UN APERÇU DE L ‘ENFER

 

Aurélia

 

 

Janvier 2004

Fic 17

 

Avertissement de l’auteur : Cette fic est la suite de : « Un sort peu enviable, « qu’il faut absolument avoir lue.

Disclaimer : Pas de sous le fun. Les personnages ne m’appartiennent pas. Sauf Zelda qui reste ma propriété. Ne pas utiliser.

Epoque : Saison 6

Episode : Après Abysse.

Genre : Drame.

Résumé : Un aperçu de l’enfer, tout est dans le titre.

Classification : Accord parental souhaitable, quelques scènes violentes.

 

 

Prologue

 

 

-Jack réveillez-vous !

 

SG1  venait juste de rentrer d’une mission qui n’avait pas été une partie de plaisir. Ils avaient encore du lutter contre de nombreux jaffas, au service d’un goa’uld à l’ego démesuré. Jack commençait à  être un peu découragé. Les missions s’enchaînaient et finalement se ressemblaient. Et il y avait tellement de goa’ulds dans la galaxie, que lui et son équipe n’avaient pas trop le moral.

Après être resté un moment à traîner dans la salle de sport, au mess, à  parler de choses et d’autres, il avait finalement décidé d’aller se coucher, pensant que comme à l’accoutumée il ne trouverait pas le sommeil. Ça faisait très longtemps qu’il dormait mal, des années en fait. Et toutes les horreurs auxquelles il assistait, les tortures et les différentes captivités, que lui avaient subi ou son équipe, tout cela perturbait gravement son repos. Il faisait souvent d’affreux cauchemars et bénissait les murs de la base d’être si épais. Il pensait à juste titre que pour les autres ça devait parfois être la même chose. Seul Teal’c grâce à son kel’no’rim échappait à ça. Il avait souvent surpris le matin au réveil des visages pâles et fatigués. Il ne disait rien, d’ailleurs il ne disait jamais rien. Mais il voyait.

Ce soir là, il avait plongé dans le sommeil d’un coup.

 

Jack réveillez-vous !

 

Il émergea , un peu hagard, et s’assit dans son lit.

         -Oh c’est vous ! C’est bizarre mais brusquement je me sens inquiet ! Daniel on ne vous voit pas souvent par ici !

         -Si je suis venu c’est pour vous avertir d’un danger.

         -Vraiment ? et pourquoi brusquement vous vous souvenez de nous ! comme ça ? Vous savez Daniel, les dangers on en a tous les jours !

         -Ne soyez pas amer Jack, vous savez bien que je ne peux rien faire.

         -Alors pourquoi êtes vous là ?

         -Je vous le dis pour vous avertir d’un danger !

         -Ah oui, reprit Jack avec cynisme , et le jour où Carter a été suppliciée sur la planète de Pluton, elle n’était pas en danger peut-être ? On ne vous a pas vu beaucoup ce jour là !

         -Vous savez bien que je ne pouvais pas intervenir.

         -C’est drôlement facile ça comme réponse.

Le colonel commençait à se fâcher.

-Et puis vous n’ avez pas empêcher le serpent de Carter de me trucider.

         -Vous vous en êtes sorti Jack, ne vous plaignez pas !

         -Et c’est pas grâce à vous !  Daniel ! Et vous vous êtes demandé dans quel état moral on était  après ?

         -Je le sais Jack, j’ai été avec vous pendant cinq ans.

         -C’est vrai, mais j’ai un peu tendance un peu à l’oublier. Et ce qui me met vraiment en rogne Daniel, c’est que vous pourriez balayer tous les goa’ulds de la galaxie d’un revers de main, si vous le vouliez, alors je vous le demande, pourquoi ne le faîtes vous pas ?

Jack avait crié ces derniers mots , il avait du crier si fort que le sergent de faction dans le couloir vint taper à sa porte :

         Tout va bien colonel O’Neill.

Jack entrouvrit sa porte :

         -Tout va bien sergent. C’est rien du tout.

 

         -Il faut vous calmer  Jack, c’est très mauvais pour vous de vous énerver comme ça.

         -Bon, Vous n’avez pas changé Daniel, vous êtes une vraie tête de mule, pourquoi êtes vous là ? Pas pour me faire un petit coucou je pense !

         -Je vous l’ai dit , vous avertir d’un danger.

         -Bien entendu il est inutile de vous en demander de m’en dire plus ?

         -En effet !

         -Alors je fais comment moi ? Les dangers c’est notre lot quotidien au SGC !

         -Je ne peux pas vous en dire plus

         -Dites moi quand même comment le reconnaître ?  Ça viendra de la gauche,  de la droite ?

         -D’en bas, Jack, d’en bas !

         -Quoi ! Je vais tomber dans un trou ?

         -Méfiez vous Jack, et si je vous dis ça, c’est non seulement  votre corps qui est en danger, mais  votre âme.

         -Nous y voilà ! ça me rappelle les geôles de Baal ! C’est un danger du même genre ?

Pas de réponse, Daniel se contentait de le regarder, avec des yeux suppliants.

         -Et ça touche d’autres personnes que moi ?

Toujours rien.

         -Daniel je vous en prie !  Si vous m’avertissez d’un danger, il faut m’en dire plus, sinon je ne saurais pas le reconnaître. Il cria presque ces mots.

         -C’est un très grave danger , pour vous et Sam.

         -Sam ? Daniel ! Je ne vais pas me mettre à genoux !

Daniel ne dit qu’un seul mot :

         -Pluton

         -Mais Pluton est mort !  Carter l’a tué, ou son serpent, je  ne sais plus !

L’angle de la chambre s’illumina et Daniel disparut dans  une longue traînée lumineuse.

 

 

Chapitre 1

 

Le lendemain, Jack demanda au général Hammond de lui parler en privée. C’était une démarche inhabituelle de la part du colonel. Le général s’il s’en étonna , ne le manifesta pas.

         -Allons parler dans mon bureau, colonel. Que se passe t-il ? dit-il en voyant l’air préoccupé de Jack.

         -Mon général, j’ai vu Daniel cette nuit .

         -Le professeur  Jackson ?

         -Oui ! Il n’y en pas trente six !

Le général n’était qu’à moitié surpris, il savait  que Jack avait déjà été « visité », par  leur ami, mais c’était dans une situation  très grave, quand le colonel avait été fait prisonnier sur la planète de Baal. Il s’inquiéta aussitôt :

         -Que vous a t-il dit ?

         -Il m’a juste informé d’un danger, un danger très grave pour le major et moi. J’ai réussi à lui arracher qu’il s’agissait de Pluton.

         -Pluton, mais il est mort ?

         -Peut –être pas ?  Ces serpents ont la peau dure, dit Jack amèrement.

         -Vous avez bien fait de venir m’en parler colonel, dit Hammond après un instant de silence.

Il observait Jack attentivement, comme pour  essayer de lire dans les yeux du colonel une chose qu’il n’avait peut être pas dite.

-Je crois que le danger n’est pas si grand, colonel,  nous avons retiré de nos ordinateurs les coordonnées de cette planète. Même si Pluton est vivant, nous arriverons à l’éviter.

Jack n’était pas convaincu :

         -Mon général, permettez-moi d’insister, si Daniel est venu, c’est qu’il y a un danger.

         -Rassurez-vous colonel, nous allons redoubler de prudence. Mais peut-être devriez vous prendre, vous et le major les congés qui vous restent ? Ce serait peut-être le moment de marquer une pause.  Je prends note de cet avertissement, et nous  ne vous enverrons plus au casse pipe sans prendre toutes les précautions d’usage. Vous m’avez bien dit qu’il n’y a que vous et le major qui risquiez quelque chose ?

         -Oui, c’est ça. Mais je vois où vous voulez en venir , mon général, il est hors de question que je reste planqué en attendant je ne sais quel danger. Le major ne le voudra pas non plus.

         -Non, Jack, vous m’êtes trop précieux tous les deux sur le terrain pour vous garder à la base.  Je vous propose ceci, je mets SG1 en congé et à votre retour nous en reparlerons. Mais ne vous inquiétez pas, ajouta t-il en voyant le regard de Jack, je ne leur dirai rien pour le moment.

 

Quelques instants plus tard eut lieu un briefing très court, sûrement le plus court du SGC .

         -SG1, vous avez tous des congés en retard. Vous sortez de plusieurs missions difficiles,  je vous donne quinze jours pour vous refaire une santé.

         -Mais mon général… commença Sam.

         -C’est un ordre, major, et personne ne doit rester à la base. Vos congés prennent effet immédiatement. Bonnes vacances !

 

 

 

 

Les officiers se regardaient surpris.

         -Des vacances ? c’est pas le genre du général dit Jonas. Je me demande ce que je vais bien faire ?  Je n’ai pas d’autre lieu où aller.

         -Et si vous veniez à la pêche avec moi ? dit Jack avec un air des plus innocent.

         -A la pêche , mon colonel ? je ne voudrais pas vous déranger.

Sam et Teal’c qui savaient ce qui attendait Jonas se regardèrent. Un léger sourire apparut sur les lèvres de Teal’c. Jonas s’aperçut du manège.

         -Quoi ? Qu’est ce qui se passe ?

         -Ne vous occupez pas d’eux, dit O’Neill en le prenant par le bras, vous verrez la pêche c’est très reposant.

         -Mais c’est quoi la pêche ….

Les derniers mots de Jonas se perdirent. O’Neill l’avait déjà entraîné au bout du couloir.

Sam éclata de rire :

         -Pauvre Jonas, il ne se laissera prendre qu’une seule fois !

         -C’est sûr, major Carter. Dit Teal’c impassible.

Et ils se séparèrent à la porte des quartiers de Sam.

 

 

Au bout de deux jours Jonas revint voir le général.

         -Général, je voudrais revenir à la base. Vous savez que je n’ai pas de logement en ville.

         -Mais je croyais que vous étiez avec le colonel ?

         Oui , mais deux jours c’est amplement suffisant. J’ai du faire plusieurs kilomètres à pieds pour retrouver une civilisation digne de ce nom.

         -Vous n’avez pas averti le colonel de votre départ ?

         -Si je lui ai laissé un mot sur la table de la cuisine et je me suis tiré en douce.

Hammond rit franchement.

         -C’était si pénible que cela ?

         -Vous n’en avez pas idée ! dit Jonas en levant les yeux au ciel.

         -Vous avez ma permission Jonas, mais ne travaillez pas trop. Savez vous où est le major Carter ?

         -Oui elle passe quelques jours chez son frère.

         -Très bien la famille, rien de tel pour se ressourcer.

         -Alors pourquoi le colonel n’y  va pas dans sa famille ?

         -Il n’a plus de famille, Jonas, son fils unique est mort, dit Hammond d’un ton grave. Vous ne le saviez pas ?

-Non , je suis désolé. J’espère que je n’ai pas fait de maladresses sans le savoir.  Mais je comprends mieux ses interminables parties de pêches, sans dire un seul mot.

 

 

Chapitre 2

 

 

         -Votre mission sera la suivante SG1, vous devrez renouer des contacts avec la population de  P5X225. Major Carter ?

         -Oui, mon général. C’est une planète que nous avions visité il y trois ans. La population à l’époque ne souhaitait pas faire alliance avec nous. Il semble qu’ils aient changé d’avis. Pour nous c’est une planète intéressante, car elle est reliée à un réseau de portes encore plus éloignées que celles que nous connaissons. Et cela nous ouvre de nouveaux horizons vers un secteur plus lointain de la galaxie. Ce serait en sorte un droit de passage que nous donneraient les habitants.

         -Il n’y a pas de goa’uld sur cette planète dit Jonas ?

         -En fait non, nous n’en avions pas trouvé lors de notre dernier passage. C’est une planète qui n’a pas de naquada ou peu, et elle est peu peuplée.

         -Que demandent-il en échange ? dit Hammond.

         -Ils demandent surtout de l’aide médicale, et agricole. Leurs terres ne sont pas très fertiles et c’est leur seul moyen de subsistance.

         -Vous allez pouvoir vous rendre sur cette planète et conclure un traité SG1. Mais nous enverrons d’abord une sonde.

 

 

         -Les premières images de la sonde dans trois secondes, deux, une …

De la porte des étoiles, le paysage était beau. Des arbres, des cultures, un joli coin de campagne. Un homme apparut et leur fit un signe. Ils le connaissaient ,c’était Garic, le chef du village qu’ils avaient déjà rencontré.

 

         Vous pouvez y aller SG1. Dit Hammond.

Le voyage dans le vortex se déroula parfaitement bien et ils débouchèrent  sur une petite esplanade où Garic les attendait.

         -Salut Garic, dit O’Neill, vous allez bien ?

         -Je vais très bien, merci.

         -Mais vous êtes seul ? Dit Sam, où est votre peuple ?

         -Ils sont aux champs. Mais venez, nous avons beaucoup de choses à nous dire.

 

Ils parcoururent une centaine de mètres, les champs étaient déserts.

O’Neill murmura :

         -Ça ne me plait pas beaucoup, major,

         -Moi non plus mon colonel. Je suis sûre que  Garic nous cache quelque chose.

Un coup d’œil d’O’Neill à Teal’c et Jonas suffirent pour les mettre en éveil.

Ils restèrent en arrière pour mieux surveiller les alentours.

 

Ils parcoururent encore un petit chemin jusqu’au centre du village. Arrivés devant la maison centrale Garic leur proposa d’entrer, mais il jetait des regards furtifs autour de lui.

         -Filons vite d’ici hurla O’Neill

Mais c’était trop tard. Ils furent entourés de plusieurs dizaines de jaffas, ils se défendirent comme des lions, en tuèrent plusieurs, mais finalement furent réduits à l’impuissance. Ils succombèrent sous le nombre.

 

Ils se retrouvèrent à genoux , mains attachés derrière le dos. Alors une voix grave et rauque les interpella :

-Major Carter, Colonel O’Neill ! Que dites-vous de mon petit piège ?

 

 

A la base, le général Hammond  commençait à trouver le temps long. Il fit ouvrir le vortex et  eut une brève conversation avec un autochtone.

         -Savez-vous où est mon équipe ? Demanda t-il inquiet.

         -Ne vous tracassez pas répondit l’homme d’une voix claire. Ils sont en grande discussion avec les chefs du village. 

         -Mais ça va être long ?

         -Je ne sais pas je vais me renseigner.

         -D’accord dit Hammond, je reprends contact dans une heure.

 

 

Une heure plus tard déboulèrent Teal’c et Jonas.

         -Ils ont été faits prisonniers mon général.

C’est alors que le général repensa à la conversation qu’il avait eu avec le colonel au sujet d’un éventuel danger suggéré par Daniel.

Le général était assez sceptique, il était  un peu comme saint Thomas, il n’avait pas vu Daniel lui même. il laissait cependant un doute subsister, son meilleur officier avait eu une vision de Daniel. Il le croyait, mais sans y attacher trop s’importance.

La mission de sauvetage pouvait commencer.

 

 

         -Vous êtes retombés en mon pouvoir ! Comme vous êtes faibles et influençables les Tau’ris.  Pas une minute vous n’avez pensé que cette planète était à moi, depuis peu c’est vrai, mais elle m’appartient. les habitants m’obéissent. regardez-les.

Ses yeux se mirent à briller, et aussitôt la foule se jeta  au sol, le front dans la poussière.

         -Vous les terrorisez c’est normal dit Sam.

         -Insolente, tu n’as pas aimé ce que je t’ai fait subir la dernière fois, peut être veux-tu encore goûter les conséquences de mon courroux. Ce sera simple, je vous réserve à tous les deux  un sort peu enviable.

         -Tue-nous tout de suite qu’on en finisse râla O’Neill, puisque de toute façon c’est comme ça que ça va se terminer.

         -Se terminer ? Mais ça ne finira jamais ! Ah !Ah !Ah !Ah !

Pluton ne se tenait plus de joie. Il voyait les visages effarés de ses prisonniers.

C’est alors qu’O’Neill repensa à Daniel.  Il eut un instant de colère :

Mais pourquoi, il ne nous a rien dit ?  C’était évident qu’on allait se fourrer dans ce piège ! Ah si le revoie un jour, je lui ferai…

 

Les prisonniers furent conduits à l’intérieur d’un temple que Pluton faisait construire. La planète était occupée depuis peu, mais le Dieu à part terroriser la population n’avait pas fait grand chose. Il n’avait pas encore eu le temps de les dresser aux combats de gladiateurs qu’il aimait tant. Le stade était en construction. Mais il ne serait pas fini avant longtemps, vue la lenteur avec laquelle les esclaves travaillaient. Il fut prit de colère et s’en prit à un jeune homme qui n’avançait pas assez vite à son goût. Il le tua d’un coup d’arme de poing.

O’Neill ricana :

         -Si tu tues tes esclaves, il n’en restera plus pour te servir !

Pluton fou de rage l’envoya valser dans les airs, mais ne le tua pas.

         -Je te réserve un sort digne de toi et de ta femelle, dit-il en regardant O’Neill s’avancer vers le major comme pour la protéger.

 

Le colonel et le major furent conduits dans une cave éclairée par un soupirail.  On leur passa une chaîne  qui les reliait ensemble par un bras et une jambe. Leurs mouvements étaient très limités et ils n’avaient plus aucune intimité.   

-Je suis désolée mon colonel, dit Sam

         -Mais pourquoi Carter, ce n’est pas de votre faute ?

         -Je pense que si, mon colonel, Pluton a du savoir que c’est moi qui a tenté de le tuer. Enfin Zelda, mais c’est pareil.

         -Carter, je vous interdis de penser une chose pareille, Pluton nous a piégé. N’oubliez pas que c’est un goa’uld et qu’il n’a besoin d’aucun prétexte pour être méchant.

         -Oui, mon colonel, mais je ne peux…

         -C’était imparable Carter. Essayez de dormir maintenant.

 

Pendant la nuit ils ressentirent un malaise comme si la terre avait bougé. Sam se réveilla en sursaut, elle tremblait, il  la prit dans ses bras.

         -Ce n’est rien Carter, rendormez vous.

 

Jack était très anxieux, mais il ne voulait pas le faire voir au major, il repensait à la visite de Daniel l’autre nuit et songeait avec amertume qu’ils s’était fait encore piégés, et le fait d’avoir Carter à ses côtés  lui faisait très peur. Car Daniel avait dit « Sam et vous »

Sam bougea dans son sommeil.

         -Aie, major, ma cheville !

         -Excusez moi mon colonel, je n’ai presque pas bougé.

         -Pluton a eu l’excellente idée de me mettre cet anneau sur la même jambe.

Le regard de Sam se troubla à l’évocation de la scène qu’il venait de jeter entre eux. Quand attaché à un banc de pierre, il s’était jeté de toutes ses forces en avant, se brisant la cheville, pour essayer de la sauver, elle, pendant que …

Après un instant de silence, elle sourit

         -Pourquoi souriez vous Carter ?

         -Parce que quand vous râlez mon colonel, c’est que vous ne souffrez pas beaucoup.

         -Comment ça, je vous assure que j’ai très mal ! Mais son regard démentait ses paroles.

 

La nuit régnait sur la contrée, il n’y avait aucun bruit dehors. Mais  Il ne purent se reposer tellement l’angoisse les tenaillaient.

Jack caressait les cheveux de Sam, dont la tête reposait sur sa poitrine. Elle pouvait entendre le cœur du colonel battre d’un lent mouvement régulier.

         -Comment faites-vous pour rester aussi calme mon colonel ?

         -Je ne suis pas calme.

         -Si j’entends votre cœur.

         -Oh c’est indiscret ça Carter d’écouter mon cœur ! Il disait ça comme une boutade pour détendre un peu l’atmosphère. Elle sourit. Il en fut heureux.

         -Que va –t-il se passer demain, mon colonel ?

         -Vous vous en doutez Carter ?  dit-il d’une voix douce.  Je suis sûr que vous serez très forte, comme toujours.

         -Depuis que Pluton m’a fait mourir, j’ai peur .Je ne crois pas que je pourrais supporter à nouveau ce supplice.

Il la serra un peu plus fort contre lui.

         -On viendra à notre secours, rassurez-vous. Le général Hammond sait où nous sommes.  J’espère que  Teal’c et Jonas ont pu rentrer.

Il ne lui parla pas de la visite de Daniel. Mais il pensait que le général allait s’en rappeler. Du moins il l’espérait avant qu’il ne soit trop tard.

C’est non seulement  votre corps qui est en danger, mais votre âme. Les paroles de Daniel revenaient dans sa tête comme un leitmotiv.

 

 

Le lendemain ils connurent l’indicible.

 

Pluton les  humilia,  les tortura cruellement, et chacun dut assister au supplice de l’autre.  C’était pire que tout ce qu’ils avaient déjà vécu, de voir l’autre souffrir, de ne pouvoir rien faire, démultipliaient la douleur . Cela dura du lever au coucher du soleil. Sam mourut la première, à bout de force.

Jack, plus fort physiquement lui survécut quelques heures, il connut en plus la douleur de l’avoir perdue et  à son tour il expira.

 

 

 

A la base le débriefing eut lieu dès le retour de Jonas et de Teal’c.

Le général Hammond écouta sans l’interrompre le récit de Jonas.

         -Général, nous les avons vu se faire prendre, ils se sont bien battus,  mais ils ont succombé sous le nombre.  Malheureusement nous avons vu le goa’uld qui les a capturés, c’est Pluton, ajouta Jonas avec un tremblement dans la voix.

         -Pluton ? Dit le général étonné, mais je croyais qu’il était mort ?

         -Il faut croire que non, général Hammond.

         -Le major n’avait-elle pas détruit le sarcophage ?

         -Vous savez général Hammond,  dit Teal’c, il n’est pas rare qu’un  goa’uld puissant comme Pluton, ait deux sarcophages.

         -Nous ne savons pas  où le colonel et le major ont été emmenés, dit Jonas,  nous sommes revenus vous prévenir immédiatement.

         -Vous avez très bien fait, c’était une bonne décision.  Je vais avertir immédiatement la Tok’ra , je crois que Zelda pourrait nous aider, elle doit connaître tous les secrets de Pluton.

 

 

 

 

Chapitre 3

 

Zelda  était heureuse avec la Tok’ra, sa nature généreuse s’épanouissait. Sa parfaite connaissance du monde goa’uld était un atout, que le grand conseil exploitait. Déjà de nombreux tyrans étaient morts ou sur le point de l’être.

Son hôte s’appelait Cérina, c’était une femme d’une trentaine  d’années qui avait connu beaucoup de souffrances dans sa vie.  Elle arrivait au terme d’une longue maladie, quand Zelda l’avait sauvée. Le symbiote jeune et fort  lui redonna la santé et une nouvelle jeunesse. Cérina appréciait beaucoup son hôte et la symbiose entre elle était parfaite. Zelda n’avait qu’un regret qu’elle offrit à Cérina, la symbiose très courte qu’elle avait eu avec le major Carter, et qui avait failli mal se terminer. Zelda avait conscience d’avoir fait beaucoup souffrir le major. Aussi quand le général Hammond lui apprit que Sam était en danger, elle était venue aussitôt.

 

         -Je vais partir tout de suite pour P5X225.

         -Mais, dit le général, Pluton va vous reconnaître !

         -Ts Ts  aucun risque. Je n’ai plus le même hôte et je peux encore me faire passer pour une goa’uld. C’est facile pour moi.

         -Vous êtes sûre que vous ne courrez aucun danger !

         -Rassurez vous général Hammond, je suis très forte, et mon hôte est d’accord.

         -En effet général dit  Cérina d’une voix douce. Je sais par Zelda qui est le major Carter, je l’admire beaucoup pour ce qu’elle est.

         -On parle du major, mais n’oubliez pas le colonel ! dit Hammond

         -Oh ! lui il ne m’aime pas beaucoup grimaça Zelda. J’espère qu’il aura oublié que je l’ai tué.

         -N’y comptez pas trop dit Hammond en souriant, le colonel est rancunier et il a un a priori sur les Tok’ra, je ne vous le cache pas.

         -Oh je sais dit Zelda en souriant. D’ailleurs je suis une goa’uld dit Zelda avec un clin d’œil, pas une Tok’ra !

         -C’est pire grimaça Hammond.

         -Revenons à notre plan. Zelda , vous ferez équipe avec Teal’c , Jonas et je vous adjoins le lieutenant Jennifer Hailey. C’est une scientifique, elle pourra peut –être vous être utile sur place. Nous allons d’abord envoyer une sonde, et s’il n’y a pas de danger apparent vous pourrez partir.

Zelda s’inclina  sans répondre et sortit de la pièce.

 

 

Chevron 7 enclenché

Les premières images de la sonde apparurent

La planète était calme, ils apercevaient  les habitants  qui travaillaient dans les champs. La vie paisible d’une planète agricole.

         -Qu’en pensez-vous Zelda ?

         -Rien de bon général Hammond. Ça ne ressemble pas à Pluton , de laisser la porte sans défense, à moins que ce ne soit un piège.

         -Nous allons différer le départ, avant je voudrais que vous nous parliez de Pluton, dites nous tout ce que vous savez de ce dieu. Tout savoir sur un ennemi le rend déjà moins fort.

         -C’est très juste, général Hammond dit Teal’c.

 

         -Pluton est comme vous le savez le dieu romain des enfers. Il n’a pas toujours eu le même hôte. Il aimait souvent en changer afin d’acquérir leurs connaissances. C’est ainsi qu’il a été uni à des guerriers, à des scientifiques, à des alchimistes, à des astrologues,  à des artistes aussi. Il a pu explorer et piller ainsi toutes les connaissances de la galaxie. Il voyageait sans cesse d’un système à l’autre à bord de  son vaisseau mère. Il a conquis plusieurs planètes,  les a asservies, tué la population à les faire creuser dans les mines de naquada, et puis une fois le minerais épuisé il allait voir sous d’autres cieux. Il faisait en somme comme tous les goa’ulds.

         -Mais dit Hammond, pourquoi n’ avons nous jamais entendu parler de lui jusqu’à présent ?

         -Parce que la terre pour le moment ne l’intéressait plus. Bien sûr  il est comme tout les goa’ulds conquérir le monde premier reste son rêve. Mais pour le moment il n’a pas une armée très puissante. Il ne fait pas partie des grands maîtres. Il en éprouve d’ailleurs rage et fureur. Et puis sa nature est plus cruelle qu’ambitieuse. Régner sur des grands peuples ce n’est pas  son objectif pour le moment. Se battre contre les autres grands maîtres lui fait peur. Il préfère asservir les plus faibles que lui.

         -Tout à l’heure intervint Jennifer, vous avez parlé qu’il avait eu des hôtes parmi les plus grands scientifiques de la galaxie,  se sert-il de ses connaissances ?

         -Il s’en sert pour faire des expériences, il travaille beaucoup sur le temps.

         -le temps ?  s’étonna Teal’c.

         -Oui, malheureusement il m’a toujours tenu  à l’ écart de ses découvertes, mais malgré tout j’ai pu découvrir certaines choses. Mais si vous le permettez je voudrais continuer mon récit .

         -Je vous en prie Zelda, continuez

         -Quand je suis  devenue adulte, ma mère jaffa ne se sentant pas bien , Pluton lui amena une esclave qu’il venait de capturer,  une toute jeune fille aux yeux éplorés, et terrorisés. Il  voulait en faire son épouse  mais avant il voulait qu’elle soit possédée. Ce fut moi qui devint son hôte.  C’est ainsi que Pluton devint mon maître. Il était exigeant et cruel, mais je sus très vite m’adapter. Quand mon hôte décéda, il voulut me mettre dans le sarcophage, mais je lui dis non. Alors une autre esclave devint moi et je devins elle. Je passais ainsi plus d’une centaine d’années à essayer de cacher ma vraie nature, à aimer Pluton tout en le détestant. A secourir tous les malheureux qu’il torturait et faisait  mourir dans les arènes. Connaissant les dangers du sarcophage je ne l’employais que rarement. Pas plus de vingt fois dans toute ma vie. Juste ce qu’il fallait pour que Pluton me trouve toujours belle et ne me tue pas. j’avais appris à le flatter, je le conseillais mais pas toujours dans le sens qu’il souhaitait. Il ne s’en apercevait pas .

Je pus ainsi déjouer beaucoup de ses plans diaboliques. N’ayant pas moi même de culture scientifique, je cherchais toujours à parler aux étrangers qui venaient de jeter dans ses pièges. C’est ainsi que moi même je découvris les expériences que Pluton faisait sur le temps. Il a appris à le manier à sa guise. Il a fabriqué divers dispositifs pour remonter le temps. Il se balade ainsi à toutes les époques qu’il veut, mais prend bien garde de ne pas interagir. Car je lui ai parlé des risques de distorsion, du risque de changer l’histoire. Au début,  il riait de mes avertissements, mais le jour où je lui ai dit  qu’il pourrait mourir, ou même ne jamais exister, il pâlit et fit très attention à ne rien modifier. Il peut aussi aller dans l’avenir, mais ça j’ai remarqué qu’il n’y va pas souvent. Un jour que je lui demandais pourquoi, il me fit ce récit :

 

         -Je voulais savoir ce que me réservaient  les prochaines années et surtout si j’arriverais à conquérir d’autres planètes. Un jour  j’ai vu un groupe de quatre personnes devant moi, un homme grand qui semblait leur chef, un jaffa, une jeune femme très belle, blonde avec des armes à la main et une autre homme plus jeune aux cheveux châtain. Ils m’entouraient,  leurs armes me menaçant, je n’ai pas eu le temps d’activer mon  arme de poing, que leur chef   m’avait déjà tué de deux coups de zat. J’ai cru que je ne pourrais jamais revenir. Heureusement mon appareil était programmé que pour quelque minutes, et il me ramenait automatiquement. Cet événement était prévu pour dans quelques jours. Aussi quand je les ai vu arriver se jeter dans mon piège ce fut un délice pour moi, de vendre comme esclave cet homme insolent et le jeune homme qui l’accompagnait. faire du sholva un gladiateur une immense jouissance. Quant à la jeune femme…

Zelda ne put continuer :

         -Excusez moi général Hammond, il m’est impossible d ‘évoquer ce qu’il a fait à Sam, c’est une trop grande souffrance pour moi.

         -Nous avons compris Zelda. D’après vous il a pu envoyer le colonel  et le major dans le passé ?

         -C’est possible général, mais je le soupçonne d’une plus grande cruauté que ça. Il a du imaginer pour eux un supplice raffiné, ajouta t-elle d’une voix étouffée par l’angoisse. Il veut se venger d’un événement qui n’a pas encore eu lieu. Et en tuant son futur agresseur, il croit ainsi sauver sa vie.

         -Bien dit Hammond, vous allez partir mais pas seuls. J’envoie plusieurs équipes avec vous. Une vingtaine d’hommes. Ils resteront près de la porte pour parer à toute éventualité.  Teal’c je vous nomme chef de cette  expédition. Ce sera à vous d’en évaluer  les risques. Je vous fais toute confiance je sais que vous saurez prendre les bonnes décisions.

Teal’c s’inclina sans un mot.

 

 

Chapitre 4

 

 

Sam bougea dans son sommeil.

         -Aie, major, ma cheville !

         -Excusez moi mon colonel, je n’ai presque pas bougé.

Le colonel voulut se lever, il retint un cri de douleur quand les chaînes l’en empêchèrent .

         -Que se passe t-il mon colonel ? Vous allez bien ?

         -Ne vous inquiétez pas, Sam, tout va bien.

Sam était blanche , il l’avait appelé par son prénom. Ce qu’il ne faisait que dans les cas graves, ou quand il était soumis à une telle tension qu’il avait du mal à rester neutre.

Un gouffre s’ouvrait sous les pieds d’O’ Neill, non ça ne peut pas être ça, ça ne doit pas être ça, ce serait trop horrible. Il décida de ne rien dire au major. Elle avait déjà tellement souffert…

         -Dormez  carter…

 

Le lendemain, ils connurent l’indicible…

 

 

Aie, major, ma cheville…

         -Maintenant c’est sûr, nous revivons la même scène,  pensa –t-il , Il faut sortir d’ici. Les souvenirs des autres boucles commençaient à revenir . Il  la revit  mourant sous la torture, la suivant de peu. Il frissonna.

Elle s’inquiéta :

         -Vous allez bien mon colonel ?

         -Oui Carter ça va , juste un peu froid, et vous ?

-Oui, mon colonel, un peu courbaturée mais ça va. 

O’Neill poussa un soupir, elle ne sait rien, tant mieux. Elle a bien le temps de l’apprendre  Il regarda sa montre, dans une heure très exactement ils seraient détachés et conduits devant Pluton. Alors commencerait l’indicible…

         -Il faut essayer de sortir d’ici major. C’est urgent !

         -Mais nous sommes attachés mon colonel

         -Il ne vous reste rien dans vos poches , un canif, ou autre chose ?

Sam regarda Jack d’un air  étonné :

         -Vous savez mon colonel ils nous ont enlevé notre veste, nous n’avons rien, pourquoi dites vous ça ?

         -J’essaie Carter, j’essaie de trouver quelque chose, dit-il d’un air embarrassé. Il faut nous échapper, et très vite. Mais vous avez peut-être une idée vous ?

Le cachot  était une pièce vide, mais ils n’étaient pas enchaînés à la muraille et en coordonnant leurs mouvements ils pouvaient se déplacer dans la pièce. Ils sondèrent les murs , la porte qui était solidement verrouillée, et ne trouvèrent aucun moyen de s’échapper. Pourtant en forçant un peu O’Neill réussit à desceller un morceau de  pierre du mur. C’était une pierre intéressante car elle  paraissait très dure et possédait un angle vif. Cela pouvait constituer une arme redoutable. Le major l’examina : du naquada , ou quelque chose qui y ressemble conclut-elle.

Rester debout les fatiguait, ils s’assirent le long du mur et O’Neill essaya d’ouvrir l’anneau de métal de leur cheville. Il tapa sur son pied et malgré lui cria de douleur, Sam le regardait faire.

         -Mon colonel, je peux m’en charger si vous voulez ?

         -Oh je n’ai aucun doute la dessus Carter, avoir envie de faire mal à son supérieur, c’est légitime. Mais je crois que je préfère le faire moi même.

Finalement il réussit et en fut le premier étonné. Il les libéra tous les deux. Et  avec joie ils firent des mouvements d’étirement et d’assouplissement qui furent les bien venus.

Pourtant l’heure approchait. Qu’ils se soient libérés ne changerait sans doute pas grand chose. Mais la prochaine fois peut –être ?  O’Neill y penserait tout de suite.

Ils disposaient  d’un peu de temps.

Après ils connurent l’indicible.

 

 

Chapitre 5

 

Zelda arriva seule au palais de Pluton.

         -Je veux voir ton maître, dit-elle au garde, et elle fit voir sa main gauche ou brillait doucement la pierre de son arme de poing. Le garde comprit l’avertissement et la fit rentrer dans le palais.

Le palais n’était pas encore terminé. De nombreuses salles habitables avaient été construites  et quand il serait terminé, il serait grandiose.

 

Pluton entra et fut surpris de voir cette femme qu’il ne connaissait pas.

         -Qui es-tu ?

Zelda s’inclina :

         -Je m’appelle Zorah et je suis venue te saluer, et te proposer mes services.

Pluton fut surpris :

         -Tes services ? Que proposes-tu de faire ?

         -Je  dispose d’une importante armée de jaffas et je peux t’aider à conquérir d’autres mondes.

Il la regarda méfiant :

         -Si tu as tant de jaffas que ça , pourquoi ne travailles-tu pas pour toi même ?

Elle sourit :

         -Le nom de Zorah n’a pas la même notoriété que celui de Pluton.

         -Et que veux-tu en échange ?

         -Partager avec toi.

Pluton la regardait attentivement, elle était très belle, grande, rousse avec des cheveux qui tombaient bas sur les reins, et des yeux verts insondables pleins de mystère. Il se rapprocha, il était sous le charme, et si j’en faisais ma nouvelle épouse pensa t-il ?  il dut penser tout haut car elle lui répondit vertement :

-Tu me prends pour une idiote ! dit –elle outrée. Une épouse cracha t-elle ! Mais je peux être  beaucoup mieux que ça. Dit-elle avec un rire de gorge.

Il se laissa aller.

         -Je le tiens pensa t-elle. Il n’a jamais su résister aux pouvoirs des sens…

 

La nuit suivante il la posséda, elle se laissa faire, ricanant en elle-même du tour qu’elle lui jouait.

Elle prit une place de plus en plus importante dans sa vie. Cela lui donnait libre accès à tout le palais, elle alla dans les caves, dans les grottes, partout. Mais elle ne trouva ni le major Carter, ni le  colonel. C’est alors qu’elle fut sûre qu’il ne fallait pas chercher où, mais quand.

La nuit elle rejoignait l’ équipe SG, ils faisaient  le point sur ses recherches. Toute la région fut passée au crible, il n’y avait rien.

Elle remarqua que Pluton disparaissait, mais  jamais elle ne le trouvait. Dans une pièce qu’il avait aménagé sous le palais, il cachait de nombreux  instruments volés à toutes sortes de civilisations. De temps à autre elle en rapportait un qu’elle montrait à Jennifer Hailey. Celle-ci avait installé un petit laboratoire dans un coin discret d’une grotte où il ne passait jamais  personne. Mais elle devait faire vite avant que Pluton ne s’aperçoive de la disparition de ses trésors.

Jennifer ne trouva rien d’intéressant.

 

 

 

Chapitre 6

 

-Aie, major, ma cheville…

O’Neill réagit aussitôt.

         -Major, écoutez moi, et ne m’interrompez pas, nous sommes dans une boucle temporelle.

         -Vous êtes sûr mon colonel ?

         -Sûr, Carter.

Elle vit de l’angoisse dans les yeux du colonel. Il reprit rapidement :

         -Il faut nous échapper d’ici, tout de suite.

         -Mais comment ? Nous sommes enchaînés.

         -Carter, dit Jack avec impatience, nous avons deux heures pour nous tirer d’ici.

         -Vous savez ce qui va se passer dans la boucle ?

         -Oui, dépêchons-nous.   Il faut prendre une pierre dans le mur, oui je sais c’est du naquada, ne perdons pas de temps.

Sam était subjuguée et ne comprenait pas trop l’attitude de son supérieur. Mais l’habitude militaire aidant,  elle obéit. Puis elle se rappela la boucle temporelle qu’ils avaient déjà vécus, quand Teal’c et lui étaient les seuls à s’en apercevoir. Elle ressentit un malaise, lui savait ce qui allait leur arriver et visiblement ne souhaitait pas en parler. Elle le regarda, il était tendu, très tendu.

Elle décida de lui faire entièrement confiance.

En moins d’une demie heure ils étaient détachés. Une course contre la montre s’engageait.

         -Et maintenant mon colonel,  dit Carter, on fait quoi ?

         -Je ne sais pas Carter, je ne sais pas, nous en étions restés là la dernière fois.

Au bout d’un long moment,  en regardant d’autres pierres sur le mur ils trouvèrent un éclat très dur de naquada, qui permit à O’Neill de casser la serrure. Le couloir était désert, mais cela ne surprit pas Jack, qui commençait à croire qu’ils étaient seuls dans cette boucle.

Et  Pluton ?  c’est toujours lui qui nous torture. Il doit bien être quelque part ? Pensa t-il.

L e palais était vide, et  la porte des étoiles à trois kilomètres.

Prenant la main de Carter , ils se mirent à courir, mais le shapaï était  trop loin, et le temps les rattrapa.

 

Après, ils connurent ….

 

 

L’équipe SG était rentrée depuis longtemps à la base. Ils n’avaient rien trouvé. Là bas sur la planète Zelda cherchait toujours. Elle  suivait sans cesse Pluton , regardait ce qu’il faisait ,voulait tout savoir, mais elle ne lui posait pas trop de questions car il était méfiant. Un soir qu’ils étaient tous les deux étendus dans le grand lit du maître il aborda le sujet qu’il avait tant à cœur. Sa conquête d’autres planètes.

         -Et les jaffas que tu m’as  promis ? Zorah, tu t’en souviens ?

Elle gloussa :

         -Nous n ‘avons pas mieux à faire que de parler de jaffas ?

 

Le matin suivant, elle le suivit tandis qu’il descendait sous la grande salle du palais.

Il activa un bracelet qu’il portait au bras et disparut.

Il se retrouvèrent le soir comme à l’accoutumée. Zelda ne comprenait plus. Il n’était parti que quelques minutes. Où avait-il bien pu aller en si peu de temps ?

 

Elle remarqua qu’il portait toujours son bracelet sur lui. Alors un jour, par un faux mouvement calculé elle l’activa.

 

Ils se retrouvèrent  dehors devant le palais. C’était une belle journée ensoleillée, un vent léger soufflait sur les arbres, et cette légère brise apportait une fraîcheur bien agréable. Il n’y avait personne.

 

 

Si Pluton  fut surpris il n’en montra rien.

         -Il y a quelque chose de différent lui dit-elle.

         -Différent ?

Il ricana :

-Je n’avais pas l’intention de te faire voir ça, mais puisque tu es là, je vais tout t’expliquer. Tu partageras avec moi des joies ineffables, j’ai cru remarquer chez toi une certaine cruauté. N’est-ce pas ma douce ?

Elle grinça des dents et essaya de faire bonne figure, son cœur battait à grands coups dans sa poitrine, et elle avait du mal à cacher la répugnance qu’il lui inspirait.

         -Viens

 Il lui prit la main et la conduisit  à l’arrière du palais. Elle tendit l’oreille, il lui avait semblé entendre un cri, une femme.

Elle avançait de plus en plus lentement, comme au ralenti, ses oreilles retentissaient de cris maintenant déchirants. Quand ils débouchèrent sur l’esplanade elle eut voulu  n’avoir jamais activé le bracelet.   Et il  lui fallut toute sa force de caractère pour rester impassible quand elle reconnut le colonel O’Neill et le major Carter. Elle se reprit. Elle avait une mission à remplir. Elle fit appel à tout ce qu’il y avait de mauvais en elle, et elle s’obligea à regarder. Elle eut même la force d’afficher sur lèvres un sourire.

Ils étaient attachés . Un autre Pluton les torturait.

 

-Regarde ma reine, vois comment je traite mes ennemis.

-Mais où sommes nous ?

 -Nous sommes à l’extérieur d’une boucle temporelle, que je peux activer et désactiver comme je veux.

-Mais ce n’est pas toi dedans ?

-Si et  je passe ma vie à les torturer, et tu ne peux savoir quels délices et quelles jouissances j’en tire.

-Mais tu ne peux pas être à la fois dedans et dehors ?

-Non, dedans, c’est une sorte de clone. Mais eux croient que c’est moi.

-Ce n’est donc pas toi qui les torture ?

-la première fois c’était moi, maintenant je me contente de regarder et d’écouter. Je sais exactement ce qui va se passer. Je peux anticiper. Je peux les tuer des milliers de fois.

Voyant qu’il était parti dans son rêve atroce, elle continuait à lui poser des questions.

         -Mais pourquoi ne pas les tuer toi même et utiliser le sarcophage ?

         -Mais simplement ma reine, je ne peux pas passer ma vie à ça, il faut que je parte explorer l’univers et conquérir d’autres mondes !

         -Et… pendant ce temps là ….

Elle ne put finir sa phrase.

         -Il continueront à souffrir et à mourir.

Elle frissonna.

         -Mais ce sont réellement eux dedans ?

         -Bien sûr, le fier colonel  O’Neill et la très séduisante et non moins forte Samantha Carter !

         -Ce sont mes deux plus cruels ennemis, ajouta –t-il , elle a tenté de me tuer,   Lui , c’est l’homme qui m’a tué dans un monde futur. Il souffre  pour des crimes qu’il n’a pas encore commis. Il ne sait même pas pourquoi il est là.

-Tu ne le lui a pas dit ?

-Pas encore.  Tu veux les voir de plus près ?

-Oui.

Elle espérait ainsi arrêter la boucle infernale.

         -Tu peux le faire maintenant ?

-Oui, J’arrête la boucle et ils se retrouvent dans le monde réel.

Il appuya sur le bracelet, le double de lui même disparut au même moment. Seuls restaient les deux malheureux suppliciés  qui ne bougeaient plus.

-Ils sont morts ?

Zelda était horrifiée, elle essayait de garder une voix ferme, mais elle n’était pas sûre d’y arriver. Mais Pluton tout à  sa haine ne s’apercevait de rien.

         -Oui, ils sont morts, je peux tout arrêter maintenant, ils ne revivront jamais. Tu ne m’as pas fait arrêter la boucle au bon moment ! ah ! ah !

Zelda s’en voulait. Mais ne valait-il pas mieux qu’ils soient réellement morts, plutôt que de vivre un supplice éternel ?

Sam et Jack étaient étendus par terre, fauchés comme des fleurs coupées, saignant de mille blessures. Ils vivaient encore et un souffle ténu s’échappaient de leurs lèvres pâles. 

Pluton l’observait et elle prenait garde de ne pas se découvrir.

         -Alors dis moi ce qui va se passer maintenant :

         -Si je  les remets dans la boucle ils mourront, encore et encore, pour l’éternité.

         -Ils s’en rendent compte ?

         -Lui, le sait. C’est lui que je veux atteindre,  parce que dans l’avenir il me tue vraiment.  Et puis pourquoi tu me parles de ces prisonniers ? Ils sont donc si intéressants pour toi demanda t-il d’un ton soupçonneux ?

         -Pas du tout, dit Zelda prudente, je m’intéresse à ce que tu fais, c’est tout, lui dit-elle avec un sourire complice.

         -Ah j’aime mieux ça.

 Il activa le bracelet et son double poursuivit sa sinistre besogne.

 

         -Aie, major, ma cheville !

 

         -Vite major debout. Comme elle le regardait d’un air étonné.

         -On ne discute pas.  Faites exactement ce que je vous dis. Il perdait patience à vouloir toujours lui expliquer la même chose.

Sous ses yeux ébahis, il descella les deux pierres, les libéra tous les deux, ouvrit la porte et l’emmena dans le couloir. Ils coururent comme des fous jusqu’à la porte des étoiles. Il fit le code d’une planète dont il se rappelait les symboles. Il tapait frénétiquement sur le DHD. Ils n’avaient plus que quelques secondes. Mais la porte ne s’ouvrit pas. Et déjà le temps les rattrapait. Il fit un geste rageur, et se laissa aller sur le sol découragé.

 

Après …

 

Il ne comptait même plus les boucles. Il savait qu’il devenait fou. Mais comment ne pas devenir fou quand on sait qu’inéluctablement l’heure du supplice allait sonner.

 

 

La fois suivante, la porte ne s’ouvrit pas, c’était impossible. Il comprit que ce devait être une porte factice. Il leur restait du temps avant la mort. Alors il prit la décision de la devancer.

Il lui expliqua tout ce qui allait se passer, les viols, les tortures, la mort dans d’horribles souffrances. Elle l’écoutait gravement, le cœur battant à l’idée du supplice qui les attendait. Elle le regardait comme si elle ne l’avait jamais vu. Comment avait-il eu la force de se taire !

         -Et vous n’avez rien dit, mon colonel, pourquoi ?

         -Vous me le demandez Major ? Comment aurai-je pu ?

Il se tenait debout devant elle, la fausse porte devant eux semblait les narguer. Le vent soufflait dans leurs cheveux. C’était une belle planète,  un faux air de paradis avec le  goût de l’enfer.

         -Nous pouvons mettre  fin à tout ça, major, Sam lui  dit-il doucement , nous pouvons mourir avant . Nous pouvons choisir notre mort.

Elle fit oui de la tête.

Elle tremblait de tous ses membres, lui aussi avait peur, très peur.

Il l’embrassa, elle se laissait faire puis répondit à son baiser.

         -Il nous reste combien de temps ? souffla –t-elle.

         -Moins d’une heure.

         -Alors puisque nous allons mourir, faisons ce qui nous était interdit jusque là. Aimons-nous. Jack, je t’en prie.

Ce qu’ils firent avec toute la tendresse et toute la douceur dont ils étaient capables. Ils s’unirent  de corps, de cœur et d’âme.

         -Viens lui dit-il.

 Ils montèrent le chemin qui menait au temple et grimpèrent  sur la terrasse tout en haut.

-Maintenant il faut y aller, il nous reste si peu de temps, Sam. Alors tout en la gardant serrée contre son cœur, ils se jetèrent dans le vide.

 

Quand Pluton arriva pour  les voir souffrir il ne vit que des cadavres. L’heure du supplice était passée. Ils étaient déjà morts. La boucle  finirait son cycle et tout recommencerait. Alors Pluton sut que l’heure de sa vengeance était passée. Ils se tueront encore et encore, pensa t-il ,  et il ne pourra plus les voir souffrir.

 

Il entra alors dans une colère noire. Zorah lui fit comprendre qu’il perdait son temps avec de tels prisonniers. Pourquoi continuer ce petit jeu stérile, alors qu’elle avait tellement à lui apporter.

 Il attendit quelques heures et quand ils furent dans leur cellules  enchaînés l’un à l’autre il arrêta le temps.

 

Jack et Sam ressentirent un étourdissement. Jack se reprit à espérer. Il entendait du bruit dehors. Des jaffas qui parlaient fort, qui se battaient, un espoir fou le souleva. La vie reprenait.

         -Vite major, libérons-nous.

Mais ils ne purent aller jusqu’au bout de leur délivrance ,  Pluton entrait déjà  dans la cellule.

 

 

Zelda avait réussi à sortir du palais sans se faire remarquer. Pluton était trop occupé avec ses prisonniers pour même songer à elle. Elle  en profita pour courir jusqu’à la porte des étoiles.

Le général entrait les coordonnées de la planète toutes les heures. Il se tenait au courant de tout. Malheureusement son équipe de recherche piétinait.

-Général !  Je les ai trouvés  !  Vite ! Venez ! Cria Zelda dès que le shapaï s’ouvrit.

Teal’c, Jonas et une dizaine de soldats passèrent la porte. Les hommes restaient en faction pour surveiller le shapaï tandis que Teal’c et Jonas après avoir tué en silence  les quelques jaffas de garde, pénétrèrent dans le palais.

 

Pluton fit   monter  ses prisonniers dans la grande salle du trône et les fit s’agenouiller devant lui.

O’Neill le regardait sans rien dire, un léger sourire au coin des lèvres.

Malgré lui Pluton ne put que s’incliner devant la force moral de cet homme. Si Pluton était cruel il savait reconnaître la valeur d’un ennemi. Et celui-ci en était un de taille.

         -Alors cette boucle c’était comment ?  dit-il d’un air mauvais.

         -Je vous l’accorde, terrifiant !

Sam n’avait aucun souvenir de ce qu’ils avaient fait dans la boucle et Jack se garda bien de lui raconter. Pluton même l’ignorait.

         -Et maintenant je voudrais savoir pourquoi ? Dit le colonel d’un ton dur

Jack était toujours à genoux, mais il avait une force qui impressionnait le Dieu. Zorah était revenue et souriait à Sam. Elle aurait bien voulu lui dire qui elle était, mais elle préférait garder le silence.

         -Pour me venger et t’empêcher de faire  quelque chose, dit Pluton après un moment de silence.

         -Quoi ?

         -Me tuer dit-il simplement, je t’ ai  vu dans le futur.

         -Parce que je vais vous tuer ?  quelle merveilleuse idée ! Jack était tout sourire. Sam le regardait en se demandant s’il n’en faisait pas un peu trop comme d’ habitude .

         -C’est pourquoi vous allez mourir maintenant.

         -Encore !  Ça devient lassant,  ironisa Jack

         -Mais cette fois-ci il n’y aura aucune échappatoire, dit Pluton d’un ton lourd.

 

Tout alla très vite. Jonas et Teal’c rejoignirent  Sam et le colonel.

Pluton pâlit affreusement quand il les vit tous les quatre autour de lui. Il n’y avait pas de gardes, pas de jaffas, personne pour le défendre.

Jack le regardait avec un petit sourire.

         -la vision du futur se réalise n’est ce pas ? Dit –il implacable. Et prenant le zat de Teal’c il tira deux fois sans hésiter. Un instant plus tard ,  un troisième coup  le fit disparaître à tout jamais.

         -Pas de retour possible conclut-il d’une voix dure.

 

         -Sam , dit la voix  rauque de Zorah.

Samantha regarda la goa’uld d’un air méfiant.

         -Vous connaissez mon nom ?

         -Oui dit –elle en souriant, je suis Zelda.

         -Zelda !

Et elle courut se jeter  dans les bras de son amie, sous le regard ironique du colonel.

Zelda s’approcha de Jack :

         -J e n’ai pas eu l’occasion de m’excuser de vous avoir tué, mais je pense que nous sommes quittes maintenant.

Jack hocha la tête en silence. Ils se serrèrent la main très cérémonieusement.

Sam sourit. Son colonel rendait les armes devant un serpent ! Ça valait le détour !

 

 

 

-Jack réveillez-vous !

 

Le colonel  et le major se reposaient à l’infirmerie. Ils n’avaient aucune blessure physiques. Le major allait très bien, puisqu’elle ne se rappelait pas ce qui s’était passé.

Elle avait bien essayé d’en savoir plus, mais le colonel s’était contenté de la regarder sans répondre.

         -Pas grand chose avait –il dit, finalement, comme elle insistait.

Elle dut se satisfaire  de cette réponse, car elle ne put rien lire sur le visage impénétrable du colonel. Celui-ci gardait enfoui un doux souvenir, qu’il se remémorait quand trop d’ horreurs remontaient à la surface.

Dans sa chambre à l’infirmerie il dormait, du  sommeil lourd et artificiel des médicaments.

 

 

Epilogue

 

-Jack réveillez-vous.

 

Il se leva d’un bond et voyant Daniel assis tranquillement sur une chaise :

         -Oh c’est vous…

Il se réveilla tout à fait et se mit à arpenter la chambre à grands pas furieux.

         -Vous avez le culot de revenir Daniel ? Vous étiez où  pendant ce cauchemar ?

         -J e croyais que vous aviez compris que je n’ai pas le droit d’intervenir.

         -Eh ben, non, je comprends pas ! Pourquoi venez vous me voir si c’est pour dire que vous pouvez rien faire, et ne me parlez plus de Oma, c’est compris !

Vous avez de l’amitié pour nous Daniel ? Ajouta t-il plus calme.

         -Oui beaucoup.

         -Alors pourquoi laissez vous faire, vous avez du vous délecter de nos souffrances !

         -Ne soyez pas injuste Jack !

         -Ah oui, et combien de fois on est mort dans cette maudite boucle ? Vous pouvez me le dire ?

         -Dix sept fois.

         -Quoi !

Jack en était stupéfait :

- Nous sommes morts dix sept fois !

         -Oui, Jack, et vous avez vous même trouvé la solution pour mettre fin à ce cauchemar. Mais en cela vous avez pris le risque de perdre votre âme.

         -Alors là je ne comprends plus, il faut m’expliquer.

         -Le suicide, Jack, on n’a pas le droit de se donner la mort.

         -Et ça change quoi ? quand on est mort, on est mort.

Daniel n’insista pas , Jack n’était pas en état de comprendre,  il reprit d’un ton plus léger :

         -Vous avez pris quand même un peu de bon temps !

         -Ah vous étiez là aussi, je me disais, je vous vois bien dans le rôle de celui qui tient la chandelle. Alors ça vous a plu ?

         -Jack, vous vous faites du mal.

         -Daniel, je vous en prie, pourquoi êtes-vous venu m’avertir d’un danger, sans me donner le moyen de le reconnaître, et surtout sans rien faire. Dites le moi, et ne me répondez pas une fois de plus que vous n’en avez pas le droit !

Jack martelait les mots. Daniel vit qu’il était au bout du rouleau. Alors il lui dit la seule chose qu’il voulait entendre.

         -Mais Jack, je ne vous ai pas abandonné, je vous ai envoyé Zelda.

 

FIN

 

 

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