Aurélia

 

aurelia_49@yahoo.fr

 

Fic n° 71

 

Janvier 06

Suite de : Heure H : 25 heures.

 

Genre : Crossover MacGyver et Stargate SG1

Epoque : Stargate la saison 8 et après, sans tenir aucun compte de la saison  9 puisque Jack n’est plus là, et moi je veux Jack. La fic se situe en janvier  2006, et Jack dirige toujours la base

Pour Mac Gyver c’est  le début de l’année 1988. (que je situe saison 2)

 

HEURE  H 

 

 

Une décision difficile

 

 

 

Le débriefing était commencé depuis plus d’ une heure. Ils avaient récapitulé les évènements, mais O’Neill n’était pas satisfait.

         -Pourquoi nous a t-elle donné les moyens d’arrêter cette bombe ? ce n’est pas logique. Une idée Carter ?

         -Je ne crois pas qu’elle nous ait donné sciemment  le mode d’emploi mon général. Elle ne pouvait pas penser que nous avions les moyens de chercher MacGyver. Elle voulait nous mettre sous le nez la solution pour bien nous faire comprendre qu’elle était la plus forte. La bombe aurait du exploser.

         -C’est possible dit Jack, ce serait bien dans  le style  vantard des Goa’ulds.

         -Et pourtant dit Daniel, je pense qu’elle a du le prévoir. Elle a toujours un train d’avance sur nous.

         -Y a t-il un moyen de découvrir la puissance de la bombe colonel Carter ? demanda Teal’c avec son calme habituel.

         -Naturellement, je vais faire tous les tests nécessaires.

         -Soyez très prudente Carter, il peut y avoir d’autres pièges dans cette statue. N’oubliez pas qu’elle est imperméable aux rayons X.

         -Et si on la cassait proposa Teal’c ?

         -La casser ?  vous n’y pensez pas dit Daniel outré. D’ailleurs vous n’y arriveriez pas, elle est en naquadah.

         -Pas en pur naquadah, Daniel il y a d’autres composants que je vais essayer de découvrir. Mais je crois que cela pourrait peut être dangereux de la casser, il vaut mieux agir avec prudence.

         -Daniel essayez de découvrir tout ce que vous pouvez trouver sur Séchât. Sa vie, ses habitudes, ses planètes, ses conquêtes, je veux tout savoir sur elle.  Je suis sûr que vous pouvez encore creuser un peu. Tout le monde au travail  dit-il en se levant. Je vais prendre  une autre équipe pour essayer de trouver d’où viennent les fuites.

         -Je ne voudrais pas jouer les trouble-fêtes intervint Mac calmement, mais je voudrais bien rentrer chez moi.

Les regards se tournèrent vers le jeune homme qui se sentait un peu exclu. Il était assis en bout de table et n’avait encore rien dit depuis le début de la réunion.

         -Pas tout de suite dit Jack, je voudrais que tu passes à l’infirmerie.

Le jeune homme était surpris.

         -Pourquoi faire ?

O’Neill continua comme s’il n’avait pas entendu

         -Carter aussi.

         -Mon général, j’ai du travail…

         -Cela attendra. Vous venez de faire un voyage dans le temps,ce n’est pas anodin.  Il est préférable de passer une visite médicale. 

         -A vos ordres concéda Sam un peu déçue. Pour elle c’était une perte de temps. Il y avait tellement de travail à faire et elle avait hâte de commencer ses recherches sur la statue.

         -Ensuite vous reconduirez Mac à son époque, poursuivit O’Neill avant de quitter la salle et de rentrer dans son bureau.

Le regard de Mac avait suivi la haute silhouette du général. Il était  perplexe de l’attitude de celui-ci. Il  l’avait tiré de sa vie, fait faire un voyage dans le temps, et ne lui avait même pas adressé la parole quand le travail avait été fini.

Il se sentait fatigué, car il n’avait encore récupéré de sa dernière mission en Amérique Centrale. Il voulait oublier les heures terribles qu’il avait passées dans les geôles du général Sanchez. Un très mauvais souvenir qui avait laissé quelques traces sur son corps. Il ne souhaitait pas cette visite médicale car il craignait de ne rien pouvoir leur cacher.   La seule chose qu’il voulait c’était rentrer chez lui, et récupérer dans son environnement familier. Mais  la présence de Sam qu’il avait aimé au premier coup d’œil  le troublait beaucoup plus profondément qu’il ne l’aurait souhaité. La revoir était très déroutant pour lui. La savoir amoureuse de Jack également, et l’inertie de celui-ci le rendait fou de rage.

 

 

 

A l’infirmerie c’était la panique, plusieurs blessés avaient été ramenés d’une planète ennemie dans un état critique. Ils durent attendre longtemps, il y avait des priorités. Sam bouillait d’impatience, il y avait tellement de travail ! Mac lui attendait tranquillement qu’on vienne s’occuper de lui. Pour la première fois de sa vie, il était inactif, ballotté par les évènements, il ne pouvait rien faire d’autre, que de patienter.   

Une heure plus tard  Sandra Lewis leur fit à chacun une prise de sang.

         -Le médecin arrive tout de suite dit-elle en souriant, reposez-vous.

Ainsi c’était lui le fameux MacGyver pensa t-elle, celui que l’on appelait ici « le neveu du général ». Il n’y avait que le docteur Tyler au courant à l’infirmerie et elle naturellement. Mais cela personne ne le savait, et elle n’allait pas s’en vanter.

Le docteur Tyler les examina rapidement. Il fut surpris de l’état de Mac.

         -Que vous est-il arrivé ? On vous a tabassé ?

         -Oui c’est exactement ça dit le jeune homme en souriant. Une mission qui a mal tourné. Mais ce n’est pas grave.

         -Non, mais je vois quelques contusions qui ont vilaine allure, je vais demander au lieutenant Lewis de s’occuper de vous.

         -Si vous voulez, mais je pourrais très bien me débrouiller tout seul.

         -Je n’en doute pas, mais je préfère qu’on s’en occupe ici dit Tyler d’une voix ferme.

         -Lieutenant ! appela t-il.

Quelques instants plus tard Sandra revint avec le chariot de soins. Elle tira le rideau autour du lit et commença en silence à désinfecter les blessures que le jeune homme avait sur la poitrine et le dos. Elle l’observait en silence tout en le soignant. Leurs yeux se croisèrent, elle détourna les siens, gênée.

         -Il faut que je vous parle lui dit-elle tout près de l’oreille.

         -A moi ?

Sa surprise n’était pas feinte.

         -Oui, il n’y a que vous qui puissiez m’aider . Mais pas ici.

         -On ne se connaît pas, comment pouvez-vous savoir si vous pouvez me faire confiance ?

         -Oh si je vous connais affirma t-elle  en souriant. J’ai lu votre dossier.

         -Mais je n’ai pas de dossier ici. Je ne suis venu que 2 fois.

         -Ça je le sais, dit-elle en parlant à voix basse. Pas maintenant redit-elle. Ce soir.

         -Je crois que je suis coincé ici à l’infirmerie  pour un moment soupira  Mac.

         -Non, dès que j’aurai fini les pansements, vous pourrez sortir.

         -Vous ne pouvez pas me parler tout en me soignant ?

         -Surtout pas. Les murs ont des yeux et des oreilles . Est ce que vous avez la possibilité de monter à la surface ?

         -Non, je ne crois pas. Je ne sais pas où aller. De toute façon, je vais rentrer chez moi tout de suite.

         -Non !

         -Comment ça non ?

         -Non, vous ne rentrerez pas chez vous.

La jeune fille avait fini  les soins.

-Je m’arrangerai pour vous donner un lieu de rencontre d’ici ce soir, dit-elle.

-Pourquoi dites-vous que je vais pas rentrer ?  demanda t-il un peu inquiet des propos de cette étrange jeune femme.

Elle paraissait soucieuse et jetait sans arrêt des regards à droites et à gauche comme si elle avait peur qu’on l’écoute.

         -Ce soir je vous expliquerais tout.

         -D’accord consentit Mac. 

Mac acquiesça en pensant que cela ne l’engageait pas beaucoup. La jeune fille ne devait pas être au courant de tout. Jack lui avait donné son congé dès la sortie de l’infirmerie.

Quand il put se lever, il rejoignit Sam dans son labo. Elle avait déjà commencé à travailler.

         -Tu ne t’arrêtes jamais, n’est ce pas ?  dit-il en pointant son nez dans la porte entrebâillée.

Elle sourit :

         -Entre, Mac.

         -Tu ne devais pas me ramener chez moi ?

         -Si, mais en t’attendant je  préparais les différentes phases  de travail pour l’étude de cette statue, dit-elle en refermant le couvercle de son portable.

Viens avec moi, je vais aller chercher la pierre  de transfert temporel. Je l’ai mise au coffre.

Quelques minutes plus tard ils pénétrèrent dans une pièce de haute sécurité où étaient conservés tous les objets venant de technologie alien.

         -Nous allons où ?

         -A la surface, malheureusement  je ne peux pas te ramener jusqu’à Los Angeles, juste à ton époque. Après je  pourrais travailler tout de suite. J’ai tellement à faire, ça ne t’ennuie pas trop ?

         -Non pas du tout, ce qui me trouble , c’est ce départ en catimini sans dire au revoir à personne ! s’étonna le jeune homme.

Sam était gênée. Le général lui avait recommandé de partir immédiatement, il ne voulait pas revoir Mac. Elle le comprenait, c’était assez gênant pour lui comme situation et la première fois cela ne s’était pas très bien passé. Les deux hommes avaient fait des malaises. Mais Sam soupçonnait qu’il pouvait peut être y avoir une raison cachée et plus personnelle à ce refus.

         -Je suis désolée Mac, mais le général O’Neill craint pour ta santé si tu restes plus longtemps.

         -Oui…

Le jeune homme n’était pas très convaincu et trouvait l’attitude du chef de la base un peu cavalière. Il s’était servi de lui et le jetait quand il n’était plus utile.

Il soupira.

         -Tant pis. Allons-y.

A la surface , Sam sortit la pierre qui brilla doucement dans sa main.

         -Donne moi la main Mac, dit-elle.

         -Attend Sam, on ne va pas se quitter définitivement, comme ça !

Elle rougit sous le regard insistant de son compagnon. Ils restèrent un instant les yeux au fond des yeux. Puis Mac s’approchant de la jeune femme,  posa doucement ses lèvres sur les siennes. Leur baiser fut très doux, pas de grands élans de passion, mais quelque chose de retenu, un baiser d’adieu délicat  où Mac mit tout son âme. Son cœur était serré à l ‘idée de la quitter à nouveau. Il prit son visage dans ses mains et la dévora des yeux pour n’oublier aucun de ses traits quand il aurait franchi le passage du temps .

         -Sam… murmura t-il.

La jeune femme était très troublée et elle détourna le regard. Puis se reprenant elle lui dit :

         -Il est temps, allons-y.

Au lieu de lui prendre la main comme à l’allée, il la prit dans ses bras.  Elle glissa ses bras autour de son cou et se serra très fort contre lui. Dans sa main droite la pierre. Elle pensa fortement , 1988. 

Rien ne se passa.

Elle essaya encore

Rien.

Ils se séparèrent. Le cœur battant… troublés.

         -Qu’est ce qui se passe ?  demanda Mac avec un soupçon d’inquiétude dans la voix.

         -Je ne sais pas murmura t-elle  d’une voix blanche. Asseyons encore ! Il faut que je me concentre. Toi aussi tu peux activer cette pierre. On va la tenir tous les deux, et penser fortement à 1988.

Il ne se passa toujours rien.

         -Je ne comprend pas murmura t-elle, cela devrait fonctionner !

 

Elle prit son téléphone,  appela le général  et lui expliqua  la situation.

         -Revenez  dit-il.

         -Vous ne paraissez pas surpris mon général ?

         -Non , nous avons eu de la visite.

         -Qui ?

         -Séshat dit-il sèchement en raccrochant.

 

Elle resta un moment avec son mobile dans la main se demandant si elle n’avait pas rêvé.

         -Il a dit quoi ?

         -Qu’il faut redescendre !

         -C’est tout ?

         -Oui.

Sam ne voulait pas lui parler de la visite de Séshat avant d’en savoir davantage. Elle ne pouvait rien dire étant liée par le secret.

Mac à cet instant se souvint des paroles de Sandra « non, vous ne rentrerez pas chez vous » comment la jeune fille pouvait –elle le savoir ? Il avait beaucoup de questions à lui poser.

 

De retour au 25ème niveau , Sam conduisit Mac dans le quartier des invités.

         -Je suis désolée, mais je ne peux rien faire de plus pour aujourd’hui.

         -Je comprends. Mais est ce que je suis vraiment obligé de rester cloîtré dans cette base ? 

         -Non, je suppose que non . Moi je reste ici cette nuit, j’ai trop de travail. Le général attend les résultats avec impatience.

         -Donc je peux sortir ?

         -Oui, je vais appeler le garde en surface pour qu’il te laisse passer. Mais où vas –tu aller ?

         -N’importe où, mais il me faut un peu de temps pour digérer tout ça. Je vais prendre une chambre d’hôtel.

         -Comme tu veux, mais quand tu seras arrivé, passe moi un coup de fil. Tu as de l’argent ?

         -Bien sûr, les bons vieux dollars de 88 doivent toujours être valables, dit-il en riant. Par contre je n’ai pas de voiture.

Sam hésitait. Le général ne serait peut être pas content de savoir Mac à l’extérieur, mais elle n’avait aucune raison valable de le retenir. Elle savait qu’il était coincé pour un bout de temps dans cette époque, et lui le savait aussi.

         -Tiens dit-elle en lui tendant les clés. C’est une Ford verte. Tu la trouveras facilement. Tu vas rester tout seul dans un hôtel ? tu ne serais pas mieux à la base ?

         -Non , j’ai besoin d’être seul, de marcher un peu, de faire le point.

         -Je comprends, ça ne doit pas être facile pour toi.

         -Ça va  aller, merci pour la voiture, dit-il en se dirigeant vers les ascenseurs.

Pensive, elle regarda sa longue silhouette s’éloigner dans le couloir. Puis poussant un soupir elle décida d’aller  au mess reprendre quelques forces en vue de sa longue nuit de travail.

         -Zut ! je ne lui ai même pas proposé de manger quelque chose ! pensa t-elle. Elle faillit le rappeler, puis se ravisa. Finalement il avait raison, il serait mieux dehors.

 

 

 

 

A l’entrée de la base, Mac signa le registre de sortie et rendit son badge au garde. Il fut à peine étonnée de voir Sandra Lewis qui l’attendait.

         - Il faut qu’on parle dit-elle.  Mais pas dans ma voiture, ni chez moi.

         -Venez, répondit-il  en montrant les clés.

Sur la parking la Ford de Sam était une des dernière voitures. La jeune femme restait souvent à la base, ou rentrait très tard. Tout comme le général O’Neill.

Ils roulèrent un moment en silence.

         -Où allons-nous ? demanda MacGyver.

         -Dans un petit hôtel.

         -Tiens donc ! j’ai eu la même idée.

         -C’est parfait ce changement de voiture, ils ne pourront pas me suivre.

Mac ne répondit pas. Il pressentait que la jeune fille avait une histoire très longue et très compliquée à raconter et qu’il devait y être impliqué. Sandra était tendue, elle se retournait souvent pour voir s’ils n’étaient pas suivis.  Son regard était sans cesse en mouvement, elle ressemblait à une bête traquée.

         -Je crois que quelqu’un nous suit dit-elle d’une voix blanche.

Dans le rétroviseur Mac vit une voiture sombre aux vitres teintées qui prenaient les mêmes rues qu’eux depuis quelques minutes. 

         -Vous connaissez bien la ville Sandra ?

         -Oui pourquoi ?

         -Je vais voir s’il me suit.

Mac accéléra et tourna vivement à plusieurs reprise au dernier moment. La voiture était toujours là.

         -Bon il va falloir la semer conclut-il . Accrochez-vous.

La poursuite s’engagea. Mac roulait à vive allure. Sur un boulevard pratiquement désert il fit un demi tour très sec, et repartit dans la direction opposée. Le temps que l’autre voiture réagisse, il avait déjà viré plusieurs fois.

         -On l’a semé   dit-il en ralentissant.

Sandra était pâle,

         -Ça va ? s’enquit le jeune homme en souriant.

         -Wouaouh ! fit-elle !  Où avez –vous appris à faire ça ?

         -Dans mon métier, il faut savoir fuir les  gens trop curieux fit-il avec désinvolture. Où va t-on  maintenant ?

         -On quitte la ville. Tout droit, puis à gauche dans environ trois kilomètres. Il y a un hôtel discret, où on ne nous cherchera pas.

         -C’est parfait, allons-y.

 

 

Sandra était gênée, Mac s’était assis au pied du lit et attendait tandis que la jeune femme rassemblait ses idées.

Leur entrée dans l’hôtel s’ était faite discrètement. Ils s’étaient inscrits sous un faux nom, monsieur et madame Livingstone. Normalement personne ne savait où ils étaient. C’était exactement ce que souhaitait Sandra. Mac lui voulait appeler la base.

         -Il n’en est pas question refusa  la jeune fille d’une voix ferme.

Mac soupira. Il commençait à en avoir assez de tous ces mystères.

Il se leva et la prit par les épaules.

         -Sandra regardez moi. Si je n’avertis pas le colonel Carter de mon arrivée ici, elle va s’inquiéter et envoyer la cavalerie et je crois que ce n’est peut être pas le moment qu’on nous voie ensemble ? je me trompe ?

         -Non, allez-y téléphonez, mais ne dites pas que vous êtes avec moi.

         -Naturellement. Mais après vous m’expliquerez tout ?

         -On est là pour ça vous savez, pas pour la bagatelle !

         -Oui, dit Mac avec un grand sourire, et comme à regret. Le jeune femme était en effet très séduisante avec de longs cheveux noirs, une taille mince et élancée.

A la base il demanda qu’on ne dérange pas le colonel Carter mais qu’on lui dise simplement qu’il était dans un hôtel dont il donna le numéro , et que tout allait pour le mieux.

         -Je vous écoute dit-il en invitant la jeune fille à s’asseoir près de lui. 

Sandra commença un long récit entrecoupé de silences, dans lequel elle expliquait la genèse des évènements, depuis ses légèretés avec Séchât jusqu’au kidnapping de sa mère et de sa sœur. Mac ne l’interrompait que pour lui faire préciser certains points.

         -Est ce que vous allez m’aider, dit-elle à la fin de son long récit  ?

Il répondit par une autre question .

         -Pourquoi me le demander à moi. ?

         -Je vous l’ai déjà dit, je sais qui vous êtes. Vous êtes celui qu’on appelle à la base le neveu du général, mais en fait vous êtes Jack O’Neill.

         -Justement je suis la dernière personne à qui vous devriez demander  de l’aide, je ne suis pas dans mon époque.

         -Vous avez peur ? dit-elle agressive.

         -Peur ? Ce n’est pas ça. Mais ici je ne suis pas chez moi. Si quelqu’un me demande de l’aide , j’accepte la plupart du temps. Mais ici, c’est différent.

         -C’est la même chose affirma t-elle butée.

         -Non, pas du tout nia t-il en la regardant au fond des yeux.

Elle semblait ne pas écouter ce qu’il avait à dire, tout à sa souffrance et à son inquiétude.

         -En 2006, vous avez à faire à des problèmes intergalactiques, avec des ennemis que je ne connais pas. En 1988 si j’interviens sur un kidnapping et que je délivre les otages, les ravisseurs sont arrêtés. Fin de l’histoire. Ici il y a des ramifications que je ne contrôle pas, et j’ai un devoir envers le SGC et envers ce que je deviendrais plus tard. Je n’ai pas le droit de faire n’importe quoi, ni de prendre des initiatives malheureuses.

Sandra se mit à pleurer.

         -Vous refusez de m’aider ?

         -Ce n’est pas ça, je viens de vous l’expliquer. Mais si vous me permettez un conseil : il faut tout dire  à la base 

         -Mais je vais me retrouver en prison ! s’écria t-elle.   Et si à 18 heures je ne réponds pas au téléphone, ils les tueront.

Mac soupira. La situation semblait inextricable.

         -Excusez moi de poser la question Sandra, mais êtes vous sûre qu’elles sont toujours en vie ? dit-il d’une voix très douce.

Elle ne put s’empêcher de frissonner.

         -Oui, à chaque fois je demande à leur parler. Mais elles ne comprennent pas. Ma mère est malade , et ma petite sœur n’a que 14 ans. Elles croient qu’elles ont été enlevées par quelqu’un qui veut de l’argent. Naturellement personne ne peut leur expliquer l’enjeu de la situation. Ma famille croit que je travaille dans  une base militaire spécialisée dans les radars. Elles s’imaginent que la police est sur le coup et ne comprennent pas pourquoi c’est si long.

         -Cela fait combien de temps ? 

         -Une semaine. Il a fallu que j’exécute à la lettre leurs ordres, diriger SG1 vers la planète pour qu’ils trouvent la statue, et la ramènent au SGC. Le reste ils l’ont fait tout seul, trouver la manière de désamorcer la bombe, aller vous chercher, mais tout cela rentre dans les plans de Séchât . 

Mac réfléchissait et songeait qu’enfermer Sandra ne résoudrait sans doute pas les problèmes.

         -Savez-vous où elles sont retenues prisonnière ?

         -Dans un entrepôt de la zone industrielle, mais je ne sais pas où. Il y a plusieurs  quartiers qui correspondent à ces critères, et malheureusement je ne sais pas exactement.

         -Autrement dit autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Vous n’avez aucun indice ? Des bruits ? d’autres voix ?

         -Non !

         -Réfléchissez, quand ils vous appellent, cela dure combien de temps ?

         -C’est variable. Je dois écouter leurs instructions et dire de mon côté ce qui se passe au SGC.

         -Cela dure donc plusieurs minutes ?

         -Vous pensez à  localiser les appels ?

         -Oui, mais malheureusement il me faudrait l’aide de la police pour cela et je suppose qu’elle n’est pas dans le coup.

         -En effet, si la police est avertie , cela signe leur arrêt de mort immédiatement.

         -J’ai les mains liées Sandra, je ne connais personne ici.

Le jeune fille avait essuyé ses yeux et semblait reprendre un peu d’assurance, elle sentait que MacGyver allait faire tout son possible pour l’aider. Avec ce qu’elle avait appris de lui , elle savait qu’il était très capable de ce genre de mission et qu’il rencontrait souvent sur son passage des hommes très dangereux.

         -Il y a bien le colonel Carter. Mais non, dit-elle en se ravisant, elle est militaire et serait obligée de m’arrêter.

         -Sans doute.

         -Finalement , dit-elle après un instant de silence, elle ne pourrait pas vous le refuser, si vous demandiez de l’aide pour moi. Sans me nommer bien sûr.

         -Pourquoi dites vous ça ?

         -Parce que tout le monde connaît  les sentiments qu’elle éprouve pour le général O’Neill.

Elle avait rougi en disant cette phrase. Elle se sentait gênée de parler de cela avec lui. Lui aussi se sentait tout à coup très mal à l’aise.

         -Mais je ne suis pas le général O’Neill la contra t-il doucement. Ici c’est elle qui me commande. Nuances !

Elle sourit :

         -Je suis sûre qu’elle ne peut rien vous refuser, mais c’est à vous de lui parler. Mais faites-le quand je ne suis pas à la base, sinon, je serais arrêtée immédiatement.

         -Autre chose Sandra : Vous connaissez les plans de Séchat ? Je suppose qu’elle ne nous veut pas que du bien ?

         -Non, on me dit juste ce que j’ai besoin de savoir. Maintenant que la bombe est désamorcée je ne sais pas ce qui va se passer, enchaîna t-elle très vite.

Le regard de la jeune fille devenait fuyant. Il la prit par les épaules.

         -Sandra , ne me mentez pas !

Elle le regarda une fraction de seconde et détourna les yeux immédiatement.

         -Je suis désolée. Je ne peux rien dire.

         -Sandra ! si vous voulez que je vous aide, il faut tout me dire !

         -j’ai un nom de planète en tête P9V543 lâcha t-elle finalement. 

         -Et c’est quoi cette planète, une possession de Séchât ?

         -Oui, je suppose qu’elle veut vous attirer dessus, mais je n’en sais rien du tout.  Arrêtez de me  torturer comme ça , geignit-elle en éclatant en sanglots.

Mac la lâcha, et soupira.

         -Pouvez-vous rentrer chez vous ?

         -Oui, ma maison est surveillée, mais si je suis seule il n’y a pas de problèmes.

         -Bien. Je vais aller à la base dès demain matin, vous, vous filerez chez vous. Je vais voir ce que je peux faire.

         -Oh merci dit-elle ne se jetant à son cou.

         -Oh là ! fit-il un peu gêné, ne me remerciez pas. Je ne garantis rien du tout.  Et si on essayait un peu de dormir maintenant ? Vous prenez le lit, moi je vais dormir par terre.

         -C’est pas confortable, par terre.

         -Ne vous inquiétez pas, passez moi une couverture et un oreiller.

Mac s’installa le plus confortablement possible, et plongea rapidement dans le sommeil.  La journée avait été interminable pour lui, une vingtaine d’années ! un saut dans le temps, un long voyage en avion, une mission réussie, un retour raté, et maintenant la moitié de la nuit à discuter avec Sandra, sans compter la fatigue  de sa dernière mission en 1988,  il n’en pouvait plus.  Une bien longue journée pour un seul homme !

Le jeune fille mit un peu plus longtemps que lui à s’endormir. 

 

 

 

 

 

 

Dès son retour dans le centre de la base Sam avait été convoquée en salle de briefing, ainsi que les autres membres de SG1, le colonel Reynolds et  le major Warren.

         -Où est MacGyver ? furent les premiers mots du général en voyant Sam.

         -Il est sorti.

         -Il a quitté la base ?

         -Oui mon général.

         -Vous aviez l’ordre de le conduire dans le quartier des invités !

Sam regarda son chef dans les yeux, celui-ci semblait plus inquiet que fâché.

         -Je sais mon général, mais il n’était pas très bien après son retour raté. Je sentais qu’il avait besoin d’être seul et de prendre l’air. C’est ce qu’il m’a dit. Je ne voyais pas de quel droit je pouvais lui refuser cela. Il va aller dans un  l’hôtel.

          

         -Bien. Laissons-le se reposer pour ce soir. Il y a eu du nouveau pendant votre absence Carter.

         -C’est bien ce que je pensais, vous n’aviez pas l’air surpris de l’échec du retour.

         -Non, au moment où  vous m’avez appelé, Séchat venait de quitter la base. Enfin son hologramme ! dit-il

Sam, le premier moment d’étonnement  passé se reprit rapidement et demanda :

         -Je suppose qu’elle n’était pas surprise de la situation.

         -En effet reprit Daniel sur un signe du général. Selon la pompe habituelle aux goa’ulds , elle s’est vantée de nous mener par le bout du nez, Jack lui a répondu assez vertement.

Sourire de Sam réfréné aussitôt devant l’air sévère d’O’Neill. Daniel poursuivit :

         -En fait elle ne nous a pas dit grand chose sauf que la pierre à voyager dans le temps s’use au bout de deux utilisations. Nous l’avons utilisé la première fois pour ramener MacGyver l’an dernier et une fois pour aller le chercher ce matin. Maintenant la pierre est morte.

         -Donc elle savait que nous allions aller chercher Mac. Elle l’avait prévu ! Ce qui nous ramène aux fuites que nous avons dans cette base dit O’Neill.

         -Vous n’avez rien trouvé ?

         -Nous avons une liste de noms de toutes les personnes  qui ont eu un contact avec Séchât l’an dernier, cela fait environ une trentaine. Dès demain nous commencerons les interrogatoires.

         -Je croyais que les cellules étaient  surveillées par des cameras  s’étonna Daniel ?

         -Oui, mais on s’est aperçu que les bandes vidéos de cette période ont disparu.

         -Naturellement !

         -Reynolds et Warren vous procéderez aux interrogatoires demain matin. Je veux tout le personnel sur  place. Rappelez les permissionnaires et toutes les personnes en congé maladie aussi.

         -A vos ordres dirent les deux hommes.

Ils sortirent tandis que SG1 restait seuls avec O’Neill.

         -Je ne vous cache pas que la situation est grave. La présence de Mac à notre époque nous complique beaucoup la tâche et c’est justement là dessus que compte Séchât. Elle a toujours une longueur d’avance sur nous.

         -Je suis certain O’Neill, qu’elle sait parfaitement où se trouve une autre pierre de transport temporel et je suis prêt à parier qu’elle va nous inciter à aller la chercher déduisit Teal’c.

         -Tout à fait d’accord approuva Daniel. Mais avons-nous le choix ?

         -Peut être dit Sam, si nous trouvons une autre manière de remonter le temps ? En utilisant les éruptions solaires par exemple.

         -Oui, mais vous oubliez Sam que en 1988 la porte des étoiles était …

         -Dans un hangar dans l’Utah, nous le savons, coupa Jack. Ce que l’on a fait une fois, nous pouvons le refaire ! Carter ?

         -A une seule condition ! il nous faut calculer les éruptions solaires, il faut trouver un moyen de les prévoir !

         -Nous n’avons pas encore la technique pour prévoir les éruptions ! intervint Daniel.

         -Nous  n’en sommes pas encore là. Mac ne risque rien à rester quelques jours avec nous. Nous avons plus urgent à faire pour le moment.   Carter vous allez continuer vos recherches sur la statue.

         -A vos ordres.

         -Daniel et Teal’c avez-vous trouvé autre chose sur Séchat.

         -Oui j’ai répertorié une dizaine de planètes lui appartenant. Je vais essayer d’en savoir plus sur ces planètes, et peut être avec un peu de chance découvrir où nous pourrions trouver d’autres pierres bleues. Je pense qu’il ne faut laisser de côté aucune solution.

         -C’est entendu conclut jack en se levant.

Il regarda sa montre. Il était minuit passé.

         -La journée a été longue pour tout le monde reprit –il. On se revoit demain matin à la première heure. Bonne soirée. Carter ! restez une minute s’il vous plait.

Le cœur de Sam rata un battement. Avait-il décidé de ne pas faire suivre sa demande de mutation ? Elle ne se posa pas longtemps la question, car le chef du SGC aborda un tout autre sujet.

         -Carter, je voudrais vous demander un service .

         -Bien sûr monsieur,

         -Il s’agit de Mac. Occupez-vous de  lui. Je suis assez inquiet. Les évènements d’aujourd’hui ne se sont pas produits dans le passé. Jamais on ne  m’a demandé de revenir. Après mon retour j’ai repris ma vie comme si ce voyage dans le temps n’avait jamais eu lieu.

Sam pâlit :

          -Vous voulez dire monsieur que nous avons induit une réalité alternée ?

         -Je ne l’aurais pas dit comme ça , mais je le pense, dit-il avec une lueur amusée dans le regard.

         -Le fait d’avoir été chercher MacGyver aurait en fait changé l’histoire ?

         -C’est à vous de me le dire.

         -Nous n’avions pas le choix. Si nous ne l’avions pas fait la bombe aurait explosé !

         -Sans doute, mais maintenant je n’en suis plus aussi sûr. Séchât ne fait rien au hasard. Elle a tout prévu dans les moindres détails.   Une petite question Carter ? Si nous sommes maintenant dans une autre réalité, celle où nous étions avant  que Mac revienne, qu’est –elle devenue ? Elle existe toujours ?

         -Certainement mon général, mais elle ne nous concerne plus.

         -Ça me donne la migraine tout ça, dit-il avec une grimace. Mais si Mac revient à son époque, il risque de trouver tout changer ?

         -On ne peut pas le savoir. Il y aura peut être des détails, mais il ne s’en apercevra pas forcément. C’est pourquoi il faut trouver un moyen de le ramener le plus vite possible avant que Séchât n’ait une autre idée diabolique.

         -J’en suis tout à fait convaincu Carter . Mais comment le faire sans retomber à nouveau dans les pièges tendues par ce serpent ?

         -On trouvera monsieur.  Doit-elle revenir ?

         -Elle ne l’a pas dit, mais elle va sûrement le faire. Elle était très déçue de ne pas voir Mac.

         -Ce qu’elle veut, c’est vous tenir tous les deux à sa merci  et vous broyer dit-elle pensivement.

Elle avait pris un ton doux et résigné qui fit réagir O’Neill violement

         -Positivez Carter ! On va trouver, on va la battre, ce n’est pas le premier monstre que l’on rencontre ! On les a toujours vaincus.

         -Oui, mais elle a l’air plus intelligente que les autres.

         -Elle ne vous arrive pas à la cheville Carter la complimenta t-il légèrement.

Sam sourit devant le retour de leur ancienne complicité. Cela lui manquait tellement depuis quelques jours. Finalement elle se rendait compte qu’elle ne pouvait plus s’en passer. Plutôt ça, que de ne plus le voir du tout ! Elle faillit lui demander de ne pas faire suivre sa démission mais se ravisa à l’ultime seconde. Non pas tout de suite. Le faire mariner un peu ne serait pas une mauvaise chose.

         -Bonne nuit Carter dit-il

         -Bonne  nuit mon général.

Elle rentra dans ses quartiers le cœur un peu plus léger.

 

 

         -Sam c’est Mac !

La voix du jeune homme fit sortir Sam d’un mauvais rêve. Elle regarda la pendulette : 7 Heures 10. Oh mon dieu !  Déjà ! 

         -Oui c’est moi, dit-elle d’une voix ensommeillée.

         -Je te réveille ?

         -Il est grand temps ! je suis en retard.

Tout en tenant le combiné près de son oreille Sam sortit du lit et se dirigea vers la salle de bain.

         -Il faut qu’on se voit le plus vite possible, dit-il.

         -C’est bien mon avis. Tu peux être à la base en combien de temps ?

         -Si je ne me trompe pas de route, un quart d’heure.

         -Ok je t’attend.

 

 

Sam et Mac se retrouvèrent au mess devant un copieux petit déjeuner. Tous les deux étaient affamés. La journée de la veille avait été si remplie qu’ils n’avaient guère songer à s’alimenter. Sam reprit des céréales tandis que  Mac sirotait son café après avoir englouti des œufs au bacon.

         -J’ai deux choses à faire aujourd’hui dit la jeune femme :  travailler sur la statue et m’occuper de toi.

         -De moi ? je suis assez grand il me semble, non ?  ironisa t-il avec une lueur malicieuse dans son regard brun.

La manière dont il la regardait déstabilisait Sam. Il avait le regard si franc et si direct que cela en était parfois gênant. 

         -Le général  se pose beaucoup de questions sur la suite des évènements, Séshat me paraît très maligne et …

         -Peut être pas si maligne que ça la coupa t-il  d’une voix neutre.

         -Que veux-tu dire ? tu sais quelque chose ? dit-elle le cœur s’accélérant d’un seul coup.

         -Peut être, mais je crois qu’on devrait parler dans un endroit tranquille à l’abri des regards fit-il en faisant le tour de la salle des yeux.

Elle sourit, le « neveu du général » ne laissait pas les gens indifférents, surtout les femmes qui ne se gênait pas pour jeter vers lui des coups d’œil en douce.

Les employées de la cafeteria gloussaient en le regardant.

         -Tu as peut être raison dit Sam en se levant. Allons dans mon labo. 

         -C’est à l’abri des oreilles indiscrètes ? dit-il en se levant.

         -Tout à fait.

 

 

 

Dans le labo, Sam referma soigneusement la porte et fit signe à Mac de s’installer hors du champ de la camera.

         -Elle sert à quoi cette camera ?

         -Juste  à enregistrer les personnes qui entrent et qui sortent. C’est simplement une question de sécurité. Le travail que je fais est tellement confidentiel qu’il faut une surveillance accrue en cas de vol ou d’espionnage.

Il hocha la tête sans répondre et fit le tour du labo tranquillement. Sam le laissa faire. Elle savait qu’il était un physicien hors pair, et pouvait reconnaître les appareils qui se trouvaient devant lui, et leur utilité. Lui manquait simplement les notions d’astrophysique acquises dans les autres galaxie , et l’usage du naquadah  qui faisait du travail de Sam quelque chose de si particulier.

         -Et si on en venait au fait maintenant ?

Il se retourna lentement et vint s’asseoir devant elle autour d’une petite table encombrée de dossiers et de matériel informatique.

MacGyver raconta ce que lui avait appris Sandra. Il fit tout le récit sans la nommer. Une jeune femme de la base était obligée de trahir sinon des membres de sa famille seraient aussi tués.

         -De qui s’agit-il ?

         -Sam je ne te le dirai que si je suis sûr que cette personne ne sera pas inquiétée. Elle doit pouvoir répondre au téléphone quand on l’appelle. Si elle est dans une cellule, elle ne pourra pas le faire.

Sam réfléchissait à toute vitesse, Mac lui demandait en somme de couvrir une trahison, pour la bonne cause soit ! mais une trahison quand même.

         -Tu as une idée derrière la tête.

         -Oui, bien sûr. Si on arrive à découvrir où se trouve les prisonnières, je pourrais aller les délivrer et…

         -Ts ts ts  impossible !

         -Pourquoi ? fit-il avec un étonnement sincère dans la voix.

         -Mais parce que ce n’est pas ton boulot. Ici tu en « invité ». Jamais le général O’Neill acceptera.

         -On n’est pas obligé de lui dire !

         -Mac ! Ici c’est une base militaire, avec ses règlements et sa hiérarchie, on ne peut pas faire n’importe quoi ! Je suis responsable de mes actes devant mes supérieurs.

         -Je vois ! je vais me débrouiller tout seul.

         -Je te l’interdis !

Mac se leva et commença à se diriger vers la porte. Il agissait de la même façon qu’avec Peter Thornton quand celui-ci n’était pas d’accord, il  sortait, le  mettant au pied du mur.  Il s’apprêtait à ouvrir quand il entendit un déclic. La porte se bloqua. Il se retourna vivement et vit Sam avec une télécommande à la main qui le regardait d’un air froid.

         -Tu n’iras nulle part !

Il soupira et s’adossa à la porte, et fit un léger sourire.

         -C’est le seul moyen Sam et tu le sais. Sinon cette personne ira encore raconter à Séshat les petits secrets de la base, et nous mettra tous en danger. Réfléchis bien.

Elle sembla céder

         -Tu sais où elles sont enfermées ?

-Non, mais on doit pouvoir trouver, dit-il avec un sourire triomphant

–Ne te réjouis pas trop vite dit Sam, je n’ai pas dit oui. C’est quoi ton idée ?

         -Localiser l’appel téléphonique.

Elle  ricana :

         -Tu n’as pas l’habitude des téléphones portables ! Ça se voit !  Ils peuvent très bien retenir les personnes dans un endroit de la ville et téléphoner depuis l’autre bout !

-Ah oui tu as raison, dit-il déçu.

Quelques secondes plus tard il reprit :

         -Elle pourrait exiger de les voir. Après tout quelqu’un pourrait imiter leur voix, et lui faire croire qu’elles sont vivantes.

         -Ça ne changerait pas grand chose, Ils feraient juste un enregistrement avec une camera numérique , ils lui enverraient sur Internet.

         -Ok ! Mais ça peut se suivre à la trace ! non ?

         -Non c’est impossible, ils peuvent envoyer un mail de n’importe  où ! En général on utilise un cyber café, ce qui ne localisera pas le lieu où elles sont détenues. 

         -Alors il faut qu’elle exige de se déplacer elle-même. Qu’elle obtienne un rendez-vous ! 

         -C’est une idée, mais c’ est dangereuse pour elle.Je préfèrerais que tu ne t’en mêles pas !  On va se débrouiller sans toi. Tu n’as pas le choix tu dois nous dire qui c’est.

         -Je ne peux pas faire ça, je lui ai promis. Elle me fait confiance.

         -Bon, allons en parler au général. Il n’y  pas d’autre solution.

         -Si tu le dis. Mais je tairais son nom,  tant que je n’aurai pas la promesse formelle qu’il ne lui arrivera rien pour le moment, c’est une question d’honneur pour moi.

Sam approuva de la tête. Tout cela lui déplaisait profondément.  Elle ne connaissait pas assez MacGyver pour savoir jusqu’où il pourrait aller, mais elle pensait que s’il était le meilleur dans sa catégorie, c’est qu’il n’ hésitait pas parfois  à transgresser les règles. Cela n’avait jamais non plus empêché Jack O’Neill d’agir.

Peut être que finalement le général comprendrait cette attitude.

 

Elle demanda à être reçue par le général O’Neill. Walter les fit patienter quelques minutes.

         -le général est au téléphone dit-il.

La porte s’ouvrit sur un Jack curieux de ce que lui avait laissé entrevoir Sam.

         -Entrez, et refermez la porte. Je vous écoute.

         -Mac, à toi dit-elle.

Le jeune homme  fit un récit succinct de sa soirée avec Sandra, toujours sans la nommer.

         -Pourquoi en avoir parlé uniquement à toi ?  demanda Jack méfiant.

         -Parce que je suis la seule personne au courant  de l’existence des Goa’ulds et ne faisant  pas partie de la base.

         -Oui c’est logique acquiesça  Sam.

         -Bon je suis d’accord. On va essayer de localiser les ravisseurs. Mais ensuite cette personne devra répondre de ses actes devant la cour martiale.

         -Je n’ai jamais dit qu’elle étais militaire réfuta  Mac.

         -En effet tu ne l’as pas dit. Mais cela ne change pas grand chose à son cas.

Elle est chez elle ?

         -Oui.

         -Son nom ?

         -Tu me promets   Jack !

         -Oui, c’est d’accord !  elle ne sera pas inquiétée tant que cette affaire ne sera pas terminée.

         -Bien,  c’est Sandra Lewis, elle travaille à l’infirmerie dit Mac à contrecoeur. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas trop de l’avoir trahie.

         -On va tous y aller, Carter, toi et moi, Teal’c et SG8 en couverture. Tu prendras les devants et lui dira notre plan. Nous interviendrons ensuite.

Ils passèrent le quart d’heure suivant à mettre au point les différentes phases de l’opération. 

 

 

 

 

Elle avançait doucement en milieu découvert. La zone était surveillée  par les hommes du SGC, invisibles depuis le bâtiment où était retenues les otages. L’angoisse lui serrait le cœur, et rendait moite son front et son dos. Elle sentait la sueur couler le long de sa colonne.

Arrivée devant le bâtiment elle entendit une voix forte :

         -Levez les mains bien haut au dessus de votre tête.

Elle obéit.

La nuit était maintenant totale. Quelques lampadaires dispensaient une lueur blafarde alourdissant une atmosphère déjà plombée. Le silence était partout, pesant. Les bruits de la circulation ne  lui parvenaient plus, et il lui semblait que les battements de son cœur devaient s’entendre jusqu’au fond du hangar.

Elle continua de marcher lentement. La porte s’ouvrit et elle fut happée à l’intérieur.

 

         -Mac tu me reçois  ? entendit le jeune homme dans son oreillette.

         -Oui, souffla t-il, je suis sur le toit. Tout va bien Sam. Surtout n’intervenez pas avant mon signal.

Mac avait eu beaucoup de mal à faire admettre aux militaires qu’il était le mieux placé pour faire ce genre d’intervention. Il avait une grande habitude des prises d’otages et n’avait jamais connu d’échec. Il préconisait une intervention discrète pour éviter un carnage.

-Personne ne sera tué  leur avait-il assuré.

         -Comment peux-tu en être aussi sûr avait répondu Sam.

         -Parce qu’il ira sans arme avait répondu O’Neill, et que c’est moins risqué.

Mac s’était contenté d’une petite mimique d’approbation.

Il avait commencé à escalader le bâtiment par l’arrière, d’un endroit où il serait totalement invisible. Il repéra un trou dans la toiture en mauvais état. C’était une ancienne usine de confection dont les locaux avaient été laissés à l’abandon depuis des lustres. Une  excellente cachette quand on pratiquait des activités illégales.

Le bâtiment était divisé en plusieurs immenses salles séparées par des murs à mi hauteur.

Il se rapprocha doucement et zigzagua  entre les nombreux déchets qui jonchaient le sol, restes de meubles, de machines, vieux chiffons, produits de nettoyage. Il marchait sur la pointe des pieds en évitant de faire le moins de bruit possible.

____

 

Maintenant il les voyaient à quelques mètres. Deux hommes armés, une femme d’une quarantaine d’années et une jeune fille, toutes les deux ligotées sur des chaises. Elles n’étaient pas bâillonnées mais ne disaient rien, seuls leurs regards affolés  et les larmes qu’il voyaient couler sur leur visage trahissaient leur angoisse.

Il attendit  un instant, jeta un œil autour de lui et repéra  une corde sur le sol . Avisant une poutre, il grimpa, et y fixa la corde et attendit dans le plus grand silence le moment favorable. Il retenait sa respiration en espérant que personne n’ait l’idée de lever la tête.

Il n’eut pas à attendre longtemps, les deux hommes avaient bougé et se trouvaient en bonne place. Il  fondit littéralement sur eux et suspendu de tout son poids  à la corde il exerça un mouvement de balancier et vint les percuter de plein fouet l’un après l’autre. Sous le choc les hommes roulèrent à terre, perdant leurs armes que Mac s’empressa de pousser loin d’eux d’un coup de pied. 

Un corps à corps s’engagea, les malfrats s’étaient tout de suite relevés et Mac dut lutter contre les deux en même temps.

Il cria dans son micro « maintenant ». Aussitôt les soldats entrèrent et pointèrent leurs armes sur les deux hommes. Mais ceux-ci n’opposèrent aucune résistance, ils étaient tous les deux à terre à demi sonnés.

Mac se releva à peine essoufflé, mais en se frottant la main.

         -Les voilà tes colis dit-il à Sam qui pénétrait à son tour dans le bâtiment son P90 à la main.

         -Bien joué Mac ! Embarquez –moi ça commanda t-elle aux hommes qui la suivaient.

 

*

**

 

 

 

Le vase en cristal dentelé alla se fracasser contre le mur, et rejaillit en centaines de cristaux qui accrochèrent la lumière du feu. Un brusque et fugitif  éclat dans la pénombre de la pièce.

Ce geste ne soulagea aucunement la reine. Ses gens avaient fui sa colère et elle était seule sans pouvoir apaiser son courroux sur le dos d’une innocente servante. Cela faisait maintenant quatre heures qu’elle attendait des nouvelles de la terre. Plus personne  ne répondait à ses messages. Mauvais présage. Elle n’était pas seulement en colère mais aussi inquiète, la situation lui échappait, sa main ne se refermait que sur du vide.

La victoire pourtant semblait si sûre et si proche !  La  jeune terrienne avait été découverte, elle en était sûre !  C’était le pivot de son plan, c’est par elle qu’elle tirait les fils telle une veuve noire dans sa toile. Elle espérait juste que la jeune infirmière ait eu le temps de mettre les Taur’is sur la piste qu’elle leur avait choisie.

Elle sourit, tout était prêt sur la planète, il ne restait plus qu’à attendre. Mais cette attente la minait, la rongeait … Elle n’avait pas l’habitude d’être ballottée par les évènements, c’était plutôt elle qui dirigeait.

Séshat habitait un vaste palais entourée de jardins fleuris entretenus par une myriade de jardiniers. Une petite promenade ne me fera pas de mal pensa t-elle. Elle sortit lentement et s’engagea dans une allée ombragée. Elle avançait songeuse et ne voyait pas  ses sujets qui se prosternaient sur son passage. Elle y était tellement habituée qu’elle n’y faisait même plus attention. De temps à autre un vague sourire éclairait son visage suivant le sombre cours de ses pensées. Son esprit jamais en repos échafaudait de nouveaux plans. Elle avait peut être perdu un atout important dans sa stratégie, mais elle en avait d’autres en réserve dans sa manche !

 

*

**

 

 

 

Le retour à la base fut rapide. Sandra fut conduite immédiatement en cellule, sa mère et sa sœur dans le quartier des invités. Les hommes qui avaient participé à l’opération furent convoqués en salle de réunion  pour un  débriefing immédiat.

Le compte rendu de la mission fut bref, et le général O’Neill ne garda près de lui que SG1 et Mac.

         -Daniel ? demanda t-il , et maintenant ? Séshât a du nous préparer autre chose, car je suppose que son action ne va pas s’arrêter là !

         -Oui certainement Jack. J’ai fait cette après midi la liste des possessions de Séshât. Il y a entre autre la planète…

         -P9V543 coupa Mac !

Tous les regards se tournèrent vers lui :

         -Comment tu sais ça toi ! fit O’Neill bougon.

Mac sourit, le comportement d’O’Neill le surprenait toujours. Il avait du mal à penser que dans avenir lointain il serait LUI.

         -J’ai passé un long  moment avec Sandra Lewis dit-il seulement.  C’est tout ce dont elle m’a informé. Mais j’ai supposé que c’était l’endroit où Séshât souhaite nous voir aller ! tous les deux

Il fit un signe du doigt entre Jack et lui.

         -Tu as sans doute raison dit Sam, mais qu’est ce que cette planète a de particulier ?

         -J’allais justement vous le dire interrompit Daniel. Cette planète appartenaient aux Anciens  dans un lointain passé. A une époque elle a été la possession de Chronos, puis celui-ci l’a quittée quand les réserves de naquadah sont été épuisées. Je  n’arrive pas à savoir quand Séshât se l’ est appropriée, mais je pense pas plus de 2 ou 3 siècles.

         -Il faut interroger immédiatement Sandra Lewis ordonna  le général, et savoir exactement ce  qu’elle sait.

         -Je m’en occupe  immédiatement mon général dit Sam.

         -Teal’c vous l’accompagnez.

 

 

La jeune infirmière avait pu embrasser sa mère et sa sœur, avant qu’on ne l’emmène en cellule. Rassurée sur leur sort elle pouvait maintenant parler librement et ne s’en privait pas. Elle fit un long récit  de tous les évènements passés.

         -Cela fait deux jours qu’on m’a parlé de la planète P9V543 raconta t –elle. Je devais faire en sorte que  le général O’Neill et  Monsieur MacGyver y aillent seuls. Mais je n’ai aucun détail sur ce qui devait les attendre là bas.

Les larmes coulaient sur le visage de Sandra. Elle n’était pas fière  de ce qu’elle avait été obligée de faire, mais en même temps, savoir sa famille à l’abri lui apportait une sorte de  soulagement dont elle avait honte.

 

        

*

**

 

Jack avait décidé d’aller explorer la planète P9V543. SG1 et lui même étaient prêts au départ. Sa décision avait été prise rapidement, dès que Daniel avait parlé des Anciens. Et dieu  sait que celui-ci était intarissable sur le sujet. Il s’était laissé convaincre après un long monologue du jeune archéologue qu’il avait écouté sans broncher. Il avait pris sur lui, car il sentait bien que Daniel avait raison et que là seulement ils trouveraient la fameuse petite pierre bleue nécessaire au retour de Mac à son époque.

Ils étaient maintenant au pied de la rampe tous les quatre comme autrefois. Un sourire léger étiraient les lèvres de Sam. Elle aurait donné cher pour revenir en arrière quand O’Neill n’était pas général et qu’ils partaient en mission ensemble, soudés comme les doigts de la main. Elle goûtait ce moment si rare, malgré les tensions et la difficulté de la mission. Car ce ne serait pas une simple mission de reconnaissance, elle savait les innombrables dangers encourus et les pièges sans fin tendus par Séchât .

 

-Chevron 3 enclenché

La porte tournait les chevrons s’enclenchaient dans un bruit d’enfer.

         -Mon général  entendit O’Neill dans le haut parleur tandis que Siler faisait de grands gestes à travers la vitre de la salle de contrôle.

Le général se retourna lentement et regarda vers le haut d’un air interrogateur

         -Quelqu’un essaie d’ouvrir la porte de l’extérieur !

         -Fermez l’iris cria O’Neill.

Le lourd iris de tritanium se referma et tous attendirent. La lumière bleue jaillissait de chaque côté de la protection de métal et quelqu’un s’avançait.

Instinctivement ils reculèrent mais ce n’était que l’hologramme   de Séshât

Soupir de Jack !

         -Encore vous ! on ne peut même pas voyager tranquillement dans la galaxie !

Aucune réaction de la part de la Goa’uld. Elle regardait la salle d’embarquement qu’elle connaissait déjà . Elle gardait un tel mauvais souvenir de son séjour dans un cellule de force  qu’elle dut se concentrer pour ne pas laisser la colère la submerger. Elle savait que ce serait un signe de faiblesse devant O’Neill, qui lui, avait des nerfs d’acier.

         -Où est Mac Gyver ? demanda t-elle d’une voix sourde assombrie par la rage contenue.

         -Il n’est pas là répondit sèchement O’Neill. Et  maintenant, si vous me disiez exactement ce que vous voulez.

         -Je veux vous voir tous les deux. Vous irez seuls sur P9V543 où je vous attendrais et je vous remettrais la pierre bleue ordonna t-elle. Vous avez gagné ! ajouta t-elle d’un ton neutre.

La communication fut rompue avant que le général O’Neil ; puisse ouvrir la bouche pour répondre. 

         -Oh ! On a gagné ? dit-il d’un air interrogatif en se tournant vers Sam.

         -Mon général je ne suis pas sûre d’avoir bien compris. Peut être pense-t-elle que le fait d’avoir récupéré  Sandra Lewis nous donne un certain avantage.

         -San doute ! Tout le monde en salle de briefing, commanda t-il.  Walter allez me chercher MacGyver, il doit être dans les quartiers des invités.

         -Tout de suite mon général !

 

 

 

Quelques minutes plus tard ils étaient assis en train de commenter le message de la reine.

         -Pourquoi a t-elle dit que nous avons gagné ? ça ne ressemble pas  à un Goa’uld ça ! constata Sam.  

         -En effet reprit Daniel. Je ne pense pas qu’elle veuille vous donner une pierre bleue sans contrepartie.

         -A t-elle seulement une pierre en sa possession ? intervint Teal’c, C’est sans doute  la question qu’il faudrait se poser en premier ?

         -Tout est possible avec elle, ajouta Daniel. C’est peut être pour nous dissimuler un nouveau piège.

 

Sam réfléchissait et sentait sur elle le regard interrogateur du général O’Neill. Finalement elle se décida :

-Vous avez la possibilité de vous rendre sur cette planète avec MacGyver.  Mais ce n’est peut être pas la meilleure solution. 

-Alors nous pourrions y aller avec plusieurs équipes en soutien ! répondit O’Neill.

-Oui, mais je pense que si Séshat voit arriver toute une armée, elle va ordonner à ses jaffas de tirer et cela risque d’être un massacre de part et d’autre, intervint Daniel.

-C’est un risque à courir ! dit O’Neill avec désinvolture.

-Non mon général, nous ne pouvons pas prendre le risque que MacGyver soit tué.

-C’est gentil de penser à moi ironisa le jeune homme qui était resté en dehors du débat.

Cela fit sourire Sam et  allégea l’atmosphère un peu tendue.

         -Bon ! Il nous faut prendre une décision, maintenant dit jack

         -Oui mon général, mais pourquoi se précipiter ? On pourrait attendre !

-Que voulez vous dire par « attendre »  s’inquiéta Jack. Il me semble que la priorité c’est de reconduire Mac à son époque, pour que sa vie continue.

         -Mon général je vais vous expliquer dit-elle calmement. Tout d’abord une petite question :   Ressentez vous des malaises depuis que MacGyver est parmi nous ? 

         -Non, pas du tout s’étonna t-il .Mais c’est vrai je n’avais pas fait attention.

         -Et toi Mac ?

         -Moi non plus.

         -J’avais entrevu cette éventualité mon général, poursuivit Sam,  lorsque vous m’aviez dit qu’il y a quelques années, jamais la base de Cheyenne Mountain ne vous avait rappelé pour désamorcer une bombe. 

Jack se renfonça dans son fauteuil avec un soupir.

         -Allez au fait Carter !

         -Il y a une possibilité pour  que Mac ne soit  jamais « vous » mon général ! Nous sommes dans une sorte  réalité alternée qui a débuté exactement au moment où Mac est arrivé dans notre époque, et se poursuivra à son retour.

         -De quoi tu parles Sam ?  interrompit le jeune homme en ouvrant de grands yeux.

         -Je suis désolée Mac, Mais que tu reviennes ou non dans ton époque ne changera rien à la situation du général actuel. Vous êtes deux personnes distinctes, ici et  maintenant. Ce qui ne veut pas dire, Mac qu’un jour tu ne seras pas général et commandant de cette base, quand tu auras réintégré ton époque. .

         -Carter expliquez vous ! parce que là … dit Jack en se passant une main sur la nuque.

Sam se permit un léger sourire, le général O’Neill avait toujours eu du mal avec ces notions. Elle poursuivit :

         -En allant chercher Mac en 1988 nous avons induit une réalité alternée. Nous avons changé la ligne du temps. Donc même si Séshat vous tue, elle ne changera rien au passé. Puisqu’il y a dans le passé un Jack O’Neill, nom de code Mac Gyver, celui là même qui est venu l’an dernier, et qui poursuit sa vie pendant que nous parlons.

Soupirs de Jack et de Mac en même temps,

         -C’est sans doute pour cela qu’elle a dit que nous avons gagné ?

         -Peut être mais lors pourquoi nous demander de venir ?

         -Oh ! elle a du penser que ces histoires de réalités alternées étaient trop complexes pour nos petites cervelles de terriens ! et que nous n’y verrions que du feu ajouta Daniel.

         -Mon général que fait-on ? demanda Sam.

         -Dans ce cas là,  on va attendre et cherchez d’autres options moins risquées.  Puisqu’ apparemment il n’y a pas d’urgence dit Jack.

Sam était assise devant Mac et elle pouvait lire sur son visage son étonnement. Il ne disait rien mais avait les yeux rivés sur le visage de Jack.

         -Pas d’urgence pour nous peut être dit Daniel, interceptant le regard du jeune homme. . Mais  MacGyver ne peut pas rester ici. Il a sa vie « là bas » si on peut dire, et je pense qu’il a hâte de rentrer.

         -Je sais tout ça dit Jack avec agacement. Mais pour le moment il faut patienter. Daniel vous pouvez certainement  nous trouver une autre planète occupée autrefois par les anciens.

Daniel réfléchissait il avait  bien découvert  plusieurs planètes. Mais il n’avait  aucune certitude qu’il y ait des pierres bleues cachées dans un temple ou dans une construction des Anciens . Ce serait chercher une aiguille dans une botte de foin. Il fit part de ses réflexions à ses amis

         -Eh bien cherchez Daniel, conclut O’Neill en se levant. Désolé Mac dit-il à l’intention du jeune homme. 

 

 

 

 

         -Que vas-tu faire ?  lui demanda Sam à la fin du briefing.

         -Je ne sais pas du tout répondit Mac. Je n’ai pas ma place ici, et je ne peux rentrer chez moi ! 

Il avait dit ces mots sans amertume. Une simple constatation. Pourtant il était dans une situation où toute son ingéniosité  ne servait à rien.  Il était peut être coincé en 2006 pour plusieurs semaines ou même plusieurs mois.

         -Tu peux rester à la base autant que tu veux dit-elle, ou venir chez moi !

         -Oui, je sais, je te remercie. Pour le moment ce sera la base. Mais si tu as un boulot à me faire faire, ça m’arrangerait. Car je risque de trouver le temps long.

         -Un petit coup de main dans mon labo me sera très utile suggéra t-elle avec un large sourire.

Les yeux du jeune homme se mirent à briller. Il ne demandait rien de plus pour le moment que de passer un peu  de temps avec Sam.

 

 

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