Rapprochement
Fic MacGyver n°7
Février
2008
Genre : Aventure, romance : Mac/Nikki
Résumé : Mac et Nikki font une mission un
peu particulière
Epoque : avant 1989
Rating : PG13
Disclaimer : l’univers de MacGyver ne
m’appartient pas.
Avertissement : Cette fic est la suite de Bivouac.
(missing scène de l’épisode Widomaker )
Résumé
de Bivouac : Après la
chute de Murdoc dans le Widdomaker, MacGyver et Nikki entreprennent la remontée
de la montagne. Ils bivouaquent dans la forêt en attendant les secours. La
route étant minée ils ne peuvent pas redescendre en pleine nuit.
Le
retour vers la civilisation fut rapide. Une heure de vol en hélicoptère pour
retrouver leur vie d’avant, à Los Angeles. Nikki était épuisée, elle pensait
même avoir dormi un peu durant ce vol court et bruyant. Elle n’avait qu’une
seule envie, se plonger dans un bain brûlant, prendre un repas chaud et dormir,
dormir, dormir.
Elle
était affalée sur un siège devant le bureau de Pete Thornton, directeur des
opérations à la fondation Phoenix. Près d’elle, MacGyver et Pete faisaient le
point sur le retour et la disparition de Murdoc.
-Je n’arrive pas à comprendre, dit Pete,
comment il a pu se sortir de ce camion en flamme l’an dernier.
Elle
les écoutait à peine, elle entendait de temps à autre des bribes de phrases.
Comme d’anciens combattants, ils évoquaient leur guerre contre Murdoc. Elle
concevait que c’était important, mais cela l’agaçait un peu. Elle se contentait de jeter des regards vers
Mac. Il était très différent de la veille. Il ne ressemblait plus à l’homme des
bois et avait repris un air civilisé, bien rasé, vêtu d’un jean et d’un blouson
de cuir. Naturellement il avait toujours les cheveux en bataille mais à cela il
n’y avait sans doute aucun remède.
-Nikki !
Elle
sortit de son rêve et devait avoir un air hébété car Pete se mit à rire.
-Vous n’avez rien écouté du tout !
-Désolée Peter, vous disiez…
-Je voulais savoir si vous aviez bien
récupéré ?
-A part quelques écorchures, dit-elle
en montrant les sparadraps qui couvraient ses mains, tout va bien.
Dans
l’œil de Pete une lueur qu’elle ne lui connaissait pas, comme une sorte
d’exaltation. Etait-ce la joie d’avoir retrouvé MacGyver en forme ou bien un
projet qu’il avait prévu pour eux ? Elle ne se trompait pas.
-Vous allez l’air de bien vous entendre
maintenant !
Long
regard de Mac vers elle et soupir de part et d’autre.
-Tu sais Pete il ne faut rien exagérer,
commença Mac
Mais
Thornton poursuivit faisant fi de l’intervention du jeune homme.
-Vous faites un excellent tandem tous
les deux et j’ai bien envie de vous proposer une mission ensemble.
-Ah non ! protesta t-elle un peu
rapidement.
Refaire
une autre mission avec MacGyver serait sûrement épuisant pour ses nerfs. Il
avait le chic pour se fourrer dans d’inextricables pétrins et elle n’avait pas
du tout envie d’une autre aventure rocambolesque, aspirant plutôt à une mission
plus calme… dans un bureau par exemple.
-Vous vous souvenez celle que vous
aviez faite en Allemagne de l’est ?
-Vous savez Peter, c’est justement la
mission qu’il ne faut pas évoquer.
Le ton de Nikki était sec et Mac se tassa un
peu sur sa chaise.
Elle
ne se souvenait que trop bien du largage en parachute depuis un ballon. Mac l’avait
littéralement jetée par dessus bord. Elle en avait encore des sueurs froides.
-C’était une mission réussie pourtant,
insinua Peter d’un ton innocent.
-Oui mais à quel prix !
Nikki
avait lâché ces mots tout en évitant consciencieusement de regarder du côté de
MacGyver. Elle s’enferma dans un mutisme profond pour montrer sa réprobation.
-Tu sais Pete, je préfère travailler
seul, commença le jeune homme je suis beaucoup plus efficace sans avoir à
surveiller…
-Surveiller !
Ses
bonnes résolutions s’envolèrent aussitôt, comment osait-il ?
-C’est de moi que tu parles ? Elle lui lança un regard des plus noirs.
Pete
poussa un soupir qu’on dut entendre jusqu’en bas de l’immeuble.
-Arrêtez de vous disputer, vous êtes
exténuants tous les deux. J’ai besoin d’un couple pour cette mission. Etes vous
d’accord oui ou non ?
-Oui
-Non
Bien
sur, c’était elle qui avait dit non et d’ailleurs, elle était très étonnée que
Mac souhaitât faire un travail en sa compagnie.
-Je t’écoute Pete, poursuivit Mac sans
tenir compte de ce qu’elle pouvait ressentir.
Pete
avait toujours été très correct avec elle et s’il lui demandait un service, elle
ne pouvait pas refuser. Donc elle accepta du bout des lèvres.
Un
large sourire la récompensa mais elle était tout de même inquiète de savoir
dans quelle galère elle allait encore se fourrer.
Evoquer
Murdoc avec Pete avait ravivé les angoisses de MacGyver, il avait bien cru leur
dernière heure arrivée dans cette maudite montagne. Il n’avait qu’une crainte,
c’est qu’il survive à ses blessures. Avec lui tout était possible. Il leur avait
déjà fait le coup deux fois.
Maintenant,
il fallait oublier tout ça et se concentrer sur cette nouvelle mission. Il jeta
un regard à Nikki qui n’avait pas l’air de vouloir goûter à de nouvelles
aventures. Cela le fit sourire, cette attitude qu’elle avait tout le temps de
dire non en premier dès qu’il y avait quelque chose à faire ensemble. C’est
vrai qu’il préférait travailler seul, il était plus libre de ses mouvements et
de ses décisions et si cela tournait mal, il n’avait à s’en prendre qu’à lui même.
Mais Pete avait ses raisons.
Il
avait bien remarqué la façon dont elle l’observait tout à l’heure, quand avec
Pete, ils parlaient de Murdoc. Il avait l’impression que l’aventure qu’ils
venaient de vivre avait changé quelque chose entre eux, mais il ne savait pas
encore quoi.
-Vous partirez en Hongrie tous les deux,
expliqua Pete. Je sais que ce n’est pas très original mais vous serez en voyage
de noce.
MacGyver
tiqua en entendant le mot « Hongrie », il n’y avait pas que des bons
souvenirs. D’ailleurs Pete remarqua sa mimique.
-Mac, c’est un service personnel que je
vous demande à tous les deux. Yvan Golovine est un très bon ami à moi et il
voudrait passer à l’Ouest.
-C’est un Russe ? demanda t-il
étonné.
-Oui, il vit en Hongrie depuis de
nombreuses années déjà et il fait partie de l’orchestre philharmonique de
Budapest, sa disparition ne passera pas inaperçue. Il faudra donc être très
prudent.
-Comme d’habitude, dit-il fataliste.
Comme
s’il y avait des missions faciles ! Celles derrière le rideau de fer
étaient particulièrement compliquées. Il y avait une telle bureaucratie dans
les pays de l’est et un KGB si puissant que le moindre étranger y était
remarqué, tous ses déplacements étudiés à la loupe. C’est pourquoi le voyage de
noces était une bonne couverture. Cela leur donnerait une certaine liberté.
Pete
leur avait préparé un itinéraire, demandé les autorisations nécessaires, ils avaient
un concert de prévu à Budapest qui les amènerait à rencontrer Golovine. Il leur
avait ficelé un dossier en béton, au nom de M et Mme Carpenter, jeunes mariés, passionnés
de musique classique et qui ne rêvaient que de rencontrer en personne le grand
maestro.
Etant connu un peu partout dans les pays de
l’est, il valait mieux que Mac prenne une nouvelle identité, c’était beaucoup
plus prudent. Se faire reconnaître serait vouer cette mission à un échec
certain.
-Quand partons nous ? demanda
Nikki.
-Dans deux jours, le temps de vous
reposer un peu de vos dernières aventures et le temps pour moi de peaufiner le
plan.
-Bon, je vais en profiter pour aller
dormir un peu, je suis exténuée, dit Nikki en sortant sans un regard pour Mac.
-Et bien dis donc, elle a l’air de t’en
vouloir, remarqua Pete avec surprise.
-C’est rien, ça lui passera. Tu sais
comment elle est !
-Oh oui, dit Pete en riant, et tu
ferais bien aussi d’aller te reposer un peu, tu as une mine épouvantable !
-Comment ça épouvantable ! se
rebiffa t-il
-Allez, allez, fiche le camp d’ici,
j’ai du travail, conclut Pete en riant.
Avec
un signe de la main il laissa Pete à ses nombreuses obligations.
Sur
le parking, il fut étonné d’y trouver Nikki qui l’attendait.
-Je voulais te parler seul à seul,
dit-elle un peu gênée.
-Oui je t’écoute.
Que
pouvait–elle bien lui vouloir ?
-Voilà MacGyver, on va rester plusieurs
jours comme un couple marié et je ne veux pas que tu t’imagines des choses qui
ne seront pas vraies.
Il
fronça les sourcils et serra les lèvres pour s’empêcher de sourire car il la
voyait venir à des kilomètres cette chère Nikki.
-Je ne vois pas de quoi tu
parles ? dit-il d’un air faussement naïf.
-Et bien… je… enfin, tu vois…
Elle
rougissait. Mac laissa passer un silence gêné puis il eut enfin pitié d’elle.
-Nikki ! Nous sommes des
professionnels tous les deux, non ? Nous savons jouer la comédie quand il
le faut, n’est ce pas ?
-C’est exactement ce que je veux
dire !
Il
aurait pu être vexé de par son attitude, car elle lui refaisait le coup de
l’Allemagne de l’est quand ils avaient partagé un étroit sac de couchage.
Finalement, il comprit brusquement qu’elle avait des sentiments pour lui et que
la comédie qu’ils allaient jouer pourrait bien ne pas en être une pour elle. Il
était troublé. Nikki était une femme superbe et elle ne lui était pas
indifférente, si ce n’était son fichu caractère.
Ils
étaient là tous les deux sur le parking à se regarder au fond des yeux, chacun
cherchant à sonder l’autre. Il sentit Nikki extrêmement émue et mit de coté
l’ironie qui lui venait aux lèvres.
Finalement,
il mit un terme à cet étrange entretien.
-Rassure toi Nikki tout se passera
bien.
Elle
hocha la tête en guise de réponse et d’un pas rapide rejoignit sa voiture.
Mais
quelle idiote elle avait fait ! Elle aurait voulu se jeter dans les bras de MacGyver
qu’elle n’aurait pas fait autrement ! Elle s’était ridiculisée devant lui.
Heureusement il avait réagi avec tact sans se moquer d’elle. Pourquoi en était-elle
étonnée ? MacGyver était un homme
bon et respectueux des autres. Jamais elle
ne l’avait entendu dire du mal de quelqu’un ou lancer des piques acerbes. Pourtant
la lueur dans son regard en disait long. Elle avait cru y décerner un sentiment
qu’il ne lui aurait avoué sous aucun prétexte. En fait, avec sa phrase stupide,
elle lui avait mis la puce à l’oreille et avait obtenu qu’il se méfie d’elle,
tout le contraire de ce qu’elle voulait.
Elle
rentra chez elle l’esprit confus et ne put fermer l’œil de la nuit. Elle se
maudit, car ce n’était pas le moment d’arriver fatiguée pour une mission aussi
importante.
Le
long vol vers
Le
long passage à la douane se déroula sans histoires mais les papiers furent
épluchés à la loupe.
-Américains ! leur dit le douanier
d’un air intéressé. Quel est le but de votre voyage ?
-Nous devons rejoindre un groupe de
touristes, lui répondit Mac. Nous sommes en voyage de noces, ajouta t-il en
prenant Nikki par l’épaule et en montrant son alliance flambant neuve.
Nikki
pensa qu’il en faisant un peu trop, mais finalement cela passa très bien, le
douanier leur fit un clin d’œil et un grand sourire « Ah ! Voyage de
noces ! »
Sourires
entendus de part et d’autre et finalement, ils sortirent de l’aéroport sans
encombre.
Elle
trouvait tout cela un peu ridicule,
-Ridicule mais nécessaire, lui répondit
Mac avec fatalisme. C’est une des couvertures les plus efficaces que je
connaisse.
-C’est vrai, concéda t-elle du bout des
lèvres.
Dans
le car, ils trouvèrent une place au fond. Jusque là tout se passait bien. Le
car démarra et prit la direction de leur hôtel. Il n’y avait que des touristes,
américains, anglais et français.
Quelques
rues plus loin, le car fut arrêté par une patrouille. La police monta et
l’épluchage des papiers recommença.
-C’est comme ça tout le temps dans ce
pays ? glissa Nikki entre ses dents.
Brusquement,
MacGyver se pencha, fourra son nez dans les cheveux de la jeune femme, il lui
murmura à l’oreille
-Je connais ce policier, attention ça
va barder dit-il en se relevant.
C’était
un homme d’âge mûr, l’air sévère,
auquel MacGyver avait déjà eu affaire au
cours d’une précédente mission, deux ans
auparavant. Il avait pénétré en fraude
dans le pays à la recherche d’une disquette contenant les
travaux d’un savant
passé à l’ouest. MacGyver s’était fait
arrêté et il avait faussé compagnie à
ses geôliers, mais avant, avait été
interrogé plusieurs heures par ce même
policier.
-Je vous connais ! fit l’homme
soupçonneux.
Le
cœur de Mac fit un bon dans sa poitrine. Ce qu’il craignait était arrivé, il
avait été reconnu.
-Ça m’étonnerait, dit-il avec aplomb,
c’est la première fois que je viens en Hongrie. Nous sommes en voyage de noce
ma femme et moi, ajouta t-il avec un regard tendre vers la jeune femme, comme
pour la rassurer.
L’homme
avait à la main les deux passeports et son regard allait sans arrêt des papiers
au visage des deux voyageurs.
Avertie
par Mac, Nikki arborait un air confiant qu’elle était loin d’éprouver. Si les
battements de son cœur avaient été audibles par le policier, elle se serait
tout de suite trahie.
-Venez avec moi tous les deux.
Devant
les autres passagers silencieux, ils remontèrent l’allée du car, descendirent
et se retrouvèrent dans une voiture de police toutes sirènes hurlantes. Le car redémarra aussitôt.
-Adieu voyage tranquille, pensa Nikki
avec de l’angoisse au cœur.
MacGyver
paraissait calme et cela rassura Nikki qui commençait à bien le connaître.
Il avait sans doute un plan, il avait sûrement un plan, il le fallait !
Au
poste de police on les enferma dans une petite pièce meublée d’une table et de
trois chaises. On les fit asseoir brusquement et la porte se referma sur un
bruit de clé qui tourne dans la serrure.
Comme
Nikki ouvrait la bouche Mac lui jeta un regard qui la stoppa aussitôt. Elle réalisa
qu’il y avait du monde derrière la vitre qui les observait et les écoutait.
Alors
ils eurent cette conversation, tout à fait surréaliste, de touristes désespérés
de rater leur voyage.
-Chéri, qu’est ce qu’ils nous
veulent ?
-Je ne sais pas. Cela doit être une
erreur.
-Mais tu connais ce policier ?
-Bien sûr que non, je ne suis jamais
venu dans ce pays. Rassure–toi mon
amour, le malentendu va vite être dissipé, tu vas voir tout se passera bien.
MacGyver
prit « sa femme » dans ses bras et la serra tendrement contre lui. Il
essuya quelques larmes imaginaires du bout des doigts et prit ses lèvres dans
un doux baiser.
-J’espère qu’ils en ont pour leur
argent, lui souffla t-il à l’oreille. Ne dis plus rien, on en assez fait.
Elle
le quitta comme à regret, ils s’assirent l’un à côté de l’autre et la longue
attente commença.
Deux
heures plus tard un garde revint et fit signe à MacGyver de le suivre.
Il
se retrouva devant le même policier.
-Ainsi vous vous appelez Dave Carpenter,
vous êtes né à Chicago le 18 août 1953. C’est exact monsieur ?
-Tout à fait, fit Mac avec aplomb, et…
Il
ne termina pas sa phrase, un coup de poing magistral lui fendit la lèvre et le
fit tomber de sa chaise sous l’effet de surprise.
-Qu’est ce qui vous prend, gronda t-il
en se relevant en portant sa main à ses lèvres. Il prit un air affolé en voyant
les traces de sang
-Mais je saigne ! Vous m’avez fait
mal, ajouta t-il avec le ton plaintif du bon touriste paniqué.
-Vous êtes un fieffé menteur, monsieur
MacGyver !
-Vous m’avez appelé comment ?
-MacGyver ! Je me souviens très
bien de vous, comment vous avez frappé mes hommes et démoli une partie du
matériel de ce commissariat.
Il
semblait bien à Mac que les lieux lui étaient familiers mais jusque là il n’en
était pas sûr.
-C’est une erreur monsieur, je suis
Dave Carpenter ! Affirma t-il avec tout l’aplomb dont il était capable.
Contrairement
à ce qu’attendait Mac, le policier n’insista pas et le laissa seul à ses
réflexions et à son angoisse. Il pensa à Nikki qui devait subir le même
interrogatoire que lui.
Il
imagina le policier fouillant les entrailles de leurs ordinateurs, à la
recherche d’une quelconque imposture.
Dans
la soirée MacGyver commença à éprouver de la fatigue, il avait faim et soif,
personne n’avait songé à lui donner quelque chose à manger ou à boire dans ce
fichu commissariat de Budapest.
Vers
10 heures, un garde lui apporta un bol de soupe froide et un morceau de pain.
La ration habituelle donnée aux prisonniers.
Il
se jeta dessus et imagina Nikki faisant de même dans une autre cellule
identique.
Plus
tard le policier revint
-Nous avons relâché votre femme, dit-il
en préambule.
Mac
soupira de soulagement
-Alors tout est en règle !
-Non de votre côté cela ne l’est pas du
tout. Vous allez passer la nuit ici.
-Mais enfin qu’est ce que vous me
voulez ? Je croyais que la Hongrie accueillait favorablement les
touristes ! Vous pouvez être sûrs que je ne ferais pas de publicité pour
votre pays quand je rentrerai chez moi !
-Parce que vous comptez rentrer chez
vous un jour monsieur MacGyver ? Ajouta le policier d’un ton doucereux.
Mac
fut interloqué. Les évènements prenaient une tournure dramatique.
Il
insista :
-Je m’appelle Dave Carpenter et je suis
en voyage de noces.
-Pour qui travaillez vous monsieur
MacGyver ? Quelle est votre mission ?
Nous
savons que vous êtes un espion américain !
Mac
ne répondit pas, il répétait simplement de temps en temps qu’il s’appelait Dave
Carpenter. Il fallait tenir le choc le temps que ses papiers soient passés au
crible.
-Vous vous trompez de personne… je veux
parler à quelqu’un de l’ambassade des USA !
Le
policier ricana.
-Et puis quoi encore !
La
nuit promettait d’être longue. Il fallait juste tenir ! L’homme ne lâcherait pas et lui non plus.
Il
ne pouvait pas non plus s’échapper car il raterait sa mission : faire
passer Golovine à l’Ouest.
Vers
11 heures un autre policier entra dans la salle d’interrogatoire.
-Vous êtes libre monsieur Carpenter. Il
y a eu méprise.
Mac
fut sur le point de dire quelque chose mais il se ravisa. Inutile d’attirer
encore plus l’attention sur lui. Il valait mieux adopter un profil bas.
-Encore toutes nos excuses monsieur,
une voiture va vous reconduire à votre hôtel.
Si
Mac fut surpris il n’en laissa rien paraître, mais intérieurement il remercia
Pete qui selon son habitude avait minutieusement préparé la mission et n’avait
rien laissé au hasard, connaissant la bureaucratie des pays de l’Est. Ses
papiers devaient être plus vrais que vrais. Ils n’avaient pu y déceler la moindre
faille et ce n’était sûrement pas par manque de zèle pensa Mac.
Nikki
regardait sans arrêt sa montre. Elle était inquiète autant pour MacGyver que
pour le succès de la mission.
Rapidement
elle avait été relâchée après un interrogatoire poussé sur la raison de son
séjour à Budapest. Pourquoi avoir choisi cette ville pour faire du
tourisme ? Ce qu’elle faisait dans la vie ? et son mari, quelle était sa situation ?
Sous le feu roulant de questions elle ne s’était pas décontenancée, se
contentant de répondre avec le plus de brièveté possible.
A
19 heures Mac n’était toujours pas de retour. Elle descendit à la salle à
manger, les yeux rouges, comme une jeune femme désespérée d’être éloignée de
son mari. Elle joua son rôle à la perfection mais ne dût pas beaucoup se forcer
car elle commençait à ressentir une réelle inquiétude.
A
sa table un couple de personnes d’une cinquantaine d’années et une femme seule.
Des américains. Elle ne participa pas à conversation se contentant d’écouter
d’une oreille distraite les propos de sa voisine.
-Vous ne mangez rien s’enquit
celle-ci ?
-Je n’ai pas très faim répondit elle en
regardant sa montre pour la énième fois.
-Ne vous inquiétez pas, cela arrive
tout le temps dans ce pays. Ils sont très pointilleux.
La
brave dame semblait sensible à la détresse de la jeune femme, elle essayait de
la réconforter en lui racontant des aventures qui lui étaient arrivé.
Après
être restée le minimum de temps pour ne pas éveiller l’attention, Nikki regagna
sa chambre.
La
première chose qu’elle avait fait en arrivant avait été de rechercher des
micros. Elle savait que les grands hôtels étaient sur écoute. Elle sourit en
pensant au fonctionnaire qui passait une soirée en écoutant tous les
enregistrements venant des différents hôtels de la ville.
Elle
passa la pièce au peigne fin. Elle découvrit un micro sur la lampe de chevet,
un autre sous la petite table près de la fenêtre. Elle se garda bien d’y
toucher.
Quand
MacGyver arriva, fidèle à son personnage elle lui sauta au cou et se pressa
contre sa poitrine en murmurant « Il y a des micros »
-Chéri ! que s’est-il passé ?
s’écria t-elle à voix haute
-Une erreur Nikki, ne n’était qu’un
malentendu. Ils m’avaient confondu avec une autre personne. Malheureusement ils
ne m’ont pas cru tout de suite !
-Mais tu saignes ! ils t’ont
frappé ?
-C’est rien, un policier qui croyait
que je mentais !
-Viens avec moi dans la salle de bain,
je vais nettoyer cela !
Elle
l’entraîna, referma la porte de la salle de bain et fit couler l’eau à flot.
Ils se parlèrent en chuchotant pendant que Nikki nettoyait la lèvre de Mac qui
avait gonflé et saigné.
-Je n’ai pas vu de micros ici, mais on
ne sait jamais !
-Oh rassure toi il y en a
certainement !
-Alors là ils sont gonflés !
-Justement dans cet endroit là,
personne ne se méfie.
-Maintenant qu’est ce qu’on fait ?
demanda Nikki un peu anxieuse de la suite des évènements.
-On continue notre petite comédie
jusqu’à demain soir !
Mac
était tout sourire comme si cette situation l’amusait prodigieusement. Nikki,
elle trouvait ça beaucoup moins drôle.
-Ça ne me fait pas du tout rire
MacGyver. Tu as vu l’étroitesse du lit ! ils n’ont aucun sens du confort
dans ces pays !
-Si on allait se coucher mon amour
dit-il à voix haute. Il est tard. Je vais prendre une douche et je te rejoins.
Nikki
sortit avec un regard noir, elle avait pris sa douche dans la soirée et était
prête à se coucher.
Elle
faillit tomber en syncope lorsqu’elle vit Mac sortir de la salle de bain vêtu
seulement d’une serviette autour des reins. Elle en eut le souffle coupé devant
la perfection de ce corps. De larges épaules, un bassin étroit et une peau
bronzée comme s’il passait son temps à se dorer sur une plage.
Mac
vit le regard de Nikki sur lui et cela le gêna. Il fouilla dans son sac à la
recherche de vêtements propres et fonça dans la salle de bain se changer.
Il
revint vêtu d’un bas de pyjama et tee-shirt blanc qui mettait encore plus en
valeur ses bras musclés. Il retint les mots qui lui venaient aux lèvres quand
il vit Nikki vêtu d’un survêtement complet !
Nikki
lui montra la lampe et son micro bien caché, il hocha la tête et se mit dans le
lit près d’elle.
Il
la prit dans ses bras et l’embrassa pour étouffer
d’éventuelles protestations. Il
fallait que le fonctionnaire hongrois en ait pour son argent ! Ils
continuèrent ce petit jeu un moment, mais Pour Mac ce
n’était plus un jeu du
tout. Il se demandait pourquoi Pete avait eu une telle
idée ? ou pourquoi
la mission ne pouvait avoir lieu le soir même ce qui aurait
évité cette
ridicule comédie. Mais MacGyver ne pouvait y échapper.
Après la scène de
l’après midi au commissariat, les policiers avaient
dû admettre du bout des
lèvres leur défaite. Il était sûr que sa
chambre était particulièrement
surveillée. Une mission qui débutait bien mal. Etre dans
le même lit que Nikki
dans de pareilles conditions était difficile. Rien à voir
avec la nuit dans la
forêt, où pourtant la promiscuité était
encore plus grande, puisqu’ils avaient
dormi l’un contre l’autre, étroitement
enlacé. Mais là rien d’équivoque, ils
étaient
unis par un même sort, arriver à se reposer sans mourir de
froid.
Là
dans ce lit près de Nikki, obligé de jouer un couple en voyage de noces, il
était très troublé, et un désir violent s’empara de lui. Comment rester de bois
face à une si belle jeune femme, même si « habillée » ?
Il
fut tenté de se laisser aller. Après
tout, ils étaient tous les deux adultes et cela n’aurait pas prêté à
conséquences. Bien des fois en mission il avait eu des aventures, cela ne
l’avait aucunement empêché de faire son travail. Mais ici qu’est ce qui avait
changé ? C’était Nikki, sa partenaire dans le travail, quelqu’un qui
n’avait pas les mêmes idées que lui, qui travaillait différemment, mais que
finalement il appréciait. Comme elle n’avait pas l’air très joyeux du rôle qu’ils
étaient obligés de jouer, il décida de calmer le jeu.
Allons MacGyver sois honnête : Elle
est beaucoup plus que ça pour toi. Tu le sais depuis un moment.
Nikki aussi était troublée, les baisers de
MacGyver l’avaient touchée beaucoup plus qu’elle ne l’aurait pensé. Cependant
il n’était pas question de pousser le bouchon trop loin. Si un jour, elle avait
des relations avec MacGyver ce ne serait pas dans ces conditions.
En
se retournant elle fit affreusement grincer le lit. Oh mon Dieu ! Elle lui
refit face brusquement, autre grincement !
Quelle
horreur ce lit ! puis elle pensa aux micros qui enregistraient le moindre
de leur mouvement. Ils se regardèrent, effarés, jusqu’où devraient –il jouer la
comédie pour être crédibles ? Un rire lui échappa, cela tournait à la
farce ! Alors ils s’assirent et
comme deux enfants firent joyeusement jouer les ressorts de ce plumard de
malheur.
Ils
finirent par s’endormir sagement. Le matin les trouva courbaturés, après avoir
passé la nuit à essayer de ne pas tomber sans arrêt l’un sur l’autre.
Nikki
se leva la première et fonça dans la salle de bain. Elle avait mal à la tête,
et pensait qu’une bonne douche lui ferait du bien.
Ce
n’était pas le grand confort qui caractérisait cet hôtel car l’eau était à
peine tiède. Elle frissonna, se sécha et s’habilla rapidement. Quand elle
sortit MacGyver s’engouffra pour prendre sa place. Ils ne se dirent pas un mot.
Ils
se retrouvèrent dans la salle à manger devant un bon café. Ils avaient encore
une journée à jouer les touristes amoureux, mais le plus dur était fait. Ce
soir ils ne retourneraient pas à l’hôtel, un autre programme était prévu. Le
concert et l’évasion de Golovine.
Le
concert s’achevait sous un tonnerre d’applaudissements. Le maestro s’inclinait
devant le public debout pour l’acclamer. Golovine était le chef d’orchestre de
l’orchestre philharmonique de Budapest depuis de nombreuses années déjà et il
faisait toujours salle comble.
MacGyver
et Nikki était placés en bout de rang, prêts à se faufiler dans la foule le
moment venu. A l’instant où le rideau se baissait sur une dernière appariation
du chef d’orchestre, MacGyver donna le signal du départ à Nikki. Lentement ils
suivirent la foule qui sortait lentement de l’opéra. Ils empruntèrent un long
couloir circulaire qui faisait le tour de la salle de spectacle et bifurquèrent
discrètement et se glissèrent dans l’ombre d’un recoin. A l’abri des regards
ils laissèrent s’écouler la foule et quand les derniers pas eurent disparu, ils
reprirent le chemin en sens inverse. Les lampes étaient éteintes, seules
quelques lumières de secours jetaient une faible lueur devant eux. Cela les
arrangeait et les mettait à l’abri de regards indiscrets. Après un étroit
couloir, ils arrivèrent au niveau des loges. Golovine occupait toujours celle
de gauche. MacGyver tourna la poignée et pénétra dans la petite pièce.
L’artiste se leva aussitôt le regard interrogateur.
-Vous êtes…
-Chut … pas de nom dit doucement
MacGyver. Nous sommes les personnes que vous attendez.
L’homme
poussa un soupir de soulagement.
-J’étais inquiet ne vous voyant pas
venir.
-Il a nous a fallu être prudents pour
ne pas nous faire remarquer.
Il
se dirigea vers le fond de la pièce et éteignit la lampe au dessus du miroir.
-Nous allons attendre ici un instant,
dit-il en entrebâillant la porte. Dans quelques minutes tout le monde aura
quitté le théâtre, je ne pense pas qu’ils vous cherchent tout de suite.
Le
coeur battant ils attendirent que les bruits de la grande maison s’estompent et
ils sortirent prudemment dans le couloir.
-La sortie est par là fit Golovine.
-Non, nous n’allons pas partir maintenant.
Ils vont vous chercher aux abords du théâtre et dans les rues avoisinantes. On
va rester ici quelques heures.
MacGyver
et Nikki avaient mémorisé les plans du bâtiment avant leur départ. C’était une
classique construction en rond, avec une puissante machinerie pouvant servir
pour toute sortes de spectacle. En dessous s’ouvrait une trappe qu’ils
empruntèrent et ils se retrouvèrent dans le sous-sol du théâtre. Au bout d’un
étroit couloir : une porte. Celle –ci était fermée à clé mais le couteau
de MacGyver eut vite raison de la serrure. Ils entrèrent. C’était une réserve
contenant de vieux décors poussiéreux.
-Si mes souvenirs sont bons, nous ne
sommes pas loin d’une sortie dit Nikki.
-Oui, la porte de derrière nous
conduira à un escalier qui donne directement sur l’arrière du théâtre.
Golovine
acquiesça :
-Je connais cet endroit. L’an dernier
j’y suis descendu à l’occasion d’un spectacle.
-Est ce que cet endroit est surveillé
demanda MacGyver ?
-Je ne crois pas. Ils me laissent libre
de mes mouvements expliqua Golovine. J’ai une tournée de concerts si
impressionnante que je n’ai pas le temps de penser à autre chose qu à ma musique.
Je viens de passer trois mois dans l’est du pays et là normalement je suis à
Budapest pour tout l’hiver.
Le
chef d’orchestre était un homme d’une cinquantaine d’années, de taille moyenne
avec une épaisse chevelure noire. Il
avait fait la connaissance de Peter Thornton au cours d’un voyage que celui ci
avait fait il y a quelques années et les deux hommes avaient sympathisé.
Golovine avait fait part à son ami de son désir de passer à l’Ouest. Il était
sans cesse surveillé par le KGB depuis qu’il était arrivé dans le pays.
Heureusement sa qualité de chef d’orchestre célèbre le mettait à l’abri de
poursuites ou d’accidents inopinés. Mais
il sentait sans cesse la présence d’hommes en civil le suivant dans tous ses
déplacements. Le KGB ne se cachait pas de la surveillance qu’il exerçait sur
lui.
-Nous allons rester ici quelques heures
dit MacGyver en faisant le tour de la grande pièce, puis nous partirons
discrètement en fin de nuit.
Ils
trouvèrent un coin à peu près propre et s’assirent le long du mur. La
température était froide et Nikki frissonnait dans son manteau léger.
-Je vais essayer de dormir un peu
dit-elle en se lovant contre MacGyver. Elle appuya sa tête contre son épaule et
ferma les yeux.
Les
deux hommes ne se parlèrent pas, chacun ruminant ses pensées. Mac pensait à la
journée du lendemain qui s’annonçait difficile. Il leur faudrait déjouer de
nombreux pièges avant de quitter la ville, et à trois ils ne passeraient pas
inaperçus, sans compter que Golovine était célèbre et pouvait être reconnu dans
la rue par les gens.
A
quatre heures au cadran lumineux de sa montre, Mac secoua légèrement Nikki qui
se réveilla aussitôt.
-Il faut y aller chuchota t-il.
La
prenant par la main il se leva et se dirigea vers la petite porte qui s’ouvrit facilement.
Les fugitifs montèrent sans bruit l’escalier qui menait vers la sortie.
Un
soldat était posté en haut et somnolait debout. Ce fut un jeu d’enfant pour
MacGyver de le réduire au silence. Il le
traîna dans l’entrée et referma la porte sur lui. Ils étaient dehors libres. L’opéra
n’était qu’à quelques rues du Danube qui coupait la ville en deux.
Ils
se glissèrent sans bruit dans la nuit encore noire. Les arrières de l’Opéra
occupaient une petite rue étroite déserte encore de toute vie à cette heure de
la nuit. Ils rasaient les murs en passant par les zones éclairées et se
plongeaient aussitôt dans la noirceur des ruelles de la vieille ville.
L’horizon s’élargit devant eux soudainement. Ils atteignirent les rives du
grand fleuve.
MacGyver
avait pris la tête et Nikki fermait la marche. Elle n’avait pas d’armes sur
elle et cela la perturbait. Elle tournait sans arrêt la tête à droite et à
gauche, et derrière eux pour voir s’ils n’étaient pas suivis. De temps à autre
ils se jetaient dans les encoignures de portes ou sous les auvents quand une
voiture passait. Une voiture de police tous feux éteints, descendit lentement
le long du quai.
-Ils nous cherchent toujours souffla
MacGyver.
Mais
la chance était avec eux et c’est sans encombre qu’ils atteignirent le bord du
fleuve où les attendait une vieille embarcation. L’homme à la barre ne dit pas
un mot en voyant les fugitifs, il les fit monter et les cacha sous une bâche.
Il détacha le petit bateau de son amarre et bientôt le courant les emporta.
Ce
qui contrariait MacGyver c’est que le fleuve les emmènerait bientôt plus
profond dans la Hongrie. Il coulait de l’ouest vers l’est. La petite
embarcation filait, elle passa sous le pont des chaînes et le pont Marguerite
et contourna l’île par l’est. Une demi heure plus tard ils accostèrent et se
séparèrent du marinier avec un poignée de main et un simple merci. Celui ci
était un résistant de longue date et ce n’était pas la première fois qu’ils
s’occupaient de fugitifs. La plupart du temps c’étaient des prisonniers
échappés des cellules de la police qui maintenait un joug de fer sur la ville.
L’aube
se levait sur la ville. Une aube grise d’un jour de janvier quand la pluie est
sur le point de tomber. Il ne faisait pas très froid pour la saison mais
l’humidité les enveloppait et les faisait frissonner.
Ils
se trouvaient sur une petite route de campagne à la sortie de la ville. Il
fallait trouver un véhicule et vite, sinon ils seraient facilement repérable.
« Cette
veille Lada fera l’affaire » pensa MacGyver en ouvrant la portière de la
voiture garée de long de la route. Il n’y avait pas de clé bien sûr mais cela
ne gênait en rien le jeune homme ingénieux qui savait parfaitement faire
démarrer une voiture sans.
-Il nous faudra souvent changer de
voiture expliqua MacGyver à Golovine un peu surpris des méthodes du jeune agent
secret.
-Je n’ai jamais fait ce genre de choses
dit-il un peu gêné.
-Il faudra vous y faire répliqua
MacGyver un peu sèchement. C’est la seule solution.
Nikki
ne disait rien. Elle connaissait les qualités de son compagnon et savait qu’on
pouvait lui faire entièrement confiance.
Ils
roulèrent une heure en silence puis la voiture cala. Panne d’essence.
Nikki
sortit la carte qu’elle tenait cachée dans la doublure de sa veste.
-Il nous faut aller jusqu’à la frontière
tchécoslovaque dit-elle. Là-bas
personne ne nous cherchera et on passera inaperçus.
Ils
étaient à 20 kilomètres de la frontière. Le jour était maintenant complètement
levé. Il était temps de chercher une cachette pour la journée.
Ils
trouvèrent une vieille grange abandonnée. Le toit ne tenait plus, il y faisait
froid mais personne ne les trouverait ici. Ils décidèrent d’y rester cachés
tout le jour.
Nikki
était épuisée, cela faisait vingt quatre heures qu’elle n’avait pas dormi, plus
si on comptait la nuit étrange de l’hôtel. Elle avait faim et froid. MacGyver
et le musicien avait le tour de la ferme pendant qu’elle se reposait. Ils
revinrent les mains pleines. Des conserves et quelques vieux vêtements.
Leurs
tenues de soirée n’étaient pas confortables pour voyager incognito. Golovine
avait encore son habit, et Nikki sa robe de soirée et des talons aiguilles.
Seul MacGyver qui avait revêtu un simple costume cravate pouvait passer
inaperçu.
Ils
commencèrent par ouvrir les boîtes avec le couteau de Mac. Il y avait une boite
de soupe et une de légumes. C’était froid, d’assez mauvais goût mais ils
jetèrent dessus comme des affamés. Les
vêtements étaient grossiers. Un pantalon pour chacun, une chemise et une veste.
Nikki se glissa dans ses nouveaux vêtements avec une grimace .Elle enfila les
chaussures un peu grandes pour elle, dans lesquelles Mac avait bourré
l’extrémité avec de vieux journaux. . La
chemise lui grattait la peau, mais c’était chaud. MacGyver creusa un trou dans
la cour pour enterrer leurs effets personnels. Il le recouvrit de branchage.
Golovine
était bavard, il s’exprimait en un russe matinée de hongrois avec quelques mots
d’anglais glissés par ci par là. Mac arrivait à le comprendre, car il
comprenait le russe, même s’il ne le parlait pas réellement.
Nikki
était couchée depuis longtemps tandis que les deux hommes chuchotaient encore.
Le
soir après s’être un peu reposés, ils prirent la direction de la frontière.
Ils
la passèrent la nuit suivante. La frontière d’un pays de l’Est à un autre
n’était pas très gardée. Que l’on soit dans un pays ou un autre, on était
toujours derrière le rideau de fer.
En
Tchécoslovaquie les paysages étaient les mêmes, les gens aussi. Seule la langue
différait. A aucun prix ils ne devaient se faire arrêter par une patrouille.
C’était une vigilance de tous les instants. MacGyver était plus inquiet que d’habitude.
Il avait hâte de trouver son contact. Une mission à trois personnes est
beaucoup plus risquée qu’une mission, seul. Ce n’était pas par manque de
confiance envers Nikki, il savait la jeune femme très compétente, mais il la
sentait au bout du rouleau. Sa résistance physique était mise à rude épreuve,
et son mauvais caractère qu’elle avait contenu depuis le début de la mission faisait
sa réapparition, et grandissait en même temps que son état de fatigue. Il
restait à parcourir une centaine de kilomètres avant de franchir la frontière
autrichienne. Et le reste du voyage était incertain. Il faudrait traverser à
nouveau le Danube et quelques uns de ses affluents. Passer les ponts était
dangereux, ils étaient plus facilement repérables.
Nikki
repéra une camionnette garée dans une cour. Elle avait l’air abandonnée et en
bien mauvais état. Mac réussit à la faire démarrer mais il n’y avait plus guère
d’essence dedans. Ils se rapprochèrent un peu de leur destination qui était la
ville de Komarmo. Golovine lui était infatigable et manifestait un enthousiasme
de néophyte. C’était pratiquement la première fois qu’il pouvait se déplacer
sans garde du corps et il appréciait énormément même s’il fallait sans cesse se
cacher.
Il
atteignirent le point de rendez vous dans la soirée du cinquième jour. Le reste
du voyage jusqu’en Autriche devait se faire dans une cachette étroite au fond
d’un camion à bestiaux. Le voyage serait pénible mais court. Mais qui irait les
chercher parmi une trentaine de cochons grognants et puants ?
-Tu as osé !!
le
ton de Nikki grimpait au fur et à mesure qu’elle s’échauffait. Cela faisait au
moins dix minutes qu’elle se disputait avec MacGyver et Pete Thornton ne
pouvait en placer une.
-Bon maintenant ça suffit tous les
deux.
Il
avait crié encore plus fort qu’eux et ils étaient restés stupéfaits la bouche
ouverte en ayant l’air de se demander ce que Pete voulait.
Quand
le silence fut rétablit Pete ajouta d’un ton ferme.
-Ecoutez moi tous les deux ! Cela
fait maintenant deux jours que vous êtes rentrés de Hongrie, il serait temps de
vous parler comme des gens civilisés. Je suis désolé de vous le dire, mais vos
disputes font le tour de la Fondation et il est hors de question que cela
continue, le travail pourrait en pâtir. Voilà ce qu’on va faire, je vais
quitter le bureau, vous laisser seuls régler vos petites affaires, et quand je
reviendrais je ne veux plus entendre parler de cette mission. Est ce que c’est
bien compris ? ajouta t-il en se levant.
Les
deux protagonistes réduits au silence, hochèrent la tête et il se dirigea vers
la porte quand la voix de MacGyver le fit se retourner.
-Tu devrais prendre des vacances
Pete !
-Pourquoi ?
-Parce que ça va être long répliqua
MacGyver en jetant un regard exaspéré vers Nikki qui le regardait sans vouloir
désarmer.
Sitôt
la porte fermée Nikki reprit l’attaque, et Mac courba les épaules pour laisser
passer la tempête.
-Cela devait durer une heure tout au
plus ! Nous sommes restés coincés cinq heures ! Il a fallu que Pavel
fasse descendre tous les animaux, que la douane inspecte le camion. Pendant ce
temps là on ne pouvait à peine respirer. Ensuite il a fallu faire remonter ces
maudits cochons et attendre d’avoir fait au moins 20 kilomètres en Autriche
pour pouvoir descendre. L’odeur était insupportable, j’avais des crampes
partout, il faisait un froid glacial….
MacGyver
ne répondant plus, elle s’arrêta au bord de l’essoufflement.
-Ecoute Nikki, ce voyage n’était
agréable pour aucun de nous trois. Mais c’était la seule manière de faire
passer Golovine en Autriche. Tu peux comprendre ça !
-Oui, bien sûr dit-elle sèchement. Mais
c’est la dernière fois que je pars en mission avec toi ! C’est préférable
de travailler avec des moyens plus conventionnels.
-Tu as entièrement raison.
-Ah tu vois !
-C’est moi aussi la dernière fois que
je travaille avec toi. !
Nikki
en resta sans voix.
Quelques
instants plus tard elle ajouta à voix basse :
-Est ce que tu regrettes ?
-Quoi ?
-La nuit à l’hôtel.
-Regretter quoi ?
-Tu m’as repoussée !
Ce
fut au tour de MacGyver de ne plus trouver ses mots
-Parce que, tu….
-Oui, souffla t-elle en rougissant.
-je….
Il
fit quelques pas dans la pièce pour retrouver son calme. Son cœur s’était mis à
battre à grand coup dans sa poitrine. C’était vrai, il avait été tenté, mais
jamais il n’avait pensé une seule seconde que Nikki le soit aussi.
Il
la regarda d’un tout autre œil. La colère et l’émotion avait rosi son teint,
ébouriffé ses cheveux et donné un éclat particulier à son regard. Il la trouva
superbe. De son long pas de félin il se rapprocha d’elle et timidement passa un
doigt léger sur son visage pour essuyer une larme qui perlait à ses paupières.
-Nikki murmura t-il, je n’avais pas
compris, excuse-moi.
Il
prit ses lèvres et d’instinct elle passa ses bras autour de son cou.
Ils
avaient complètement oublié Pete qui n’entendant plus de bruit à travers la
porte, ouvrit doucement le battant. Avec un grand sourire il reprit place
derrière son bureau. Mac se sépara de Nikki avec regret et lui passant un bras
autour de la taille il lui souffla à l’oreille
-Chez toi ou chez moi ?
FIN