LA SENTINELLE
AURELIA
Fic 1
Note de l’auteur Que les égyptologues ne se cassent
pas la tête, le Dieu dont je parle est totalement inventé.
Saison : Cette histoire est indépendante de tout
épisode de la série, cependant elle pourrait se situer avant la fin de la
saison 5.
Disclaimer : les personnages ne m’appartiennent pas …..
-Chérie,
réveille-toi ! tu vas être en retard ! La voix de Jerry me parvenait
difficilement à travers mon esprit encore embrumé et rempli de toutes les
images de Stargate. Il est vrai que j’avais passé une bonne partie de la nuit à
visionner les épisodes que je n’avais pas encore vus, ou revus. Fan de Stargate
depuis peu je m’étais plongée totalement dans cette série à un point qui
m’effrayait quelque peu. Infirmière dans un grand hôpital dans un service de
traumato j’avais plutôt les pieds sur
terre et ne m’emballais pas facilement pour une fiction aussi passionnante
soit-elle.
-Aurélia, Aurélia, il faut vraiment que tu te
lèves, c’est dans une sorte d’affolement
que je mis les pieds par terre, passai en coup de vent dans la salle de bain,
fis l’impasse sur le p’tit dej et me
retrouvais au volant de ma voiture en route vers l’hôpital.
Le service était plutôt agité comme tous les
matins au changement d’équipe. De plus ma collègue Fanny avait la grippe depuis
plusieurs jours et une surcharge de travail nous attendait tous. Rapidement je
pris les consignes de l’infirmière de nuit et m’apprêtais à recevoir les nouveaux
arrivants lorsque le Dr Chauvin me dit rapidement en passant près de moi :
-Réunion d’urgence chez le boss
-Quand ?
-Tout de suite.
Je le regardais sans comprendre, lui si sympa
d’habitude ne m’avait même pas dit bonjour.
Autour de la table il y avait six personnes, le Pr
Robertson chef de service un homme assez
âgé à l’allure sévère et au regard intimidant,les deux internes le Dr Caster et
le Dr Brown, mes deux collègues infirmières, Lisa Temple , Audrey
Gatory, et moi même.
-Le cas que nous évoquons aujourd’hui est très
particulier, c’est un homme d’une trentaine d’années victime d’un accident,
apparemment une chute d’une hauteur de plusieurs mètres. Il présente un écrasement de la cage thoracique, avec enfoncement
du sternum et plusieurs fractures , ainsi que de nombreuses contusions sur tout
le corps. Pour l’instant ses constantes sont stables mais il n’a pas repris
connaissance.
Il mit plusieurs radios sur le négatoscope puis il se fit un silence de mort et brusquement tout le monde se mit à parler à
la fois :
-Qu’est que c’est ?
-je n’ai jamais vu une chose pareille !
-C’est vraiment
bizarre !
-Le pauvre homme
-C’est un extra terrestre pouffa Audrey (qui adorait la science fiction)
Quant à moi j’avais l’impression de naviguer en
plein cauchemar, ce que je voyais je l’avais déjà vu, pas dans la réalité mais sur mon écran de télévision, ça ne
pouvait pas être çà, c’était forcément autre chose. Un goût de fer envahit ma
bouche et mon cœur se mit à battre d’une façon désordonnée. Ce qu’il y avait
sur la radio c’était comme un serpent enroulé autour de la colonne vertébrale
de l’homme, j’avais beau regarder, je ne voyais rien d’autre.
-Allons allons , le Pr Robertson tenta de rétablir le silence, et
dans un brouhaha général tout le monde se rassit autour de la table.
-C’est un Go’auld, murmurais-je
-Un quoi ?
-C’est quoi un « Go machin » comme
tu dis ? Lisa me regardait avec inquiétude, -tu te sens bien
Aurélia ?
-Non, non …
ce n’est pas possible… Et je
sortis en titubant de la pièce.
Audrey me pris par le bras en silence et
m’accompagna jusqu’aux toilettes où je me passais un peu d’eau sur le
visage. L’impression horrible que
j’avais éprouvée dans la pièce commença à s’estomper, et je commençais à
parler.
-En ce moment je regarde Stargate à la télé, tu
connais ? elle me fit non de la tête, pour te résumer très rapidement il y
a une race d’extra terrestres les Go’aulds qui envahissent des planètes. un
Go’auld est une espèce de serpent qui ne peut vivre sans un hôte dans lequel il
s’enroule autour de leur colonne vertébrale. C’est une race qui se prend pour
des dieux et dominent les peuples et les asservissent.
Audrey me regarda avec inquiétude :
-Mais enfin Aurélia c’est un feuilleton, cela n’a
rien à voir avec la réalité !
-Alors comment expliques-tu ce que l’on vient de
voir dans la salle de radio ?
-Mais on a vu un homme qui avait de multiples fractures de la colonne vertébrale !
c’est malheureusement classique après la chute qu’il a faite,
-Mais enfin, tu l’as vu toi même, tu as même
rigolé en disant que c’était un extraterrestre ! et la réaction des
autres ?
Audrey me regarda les yeux écarquillés, une angoisse passa dans son regard.
Gentiment elle me mit le bras autour du cou :
-Tu devrais te reposer Aurélia, tu me parais bien
fatiguée, et si tu consultais le Dr Morat ?
-Un psy, tu me crois folle c’est çà, je criais ces
mots et une rage s’empara de moi, je me levais et pris littéralement la fuite et sortis comme une furie.
L’air frais me fit du bien et c’est à petits pas que
je repris le chemin de la salle de réunion.
-Vous vous sentez mieux Aurélia ? me demanda
le Pr Robertson
-Merci Monsieur, beaucoup mieux.
Je risquai un œil sur les radios, et ne vis que de
simples fractures de la colonne vertébrale. C’est alors que je décidais de
consulter le Dr Morat, j’avais des hallucinations dues probablement à un excès
de fatigue, et à une imagination débordante.
Je sortis de ma consultation plutôt rassurée
avec l’ordre du médecin de bien dormir,
et de ne pas abuser de la science fiction.
Je repris mes activités, bien décidée à ne plus
penser à cette histoire stupide.
Mon service terminé je passais par le service d’hématologie,
c’était plus court pour regagner ma voiture sur le parking derrière l’hôpital,
c’est alors que je les vis. Ils étaient quatre, trois hommes et une femme. Ils
ne se distinguaient pas particulièrement par leur originalité, mais ils avaient
un je ne sais quoi de familier.
Quelque chose m’obligea à rester et je m’assis
discrètement dans une salle d’attente d’où je pouvais voir le hall d’entrée où
ils se tenaient.
Un des hommes attira mon attention c’était un noir
très grand au corps puissant, une chose
m’intrigua ; il portait un bonnet de laine raz les sourcils, alors qu’il
ne faisait pas froid. La femme était jeune les cheveux clairs et elle écoutait
l’un des deux autres hommes qui parlaient avec animation, celui-ci semblait
être leur chef. Le dernier homme était plongé dans une liasse de documents et
portait des lunettes. Tout cela était imprimé au fond de ma mémoire
Ah non çà ne va pas encore recommencer, il me
suffisait de fermer les yeux pour les voir là tous les quatre, mes héros
préférés, Sam, O’Neill (avec deux L ) Daniel, et Teal’c. Je me rapprochais un peu
plus, ils ne me voyaient pas étant absorbés par
leur conversation, et je pus les détailler davantage. Ce n’étaient pas
des militaires, ils étaient vêtus de façon classique, jean, chemise ou tee
shirt, et la jeune femme portait une
veste légère en coton. C’étaient eux et pourtant ce n’étaient pas eux.
Et je me revis quelques heures auparavant devant
les radios de ce serpent enroulé et endormi. Alors sans comprendre vraiment ce
qui m’arrivait je m’approchais d’eux et leur dis dans un souffle :
-je l’ai vu
Ils levèrent
la tête et ne parurent pas surpris de ma phrase. Ils me regardèrent
impassibles, attendant sans doute la suite. Décontenancée je commençais à
battre retraite quand celui qui paraissait être leur chef me prit par le bras
-Mademoiselle s’il vous plait… venez avec nous.
Je ne sais pas pourquoi j’étais en confiance , des
personnes qui ressemblaient tant à mes héros favoris ne pouvaient être
mauvaises.
Je les suivis. Ils avaient
une camionnette et nous nous sommes installés confortablement à l’intérieur.
-Je me présente dit le chef : Matt Desmet, et
voici Daniel Courtais , Jennifer Lother et Max.
-Pouvez-vous me dire ce que vous avez vu ?
J’étais totalement paniquée et incapable de
desserrer les lèvres.
-Voulez vous un café ? me dit-il pour me
mettre à l’aise,
je hochai la tête.
Avec reconnaissance je bus quelques gorgées d’un
breuvage assez fort pour revigorer un éléphant et je sentis mieux.
-Alors ?
Un regard brun me scruta et ne me lâcha pas. Alors
je me lançais dans le récit de cette folle matinée. Quand je parlais du Go’auld
Daniel me jeta :
-D’ou tenez-vous ce mot ?
-Stargate , et devant leur air ahuri :
-eh bien la série télé quoi !
Ils eurent un petit sourire,
-la série
télé bien sûr.
Ils se regardèrent un peu gênés, et Matt reprit la
parole :
-Mademoiselle heu…
-Aurélia Jordan
-Bon Aurélia, je peux vous appeler Aurélia, (il
avait un sourire charmeur comme …) Je
crois qu’il va falloir oublier toute cette histoire, vous n’avez rien vu, rien
entendu, il ne s’est rien passé, n’est-ce pas ?
Ces mots me mirent en colère :
-Vous me prenez vraiment pour une idiote, pourquoi
est-ce que je suis là avec vous s’il ne s’est rien passé ?
-Là elle marque un point dit Daniel
Jennifer n’avait encore rien dit elle se
contentait de me regarder avec une lueur d’ inquiétude dans les yeux. Elle aussi
sûrement me croyait folle.
-Bon reprit
Matt, vous n’êtes sûrement pas idiote, disons alors que c’est secret
défense. Dites moi où est ce malade c’est tout ce que nous voulons savoir.
-Bien je vais avec vous
-Il n’en est pas question reprit Matt , c’est
beaucoup trop dangereux.
-D’accord, il est dans le service de traumato,
seulement les visites à cette heure sont interdites, je vais être obligée de
vous accompagner que vous le vouliez ou non, sinon vous n’arriveriez pas
jusqu’à lui.
Dans le service le calme régnait, il était déjà
tard et la dernière équipe de jour finissait son service. Notre groupe ne
passait pas inaperçu et l’on me jetait des regards surpris mais personne ne
nous empêcha d’arriver à la chambre 212 où reposait notre malade M Smith.
Je frappais et entrais laissant à la porte mon
étrange quatuor.
M Smith que
j’avais laissé inconscient ce matin et totalement immobilisé dans un corset
vertébral ouvrit les yeux comme je m’approchais de son lit, et une étrange lueur blanche jaillit de son
regard, aussitôt éteinte, je reculais
précipitamment me heurtant au groupe qui arrivait derrière moi.
-Zoth’or dit Daniel dans un souffle
M Smith
avait immédiatement repris son immobilité et semblait dormir.
Daniel s’approchant :
-C’est lui, c’est lui que l’on recherche.
Jennifer ajouta :
-Pour le
moment il ne peut pas bouger, il n’est pas armé, il n’y a pas de risques qu’il
s’échappe. Je crois que l’on peut le laisser pour ce soir, mais restons
vigilants.
Matt, une lueur ironique dans les yeux :
-C’est vous qui commandez maintenant Lother ?
Jennifer rougit :
-Oui mon col.. euh …non … non … Monsieur
Je les regardais sans rien dire l’un après
l’autre, un peu surprise de la réaction de Jennifer.
-Qui est ce Zoth’or ? ajoutais-je
Comme ils ne répondaient pas j’insistais :
-Maintenant il faut tout me dire, j’en sais déjà
beaucoup et je me pose énormément de questions.
Ils se concertaient du regard et Matt me
dit :
-D’accord , on va vous expliquer certaines choses,
mais tout, non il ne faut pas exagérer.
Plus tard dans la camionnette, nous avons repris
notre conversation. Le cœur battant j’attendais je ne sais quoi, quelque chose
d’étrange, qui allait changer ma vie toute entière, quelque chose de si terrible que seul un scénariste aurait pu
imaginer.
Devinant combien j’étais bouleversée et terrorisée
ils m’entourèrent et me regardèrent avec affection comme si j’avais de
l’importance à leur yeux.
Max qui jusque là n’avait pas ouvert la bouche me
dit simplement :
-Bienvenue au club Aurélia Jordan
-Je sens que la nuit sera longue, et si on
mangeait un petit quelque chose, nous avons besoin de toutes nos forces.
-Bien dit, Daniel Courtais . Max prit place avec
nous en disant ces mots.
Je ne vis rien de ce qui m’entourait, je ne me
rappelle plus ce que j’ai mangé ce soir là, j’en oubliais même de téléphoner à
Jerry pour lui dire que je rentrerai tard.
Jennifer se
tourna vers ses amis :
-Aurélia est impliquée maintenant il faut vraiment
tout lui dire
-Et puis on aura besoin d’elle, il faut qu’elle
sache ce à quoi elle s’expose continua Daniel.
Ces mots ne firent rien pour me rassurer au
contraire ils me plongèrent dans le désarroi
le plus total . Voyant cela Matt me prit les mains et sa chaleur pénétra
lentement en moi, il ne dit rien mais son regard restait posé sur moi, il
sourit doucement :
-Ne tremblez pas comme cela Aurélia , puis il
ajouta légèrement :
–Ce n’est pas si terrible, nous sommes là tous les
quatre, en bonne santé ! Voyons que
savez vous de Stargate ?
-La série télé ?
-Ah oui c’est vrai la série télé , cette p… de
série télé.
-N’en dit pas de mal Matt elle nous rend bien
service dit Daniel
-Tout d’abord avant de commencer je voudrais vous
demander solennellement de garder pour vous tout ce qui ce dira ici, c’est top
secret, n’en parlez ni à vos copines, ni à votre mari ou vos enfants si vous en
avez. C’est promis ?
Je hochais la tête en silence.
-Sachez d’abord qu’une partie de ce qui se dit
dans la série télé est vraie.
Il se tut un instant me laissant le temps de
digérer la nouvelle.
-Alors ce que j’ai vu ce matin sur les radios, la
lueur dans les yeux de M Smith c’était
réel ? Je poussais un ouf de soulagement, je n’étais pas folle.
-J’ai dit en partie , reprit Matt, tous les scénarios bien sûr sont inventés,
mais le fond est vrai. Je m’explique, la porte des étoiles, les planètes que
l’on visite, la menace Go’auld tout cela existe hélas.
-Vous voyagez dans les étoiles comme dans la série
?
-oui
-Mais qui êtes vous ?
-Nous faisons partie de l’ Air Force et nous
accomplissons diverses missions dans la galaxie, et suivant mon regard :
-Ah oui nos uniformes, nous ne les mettons pas
toujours, quelquefois la discrétion c’est plus efficace, surtout dans un cas
comme çà, à déambuler dans un hôpital avec nos zat’s … on se ferait remarquer
tout de suite.
-Et vous avez une base comme Cheyenne
Mountains ?
-En fait oui, mais elle est tenue secrète, et elle
n’a pas le même nom.
Connaissant un peu la manie du secret des
militaires je n’insistais pas. Mais j’avais vraiment l’impression de rêver et
m’attendais à tout moment à me retrouver dans mon lit.
Se tournant
vers Daniel, Matt ajouta :
-A toi maintenant explique lui qui est Zoth’or.
A ce moment je me crus plongée dans la série
écoutant Daniel m’expliquer qui était ce Goa’uld piégé sur terre depuis plus de sept mille
ans. Dans la mythologie égyptienne il était le dieu de la puissance et de la
terreur, sur terre il aurait dominé de nombreux pays et réduit en esclavages de
nombreux peuples. D’après les écrits retrouvés en Chine au début du siècle il
aurait été Gengis Khan. Sa trace fut perdue, car ne disposant pas d’un sarcophage il aurait
été obliger de changer d’hôte . Le
Goa’uld prit successivement divers hôtes dont un certain Staline. A la mort de
celui-ci dans les années 50 il prit alors un autre hôte, mais que jusqu’ici
nous n’avions pas réussi à identifier. A chaque décès il était obligé de
parasiter une autre personne.
-D’après nos recherches il semblerait que Zoth’or
fut devenu notre fameux Mr Smith, termina Daniel.
-Comme dans la série vous êtes archéologue ?
lui demandai-je
-Oui , il me regardait d’un air calme et
tranquille .
Ce qui est
surprenant c’est que tous les quatre arrivaient à parler de choses ou de
personnes aussi terrifiantes que Gengis Khan ou Staline sans perdre une seconde
leur sang froid. C’est vrai qu’ils y étaient préparés, moi pas .
Penser que « Staline » était dans la
chambre 212 me remplissait de terreur.
A les regarder je trouvais qu’ils ressemblaient de
plus en plus à leurs personnages, c’en était hallucinant. Matt était O’Neill
jusqu’au bout des ongles, même son humour était ressemblant. Jennifer, c’était
Carter la scientifique. A un moment elle laissa échapper un « oui mon
colonel » bien révélateur. Daniel le savant toujours un peu déconnecté
élaborant ses théories, passionné
toujours par ses recherches. Quant à Max c’était vraiment Teal’c tout craché,
en partie à cause de ce bonnet, que je soupçonnais vouloir cacher quelque
chose, un insigne Jaffa peut-être ?
Sans bruit Max quitta le van et revint quelques
minutes plus tard :
-colonel
Desmett il s’est échappé.
C’est au pas de course que nous atteignîmes la
chambre 212, elle était vide. Le corset de maintien tombé à terre, les
perfusions arrachées. Je n’en croyais
pas mes yeux.
-C’est impossible, dans l’état où était, il ne
pouvait plus bouger les jambes, il était presque paralysé et sans force, à
peine conscient.
Matt était furieux :
-c’est cette saleté de serpent qui l’a guéri.
Tous se précipitèrent hors de la chambre, je ne
les suivis pas ils couraient beaucoup
trop vite pour moi, et puis c’était des pros.
La chambre était maintenant pleine de monde,
médecins et infirmières appelés à la rescousse dès le déclenchement des
monitorings.
Je profitais du désordre général pour
m’éclipser et rentrer chez moi.
Jerry
m’attendait très inquiet :
-Mais Aurélia où étais-tu ?
-Une collègue est tombée malade, j’ai du la
remplacer au pied levé.
-oh toi tu n’as pas l’air dans ton assiette, que
se passe t-il ? tu aurais pu m’appeler !
-Excuse moi, mais on a été débordé, et je n’ai pas
eu une minute à moi.
Dans le lit je me tournais et retournais sans
arrêt incapable de trouver le sommeil. N’y tenant plus Jerry alluma et se tournant vers moi excédé :
-Mais enfin qu’est-ce que tu as ?
Malgré la promesse que j’avais faite je lui
racontais tout. Il resta silencieux pendant tout mon récit.
-Alors qu’en penses-tu ?
-Je pense que tu t’es fait berner par une bande de
rigolos, une sorte de caméra cachée. Tiens peut-être qu’on te verra à la télé
dimanche ! tu n’y as quand même pas cru ? il me regarda ironiquement
-Non c’est pas vrai , Aurélia tu n’y as pas
cru !
-Cela paraissait tellement vrai !
Alors il éclata de rire et finalement je fis de
même , les larmes coulant sur mes joues, je finis par sombrer dans un sommeil sans rêve.
Le lendemain je retournais au travail bien
persuadée que tout cela n’avait été qu’une immense farce, dont je ne comprenais
pas bien le pourquoi, et que ma vie allait reprendre son cours habituel.
Mais devant l’hôpital m’attendait la bande des
quatre. Alors furieuse, je les abordais :
-Alors elle est où votre camera, vous m’avez bien
eu , maintenant c’est fini, allez
basta !
-De quoi parle t-elle ? dit Max , il n’y a
pas de camera.
-Ce n’est pas une
émission de la camera cachée ?
Matt me regarda interdit :
-Vous savez bien mon colonel cette émission.. dit
Jennifer
-Oui bien sûr que je connais cette
émission ! Et se tournant vers
moi :
-Nous n’avons jamais été aussi sérieux de notre
vie, ce n’est pas une blague tout ce qu’on vous a dit était vrai.
-Venez avec nous, nous avons encore à parler.
De retour dans la camionnette, nous reprîmes
place, mais quelques minutes plus tard
la porte du van s’ouvrit bruyamment
Une voix caverneuse déversa son flot de
haine :
-Vous allez mourir taur’i et l’homme aux yeux brillants leva sa main où brillait une énorme pierre et
un souffle gigantesque nous projeta sur les parois , je retombais à moitié assommée. Une décharge
bleue jaillit de la main de Max par deux
fois et Zoth’or s ‘écroula.
Pendant ce temps Matt au volant éloignait la
camionnette de l’hôpital à toute vitesse.
Jennifer et Daniel se relevèrent et encore un peu étourdis :
-ça va Aurélia, vous n’êtes pas blessée ?
-Non juste un peu secouée . Que s’est-il
passé ? Daniel me montrant à ses pieds le corps de Zoth’or :
-Notre ami est venu nous rendre visite.
-Il est mort ?
-Son hôte est mort , nous allons attendre
suffisamment longtemps pour être sûrs que le serpent a péri.
-Nous ne voulons pas encore prendre le risque que
cette saleté prenne un nouvel hôte.
C’était
Matt qui avait dit ces derniers mots, il avait arrêté la camionnette dans une
rue tranquille , et le silence envahit notre espace restreint. Je côtoyais la
mort dans mon métier, mais pour moi cela restait toujours une tragédie. Ici
tout le monde avait l’air content.
-Il faut nous comprendre ajouta Daniel, en me
regardant comme s’il pouvait lire dans mes pensées, nous luttons tous les jours
de notre vie contre ces abominations , quand nous en tuons un nous sommes
heureux d’avoir accompli notre devoir, et celui la ajouta t-il en le montrant
du pied, ne fera plus de mal à personne.
Matt
ajouta :
-Maintenant il nous reste à vous demander une
faveur Aurélia :
Je le regardais sans comprendre.
-Une faveur ?
-Oui, nous pensons qu’il y a beaucoup de Goa’ulds
piégés sur cette planète, aidez nous à les trouver. Dans votre profession vous
êtes amenés à rencontrer beaucoup de monde, des malades, des visiteurs, des
soignants, cela fait un grand nombre de personnes, peut-être arriverez vous à reconnaître
certains d’entre eux. Maintenant que vous connaissez leurs caractéristiques,
appelez nous dès que quelque chose d’étrange se produira. Il me glissa dans la
main une carte que je mis dans ma poche machinalement sans la regarder.
Je n’ hésitais pas une seconde :
-D’accord mais je veux une preuve. Montrez moi que
je peux avoir confiance, que vous êtes vrais, que ce n’est pas un mirage.
Ils se regardèrent
un moment , puis sans hésiter Max souleva sa chemise, et je vis sa
cicatrice en forme de croix que porte tout jaffa,l’ouverture de la poche de sa
larve goa’uld.
Cela vous suffit –il Aurélia Jordan ?
- Oui, je vous crois
Matt se remit au volant , j’allais à la portière, une dernière
chose :
- Si c’est vrai pourquoi une série télé
raconterait-elle des choses secrètes ?
Il sourit avec indulgence :
Nous avons eu des fuites, beaucoup de fuites, il
fallait couper court à la rumeur, et quoi de mieux qu’une série télé avec nous
quatre, des acteurs nous ressemblant et racontant nos histoires. Après cela qui
irait croire une jeune infirmière racontant qu’elle a vu un serpent enroulé
autour d’une colonne vertébrale ?
Comme je le regardais abasourdie
-On vous a cru vous ?
-Non
-Alors vous voyez bien ! !
Et les radios, quand je suis retournée dans la salle
c’étaient des radios d’un malade normal ?
Il sourit, une lueur ironique dans le
regard :
-Juste un petit tour de passe passe !
Le temps que je reprenne mes esprits la
camionnette avait tourné le coin de la rue
et disparu à mes yeux.
De retour chez moi je pris la carte que m’avait
laissée Matt, seul son nom était écrit ainsi qu’un numéro de téléphone.
Ma vie avait pris une autre direction , j’étais au
courant de la menace Goa’uld qui pesait sur notre terre, désormais je serais
une sentinelle, leur sentinelle à tous les quatre surveillant, toujours aux
aguets et je me plaisais à imaginer des milliers d’ hommes et de femmes de part
le monde qui comme moi faisaient leur
travail de guetteur.
Jamais je n’avais passé la porte des étoiles, il
est probable que je ne la passerais jamais, mais je connaissais le secret de
ces gens courageux qui défendaient notre planète.