher, après cela ne nous
concerne plus, nous passons le relais.
-Ça fait longtemps que vous travaillez
ici Kenkal ? demanda t-elle.
-Oui plus de dix ans. C’est un boulot
plutôt sympa et bien payé, ce qui n’est pas négligeable.
-C’est vrai dit-elle, c’est mieux payée
que sur terre. De quelle planète venez-vous ? demanda t-elle.
-Je suis né ici dit-il. Mais si voulez
on peut continuer à parler après le
travail devant un verre ?
-Oh ! excusez moi, mais je ne peux
pas dit-elle.
-Vous n’êtes pas libre, c’est ça ?
dit-il déçu.
-Oui c’est ça.
-Mariée ?
-Non, pas encore dit-elle avec un
magnifique sourire.
-Je le connais ?
-Je ne pense pas.
-Il fait quoi comme travail ?
-Il est policier.
-Oh ! Fit-il.
Sam
coupa court à la conversation, elle n’aimait pas trop le regard que posait sur
elle Kenkal. Et puis c’était sa vie privée, cela ne regardait qu’eux deux, et
leurs amis Daniel et Sarah.
Oh
zut ! pensa t-elle, le cadeau pour le mariage ! J’ai oublié.
En
sortant du bureau elle passa par le centre commercial et dénicha un service à café absolument ravissant, de quoi
satisfaire les grands buveurs de café devant l’éternel qu’étaient Daniel et Sarah.
Elle
retrouva Jack qui était déjà rentré. Ils passèrent une soirée tranquille rien
qu’eux d’ eux.
Le
lendemain Sam se réveilla barbouillée, prise
de malaises elle eut juste le temps d’aller dans la salle de bain.
Quand
elle sortit elle était blanche, et s’assit lourdement sur le lit. Mais le
malaise passa aussi rapidement qu’il était venu. Maintenant elle avait une faim
de loup et se jeta sur son petit déjeuner.
Jack
était parti depuis l’aube. Elle était en congé aujourd’hui , et s’installa seule
sur la terrasse.
Quand
le lendemain matin elle eut un autre malaise, elle se dit que peut être… une
petite vie palpitait en elle doucement.
Elle revint se blottir contre Jack, passa son bras autour du torse du
dormeur et elle replongea avec volupté dans le sommeil.
Chapitre 4
Depuis
l’espace la vue était époustouflante. Le
vaisseau tournait lentement en orbite autour de la planète Eridu. Le côté
désertique était en vue maintenant, une terre rouge creusée de cratères et
déchiquetée de pics et de sommets
acérés. Dans quelques instants ce serait le début du dôme. Une immense
construction abritant des centaines de milliers de personnes, tous au service
du même dieu Enki et sans même le savoir.
Enki
était un dieu mésopotamien, il faisait parti de la triade essentielle avec Anou
son père et Enlil son frère. Lui, s’était spécialisé dans les eaux, et la
création des hommes dans un monde où il pourrait les surveiller et les rendre
tout dévoués et acquis à sa dévotion.
C’était
un vaste chantier qu’il avait entrepris il y a plusieurs siècles. Lassés de
voir ses esclaves mourir dans les mines de naquadah sous les mauvais
traitements, il avait imaginé une autre forme d’esclavage beaucoup subtile. Les
autres Goa’ulds n’avaient aucune vision de l’avenir, lui, si. Ils ne pensaient
qu’à se battre, étaient pétris d’orgueil, et ne songeaient nullement à
construire quelque chose de durable.
La
vive intelligence et le savoir de Enki lui avait permis d’envisager un vaste
projet. Il avait choisi avec soin la planète idéale, dans un système solaire
éloigné, et ne possédant pas de porte des étoiles pour éviter les visites
imprévues et les désagréables tentatives d’espionnage.
Eridu
offrait de grandes possibilités avec ses
climats divers. Une partie aride et une partie plus tempérée avec de nombreux
fleuves et rivières, mais inondable et couverte de marécages, et avec un air
difficilement respirable, du à un taux de gaz carbonique trop élevé. C’était pourtant dans cette région qu’il choisit de
fabriquer son monde.
Le
sous sol était riche en naquadah, il lui fallait des hommes pour y travailler.
Il voulait construire un empire, il voulait se faire adorer de ses sujets, il
voulait être l’être suprême, mais pas en écrasant le peuple de sa superbe, mais
en lui apportant le bonheur.
Enki
n’était pas totalement désintéressé, le bonheur d’un peuple ne lui importait que dans la mesure où il
pouvait le servir.
Quand, en l’an 1004 de la terre, il survola pour la
première fois cette planète, il sut d’emblée que c’était là et pas ailleurs
qu’il construirait son empire.
Il
fit venir des ouvriers en grand nombre en les transportant dans ses vaisseaux
et en les déversant sur la planète par les anneaux de transfert. Il avait pris
soin de leur expliquer le travail à accomplir.
La
tâche était immense , il fallait assainir le terrain, creuser pour contenir
l’eau des rivières formant ainsi d’immenses lacs. Créer des villes, des
villages, puis peupler petit à petit.
Il
se heurta très rapidement à de nombreuses difficultés. La plus grande fut de
canaliser l’eau qui existait en grande
quantité à l’état naturel. D’immenses étendues d’eau douce, parfois saumâtre, de
longs fleuves aux deltas marécageux.
Il
commença par noyer des vallées pour
assagir la virulence des flots. Des barrages disposés de façon adéquate
canalisèrent les torrents impétueux et les cascades indomptées.
Le paysage définitif prenait forme. Une immense contrée vaste comme un
pays avec une végétation luxuriante, beaucoup d’humidité,et un climat difficilement supportable. Une
chaleur moite excessive qui collait les vêtements au corps et trempaient les
fronts au moindre mouvement.
Pas
l’idéal pour réaliser les ambitions de
Enki, à savoir se constituer une population de plusieurs centaines de milliers
d’habitants, vivant et travaillant au
service de leur dieu, et de lui seul
Enki
n’ avait pas hésité à sacrifier des générations d’esclaves qui se tuaient
littéralement à la tâche et mouraient très rapidement, car le taux
d’oxygène de la planète était insuffisant.
Trois siècles après le début des travaux
le projet piétinait. Seuls les ouvrages d’eaux avaient été réalisés. Il
restait tout à faire, tout à bâtir.
Enki enrageait, son projet était-il voué à l’échec ? C’est
alors qu’il eut l’idée de faire appel à de grands savants pris sur divers
mondes. Il envoya des espions dans les
grandes villes de la Terre, également sur Tollana, la planète des Nox, et celle
des Furlings. Il enragea car il ne trouva rien sur les Anciens. Curieusement
c’est sur la Tauri qu’un jour un de ses émissaires dénicha la perle rare en la
personne de Leonardo Da Vinci.
Amboise,
château du clos Lucé 1517
Le
petit jour se levait sur la rivière au pied du château et une pluie fine noyait le paysage d’un voile gris
uniforme. Leonardo Da Vinci malgré son
grand âge était déjà au travail. Il dormait peu et passait de longues heures à
peaufiner ses théories scientifiques. Il avait griffonné de nombreux croquis
lisibles de lui seul. Il travaillait sur
un projet d’urbanisme. Une manière révolutionnaire permettant d’améliorer les cités, en fabriquant un
matériau dur, ancêtre du goudron rendant
ainsi les villes beaucoup plus propres
et plus confortables.
Sa
servante venait de lui apporter son
petit déjeuner qu’il prit distraitement tout en travaillant. Il avait allumé la
chandelle fumante car la faible lueur dispensée par le jour gris ne suffisait
pas à éclairer sa feuille.
Une
vive lumière venue d’en haut lui fit lever la tête , il eut à peine le temps de
s’en étonner que le faisceau l’enveloppa et le transporta dans un lieu inconnu.
Tout
d’abord il se crut mort tellement ce qui
l’entourait était différent de ce qu’il avait connu. Il était dans une pièce
toute blanche, nue et immense qu’il en voyait à peine les limites. Il fit
quelques pas hésitants et quand il entendit du bruit il s’attendit à voir
arriver Saint Pierre. Au lieu de celui-ci un homme apparut, grand et brun, la
peau hâlée, avec de longs cheveux noués dans le cou. Il avait revêtu une longue
robe rouge richement brodée qu’il
portait par-dessus un pantalon blanc avec à ses pieds des babouches de cuir travaillé.
L’homme
avait un port de tête majestueux et
ressemblait à un prince tel qu’en avait connu Leonardo tout au long de sa
longue vie.
Quand
il parla il avait une voix étonnamment grave et rauque.
-Prosterne-toi devant ton dieu.
Leonardo
ne se laissa pas intimider et ne bougea
pas. Il avait connu beaucoup de princes capricieux et celui-ci ne
différait pas des autres à ses yeux.
-Où suis-je ? demanda t-il, et qui
êtes-vous ? Je ne vous ai jamais vu.
Leonardo
avait son franc parler. Son talent et sa valeur étaient reconnus des grands de
ce monde. Il pouvait se le permettre et n’ avait jamais eu peur de dire ce
qu’il pensait. Il allait jusqu’au bout de ses idées et de ses conviction dut-il
en pâtir par la suite.
-Je suis Enki, lui dit l’homme avec
l’air de penser que tout le monde le connaissait.
-Excusez-moi insista Leonardo, mais cet
endroit ne ressemble à rien que je connaisse. Où sommes-nous ?
-Tu es sur mon vaisseau répondit le dieu avec une
certaine impatience, mais en prenant sur lui de ne pas dire son fait à cet
insolent.
Il
avait besoin des talents du grand savant et savait se plier et modérer son tempérament quand il le
fallait.
Le
savant italien n’était pas facile à surprendre mais là cela dépassait tout ce
qu’il avait vu et entendu.
-Un vaisseau ? une machine volante ?
dit-il pas loin de l’exaltation.
-En effet dit Enki.
Tout
autre que Leonardo se serait exclamé que c’était impossible, inconcevable,
irréel et qu’une telle chose pouvait conduire
au bûcher celui qui proférait de telles insanités. Mais pas lui.
-Une machine volante ? je savais que c’était possible. J’ai fait des
plans en me basant sur le vol d’un aigle. Cela fonctionne donc ! dit-il
comme pour lui-même.
Enki
eut un sourire dédaigneux :
-Cela n’a rien avoir avec tes travaux.
-Vous êtes au courant de mes travaux
mon prince ? dit le savant d’un air
réjoui.
-Oui répondit Enki en souriant malgré
lui de l’enthousiasme du vieil homme, c’est pour cela que tu es ici. J’ai un problème scientifique à résoudre,
et je pense que tu peux m’aider.
-De quoi s’agit-il ? demanda
Leonardo ayant oublié sur le champ l’étrangeté de sa situation.
-Viens je vais te montrer.
Le
dieu le conduisit au fond de la salle et là Leonardo réalisa enfin que ce qu’il
vivait n’était pas un rêve. A ses pieds un monde de verdure et d’eau, où
s’agitaient des fourmis travaillant sans relâche dans la touffeur d’un climat
tropical.
Il
en resta sans voix.
-Vois-tu, dit Enki, je veux faire de
tout cela un endroit vivable pour des centaines de milliers d’humains. Mais
j’ai un gros problème, le climat est trop chaud et trop humide . L’air n’est
pas assez riche en oxygène, il y a trop de dioxyde de carbone.
-Oxygène ? dioxyde de carbone ? répéta Leonardo.
Qu’est ce que c’est ?
-Ce sont des composés de l’air.
Leonardo
ne semblait pas comprendre. L’air, c’était de l’air, quoi d’autre ?
-Je ne comprends pas dit-il en se
rapprochant de Enki qui lui paraissait être à ses yeux le plus grand savant de
toute l’humanité.
-C’est pourtant simple dit Enki,
dédaigneusement, l’air est constitué de différents éléments, 21 % d’oxygène,
78% d’azote et 1% de gaz rares. Quand nous respirons nous rejetons du dioxyde
de carbone…
Enki
continua ses explications avec schéma à l’appui. Leonardo nageait en plein
émerveillement , il entrait dans un monde magique qu’il n’aurait jamais
soupçonné même dans ses rêves les plus fous.
Quand
Enki aborda la composition de l’air de la planète Eridu, Leonardo regarda
attentivement les courbes qui s’affichaient sur la console de l’ordinateur de
bord. Il ne s’étonnait plus de rien, et passé un premier moment de surprise il
avait considéré comme acquise l’incroyable avance technologique de Enki, et il
n’était pas loin de le considérer comme un dieu. Un reste d’éducation
chrétienne et une vie entière consacrée au service de princes catholiques et de
plusieurs papes, l’en empêchèrent.
La
courbe de l’air de Eridu était sensiblement différente de celle d’un air idéal
pour un être humain. Il y avait moins d’oxygène et un peu plus de ce gaz que
les humains et les végétaux rejettent en
respirant : le gaz carbonique.
-Qu’attendez-vous de moi demanda le
savant exalté de participer à une telle recherche.
Enki
ne répondit pas et regarda le vieil homme. Celui-ci était plutôt petit, malingre, les mains
déformées par les rhumatismes, mais son large front et ses yeux toujours en
mouvement reflétaient sa vaste intelligence.
Il parcourait le vaisseau en tout sens, agitant les mains, semblant trouver de l’inspiration dans un pas
encore énergique malgré son grand âge.
-Seriez vous capable de modifier la
composition de l’air ? demanda t-il finalement
-Oui, je le peux assez facilement,
c’est juste une histoire d’enrichissement en oxygène. Mais mon problème vient
que cela ne dure pas. L’air redevient
aussitôt pollué par cet excès de gaz carbonique.
Leonardo
avait du mal à assimiler cette histoire de chimie des éléments. Tout cela était
tellement nouveau pour lui. Il demanda à
réfléchir un moment.
Enki
frappa dans ses mains et une nuée de servantes apparurent qui se prosternèrent
devant le dieu.
-Installez cet homme le plus
confortablement possible et obéissez-lui en tout.
-Je vous donne jusqu’à demain dit-il
simplement.
Leonardo
ne put s’empêcher de frissonner tant le regard de Enki était devenu dur et
perçant.
Il
ne ferait pas bon le contrarier pensa t-il en suivant les petites servantes
d’un pas menu. Ses articulations le faisaient souffrir.
Le
lendemain on le conduisit devant le dieu. Celui-ci était assis sur un trône et
laissa Leonardo à genoux devant lui sans égard pour son grand âge.
-Alors as-tu réfléchi à mon
projet ?
Leonardo
hocha la tête et eut des mots si étonnants que Enki se demanda s’il ne se
moquait pas de lui.
-Le parfum d’une rose se disperse dans la nature, il est beaucoup plus puissant
s’il est enfermé dans un espace clos dit le savant.
Puis
il attendit.
Des
émotions passèrent sur le visage du dieu, de la colère, de l’étonnement, puis
un sourire adoucit ses traits, il se leva comme en proie à une grande
agitation. Ses yeux s’illuminèrent.
-Je comprends ce que tu veux dire, il
faut que j’enferme l’air que j’aurai modifié , pour qu’il ne se disperse
pas ? C’est bien ça ? Je pourrais aussi diminuer le taux de dioxyde
de carbone, augmenter l’oxygène, mais
comment enfermer l’air ainsi
obtenu ?
-Un dôme monseigneur, fabriquez un
dôme.
L’idée
fit son chemin dans l’esprit de Enki. Dans sa magnanimité, il accorda la vie
sauve à Leonardo. Son esprit
scientifique se rebellait à l’ idée de tuer un tel savant. Et puis le vieil
homme n’était pas dangereux. Il le renvoya chez lui aussitôt.
Au
château du Clos Lucé, l’inquiétude était à son comble. Personne n’avait vu la
lumière si brillante qui transportait en son sein les molécules du grand
savant. Da Vinci avait disparu deux jours. Sa servante failli s’évanouir en le
trouvant dans son lit ce matin là, profondément endormi.
Le
château se réveilla et le retour du maître fut fêté. Chacun supposa qu’il
s’était absenté sans rien dire à personne pour un voyage dont lui seul avait le
secret.
Leonardo
mourut trois ans après ces
évènements. Ses nombreux croquis furent
retrouvés. Plus tard ils seraient dispersés dans les plus grands musées de l’Europe,
Leonardo n’ayant jamais écrit d’ouvrage scientifique complet, simplement des
centaines de dessins annotés et cryptés pour n’ être compris que de lui seul.
Ce
n’est que quelques siècles plus tard, dans le double fond d’un tiroir de la
table de travail du génial savant, qu’un jour on retrouva un croquis griffonné
et annoté. L’écriture était quasiment illisible , mais on pouvait admirer un
magnifique dessin d’une ville avec des maisons au bord d’un lac et au dessus de
ce paysage paisible, on reconnaissait parfaitement un immense dôme. Et dans un angle
le nom de ENKI.
Tout
le monde se posa la question. Que venait faire un dieu mésopotamien sur un
dessin de Leonardo Da Vinci ?
L’énigme
ne fut jamais résolue.
L’idée
du dôme fit son chemin dans l’esprit de Enki. Mais la réalisation posait de
nombreux problèmes. Il fallait en effet faire un dôme ultra léger mais solide,
dans un matériau transparent qui laisserait fuser la lumière du soleil. Il
laissa passer des dizaines et même des centaines d’années, parcourant la
galaxie à la recherche du matériau miraculeux, et introuvable.
Ce
n’est qu’au début du 20ème
siècle de la terre qu’il trouva un alliage léger, souple et solide. Le dôme était composé d’une demi
sphère légèrement aplatie s’élevant dans le ciel à 2 kilomètres d’altitude dans
sa partie la plus haute. Les bords étaient fixés et profondément ancrés dans le
sol, dans une zone maritime, si bien qu’une fois à l’intérieur du dôme il était
impossible d’en deviner les parois. Une sorte de no man’s land empêchait les
voyageurs de s’égarer, et d’atteindre les bords du dôme.
On
n’y pénétrait que par des anneaux de transfert situés dans le palais du roi, au
centre de la ville de Eridu, du même nom que la planète.
Les
premiers habitants furent déportés vers 1920. Au début quelques centaines de
personnes qui se développèrent rapidement, construisirent des villes, et
cultivèrent les champs. La deuxième génération n’avait connu que la vie sous le
dôme sans le savoir. C’était parmi ceux-ci, que Enki recruta ses plus fidèles
sujets.
Personne
sous le dôme se doutait de son existence. C’était un matériau qui ne demandait
aucun entretien, il était imputrescible, indéformable et remplissait
parfaitement son rôle protecteur. Le climat était agréable, tempéré, idéal pour
un humain, sauf un taux d’oxygène très
légèrement insuffisant, obligeant les personnes venant de la terre à recevoir
une piqûre par mois d’un composé que Enki baptisa Triox.
Chapitre 5
De
nos jours , planète Eridu
Chez
le médecin du quartier ou à l’hôpital ? Sam se posait la question ce matin
là. Jack était parti à l’aube et après un autre malaise elle avait acquis la
quasi certitude qu’elle était enceinte. Ce jour là elle décida de ne pas aller
travailler. Elle prit rendez-vous à l’hôpital avec Liena qui avait l’habitude
de la suivre depuis son arrivée sur la planète six mois plus tôt.
Son
rendez-vous était pour onze heures. Fatiguée, elle se recoucha et plongea
aussitôt dans un rêve étrange. Elle était militaire et travaillait dans une
base souterraine. Dans son rêve se mêlaient Goa’ulds et destruction de la
Terre. Le passage de la porte lui donna l’impression de se jeter dans le vide,
et elle hurla au moment où son corps touchait la flaque bleue.
Le
cœur battant à tout rompre elle se redressa dans son lit. Le rêve lui collait à
la peau, il paraissait si réel qu’elle en ressentait encore une sourde angoisse
longtemps après s’être réveillée. La douche ne la calma pas et comme son
estomac criait famine, elle se prépara un petit déjeuner copieux avant son
rendez-vous à l’hôpital.
Liena
la fit attendre un moment. La salle d’ attente était pleine de monde. Elle
soupira. Un heure plus tard ce fut son tour. Elle aborda d’emblée le sujet qui
la préoccupait.
-Je crois que je suis enceinte dit-elle
à la jeune femme.
Celle-ci
lui trouva mauvaise mine, les yeux cernés. Sa tension était trop élevée.
Elle
lui fit tous les examens nécessaires, mais devant l’air anxieux de Sam elle
tâta le terrain.
-Je pense que vous êtes enceinte, le
test est positif dit-elle, mais je n’en suis pas sûre à cent pour cent, ajouta
t-elle devant l’air inquiet de Sam.
-Vous le saurez quand ? dit Sam
précipitamment.
-Demain, quand j’aurai les résultats de
votre prise de sang. Mais ajouta t-elle, vous n’avez pas l’air de souhaiter cet
enfant ?
-Au contraire, dit Sam, j’en suis très
heureuse.
-Alors quel est le problème ?
Sam
ne voulut pas parler de ses cauchemars, elle se retint juste à temps, une
intuition, quelque chose de vague qui lui donnait à penser que ce ne serait pas
prudent et n’apporterait que des complications.
-Tout va bien ? insista Liena.
Parce que vous êtes encore dans les délais pour une interruption de grossesse
si vous le souhaitiez.
-Oh non pas du tout dit Sam
scandalisée. Seulement je n’ai jamais eu d’enfant, et j’ai 37 ans.
Le
visage de Liena s’éclaira. C’ était donc ça !
-Vous serez prise en charge, ne vous
inquiétez pas, dit-elle d’une voix douce. Nous avons un personnel médical très performant. Et puis vous allez revenir me voir tous les quinze
jours pour suivre l’évolution de votre grossesse, vous n’avez aucune inquiétude
à avoir.
Sam
ne passa pas une très bonne nuit, elle se réveilla plusieurs fois, inquiète. Les
résultats arriveraient le lendemain, encore quelques heures à attendre pensa
t-elle en se recouchant pour la énième fois.
Jack
s’était réveillé.
-Que se passe t-il chérie ?
-Je n’arrive pas à dormir.
-Viens dit-il en souriant.
Elle
se précipita dans ses bras, le visage contre son torse, elle appréciait la
douceur et la fermeté des bras qui l’encerclaient. Elle se lova contre lui
touchant sa peau. Leurs lèvres se trouvèrent dans la semi obscurité, un baiser
tout en douceur. Ils restèrent un long moment sans bouger puis Jack chuchota à
son oreille.
-Et si tu me disais ce qui ne va
pas ?
-Demain, pour le moment c’est trop tôt.
-Tu m’inquiètes ? dit-il en se
levant sur coude mais la pénombre
l’empêchait de bien discerner les traits de sa compagne.
-Serre-moi bien fort dit-elle
seulement.
Elle
lui tourna le dos, se coucha en chien de fusil et lui vint se glisser derrière
elle et passa un bras autour de sa taille, sa main venant toucher son ventre.
Il la tenait contre elle respirant le doux parfum de ses cheveux. C’est ainsi
qu’ils s’endormirent.
Le
lendemain les résultats arrivèrent. Elle déplia la feuille, le cœur battant, le
souffle court. Elle dut s’asseoir tant l’émotion était grande , le rêve de toute
sa vie se réalisait : elle attendait un enfant.
La
journée de travail passa lentement tant elle avait hâte de retrouver Jack, elle
regardait sa montre toutes les cinq minutes. Elle était si distraite que Kenkal
s’en rendit compte.
-Qu’est ce que ne va pas Sam ?
j’attends les résultats de vos analyses depuis ce matin.
-Les voilà dit la jeune femme en lui tendant un mince dossier. Je viens
juste de finir, excusez moi, mais c’était un peu plus long que prévu.
-Bien, dit Kenkal d’un air soupçonneux.
Après un dernier regard à la jeune femme il retourna dans son labo.
Sam
quitta son travail à cinq heures pile, pas question de faire une minute de
plus. Elle avait une grande nouvelle à annoncer à Jack. Elle était cependant
inquiète, une sourde angoisse diffuse, qu’elle n’arrivait pas à analyser. Elle
pressa le pas. Le temps qu’elle rentre
il serait peut être déjà arrivé ?
Jack
quitta le commissariat très tard ce soir là. Il maudit le sergent Wilson
d’avoir été malade, cela lui avait donné du travail supplémentaire dont il se
serait bien passé. Lui aussi avait hâte de rentrer. L’état de Sam l’inquiétait.
Elle avait beaucoup changé depuis quelques semaines. Elle n’avait pas reparlé
de ses cauchemars, mais il pensait que ses insomnies venaient de là.
Sam
était allongée sur le canapé quand elle entendit la clé tourner dans la
serrure. Son angoisse s’apaisa d’un seul coup, Jack était là, son rayon de
soleil, sa force, celui sur lequel elle s’appuyait dans les moments difficiles.
Dès qu’il était près d’elle tout était relativisé, et la vie lui paraissait
plus simple.
Elle
se précipita , lui sauta au cou, et l’embrassa fougueusement avant qu’il ait eu
le temps de dire quoique ce soit.
-Hé chérie ! Il l’éloigna de lui la tenant à bout de bras
pour mieux voir son visage. Une lueur brillait dans ses yeux. Elle
sourit :
-J’ai quelque chose à te dire, Jack mais je ne sais pas si c’ est
une bonne ou une mauvaise nouvelle.
Le
sourire se figea sur les lèvres de Jack :
-Qu’y a-t-il ma douce ?
-On n’a jamais dit si on voulait des
enfants… murmura t-elle, moi j’en veux, mais toi ?
-Tu es enceinte ? dit-il un peu
trop brusquement.
-Oui, souffla t-elle sans le lâcher des
yeux. Elle ne put rien lire dans son regard, son visage s’était figé. Il
restait silencieux, un silence lourd et terrible qui la mettait au supplice.
Elle sentait cet enfant, pourtant encore
en devenir , qui pesait dans son ventre
comme une pierre et qui l’attirait vers
le bas. Le souffle lui manqua, l’émotion et la déception était trop forte, elle
se sentit glisser sans pouvoir se retenir. Malgré le bras de Jack qui l’entoura
aussitôt , la pièce s’ effaça autour d’elle , et elle se sentit sombrer dans le
noir.
Quand
Sam revint à elle, elle était allongée sur le lit. Encore faible elle ouvrit
les yeux et croisa le regard inquiet de Jack.
-Si tu ne veux pas de cet enfant je
peux avorter souffla t-elle.
-Mais arrête de dire des bêtises
dit-il, je suis désolé, mais je m’y attendais pas du tout. Tu m’en veux ?
-Oh non, dit-elle en caressant le
visage viril de son amant. Tu es content ?
-Oh oui, dit-il avec un empressement
qui lui parut suspect.
Il
la serra bien fort contre lui, comme pour lui masquer son visage. Elle
s’inquiéta encore :
-Que se passe t-il ?
-Il faut qu’on parle Sam.
Son
visage était grave, une lueur d’inquiétude pointait dans ses yeux bruns. Son
cœur à elle rata un battement. Elle sentait que la période heureuse venait de
prendre fin, elle ne savait pas pour quelle raison, l’avenir refusait de se
dévoiler à elle, tout comme son passé qu’elle soupçonnait fort différent de ce
dont elle se souvenait.
-Je fais des cauchemars comme toi, Sam,
dit-il.
Elle
se blottit contre lui en proie à l’angoisse. Elle mit cela sur le compte de son
état qui bouleversait ses hormones et la rendait fragile et plus inquiète que
d’habitude.
-Les miens ont augmenté d’intensité
depuis quinze jours environ dit-elle.
Toutes
les nuits je rêve d’une base où je serais militaire, et toi ?
-Moi c’est différent. Je rêve d’un
enfant, un jeune garçon, je suis presque sûr que c’est mon fils. Et puis il
meurt, je ne sais pas comment, mais la douleur est si affreuse qu’elle me
réveille.
-Est-ce que tu crois que ces rêves ont
un rapport avec notre passé sur la terre ?
-Je ne sais pas. Mais il y a une chose
étrange, c’est étonnant qu’on ne se
rappelle que de la destruction de la terre, et presque rien de notre vie avant.
Tu te souviens de quelque chose ?
-Je me souviens d’un observatoire et
d’un labo où je faisais des expériences, je suppose que je devais faire le même
travail que maintenant.
-Moi aussi, je me souviens avoir été
policier, ou gendarme ou militaire,je ne sais pas mais je me souviens que je maniais des armes.
-C’est étrange que nous ayons tous les
deux des rêves de cette nature. Et si on en parlait à Daniel et Sarah ?
-Attendons un peu dit-il, ils se marient dans deux jours, ce n’est peut
être pas le moment.
-Tu as raison. Oublions tout cela
dit-elle d’un ton enjoué. Garçon ou fille ? Qu’est ce que tu veux ?
-Parce que je peux choisir ?
dit-il avec malice.
Cela
la fit rire et détendit brusquement l’atmosphère.
-Je préférerais un garçon, qui serait
aussi beau que son papa, dit-elle.
-Et moi une fille qui aurait les yeux
admirables de sa maman dit-il en rentrant dans son jeu.
-Non, non, il aura ta bouche dit-elle
en passant son doigt sur les lèvres de Jack, et puis ton superbe regard brun
chocolat et puis quelques épis sur la tête dit-elle très vite en riant, et en s’écartant brusquement pour éviter d’être attrapée
par la main leste de Jack. Ils coururent dans l’appartement en riant comme des
enfants et vinrent s’écrouler sur le lit.
Ils
redevinrent graves et les lèvres de Jack vinrent tout naturellement se poser
sur celles de Sam.
-On peut ? demanda t-il. Ça ne va
pas faire mal au bébé ?
-Oh non, tant que je ne suis pas
devenue une barrique ! Tout va bien. Allez viens dit-elle en lui offrant
ses lèvres, le visage levé vers lui.
Il
n’eut plus qu’à se pencher pour les capturer.
Six
mois plus tard.
Appartement
de Daniel et de Sarah
-Alors les amoureux ? tout va
bien ? dit Jack d’un ton joyeux, en entrant dans l’appartement, suivi de
Sam.
Daniel
et Sarah étaient mariés depuis plusieurs semaines et Jack n’arrêtait pas de les
taquiner . Il ne manquait jamais une occasion de mettre Daniel en boite. Il ne
savait pas pourquoi c’était plus fort que lui.
La
mine sombre de Sarah l’arrêta aussitôt.
-Que se passe t-il ? Vous avez vu
un fantôme ?
-Non tout va bien dit Daniel mollement.
-A d’autres ! reprit Jack, je te
connais Daniel quand tu fais cette tête là c’est que quelque chose…
Il
s’interrompit et son doigt passa de Daniel à Sarah
-Ne me dites pas que vous vous êtes
déjà disputés ?
-Pas du tout dit Sarah, c’est juste que
nous faisons d’horribles cauchemars depuis quelque temps. En fait nous n’avons
pas été faire notre piqûre de triox ce mois-ci, On était un peu débordé et on a
oublié. Mais tout rentrera dans l’ordre demain. Nous avons pris un rendez-vous
avec Liena.
-Attends dit Sam, en regardant Sarah,
tu dis que tu fais des cauchemars parce que tu n’as pas eu la piqûre ?
Comment peux-tu savoir que ça a un rapport ?
-Simplement parce que c’est déjà
arrivé ! A chaque fois que je suis en retard, c’est pareil.
Sam
et Jack se regardèrent en pâlissant.
-Vous aussi c’est la même chose n’est
ce pas ? dit Daniel avec de l’inquiétude dans la voix.
-Oui dit Sam. Mais je pense que c’est
dû au manque d’oxygène, cela provoque peut être des troubles. Je ne suis pas
médecin, mais c’est sûrement ça.
-Vous rêvez de quoi ? demanda Jack.
-Moi dit Daniel je rêve d’une très
belle femme brune, à laquelle je suis marié et dont je suis très amoureux.
Excuse moi ma chérie dit-il à sa femme.
-Non c’est rien, continue.
-Cette femme est prise par un Goa’uld
et elle est perdue pour moi. Je passe des années à la rechercher, mais je ne le
retrouve jamais.
-Nous rêvons beaucoup de Goa’ulds dit
Sarah. Moi je rêve d’être possédée par un serpent et de faire des choses
abominables que je ne contrôle pas dit-elle en fondant en larmes. C’est
horrible, hoqueta –telle. Ma main fait des choses affreuses. Et dans un de mes
rêves je cherche même à tuer Daniel.
-Nous aussi nous faisons le même genre
de rêves, dit Sam, c’est tellement fort que je me demande si ce ne sont pas des
souvenirs.
Jack
ne disait plus rien, il était pensif. Il se contenta de prendre Sam dans ses
bras.
-On devrait peut être en parler à
Liena ? dit Sarah.
-Non répliqua Sam précipitamment, elle
avait presque crié, tellement elle sentait qu’il fallait garder le secret. Tu
ne dis rien Jack ? dit-elle en
tournant vers son compagnon.
-Je pense que non seulement il ne faut
rien dire mais qu’il ne faut plus recevoir ces piqûres.
Ils
se regardaient tous les quatre. La tension était palpable dans la pièce. Sam
alla sur le balcon. La vue du lac était magnifique, c’était un paysage de rêve,
une vie de rêve qu’ils avaient.
-Regardez comme c’est beau ! leur dit-elle.
Ils
vinrent la rejoindre. Le soleil se couchait sur les eaux devenues orangées.
L’horizon était déjà noyé dans l’ombre,et le ciel s’assombrissait de minute en
minute. Une brise légère se leva faisant flotter les cheveux de Sam qu’elle
portait un peu plus long maintenant.
Jack
se tenait derrière elle, il caressait doucement sa blonde chevelure. Elle se
retourna les yeux noyés de larmes.
-Jack qu’est ce qui nous arrive ?
Il
se contenta de la serrer contre lui. Il ne pouvait rien faire d’autre.
Ils
revinrent dans le séjour et se mirent à
table. Ils parlèrent de choses et d’autres. Puis finalement revinrent sur ce
qui les préoccupaient tant.
-On est bien d’accord dit Daniel,
personne ne va à l’hôpital.
-Je ne sais pas si on pourra le faire
longtemps, ils vont nous rappeler à l’ordre rapidement, dit Sam.
-C’est probable, à croire qu’ils ont le
nez dans les dossiers médicaux toute la journée pour chopper celui qui aura
oublié la sacro sainte piqûre de « tri machin chose » dit Jack.
-Tu as dit quoi Jack ? questionna
Daniel.
-Rien.
-Mais si insista le jeune archéologue, la piqûre de ?
-de « Tri machin chose »,
j’ai dit.
-Ce n’est pas la première fois que
j’entends un truc pareil dans ta bouche, Jack dit Sam.
-Et alors ?
-Je pense que nos souvenirs reviennent
dit Sam gravement.
-Concentrons-nous dit Daniel. Partons
du principe que ce dont nous rêvons soient des souvenirs, et mettons tout en
commun.
Ils
passèrent la soirée à se remémorer tout un tas de petits détails de leurs
rêves. Tous ces petits riens mis bout à bout constituèrent un monde très
différent. D’abord les personnes, Charlie dont Jack se souvint du prénom. Share
la femme disparue de Daniel. Jacob le père de Sam. Sarah était seule au monde
sur terre, mais elle se rappela de Stevens sans pouvoir le situer ni dans le
temps ni dans l’espace.
-Il y a aussi un homme très grand la
peau brune avec un tatouage sur le front, Teal, je crois.
La
chose la plus étrange c’est qu’ils avaient des souvenirs en commun. Ils en
vinrent à cette constatation effarante qu’ils se connaissaient et même très
bien.
-Alors pourquoi est-on ici, sur cette planète
si on a une vie ailleurs ? dit Sarah.
-Mais la destruction de la terre…
commença Daniel.
Jack
le coupa brutalement :
-Ce sont peut être de faux
souvenirs ? C’est une possibilité à envisager.
D’instinct
Jack était devenu le chef, comme s’il les avait toujours commandés. C’était une
sensation étrange que chacun éprouvait, être à la fois la personne qu’ils
étaient devenues et une autre plus profondément enfouie en eux mêmes et qui
n’avait pas encore totalement ressurgi.
-Que fait-on ? demanda Daniel en
regardant Jack.
-Moi je propose quelque chose dit Sam.
Demain je retourne à l’hôpital pour mon examen médical du 8ème mois.
Je pense que je ne pourrais pas échapper à la piqûre, mais j’essaierai de
subtiliser une ampoule de triox pour l’analyser.
-Entendu Sam, mais sois prudente, dit
Jack, en lui jetant un regard inquiet. La grossesse de la jeune femme se
déroulait très bien mais il ne voulait pas qu’elle courre le moindre danger.
-Si tu reçois une injection de triox tu
risque d’oublier les souvenirs qui te sont revenus dit Daniel.
-Au moins on sera sûrs.
-Mais ça ne risque pas d’être dangereux
pour le bébé ? dit Jack. Tu as déjà eu six piqûres depuis le début de ta
grossesse.
-En fait je ne pense pas dit Daniel.
-Tu t’y connais en bébé ?
toi ? dit Jack avec hauteur.
-Non, dit Daniel sans souligner le ton
abrupt de Jack. mais je pense que ce
prendrait pas le risque de faire naître un bébé malade. A mon avis ils ont
besoin de beaucoup de monde.
-Ça se tient comme raisonnement dit
Jack.
-Mais au fait pourquoi ont-il besoin de
monde ? Pourquoi aller chercher des gens sur d’autres planètes ?
s’interrogea Sarah.
-C’est ton boulot ma chère Sarah dit Jack.
Toi et Daniel vous allez fouiner dans les archives, et trouver tout ce que vous
pouvez sur cette planète.
-Ça ne va pas être simple dit Daniel, nous
travaillons exclusivement sur les animaux. Le reste du muséum nous est interdit.
-Comment ça interdit ? demanda Sam.
Vous ne pouvez pas aller partout. ?
Daniel
ouvrit un tiroir et en sortit deux badges.
-Nous avons un accès limité. Sarah est
dans la salle des animaux fossiles et moi dans celle des insectes.
-Vous travaillez sur des insectes
Daniel ? Il me semble que ce n’était pas votre spécialité avant…
Jack
ne finit pas sa phrase. Il avait le front soucieux, comme en proie à une
intense concentration.
-Jack dit Daniel inquiet, tu m’as
vouvoyé !
-Non, pas du tout.
-Si je t’assure. Tu te rappelles de
quelque chose ?
-Oui, il me semble que tu parles
beaucoup de langues, certaines dont j’ignore même l’existence.
-Je le sais bien, je n’ai rien perdu de
ce que je savais. Du moins je le suppose dit-il pensivement.
Jack
prit les badges et les examina.
-Pas moyen de les trafiquer ?
-Non.
-Alors il va falloir vous débrouiller,
dit-il sèchement. Il n’y a pas d’autres solutions. Moi pendant ce temps j’irai
voir du côté du palais du roi. Je peux circuler à ma guise dans tout le pays en
raison de mon métier.
-Tu es sorti de Eridu ?
-Oui plusieurs fois.
-Et c’est comment ? nous n’avons
pas eu l’occasion d’y aller.
-C’est normal dit Jack, de la campagne,
des villages, d’autres villes. Rien d’extraordinaire.
Voyant
le visage fatigué de Sam, Jack se leva.
-Il est temps de partir, Sam n’en peut
plus.
La
jeune femme s’était à demi allongée sur le canapé et elle avait fermé les yeux.
Jack se pencha et l’embrassa délicatement sur le front.
-Viens dit-il en lui prenant la main.
Il est temps pour vous deux d’aller faire dodo, ajouta t-il en passant des yeux de Sam à son ventre
délicatement rebondi.
La jeune femme sourit.
-Oui, je suis fatiguée souffla t-elle.
Sam
regardait autour d’elle. Elle était dans la salle d’examen de l’hôpital, là où
elle se rendait régulièrement. Liena l’avait laissé seule un instant, appelée
pour une urgence. La salle était petite et sur un chariot il y avait des
médicaments. Elle fouilla rapidement tout en jetant de nombreux regards vers la
porte. Pas question de se faire surprendre.
Un
plateau entier remplis d’antibiotiques
en tout genre : aminosides, tétracyclines, macrolides, sulfamides, mais rien
qui rappela le triox. Sam ouvrit la porte de la petite armoire blanche qui faisait
l’angle de la petite pièce. Une étagère était pleine de matériel médical
divers, compresses et seringues entre autres. Plus bas elle découvrit une boite
où s’alignaient les petites ampoules remplies d’un liquide j’aune d’or. Sur
l’étiquette, un O suivi d’une formule compliquée, mais à aucun endroit elle ne
trouva le mot triox.
Un
bruit dans le couloir la fit sursauter et refermer précipitamment la porte de
l’armoire. Fausse alerte, ce n’était qu’une infirmière qui passait avec un
chariot. Le coeur battant Sam ouvrit le placard et s’empara d’une petite
ampoule qu’elle mit dans sa poche. Une seconde plus tard Liena entrait dans la
salle d’examen.
Bien dit-elle, je suis toute à vous,
j’espère que nous ne serons pas dérangées.
Comment vous sentez vous ?
-Je vais bien dit Sam en souriant, elle
commença à parler pour permettre à son cœur de reprendre un rythme normal.
L’examen
se déroula sans problème, Sam reçut sa piqûre, et elle sortit rapidement de
l’hôpital. Aujourd’hui commençait son
congé de maternité, elle avait hâte d’être rentrée chez elle. Elle décida de
rentrer à pied. Un peu de marche ne lui ferait pas de mal. Elle passa devant un
magasin de puériculture et s’arrêta attendrie devant les petites brassières, et
d’adorables petits chaussons pour bébé. Elle ne put résister à pénétrer dans le
magasin et se laissa tenter. Quand elle ressortit elle avait les bras chargés
de paquets contenant la plus adorable layette qui soit.
Chez
elle l’attendait Jack. Il ne peut s’empêcher de sourire de la voir le visage
rosi de bonheur, un éclat lumineux si particulier dans le regard.
-Tu as trouvé ?
-Oh oui regarde ce que j’ai acheté,
dit-elle en ouvrant les paquets les uns derrière les autres. Tu ne trouves pas
ça joli ? dit-elle surprise et un
peu déçue du regard grave de son amant.
-Si c’est mignon, dit il en passant un
doigt dans la douceur duveteuse d’un chausson. Mais je te parlais de l’ampoule
Sam.
-Quelle ampoule ? demanda la jeune
femme à nouveau accaparée par une grenouillère bleue à fines rayures blanches.
Jack
soupira !
-Aucune importance dit-il, en la
prenant dans ses bras. Il avait la réponse à sa question. Sam avait de nouveau
tout oublié. Sa vie était ancrée sur cette planète, elle attendait son enfant
et se préparait pour cet instant le plus extraordinaire de sa vie de femme.
-Ce soir je vais chez Daniel, mais je
préférerais que tu ne viennes pas avec moi.
-Pourquoi ? dit-elle en levant un
regard étonné sur lui.
-Nous avons beaucoup de choses à dire,
et tu dois te reposer.
-Mais je ….
-S’il te plait chérie, fais ce que je
te dis. Qu’est ce que tu veux manger ? dit-il joyeusement pour détourner
la conversation.
-Je n’ai pas faim dit-elle.
Elle
sentait que Jack lui cachait quelque chose
et elle fondit en larmes. Maudites hormones pensa t-elle ! en
s’essuyant les yeux rageusement. Mais Jack avait eu le temps de voir son visage
décomposé. Il la prit tendrement dans ses bras.
-Dis moi ce qui ne va pas.
-C’est la piqûre, A chaque fois c’est
pareil, j’ai l’esprit tout embrouillé.
Jack
prit le temps de tout lui réexpliquer, tranquillement. Elle ne disait rien mais
de temps à autre hochait la tête.
-C’est pour cela que je dois voir
Daniel et Sarah, nous avons à parler.
-Je comprends dit-elle.
Jack
lui prépara un repas léger, elle se coucha et s’endormit aussitôt.
Qu’est
ce qu’il pouvait y avoir dans cette maudite piqûre ? Dans la poche de Sam
il trouva l’ampoule qui luisait doucement au creux de sa main. Il eut une envie
folle de la détruire, mais il la mit dans sa poche et quittant l’appartement il
monta un étage et frappa à la porte de chez Daniel et Sarah.
Quand
il rentra beaucoup plus tard, Sam était toujours endormie. Elle avait pleuré
dans son sommeil, son oreiller était trempé de larmes. Il passa un doigt léger
sur sa joue. Elle ne réveilla pas, même quand il déposa sur ses lèvres un
baiser d’une grande douceur. Il s’allongea et s’endormit aussitôt.
Ce
fut cette nuit là que tout bascula. A son réveil Jack avait retrouvé
intégralement la mémoire.
Deuxième partie
Chapitre 1
Palais
de Enki.
Enki
était satisfait. Son plan touchait à la perfection. Ses pions posés sur un
gigantesque échiquier se mouvaient à sa guise. Dès le début Enki avait pensé que les personnes déportées
devaient être heureuses d’être sur cette belle planète. Il ne fallait en aucun
cas que des désirs de rébellion viennent gâcher un si beau projet. C’est alors
qu’il eut l’idée de modifier légèrement le taux d’oxygène de façon à induire un
manque. Et pour corriger ce manque quoi de mieux que d’imposer aux habitants
une piqûre d’un composé de sa fabrication , contenant naturellement de
l’oxygène mais aussi des composants induisant une perte de la mémoire des
évènements antérieurs à la venue sur la planète. Il suffisait lors de l’arrivée
des étrangers de les faire passer par un service spécialisé de l’hôpital où on
leur fabriquerait de faux souvenirs de destruction de leur planète d’origine
par les Goa’ulds. Un jeu d’enfant pour un Dieu comme Enki.
Tout
fonctionnait à merveille. Les habitants de la planète travaillaient, avaient
des métiers intéressants qui leur procuraient un salaire, une existence
heureuse. Mais Enki n’était pas un philanthrope. Cela n’avait qu’un but, la
gloire et la puissance pour lui seul.
A
quelques kilomètres de la capitale Eridu se trouvait le gisement de naquadah le
plus important de toute la planète. Tout y était mécanisé. De puissances machines
extrayaient le minerai. De nombreux ouvriers y travaillaient mais dans des
conditions saines. Ils portaient tous des masques quand ils étaient en contact
avec les poussières nocives. Aucun risque de maladie, les ouvriers étaient bien
traité, bien nourris. Tous les soirs ils rentraient chez eux retrouver leur
famille dans la capitale ou dans des villages voisins.
Enki
possédait la mine la plus fructueuse de toute la galaxie. Grâce aux
scientifiques qui travaillaient pour lui dans de nombreux laboratoires, le
naquadah était exploité au maximum de ses possibilités. Rien n’était laissé au
hasard. Les filons de naquadah n’étaient pas les seuls minerais présents dans
le gisement. D’autres étaient exploités, rien n’était perdu, tout contribuait à
faire de Enki le Dieu le plus riche et bientôt le plus puissant.
Entourés
de quelques gardes pris parmi des plus fidèles sujets, Enki aimait se promener
dans sa capitale. Il admirait son œuvre, il aimait les saluts que lui dispensaient
les gens dans la rue. Ce n’était pas des prosternations provoquées et sans
valeur, mais des sourires et des saluts de reconnaissance. Le peuple l’adorait, d’une façon spontanée et
naturelle. Chaque fois que Enki sortait de son palais, la foule s’amassait et
l’acclamait.
Enki
était fin psychologue, il savait que devenir un tyran n’apportait que la
crainte et la révolte, la méthode douce était beaucoup plus efficace. Et puis
il était patient, très patient. Mais petit à petit il se construisait une
flotte avec des pièces détachées venues
de diverses usines de la planète. Il
augmentait progressivement le nombre de ses jaffas. Il ricanait en pensant aux
terriens qui travaillaient pour lui, en particulier le major Samantha Carter,
une scientifique hors pair. La meilleure pour l’instant parmi les terriens
qu’il avait enlevés.
Il
répondait aux saluts de la foule par de petits gestes de la main. Il adorait ce
genre de sortie, son ego s’en trouvait satisfait et il bénissait son
intelligence qui allait faire de lui le Goa’uld le plus puissant de la galaxie.
Il préparait quelque chose de gigantesque
à la barbe des grands maîtres, qui n’en verraient que du feu, lorsqu’il
déclencherait la grande offensive.
Chapitre 2
Base
de Cheyenne Moutain.
Le
général Hammond, fatigué avait enfin pu
prendre sa retraite. Le président avait donné son accord à condition que
celui-ci restât en disponibilité au cas
où.
Hammond
empaquetait ses dernières affaires et s’apprêtait à quitter ce bureau où il
avait transpiré sang et eau, à s’inquiéter, à prendre des décisions vitales
pour le sort de la planète. Une activité qui l’avait ruiné peu à peu. Il avait hâte de tourner la page. Ceux qui
auraient pu le retenir , avaient disparu
depuis plusieurs mois, morts sans doute.
Personne
ne le saura jamais pensa Hammond avec tristesse.
Teal’c
avait été intégré à SG3 sous les ordres du colonel Reynolds. Il avait confié à
celui-ci son secret espoir de retrouver ses amis. Reynolds était un homme
d’honneur, il trouvait qu’on avait
enterré un peu vite SG1 sans beaucoup les chercher. Il autorisa Teal’c au cours
des différentes missions, à poursuivre ses recherches. Jusqu’à présent elles
n’avaient pas abouti.
Une
petite fête très simple fut organisée pour le départ à la retraite du vieux
général. Il dit quelques mots émouvants et ne put s’empêcher d’évoquer le
colonel O’Neill, le major Carter et
le professeur Jackson, qui manquaient à
tous les anciens de la base. Il fut très
applaudi.
Son
remplaçant arriva le lendemain.
C’était
un homme de haute taille, très maigre, les cheveux en brosse, un regard sévère.
Le militaire pur et dur.
-Je vous présente le général Allistair
avait dit Hammond, obéissez lui comme vous le faisiez avec moi.
Les
deux généraux se serrèrent la main et Hammond prit lentement le chemin des
ascenseurs qui le conduisirent à la surface.
Chapitre 3
Planète
Eridu
Jack
se réveilla en sursaut, trempé de sueur, nauséeux et le cœur battant la
chamade. Il se leva doucement pour ne pas déranger Sam qui dormait.
Il
alla se plonger la tête dans l’eau froide du lavabo pour essayer de s’ éclaircir les
idées. Qu’avaient-ils fait ? Comment avaient-ils pu se laisser manipuler à
un tel point ? Jack avait honte de
lui. Tellement lucide et méfiant d’habitude il s’était fait avoir comme un bleu,
n’avait eu aucune méfiance, aucune inquiétude. Il avait tout gobé, et prit pour
argent comptant cette histoire de destruction de la Terre par les Goa’ulds.
Il
s’assit lourdement sur le canapé, et se
passa la main dans ses cheveux humides. De l’autre côté de la porte dormait Sam,
l’amour de sa vie. Son cœur se crispa comme en proie à une griffe acérée. La
douleur était telle, qu’il dut se lever, et marcher silencieusement dans la pièce. Surtout
ne pas la réveiller, qu’il n’ait pas à la prendre dans ses bras. Plus jamais…
La douceur de ses lèvres, sa peau si tendre, ses caresses sublimes, plus
jamais… et cet enfant. Jack se sentit rempli de colère, d’une rage destructrice
contre ce maudit Enki, un Goa’uld bien sûr, mais tellement différent des autres
qu’il n’en avait vu que du feu.
Daniel
avait fait son enquête, Enki étant le roi de la planète, il avait une
biographie officielle, qu’il n’eut aucun mal à trouver. Soi disant natif de
cette planète, il avait succédé à son père dix ans plus tôt, on y louait son
courage et sa grandeur d’âme pour faire de sa planète un endroit agréable pour
son peuple.
Naturellement
tout cela n’ était qu’ un ramassis de mensonges pensa Jack. Il avait endormi la
méfiance des habitants en leur faisant croire n’importe quelle histoire susceptible
de le servir et d’asservir son peuple.
Pour
la première fois de sa vie Jack était désemparé. Il savait où était son devoir,
mais comment l’accomplir ? Aurait-il la force de renoncer à Sam ? Et
la jeune femme qui avait encore une fois tout oublié grâce à sa récente piqûre
ne lui faciliterait pas la tâche, il en était certain.
Il
regarda sa montre : 4 heures. La nuit était encore noire sur Eridu. Il
décida de courir un peu pour évacuer la tension et cette insupportable
souffrance.
Il
parcourut très vite les premiers kilomètres, l’air frais fouettait son visage
lui faisait un bien fou. Il s’arrêta pour s’asseoir sur un banc et récupérer un
peu. Quand il rentra il avait la tête vide et sans même prendre une douche il
s’endormit comme une masse sur le canapé du salon.
Ce
fut ainsi que le trouva Sam quand elle se leva. Il dormait mais son visage
n’était pas reposé, une grande ride lui barrait le front et son sommeil était
agité. Elle passa la main sur son front, il était trempé de sueur.
-Jack murmura t-elle.
Il
s’éveilla, repoussa sa main brusquement et grogna quelque chose qu’elle ne comprit pas puis
s’engouffra dans la salle de bain, laissant Sam, désemparée au milieu du salon.
-Jack ! redit-elle.
Elle
était au désespoir !
Jamais
il ne s’était levé sans l’embrasser, la prendre dans ses bras, lui murmurer des
mots doux au creux de l’oreille. Là il l’avait repoussée !
Le
cœur de Sam se serra, elle ne comprenait pas. Sous le coup de ses émotions son
enfant bougea et lui donna des coups de pieds. Elle dut s’asseoir pour
reprendre son souffle.
Il
sortit en peignoir, dont il s’était enveloppé soigneusement et sans un regard pour elle, il s’enferma dans
la chambre et reparut quelques instants après,
tout habillé.
-Jack redit Sam d’une voix plus ferme,
qu’est ce qu’il se passe ?
Il
s’arrêta et la regarda et il dit
simplement ces mots :
-Je me souviens de tout.
Son
regard était terrible. Elle s’approcha de lui mais ne le toucha pas, il
semblait sur la défensive et Sam ne voulait pas risquer de se faire rabrouer de
nouveau. Elle mit les mains derrière le dos, cela projeta son ventre en avant,
inconsciemment elle mettait son enfant en avant comme pour bien lui faire comprendre
que quoiqu’ il se passât c’était la chose la plus importante qui venait de leur
arriver, leur enfant. C’est ainsi que Jack comprit le mouvement de Sam. Cela
rentra dans son cœur comme une aiguille, et lui tordit les entrailles. Elle
était si belle ainsi, ses longs cheveux dénoués flottant sur ses épaules, les
yeux légèrement écarquillés, les lèvres tremblantes comme si elle allait
pleurer. Il ne put s’empêcher de la prendre dans ses bras.
-Oh Sam… murmura t-il.
-Que se passe t-il Jack, le supplia
t-elle, dis- moi !
Tout
en la soutenant ils vinrent s’échouer sur le canapé.
-Tu ne te souviens de rien ?
-Je me rappelle tout ce que nous avons
fait et dit avec Daniel et Sarah, mais ce ne sont pas mes souvenirs, tu
comprends ce que je veux dire ? Cela ne m’évoque rien de plus.
-Oui, je comprends. Ecoute Sam, ce que
je vais te dire va être très difficile à comprendre et à accepter, mais il faut
que je le fasse.
Elle
hocha la tête, la gorge soudainement serrée. Elle avait le pressentiment que ce
qu’allait lui dire Jack allait changer à jamais le cours de leur vie.
-Nous n’appartenons pas à ce monde,
nous ne devrions pas être là. Enki nous a enlevés comme tous les terriens et a
mis dans nos têtes de faux souvenirs de destruction de la Terre. Il nous a
donné une vie agréable juste pour le servir. Tout le travail que nous faisons a
trait au naquadah. Et ceux qui ne travaillent pas pour le naquadah jouent un
rôle pour l’entretien de la planète, la culture, le commerce, la médecine. Tout
ce qui fait qu’un pays peut vivre. Toi tu es directement concerné par les mines
de naquadah. Tout ce que tu découvres est utiliser pour augmenter la puissance de Enki, cela lui sert
à se constituer une flotte pour asservir
la galaxie, et probablement aussi la Terre.
Sam
avait pâli, elle pressentait depuis un moment que son travail dont elle ne
voyait jamais les résultats devaient servir à une œuvre cachée et secrète.
-Que pouvons nous faire ?
-Il nous faut partir, et revenir sur
terre où nous avons une mission. Lutter contre les Goa’ulds et les détruire.
-Mais, tu viens de dire que les
goa’ulds ne sont pas venus sur la terre !
-Oui, c’est vrai. En fait c’est nous qui allons à leur rencontre en
voyageant par la porte des étoiles.
C’est notre boulot Sam.
-Il faut quitter tout ça ?
-Oui.
-Alors partons ! dit-elle. Je te
fais entièrement confiance. Du moment que nous restons ensemble, tout ira bien.
Et puis notre enfant doit naître sur une terre libre.
Les
mots de Sam pénétraient dans le cœur de Jack comme autant de flèches
empoisonnées. Elle ne savait pas qu’il leur faudrait se séparer, qu’il leur
faudrait taire leur amour, que lui devrait renoncer à son enfant. Comment le lui
dire ?
Le
regard franc et courageux de sa belle guerrière, le dissuada d’aborder ce
sujet. Il devait le garder en son cœur. Il ferait taire Daniel et Sarah. Pour
l’instant, il leur fallait toutes leurs forces pour trouver un moyen de s’enfuir.
Le
reste viendrait plus tard. Il avait tout son temps pour lui dire qu’ils étaient
dans la même chaîne de commandement et qu’il était son supérieur direct. Oui,
il avait tout le temps.
Chapitre 4
Jack
alla voir Daniel et eut une longue conversation avec lui et Sarah. Puis il
revint chercher Sam.
-Tu viens Sam ! Nous partons,
maintenant, il ne faut plus attendre.
-Attends , j’emporte quelques affaires.
Jack
eut un geste d’impatience, mais il retint les paroles dures qui montaient à sa
bouche.
-On ne peut rien emporter.
-Mais la layette que je viens d’acheter ?
Oh
maudite piqûre qui faisait de Sam
quelqu’un de si différent !
-Viens redit-il en lui tendant la main.
-Où allons-nous ?
-Pour le moment chez Daniel et Sarah.
Nous devons réfléchir à un plan.
Sam
jeta un long regard sur les lieux de leur bonheur, elle repassa par la chambre
à coucher où l’on voyait encore les draps froissés de leur deux corps. Hier
soir encore ils avaient fait l’ amour tendrement et passionnément. Elle écrasa
une larme. Mais Jack s’impatientait, il
fallait partir, le plus vite possible. Elle revint dans le séjour, il détourna
aussitôt le regard et elle le suivit.
Daniel
et Sarah les attendaient.
-Vous avez mangé ? leur demanda
Sarah en apportant une cafetière pleine et des toasts. Ils s’assirent tous les quatre autour de la
table de la cuisine.
-Je veux bien du café dit Sam.
Jack
secoua la tête. Il n’aurait rien pu avaler.
-J’ai beaucoup réfléchi dit Daniel. Il
ne semble pas y avoir de porte des étoiles sur cette planète, ou nous en sommes
très éloignés.
-Mais comment fait Enki pour
venir ? On le voit partout en ce
moment.
-On suppose qu’il a des anneaux de
transport, c’est la conclusion à laquelle nous sommes parvenus Sarah et moi.
-Des anneaux de transport qui
mèneraient où ? demanda Jack.
-Probablement dans un vaisseau.
-Ce serait pas très malin d’aller
directement se jeter dans la gueule du loup dit Jack avec une petite moue.
-C’est là que j’ai mon rôle à jouer dit
Sarah. Il n’y a pas encore si longtemps j’étais Osiris. Je connais par cœur les
vaisseaux Goa’uld, et j’ai dérobé ceci au musée, dit-elle avec une certaine tristesse dans le regard, en posant
sur la table un ruban Goa’uld.
-Bien dit Jack, ça peut nous être
utile.
Sam
n’avait pas eu un regard pour l’objet, elle ne
regardait Jack et que lui. Elle ne participait pas à la conversation qui
était étrange pour elle. Son cœur était serré, elle avait peur, pas pour elle,
mais pour son enfant, leur enfant.
-Et ces anneaux seraient dans le palais
d’après vous ? demanda Jack en regardant Daniel et Sarah.
-Cela parait le plus logique.
-Mais on n’a pas le droit d’aller dans
le palais, c’est interdit !
-Pas avec ça dit Daniel en sortant
quatre billets de sa poche.
-Naturellement dit Jack, la visite
mensuelle du palais.
-Tu as dû avoir du mal à obtenir les
billets ?
-Non, en fait je suis amie avec la
responsable des visites dit Sarah en souriant.
-Bien joué Sarah dit Jack. Nous allons
pouvoir nous glisser dans un groupe de visiteurs.
-Je me suis renseignée, dit Sarah, les
visites sont très encadrées, mais comme il y une centaine de personnes à chaque
fois, je pense que ce ne sera pas très difficile de leur fausser compagnie.
Jack
regarda sa montre :
-Il nous reste deux heures avant la
visite. Récapitulons.
Se
glisser dans le palais, rechercher les anneaux de transfert, aller dans le
vaisseau, en espérant qu’il n’y ait pas trop de jaffas, prendre le commandement
du vaisseau, et sortir très vite de cette planète.
-Enki ne doit avoir que le minimum de
jaffas sur son vaisseau, dit Daniel.
-Qu’est ce qui te fait dire cela ?
demanda Jack.
-Sur Eridu c’est la paix, son vaisseau
est invisible de la planète. Personne ne regarde les étoiles, il n’y a aucun
télescope, il n’a pas besoin d’avoir beaucoup de monde. Je suppose que le gros
de ses troupes est ailleurs sur d’autres vaisseaux ou d’autres planètes.
-Vous avez raison Daniel dit Jack.
-Tu m’a vouvoyé dit Daniel, comme
l’autre jour ! c’est exprès ?
-Oui, je crois qu’il faut reprendre les
bonnes habitudes, dit Jack pensif en jetant un regard vers Sam.
-Entendu, Jack. Je peux toujours vous appeler
Jack ? quand même, dit-il sarcastique.
-Ben oui, vous l’avez toujours
fait ! dit-il en haussant les épaules.
-Une chose m’intrigue dit Sarah, s’il n’y a pas de porte des étoiles sur la
planète, comment fait Enki pour se rendre sur ses autres possessions ?
-Il y a peut être une porte sur le
vaisseau ? dit Sam.
Ils
se retournèrent d’un seul bloc vers la jeune femme qui était restée sur le
canapé.
-C’est possible continua t-elle. Enki
ne va pas prendre son vaisseau pour faire des millions de kilomètres à chaque
fois qu’il aura à se déplacer. Cela lui prendrait trop de temps.
-Oui bien sûr, comme sur le vaisseau
d’Apophis dit Daniel. C’est très logique.
Un
long silence tomba sur le petit groupe. Cela ressemblait à une veillée d’armes.
La tension était palpable. Jack était inquiet, il savait qu’il ne fallait pas
compter sur Sam, et il avait peur qu’il lui arrive quelque chose, à elle ou à
l’enfant.
-L’heure tourne dit Jack, il faut partir.
A
l’entrée du palais ils durent faire la queue un bon quart d’heure. Une foule
endimanchée se pressait pour visiter le palais. Quand ils pénétrèrent dans le
vaste hall, Daniel leva des yeux émerveillés vers le plafond peint. Un immense
tableau à la gloire de Enki. Le dieu sur sa barque au fond du golfe persique,
puis la ville de Eridu, avec ses lacs et ses rivières. D’autres dessins
entouraient cet immense tableau. Il aurait voulu s’attarder mais la voix sèche
de Jack le rappela à l’ordre.
-Daniel ! ce n’est pas le
moment !
Ils
suivirent docilement la visite pendant une demi heure puis s’éclipsèrent au
détour d’un couloir. Le palais n’était pas gardé, seules quelques personnes
étaient chargées de la surveillance, et se tenaient à des points stratégiques.
Jack
tenant Sam par la main, suivi de Daniel et Sarah empruntèrent de longs couloirs.
-Faites voir le plan Daniel ! dit
Jack.
-C’est par ici dit Sarah, les quartiers
privés de Enki, dit-elle en montrant une zone grisée sur le plan donné à l’entrée
du palais pour mieux suivre la visite.
-C’est le moment d’en profiter, le roi
visite en ce moment les mines de Tarapeh, je l’ai entendu à la radio ce matin,
dit Daniel.
Une
grande porte en fer fermait le couloir et interdisait d’aller plus loin.
-A toi de jouer, Sam dit Jack en lui
tendant de fins outils pointus. Tu es la meilleure dans le crochetage des
serrures.
-Je vais essayer dit celle-ci.
En
une minute la serrure de la grande porte lâcha prise et ils purent pénétrer
dans la partie privée réservée au seul usage du Dieu.
Rien
à voir avec la magnificence des salles qu’ils venaient de traverser. Plusieurs
pièces s’ouvraient sur une long couloir aux murs unis dégarnis de tableaux ou
de décorations. Les salles étaient
vastes et sobrement meublées de coffres, et de bahuts de bois brut. Rien dans
le décor qui rappela que le palais
appartenait à un Goa’uld. Ils
parcoururent une dizaine de pièces et arrivèrent au bout du couloir.
De
dépit Jack donna un coup de pied dans le mur qui rendit un son creux.
Ils
se regardèrent avec espoir.
-Il y a du vide là-dessous, dit Daniel.
Ils
tâtèrent minutieusement tout le mur qui
n’était pas très grand.
-Regardez dit Sarah. La pierre ici
n’est pas tout à fait de la même couleur. Elle est légèrement plus foncée.
Le
bruit sourd d’un mécanisme envahit le couloir. Un pan de mur s’ouvrit sur une
petite pièce ronde avec en son centre
des anneaux de transfert.
-Allons-y dit Jack
.Après
leur passage le mur se referma avec un léger chuintement. Ils étaient dans le
noir le plus complet et se mirent au milieu de la pièce.
Soudaine
une lumière brillante jaillit du sol et ils furent propulsés dans le vaisseau
en orbite autour de Eridu.
Jack
d’une manchette fit tomber le garde qui ne s’attendait pas à les trouver là. Le
vaisseau était silencieux et tournaient lentement dans l’espace.
Sarah
avait mis à sa main l’arme de poing et c’est très lentement qu’ils
progressaient dans le vaisseau. Il y avait une dizaine de jaffas, Sarah les
élimina les uns après les autres. Ils ne se méfiaient pas . Que pouvait-il
arriver dans ce vaisseau sur lequel le Dieu ne venait rarement ?
L’attention s’était relâchée, et la routine
avait endormi les esprits.
Ils
fouillèrent le vaisseau de fond en comble. Arrivés au poste de commande, Sarah
prit d’emblée la direction des opérations.
-Oh mon dieu entendit-elle !
-Que se passe t-il Daniel ? dit-elle inquiète de l’intonation de sa voix.
-Venez voir dit-il d’une voix blanche à
ses amis.
Du
poste de commande on voyait la planète qui
offrait à la vue son côté abrupt et sauvage. Un monde vide et terrifiant de
gouffres et de pics acérés. Au fur et à mesure que le vaisseau parcourait sa
révolution, le dôme apparaissait, gigantesque, brillant et transparent. On
pouvait voir au travers la ville et ses lacs et ses maisons comme autant de
minuscules taches plus sombres. Paysage
immobile et comme pétrifié, un monde à part, protégé et asservi. Le dôme sous
lequel des centaines de milliers d’hommes et de femmes menaient une vie
entièrement consacré à Enki.
Ils
en restaient sans voix tellement la beauté du dôme les étreignait.
-C’est magnifique ! ne put
s’empêcher de dire Daniel.
-C’est un défi à la science ajouta Sam.
Pour construire un tel dôme il a fallu…
Jack
la coupa. Il ne trouvait nulle poésie dans ce monde artificiel, et ne voulait
en aucun cas savoir comment il avait pu être construit.
-C’est surtout machiavélique dit-il.
Pressons-nous ajouta t-il. Il faut se tirer d’ici vite fait !
Sarah
mit aussitôt le vaisseau en marche et quelques instants plus tard ils
quittèrent à tout jamais le monde artificiel de Eridu.
Pendant
que le vaisseau s’éloignait de la planète ils en continuèrent l’exploration.
Ils
parcoururent plusieurs salles et débouchèrent dans une autre un peu plus vaste.
-La voilà dit Daniel en montrant la
porte qui occupait le centre de la pièce.
Chapitre 5
Base
de Cheyenne Mountain.
Le
général Allistair était soucieux. Les choses ne se déroulaient pas comme il
l’espérait. Le personnel de la base avait très mal pris le départ du général
Hammond. Le vieux général était aimé et respecté de tous, et il sentait qu’il
ne serait pas facile de lui succéder.
Partout
où il passait, il entendait parler de SG1. Leurs exploits, les Goa’ulds qu’ils
avaient vaincus, même l’humour du
colonel O’Neill. Teal’c ne disait rien mais le regard qu’il posait parfois sur
lui, le rendait furieux. Qui était ce jaffa pour se permettre de le
juger ?
Tout
était nouveau pour lui. Il avait été briefé rapidement avant de prendre son
poste, mais rien ne l’avait préparé à diriger une telle base. Pourtant il avait une longue
expérience du commandement, ayant fait de nombreuses missions en Irak, en
Afrique et sur les différents terrains d’action où se jouait la politique
américaine. Il avait pris la direction de la base comme il avait toujours fait,
avec sévérité dans la plus stricte application des règlements.
Or
il trouvait que la discipline se relâchait dans cette base. Chacun donnait son
avis, sur tout et sur rien. Il lui fallait remettre de l’ordre dans tout cela,
et rapidement. Il commença par prendre des mesures draconiennes concernant
l’accès aux points sensibles comme la salle de contrôle, et la salle
d’embarquement. Il y avait trop de personnels allant et venant en tout sens. Il
établit une liste du personnel autorisé, cela se réduisait à quelques
techniciens et ingénieurs. Les officiers supérieurs non responsables d’une
section se virent refuser l’accès. Le premier fut le colonel Reynolds, qui se
permit d’en demander les raisons et se fit vertement remettre à sa place.
Entendre
sans arrêt parler de SG1 le mettait en fureur. Naturellement il n’en montrait
rien. Mais il trouvait que rester dans la nostalgie du passé était nuisible au
bon fonctionnement de la base. Il fallait des résultats, l’état major avait
très clair, il devait rapporter de nouvelles techniques, battre des Goa’ulds,
en un mot rendre la base plus rentable.
Il
décida de remplacer SG1 en donnant ce nom à une nouvelle équipe. Il entreprit
un vaste remaniement des équipes afin d’augmenter la rentabilité. Warren passa
au grade de lieutenant colonel et devint le nouveau chef de SG1. Il lui
adjoignit le major Laurence Villers, une jeune archéologue de talent, ainsi que
le sergent David Caster un scientifique
aux compétences multiples, travaillant depuis longtemps sur la porte des
étoiles et titulaire d’un doctorat en astrophysique.
Tea’lc
fut mis sur la touche ne partant en mission que ponctuellement quand le besoin
s’en faisait sentir. Allistair retira des équipes tous les civils. Pour lui,
seul un militaire aguerri était capable sur le terrain, les civils étaient des
poids morts, n’ayant aucun sens de la discipline et de l’efficacité. ils furent
donc remerciés, d’autres militaires furent engagés dans divers domaines.
Médecine, physique, et même à la cafétéria. En trois mois la base était entièrement militarisée. Allistair pouvait se promener avec satisfaction dans les
couloirs au pas de charge, des saluts
militaires impeccables saluant son passage.
Cependant
les résultats n’étaient pas encore au rendez-vous. SG1 avait cependant rapporté
un artéfact prometteur de P8H654. Sans doute une arme.
Le
briefing avec SG1 était commencé depuis 22 minutes très exactement quand l’
alarme retentit. Personne ne bougea autour de la table. Seul le général Allistair
descendit les escaliers métalliques quatre à quatre et se dirigea vers la salle
de contrôle. Dans la salle une escouade de soldats se tenaient à genoux, arme
au poing prêts à tirer sur les visiteurs en cas de danger.
Les
chevrons s’enclenchaient, bientôt la flaque bleue s’immobilisa tandis que les alarmes
continuèrent leur vacarme infernal.
-Aucune équipe n’est de sortie sergent
dit-il, fermez l’iris.
Quelques
instants passèrent.
-A t-on un code ? demanda Allistair sèchement.
-C’est le code de Cimmeria dit le
sergent de la porte.
-Cimmeria ?
-Une planète amie mon général.
-Maintenez l’iris fermé.
Deux
minutes plus tard le vortex se referma.
Le
général remonta dans la salle de briefing et mit fin à la réunion. Sans autre
explications. Chacun remballa ses dossiers et la salle se vida rapidement.
Allistair
n’avait pas encore eu le temps de se plonger dans tous les dossiers et il ne
connaissait pas Cimmeria, même pas de nom.
Il
ouvrit son ordinateur à la recherche des rapports de missions concernant cette
planète. Il y avait eu deux missions. Ce qu’il trouva lui permit de conclure
qu’effectivement Cimmeria était une planète amie.
Lorsque
le sergent lui avait dit dans la salle que c’était le cas, il avait préféré ne
pas en tenir compte. Une erreur était toujours possible ; il avait préféré
ne pas ouvrir l’iris.
Cimmeria.
Le
passage de la porte avait été difficile pour Sam. Elle avait peur de se jeter
dans le vide comme dans ses anciens cauchemars. Jack avait dû la prendre par la
main. Elle tremblait et craignait pour le bébé.
Personne
ne pouvait la rassurer sur ce point mais Jack lui murmura des mots doux à
l’oreille et ils passèrent la porte doucement sans à coup, de sorte qu’elle se
sentit plus rassurée.
Sur
Cimmeria il n’y avait personne, pas de traces de Gairwyn ni de ses soldats. Le
marteau à nouveau fonctionnel se dressait dans le ciel, protecteur de la
planète.
Sam
était fatiguée, le bébé était lourd et elle
se retrouvait vite essoufflée au moindre effort. Elle était rouge et en sueur bien que la
température fut clémente.
Jack
s’était éloigné, il n’en pouvait plus. Il n’avait encore rien dit à Sam et
attendait que ses souvenirs reviennent mais ce ne serait pas avant au moins
quinze jours qu’elle ferait à nouveau les premiers cauchemars réminiscences de sa
vie passée.
-Vous devriez lui dire avant ! Jack dit Daniel en rejoignant son ami.
-Daniel, ça ne vous regarde pas.
-Elle souffre de votre éloignement et
ne comprend pas ! dit-il en regardant la jeune femme assise sur les
marches de la porte et se tenant la tête dans ses deux mains.
-Je le sais parfaitement rugit Jack,
occupez vous de vos oignons Daniel.
-Comme vous voudrez.
Daniel
n’insista pas le regard fulgurant de Jack l’en dissuada. Mais il pensait que
Jack avait tort.
La
situation de ses amis était terrible. Ils avaient fait leur vie ensemble sur
Eridu, attendaient un enfant, et un cruel règlement militaire allait les
séparer. C’était trop injuste. Daniel frémit en songeant à ce qu’il éprouverait
s’il devait quitter Sarah maintenant.
Daniel
rejoignit son épouse. Par égard pour leurs amis ils avaient décidé de ne faire
aucun geste de tendresse en public. Mais leur cœur était déchiré, et ils ne
savait plus comment faire pour les réconforter. Jack avait fermé son cœur comme
d’habitude, et Sam pataugeait dans un marasme fait de délires et de mensonges.
Ils
décidèrent de quitter la zone de la porte à la recherche de Gairwyn. Celle-ci
se trouvait dans le village à trois kilomètres. Par mesure de sécurité ils y
allèrent tous, bien que Sam ait du mal à marcher. Daniel la soutenait la
plupart du temps. Sam se retournait de temps à autre pour jeter un regard
désespéré à Jack qu’elle sentait s’éloigner de plus en plus. Celui-ci fermait
la marche, le visage fermé à quelques
pas derrière eux. Sarah était devant en éclaireur. Ils n’avaient pas d’autres
armes que l’arme de poing de Sarah.
Gairwyn
les accueillit avec chaleur et émotion. Elle prit aussitôt soin de
Sam. Puis elle prépara un repas qu’elle partagea avec eux. Ils étaient
affamés et n’avaient rien pris depuis leur départ d’Eridu.
Longtemps
après Jack aborda le problème qui leur tenait tant à cœur.
-Nous aimerions rentrer chez nous, mais
cela fait dix mois que nous sommes
partis, et nous n’avons plus de GDO.
Gairwyn
rentra dans sa tente et revint quelques minutes plus tard avec un appareil dans
les mains.
-C’est ça que vous voulez ?
-Oui, notre code à nous n’est plus
valable, mais le votre si dit Daniel. Si Sam était en état elle nous aurait
déjà expliqué pourquoi ! dit Daniel.
-Prenez-le dit Gairwyn.
-Il faudra que vous veniez avec nous à
la porte, nous n’allons pas l’emporter juste l’utiliser. Vous pourriez peut
être en avoir besoin.
Ils
se mirent en route dès que Sam fut suffisamment en forme pour marcher. Le
sommeil et un bon repas lui avait fait du bien et elle pouvait marcher seule.
Arrivés
à la porte ils firent les symboles de la terre et le code de Cimmeria. Puis par
prudence ils attendirent. Le vortex se referma.
-Pourquoi n’êtes-vous pas passés ?
-On ne sait pas s’ils ont ouverts l’iris de
l’autre côté dit Jack. Nous referons un autre essai dans une heure, ou nous
attendrons qu’ils nous contactent.
Deux
heures plus tard la porte s’ouvrit un MALP apparut, et commença à enregistrer
les images autour de lui.
Une
voix inconnue jaillit dans le haut parleur.
-Nous refermons. Ouvrez de votre côté
et envoyez à nouveau le code, on vous ouvrira.
Aussitôt
dit, aussitôt fait. Quelques minutes plus tard ils étaient de retour chez eux.
Chapitre 6
Base
de Cheyenne Mountain.
Le
général Allistair était resté dans la salle de contrôle. Sur la rampe un
étrange quatuor, des civils, une femme grande aux longs cheveux et bouclés.
Deux hommes très grands et très minces aux cheveux mal coupés et au visage
fatigué, une autre femme blonde et enceinte jusqu’aux yeux.
Jack
fit un mouvement pour descendre, mais aussitôt il fut mis en joue par les
soldats disposés en demi cercle autour de la salle. Jack sentit qu’un rien
pouvait déclencher une catastrophe, et il préféra ne pas bouger. Il fit signe à
ses compagnons de rester immobile.
-Qui êtes vous ? dit la même voix inconnue qu’ils avaient
entendue sur Cimmeria. Une vois dure et autoritaire à laquelle il ne ferait sans
doute pas bon de désobéir.
-Que se passe t-il Jack ? murmura
Daniel.
Jack
lui fit signe de se taire et de ne pas bouger.
-Identifiez-vous redit la voix.
-Colonel Jack O’Neill, dit Jack, voici
le major Carter , Daniel Jackson et Sarah Gardner. Et il attendit.
-Baissez les armes ! Montez en salle
de briefing immédiatement dit-il aux nouveaux arrivants.
-Où est le général Hammond ? demanda
Jack aussitôt.
-Je ne vous ai pas adressé la parole
colonel. C’est à vous de répondre à mes questions. D’où venez-vous ?
-C’est une très longue histoire dit
Daniel.
-Je vous écoute.
Pendant
le long récit de Daniel Sam regardait autour d’elle. Encore un lieu étrange et
inconnu pensa t-elle. Au bout de la salle, ce qui semblait être un bureau.
Cette longue table rouge et noire ne lui disait rien du tout, et le personnage
autoritaire qui parlait non plus. Est-ce là que j’ai ma vraie vie ? pensa t-elle. Ses amis semblaient reconnaître
parfaitement les lieux. Elle écouta le ronronnement de la voix de Daniel qui
racontait leur histoire. De temps à autre Jack et Sarah complétaient son récit.
Lorsque le général Allistair l’appela major Carter, Sam frémit, mais ne
répondit pas.
-je vous ai posé une question
major ! dit Allistair d’un ton plus ferme.
-Excusez-là mon général dit Jack, mais
elle n’a pas retrouvé toute sa mémoire.
-Elle sait quand même qui lui a fait un
enfant ! répondit le général d’un ton soupçonneux.
-C’est moi dit Daniel coupant court à
toute réponse de Sam ou de Jack.
-Bien dit le général en faisant le tour
des visages. Tout le monde à l’infirmerie. Examen complet.
-Merci Daniel souffla Jack. Je vous revaudrais ça !
-Enregistré ! dit Daniel en
souriant. Je vous le rappellerai à l’occasion !
Sam
était étendue sur un lit. Elle n’avait pas reconnue Janet qui mise au courant
ne s’en était pas formalisée. Elle lui fit toute une batterie d’examens pour
voir si l’enfant n’avait pas souffert des différentes drogues qu’elle avait
reçues.
-Comment vous sentez-vous Sam ?
-Bien mais fatiguée.
-Ce n’est pas étonnant. Mais j’ai une
bonne nouvelle, tout va bien pour vous et votre bébé.
Elle
sentit la tension se relâcher. Sam se détendit, elle était souriante et en
meilleure forme qu’à son arrivée. Janet poursuivit :
-D’ici deux à trois semaines vous aurez
retrouvé la mémoire. Tout ira bien. Le bébé sera là d’ici un mois environ. Vous
et Daniel vous avez beaucoup de chance.
-Daniel pourquoi me parlez-vous de
Daniel ?
-Mais, c’est le lui le père n’est ce
pas ? dit Janet interloquée.
-Pas du tout répliqua Sam. Daniel et
Sarah se sont mariés sur Eridu.
-Mais alors qui…
-C’est Jack bien sûr ! Nous sommes ensemble depuis plusieurs mois. Je
ne vois pas pourquoi Daniel a dit cela.
-Chut ! dit Janet précipitamment.
Mais
c’était trop tard, au même moment une infirmière entrait dans la pièce et
s’avançait vers elle.
Avait-elle
entendu ? Janet ne pouvait pas le savoir, mais la jeune infirmière avait
l’air troublé. C’était une des jeunes femmes engagées par le général Allistair,
le sergent Mary Cerven. Une jeune femme
très compétente, mais un peu bavarde, dont Janet n’était pas sûre. Elle
espérait que les propos de Sam n’iraient pas jusqu’aux oreilles du général
Allistair.
-Que se passe t-il ? demanda Sam
en voyant l’air inquiet de Janet.
-Rien Sam, reposez-vous bien. Je vous
garde à l’infirmerie ce soir et demain vous pourrez rejoindre vos quartiers.
-Quand est ce que je retrouverais mes
souvenirs ? demanda la jeune femme anxieuse.
Elle
sentait qu’on lui cachait beaucoup de choses. Elle n’avait pas revu Jack depuis
leur retour et cela l’inquiétait.
-Je pense dans une semaine ou deux.
Maintenant que vous n’êtes plus sur Eridu, le contact avec votre environnement
familier va vous aider.
-J’ai hâte dit Sam. En ce moment ma vie
est suspendue entre deux mondes et je suis très inquiète.
-N’ayez aucune crainte Sam, dit Janet
en lui prenant la main. Vous ne risquez plus rien ici. On s’occupe bien de vous
et de votre bébé.
A
la mention du bébé Sam se mit à sourire, une leur de joie jaillit dans ses
yeux.
Janet
sentit son cœur se serrer. Visiblement Sam n’était au courant de rien. Elle
maudit intérieurement le colonel O’Neill de n’avoir rien dit.
-Je n’ai pas vu Jack où est-il ?
Janet
sursauta.
-Il n’est pas venu vous voir ?
-Non.
-Est-il encore à l’infirmerie ?
- Ah oui dit Janet précipitamment sans
même chercher à savoir si c’était vrai. Il est encore là.
Nouveau
sourire de Sam.
-Alors il va venir dit-elle en fermant
les yeux, rassurée.
Dans
le bureau du général Allistair Jack était debout et faisait nerveusement les
cents pas.
-Colonel ! Calmez-vous dit le
général d’une voix dure.
Il
n’en fallut pas plus à ’O’Neill pour qu’il explose.
-Me calmer ! Alors que vous nous traduisez
en cours martiale ! Pour un délit dont nous ne sommes pas responsables. Nous
avons été drogués…
-Gardez vos arguments pour la cour
colonel. Air man ! appela t-il , emmenez le colonel en cellule.
-Vous m’arrêtez rugit O’Neill !
Vous n’êtes même pas au courant de ce que SG1 a fait pour sauver la planète un
nombre incalculable de fois, en y laissant nos vies et un peu de notre âme à
chaque fois, tandis que vous, vous usiez le fond de culotte de vos misérables
fesses sur la chaise de votre bureau !
-Colonel ! hurla Allistair perdant
toute retenue, n’aggravez pas votre cas par des insultes envers un
supérieur !
Les
deux hommes s’affrontaient du regard, le visage à quelques centimètres l’un de
l’autre. Allistair légèrement plus petit était obligé de lever les yeux devant
un O’Neill très raide ne perdant pas un pouce de sa grande taille, et Allistair
m’aima pas du tout cela. Le regard de Jack était si méprisant que le général
malgré lui subit l’ascendant de cet homme et il recula.
Sans
ajouter un mot il fit signe au garde de mettre les menottes à O’Neill.
L’arrestation
du colonel fit le tour de la base en quelques minutes. Quand cela revint aux
oreilles de Janet elle fit venir immédiatement dans son bureau l’infirmière Marie Cerven.
-Je suis désolée dit Marie les yeux
rougis de larmes.
-Vous êtes désolée, dit Janet froidement,
j’espère bien que vous êtes désolée, malheureusement cela ne suffira pas.
-Que voulez vous dire ? demanda la
jeune femme d’un air effaré.
-Simplement que je vais faire un
rapport. Vous savez parfaitement que tout ce qui se dit dans l’infirmerie est
strictement confidentiel, et ne doit en aucun cas être répété, et surtout pas
aux pipelettes du mess. A qui avez-vous parlé ?
-A Carolina Smith.
Janet
leva les yeux au ciel
-La pire commère que cette base n’ait
jamais connu. Mais à quoi pensiez-vous ?
La
jeune femme replongea dans son mouchoir
Plus
bête que méchante pensa Janet en voyant la jeune femme effondrée. Cependant
elle décida d’enfoncer le clou.
-Vous connaissez les rapports de
missions de SG1 ?
-Non, major dit-elle, je n’ai pas eu
l’occasion de les lire.
-Je vous donne l’ordre de vous plonger
dedans. Ils sont accessibles depuis n’importe quel poste, vous avez un code
d’accès servez-vous en. Naturellement ce sera en dehors de vos heures de
travail. Quand vous aurez lu, continua
t-elle impitoyable, vous constaterez l’ampleur de votre indiscrétion. Vous avez
mis au pilori un homme et une femme sans qui vous auriez très certainement un
serpent dans la tête. Vous leur devez
tout. Rompez dit-elle en lui faisant signe de quitter le bureau.
Janet
se rassit épuisée. Maintenant il fallait recoller les morceaux du moins
essayer, faire comprendre à une jeune femme amnésique que non seulement sa
liaison avec Jack était finie, qu’elle ne le reverrait sans doute jamais et
qu’elle allait passer en cour martiale.
Jack
fut conduit au niveau seize. On lui enleva les menottes et il se retrouva seul
dans une petite cellule. Un lit avec un mince matelas, une table et une chaise,
le tout scellé dans le sol. Dans un angle dissimulés derrière une fine cloison,
un WC et un lavabo. Les murs gris et sinistres habituels de toute la base.
Jack
ne décolérait pas. S’il avait eu accès à la salle de sport il aurait tapé
durant des heures dans un putching ball. Mais là pour exsuder sa rage il
n’avait rien. Il compta les pas, six dans un sens et trois dans l’autre. Il
commença à aller et venir d’un mur à l’autre. Il marcha pendant longtemps
n’ayant aucune notion du temps. Il se mit à courir sur place jusqu’à ce que son
front se couvre de sueur. Mais rien ne semblait pouvoir le calmer.
L’angoisse
l’étreignait. Avait-il mis aussi Sam en cellule ? ce général de
pacotille !
Aurait-il
osé s’en prendre à une femme enceinte ?
Il
reprit une marche plus lente, six pas aller, six pas retour… six pas….
Les
pensées tourbillonnaient dans sa tête. Il ne se rappelait pas très bien ce
qu’ils risquaient, de la prison à coup sûr, mais combien ? un an, deux
ans ? ou plus ?
Sam
en prison, NON ! il ne fallait pas. On lui prendrait son enfant…. Il
serait pris par les services sociaux, elle ne le reverrait jamais.
La
gorge serrée par l’angoisse, son cerveau paralysé ne trouvait pas de solution.
Tous les scénarios possibles et inimaginables se jouaient dans son esprit. Du
plus optimiste au pire, de la non culpabilité reconnue, à la peine la plus sévère, et cela se terminait
inévitablement par une scène terrible où des hommes en uniforme venaient
arracher leur enfant des bras de sa mère.
Après
la rage, vint l’accablement. Il avait ralenti le pas, et s’était jeté sur le
lit faisant craquer les ressorts.
Un
air man vint lui apporter son repas. Il n’avait pas faim et n’y toucha pas.
Le
sommeil eut raison de lui au bout de plusieurs heures, mais il se réveilla en
sursaut en proie aux pires cauchemars.
La
nuit fut très longue pour Jack O’Neill qui vit arriver avec une angoisse
grandissante le jour suivant.
Mais
celui-ci fut identique au précédent, il ne reçut pas de visites. Aucune
nouvelle de Sam.
Deux
jours plus tard après le début de son incarcération , il y eut du bruit dans le
couloir. Le général Allistair venait voir son prisonnier.
-Alors colonel, on est calmé ?
dit-il sarcastique.
Jack
ne daigna pas répondre et une lueur dangereuse s’alluma dans son regard. Malgré
lui Allistair frissonna et se demanda une fraction de seconde pourquoi il en
voulait tant à cet homme qu’il ne connaissait pas.
Il
eut la réponse à sa question devant l’attitude nonchalante de Jack. En fait ce
qu’il avait détesté d’emblée chez cet homme c’était son manque de discipline.
Le fait qu’il eut sauvé la planète bien des fois du désastre n’entrait pas en
ligne de compte. Tout ce qui dépassait la ligne devait être détruit. C’était
indispensable pour le respect de l’autorité et de la hiérarchie. Or cet homme
était un défi permanent à l’autorité, et cela Allistair ne le supportait pas.
Il se demandait comment Hammond avait pu avoir tant de patience avec ce colonel
rebelle. Le dossier de celui-ci était chargé, il avait frisé la cour martiale
bien souvent mais là il était pris. A cette pensée un mince sourire étira les
lèvres d’Allistair. « je te tiens mon bonhomme »pensa t-il.
Devant
le silence persistant du colonel il reprit la parole.
-Avez-vous réfléchi aux conséquences de
vos actes ? Apparemment non, alors sachez que vous et le major Carter,
serez traduits en cour martiale. Dès demain.
-On aura un avocat ? demanda Jack
calmement.
-Naturellement. Croyez bien colonel que
la procédure sera scrupuleusement respectée. Votre avocat s’entretiendra avec
vous avant l’interrogatoire.
Sans
attendre de réponse et sans un regard
pour le prisonnier Allistair sortit de la pièce.
Jack
se rassit lourdement sur le lit avec en tête une pensée obsédante comment tirer
Carter de ce pétrin dans lequel il l’avait plongée ?
La
réponse vint tout naturellement lumineuse et claire. Il avait trouvé le moyen
de sauver Carter et leur enfant du désastre. Il s’étonna de ne pas y avoir
pensé plus tôt.
Chapitre 7
Le
jour suivant il eut la surprise de voir entrer Daniel dans sa cellule. Il n’en
pouvait plus d’incertitude, et sa rage augmentait au fur et à mesure que les
heures passaient.
-Daniel ! s’exclama t-il, vous
avez eu l’autorisation de venir me
voir ?
-En fait non, mais je me suis proposé
pour être votre avocat.
-Oh ! fit seulement Jack.
-Vous n’êtes pas obligé vous savez.
-Si, Si j’accepte, ayant vécu la même
chose que moi, vous serez parfait Daniel.
-Vous me faites entièrement confiance
Jack ?
-Naturellement, pourquoi cette
question ?
-Parce que vous m’avez envoyé promener
plus d’une fois.
-C’est que vous êtes des fois
particulièrement casse pieds dit Jack en riant. Sérieux, je suis content que
vous vous occupiez de ça. J’ai l’impression d’être devenu un grand criminel de guerre, et de rien
contrôler.
-Ne vous inquiétez pas, je vais plaider
la non responsabilité.
Et
voyant le froncement de sourcil de Jack.
-Oui, je sais que ça ne vous plait pas
trop de penser que vous avez perdu les pédales, mais il n’y a pas d’autres
solution.
-Vous me connaissez bien, Daniel, fit Jack
avec un mince sourire sans le lâcher des yeux.
Après
un silence Daniel reprit :
-Elle va bien.
Daniel
sentit le soulagement dans le regard de Jack.
-A-t-elle retrouvé la mémoire ?
-Pas encore.
-C’est aussi bien, finalement. Ces
vieux croûtons qui vont nous juger verront de visu la perfidie de ce Goa’uld.
Qui la défend ?
-C’est moi, Jack, je crois que je suis
le plus à même puisque j’ai vécu la même chose.
-Merci Daniel.
-J’ai confiance.
-N’allez pas trop vite en besogne.
Savez-vous qui va nous juger ?
-Oui, justement je voulais aborder ce
sujet là avec vous. Vous serez jugés par cinq généraux. J’ai réussi à obtenir
la liste. Tout d’abord le général Cartwright qui sera le président du tribunal.
Un homme droit, strict mais juste.
-Oui je le connais. Ensuite ?
-Le général Green et le général
Culming. Vous les connaissez ?
-Non pas du tout. Vous savez Daniel ma
carrière militaire s’est passé loin de
l’état major et de tous ces ronds de cuir !
-Je dois vous dire que ce n’est pas
très bon pour vous. Ce sont des hommes sévères pour qui la discipline est
l’épine dorsale qui tient toute la machine. Tout manquement doit être
sévèrement puni.
Soupir
de Jack.
-Le quatrième est le général Weaver. Je
n’ai pas pu avoir beaucoup renseignements sur lui. Je sais qu’il rentre tout
juste d’Irak. Il a fait aussi de nombreuses campagnes en Afrique, c’est là
qu’il a décroché ses galons de général. C’est sûrement un bon car il n’a que 47
ans et est général depuis un an déjà. Son avis sur les manquements à la
discipline m’est inconnu à ce jour. Mais je vais me renseigner.
-Et le cinquième, je le connais ?
Grand
sourire de Daniel.
-Oui, et je l’ai gardé pour la fin, il
est de notre côté, c’est le général Hammond.
-Oh ! fit Jack de surprise. Mais
méfiez vous Daniel, Hammond est un homme de principe. Je ne sais pas pourquoi
il a quitté la base, mais il y a sûrement une bonne raison. Savez-vous pourquoi
l’état major l’a choisi ?
-Justement parce qu’il connaît la base.
Il sait tout des Goa’ulds et ce n’est pas le cas des quatre autres.
-Autrement dit rien n’est joué, ni dans
un sens ni dans l’autre dit Jack.
-En effet.
Daniel
s’apprêtait à partir quand la voix sèche de jack le fit se retourner.
-Il y a autre chose Jack ?
-Oui fit celui-ci assez gêné. Il est
hors de question que Sam aille en prison.
-Je ne sais pas si je pourrais
l’éviter.
-Il le faudra. Avez-vous réfléchi
qu’elle est à un mois d’accoucher, son enfant naîtra en prison et on le lui
enlèvera ! C’est inacceptable. Je vous préviens Daniel, que si les choses
tournent mal pendant le procès, je prendrais les choses en main.
-Mais je suis votre avocat !
-Oui, mais je peux vous récuser à tout
moment et assurer moi-même ma défense.
Regard
inquiet de Daniel. Le visage de Jack était dur et impénétrable.
-Qu’essayez-vous de me dire Jack ?
-Soyez bon ! petit scarabée ! Evitez la prison à Sam,
c’est tout ce que je vous demande.
-Mais, et vous ?
Jack
ne répondit pas. Daniel pâlit.
-Vous êtes prêt à vous sacrifier pour
elle ? C’est bien ça ?
N’obtenant
aucune réponse, Daniel se leva. Avant de refermer la porte il se retourna et
croisa le regard déterminé de
Jack :
-Ne vous tracassez pas Jack, je vous
sauverais tous les deux. Le procès commençant demain, j’ai encore quelques
petites choses à préparer.
Salle
du niveau 12
Le
colonel Jack O’Neill et le major Samantha Carter étaient devant leur juge
depuis plusieurs heures déjà.
L’accusation
avait été lue : grave manquement à l’article 134 de la loi de non
fraternisation. Manquement aggravé par la durée et l’état du major Carter
enceinte de huit mois. Le président du tribunal réclamait la radiation de
l’armée pour les deux fautifs et trois ans de prison.
L’accusation
fit venir le docteur Frazier à la barre.
-Docteur dit le procureur, vous soignez
le colonel O’Neill et le major Carter,
depuis combien de temps ?
-Cela fait maintenant six ans. Je suis
entrée à la base trois mois après le début du programme.
-Vous connaissez donc par cœur leur
état de santé.
-Oui
-De qui le major Carter est –elle
enceinte ?
-Je ne peux pas vous répondre, c’est
secret médical.
-Ici docteur il n’y a pas de secret médical. Vous êtes devant la plus
haute instance de l’armée et vous devez répondre à ma question. Je la répète :
de qui est enceinte le major Carter ?
-Du colonel O’Neill, murmura Janet avec un regard
désolé pour l’accusé.
-Je suppose que vous avez fait tous les
tests possibles. Comment avez-vous procédé.
-J’ai fait une amniocentèse au major.
-Vous pouvez expliquer à la cour ?
-Le major n’étant plus très jeune pour
être mère pour la première fois c’est
une procédure normale dans ce cas. Cela
permet d’éliminer certaines malformations, comme une maladie cardiaque par
exemple..
-Et en cas de malformations que se
passe t-il ?
-On peut parfois opérer in utero.
-Et pour la recherche en paternité
comment avez-vous procédé ?
-A partir du liquide amniotique prélevé
j’ai retrouvé l’ADN des deux parents.
-Et qu’en avez-vous conclu ?
-Que le colonel O’Neill est le père de
cet enfant.
-Je vous remercie docteur, ce sera
tout.
Janet
retourna s’asseoir à sa place la tête basse. Elle avait crucifié Jack et Sam,
mais elle n’avait pas pu faire autrement.
L’accusation
n’ayant pas d’autres témoins à présenter, ce fut au tour de Daniel de parler.
Il
expliqua rapidement leurs conditions de vie sur la planète. Comment ils avaient
été privés de leurs souvenirs dès leur arrivée et infectés avec de faux
souvenirs.
Puis
il appela Sarah à la barre.
Leur
mariage n’était pas reconnu aux USA, ils l’avaient tu dès leur retour, et
maintenant ils s’en félicitaient, cela permettait à Sarah de témoigner.
-Sarah Gardner expliquez à la cour comment avez-vous connu
le colonel O’Neill et le major Carter.
Sarah
parla longuement de sa rencontre avec Daniel au muséum. Comment ils étaient
devenus amis. Elle décrivit aussi des relations avec Sam et jack qui habitaient
dans le même immeuble que Daniel. Elle insista sur le fait que chacun était
seul au départ et qu’ils avaient connaissance petit à petit et qu’ils avaient
sympathisé. L’amour était venu tout naturellement entre eux. Il n’y avait aucun
interdit puisque tous leur souvenirs avaient été effacés.
Daniel
jeta des regards désespérés à Janet, qui lui fit non avec les mains. Il
attendait le résultat des analyses de l’ampoule rapportée par Jack et Sam.
Comme il y avait dedans des produits spécifiques et inconnus les analyses
étaient en cours.
Daniel
demanda une suspension de séance, que le président accorda. Il avait droit à
une heure. Ensuite Sam et Jack seraient appelés à témoigner. Et le jury se
retirerait pour délibérer. Le verdict tomberait le soir même.
Daniel
et Janet foncèrent vers le laboratoire de biologie.
-Qu’avez-vous trouvé ? demanda
Janet au technicien.
-Pour le moment nous avons de
l’oxygène, et un produit ressemblant à du neurohypnol.
-Qu’est ce que c’est ? demanda
Daniel.
-Un hypnotique, mais là, il est en
faible quantité dans l’ampoule, moins de
O,O1 mg, il joue un rôle de calmant. Mais en aucun cas on peut dire qu’il
enlève les souvenirs pour les remplacer par d’autres.
-Je crains dit Janet que ce genre de
drogue soit indécelable pour nous.
-Qu’allons-nous faire ? dit Daniel
extrêmement déçu, toute ma plaidoirie reposait là-dessus.
-Espérons que le jury nous croie sur
parole. Le général Hammond est au courant de toutes ces étrangetés que nous
trouvons la galaxie. Il a de nombreux exemples comme le jour où vous avez été
fait prisonniers et retenus sous la glace. Ils avaient dû utiliser ce genre de
drogue que nous recherchons.
-C’est probable dit Daniel,
malheureusement nous ne pouvons pas le prouver.
-Daniel il faut y retourner. Appelez
moi à témoigner de nouveau, j’essaierai d’expliquer tout cela dit Janet.
Pendant
toute la durée des débats, Sam revivait en boucle ce que lui avait dit Daniel
la veille. A savoir que tout ce qu’ils avaient vécu sur la planète devait être
effacé. Elle avait eu des mots très durs pour le jeune homme, comment nier tout
ce qui est arrivé, elle aimait Jack, elle attendait un enfant de lui, c’était
pour elle la seule certitude. Daniel n’avait pu que la prendre dans ses bras et
elle avait longuement pleuré sur l’épaule de son ami.
La
suspension d’audience était finie, il fallait y aller. Daniel s’apprêtait à
batailler ferme. Avec Janet il fournit toutes les explications qui étaient en
leur possession.
Tout
était joué. Maintenant il restait à entendre Sam et Jack.
-Major dit le président avez-vous
quelque chose à déclarer.
-Je voulais simplement dire mon
général, que je n’ai pas encore retrouvé mes souvenirs, je suis toujours sous
l’influence de cette piqûre que j’ai reçu il y a deux jours juste avant notre
départ d’Eridu. Je ne peux rien dire d’autre dit-elle en regardant Jack qui
avait la tête baissée et avait l’air de trouver un grand intérêt dans la
contemplation de ses chaussures.
-je vous remercie major. Colonel
O’Neill, si vous souhaitez prendre la parole, c’est maintenant.
Avant
d’ouvrir la bouche il regarda vers un Daniel à la mine sombre. « tout est
perdu pensa t-il amèrement, il ne me reste plus qu’à sauver Sam ».
-Tout d’abord je voulais rappeler à la
cour une chose. De par mes entraînements dans les commandos, j’ai appris à
résister à toutes sortes de drogues et de tentatives de contrôle du cerveau.
Naturellement les drogues Goa’ulds sont beaucoup puissantes et leur technique
parfaitement au point. Mais je peux dire que j’étais moins atteint que les
autres.
Daniel
se leva pour parler mais le général Cartwright lui fit signe de se taire.
-Continuez colonel.
-Tout le monde ici présent, tous ceux
qui ont assisté au test zatarc ou qui ont lu les rapports savent qu’un lien
particulier nous unissait le major et moi-même. Mais je jure devant cette cour, nous n’avons
jamais enfreint le règlement ici sur terre. Sur Eridu c’était différent, notre
amour n’avait pas de frein. Il n’y avait aucune raison de résister, même si par
moment j’avais retrouvé une partie de ma lucidité. J’ajoute pour terminer que
je suis coupable de n’avoir rien dit au major et d’avoir profité de la
situation pour mener une vie de couple, ce qui nous était interdit ici.
Un
silence de mort accueillit la déclaration de Jack, Daniel s’était tassé sur sa
chaise. Il prévoyait une catastrophe pour Jack. Peut être que cela sauverait Sam,
mais ce n’était pas sûr du tout.
-Ramenez les prisonniers en cellule,
dit simplement Cartwright.
Sam
fut reconduite à l’infirmerie, elle ne se sentait pas bien et le bébé sensible
aux émotions s’agitait beaucoup. Janet lui donna un léger sédatif.
Jack
dans sa cellule reprit sa marche six pas aller, six pas retour… six pas… Il
avait encore le cœur battant à tout rompre. Pour elle, il avait été obligé de
se dévoiler, de se mettre à nu. Il espérait que ce ne serait pas inutile.
La
délibération dura longtemps, beaucoup trop pour les nerfs de Jack. A 22 heures
seulement on le tira de sa cellule. Il se retrouva seul devant ses juges.
-Où est le major Carter ? demanda
le président du jury.
-Au même moment Janet arriva dans la
pièce et parla à l’oreille du général Cartwright.
Celui-ci
parut surpris, il prit la parole.
-Le major Carter ne pourra pas assister
à la fin du procès, car elle est en train d’accoucher.
Il
fallut à Jack toute sa force pour ne pas bondir. Oh seigneur ! 8 mois c’était beaucoup trop tôt. Il était
pris d’une rage folle et c’est à peine s’il entendit que Sam était reconnue non
coupable, lavée de toutes les charges qui pesaient sur elle.
-Quant à vous colonel O’Neill, vous
êtes reconnu coupable du non respect de la loi 134. la sentence sera connue
demain, en attendant vous restez en cellule.
Jack
était à la fois heureux et terrifié, comment allait Sam ? et le
bébé ?
-La séance est levée, dit le président,
reconduisez le prisonnier.
Les
cinq généraux sortirent de la salle. Il leur restait à définir la sentence du
colonel O’Neill. Jack regarda Hammond d’un air suppliant. Celui-ci n’avait pas
le droit de lui parler tant que tout le jugement n’aurait pas été rendu. Il lui
fit signe de se taire. En même temps que son geste un peu sec, un sourire
adoucit ses traits. Jack se raccrocha comme il put à ce sourire. On lui remit
les menottes, et il passa la nuit la plus dure de son existence dans le silence
et l’incertitude.
La
base était retombée sous le pouvoir du général Allistair qui cruellement
interdit toute visite. Il était satisfait, l’insolent colonel allait être puni,
et il l’espérait sévèrement. Il n’eut pas une pensée pour le major Carter qui
accouchait loin de Jack alors qu’elle aurait tant eu besoin de sa présence.
L’accouchement
ne se déroulait pas très bien. En raison
des drogues qu’avaient pris Sam, Janet ne put lui faire une péridurale. A
chaque contraction son front se couvrait de sueur et elle haletait à petits
coups, pour favoriser la dilatation du col. Quelques heures après le
déclenchement le travail n’avançait pas. L’enfant beaucoup trop petit fatiguait
et la mère aussi. Janet dut se résoudre à faire une césarienne. Une heure plus
tard Sam avait donné naissance à une petite fille qui ne pesait que deux kilos neuf
cents grammes. Janet l’emmena tout de suite en soins intensifs où elle fut
placée dans une couveuse. L’enfant malgré son faible poids paraissait en bonne
santé. Janet était optimiste.
Le lendemain un air man apporta son petit déjeuner au colonel O’Neill. Il n’avait pas faim mais
se força à manger. Sous le bol il y
avait un papier plié, c’était un mot de
Janet. « C’est une fille, tout va bien ».
L’appétit
subitement revenu Jack dévora ses
céréales. Dans une heure il saurait ce qui l’attendait pour les mois à venir.
Il ne pouvait pas échapper à la prison, il l’avait accepté. La seule chose qui
le faisait souffrir, ne pas revoir Sam et ne pas voir grandir son enfant.
A
9 h très exactement le président de la cour martiale lut la sentence.
-Le colonel O’Neill est condamné à trois mois de prison ferme, de
plus il est renvoyé de l’armée, sans solde. La sentence prend effet
immédiatement.
Le
tribunal se retira aussitôt.
Hammond
demanda à parler à Jack.
-Je m’occupe de tout vous aurez des
nouvelles le plus souvent possible.
-Merci général. Occupez vous bien
d’eux, pendant mon absence.
-Qu’avez-vous l’intention de faire dans
trois mois jack ?
-Trouvez un boulot, car je n’aurai pas
de pension. Et puis rattraper le temps perdu et vivre avec ma famille.
Epilogue
Jack
sortit sur le seuil, ébloui par le chaud soleil de la fin juillet. Il mit sa
main en visière et ne vit personne. Poussant un soupir il prit le petit sac
posé à ses pieds et quitta le quartier de la prison.
Il
n’avait pas fait une dizaine de mètres qu’il la vit. Elle avançait vers lui, un
enfant dans les bras, et un sourire
rayonnant sur son visage.
Il
la prit contre lui et l’embrassa tendrement, et caressa ses cheveux. Puis
avisant la petite tête blonde, il déposa un baiser léger sur le petit crâne
duveteux.
-C’est fini Jack, dit-elle, nous
rentrons chez nous.
Ils
rentrèrent à Colorado Springs. Jack trouva une place dans la police de la
ville. Sam continuait à travailler à Cheyenne Mountain, mais elle n’allait plus
sur le terrain.
La
vie sur Eridu continuait, les fourmis de
Enki poursuivaient leur petite vie
dirigée par le dieu et à son seul profit. Mais la donne avait changé. La terre
était au courant et bientôt une expédition serait menée contre Enki, qui ne se
méfiant pas perdrait ce qu’il avait mis des siècles à préparer, ainsi que la
vie.
Mais
cette lutte ne concernait plus du tout Jack et Sam qui avaient beaucoup mieux à
faire.
FIN
Alors
voilà, vous avez tenu jusqu’au bout malgré la longueur ! Merci !
J’espère que cela vous a plu.
Cette
fic en réponse à Hito : « et si tu écrivais une fic où Jack n’est
pas torturé ? « . Pari tenu. (je
ne me suis engagée sur celle là, mais peut être que dans la prochaine,
Jack en verra de toutes les couleurs J )
Un petit feed pour me tenir au courant !
Merci !