EXISTENCES
Aurélia
Fic n° 44
Janvier 2005
Episode : Milieu saison
7, après Death Knell
et avant Heroes.
Disclaimer : Rien ne m’appartient, je ne touche
aucun argent pour cette fic. C’est juste pour le plaisir.
Genre : aventure, suspense, romance
Résumé :
Avertissement de l’auteur, , Surtout ne vous laissez pas
abattre par le début de la fic, prenez le temps de la lire et de la déguster.
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Première partie
Prologue
10
janvier
Le docteur Samantha Carter n’avait plus de
larmes. Elle était allongée sur son lit les mains derrière la nuque et elle
fixait le plafond sans le voir. Jamais ce plafond ne lui était apparu aussi
gris qu’aujourd’hui. Tout était sombre maintenant, elle l’avait perdu. Tout ce
qui faisait sa vie, sa joie, sa raison d’être, tout était parti en un instant
sous ses yeux. Elle avait hurlé, mais rien n’aurait pu empêcher sa vie de s’écouler par cette large blessure
qu’il avait reçu en pleine poitrine. Son gilet pare balles ne l’avait pas
protégé. L’arme qu’ils avaient utilisée était beaucoup plus puissante qu’un
long bâton. Il n’y avait aucune parade.
Ils étaient rentrés en catastrophe au SGC,
il était encore vivant mais son pouls
battait faiblement et il avait sombré
très vite dans le coma. Janet l’avait opéré tout de suite, mais cela
n’avait pas suffit, il était mort sur la table d’opération. Trop de sang
perdu !
Daniel hésitait devant la porte de Sam,
finalement il se décida à frapper.
-Sam ?
Ses yeux aussi étaient rouges, il avait
pleuré la mort de Jack, celui à qui il devait tant ! Combien de fois
s’étaient -ils sauvés la vie mutuellement ? Il en avait perdu le nombre. Il culpabilisait
de n’avoir rien pu faire, mais Jack comme à son habitude avait fait passer son
équipe avant lui et il en avait payé le prix.
-Vous
êtes prête Sam ?
Il se maudit d’employer ces mots du
vocabulaire courant mais qui apparaissait si sinistres dans de tels moments.
Comment pouvait-on être prêt pour une pareille épreuve ? Ce serait très dur pour Sam, mais il savait
que la jeune femme tiendrait le choc comme il l’aurait fait LUI dans le cas
contraire.
-Sam
redit Daniel, vous venez ?
Elle répondit à travers la porte :
-J’arrive,
Daniel, donnez-moi deux minutes.
-Je
vous attends, répondit le jeune archéologue.
Sam se releva et s’arrêta un instant devant
son miroir. Elle reconnut à peine le visage qui lui faisait face, c’était un
visage marqué, creusé, plombé de cernes. Elle se recoiffa se mit un peu de
rouge se qui fit ressortir un peu plus la pâleur de son teint. Elle enfila une
tenue noire qu’elle avait préparée
exprès pour cette occasion. Puis prenant son courage à deux mains elle se dirigea vers la porte avec devant elle
l’épreuve certainement la plus dure après la mort de sa mère ,
l’enterrement du colonel Jack O’Neill.
Comme une somnambule, elle se dirigeait
maintenant vers la salle d’embarquement, le cercueil reposait
sur des tréteaux devant la porte des étoiles, grande ouverte. La salle n’était éclairée que
par la lumière bleue et froide du vortex. Toute la base était là, ils se
tenaient sur plusieurs rangs, il y en avait même le long de la rampe, tellement
ils étaient nombreux. Beaucoup avaient mis un masque sur leur visage pour ne
pas montrer leurs émotions, car la disparition du colonel O’Neill était une
perte pour beaucoup. Il avait compté de
nombreux amis à la base. Certains avaient les yeux rougis.
Ils lui firent une haie d’honneur, Daniel à
son bras elle franchit le chemin qui la séparait du cercueil, mais elle ne vit
personne. Daniel la laissa, il resta au pied de la rampe et se plaça à côté de
Teal’c.
Elle fit les quelques pas qui la séparaient
du cercueil, elle le regarda une dernière fois, si beau, le visage reposé dans
son immobilité éternelle. On l’avait revêtu de son grand uniforme, toutes ses
décorations étalées sur sa poitrine. Ses mains étaient jointes , elle les toucha du bout des doigts et se pencha pour
un dernier baiser sur ses lèvres froides. « Adieu mon amour » Sa voix
n’était qu’un murmure « je t’aime » dit-elle encore…
Puis elle recula et Hammond commença la
cérémonie. Ce qu’il dit Sam ne l’entendait pas,
elle était ailleurs avec lui, sur cette maudite planète où il avait trouvé la
mort.
L’éloge funèbre fut grandiose, Hammond y
avait mis tous les sentiments de respect et d’amitié qu’il avait pour Jack.
Teal’c et Daniel prirent la parole, eux aussi surent trouver les mots qui adoucirent
un peu la peine dans le cœur de Sam.
Puis vint le tour de Sam. Elle lui parla à lui, à lui seul. Elle relata leur
première rencontre, elle survola leurs missions, tous les sacrifices qu’il
avait fait pour sauver la terre un nombre incalculable de fois, elle finit par
la mission terrible sur P9N761 où il avait trouvé la mort pour les sauver. Sa
voix s’étouffait par moment, s’éraillait, tellement son cœur était serré. On remit le drapeau à Sarah qui le donna à
Sam.
-Il
vous revient. Moi j’appartiens au passé murmura t-elle.
Le cercueil fut refermé et Sam y jeta une rose. La cérémonie était terminée. Il avait demandé
à disparaître dans l’espace. C’étaient ses dernières volontés. Le cercueil fut
poussé dans le vortex, celui-ci fut refermé avant d’atteindre l’autre porte. Le
colonel O’Neill avait vraiment disparu. Sam s’était raidie sur ses jambes pour
ne pas tomber , tout était fini.
Il y aurait une simple pierre tombale dans
le petit cimetière de Colorado Springs ; Elle aurait préféré qu’il soit enterré
là, près de son fils, mais il en avait voulu autrement.
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Chapitre 1
SGC six
mois plus tôt
-Encore
une planète désertique râla O’Neill. Daniel vous ne pouvez pas trouver des
planètes avec un climat doux, de belles
plages…
-Et
des poissons O’Neill ? intervint Teal’c !
-Absolument Teal’c, dit Jack en se retournant vers son voisin de gauche, vous m’ôtez les mots de
la bouche.
-Allons
colonel ! soyons sérieux le réprimanda Hammond en souriant malgré lui.
-Je
suis sérieux mon général, on ne peut plus sérieux, dit-il avec une petite
mimique.
-Bon, docteur Jackson si vous nous parliez de
P5R644 ?
-Alors
comme le redoute Jack… et avec juste raison… c’est une planète désertique. La
sonde a montré une végétation rabougrie au niveau de la porte. Le climat est
très chaud plus de 38 ° et la teneur en
oxygène de l’air, est plus faible que sur la terre.
-Alors,
en plus d’avoir chaud, on va étouffer ! dit O’Neill.
-C’est
très juste mon colonel, dit Sam en le regardant en souriant, mais nous allons
emporter de l’oxygène.
Ils échangèrent juste un regard.
-Mais
qu’y a-t-il d’intéressant sur cette planète ? reprit le colonel.
-Il
y a d’importantes mines de métaux lourds, dont du naquadah bien sûr et un autre
minerai qu’on arrive pas à identifier. Il serait intéressant de faire des
relevés, si ce métal a des propriétés aussi intéressantes que le naquadah, ça
vaut le coup d’aller voir.
Hammond réfléchit et demanda s’il y avait
des habitants sur la planète.
-Non
pas dans les environs immédiats de la porte en tout cas. L’UAV que nous avons
envoyé n’a montré aucune trace de vie.
-Des
Goa’ulds ? demanda O’Neill.
-Non
mon colonel, personne sur un rayon de
-Colonel
qu’en pensez-vous ? demanda Hammond.
-C’est
d’accord pour moi, si on peut ramener de quoi faire faire joujou à Carter, ça
me va !
Sam grimaça mais ne voulut pas relever la
remarque car elle sentait sur elle l’oeil moqueur du colonel. Elle se contenta
de le regarder, et frissonna devant le petit sourire en coin de son supérieur.
-Bon
conclut Hammond, vous partirez dans une heure.
Ils se dispersèrent pour se préparer. Le
FRED était déjà au pied de la rampe chargé du matériel de prospections et de
bouteilles d’oxygène.
Quelques minutes plus tard ils étaient là
tous les quatre prêts au départ. SG 13 les accompagnaient pour monter un camp près de la porte et la
garder en cas d’imprévus.
Dès qu’ils eurent passé le vortex la
chaleur les suffoqua.
-Vous
avez dit combien Daniel ?
-38
degrés.
-A
mon avis il fait beaucoup plus, grogna O’Neill en s’épongeant le front.
Ils passèrent la demie heure suivante à
monter le campement et laissèrent SG13
monter la garde.
-Carter
dans quelle direction ?
-Par
ici mon colonel dit-elle en montrant une immense étendue désertique, plein sud.
-Bon
décida O’Neill, nous allons voyager léger, nos armes, de l’eau, des barres de
céréales et chacun une bouteille d’oxygène au cas où. Le reste on le laisse au
campement.
Ils partirent chargés modérément, mais
c’était encore trop. Ils avaient fait tomber la veste depuis longtemps et la
sueur leur coulait sur le visage et le corps.
-C’est
encore loin, Carter ?
-Non
mon colonel, il y a du naquadah tout près d’ici. Ils avaient monté un talus au
pas de charge et Sam sentait sa tête qui tournait. O’Neill s’en aperçut et la
prit par le bras.
-Reposez-vous un
instant dit il avec douceur. Si elle avait levé les yeux sur lui à cet instant
elle aurait vu une grande inquiétude dans son regard.
Il lui posa le masque à oxygène et elle en
prit quelques bouffées qui la revigorèrent.
-Vous
devriez rester ici avec Daniel. Teal’c et moi allons continuer et nous vous
appellerons si nous avons trouvé quelque
chose.
O’Neill s’était rendu compte que Daniel
était aussi en difficulté.
-Et
puis prenez un peu de ce truc lui dit-il en montrant le masque.
Les deux hommes s’éloignaient tandis que
Sam et Daniel récupéraient un peu.
Le paysage était constitué d’une série de
petites buttes qu’ils escaladaient de
plus en plus difficilement. C’était pourtant tous les deux des hommes aguerris
mais la chaleur était intenable, il leur semblait que la température avait
encore monté de quelques degrés. Ils progressaient lentement, et de temps à
autre Tea’lc faisait des relevés, mais il n’y avait aucun minerai intéressant.
-Si
on se séparait, dit Jack, on gagnerait peut être un peu de temps. Vous prenez à
droite et moi à gauche. Rendez-vous ici dans une heure et ensuite nous retournerons
chercher Carter et Daniel pour prospecter dans une autre direction.
-Entendu
O’Neill.
Le deux hommes avaient fait chou blanc.
Teal’c arriva le premier au point de rendez-vous. O’Neill n’était pas là. Il
l’appela par la radio.
-O’Neill,
vous m’entendez ?
Grésillements….
-O’Neill ?
répéta le jaffa.
-Je
vous reçois un sur cinq Teal’c…grésillements…
-Je
suis au point de rendez-vous dit Teal’c. A vous O’Neill.
Mais la radio avait des problèmes, quelque
chose interférait. Ils s’en étaient rendus compte déjà depuis un moment, quand
le colonel avait appelé Sam et Daniel pour voir si tout se passait bien.
Un quart d’heure plus tard Jack arriva. Il était un peu essoufflé car il
avait fait le reste du chemin presque au pas de course.
-Un
problème Teal’c ?
-Non
O’Neill, simplement vous êtes en retard d’une demi-heure.
-
J’avais relevé un gisement un peu plus haut, je suis allé voir mais ce n’était
que du cuivre.
Puis il reprit sa radio :
-Carter,
Daniel
Grésillements….
-Ah
cette foutu radio ! s’énerva Jack en tapant dessus. Qu’est ce qui se passe ici ?
Ils rejoignirent Sam et Daniel qui
s’étaient reposés et ils continuèrent à prospecter dans une autre direction.
On pouvait voir tracé et à peine visible
dans le sol un ancien sentier légèrement en creux. Il avait dû servir pour
transporter les chargements de minerai jusqu’à la porte des étoiles.
Tout fatigue disparue, Sam fit quelques
relevés. Elle prit des échantillons de naquadah, et du métal dont elle ignorait
la composition. Mission accomplie. Ils allaient pouvoir rentrer beaucoup plus
tôt que prévu. Une autre équipe pourrait prendre le relais dans quelques temps
pour extraire un peu plus de naquadah et de ce mystérieux métal. Ils pouvaient
rentrer.
Ils passèrent la porte et retrouvèrent la fraîcheur
de la salle d’embarquement avec bonheur.
Hammond était content de les revoir, il
s’inquiétait toujours de ce genre de mission, et était soulagé que cela que
soit passé aussi bien.
-A
l’infirmerie.
A part quelques coups de soleil ils étaient
tous en pleine forme. Janet les libéra rapidement et après un bref débriefing,
chacun pu vaquer à ses occupations. O’Neill traîna un peu dans les couloirs
dans l’espoir de trouver Carter. Naturellement elle était dans son labo à
étudier les échantillons qu’ils venaient de rapporter.
-Déjà
au travail Carter ?
-Oui,
mon colonel, je suis trop impatience de découvrir les propriétés de ce nouveau
minerai.
O’Neill sourit :
-N’oubliez
quand même pas d’aller manger !
-Non mon colonel, j’irai tout à l’ heure dit-elle
en souriant.
Daniel lui était dans son labo, à
travailler sur la prochaine mission,
Teal’c en salle de sport et
Hammond se reposait dans ses quartiers. Une excellente journée à la base.
Mais personne en cet instant, absolument
personne n’aurait pu prévoir les
catastrophes qui allaient déferler sur le SGC.
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Le lendemain nouveau briefing, nouvelle
mission. Ils devaient se rendre sur P8H677 pour conclure un traité avec la
population. Un peuple pacifique qui avait de grandes connaissances dans le
domaine médical et voulait faire un
échange contre des armes.
Ils furent accueillis par des jaffas. Un
Goa’uld, dont ils ignoraient l’existence
avait eu vent de leur arrivée. Ils ne durent qu’à leur rapidité à la
course de se sauver et de franchir le vortex en catastrophe.
-Fermez
l’iris ! avait crié O’Neill tandis que des projectiles se plantaient dans les murs de la salle
d’embarquement.
-Que
se passe t-il colonel ?
-Visiblement
nous étions attendus mon général.
-Des
jaffas ?
-Oui
et en grand nombre.
-Débriefing
dans une heure après votre visite médicale.
Une autre fois ils eurent droit à un
scénario presque identique. Leur retour fut encore plus précipité que la
première fois, car ils avaient dû courir sur une longue distance. Ils avaient
pu tuer un grand nombre de jaffas, mais il semblait qu’il en sortait de
partout.
Quelques jours plus tard ils furent faits
prisonniers et ne durent leur salut qu’à leur présence d’esprit. Un moment
d’inattention de leur garde, ils purent s’enfuir et rentrer chez eux. Mais là
encore c’était moins une.
Il y eut encore d’autres missions tout
aussi catastrophiques, pas seulement pour SG1, mais pour d’autres équipes
aussi.
Hammond était perplexe, il ne comprenait
pas ce qui arrivait. Une aussi grande malchance était impensable, quelqu’un
avait du donner un petit coupe de pouce au destin.
-Il
y a du Goa’uld là-dessous dit O’Neill dans un de leur débriefing.
Hammond ne répondit pas tout de suite et se
tournant vers Daniel.
-Docteur
Jackson cela fait plus dix missions ratées, nous avons eu malheureusement
plusieurs morts et blessés dans nos équipes,
pensez-vous qu’il y a un Goa’uld commun à toutes ces planètes ?
-Je
ne crois pas général . Les deux premières que nous avons visitées, l’une
appartenait à Mout et l’autre à Shou. Puis nous avons
eu une planète où Baal a séjourné quelques siècles mais où il n’est retourné
pas depuis longtemps. Sur les autres planètes, il n’y avait pas de traces
d’activité Goa’uld, quelle qu’elle soit.
-Une
idée major ? dit Hammond en se tournant vers la jeune femme
-Oui
j’ai bien une idée, mais elle ne me plait pas beaucoup. Je pense qu’un Goa’uld
a sans doute le moyen de nous épier, ou qu’il y a un traître dans la base.
La phrase de Sam retentit comme un coup de
tonnerre mais elle reflétait ce que tout le monde pensait tout bas.
-Je
demande aux équipes de rentrer et je fais boucler la base dit Hammond
sévèrement, s’il y un traître parmi nous nous le trouverons. Vous pouvez
disposer.
Ils quittèrent la salle de briefing dans un
état proche de la consternation.
Le général téléphona au président et il eut
un long entretien avec lui. Puis il attendit que toutes les équipes sur le
terrain soient rentrées, il fit le rappel de toutes les personnes en congé, fit
venir des enquêteurs du Pentagone, assermentés et au courant du projet Porte
des Etoiles et il mit la base en isolement, pour une durée
indéterminée.
Il y avait plusieurs manières de procéder pour obtenir des renseignements,
avoir une personne dans les murs qui communiquait avec l’ennemi, ou des moyens
d’ écoute, des mouchards dans les ordinateurs par exemple, ou alors quelqu’un qui communiquait à son insu par des implants. Tout cela était
fort pénible et allait demander la suspension immédiate du programme porte des
étoiles.
Mettre la base en isolement voulait dire
que personne ne pouvait plus rentrer ni sortir. Quand tout le monde fut présent
Hammond ordonna la fermeture totale du SGC. Les communications avec l’extérieur
furent coupées. Seule ligne possible pour le général, la ligne du président. En
effet celui-ci avait demandé d’être tenu au courant du déroulement de l’enquête heure par heure.
Hammond fit désactiver la porte des étoiles,
tous les travaux en cours furent suspendus. La première chose fut de faire la
maintenance des ordinateurs, voir s’il
n’y avait pas de mouchards. Sam dirigea l’ équipe de recherche. A
l’infirmerie c’ était le pied de guerre, des files d’attente jusque dans le
couloir. Il fallait faire des IRM à tout le monde pour essayer de trouver la
trace d’éventuels implants.
Ils avaient beaucoup de temps libres entre
les interrogatoires. Une fois le système informatique vérifié, Sam elle aussi était désoeuvrée. Les
labos étaient fermés, et le personnel confiné le plus souvent dans leur
quartiers ou au mess.
Sg1 s’était
installé à leur table habituelle au mess, et ils passaient le temps à taper le carton, à parler. Ce repos forcé
leur fut profitable, eux qui étaient toujours dans l’action prenaient le temps
de s’écouter les uns les autres. C’est
ainsi que Sam découvrit une autre facette de Teal’c qui évoquait de temps à autre sa vie de
famille et aimait parler de son fils. Daniel parla aussi de son enfance et de
son grand père Nicolas Ballard dont il avait eu des nouvelles récemment. Même
O’Neill parfois laissait échapper un mot qui soulevait le voile sur sa vie
passée. Quant à Sam elle parlait peu et écoutait beaucoup. Ils avaient du
temps, ils en profitaient un peu. Mais ça, c’était dans les premiers jours. Au
bout d’une semaine O’Neill n’en pouvait déjà plus de cette inaction, et il ne
devait pas être le seul car la salle de sport ne désemplissait pas.
Hammond était seul dans son bureau et il
lisait les interrogatoires de quelques personnes engagées depuis peu à la base.
Rien de significatif. Les employés de la base étaient tous triés sur le volet,
le moindre acte de leur passé était étudié avant l’engagement, il ne pouvait y
avoir de brebis galeuses dans le personnel. Hammond en conclut que la menace
était beaucoup plus subtile. Le système informatique n’avait rien révélé, aucun
implant n’avait été trouvé.
Il informa le président du résultat de
l’enquête. Le président réfléchit un instant avant une de prendre une décision.
-Je
laisse la base inactive pendant quelque temps, chacun peut rentrer chez soi,
mais doit rester à la disposition de la justice et ne pas quitter Colorado
Springs.
Ce fut Hammond qui le soir même
annonça à tout le personnel le résultat
de l’enquête, et la décision du président.
Sa déclaration fut accueillie dans un silence de mort.
-Mais
qu’allons nous devenir général Hammond ? demanda une informaticienne.
-Pour
le moment vous avez tous des congés en
retard, prenez-les. Ensuite si la fermeture se prolonge vous recevrez une autre
affectation pour les militaires, les civils pourront être affectés à d’autres tâches selon les
places disponibles. Ne quittez pas Colorado Springs sous aucun prétexte. Au
revoir mes amis conclut Hammond, j’espère que tout cela ne sera que provisoire
et que nous nous reverrons bientôt.
SG1 furent les derniers à quitter la base.
-Ça
c’est du déjà vu dit Daniel en s’asseyant le long de la rampe d’embarquement.
Il jeta un regard vers la porte des étoiles désactivée et recouverte d’une
immense bâche.
-Quel
Gâchis ! dit O’Neill, et je ne peux même pas aller dans mon chalet.
Sa remarque fit sourire Sam.
-Vous
savez mon colonel, ce n’est que provisoire, le président ne peut pas laisser la
porte inactive, maintenant que nous sommes connus des Goa’ulds
rien ne les empêche d’attaque la terre.
-Vous
avez raison major comme toujours. Allons les enfants dit-il en se levant
rentrons chez nous.
Mais ils n’arrivaient pas à se séparer, et
Sam proposa d’aller manger un morceau ensemble chez elle.
Elle le regardait , elle aimait le regarder
quand il était occupé. Il s’en apercevait mais faisait celui qui ne voyait
rien. Il était assis sur son canapé dans son salon, c’était si rare qu’elle
sentait son coeur se dilater de joie. Elle aurait voulu prolonger ce moment
indéfiniment. Mais il se faisait tard, ils étaient fatigués de leurs longues
journées d’inaction.
-Finalement
on est en vacances conclut O’Neill, et si on en profitait un peu !
-Vous
songez à quoi mon colonel ?
-On
pourrait aller à la patinoire demain ?
-Heu…
fit Daniel !
-Ne
me dites pas Daniel que vous ne savez pas patiner ? dit O’Neill ‘un air
moqueur.
-Ben
si ! je le dis.
-C’est
facile dit Sam on vous apprendra.
-Et
vous Teal’c dit O’Neill, vous savez patiner ?
-Non,
mais je pense que cela ne devrait pas me poser de problèmes dit tranquillement
le jaffa.
-Alors
c’est d’accord ! Je viens vous chercher Carter ?
-Entendu
mon colonel. Encore un échange de regards, quelque chose de si doux qu’elle en fut émue.
Ils se connaissaient depuis maintenant sept
ans. Depuis le début le courant était passé entre eux, c’était d’abord une
étincelle puis c’était devenu un feu dévorant. Elle ne pouvait situer à quel
moment leurs sentiments avaient basculés. Ils n’en parlaient jamais
naturellement. Dans ses rêves elle revivait souvent l’instant magique du test zatarc quand il avait été forcé d’avouer l’amour qu’il
éprouvait pour elle. Mais depuis plus rien. C’était comme si cet instant
n’avait jamais existé. Elle ne savait plus rien de lui et de ses sentiments
sauf parfois quand il la regardait. Il avait une façon bien à lui de la
regarder, elle se sentait fondre, et pensait alors dans un éclair « oui il
m’aime ». Et puis cette euphorie retombait
quand au hasard de leur mission, il lui jetait des mots durs, ou ne lui
adressait plus la parole pendant des jours. Il avait parfois des accès de
mélancolie et de mauvaise humeur. Il valait mieux ne pas le contrarier dans ces
moments là. Mais ce soir malgré les ennuis de la base et l’incertitude de leur
avenir, elle le sentait à l’aise. Peut être que les quelques bières ingurgitées
n’y étaient pas étrangères. Mais peu importait, elle adorait son sourire, elle
adorait ses blagues, elle adorait son chaud regard brun, elle adorait son corps
mince musclé. Elle l’aimait.
A la patinoire le lendemain, Daniel passa
un sale quart d’heure, il était tout le temps sur les fesses, et grognait dans
sa barbe qu’on ne l’y reprendrait plus.
Ils riaient tous de le voir en si piteuse position.
-Ce
n’est pas très gentil quand même dit Sam et elle s’approcha de leur infortuné
camarade.
-Daniel ?
ça va ? vous ne vous êtes pas fait mal.
-Si,
grogna t-il, je ne vais pas pouvoir m’asseoir pendant quinze jours.
-Allez,
relevez-vous ! dit-elle en l’aidant.
-Bon,
fit le jeune homme, si vous n’y voyiez pas d’inconvénient, je vais rester sur
le bord, à vous regarder. Vous patinez très bien Sam, et Jack aussi.
En effet le colonel était très à l’aise sur
des patins, il glissait sur la glace avec facilité et ne tombait jamais.
Les joues rouges
d’excitation Sam reprit son élan et s’ élança vers le milieu de la patinoire.
Il y avait très peu de monde ce matin là et en deux coups de patins elle
rejoignit O’Neill.
-Où
est Teal’c ? demanda t-elle en cherchant le jaffa des yeux.
-Il
est parti, il ne comprenait pas le plaisir que l’on peut éprouver à glisser
sans raison sur un bloc de glace.
Sam éclata de rire :
-Moi
j’adore ça !
Elle continua lentement en zigzagant vers
le fond de la patinoire quand tout à
coup elle sentit deux mains sur ses hanches. Elle faillit tomber de surprise,
mais il la tenait bien. Ils continuèrent à patiner un moment il se rapprocha
encore d’elle et elle pouvait sentir son souffle dans son cou. Il mettait ses
pas dans les siens et ils glissaient
avec un ensemble parfait. Elle
aurait voulu que cet instant ne finisse jamais.
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Trois semaines plus tard, ils purent réintégrer
le SGC. Toute l’informatique avait été révisée par du personnel extérieur. Sam
se sentait un peu vexée mais elle comprenait que malgré son attachement au programme porte des étoiles, et sa bonne
foi, elle pouvait être suspectée, comme n’importe quel membre de la base.
O’Neill n’avait pas cette largeur d’esprit, et se sentait ulcéré d’être
considéré comme un suspect potentiel.
Le général Hammond annonça la réouverture
du programme, tout le monde reprenait le travail. Les résultats de l’enquête
avaient été tenus secrets, rien n’avait filtré. Hammond ne pouvait rien dire
mais les assura que tout était arrangé.
Chacun en conclut que les personnes
présentes étaient blanchies de tout soupçon.
Le travail allait pouvoir reprendre.
Les missions s’enchaînaient à un rythme
infernal. Il fallait rattraper le temps perdu, mission de routine, mission de
reconnaissance, signature de traités, missions de sauvetage. Tout se déroulait
parfaitement, sans anicroche, ni trahison d’aucune sorte.
Hammond était satisfait.
L’entente était parfaite dans le petit
groupe de SG1. Le repos forcé leur avait fait beaucoup de bien. Ils se voyaient
souvent entre les missions, passaient leurs moments de libre ensemble. Jack et
Sam se voyaient seuls de temps à autre, toujours à l’initiative de Jack. Sam
n’aurait jamais osé l’inviter au restaurant, ou au cinéma d’elle-même. Elle
profitait de ces instants en sa compagnie. Dans les briefings elle buvait ses
paroles, se repaissait de sa présence, recherchait le contact avec lui.
Pas une seule seconde elle pensa au
règlement qui les brimait depuis tant d’années. Elle avait évacué cette idée au
fond de son subconscient. Elle vivait
dans une sorte d’euphorie qui lui mettait par moment le feu aux joues et
faisait battre son cœur à un rythme
irrégulier.
Sam travaillait sur un artéfact de la
planète P7B678, quand O’Neill se présenta à la porte de son labo.
-Vous
avez vu l’ heure major ?
-Oh
dit-elle, il est déjà
O’Neill était tout sourire, Sam le trouvait
changé depuis quelque temps, il était plus calme , plus réceptif, plus proche.
Beaucoup plus proche. Elle ne pouvait situer à partir de quel moment il avait
changé, mais c’était un fait, et elle n’allait pas s’en plaindre. Appuyé
nonchalamment au chambranle de la porte, il tenait négligemment sa veste de
cuir jetée sur une épaule, et était vêtu d’un pantalon beige et
d’un tee shirt noir qui mettait en valeur sa musculature..
-Vous
désirez quelque chose mon colonel ?
dit Sam la bouche soudain toute sèche.
-Oui,
Carter, si on allait manger un morceau ?
-Au
mess ?
-Ah
non pitié, pas le mess c’est toujours la même chose, on pourrait se faire un
petit resto en ville ?
-Je
suis d’accord dit-elle, Daniel et Teal’c viennent avec nous naturellement ?
-Je
ne les ai pas invités répondit-il d’une voix égale.
-Oh ! le cœur de Sam s’accéléra soudain. Il l‘invitait, elle seule, à chaque fois elle
était émue et troublée.
-Vous
êtes d’accord ? demanda t-il soudainement anxieux
Elle sourit malicieusement
-Oui
mon colonel. Allons –y.
Ils passèrent une soirée délicieuse dans un petit
restaurant mexicain qui servaient les taccos les plus épicés de tout Colorado Springs.
Sam faillit s’étrangler ce qui fit rire
O’Neill aux éclats. Cela la surprit tellement qu’elle ne peut s’empêcher de lui
en faire la remarque ;
-Vous
êtes bien joyeux mon colonel ce soir ?
-Moi !
je suis comme d’habitude ! dit-il avec son sourire en coin qui la faisait
fondre littéralement. Leurs pieds se rejoignaient silencieusement sous la
table, ils avaient le regard rivés l’un à l’autre, et quand Jack lui prit la
main elle se troubla
-Mon
colonel !
-Quoi ?
-On
ne devrait….
-Quoi ?
répéta t-il.
Sam ne dit rien, mais finalement ne retira
pas sa main. Elle se sentait tellement bien, elle avait chaud maintenant, très
chaud et les doigts du colonel lui
caressaient la main sans la quitter des
yeux une seule seconde. Dans ce regard il y avait tellement de choses !
-Mon
colonel dit-elle d’une voix rendue rauque par l’émotion, on devrait se parler…
-Je
vous écoute Carter, je suis toute ouie.
-Pas
ici.
Ils sortirent du restaurant, la nuit était
fraîche et Sam vêtue légèrement frissonnait. Il retira sa veste et la posa sur
ses épaules, elle se pelotonna dans la douce chaleur du cuir, dans son odeur, partageant voluptueusement un
peu de son intimité.
Il la reconduisit jusque chez elle. Il
coupa le moteur et se tournant vers elle :
-Qu’aviez-vous
à me dire ?
-Vous
pouvez entrer une minute, mon colonel ?
Sam alla dans la cuisine pendant que Jack
attendait dans le salon. Ils étaient à un tournant de leur relation, elle
le sentait, rien n’avait été dit de définitif, mais cela pouvait basculer
à tout moment. Le cœur battant elle prépara un café tout en se disant qu’elle
n’avait vraiment pas besoin de cette dose d’excitant supplémentaire. Elle
revint avec deux tasses fumantes qu’elle posa sur la table basse.
-Vous voulez du sucre mon
colonel ? demanda t-elle comme pour combler un vide. Il fallait qu’elle
dise quelque chose car lui ne parlait pas, il se contentait de la regarder.
Elle se troubla sous son regard et continua à meubler tout en prenant sa tasse.
-Il
est trop chaud mon café.
-Carter,
dit –il, souriant, venez là, et il tapota le canapé de la main. De quoi vouliez vous me parler ? dit-il
comme elle s’asseyait à ses côtés.
-De
nous, murmura t-elle. Voilà elle l’avait dit, le « nous »
-Parce
qu’il y a un « nous » ? dit-il d’une voix très douce.
Sam
rougit, puis pâlit, elle se troubla.
-Carter ?
Elle ne sut pas quoi répondre, c’ était
trop tôt, elle n’était pas prête, elle le sentait.
-Oubliez
tout ça mon colonel, elle avait dit ces mots si bas qu’elle ne savait pas s’il
les avait entendus.
Ils se levèrent sous l’initiative de la
jeune femme puis se haussant sur la pointe des pieds elle l’embrassa simplement sur la joue.
Compréhensif et ne voulant pas la brusquer, il lui sourit et partit sans sa
veste. Sam s’en aperçut presque tout de suite, mais elle ne courut pas après
lui, préférant enfoncer son visage dans la tiédeur du cuir et s’enivrer de son
odeur. Puis la laissant à regret sur le fauteuil elle alla se coucher.
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P9N765 était une planète chaude. Un été
brûlant faisait grimper le thermomètre à
des hauteurs difficilement supportables. Le paysage était grandiose, des hautes
montagnes aux sommets déchiquetés, un ciel bleu très pur et un air riche en
oxygène qui leur facilitait les efforts et leur donnait des ailes. Ils étaient venus porter secours à SG13 qui
n’avaient pu rentrer car le DHD était cassé. La sonde n’en avait rien vu et
c’est au moment de rentrer qu’ils s’étaient trouvés coincés sur la planète.
Le campement était situé à une distance
d’environ deux cents mètres de la porte,
dans un espace à l’abri des regards, légèrement dissimulé
par des rochers. Ils voulaient rester discrets le plus possible, car ils
ignoraient si cette planète était encore occupée par la Goa’uld Ishtar, qui y
avait élu domicile dans les siècles précédents. Il n’y avait pas de traces
d’activités goa’ulds récentes mais la prudence était
toujours de rigueur sur une planète étrangère.
Le DHD fut réparé en une journée, Sam y
avait travaillé dans la chaleur et la poussière avec les meilleurs techniciens
et ils avaient pu rentrer sains et saufs à la base. Seule SG1 était restée sur
le terrain, Hammond leur ayant demandé de prolonger la mission d’exploration.
Ils s’enfoncèrent donc dans la montagne par un petit chemin qui serpentait au
bord d’un oued asséché. Le chemin s’éleva rapidement, mais ils continuèrent
d’avancer vite, boostés par l’oxygène de l’air.
-C’est
étonnant d’ailleurs ce taux d’oxygène dit Sam.
-En
quoi est-ce étonnant dit O’Neill ?
-Parce
que d’habitude, quand on monte l’oxygène se raréfie.
-On
ne va pas s’en plaindre, cela nous facilite la marche, dit Daniel. Je n’ai
jamais escaladé une montagne aussi rapidement et sans être essoufflé. C’est
cette chaleur qui est insupportable dit Daniel en s’épongeant le visage rougi
de coups de soleil.
-En
fait je crois que le taux d’oxygène diminue un peu, mais il est tellement
élevé, que pour nous c’est encore plus
que ce que nous avons sur terre.
-Bon, cette histoire d’oxygène étant résolue, dit
O’Neill avec un soupçon d’agacement dans la voix, où va-t-on maintenant ?
Daniel ?
-Je
crois que c’est par là dit le jeune homme en montrant un temple qui s’élevait
dans la montagne. Petit bijou de blancheur
il se détachait sur la noirceur des roches et se situait à environ cent
mètres au dessus d’eux.
-Allons
y les enfants.
Le temple était désert. De près il ne
paraissait pas si joli, c’était en fait une ruine. De hautes colonnes blanches
dignes d’un temple grec s’élevaient au dessus de l’abîme. Une succession de salles
au plafond éventré exposaient à la vue de nombreuses statues à la gloire
d’Ishtar, reine de Babylone en des temps anciens. Des blocs de marbres
s’étaient écroulés, il y avait de
nombreuses inscriptions au pied des colonnes
brisées que Daniel s’empressa de filmer. Ils firent le tour du temple,
il n’y avait pas âme qui vive et leur visite put se prolonger le temps
nécessaire. O’Neill fit cependant se presser Daniel.
-Il
n’y a aucun danger Jack, pourquoi se presser ?
-Simplement
parce que nous avons un timing à suivre et que nos codes d’accès ne sont pas
éternels. Je crois que là Daniel, il faut y aller.
Avec regrets Daniel quitta le temple non
sans prendre encore quelques photographies.
La descente fut rapide mais dangereuse, car
entre temps la nuit était tombée. Quand ils arrivèrent à la porte ils
marquèrent un temps d’arrêt, pour vérifier que la voie était libre.
-Daniel
allez devant ouvrez nous la porte.
Teal’c le suivit de près, puis loin Sam et
le colonel à une dizaine de mètres derrière eux.
Le vortex s’ouvrit et Daniel et Teal’c
passèrent les premiers. Puis quand Sam arriva avec le colonel sur ses talons,
la flaque se mit à fluctuer , et le vortex se referma brusquement. Sam recula
d’un pas surprise ; car elle s’apprêtait à passer.
-Un
problème major ?
-Oui
mon colonel, je crois que ce fichu DHD
n’a pas supporté la réparation.
-On
ne peut rien faire ce soir. Il va falloir camper ici. Hammond va sans doute
nous contacter.
-Espérons
que le général pourra nous joindre. Je
trouve d’ailleurs étrange qu’il ne nous ait pas appelés.
O’Neill lui jeta un coup d’œil
surpris :
-Mais
je croyais que le vortex pouvait s’ouvrir de la terre, même avec un DHD cassé
de notre côté ?
-C’est
vrai mon colonel, en général c’est ce qui se passe, mais là je suis surprise,
Daniel et Teal’c viennent de rentrer il y a déjà quelques minutes et toujours
rien.
-Ils
vont bien nous appeler conclut O’Neill avec son optimiste habituel.
Ils firent l’inventaire de leur sac. Ils
avaient une tente, des vêtements, du
matériel médical, des rations pour une
semaine, et un peu d’eau, et leurs
armes.
Ils montèrent la tente.
-Dormez
major, je prends le premier quart. Ou
plutôt la première moitié dit –il ironiquement.
Sam se coucha sur son duvet mais eut un peu de mal à trouver le
sommeil.
Hammond ne avait les toujours pas appelés le lendemain;
mais ils ne s’inquiétaient pas outre mesure, les équipes sur place devaient
tenter l’impossible pour les sortir de ce mauvais pas. Sentant qu’ils devaient
rester un moment sur la planète ils avaient commencé par chercher des produits
comestibles. Ils n’en trouvèrent pas. C’était un désert où rien ne poussait.
Ils avaient très peu d’eau. Se rationner fut tout de suite leur seule priorité.
Ils avaient de l’eau pour deux jours environ. Après il leur faudrait s’en
remettre à la providence.
Au milieu de la nuit Sam prit son tour de
garde, et O’Neill refusant de rentrer dans la petite tente étouffante,
s’allongea sur le sol, et s’endormit
aussitôt. La nuit était claire et elle s’approcha de lui pour le regarder
dormir. Elle poussa un soupir devant le corps étendu et comme abandonné de son
supérieur. Il était sur le dos un bras par-dessus sa tête, le visage tournée
vers elle et sa respiration était ample et régulière.
La nuit était à peine tiède, et Sam
souffrait de ne pouvoir prendre de douche pour se débarrasser de la sueur et de
la poussière de la veille. Demain, chercher un point d’eau, pensa t-elle.
Deux heures plus tard le soleil se levait,
un soleil brûlant qui ne tarderait pas à
darder sur les environs une chaleur de four. Sam soupira, elle ne voulut pas se
résoudre à réveiller le colonel, il dormait si bien. Elle fit un peu de bruit
en voulant sortir des rations de leurs sacs, quelques pierres roulèrent sur ses
pieds. Il se réveilla en sursaut son arme à la main.
-Ah
c’est vous, Carter ! dit-il avec soulagement.
-Excusez-moi
mon colonel je ne voulais pas vous réveiller.
Ils rangèrent en silence leurs affaires
dans leur tente, puis se dirigèrent vers la porte des étoiles.
Sam essaya encore d’utiliser le DHD. Les
premiers chevrons s’enclenchaient, puis au 6ème tout s’arrêta comme la veille.
-Toujours
rien Carter ? dit O’Neill en arrivant à sa hauteur.
-Non,
mon colonel rien du tout. Il faut attendre.
Il n’ était que
Autour de la porte il n’y avait pas
d’arbres, seulement quelques rochers qui leur offraient juste un peu d’ombre.
Ils s’y installèrent et attendirent qu’on
vienne les chercher. Ils s’étaient mis en mode survie, car l’un comme l’autre
avait l’habitude des situations extrêmes.
Au bout de deux jours ils n’avaient plus
d’eau. Sam moins forte physiquement avait du mal à résister. Ils ne
transpiraient plus ce qui était un signe important de déshydratation.
Trois jours après leur arrivée , Sam
commença à craquer. La soif les tenaillait, leur lèvres étaient gercées et leur
gosier desséché. Ils ne se parlaient
plus pour économiser leurs forces. Vers le soir du 5ème jour une tempête se
leva, c’était chaud comme les bouches de l’enfer, un vent asséchant rempli de
particules de sable coupantes comme du
verre. Sam s’était couchée sur le sol à bout de force. Il s’assit près d’elle
et posa sa tête sur ses genoux et caressa doucement son visage et ses cheveux.
Il l’exhortait à lutter.
-Il
faut tenir Carter, ils vont venir. Sam.
Sa
tête dodelinait, elle gémissait par moment, puis se redressait dans un sursaut
d’énergie, elle luttait de toutes ses forces, pour ne pas sombrer.
-Mon
colonel ! Jack !
Elle
commençait à délirer car elle l’appelait Jack, de temps à autre , comme elle le
faisait en son for intérieur quand elle pensait à lui.
Lui aussi s’était assoupi, la tête de Sam sur ses cuisses. Il somnolait quand un
sourd grondement lui fit lever la tête.
-Carter !
la porte !
Mais elle était trop faible pour bouger
alors rassemblant ses dernières forces, il la prit dans ses bras et courut
jusqu’à la porte. Là, il tomba sur les genoux avec son précieux fardeau, et
poussa un sourd grognement de douleur. La porte était maintenant grande
ouverte. La sonde était passée et Hammond les appelait.
-De
l’eau, de l’eau murmura t-il !
Quelques instants plus tard de l’eau, de la nourriture et du matériel étaient
envoyés par la porte. Deux techniciens arrivèrent aussi et se mirent
immédiatement au travail sur le DHD.
O’Neill la fit boire, lentement, Ils
étaient assis, elle, appuyée de tout son poids contre lui. Il lui renversa la
tête en arrière et lui donna un peu d’eau. Puis il but lui-même à longs traits.
Elle revint doucement à elle, toujours appuyée contre lui, et elle s’y trouvait bien. Il la
serrait dans ses bras,
-Ils
sont arrivés ?
-Oui,
murmura t-il nous allons rentrer chez nous, lui souffla t-il
Elle
se sentait mieux maintenant qu’elle avait bu.
-Que
s’est-il passé ?
-Je
ne sais pas, mais ça n’a pas d’importance, le principal c’est que nous sommes
sauvés.
-Mon
colonel appela un des techniciens
-Chut
fit Jack en montrant Carter endormie dans ses bras.
L’homme sourit
-Mon
colonel, reprit-il plus bas, nous allons
pouvoir rentrer d’ici une heure environ,
mais je pense qu’on aura droit qu’à un seul passage. Il faudra faire
très vite.
-Compris
dit O’Neill en réveillant doucement Sam et en l’aidant à se lever.
Elle titubait de fatigue mais avait repris
tout de même quelques forces.
-Il
faut se préparer à rentrer dit-il.
Elle hocha la tête et voulut se lever, mais ses jambes
faiblirent. Elle s’accrocha à lui, leur yeux se croisèrent à ce moment là, un
regard différent, et sans qu’aucun ait
le temps de comprendre ce qui leur arrivait leurs lèvres s’étaient unies en un
baiser doux et fugace, puis, Sam vaincue par la fatigue, nicha sa tête au creux
de son épaule.
-Sam
reprit –il , il faut qu’on y aille.
-Oui,
juste une minute.
Hammond venait de faire ouvrir l’iris à
l’instant quand O’Neill portant Sam dans
ses bras arriva en titubant sur la passerelle. Ils furent aussitôt pris en
charge par l’équipe médicale.
Janet les avait mis dans la même chambre,
leur lit était juste séparé par un rideau. O’ Neill était si inquiet pour Sam
que Janet tira le rideau pour qu’il puisse la voir.
Elle avait toujours chaud, elle brûlait
littéralement de l’intérieur, dans
un bain de chaleur et de moiteur. La
peau gercée et desséchée de son visage la tiraillait, trop mal… la douleur dans sa tête était
violente et par instant lui faisait perdre conscience.
-Jack !
Janet qui était près d’elle jeta un coup
d’œil vers le colonel qui s’était assis sur son lit et récupérait un peu. Lui aussi avait des
brûlures sur le visage et les mains et était déshydraté, mais ce n’était rien à côté de Sam. Il leva
vers elle un regard interrogateur comme s’il ne comprenait pas. Inutile de dire
à Janet que dans les dernières heures sur la planète ils s’étaient appelés par
leur prénom.
-Jack, redit la jeune femme d’une voix plaintive.
Elle sentait le
contact d’un linge frais sur son front et cela apaisait un peu la chaleur de
son corps.
-Je
vais rester près d’elle, je me sens mieux dit-il en se levant.
Il s’assit sur une chaise contre le lit et
lui prit la main.
-Jack
dit-elle une troisième fois en ouvrant les yeux.
-Je
suis là, il faut dormir un peu maintenant ;
-On
doit rentrer à la base, on va mourir ici…
Elle délirait, ne savait plus où elle
était, elle émergeait de temps à autre d’une sorte de torpeur douloureuse, dont
seule la sortait la voix apaisante de Jack, sa main sur son front, sa main dans
la sienne.
Le lendemain elle allait mieux, O’Neill
était là à son réveil.
-Ja… Mon colonel se
reprit –elle.
-Sam !
Décidée à revenir parmi nous ?
-Qu’est
ce qui s’est passé ? Comment sommes-nous rentrés.
-Eh
bien… dit-il hésitant un peu, je vous ai portée dans mes bras.
Son cœur se mit à battre plus vite, elle
avait été dans ses bras, et elle ne s’en
souvenait pas ! Le souvenir de ces dernières heures se refusaient à
elle.
Elle pâlit brusquement, des bribes d’un
souvenir, confus revenaient, ils s’étaient embrassés ! elle changea encore
de couleur, au bord du malaise, qu’y avait-il encore dont elle ne se souvenait
pas ?
-Mon
colonel, est ce que nous avons…
-Non,
Carter bien sûr que non ! nous avons juste…
-Quoi ?
dit-elle en le regardant dans les yeux
-Nous…
nous… sommes juste embrassés.
Soulagement, elle soupira, elle n’aurait
pas aimé ne pas se souvenir d’autre chose. Déjà ce baiser… comme il avait l’
air embarrassé ! elle lui sourit, il se rapprocha et elle montra du doigt
les caméras, ils étaient à l’infirmerie, aucun faux pas n’était possible.
Il hocha la tête en silence, l’air résigné, mais c’était un air plein de
promesses. Oui vraiment il y avait du changement, O’Neill était très
différent . Elle s’était déjà fait la remarque suite à la fermeture momentanée de la base, et puis elle n’y avait
plus réfléchi par la suite, acceptant le changement avec une telle joie que
pour rien au monde elle n’aurait voulu revenir en arrière. Elle avait
maintenant les idées claires et se souvenait qu’il était devenu beaucoup plus
proche d’ elle à partir de la mission
sur P5R644, la planète où il faisait
très chaud et ou l’oxygène était rare. Oui c’était après cette mission et
pendant la fermeture du programme qu’ils s’étaient rapprochés. Pourtant il n’y
avait eu aucun fait particulier, juste un rapprochement.
Il la regardait pendant qu’elle
réfléchissait, des ombres passaient sur son visage, il la trouva magnifique,
avec sa tête penchée dans ce geste qui lui était familier quand elle était
absorbée. Il n’avait qu’une envie poser ses lèvres sur les siennes, l’embrasser
longuement à perdre haleine. Mais tout cela lui était interdit, c’ était comme
de goûter la pomme, et le paradis s’éloignerait à tout jamais. Mais vivait-il
au paradis ou en enfer, quand il la voyait si proche et tellement inaccessible ?
Quelques semaines passèrent, ils se
voyaient de plus ne plus, en cachette, il avaient même sauté le pas et fait
l’amour. Ils se voyaient chez elle ou chez lui. Mais s’ils pensaient que leur
secret était le mieux gardé de la planète, ils se trompaient.
Finalement ce fut Daniel qui mit les pieds
dans le plat. A son habitude en voulant rendre service avec sa gentillesse
habituelle, il ne s’était pas rendu compte de son indiscrétion et de sa
maladresse. Mais c’ était trop tard.
Hammond avait eu vent du scandale et les
deux fautifs étaient dans leurs
quartiers respectifs avec interdiction d’en sortir.
Daniel les avait surpris à s’embrasser dans
le labo de Sam et tout heureux s’était empressé d’en parler à Janet. Il pensait
qu’ils avaient résolu leur problème de règlement. A l’infirmerie, une aide soignante qui était
très copine avec une employée du self lui en avait parlé, et la nouvelle avait fait le tour de la base,
et s’était répandue comme une traînée de poudre.
Hammond était furieux. Ses deux meilleurs
officiers ! Faire ainsi fi du règlement ! et à la base en plus. Les sanctions
allaient tomber. Il les convoqua dans son bureau.
Il
réfléchissait à la manière de leur passer un savon, mais il ne s’attendait pas
à trouver une Sam aux yeux rouges et un Jack plutôt embarrassé. Il les fit
asseoir, et dissimula un sourire.
-Vous
rendez-vous compte, que vous, officiers
supérieurs, vous avez bafoué le
règlement ?
-Oui
mon général dirent-ils en chœur.
-Vous
pouvez m’expliquez ? reprit-il plus doucement.
-Mon
général, je voudrais démissionner de l’armée,
dit Sam.
-Pourquoi ?
demanda t-il surpris, il était loin de penser à une telle chose et que la jeune
femme sacrifie une carrière prometteuse
il n’était pas prêt à l’accepter.
-Parce
que nous voulons faire notre vie ensemble
monsieur dit Jack d’un ton autoritaire, et comme il y a un foutu
règlement qui nous en empêche, il n’y a pas d’autre solution. Moi je voulais
bien prendre ma retraite, mais à la réflexion si c’est le major qui quitte
l’armée, elle pourrait continuer à travailler en tant que civile, tandis …
-Colonel
-…
nous pourrions…
-Colonel
redit Hammond plus fort. C’est d’accord !
-Quoi ?
O’Neill resta la bouche ouverte.
-C’est
d’accord j’accepte la démission du
major, à une condition colonel.
-Oui
mon général, laquelle dit-il avec un soupçon d’inquiétude
-Que
vous m’invitiez à votre mariage.
Leur stupéfaction n’eut d’égale que la joie
de leurs amis quand ils apprirent la
nouvelle. Daniel était plutôt inquiet, son indiscrétion aurait pu être
catastrophique , finalement tout s’arrangeait.
-Rappelez
moi de vous tuer Daniel ! quand j’aurais un moment dit O’Neill,
parce que là ça va pas être possible tout de suite…Ils éclatèrent tous
de rire.
Leurs amis leur firent une petite fête de
fiançailles, ce fut très réussi, le dernier moment de joie, dans la vie de Sam.
Trois semaines plus tard , c’ était le drame et la mort en mission du colonel Jack O’Neill.
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Chapitre 2
Depuis
les obsèques Sam vivait au ralenti. Elle était englué dans le chagrin et
passait ses journées et ses nuits au labo, passant d’une expérience à l’autre
sans grande conviction. Elle n’avait pas pleuré depuis l’enterrement de Jack et
sa douleur enfouie la rongeait de l’intérieur. Ses amis la regardaient se
détruire et s’enfoncer sans pouvoir rien faire.
15
janvier
Samantha
frappa à la porte du bureau du général Hammond. Celui-ci se leva pour
l’accueillir
-Asseyez
vous docteur. Que puis-je faire pour vous ?
-J’ai
quelque chose d’un peu particulier à vous demander. Je ne sais même pas si
c’est possible.
-Je
vous écoute, dit Hammond avec douceur.
Elle
était bien droite sur sa chaise, comme si elle contractait tous ses
muscles pour ne pas tomber. Son visage était pâle malgré le léger maquillage
qu’elle avait posé sur ses paupières, ses joues et ses lèvres. Hammond sentit
son cœur se serrer. Cette femme avait souffert plus que quiconque, il aurait
voulu la prendre dans ses bras pour la consoler comme le ferait un père, mais
il ne le pouvait pas, la hiérarchie militaire empêchait ce genre de
démonstrations. Il maudit intérieurement Jacob
qui n’était pas là pour soutenir sa fille. Les Tok’ras
avaient complètement disparu, et Jacob minoritaire au grand conseil n’avait
rien pu faire pour empêcher la fin de l’alliance.
Sam hésitait mais le regard plein de bonté
du général l’incita à se lancer.
-Je
voudrais faire un mariage posthume et épouser le colonel O’Neill, jeta t-elle
tout à trac.
Hammond mit un moment à assimiler la phrase
de Sam et il resta un instant la bouche ouverte tellement la demande de la jeune femme était étrange.
Sam le regardait avec anxiété. Sa demande
était inhabituelle, elle s’en rendait compte,
peut être même impossible dans leur pays. Mais elle voulait s’appeler
Samantha O’Neill, comme elle aurait pu le faire s’il était resté en vie. Le
chagrin la submergea à nouveau, elle dut lutter de toutes ses forces pour ne
pas s’écrouler.
-Vous
savez mon général, on devait se marier
dans trois semaines. Je suis sûr qu’il aurait été d’accord dit-elle
d’une voix blanche.
-Je
vais réfléchir major, je comprends votre demande, mais il faudra sans doute des
dérogations, je crois que cette procédure n’existe pas chez nous. Cependant… Comptez sur moi docteur Carter je m’en occupe.
Porter son nom lui paraissait à ce moment
la chose la plus importante au monde. Madame Jack O’Neill, Samantha O’Neill. Il
vivrait en elle un peu plus, et son nom serait le rappel vivant de ce qu’il
avait été. Elle le porterait comme un étendard, avec fierté, elle lui ferait
honneur et à chaque fois qu’elle entendrait prononcer ce nom, elle le verrait,
il serait là, vivant.
Elle avait pleinement conscience que
lorsqu’on ne parlait plus des gens, ils avaient vraiment disparu. Elle se
doutait bien que dans quelques années quand le personnel de la base aurait été
renouvelé, il n’y aurait plus grand monde pour parler de Jack O’Neill. Mais
tant qu’elle y serait, son nom ne tomberait pas dans l’oubli.
Elle s’accrochait à cette idée, elle
avançait à petits pas, dans le retour à la vie. Elle posait un pied l’un après
l’autre faisant à chaque fois un effort surhumain pour éviter l’abîme qui
s’ouvrait et qui l’attirait. Elle était seule dans ce combat, ses amis étaient
loin d’elle. C’était comme s’ils étaient restés sur une rive alors qu’ elle
avait traversé le fleuve de la douleur.
Elle voyait les autres, vivre dans le lointain, comme dans un
brouillard, vivre dans un monde où elle
n’avait pas le droit d’aller, un monde de joies fait de tous ces petits riens
de la vie quotidienne.
Elle appréciait cependant la douce
présence discrète de Daniel à ses côté,
lui qui avait vécu la même épreuve, était seul, capable de la comprendre et de
la soutenir. Il se faisait attentif, et toujours présent. Plus d’une fois il
dut la forcer à le regarder, il l’obligeait à sortir de son apathie. Il veillait sur elle, l’empêchait de trop
travailler, la forçait à manger un peu, lui parlait pour la faire émerger de
son marasme et de son chagrin, car était souvent comme absente et ne voyait
personne.
La demande de Sam mit le général dans
l’embarras. Le mariage posthume n’existait pas
dans le code civil des USA. C’était une exception française que la loi
de ce pays accordait dans quelques cas extrêmes. Le général appela le président
pour demander une dispense. C’était même plus qu’une dispense, il aurait fallu
faire une loi et naturellement c’était
inconcevable.
Mais le président avait les pleins pouvoirs
pour accorder des dispenses et tout ce qui concernait le projet porte des
étoiles était top secret. Il donna son
autorisation mais il ne fallait en aucun cas que ce soit divulgué. Le mariage aurait
lieu juste en présence du général Hammond et de deux témoins.
Une semaine plus tard, le général procéda
au mariage, dans son bureau comme à la sauvette. C’était une étrange cérémonie, avec une seule
personne, à la place du marié un portrait du colonel. Sam avait revêtu une robe
bleue toute simple et elle ne portait aucun bijou. Le général Hammond procéda
au mariage et Daniel fut le témoin de la mariée et Teal’c celui du marié. Elle
passa à son doigt l’alliance en or et
conserva à une chaîne accrochée à son cou l’alliance de Jack.
Samantha O’Neill avait les yeux plein de
larmes quand elle signa d’une main tremblante le registre. Elle qui n’avait
plus pleuré depuis les obsèques se laissait aller. Daniel la soutenait mais
d’un sourire elle lui assura que ça allait.
La situation de Sam était étrange, elle
n’était plus militaire depuis quelques semaines
et elle ne passait pas souvent la porte pour partir en mission. En effet SG1 était démantelé depuis la mort
du colonel, et Hammond souhaitait reconstituer son équipe avec un nouveau chef.
Il fit appel au colonel Mac Donald.
Sam accueillit ce changement avec joie,
trois mois avaient passé depuis son mariage et elle était prête à repartir en
mission.
-Colonel
je vous présente le docteur Samantha O’Neill, son expérience militaire passée
vous sera très précieuse.
-Bonjour
monsieur, dit Sam en lui tendant la main. Le visage du nouveau colonel était
ouvert, il souriait franchement. De taille moyenne, il avait les cheveux bruns
et les yeux bleus. Sam soupira intérieurement, aucune ressemblance avec
Jack !
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Deuxième partie
Prologue
Ouverture non programmée de la porte. Les
chevrons s’enclenchaient,
-Fermez
l’iris dit Hammond. Avons-nous un code sergent ?
-Oui
la planète de Tonan.
-Etrange !
pensa Hammond. Cela faisait plusieurs
années qu’ils n’avaient plus revu Tonan, bien
qu’étant restés en excellent contact avec ce peuple. Ouvrez l’iris ajouta t-il.
L’iris s’ouvrit dans un bruit de ferraille,
ils attendirent quelques secondes des soldats pointant leurs armes dans la
direction de la porte. Tout pouvait arriver en un pareil instant, il y avait
toujours un risque à ouvrir l’iris, mais Hammond se fiait à son instinct qui ne
lui avait jamais fait défaut. Un homme surgit, en loques, hirsute, il jeta un
coup d’œil autour de lui comme s’il ne comprenait pas dans quel endroit il était arrivé. Il fit
quelques pas en titubant, tomba sur les genoux en gémissant et s’écroula à plat
ventre sur la rampe d’embarquement.
Les alarmes continuaient à mugir, Hammond
cria :
-Ne
tirez pas.
Quelques
secondes plus tard le vortex se referma, et le silence retomba dans la
salle.
Hammond appela une équipe médicale, il ne
connaissait pas l’homme qui venait
d’arriver mais celui-ci avait besoin de
soins immédiats.
L’homme fut aussitôt mis sur un brancard,
et conduit à l’infirmerie où l’attendait Janet.
Il était plutôt mal en point, avec de
longs cheveux gris ébouriffés qui lui
retombaient bas sur le front et atteignaient presque ses épaules. Une
barbe épaisse lui mangeait tout le bas
du visage. Sa peau était tannée comme du cuir et d’un brun profond. Il était
sale et vêtu de loques, à travers desquelles on apercevait sa peau couvertes de
plaies, certaines anciennes, d’autres plus récentes et qui saignaient encore.
Le cœur de Janet se serra. Elle passa une
main sur le front de l’homme pour dégager ses cheveux, et elle resta figée.
-Oh
mon dieu.
Après une première inspection du corps du
blessé, elle demanda à deux infirmiers nouvellement arrivés dans le service de
baigner le malade et de le raser.
Ensuite elle pourrait lui faire les soins appropriés.
Elle n’arrivait pas à se concentrer sur son
travail, ce qu’elle venait de voir l’avait bouleversée. Une demi heure plus
tard, le blessé revêtu d’une blouse
blanche d’hôpital avait repris un aspect plus humain. Il avait toujours les
cheveux longs mais mouillés et coiffés
en arrière, et son visage lisse était
parfaitement reconnaissable, elle avait devant elle le colonel Jack O’Neill.
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Chapitre 1
Quelques mois plus tôt
Son dos était dénudé et saignait. Ils l’avaient encore sauvagement
battu, le rebelle de la Taur’i. Des anneaux
de fer enserraient ses poignets
et ses chevilles aussi. Il était avec ses compagnons d’infortune dans une mine
de naquadah à ciel ouvert. La chaleur était intenable et à la souffrance de la
torture s’ajoutait celle des rayons brûlants du soleil.
A la nuit tombée les prisonniers étaient
attachés et reliés entre eux par des chaînes courtes qui ralentissaient leur
pas. Ils étaient conduits à des baraquements et dormaient dans la saleté et la
promiscuité. On les nourrissait à peine, juste le minimum pour qu’ils puissent
travailler.
Jack avait perdu la notion du temps. Il ne
savait plus s’il était là depuis un mois, un an ou beaucoup plus. Toutes ses
journées étaient identiques, le travail épuisant de la mine, le manque de sommeil
et de nourriture, la soif, la saleté,
les coups de fouet.
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-Jaffa !
-Oui
ma reine dit l’homme mettant un genou en terre.
-Va
me chercher le Terrien.
Le jaffa se
releva et après une inclinaison de tout le buste sortit du palais.
Ishtar était dans sa chambre et se
regardait dans le miroir posé à même le sol. Elle se tourna légèrement de profil et admira sa
silhouette fine et élancée. Elle était assez grande pour une femme, et
augmentait encore sa taille par des chaussures à haut talon, et des cheveux
relevés qu’elle retenait par un diadème en or. Elle aimait dominer les hommes
et aucun ne devait la dépasser.
C’était une femme d’une trentaine d’années
environ, à la peau légèrement hâlée, au regard de braise et aux cheveux d’un
noir profond. Elle prenait grand soin de son corps et passait des heures à sa
toilette quand elle était dans son palais de Niniva.
La fournaise était rejetée au dehors et une agréable fraîcheur régnait
entre les murs séculaires et épais de son palais. C’était une construction immense de marbre blanc aux petites
ouvertures, laissant passer avec parcimonie les rayons du soleil, mais cela n’empêchait
nullement la clarté de régner à l’intérieur, car la blancheur du marbre
réfléchissait le moindre rayon de lumière. Ishtar adorait se promener dans son
palais et voir des nuées de petites servantes à ses pieds. Elle passait, fière
et hautaine et personne n’osait lever les yeux sur elle, alors elle
hurlait des ordres que chacun
s’empressait d’exécuter servilement.
Elle était parfois dégoûtée de tout, c’était trop facile, terroriser des enfants, des femmes et même des jaffas ne lui
apportait plus aucun plaisir. Pas un n’aurait osé lever les yeux sur elle, sous
peine de terribles représailles. Alors elle se réjouissait quand on amenait des
nouveaux prisonniers. Elle en connaissait un, celui de la Tau’ri.
Mais elle ne lui avait encore jamais parlé, et
elle avait hâte de le voir en chair et en os. Elle riait encore du bon
tour qu’elle avait joué aux terriens. Ils n’y avaient sûrement vu que du
feu ! Quelle brillante idée elle avait eu. Aussitôt des informations
étaient arrivées, celles qu’elle avait pu puiser, et grâce à elle la Taur’i
avait connu une période difficile, beaucoup de morts et de blessés dans leur
rang, une série de missions ratées. Mais brusquement tout cela s’était arrêté,
elle était dans une rage folle et ne comprenait pas. Peut être que son
ingénieux système avait été détecté. Mais il lui restait le prisonnier, lui, il parlerait.
Le jaffa poussa la porte d’un coup de pied
et il s’approcha de Jack. Il fit signe à un gardien qui mit en joue le prisonnier, il le détacha de la muraille et ils sortirent. La chaleur leur souffla au visage mais le
garde ne paraissait pas incommodé. Puis on le poussa sans ménagement dans le
petit chemin qui montait au palais.
On le laissa seul dans l’entrée. C’était la
première fois qu’on le conduisait dans la demeure de la reine. Il en avait
entendu parler, mais ne savait même pas son nom. A dire vrai il s’en fichait un
peu. Il était dans un tel état de souffrance que son horizon se limitait à
manger, boire et dormir, manier la
pioche et les outils pour creuser dans
la mine en quantité suffisante, et
protéger son corps des coups.
On le laissa dans le hall du palais. Mais il ne fut pas seul
longtemps. Une vieille femme apparut qui lui fit signe de la suivre.
-Lave
–toi ! lui dit-elle.Tu ne peux paraître devant
la reine dans cet état. Il se trouvait dans une salle d’eau à l’ancienne avec
un bassin qui en occupait le centre.
Il se plongea avec volupté dans l’eau
fraîche, se lava , se rasa, mais n’avait rien pour couper ses cheveux qui
avaient beaucoup poussé. Il les rejeta en arrière se dégageant ainsi le visage.
Il revêtit les vêtements mis à sa disposition, un pantalon et une tunique
blanche sans manche.
La vieille femme le regarda d’un air
approbateur.
-C’est
mieux dit-elle, en détaillant le corps élancé de Jack, sa haute taille, la large poitrine, les bras musclés par le dur travail de la
mine, la taille fine, les jambes nerveuses et puissantes.
Elle le conduisit devant la reine, et
plongea dans une profonde révérence et sortit sans un seul mot.
Ishtar regardait sans un mot le prisonnier
maintenu à genoux par un jaffa.
-Laisse
–nous dit-elle au soldat.
Jack releva la tête et croisa le regard
noir de la reine. Une petite moue méprisante arqua ses lèvres.
-Impertinent !
Comment oses-tu dit-elle en le menaçant de son arme de poing.
Il n’eut pas un mouvement de recul et
continua de la regarder. La reine frémit,
sa réputation l’avait précédé et il était bien tel qu’on le lui avait
décrit, fier, insolent, hautain.
Sans qu’on
le lui dise le prisonnier se mit debout et horreur ! il était plus
grand que la reine avec tous ses artifices. Elle ne put supporter cette offense
et le projeta contre un pilier d’un violent coup de son arme de poing. Il resta
immobile sur le sol, sonné.
Il revint à lui quelques instants plus
tard. On lui avait lié les poignets pendant son évanouissement. Il était de
nouveau à genoux.
-Ainsi
donc tu es Jack O’Neill ? Le guerrier de la Tauri,
tu sais que ta réputation est grande dans ce coin de la galaxie, mais c’est une
réputation surfaite puisque tu es là, à mes pieds, attachés et en mon
pouvoir ! dit-elle en crachant son mépris.
Il ne répondit pas se contentant de faire
une moue dédaigneuse.
-Je
veux tout savoir de la Terre et de ses habitants, je veux que tu me dises tout
sur l’iris qui protège la porte des étoiles.
-Tu
ne veux pas que je te donne le code non plus ! dit –il en ricanant.
Elle resta interloquée un instant puis se
mit à rire aux éclats en renversant sa tête en arrière. Elle avait un rire de
gorge, grave, puissant et sensuel.
-Tu
sais qui je suis ?
-Bof !
une Goa’uld ! dit-il, hautain.
Il s’était mis debout, et se tenait
immobile devant elle, les mains attachées derrière le dos. Elle tournait autour
de lui, admirant son self control. Pas
une émotion ne passait sur son visage sauf de temps à autre une lueur d’amusement dans le regard.
-Je
suis Ishtar ! La déesse de l’amour et de la guerre.
Jack n’était pas très doué en mythologie
assyrienne donc il n’eut aucun mal à jouer les étonnés ; c’était un nom
inconnu pour lui.
-Ish quoi ? dit-il avec impertinence.
Les yeux de la reine flambèrent de colère.
-Tu
es fou ou inconscient de me parler sur ce ton ? j’en ai mâté des plus rebelles que toi. Tu
feras moins le fier quand tu seras passé par mes mains, dit-elle en montrant
ses longues mains fines. Je suis capable de te torturer jusqu’à la mort , mais
avant tu me diras tous les secrets de la terre.
-N’y
compte pas !
Son cœur battait à tout rompre. Il voulait
faire bonne figure, mais il savait que ce serait une épreuve terrible. Il souhaita
avoir le courage de résister, mais il était épuisé par de longues semaines à
travailler dans la mine et n’avait plus sa force d’antan. Mais en aucun cas il
ne devait lui montrer ses faiblesses. Il se redressa encore un peu plus et le
regard qu’il jeta à la reine était
tout à fait impénétrable, elle ne put rien y lire, surtout pas de la peur.
-Je vais te
raconter une histoire qui devrait t’intéresser. Sais-tu pourquoi tes amis ne sont pas venus te chercher ?
Il frémit, c’était une question qui le
taraudait depuis qu’il avait repris conscience sur le vaisseau de la reine.
Longtemps il avait espéré, sans doute ne savaient –ils pas où il était, mais il
était sûr qu’ils viendraient. Carter, Daniel et Teal’c feraient fonctionner leurs méninges et ils trouveraient sur quelle
planète il était retenu. Jamais Hammond ne le laisserait tomber. De cela il
était sûr.
-Ils
viendront dit-il en les dents.
-Ah !
dit-elle en ricanant je vois que je commence à t’intéresser. Non, tu te
trompes, ils ne viendront pas. Ils ne te
cherchent pas pour la bonne raison que tu es rentré avec eux de la planète
P5R644. Tu vois où je veux en venir ?
-Non, dit-il sèchement.
-C’est simple
triompha t-elle, à la place de Jack O’Neill, j’ai mis Jack O’Neill.
-Un double ?
dit-il presque malgré lui, il aurait voulu jouer les indifférents mais là, il
ne pouvait pas.
-Oui, un clone.
-C’est
impossible ! dit-il
-Bien sûr
reprit-elle, cette histoire de marquage d’ADN par les Asgards !
Quelle bonne blague ! Figures-toi
que dans mon équipe de scientifiques qui travaille pour moi, il y a un certain Loki, qui nous a
rejoints, nous lui offrions la vie sauve, contre ses travaux. Il n’a pas hésité
un seul instant ! Ah ! je vois
que ce nom ne t’est pas inconnu !
C’est vrai que Loki a essayé de te cloner mais
qu’il a raté à l’ époque. Moi, je lui ai laissé le temps d’affiner ses travaux,
et le résultat fut un parfait Jack O’Neill. Totalement identique au premier
avec un tout petit quelque chose en plus conclut –elle d’une voix ironique.
-Et c’est lui qui
est rentré à ma place ?
Eh oui !
Mais ce petit quelque chose c’est un implant, une petite merveille de
nanotechnologie totalement invisible aux
appareils de détections humains
O’Neill avait pâli. Non seulement elle
avait fait un double parfait, mais celui-ci était un traître à son insu. Une
violente colère montait en lui , la duplicité des Goa’uld était
incommensurable ! Il se sentit aussi accablé, c’ était un combat perdu
d’avance. Les goa’ulds acquéraient des techniques nouvelles beaucoup plus vite
que les terriens, leur malhonnêteté et leur cruauté les y aidaient grandement.
Il ne voulut pas lui montrer son trouble et
lutta de toutes ses forces, il faisait confiance en ses amis.
-ils
verront la supercherie, et viendront me chercher.
-Si
ça t’amuses de le croire ! se moqua
t-elle.
Les deux protagonistes s’affrontaient du
regard, elle, sûre de sa puissance et de son pouvoir, lui, luttant de toutes
ses forces pour cacher sa colère et son désespoir.
Ce fut elle qui se lassa la première, et
elle frappa dans ses mains.
-Garde !
-Conduisez
le prisonnier dans la prison et attachez-le bien. Je l’interrogerais plus
tard.
La geôle
était dans un bâtiment près de la mine. Elle était constituée de petites
cellules minuscules, tout juste des cages , étouffantes et sans air. Le garde
enchaîna O’Neill à la muraille, il pouvait tout juste s’asseoir mais pas
s’allonger, il n’avait pas assez de place. Il resta ainsi trois jours sans
boire ni manger dans la chaleur étouffante du désert. Quand on vint le chercher
au matin du quatrième jour il ne tenait plus sur ses jambes et les gardes
durent le porter et le jetèrent sans ménagement aux pieds de la reine.
Son calvaire n’était pas encore commencé,
les trois jours qu’il venait de vivre n’étaient rien à côté de ce que la reine allait lui faire
subir. Assise par terre près de lui, elle se pencha et lui décrivit tous les
supplices qu’elle lui avait réservés. C’était une scène étrange que cet homme étendu au sol les bras en croix au
bord de l’évanouissement et cette beauté sulfureuse lui susurrant à l’oreille des horreurs comme des mots d’amour.
Les jours et les semaines qui suivirent
furent pour O’Neill un brouillard sans fin de douleurs et de mort entrecoupés de séjours dans le sarcophage,
lorsque le corps épuisé de trop de souffrances se laissait aller dans la
résignation et le renoncement.
Mais la déesse se lassait, elle s’ennuyait,
torturer le prisonnier ne l’amusait plus. Celui-ci ne parlerait jamais, elle le
savait maintenant. Après un ultime séjour dans le sarcophage elle décida de
l‘envoyer de nouveau travailler à la mine. Elle n’avait jamais assez d’
esclaves, beaucoup mouraient d’épuisement et de mauvais traitements.
Et les jours s’écoulaient à nouveau
monotones et douloureux, travailler, manger, boire, dormir, éviter le
fouet, c’était un combat de tous les
instants et il était épuisé. Il était souvent battu parce que moins performant.
Les insultes pleuvaient comme les coups et malgré lui, il avait appris à
courber l’échine.
Il ne pensait plus, toute sa force était
concentrée sur sa survie. Une seule chose l‘empêchait de se laisser aller,
ELLE, dont il voyait par moment le doux visage devant ses yeux. Sa douleur
était encore plus grande car il savait qu’elle ne pensait plus du tout à lui ici,
puisqu’il était là bas aussi. Il imaginait ce double vivant sa vie, mettant ses
pas dans les siens, vivant dans ses quartiers, chez lui, dans son chalet !
Il y avait droit, puisqu’il était aussi lui-même. Une situation paradoxale et
insurmontable pour lui, si loin des siens dans ce monde cruel régi par une
déesse tyrannique.
Il songea un moment à capituler, se laisser
aller définitivement, cesser de lutter, mourir pour de bon sans sarcophage.
Sa détresse était telle par moment que s’il avait pu pleurer il l’aurait fait,
tout ce qu’il voulait c’était la revoir encore une fois, celle qu’il aimait en
secret, et ensuite tout lâcher…
Un jour, il eut un bruit énorme comme si la
terre tremblait, les hommes étaient dans la mine à travailler quand un vaisseau
mère apparut au dessus du site. Des anneaux de transport déversèrent sans
relâche les jaffas de Yu. Un combat épique s’engagea
que les mineurs mirent à profit pour tenter de s’ échapper. O’Neill y vit une
opportunité qui ne se renouvellerait pas de sitôt. Heureusement que pour
travailler les hommes étaient détachés.
Il s’éloigna du camp en courant et courut
se cacher derrière des rochers. De loin il assista à la bataille féroce, entre
les forces de Yu et D’Ishtar. Il n’attendit pas
l’issue du combat et à la tombée de la nuit il s’éloigna du camp en direction
de la porte des étoiles. Il marcha trois jours, une longue marche où il crut à
tout instant mourir de faim de soif et d’épuisement. La porte était en vue
quand il s’évanouit. Il resta un long
moment inconscient, et fut réveillé par des bruits de combat, les jaffas arrivaient, il était grand temps de partir. Il courut
jusqu’au DHD et composa le premier code qui lui passait par la tête celui de la
planète de Tonan, il s’engouffra dans le shapaï tandis que les premiers tirs de lance rebondissaient
sur l’anneau de pierre.
Ensuite il rentra chez lui.
Chapitre 2
Janet était bouleversée, mais elle réagit
aussitôt. Elle fit mettre le colonel dans une chambre isolée du reste de
l’infirmerie, et pour s’occuper de lui, les deux infirmiers récemment arrivés à la base et qui ne le connaissaient
pas. Elle leur dit simplement qu’elle ne savait
pas le nom du blessé, qu’il
venait d’une autre planète, et que son arrivée à la base devait être tenue
secrète.
Puis elle alla aussitôt chercher le général
Hammond.
-Qui
est –ce ? avait-il demandé sèchement. Lui il ne paraissait pas si
enthousiaste que Janet.
-Le
colonel O’Neill ! mais pour le
moment je n’en suis pas sûre à cent pour cent. Il faut que je fasse des tests
ADN, mais je n’aurais pas les résultats
avant une semaine.
Hammond réfléchit rapidement
-En
attendant docteur, aucun contact avec le personnel, surtout pas SG1. Vous devez
l’isoler beaucoup plus que ça. Quelqu’un pourrait entrer ou se demander qui
il y a dans cette chambre.
-Il
y a une cellule qui peut être aménagée en chambre d’hôpital. Mais je ne suis
pas très favorable à cette idée, mon général.
-Et
pourquoi ? demanda Hammond durement.
-Cet
homme a tellement souffert mon général, si c’est bien le colonel O’Neill, il
serait vraiment injuste de le traiter
comme un prisonnier, alors que l’on devrait se réjouir de son retour.
-Je
le comprends très bien docteur, malheureusement nous n’avons pas le choix, et
ce n’est pas de gaîté de cœur que j’agis de cette façon. Il est fort probable
que ce ne soit pas le colonel, sans doute un autre O’Neill d’une réalité
alternée. Et comme il n’a pas repris connaissance… je suis sûr ajouta –t il que
le colonel aurait été d’accord sur le
principe.
-Certainement
mon général répondit Janet d’un air pincé.
Hammond contempla un instant le visage de
l’homme endormi, à première vue c’était bien le colonel. Hammond reconnut même
la petite cicatrice dans son arcade sourcilière gauche.
-Tenez-moi
au courant docteur. Faites vite ! Voilà SG1 qui rentre dit-il en entendant
les alarmes.
En quelques minutes le déménagement fut
fait, la cellule se trouvait deux étages plus haut que l’infirmerie et il y
avait une petite salle de soins attenante, tout pour soigner un blessé ou un
malade, tout en le gardant à l’isolement.
Il était temps , SG1 arrivait déjà à
l’infirmerie pour leur visite médicale de retour de mission.
Janet se précipita et Sam qui connaissait bien son amie vit tout
de suite que quelque chose clochait.
-Ca
va Janet ?
-Oui
, juste un peu débordée.
-Ah
fit Sam en regardant l’infirmerie pratiquement vide à cette heure. Elle voulut
insister mais déjà Janet était partie dans son labo.
Etrange ! pensa la jeune femme. Elle suivit Daniel,
Teal’c, et le colonel Mac Donald.
Chaque retour de mission était pour elle
une épreuve, c’était fou à quel point il lui manquait à ces moments là, son
humour, ses grognements pour chaque piqûre, sa gentillesse, puis plus tard son
amour, quand elle était blessée, ou malade. Ils s’étaient attendus pendant sept
ans, avaient vécu un éblouissant roman d’amour pendant quelques semaines, et la
douleur au goût de cendre ne l’avait plus quittée depuis. Faire des missions
lui changeait les idées, et c’était un
travail qu’elle adorait. Mais la solitude de ses nuits lui pesait, elle avait
du mal à dormir, et rares étaient les
soirs où elle s’assoupissait sans pleurer. Il lui manquait tellement !
-Tout
va bien Sam dit Janet en voyant les résultats, mais je te trouve fatiguée, et
tu as perdu du poids. Manges-tu suffisamment ?
Janet s’était ressaisie, son
professionnalisme reprenant le dessus. Mais elle avait du mal à parler avec
Sam, alors que deux étages plus haut, il y avait quelqu’un qui ressemblait à
s’y méprendre au colonel O’Neill. Le pire pour elle c’est qu’elle n’avait pas
le droit d’en parler. Seul le général Hammond pourrait la délier de son secret,
et il faudrait attendre que le colonel reprenne conscience et puisse expliquer
ce qui s’était passé.
Dans la cellule n° 12 de la base de
Cheyenne Mountain, un homme essayait de refaire surface. Par instant il
reprenait conscience, ouvrait les yeux quelques secondes et comme rassuré par
la présence efficace d’un infirmier à ses côtés, il replongeait aussitôt dans
le sommeil. Il n’avait toujours pas parlé, ses périodes d’inconscience étaient
trop importantes et les calmants coulant dans ses veines contribuaient à le
maintenir dans un repos artificiel et
réparateur.
Deux jours après son arrivée il reprit
conscience plus longuement et vit Janet à ses côtés.
-Docteur ? balbutia t-il.
-Ne
bougez pas, Comment vous sentez-vous ?
-Mal…
très mal…
-Je
sais mais cela va passer, la douleur va finir par s’estomper. Vous avez été
torturé ?
-Oui…
sarcophage… La mine…
Les mots venaient difficilement, il était
épuisé par plusieurs mois de captivité et de tourments.
Janet pâlit :
-Vous
avez été torturé et puis mis dans un sarcophage ? c’est bien cela ?
dit-elle en lui prenant la main.
Il ne répondit pas, hochant seulement la
tête.
-Pourquoi ?
ici ? fit -il un instant plus tard en montrant les murs gris de la
cellule.
-Je
ne peux pas vous répondre, le général Hammond vous expliquera.
-C’est
la cellule 12, je la reconnais.
-Oui,
dit Janet d’un air désolé.
-Je
suis prisonnier ?
-Ecoutez colonel, reposez vous, le général Hammond
répondra à toutes vos questions.
-C’est
un clone.
-Quoi ?
dit-elle en se retournant.
-L’autre
O’Neill, c’est un clone redit-il. Il ferma les yeux, épuisé. Janet
prit aussitôt le téléphone
-Il
est réveillé mon général.
Hammond pénétra dans la petite pièce en
refermant soigneusement la porte derrière lui.
-Comment
allez-vous ? dit-il d’un ton neutre en s’asseyant sur la chaise près du
lit.
-Ça
ira mieux quand je comprendrais ce qui se passe, mon général.
-Qui
êtes-vous ? demanda Hammond.
O’Neill fronça les sourcils mais répondit tout de même malgré l’étrangeté
de la question :
-Colonel
Jack O’Neill. Matricule 66-789-7876-324.
-C’est
impossible dit Hammond sèchement Nous avons déjà un Jack O’Neill.
-Ah
oui ! dit insolemment Jack, j’aimerais bien voir sa tête à celui-là !
C’est un clone.
-Je
ne crois pas dit Hammond ! A aucun moment il n’y a eu possibilité de faire
un échange et nous savons pertinemment que vous êtes impossible à cloner. Les Asgards y ont veillé.
O’Neill était trop épuisé pour se lancer
dans des explications sur le clonage, sciences dont il ne comprenait pas le
premier mot d’ailleurs.
-Si…
c’est un clone, il faut me croire…
Le général hocha la tête. Jack était si
fatigué, et son esprit si embrumé qu’il finissait par douter de sa propre
identité. Et si c’était lui le clone ?
-Alors
je suis qui ? demanda t-il faiblement.
-A
vous de nous le dire.
Il ne répondit pas à la question.
-Je
pourrais voir mon équipe ?
-Non,
tant que l’on ne sera pas fixé sur votre identité, vous resterez là. Je suis
désolé. Reposez-vous bien dit Hammond pour adoucir un peu la dureté de sa
phrase. Si cet homme était vraiment le colonel, cela devait être terrible pour
lui. Mais c’était la sécurité de la base qui était en jeu. Il devait le
comprendre.
-A
vos ordres dit O’Neill en se rendormant.
Hammond savait bien qu’il ne pourrait pas
cacher longtemps la présence du « colonel » au reste de la base. Il
décida d’envoyer SG1 en mission pour trois jours, et de leur donner ensuite une
semaine de vacances, cela lui laisserait
un peu plus de temps pour réfléchir.
Une semaine plus tard, Jack se sentait
beaucoup mieux, il pouvait se lever, sa robuste constitution lui permit de
reprendre très vite des forces. Il était toujours dans la cellule 12 et
revivait en boucle le moment où il avait vu ses amis pour la dernière fois. Il
en parla à Hammond, revenu le voir.
-Sur
la planète P5R644, il n’y avait pas
assez d’oxygène et j’ai laissé Daniel et Carter se reposer.
-Oui,
ça je sais, c’est dans votre rapport.
-Non
mon général, je n’ai jamais écrit de rapport, puisque je ne suis pas rentré. A
un moment j’ai dit à Teal’c d’aller à gauche pendant que j’allais à droite.
Nous devions chercher ce fameux minerai dont Carter avait relevé la trace. Nous
devions nous retrouver une heure plus tard.
C’est là qu’a eu lieu l’ échange. Je me
suis senti tout de suite tomber dans un trou. J’ai perdu connaissance un
moment, puis je me suis réveillé dans un vaisseau Goa’uld. Je suppose
maintenant que c’est à ce moment là que le clone a pris ma place. c’est lui qui
est allé au point de rendez-vous et qui est rentré sur terre.
Hammond était convaincu par le récit de
Jack. Les analyses ADN étaient concluantes et Janet était formelle, c’était
bien le vrai Jack O’Neill.
Jack pouvait lire sur le visage du général
le soulagement et puis aussi l’inquiétude.
-Que
se passe t-il mon général ? Un
problème ?
-Oui
Jack, un gros problème. Asseyez vous, dit-il au colonel qui arpentait
nerveusement la pièce en tout sens.
-Quoi ?
C’est SG1 n’est ce pas ? Carter ? Elle n’est pas …Il était
soudainement inquiet, il n’avait pas revu SG1 , et pensait soudainement avec
terreur qu’on lui cachait quelque chose.
-Non, non rassurez vous, elle est bien
vivante. Daniel et Teal’c aussi.
Il sentit le soulagement de Jack à un
affaissement subit de ses épaules, ses muscles tendus comme les cordes d’un
arc, s’étaient soudainement relâchés. Il attendait que
le général parle.
-Tout
d’abord je dois vous dire que votre
clone est mort.
Il ne parut pas surpris.
-Je
m’en doutais mon général. Ishtar lui avait fait poser un implant, et par cet
implant elle avait accès à des informations sur la base et les défenses
terrestres. Un jour elle m’a dit que les informations avaient cessé d’arriver.
Elle pensait que le dispositif avait dû être désactivé, ou que le clone était
mort.
Hammond le regardait fixement comme s’il
avait dit une énormité.
-Quelle
genre d’informations demanda t-il ?
-Je
n’en ai aucune idée. Mais j’ai cru
comprendre qu’elle avait fait rater de nombreuses missions et que vous aviez eu
des morts et des blessés dans les rangs du SGC.
-C’est
exact dit Hammond, Hélas, nous avons perdu les majors Andrew et Winter, le
colonel Habner, et nous avons eu de nombreux blessés.
Silence, le général laissait le temps à
O’Neill de digérer la nouvelle. Il n’était pas particulièrement lié avec les
disparus, mais c’étaient des hommes courageux qui avaient péri dans les pièges
tendus par Ishtar.
-Vous
aviez quelque chose à me dire au sujet de SG1 mon général ? se hasarda O’Neill quelques instants plus
tard. Pourquoi est ce que je ne les ai pas vus depuis mon retour ?
-C’est de ça dont je voulais vous parler, commença
le général en hésitant Ils vous croient morts depuis plusieurs mois maintenant.
-Vous
ne les pas avertis ?
-Non,
-Mais
pourquoi ?
-Parce
qu’il y avait un doute sur votre identité jusqu’à aujourd’hui. Le docteur Frazier m’a rendu les conclusions de son rapport, ce matin.
Votre identité a été formellement prouvée.
O’Neill perdait patience, ce n’était pas
l’habitude du général Hammond de tourner autour du pot, il avait du se passer
quelque chose de terrible.
-Et
si vous me disiez tout mon général ?
-Je
vais vous faire part de ma décision, dit Hammond sans répondre à la question de
Jack.
O’Neill soupira :
-Je
vous écoute mon général.
-En
ce moment SG1 est en vacances, je les ai éloignés de la base depuis votre
retour. Attendez ! dit-il en levant la main devant l’impatience grandissante
de Jack. Je vais les faire revenir aujourd’hui. Cependant il y a une chose dont
je ne peux pas vous parler, seule le docteur Carter pourra le faire.
-Le
docteur Carter ? Elle n’est plus dans l’armée ?
-En
effet, cela fait partie des nombreuses choses
dont elle vous parlera.
-Que
de mystères ! dit Jack avec contrariété. Quand est-ce que je vais les
voir ?
-Il
vous faudra attendre encore un peu. Je ne peux pas vous retenir encore ici
contre votre gré, il n’y a aucune
raison. Mais si je vous le demande, accepteriez vous de rester ici dans cette
cellule encore 24 heures ?
Jack
était de plus en plus intrigué, il n’avait aucune idée de ce qui se
passait, mais il soupçonnait que c’était très grave, sinon le général ne
prendrait pas de telles précautions.
-Je
peux rentrer chez moi peut être ?
-J’aimerais
mieux pas colonel. Je ne veux pas que
SG1 apprennent votre retour par la
rumeur.
-Je
vous fait confiance mon général. Vous avez dit 24 heures, pas une de
plus !
-Rassurez-vous
Jack, tout va bien se passer.
Hammond rappela SG1 qui se rendit
immédiatement dans le bureau du général.
Celui-ci était déjà installé à sa place quand ils entrèrent. Daniel et
Teal’c bavardaient de choses et d’autres,
ils étaient en grande discussion sur le dernier artéfact rapporté par
l’équipe, Mac Donald était silencieux,
et Sam plongée dans ses pensées. Ces quelques jours de repos avaient très durs
pour elle. Elle n’aimait déjà pas les vacances et se retrouver seule était toujours une épreuve depuis la mort de
Jack. Elle y pensait tout le temps. De temps à autre elle touchait autour de
son cou l’alliance pendue à une chaîne en or et
qu’elle portait à même la peau.
Ils s’installèrent à leurs place
habituelle, Mac Donald et Teal’c d’un
côté, elle et Daniel de l’autre.
-Mes
amis, dit Hammond en souriant, j’ai une grande nouvelle à vous apprendre. Ici
au SGC est arrivé un homme il y a une semaine, il était gravement blessé, et un doute subsistait sur
son identité.
-Qui
est-ce demanda Daniel ?
-Vous
le connaissez bien, très bien même, dit
Hammond avec douceur ne voulant pas asséner
trop brusquement la nouvelle du retour de Jack.
Il croisa à cet instant le regard de Sam,
et il lui sourit, la jeune femme pensa aussitôt à jack, et son cœur bondit dans
sa poitrine, mais c’était
impossible ! Jack était mort, elle l’avait vu dans son cercueil.
Elle
entendit à peine la phrase du général, « c’est le colonel
O’Neill ». Elle sentit instantanément les regards des quatre hommes se
poser sur elle.
Paralysie totale du corps… le cerveau au
ralenti… Jack… Impossible…
-Mon
général ! Elle avait presque crié. Elle était debout, le visage défait,
les yeux brillants de larmes, il est
mort, je l’ai vu, vous l’avez tous vu !
-Asseyez vous,
reprenez vous Docteur O’Neill dit Hammond d’une voix calme.
Sam s’était rassise, elle contemplait ses
mains devant elle, ses mains qui tremblaient. Elle tremblait toute, passant à
la fois du désespoir à la joie la plus
folle. Comment supporter tant d’émotions ?
Elle rougissait, puis pâlissait l’instant d’après devenant blanche
jusqu’ aux lèvres.
Hammond fit venir Janet qui l’examina.
-Elle
va bien, c’est seulement trop d’émotions, dit-elle en souriant.
Quelques instants plus tard, Sam avait
repris des couleurs. Elle se posait mille questions, était-ce bien le colonel
qui était rentré ? dans ce cas qui était celui qu’elle avait aimé et
qui était mort ?
Le général Hammond prit son temps pour
expliquer à SG1 tout ce que lui avait raconté le colonel depuis son retour.
Mais Sam doutait toujours :
-Mon
général, je croyais que les Asgards avaient rendu
impossible le clonage du colonel ?
-En
effet, mais le colonel n’a pas répondu à cette question peut être ne sait-il
pas ce qui s’est réellement passé.
-Connaissant
Jack, dit Daniel pour alléger
l’atmosphère, je doute qu’il ait compris quelque chose à cette histoire d’ADN
protégé et de clonage.
Un sourire parut sur les lèvres de Sam à la
remarque de Daniel.
Il lui semblait vivre un rêve, elle avait
vécu avec un homme qui était mort, elle l’avait aimé, elle l’avait enterré et
c’était un clone ! Cela virait au cauchemar ! Elle avait du mal à y
croire.
-Mon
général, et si le « Jack »
qui est revenu est un clone ? Ou quelqu’un venant d’une réalité
alternée ?
-Non
docteur O’Neill, Janet est formelle.
-La
première fois, elle a fait des examens au colonel après les missions et elle
n’a rien vu, dit Sam.
-Sans
doute, hasarda Daniel parce qu’elle n’y pensait pas tout simplement.
Sam hocha la tête et se tournant vers
Hammond :
-Je
peux le voir, mon général ?
-Bien
sûr, je vais vous faire conduire. Mais je n’ai rien dit au colonel, concernant
votre vie privée, naturellement.
-Bien
mon général.
Jack attendait, il savait qu’en ce moment
même le général parlait à SG1 et au reste de la base. Il ne comprenait pas le
pourquoi de telles précautions. Il était rentré après une longue période où on
l’avait cru mort ! Ce n’était pas la première fois ! C’est vrai que
cette histoire de clone, compliquait un peu la donne. Peut-être que le général
avait encore des doutes sur son
identité, c’est pour cela qu’il le maintenait au secret.
Il était toujours dans la cellule 12, car
il devait encore recevoir des soins, ses blessures n’étaient pas guéries, et
Janet venait le voir deux fois par jour.
-Comment
vous sentez-vous colonel ? dit-elle
-Raz
le bol ! Je voudrais sortir d’ici.
-Ça ne va pas tarder, Sam va venir vous voir.
-Le
docteur Carter ?
-Ah,
je vois que vous êtes au courant qu’elle a quitté l’armée dit Janet d’un air
gênée, tout en continuant à nettoyer une plaie sa poitrine.
-Ouille,
allez doucement ! grogna t-il.
-Franchement
colonel, je ne comprends pas, vous supportez les pires supplices et vous vous
plaigniez d’un pansement ! répondit Janet heureuse de ce changement de
conversation. Pour rien au monde elle n’aurait voulu en dire plus, mais si le
colonel avait continué dans ce sens, elle aurait eu du mal à lui résister. Il
pouvait être très autoritaire quand il le voulait.
-Ça
fait partie de mon personnage, répondit-il en riant. Si je ne grognais pas, je suis sûr que
j’aurais deux fois plus de piqûres.
-C’est
la procédure vous savez mon colonel.
-Oui,
oui je sais dit-il en souriant.
Quelques instants après le départ de Janet,
la porte s’ouvrit à nouveau. C’était elle.
Elle avançait les yeux écarquillés, elle avait pleuré, et
frissonnait.
-Jack
murmura t-elle.
Il eut l’air surpris qu’elle l’appelle par
son prénom et fronça les sourcils.
-Carter ?
Vous avez dit « Jack »
-En
effet, c’est comme cela que je vous appelle depuis plusieurs mois.
Elle ne lâchait pas son regard, voulant
éviter le reste de son corps où l’on voyait encore trop de traces de torture.
Elle n’aurait pas pu le supporter.
-Et
en quel honneur ?
-Je
dois te dire d’abord que je ne suis plus militaire, et…
Mais il la coupa brutalement.
-Et
en plus on se tutoie ! dit-il
incrédule.
Sam avait toutes les patiences, mais
comment lui dire la vérité ? Il allait être furieux, de cela elle était
sûre.
-Bien
comme vous voulez… Monsieur… si ça peut faciliter notre conversation. Ce que
j’ai à vous dire n’est pas simple, et je vous demanderais de ne pas
m’interrompre.
-D’accord
Carter, je vous écoute.
-J’ai appris ce
qui s’était passé, votre captivité, et
l’échange qui a été fait. Un autre vous-même est rentré avec nous au SGC. La vie a
continué, les missions, notre relation tous les quatre, nos petites sorties. La
vie que nous avons toujours connue. Puis un jour avec « le colonel »
nous avons reparlé du test zatarc, nous regrettions
en fait tous les deux d’avoir fait comme si rien ne s’était passé.
Sam hésita un instant, le visage d’O’Neill
était tendu, son regard s’était fait plus dur, comme s’il voulait la jauger.
Elle sentit qu’il faisait un effort considérable pour ne pas l’interrompre,. Ce n’était pas
simple, elle devait puiser dans son courage pour trouver la force de continuer
son récit, il le comprit et l’invita du regard à poursuivre.
-Nous
avons longuement parlé, toute la nuit en fait. A partir de ce jour nos
relations avaient changé. Nous étions plus proches, si proches que nous avons
décidé de vivre ensemble.
Elle n’osait plus le regarder, il s’était
levé et prenait visiblement sur lui.
Elle lui en fut reconnaissante.
-Se
posait le problème de nos grades. Nous avions décidé de nous voir en cachette.
A ce moment là O’Neill intervint malgré sa
promesse.
-Et
ça ne vous a pas mis la puce à l’oreille ça ? Déjà que l’on reparle du zatarc, vous auriez
dû penser que ce n’était pas moi !
Ces paroles Sam les ressentit comme un coup
de poignard. Comme il pouvait être cruel dans ses mots.
-Excusez-moi,
monsieur, mais à quel moment aurai-je pu
penser que ce n’ était pas vous ? Franchement dites-le moi ! Même
Janet ne l’a pas vu !
Nous
faisions attention car notre problème de grades n’ était pas encore résolu,
dit-elle plus calmement en poursuivant son récit. Un jour pourtant Daniel nous a vus et en a
parlé autour de lui. Naturellement c’est arrivé aux oreilles du général Hammond
qui nous a convoqués immédiatement. Il ne nous a pas puni, parce que j’ai donné
tout de suite ma démission. Nous avons décidé de nous marier…
La
fête de fiançailles que nous a donnée nos amis fut inoubliable ! …
La voix de Sam dérapa et se cassa sur ces
mots. C’était trop de tension, et lui ne l’aidait pas du tout. Il se tenait
debout, appuyé contre le mur, la tête baissée, dans une pose nonchalante qui la
rendait folle. Folle de désir mais aussi de douleur car l’homme qui était
devant elle et qui écoutait son récit extravagant n’était pas du tout le même
que celui qui la serrait tendrement dans ses bras, celui qui la faisait rire
aux larmes, qui l’enchantait de caresses et de baisers.
-Après…
ce fut la dernière mission… Nous étions en danger, il nous a fait passer en
premier, puis il a reçu une lance jaffa en pleine poitrine, il est… mort peu
après. Il avait donné sa vie pour nous sauver…C’était de notre faute, on n’
avait pas couru assez vite…
Elle se tut, les larmes coulaient sur son
visage, larmes qu’elle n’essuyait même pas. Elle s’était laissée tomber sur une
chaise à bout de force.
-Je
regrette…je suis faible… excusez-moi…mais ça a été tellement dur de vivre ça.
Son regard à lui s’était brouillé, il
commençait à comprendre ce qu’elle avait pu ressentir.
-Ce
n’était pas votre faute, vous n’avez
rien à vous reprocher, dit-il d’une voix douce.
Il s’était rapproché d’elle, elle sentait
son parfum, son eau de toilette, la même que celle de l’autre, elle ferma les
yeux et se laissa aller un instant, elle était perdue au milieu de nulle part
entre un mort et un vivant qui n’avait pas l’air de comprendre le calvaire
qu’elle avait éprouvé. Elle finissait par douter et par se faire des
reproches, Pourquoi n’ai-je rien vu ? J’aurais du savoir que ce n’était pas
lui.
-C’est
étrange murmura t-il comme pour lui-même, pendant que vous pleuriez le clone,
je mourais réellement dans une autre existence, et personne ne le savait…
Une lame acérée s’enfonçait dans son cœur.
-Jack !
oh mon Dieu.
Lui aussi était bouleversé, elle le voyait,
et s’en voulait d’être aussi égoïste, ce qu’il avait vécu était innommable, il
avait souffert seul, personne pour le pleurer, et le sarcophage encore et
encore, toujours les même supplices indéfiniment, jusqu’à ce que la déesse
cruelle se lasse.
Ils se rapprochèrent l’un de l’autre et il
la prit dans ses bras. Elle sanglota sur son épaule, elle retrouvait la place
qui était la sienne, le creux de son épaule.
Il l’éloigna un peu de lui et du pouce essuya les larmes qui coulaient.
Elle prit sur elle pour continuer ;
-Je
n’ai pas fini mon récit… Il me reste le plus dur.
-Le
plus dur ?
-Oui,
souffla t-elle. Quelques semaines après la cérémonie devant la porte des
étoiles, j’ai fait une demande un peu particulière, au général Hammond.
Elle leva les yeux , son regard à lui était
interrogatif, il ne voyait pas où elle voulait en venir.
-J’ai
demandé au général de faire un mariage posthume.
Elle attendit en vain la réaction de Jack,
il n’avait pas l’air de comprendre. Elle ne voulut pas se lancer dans de
grandes explications, et lui expliqua en quelques mots.
-C’est
le fait d’épouser la personne décédée.
Elle attendit :
-Et… ? dit-il Sa voix était neutre, mais elle
crut y déceler un léger tremblement.
-J’ai
obtenu l’autorisation spéciale du président. Nous nous
sommes mariés le 31 août. Tenez dit-elle en ôtant la chaîne qu’elle portait à
son cou. Elle lui tendit l’alliance.
Jack était abasourdi, elle l’avait épousé,
enfin pas lui, le clone. Il prit l’alliance et lut l’inscription à l’intérieur
« Sam et jack
-Ainsi
donc vous êtes Samantha O’…
-O’Neill
dit-elle en terminant sa phrase.
Il mit quelque temps à réagir et la
regarda. Elle avait l’air malheureux d’une petite fille prise en faute. Il ne
savait ni quoi dire, ni quoi faire.
-Ça
veut dire que vous êtes veuve, Carter !
Sam soupira, il n’avait pas l’air de
comprendre.
-Jack,
non , depuis que vous êtes rentré, je ne suis plus veuve.
Il gigotait :
-Mais c’est pas moi
que vous avez épousé, Carter, c’est le clone !
-Il n’y a qu’un seul
Jack O’Neill, c’est vous !
-Carter, c’est
une histoire de fou, ça n’a aucun sens. Vous avez épousé le clone, il est mort,
vous êtes veuve. Fin de l’histoire.
Sam, était désespérée, elle préféra le
laisser, têtu comme il était, il lui fallait du temps pour digérer la nouvelle.
Cela faisait beaucoup pour un homme encore affaibli. Elle ne répondit pas à sa
phrase et elle sortit en retenant ses sanglots.
Daniel l’attendait dans le couloir.
-Il
vous a fait pleurer Sam, je vais aller lui casser la figure ! dit-il en
colère.
-Je
vous en prie, Daniel, c’est dur aussi pour lui, pensez à ce qu’il vient de
vivre. Je crois qu’il faut lui laisser du temps.
-Vous
avez raison, mais ce qu’il peut être têtu parfois !
La base fit un accueil triomphal au colonel
Jack O’Neill. La nouvelle qu’il était vivant se répandit comme une traînée de
poudre. On lui fit même une petite fête à laquelle il participa malgré lui. Il
regardait Sam qui était avec ses amis. Elle avait décidé de ne plus lui parler
tant qu’il n’aurait pas réfléchi. La balle était dans son camp. Elle avait
peur, car il était très capable de laisser pourrir la situation.
Son cœur battait à grands coups dans sa
poitrine tandis qu’elle sentait sur elle le regard de Jack. C’était difficile
pour tous les deux. Mais pour lui, la nouvelle était trop difficile à gérer. Il
se retira rapidement dans ses quartiers , mais là il fut incapable de retrouver
le sommeil.
Il faisait les cents pas revivant l’étrange
conversation qu’ils venaient d’avoir. Ou plutôt le presque monologue de Carter.
Exprimer ses sentiments n’étaient pas son fort, il le savait. Il se sentait
surtout en colère après elle, qu’elle ait pu le confondre avec un double, il ne
pouvait pas le supporter. Il le lui
avait dit. Mais il n’avait pas pu aller plus loin, il aurait dû se boucher les
oreilles, ne plus rien entendre, et cette histoire de mariage posthume, non, ça
il ne pouvait pas l’avaler.
Il s’allongea sur son lit, mais la douleur
était encore présente dans ses os et
dans ses muscles, il savait qu’il ne trouverait pas le repos. Il était aussi en colère après lui, s’il n’était
pas tombé dans le piège d’Ishtar comme un débutant, rien de tout cela ne serait
arrivé.
Mais
tu n’aurais jamais su ce qu’elle était capable de faire pour toi ? avoue-le ! Même mort elle a voulu t’
épouser dans une sorte d’attachement éternel ! Elle te serait restée
fidèle jusqu’à sa mort. Si ce n’est pas de l’amour ça ?
Malgré lui il se sentait ému, être aimé de
cette façon, c’est si rare. Il
connaissait les sentiments de la jeune femme pour lui, le fameux test zatarc. Mais lui,
Jack O’Neill n’en aurait jamais reparlé, il en revenait toujours au même
point.
Samantha
O’Neill, Samantha O’Neill.
Le nom de la jeune femme revenait comme un leitmotiv, malgré
ce qu’il lui avait dit, il avait parfaitement compris qu’ils étaient
mariés. C’est cela qu’il avait du mal à supporter, il fallait qu’il se fasse à
cette idée, il lui fallait seulement du temps.
La vie continuait au SGC, le colonel
n’avait pas encore repris le travail. D’ailleurs il n’avait plus de poste,
puisque SG1 était commandé par le colonel Mac Donald depuis plusieurs mois
maintenant.
A la demande de Hammond il se rendit dans
le bureau de celui-ci.
-Alors
colonel ? en forme ?
-Ça va beaucoup mieux, merci. J’aimerais
reprendre le travail au poste que vous voudrez mon général.
-Je vous remets à
la tête de SG1 ! Le colonel mac Donald a trouvé une autre affectation sur
le site Bêta et il en est ravi.
-A
vos ordres mon général, dit il avec un grand sourire.
Hammond était satisfait il retrouvait son
second, le meilleur qu’il ait eu jusqu’à présent.
O’Neill sortit du bureau du général et se
dirigea vers le laboratoire de Sam. Depuis la discussion avec Jack celle-ci ne vivait plus. Son amour pour Jack
était intact, l’élan qui l’avait porté vers le double, elle le ressentait pour
lui, peut être même encore plus fort. Et le fait qu’ils étaient mariés
renforçait encore les liens. Elle tentait vainement de se concentrer sur
son travail lorsqu’elle reconnut son pas dans le couloir. Comme il lui
avait manqué, ce pas
reconnaissable entre tous !
Il s’était arrêté, sa porte étant ouverte,
il entra sans frapper comme à son habitude. Elle fit semblant d’être concentrée sur un travail, et ne se retourna
pas. Son cœur battait la chamade comme s’il allait se décrocher à tout moment.
-Carter !
-Oui,
dit-elle sans le nommer.
Il s’approcha et regarda par-dessus son
épaule,
-Oh
je vous dérange, vous travaillez ?
Il avait parlé d’un ton léger comme celui
que l’on prend entre ami, ou collègues. Son cœur se serra. Il avait donc décidé
de jouer les indifférents et de faire comme si rien ne s’était passé ! Il
ne changerait jamais, pensa t-elle avec tristesse.
-Je
voulais reparler… de ce qu’on a dit…commença t-il en hésitant.
L’espoir la souleva, elle se leva et se mit
face à lui. Elle faillit rire tellement il avait l’air embarrassé. Le grand
Jack O’Neill, celui qui tenait tête aux pires Goa’ulds, était mort de trouille. Elle sourit sans rien dire comme pour
l’encourager.
-Alors
vous et moi, on est… mariés ?
-Oui.
-Alors
ça veut dire que nous avons… heu…
-En
effet, nous avons…
-Et
c’était ? …
-C’était
parfait Jack, tu étais parfait.
-Oh !
…
Il sourit d’un air gêné.
-Et
maintenant que fait-on ?
Le cœur battant, elle prit son courage à
deux mains sentant qu’il fallait un peu le bousculer
-Je
ne peux pas revenir en arrière et je ne le souhaite pas. Si tu veux on peut…
-Divorcer ?
dit-il d’un air malicieux.
-Oui..
souffla t-elle anxieuse.
Avec ce diable d’homme et son humour
parfois si décalé , elle ne savait jamais s’il soufflait le chaud ou le froid.
-Mais
pour divorcer, il faudrait déjà se connaître et avoir une bonne raison dit-il légèrement.
-En
effet… une bonne raison…
Ils étaient à quelque centimètres l’un de
l’autre. Il se pencha légèrement pour mettre son visage à hauteur du sien, la
main de Jack vint effleurer la joue de Sam comme pour essuyer une larme
imaginaire.
-Il
faudrait peut être d’abord commencer par se connaître ? non ? dit-il en approchant ses lèvres
des siennes, elle sentait son souffle chaud sur sa peau comme une caresse
voluptueuse.
-Qu’en
dis-tu Sam ?
Sa bouche rejoignit la sienne tandis
qu’elle passait ses deux bras autour de son cou et se serrait très fort contre
lui. Elle sentit la main de Jack se
glisser dans son dos et caresser sa peau nue, elle frémit de tout son être. Oui
elle voulait bien essayer de le connaître. Elle avait vécu comme dans un rêve,
et elle remerciait le ciel de lui accorder une seconde chance d’être heureuse.
Lui, c’était SON Jack le seul et unique.
-Je suis d’accord
Jack … dit-elle en répondant à son baiser avec fougue.
Du pied, il poussa la porte du labo qui se
referma sans bruit…
FIN
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